Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 23 novembre 2019

Cette semaine, le rapport de situation couvre principalement les violations du cessez-le-feu et le désengagement des troupes à Petrovskoye, la stratégie de l’Ukraine pour sortir des accords de Minsk, les poursuites judiciaires des habitants du Donbass contre Kiev pour crimes de guerre et la réparation du pont de Stanitsa Louganskaya.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 23 novembre 2019.

PARTIE 1

SITUATION MILITAIRE

02’33″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’45″- L’armée brouille les signaux des drones de l’OSCE et les habitants qui vivent à proximité se plaignent des effets sur leur santé
07’55″- La destruction des fortifications est en cours à Petrovskoye malgré les violations du cessez-le-feu de l’armée ukrainienne

ACCORDS DE MINSK

12’33″- Kiev cherche à sortir des accords de Minsk

JUSTICE

36’10″- Des habitants de la RPD et de la RPL portent plainte contre l’Ukraine devant la CEDH

PARTIE 2

RPD-RPL

00’27″- L’Ukraine finit la réparation du pont de Stanitsa Louganskaya

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

04’59″- Kiev accuse la Russie d’avoir volé les toilettes des bateaux militaires qu’elle lui a rendus

10’11″- Conclusion

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Ukraine – La mise en Œuvre du scénario chypriote se passe comme prévu

Ukraine – La mise en œuvre du scénario chypriote se passe comme prévu

 

Plus les événements en Ukraine se déroulent devant nos yeux, plus

 

les prédictions de Daniil Bezsonov concernant le projet de scénario chypriote de Kolomoïski-Zelensky

 

s’avèrent juste, et semblent indiquer que ce plan se déroule jusqu’ici sans accroc.

 

Levée du moratoire sur la vente des terres et légalisation des jeux d’argent

La levée du moratoire sur la vente des terres agricoles, votée en première lecture par la Rada cette semaine fait d’ailleurs partie du plan, comme l’indique Bezsonov dans un de ses articles récents.

L’autre partie du plan consistera à légaliser les jeux d’argent, mais après, pour que la population ukrainienne ne voit pas venir l’entourloupe. Car il ne faut pas se leurrer, magouilles il y aura.

« Ses gens [ceux de Kolomoïski NDLR] achèteront des terres dans les régions, qui seront destinées à la création de zones de jeux d’argent, pour un prix dérisoire. Cela augmentera la valeur des terres des centaines, voire des milliers de fois, et les villageois ne se douteront de rien. Ensuite, les investisseurs étrangers commenceront à venir, à acheter des terrains et à construire des casinos, etc. Dieu sait combien d’argent Kolomoïski et Zelensky gagneront sur cette base », écrit Bezsonov.

Comme l’avait indiqué Bezsonov dans son analyse sur le scénario chypriote, Igor Kolomoïski est un homme intelligent et les plans de gens intelligents sont souvent des plans à tiroirs. En autorisant la vente des terres il fait d’une pierre trois coups :

1) Satisfaire le FMI et les autres institutions financières qui demandent cette mesure depuis longtemps. Potentiellement cela pourrait les amadouer assez pour qu’ils lâchent une nouvelle tranche d’aide, dont une partie finira dans les poches de Kolomoïski-Zelensky (ce qui ne serait pas une première pour ce cher Igor).

2) S’enrichir personnellement en achetant en premier des terres fertiles à bas coût et les revendant après avec une bonne plus-value, quelle que soit la destination de ces terres (agriculture ou casinos).

3) Attirer ainsi des investisseurs étrangers en Ukraine et s’arranger pour détourner une partie des investissements par un moyen ou un autre.

Kolomoïski fait monter les enchères et chanter Washington

C’est en ayant cela en tête qu’il faut analyser la déclaration d’Igor Kolomoïski concernant le fait que l’Ukraine pourrait se tourner vers la Russie, en mettant en avant que cette dernière serait prête prétendument à mettre 100 milliards de dollars sur la table pour récupérer l’Ukraine (ce dont je doute très fortement). Mais contrairement à ce que certains pensent, tonton Igor n’est pas devenu schizophrène, il négocie.

Il essaye à la fois de faire monter les enchères et de tordre le bras aux États-Unis pour les pousser à abandonner les poursuites judiciaires pour « création d’un réseau criminel » lancées par une cour du Delaware contre lui-même et plusieurs de ses ex-associés de la PrivatBank.

