Lavrov – L’OSCE publie des rapports « stériles » sur le Donbass

OSCEDans une interview accordée à la chaîne Euronews et reproduite sur le site du ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a commenté le « professionnalisme » de la Mission de Surveillance Spéciale (MSS) de l’OSCE dans le Donbass, qualifiant la plupart de ses rapports de « stériles ».

« Depuis deux ans nous demandons à la MSS de l’OSCE de ne pas faire des rapports stériles, comme ils le font (c’est-à-dire, en une semaine il y a eu tant d’attaques sur des localités, tant de civils blessés, tant de morts), mais qu’ils disent précisément ce qui se passe, sur quelle partie de la ligne de front, où les bâtiments civils sont les plus touchés, où sont les victimes civiles. Un tel rapport indiquant les cibles des attaques et les dégâts n’a été publié pour la première fois par l’OSCE qu’en septembre 2017. Non sans difficultés, car le gouvernement ukrainien a essayé jusque récemment d’interdire à l’OSCE de publier ce rapport, » a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

Et si quelqu’un se demande pourquoi l’Ukraine ne voulait pas que ce rapport soit publié, il suffit d’en lire le contenu pour comprendre.

« Il s’avère qu’il y a cinq fois plus de destructions dans les zones civiles du côté des milices d’auto-défense [c’est-à-dire en Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk NDLR], c’est-à-dire, que les Forces Armées Ukrainiennes en sont responsables. Et il y a aussi environ six à sept fois plus de morts et de blessés dans ces zones. À partir de ces données, n’importe quel expert militaire en conclurait que ce ratio de dégâts et de victimes civiles indique de manière évidente que les Forces Armées Ukrainiennes bombardent directement les infrastructures civiles dans les localités, y compris des jardins pour enfants, des hôpitaux, des écoles, et que les milices d’auto-défense sont responsables des tirs de réponse sur les positions depuis lesquelles elles sont bombardées» a-t-il ajouté.

Et puisque Lavrov en était à parler de professionnalisme, il a comparé celui des journalistes qui travaillent du côté de la RPD et de la RPL, à celui de leurs collègues occidentaux.

« J’ai mentionné le journalisme et le professionnalisme. Du côté contrôlé par les milices d’auto-défense, les médias russes travaillent sans arrêt, 7j/7, 24h/24. Ils montrent les destructions, le résultat réel des actions des Forces Armées Ukrainiennes. Si nos partenaires occidentaux disent que la Russie et les séparatistes sont responsables de tout, et que dès que la Russie le voudra, les accords de Minsk seront immédiatement mis en œuvre, et que l’Ukraine les a presque appliqués (c’est ce que certains collègues européens et Kurt Volker, qui représente les États-Unis dans les péripéties ukrainiennes, disent), alors il n’est probablement pas difficile d’envoyer la BBC, CNN, et Euronews de l’autre côté, celui contrôlé par les Forces Armées Ukrainiennes et de montrer comment les gens vivent là-bas et quel type de destructions il y a dans les zones civiles, s’il y en a. J’en ai discuté plusieurs fois avec les journalistes-collègues que je connais. Il n’y a aucune réaction. Ils me regardent simplement en hochant la tête, mais ils ne font rien. Si Donetsk et Lougansk sont accusés de tout, y compris de comportement agressif, il serait approprié d’envoyer des journalistes là-bas, afin qu’ils puissent travailler honnêtement dans les zones qui seraient violemment attaquées par les combattants des milices d’auto-défense. Pendant toutes ces années, la BBC et d’autres n’ont envoyé leurs groupes là-bas qu’une ou deux fois, et c’était tout, » a-t-il conclu.

Voilà de quoi remettre les points sur les i, et on n’aurait su dire mieux que monsieur Lavrov ne l’a fait.

J’ai moi-même souvent dénoncé le caractère abscons et lénifiant des rapports de l’OSCE qui refusent d’appeler un chat un chat, et qui renvoient les deux parties dos à dos sans vouloir voir (ou en faisant semblant de ne pas voir), qu’il y a une grande différence entre les violations du cessez-le-feu commises par les deux parties, leur nombre, les cibles visées, et les destructions et victimes civiles de chaque côté.

Il y a pourtant une différence fondamentale entre tirer à répétition sur des écoles, des hôpitaux, des transformateurs électriques, des jardins pour enfants, des stations d’épuration ou de pompage de l’eau, et tirer sur les positions depuis lesquelles ces tirs sont menés pour faire cesser les destructions et les victimes civiles.

En refusant de voir cette différence fondamentale, l’OSCE et les médias occidentaux font le jeu de Kiev et donnent une légitimité aux tirs de l’armée ukrainienne, en arguant que l’autre côté tire aussi.

Il faut que les rapports de l’OSCE sortent de ce standard lénifiant qui est en vigueur depuis le début de la mission, et qu’ils indiquent enfin clairement de quoi chaque partie est responsable de manière précise. Ce n’est qu’ainsi que l’image des faits transmise au public sera plus claire et permettra de voir que le portrait dessiné jusqu’ici par l’OSCE et par les médias occidentaux, n’a pas grand-chose à voir avec la réalité vécue sur le terrain.

Christelle Néant

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Explosion et tirs dans une école polytechnique de Crimée : 18 morts et 47 blessés

Ecole polytechnique de KertchUne attaque a eu lieu aujourd’hui dans une école polytechnique de Kertch en Crimée. Le bilan provisoire fait état de 18 morts et 47 blessés.

Qualifié d’abord de simple explosion en début d’après-midi, l’acte a été requalifié en attentat terroriste, avant d’être rétrogradé comme meurtre. D’après les informations préliminaires, il semble qu’un engin explosif non identifié aurait fait exploser une bonbonne de gaz (l’école n’était pas reliée au réseau et était alimentée en gaz liquéfié par des bonbonnes), puis un ou des hommes auraient ouvert le feu sur les personnes présentes.

Le premier bilan qui faisait état de 10 blessés s’est très vite alourdi, et le bilan actuel de 18 morts et 47 blessés n’est toujours que provisoire et pourrait encore s’alourdir. La plupart des personnes tuées sont des étudiants, qui ont été touchés par balles.

Parmi les blessés, au moins 34 personnes ont dû être hospitalisées. Les blessés ont été répartis dans deux hôpitaux de Kertch.

Le chef de la République de Crimée, Sergueï Aksionov s’est rendu sur place, où le ministère des Situations d’urgences et une unité de l’armée (200 soldats) sont sur place pour organiser les secours, l’évacuation des blessés, fouiller les décombres, mais aussi empêcher d’autres explosions. D’après les dernières informations reçues, personne ne serait coincé sous les décombres.

Le président de la fédération de Russie a donné ordre au ministère de la Santé, au ministère des Situations d’urgence et aux autres services de porter assistance aux victimes.

À l’hôpital N°1 de Kertch, huit équipes chirurgicales travaillent en parallèle pour prendre en charge les blessés, et le ministère de la Défense a mis à disposition un de ses hôpitaux militaires. Une ligne directe a aussi été mise en place pour informer la population et les personnes qui s’inquiètent pour leurs proches fréquentant l’établissement.

Vladimir Poutine a aussi adressé ses profondes condoléances aux familles et amis des victimes, et un deuil de trois jours a été déclaré sur la péninsule.

Le FSB, le ministère de l’Intérieur et la Garde Nationale sont rapidement arrivés sur place. Le lieu de l’explosion a été bouclé, et l’enquête criminelle est en cours. Sergueï Melikov, Premier chef adjoint de la Garde Nationale a très vite qualifié l’explosion d’acte terroriste, et l’enquête a été lancée sous ce chef d’accusation, avant d’être changé pour « meurtre ». Le président russe a ordonné au FSB et aux forces de l’ordre de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé.

Des témoignages recueillis par la presse ont permis d’y voir rapidement plus clair. Ainsi, la concierge de l’école Natalia Panikorovskaya a déclaré à RT qu’elle a vu deux explosions suivies d’une fusillade.

« Je ne sais pas comment ils sont rentrés. Il y avait des enfants, beaucoup d’enfants […]. Quand les enfants sont passés, il y a eu une explosion. Je pensais que c’était un poste de télévision qui avait explosé. Puis la seconde explosion. Et puis des gens sont descendus en disant avoir entendu une fusillade au premier étage », déclare-t-elle.

Le deuxième témoignage vient de l’un des étudiants qui a confié à RT avoir vu des hommes masqués tirer après la première explosion, et jeter des engins explosifs.

« Au début, il y a eu une explosion dans la cantine, et immédiatement après, des personnes avec des armes automatiques ont commencé à sortir des toilettes. Ils avaient des masques sur leurs visages. Il était impossible de savoir de quelle nationalité ils étaient. Il y en avait beaucoup, mais je ne peux pas dire combien. Ils ont tiré sur des étudiants et des enseignants – tous ceux qu’ils rencontraient sur leur chemin. J’ai vu un ou deux blessés. En outre, ces personnes ont jeté des engins explosifs », a-t-il déclaré.

Selon lui, des personnes fuyant les lieux auraient même sauté par les fenêtres.

Des images de vidéo-surveillance auraient filmé l’auteur présumé de l’attaque. D’après les dernières informations reçues, le jeune homme était un ancien étudiant, et s’appelait Vladislav Rosliakov. Il aurait mis fin à ses jours après l’attaque, et son corps aurait été retrouvé dans l’école d’après Sergueï Aksionov. Pour l’instant les motivations de ce jeune homme ne sont pas connues.

En attendant que l’enquête fournisse des informations sur les motivations de cette attaque, la sécurité du pont de Kertch et celle de l’ensemble de la péninsule de Crimée a été renforcée.

Christelle Néant

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Hausse de 10 % des salaires du secteur public en RPD au 1er novembre

Roubles

Roubles

Denis Pouchiline, chef de la République Populaire de Donetsk (RPD) par intérim, vient d’annoncer que les salaires du secteur public seront augmentés de 10 % à partir du 1er novembre 218.

« Il est réaliste d’augmenter les salaires des travailleurs du secteur public de 10 % dès le 1er novembre. La décision a déjà été prise », a déclaré Denis Pouchiline.

D’après le chef de l’État par intérim, cette augmentation des salaires a été rendue possible grâce à un certain nombre de facteurs, comme la réorganisation du système fiscal, l’augmentation de la production locale, de nouveaux débouchés pour les produits fabriqués en RPD, le renforcement du secteur manufacturier et les recettes budgétaires qui en résultent.

« Le travail visant à améliorer le niveau de vie de nos citoyens est en cours ; les autorités de la RPD ont coopéré activement avec les dirigeants de la RPL sur ces questions », a-t-il déclaré.

Histoire de rassurer ceux qui craignaient un virage ultra-libéral de la politique de la République, après la mort d’Alexandre Zakhartchenko, Denis Pouchiline a tenu à réaffirmer sa volonté de continuer la politique sociale de son prédécesseur.

« L’augmentation constante et systémique des prestations sociales de l’État destinées à nos citoyens est la pierre angulaire de la politique intérieure de la RPD. Rien qu’en 2018, les retraites ont augmenté deux fois », a ajouté Denis Pouchiline.

Le chef de l’État par intérim a tenu à rappeler que le gouvernement de la RPD a augmenté les salaires et les avantages sociaux l’an dernier. Il a aussi souligné qu’il est prévu de continuer ces augmentations à l’avenir.

« Aujourd’hui, il est crucial de renforcer les garanties sociales en investissant dans les personnes. Ce travail est en cours », a-t-il conclu.

Cette augmentation des salaires du service public s’inscrit dans la démarche de développement économique des républiques du Donbass initiée lors de sa réunion du 3 octobre, avec son homologue de la République Populaire de Lougansk (RPL), Léonid Passetchnik.

Christelle Néant

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Trois civils morts en 24 h suite aux bombardements des FAU

Victimes civilesLa semaine passée, Petro Porochenko avait donné ordre aux soldats ukrainiens de tirer avec tout ce qu’ils ont dans le Donbass, prétendument pour « sauver la vie des gens » (s’il y avait un concours de cynisme et d’ignominie, le président ukrainien serait dans le peloton de tête). Ces derniers ont suivi ces ordres criminels à la lettre, tuant trois civils en 24 heures, en pleine fête religieuse de la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu (14 octobre).

Depuis la mort du chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, le nombre de violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne augmente, lentement mais sûrement.

Le nombre de destructions et de victimes suit donc malheureusement et logiquement la même courbe. Mais après que Porochenko ait donné cet ordre criminel et cynique, ses soldats semblent avoir reçu le message cinq sur cinq, et ils se sont déchaînés ce week-end, aussi bien contre la République Populaire de Lougansk (RPL) que contre sa sœur de Donetsk.

Samedi 13 octobre, à 17 h 45, c’est contre la RPL que les bombardements contre les civils du Donbass s’intensifient. Les soldats ukrainiens tirent contre la localité de Marievka depuis celle de Zolotoye qui est sous leur contrôle.

Et histoire d’être sûrs d’infliger un maximum de dégâts et de faire un maximum de victimes, c’est au mortier de 120 mm qu’ils tirent huit obus contre le village de la République Populaire de Lougansk.

Un des obus atterrit au 26 de la rue Potchtovaya, et tue une mère et sa fille : Larissa Kovtoun, 46 ans et Anastasia Kovtoun, 17 ans.

Anastasia et Larissa

Anastasia et sa mère, Larissa

La milice populaire de la RPL, et le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu se sont rendus sur place et ont filmé les conséquences de ce bombardement.

La vidéo contient du contenu choquant, qui peut heurter la sensibilité, mais j’estime nécessaire que mes lecteurs voient la réalité des crimes de guerre de l’armée ukrainienne.

Comme l’a rapporté Egor, un ami d’Anastasia qui venait de la raccompagner chez elle, cette dernière a survécu 20 minutes à ses blessures avant de s’éteindre. Anastasia s’est vidée de son sang, faute de pouvoir recevoir les premiers soins.

À cause des tirs réguliers de l’armée ukrainienne contre les ambulances (et les garants occidentaux des accords de Minsk ne semblant pas trouver à y redire, ce qui encourage les FAU à continuer), ces dernières ne s’aventurent plus sur la ligne de front.

Dimanche 14 octobre, c’est en RPD qu’un civil de 37 ans, Vladislav Sanine, qui purgeait sa peine à la colonie pénitentiaire N°57 de Gorlovka (district de Nikitovski) a trouvé la mort, mortellement blessé à la poitrine par des tirs de mitrailleuse lourde et d’arme légère venant des positions ukrainiennes.

