La RPD craint une offensive de l’armée ukrainienne dans le sud de la république

SmerchÉdouard Bassourine, commandant en second du commandement opérationnel des forces armées de la République Populaire de Donetsk (RPD) a dévoilé aujourd’hui les plans de l’attaque planifiée par le commandement ukrainien dans le sud de la République.

Alors que la loi martiale a été décrétée en Ukraine le 26 novembre pour un mois, il semble que les autorités de Kiev veulent utiliser cette dernière, non seulement pour éliminer l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, mais aussi pour justifier une attaque contre la RPD.

Les services de renseignement de la république ont ainsi découvert une importante force d’attaque ukrainienne forte de 12 000 hommes, et plus de 50 chars d’assaut, 40 lance-roquettes multiples et 180 pièces d’artillerie et de mortiers déployés le long de la ligne de contact, près de Novotroïstkoye, Chirokino et Rovnopol. Il faut y ajouter 500 soldats qui sont en attente, et une douzaine de lance-roquettes multiples Smerch (calibre de 300 mm) qui ont été déployés près de Volodarskoye.

D’après Édouard Bassourine, cette force de frappe doit lancer une offensive massive dans la région de Marioupol le 14 décembre.

« Nos services de renseignements ont la preuve irréfutable que les forces ukrainiennes ont préparé une offensive dans la direction de Marioupol. Les informations reçues de sources fiables révèlent tous leurs plans. Leur objectif est de prendre le contrôle des districts de Novoazovsk et Telmanovo et de la section frontalière entre la RPD et la Russie près de Konkovo et Kholodnoye », a déclaré le commandant en second.

Le plan du commandement ukrainien serait le suivant : le matin du 14 décembre, après une préparation d’artillerie, les 128e, 56e et 79e brigades lanceront une offensive en se déplaçant sur la ligne Granitnoye-Chirokino vers Klinkino pour rejoindre la frontière entre la RPD et la Russie le 15 décembre soir. Le régiment Azov et la 36e brigade de marine seront chargés de nettoyer le territoire afin d’éliminer « tous les éléments indésirables contestant l’occupation ukrainienne ».

Carte de l'offensive

Pour justifier cette offensive, le SBU prévoit d’organiser un attentat terroriste à Marioupol, en faisant exploser le site de stockage de produits chimiques de l’usine sidérurgique d’Illich. Il est aussi possible que les services de sécurité ukrainiens utilisent des drones pour larguer des grenades et des obus, pour en accuser la RPD.

« Nous exhortons la MSS de l’OSCE à prêter attention aux préparatifs militaires en cours dans cette zone de première ligne. Lorsque l’action militaire reprendra, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas au courant », a déclaré Édouard Bassourine.

Les services de renseignement de la RPD avaient signalé précédemment l’arrivée d’instructeurs militaires britanniques à Artiomovsk (dans la zone occupée par l’armée ukrainienne), pour préparer des attaques chimiques dans le nord de la République, et que Kiev avait élaboré un plan de sabotage à l’usine Stirol (à Gorlovka) pour détourner l’attention des forces de la RPD pour pouvoir pénétrer sur le territoire de la République.

Une autre information communiquée cet après-midi semble confirmer que l’armée ukrainienne prépare quelque chose. Près de leurs positions situées dans les environs de Novotroïtskoye, les soldats ukrainiens ont déchargé plusieurs corps humains de véhicules de transport de troupes blindés, qui sont repartis aussitôt le déchargement terminé.
Ensuite, une ambulance ukrainienne et des véhicules de combat d’infanterie sont arrivés sur place, avec semble-t-il, une équipe de journalistes pro-ukrainiens.

Le commandement opérationnel des forces armées de la RPD n’exclut pas une mise en scène visant à accuser la RPD d’avoir tiré sur les positions de l’armée ukrainienne et d’être responsable de ces morts. Les unités de la RPD situées face à Novotroïstkoye respectent le cessez-le-feu et surveillent la situation de l’autre côté de la ligne de front.

La crainte d’une attaque dans le sud de la République a été confirmée par les unités de la milice populaire de la RPD qui défendent ce secteur. Les soldats de la RPD sont en état d’alerte et se préparent à cette offensive.

Nous ne pouvons qu’espérer que la divulgation de ce plan d’attaque provoquera l’annulation de cette offensive, qui n’apportera aucune victoire à l’Ukraine, mais beaucoup de morts, de sang et de souffrance des deux côtés.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 8 décembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 8 décembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0101 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
01’58 » – Les soldats ukrainiens humilient les civils du Donbass au point de passage de Mayorsk
03’25 » – Préparatifs d’une attaque chimique sous faux drapeau côté ukrainien
05’05 » – Accumulation de chars d’assauts par l’armée ukrainienne face à Gorlovka
05’46 » – Conscription forcée et préparation des hôpitaux ukrainiens en cas de lourdes pertes

UKRAINE
0739 » – Perquisitions et interrogatoires de prêtres de l’UOC-MP par le SBU
23’17 » – Porochenko et la guerre fantôme de l’Ukraine contre la Russie
31’03 » – La Rada valide l’annulation du traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
38’55 » – Porochenko fait un panégyrique des parachutistes ukrainiens

44’17 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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La Rada enterre définitivement le Traité d’Amitié avec la Russie

Russie et UkraineHier, 6 décembre 2018, la Rada (parlement ukrainien) a validé le décret présidentiel sur l’annulation du Traité d’Amitié, de Coopération et de Partenariat entre l’Ukraine et la Russie.

Ce fut un vote sans surprise, bien que l’on aurait pu espérer un sursaut d’intelligence chez les députés ukrainiens, et un rejet de ce décret qui va porter un coup sévère à l’Ukraine.

Pour rappel, le 17 septembre 2018, le président ukrainien, Petro Porochenko, signait un décret mettant en œuvre la recommandation du Conseil National de Sécurité de mettre fin au Traité d’Amitié entre l’Ukraine et la Russie.

Une semaine plus tard, le ministre ukrainien des Affaires étrangères informait officiellement son homologue russe de ce changement, interrompant ainsi le renouvellement automatique du traité pour 10 ans.

Mais il fallait que le parlement ukrainien ratifie ce document pour qu’il soit pleinement valable. Ce qui fut fait hier, avec 277 députés qui ont voté pour ce décret. Seuls 20 députés ont voté contre (ce qui veut dire que seuls 20 députés ukrainiens sur 331 ont un cerveau en état de fonctionnement et comprennent que cette rupture va porter un tort terrible au pays).

Sans surprise ces 20 députés font partie du Bloc d’Opposition en majorité, et trois sont sans étiquette.

Suite à ce vote, le traité d’Amitié, de Coopération et de Partenariat entre l’Ukraine et la Russie prendra donc fin officiellement le 1er avril 2019 (et non, malheureusement, ce n’est pas un poisson d’avril).

Ce vote tardif de la Rada (trois mois après la signature du décret) a attiré quelques commentaires, comme celui de Rouslan Bortnik, un analyste ukrainien.

« Le projet de loi mettant fin au Traité d’Amitié avec la Russie est une simple action technique des autorités, qu’elles essayent d’utiliser pour obtenir une autre victoire informationnelle », écrit Bortnik sur sa page Facebook.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle le parlement a commencé à examiner le projet de loi en décembre, lorsque les préparatifs de l’élection présidentielle ont commencé, au lieu de prendre une décision en septembre, lorsque le président a signé le décret. En clair, Porochenko essaye tout simplement d’obtenir un petit succès médiatique pour faire remonter sa cote de popularité toujours très mal en point.

« Quoi qu’il en soit, le traité avec la Russie restera en vigueur jusqu’au 1er avril 2019, bien que son processus de résiliation soit devenu depuis longtemps un spectacle politique qui n’affecte pas la vie du peuple ukrainien, mais qui le distrait depuis quatre ans », a noté l’expert, avant de rappeler que plus de 400 autres traités existent toujours entre l’Ukraine et la Russie.

Autant je rejoins monsieur Bortnik sur la portée électorale de ce vote très tardif du parlement, afin que cette action soit portée au bénéfice de Porochenko, autant je suis en désaccord complet sur le fait que la rupture de ce traité n’affectera pas la vie du peuple ukrainien.

Car ce traité fixe la reconnaissance par les deux pays des frontières existantes entre eux, mais pas seulement. C’est aussi un contrat mutuel de non-agression. En clair, tant que ce traité est valable, aucun des deux pays ne peut utiliser son territoire pour mettre en danger la sécurité de l’autre (ce que l’Ukraine veut faire en demandant à l’OTAN de s’installer dans le pays), et aucun ne peut déclarer la guerre et envahir l’autre.

En annulant ce traité, l’Ukraine prend le risque de perdre définitivement le Donbass, et de voir les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) être reconnues par la Russie, cette dernière n’étant plus tenue de reconnaître l’inviolabilité des frontières ukrainiennes.

Sans parler du fait que la rupture de ce traité a déjà des conséquences pour l’Ukraine (jusqu’ici surtout les autorités ukrainiennes) depuis que la Russie a pris acte de cette annulation. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, en faisant cette erreur grossière, Kiev a donné carte blanche à Moscou pour enlever les gants avant de rendre à l’Ukraine les coups que cette dernière porte à la Russie depuis le Maïdan.

Le premier round a été marqué par la divulgation du fait que la roquette BUK présentée par le JIT en mai 2018 dans le cadre de l’enquête sur le crash du MH17 étaient en fait une roquette ukrainienne. Divulgation faite par le ministère russe de la Défense le jour même de la signature par Porochenko du décret d’annulation du Traité d’Amitié.

Jusqu’ici toujours sur la défensive sur le dossier du MH17, la Russie était passée à la contre-offensive en pointant du doigt l’Ukraine de manière explicite. Un tournant important de la stratégie russe que j’avais souligné comme étant lié à cette annulation du Traité d’Amitié.

Le deuxième round a été marqué par les sanctions prises par Moscou contre des sociétés et des officiels ukrainiens. Ce, alors que la Russie s’était toujours refusée à prendre des contre-sanctions en réponse aux sanctions perpétuellement renouvelées de Kiev contre Moscou depuis plus de quatre ans. Celles et ceux qui avaient compris dès le premier round ce qui se passait n’ont pas été surpris, les autres sont restés comme deux ronds de flan, incapables de comprendre pourquoi la Russie réagissait ainsi aussi tardivement.

Le troisième round, enfin, a été marqué par la réponse ferme, mais légale, de la Russie, à la dernière provocation en date de Kiev près du détroit de Kertch. Là aussi beaucoup de pseudo experts ont hurlé à la faute tactique, ou se sont avérés incapables de comprendre ce changement de stratégie de Moscou. Tellement habitués à la patience hors normes, mais pas infinie, de la Russie envers les pitreries de Kiev, beaucoup n’ont pas compris pourquoi la Russie n’avait pas fait « comme d’habitude » et simplement ignoré ces bêtises.

Ce que ces pseudos experts n’ont pas compris c’est que la donne a changé. Kiev a délié les mains de Moscou, et la Russie a fini de prendre (et de mettre) des gants pour répondre à l’Ukraine, puisque cette dernière montre de manière officielle qu’elle veut des relations conflictuelles et non amicales avec son voisin. Dont acte.

Et cette volonté belliciste de Kiev, se trouve dans la bouche de nul autre que Pavel Klimkine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, qui se vantant du nombre de traités bilatéraux détruits, a aussi déclaré que pour lui, l’Ukraine ne devrait avoir aucune relation diplomatique avec la Russie. Ce monsieur a une conception fascinante de la diplomatie et des affaires étrangères…

« Récemment, nous avons mis fin à 48 accords internationaux (avec la Russie). Toutefois, cela devrait être fait très soigneusement… pour que les citoyens ukrainiens ne soient pas affectés. La prochaine tranche d’une quarantaine d’accords résiliés suivra assez rapidement », a-t-il déclaré.

Sauf qu’en réalité, à un moment, à force d’annuler des accords cela va affecter la vie des citoyens ukrainiens, vu que Kiev veut tout raser jusqu’aux fondations.

« Tout ce qui existait avant la guerre (jusqu’en 2014 NDLR) n’a, par définition, aucun sens », a ajouté Klimkine.

Le problème c’est que l’Ukraine n’a pas déclaré officiellement la guerre à la Russie. Donc à un moment il va falloir accorder les violons entre les différents morceaux de votre propagande, faute de quoi vous vous ridiculisez tous seuls à force de vous contredire vous-même !

Le summum de la bêtise intersidérale est atteint lorsqu’il aborde une éventuelle rupture des relations diplomatiques avec la Russie.

« Personnellement et émotionnellement, je crois que nous n’avons besoin d’aucune relation diplomatique avec la Russie », a déclaré Pavel Klimkine. « Je vais vous dire franchement que j’en ai déjà discuté avec certains pays et je connais leur réponse […] ils sont prêts à servir de boîtes aux lettres pour la livraison de certains documents, et c’est tout [ce dont nous avons besoin] ».

Avant d’ajouter que les liens diplomatiques avec la Russie ne peuvent pas être coupés pour le moment, car de nombreux citoyens ukrainiens vivent sur le territoire russe. Selon le ministre, près de 3,5 millions d’Ukrainiens vivent en Russie et le nombre de personnes prêtes à franchir la frontière avec la Russie ne cesse d’augmenter.

Donc résumons, l’Ukraine pourrait, soi-disant, couper les relations diplomatiques avec la fédération de Russie en utilisant des pays tiers comme boîte postale car elle n’a pas besoin de plus, MAIS en fait, cela poserait problème pour les millions d’Ukrainiens qui vivent en Russie.

Donc en fait n’avoir que des boîtes postales dans d’autres ambassades ne couvrirait pas les besoins des citoyens ukrainiens et donc de l’Ukraine !!! Donc Pavel Klimkine ment et se contredit lui-même d’une phrase à l’autre.

Et le plus beau de l’histoire c’est qu’il contredit dans ce dernier paragraphe ce qu’il raconte plus haut avec son histoire de guerre entre l’Ukraine et la Russie. Depuis quand des millions de gens se ruent volontairement dans un pays (qui n’était pas le leur avant la guerre) qui agresse militairement leur patrie ?

A-t-on vu des Français émigrer volontairement en masse en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Non bien sûr. Ce qui montre bien qu’il n’y a pas plus de guerre ou d’agression militaire russe en Ukraine qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbres à spaghettis !

Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères avait souligné toute la stupidité des actions et déclarations de Kiev concernant l’annulation du Traité d’Amitié, et on peut voir qu’elle avait totalement raison dans son analyse. Car il faut être d’une bêtise crasse pour ne pas voir les conséquences désastreuses de cette annulation sur l’Ukraine et les citoyens ukrainiens, et pour contredire sa propre propagande à deux reprises en une seule déclaration publique !

Quoi qu’il en soit, l’Ukraine et ses citoyens doivent maintenant comprendre que cette annulation va avoir des conséquences concrètes pour eux, et que les trois rounds que j’ai évoqués plus haut ne sont que le début. Il y en aura bien d’autres.

Voilà ce que la « révolution de la dignité » aura apporté à l’Ukraine : le chaos, la pauvreté, la guerre civile, une dépopulation massive, des relations de plus en plus mauvaises avec ses voisins, et bientôt une guerre de religion. Un cocktail explosif qui pourrait bien faire littéralement éclater le pays.

Christelle Néant

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Porochenko et la guerre fantôme de l’Ukraine contre la Russie

La flotte ukrainienneDepuis plus de quatre ans, le président ukrainien, Petro Porochenko, sort des déclarations et posts sur les réseaux sociaux évoquant l’agression russe, et la défense héroïque du pays par l’armée ukrainienne, allant jusqu’à en faire des panégyriques délirants, comme lorsqu’il a qualifié les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) d’armée la plus puissante du continent (sic).

L’Ukraine tente d’entraîner l’OTAN dans une guerre contre la Russie

Après la provocation du détroit de Kertch, qui a tourné à l’humiliation totale de la marine ukrainienne lorsque trois de ses navires se sont fait capturer par nuls autres que les gardes côtes russes (re-sic), Porochenko a réclamé à cors et à cris, l’aide de l’OTAN, entre autre dans la mer d’Azov, en oubliant un peu vite deux trois faits tangibles et réels qui viennent empêcher ses jolis plans délirants.

« L’Allemagne est l’un de nos alliés les plus proches et nous espérons que l’OTAN sera désormais prête à transférer des navires de guerre dans la mer d’Azov afin d’aider l’Ukraine à en assurer la sécurité », a-t-il ainsi déclaré quelques jours après l’incident.

« La chancelière Merkel est une grande amie de l’Ukraine », a encore affirmé M. Porochenko. « En 2015, elle a déjà sauvé notre pays », a-t-il ajouté.

Déjà rien que dans cette déclaration, Porochenko contredit ses panégyriques de l’armée ukrainienne. Si cette dernière est aussi puissante qu’il le dit et qu’elle retient l’armée russe à elle toute seule depuis plus de quatre ans, pourquoi le pays a-t-il dû être sauvé par Angela Merkel en 2015 ?