Il dit clairement dans l’interview que les États-Unis utilisent l’Ukraine pour faire la guerre à la Russie par procuration, mais que tout pourrait être oublié avec une bonne dose d’argent. En clair, si Washington n’allonge pas plus d’argent que ce que la Russie pourrait prétendument mettre sur la table, et ne laisse pas Kolomoïski et ses amis tranquilles, alors l’Ukraine arrêtera d’être le jouet des États-Unis, qui perdront leur investissement dans le pays. Ce que Washington ne peut pas se permettre.

Il y a donc de bonnes chances que les États-Unis, et dans leur sillage le FMI (qui va pouvoir utiliser les terres agricoles ukrainiennes comme hypothèque), vont sortir le chéquier pour donner à l’Ukraine de quoi lui donner envie de rester fidèle à Washington. Et une partie de cet argent ira certainement dans les poches d’Igor et Volodymyr, prélude au pillage généralisé qui aura lieu une fois le plan de Kolomoïski pleinement mis en œuvre.

C’est bien joli tout cela me direz-vous, mais pour l’instant il manque toujours la condition sine qua non pour y arriver : mettre fin au conflit dans le Donbass.

Comme l’avait annoncé Bezsonov, après des péripéties dignes de contes de fées, des batailles épiques avec les néo-nazis, et des manifestations « anti-capitulation » qui ont accouché d’une souris (l’ultimatum de Biletski à Zelensky a expiré depuis longtemps et n’a débouché sur rien je le rappelle), le retrait des troupes et des équipements militaire a enfin eu lieu sur les deux derniers sites pilotes qui étaient exigés par la Russie pour organiser la rencontre au Format Normandie.

Mais ce qui pourrait passer pour une volonté d’appliquer les accords de Minsk de la part de Kiev, n’est en réalité qu’une nécessité de se plier aux conditions de la Russie pour obtenir le sésame vers la réunion dont Zelensky a tant besoin.

Zelensky main dans la main avec les néo-nazis

Plusieurs informations récentes confirment d’ailleurs la proximité de Zelensky avec les néo-nazis ukrainiens et le fait que Kiev n’a pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk.

Le fait le plus marquant qui prouve que Zelensky s’inscrit dans la continuité idéologique de Porochenko c’est le fait qu’une fois de plus, l’Ukraine (tout comme les États-Unis) a voté contre la résolution de l’ONU condamnant le nazisme.

Cette proximité idéologique s’exprime d’ailleurs aussi dans les écrits de certains officiels ukrainiens, comme Alexeï Danilov, secrétaire du Conseil National de Sécurité, dont une lettre présentant un plan de « réintégration » du Donbass a fuité sur internet. D’après Alexeï Jouravko, ancien député de la Rada qui a diffusé les photos de la lettre sur son mur Facebook, il avait entendu parler d’un tel plan avant de recevoir la lettre et il avait cru à une blague. Mais une fois qu’il a reçu et lu le document il a été tout simplement horrifié.

L’authenticité de ce document reste à établir, mais ce qui y est écrit reprend des propositions déjà entendues à de multiples reprises récemment sur les plateaux TV ukrainiens. Propositions qui n’ont jamais valu la moindre poursuite judiciaire contre ceux qui les ont énoncées.

Voici ce qu’on peut y lire :

« Après le transfert du contrôle de la frontière de l’État aux Forces Armées Ukrainiennes et au Service national des frontières, il est nécessaire de commencer immédiatement le processus de réintégration et de réukrainisation de la population des territoires occupés des régions de Donetsk et de Lougansk et leur réconciliation avec les autres citoyens d’Ukraine.
Étant donné que la population des territoires occupés des oblasts de Donetsk et de Lougansk a été influencée par la propagande russe et privée d’accès aux médias ukrainiens ces dernières années, la position politique de l’écrasante majorité des résidents des territoires occupés n’est pas pro-ukrainienne.
À cet égard, il est nécessaire de donner aux résidents des territoires occupés la possibilité de quitter le territoire de l’Ukraine et de se rendre en fédération de Russie pour y établir leur résidence permanente dans un délai d’un mois.
Les mesures suivantes devraient être prises à l’égard des résidents des territoires occupés, qui ne voudront pas saisir l’occasion de quitter l’Ukraine après cette période, notamment pour déterminer leur degré de complicité dans les activités des groupes armés illégaux et des administrations d’occupation.
Il est également nécessaire d’établir une liste des personnes qui travaillaient dans des entreprises enregistrées auprès de l’administration de l’occupation et qui payaient des « impôts » au budget de l’administration de l’occupation et de celles qui étaient sous le contrôle des autorités de l’occupation, des entreprises industrielles, des organisations publiques et autres institutions.
Selon le degré de complicité, leur appliquer des mesures pénales, administratives ou éducatives. En vue de réukrainiser les habitants des territoires occupés, les réinstaller dans les régions centrales ou occidentales de l’Ukraine.
Dans le même temps, les personnes déplacées temporairement qui, en 2014-2015, ont quitté les territoires occupés et se sont installées dans les régions de l’Ukraine, sans vouloir se soumettre aux autorités d’occupation, devraient bénéficier de toutes les conditions nécessaires pour retourner sur les lieux de leur ancienne résidence.
Ce sont ces gens, patriotes de l’Ukraine, qui peuvent et continueront à restaurer le Donbass. Ils devraient recevoir tout le soutien matériel et moral nécessaire. 
»