Comme d’habitude, il n’y a aucune réaction, ni de la part de Berlin, ni de la part de Paris, qui semblent trouver cela normal que l’Ukraine continue son jeu de massacre dans le Donbass en dépit des accords de Minsk qu’elle a pourtant signés.

Et pendant que ces mascarades politico-géopoliticiennes se poursuivent, les gens continuent de mourir dans le Donbass, pour avoir voulus vivre libres, garder leurs traditions, leur culture et leurs valeurs, et parler leur langue.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 13 octobre 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 13 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’03 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’51 » – Pertes hors combat au sein des Forces Armées Ukrainiennes
04’32 » – Les soldats ukrainiens refusent de prolonger leurs contrats

RELIGION
05’28 » – Constantinople s’arroge le droit d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine et viole le droit canon

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
20’14 » – Cinquième incendie d’entrepôt de munitions en Ukraine en trois ans
26’19 » – Irina Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de débiles et veut les déporter

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
31’47 » – Kiev transforme l’APCE en annexe d’hôpital psychiatrique
34’56 » – Vladimir Omelian veut que les Ukrainiens aillent faire la guerre contre la Russie et conquièrent Moscou et le Kouban

39’09 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de « débiles » et veut les déporter en Hongrie

Irina FarionPas une semaine ne passe depuis le Maïdan, sans que des politiciens ou officiels ukrainiens ne déversent leur haine contre les minorités que contient leur pays. La dernière sortie ignoble en date nous est offerte par la nationaliste ukrainienne, et ex-députée de la Verkhovna Rada, Irina Farion.

Cette dernière a traité les représentants de la minorité hongroise vivant en Transcarpatie de « débiles » qui n’ont pas leur place en Ukraine. Elle l’a déclaré lors d’un forum « Pour la langue ukrainienne ».

Selon elle, le délai de sept ans prévu par la loi sur la langue d’enseignement pour le passage à la langue ukrainienne dans les écoles des minorités nationales est trop long.

« Écoutez, quand vous envoyez un chien pour le dresser, il faut un mois pour que ce chien rentre à la maison en exécutant normalement les ordres : « Assis », « Debout », « Coucher ». Et il leur faut sept ans pour apprendre la langue de Stepan Bandera, la langue de Taras Chevtchenko, la langue de Lina Kostenko. Alors, avons-nous besoin de tant de débiles en Ukraine ?
Qu’ils prennent le passeport que les Hongrois leur ont donné et envoyons-les en Hongrie.
Qu’est-ce qu’il y a, pourquoi devrais-je les nourrir ici, pourquoi devrais-je donner de l’argent à cette école en langue hongroise, en langue roumaine, en langue de Moscou [russe NDLR] et, désolée, en langue polonaise ? » – a déclaré Farion.

Il serait bon de rappeler à madame Farion, que l’Ukraine a été bâtie par les Soviétiques en agrégeant des régions venant de pays différents, et que les habitants russes, roumains, polonais ou hongrois qui se trouvaient là quand les frontières ont été redessinées n’ont rien demandé à personne, et surtout pas de faire partie d’un pays qui adule comme un héros un collaborateur de Nazis (Stepan Bandera), et exige d’eux de renoncer à leur langue, leur culture et leurs traditions.

La Transcarpatie appartenait à la Hongrie quand l’Ukraine n’existait même pas encore en tant qu’idée de pays !

De plus, proposer d’envoyer tous ces gens en Hongrie, alors qu’ils sont nés et vivent en Ukraine, n’est ni plus ni moins qu’un appel au nettoyage ethnique. Il serait bon d’entendre l’OSCE, l’UE, Amnesty International ou HRW rappeler à cette dame, que ceci est un crime contre l’humanité (la déportation ou le transfert forcé de population font partie des crimes contre l’humanité).

L’Ukraine est un état artificiel bâti de toutes pièces par l’URSS à partir de morceaux d’autres pays. Comme d’autres États multiethniques ou comportant des communautés linguistiques différentes, l’Ukraine aurait dû faire le choix du multilinguisme officiel (comme la Suisse, la Belgique ou la plupart des républiques de la fédération de Russie). Cette solution aurait été la meilleure pour faire cohabiter pacifiquement les différentes ethnies du pays.

Au lieu de cela, Kiev s’arc-boute sur la langue ukrainienne, provoquant en 2014 l’éclatement du conflit dans le Donbass (qui a été déclenché par le retrait du statut de langue régionale à la langue russe), et en s’apprêtant à faire de même en Transcarpatie.

Répéter les mêmes erreurs sans fin n’aboutira toujours qu’aux mêmes conséquences : le séparatisme de ceux qui refusent de plier face au fascisme linguistique.

Ce ne sont pas ceux qui refusent d’apprendre une langue qui n’est pas la leur et qu’on cherche à leur imposer de force qui sont des débiles, ce sont ceux qui répètent sans cesse la même erreur et qui s’attendent à ce que les conséquences ne soient pas aussi désastreuses que la première fois qu’ils l’ont faite.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Madame Farion ferait bien de méditer sur cette phrase.

Christelle Néant

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Malgré les risques de schisme dans l’Église orthodoxe, Constantinople s’arroge le droit d’accorder l’autocéphalie à Kiev

Guerre de religionMalgré l’échec des pressions politiques sur le Métropolite Onuphre, et la levée de boucliers de l’ensemble des Églises orthodoxes autocéphales, Constantinople continue de vouloir accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne schismatique.

Le synode qui s’est tenu au Phanar pendant trois jours, vient de communiquer ses décisions sur son site, après beaucoup de conjectures publiées dans les médias (comme le fait que l’Église de Géorgie soutenait l’autocéphalie, ce qu’elle a dû démentir par voie de presse).

Il faut dire que rien n’avait été épargné par l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, Église schismatique non reconnue) et le gouvernement ukrainien pour tenter d’obtenir l’autocéphalie.

Après avoir déboursé 25 millions de dollars pour faire venir les hiérarques de Constantinople en Ukraine, les autorités ukrainiennes ne pouvaient pas laisser cette venue aboutir sur un échec.

Devant les réticences initiales de Constantinople à faire face à une fronde générale des Églises orthodoxes, Porochenko avait même convoqué une réunion avec le Métropolite de Kiev, Onuphre (de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou – UOC-MP), pour tenter de faire pression sur lui.

Cette réunion qui a eu lieu le soir du 9 octobre n’a pas été confirmée par l’administration présidentielle ukrainienne, mais plusieurs députés ukrainiens, dont Igor Mossiytchouk, ont révélé l’information.

D’après ces informations, Porochenko aurait demandé à Onuphre de ne pas déclencher de manifestations si l’UOC-KP obtenait l’autocéphalie, mais surtout il lui aurait demandé de « faire partie du processus d’autocéphalisation » en faisant une demande de Tomos à Constantinople, afin de légitimer la demande des autorités de Kiev.

Car malgré toute la propagande déversée dans les médias ukrainiens, Constantinople avait un gros problème : la demande d’autocéphalie ne vient pas de l’Église orthodoxe ukrainienne officielle, mais d’une Église schismatique non-reconnue ! Ce qui semblait finalement poser un gros souci de légitimité au Patriarche Bartholomée, qui a tergiversé pendant deux jours.

Il semble qu’un troisième point était à l’ordre du jour, puisque Porochenko aurait aussi demandé au Métropolite Onuphre de ne pas excommunier le Métropolite de Vinnitsa (qui est un proche de Porochenko) au cas où l’autocéphalie serait accordée à l’UOC-KP. En clair, Porochenko se serait une fois de plus immiscé de manière totalement anticonstitutionnelle dans les affaires de l’Église !

La réponse d’Onuphre a été que l’UOC-MP ne prévoit pas d’organiser des protestations, MAIS que si ses temples étaient attaqués, les croyants les défendraient. Concernant les deux autres points de la demande du Président ukrainien, la réponse du Métropolite de Kiev a été négative. Hors de question pour Onuphre de légitimer cette mascarade d’autocéphalie.

Histoire de contourner ce problème de légitimité, le Synode de Constantinople a donc pris plusieurs décisions, qui vont sérieusement aggraver la situation concernant les relations de Moscou avec le Phanar.

Voici la traduction de la décision de Constantinople, avec mes commentaires en italique :

1) Renouveler la décision déjà prise pour que le Patriarcat œcuménique procède à l’octroi de l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine.
Commentaire : Donc Constantinople s’arroge bien le droit de décider seule d’interférer dans les affaires d’une autre Église orthodoxe, sans passer par la case discussion avec les autres Églises comme l’exigent les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe.
2) Rétablir, en ce moment, la Stavropégie du Patriarche œcuménique à Kiev, une de ses nombreuses Stavropégies en Ukraine qui y a toujours existé.
Commentaire : Constantinople réinstalle donc une Église orthodoxe dépendant de son Patriarcat en Ukraine afin de légitimer la suite. Le problème est qu’elle le fait sur le territoire canonique d’une autre Église orthodoxe sans son accord. Ceci est là aussi une violation grossière des règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, et n’est ni plus ni moins qu’une ingérence illégale dans les affaires de l’Église orthodoxe russe.
3) Accepter et réviser les pétitions d’appel de Philarète Denissenko, de Macaire Maletitch et de leurs disciples, qui se sont trouvés dans un schisme non pas pour des raisons dogmatiques, conformément aux prérogatives canoniques du Patriarche de Constantinople de recevoir de telles pétitions par les hiérarchies et autres ecclésiastiques de l’ensemble des églises autocéphales. Ainsi, les personnes susmentionnées ont été canoniquement rétablies à leur rang hiérarchique ou sacerdotal, et leurs fidèles ont été restaurés à la communion avec l’Église.
Commentaire : Par cette décision, Constantinople essaye de rendre une forme de légitimité à l’Église schismatique ukrainienne, sauf qu’elle n’en a pas le droit, car l’anathème a été lancé par l’Église orthodoxe russe, et non par celle de Constantinople.
4) Révoquer la validité de la Lettre synodale de l’année 1686, publiée dans les circonstances de l’époque, qui accordait au Patriarche de Moscou le droit par économie d’ordonner le métropolite de Kiev, élu par l’Assemblée clérico-laïque de son diocèse, qui devait commémorer le Patriarche oecuménique comme premier supérieur lors des fêtes et qui proclamerait sa dépendance canonique envers la mère église de Constantinople, et qui l’affermit dans cette déclaration.
Commentaire : Cette décision est à mettre en lien avec la précédente. Constantinople va en faire réintégrer l’Église schismatique ukrainienne (et sa hiérarchie) au sein de son Patriarcat pour ensuite pouvoir lui accorder l’autocéphalie « légalement ». Le tout en s’asseyant sur le droit canon, et les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe. Sans parler de la réécriture de l’Histoire, toujours bien pratique dans ce genre de situation où l’Histoire est en défaveur de l’Ukraine.
5) Faire appel à toutes les parties concernées pour qu’elles évitent l’appropriation des églises, monastères et autres biens, ainsi que tout autre acte de violence et de représailles, afin que la paix et l’amour du Christ puissent prévaloir.
Commentaire : Cette partie est de loin la plus cynique et la plus immonde de cette déclaration. En gros, après avoir jeté une allumette sur la flaque d’essence qu’il a répandue, Bartholomée dit maintenant espérer que personne ne sera brûlé ou blessé dans l’affaire. Pour parler crûment, cela s’appelle du foutage de gueule intégral. Bartholomée joue là au pompier pyromane qui fait semblant d’avoir des remords pour les conséquences de ses crimes.

L’Église de Serbie a officiellement déclaré son soutien à l’Église orthodoxe russe et au Métropolite Onuphre dans cette affaire. Et avant la décision du Synode de Constantinople, l’Église d’Antioche a demandé la tenue d’une réunion urgente des chefs des Églises orthodoxes autocéphales concernant la situation en Ukraine.

La réponse de l’Église orthodoxe russe à cette décision de Constantinople n’a pas encore été communiquée. Mais il est clair que chaque Église orthodoxe va devoir choisir son camp entre ceux qui veulent respecter le droit canon et les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe (Église orthodoxe de Russie, de Serbie, de Pologne, etc) et ceux qui sont prêts à mélanger politique nationaliste et religion, quitte à déclencher un schisme et une guerre de religion (comme le Patriarcat de Constantinople).

Le schisme au sein de l’Église orthodoxe semble désormais inévitable, et la guerre de religion en Ukraine aussi. Porochenko, Philarète et Bartholomée porteront à tout jamais sur leurs mains et sur leurs âmes le sang qui sera immanquablement répandu suite à l’accord de cette autocéphalie anti-canonique.

Christelle Néant

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Incendie dans un entrepôt de munitions près de Tchernigov (Ukraine) – Des milliers de tonnes de munitions parties en fumée

TchernigovDans ce qui est déjà le cinquième incident de ce type en trois ans, des milliers de tonnes de munitions sont parties en fumée dans l’incendie d’un entrepôt de l’armée ukrainienne, situé près de Tchernigov, dans le nord de l’Ukraine.

Depuis la prise de pouvoir des autorités de Kiev post-Maïdan, c’est déjà le cinquième incendie d’entrepôt de munitions de grande taille. Le 23 mars 2017, un incendie éclatait au dépôt de munition de Balakleya, près de Kharkov. Une personne avait été tuée et cinq blessées.

En mai 2018, un nouvel incendie se déclarait au même endroit, alors que les travaux de désamorçage des munitions encore présentes sur le site n’étaient pas terminés. Le même mois, une explosion avait lieu dans un dépôt de munitions situé près de Staraya Nikolayevka, dans la région de Donetsk.

Le 26 septembre 2017, c’est les entrepôts de Kalinovka, dans la région de Vinnitsa qui avaient pris feu, obligeant les autorités ukrainiennes à évacuer plus de 30 000 personnes.

Et aujourd’hui, c’est dans la région de Tchernigov, que l’entrepôt d’Ichnia (402 hectares de stockage où se trouveraient environ 88 000 tonnes de munitions) est la proie des flammes. La population a été évacuée dans un rayon de 16 km autour des entrepôts, soit environ 19 000 personnes, et il n’y aurait pas de blessés d’après les autorités.

Par contre la fumée aurait incommodé plus d’une soixantaine de personnes qui ont dû se rendre chez leur médecin pour y recevoir un traitement adéquat.