Eh oui, en voulant jouer les frottes manches avec tatie Merkel pour l’amadouer, Porochenko vient de démolir quatre ans de propagande.

Le pire est que cette énorme bourde n’aura servi à rien, puisque l’Allemagne a refusé d’intervenir militairement, appelant la Russie et l’Ukraine à régler l’incident du détroit de Kertch par le dialogue.

Car si quelques va-t-en-guerre de l’OTAN soutiennent ce délire d’aller chercher des noises à la Russie en mer d’Azov pour défendre un pays (l’Ukraine) qui a violé les règles de passage du détroit et est donc coupable de ce qui est arrivé à ses navires, la plupart des membres européens de l’alliance sont bien conscients de la culpabilité de Kiev et que cela reviendrait à aller au casse-pipe.

Déjà, à cause de la profondeur très faible du détroit de Kertch, qui n’autorise un tirant d’eau que de 8 m ! Autant dire que la plupart des gros navires de guerre (et même certains sous-marins) des membres de l’OTAN (États-Unis en tête), ne pourraient pas franchir le détroit et entrer en mer d’Azov, pont ou pas pont (je rappelle encore une fois à mes « collègues » journalistes occidentaux de se renseigner avant de sortir que des Panamax ne peuvent PLUS entrer en mer d’Azov depuis la construction du pont, ils n’ont en fait JAMAIS pu y entrer à cause de leur trop grand tirant d’eau).

L’autre point qui a fait pencher la balance en défaveur de Kiev, en plus de sa culpabilité évidente, c’est le fait que la Russie (comme l’Ukraine) a un droit de regard sur les navires militaires qui ont le droit d’entrer en mer d’Azov. De même que l’Ukraine peut empêcher d’autres navires militaires que les navires russes d’entrer en mer d’Azov, la Russie a aussi un droit de veto.

Donc si les navires de l’OTAN ayant un tirant d’eau de moins de 8 m veulent entrer en mer d’Azov il faudrait qu’ils le fassent de force, ce qui équivaudrait à un acte de guerre !

Et c’est là que les délires de Porochenko se fracassent sur la réalité, car l’Allemagne et une bonne partie de l’OTAN sait bien que les capacités de défense navale de la Russie sont efficaces, et que tenter d’entrer en force en mer d’Azov les exposerait alors à une réponse militaire russe légalement justifiée qui transformerait leur flotte en récifs artificiels, le tout avec le droit international du côté de la Russie.

Hors de question pour Merkel et les autres dirigeants européens de se lancer dans une telle Bérézina qui équivaudrait à déclarer la guerre à la Russie, alors qu’elle possède l’arme nucléaire. Pour les Allemands, comme pour les Français, hors de question de revivre leurs campagnes de Russie respectives en pire !

Suivre Washington dans sa rhétorique anti-russe oui, aller de manière assurée au casse-pipe pour les beaux yeux d’un pays totalement corrompu, devenu une véritable dictature en pleine guerre civile, et qui est un véritable trou noir à argent, faut pas pousser mamie Merkel dans les orties quand même !

L’armée ukrainienne comme seul rempart contre la Russie

Loin de se démonter devant le fait d’avoir été lâché par l’OTAN (je passe sur les grandes déclarations outragées des dirigeants qui ne sont que du vent et rien d’autre) suite à sa provocation, Porochenko a décidé de continuer dans son délire va-t-en-guerre, en déclarant que puisque c’est comme ça, l’Ukraine se défendra seule contre l’agression russe et qu’elle est « sûre de réussir » (re-sic).

« La Russie s’est retrouvée totalement isolée. C’est le résultat de notre coordination internationale conjointe. Mais permettez-moi d’insister : nous allons défendre notre pays nous-mêmes. Et la seule chose que nous allons chercher maintenant, c’est l’adhésion à l’OTAN pour construire un système de défense (et ici, il est si important de voter pour les amendements à la Constitution, qui en font une tâche prioritaire de toutes les autorités ukrainiennes – le président, le parlement, le gouvernement) avec l’adhésion à l’Union Européenne », a-t-il déclaré le 3 décembre sur la chaîne ICTV.

Reprenons les propos de Porochenko. D’abord il dit fièrement que la Russie se retrouve totalement isolée. Pas vraiment non. Certes les pays occidentaux soutiennent Kiev sur la forme par obéissance servile à Washington, mais il y a d’autres pays dans le monde. La Chine, la Bolivie et le Kazakhstan ont voté pour l’agenda russe des discussions lors de la réunion en urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’incident du détroit de Kertch.

Pour rappel, la Chine représente presque un cinquième de la population mondiale. Pas vraiment un pays négligeable.

Et puis si on sort des discours de forme, sur le plan concret, l’Allemagne continue le projet Nord Stream 2 avec la Russie. Suivre les États-Unis avec de jolies déclarations est une chose, se priver de gaz russe bon marché et rapidement disponible en est une autre. Les affaires sont les affaires, et l’Allemagne tire bien plus de bénéfices en ayant de bonnes relations commerciales avec la Russie qu’en soutenant les délires de Kiev.

Si on regarde les États-Unis, certes Trump a annulé sa rencontre officielle avec Vladimir Poutine au G20 à cause de l’hystérie des médias occidentaux qui ont pris fait et cause pour l’Ukraine en dépit du bon sens, mais les deux chefs d’État ont quand même discuté 10 à 15 minutes ensemble lors du sommet.

Et Poutine a alloué le temps libéré par cette annulation pour discuter avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan (d’ailleurs le projet Turkish Stream avance bien lui aussi), et une réunion des chefs d’États du BRICS a aussi eu lieu en marge du G20. Et sur la photo de « famille » du G20, Poutine n’est pas mis au ban du groupe.

Pour l’isolation de la Russie et le « résultat » de la « coordination internationale conjointe »on repassera…

Ukraine vs Russie

Passons à la suite. Porochenko dit que l’Ukraine va se défendre seule contre l’agression russe (ce qui est un aveu d’impuissance de ses tentatives d’entraîner l’OTAN à soutenir activement Kiev dans un conflit ouvert avec la Russie). Je croyais que c’était déjà le cas depuis plus de quatre ans si on suit ses délires. Justement il est temps de regarder ce qu’il en est.

L’année dernière, un officiel ukrainien, Gueorgui Touka, avait admis que l’Ukraine n’a aucune preuve valable sur le plan légal de la présence de l’armée russe dans le Donbass, portant un coup sévère à la propagande ukrainienne. Sans parler du fait que si l’Ukraine était réellement en guerre contre la Russie, elle aurait dû couper toute relation diplomatique et déclarer la guerre officiellement ! Or Kiev n’a fait ni l’un ni l’autre.

Si l’armée russe agressait militairement l’Ukraine quel serait le résultat (et comparons avec la réalité) ? L’armée russe est la 2e armée au monde, avec un million de soldats actifs, et 2,5 millions de réservistes, sans parler du reste de la population apte au service. L’Ukraine est la 29e armée mondiale (elle était 20e en 2014), avec 182 000 soldats (dont une bonne moitié est sur le front du Donbass) et un million de réservistes.

Si on regarde l’armement, la Russie possède 3 914 avions et hélicoptères, quand l’Ukraine en aligne 240 (et il faut voir dans quel état ils sont). Du point de vue des chars d’assaut, la Russie en possède 20 300 contre 2 214 pour l’Ukraine, auxquels il faut ajouter 27 400 véhicules de combat blindés, pour la fédération de Russie, contre 11 868 pour l’Ukraine.

Pour l’instant c’est mal parti pour Kiev. Regardons l’artillerie. Si on additionne les pièces d’artillerie automotrices, tractées et les lance-roquettes, on arrive à un total de 14 252 pour la Russie, contre 3 596 pour l’Ukraine. Là aussi, avec un ratio pareil c’est très mauvais pour l’Ukraine. D’autant plus que la plupart des armements ukrainiens datent de l’époque soviétique et que la russophobie maladive de l’Ukraine l’a privée des pièces détachées produites en Russie…

Si on regarde l’état de la marine, cela devient tragi-comique, la Russie possédant une flotte de 352 navires dont 62 sous-marins, neuf frégates, 13 destroyers 78 corvettes et 41 patrouilleurs, quand l’Ukraine n’a que 25 navires (enfin 22 maintenant vu que trois sont désormais confisqués et se trouvent à quai dans le port de Kertch), dont une frégate, une corvette et 12 patrouilleurs.

Rappel à la réalité

Devant un ratio pareil, et même sans prendre en compte le fait que la Russie possède l’arme nucléaire et l’Ukraine non, n’importe quel expert militaire sain d’esprit recommanderait à l’Ukraine de ne pas chercher des noises à son voisin, car l’annihilation de l’armée ukrainienne serait certaine.

Il suffit de comparer avec ce qui s’est passé en Ossétie du Sud en 2008, lorsque l’armée russe (qui était encore en pleine remise sur pied après la descente aux enfers des années 90 et était donc loin de son niveau actuel) a affronté l’armée géorgienne qui avait lancé une attaque sur l’Ossétie du Sud, et bombardé des civils et des casques bleus. L’armée géorgienne n’a pas tenu une semaine !

Certains me rétorqueront que des armées moins bien équipées mais motivées et connaissant le terrain, ont vaincu des armées plus grosses, comme l’armé finlandaise contre l’armée soviétique lors de la guerre d’Hiver. C’est vrai. Alors regardons ce que vaut l’armée ukrainienne « motivée » et dont la « combativité » est sans pareil d’après Porochenko.

Des rapports de l’armée ukrainienne, datant de 2014 ont fuité récemment, et permettent de se faire une idée assez précise du niveau de motivation et de compétence de l’armée ukrainienne.

Lors de la phase active de la guerre du Donbass, en une semaine, l’armée ukrainienne a eu 1 600 morts, 4 723 blessés et 3 473 déserteurs, le tout en combattant contre de simples milices populaires armées de bric et de broc ! Même pas contre l’armée russe. Contre des milices populaires bien moins armées et nombreuses ! Là pour le coup c’est les forces armées des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), qui ont joué un remake de l’armée finlandaise lors de la guerre d’Hiver !

Maintenant, imaginez cette armée ukrainienne, qui a subi des pertes pareilles en une semaine à peine contre des milices populaires, et qui a eu deux fois plus de déserteurs que de morts, devoir affronter l’armée russe !

Si l’Ukraine était agressée militairement par la Russie depuis 2014, la guerre dans le Donbass aurait été finie en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « invasion », et l’armée ukrainienne n’aurait pas compté ses pertes en milliers de morts mais en dizaines de milliers au minimum !

La réalité est tout autre. La guerre du Donbass dure depuis plus de quatre ans, et l’armée ukrainienne se délite lentement mais sûrement depuis le début du conflit. Ce qui prouve bien que ces histoires d’agression russe conte l’Ukraine sont du pipeau.

Et même concernant la Crimée, si la Russie avait réellement annexé cette dernière (ce qui n’est pas le cas, je vous renvoie à cette très bonne analyse légale de la situation en Crimée), pourquoi l’Ukraine n’a pas porté plainte pour annexion de territoire contre la fédération de Russie auprès du tribunal de l’ONU ?

L’Ukraine a porté plainte pour de prétendues discriminations contre les Tatars de Crimée, alors que ces derniers ont obtenu bien plus de droits et d’avantages depuis l’intégration de la péninsule au sein de la fédération de Russie que pendant les décennies passées au sein de l’Ukraine ! Aucune plainte pour annexion de la Crimée n’a été portée contre la Russie à l’ONU ! Pourquoi ?

Parce que l’Ukraine est sûre de perdre car le droit international est du côté de la Russie ! Et si le tribunal de l’ONU se prononçait en ce sens, cela validerait la réintégration de la Crimée face à la communauté internationale, qui ne pourrait plus hurler à l’annexion ! Plutôt rester sur le statu quo actuel que de risquer une fessée judiciaire internationale magistrale…

Au lieu de continuer sur cette trajectoire vers le gouffre qui risque de coûter plus cher à l’Ukraine que ce que l’agression géorgienne contre l’Ossétie du Sud a coûté à Tbilissi en 2008, Kiev ferait mieux de changer de stratégie. Faute de quoi, à force de chercher les problèmes et d’attiser les conflits (qu’ils soient régionaux, linguistiques ou religieux), l’Ukraine finira reléguée dans les livres d’histoire comme l’exemple parfait de ce que la déconnexion de la réalité peut coûter à un pays.

Christelle Néant

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Perquisitions et interrogatoires de prêtres de l’UOC-MP par le SBU

SBUAprès le vote de la loi martiale en Ukraine et la perquisition qui a eu lieu chez le Père Supérieur de la laure de Kiev-Petchersk, les autorités ukrainiennes continuent d’accroître la pression sur l’Église orthodoxe ukrainienne canonique (UOC-MP), pour justifier de la dépouiller de ses monastères, églises et chapelles, afin de les donner ensuite à l’Église autocéphale bidon créée par Constantinople sur base des Églises ukrainiennes schismatiques.

Après la résidence du Métropolite Paul, fouillée par le SBU le 30 novembre, ce sont les bâtiments et lieux de résidence appartenant l’UOC-MP dans les diocèses de Kiev, Jitomir, Nogorod-Volyn et Ovroutch-Korosten qui ont été perquisitionnés, lundi 3 décembre, par les services de sécurité ukrainiens, pour y chercher des preuves de la prétendue « incitation à la haine inter-religieuse » dont serait coupable l’Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Lors de ces perquisitions, les agents du SBU et la police ont emporté des clefs USB, des ordinateurs et des documents imprimés.

Huit perquisitions au total, auxquelles viennent s’ajouter les interrogatoires d’une vingtainede prêtres de l’UOC-MP venant des éparchies de Rovno et Sarny, toujours par le SBU.

Le caractère complètement fabriqué et politiquement motivé de l’enquête menée par le SBU transparaît dans ces interrogatoires massifs de prêtres, qui ont été convoqués sans savoir pourquoi !

« Une part significative du clergé du diocèse de Sarny a reçu une convocation pour interrogatoire, et 20 prêtres du diocèse de Rovno ont reçu une convocation à témoigner sans explication sur ce sur quoi ils devaient témoigner », a déclaré le département d’information et d’éducation de l’UOC-MP.

D’après l’UOC-MP, ses archevêques commencent à recevoir des appels téléphoniques du SBU exigeant de venir discuter dans leurs locaux.

D’après Vadim Novinski, député d’opposition à la Rada, qui a divulgué ces faits, de telles actions visent à mettre la pression sur l’UOC-MP « dans un seul but – contraindre les hiérarques de l’Église orthodoxe ukrainienne à participer au conseil d’unification de ce que la population appelle déjà « l’Église du patriarcat de Porochenko ». »

Alors qu’UNIAN reprend la propagande officielle et la fausse accusation d’incitation à la haine inter-religieuse avancée par le SBU, l’archevêque de l’église de l’Exaltation de la Sainte Croix de Jitomir a souligné, que la seule chose qui se trouve sur les supports saisis ce sont des chants et concerts religieux… Le SBU va-t-il nous sortir que les chants sacrés orthodoxes sont une incitation à la haine inter-religieuse ?

Ces méthodes de persécution de l’Église orthodoxe rappellent celles utilisées il y a un siècle par un autre régime, pourtant honni par la junte de Kiev actuelle : le régime soviétique.

Ce parallèle a été fait par les frères de la laure de Potchaïev qui ont écrit une lettre pour faire part de ce qui se passe.

« Nous sommes obligés d’affirmer qu’à l’heure actuelle, les autorités ukrainiennes utilisent des méthodes communistes pour lutter contre l’Église orthodoxe.
Par exemple, il y a environ 100 ans, les dirigeants bolcheviques, en particulier L. D. Trotski, et ceux qui l’accompagnaient, se sont donné pour tâche de créer une organisation de l’Église orthodoxe sous le contrôle des autorités soviétiques. C’est ainsi qu’est apparu le mouvement rénovationniste ou « Église vivante ». Une des idées principales de cette organisation était l’abolition du monachisme.
Après la création de l’organisation rénovationniste, les bolcheviks commencèrent une bataille active avec l’Église orthodoxe qui devint illégale. Sous le slogan de la « complicité avec la contre-révolution », des églises et des objets de valeur de l’Église furent saisis et des répressions sévères furent utilisées contre le clergé. Il est à noter que les schismatiques-rénovateurs étaient soutenus par le Patriarcat de Constantinople.
Cette « Église vivante » n’a même pas duré trente ans, mais l’Église canonique est inébranlable jusqu’à ce jour.
»

Pour les frères de la laure de Potchaïev, le but est clair : confisquer les biens de la laure de la Sainte Dormition de Potchaïev et les transférer à l’Église issue des schismatiques une fois l’autocéphalie accordée.

D’ailleurs la lettre fait un parallèle intéressant en soulignant qu’aujourd’hui, comme il y a un siècle en arrière, le Patriarcat de Constantinople soutient ceux qui persécutent l’Église orthodoxe canonique.

