Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 11 août 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 11 août 2018 :

SITUATION MILITAIRE
02’15 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’48 » – L’armée ukrainienne tire sur une ambulance de la RPD et fait trois morts
07’03 » – Le SBU vient sur la ligne de front désarmer les bataillons néo-nazis
08’07 » – Secteur Droit vend ses armes à la RPD
09’10 » – Chiffres des suicides dans l’armée ukrainienne depuis le début de l’année

SITUATION POLITIQUE
10’52 » – Projet de loi à la Douma pour simplifier l’octroi de la citoyenneté russe

RPD-RPL
13’24 » – Nouvelles positives sur l’évolution économique et sociale en RPD et en RPL

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
17’41 » – L’Ukraine menace de sombrer dans un véritable chaos financier
20’40 » – Un sénateur tchèque compare l’Ukraine à un trou noir
23’14 » – Kiev remplace le salut traditionnel de l’armée par celui des collaborateurs ukrainiens des Nazis

DIVERS
27’45 » – L’Allemagne soigne plus d’une centaine de soldats ukrainiens depuis 2014 y compris des néo-nazis

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
34’33 » – Le « martyr » Oleg Sentsov dans sa prison russe, toujours en vie et en forme après près de 80 jours de grève de la faim (highlander)

40’58 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

La Douma soumet un projet de loi pour simplifier l’accès à la citoyenneté de la fédération de Russie

Passeports russesLe 7 août 2018, la Douma a soumis un projet de loi qui propose de donner au président de la fédération de Russie le pouvoir d’établir des listes d’étrangers pouvant obtenir la citoyenneté russe de manière simplifiée.

« Cela permettra d’accorder la citoyenneté de la fédération de Russie d’une manière simplifiée aux compatriotes vivant dans des pays à la situation socio-politique et économique complexe, où il y a des conflits armés ou un changement de régime politique, » a déclaré le gouvernement russe.

Dans le même temps, le projet de loi prévoit la simplification de l’obtention de la citoyenneté pour les compatriotes vivant à l’étranger qui participent au programme gouvernemental de réinstallation volontaire en fédération de Russie.

Cette mesure s’applique seulement à ceux qui ont reçu un permis de résidence (temporaire ou non) et sera valable quelle que soit la région choisie comme lieu de résidence.

Cette exigence d’avoir obtenu un permis de séjour pour bénéficier de cette procédure simplifiée est justifiée dans le projet de loi par la nécessité « d’assurer la sécurité de la fédération de Russie et d’empêcher la propagation de maladies dangereuses sur son territoire ».

En effet, pour obtenir un permis de séjour, la personne doit fournir ses empreintes digitales (lutte contre le terrorisme oblige), passer un examen médical, dont le résultat doit confirmer qu’elle ne se drogue pas et qu’elle n’est pas porteuse de maladies infectieuses dangereuses, et produire un certificat attestant qu’elle n’est pas porteuse du VIH.

Comme on peut le voir, dans la continuité des ordres donnés par Vladimir Poutine pendant sa ligne directe du 7 juin 2018, la simplification de l’octroi de la citoyenneté russe progresse rapidement sur le plan législatif, et devrait permettre à de nombreux réfugiés du Donbass d’obtenir un passeport russe, sans pour autant le distribuer n’importe comment à n’importe qui.

La façon dont ce projet de loi est formulé, et les catégories de personnes concernées montrent que la fédération de Russie essaye de trouver le juste équilibre entre bons sentiments et pragmatisme, afin de ne pas mettre en danger la sécurité ou l’équilibre du pays, tout en intégrant ou réintégrant de manière convenable ceux qui veulent réellement s’intégrer en Russie.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

L’Allemagne soigne des soldats ukrainiens sans savoir s’ils ont servi dans l’armée régulière ou dans des bataillons néo-nazis

Régiment AzovDepuis 2014, l’Allemagne a déjà accueilli sur son sol pour traitement médical plus de 100 soldats ukrainiens, sans savoir s’ils font partie de l’armée régulière ou de bataillons ultra-nationalistes ou néo-nazis. Or certains de ces patients ont été filmés en train de faire des saluts nazis sur leurs brancards, pendant que d’autres arborent des t-shirts aux logos d’extrême-droite.

L’information révélée par RT Deutsch a de quoi provoquer un véritable scandale dans le pays qui fut le berceau du nazisme. Le lièvre a été levé par Alexander Neu du parti Die Linke (parti allemand de gauche), qui a obtenu du président du comité de la Défense, Wolfgang Hellmich, des réponses assez effrayantes à ses questions sur ce programme d’aide aux soldats ukrainiens.

Ainsi on apprend que pas moins de 112 soldats ukrainiens ont déjà bénéficié de ce programme d’aide depuis 2014, et ont été emmenés en Allemagne pour y être soignés.

Lorsque Neu demande combien de ces personnes venaient de bataillons néo-nazis ou paramilitaires, du régiment Azov, ou de l’armée régulière et combien venaient des armées de la République Populaire de Donetsk (RPD) et de la République Populaire de Lougansk (RPL), la réponse laisse pantois : « Le gouvernement fédéral n’a pas d’informations à ce sujet ».

Concernant le financement, la réponse vaut aussi son pesant d’or.

« Les frais de transport et de traitement de la première vague d’aide en 2014 ont été payés par le bureau des Affaires étrangères. Puis pour les vagues ultérieures d’aide au traitement des soldats ukrainiens, les frais de traitement et de transport ont été financées par la Section 14. »

La « Section 14 » fait référence à une partie du budget allemand de 2017 qui concerne les « obligations en lien avec l’appartenance à l’OTAN et à d’autres institutions internationales, ainsi que les mesures liées aux opérations internationales ».

En clair, le gouvernement allemand, finance donc sur son budget le transport et le traitement de soldats ukrainiens dont elle ne sait strictement rien, y compris des néo-nazis et des criminels de guerre. Le tout au titre de son appartenance à l’OTAN, alors que l’Ukraine n’en est même pas membre !

RT Deutsch avait alors demandé au ministère fédéral de la Défense, lors d’une conférence de presse en juillet 2018, quels étaient les critères appliqués pour sélectionner les blessés ukrainiens.

Frank Fähnrich a alors répondu que les soldats blessés étaient choisis uniquement sur base médicale, la priorité étant accordée à ceux nécessitant un traitement urgent.

Le problème c’est qu’une vidéo postée par Deutsche Welle sur leur page Facebook montre clairement (vers 0’49) un des soldats sur un brancard, saluer un autre « camarade » par un superbe salut nazi…

Soldat ukrainien faisant un salut nazi

Un autre soldat, filmé par la chaîne ukrainienne TSN, porte quant à lui un t-shirt d’une marque populaire chez les néo-nazis et les ultranationalistes, arborant une référence claire à la division SS Wiking (sic).

Soldat ukrainien avec t-shirt SS Wiking

Et pendant que les néo-nazis ukrainiens se font soigner en Allemagne aux frais du contribuable, cette générosité humanitaire ne s’étend pas aux civils du Donbass, comme l’a souligné Alexander Neu.

« Qu’est-ce qui motive cet effort, des raisons purement humanitaires ? Pourquoi le transport et l’hospitalisation sont-ils payés avec des fonds du ministère fédéral de la Défense depuis 2015 ?

Et puisque seuls les blessés ukrainiens venant de Kiev ont bénéficié ou bénéficient actuellement de manière évidente d’un traitement en Allemagne, le biais politique de ces mesures d’aide prétendument humanitaires devient évident concernant la sélection des personnes dans le besoin. Et que non seulement les soldats ukrainiens de l’armée régulière, mais aussi les membres des bataillons de volontaires nationalistes et fascistes associés à la mafia reçoivent des soins médicaux en Allemagne doit donc être considéré comme intentionnel de la part du ministère fédéral de la Défense sous le ministre von der Leyen, » a déclaré Alexander Neu.

Ce dernier a aussi souligné que même les civils qui ont été victimes des bombardements des centres-villes de Donetsk ou de Lougansk par les troupes ukrainiennes ne semblent pas être considérés comme dignes d’être traités en Allemagne. Du point de vue de Berlin, ils vivent « probablement du mauvais côté du front », a conclu Neu.

Il semble donc que Berlin préfère soigner les criminels de guerre et les soldats néo-nazis plutôt que leurs victimes innocentes. Voilà une conception fascinante de l’aide humanitaire à l’allemande…

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Kiev va remplacer le salut traditionnel de l’armée par le slogan des collaborateurs ukrainiens du régime Nazi

Armée ukrainienneAprès avoir changé les couleurs des bérets de certaines de ses troupes pour casser l’héritage soviétique, décerné le titre de héros de l’Ukraine et renommé des rues en l’honneur des collaborateurs du régime Nazi comme Bandera, voilà que les autorités ukrainiennes ont décidé de remplacer le salut traditionnel au sein de l’armée par le slogan de ces mêmes collaborateurs antisémites et russophobes.

Ce passage du salut militaire traditionnel hérité de l’URSS vers le slogan nationaliste ukrainien « Gloire à l’Ukraine ! Gloire aux héros ! » sera entendu publiquement pour la première fois le 24 août lors de la parade militaire qui aura lieu à Kiev à l’occasion de jour de l’indépendance du pays. Ce changement a lieu à la demande de Porochenko lui-même, qui a déposé un projet de loi en ce sens à la Rada !

Les troupes ont d’ailleurs déjà salué ainsi Stepan Polotorak, le ministre ukrainien de la Défense, lors des répétitions de la parade qui ont eu lieu mardi à l’aéroport de l’usine Antonov. Et ce malgré le fait qu’il semble qu’une partie des troupes ukrainiennes ne soit pas franchement d’accord pour adopter ce salut, certains soldats rappelant que les FAU ne sont pas l’UPA.

« À l’occasion du 27e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine et du 100e anniversaire de la renaissance de l’état, une parade militaire sera organisée – extrêmement forte et plus grande que les années précédentes. Y participeront 4 500 soldats et 250 pièces d’équipement, » a déclaré le ministre après la répétition.

Poltorak a aussi déclaré que cette année, pour la première fois, 24 unités des forces armées, du service des frontières, du SBU, de la Garde Nationale, de la police nationale, du ministère des Situations d’urgence, et d’autres départements des forces de l’ordre participeront à cette parade.

Les femmes cadets de l’institut militaire de Kiev Taras Chevchenko y feront aussi leur première apparition, et la participation de troupes venant de pays alliés est attendue.

Ces troupes étrangères savent-elles ce que signifie ce slogan et quel genre de personnes l’ont mis au point ? Ces soldats venant de pays « alliés » de l’Ukraine savent-ils qu’ils vont se retrouver associés à un salut adopté par l’OUN (Organisation des Nationalistes Ukrainiens) et l’UPA (Armée Insurrectionnelle Ukrainienne) en 1941, et que ces organisations ont massacré des centaines de milliers de Polonais, de Juifs, de Tziganes et de Russes pendant leur collaboration avec les Nazis ?