Une vidéo montrant l’intensité des explosions a été publiée :

Cet incendie relance la question de la sécurité du stockage des armes et munitions en Ukraine, et surtout les discussions sur la raison réelle de ces explosions d’entrepôts à répétition.

Pour beaucoup d’experts, le fait que de tels incidents ont lieu ainsi à répétition ne peut pas être dû au hasard. Si on exclut l’excuse facile des autorités de Kiev du type « c’est la faute des Russes » (excuse à laquelle le procureur militaire ukrainien n’a pas l’air de croire vu qu’il a lancé des poursuites pour négligence envers les soldats en charge de l’entrepôt), les experts envisagent deux hypothèses :
1) Soit il y a un très gros problème dans la manière dont les munitions sont stockées et contrôlées ;
2) Soit ces incendies à répétition servent à cacher à d’éventuelles missions d’inspection l’étendue des vols de munitions qui sont revendues au marché noir.

Cette discussion est arrivée jusqu’à la Rada, où Anton Guerachtchenko, député et membre du comité du ministère de l’Intérieur, a déploré que les munitions détruites représentent plusieurs centaines de millions de dollars, et qu’elles ne pourront pas être remplacées, faute d’usine de production en Ukraine.

« La tragédie est que l’Ukraine va de nouveau perdre des munitions – un stock qui coûte des centaines de millions de dollars – qui ne sont pas produites en Ukraine. Ce qui explose actuellement ce sont des obus – rares – pour obusiers de 122 mm, des roquettes pour les systèmes Grad. Tout cela n’est pas produit en Ukraine, » a déclaré Guerachtchenko sur le plateau de la chaîne Priamoï.

Le député a souligné que les conditions de stockage des munitions étaient déplorables, et que la situation des entrepôts de Tchernigov était connue depuis l’an passé.

« L’an passé, quand il y a eu une explosion près de Kalinovka, des photos ont été publiées montrant l’état des stocks à Ichnia – juste des tas d’obus, des milliers de tonnes posées au sol à l’air libre et rouillant là depuis des décennies, » a rajouté Guerachtchenko.

Pour lui, le président ukrainien devrait lui-même tirer les conclusions après ce cinquième incendie d’entrepôt.

« Le président ukrainien, en tant que commandant suprême, après le cinquième incident d’explosion dans des entrepôts, devrait évaluer la qualité du travail du personnel de l’État-major et en tirer des conclusions personnelles », a conclu le député.

Guerachtchenko n’est pas le seul à tirer à boulets rouges sur les autorités de Kiev, Ioulia Tymochenko, opposante à Porochenko dans la course à la présidentielle ukrainienne en a aussi profité pour tirer son épingle du jeu. Pour elle, aucune leçon n’a été tirée des incidents précédents et il y a de grosses questions à se poser sur les éventuels manquements et négligences de l’armée ukrainienne.

Alors que les autorités ukrainiennes annoncent avoir réussi à sauver 56 500 tonnes de munitions avant qu’elles ne prennent feu, la nature des munitions stockées dans ces entrepôts fait débat.

La République Populaire de Donetsk (RPD) a fait savoir par le chef du service de presse de la milice populaire, que des roquettes de BUK, modèle 9M38, auraient été stockées dans ces entrepôts, ainsi que la documentation attenante.

D’après Daniil Bezsonov, l’incendie aurait eu lieu après que la communauté internationale ai demandé à l’Ukraine les documents concernant le missile BUK montré par le JIT en mai 2018, et que la Russie a identifié comme étant aux mains de l’armée ukrainienne.

La présence de roquettes BUK et de munitions d’un calibre supérieur au 122 mm dans ces entrepôts a été démentie par l’armée ukrainienne. Mais il serait bien pratique pour l’Ukraine que les roquettes de BUK et leur documentation soient parties en fumée.

Car ainsi, l’Ukraine pourrait dire au JIT qu’ils n’ont plus les documents concernant leurs roquettes BUK, comme ils l’ont fait pour les données de radar primaire, évitant ainsi d’avoir à justifier ce qui est réellement arrivé à la roquette présentée comme preuve par le JIT. Si tel est le cas, nous le saurons dans les mois qui viennent, lorsque le JIT répondra à la conférence de presse du ministère russe de la Défense.

Cet incident serait aussi consécutif à la venue d’un groupe d’officiers de l’OTAN dans ces entrepôts, et au résultat d’un audit révélant l’absence massive de munitions dans ces entrepôts pour une valeur de plus de 2 milliards de hryvnias. D’après les données de la RPD, il y avait 130 000 tonnes de munitions dans ces entrepôts, fin septembre 2017, et seulement 80 000 tonnes lors de l’inspection des entrepôts cette année.

Cet incendie visait clairement à cacher quelque chose, la question reste à savoir s’il s’agissait de cacher un « simple » vol massif de munitions revendues au marché noir (y compris aux milices populaires du Donbass), ou s’il y avait encore plus important à cacher.

Quoi qu’il en soit, il est à craindre que cet incendie d’entrepôt de munitions ne soit pas le dernier en Ukraine.

Christelle Néant

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Kiev veut sanctionner les chaînes télévisées 112 Ukraine et NewsOne pour « activités anti-ukrainiennes »

CensureLa Rada (parlement) a demandé au Conseil National de Sécurité ukrainien que les chaînes de télévision 112 Ukraine et NewsOne soient sanctionnées pour activités anti-ukrainiennes, à la demande de plusieurs députés ukrainiens.

Depuis le Maïdan, l’Ukraine plonge de plus en plus vers une dérive totalitaire et fasciste, qui se manifeste aujourd’hui contre des médias qui permettent pourtant régulièrement à tous les néo-nazis ukrainiens de déverser leur idéologie et leur haine des Russes et des russophones à l’antenne.

Malgré cette complaisance pour les adeptes de Stepan Bandera et les criminels de guerres qui appellent au génocide de la population du Donbass, ces deux chaînes sont pourtant désormais dans le collimateur des autorités de Kiev.

Un proverbe dit que chaque révolution porte en elle les germes de sa propre destruction, et l’Ukraine post-Maïdan illustre parfaitement cette vérité que nous enseigne l’Histoire.

Cette demande de sanctions fait suite au dépôt d’une résolution par des députés du Bloc Petro Porochenko, Samopomochtch et Front Populaire, demandant au Conseil National de Sécurité ukrainien de sanctionner les chaînes 112 Ukraine et NewsOne pour « activités anti-ukrainiennes, imitation de la propagande russe et diffusion de l’idéologie terroriste », et de faire interdire leurs « activités anti-ukrainiennes ».

Ces sanctions pourraient être de nature économique, comme le gel de leurs avoirs ou d’empêcher le retrait de leurs capitaux hors d’Ukraine, mais pourraient aussi aller jusqu’à l’annulation de leur licence et permis d’émettre, la restriction de leurs accès aux services de télécommunications, voire l’interdiction d’utiliser des fréquences radio ! En clair les autorités ukrainiennes veulent étouffer voire museler totalement ces médias.

Quelques députés du Bloc d’opposition ont soumis deux résolutions pour faire annuler cette demande de sanctions, mais il y a peu de chances qu’ils soient entendus. Surtout que le président du parlement ukrainien, Andry Parouby (fondateur du parti néo-nazi Svoboda), soutient la demande de sanctions contre les deux chaînes.

Ce n’est pas la première fois que ces chaînes sont accusées de couverture biaisée des événements qui ont eu lieu sur la place du Maïdan ou dans le Donbass. La chaîne 112 Ukraine a d’ailleurs fréquemment subi des inspections du Conseil National pour la diffusion télévisée et radiophonique, et a reçu plusieurs avertissements pour « violations des termes de sa licence ».

La chaîne NewsOne quant à elle a vu une de ses journalistes être agressée physiquement (et blessée) par des ultra-nationalistes le 17 septembre 2018, alors qu’elle couvrait une manifestation en direct.

Quand on sait les horreurs que tous les russophobes d’Ukraine peuvent déverser sur le plateau de la chaîne 112 Ukraine (qui appartient à Igor Kolomoïski, un adversaire de Porochenko, ceci expliquant sans doute l’acharnement contre cette chaîne), et que nous avons cité à de nombreuses reprises, on se demande comment le parlement ukrainien peut justifier une telle demande de sanctions.

La réponse a été fournie lors du débat télévisé « 60 minutes » de la première chaîne russe, Rossia 1, qui a eu lieu vendredi 5 octobre. Les invités ukrainiens du plateau ont sorti le plus simplement du monde, que ces chaînes télévisées avaient des « activités anti-ukrainiennes » et imitaient la « propagande russe », parce qu’elles invitaient parfois sur leur plateau des gens, comme Viktor Medvedtchouk, qui plaident pour un règlement pacifique du conflit dans le Donbass (c’est-à-dire appliquer les accords de Minsk que l’Ukraine a signés !), ou d’autres qui appellent à rétablir de bonnes relations avec la Russie.

En clair, les quelques personnes politiques encore saines d’esprit en Ukraine, qui appellent à cesser la guerre civile et à rétablir de bonnes relations avec le pays qui est le plus gros partenaire commercial et financier du pays, doivent être bannies du paysage médiatique. Et leurs appels à la raison et à l’intelligence, sont des « activités anti-ukrainiennes ».

De là à se dire que pour prouver qu’on est un bon patriote ukrainien, il faut être un idiot, et ne surtout pas utiliser son cerveau pour prendre des décisions pragmatiques et intelligents, il n’y a qu’un pas que je laisserai mes lecteurs franchir s’ils le souhaitent.

Depuis le Maïdan, l’Ukraine a banni 780 films et séries télévisées russes pour propagande ou présence d’acteurs qui font partie de la liste noire des autorités ukrainiennes. Une méthode qui rappelle le régime Nazi, qui lui aussi faisait des listes d’œuvres interdites, qu’il n’hésitait pas à brûler en place publique…

La Russie a vivement réagi à ces méthodes dignes du IIIe Reich, en demandant à l’OSCE d’intervenir, et en rappelant qu’en Ukraine c’était désormais la norme que de voir des ultra-nationalistes interférer avec la justice et les médias.

Le représentant de l’OSCE pour la liberté des Médias, Harlem Désir, s’est dit très préoccupé par toute future décision des autorités des Kiev de bloquer le fonctionnement normal des médias en Ukraine.

« Je tiens à réaffirmer que la liberté d’expression et la liberté des médias sont des engagements fondamentaux des États membres de l’OSCE, qui doivent être respectés et appliqués », a déclaré Harlem Désir. « Toute restriction imposée à ces droits, y compris au nom de la protection de la sécurité nationale ou de la lutte contre la propagande, devrait avoir une portée strictement limitée, être proportionnelle et prévoir des garanties adéquates contre les abus par un système judiciaire indépendant. Je suis profondément préoccupé par toute décision future de mettre fin ou de bloquer potentiellement le fonctionnement normal des médias en Ukraine. »

Il a aussi rappelé que le meilleur et le plus efficace mécanisme pour neutraliser l’impact de la propagande est l’existence d’un environnement médiatique ouvert, diversifié et dynamique (une recette que la France devrait méditer concernant ses attaques à répétition contre les médias russes par exemple).

Pour Harlem Désir, si la propagande contient une incitation à la haine et à la violence, des mesures appropriées et proportionnées peuvent être appliquées en utilisant les lois existantes.

« J’appelle les autorités ukrainiennes à s’abstenir de prendre des mesures restrictives disproportionnées à l’égard des médias sans suivre les procédures judiciaires appropriées, ce qui aurait un impact négatif sur la libre circulation et l’accès à l’information et empêcherait l’expression de la diversité des opinions », a conclu M. Désir.

En quatre jours, personne à part la Russie et l’OSCE ne s’est manifesté parmi les pays occidentaux, et entre autres les garants des accords de Minsk (Paris et Berlin), pour critiquer cette nouvelle dérive fasciste des autorités ukrainiennes. Comme le dit le proverbe, qui ne dit mot, consent, et il faut croire que certains pays occidentaux rêveraient de pouvoir faire chez eux la même chose que Kiev.

Christelle Néant

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La RPD achète deux systèmes antiaériens portatifs Igla aux soldats ukrainiens

IglaSamedi 6 octobre, Daniil Bezsonov, chef du service de presse de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk (RPD), a annoncé que les forces armées de la république avaient mené avec succès l’achat de deux systèmes antiaériens portatifs (MANPADS) Igla à des soldats de l’armée ukrainienne.

« Les soldats de la milice populaire de la RPD ont mené avec succès une autre opération d’achat d’armes. Une fois de plus nous remercions les membres des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) de renforcer les unités de défense antiaériennes de la milice populaire de la RPD à l’aide de deux systèmes antiaériens portatifs Igla », a-t-il déclaré.

Ces achats d’armes ne sont pas les premiers et ne seront sûrement pas les derniers. Entre appauvrissement de la population (dont les soldats ukrainiens) et la corruption galopante au sein des FAU, beaucoup d’officiers et de soldats cherchent à se faire de l’argent par tous les moyens, quitte à vendre leurs armes !

Une information à mettre en parallèle de celle qui avait été divulguée la veille sur l’étendue des vols d’armes et de matériel militaire dans les unités de l’armée ukrainienne présentes dans le Donbass.

En effet, un audit a été mené du 1er au 4 octobre par le quartier général ukrainien au sein des unités des FAU présentes sur la ligne de front, afin d’évaluer les pertes matérielles et déterminer l’étendue des vols d’armes et de matériel.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été déçus. Ils ont découvert un manque d’armes, de munitions, de pièces de rechange, de carburant et de lubrifiant pour une valeur de 398 millions de hryvnias. Soit 12,21 millions d’euros !!!

Le procureur général militaire ukrainien à qui le dossier a été transmis pour enquête, va donc déjà pouvoir biffer deux Igla de la liste des armes qui ont disparues, et les marquer comme vendus.

De prime abord on peut se dire que si les soldats ukrainiens continuent de vendre leur matériel et leurs armes, à la fin il ne leur restera plus de quoi mener la guerre dans le Donbass.

Une idée formulée de manière un peu ironique par Daniil Bezsonov.

« Nous sommes prêts à acheter toutes les armes des FAU, si cela permet d’arrêter cette guerre insensée et d’assurer la sécurité des civils, » a-t-il conclu.