Vous ne rêvez pas, ce que semble proposer Danilov (si le document est authentique) n’est ni plus ni moins qu’une épuration ethnique digne de ce qui a eu lieu dans l’ex-Yougoslavie. Quand près de 9 personnes sur 10 en dans les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) ne sont pas pro-ukrainiennes, on comprend que ce plan est inacceptable et ne peut que susciter dégoût et rejet de la part de la population et des autorités des deux républiques (ces dernières ont d’ailleurs vivement réagi à ce document).

Aucun pays civilisé et respectant le droit international n’imposerait à la majorité de la population d’une région d’être déportée à l’étranger ou rééduquée en étant envoyée dans une autre région, pour avoir simplement refusé le résultat d’un coup d’État soutenu par, et utilisant des néo-nazis (parce qu’il n’y a pas plus d’occupation russe du Donbass qu’il n’y a d’arbre à spaghettis). Je rappelle que l’épuration ethnique est un crime contre l’humanité !

De telles des méthodes sont dignes des ancêtres idéologiques des autorités ukrainiennes actuelles à savoir les collaborateurs des Nazis. Et le fait qu’après la fuite de ce document il n’y a eu aucune réaction officielle de la part du gouvernement ukrainien, (ni confirmation de l’authenticité du document, ni infirmation et démenti du contenu ou de la méthode proposée) montre qu’il y a de bonnes chances que le document soit authentique.

Car si ce n’était pas le cas et que Zelensky était réellement l’ennemi des néo-nazis ukrainiens, qu’il voulait appliquer les accords de Minsk et faire la paix avec le Donbass, il aurait immédiatement démenti l’authenticité du document et déclaré que de telles méthodes sont inacceptables. Or là il n’y a rien, et comme le dit le proverbe « qui ne dit mot consent ». Si Zelensky ne dénonce pas le document c’est qu’il consent à ce qui y est écrit, et qu’il y a donc de bonnes chances qu’il soit authentique. CQFD.

Je pense même que la fuite a été organisée par Kiev. Pourquoi ? Pour rendre l’application des accords de Minsk impossible. Un point important du plan de scénario chypriote de Kolomoïski-Zelensky.

Saboter complètement les accords de Minsk

Car pour amener leur plan sur la table, il leur faut justifier qu’il est impossible d’appliquer les accords de Minsk. Et quoi de mieux que la menace d’une épuration ethnique façon solution croate dans le Donbass pour braquer les deux républiques populaires et s’assurer qu’aucun compromis ne pourra être trouvé lors des négociations.

Comme l’indique Bezsonov, maintenant Zelensky doit mettre sur la table des négociations des conditions inacceptables pour bloquer totalement le processus de Minsk. Une fois arrivé au point de blocage il proposera d’introduire une mission de casque bleus, ce qui sera refusé aussi.

Il pourra alors jouer à Caliméro devant les Occidentaux, prétendant avoir tout fait pour faire revenir la paix, mais puisque cela ne marche pas il ne reste qu’à couper temporairement le Donbass qui n’est pas sous son contrôle du reste de l’Ukraine pour mettre fin au conflit, et le tour sera joué.