Après la guerre civile dans le Donbass, voilà que Kiev a officiellement lancé une guerre de religion sur l’ensemble de son territoire, utilisant la loi martiale et ses services de sécurité pour persécuter ceux qui refusent de soutenir une vision politicienne et ultra-nationaliste de la religion.

En guise de conclusion, je vais citer le Métropolite Onuphre, chef officiel, légitime et reconnu de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (Église canonique), qui est accusé avec ses hiérarques d’incitation à la haine inter-religieuse, et je vous laisserai juger si celui qui tient de tels propos est une personne qui incite à la haine.

« Les gens qui font le mal et qui l’aiment, haïssent le bien. Et tout ce qui est lié au bien, ils le traînent dans la boue. Nous devons aimer le bien et nous efforcer d’être les porteurs du bien. Et ce sera utile pour tous, et pour nous, et pour ceux qui vivent à nos côtés. Et en son temps, chacun donnera une réponse à Dieu pour ce qu’il a fait, de mal, de bien… L’homme répond pour tout. Ce n’est pas une menace, c’est la vérité. »

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 1er décembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 1er décembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0121 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’48 » – La RPD et la RPL craignent une offensive et une attaque chimique de la part de l’Ukraine
06’20 » – Accumulation d’armes lourdes près de la ligne de front côté ukrainien

PROVOCATION UKRAINIENNE PRES DU DETROIT DE KERTCH
07’03 » – Chronologie et conséquences de la provocation ukrainienne

UKRAINE
3510 » – Porochenko utilise la loi martiale pour éliminer l’Église orthodoxe ukrainienne canonique

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
40’11 » – CNN dévoile à quel point les habitants de Marioupol ont peur d’une « invasion russe »
42’23 » – Détails de la séance de « torture » subie par les agents du SBU arrêtés sur les bateaux ukrainiens

45’18 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Porochenko utilise la loi martiale pour éliminer l’Église orthodoxe canonique

Église orthodoxe ukrainienneComme je le craignais il y a plusieurs semaines en arrière, et comme l’a aussi prédit Rostislav Ishchenko dans son analyse cette semaine, Petro Porochenko a décidé de se débarrasser de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP), utilisant pour cela la loi martiale récemment votée.

Puisque l’UOC-MP refuse de jouer dans la mascarade organisée par Porochenko et le Patriarche de Constantinople, Bartholomée, le président ukrainien a décidé de se débarrasser de la variable qui pose problème dans l’équation lui permettant d’obtenir l’autocéphalie tant désirée.

La conclusion de Rostislav a été confirmée par des députés de la Rada issus du Bloc d’Opposition. Pour Iouri Pavlenko, le gouvernement ukrainien va utiliser la loi martiale pour intimider ceux qui ne soutiennent pas l’autocéphalie en Ukraine, et pour Vadim Novinski, cela pourrait même encourager les ultra-nationalistes à voler d’autres églises dans la perspective de l’obtention de l’autocéphalie (pour rappel plus de 50 églises de l’UOC-MP ont été volées par la force par les partisans de l’Église orthodoxe schismatique du Patriarcat de Kiev, l’UOC-KP).

Vadim Novinski a ainsi indiqué sur sa page Facebook que la loi martiale a été introduite dans les régions où l’Église orthodoxe ukrainienne canonique a un fort soutien de la population, ce qui pourrait affecter négativement la situation religieuse déjà tendue dans le pays et encouragerait les ultra-radicaux à s’en prendre aux églises de l’UOC-MP.

« Si le gouvernement reçoit au moins un signal encourageant d’Istanbul concernant le tomos [d’autocéphalie NDLR], rien ne pourra arrêter les sbires du régime dans leur désir de s’emparer des églises et de remodeler radicalement la carte religieuse, » a-t-il écrit.

« La loi martiale leur donne cette possibilité, en dépit des assurances données par Petro Porochenko que les droits civils ne seront pas violés et que l’État ne s’immiscera pas dans les affaires de l’Église », a noté Novinsky, ajoutant qu’il entend surveiller étroitement les droits religieux dans les régions où la loi martiale a été appliquée et informer rapidement les organisations internationales et les missions diplomatiques de toute violation.

Et pour comprendre à quel point les promesses de Porochenko n’ont de valeur que pour ceux qui les écoutent, il suffit de voir ce qu’a déclaré Andreï Iourach, directeur du département des affaires religieuses et des nationalités du ministère ukrainien de la Culture, dans une interview accordée au média ZIK.

Bien que la mise en œuvre de la loi martiale n’affecte pas directement la sphère religieuse, a dit Andreï Iourach, « elle peut catalyser davantage tout ce qui se passe dans la société et ce que celle-ci attend. Cela pourrait inspirer de grands groupes sociaux à réaliser rapidement leur attente stratégique d’une église locale unie. »

Mais en réalité cette loi martiale affecte déjà directement la sphère religieuse, comme le craignait Rostislav Ishchenko. Ainsi, hier le Métropolite Paul, Père Supérieur de la laure de Kiev-Petchersk a déclaré que les autorités ukrainiennes lui mettaient la pression, et risquaient de lui faire subir des perquisitions.

« De nombreuses questions se posent quant à la légitimité des actions des autorités. Ces actions ne sont pas légitimes, il y a des pressions sur moi, des menaces, des appels téléphoniques et beaucoup d’autres choses. Je ne peux pas citer les raisons, je ne les connais pas », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’information jeudi.

Le Métropolite a également déclaré que les autorités avaient engagé des poursuites contre lui.

« Ils m’ont accusé de mauvaise attitude envers le Patriarche Bartholomée, d’être à l’origine des tensions religieuses, mais je le traite avec beaucoup de respect comme un patriarche », a dit le Père Supérieur de la laure.

Le Métropolite n’exclut pas que les autorités exercent une pression plus forte sur lui ni même qu’elles procèdent à des perquisitions.

« Je ne serais pas surpris qu’il y ait des fouilles et encore plus de violence », a-t-il dit. Dans le même temps, le métropolite a dit qu’il ne savait pas qui a initié les poursuites contre lui, car elles sont confidentielles.

À peine un jour après cette déclaration, la prophétie du Métropolite Paul se réalise. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont ainsi débarqué chez lui aujourd’hui, 30 novembre, pour mener une perquisition.

Les agents du SBU sont arrivés chez lui à 8 h du matin, et sans présenter aucun chef d’accusation, ont commencé à fouiller la maison située dans le village de Voronkov (région de Kiev). Le Métropolite Paul ne se trouvait pas sur place au moment de la fouille.

Comme on peut le voir, peu importe que la loi martiale ne s’applique pas à la région de Kiev, le SBU agit déjà comme si c’était le cas, ne justifiant la fouille qu’a posteriori avec des arguments qui prêteraient à sourire si la situation ne risquait pas de dégénérer en guerre de religion tragique. D’après le Métropolite Paul, le SBU a agi directement sur ordre de Petro Porochenko, comme le permet la loi martiale !

« Les forces de l’ordre procèdent à des perquisitions au lieu de résidence et à l’emplacement de la propriété qui appartient au métropolite Paul (Lebed). Les perquisitions ont lieu dans le cadre de l’affaire pénale en vertu de la partie 2 de l’article 161 du code pénal ukrainien – « Violation de l’égalité des citoyens selon la race, la nationalité, les croyances religieuses, incitation à la haine interconfessionnelle », » a déclaré le SBU.

Quand on voit que l’UOC-MP et son Métropolite, Onuphre, ne tiennent que des paroles d’apaisement, d’appel au calme et à la prière, quand Philarète (« Patriarche » de l’UOC-KP, l’Église schismatique) bénit des fresques et des criminels de guerre néo-nazis, dit que les résidents du Donbass doivent payer par leurs souffrances et leur sang leurs volontés sécessionnistes, et dit ouvertement vouloir dépouiller l’UOC-MP de ses églises, on doit se pincer pour vérifier qu’on ne rêve pas en lisant l’acte d’accusation.

L’incitation à la haine interconfessionnelle c’est Porochenko et Philarète qui en sont coupables. Pas Le Métropolite Onuphre, ni le Métropolite Paul !

Après avoir fait annuler l’acte de transfert de la laure de Potchaïev à la communauté monastique qui l’occupe, et qui appartient à l’UOC-MP, cette perquisition marque le premier pas vers les persécutions religieuses initiées par Petro Porochenko contre l’Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Pourquoi ? Parce que la situation devient urgente. L’UOC-MP refusant de jouer à la mascarade de l’autocéphalie en se réunifiant avec les Églises schismatiques, Porochenko doit s’en débarrasser. Car pour l’instant, faute de réunification, le Patriarcat de Constantinople a dû postposer le processus d’attribution de l’autocéphalie. Comme je l’avais dit, il y a quelques semaines en arrière, sans réunification il n’y aura pas d’autocéphalie. Or Porochenko en a besoin pour redorer sa côte de popularité.

Si le synode du Patriarcat de Constantinople (qui vient de se réunir) a préparé par anticipation la charte constitutionnelle de la future Église autocéphale ukrainienne une fois le tomos accordé, celui n’est toujours pas obtenu, car la date du concile d’unification n’a toujours pas pu être fixée, puisque l’UOC-MP refuse de participer à ce processus complètement anti-canonique.

Et comme l’a très bien dit Rostislav Ishchenko, il ne faut pas s’y tromper, les hiérarques de l’UOC-MP ne seront que les premiers d’une longue, très longue liste de personnes qui vont se retrouver dans la ligne de mire de Porochenko, et persécutés en conséquence.

Que les membres de l’opposition à Porochenko qui sont issus du Maïdan se souviennent de ce texte de Martin Niemöller :

« Ils sont d’abord venus chercher les socialistes, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas socialiste
Puis ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas syndicaliste
Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas juif
Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre. »

Ils viendront d’abord chercher les hiérarques et fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, puis ils viendront chercher les membres de l’opposition anti-Maïdan, et ils finiront avec ceux qui ont soutenu ce putsch.

La révolution « de la dignité », comme toutes les révolutions, dévorera alors ses propres enfants. Il sera alors trop tard pour hurler à la dictature…

Christelle Néant

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L’Ukraine va devenir une dictature terroriste ou se désintégrer

PorochenkoDepuis le coup d’État qui a eu lieu à Kiev en février 2014, j’ai soutenu et j’affirme que, quelle que soit la personne qui dirigera l’État et quelle que soit la force politique chargée de gouverner le pays, le régime de Kiev suivra la voie de la radicalisation jusqu’à se transformer en une dictature ouvertement terroriste.

C’est la loi de l’histoire. C’est aussi inévitable que le lever du soleil le matin. Le soleil se lève, que vous croyiez en son existence ou non, et que vous voyiez le processus du lever du soleil ou que le ciel soit couvert de nuages.

La seule alternative à la dégénérescence du régime en dictature terroriste est la désintégration du pays – qui n’a pu faire face à ses problèmes – avant que le régime ne parvienne à passer par toutes les étapes de la dégénérescence. Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure option, car il n’y aura pas d’annihilation naturelle des structures nazies oligarchiques. Elles resteront dans la société post-ukrainienne et auront un effet toxique sur tous les systèmes politiques qui grandiront sur les ruines de l’Ukraine.

En introduisant la loi martiale dans dix régions d’Ukraine et dans les eaux territoriales de la mer d’Azov, Petro Porochenko a fait l’avant-dernier pas vers la réalisation de l’option militaire de son maintien au pouvoir. Le régime a clairement démontré son incapacité à garder le contrôle du pays dans le cadre de procédures même quasi-démocratiques. La terreur dissimulée du SBU et des escadrons de la mort nazis ne suffit plus. Il est nécessaire de refuser officiellement le respect des « droits et libertés démocratiques » non seulement en ce qui concerne les « séparatistes » et les « vatniks » (les Russes NDLR), mais aussi les « patriotes » patentés du Maïdan.

Il ne faut pas se laisser abuser par le succès relatif de l’opposition, qui a réussi à réduire la période de la loi martiale à 30 jours et à la limiter à une partie du pays. Nous avons affaire à l’Ukraine, et là-bas, comme nous le savons depuis l’époque de Iouchtchenko, les lois sont reniflées afin de sentir leur esprit, et ne sont pas exécutées à la lettre.

Donc, en lisant la disposition sur le régime juridique de la loi martiale et en essayant de déduire les actions futures de Porochenko et de l’opposition, nous devons partir du fait que la loi sera interprétée par les deux parties de la manière qui leur est profitable. En particulier, l’opposition prétendra qu’il n’y a pas de loi martiale, car elle n’a pas été déclarée dans la capitale.

Porochenko a beaucoup plus de possibilités. Le compromis obtenu à la Rada était en sa faveur, quel que soit le point de vue de l’opposition. Le plus important, c’est que la loi martiale a été introduite, fût-ce partiellement. Il peut maintenant utiliser dans ses décrets l’expression « sur base de la loi martiale », et il peut alors exiger ce qu’il veut.

Par exemple, la loi martiale permet de limiter les activités des forces politiques et des médias destructeurs. Sauf qu’ils n’opèrent pas dans des zones spécifiques, mais dans toute l’Ukraine. Et cela signifie qu’une agence de presse ou, supposons, un parti, sera complètement fermé, et pas seulement ses filiales dans les régions où la loi martiale a été imposée. De même, si on le souhaite, toute autre disposition du régime juridique de la loi martiale peut être étendue à l’ensemble du pays, sans rien changer à la décision de la Rada.

Un autre joli bonus pour Porochenko : la loi martiale ou l’état d’urgence est toujours plus facile à instaurer qu’à annuler. Les autorités s’habituent à travailler sans contrôle, la bureaucratie et les politiciens commencent à comprendre le charme de la dictature, car ils font partie de cette dictature. Le travail de l’opposition est difficile, et donc, jour après jour, elle perd du terrain. Il sera donc plus facile de prolonger la loi martiale de Porochenko que de l’introduire.

Comme je l’ai dit, Porochenko a fait l’avant-dernière pas vers l’établissement d’une dictature ouvertement terroriste et vers une solution brutale au problème des élections. L’avant-dernier, non pas parce que la loi martiale n’est pas imposée partout et pas pour toujours, mais seulement en l’absence d’une décision finale sur le début de la répression par la force de l’opposition. Porochenko hésite encore. Soit il a simplement, comme d’habitude, peur, soit (quoique peu probable) il comprend qu’il peut écraser l’opposition et établir une dictature, mais qu’il ne pourra pas rester à la tête de cette dictature pendant longtemps. Les dictateurs doivent posséder au moins une certaine popularité – idéalement élevée – parmi le peuple, qui leur remet le pouvoir absolu pour la destruction des « parasites », « compradors », « cinquième colonne », etc. Un dictateur avec une cote de zéro, c’est un non-sens. Mais la dictature est un système de gestion très pratique pour la bureaucratie. Par conséquent, il est plus facile pour l’appareil d’État de changer le dictateur (du moins pour un officier de sa garde personnelle, si tous les politiciens se sont retirés d’ici là) que d’abandonner la dictature en raison de sa faiblesse personnelle et de son impopularité.

Néanmoins, peu importe à quel point Porochenko a peur, peu importe comment il tire le chat par la queue (en gros, ce qu’il fait maintenant, il aurait dû le faire en juillet-septembre 2014), la logique des processus historiques nous amène au prochain, et dernier, pas. Si Porochenko ne le fait pas, quelqu’un d’autre le fera à la place de Porochenko et contre Porochenko. Si l’opposition parvient à prendre le pouvoir, elle n’abandonnera pas non plus la loi martiale et appliquera exactement les mêmes méthodes et avec le même résultat, que ce pour quoi Porochenko est maintenant critiqué.

Cependant, le sort des araignées oligarchiques nazies dans le bocal ne nous intéresse guère. Non pas parce que ce sont de mauvaises personnes, mais uniquement parce que c’est la conclusion inéluctable de 2014, quand ils ont pris le pouvoir. Ils peuvent prolonger leur agonie dans le temps (ce qui brise les destins des individus vivant dans le temps physique, mais passe complètement inaperçu à l’échelle du temps historique dans lequel vivent les États), mais ils ne peuvent ni empêcher leur fin inévitable ni changer sa forme ou le contenu de leurs actions.

Il est beaucoup plus important de voir comment les actions de Porochenko affecteront les opposants anti-Maïdan du régime actuel. J’écris « anti-Maïdan » parce qu’ils incluent un large éventail de groupes et de personnes qui ont des opinions différentes – souvent diamétralement opposées – et qui sont même souvent en guerre les unes contre les autres. Indépendamment de leurs convictions, les communistes les plus authentiques (à ne pas confondre avec le « Parti communiste d’Ukraine ») sont également exposés au même danger, de même que la gauche plus radicale, les monarchistes et les libéraux pro-russes qui scandent « Poutine a trahi » – en général, les partisans du spectre des opinions politiques qui ne sont pas représentées dans la Rada et qui sont expulsées du champ politique, mais qui, si elles étaient légalisées, occuperaient une place au Parlement à gauche du centre (même s’ils sont partisans de la restauration de la monarchie des Romanov, car ils ne peuvent être assis à côté des nazis qui occupent la droite). Ces forces dans la société ukrainienne portent le nom conditionnel de gauche et pro-russe. J’utilise le terme « anti-Maïdan » parce qu’ils ne sont pas tous de gauche et qu’ils ne sont pas tous pro-russes, mais ils sont tous des opposants au Maïdan et au régime actuel.