Car il ne faut pas être naïf. La RPD est bien consciente que les États-Unis continuant de fournir de plus en plus d’armes à l’Ukraine, les armes vendues seront simplement remplacées à terme par des armes américaines.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 6 octobre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 6 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
00’56 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’34 » – L’armée ukrainienne amène deux systèmes BUK près de la ligne de front
06’27 » – Étendue des vols d’armes au sein des Forces Armées Ukrainiennes

ACCORDS DE MINSK
07’59 » – L’Ukraine rejette la proposition visant à interdire les tirs sur les bâtiments et infrastructures civils

RPD-RPL
11’03 » – Rencontre entre les chefs de la RPD et de la RPL pour améliorer la coopération entre les deux républiques

RELIGION
13’59 » – Le Patriarche Cyrille propose de lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation religieuse en Ukraine

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
21’53 » – Kiev veut criminaliser ceux qui ne parlent pas (ou mal) l’ukrainien

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
30’21 » – Le SBU dévoile qu’une société ukrainienne a fourni 28 000 tonnes de pierres concassées pour le chantier du pont de Crimée

31’43 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Le Patriarche Cyrille propose de lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation religieuse en Ukraine

Patriarche CyrilleAlors que la situation religieuse se tend de jour en jour en Ukraine suite à l’arrivée des hiérarques de Constantinople, le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, Cyrille, a écrit aux primats des autres Églises afin de lancer une grande discussion pan-orthodoxe sur ce sujet.

Cette lettre fait suite à l’expropriation violente d’une église qui appartenait à l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou (UOC-MP) par des membres du mouvement néo-nazi Secteur Droit, dans la région d’Ivano-Frankovsk.

Les paroissiens qui ont tenté de protéger leur église et d’empêcher l’expropriation, ont été violemment battus par les néo-nazis. Plusieurs ont été sérieusement blessés lors de ces affrontements.

Depuis le Maïdan, c’est plus de 50 églises appartenant à l’UOC-MP qui ont ainsi été volées par les partisans de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, église schismatique non reconnue), le plus souvent avec l’aide de groupes ultra-nationalistes ou néo-nazis ukrainiens violents, qui n’hésitent pas à frapper les paroissiens.

Et avant-hier, à Rovno, des ultra-nationalistes portant des masques ont jeté des pierres sur un bus contenant des membres de l’UOC-MP qui se rendaient à Kiev pour prier et rejoindre les actions pacifiques sous les fenêtres des hiérarques de Constantinople, leur demandant de ne pas interférer dans les affaires internes de l’Église orthodoxe ukrainienne. Heureusement cette fois-ci il n’y a pas eu de blessés.

Il est clair que si Constantinople accorde l’autocéphalie à l’UOC-KP (décision qui serait déjà prise d’après les hiérarques envoyés en Ukraine), cette dernière dépouillera l’UOC-MP de ses églises et monastères, y compris la laure des grottes de Kiev. Et ce, alors que l’UOC-MP est la seule Église orthodoxe légitime en Ukraine ! Et tout cela se terminera dans un bain de sang.

D’ailleurs pour avoir appelé leurs paroissiens à défendre les églises et monastères, et s’être opposés aux volontés destructrices du patriarche Bartholomée (entre autre en refusant de rencontrer ses hiérarques et en leur enjoignant de quitter le pays), le Métropolite de Kiev, Onuphre, et plusieurs autres figures importantes de l’UOC-MP, ont été fichés sur le site Mirotvorets comme étant des agents d’influence russe en Ukraine ! Pour rappel, plusieurs personnes ont été menacées, agressées voire tuées pour certaines, après avoir été fichées sur ce site, qui liste les « ennemis de l’Ukraine » !

Devant le risque de déclenchement d’une guerre de religion en Ukraine, le synode de l’Église orthodoxe russe a décidé d’initier une discussion pan-orthodoxe concernant les actions du Patriarche de Constantinople. C’est dans ce cadre, que le Patriarche Cyrille a envoyé une lettre à chacun des primats des autres Églises orthodoxes autocéphales, afin de demander leur aide.

« Les lettres exposent la position de l’Église orthodoxe russe sur l’autocéphalie dite ukrainienne et les conséquences négatives possibles des actions du Patriarcat de Constantinople pour l’unité de l’orthodoxie universelle. Elles contiennent également une proposition visant à lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation », a déclaré le chef adjoint du Département des relations extérieures de l’Église du Patriarcat de Moscou Nikolaï Balachov.

La position de l’Église orthodoxe russe et de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, est partagée non seulement par plusieurs primats d’Églises orthodoxes, mais aussi par les croyants orthodoxes ukrainiens eux-mêmes.

Ainsi, un sondage publié mi-septembre, indique que 67 % des Ukrainiens interrogés réagissent négativement à l’arrivée des hiérarques de Constantinople, et seulement 8 % considèrent que ceux-ci vont apporter des solutions à la situation religieuse actuelle de l’Ukraine.

La plupart des personnes interrogées ont d’ailleurs marqué leur soutien pour l’UOC-MP et le Métropolite Onuphre, montrant bien que cette demande d’autocéphalie n’émane en rien des croyants, mais bien de quelques personnes qui ont avant tout des visées bien plus politiques que spirituelles !

C’est ce mélange des genres que l’ONG « règle de la loi » a décidé d’attaquer, en demandant à une cour ukrainienne de reconnaître que le président ukrainien, Petro Porochenko n’a pas le droit d’interférer dans les activités de l’église et de demander l’autocéphalie (comme l’indique d’ailleurs très clairement la constitution ukrainienne). Une première audience est prévue le 13 novembre pour statuer sur cette demande.

En tout cas, face à cette situation, les réactions de plusieurs primats sont d’ores et déjà connues. Si l’Église orthodoxe géorgienne joue la carte de la neutralité en disant que la question de l’Église orthodoxe ukrainienne doit être réglée par la discussion entre le Patriarcat de Constantinople et l’Église orthodoxe russe, l’Église orthodoxe grecque semble se rallier à Moscou.

Ainsi, le Métropolite Ambroise de Kalavryta a violemment critiqué les actions du Patriarche Bartholomée en Ukraine.

« Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople semble s’être fixé comme objectif, ces dernières années, de diviser l’orthodoxie. […] Le dernier pas erroné du Patriarche a été celui lié à l’Église d’Ukraine. Nous n’avions sans doute pas assez de problèmes, il fallait encore que notre Patriarche s’engage pratiquement dans une confrontation entre le Patriarcat œcuménique et la grande Église russe ! L’Église canonique d’Ukraine conserve ses liens spirituels et son autonomie au sein du Patriarcat de Moscou, et le Patriarcat de Constantinople entend reconnaître l’Église schismatique d’Ukraine ! Nous sommes au seuil d’un nouveau schisme dans l’Église ! Si nous ajoutons à cela les discordes internes qui ont surgi après le pseudo-concile de Kolymbari, alors la situation ecclésiastique devient extrêmement tragique », a déclaré le Métropolite Ambroise.

Par cette déclaration, l’Église orthodoxe grecque rejoint les autres Églises qui s’inquiètent de la situation en Ukraine et ont déjà ouvertement déclaré leur opposition à l’octroi de l’autocéphalie pour l’UOC-KP, à savoir les Églises de Serbie, de Jérusalem, de Pologne et d’Alexandrie. Sans parler de l’appel de l’Église orthodoxe américaine à régler tout cela par le dialogue et la proposition de l’Église de Chypre de jouer les médiateurs.

L’aide de toutes ces Églises est vitale pour régler cela de manière pacifique. Car de par son statut, qui n’est pas aussi important sur le plan honorifique que celui de Constantinople, Moscou ne peut lancer elle-même un synode pan-orthodoxe. L’idéal, serait que celui-ci soit lancé par une des plus anciennes Églises, comme celle d’Alexandrie.

« Nous ne pouvons pas lancer une discussion formelle à l’échelle de l’Église sous la forme d’un synode, car c’est la prérogative du premier parmi ses pairs – le Patriarche œcuménique qui rassemble le synode. [] Il y a peut-être d’autres voies, il y a des églises plus anciennes qui peuvent s’en charger. Si l’on regarde le diptyque, alors le prochain est le Patriarche d’Alexandrie, ou en général tout le conseil des anciens patriarcats – Alexandrie, Jérusalem et Antioche, qui, à mon avis, pourrait se réunir et proposer quelque chose, » a déclaré Alexandre Volkov, secrétaire de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Il a aussi exprimé le souhait que toutes les Églises orthodoxes autocéphales expriment leur point de vue sur la situation religieuse en Ukraine. Pour Alexandre Volkov, il ne s’agit pas seulement d’empêcher l’éclatement d’une guerre de religion en Ukraine, mais d’assurer la survie de l’orthodoxie mondiale unie.

Le risque de guerre de religion en Ukraine et de schisme au sein de l’orthodoxie dépendent désormais de la capacité des autres Églises orthodoxes à faire plier le Patriarche Bartholomée.

Christelle Néant

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Rencontre entre les chefs de la RPD et de la RPL pour améliorer la coopération entre les deux républiques

Pouchiline et PassetchnikAujourd’hui a lieu à Lougansk une réunion entre Denis Pouchiline, chef de la République Populaire de Donetsk (RPD) par intérim, et Léonid Passetchnik, chef de la République Populaire de Lougansk (RPL) par intérim, pour discuter de coopération économique, de lutte contre la corruption, et d’autres domaines, dans lesquels les deux jeunes républiques veulent travailler main dans la main.

Il s’agit de la première visite officielle de Denis Pouchiline en RPL en tant que chef de l’État par intérim. Les deux chefs d’État ont discuté de la nécessité pour les deux républiques de travailler ensemble pour lutter contre la corruption et développer leur économie.

« Nous allons utiliser le temps à bon escient et pouvoir discuter des questions qui sont à l’ordre du jour et qui sont perçues positivement par nos citoyens. Nous devons baser nos décisions sur les gens. Par conséquent, sur un certain nombre de questions en termes de développement économique et de problèmes communs contre lesquels nous luttons – je parle de la partie corruption – nous devons agir main dans la main », a déclaré Denis Pouchiline.

La réunion s’est ensuite déroulée à huis clos entre les deux chefs de l’État, qui ont discuté de nombreux sujets importants pour l’avenir de la RPD et de la RPL.

Car le développement économique et la lutte contre la corruption ne sont pas les seuls sujets sur lesquels les deux chefs d’État veulent renforcer la coopération entre les deux républiques. Pour Denis Pouchiline, tous les départements de la RPD et de la RPL doivent établir une coopération efficace pour atteindre les buts communs des deux jeunes républiques.

« J’espère qu’à l’avenir, et par l’intermédiaire de tous les départements, et par l’intermédiaire des parlements sera établi – et quelque part sera maintenu – un niveau élevé d’interaction, et que de manière générale nous pourrons atteindre les objectifs qui ont été exprimés depuis la tribune en 2014. Notre tâche consiste maintenant à les mettre en pratique », a ajouté le chef de l’État.

« Bien sûr, nous avons une histoire commune, et j’espère vraiment, je dirais, je suis sûr que nous avons un avenir commun. Et l’avenir va dans une seule direction – vers la Russie. Tous les processus d’intégration en cours au niveau de la coopération entre les organisations publiques, le sport, la culture, les syndicats et autres agences ne sont que temporaires. J’espère que nous atteindrons le stade où cette barrière sera levée », a conclu Denis Pouchiline.

Denis Pouchiline a souligné que le bien-être des citoyens dépendait d’une interaction efficace entre les départements des deux républiques.

Léonid Passetchnik a, quant à lui, souligné l’importance de résoudre rapidement certains problèmes majeurs pour permettre à la RPD et à la RPL de se développer.

« Nous avons beaucoup en commun, beaucoup de problèmes non résolus, beaucoup de tâches inachevées, et de la qualité de la réponse à ces problèmes et de la rapidité avec laquelle nous les réglerons dépend probablement le développement de nos républiques, de notre intégration dans la Fédération de Russie, du développement économique de nos républiques, en général, et du bien-être de nos citoyens », a déclaré le chef de la RPL par intérim.

Comme on peut le voir, les deux républiques, par la voix de leur chef de l’État respectif, s’expriment d’une seule voix, et démontrent qu’elles marchent ensemble vers le même but. De quoi calmer les craintes de certains concernant une mésentente éventuelle entre la RPD et la RPL.

Christelle Néant

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Pouchkov : En rompant le traité d’amitié avec la Russie, l’Ukraine va perdre le Donbass

Alexeï PouchkovAlors qu’il se trouvait sur le plateau de TV Centre, Alexeï Pouchkov, sénateur russe et président de la Commission du Conseil Fédéral sur la politique d’information, a déclaré que la rupture du traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Russie ne bénéficiera pas à Kiev, car la Russie sera libérée de toute obligation concernant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Pour Alexeï Pouchkov, en menant cette politique, Kiev va perdre le Donbass définitivement.

« La disposition la plus importante pour laquelle l’Ukraine a voulu signer ce traité en 1997, elle nous l’a demandé, est la reconnaissance de l’intégrité territoriale et des frontières de l’Ukraine. Ils déchirent maintenant le contrat et que reçoit l’Ukraine en retour ? Elle reçoit en retour que la Russie est exemptée de toute obligation en ce qui concerne l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’Ukraine elle-même a refusé les obligations que nous avions envers elle et à mon avis, elle se sépare elle-même du Donbass », a déclaré Pouchkov.

Il a ajouté que les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) n’étant pas représentées au sein des autorités ukrainiennes qui ont dénoncé le traité, sa rupture ne s’appliquera pas aux deux républiques du Donbass.

« Nous avons des relations amicales avec la RPL et la RPD, et le gouvernement ukrainien ne veut pas avoir des relations amicales avec nous, il y a donc naturellement deux réalités politiques : la partie qui ne voulait pas mettre fin à cet accord et qui croyait que c’était nécessaire, et celle menée par Porochenko, qui voulait y mettre fin. Ainsi, l’Ukraine se distancie du Donbass et finira par le perdre complètement, et pas à cause de nous, mais à cause de sa propre politique », a conclu Alexeï Pouchkov.

Je rejoins l’analyse d’Alexeï Pouchkov sur les conséquences désastreuses que cette annulation du traité va avoir pour l’Ukraine. Cette rupture du traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie, permettra à cette dernière de reconnaître les deux républiques du Donbass si elle le souhaite, puisque Moscou ne sera plus tenu par l’obligation de respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Et cette décision prise sans consulter le Donbass, et qui va à l’encontre du souhait de la population locale, ne peut que creuser le gouffre déjà béant entre l’Ukraine et les deux républiques populaires. Cette rupture éloigne encore plus toute perspective d’application des accords de Minsk, et de réintégration du Donbass au sein de l’Ukraine.