La preuve ? Vadim Pristaïko, ministre ukrainien des Affaires étrangères l’apporte lui-même dans une déclaration récente, où il dit clairement que si appliquer les accords de Minsk prend trop de temps, et si cela n’avance pas lors de la prochaine réunion au Format Normandie (qui devrait avoir lieu le 9 décembre), alors l’Ukraine se réserve le droit de sortir de ces accords et de chercher d’autres moyens de rétablir la paix (en soulignant que cela ne plairait probablement pas aux partenaires occidentaux). Il n’est pas possible de faire plus clair.

Ces propos rejoignent ceux de Zelensky lors de sa conférence de presse marathon où il avait fixé un délai maximum d’un an pour mettre en œuvre les accords de Minsk.

L’autre fait qui montre que l’Ukraine n’est pas pressée d’appliquer les accords de Minsk, c’est la réaction de Kiev à la déclaration de Vladimir Poutine sur le retrait des troupes. En effet, maintenant que le désengagement des forces a eu lieu sur les trois sites pilotes, le président de la fédération de Russie a appelé à étendre le désengagement le plus vite possible à la totalité de la ligne de front.

La réponse de Kiev est claire comme de l’eau de roche : il n’y aura pas d’autre désengagement des forces tant que la réunion au Format Normandie n’aura pas eu lieu. En bref, Kiev a appliqué en freinant des quatre fers les quelques points qui étaient nécessaires pour que la réunion ait lieu, mais hors de question d’appliquer réellement les accords de Minsk, puisqu’il est prévu d’utiliser cette fameuse réunion pour les saboter et montrer aux Occidentaux qu’il est impossible de les appliquer.

L’autre point important du plan de scénario chypriote c’est la préparation de l’opinion publique ukrainienne, qui bat son plein depuis le mois de septembre. Les propos disant que la population du Donbass est infectée par le « virus pro-russe », et qu’il faut s’en séparer pour protéger l’Ukraine de l’infection, se multiplient dans les médias ukrainiens. Comme nous l’avons vu il y a peu, même Radio Svoboda joue le jeu et nous a sorti un micro-trottoir parfait pour convaincre les Ukrainiens qu’il vaut mieux laisser les deux républiques populaires de côté.

Comme on peut le voir le plan de Kolomoïski se déroule jusqu’ici sans accroc majeur, et il nous reste à attendre le 9 décembre pour voir de quelle manière Zelensky va saboter la réunion au Format Normandie et les accords de Minsk une bonne fois pour toute, avant de sortir son « plan B » miracle comme un magicien sortant un lapin de son chapeau.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne viole le cessez-le-feu dans la zone de retrait de Petrovskoye

Malgré le lancement réussi du retrait des troupes et des équipements militaires dans la zone de Petrovskoye, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu dans la zone de désengagement deux jours d’affilée. Entre ces tirs et la déclaration du chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Ukraine juste avant que le retrait ne commence, la République Populaire de Donetsk (RPD) s’inquiète de la réelle mise en œuvre du désengagement dans cette zone pilote.

Il faut dire que ce retrait des troupes et des équipements dans la zone de Petrovskoye, a fait l’objet de rebondissements dignes d’un feuilleton télévisé. Et qu’au vu des derniers rebondissements en date, il y a de quoi s’inquiéter à juste titre.

Un retrait des troupes en mode « valse à trois temps »

Après l’échec de la tentative de retrait des troupes des 9,10 et 11 octobre, puis de celle du 4 novembre, une nouvelle date devait être fixée lors d’une réunion des groupes de contact à Minsk.

Il a alors été proposé d’organiser une réunion par vidéo-conférence le 8 novembre, évitant ainsi à chacune des parties de devoir envoyer quelqu’un jusqu’à la capitale Biélorusse, ce qui permettait d’accélérer la prise de décision.

Mais Kiev n’a pas répondu à la proposition d’organiser cette vidéo-conférence le 8 novembre, provoquant son annulation pure et simple. Devant ce sabotage manifeste, l’OSCE a alors joué les intermédiaires entre la RPD et l’Ukraine afin d’obtenir l’accord de Kiev pour lancer le retrait le 9 novembre, avec succès.

Samedi 9 novembre à 13 h, la milice populaire de la RPD a tiré une fusée éclairante blanche, depuis Petrovskoye, pour indiquer qu’elle était prête à lancer le désengagement. L’armée ukrainienne a répondu, puis des fusées vertes ont été lancées et le retrait des troupes a pu commencer sous la supervision de l’OSCE.