Mais à part ça la presse occidentale, et européenne en particulier nous jurera la main sur le cœur que les néo-nazis et autres ultranationalistes sont minoritaires et n’ont pas le pouvoir en Ukraine…

Ils en ont assez en tout cas pour faire renommer des rues, décerner le titre de héros national à un collaborateur reconnu comme Bandera, et maintenant pour convertir l’armée ukrainienne toute entière à un salut de collaborateurs du régime Nazi !!!

Pourquoi ne pas leur faire faire un Sieg Heil pendant la parade tant qu’on y est, cela ne dénotera pas avec les marches aux flambeaux habituelles des groupes ultra-nationalistes ukrainiens comme Secteur Droit ! Sauf que là c’est d’une armée officielle qu’on parle, l’armée d’un pays qui se trouve aux portes de l’UE, et que cette dernière finance et soutient depuis plus de quatre ans !

Voilà ce que l’UE soutient sans réserve : la renaissance du nazisme à ses portes et avec l’argent de ses contribuables par-dessus le marché !!! Il est temps que les peuples européens se réveillent !!! Et il est surtout temps que les autorités européennes cessent de jouer les hypocrites en prétendant combattre l’antisémitisme et le racisme chez eux tout en finançant et soutenant un pays (l’Ukraine) qui se nazifie publiquement depuis quatre ans !

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

L’armée ukrainienne intensifie ses bombardements contre la RPD et tire sur une ambulance – Bilan : trois morts et un blessé

TirsDurant les dernières 24 h, l’armée ukrainienne a intensifié ses bombardements contre les civils de la République Populaire de Donetsk (RPD), et a de nouveau violé toutes les conventions internationales en tirant sur une ambulance militaire qui partait porter secours à un civil sur la ligne de front.

Lors des six violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne lors des dernières 24 h, cette dernière a tiré 114 munitions, principalement contre les zones résidentielles de Golmovski, de la mine Gagarine (Gorlovka), de Staromikaïlovka, et de Naberejnoye. Au total, ces tirs ont endommagé 12 habitations situées dans ces localités et blessé un civil à Naberejnoye.

Un homme de 43 ans, résidant à Naberejnoye a reçu une balle à la hanche gauche. Évacué par les soldats de la RPD qui défendent la zone, il a été emmené à l’hôpital de Telmanovo pour y être soigné.

Un peu plus tard, dans la nuit, un autre habitant du même village appelle une ambulance, car il se sent mal et a des douleurs dans la zone du cœur. Vu l’heure tardive, et la proximité de la ligne de front, aucune ambulance civile ne peut se rendre sur place. Trop dangereux.

La mission est confiée à une équipe médicale de l’armée de la RPD. Un véhicule Oural clairement marqué comme étant une ambulance part alors avec un chauffeur et deux femmes membres du personnel médical pour porter secours au civil.

L’ambulance arrive vers le village avec ses gyrophares et ses phares allumés, afin de s’identifier clairement comme étant une ambulance et pas un véhicule militaire. Une mesure qui ne suffira pas à arrêter les soldats de la 93e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU).

Ces derniers tirent alors au missile antichar filoguidé sur l’ambulance, et tuent sur le coup le chauffeur et les deux membres du personnel médical qui se trouvaient à bord.

Pour rappel, ceci est un crime de guerre, et une violation complète de la convention de Genève, que l’Ukraine a pourtant signée. Cette convention interdit formellement de tirer sur les ambulances quelles soient civiles ou militaires !

Devant cette nouvelle atrocité, l’armée de la RPD a appelé les organisations internationales à se pencher sur les crimes de guerre de l’armée ukrainienne et la communauté internationale à revoir sa politique à l’égard du pays terroriste qu’est devenu l’Ukraine.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 4 août 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 4 août 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’10 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’06 » – Détails sur le bombardement qui a coûté la vie à deux soldats de la RPD à Sakhanka
04’26 » – Explication potentielle de la baisse des bombardements de la part de l’armée ukainienne
05’20 » – 11 000 officiers ont quitté l’armée ukrainienne depuis le début de l’année, en partie pour cause de paye trop basse
08’00 » – Un soldat des FAU passe du côté de la RPD et fait des révélations

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
10’11 » – La guerre du gaz se poursuit entre l’Ukraine et la Russie et Kiev risque de se retrouver dans le noir
19’10 » – Le Patriarche de Kiev veut exproprier l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou si elle obtient une église autocéphale
29’55 » – Un minibus transportant un parlementaire ukrainien a explosé dans la région de Dnipopetrovsk, le député est grièvement blessé

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
31’28 » – Tourtchynov veut poursuivre pénalement les importateurs de biens russes
33’21 » – L’armée ukrainienne plagie une vidéo de l’armée russe pour promouvoir ses troupes d’élite

38’52 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Le patriarche Philarète veut exproprier l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou s’il obtient une Église autocéphale

Philarète bénit Secteur DroitIl y a à peine 10 jours en arrière, je dénonçais les risques de guerre de religion en Ukraine si le patriarche œcuménique de Constantinople accordait à Porochenko une église orthodoxe autocéphale.

Suite à la traduction en russe et en grec de mon article, la machine de propagande ukrainienne s’est affolée, et a pondu plusieurs articles en russe et en anglais dénonçant mon article comme une fake news, et disant qu’il n’y avait pas d’agressions ni d’expropriation par la force des temples, chapelles et laures de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP) au profit de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP), sans parler des attaques ad-hominem délirantes sur ma personne.

Cet article publié par le journal La Croix en 2014 (qui peut difficilement être qualifié de journal pro-Poutine), dit pourtant le contraire de ce qu’affirment ces journaux ukrainiens.

Et une semaine à peine après cette levée de boucliers de la part des médias ukrainiens, voilà que leur propagande leur revient dans la figure, tel un boomerang, ou une tarte à la crème jetée négligemment en l’air, grâce au Patriarche de l’UOC-KP, Philarète, en personne.

Ce dernier a accordé une interview à la chaîne de télévision ukrainienne Priamiy (« Direct »), lors de laquelle ses propos ne laissent aucun doute sur ce qui va se passer si le Patriarche Bartholomée accède à la demande de Porochenko et de l’UOC-KP.

Voilà ce qu’il y déclare :

« Il n’y a pas de propriété du Patriarcat de Moscou en Ukraine. Les propriétés de l’Église en Ukraine sont celle de l’Église ukrainienne. Prenons par exemple la laure de Kiev-Petchersk, et la laure de Potchaïv, à qui appartiennent-elles ? C’est la propriété de l’État ukrainien, et l’État a transféré ses possessions pour l’usage de l’Église [orthodoxe] ukrainienne du Patriarcat de Moscou, mais lorsqu’il y aura une Église ukrainienne reconnue, les laures – la première, et la seconde – seront transférées à l’Église ukrainienne [autocéphale]. »

Il poursuit ensuite en disant que cela se justifierait par le fait que les églises appartiendraient aux paroissiens qui les ont construites avec leur argent et pas à la Russie.

Avant ses paroles sur l’expropriation future de l’UOC-MP, Philarète n’a pas caché que le but du Patriarcat de Kiev était de s’agrandir, ce qui implique de le faire aux dépens d’une autre Église, c’est-à-dire en clair aux dépens du Patriarcat de Moscou (qui dispose officiellement du plus grand nombre de paroissiens en Ukraine, estimé à 35 millions de fidèles, de quoi aiguiser les appétits de l’UOC-KP).

« Tout d’abord notre but est d’agrandir le Patriarcat de Kiev. Et le Seigneur lui-même nous aide en cela. Comment ? En provoquant la guerre [du Donbass]. Et cette guerre contribue à la croissance du Patriarcat de Kiev. Comment ? Les gens voit qui protège l’État ukrainien, la terre ukrainienne, le Patriarcat de Kiev ou celui de Moscou ? Kiev protège [l’Ukraine] et Moscou protège l’agresseur, » a-t-il déclaré.

Quel genre de Patriarche est-ce là, qui vante une guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de victimes (même si lui l’attribue à l’agression imaginaire de la Russie ce qui n’a rien d’étonnant vu les sympathies de ce Patriarche pour les néo-nazis ukrainiens) comme moyen pour son Église de s’agrandir aux dépens d’une autre ? Quel chef spirituel est-ce là ?

Ses propos tiennent de la pire bassesse politicienne, et dénotent un cynisme qui confine à l’immonde. Pour Philarète, les civils du Donbass sont juste bons à mourir pour qu’il puisse poursuivre son opération de propagande russophobe avec Porochenko et les néo-nazis ukrainiens et grappiller ainsi petit à petit des paroissiens aux dépens de l’UOC-MP.

Ses paroles ont été commentées par le chef du service de presse de l’UOC-MP, Vassili Anissimov.

« Philarète, excommunié par l’Église pour de nombreux crimes religieux, ne peut disposer que des propriétés qu’ils, les schismatiques, ont créées eux-mêmes – par exemple, un temple construit quelque part – et personne, de fait, ne le revendique, » a-t-il déclaré.

Anissimov a aussi souligné que pendant les répressions de l’époque soviétique, une part significative de la propriété de l’UOC-MP avait été saisie, et qu’elle n’avait pas encore été rendue. Mais l’UOC-KP n’existant pas à l’époque soviétique, aucune de ses propriétés n’avait été prise et aucun de leurs prêtres n’avait été arrêté.

Dans les années 1990, l’Ukraine avait reçu du Conseil de l’Europe l’obligation de procéder à la restitution des biens, ou de fournir une compensation. Mais l’Ukraine ne s’est jamais pliée à cette obligation.

« Chaque propriété a sa propre histoire, c’est un terme légal, et tout le monde sait que si votre maison a été saisie, et vous avez été abattu, alors cette maison doit être rendue à votre fils, mais pas à n’importe qui souhaitant la récupérer. Et vraiment qu’est-ce que l’autocéphalie vient faire ici ? » – a déclaré Anissimov.

Il a poursuivi en citant l’exemple des États baltes, de la Pologne, de la République Tchèque et de la Russie, où les autorités ont rendu et rendent encore à l’Église les propriétés saisies, souvent après rénovation. Pour autant, Anissimov a déclaré que l’UOC-MP n’abandonnerait même pas les propriétés en ruine, avant de conclure que « les déclarations de Philarète sont absolument absurdes et ridicules d’un point de vue légal ».

Je passerai sur les tentatives de Philarète de réécrire l’histoire étatique et religieuse de l’Ukraine et de la Russie, pour essayer de légitimer ses revendications, en tentant de faire croire que l’Ukraine existait avant la Russie, et que donc Kiev est plus légitime que Moscou.

Sauf que comme l’a rappelé le président des relations extérieures de l’UOC-MP, Hilarion, l’Ukraine n’existait pas en 988 quand le prince Vladimir a baptisé la Rus, et que cela fait 10 siècles que cet événement est considéré comme le baptême de la Rus et non comme le baptême de l’Ukraine.

Hilarion a d’ailleurs rappelé qu’appliquer les concepts modernes d’États dans cette histoire n’avait pas de sens, car de la Rus de l’époque descendent trois pays actuels : la Russie, l’Ukraine et la Biélorussie, et que cela se reflète dans le fait que ces trois nations sont unies par une seule et même Église orthodoxe russe.