En annulant le traité d’amitié avec la Russie, l’Ukraine vient d’enfoncer un clou de plus dans son propre cercueil.

Christelle Néant

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Bilestki exhorte Kiev à se retirer du processus de Minsk

Andreï BiletskiLe gouvernement ukrainien doit se retirer du processus de Minsk, se dégageant ainsi de toute responsabilité pour ce qui se passe dans le pays et dans le Donbass. C’est ce qu’a déclaré le fondateur du régiment néo-nazi Azov, et député de la Rada, Andreï Biletski.

« Je ne sais pas ce qui peut vraiment être influencé. Le format de Minsk ne fonctionnait pas à l’époque de Minsk-1, car s’il avait fonctionné, alors Minsk-2 n’aurait pas été nécessaire. Cela n’a pas fonctionné non plus à l’époque de Minsk-2, parce qu’à cette époque j’étais en première ligne à Shirokino et j’ai vu comment cela ne fonctionnait pas déjà dans les premières heures, les premiers jours, la première semaine. Ça n’a jamais marché. Comment pouvez-vous influencer ce qui ne va nulle part ? » a-t-il déclaré à l’antenne de la chaîne de télévision « 112 Ukraine ».

Biletski a souligné que la sortie du processus de Minsk était la meilleure chose que le gouvernement ukrainien peut faire aujourd’hui.

« Je pense que Koutchma montre le meilleur exemple de ce que l’Ukraine devrait faire : quitter Minsk. Bien qu’il ait 80 ans, il montre très clairement ce qu’il faut faire. C’est un homme assez intelligent, et il ne veut tout simplement pas continuer avec Porochenko à être responsable de l’échec de l’histoire des accords de Minsk. Il veut s’en éloigner. L’Ukraine n’a maintenant besoin que d’une seule chose : sortir du processus de Minsk et changer tous ces formats pour celui de Budapest, » a-t-il conclu.

Pour rappel, le 28 septembre, l’ancien Président ukrainien, M. Koutchma, a démissionné de ses fonctions de représentant de l’Ukraine au sein du groupe de contact trilatéral chargé du règlement du conflit dans le Donbass.

Concernant Bilestki, en novembre de l’année dernière, il a déclaré que les dirigeants ukrainiens devraient donner l’ordre aux FAU de lancer une offensive contre le Donbass.

Source : Novorosinform

Traduction : Christelle Néant

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Interview avec Natalia Nikonorova, ministre des Affaires étrangères de la RPD, sur l’avenir des négociations à Minsk

Natalia NikonorovaLe 25 septembre 2018, la ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk (RPD), Natalia Nikonorova, a accordé une longue interview à nos collègues de l’agence DAN. Voici la traduction en français de cette entrevue sur l’évolution des négociations à Minsk suite à la mort du chef de l’État, Alexandre Zakhartchenko, et les perspectives de développement des relations diplomatiques de la RPD avec d’autres pays.

Natalia Iourevna, pensez-vous que la mort du chef de la RPD Alexandre Zakhartchenko va affecter le processus de Minsk ?

Il convient de souligner que la mort d’Alexandre Vladimirovitch est un acte terroriste commis par des agents des services spéciaux ukrainiens, d’après les conclusions de l’enquête. De telles actions démontrent clairement l’attitude des autorités ukrainiennes à l’égard du processus de Minsk et leur réticence à résoudre la situation par des moyens pacifiques. Les actes terroristes répétés des autorités ukrainiennes contre les dirigeants du Donbass constituent une tentative de déstabilisation, et de semer le chaos et la confusion dans notre État. Mais toutes ces tentatives sont vouées à l’échec : ces événements tragiques ont encore plus uni les habitants du Donbass.

Malgré le fait qu’il y ait un conflit armé ici, nous préservons l’humanité. Lorsqu’un membre de la MSS de l’OSCE est décédé dans la région de Lougansk, aucun des participants des groupes de contact et politiques de la RPL et de la RPD n’a contesté que sa mémoire devrait être honorée par une minute de silence.

Cependant, lorsque nous avons proposé d’honorer la mémoire du chef de la RPD par une minute de silence, les Ukrainiens ont quitté la salle de réunion avec un air de défi. Une telle attitude montre clairement l’absence non seulement d’étiquette diplomatique, mais aussi de décence élémentaire. Évidemment, cela aggrave la situation en matière de négociation et empêche les parties de parvenir à une compréhension mutuelle.

Malheureusement, nous n’avons toujours pas d’évaluation officielle de l’explosion dans le centre de Donetsk de la part des garants occidentaux des accords de Minsk. Surtout si l’on considère que l’attaque s’est produite près de l’hôtel, où vivent les membres de la mission de l’OSCE.

En outre, nous appuyons l’initiative de M. Gryzlov de mener une enquête internationale sur ce crime. Nous attendons de la part des médiateurs internationaux de véritables mesures pour faire pression sur les autorités de Kiev dans la mise en œuvre des accords de paix.

Néanmoins, malgré le nombre toujours plus grand de difficultés à communiquer avec les représentants ukrainiens, nous demanderons, comme auparavant, à Kiev de respecter chaque point de l’ensemble des mesures. Ce document est le seul moyen pacifique de sortir du conflit.

Vous représentez la République au sein du groupe de contact tripartite à Minsk en lieu et place de Denis Vladimirovitch [Pouchiline]. Les positions de négociation de la République vont-elles changer d’une manière ou d’une autre ?

Notre tâche principale dans le processus de Minsk est de contraindre l’Ukraine à remplir ses obligations au titre du paquet de mesures en coopération et en coordination avec le Donbass, comme prévu dans le plan de paix. Pour notre part, nous sommes prêts au dialogue, prêts à discuter et à parvenir à un consensus, car nous comprenons que ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible d’obtenir des résultats dans le règlement de la situation et la reprise d’une coexistence pacifique. La volonté de prendre des mesures similaires de la part de Kiev est équivoque, ce qui est le principal problème et la principale menace qui pèse sur le processus de Minsk. Les représentants ukrainiens persistent à ne pas se rendre compte que le paquet de mesures est un document contraignant approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Même si Kiev veut se soustraire à ses obligations, cela ne fonctionnera pas, car les engagements confirmés dans les accords de Minsk devront encore être respectés, et nous continuerons à tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Le 11 octobre, la période de validité de la loi sur le statut spécial arrivera à son terme. Que pensez-vous, Kiev va-t-elle prolonger la loi ?

Nous avons commencé à soulever la question de la période de validité de la loi sur le statut spécial du Donbass dès sa première prolongation officielle. Il convient de rappeler que l’article premier de cette loi n’a été prorogé que d’un an, bien que l’ensemble de la loi aurait dû entrer en vigueur sur une base permanente. Nous nous sommes également adressés à plusieurs reprises au coordinateur de l’OSCE au sein du groupe politique et aux membres du groupe de contact.

Toutefois, il est difficile de prédire les prochaines étapes de Kiev, car la rhétorique des autorités ukrainiennes est régulièrement en désaccord avec leurs actions, car elles sont dictées par la volonté des sponsors étrangers du régime de Kiev. Nous espérons que les garants occidentaux des accords de Minsk sont conscients que l’abrogation ne serait-ce que de l’application formelle du premier article de la loi sur le statut spécial du Donbass bloquera en fait le dialogue ultérieur des parties à Minsk. Dans ce cas, la base sur laquelle s’est construit l’ensemble du dialogue sur les questions politiques disparaîtra. Et, s’il n’existe pas, tous les autres domaines des accords de Minsk seront également bloqués.

Cependant, il ne s’agit pas seulement des termes de la loi. Depuis son adoption, cette loi n’a pas été en vigueur un seul jour, car le législateur ukrainien n’a pas défini le territoire sur lequel elle s’applique dans le texte de loi, mais a appliqué la règle selon laquelle le Parlement se réserve le droit d’adopter séparément une résolution sur la liste des noms des villes et villages qui constitueront le champ d’application de la loi. Le Parlement ukrainien a initialement adopté une loi inopérante, qui a d’ailleurs été modifiée par la suite, bloquant ainsi la possibilité de son entrée en vigueur. Bien entendu, cela s’est fait sans consulter les représentants des républiques, en violation des dispositions du complexe de mesures.

Kiev doit comprendre qu’il n’y a pas de place pour faire traîner le processus de négociation – il est nécessaire de commencer d’urgence à préparer et à convenir avec nous de la prolongation de la loi sur le statut spécial du Donbass, qui expire dans moins d’un mois.

Tous les garants du processus de Minsk, à l’exception de la Russie, affirment que l’élection des chefs des républiques est contraire aux accords de Minsk. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Malheureusement, depuis quatre ans, nous nous sommes habitués à cette approche unilatérale de la part des médiateurs occidentaux qui prennent régulièrement le parti de l’Ukraine sur toute question relative à la situation dans le Donbass. Strictement parlant, les élections en RPD ne concernent en rien les accords de Minsk, qui ne font qu’indiquer les conditions des élections municipales. Ni en RPD, ni en RPL, des élections locales n’ont eu lieu et elles ne sont pas prévues. Les républiques s’acquittent strictement de leurs obligations et ont l’intention de tenir des élections locales conformément au mécanisme qui a été approuvé dans le complexe de mesures. Les élections des chefs d’État et des conseils populaires de la RPD et de la RPL ne sont pas des élections locales, elles n’ont donc rien à voir avec le processus de Minsk et n’y contreviennent pas.

En ce qui concerne la question des élections locales, M. Porochenko a plusieurs fois déclaré que la présence de casques bleus de l’ONU était une condition indispensable à la tenue des élections locales dans le Donbass. Pourriez-vous commenter cette position de Kiev dans le contexte du processus de Minsk ?

Dans les accords de Minsk, en principe, la participation au règlement pacifique des représentants de l’ONU n’est pas mentionnée. Au départ, il s’agissait exclusivement de la volonté de la partie ukrainienne d’envoyer des casques bleus, qui est restée au niveau des déclarations vaines. La Russie, ayant écouté ces déclarations de la partie ukrainienne et ayant tenu compte du fait que la mission de l’OSCE dans le Donbass a besoin d’une protection supplémentaire, a élaboré et soumis à l’ONU un projet de résolution. Le projet de la fédération de Russie reste le seul document soumis à l’ONU à cet égard. Il n’y a pas eu de commentaires ni de recommandations officielles sur ce projet, y compris de la part de Kiev. Par conséquent, les déclarations de Porochenko poursuivent plus d’objectifs politiques que de véritables plans pour parvenir à la paix.

Comment la question de la tenue des élections locales est-elle discutée aujourd’hui à Minsk et est-elle même soulevée ?

Nous ne pourrons commencer à discuter des détails des élections qu’après avoir convenu avec la partie ukrainienne de la procédure d’entrée en vigueur à part entière de la loi sur le statut spécial du Donbass, et que Kiev y apporte les modifications nécessaires.

En mars 2019, des élections présidentielles auront lieu en Ukraine. Porochenko prendra-t-il des mesures concernant le déroulement des négociations avec le Donbass ?

À ce jour, les résultats de ses actions sont très médiocres car, disposant de tous les moyens pour mettre en œuvre une solution pacifique au conflit, Porochenko parle de faire la guerre. Il est avantageux pour lui de jouer avec cette situation, en demandant de l’aide financière ou autre à l’Occident.

Les accords de Minsk sont un échec diplomatique et militaire pour l’Ukraine, auquel la société ukrainienne associe le nom de Porochenko. Il a une note catastrophiquement basse, comme candidat à la présidence pour un second mandat. Quelle stratégie il choisira dans cette situation, c’est difficile à dire. Toutefois, peu importe ce que Porochenko fera, peu importe comment il tentera de jouer sur le thème du processus de Minsk, il ne sera évidemment pas en mesure d’améliorer sa côte de cette manière.

Le changement de président ukrainien contribuera-t-il à un règlement à part entière du conflit dans le Donbass ?

Nous espérons qu’à l’occasion de ces élections, une personne qui a la volonté de restaurer la souveraineté complète du pays vis-à-vis de l’influence politique extérieure l’emportera. Si cela se produit, il aura toutes les chances de mettre en œuvre les accords de paix.

Qui la RPD et la RPL aimeraient voir comme nouveau président de l’Ukraine ?

Actuellement, il est peu probable que nous puissions faire confiance à au moins un des candidats qui ont annoncé leur intention de se faire élire à la présidence. Nous ne voyons pas de nouveau visage. Mais nous pouvons évaluer les activités des candidats que nous connaissons déjà : chacun a eu l’occasion de se montrer, et dans l’ensemble cela a conduit à un coup d’État en 2014.

Si des déclarations rationnelles et pacifiques étaient faites par un candidat, il serait possible d’attirer l’attention sur ce dernier en tant que figure potentielle pour le processus de dialogue ultérieur. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de telles déclarations ; au contraire, nous entendons des discours ouvertement militants dirigés contre les intérêts des habitants du Donbass. Aucun politicien ukrainien n’a dit : « Et respectons nos engagements. »

Autres sujets. Combien de délégations étrangères ont visité la République depuis le début de cette année ?

À ce jour, plus de 40 délégations étrangères ont visité notre République. D’année en année, ce chiffre augmente, ce qui indique l’intérêt croissant des représentants d’autres pays pour la République.

Dans quel but viennent-elles, quelles sont les questions discutées ?

Les délégations officielles viennent de pays qui entretiennent des relations étroites avec nous, dont la RPL, la République d’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Nous menons un dialogue bilatéral avec les représentants de ces pays, en concluant des accords interministériels sectoriels, qui précisent les formes d’interaction et harmonisent nos lois. En outre, nous recevons régulièrement la visite de délégations de membres de la Fédération de Russie, qui coopèrent avec nous dans le cadre du processus d’intégration.

Des délégations de personnalités politiques et publiques de pays européens visitent également notre République. Avec eux, nous établissons également une coopération dans différents domaines : économique, culturel, scientifique, et le plus important – informationnel. Nos invités étrangers à leur arrivée en RPD peuvent voir personnellement comment se déroule la construction et le développement de notre État et, à leur retour, dire la vérité aux citoyens des États européens. Plus cela sera présent dans l’espace informationnel, plus les chances de changer l’opinion de la communauté internationale sur les événements qui ont lieu dans les républiques seront élevées.