Ainsi, avant de répandre les méthodes de la dictature terroriste pour combattre l’opposition issue du Maïdan, les autorités doivent travailler sur l’opposition anti-Maïdan. Premièrement, une partie importante de l’opposition anti-Maïdan, du moins ceux qui sont restés actifs et qui essaient de se battre, coopère avec les forces qui s’opposent à Porochenko dans l’espace légal, pas uniquement avec les soi-disant représentants du sud-est (les politiciens ukrainiens qui prétendent représenter le sud-est du pays NDLR), mais également avec ceux qui sont des supporters invétérés de Tymochenko (ce qui n’est pas surprenant, car certains « représentants du sud-est » travaillent pour Tymochenko, d’autres pour Porochenko). En d’autres termes, en les frappant, le régime prive l’opposition de certaines possibilités de propagande. Le travail de ces personnes n’est peut-être pas très visible, mais il mobilise contre Porochenko de larges couches d’opposants convaincus du régime, qui autrement seraient dans l’apathie et seraient exclus de la politique.

Deuxièmement, l’opposition issue du Maidan ne peut que soutenir, au moins tacitement, et en grande partie publiquement, la répression contre les anti-Maïdan. Cela divisera le front d’opposition uni des pro et anti-Maïdan qui se forme contre Porochenko.

Troisièmement, la répression directe comme moyen de lutte politique sera légalisée dans l’espace politique et sanctifiée par le soutien de l’opposition. Encore une fois, quel contraste avec ce qui se passe aujourd’hui, où la répression est également appliquée, mais elle ira de sa forme cachée – en supposant le respect formel de la législation, quoique avec de nombreuses perversions – à une répression ouverte, comme moyen individuel et autonome d’exercer une pression sur des opposants politiques. Même en 2014 et même à Dnipropetrovsk, où Filatov et Korban se sont vantés publiquement d’avoir enterré des centaines d’opposants au régime dans des champs, la répression n’avait aucun caractère public – les meurtres ont eu lieu en secret, même si les assassins ne l’ont pas caché. Korban et Filatov ont également compris la nature illégale de leur activité, tout comme les employés du SBU comprennent l’illégalité de leurs actions – enlèvement et torture des opposants au régime. Maintenant, tout cela, sauf la torture, sera consacré par la loi.

Bien sûr, je ne veux pas dire que le régime commencera immédiatement à tirer sur les personnes indésirables dans la rue (même si ce n’est pas aussi loin que cela peut paraître), mais l’arrestation de n’importe qui sans verdict, sans procès pénal, simplement par décision des autorités administratives et l’emprisonnement officiel (pour une durée déterminée ou arbitraire) sans tribunal peut bien devenir un lieu commun demain. Les militants qui exigent maintenant que le SBU présente un mandat de perquisition, refusent de laisser la police ou des services spéciaux dans l’appartement, qui sont absents, etc. vont rapidement apprendre ce que sont une perquisition ou une arrestation par des patrouilles militaires, éventuellement avec des « activistes civils » légalisés. Et tout cela sera « légal ».

Mais le plus grand danger menace l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Moscou NDLR). C’est la seule structure entièrement ukrainienne qui jouit d’un énorme prestige et du soutien de la population dans presque toutes les régions d’Ukraine. Cette structure, malgré toutes les tentatives de rester en dehors de la politique, s’est ouvertement transformée en opposition à Porochenko, refusant de soutenir l’autocéphalie et de s’unir avec les schismatiques. Porochenko, qui ne croit pas que les gens peuvent avoir des convictions sincères, lui qui vend sa « foi » à droite et à gauche, considère que la hiérarchie de l’UOC-MP est semblable à lui en tous points. Par conséquent, il considère leur refus de soutenir ses aspirations autocéphalistes, comme les empereurs romains, qui se voyaient comme des dieux, considéraient le refus des chrétiens de sacrifier dans leurs temples. Porochenko est sûr qu’ils vont la jouer dur pour faire monter les enchères, et a donc l’intention de les briser.

La loi martiale ne fait pas que délier enfin ses mains, qui n’étaient pas très liées auparavant, elle limite sérieusement la capacité de l’église à la résistance légale. Jusqu’à présent, l’argument à l’échelle politique, qui obligeait les autorités à être prudentes dans l’utilisation de la force contre l’église, était que des centaines de milliers de croyants orthodoxes étaient prêts à défendre leurs églises et leurs monastères lorsqu’ils allaient dans les processions religieuses. Sous la loi martiale, toute action dans la rue est interdite. Et cette loi martiale n’est pas annoncée dans toutes les régions, donc, pour commencer, vous pouvez d’abord sélectionner toutes les églises et tous les monastères de l’UOC-MP dans 10 régions (d’autant plus que c’est dans le sud-est qu’ils ont le plus de sympathie pour l’UOC-MP), et seulement ensuite aller vers les autres. Deuxièmement, personne ne s’opposera à l’extension de facto de l’interdiction des rassemblements et manifestations dans tout le pays (surtout si cette mesure est dirigée contre les « séparatistes », les « vatnikis » et « l’église de Moscou »). Troisièmement, si des discours sont prononcés dans des régions non couvertes par la loi martiale, Porochenko aura une raison d’exiger l’extension de la loi martiale à tout le territoire du pays et l’extension de sa période de validité (elle sera motivée par la nécessité de combattre « l’insurrection de la cinquième colonne » de Moscou).

Pour Porochenko, la suppression de la résistance de l’UOC-MP à ses plans est importante non seulement parce qu’il considère l’obtention de l’autocéphalie comme un argument sérieux dans la campagne électorale (il est peu probable qu’il espère encore obtenir le tomos). Il est beaucoup plus important pour Peter Alexeïevitch de contrôler cette structure étendue qui fait autorité et qui peut être utilisée comme un mécanisme de collecte des votes. Porochenko sait très bien que dans les villages, ils votent surtout, « comme le dit le prêtre lors de la messe ». Il a besoin que les prêtres orthodoxes ne soient pas silencieux ou qu’ils ne se dérobent pas à la campagne pour le « président pacificateur », mais qu’ils prêchent chaque jour que Porochenko est le seul choix valable de ceux qui croient en Jésus-Christ.

Porochenko ne peut pas garder le pouvoir et la vie par les méthodes démocratiques habituelles. Il a peur, mais il est déjà à un demi pas de donner l’ordre officiel de commencer à emprisonner et à tuer des opposants politiques. Donner l’ordre de réprimer l’Église est plus facile pour lui que donner l’ordre de réprimer Tymochenko – le public pro-Maïdan traitera cela avec compréhension. En même temps, à ses yeux, l’Église est un ennemi plus terrible que Tymochenko. L’église a un taux d’approbation plus élevé, elle résiste avec plus de persévérance et ne s’enfuira pas à l’étranger, c’est certain.

La répression des activistes politiques anti-Maïdan et des médias est une partie essentielle et importante de la campagne médiatique de Porochenko, mais, étant moins visible de l’extérieur, elle est beaucoup moins importante que la répression de l’Église. Des affrontements avec l’Église orthodoxe ukrainienne (du Patriarcat de Moscou NDLR) ne peuvent que se produire publiquement. Ce qui veut dire que le format du règne terroriste sera peaufiné sur le public pro-Maïdan et devra recevoir son soutien. Et quand les activistes des partis pro-Maïdan se retrouveront dans la ligne de mire, il ne leur restera plus qu’à être surpris, affligés, et à dire : « Camarades ! Il y a eu une erreur tragique. Je suis de votre côté, camarades ! ». Mais ce sera plus tard.

Rostislav Ishchenko

Source : Ukraina.ru

Traduction par Christelle Néant

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Poutine : Les gardes-côtes russes ont accompli leur devoir à Kertch

Vladimir PoutineLe président russe, Vladimir Poutine a qualifié l’incident qui a eu lieu dans le détroit de Kertch de provocation organisée à la veille des élections en Ukraine, exprimé son soutien au travail des gardes-côtes et souligné une fois de plus le double standard de l’Occident qui tolère tout et n’importe quoi de la part de l’Ukraine.

Vladimir Poutine s’est exprimé à ce sujet alors qu’il assistait au forum d’investissement « La Russie appelle », qui se déroule actuellement à Moscou.

« Pour ce qui est de l’incident de la mer Noire, c’est une provocation, bien sûr. Une provocation, organisée par le gouvernement, je pense, et le président actuel à la veille des élections présidentielles en Ukraine en mars prochain. La cote de l’actuel président est quelque part en cinquième position, il a de bonnes chances de ne même pas arriver au deuxième tour, alors il faut faire quelque chose pour aggraver la situation et créer des obstacles insurmontables pour ses concurrents, principalement ceux de l’opposition, » a déclaré le président de la fédération de Russie.

Vladimir Poutine a aussi souligné que depuis quatre ans, l’Ukraine a eu bien d’autres occasions plus sérieuses de déclarer la loi martiale, qu’elle n’a pas saisies. Ainsi lorsque la Crimée a décidé de retourner au sein de la Russie, ou lorsque Kiev a envoyé son armée dans le Donbass bombarder la population, l’Ukraine n’a pas déclaré la loi martiale. Pourtant l’utilisation de chars d’assaut, d’artillerie lourde et même des avions de combat, et donc d’un état de guerre de fait, aurait largement justifié une telle décision.

Pour le président russe, décréter la loi martiale suite à un incident aussi mineur que celui qui a eu lieu il y a quelques jours montre clairement qu’il s’agit d’une manœuvre électorale, cet incident n’étant qu’une excuse bidon pour essayer de reprendre la main sur les élections à venir en éliminant l’opposition.

Il a d’ailleurs rappelé qu’en septembre 2018, d’autres navires de guerre ukrainiens avaient franchi le détroit de Kertch sans encombre, en se pliant aux accords existants et aux requêtes des gardes-côtes, après avoir demandé l’aide d’un pilote russe pour manœuvrer dans le détroit.

« Ils ont totalement respecté tous les accords et les exigences. Ils ont communiqué qui ils étaient, combien ils étaient, où ils allaient. Nous leur avons fourni un pilote et les avons calmement accompagnés jusqu’à leur destination en mer d’Azov », a précisé Vladimir Poutine.

Mais le 25 novembre, les navires ukrainiens ont refusé d’obéir aux requêtes des gardes-côtes et de suivre les règles de passage dans le détroit. Et c’est là toute la différence qui explique ce qui s’est passé alors, et la réaction des gardes-côtes russes.

Soutien aux gardes-côtes russes

Le président de la fédération de Russie a d’ailleurs tenu à soutenir les actions prises par les gardes-côtes pour capturer les navires ukrainiens récalcitrants, en déclarant qu’ils avaient simplement accompli leur devoir.

« Et comment les gardes-côtes auraient-ils dû agir ? Des navires militaires avaient envahi les eaux territoriales de la fédération de Russie, ne répondaient pas, et ce qu’ils allaient faire n’était pas clair. Comment auraient-ils dû agir ? S’ils avaient agi différemment, ils auraient dû être traînés en justice ! Mais ils ont accompli leur devoir, leurs ordres en fait, ils ont rempli leurs fonctions légales de protéger l’intégrité territoriale de la fédération de Russie, » a ajouté le président.

Vladimir Poutine a rappelé que le 25 novembre, les navires militaires ukrainiens n’ont pas obéi aux ordres des gardes-côtes, sont entrée dans les eaux territoriales qui ont toujours été russes, même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, qu’ils se sont ensuite dirigés vers le pont qui enjambe le détroit tout en ne répondant pas aux appels des gardes-côtes, qu’ils n’ont pas plus répondu à la proposition de s’arrêter dans la zone d’ancrage et de prendre un pilote russe pour le passage.

« Même après la violation de notre frontière, nous leur avons quand même proposé de prendre un pilote. Silence. Pas de réponse, » a souligné le chef de l’État.

Vladimir Poutine a aussi mis l’accent sur la présence de deux agents du SBU parmi les membres d’équipages de ces navires ukrainiens. Pour le président russe, ils étaient là pour diriger cette provocation et leur présence indique clairement que cette dernière était préparée à l’avance, comme le prouvent d’ailleurs les ordres trouvés à bord des navires, et divulgués par le FSB, leur enjoignant d’approcher secrètement du détroit de Kertch avant de le franchir.

Pour dire les choses clairement ces ordres leur enjoignaient d’enfreindre la procédure réglementaire de franchissement du détroit, qu’ils connaissaient pourtant, comme le prouve un autre papier trouvé sur les navires ukrainiens, et qui détaille la dite procédure.

Double standard de l’Occident envers Kiev et russophobie

Vladimir Poutine a aussi tenu à souligner que l’Ukraine n’a plus que de la russophobie à vendre, et que l’Occident continue d’acquiescer à tous les caprices de Kiev, même lorsqu’ils sont criminels.

« Parfois je vois de manière étrange, même si je suis déjà habitué à beaucoup de choses, que les autorités actuelles de Kiev vendent avec succès leurs sentiments antirusses. Elles n’ont plus rien d’autre à vendre. Il semble que quoi qu’elles fassent, elles s’en tirent à bon compte », a déclaré le président russe, avant d’ajouter sur le ton de la plaisanterie que si les autorités de Kiev « demandaient aujourd’hui des bébés pour le petit-déjeuner, on les leur servirait probablement, et on dirait qu’ils ont faim et qu’on ne peut rien y faire. »

Pour le président de la fédération de Russie, une telle politique à court terme ne mènera à rien de bon, car cela dégage les dirigeants ukrainiens de toute responsabilité, et ne les encourage pas à mener une vraie politique permettant de faire avancer le pays.

« Ils ont des problèmes avec l’économie, dans le domaine social, des difficultés avec les finances, ils ont constamment la main tendue, mendiant l’argent du Fonds Monétaire International. Mais les générations futures devront rembourser, » a souligné Vladimir Poutine.

Le président russe a aussi rappelé que l’Ukraine est aussi incapable d’entretenir de bonnes relations avec ses voisins, et a dit espérer que le peuple ukrainien va évaluer les autorités actuelles à leur juste valeur et que la situation reviendra à la normale.

« Cette mousse politique va retomber, s’apaiser, et le peuple ukrainien évaluera les dirigeants actuels, comme le peuple géorgien a évalué les activités de Saakachvili, » a déclaré Vladimir Poutine.

« Quant aux perspectives à long terme, quelles que soient les personnes au pouvoir à Kiev aujourd’hui, les peuples russe et ukrainien ont toujours été et resteront à jamais des peuples fraternels et très proches », a-t-il conclu.

On ne peut que souhaiter que le président de la fédération de Russie ait raison.

Christelle Néant

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Loi martiale en Ukraine : symptôme de la folie du régime de Porochenko

PorochenkoLa déclaration de la loi martiale en Ukraine pourrait provoquer le chaos dans plusieurs régions du pays en légalisant la violence des autorités contre les résidents locaux, a déclaré le chef du mouvement Jeune République, Nikita Kiosev.

« La proclamation de la loi martiale est une forme radicale de manifestation de folie chronique. Nos évaluations sont claires – honte à la junte de Kiev. Il est terrible d’imaginer quel genre de chaos peut régner dans les zones où la loi martiale est introduite, alors que les fous sont autorisés à appliquer la violence « légale », » a déclaré Nikita Kiosev.

Il a rappelé que les habitants du Donbass savent par expérience quelles sont les qualités morales des forces de sécurité du régime de Kiev, qui ont causé beaucoup de malheurs aux civils.

« Porochenko est comme une petite fille hystérique qui essaie d’attirer l’attention avec ses bouffonneries et avec l’aide de telles provocations pour consolider sa position de président. On peut voir que les Américains ont honte de leur pupille, car les commentaires de Trump sont mesurés, » a ajouté le chef du mouvement Jeune République.

Rappelons que le 26 novembre, la Verkhovna Rada a adopté un projet de loi introduisant le régime de la loi martiale dans dix régions de l’Ukraine à partir du 28 novembre à 9 h du matin. La liste comprend les régions limitrophes de la fédération de Russie et de la Transnistrie, les parties de la République Populaire de Donetsk (RPD) et de la République Populaire de Lougansk (RPL) contrôlées par Kiev, ainsi que les régions bordant les mers Azov et la mer Noire. La validité de ce régime juridique spécial est de 30 jours.

La loi martiale est un régime juridique spécial qui est introduit en Ukraine ou dans certaines de ses régions par la loi « sur le régime juridique de la loi martiale ». Elle prévoit l’octroi de pouvoirs pratiquement illimités aux autorités étatiques, au commandement militaire et aux administrations militaires.