Il a aussi fait part de ses inquiétudes sur la suite des événements alors que le Patriarche Bartholomée a indiqué le 27 juillet qu’il pourrait accorder une Église autocéphale à Kiev.

« Maintenant ils veulent [l’Église autocéphale] d’une manière tellement violente, en fait, via l’élimination de l’Église canonique, qui est l’Église de la majorité, d’usurper ses propriétés, ses monastères et ses prêtres, » a-t-il conclu.

Mais à part ça d’après la presse ukrainienne il n’y a pas de risque de guerre de religion en Ukraine… La prochaine fois que ces médias voudront dénoncer des « fakes news », qu’ils s’assurent que personne dans leurs propres rangs ne viendra contredire leurs affirmations péremptoires, cela leur évitera de passer pour des idiots et de se noyer dans le ridicule.

Il est surtout temps que le Patriarche Bartholomée cesse de vouloir faire plaisir à Kiev en dépit du bon sens, et au risque de provoquer des affrontements violents entre les partisans de l’UOC-KP et ceux de l’UOC-MP. Il y a déjà bien assez de sang versé en Ukraine depuis le Maïdan, il n’est nul besoin d’en rajouter pour des histoires qui tiennent bien plus de la politique de bas étage que de religion et de spiritualité.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Sur fond de guerre entre Naftogaz et Gazprom, les dettes de gaz s’accumulent en Ukraine et risquent de plonger Kiev dans le noir

Caricature de Viatli PodvitskiDepuis plusieurs années, Naftogaz (compagnie ukrainienne) et Gazprom (compagnie russe) sont en guerre juridique et financière pour cause de contrats non remplis et de factures impayées. Les procédures et décisions de justice se multiplient sans fin.

La Cour d’arbitrage de Stockholm, qui juge ces litiges commerciaux, a rendu à quelques mois d’intervalle en 2017 deux jugements contradictoires sur deux dossiers différents (l’un en faveur de Gazprom, et l’autre en faveur de Naftogaz), en refusant d’appliquer lors du second procès les arguments qui ont pourtant été retenus pour alléger la condamnation de Naftogaz quelques mois auparavant.

Suite à ce jugement en défaveur de Gazprom, qui l’obligeait à payer 2,6 milliards de dollars à Naftogaz, cette dernière s’était précipitée pour faire saisir les avoir de Gazprom (en Europe surtout) et obtenir ainsi son dû.

Sauf que Gazprom a interjeté appel de ces saisies en faisant valoir que le jugement de la Cour d’arbitrage de Stockholm n’était pas valable pour les raisons annoncées ci-dessus (le deux poids deux mesures n’étant pas acceptable en matière de justice), et la compagnie russe a gagné cet appel, suspendant ainsi une partie des saisies.

Refusant la défaite, Naftogaz a annoncé hier, 1er août, qu’elle allait continuer la bataille judiciaire pour récupérer ces 2,6 milliards de dollars, et espère y arriver d’ici septembre.

Devant cet acharnement et cette volonté de faire au plus vite, on peut se demander pourquoi Naftogaz met tant d’empressement pour récupérer ces fonds.

La réponse tient une phrase : en Ukraine la majorité de ses clients n’arrivent plus à payer, résultat la compagnie est dans une situation financière critique (sans parler du fait qu’en 2019 Naftogaz perdra près de 3 milliards de dollars par an à cause de la perte du contrat de transit de gaz conclu auparavant avec Gazprom).

La conséquence immédiate c’est la fermeture du robinet de gaz. Naftogaz a ainsi coupé l’approvisionnement en gaz de deux stations thermiques qui fournissent eau chaude et électricité à la capitale ukrainienne à cause du refus de la nouvelle compagnie qui les détient de payer les dettes (1,2 milliards de hryvnias soit environ 38,1 millions d’euros) du propriétaire précédent.

Près de 3 200 bâtiments de Kiev se retrouvent ainsi sans eau chaude, dont 39 institutions médicales, 164 maternelles, 670 bureaux et 2 150 habitations.

Mais là où la situation est la plus critique c’est pour l’approvisionnement en électricité. Car les deux stations thermiques concernées (les stations 5 et 6), fournissent à elles seules 1 200 MW sur les 1 450 MW que consomme Kiev. Sans ces deux stations, l’approvisionnement électrique de la capitale sera divisé par presque six !

Résultat les hôpitaux ont reçu pour consigne de préparer une source autonome de production électrique au cas où. La station 5 a déjà été fermée et la station 6 était menacée d’être fermée cette nuit.

Devant la situation hautement critique, le gouvernement ukrainien s’est joint à la ville de Kiev pour mener des négociations avec Naftogaz afin d’empêcher la fermeture totale des deux stations thermiques. Une solution temporaire semble avoir été trouvée sous la forme d’une réduction du prix du gaz, mais le problème de fond demeure et un accord durable doit être trouvé, faute de quoi cela ne reviendra qu’à décaler de quelques mois le problème.

Car la difficulté est, que la compagnie qui gère ces stations thermiques n’arrive pas à se faire payer de ses clients finaux : les habitants.

D’après Alexandre Okhrimenko, président du Centre Ukrainien d’Analyses, la dette publique concernant les charges communales en Ukraine a atteint la somme colossale de 36,8 milliards de hryvnias (soit environ 1,17 milliards d’euros), et continue d’enfler. Les tarifs ont tellement augmenté depuis le Maïdan, sous la pression du FMI, que plus des deux tiers des Ukrainiens n’arrivent pas à payer leurs factures, ou n’arrivent à payer que la moitié du montant demandé !

Et l’État ukrainien ne pourra pas subventionner ce secteur pour empêcher coupures d’électricité et de chauffage cet hiver, car Kiev est obligé de sortir annuellement 10 milliards de hryvnias (soit environ 318,2 millions d’euros) rien que pour payer ses crédits contractés à l’étranger (dont la moitié pour le FMI), soit presque un quart du budget d’État !

Si Kiev ne paye pas le FMI c’est la faillite, et pour obtenir un autre prêt de l’institution, il lui faut augmenter encore les tarifs du gaz de plus de 60 % ! Ce qui ne va faire qu’aggraver le problème d’impayés et signerait le suicide politique de Porochenko. Tant que ce problème d’impayés n’est pas résolu, le risque de coupures massives d’eau chaude et d’électricité continuera d’exister, telle une épée de Damoclès menaçant à tout moment de tomber sur Kiev.

Voilà à quelle situation chaotique et catastrophique a mené la russophobie maladive de ceux qui ont été portés au pouvoir par le coup d’État du Maïdan. L’Ukraine poursuit de mois en mois sa somalisation, et il est à craindre que l’hiver prochain sera des plus difficiles pour ses habitants.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Deux soldats de la RPD morts et deux blessés à Sakhanka suite à un tir de mortier de l’armée ukrainienne

AmbulanceAlors que les soldats de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD) procédaient à une action humanitaire dans la zone résidentielle du village de Sakhanka, l’armée ukrainienne a ouvert le feu avec des mortiers.

Sans armes et sans les protections qu’ils portent lorsqu’ils sont sur positions (gilet pare-balles et casques), les soldats de la RPD ont été durement touchés. Ce tir a fait deux morts et deux blessés.

L’information a été communiquée hier, 31 juillet, par le chef du service de presse du commandement opérationnel de la RPD, Daniil Bezsonov.

« Suite à un tir de mortier contre le village de Sakhanka, deux de nos défenseurs ont été tués et deux ont été blessés, » a-t-il déclaré.

Ce tir de mortier a été corrigé à l’aide d’un drone de fabrication étrangère qui surveillait le village depuis un emplacement situé en dehors de la zone d’opération des systèmes de défense antiaériens de la RPD.

« Nous exhortons la communauté et les organisations internationales à ne pas laisser impuni le massacre des civils du Donbass, ainsi que des soldats de notre République lorsqu’ils accomplissent des tâches pacifiques, » a ajouté le représentant du commandement opérationnel.

Durant les dernières 24 h, le nombre de violations et de tirs de la part de l’armée ukrainienne ont brutalement diminué. D’après Daniil Bezsonov, il se peut que cela soit dû à la visite d’une commission d’enquête des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) dans les unités présentes sur la ligne de front.

« Nous n’excluons pas que la réduction du nombre de tirs soit liée à l’arrivée de commissions venant du commandement opérationnel Vostok (Ukraine) dans les unités militaires des FAU qui sont sur la ligne de front, pour vérifier la préparation du personnel, son état moral et psychologique, ainsi que pour vérifier le nombre et la sécurité du stockage des munitions », a déclaré Bezsonov.

Une baisse des violations en demi-teinte puisque l’armée ukrainienne a tiré cinq obus de mortier de 82 mm ce matin sur le village de Spartak, avant de tirer 29 grenades sur le village de Dolomitnoye, heureusement sans faire de victimes.

Alors que les moissons sont en cours, on ne peut que constate une fois encore, l’échec de la trêve censée permettre leur déroulement dans de bonnes conditions.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 28 juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 28 juillet 2018 :

SITUATION MILITAIRE
00’57 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’47 » – L’armée ukrainienne obligée d’aller faire un exercice de rattrapage en Géorgie après sa prestation désastreuse lors de Sea Breeze 2018
03’56 » – Un drone américain et un avion de reconnaissance britannique détectés près de la Crimée et du Donbass
05’20 » – Visite de représentants de l’ONU près de la ligne de front côté ukrainien en vue de préparer la venue de casques bleus

SITUATION POLITIQUE – ACCORDS DE MINSK – CASQUES BLEUS
07’06 » – La question du référendum dans le Donbass abordée pendant la réunion au Format Normandie
14’47 » – Un député de la Douma veut octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
17’47 » – Risques croissants de guerre de religion en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
24’27 » – La propagande ukrainienne affuble Christelle d’une fonction et d’une promotion imaginaire

35’47 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

La possibilité d’un référendum dans le Donbass discutée lors de la dernière réunion au Format Normandie

Référendum DonbassSuite à la fuite dans la presse de la supposée proposition faite par Vladimir Poutine à Donald Trump, d’organiser un référendum dans le Donbass pour résoudre le conflit, les réponses officielles allaient du déni côté russe, au rejet pur et simple côté américain.

« Pour être claire : l’Administration n’envisage pas de soutenir un référendum dans l’Est de l’Ukraine – Un « référendum » n’aurait aucune légitimité. Nous continuons à soutenir les accords de Minsk pour résoudre le conflit dans le Donbass, » a déclaré Heather Nauert, du département d’État américain, sur Twitter.

Tweet Nauert

Un rejet des plus « comiques », car en sous-entendant qu’un tel référendum n’aurait aucune légitimité, les États-Unis viennent de plomber celle du référendum organisé au Kosovo pour légitimer l’indépendance de la région il y a quelques années en arrière.

L’autre point des plus « amusants » de cette réponse était bien sûr la phrase de soutien indéfectible aux accords de Minsk, alors que les États-Unis jettent constamment de l’huile sur le feu en fournissant argent et armes à l’Ukraine, et en cautionnant les violations du cessez-le-feu par Kiev, comme l’a fait récemment Kurt Volker.