L’armée ukrainienne viole le cessez-le-feu dans la zone de retrait

Mais alors que le processus n’est pas terminé (après le retrait des soldats, la zone doit être déminée, et les fortifications et autres infrastructures militaires détruites), l’armée ukrainienne a violé par deux fois le cessez-le-feu.

Les premiers tirs ont eu lieu dimanche 10 novembre 2019 à 9 h46. Les soldats ukrainiens ont ouvert le feu depuis le village de Bogdanovka (qui est sous leur contrôle) vers le village de Petrovskoye avec des armes légères. Le chef adjoint de la mission de surveillance de l’OSCE, Mark Etherington se trouvait à Petrovskoye au moment des tirs.

Et aujourd’hui, à 13 h 30, l’armée ukrainienne a de nouveau ouvert le feu en direction de la zone de retrait de Petrovskoye avec des mitrailleuses lourdes et des armes légères.

Ces violations du cessez-le-feu dans la zone de Petrovskoye alors que le désengagement est toujours en cours sont un mauvais signe, et montrent que l’Ukraine continue de vouloir saboter le retrait des troupes et des équipements.

Mises en garde de la RPD face aux provocations américaines et ukrainiennes

Un sabotage approuvé et soutenu par les patrons américains, comme le montre la déclaration du chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Ukraine, William Taylor, qui, le 7 novembre, deux jours avant le lancement du retrait des troupes a jeté de l’huile sur le feu en disant qu’une fois que l’armée ukrainienne se serait retirée de la zone, la police ukrainienne et la garde nationale iraient sur place pour assurer la sécurité.

Or le désengagement des troupes inclut toutes les forces armées ukrainiennes et pas seulement l’armée en tant que telle, comme a dû le rappeler le chef de la RPD, Denis Pouchiline.

« Cette approche non professionnelle et négligente du représentant des États-Unis à cet égard est inacceptable, car elle risque d’induire certains responsables ukrainiens en erreur. Nous voudrions rappeler au diplomate des États-Unis d’Amérique qu’en vertu de la décision-cadre du Groupe de contact trilatéral sur le désengagement des troupes et des équipements, aucune formation armée ne peut en aucun cas être présente dans les zones de désengagement. Seuls les officiers du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu peuvent être présents. C’est la seule exception. Malheureusement, nous sommes une fois de plus confrontés à l’interprétation contradictoire et perverse de la décision-cadre par l’Occident », a déclaré le chef de la RPD.

Denis Pouchiline a ensuite menacé de mesures symétriques si jamais Kiev appliquait les idées de William Taylor.

« Je déclare de manière responsable qu’en cas de présence de représentants de la police ukrainienne et des gardes nationaux dans les zones de désengagement, des représentants des services de sécurité de la République – le Ministère de la sécurité d’État (MGB) et le Ministère de l’intérieur – seront également présents dans ces zones, de manière symétrique et en miroir. Et le processus de désengagement sur les nouveaux sites ne sera pas possible », a conclu le chef de l’État.

Le chef de la RPD a été rejoint dans la critique de cette démarche non-constructive par le représentant en chef de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC), Rouslan Iakoubov, qui a rappelé le contenu du point n°8 de la décision-cadre

« En ce qui concerne le paragraphe 8 de la décision-cadre, nous attirons l’attention sur le fait que ni l’armée ukrainienne, ni la Garde nationale, ni la police ne peuvent être présentes dans la zone de désengagement. Selon l’addendum au Paquet de mesures, l’expression « forces armées ukrainiennes » englobe toutes les formations armées ukrainiennes », a déclaré le représentant.

Si le chef de la RPD a fustigé une interprétation erronée de la décision-cadre par les patrons occidentaux de l’Ukraine, Rouslan Iakoubov leur reproche de ne même pas avoir lu les documents des accords de Minsk.

« Apparemment, les curateurs occidentaux ne passent pas beaucoup de temps à lire les documents officiels des accords de Minsk, ce n’est que de cette manière que de telles déclarations peuvent être expliquées. Nous voudrions également rappeler que des unités de la Garde nationale, comme Azov, et d’autres semblables, sont connues dans tout le Donbass pour leurs crimes contre les civils qui constituent un génocide », a déclaré le représentant de la RPD au sein du CCCC.

Rouslan Iakoubov a aussi tenu à rappeler le but du désengagement afin de souligner le non-sens que représente la déclaration de William Taylor, et exprimé l’espoir que ses déclarations ne seront pas appliquées par Kiev.