Source : DAN
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Deux agents du SBU étaient à bord des navires ukrainiens capturés

Marins ukrainiens capturésHier, les services de sécurité russes (FSB) ont dévoilé que parmi les 24 hommes d’équipages capturés suite à la provocation organisée par Kiev près du détroit de Kertch, deux se sont avérés être des agents des services de sécurité ukrainiens (SBU).

Afin de prouver qu’il s’agissait bien d’une provocation délibérée de la part des navires ukrainiens, le FSB a, comme promis, divulgué des détails sur ce qui s’est passé, et publié la vidéo des interrogatoires de plusieurs des Ukrainiens arrêtés.

La chronologie des événements ne laisse aucun doute sur l’aspect délibéré de la violation des eaux territoriales russes par les navires ukrainiens et le fait que la Russie ait tout tenté pour résoudre pacifiquement le problème, se résolvant à n’utiliser les armes que devant l’échec de toutes les tentatives non violentes de ramener les marins ukrainiens à la raison.

Chronologie de la provocation

Le 24 novembre, le FSB découvre deux navires ukrainiens, le « Gorlovka » et le « Iani Kapou » à 28-30 km au Sud-Est de Meganome qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À leur approche des eaux territoriales russes, les autorités maritimes de la fédération de Russie leur rappellent les règles de navigation dans le détroit et la procédure de demande de passage qui doit se faire longtemps à l’avance. Les navires ukrainiens répondent alors qu’ils ne prévoient pas de franchir le détroit de Kertch.

Le lendemain matin, le 25 novembre à 2 h 05, le bateau de patrouille russe « Izoumroud », découvre les navires ukrainiens « Nikopol » et « Berdiansk » juste au Sud de la limite des eaux territoriales russes, et qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À 3 h 45, les deux navires rejoignent le « Gorlovka » et le « Iani Kapou ».

À 5 h 35, le « Berdiansk » annonce qu’il prévoit de passer le détroit de Kertch avec le « Nikopol » et le « Iani Kapou » à destination du port de Berdiansk. Dix minutes plus tard, les autorités maritimes russes rappellent au commandant du Berdiansk que le passage à travers le détroit leur est pour l’instant interdit car ils doivent se conformer à la procédure.

À 5 h 50, le commandant du « Berdiansk » réclame le droit de passage immédiat au nom du traité entre la Russie et l’Ukraine sur la coopération et l’utilisation de la mer d’Azov et du détroit de Kertch.

À 6 h 30, les autorités maritimes russes rappellent au « Berdiansk » que pour assurer la sécurité du trafic maritime, ils doivent demander la permission de passer 48 h puis 24 h avant, confirmer 4 h avant le passage et se conformer au planning de franchissement du détroit. Or les navires ukrainiens n’ont pas fait de demande de passage dans les temps impartis.

Les navires ukrainiens ignorent les ordres des autorités maritimes russes, et poursuivent leur route vers le détroit, franchissant la frontière maritime de la fédération de Russie à 7 h 10 du matin au point 44°52’N, 36°31’E, violant l’article 25 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer, et l’article 12 de la loi fédérale russe sur les mers intérieures, le territoire maritime et la zone adjacente de la fédération de Russie.

À 7 h 20, les bateaux de patrouille russes « Don » et « Izoumroud » prennent alors des mesures pour empêcher le passage du détroit par la force, et appellent les navires ukrainiens par radio leur intimant l’ordre de quitter immédiatement les eaux territoriales russes. Les équipages ukrainiens ignorent alors purement et simplement les ordres des autorités maritimes russes.

À 8 h 35, les navires ukrainiens sont mis en état d’alerte, leurs canons sont découverts, inclinés à 45° et pointés vers les bateaux de la fédération de Russie, en violation de l’article 19 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer. Les Russes rappellent alors aux navires ukrainiens que la menace d’utilisation d’armes dans les eaux territoriales russes sera considérée comme une violation du droit international et des lois de la fédération de Russie.

À 10 h 35, les navires ukrainiens envoyés en renfort depuis le port de Berdiansk, informent leur quartier général que les bateaux du FSB les empêchent de rejoindre les trois autres navires de l’autre côté du détroit. De 10 h 35 à 18 h 30, les bateaux des gardes côtes russes maintiennent les navires militaires ukrainiens dans une zone au sud du détroit de Kertch.

À 18 h 30 les trois navires (« Berdiansk », « Nikopol » et « Iani Kapou ») mettent alors les gaz et tentent d’échapper aux navires russes en faisant demi-tour. Ces derniers leur intiment l’ordre de s’arrêter en vain. De 19 h à 20 h 40, le « Don » et le « Izoumroud » poursuivent les navires ukrainiens, leur envoyant signaux radio, sonores, lumineux et pyrotechniques pour qu’ils s’arrêtent. Ces ordres sont totalement ignorés par les marins ukrainiens.

À 20 h 42, après plus de 12 h de course poursuite, le « Izoumroud » avertit les navires ukrainiens qu’ils seront contraints de tirer s’ils n’obéissent pas. Devant le silence obstiné des navires ukrainiens, et en conformité avec la loi russe sur la protection des eaux territoriales de la fédération de Russie, le commandant du « Izoumroud » décide d’ouvrir le feu sur les navires ukrainiens.

À 20 h 45, le « Izoumroud » procède à un tir d’avertissement clair vers le groupe de navires ukrainiens, toujours en vain. Les navires de la marine ukrainienne continuent leur route vers les eaux territoriales russes. À 20 h 50 le « Izoumroud » prévient le « Berdiansk » que s’ils ne s’arrêtent pas conformément aux ordres des autorités maritimes russes, il leur tirera dessus pour les stopper.

Devant le silence obstiné et le refus d’obtempérer, à 20 h 55 le « Izoumroud » ouvre le feu sur le « Berdiansk » dans les eaux territoriales russes. Trois minutes plus tard, le commandant du « Berdiansk » appelle à l’aide en déclarant avoir trois blessés. À 21 h 06, le « Izoumroud » aborde le « Berdiansk », récupère l’équipage et prodigue les premiers soins aux blessés.

À 21 h 15, le Don capture le « Iani Kapou » et à 21 h 27, un hélicoptère Ka-52 de l’armée russe stoppe le « Nikopol », lui aussi dans les eaux territoriales russes. À 23 h 21, le « Don » arraisonne le « Nikopol ». Les équipages ukrainiens et leurs bateaux sont ensuite emmenés à Kertch.

Interrogatoire des marins ukrainiens

Le FSB ne s’est pas contenté de publier la chronologie complète des événements, il a aussi publié une vidéo de l’interrogatoire de trois des marins arrêtés. Et là, surprise, parmi les 24 membres d’équipage, les services de sécurité russes découvre deux agents du SBU (services de sécurité ukrainiens).

Face caméra, les trois hommes avouent avoir mené une provocation, et ignoré délibérément les ordres des autorités maritimes russes transmis par radio. Le capitaine Vladimir Lessovoï avoue qu’il savait que ce qu’ils faisaient était une provocation.

L’un des deux agents trouvés à bord du Nikopol, Andreï Drach, est un officier de la 7e direction de renseignement militaire du SBU. Il dit sans ambages, face caméra, qu’ils sont bien entrés dans les eaux territoriales russes et qu’ils ont reçu des avertissements sur le fait qu’ils violaient la loi russe et qu’ils devaient en sortir.

Voir la vidéo sous-titrée en anglais

La présence de deux agents du SBU a bien été confirmée, par nul autre que le directeur du SBU, Vassili Gritsak. Ce dernier a beau annoncer que ces officiers étaient là au titre du contre espionnage, la réalité est bien plus simple : ils étaient là pour s’assurer que les marins ukrainiens mèneraient la provocation jusqu’au bout.

Leur présence à bord montre clairement que la provocation était délibérée, et voulue par les autorités de Kiev. Un point confirmé par le FSB qui a aussi ajouté que les eaux territoriales violées étaient déjà russes même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie.

« Les navires de guerre ukrainiens sont entrés dans les eaux territoriales russes sur ordre direct des autorités de Kiev. Les navires de guerre sont entrés sans autorisation dans les eaux territoriales russes qui jouissaient de ce statut avant même la réunification de la Crimée avec la Russie. La provocation a été coordonnée par deux agents des services de sécurité ukrainiens qui étaient à bord des navires ukrainiens », a déclaré le service de presse du FSB.

Conséquences de l’incident

Suite à l’article d’hier, la Rada a finalement voté la loi martiale pour 30 jours, dans les oblasts côtiers et ceux situés près de la frontière avec la Russie. Fait troublant, la version publiée au journal officiel ukrainien, mentionne 60 jours et aucune limite territoriale, déclenchant un scandale.

Le service de presse du Cabinet de Petro Porochenko a bien sûr déclaré que c’était une erreur qui allait être corrigée dans l’édition de demain et que la personne responsable serait trouvée et punie pour cette bourde.

En attendant, grâce à cette mesure, Petro Porochenko va pouvoir au mieux reporter les élections, au pire éliminer tous ces opposants sérieux.

Pendant ce temps-là l’Occident blâme la Russie et ferme les yeux sur les actions totalement illégales des marins ukrainiens, et l’ONU a totalement échoué à servir à quelque chose dans cette affaire.

Dans les années 30, les Occidentaux ont laissé faire Hitler dans l’espoir de contrer le communisme. Aujourd’hui, ils laissent faire les autorités ukrainiennes néo-nazies post-Maïdan dans l’espoir de contrer la Russie.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ai-je besoin de vous dire comment tout cela va se finir ?

Christelle Néant

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Provocation ukrainienne près du détroit de Kertch – À quoi joue Kiev ?

Navires ukrainiens - Photo : FSBSuite au franchissement de la frontière maritime russe par des navires militaires ukrainiens le 25 novembre, la situation autour de la mer d’Azov a dégénéré en scandale international, dont Kiev compte se servir pour décréter la loi martiale dans le pays.

Pour comprendre ce qui se passe avec la mer d’Azov, il ne faut pas faire comme les médias et représentants occidentaux qui oublient la moitié de l’histoire qui ne les arrange pas, et reprendre tout depuis le début.

Pour rappel, la mer d’Azov borde à la fois l’Ukraine et la Russie. De ce fait, les deux États ont conclu un accord sur la façon dont la circulation dans cette mer, et dans le détroit de Kertch qui y mène, doit se faire. Jusqu’ici, et même après la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, les choses continuaient à se passer sans accroc.

Jusqu’en mars 2018, où l’Ukraine arraisonne un bateau russe, le Nord, et arrête son équipage (qui ne sera renvoyé en Russie qu’en octobre 2018). La situation s’aggrave alors, et les deux pays en viennent à arraisonner chacun des bateaux de l’autre, et la Russie décide de fouiller les bateaux entrant en mer d’Azov.

Contrairement à ce que la propagande ukrainienne a hurlé, cette mesure ne visait pas à asphyxier les ports ukrainiens, mais à assurer la sécurité du pont de Crimée qui enjambe désormais le détroit. Comme l’ont déclaré les autorités russes, 48 % des bateaux fouillés d’avril à octobre 2018 se dirigeaient vers ou venaient de ports russes ! Ce qui prouve bien que la mesure n’est en rien discriminatoire envers les bateaux ou ports ukrainiens.

Cette mesure a bien sûr été utilisée par Kiev pour hurler une fois de plus au fait que la Russie bloquait prétendument l’accès à la mer d’Azov (d’ailleurs pour les pseudo-journalistes occidentaux qui nous ressortent la soupe du pont de Crimée qui empêcherait les gros bateaux d’entrer en mer d’Azov et fait chuter l’activité des ports ukrainiens, je les renvoie à mon article de septembre 2017 qui prouve qu’il n’en est rien).

Suite à cette escalade, l’Ukraine a commencé à parler ouvertement de mêler la communauté internationale au statut de la mer d’Azov et d’y créer une base navale à Berdiansk. Des provocations contre lesquelles Moscou a mis en garde Kiev. Peine perdue, autant parler à un sourd.

À peine trois jours après la dernière mise en garde de la Russie, l’Ukraine est donc passée à une provocation plus active. Pour ceux qui hurlent à l’agression russe contre les bateaux ukrainiens, reprenons de nouveau toute l’histoire et pas juste la fin, comme l’a fait opportunément Kurt Volker (le pyromane, oups pardon, représentant spécial américain en Ukraine).

Contrairement à ce que monsieur Volker peut pérorer sur Twitter, non la Russie n’a pas abordé des bateaux ukrainiens qui allaient pacifiquement d’un port ukrainien à un autre ! Regardons la chronologie des événements.

Le 25 novembre 2018 au matin, vers 7 h, trois navires de la marine ukrainienne venant du port d’Odessa violent la frontière maritime de la fédération de Russie au large de la Crimée. Les trois navires en question, le Berdiansk, le Nikopol et le Iany Kapou, se dirigent vers le détroit de Kertch en faisant des manœuvres dangereuses et refusent d’obéir aux ordres des autorités maritimes russes, mettant ainsi en danger tous les navires civils qui se trouvent dans cette zone.

En procédant de la sorte, les navires ukrainiens ont violé les articles 19 et 21 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Et contrairement à l’incident du 22 septembre, cette fois les navires ukrainiens refusent d’appliquer la procédure ad-hoc.

Devant le danger que représentent ces trois navires militaires ukrainiens, la Russie décide alors de fermer temporairement le détroit de Kertch, en installant un tanker vide en travers du détroit, pour les empêcher d’y passer, le temps de maîtriser les bateaux récalcitrants.

Blocage du détroit de Kertch

Photo : Kertch Info

Entre temps, deux autres navires ukrainiens ont quitté le port de Berdiansk pour venir en renfort aux trois navires toujours bloqués dans la mer Noire. La situation se tend alors de plus en plus et fait craindre une escalade grave. La Russie envoie alors des hélicoptères et des Su-25 survoler la zone pendant que le FSB et les gardes côtes russes prépare l’arraisonnement des navires ukrainiens.

Les navires ukrainiens refusant d’obtempérer, les bateaux du FSB et des gardes côtes russes éperonnent un des navires et décident d’ouvrir le feu sur les moteurs pour mettre les navires à l’arrêt et pouvoir ensuite les remorquer et arrêter l’équipage. D’après le représentant de la marine ukrainienne, les bateaux ukrainiens auraient même ouvert le feu en retour.

Bien entendu la propagande ukrainienne fonctionne alors à plein régime, amplifiant et déformant tout, gonflant les chiffres des blessés (mentionnant six blessés alors qu’il n’y en a que trois) et accusant les forces russes d’avoir « ouvert le feu pour tuer ».

Ce qui est démenti par la nature même des blessures (les marins ukrainiens ont reçu des éclats et des balles au niveau des jambes et des bras lors des tirs sur les moteurs des bateaux, si le FSB avait tiré pour tuer, les blessures seraient au torse ou à la tête).

Dans le même temps, devant l’échec de la manœuvre, les deux navires partis de Berdiansk pour prêter main forte aux trois premiers navires ukrainiens ont fait demi-tour et sont rentrés à leur port de départ.

Suite à la capture des trois navires et l’arrestation des 24 marins ukrainiens qui se trouvaient à bord, la machine hystérico-politico-médiatique ukrainienne s’emballe, hurle à l’agression russe, met l’armée en état d’alerte (sans provoquer d’escalade dans le Donbass contrairement à ce que certains médias ont relayé par erreur) et le Conseil de Sécurité ukrainien propose de décréter la loi martiale, pendant que sur les plateaux télévisés comme la chaîne 112, les « experts » et autres « politologues » ukrainiens disent qu’il s’agit d’un état de guerre et qu’il faut revoir l’accord sur le statut de la mer d’Azov… Bref du grand délire à l’ukrainienne.

Et pendant que les ultra-nationalistes ukrainiens s’en prennent alors à l’ambassade russe à Kiev, l’Ukraine et la Russie en appellent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour régler le problème. Car Kiev et ses patrons occidentaux ont beau hurler à l’agression russe, les faits (lorsqu’on les prend dans leur intégralité et pas juste la moitié) disent qu’il s’agit bien d’une provocation ukrainienne, qui a viré au fiasco (voire à l’humiliation intégrale comme l’a souligné Xavier Moreau, vu que les navires ukrainiens n’ont même pas été arraisonnés par la marine russe, mais par le FSB!). Le FSB s’est d’ailleurs dit prêt à publier les preuves qu’il s’agit bien d’une provocation ukrainienne organisée de manière délibérée par Kiev.

Et c’est là que se pose la question du « pourquoi ? ». Pourquoi Kiev a-t-il envoyé ses marins au mieux à une capture certaine, au pire à une mort certaine (vu la supériorité de la marine russe par rapport à la marine ukrainienne qui tombe en lambeaux) ? Pourquoi prendre le risque d’une humiliation pareille, qui montre clairement que, contrairement à ce que Kiev affirme, les Forces Armées Ukrainiennes n’affrontent pas l’armée russe dans le Donbass ? Car si tel était le cas, l’armée ukrainienne aurait subi le même sort que ces 24 marins ukrainiens !