La Russie n’a pas raté cette sortie d’Heather Nauert, et y a répondu avec l’ironie qu’on lui connaît, par la voix de Dmitry Polyanskiy, premier vice-représentant permanent de la Russie à l’ONU.

« C’est bon d’entendre ça ! Espérons que vous serez en mesure de faire en sorte que l’Ukraine applique enfin les accords de Minsk. Ce qui implique un dialogue avec le Donbass et l’arrêt des bombardements des zones résidentielles civiles. C’est beaucoup plus efficace que de chercher obstinément une agression russe imaginaire, » a ainsi rétorqué le représentant russe.

Tweet Polyanskiy

Décidément, comme avec leur fameuse déclaration de Crimée (qui peut là aussi être retournée contre Washington, puisqu’il y est dit qu’un État démocratique ne peut changer les frontières d’un autre État par la force, or c’est ce qu’ont fait les États-Unis dans le cas de la Serbie et du Kosovo), Washington ferait mieux de se taire plutôt que de continuer de s’enfoncer un peu plus à chaque sortie haineuse.

Quoi qu’il en soit, ce qui était encore il y a quelques jours en arrière une supposition (cette proposition d’organiser un référendum), s’est confirmé suite à la réunion au Format Normandie qui a eu lieu à Berlin.

Hier, 26 juillet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine a confirmé que la question de l’organisation d’un référendum dans le Donbass avait été discutée lors de la réunion.

« La question du référendum a été abordée, mais n’a pas été discutée en détail. Nous avons expliqué que le manque de progrès fait que tout le monde, y compris nous, pense à de nouvelles formules et de nouvelles approches, dans ce contexte il n’y a pas d’approches interdites, » a déclaré le diplomate.

« Nous ne sommes pas entrés dans les détails aujourd’hui. L’échange d’idées se poursuit », a ajouté Karassine.

Cette nécessité de trouver de nouvelles approches pour sortir du conflit vient du fait que Kiev n’est toujours pas prêt à mettre en œuvre la moindre mesure positive visant à appliquer les accords de Minsk. Selon Karassine, lors de la réunion, les différentes parties « ont fait état de l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des accords de Minsk ».

Le diplomate a déclaré qu’en dépit de la soi-disant trêve des moissons, les autorités ukrainiennes ne sont pas pressées de retirer leurs forces armées dans les zones pilotes de retrait. Il a noté que l’Ukraine refuse d’entériner « l’accord précédemment conclu sur la formule Steinmeier [ancien ministre des affaires étrangères et actuel président allemand], qui concerne le règlement de l’après-crise dans le Donbass ».

« Il semble que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes ou ne veulent pas faire même de petits pas positifs envers la population du Donbass. Elles s’appuient sur le fait qu’il sera possible de résoudre tous les problèmes via les organisations internationales [c’est-à-dire en fait les casques bleus]. Nous pensons que ce n’est pas la bonne approche, » a conclu Karassine.

De son côté Vladimir Poutine refuse toujours de commenter en détail cette proposition de référendum.

« Je ne ferai pas de commentaires pour l’instant, c’est une question très délicate et sensible, qui doit être examinée et développée plus avant », a-t-il déclaré aux journalistes lors de la conférence de presse sur les résultats du sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud.

Il faut dire que le président de la fédération de Russie sait qu’il sera très difficile de faire passer cette proposition pourtant frappée au coin du bon sens. Car, contrairement à ce qu’affirme madame Nauert, quoi de plus légitime et démocratique que de demander aux principaux concernés (c’est-à-dire les habitants du Donbass) ce qu’ils veulent, et dans quel pays ils veulent vivre ?

Et que l’on ne vienne pas me parler de pressions sur les électeurs ou de référendum non-libre. Il n’y a pas plus d’occupant russe en République Populaire de Donetsk (RPD) ou de Lougansk (RPL) qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbre à spaghettis.

De plus l’OSCE qui est sur place sera parfaitement à même de jouer les observateurs lors de ce référendum, pour garantir sa validité (si l’organisation ne se défile pas sous des prétextes fallacieux comme lors du référendum de Crimée ou les primaires organisées en RPD et RPL en octobre 2016).

Si les pays occidentaux et leurs organisations comme l’OSCE arrêtaient de vivre dans une réalité alternative peuplée d’invasions russes imaginaires et se décidaient tous à appliquer des règles de realpolitik, le conflit du Donbass pourrait être réglé en moins de quelques mois.

S’il refuse cette solution pacifique, démocratique et légitime, l’Occident portera avec l’Ukraine toute la responsabilité, et devra répondre des morts et des souffrances supplémentaires qu’entraînera la reprise inévitable du conflit si aucune solution politique n’est trouvée.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Sergueï Chargounov, député de la Douma, insiste sur la nécessité d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass

Passeports russesCela fait deux ans, que Sergueï Chargounov, député de la Douma (parlement russe), propose régulièrement d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass. En novembre 2016, il avait même soumis une proposition de loi en ce sens à la Douma.

Jusqu’ici ses efforts n’ont pas été couronnés de succès. Il faut dire qu’une telle décision déchaînerait l’hystérie occidentale et ukrainienne contre la Russie. Cette dernière serait accusée d’officialiser ainsi son occupation du Donbass (occupation imaginaire vu qu’elle n’existe que dans la tête de ceux qui profèrent cette ânerie).

Autant dire que, pour ne pas jeter d’huile sur le feu, Moscou temporise ce genre d’initiatives, tout en essayant de simplifier les démarches administratives pour les réfugiés venant du Donbass.

Loin de se démonter, Sergueï Chargounov insiste, persiste et signe. Ainsi, alors qu’il était sur le plateau de la radio « Moscou parle », il a de nouveau fait une déclaration choc en ce sens.

« Les gens qui viennent du Donbass, ou ceux qui vivent dans le Donbass, ont le droit d’avoir des passeports russes. Je pense qu’ils devraient obtenir un permis de travail sans discussion lorsqu’ils trouvent un emploi. Des successions de lenteurs bureaucratiques, lorsque vous ne pouvez pas obtenir ne serait-ce qu’un permis de résidence, un permis de résidence temporaire, vous devez venir et faire la queue – c’est une honte et une disgrâce », a-t-il déclaré.

Ce en quoi sa position diffère de celle choisie par Moscou sur la simplification de l’octroi de la nationalité russe, c’est que sa proposition concerne aussi ceux qui résident toujours dans le Donbass, et pas seulement les réfugiés venus en Russie.

De quoi donner quelques sueurs froides aux autorités de Kiev qui craignent que Moscou transforme de facto le Donbass en territoire où résident des citoyens russes. Une option à laquelle se refusera la Russie tant que les accords de Minsk sont toujours considérés officiellement comme valables.

Mais si les Russes ont une incroyable patience, celle-ci n’est pas infinie. Et à force de ne pas vouloir appliquer les accords de Minsk, Kiev pourrait bien se réveiller un matin avec une mauvaise surprise.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

La volonté de Porochenko d’obtenir une Église orthodoxe autocéphale risque de provoquer une guerre de religion en Ukraine

Guerre de religion orthodoxeDepuis le Maïdan, l’Ukraine se divise sur ses lignes de fractures historiques, le plus souvent ethniques et linguistiques. Mais il en est une autre souvent négligée : la ligne de fracture religieuse.

Depuis le Maïdan, l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, église schismatique créée en 1992 et non reconnue par les autres églises orthodoxes) essaye de plus en plus de récupérer fidèles et temples de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP, qui est reconnue par les autres églises orthodoxes).

Des incidents et agressions physiques ont régulièrement lieu contre les fidèles et les lieux de cultes de l’UOC-MP (23 églises de l’UOC-MP ont été vandalisées en 2017, et 2018 va sûrement battre un record), et les appels à saisir par la force les églises ou à tirer sur les prêtres (parce qu’ils seraient soi-disant des agents du Kremlin) se multiplient.

Dans ce contexte, l’insistance du président ukrainien, Petro Porochenko, auprès du Patriarche de Constantinople pour obtenir une église orthodoxe autocéphale officielle a de quoi inquiéter au plus haut point. Car des analystes politiques aux officiels de la RPD tous sont d’accord sur l’issue d’une telle décision : une guerre de religion généralisée en Ukraine.

Pourquoi cela devrait-il forcément déboucher sur une conséquence aussi tragique ? Tout simplement parce qu’il a déjà été déclaré en Ukraine, que dès l’obtention de cette église autocéphale officielle, cette dernière s’appropriera tous les lieux de culte appartenant actuellement à l’UOC-MP.

C’est ce qu’a rappelé le politologue Rosticlav Ichtchenko dans un article sur la façon dont Porochenko pourrait provoquer une escalade de la situation en Ukraine pour faire annuler les élections et garder ainsi sa tête.

« Porochenko n’a pas perdu l’espoir de recevoir l’autocéphalie – mais il n’est pas clair pour qui – des mains du patriarcat de Constantinople. Cela fera immédiatement exploser la situation religieuse dans le pays, puisqu’il a déjà été déclaré qu’immédiatement après l’obtention de l’autocéphalie, les schismatiques qui seraient ainsi légalisés commenceront à exproprier pas seulement certains temples de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, mais tous ses monastères – y compris les lavras, les temples, les paroisses et les communautés. Comme il n’y a aucune garantie que Fener [le Patriarcat de Constantinople] se risquera à attirer la colère de Moscou dans les conditions actuelles, Porochenko prépare une option de rechange – déclarer la création de l’église locale ukrainienne par le biais d’un acte d’État (avec les mêmes conséquences) », a ainsi écrit Ichtchenko

Il semble que le risque de la création d’une église autocéphale par acte d’État soit assez important pour inquiéter les autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD), qui se sont exprimées à ce sujet aujourd’hui.

Le premier à s’exprimer fut le chef de l’État, Alexandre Zakhartchenko, qui a déclaré sans ménagement ce matin, que la création d’une Église autocéphale en Ukraine mènerait à une guerre de religion.

« Maintenant, les autorités de Kiev essaient de créer une nouvelle Église locale et pour cela, elles demandent l’autorisation du Patriarche œcuménique. Je suis extrêmement opposé à cette situation, car la création d’une nouvelle église orthodoxe locale conduira à une guerre de religion », a déclaré Alexandre Zakhartchenko.
Il a ajouté que si cela se produit, Petro Porochenko aura alors sur la conscience un terrible bain de sang.

« Je veux demander au Patriarche Bartholomée de Constantinople de ne pas permettre que des guerres de sang et de religion soient déclenchées, de ne pas permettre à l’Ukraine et aux diplomates américains de s’ingérer dans les affaires religieuses », a ajouté le chef de l’État.

Il a été rejoint dans ses déclarations par le président et pore-parole du Conseil Populaire (parlement) de la RPD, Denis Pouchiline, qui a déclaré que le désir de Porochenko pour une Église autocéphale démontrait que Kiev voulait l’effondrement total du pays.