« De plus, la déclaration de Taylor contredit le bon sens. L’essence du désengagement est précisément de retirer les troupes et les équipements des deux parties à une distance suffisante pour empêcher les bombardements et permettre une désescalade générale de la situation sur la ligne de contact. Par conséquent, la question qui se pose aux diplomates occidentaux est la suivante : quel peut être le règlement pacifique du conflit si des forces armées, dites nationalistes, reviennent sur les positions abandonnées par d’autres forces armées ?

Nous recommandons à M. Taylor d’examiner de plus près les documents de Minsk, en particulier la décision-cadre. Nous ne pouvons qu’espérer que sa déclaration sera perçue par tous les esprits raisonnables comme un malentendu et ne servira pas de guide pour les actions des dirigeants ukrainiens. Sinon, tous nos efforts pour reprendre le désengagement et visant à instaurer la paix seront vains : si des représentants des forces de sécurité ukrainiennes pénètrent dans ces zones, la tension y restera la même, seul le nom des forces armées et l’uniforme de leurs représentants changeront, » a conclu le représentant.

Espérons que ces mises en gardes seront entendu côté ukrainien, faute de quoi, le retrait des troupes et des équipements militaires à Petrovskoye pourrait bien se solder une fois de plus par un échec, par la faute de Kiev.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 9 novembre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 9 novembre 2019.

SITUATION MILITAIRE

01’04″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’26″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
02’41″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

04’18″- Le retrait des troupes et des équipements a commencé à Petrovskoye

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

10’18″- L’initiateur de Mirotvorets en charge de la sécurité des journalistes
20’15″- Saison de chauffage en danger à cause des dettes de gaz
29’30″- Des centaines de villages disparaissent en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

31’14″- Zelensky joue les mythomanes à propos du « génie ukrainien »

39’10″- Conclusion (lien vers l’analyse du micro-trottoir de Radio Svoboda)

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RPD – L’Ukraine sabote une fois de plus le retrait des troupes à Petrovskoye

Après la tentative ratée des 9, 10 et 11 octobre 2019, l’Ukraine et la RPD s’étaient pourtant mises d’accord pour une nouvelle date de lancement du retrait des troupes et des équipements militaires à Petrovskoye, fixée au 4 novembre.

Après la réussite du retrait opéré à Zolotoye, une once d’espoir était apparue sur la possibilité de mener enfin le désengagement à Petrovskoye.

Des espoirs très vite refroidis par les déclarations du ministre ukrainien de la Défense, Andreï Zagorodniouk, qui dès le 1er novembre a annoncé qu’il fallait repousser la date de lancement du processus de retrait des troupes à Petrovskoye à cause de tirs qui ont eu lieu dans la zone de retrait le 29 octobre.

Le problème c’est que la chaîne ukrainienne N°5 qui présente l’information, dit que l’OSCE a enregistré les tirs, puis publie l’interview d’un soldat qui dit que c’est la milice populaire de la RPD qui a tiré.

Sauf que les rapports de l’OSCE disent tout le contraire : les tirs venaient des positions ukrainiennes !!! Un fait complètement occulté tant par le « média » ukrainien que par le ministre de la Défense.

Voici les extraits des deux rapports publiés les 30 et 31 octobre concernant ces incidents dans la zone de désengagement :

Rapport de l'OSCE concernant Petrovskoye du 30 octobre

Rapport de l'OSCE concernant Petrovskoye du 31 octobre

Dans les deux cas, l’OSCE a clairement entendu des tirs le 29 octobre venant du Sud Ouest à au moins 1 km d’eux. Or si on regarde une carte de la zone, au Sud-Ouest de Petrovskoye à minimum 1 km, ce sont les positions ukrainiennes qui se trouvent là.

Carte de Petrovskoye

Il n’était donc pas bien difficile pour mes « collègues » de la chaîne 5 d’obtenir l’information juste en allant regarder les rapports de l’OSCE, puis une carte, plutôt que de publier une fausse information.

Fausse information qui sert en prime de justification à ce nouveau sabotage par l’Ukraine du retrait des troupes et donc des accords de Minsk. Il est quand même incroyable de voir le ministre ukrainien de la Défense justifier de reporter le retrait des troupes à cause des tirs de sa propre armée, qu’il essaye pitoyablement de faire passer pour ceux de la milice populaire.

J’étais sur place aujourd’hui pour voir si le désengagement serait lancé ou non, et j’ai pu assister à l’échec du retrait des troupes.