La réponse à ces questions est à chercher dans la réaction de Kiev à cette situation :
1) Proposer de faire voter la loi martiale,
2) Pleurer auprès de l’OTAN,
3) Pleurer auprès de l’ONU.

La raison évidente de décréter la loi martiale, qui a même sautée aux yeux des médias occidentaux comme le Welt, est de suspendre les élections présidentielles ukrainiennes qui doivent avoir lieu en mars 2019. Normalement prévue pour une durée de 60 jours, la loi martiale peut ensuite être prolongée, et pourrait donc potentiellement l’être jusqu’au mois de mars.

Pourquoi faire annuler les élections ? Parce qu’avec à peine 9 % d’intention de votes et plus de la moitié des Ukrainiens qui refuseraient de toute façon de voter pour lui, Porochenko est sûr de perdre ces élections. Et s’il perd, lui-même et un certain nombre d’officiels ukrainiens pourraient alors être jugés pour leurs crimes (crimes de guerre dans le Donbass, massacre d’Odessa, etc).

Mais ce n’est pas la seule raison. Car quand on regarde ce que permet la loi martiale ukrainienne, on voit que même si Porochenko n’arrive pas à la prolonger jusqu’en mars, il peut s’en servir pour truquer les élections en sa faveur.

Comment ? En faisant arrêter ses opposants majeurs ou interdire leur parti sous prétexte qu’ils représenteraient un « danger pour l’indépendance de l’Ukraine » ou qu’ils voudraient « changer la constitution par la force ». Mais aussi en mettant définitivement tous les médias au pas sous peine de se voir confisquer leur matériel permettant d’émettre s’ils diffusent autre chose que la « version officielle ». En clair cela permettrait au président ukrainien de changer radicalement la donne avant que l’élection ait lieu afin d’augmenter ses chances de gagner.

Devant l’évidence du but recherché par le président ukrainien, des voix discordantes ont commencé à se faire entendre même en Ukraine, et même parmi les politiciens les plus russophobes ! Résultat, le vote de la loi martiale à la Rada a dû être ajourné, après que plusieurs députés des partis d’opposition aient bloqué le podium du porte-parole du parlement et demandé à discuter en détail de ce qui s’est passé la veille près de Kertch.

Car la ficelle est tellement grosse, que la couleuvre ne passe pas, même auprès du parti du Front Populaire, pourtant loin d’être un ami de Moscou. Quant à la Plateforme d’Opposition pour la Vie, elle réclame purement et simplement la démission de Porochenko et des officiels militaires impliqués dans ce fiasco pour apaiser les tensions.

Devant la polémique, Porochenko recule, en partie, proposant de décréter la loi martiale pour 30 jours au lieu de 60, afin de prouver que cela n’a rien à voir avec les élections. Aussi crédible qu’un enfant prétendant qu’il n’a pas touché à la confiture alors qu’il en a plein la figure !

Le côté opportuniste de déclarer la loi martiale saute aux yeux quand on se demande surtout, pourquoi, s’il s’agit d’une réelle agression russe contre les navires ukrainiens, Kiev ne déclare pas carrément la guerre à la Russie ? Car si la version ukrainienne était vraie, c’est la décision que Kiev devrait prendre en toute logique.

Pourquoi l’Ukraine ne déclare-t-elle pas la guerre à la Russie ? Certains pourraient me rétorquer qu’en faisant ça Kiev serait sûre de voir son armée anéantie par l’armée russe en moins de temps qu’il n’en a fallu à l’armée Géorgienne pour se faire écraser en 2008. Ce qui n’est pas faux, et qui montre, comme expliqué plus haut, que l’Ukraine n’est en réalité pas en guerre contre la Russie depuis 2014, contrairement à ce que Kiev affirme. Mais peut-être que les autorités ukrainiennes croient que l’OTAN les protégerait de la Russie, surtout si Kiev joue bien les victimes.

Non, la raison réelle est toujours la même : ne pas perdre l’argent du FMI. Si l’Ukraine entre en guerre ouverte contre la Russie, finie l’aide de l’institution internationale, et Kiev peut dès lors directement se déclarer en faillite. Aussi simple que cela.

Concernant les autres réactions de Kiev, cette provocation pourrait servir de prétexte à l’OTAN pour renforcer sa présence en mer Noire, prétendument pour protéger l’Ukraine contre la méchante Russie, faisant encore grimper les tensions dans la région. Les États-Unis ont d’ailleurs immédiatement exprimé leur soutien à l’Ukraine, montrant bien que Kiev a agi avec l’accord de ses patrons de Washington !

Et pour ce qui est de l’ONU, la réunion en urgence du Conseil de Sécurité a tourné au fiasco, les pays occidentaux et l’Ukraine ayant voté contre l’agenda proposé par la Russie pour les discussions.

Si on reprend l’ensemble des faits, on se rend compte que cette provocation avait de multiples buts :
1) Décréter la loi martiale pour que Porochenko garde son poste et sa tête, et que lui-même et plusieurs officiels ukrainiens ne finissent pas sur les bancs d’un tribunal pour leurs crimes.
2) Rajouter une pierre supplémentaire à l’édifice propagandiste de la « Russie pays agresseur » en Ukraine comme en Occident, en ne montrant que les faits qui présentent l’Ukraine comme la victime de l’agressivité russe, et en omettant tout ce qui pourrait montrer au public occidental que Kiev est responsable de la réponse russe. Le but final est de préparer les populations occidentales à une guerre contre la Russie, en la faisant passer pour le méchant de l’histoire.
3) Justifier une présence renforcée de l’OTAN et des États-Unis en mer Noire, afin de faire grimper les tensions dans cette zone jusqu’à provoquer le conflit dont Washington a désespérément besoin (pour comprendre le pourquoi du comment et à quel point tout cela est dangereux, je vous renvoie à cet excellent article du Saker).

Cette provocation n’est pas qu’une affaire interne à l’Ukraine comme le pensent certains. Il s’agit d’une manœuvre à tiroirs qui a des implications aussi bien locales que globales. Après le bombardement chimique d’Alep par les terroristes installés à Idlib, cette provocation est un coup supplémentaire de Washington pour contrecarrer les tentatives désespérées de Vladimir Poutine d’empêcher une conflagration entre les États-Unis et la Russie.

Les États-Unis ont besoin d’une guerre, car ils croient que cela va résoudre leurs problèmes tant économiques que géostratégiques, et empêchera la perte de leur hégémonie mondiale, quitte à sacrifier l’Ukraine et l’Europe sur l’autel de leurs intérêts propres, et sans comprendre qu’ils risquent leur propre destruction à ce jeu dangereux.

La réponse de la Russie à cette provocation, a elle aussi plusieurs raisons. Après des heures de tentatives de résoudre pacifiquement la crise en discutant avec les équipages ukrainiens, la Russie, en tirant sur les navires avant de les capturer, s’est résolue à envoyer un message clair : nous voulons la paix, mais si vous voulez absolument la guerre vous allez l’avoir et cela va vous faire très mal.

Comme le Saker, je crains malheureusement que la Russie ne parle à des sourds qui se croient invincibles, et que la trajectoire de collision entamée depuis des années entre Washington et Moscou ne puisse plus être déviée.

Si l’Occident ne change pas rapidement d’attitude, il goûtera à la même humiliation et destruction que celle de la marine ukrainienne, qui vient de perdre le peu de bateaux encore fonctionnels qu’elle possédait, et de montrer qu’elle est une armée en papier mâché, bien loin des panégyriques qu’en fait le président ukrainien.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 24 novembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 24 novembre 2018 (exceptionnellement en deux parties) :

SITUATION MILITAIRE
0124 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’17″ – Provocations de l’armée ukrainienne à la veille d’une réunion à Minsk
06’27″ – Les FAU s’entraînent au combat urbain en zone contaminée
08’30″ – Deux stocks de matériel militaire ukrainien brûlent près de Kourakhovo et de Marioupol

ACCORDS DE MINSK
11’30″ – La présence d’un représentant du CICR à Minsk n’a pas permis de débloquer la situation concernant les retraites

RPD-RPL
14’05″ – Investiture de Denis Pouchiline comme chef de la RPD
2142″Le MGB de la RPD déjoue un attentat lors des élections

UKRAINE
2730″Suite à la construction de Turkish Stream, l’Ukraine commence à évaluer ses pertes de revenus

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
32’25″ – Un requin tente de s’évader de son aquarium à Odessa

34’12″ – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Un civil blessé en RPD à la veille d’une réunion à Minsk

Tirs des FAUDurant les dernières 24 heures, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu à 17 reprises, tirant 49 munitions dont trois obus de mortier de 82 mm et 120 mm sur le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD).

Depuis deux jours, les Forces Armées Ukrainiennes tirent de nouveau sur les zones résidentielles en RPD, blessant un civil et endommageant des habitations.

Comme à son habitude, à la veille d’une réunion des groupes de contact à Minsk, l’armée ukrainienne a augmenté ses provocations, afin de les utiliser ensuite comme preuve de la non-application des accords de Minsk lors des négociations qui ont lieu aujourd’hui, 22 novembre, dans la capitale Biélorusse.

Le 20 novembre au soir, l’armée ukrainienne a ouvert le feu avec des lance-grenades automatiques, des mitrailleuses lourdes et des armes légères sur la zone résidentielle située autour de la mine Gagarine à Gorlovka.

Ces tirs ont endommagé deux fenêtres d’une maison au 47 de la rue Yarochenko, mais heureusement sans faire de victimes.

Le lendemain, 21 novembre, à 13 h, c’est sur Yelenovka (au sud de Donetsk) que l’armée ukrainienne a tiré avec des armes légères depuis ses positions situées près de Slavnoye.

L’un des tirs a touché un civil de 62 ans qui se trouvait près d’un magasin. L’homme a reçu une balle dans la cuisse droite et a été emmené à l’hôpital de Dokoutchayevsk pour y être soigné.

Le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu a transmis toutes les informations sur ces crimes de guerre à la Mission de Surveillance Spéciale de l’OSCE pour enregistrement.

Et alors que la réunion des groupes de contacts est actuellement en cours à Minsk, l’armée ukrainienne a décidé de poursuivre sur cette lancée, en tirant sur le village de Golmovski, au nord de Gorlovka, avec des canons anti-aériens et des canons de véhicule de combat d’infanterie, endommageant une autre maison, située du 21 de la rue Bolnichnaya. Heureusement sans faire de victime civile cette fois.

Malgré le mauvais temps qui a fait baisser le nombre de violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne, cette dernière continue de commettre des crimes de guerre dans le silence des chancelleries occidentales.

On ne peut dès lors qu’espérer que la prochaine réunion des directeurs politiques au format Normandie, qui doit avoir lieu le 26 novembre, permette d’obtenir un cessez-le-feu plus durable alors que la fin de l’année approche.

Christelle Néant

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Le MGB a déjoué une attaque terroriste lors des élections en RPD

Arrestation d'un agent ukrainienAujourd’hui, 21 novembre 2018, les services de sécurité (MGB) de la République Populaire de Donetsk (RPD) ont dévoilé des informations sur une tentative d’attentat terroriste organisée par Kiev pour saboter les élections du 11 novembre.

« Le ministère de la Sécurité d’État [MGB] de la RPD a contrecarré un acte de sabotage planifié par les services de sécurité ukrainiens [SBU] pour saboter les élections du chef de l’État et des députés du Parlement, » a déclaré Mikhaïl Popov, porte-parole du MGB.

D’après les informations fournies par le MGB, le 11 novembre, un agent ukrainien a été arrêté dans l’arrière-salle d’un bureau de vote, alors qu’il remettait une bombe incendiaire (déguisée en tube de colle) à un membre de la commission électorale du bureau de vote, qui était censé le déposer dans une urne contenant les bulletins de vote.

L’engin explosif était doté d’un détonateur électrique et d’une minuterie programmée pour se déclencher pendant le transport des urnes vers la commission électorale centrale. Si ce plan avait réussi, l’incendie que cet engin aurait provoqué aurait détruit tous les bulletins de vote et aurait aussi pu faire plusieurs victimes.

Les services de sécurité de la RPD ont fait démonstration devant les journalistes de l’action incendiaire de l’engin.

Démonstration MGB

Démonstration MGB

Démonstration MGB

Démonstration MGBPhotos : DAN

L’homme qui a été arrêté a été recruté par Kiev à la veille des élections. Le SBU l’a repéré grâce aux propos très négatifs qu’il a tenu sur la RPD et les élections sur un groupe de discussion sur Telegram. Pour commettre cet acte terroriste, Kiev lui promet alors 10 000 hryvnias (environ 316 euros).

Une somme dérisoire, au vu des risques encourus. Car maintenant qu’il a été arrêté, l’homme risque au minimum 10 à 20 ans de prison pour terrorisme selon l’article 229 du code pénal de la RPD (et je dis à minimum car d’autres articles du code pénal peuvent s’appliquer à son cas et alourdir la peine).

Heureusement le MGB a découvert le plan de Kiev et a piégé l’agent des services de sécurité ukrainiens.

« Le plan était connu du MGB, le complot a été déjoué, et les victimes civiles évitées. Le fait que Kiev ait planifié cette provocation montre son intention de saboter le processus électoral démocratique dans la République, » a conclu Mikhaïl Popov.

Les services de sécurité de la république ont publié la vidéo de l’arrestation de l’agent du SBU au moment où il amenait l’engin explosif dans le bureau de vote.

Cet attentat qui a été déjoué, montre clairement que les autorités ukrainiennes continuent sur la voie du terrorisme d’État, et sont prêtes à tout pour ne pas laisser le peuple du Donbass faire entendre sa voix.

Christelle Néant

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Cérémonie d’investiture de Denis Pouchiline en tant que chef de la RPD

Investiture de Denis PouchilineAujourd’hui, 20 novembre 2018, neuf jours après les élections qui ont vu la victoire de Denis Pouchiline pour le poste de chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), ce dernier a passé la cérémonie d’investiture qui fait de lui le chef officiel de la République.

C’est sous des chutes de neige fondante que les gens se sont rendus à l’opéra de Donetsk pour assister à la cérémonie d’investiture de Denis Pouchiline.

Membres du gouvernement, députés, et délégations étrangères étaient présents dans la salle de l’opéra pour voir Denis Pouchiline prêter serment de respecter la constitution et les lois de la République et d’œuvrer pour le bien-être des citoyens.

« Je jure dans l’exercice des pouvoirs du chef de la République Populaire de Donetsk de respecter la Constitution et les lois de la République Populaire de Donetsk. Respecter et garantir les droits et libertés de la personne et du citoyen. Avec l’honneur de remplir les hautes fonctions du chef de la République Populaire de Donetsk. Et de servir fidèlement le peuple, » a-t-il déclaré la main droite sur la constitution de la RPD.

Plus de 60 représentants venant de neuf pays étaient présents, dont le chef de la République Populaire de Lougansk, Léonid Passetchnik, le chef de la République de Crimée, Sergueï Aksionov, plusieurs députés de la Douma russe, le président d’Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov, le premier ministre abkhaze, Valeri Bganba. Mais aussi des observateurs étrangers qui étaient présents pendant les élections, venant, entre autre, de France, d’Allemagne et de Finlande.

Ayant pris officiellement ses fonctions de chef de la république, Denis Pouchiline a tenu à rappeler le chemin parcouru depuis quatre ans et le but que le peuple de la RPD a soutenu lors des élections du 11 novembre 2018 : l’intégration avec la Russie.

« Il y a 4 ans, l’événement le plus important de l’histoire moderne du Donbass s’est produit. Le 11 mai 2014, une étape décisive dans la vie de la jeune République Populaire de Donetsk a commencé. Ayant défendu notre droit à la liberté, nous avons eu une chance unique de construire notre république ensemble. République dans laquelle la voix et l’opinion de chaque résident est importante. Et ensemble, au fil des ans, nous avons créé un État démocratique indépendant. Ce n’est que grâce à l’unité, à la solidarité et à la fermeté de notre esprit que nous avons réussi toutes les épreuves qui nous ont permis d’atteindre ce que de nombreux États modernes se sont efforcés de faire depuis des siècles. Nous pouvons parler ouvertement russe. Nous pouvons librement développer notre économie et notre industrie.

Le 11 novembre 2018, les citoyens de la République Populaire de Donetsk ont fait preuve de solidarité et prouvé une fois de plus au monde leur engagement pour un avenir commun avec la Russie. C’est notre choix ferme et nous ne nous détournerons pas de cette voie. Je considère que c’est le ralliement du peuple du Donbass autour d’un but qui me tient à cœur : vivre comme une seule famille avec le peuple russe, » a déclaré le chef de l’État.