« Porochenko, promettant aux citoyens la soi-disant Église orthodoxe locale unifiée ukrainienne, prônant la séparation du Patriarcat de Moscou, cédant ainsi au nationalisme ukrainien, conduit consciemment et de façon constante à l’incitation au conflit dans le pays pour des motifs religieux. En particulier, les actions cyniques de division des autorités ukrainiennes ont lieu à la veille du 1030e anniversaire du baptême de la Rus. Au lieu de l’unité spirituelle des Slaves, Kiev démontre le renforcement de la politique d’effondrement du pays », a déclaré Denis Pouchiline.

Pour lui, le but est de semer la division et la discorde entre les croyants orthodoxes du pays, d’aggraver la situation interne du pays et de rompre encore plus les relations avec la Russie. Denis Pouchiline a appelé les croyants à ne pas se laisser piéger et à résister à ces tentatives de schisme.

Des craintes justifiées au vu de l’actualité. En effet, alors que se prépare le 1030e anniversaire du baptême de la Rus (qui deviendra plus tard la Russie), les services secrets ukrainiens font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher l’organisation d’une procession de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou qui doit avoir lieu à Kiev le 27 juillet.

Pour cela, ils tentent d’empêcher les fidèles d’accéder à la capitale en faisant pression sur les compagnies de bus pour qu’elles refusent d’emmener les membres de l’UOC-MP dans le centre de Kiev ce jour-là.

Toute tentative par le diocèse de louer des bus ou même des mini-bus se heurte à un refus. Les interlocuteurs justifient ce dernier par le fait de ne pas vouloir avoir des ennuis avec les services secrets. La situation est identique dans d’autres grandes villes comme Rovno, Kherson, Tcherkassy et Soumy.

Censure, pressions, menaces, agressions, expropriations de force, voilà les méthodes employées par cette Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ! Des méthodes qui en disent long sur le message véhiculé par cette Église dont le Patriarche a béni à plusieurs reprises des criminels de guerre et des néo-nazis ukrainiens.

Il est temps que le Patriarcat de Constantinople s’exprime clairement et dénonce cette Église schismatique dont les méthodes sont une honte et l’antithèse de ce qu’est l’orthodoxie.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 21 juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 21 juillet 2018 :

00’41 » – Réponses aux questions des auditeurs

SITUATION MILITAIRE
20’41 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
22’09 » – Le commandement des FAU mène une inspection complète des unités à la recherche d’armes manquantes

SITUATION POLITIQUE
23’39 » – Poutine aurait proposé à Trump d’organiser un référendum dans le Donbass pour résoudre le conflit

RPD
34’05 » – Cérémonie commémorative pour les quatre ans de la catastrophe du vol MH17

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
41’09 » – Un journaliste ukrainien appelle à lancer une guerre contre la Russie pour renforcer l’Ukraine

46’01 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Poutine aurait proposé à Trump d’organiser un référendum pour résoudre le conflit dans le Donbass

Trump - PoutineLors de la rencontre qui a eu lieu à Helsinki le 16 juillet entre Donald Trump et Vladimir Poutine, et dont une partie s’est tenue à huis clos, il semble que le président de la fédération de Russie ait fait à son homologue américain une proposition de nouveau plan de sortie de crise concernant l’Ukraine.

Comme l’ont souligné certains, les sujets les plus importants abordés par les deux présidents ne sont pas ceux sur lesquels ont porté le plus gros de la conférence de presse qui a suivi la rencontre. Et concernant l’Ukraine, seul Vladimir Poutine a glissé quelques mots, ce qui fait dire à certains analystes qu’ils ont en réalité sérieusement discuté du sujet.

Les informations publiées suite à cette rencontre semblaient indiquer qu’une nouvelle approche serait envisagée par les deux présidents. Une nouvelle approche qui devrait être étudiée par des experts.

Or, une grosse semaine avant ce sommet, Patrick Armstrong, un ex-analyste du département canadien de la défense nationale, spécialisé dans l’URSS et la Russie a sorti un article sur la façon dont il serait possible de résoudre le problème ukrainien.


Voici la traduction en français de sa proposition :

– Organiser un référendum sur l’ensemble du territoire de l’ancienne République Socialiste Soviétique (RSS) ukrainienne (oui, cela inclut la Crimée – nous essayons de parvenir à un règlement avec lequel tout le monde est d’accord et il n’y a aucun doute sur le résultat).
– Ce référendum doit être surveillé par des pays qui n’ont pas de chien dans le combat : disons la Chine, l’Inde et l’Amérique du Sud. Demandez à l’ONU de valider les résultats à l’avance.
– Question pour la première série :
– Voulez-vous faire partie de la Russie ?
– Voulez-vous faire partie de l’Ukraine ?
– Voulez-vous être indépendant ?
– Réaménager les frontières pour tenir compte autant que possible des résultats des votes.
– Une aide financière généreuse pour ceux qui veulent passer d’un pays à un autre. Payée par les États-Unis et l’UE qui, après tout, ont fait sauter l’ancienne Ukraine.
– Dans cinq ans, alors que la situation du reste de l’Ukraine s’aggrave, répétez le référendum avec une question supplémentaire :
– Voulez-vous faire partie d’un pays voisin ? Si oui, lequel ?
– Répétez encore dans cinq ans et répétez jusqu’à ce que tout le monde soit là où il veut être.
– Assurez-vous que vous avez des contrôles frontaliers serrés autour de l’Ukraine croupion pour garder les nazis à l’intérieur.

Quelles sont les chances que cela se produise ? Eh bien, étant donné que Trump est un phénomène nouveau, on ne peut pas dire qu’il est absolument nul.

Que se passe-t-il si cela n’est pas fait ? La même chose en fin de compte, mais après beaucoup plus de souffrance et beaucoup plus de temps.

S’agit-il d’un précédent ? Oui, qu’y a-t-il de mal à cela ?


Il semble que monsieur Armstrong et sa proposition ont été entendus, ou que les grands esprits se rencontrent, car l’information que vient de publier Bloomberg ressemble en tout cas à une partie du plan de l’analyste canadien.

D’après les informations publiées par Bloomberg (informations confirmées par mes sources en Russie), Poutine aurait proposé à Trump d’organiser un nouveau référendum, sous contrôle des instances internationales, dans le Donbass pour résoudre le conflit actuel.

D’après Anatoli Antonov (ambassadeur russe à Washington), Poutine et Trump auraient discuté de propositions concrètes pour résoudre le conflit du Donbass. Mais l’ambassadeur refuse de confirmer publiquement les informations sur le fait que ce plan serait un référendum.

Il faut dire que devant l’enlisement (pour ne pas dire l’enterrement) des accords de Minsk par Kiev, il ne reste qu’à essayer de trouver de nouvelles solutions pacifiques pour sortir par le haut de cette crise qui, sans cela, débouchera sur une reprise, tôt ou tard, du conflit.

D’après les sources de Bloomberg au sein des diplomates russes ayant assisté à la conférence lors de laquelle Vladimir Poutine aurait exposé ce plan, Trump aurait demandé au président russe de ne pas parler publiquement de ce plan pour lui laisser le temps de travailler dessus. Ce qui serait assez logique.

Quand on voit la levée de boucliers et les accusations de trahison qui ont fusé contre Donald Trump juste après sa rencontre avec Vladimir Poutine, on comprend bien que la tâche ne sera pas aisée. Le président américain doit ni plus ni moins qu’affronter l’état profond, et une bonne partie de son propre gouvernement. Sans parler de l’UE qui va s’arc-bouter sur les accords de Minsk malgré leur échec, et risque de refuser de cautionner ce plan.

Pour l’instant, le Kremlin n’a pas confirmé ces informations, mais Dmitry Peskov, sans rentrer dans les détails, a confirmé qu’il y a bien de nouvelles idées sur la table concernant le Donbass :

« De nouvelles idées ont été discutées. On va travailler dessus, » a-t-il brièvement commenté face aux questions demandant des détails sur ce nouveau plan pour l’Ukraine.

La peur de l’Ukraine, de l’UE, et de l’état profond américain se comprend. Ils savent, comme toute personne dotée de deux onces de jugeote, que le résultat sera le même qu’en Crimée, et confirmera le référendum de 2014 par lequel 89,07 % des votants de la région de Donetsk et 96,2 % de ceux de la région de Lougansk avaient exprimé leur choix de quitter l’Ukraine.

Si un tel référendum était organisé sous les auspices de l’ONU, et validé, la guerre n’aura plus aucune raison d’être, et le gouvernement de Kiev s’effondrera comme un château de cartes. Les commanditaires du coup d’État de 2014 verraient alors tous leurs efforts et leurs investissements en Ukraine partir en fumée.

Autant dire qu’ils vont tout faire pour mettre des bâtons dans les roues de Trump pour l’empêcher d’organiser un tel référendum. Le salut viendra peut-être des élections de mi-mandat qui doivent avoir lieu aux États-Unis au mois de novembre. Si ces dernières sont remportées par Trump, alors cela lui permettra d’asseoir son pouvoir et de gagner un peu de marge de manœuvre.

De toute façon, comme l’a dit Patrick Armstrong avec justesse, si cela n’est pas fait rapidement, cela devra être fait après plus de souffrances, de morts et de temps perdu. Sans parler de l’argent injecté à perte dans une Ukraine qui coule de plus en plus chaque jour.

Chaque jour que les gouvernements occidentaux passent à continuer sur la trajectoire actuelle ne fait qu’ajouter plus de morts, de blessés, de destructions, et de souffrances, sans que cela ne change le résultat final. La réalité sans fard est que le Maïdan a été le coup final porté à l’Ukraine après 23 ans de naufrage au ralenti. Le Titanic ukrainien s’est finalement disloqué sous le poids de ses tensions internes, et il va inévitablement et irrémédiablement sombrer.

La question n’est plus de savoir si on peut sauver le soldat « Ukraine », mais comment on peut limiter la casse lors du naufrage, et éviter autant que faire se peut d’avoir une Somalie néo-nazie en pleine guerre civile généralisée aux portes de l’Europe.

Il est temps pour les gouvernements occidentaux de se mettre à la realpolitik, d’avoir une approche pragmatique et intelligente des problématiques, et d’arrêter de prendre leurs fantasmes pour la réalité. Le monde et la paix (qui sont d’ailleurs le même mot en russe- мир) se porteront mieux lorsque ce sera le cas.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

MH17 – Cérémonie commémorative en l’honneur des victimes quatre ans après la catastrophe

MH17 - Cérémonie commémorativeLe 17 juillet 2018 a eu lieu à Grabovo, comme chaque année depuis la catastrophe, une cérémonie commémorative en l’honneur des victimes du crash du vol MH17. L’avion qui reliait Amsterdam à Kuala Lumpur a été abattu le 17 juillet 2014 dans le ciel du Donbass, alors que des combats acharnés avaient lieu au sol entre l’armée ukrainienne et les milices populaires.

Lors de cette cérémonie, des habitants de la République Populaire de Donetsk (RPD) ont tenu des photos des victimes, et déposé des fleurs, des bougies et des peluches à l’endroit où la majorité des débris de l’avion et des corps des victimes sont tombés.

Quatre ans après cette catastrophe, le sentiment parmi les habitants de la RPD envers l’enquête officielle est l’incompréhension et un énorme sentiment d’injustice. La tentative par Kiev de faire porter le chapeau à la RPD et à la Russie a du mal à passer parmi ceux qui ont assisté à la catastrophe, et aidé de leur mieux à récolter les débris et les restes humains afin qu’un maximum de preuves soient en possession de l’équipe d’enquête.