À 13 h 00, la milice populaire a tiré une fusée éclairante blanche, indiquant qu’elle était prête à mener le désengagement de ses troupes, puis a attendu en vain une réponse pendant près de 30 minutes. Devant l’évidence que l’armée ukrainienne ne tiendrait pas ses engagements, il n’y a pas eu d’autres tirs de fusées, contrairement à la tentative du 10 octobre.

Voir le reportage vidéo complet :

Devant l’évidence du sabotage du retrait des troupes et de l’application des accords de Minsk par l’Ukraine, le service de presse du quartier général de l’Opération des Forces Interarmées n’a rien trouvé de mieux à sortir que de prétendre que la tentative de la milice de la RPD de mener le désengagement aujourd’hui était une « provocation ». Là on touche le fond du foutage de gueule…

Entre cette déclaration délirante (puisque je rappelle que la date du 4 novembre avait été convenue et acceptée par l’Ukraine lors de la réunion des groupes de contact à Minsk) et la fake news géante de la chaîne 5 et du ministre ukrainien de la Défense, on doit vraiment se pincer pour vérifier qu’on est bien éveillé, et qu’on n’est pas tombé dans la 4e dimension.

La représentation de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) a d’ailleurs commenté cette manipulation.

« De telles déclarations démontrent le manque de crédibilité du commandant en chef, qui avait déjà annoncé que le retrait était prévu le 4 novembre. En outre, de telles actions de la part de la partie ukrainienne sont de nature manipulatrice, constituent un sabotage flagrant des accords de Minsk et une tentative de changer tous les accords en leur faveur », a déclaré la représentation de la RPD au sein du CCCC.

La ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova a pour sa part demandé à l’OSCE de condamner ce énième sabotage de Kiev.

« Nous exigeons que le manquement de l’Ukraine à ses obligations soit condamné lors de la réunion du Conseil permanent de l’OSCE. Nous informons également que nous allons examiner la situation lors de la prochaine réunion du Groupe de contact à Minsk », a-t-elle déclaré.

Personnellement je doute sincèrement que l’OSCE fera quoi que ce soit pour condamner ces sabotages à répétition, malgré leur évidence. Cette passivité de l’organisation chargée de surveiller l’application des accords de Minsk, et des pays occidentaux garants de ces mêmes accords permet à l’Ukraine de jouir d’une impunité totale. Pourquoi donc se mettrait-elle à appliquer les accords de Minsk si personne ne lui reproche ses sabotages de ces mêmes accords ?

En attendant, pas de retrait des troupes, pas de réunion au Format Normandie. Il serait temps que Zelensky cesse cette technique du « un pas en avant, deux pas en arrière », qui ne le mènera nulle part, et surtout pas à la réunion qu’il insiste tant pour obtenir. Car pour rappel, Vladimir Poutine a clairement posé ses conditions pour organiser cette réunion. Si ces conditions ne sont pas remplies (et le retrait des troupes à Petrovskoye en fait partie), il n’y aura pas de réunion. C’est pourtant simple à comprendre.

Ce cirque médiatico-tragico-pathétique ne sert qu’à faire perdre un temps précieux à tout le monde. Et pendant que ce temps est perdu par certains, d’autres continuent de perdre la vie sous des tirs qui ne devraient plus avoir lieu depuis plus de cinq ans, si la France, l’Allemagne et l’OSCE faisaient leur travail correctement.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 2 novembre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 2 novembre 2019.

SITUATION MILITAIRE

07’31″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
09’44″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
10’20″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien
12’12″- L’armée ukrainienne amène des enfants sur la ligne de front

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

17’06″- Nouvelle tentative de retrait des troupes prévue à Petrovskoye le 4 novembre

ÉCONOMIE

27’09″- La RPD organise son premier forum international d’investissement

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

44’00″- Macron humilie l’Ukraine
46’51″- Un député du parti de Zelensky se fait attraper en train de solliciter les services d’une prostituée pendant une session parlementaire

48’11″- Conclusion

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Nouvelle tentative de retrait des troupes prévue à Petrovskoye le 4 novembre

Alors que début octobre la tentative de désengagement a été mené en parallèle à Zolotoye (République Populaire de Lougansk – RPL) et à Petrovskoye (RPD), cette fois-ci les dates pour le retrait des troupes et des équipements dans les deux zones pilotes ont été fixées à six jours d’écart.