Denis Pouchiline a ensuite promis de mettre toutes ses forces et ses connaissances au service de l’amélioration de la vie de ses concitoyens, et s’est dit sûr que le Donbass retrouvera un jour une vie paisible qui lui permettra de développer tout son potentiel.

Plusieurs membres des délégations étrangères sont ensuite venus exprimer leur soutien au nouveau chef de la RPD, et les espoirs de développement des relations entre leur pays et la république.

Le premier fut son homologue, Léonid Passetchnik, élu à la tête de la RPL le 11 novembre 2018. Ce dernier a mis l’accent sur le renforcement des liens entre les deux républiques populaires.

« Nous avons déjà beaucoup fait pour que les relations entre nos républiques se développent et se renforcent. Je suis sûr qu’avec vous, ces relations passeront à une nouvelle étape, à un niveau plus élevé de coopération entre nos républiques, » a déclaré Léonid Passetchnik.

Anatoli Bibilov, le président de la République d’Ossétie du Sud a tenu, quant à lui, à confirmer le soutien sans faille de son pays à la République Populaire de Donetsk afin de l’aider dans son développement.

Les représentants russes, ont pour leur part insisté sur l’objectif d’intégration avec la fédération de Russie, et les liens forts (littéralement familiaux) qui existent déjà entre la RPD et le pays voisin.

« Vous savez qu’on s’inquiète pour vous. Puisque nous sommes une famille depuis longtemps. Nous formons une seule famille. Et aujourd’hui, vous êtes aux frontières du monde russe. Aujourd’hui, vous protégez notre espace linguistique, spirituel et orthodoxe, » a déclaré Sergueï Aksionov, le chef de la République de Crimée.

« En mon nom propre, je vous souhaite un ciel paisible, chers amis. Et non pas en tant que fonctionnaire, mais en tant que citoyen de la fédération de Russie, je souhaite que nous devenions rapidement des concitoyens, » a t-il ajouté.

« Ces milliers de liens d’intégration avec la Russie que vous avez établis, ils mèneront certainement à l’objectif souhaité. À l’intégration avec la Russie. Et ce désir des résidents de vivre ensemble avec la Russie dans le cadre d’un grand État unique, » a déclaré Andreï Kozenko, député de la Douma.

La cérémonie d’investiture de Denis Pouchiline s’est terminée par un concert. Celle de Léonid Passetchnik, le chef de la RPL, aura lieu demain à Lougansk.

Voir la vidéo de la cérémonie d’investiture

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 17 novembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 17 novembre 2018 (exceptionnellement en deux parties) :

PARTIE 1

SITUATION MILITAIRE
0104 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’39 » – Les FAU capturent un drone de l’OSCE pour le copier
06’15 » – Nouvelle rafle du SBU contre les civils de la zone du Donbass occupée par l’armée ukrainienne

RPD-RPL
07’20 » – Déroulement et résultats des élections du 11 novembre 2018

INTERNATIONAL
22’31 » – L’Allemagne exige enfin la fermeture du site Mirotvorets

UKRAINE
3116 » – Coupures de chauffage dans plusieurs grandes villes d’Ukraine pour cause de dettes de gaz

Voir la première partie du rapport de situation en vidéo

PARTIE 2

UKRAINE
0025 » – Coupures de chauffage dans plusieurs grandes villes d’Ukraine pour cause de dettes de gaz
0454 » – Un officiel ukrainien déclare que l’Ukraine n’a pas les moyens de construire une base navale militaire à Berdiansk

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
08’43 » – Google Maps affiche le « cabinet des monstres » à Kiev

09’50 » – Conclusion

Voir la deuxième partie du rapport de situation en vidéo

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Berlin réclame la fermeture du site Mirotvorets – Il était temps !

MirotvoretsSe réveillant avec trois guerres de retard, l’Allemagne vient de demander à Kiev de supprimer le site Mirotvorets, qui liste depuis plusieurs années les « ennemis » de l’Ukraine et divulgue leurs informations personnelles, les exposant aux violences et assassinats (comme Oles Bouzina).

Jusqu’ici, Berlin se faisait remarquer par son silence assourdissant sur l’existence même de ce site de délation néo-nazi, qui est soutenu ouvertement par certains députés du parlement ukrainien, comme Anton Gueratchenko.

Alors pourquoi l’Allemagne vient-elle de se réveiller des années après la création de ce site qui n’a rien à envier à la Gestapo ? Car il faut rappeler que lorsque Oles Bouzina se fait assassiner après que ses informations personnelles aient été publiées sur ce site, ni l’Allemagne, ni aucun autre pays occidental ne réagit plus que cela et personne ne demande la fermeture de ce site.

Lorsqu’y apparaissent les données des habitants du Donbass, de leurs dirigeants, puis des journalistes qui y travaillent, là aussi l’Occident ne pipe mot.

La première réaction n’est venue qu’en 2016, lorsqu’une liste de journalistes qui ont été accrédités en République Populaire de Donetsk (RPD) et en République Populaire de Lougansk (RPL) est publiée sur Mirotvorets pour les jeter en pâture aux ultra-nationalistes et néo-nazis ukrainiens.

Plus précisément, au départ cette publication n’a suscité aucune réaction dans le camp occidental. Mais lorsque plusieurs journalistes européens de médias de masse, qui étaient dans cette liste, ont commencé à recevoir des menaces, l’Occident s’est réveillé de sa gueule de bois et a demandé que la liste en question soit supprimée. Ce qui fut fait.

En clair, tant que les néo-nazis ukrainiens ne menacent que des journalistes ukrainiens, russes, ou étrangers qui vivent dans le Donbass, ce n’est pas grave. Mais pas touche aux journalistes des grands médias occidentaux !

Lorsque récemment, le Métropolite Onuphre et plusieurs hiérarques de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou ont été ajoutés sur Mirotvorets, de nouveau, l’Occident s’est fait remarquer par son silence.

On se demande donc ce qui a bien pu pousser Berlin à retrouver sa langue qu’elle avait donnée (depuis fort longtemps) au chat. Et lorsqu’on découvre qui a été récemment ajouté au « purgatoire » du site, on comprend que l’Allemagne se dise que là, ça va trop loin.

Car ce n’est ni plus ni moins que l’ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, qui s’est retrouvé ajouté à la liste des « ennemis » de l’Ukraine (sic), pour ses propos concernant la réintégration de la Crimée à la fédération de Russie (qu’il a appelé à reconnaître), et la guerre du Donbass (qu’il a qualifié de guerre civile).

Pour avoir dit tout simplement la vérité, l’ancien chancelier s’est retrouvé cloué au pilori par les néo-nazis ukrainiens. Lorsque ce sont de simples journalistes hors-système, comme Patrick Lancaster, Graham Phillips (qui a même eu un contrat mis sur sa tête par Mirotvorets) ou moi-même, qui nous retrouvons dans le purgatoire de ce site pour le même « crime », Berlin s’en fiche, mais un ancien chancelier, là la pilule ne passe plus…

Pour couvrir ses propres crimes (son soutien et le fait de fermer les yeux sur les crimes de Kiev) et ceux de Washington, l’Allemagne est prête à avaler beaucoup de couleuvres, mais celle-là est trop grosse, et ça coince…

Résultat, le ministère allemand des Affaires étrangères a condamné le site Mirotvorets et demandé à Kiev de le fermer.

Le côté extrêmement tardif de la réaction allemande, qui aurait dû survenir depuis bien longtemps (si Berlin n’appliquait pas le deux poids deux mesures), a été souligné par le ministère russe des Affaires étrangères, qui a déploré qu’il ait fallu autant de temps pour que l’Allemagne réagisse enfin à l’existence de ce site inacceptable.

« Sommes-nous heureux que Berlin se soit enfin prononcé sur cette question ? Oui, nous le sommes », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, qui a ajouté qu’il est regrettable que cette réaction ne soit survenue que pour des « raisons ponctuelles ».

« Nous avons noté que le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères a commenté l’inclusion de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder dans la base de données du site Mirotvorets. L’Allemagne a finalement admis que quelque chose ne va pas sur ce site web et qu’il serait bon qu’il cesse de fonctionner. Encore une fois, je voudrais dire que Berlin n’a fait ce commentaire qu’après que M. Schröder ait été inclus dans ses bases de données », a-t-elle ajouté.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a rappelé que la Russie a régulièrement soulevé la question de la fermeture du site Mirotvorets, qui est « engagé dans des activités absolument illégales ».

Comme pour les camps d’entraînement militaires néo-nazis pour enfants en Ukraine, l’Occident est complètement à la traîne et incapable d’appeler un chat un chat pour ne pas devoir admettre que la Russie a raison lorsqu’elle dénonce ce qui se passe en Ukraine depuis le Maïdan. Plutôt mentir ou fermer les yeux que de devoir admettre que la Russie dit la vérité depuis le début sur les dérives néo-nazies de l’Ukraine !

Et tant pis pour les conséquences… En tout cas jusqu’à ce que les dites conséquences commencent à frapper l’Occident. Là d’un seul coup, les yeux s’ouvrent et les langues se délient pour jouer les donneurs de leçon en matière des droits de l’homme, en oubliant opportunément les silences complices qui étaient de rigueur jusque-là.

« Nous avons appelé les pays occidentaux à faire pression sur le gouvernement de Kiev pour faire cesser ces activités illégales contre les médias. Cependant, comme le montre la réalité, nos partenaires occidentaux ferment simplement les yeux sur la répression contre les médias dissidents. Ils ne réagissent que lorsqu’ils deviennent eux-mêmes une cible. Nous aimerions que nos collègues occidentaux déploient des efforts permanents et cohérents – et non occasionnels – pour que le régime ukrainien respecte les normes du droit international et les obligations que l’Ukraine a contractées », a conclu Maria Zakharova.

Comme la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, j’aimerais voir les occidentaux arrêter d’appliquer un double standard meurtrier, dont la population du Donbass, le clergé de l’Église orthodoxe ukrainienne, les opposants ukrainiens et les journalistes engagés à dire la vérité font les frais.

Mais je ne me fais pas d’illusions. Il faudra attendre que l’Occident paye le prix fort pour son soutien à l’Ukraine avant d’envisager de cesser de nourrir la bête qui va le mordre.

Christelle Néant

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Denis Pouchiline : Nous ne pensons pas que l’Occident est prêt à nous reconnaître

Denis PouchilineLe 14 novembre 2018, le chef de la République Populaire de Donetsk (RPD) nouvellement élu, Denis Pouchiline, a donné une conférence de presse à propos des élections, de la situation militaire, des accords de Minsk et des relations internationales.

Parallèlement aux élections en RPD, des élections ont eu lieu en RPL. En RPL, Léonid Passetchnik l’a emporté avec une majorité de voix. Les républiques envisagent-elles une coopération encore plus étroite à l’avenir ?

Je l’espère. Ce processus est déjà en cours. En ce qui concerne le rapprochement, l’élimination des obstacles inutiles pour nos citoyens, il s’agit à la fois de la circulation des citoyens et de la vie économique, pour les entrepreneurs. Par conséquent, Léonid Passetchnik et moi-même avons déjà prévu de supprimer complètement les douanes, de supprimer toutes les frontières. Il s’agit, bien entendu, de la synchronisation de la législation, du cadre législatif, des processus de réconciliation dans le domaine militaire et de la coopération dans d’autres domaines qui aideront la RPD et la RPL à être plus proches.

Aujourd’hui, beaucoup de temps et d’attention sont consacrés au développement de l’économie de la république, à l’amélioration de la vie et du bien-être de nos citoyens, mais la guerre n’est pas encore terminée. Quelle est la situation actuelle sur la ligne de front ?

Malheureusement, d’après les informations que je reçois quotidiennement, on peut dire que l’Ukraine commet et commettra encore des provocations sur la ligne de contact. Il y a des bombardements, des destructions d’infrastructures, malheureusement aussi, des blessés et des morts parmi les civils. Il s’agit d’un conflit de longue durée de manière générale. L’Ukraine n’abandonnera pas ses actions provocatrices. Par conséquent, il faut régler de nombreux points à Minsk. Il faut chercher des opportunités d’atteindre les pays occidentaux, les États-Unis, la France, l’Allemagne – les pays garants de la mise en œuvre des accords de Minsk. Pour qu’ils fassent pression comme il se doit sur l’Ukraine, sur Kiev. Il existe de tels mécanismes. Pour que l’Ukraine commence à remplir ses obligations, au moins, en respectant le cessez-le-feu, le retrait du matériel. Malheureusement, pour le moment, ce ne sont que des intentions. À regret, je ne peux pas dire que la guerre prendra fin demain et que l’Ukraine cessera ses bombardements.

Êtes-vous prêt, pour la paix, à vous asseoir à la table de négociation avec Petro Porochenko, et comment les dernières élections en RPD renforcent notre position dans le cadre des négociations ?

En ce qui concerne la table des négociations, en tant que négociateur, j’ai déjà participé à des négociations avec les représentants ukrainiens, et c’est dans l’intérêt du monde entier que nous le faisons. Bien sûr, toutes les questions qui sont discutées et liées à la sécurité de nos citoyens sont des priorités. Néanmoins, je vois du sabotage de la part de l’Ukraine. Je l’ai vu précédemment, et je continue de le voir maintenant, parce que j’ai toute l’information sur ce qui se passe là-bas. Je vois aussi de la part de l’Ukraine un ralentissement du processus, une diversion vers des questions secondaires et inutiles. Malheureusement, il n’y a aucun espoir que le comportement de l’Ukraine change dans un avenir proche. Je pense que la plate-forme de Minsk est la plus importante pour nous. C’est la seule plateforme internationale où nos représentants sont entendus. Et même si ce n’était pas avantageux pour l’Ukraine de prétendre que nous n’existons pas. Nous existons. Et de plus en plus de gens le sauront.

Tchesnakov a qualifié les résultats des élections en RPD de victoire pour l’électorat pro-russe et les forces politiques pro-russes. Comment pouvez-vous commenter cette déclaration ? Et êtes-vous d’accord avec lui, ou non ?

En 2014, nous avons déterminé notre objectif. Et ce taux de participation, que les résidents de la RPD ont montré, a clairement prouvé que les autorités ont choisi et sont sur la bonne voie. Et cet objectif va vers la fédération de Russie. Il est très difficile de ne pas être d’accord avec la déclaration de Tchesnakov.

L’UE et les États-Unis ont appelé au boycott des élections. Elles ont quand même eu lieu. Y a-t-il une chance que les pays de l’UE reconnaissent nos élections ?

La réponse est qu’il y a eu des tentatives de la part de l’Ukraine et des pays occidentaux de perturber les élections, de les boycotter. Même l’ambassade américaine a appelé à le faire. Comme cela s’est manifesté de la part de l’Ukraine, à commencer par l’intimidation des membres de la commission électorale centrale, les branches locales. Je vous dirai que ces mesures des pays occidentaux n’ont pas été couronnées de succès. Les élections ont eu lieu. Et le taux de participation a été très élevé. Je peux honnêtement dire que nous ne nous attendions même pas à un taux de participation aussi élevé.

Selon les prévisions les plus optimistes, nous nous attendions à 60, voire un maximum de 70 %. Mais nos compatriotes se sont avérés être des citoyens encore plus engagés. Néanmoins, nous ne nous attendons pas et ne nous faisons pas d’illusions quant à la reconnaissance par les pays occidentaux. Parce que c’est une question très difficile pour les pays occidentaux en termes de reconnaissance de culpabilité, parce qu’ils soutiennent l’Ukraine. En fait, si les pays occidentaux reconnaissaient nos élections, ils nous concéderaient une certaine légitimité, en tant que républiques. En conséquence, ils se retrouveraient coupables de bombardements, de destructions, et quelque part même dans du génocide de la population du Donbass.

Bien sûr, leur rhétorique à l’égard de la Russie deviendrait tout simplement injustifiée, les sanctions devraient être levées dès que possible et les auteurs de ces actes auraient été recherchés. Mais dire que l’Occident est prêt pour cela, nous ne le pensons pas. Par conséquent, nous ne nous attendions pas à être reconnus par les pays occidentaux.

Dans le même temps, un grand nombre d’observateurs internationaux, de 14 pays, sont venus. Ils ont pu vérifier la transparence des élections. L’aspect démocratique de tous les processus qui ont lieu dans la république. C’est vraiment important. Mais le plus important est le choix de notre peuple. C’est un fait notable, qui montre que nous allons dans la bonne direction, que nous avons choisi la bonne voie. C’est la chose la plus importante pour nous.

Voir la conférence de presse en vidéo

Christelle Néant

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Dettes de gaz en Ukraine : Plusieurs grandes villes sans chauffage

Caricature : Vitali PodvitskiAlors que l’hiver a commencé, et que les premières chutes de neige sont arrivées en Ukraine, les dettes de gaz accumulées ces dernières années ont provoqué des coupures de chauffage un peu partout dans le pays.

D’après le député néo-nazi de la Rada, Igor Mossiytchouk, dix grandes villes sont concernées par le manque de chauffage, dont Kherson, Krivoï Rog, Severodonetsk et Smela. Résultat : les vacances scolaires ont dû être prolongées dans certaines régions, les écoles n’étant pas chauffées, il est impossible d’accueillir les élèves dans ces conditions.