Les rapports officiels du DSB (Dutch Safety board) et du JIT (Joint Investigation Team, l’équipe d’enquête conjointe) sont remplis d’incohérences, de preuves plus que douteuses (comme les écoutes téléphoniques fournies par le SBU – les mêmes qui ont simulé la mort de Babtchenko à Kiev cette année – ou les photos et vidéos publiées sur les réseaux sociaux) et leurs conclusions manquent de la logique la plus élémentaire.

D’ailleurs, lors du dernier « rebondissement » en date, à savoir la divulgation d’une pièce de missile BUK (dont le numéro de série indique de manière quasiment certaine qu’il s’agit d’un BUK ukrainien, car trop vieux pour être encore utilisé par l’armée russe), le JIT a lancé encore une fois un appel à témoins (mais seulement ceux allant dans son sens) pour confirmer ses conclusions. Si le JIT avait des preuves solides il n’aurait pas constamment besoin de chercher ce qui semble ne pas exister, à savoir des gens qui auraient vu ce qu’ils racontent dans leurs rapports.

Par contre, tous les témoins ayant vu des choses qui invalident la thèse du JIT, comme les nombreux habitants ayant témoigné devant caméra de la présence d’avions de combat ukrainiens dans le ciel ce jour-là, où ayant confirmé n’avoir vu aucune traînée de BUK depuis la zone de lancement désignée par le JIT, sont purement et simplement ignorés.

Tout comme les éléments de preuves apportés par la Russie et le fabricant des missiles BUK, Almaz-Anteï.

Sans parler de la présence dans l’équipe d’enquête criminelle (le JIT) de l’un des suspects potentiels : l’Ukraine (qui a d’ailleurs déjà à son palmarès le fait d’avoir abattu un avion russe en 2001 par erreur, et qui a refusé de reconnaître sa culpabilité pendant plusieurs années). Si on avait voulu saborder l’enquête de A jusque Z, on ne s’y serait pas pris autrement.

Finalement, ce sont les familles des victimes qui paient les pots cassés de cette enquête bâclée, sans parler du ramassage des débris et des restes humains qui a été encore plus mal mené que le reste de l’enquête.

Quatre ans après, je crois qu’il est temps que la Russie mette sur pied son propre comité d’enquête (vu qu’il y a peu de chances que l’ONU le fasse), unissant les différents experts et ministères compétents, pour fournir une contre-enquête sérieuse, qui permettrait enfin aux familles des victimes de savoir la vérité.

Voir le reportage vidéo de la cérémonie commémorative

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 14 juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 14 juillet 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’05 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’07 » – Le commandement ukrainien essaye de se débarrasser des bataillons ultra-nationalistes et des organisations de volontaires
07’15 » – Crimes de l’armée ukrainienne dans la partie du Donbass qu’elle contrôle
08’42 » – Commentaire d’Édouard Bassourine sur l’accalmie actuelle et la réorganisation de la défense ukrainienne
12’34 » – La France va vendre 55 hélicoptères à l’Ukraine avec l’argent des contribuables français

SITUATION POLITIQUE – ACCORDS DE MINSK – CASQUES BLEUS
15’45 » – Kiev sabote le travail du CCCC et la tentative d’améliorer la procédure de cessez-le-feu
18’54 » – L’OTAN soutient la proposition ukrainienne de déploiement des casques bleus dans le Donbass
19’44 » – Kurt Volker déclare que Kiev a le droit de violer le cessez-le-feu

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
23’19 » – Après avoir rompu la coopération avec la Russie dans le domaine de l’énergie nucléaire, Kiev essaye de recoller les morceaux
26’50 » – Premières restrictions de livraison d’eau potable en Ukraine à cause du manque de chlore
27’45 » – Un lieutenant-général ukrainien dresse l’état des lieux pitoyable de la défense anti-aérienne ukrainienne

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
30’37 » – Porochenko parle devant une salle vide au siège de l’OTAN
32’30 » – Petite blague à l’ukrainienne

34’20 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Édouard Bassourine – Je ne sais pas combien de temps durera l’accalmie actuelle

BassourineLes soldats de la République Populaire de Donetsk (RPD) font face à la mort chaque jour – la vie sur la ligne de front, même pendant une trêve officielle n’est pas une sinécure : c’est le moment d’améliorer son entraînement, sa préparation, et ses connaissances. Et l’ennemi ne reste pas les bras croisés – il mène des attaques pour tenter de percer les lignes, ou des bombardements de provocation. Le commandant en second du commandement opérationnel de la RPD, Édouard Bassourine, a donné une interview exclusive à l’agence DAN sur la manière dont les défenses de la République sont renforcées et sur l’évolution de la situation sur le front.

Édouard Alexandrovitch, le 1er juillet, la trêve des « moissons » est entrée en vigueur – un nouvel accord de cessez-le-feu conclu lors des discussions du groupe de contact à Minsk. Néanmoins, comme nous pouvons le voir, le cessez-le-feu n’est pas respecté par la partie ukrainienne. La question se pose : le nouveau cessez-le-feu change-t-il la situation sur le front ?

Tout cessez-le-feu change la situation. Par exemple, si nous parlons de l’ennemi, la partie ukrainienne utilise le cessez-le-feu conclu pour ses propres intérêts – renforcer ses positions. De plus, ils essayent d’avancer dans la zone « grise », c’est-à-dire, en fait, la zone neutre.

Si nous parlons de savoir si la trêve affecte la mise en application de ses obligations par la partie ukrainienne, ce n’est pas le cas. Chaque trêve est violée et la population civile souffre.

Vous dites que les Forces Armées Ukrainiennes avancent dans la zone « grise ». Qu’est-ce que leur rapporte une telle agression « rampante » ?

Il s’agit avant tout, et dans une large mesure, de propagande. Le gouvernement de Kiev montre à son public qu’il aurait repris « leurs » terres et « libère » le territoire du Donbass. De plus, les autorités améliorent ainsi le moral de leurs soldats.

Pour notre part, nous faisons tout notre possible pour veiller à ce que ces actes de l’ennemi ne créent pas de menaces supplémentaires pour notre population. Nous assurons la défense et renforçons nos positions là où c’est nécessaire.

Pouvez-vous nous dire, de but en blanc, combien de tentatives d’occupation de nouveaux territoires ont été faites par les FAU depuis le début de l’année ? Quels sont les résultats de ces attaques ?

Depuis le début de cette année, l’armée ukrainienne a mené environ 10 attaques en direction de Gorlovka, Donetsk et le Sud de la RPD. De telles attaques se finissent toujours avec des morts : la partie ukrainienne a perdu depuis le début de l’année plus d’une centaine de personnes tuées et blessées dans ce genre d’attaques – et même plus.

Comme le montre la pratique, chaque trêve conclue est souvent remplacée par une escalade des tensions. Ainsi, nous avons vu une grave augmentation des tensions dans la zone de Gorlovka sur fond de trêve de « Pâques ». Comment est la situation actuellement ?

Vers Gorlovka, ainsi que sur l’ensemble de la ligne de front, c’est l’accalmie. Si quelque chose se produit, alors l’ennemi utilise habituellement au maximum des lances-grenades ou des armes légères, et principalement sur les positions. Je suis incapable de prédire combien de temps durera cette accalmie.

Sur quelles sections de la ligne de front peut-on observer la plus grande activité des soldats de Kiev dans ces conditions d’accalmie ? Et y a-t-il des signes que la partie ukrainienne prépare une offensive à grande échelle ?

Récemment les FAU ont effectué une rotation, et là où les nouvelles unités sont arrivées, à savoir à l’Ouest de Donetsk et près de Dokoutchayevsk, il y a un peu plus de violations qu’à d’autres endroits. Là où il y a des unités qui n’ont pas été remplacées, c’est le silence.

Je pense que des changements significatifs sur le front sont possibles avant les élections en Ukraine. Néanmoins, la perspective d’évolution pourrait s’éclaircir après la réunion des dirigeants russe et américain, prévue le 16 juillet à Helsinki. Donald Trump a dit qu’il aborderait la question du Donbass. Par conséquent, s’il a l’intention d’utiliser encore l’Ukraine comme instrument d’agression contre la Russie, alors il y aura une escalade, s’il change d’avis, alors Petro Porochenko ne sera pas autorisé à mener des opérations militaires actives ici.

Dans ce contexte de provocations constantes de la part des FAU, il est certainement très difficile pour les soldats de la République de respecter les obligations que les dirigeants de la RPD assument dans le cadre du processus diplomatique. Quelles tactiques sont utilisées dans ces conditions par nos défenseurs ? Dans quel cas ouvrent-ils le feu ?

Nous tirons sur l’ennemi quand ils essayent de franchir la ligne de front. Ou contre des tentatives d’infiltration de groupes de sabotage reconnaissance, ou de diversion. Dans ces cas a lieu immédiatement un tir de destruction. La même chose arrive quand leurs snipers sont actifs. Pour dire les choses simplement, nous ouvrons le feu en retour lorsqu’il y a une vraie menace pour la vie de nos soldats et de nos civils.

Quels types d’armes sont utilisées par la République Populaire de Donetsk dans de tels cas ?

Cela dépend du type d’attaque qui a lieu, mais dans tous les cas, seules les armes standard sont utilisées, c’est-à-dire celles qui peuvent se trouver sur les positions en conformité avec les accords actuels (note de la traductrice : en clair, seulement des armes légères).

L’autre jour, Petro Porochenko a déclaré que la mise en œuvre des accords de Minsk était une voie alternative pour ramener la paix dans le Donbass, mais bien sûr, nous ne croyons pas le dirigeant de ce régime terroriste. Par conséquent, la question est : comment les troupes de la République sont-elles préparées pour de nouvelles attaques ?

Nous n’avons pas peur, quel que soit le type d’attaque, nos unités sont bien préparées. Donc nous sommes prêts à faire face à n’importe quoi.

Quelles mesures particulières ont été prises récemment pour renforcer les capacités de défense ?

Tout d’abord il y a une amélioration de nos positions du point de vue du génie, parce que nous ne devons permettre la mort d’aucun de nos soldats ni de nos civils. Nous organisons aussi régulièrement divers exercices d’entraînement pour améliorer les compétences militaires. De plus, il y a constamment des rassemblements avec les réservistes, et ce n’est pas seulement de l’entraînement général, mais aussi de l’entraînement dans leurs spécialités, leur permettant de retourner à tout moment dans l’armée et d’être au même niveau que tout le monde.

Pendant ce temps-là, Porochenko a signé le 5 juillet la loi sur la « sécurité nationale ». D’après cette loi, 15 départements sont responsables de la défense de l’Ukraine, et le ministre de la Défense ainsi que les vice-ministres doivent exclusivement être des civils. Que pensez-vous que Kiev veut obtenir en procédant ainsi ?