Y a-t-il des propositions de la part des représentants du monde des affaires pour établir une coopération avec la RPD ?

Oui, dans cette voie, il y a aussi un dialogue actif avec les entrepreneurs de pays étrangers, et nous en récoltons déjà les premiers fruits. Mais il y a une certaine pression des autorités officielles de certains pays sur les investisseurs qui montrent de l’intérêt à établir des contacts directs avec notre République. Par conséquent, je ne voudrais pas évoquer maintenant des noms et des domaines d’activité spécifiques. Mais, je le répète, des pas dans cette direction sont faits.

Quels sont les secteurs de l’économie de la RPD qui intéressent le plus les investisseurs potentiels ?

Au départ, ils s’intéressaient à l’agro-industrie, mais aujourd’hui c’est l’industrie lourde, la métallurgie, la construction mécanique et l’industrie légère.

Récemment, le tribunal d’Aix-en-Provence a refusé d’annuler l’enregistrement du centre représentatif de la RPD en France (Marseille) après avoir constaté qu’il n’y avait aucune violation de la législation française et internationale dans les activités de ce centre. Cette décision est définitivement une grande victoire pour la République, n’est-ce pas ?

Bien sûr, cette décision du tribunal peut être qualifiée de grand événement. Cela signifie que les autorités des pays européens, malgré la pression du ministère ukrainien des Affaires étrangères, commencent à percevoir de plus en plus objectivement et équitablement la République Populaire de Donetsk, son peuple et son droit à l’autodétermination.

Nous nous félicitons sans équivoque de l’issue de l’affaire sur le centre de la RPD en France et considérons que cette décision positive est à porter au crédit de M. Hubert Fayard (Président du centre représentatif de la RPD en France) et de tous les membres du centre représentatif qui ont non seulement défendu l’avenir de notre centre, mais aussi prouvé que les habitants du Donbass ont un énorme soutien à l’étranger.

Et qu’en est-il de la reprise des travaux du Centre représentatif de la RPD en République tchèque, qui ne fonctionne plus depuis l’automne 2017 ?

Notre représentant a l’intention de s’adresser à la Cour suprême de la République tchèque. En raison des événements survenus avec notre Centre en France, nous espérons que la situation avec le Centre tchèque changera de manière positive.

Dans quels autres pays prévoyez-vous d’ouvrir de nouveaux centres représentatifs ?

Dans ce domaine, nous devons agir de manière rationnelle et sage. Nous appliquons la technique des « petits pas », c’est-à-dire que petit à petit nous poursuivons sur le chemin que nous avons choisi. Le travail dans cette direction ne doit pas être arrêté, nous négocions avec des personnalités publiques, politiques et autres de différents États.

Pouvez-vous dire combien d’États sont actuellement engagés dans ce dialogue ?

Une certaine entente et des résultats possibles peuvent être atteints avec quatre pays.

Que pouvez-vous dire au sujet de l’ouverture de l’ambassade officielle de la République Populaire de Donetsk en Ossétie du Sud ?

À ce jour, les projets de loi applicables concernant le service diplomatique, les relations entre la fonction diplomatique et la fonction publique de l’État ont déjà été élaborés. Il y a beaucoup de règlements administratifs qui ont un lien direct avec le statut de l’ambassade, de l’ambassadeur et ainsi de suite. Beaucoup de détails.

Jusqu’à présent, il y avait une absence totale de loi sur cette question. Il est donc nécessaire de préparer un grand nombre de documents. Certains d’entre eux sont déjà en voie d’achèvement, et soumis au Conseil populaire de la RPD, qui a fait des propositions au chef de la RPD.

En outre, nous sommes en contact permanent avec le Ministère des affaires étrangères de la République d’Ossétie du Sud. Pour nos collègues, cette question n’est pas aussi nouvelle que pour nous. Et nous essayons de nous appuyer sur leur expérience, mais en même temps, nos relations se construisent sur la pleine parité des intérêts.

Est-il possible d’ouvrir l’ambassade de la RPD à Tskhinvali et l’ambassade de la ROS à Donetsk avant la fin de cette année ?

Nous aimerions que cela se réalise. Nous l’espérons vraiment.

Et si nous parlions de l’ouverture d’ambassades en RPL et en République d’Abkhazie ?

Nous entretenons des relations privilégiées avec la République Populaire de Lougansk. Nous avançons de plus en plus sur la voie du rapprochement et de l’établissement de relations beaucoup plus solides. L’unification de notre législation est maintenant à l’ordre du jour. Nous comprenons qu’il y a des spécificités propres à chaque République, qu’il y a ses dirigeants, ses parlements, ses territoires, mais nous avons un seul peuple, donc il faut aller vers un rapprochement qui tienne compte non seulement de l’État mais surtout de l’intérêt du peuple.

Avec la République d’Abkhazie, nous menons également une coopération dans certains domaines, qui s’étend d’année en année. Nous pouvons certainement parler de l’intensification des relations avec l’Abkhazie, qui peut se mesurer même par le nombre et le niveau des délégations qui viennent nous rendre visite.

Et en guise de conclusion de notre conversation, j’aimerais poser une question au sujet du programme humanitaire. Comment évalueriez-vous sa mise en œuvre ?

Le programme est très efficace. Ainsi, sur base des résultats de 2017 et 2018, les perspectives d’aide aux habitants du Donbass ont été élargies. En particulier, les domaines des soins médicaux se sont considérablement élargis, car cette initiative est l’une des plus réussies. Aussi, l’organisation publique « Fonds du Donbass Uni » est très efficace. Un grand nombre de demandes ont été reçues de la part de résidents de la République Populaire de Donetsk, y compris du territoire contrôlé par Kiev.

Dans le programme humanitaire, il y a des domaines importants pour préserver les liens culturels, sportifs et professionnels. Les gens des deux côtés participent aux événements avec intérêt. Rien que sur la ligne directe du programme humanitaire, plus de 58 000 appels des habitants du Donbass ont été reçus. L’intérêt pour le programme est très grand, et il ne cesse de croître.

Est-il prévu d’étendre la portée géographique du programme humanitaire ? Par exemple, il est bien connu que des appels à l’aide des habitants de Kharkov, Dnipropetrovsk et d’autres régions d’Ukraine ont été reçus par le « Fonds du Donbass Uni ».

Il y a beaucoup d’appels de ce genre, et pas seulement à destination du fonds. Nous recevons même des appels de citoyens étrangers. Parmi eux – d’anciens citoyens ukrainiens qui ont émigré à l’étranger, il y a eu des appels d’Israël, d’Ouzbékistan, de Biélorussie. Mais il est dans notre priorité de maintenir les liens et de soutenir les habitants du Donbass.

Je vous remercie.

Traduction : Christelle Néant pour DONi

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Budapest menace Kiev de représailles si l’Ukraine renvoie un consul hongrois

Ukraine - HongrieDepuis l’adoption de la loi sur l’éducation en Ukraine, qui vise à interdire aux minorités du pays de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle, les relations entre Budapest et Kiev se tendent de plus en plus, et pourraient transformer la Transcarpatie en nouvelle zone de conflit.

Il y a un an, le parlement ukrainien votait cette loi sur l’éducation, qui stipule que l’enseignement ne doit plus se faire qu’en ukrainien à partie de la 5e classe. Or il y a de nombreuses minorités (et certaines sont plus que des « minorités ») en Ukraine qui parlent une toute autre langue maternelle que l’ukrainien. Russophones, Hongrois et Roumains, font partie de ces catégories de la population ukrainienne qui seront impactées par cette décision.

Suite à ce vote, la Hongrie avait menacé l’Ukraine de lui mettre des bâtons dans les roues vis-à-vis de l’Union Européenne et de l’OTAN, dont elle est membre.

Devant le risque que les ultra-nationalistes ukrainiens s’en prennent aux Hongrois comme ils le font avec les russophones depuis quatre ans, le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, avait même demandé à son état-major de mettre au point un plan d’intervention militaire en Transcarpatie pour protéger les Hongrois qui s’y trouvent si nécessaire. Faisant ainsi planer la menace d’un nouveau conflit en Ukraine, mais à l’Ouest du pays cette fois.

Après que Budapest a commencé à appliquer ses menaces en bloquant la convocation de l’Ukraine à un sommet de l’OTAN, Kiev avait fait mine de vouloir faire partiellement marche arrière pour calmer le jeu. Mais ce n’était que des promesses en l’air.

Devant les menaces croissantes contre les Hongrois en Ukraine, Budapest a annoncé qu’elle prenait la Transcarpatie sous sa protection, publiquement soutenu le fait que la région soit plus autonome et a accéléré la distribution de passeports hongrois aux habitants de la région. Actuellement, ce serait plus de 100 000 personnes qui auraient le passeport et la nationalité hongroise en Ukraine.

Kiev aurait dû écouter ce signal d’alarme et reculer. Mais il n’en fut rien. Les ultra-nationalistes ukrainiens ont été les premiers à provoquer, en menaçant les Hongrois et en allant arracher un drapeau hongrois en Transcarpatie fin 2017. L’incident diplomatique a été évité de justesse, la police n’intervenant que lorsque les ultra-nationalistes ont voulu mettre le feu au drapeau arraché.

La Hongrie avait alors réitéré ses menaces de bloquer toute tentative d’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

Depuis, la situation ne s’est pas du tout améliorée. Résultat, à l’été 2018, le gouvernement hongrois a créé un poste de ministre de la Transcarpatie, qui serait responsable du développement de la région. Kiev avait alors demandé à Budapest de s’expliquer sur cette création de ministère, tout en déclarant publiquement être prête à envoyer l’armée en Transcarpatie.

Au lieu de calmer la situation, tout cela n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Résultat, un mois plus tard, ce ne sont plus des ultra-nationalistes, mais la police ukrainienne et le SBU qui se sont lancés dans une campagne d’arrachage de drapeaux hongrois en Transcarpatie.

La réponse des habitants de Moukatchevo a été simple : ils ont arraché un drapeau ukrainien. Devant l’escalade de la situation, Pavel Klimkine, ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que la Transcarpatie pouvait devenir un nouveau Donbass, avant d’accuser la Russie d’être responsable de l’exacerbation des tensions dans la région (tellement pratique d’accuser les autres de ce dont on est responsable soi-même, cela évite d’avoir à se regarder dans le miroir et faire son mea culpa).

Après la fuite d’une vidéo montrant la distribution de passeports hongrois dans le consulat situé à Beregovo en Transcarpatie, les ultra-nationalistes ukrainiens se sont mis à ficher les gens possédant la double nationalité hongroise et ukrainienne sur le site Mirotvorets.

Ce fichage les désigne dès lors comme ennemis de l’Ukraine et donc comme cibles potentielle pour tous les cinglés se revendiquant de l’idéologie de Stepan Bandera et de ses acolytes. Il faut rappeler que plusieurs personnes, dont Oles Bouzina, journaliste, ont été assassinées en Ukraineaprès que leurs données personnes aient été publiées sur ce site. Sans parler de toutes celles qui ont été agressées ou menacées de mort (voire qui ont eu un contrat mis sur leur tête comme le journaliste Graham Phillips)…

La Hongrie a décidé de contre-attaquer. Tout d’abord en dénonçant le fait que les services secrets ukrainiens aient filmé illégalement l’intérieur du consulat hongrois à Beregovo. Cette déclaration, a été faite en marge de l’assemblée générale de l’ONU par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó. Pour lui il est évident qu’il s’agit d’une opération des services secrets ukrainiens.

« Mener des opérations de services secrets sur le territoire de missions diplomatiques d’autres pays est inacceptable, c’est contraire aux règles et lois écrites et non-écrites, et aux lois sur les relations bilatérales », a souligné le ministre.

De son point de vue la situation est simple et très claire : « L’Ukraine viole le droit international, en retirant leurs droits aux minorités nationales ».

Il a rappelé que lors des négociations sur les droits de la minorité hongroise, Kiev a fait des promesses, mais n’en a tenu aucune. Par exemple celle d’accorder plusieurs années de délai avant l’entrée en application de la fameuse loi sur l’enseignement, ou d’exclure les écoles privées du champ d’application de la loi.

« Nous voyons une campagne visant à semer la haine contre la population hongroise en Ukraine. La double citoyenneté est un phénomène courant en Europe. Beaucoup de pays permettent la double nationalité, » a-t-il conclu.

Et face aux menaces de Kiev d’expulser leur consul, les autorités de Budapest ont menacé de leur rendre la pareille, après une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays à l’ONU.

« Mon collègue ukrainien m’a demandé si j’étais prêt à rappeler notre consul après l’incident [de la vidéo qui a fuité montrant la distribution de passeports hongrois en Transcarpatie], et je lui ai répondu que je n’avais aucune raison de le rappeler, puisqu’il n’avait rien fait qui violait la loi hongroise ou le droit international. Il a alors dit que l’Ukraine allait l’expulser. Je lui ai répondu, bien, mais cela ne restera pas sans réponse. J’expulserai un diplomate ukrainien du même niveau de Hongrie, » a déclaré Szijjártó.

Le ministre hongrois a aussi questionné la pertinence de vouloir amasser des troupes ukrainiennes près de la frontière avec la Hongrie, alors que le pays est membre de l’OTAN.

En un an, la situation diplomatique entre les deux pays s’est aggravée, comme on pouvait le craindre. Kiev étant incapable de faire marche arrière sans se mettre les ultra-nationalistes à dos, la situation risque de continuer à s’envenimer jusqu’à l’éclatement d’un deuxième conflit civil dans le pays.

Si un tel conflit éclate en Transcarpatie, alors l’Ukraine ira jusqu’au bout du processus d’éclatement qu’elle a commencé lorsqu’elle a déclenché le conflit dans le Donbass, et terminera comme la défunte Yougoslavie.

Christelle Néant

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Les FAU tirent sur une ambulance et des habitations à Kominternovo – Deux morts et quatre blessés

MortierDurant les dernières 24 heures, l’armée ukrainienne a continué ses tirs quotidiens sur le sud de la République Populaire de Donetsk (RPD), et particulièrement les villages de Sakhanka et Kominternovo, où les tirs de la journée écoulée ont déjà fait deux morts et quatre blessés.

La tendance à l’escalade entamée après la mort d’Alexandre Zakhartchenko ne semble plus pouvoir être arrêtée, surtout sur cette portion du front.