La situation est telle qu’à Smela, les autorités seraient prêtes à déclarer l’état d’urgence, alors que 68 000 habitants sont laissés sans chauffage et que les températures descendent en dessous de zéro la nuit. À Kherson, 13 écoles sont toujours sans chauffage et les élèves doivent rester chez eux encore cette semaine.

La raison de cette énième catastrophe à l’ukrainienne : les dettes des opérateurs de chauffage locaux envers Naftogaz, la société nationale qui distribue le précieux combustible sans lequel les stations de chauffage ne peuvent tourner.

À Smela, la dette de l’opérateur local Energoinvest envers Naftogaz est de 200 millions de hryvnia (soit 6,354 millions d’euros).

À Krivoï Rog, la situation est encore pire, l’ardoise de Krivorojstal de 370 millions de hryvnia (soit 11,756 millions d’euros), laisse 300 000 habitants, 78 écoles, 75 jardins pour enfants, et 22 hôpitaux sans chauffage.

La situation est tellement désastreuse que les gens ont manifesté leur mécontentement devant le bâtiment de l’opérateur local, allant jusqu’à brûler des pneus. Une manifestation qui a fait suffisamment peur aux autorités pour débloquer temporairement la situation. Naftogaz a enfin fourni du gaz à Krivorojstal, permettant à l’opérateur de lancer ses stations de chauffage.

Mais cela n’est qu’une solution temporaire. Si aucune solution de fond n’est apportée, le problème se posera à nouveau dans un mois ou deux.

Ces problèmes de dette ne sont pas nouveaux, mais comme je l’avais prédit il y a trois mois en arrière, ceux-ci ne font que s’accumuler et ne vont pas aller en s’arrangeant. Pourquoi ?

Parce que les deux tiers des Ukrainiens n’arrivent plus à payer leurs factures à cause des hausses continues des tarifs du gaz, de l’électricité et de l’eau imposées par le FMI et la politique désastreuse des autorités de Kiev. Et la dernière hausse des tarifs du gaz de 23,5 % ne va faire qu’aggraver la situation.

Or les factures qu’ils ne payent pas sont celles de l’opérateur local. Et quand ce dernier n’est pas payé, il ne peut pas payer Naftogaz pour le combustible consommé, qui finit par couper le robinet de gaz lorsque la dette atteint un niveau inacceptable.

Comme je l’indiquais en août, il faut y ajouter que Kiev ne peut plus subventionner ce secteur pour alléger la facture des ménages, et ce, à la demande du FMI. Si Kiev n’augmente pas les tarifs du gaz, le FMI coupe le robinet d’argent dont l’Ukraine a besoin pour survivre.

Car il faut rappeler que dans les cinq années à venir, l’Ukraine doit payer près de 33 milliards de dollars de dette, et que le pays est très loin de générer assez d’argent pour payer tout cela (sans parler des 3 milliards de dollars par an que l’Ukraine va perdre dès 2020 en même temps que le contrat de transit de gaz avec Gazprom). Sans l’aide du FMI, le pays est en état de faillite.

Mais malgré ces déboires financiers et l’échec de la saisie des avoirs de Gazprom dans le bras de fer judiciaire qui oppose Naftogaz à son homologue russe, les dirigeants de la société de gaz ukrainienne ne semblent pas souffrir tant que cela de la situation.

Ainsi, d’après les médias ukrainiens, le directeur du développement commercial de Naftogaz, Iouri Vitrenko aurait sorti du pays 4,5 millions d’euros, et le directeur général de la société, Andreï Kobolev, 6,3 millions d’euros qui sont venus s’ajouter aux 7,5 millions de dollars qu’il a envoyé à sa mère aux États-Unis en septembre.

Ces fonds feraient partie des bonus accordés aux dirigeants de Naftogaz suite au jugement de la cour d’arbitrage de Stockholm en défaveur de Gazprom. Mais après que la cour d’appel de Svea ait suspendu la décision, aucun des dirigeants de Naftogaz n’a rendu le bonus indûment touché.

Et pendant que les dirigeants de Naftogaz s’en mettent plein les poches, le pays lui s’enfonce de plus en plus. Un constat qu’Igor Mossiytchouk (que l’on peut difficilement qualifier d’agent du Kremlin vu le parti auquel il appartient : Svoboda) a fait, en déclarant que l’Ukraine est de facto sous le contrôle du FMI et des multinationales et que cette situation va mener à l’extinction complète du pays.

« Les pauvres Ukrainiens vont devenir encore plus pauvres, de plus, une telle décision [la hausse des tarifs du gaz NDLR] va provoquer une hausse de l’émigration, et l’Ukraine a déjà perdu 10 millions de citoyens qui sont partis travailler à l’étranger, » a déclaré le député.

Si mêmes les politiciens les plus russophobes en viennent à la conclusion que j’ai énoncée il y a longtemps déjà, à savoir que l’Ukraine se somalise à vitesse grand V, et qu’elle fonce vers le mur de sa disparition, c’est qu’il est plus que temps de s’inquiéter.

Christelle Néant

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La guerre de Tchétchénie ressemble-t-elle à celle du Donbass ?

GuerreAlexandre Sladkov est un reporter de guerre russe très connu, et qui a déjà couvert de nombreux conflits. Cette expérience lui permet de comparer les guerres où il s’est trouvé comme journaliste, ce qu’il y a vu.

Il y a quelques jours, il a publié sur son compte Telegram un commentaire sur la comparaison qui est souvent faite par certains en Occident, mais aussi en Russie, pour justifier la guerre qui a lieu dans le Donbass en l’amalgamant avec la guerre de Tchétchénie.

Alexandre ayant couvert les deux conflits, il a tenu à remettre les points sur les i, et souligner les différences fondamentales entre ces deux guerres, pour que ce qui s’est passé en Tchétchénie ne serve plus à justifier l’injustifiable dans le Donbass.

J’ai tenu à traduire cette analyse, car elle me semble importante pour comprendre en quoi les prétendues « similitudes » entre les deux guerres n’en sont pas.


Certaines personnes en Occident, en Ukraine et parmi nos libéraux disent : la guerre en Tchétchénie et dans le Donbass sont identiques. Ce n’est pas vrai. Je suis témoin.

Premièrement. L’Ukraine ne mène pas de négociations avec les habitants du Donbass, car pour Kiev ce sont tous des bandits. Mais en Tchétchénie, l’armée russe a immédiatement entamé un dialogue avec la population locale, totalement, dans tous les districts. Et avec de l’aide humanitaire. Nous aurions même négocié avec le chef officiel d’Itchkéria Aslan Maskhadov, mais il ne s’est pas dissocié des militants, et ne s’est pas occupé de la population, il a opté pour la guerre.

Deuxièmement. Les gens ont fui le Donbass, la guerre, principalement non pas en Ukraine, mais à l’étranger, en Russie, rappelez-vous les milliers de camps de réfugiés du Donbass dans la région de Rostov, et l’accueil des familles du Donbass partout en Russie. En Tchétchénie, tous les réfugiés ont été acceptés et accueillis par la Russie elle-même, il y avait des camps, il y avait des allocations et une part correspondante du budget de l’État était consacrée à leur financement.

Troisièmement. Reconnaissance des droits civils des citoyens tchétchènes. Les passeports ont été renouvelés et délivrés dans tout le pays, tant le passeport intérieur que le passeport extérieur. Oui, tous les documents ont été produits pour la voiture, le logement, le permis de conduire, sans refus. L’Ukraine ne délivre pas de documents aux résidents du Donbass.

Quatrièmement. Il y a eu encore et encore des crimes de la part des forces de sécurité. La population locale et des enfants mouraient. Le sang des civils innocents a coulé. Mais je me souviens comment des centaines de procureurs militaires et civils ont atterri à Mozdok, comment ils ont traité chaque affaire avec soin et ont mis des gens en prison. Oui, oui, ils ont emprisonné des soldats pour crimes. Les combattants et les officiers qui se battaient n’aimaient pas du tout cela, ils grognaient, ils disaient, c’est la guerre, mais…. Un représentant du bureau du procureur s’est rendu à chaque opération spéciale, où il était prévu de combattre dans des zones où se trouvaient des civils. Ils ont lutté avec cela comme ils le pouvaient. Et dans le Donbass, les militaires ukrainiens tuent des civils sans arrêt. Et personne ne les poursuit pour ça.

Cinquièmement. Indemnisation pour les logements détruits. En Tchétchénie, les compensations monétaires fédérales en faveur de la population et la construction de nouvelles habitations et infrastructures publiques ont été activement mises en œuvre pendant la guerre. Alors que dans le Donbass, maintenant, pendant la guerre, Kiev ne donne pas un sou pour la restauration des logements endommagés et détruits par l’armée ukrainienne. C’EST MOSCOU QUI DONNE.

Sixièmement. Les mercenaires. Les forces fédérales russes ont combattu contre les militants avec leurs unités et formations régulières. Alors que dans le Donbass, sur le front du côté de Kiev, des mercenaires étrangers sont apparus instantanément, des groupes de nationalistes informels mais armés jusqu’aux dents et des instructeurs de l’OTAN.

Il y a une chose en commun. La corruption. Comment ont-ils volé l’argent alloué par Moscou pour la Tchétchénie ? Volé en masse. Et mon souhait est que tout le monde, le ministère de l’Intérieur de la fédération de Russie, le Service fédéral de sécurité (FSB) de la fédération de Russie, les forces de Ramzan Akhmadovitch trouvent chacun de ceux qui ont volé l’argent des gens et les empalent. C’est ce qui s’est passé aussi dans le Donbass.

Voir les véritables images du début de la Seconde Guerre de Tchétchénie

Alexandre Sladkov

Source : Sladkov+
Traduction : Christelle Néant pour Donbass Insider

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Pouchiline et Passetchnik élus à la tête de la RPD et de la RPL

Élections en RPDHier, 11 novembre 2018, avaient lieu en République Populaire de Donetsk (RPD) et en République Populaire de Lougansk (RPL) les élections visant à élire les chefs des deux républiques, ainsi que les députés. À l’issue de ce scrutin, les deux chefs par intérim de la RPD et de la RPL ont été élus.

Les élections se sont déroulées dans de bonnes conditions, et aucune irrégularité importante du processus électoral n’a été enregistrée, que ce soit par les commissions électorales de chaque république, ou par les plus de 90 observateurs internationaux qui étaient présents (dont moi-même). Les bureaux de vote ont ouvert de 8 h à 20 h, et n’ont pas désempli tout au long de la journée.

Le taux de participation a été très important : en RPD, 1,6 millions de personnes se sont déplacées pour voter, soit 80,1 % des personnes en âge de voter ; et en RPL, le taux de participation a été de 77 %. De très bons chiffres qui montrent l’enthousiasme de la population.

Un enthousiasme qui se manifestait de manière concrète devant chacun des sept bureaux de vote que j’ai pu visiter tout au long de cette journée en tant qu’observatrice. De Donetsk à Starobechevo, des chants, des danses traditionnelles et des stands où les gens pouvaient acheter de la nourriture et des boissons étaient organisés devant les bureaux de vote, donnant une ambiance festive.

Festivités

Là où les médias occidentaux y voient une chose négative (l’AFP en tête, méritant ainsi sont surnom d’Agence France Propagande), l’ensemble des autres observateurs avec qui j’en ai discuté, s’accordaient à dire que cette ambiance festive était de loin préférable à l’ambiance d’enterrement dans laquelle ont lieu les élections en Europe.

Beaucoup m’ont même dit que l’on devrait s’en inspirer pour rendre les élections plus joyeuses et attractives en occident. Comme l’a souligné un de mes collègues italiens hier, après tout il est plus logique de célébrer l’expression de la voix du peuple (et donc la démocratie), que d’aller voter en traînant les pieds dans une ambiance sinistre.

En tout cas, contrairement à ce qu’a pu raconter l’agence de propagande ukrainienne UNIAN, les files d’attentes dans les bureaux de vote ne faiblissaient pas tout au long de la journée. J’ai visité des bureaux de vote du matin jusqu’au soir, et à aucun moment je n’ai vu de bureaux de vote vides. Il y avait toujours beaucoup de monde, ce qui confirme que le taux de participation annoncé est conforme à la réalité.

File d'attente

File d'attente

Photos : DAN

Les personnes que j’ai interrogées dans les bureaux de vote se disaient enthousiastes de voter, et beaucoup ont souligné que c’était une élection importante pour l’avenir des deux républiques.

Nous avons pu inspecter les urnes, vérifier l’intégrité des scellés et les listes de votants, regarder les bulletins de vote, et interroger les votants et le personnel des bureaux de vote. Tout était absolument conforme et transparent.

Vérification

J’ai pu constater que la répétition des « primaires » de 2016 avait porté ses fruits et permis aux deux républiques de mettre au point des procédures électorales conformes aux standards de l’OSCE, qui ont été appliquées avec succès ce 11 novembre.

La sécurité a bien sûre été renforcée pendant ces élections par crainte d’attentats ou de tentative de saboter ces élections de la part de Kiev.

La presse occidentale n’a pas pu s’empêcher de gloser sur les hommes armés qui surveillaient les bureaux de vote, présentant cela comme une chose menaçante, en oubliant que les dernières élections présidentielles en France se sont déroulées exactement de la même façon, avec des policiers et des gendarmes devant les bureaux de vote, et ce, alors que la France n’est pas en état de guerre, contrairement aux Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk !

Faut-il en conclure que la France est une dictature où les gens vont voter le fusil sur la tempe ? Non bien sûr, en venir à une telle conclusion est tout aussi ridicule dans un cas que dans l’autre, mais cela montre bien le biais cognitif qui affecte les médias occidentaux pour tout ce qui touche de près ou de loin le monde russe.

Ce qui est considéré comme normal et rassurant en France, est jugé comme menaçant en RPD et en RPL. Mais à part ça, d’après les médias occidentaux, ils ne font pas de la propagande…

Le résultat après dépouillement de 97,52 % des bulletins en RPD, donne Denis Pouchiline vainqueur avec 60,9 % des voix, suivi de Roman Khramenkov (14,1 %), Elena Chichkina (9,2 %), Roman Evstifeïev (7,8 %) et Vladimir Medvedev (6,4 %).

Et en RPL, après dépouillement de 96 % des bulletins de vote, Léonid Passetchnik est donné vainqueur avec 68,4 % des voix, suivi d’Oleg Koval (16,57 %), Natalia Sergoun (7,89 %), et Lioudmila Rousnak (5,84 %).

Du point de vue des élections législatives, en RPD le mouvement République de Donetsk a obtenu 74,3 % des voix et Donbass libre 25,7 % après dépouillement de 27,19 % des bulletins de vote. Le décompte se poursuit.

À Lougansk, le mouvement Paix de Lougansk a remporté 74,13 % des suffrages, pendant que l’Union Économique de Lougansk a remporté 25,16 % des voix.

À l’heure où j’écris ces lignes le décompte se poursuit et les chiffres pourraient donc encore changer un peu, mais il y a peu de chances que la tendance indiquée s’inverse.

En RPD ces résultats renforcent la majorité dont disposait le mouvement République de Donetsk au parlement, et confortent Denis Pouchiline dans sa position de chef de l’État. Désormais il n’est plus le chef de la RPD par intérim, mais le chef de la RPD élu par le peuple, et cela fait une énorme différence.

L’assistant du président russe, Vladislav Sourkov a d’ores et déjà félicité les deux vainqueurs, en soulignant que « le haut taux de participation a montré au monde entier que vivent dans le Donbass des gens fiers et intelligents qui croient en eux-mêmes, se défendent avec force et n’acceptent pas la politique stupide des autorités de Kiev ».

Il a aussi exprimé le souhait que les deux chefs d’États nouvellement élus vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer le niveau de vie de la population et appliquer les obligations internationales des deux républiques.

Hier, 11 novembre 2018, quatre ans et demi après le référendum d’indépendance qui avait vu la naissance de la RPD et de la RPL, la population des deux républiques a réaffirmé avec force son soutien aux autorités des deux républiques et sa volonté de faire entendre sa voix.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 10 novembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 10 novembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0136″Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’10″ – Chiffres réels des pertes hors combat de l’armée ukrainienne depuis le début du conflit

ACCORDS DE MINSK – DIPLOMATIE
06’33″ – Kiev innove en matière de sabotage des discussions à Minsk
12’47″ – Les États-Unis tentent de s’ingérer dans les élections du Donbass

RELIGION
19’23″ – Le président ukrainien exige que les représentants de l’UOC-MP quittent le pays

UKRAINE
3020″Un député ukrainien propose un nouveau plan foireux pour ramener la Crimée dans le giron de l’Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
35’00″ – Kiev rate l’arraisonnement d’un cargo russe
37’02″ – Un député ukrainien propose d’interdire l’hiver

39’01″ – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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