Dans tout pays il devrait y avoir une loi qui définit les mesures de sécurité du pays, et c’est normal. En ce qui concerne la nomination de civils ordinaires à des postes de direction militaire, c’est une sorte d’hommage. Le président ukrainien Petro Porochenko, et son entourage, cherchent – du moins en paroles – à rejoindre l’Union Européenne et l’OTAN, et dans ces pays l’armée est depuis longtemps contrôlée par des civils.

Comment de telles réformes vont-elles affecter l’armée ukrainienne et la situation dans la zone de conflit ?

Rien de bon ne découlera de ces réformes pour l’armée ukrainienne. Je pense que l’armée devrait être dirigée par des professionnels, des gens qui ont reçu une éducation dans une école militaire et qui sont prêts à prendre les ordres de leur commandant suprême. Je suis sûr que ces réformes à Kiev ne nous affecteront en rien.

Édouard Alexandrovitch, récemment vous avez été moins présent pour présenter les rapports de situation. Disons-le de manière directe : beaucoup s’inquiètent et ont demandé où vous aviez « disparu ». Par conséquent, cela nous fait particulièrement plaisir aujourd’hui de vous interviewer et de vous demander : s’il vous plaît, si possible, dissipez l’anxiété de nos lecteurs.

Récemment mon état de santé ne m’a pas permis de faire les rapports et d’apparaître à l’antenne. En général, la plupart du temps, je suis sur la ligne de front, je discute avec les soldats – je suis impliqué dans mon travail principal.

Lors de ces discussions, quelles questions nos soldats vous adressent-ils le plus souvent ?

En gros, trois questions. Tout d’abord il y a un manque de presse périodique, parce qu’ils veulent connaître les dernières nouvelles, et de manière général, ce qui se passe réellement dans la République. Deuxièmement, il s’agit de la retraite et de l’ancienneté. Et enfin le plus important est de savoir quand la guerre prendra fin.

Que répondez-vous ?

Je parle toujours de manière franche et je ne dis que la vérité. Il n’y a pas assez de financement pour les journaux. La question des retraites et de l’ancienneté sont soumises au Conseil Populaire pour prise en considération, puisque tout doit être en conformité avec la loi.

Je réponds honnêtement à la question sur la fin de la guerre : je ne sais pas. Ils sont sensibles aux réponses. Les combattants, comme nous, sont fatigués depuis longtemps de ce qui se passe. J’espère que nous verrons bientôt la lumière à la fin du tunnel, et que nos gars retournerons victorieux dans leurs familles.

Traduction : Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

À la veille d’une réunion des groupes de contact à Minsk, l’armée ukrainienne recommence à bombarder les zones civiles et les récoltes

Champ de blé en flammesAlors qu’une réunion des groupes de contact doit avoir lieu demain à Minsk, l’armée ukrainienne fidèle à ses (mauvaises) habitudes, recommence à augmenter le calibre des armes avec lesquelles elle tire et à viser de nouveau les zones civiles, à peine une grosse semaine après l’entrée en vigueur de la trêve des moissons.

Ces trêves se suivent et se ressemblent, et on pouvait prédire avec un haut degré de fiabilité, que celle-ci ne durerait pas plus que les précédentes. Malheureusement la prédiction s’est avérée juste.

Ainsi, samedi 7 juillet, l’armée ukrainienne a délibérément tiré sur des champs de blé (devant encore être moissonnés) situés dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD) avec des obus de mortier de 82 mm. Mais pas n’importe quels obus de 82 mm, des obus incendiaires !

Le blé (qui est bien sec) a immédiatement pris feu, et 120 hectares de blé sont partis en fumée ! Heureusement le feu ne s’est pas propagé au-delà et l’incendie a pu être contenu à temps.

Au vu du type de munitions utilisé et de la cible, il ne fait aucun doute que les soldats ukrainiens espéraient ainsi détruire les récoltes.

En plus du blocus économique du Donbass, de tenter de priver la population d’eau potable (en tirant au choix sur la station d’épuration, ou les stations de pompage), de tirer sur les sous-stations électriques et les gazoducs (pour priver les habitants d’électricité et de gaz), l’armée ukrainienne semble donc vouloir affamer la population en détruisant les récoltes.

Vraiment cette armée qui tient plus du groupe terroriste que de l’armée de libération fait tout pour se faire détester de la population qu’elle vient prétendument libérer de « l’occupant russe » (qui n’existe que dans la tête de certains à Kiev et dans quelques capitales occidentales)…

Le 8 juillet, c’est une habitation de Dokoutchayevsk et une de Vesseloye qui étaient touchées par les tirs de l’armée ukrainienne. Ce matin, 10 juillet, l’armée ukrainienne a tiré 10 obus de mortier de 120 mm sur le village de Leninskoye (dans le Sud de la RPD), ainsi que sur Chirokaya Balka, près de Gorlovka, endommageant deux maisons.

Jusqu’ici il n’y a pas eu de victimes civiles, mais si cette tendance se poursuit, cela pourrait malheureusement se produire.

Surtout quand on voit que près de 90 % des demandes de cessez-le-feu de la RPD pour réparations des infrastructures sont purement et simplement ignorées par la partie ukrainienne. C’est ce qu’a déclaré Rouslan Yakoubov, le chef de la représentation de la RPD au sein du Centre conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC).

« Dans 90 % des cas, la partie ukrainienne ne montre aucun intérêt pour les travaux de réparation et de restauration. Ils justifient leurs refus par le fait que les demandes ne sont pas faites en ukrainien, » a ainsi déclaré Yakoubov à l’agence DAN.

Mais, comme l’a signalé le représentant en chef de la RPD au sein du CCCC, ces « principes » sont à géométrie très variable, selon l’intérêt de Kiev. Par exemple, pour les demandes concernant la station d’épuration de Donetsk (qui fournit aussi l’eau potable du côté contrôlé par Kiev), la partie ukrainienne satisfait à moitié les demandes, en accordant par exemple la trêve nécessaire pour les changements d’équipes.

« De fait, Kiev a une approche très sélective du problème, politisant tout ce qui ne lui est pas profitable, mais en fait, rien ne les empêche d’agir ainsi tout le temps, » a-t-il ajouté.

Or, c’est justement la procédure d’établissement et de surveillance des cessez-le-feu qui doit être discutée à Minsk demain.

Cette proposition, établie par la MSS de l’OSCE, contient sept mesures pour améliorer la procédure actuelle :

1) Confirmation globale de l’engagement envers les cessez-le-feu précédemment décrétés ;

2) Publication et rapport à tous les niveaux des ordres de cessez-le-feu ;

3) Adoption de mesures contre les actes de violation du cessez-le-feu ;

4) Interdiction de toute offensive, reconnaissance ou tirs de snipers ;

5) Interdiction de bombarder ou de tirer, même en réponse à d’autres tirs ;

6) Interdiction de déployer des armes lourdes dans des zones habitées ou de tirer sur les infrastructures ;

7) Fournir un accès sûr aux patrouilles de l’OSCE.

Denis Pouchiline, le négociateur en chef de la RPD à Minsk, ne se fait bien sûr aucune illusion sur l’avenir de ces mesures, mais en soutenant cette proposition, et en l’appliquant, la république montre ainsi clairement qui veut la paix, et qui veut la guerre.

« Nous n’avons aucune illusion concernant la position ukrainienne sur le règlement du conflit dans le Donbass et sur les méthodes que le gouvernement ukrainien est prêt à utiliser pour cela. Malgré cela, la République continuera d’insister sur la nécessité d’adopter un document qui permettrait dans la pratique de contenir les tirs et de réagir rapidement aux violations, » a-t-il déclaré.

Il ne nous reste qu’à attendre demain pour constater la réaction de Kiev à cette proposition, et quelles excuses ils vont encore bien pouvoir trouver pour échapper à leurs obligations découlant des accords de Minsk, qu’ils ont signés.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 7 juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 7 juillet 2018 :

SITUATION MILITAIRE
00’45 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine et du mois écoulés
04’52 » – L’armée ukrainienne utilise les mêmes méthodes que les terroristes de Syrie
08’59 » – La propagande officielle ukrainienne sur les bombardements se prend les pieds dans le tapis (Reportage de début juin à Sakhanka)
13’06 » – Les mortiers Molot et les Javelins livrés à l’armée ukrainienne sont défectueux
19’21 » – Des soldats ukrainiens vendent leurs armes à la RPD
21’21 » – Désertions et suicides en masse chez les soldats ukrainiens

RPD-RPL
23’53 » – Le tribunal populaire ukrainien rend son verdict contre 10 accusés de plus, dont Igor Kolomoïski

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
31’47 » – 45 journalistes agressés en Ukraine depuis le début de l’année
34’03 » – Risque de coupure de l’eau potable dans plusieurs régions d’Ukraine faute de chlore
37’53 » – Timochenko met en garde Porochenko contre la tentation de relancer la guerre dans le Donbass pour garder son poste

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
39’49 » – Porochenko se fait reprendre sur Twitter après avoir célébré la « libération » de Slaviansk et Kramatorsk il y a quatre ans

44’40 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

À Sakhanka et Kominternovo l’armée ukrainienne vise les civils et utilise des drones largueurs de grenades comme les terroristes de Syrie

FAU / DaechDu 26 juin au 1er juillet, nous sommes allés à Sakhanka et Kominternovo, dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD), afin d’évaluer l’évolution de la situation après notre visite du début du mois de juin.

Une fois sur place, les habitants m’ont indiqué que la télévision ukrainienne (entre autre la chaîne ICTV) avait dénoncé comme fake news mon reportage précédent concernant Sakhanka, en se basant sur la partie qui a été publiée (avec mon accord) par Rossia 24. La chaîne ukrainienne a répété la propagande d’état affirmant qu’il n’y avait pas eu de bombardements de la part de l’armée ukrainienne, et que c’était donc une fake news.

Pas de chance pour la chaîne ICTV et sa tentative maladroite de sauver les meubles, si sur la vidéo diffusée par Rossia 24, ne figurent que les dégâts consécutifs à ces bombardements, sur mon reportage complet, se trouvent les enregistrements vidéo en « direct » de ces bombardements, sur lesquels le public peut entendre ces tirs de l’armée ukrainienne sous lesquels nous nous sommes retrouvés à Sakhanka ces jours-là, et qui sont censés ne pas avoir existé !!!

Bien essayé ICTV, mais face aux faits que nous avons vécus, filmés et publiés, votre joli blabla propagandiste sonne terriblement faux.

Suite aux bombardements du 24 juin qui ont frappé Sakhanka et Kominternovo, nous avons donc décidé de refaire une série de reportages sur la situation dans cette zone, et confirmer que c’est bien l’armée ukrainienne qui tire sur ces deux villages.

Nous commençons par le village de Sakhanka même, le 27 juin. Le bombardement du 24 juin a endommagé ou détruit plusieurs habitations, et surtout grièvement blessé un civil, qui a reçu des éclats d’obus entre autres à la tête. L’homme a été hospitalisé à Novoazovsk avant d’être transféré au Centre de Traumatologie de Donetsk, car ses yeux ont été grièvement touchés, et l’homme avait besoin d’une opération neurochirurgicale.