Hier, 26 septembre, à 13 h 25, l’armée ukrainienne a de nouveau ouvert le feu sur le village de Kominternovo, à coup de grenades et de lance-roquettes antichars, blessant deux civils : un homme de 59 ans et une femme de 60 ans. Tous deux ont été emmenés à l’hôpital de Novoazovsk pour y être soignés.

La femme a reçu des blessures par shrapnels au cou et à l’avant-jambe, et l’homme en a reçu à l’abdomen.

Dans l’après-midi et en soirée, les tirs se sont poursuivis contre Kominternovo, mais aussi contre les villages environnants comme Leninskoye, mais cette fois avec des mortiers de 120 mm ! Heureusement ces tirs n’ont pas fait de victimes, mais une maison a été endommagée à Kominternovo (un obus a traversé le toit).

Poursuivant sur cette lancée, les soldats ukrainiens ont tiré ce matin sur les positions de la milice populaire de la RPD situées près de là, blessant un soldat. Une ambulance a alors été envoyée pour l’évacuer.

Le véhicule n’était pas de type militaire et était clairement identifiable comme étant une ambulance. Mais comme à l’accoutumée, les soldats ukrainiens n’en ont eu que faire, et violant la convention de Genève pour la énième fois, ils ont tiré sur l’ambulance alors qu’elle évacuait le soldat blessé, tuant deux personnes et blessant un autre soldat qui se trouvait avec le soldat initialement blessé.

Ce qui nous fait un bilan total, civils et soldats confondus, de deux morts et quatre blessés en 24 heures dans le même village.

Cet après-midi, les tirs ont repris, contre Sakhanka cette fois, avec un total de dix obus de mortier de 120 mm tirés par l’armée ukrainienne à l’heure où j’écris ces lignes.

Pendant que Porochenko glose sur un projet de résolution de l’ONU pour envoyer des casques bleus dans le Donbass, son armée continue de génocider la population de la région en toute impunité, dans le silence des chancelleries française et allemande…

Christelle Néant

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La RPD veut ouvrir une ambassade en Ossétie du Sud d’ici fin 2018

Ossétie du Sud - RPDLors d’une interview accordée à nos collègues de l’agence DAN, la ministre des Affaires étrangères par intérim de la République Populaire de Donetsk (RPD), Natalia Nikonorova, a déclaré espérer réussir à ouvrir une ambassade en Ossétie du Sud d’ici la fin de l’année.

Actuellement le gouvernement de la RPD est en train de préparer toutes les lois et documents nécessaires pour cette ouverture.

« À ce jour, les projets de loi applicables concernant le service diplomatique, les relations entre la fonction diplomatique et la fonction publique de l’État ont déjà été élaborés. Il y a beaucoup de règlements administratifs qui ont un lien direct avec le statut de l’ambassade, de l’ambassadeur et ainsi de suite. Beaucoup de détails. Jusqu’à présent, il y avait une absence totale de loi sur cette question. Il est donc nécessaire de préparer un grand nombre de documents. Certains d’entre eux sont déjà en voie d’achèvement, et soumis au Conseil populaire de la RPD, qui a fait des propositions au chef de la RPD. En outre, nous sommes en contact permanent avec le Ministère des affaires étrangères de la République d’Ossétie du Sud. Pour nos collègues, cette question n’est pas aussi nouvelle que pour nous. Et nous essayons de nous appuyer sur leur expérience, mais en même temps, nos relations se construisent sur la pleine parité des intérêts », a déclaré la ministre.

En plus de l’ouverture d’une ambassade de la RPD à Tskhinvali (capitale de la République d’Ossétie du Sud), il est prévu d’ouvrir une ambassade ossète à Donetsk.

Et malgré le fait que ces démarches semblent colossales, la ministre des Affaires étrangères espère que l’inauguration de l’ambassade de la RPD à Tskhinvali pourra se faire avant la fin de l’année 2018.

« Nous aimerions que cela se réalise. Nous l’espérons vraiment », a-t-elle conclu.

Ce projet est important pour désenclaver diplomatiquement la République Populaire de Donetsk, et renforcer les moyens à travers lesquels la République d’Ossétie du Sud peut aider sa petite sœur du Donbass.

Christelle Néant

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Quatre jours à Sakhanka et Kominternovo (RPD) sous les bombardements de l’armée ukrainienne

KominternovoDepuis plus d’une semaine, l’armée ukrainienne s’acharne sur les villages du sud de la République Populaire de Donetsk (RPD). Sakhanka, Leninskoye, et Kominternovo sont bombardés de manière quotidienne.

Du 19 au 22 septembre, nous étions à Sakhanka et Kominternovo afin d’évaluer l’évolution de la situation sur cette portion du front et rapporter les dégâts infligés aux habitations par les bombardements de l’armée ukrainienne.

Nous y avons constaté que les tirs sont permanents, de jour comme de nuit. Pendant les quatre jours (et trois nuits) passés sur place, il n’y en a eu aucun durant lequel l’armée ukrainienne a respecté le cessez-le-feu.

Durant nos visites précédentes, il y avait toujours au moins un jour un peu plus calme que les autres. Là il n’en fut rien.

En quatre jours, l’armée ukrainienne a tiré sur cette zone, 60 obus de mortier de 120 mm, 39 obus de mortier de 82 mm, 198 munitions de véhicules de combat d’infanterie et de transport de troupes blindés, 200 munitions de systèmes de défense anti-aériens (dont une grande quantité de Zouchka de 23 mm), auxquelles il faut ajouter les roquettes, grenades, et munitions de plus petit calibre.

Ces tirs ont endommagé plusieurs maisons à Sakhanka et Kominternovo, pendant notre séjour sur place, sans faire de victimes. La semaine précédente, le camion de pompiers de Sakhanka a lui aussi été touché par des tirs, lorsque l’armée ukrainienne a voulu les empêcher d’éteindre les incendies qui ont détruit plusieurs habitations.

Voir le reportage vidéo

Sur place nous avons aussi découvert qu’en plus des tirs de mortier et de véhicule de combat d’infanterie, l’armée ukrainienne utilise désormais ses drones contre les civils. L’utilisation de drones pour porter des charges explosives avait déjà été rapportée par les soldats de la RPD stationnés à Sakhanka, mais jusqu’ici ces méthodes terroristes étaient utilisées contre les positions.

Désormais, l’armée ukrainienne a étendu l’usage de ces méthodes dignes des terroristes en Syrie contre des cibles civiles. Non seulement à Sakhanka et Kominternovo, mais aussi à Gorlovka.

À Sakhanka, le lendemain de notre départ, un drone ukrainien a lâché une grenade sur une maison civile, faisant deux blessés : un homme et une femme. Tous deux ont été hospitalisés. D’après mes contacts sur place, au total ce jour-là c’est deux drones qui ont largué trois grenades à différents endroits du village.

Lorsque les soldats ukrainiens larguent ces charges ils voient sur quoi ils les lâchent. C’est donc un crime de guerre délibéré. De plus, cette méthode est particulièrement ignoble, car les civils n’entendent aucun bruit de tir, et ne se méfient donc pas. Ils n’ont pas le temps de se mettre à l’abri.

Et comme il n’y a pas de tir, ces infractions aux accords de Minsk ne sont pas enregistrées comme des violations du cessez-le-feu.

À l’heure où j’écris ces lignes il n’y a toujours aucun signe de désescalade dans le sud de la République Populaire de Donetsk. Rien qu’aujourd’hui, 24 septembre 2018, l’armée ukrainienne a tiré 19 obus de mortiers de 120 mm et 11 obus de 82 mm sur Sakhanka, Kominternovo et Leninskoye. Sans compter de très nombreux tirs de véhicules de combat d’infanterie et de grenades.

Le tout dans le silence le plus total des chancelleries occidentales et surtout de celles de la France et de l’Allemagne, pourtant garantes des accords de Minsk.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 22 septembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 22septembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’09 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
05’11 » – En RPL les soldats ukrainiens tirent sur un bus
05’54 » – L’armée ukrainienne s’acharne sur le Sud de la RPD
06’32 » – L’OSCE dresse le bilan des victimes civiles pour 2018
07’16 » – Recrudescence d’accidents de la route dans la partie du Donbass occupée par l’armée ukrainienne à cause de l’alcool
08’33 » – Les unités des FAU insuffisamment remplies pour être opérationnelles

MH17
10’18 » – La Russie apporte la preuve que le BUK montré par le JIT est ukrainien

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’22 » – L’Ukraine met fin au traité d’amitié avec la Russie
29’32 » – Pas d’accord conclu entre Kiev et le FMI, l’Ukraine se rapproche du défaut de paiement
32’50 » – Nouvelle agression contre une journaliste en plein centre de Kiev
35’04 » – La situation se tend en Transcarpathie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
38’49 » – L’armée ukrainienne se gargarise d’avoir libéré une ferme dans la zone démilitarisée

40’50 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Autocéphalie pour l’Ukraine – Risque de schisme dans l’Église orthodoxe

Guerre de religion orthodoxeSuite à l’envoi de deux exarques de l’Église orthodoxe de Constantinople en Ukraine pour accorder l’autocéphalie à Kiev, l’Église orthodoxe russe vient de lui adresser un avertissement, en coupant toutes les relations diplomatiques avec Constantinople.

Depuis plusieurs mois, des bruits courent sur la volonté du Patriarche Bartholomée de Constantinople d’accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev.

Malgré les avertissements répétés de l’Église orthodoxe russe, et du Patriarche de l’Église orthodoxe serbe, Irénée, sur le fait que cela violait non seulement les lois canoniques mais aussi les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, et que cela risquait de provoquer une guerre de religion en Ukraine, il semble que Bartholomée soit décidé à aller jusqu’au bout de ce plan. Quitte à provoquer un véritable schisme au sein de l’Église orthodoxe.

Pour comprendre comment on en est arrivé à une situation aussi grave, il faut remonter dans le temps, et analyser la façon dont fonctionne l’Église orthodoxe.

Histoire et fonctionnement de l’Église orthodoxe

L’Église orthodoxe c’est le groupe d’Églises qui se réclament de la théologie et du droit canon des sept premiers conciles de l’Église chrétienne (c’est-à-dire jusqu’au second concile de Nicée de 787). Ce groupe d’Églises s’est séparé de ce que l’on appelle actuellement l’Église catholique lors du schisme de 1054.

L’Église orthodoxe a un fonctionnement qui diffère profondément de celui de l’Église catholique par exemple. Il n’y a pas de pape, pas d’administration unique centralisée. L’Église orthodoxe est une communion d’Églises qui sont indépendantes en termes d’organisation interne (il y a 14 Églises autocéphales orthodoxes actuellement), mais qui sont profondément liées les unes aux autres entre autres en termes de dogme.

Chaque Église autocéphale désigne son primat (un Patriarche, Métropolite ou un Archevêque), et aucune n’a de droits sur une autre. Mais l’Église de Constantinople bénéficie d’une primauté d’honneur liée à l’ancien statut de capitale de l’Empire. Mais il s’agit là que d’une primauté d’honneur, pas d’une primauté de pouvoir.

Certaines de ces Églises sont autocéphales depuis l’antiquité, et ce parce que l’Église avait alors suivi les découpages administratifs de l’empire (pas de notion de pays ici, mais de province administrative de l’empire).

J’encourage mes lecteurs à aller lire l’analyse du père Jivko Panev sur l’autocéphalie et la montée de l’ethno-phylétisme dans l’Église orthodoxe pour comprendre pleinement la différence entre la situation qui prévalait jusqu’au Moyen-Âge et celle qui s’est développée depuis le 19e siècle. L’autocéphalie a changé de sens et est devenu synonyme d’Église nationale, ce qui exacerbe le nationalisme religieux, qui est un danger pour l’unité de l’Église.

Dans l’Église orthodoxe, les décisions importantes doivent être prises en commun, par décision collégiale entre les différentes Églises autocéphales. Et une Église n’a pas le droit d’interférer dans les affaires internes d’une autre Église (un peu comme les États, qui n’ont pas le droit de faire de l’ingérence dans les affaires d’un autre).

Cette notion se trouve dans les canons du Deuxième Concile œcuménique, qui stipule que les évêques n’ont pas le droit de pénétrer sur le territoire canonique d’une autre Église sans invitation. Or, les deux exarques de Constantinople ont été envoyé à Kiev sans l’accord du métropolite Onuphre (qui est le Métropolite légitime de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et qui leur a refusé le droit de s’immiscer dans les affaires de son Église). C’est donc une violation claire des canons de l’Église !

La règle générale veut que pour qu’une Église obtienne l’autocéphalie, il faut que cette dernière soit reconnue par les autres Églises autocéphales, selon le principe de collégialité des décisions qui est fondamental dans l’orthodoxie.

Ce principe s’illustre parfaitement bien avec le cas ukrainien. L’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP), née en 1992 d’un schisme avec l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP), n’a été reconnue par aucune autre Église autocéphale. Ce qui fait que cette Église est non canonique et que pour toutes les autres Églises orthodoxes, seule l’UOC-MP est légitime.

Pour revenir à l’Église orthodoxe russe, ce qui alimente actuellement la demande ukrainienne, c’est qu’en 988, quand le prince Vladimir se fait baptiser et fait baptiser la Rus’ (la future Russie, qui recouvre à l’époque le territoire de l’Ouest de la Russie, une partie de la Biélorussie et de l’Ukraine actuelles), la capitale de l’État est à Kiev.

À cette époque, la Rus’ dépend de l’Église orthodoxe de Constantinople, qui désigne le Métropolite de Kiev. Mais à la fin du 13e siècle, quand la Rus’ s’effondre à cause des invasions Mongoles, les Métropolites de Kiev doivent se réfugier à Vladimir, puis à Moscou, d’où viendra la renaissance de la Rus’ sous son nouveau nom : la Russie. Néanmoins ces Métropolites continueront de s’appeler Métropolite de Kiev et seront toujours désignés par Constantinople.

Puis au 15e siècle, l’Église orthodoxe russe acquiert l’autonomie par accident, à cause de deux facteurs :

1) Le Concile de Florence qui a vu une tentative de rapprocher Constantinople de Rome (c’est-à-dire d’annuler le schisme de 1054 via « l’union de Florence », qui est restée valable jusqu’en 1453). À son retour à Moscou en 1441, après ce Concile, le Métropolite de Kiev, Isidore a promu cette réunification. Mais Isidore et ses volontés de réunification avec Rome n’ont pas été bien accueillis par les Russes. Il a été emprisonné par le Grand Prince Basile II, avant d’être relâché. Isidore fuyant en Italie, et Moscou refusant de demander un nouveau métropolite au Patriarcat de Constantinople à cause de l’union de Florence, la Russie s’est retrouvée sans Métropolite pendant plusieurs années. En 1448, les évêques russes décident d’élire eux-mêmes leur Métropolite, sans en référer à Constantinople. Ce sera le premier Métropolite de Moscou. La communion avec Constantinople sera rétablie après l’abolition de l’union de Florence.