Voir le reportage complet concernant les bombardements frappant Sakhanka

Alors que nous remontons la rue touchée, nous découvrons des camions de la Croix-Rouge déchargeant des matériaux de construction pour aider les habitants à réparer leurs maisons suite aux bombardements. Ces mêmes bombardements qui n’existent pas selon ICTV.

Or, s’il n’y avait réellement pas de bombardements de la part de l’armée ukrainienne, il n’y aurait pas eu de maisons endommagées ou détruites, et donc aucune nécessité pour la Croix-Rouge de fournir de quoi les réparer ! CQFD. Quand je dis que la propagande ukrainienne passe son temps à se prendre les pieds dans le tapis…

Lors de cette distribution, je discute avec une des bénéficiaires de cette aide (une civile), et lorsque je lui pose la question « Qui bombarde vos maisons ? », la réponse est claire comme de l’eau de roche « L’Ukraine ». La propagande ukrainienne peut remballer ses histoires d’occupant russe inexistant, les habitants sur le terrain savent bien qui les bombarde : l’armée ukrainienne.

Voir le reportage filmé lors des trois jours de distribution d’aide humanitaire par la Croix-Rouge

Le 24 juin, un autre village du Sud de la RPD a été bombardé par l’armée ukrainienne : le village de Kominternovo, situé un peu au Nord de Sakhanka.

Nous nous y rendons le 28 juin, sous des températures caniculaires. Ce village est très dangereux, car l’armée ukrainienne a une vue directe sur l’artère principale de la localité et tire fréquemment sur les véhicules qui l’empruntent, ou sur les gens qui marchent sur la chaussée.

C’est donc à pied, et avec gilet pare-balles et casque, que nous déambulons dans le village en passant par les chemins de traverse et en rasant les haies le long de la rue principale pour aller jusqu’aux maisons et magasins qui ont été touchés par les obus ukrainiens quatre jours plus tôt.

Là aussi l’une des habitantes, qui a perdu sa fille l’an passé lors d’un bombardement, nous confirme que les tirs viennent bien de l’armée ukrainienne. La maison de la culture et l’une des habitations touchées indiquent clairement la direction d’origine des tirs : les positions de l’armée ukrainienne à Talakovka et à Chirokino.

Voir le reportage filmé le 28 juin à Kominternovo

Le lendemain, alors que je finis de filmer la distribution d’aide humanitaire apportée par la Croix-Rouge, les soldats de la RPD qui défendent le village de Sakhanka me proposent d’aller sur leurs positions face à Chirokino, car ils ont quelque chose à me montrer.

Deux jours avant, l’un d’entre eux a survécu par miracle au largage d’une grenade par un drone de l’armée ukrainienne. La grenade n’a pas explosé, et les soldats l’ont gardée comme preuve.

Sur place, l’information est confirmée par le principal concerné. Comme il l’explique lui-même face caméra, cette méthode est extrêmement vicieuse, car le seul bruit qu’on entend est celui du drone.

Cette méthode évite que les observateurs de l’OSCE ou du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) enregistrent un tir venant du côté ukrainien, et surtout les soldats de la RPD n’ont pas le temps de se mettre à couvert, car ils n’entendent rien avant que la grenade n’explose à côté d’eux.

Une méthode qui ressemble énormément à celles des terroristes en Syrie, qui transforment eux aussi des drones en armes à coup de grenades ou d’explosifs pour attaquer l’armée syrienne ou même les bases de l’armée russe.

Quand on sait que l’Ukraine a les mêmes patrons que ces groupes terroristes (présentés comme étant des rebelles modérés par la presse occidentale), il n’y a rien d’étonnant à retrouver les mêmes méthodes dans l’armée ukrainienne que chez Daech ou le groupe Jaych al-Islam (anciennement Front al-Nosra, branche locale d’al-Quaïda).

Ce qui est plus problématique, c’est que ces méthodes terroristes soient utilisées par un État reconnu par l’ONU (membre actuellement du Conseil de Sécurité), et qui plus est, un État soutenu et financé par les États-Unis, le Canada, et l’Union-Européenne ! Il serait temps que l’Occident revoit un peu les États et les groupes qu’elle soutient dans le monde, surtout avant de vouloir donner des leçons de démocratie ou de lutte contre le terrorisme aux autres…

Voir le reportage filmé sur les positions de l’armée de la RPD le 29 juin

ICTV et le gouvernement de Kiev peuvent bien gloser sur les fakes news de l’occupant russe (qui n’existe que dans le cerveau malade des ultra-nationalistes et des dirigeants ukrainiens), les faits sont à l’épreuve de la propagande et ils sont têtus.

C’est bien l’armée ukrainienne qui vise et bombarde délibérément les civils du Donbass, faisant de nouvelles victimes et destructions chaque jour. Et pire encore, cette armée n’hésite pas à recourir à des méthodes de terroristes pour éliminer les soldats de la RPD qui protègent ces mêmes civils contre l’armée ukrainienne.

Pendant notre séjour sur place, il n’y a pas eu de violations sérieuses du cessez-le-feu, grâce à la présence de la Croix-Rouge. Nous sommes donc restés encore 24 h, après leur départ, pour voir si cette accalmie perdurerait. Sans surprise, une fois la Croix-Rouge partie, nous avons constaté des tirs sporadiques venant des positions ukrainiennes contre les positions de la RPD le 30 juin. Ces tirs ne se sont arrêtés qu’environ 30 minutes avant l’entrée en vigueur de la nouvelle trêve des moissons…

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Igor Kolomoïski condamné par contumace à la prison à vie par le tribunal populaire ukrainien

JusticeSuite au verdict du 22 juin qui frappait principalement le gouvernement de Kiev, le tribunal populaire ukrainien a communiqué le 2 juillet, la sentence concernant la culpabilité d’autres personnalités ukrainiennes qui jouent un rôle important dans la guerre qui se déroule actuellement dans le Donbass.

Les principales cibles de ce deuxième round de condamnations sont les oligarques et les membres du bureau du procureur général ukrainien, ainsi que des journalistes.

Après Porochenko, Avakov, Tourtchynov, Groïsman et Parouby, le tribunal s’est penché sur la responsabilité de Dmytro Iaroch (ancien chef de Secteur Droit et député à la Rada), mais aussi d’oligarques comme Igor Kolomoïski (qui finance bon nombre de bataillons néo-nazis et groupes armés illégaux en Ukraine), Sergueï Tarouta (qui fut gouverneur de l’oblast de Donetsk de mars à octobre 2014, et qui est depuis député à la Rada en plus de son activité d’homme d’affaires), mais aussi des membres ou ex-membres du bureau du procureur général ukrainien comme Oleg Makhnitski (qui est conseiller de Porochenko et ex-procureur général ukrainien par intérim), Vitali Iarema (qui fut lui aussi procureur général ukrainien de juin 2014 à février 2015), Victor Chokine (qui fut procureur général ukrainien de février 2015 à avril 2016), Iouri Sevrouk (qui a repris le flambeau après Chokine, pour à peine un mois), Iouri Loutsenko (procureur général ukrainien actuel), et même de journalistes comme Iouri Artemenko (qui est président du conseil national ukrainien de la télévision et de la radio), et Alexeï Matsouka (rédacteur en chef du site d’informations pro-ukrainien Novosti Donbassa).

Le verdict est tombé le 2 juillet après des délibérations à huis clos. Les peines vont de trois ans d’emprisonnement jusqu’à la perpétuité, avec confiscation des biens des condamnés. Ces 10 condamnés porte le total actuel à 18 personnalités ukrainiennes condamnées par contumace par le tribunal populaire ukrainien. Pour rappel ces condamnations ont été faites en regard du code pénal et du droit ukrainien, ainsi que du droit international.

Le plus sévèrement condamné lors de ce deuxième verdict, fut Igor Kolomoïski, qui a été condamné, comme les membres les plus importants du gouvernement ukrainien, à la prison à vie avec confiscation de ses biens. Il faut dire qu’il détient le palmarès du nombre d’articles de lois violés avec 10 articles du code pénal ukrainien à lui tout seul. Il a été condamné entre autre pour abus de pouvoir, déclenchement d’une guerre, création de groupes paramilitaires illégaux, complicité de banditisme, etc.

Il est suivi par Dmytro Iaroch, le seul représentant des formations paramilitaires ultra-nationalistes de ce groupe d’accusés, qui a écopé de 12 ans de prison pour complicité d’actes terroristes.

Vient ensuite Sergueï Tarouta, condamné à 10 ans de prison pour dissimulation de crimes, abus de position officielle, création de groupes paramilitaires illégaux, ainsi que le financement et approvisionnement de ces mêmes groupes.

Puis viennent à égalité avec Tarouta, le procureur général ukrainien actuel, Iouri Loutsenko, et les ex-procureurs généraux Iarema, et Makhnitski qui écopent de 10 ans de prison, pour dissimulation de crimes, abus de position officielle, arrestations et détentions illégales, etc. Pour les mêmes crimes, Chokine écope de huit ans de prison et Sevrouk de six ans d’emprisonnement.

Restent les deux derniers condamnés : Artemenko et Matsouki, journalistes. Leur présence peut sembler incongrue de prime abord, mais il n’en est rien. Comme je l’ai souvent dit les journalistes ont joué et jouent encore aujourd’hui un rôle majeur dans cette guerre. Pour le meilleur, mais aussi et surtout pour le pire. Entre dissimulation d’informations sur des crimes de guerre, et propagande éhontée pour les actions de Kiev, y compris les plus sanglantes, les journalistes pro-Kiev ont permis à cette guerre de continuer depuis quatre ans en cachant au public ce qui se passe réellement.

Cette première condamnation de deux journalistes pour leurs appels constants à lancer puis à mener une guerre extrêmement sanglante contre la population du Donbass, ainsi que pour leurs actions visant à entraver le travail d’autres journalistes, devrait faire réfléchir leurs confrères qui se croient à l’abri pendant qu’ils débitent leur propagande anti-russe permanente, appellent à exterminer la population du Donbass ou à relancer la guerre. Pour ses crimes, Artemenko a été condamné à sept ans de prison et Matsouka à trois ans d’emprisonnement.

Des peines à utiliser comme exemple pour les autres journalistes (et pas que les journalistes ukrainiens) qu’il faudra un jour juger au tribunal de Nuremberg II concernant le conflit du Donbass. Car ils ne sont pas les seuls à porter une part de la responsabilité du prolongement de ce conflit, et donc de la mort de civils innocents.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 1er juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le dimanche 1er juillet 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’07 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine et du mois écoulés
03’42 » – L’armée ukrainienne sabote la trêve des moissons
05’10 » – Nouvelles tentatives de percée des lignes de défense de la RPD
08’04 » – Erreurs graves dans les rapports de l’OSCE
11’55 » – Kiev veut engager un millier de mercenaires étrangers pour tenter une percée de la ligne de front

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
15’10 » – Un ancien combattant du régiment Azov dévoile l’existence d’escadrons de la mort en Ukraine
29’03 » – L’Ukraine refuse l’entrée sur son territoire à deux journalistes russes invités à une conférence de l’OSCE sur la liberté des médiasScandale

34’40 » – Conclusion

Voir le rapport de situation en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Page suivante »