2) Après la chute de Constantinople en 1453, le vide créé a été occupé par la Russie qui se libérait alors du joug Tatar, et a pris une place de premier plan en tant que nation orthodoxe. Elle est alors devenue de manière officieuse la « troisième Rome ».

Un épisode résumé par le Métropolite Hilarion, lors d’une interview :

« On accuse parfois l’Église russe de s’être elle-même proclamé autocéphale : lorsque le métropolite Jonas a été élu, au milieu du XVe siècle, cela a été fait sans l’accord du Patriarche de Constantinople. Mais comment la Rus’ aurait-elle pu recevoir de lui son accord, si le patriarche de Constantinople était tombé dans l’uniatisme, dans l’hérésie ? Il nous a envoyé un métropolite qui commémorait le pape de Rome et qui, après avoir été chassé, est devenu cardinal de l’Église catholique-romaine. »

Ensuite, c’est par une décision collégiale entre les Patriarches de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, que la Russie a obtenue l’autocéphalie en 1588, après plus d’un siècle d’autonomie de fait.

Rien à voir donc avec la situation actuelle en Ukraine, où on assiste à la volonté d’hommes politiques et d’une église schismatique et reconnue par personne de prendre la place de l’Église orthodoxe locale officielle en bénéficiant de l’autocéphalie.

Politique et religion, légalité de la demande de Kiev ?

Le premier problème posé par cette demande d’autocéphalie c’est qu’elle n’émane pas du Métropolite Onuphre, qui est à la tête de l’UOC-MP, qui est la seule Église orthodoxe ukrainienne canonique, officielle et reconnue par les autres Églises orthodoxes, et celle qui possède (et de loin) le plus grand nombre d’églises, de monastères et de paroisses en Ukraine.

Cette demande émane de Philarète, « Patriarche » excommunié par l’Église orthodoxe russe, qui est à la tête de l’UOC-KP, Église schismatique, reconnue par personne.

Un « Patriarche » qui bénit des néo-nazis et des criminels de guerre à tour de bras, leur accorde des médailles, et ose cyniquement dire que si les gens du Donbass meurent à cause de la guerre, c’est pour expier leurs pêchés d’avoir voté pour l’indépendance des deux Républiques Populaires. En gros, c’est bien fait pour eux. Une conception fascinante de la religion !

Le deuxième problème c’est que l’autre demandeur de l’autocéphalie, c’est Petro Porochenko, le président ukrainien, qui a fait cette demande au Patriarche Bartholomée, avec l’appui de la Rada (parlement ukrainien).

Or, l’article 35 de la constitution ukrainienne, sépare clairement l’Église de l’État. En clair, ni le président ukrainien, ni le parlement ne sont légitimes et n’ont le droit d’interférer dans les affaires religieuses. La demande venant du président ukrainien est donc totalement inconstitutionnelle !

Donc quand Bartholomée essaye de faire passer la pilule, en prétendant qu’il veut accorder l’autocéphalie à la demande des Ukrainiens, il ment, et il le sait ! Ce n’est ni l’UOC-MP, Église légitime, ni les paroissiens ukrainiens, ni le peuple ukrainien qui ont fait cette demande. Mais un pseudo Patriarche excommunié, et un homme politique ukrainien.

Le tout est très bien résumé par Natalia Vitrenko, qui est la présidente de la communauté des femmes orthodoxes d’Ukraine (merci à Laurence Guillon d’avoir sous-titré cette vidéo).

Ingérence politique et conséquences d’une vision ethnocentrée de la religion

Aujourd’hui, le patriarche Bartholomée arrive avec une version moderne de cette « union de Florence » et semble se prendre pour le pape orthodoxe, ce qu’il n’est pas ! Comme le souligne Alexandre Chtchipkov, « le patriarche Bartholomée est obsédé par l’idée du papisme oriental. Il rêve de devenir le chef unique de toute l’orthodoxie universelle[œcuménique], analogue à l’Église catholique romaine[et à son Pape]. ».

Bartholomée a aussi pris de nombreuses décisions unilatérales en termes de dogme, qui vont à l’encontre des canons de l’Église orthodoxe, et jettent le doute sur les actes et la légitimité du Patriarcat de Constantinople.

Il semble que les vieux démons de Constantinople ressurgissent presque six siècles après cette « union de Florence » qui avait provoqué l’autonomie de fait de l’Église orthodoxe russe, et qui risquent aujourd’hui de semer un chaos encore plus grand dans l’Église orthodoxe à travers le monde.

Et ce qui (ou qui) se cache réellement derrière Bartholomée et cette décision fait couler beaucoup d’encre. Le fait que les deux exarques envoyés à Kiev soient respectivement américain et canadien, et le fait que les États-Unis aient immédiatement soutenu officiellement le fait d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine, semble accréditer les accusations lancées par les services secrets turcs, selon lesquelles Bartholomée serait lié à la CIA !

Dans la droite du ligne de Maïdan et de la volonté des nouvelles autorités ukrainiennes, issues du putsch de 2014, de se séparer de la Russie, Porochenko et Philarète veulent donc obtenir une Église indépendante de la Russie. Sauf que religion et politique ne font jamais bon ménage. La politique des États n’a pas à se mêler d’affaires religieuses et spirituelles. Car c’est le meilleur moyen d‘arriver à une catastrophe.

Surtout quand le « Patriarche » de Kiev, Philarète, a déclaré à plusieurs reprises vouloir exproprier l’UOC-MP de ses églises, laures et monastères s’il obtient l’autocéphalie ! En clair, l’UOC-KP veut dépouiller l’UOC-MP de ses paroisses et de ses paroissiens !

Et pour ceux qui croient qu’il ne s’agit que de mots en l’air, je vous encourage à aller voir ce qui s’est passé en août 2018 dans le diocèse d’Odessa, où les clercs et les fidèles de l’UOC-MP ont été empêchés par des soldats ukrainiens de se rendre dans l’église des saints Cyrille et Méthode de l’Académie militaire (qui appartient pourtant à l’UOC-MP), pour célébrer l’office, pendant que les aumôniers de l’UOC-KP entraient dans l’église (qui ne leur appartient absolument pas) ! Un viol total, permis grâce à la complicité des autorités de Kiev et de l’armée !

Si cette fois, les paroissiens de l’UOC-MP n’ont pas réagi de manière violente pour ne pas jeter d’huile sur le feu, il risque d’en aller tout autrement, lorsque ces vols d’églises (qui ont déjà commencé un peu partout en Ukraine) se multiplieront.

Une crainte exprimée par le Métropolite Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et que je partage.

« Nous pouvons nous attendre à tout, à ce que les schismatiques prennent sous leur contrôle d’importants monastères tels que la Laure des Grottes de Kiev ou la Laure de Potchaïv. Les orthodoxes se mettront alors à défendre ces lieux saints et une effusion de sang pourrait avoir lieu », a-t-il indiqué.

L’Église orthodoxe polonaise a elle aussi commenté la situation, appelant à régler tout cela par le dialogue et une approche collégiale, et surtout, il rappelle « qu’il existe plusieurs Églises schismatiques en Ukraine, qui doivent se repentir et revenir aux canons de l’Église orthodoxe. Alors seulement il sera possible de discuter de l’octroi de l’autocéphalie. »

Devant la gravité de la situation, l’Église orthodoxe russe a donc décidé de sortir le « carton jaune », pour faire comprendre à Bartholomée qu’il va trop loin. Cet avertissement a pris la forme suivante :

1. Suspension de la commémoration liturgique du Patriarche Bartholomée de Constantinople.
2. Suspension de la concélébration avec les exarques du Patriarcat de Constantinople.
3. Suspendre la participation de l’Église orthodoxe russe à toutes les Assemblées épiscopales, aux dialogues théologiques, aux commissions multilatérales et aux autres structures présidées ou co-présidées par les représentants du Patriarcat de Constantinople.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe s’est aussi fendu d’une déclaration qui remet les points sur les i concernant l’aspect historique de cette affaire, avant de souligner l’aspect anti-canonique des décisions récentes de Bartholomée, dont celles sur l’autocéphalie pour l’Ukraine, qui viole d’ailleurs totalement les promesses qu’il avait faites à Onuphre en 2016, et se finit sur une menace claire de ce qui arrivera si Constantinople ne fait pas marche arrière.

« Dans le cas où le Patriarcat de Constantinople poursuivrait son activité anti-canonique sur le territoire de l’Église orthodoxe ukrainienne, nous serions contraints à rompre totalement la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople. L’entière responsabilité des conséquences tragiques de cette division reposera personnellement sur le patriarche Bartholomée de Constantinople et sur les hiérarques qui le soutiennent. »

Pour dire les choses plus clairement, si Bartholomée ne renonce pas à son plan, on risque d’assister à un schisme au sein de l’Église orthodoxe mondiale. Car en plus de l’Église orthodoxe russe, d’autres, comme l’Église serbe, pourraient se rallier à la position de Moscou. Ce qui ferait éclater l’unité de l’Église orthodoxe.

Il faut croire que c’est là le but recherché par Bartholomée (et ses patrons américains) : torpiller l’Église orthodoxe à coup de décisions anti-canonique et de soutien à toutes les Églises schismatiques afin de la faire imploser.

En plus de mener la guerre contre la Russie sur les plans politiques (ingérences, révolutions colorées), et militaire (soutien actif à des pays qui mènent des guerres civiles aux portes de la Russie, encerclement de la Russie par l’OTAN), les États-Unis veulent y ajouter un volet religieux en tentant de détruire l’Église orthodoxe et de provoquer une guerre de religion en Ukraine.

Le seul espoir qu’il reste est que les autres Églises autocéphales se rallient à Moscou et que Constantinople se retrouve isolée de fait. Ce serait le seul moyen de réduire les conséquences désastreuses de ce schisme à l’échelle globale, et de pousser Constantinople à revenir à la raison, et au droit canon.

Sans cela, une guerre de religion éclatera en Ukraine, et l’Église orthodoxe se trouvera profondément destabilisée.

Christelle Néant

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Porochenko signe le décret mettant fin au traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie

Ukraine et RussieAprès plusieurs mois d’annonces sur la volonté du président ukrainien de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre son pays et la Russie, Petro Porochenko vient de signer officiellement le décret correspondant.

Pour rappel, le 28 août 2018, Porochenko avait déclaré avoir chargé le ministère des Affaires étrangères de préparer les documents nécessaires pour entamer la procédure de résiliation du traité, qu’il a qualifié d’anachronisme.

Le 30 août, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavel Klimkine a déclaré que son ministère avait déjà préparé tous les documents nécessaires, et que l’Ukraine notifierait officiellement son intention de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat avec la Russie avant le 30 septembre (date butoir au-delà de laquelle le traité serait renouvelé automatiquement pour 10 ans).

« Conformément à la décision du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine du 6 septembre 2018, l’offre du ministère ukrainien des Affaires étrangères concernant la résiliation du traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, signé le 31 mai 1997, a été approuvée », indique le message publié sur le site du Président ukrainien.

Comme, plusieurs analystes l’avaient souligné précédemment, cette rupture va impacter de nombreux accords bilatéraux entre les deux pays. Un fait confirmé par Pavel Klimkine qui explique cela comme une révision progressive des accords entre l’Ukraine et la Russie.

De manière assez cynique, celui-ci explique que si l’Ukraine n’avait pas mis fin avant à ce traité, c’était parce que ce dernier leur avait été utile devant les cours de justice, comme la cour d’arbitrage de Stockholm ou celle de Londres, concernant la dette de 3 milliards de dollars que l’Ukraine doit à la Russie…

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi à cette annonce, espérant qu’un jour des hommes politiques ukrainiens plus responsables rétabliront de bonnes relations entre les deux pays.

« Les mesures destructrices prises par les autorités ukrainiennes sont profondément regrettables. […] La crise actuelle dans les relations entre nos pays sera inévitablement surmontée. Mais les relations seront évidemment restaurées avec d’autres d’hommes politiques ukrainiens plus responsables », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Le fait que cette annonce soit tombée le même jour que la conférence de presse du ministère russe de la Défense concernant le MH17 est troublant. Suite à l’annonce que le missile BUK montré par le JIT est ukrainien, le JIT et d’autres personnes se sont publiquement interrogées sur le fait de savoir pourquoi la Russie n’avait pas divulgué ces éléments avant.

Peut-être tout simplement parce que de par ce traité d’amitié (voir pour cela l’article 6), et de par les relations historiques et fraternelles entre les deux peuples, la Russie ne voulait pas agir de manière ouvertement hostile contre l’Ukraine. Jusqu’à aujourd’hui.

Car la divulgation qui a été faite par le ministère russe de la Défense pointe directement du doigt l’Ukraine pour sa responsabilité dans la catastrophe du MH17.

Pour faire une analogie, si les relations actuelles entre l’Ukraine et la Russie étaient un match de boxe, en dénonçant le traité d’amitié entre les deux pays, Kiev vient d’autoriser Moscou à retirer ses gants avant de frapper.

Et après des années à jouer la conciliation pour essayer de maintenir de bonnes relations avec le pays voisin, malgré toutes les provocations de Kiev, il semble que la Russie soit décidée à enlever les gants.

Si tel est bien le cas, alors, l’annonce d’aujourd’hui concernant le MH17 risque de n’être que la première d’une série de divulgations qui pourraient faire très mal à l’Ukraine.

La Russie aujourd’hui pourrait faire sienne cette citation de Korben Dallas (5e élément) : « Vous voulez pas la jouer soft, je suis pas contrariant. Vous voulez la jouer hard, on va la jouer hard. »

Christelle Néant

PS : Je vous encourage à aller lire les autres articles de ce traité, qui imposaient à l’Ukraine de respecter les minorités ethniques, ne pas faire pression sur elles pour abandonner leur langue ou leurs traditions, maintenir l’enseignement du russe à l’école, et de respecter le droit des peuples à décider de leur sort, quelques points parmi beaucoup d’autres que l’Ukraine post-Maïdan a violé à 300 %.

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