La première zone pilote à avoir enfin vu, avec succès, le retrait des troupes et des équipements, fut celle de Zolotoye, en RPL. En effet, la nouvelle tentative de désengagement, fixée (en dernière minute) au 29 octobre a été couronnée de succès.

« Bien que nous ayons été informés de l’état de préparation de l’Ukraine moins de deux heures avant le début du désengagement, nous étions en attente depuis le 7 octobre, date convenue lors de la réunion du Groupe de contact le 1er octobre », a dit Vladislav Deïnego, ministre des Affaires étrangères de la RPL. « Nous avons donc saisi la première occasion dès que l’Ukraine nous a informés qu’elle était prête. Enfin, nous avons amené l’Ukraine à éliminer les violations dans la zone de sécurité de Zolotoye. »

À 13 h 15 et 13 h 16 respectivement, l’armée ukrainienne et la milice populaire de la RPL ont tiré une fusée blanche, puis une fusée verte, afin de lancer le début du désengagement en parallèle des deux côtés de la ligne de front. Pour l’instant le retrait des troupes se passe sans accroc, et les néo-nazis ukrainiens n’ont pas interféré avec le processus, d’après le rapport de la MSS de l’OSCE.

Suite au succès du retrait des troupes à Zolotoye, une nouvelle tentative à Petrovskoye a été annoncée pour le 4 novembre d’abord par l’Ukraine (en violation de l’accord de non-divulgation conclu le 29 octobre), puis par la République Populaire de Donetsk.

Si la réussite du retrait à Zolotoye a de quoi susciter un peu d’espoir, le fait que Kiev ait violé l’accord de non-divulgation et révélé la date prévue pour le retrait à Petrovskoye inquiète les autorités de la RPD.

« Nous espérons que ce n’est pas seulement une initiative spéciale de l’Ukraine pour utiliser des prétextes tels que le cessez-le-feu de sept jours et des escadrons nationalistes incontrôlés au cas où quelque chose tournerait mal », a déclaré la diplomate de la RPD. « Comme le montre l’exemple de Zolotoye, il est tout à fait possible de pacifier les militants armés radicaux et de lancer le processus de désengagement. »

L’autre point qui n’incite pas à l’optimisme c’est la constance des bombardements de la part de l’armée ukrainienne, qui a violé 31 fois le cessez-le-feu durant les dernières 24 h, tirant 171 munitions et endommageant trois habitations civiles sur le territoire de la RPD.

Encore aujourd’hui, la 128e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) a tiré au missile antichar sur une ambulance (clairement identifiée comme telle) qui se rendait à Belaya Kamenka pour porter secours à un enfant malade. Le chauffeur et l’infirmier ont été blessés et emmenés à l’hôpital. Il faut rappeler que tirer sur une ambulance est un crime de guerre, interdit par la convention de Genève !

De son côté la milice populaire de la RPD s’est déclarée prête à procéder au retrait des troupes et des équipements à Petrovskoye selon le processus prévu.

Il est clair en tout cas que cette volte-face de Kiev concernant le retrait des troupes est due à l’intransigeance de la Russie concernant la tenue de la réunion au Format Normandie. Moscou ayant refusé d’accepter que la réunion ait lieu tant que les conditions posées par la Russie n’étaient pas pleinement remplies, Zelensky n’a pas eu d’autre choix que de plier comme avec la signature de la formule Steinmeier.

Il faut croire que Zelensky a absolument besoin de cette réunion avec son homologue russe. La question est de savoir si c’est juste pour un coup de communication, ou si c’est pour présenter à Vladimir Poutine, Angela Merkel et Emmanuel Macron son fameux scénario chypriote.

Je serais sur place à Petrovskoye le 4 novembre pour faire un reportage sur le lancement du processus de désengagement, en espérant qu’il se passe aussi bien que celui de Zolotoye. Si c’est le cas, la date pour la réunion au Format Normandie devrait être ensuite rapidement annoncée et nous saurons alors une fois la réunion terminée quel était le but réel de Zelensky derrière tout ce cirque.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne amène (et met en danger) des enfants sur la ligne de front

Emmener des enfants sur ce qui reste l’une des zones les plus dangereuses de la ligne de front peut sembler être de la folie pure, ou de l’inconscience. Malheureusement il est à craindre que la vérité soit bien plus terrifiante.

En effet, dans le reportage filmé par la chaîne télévisée ukrainienne TCH, on entend clairement à la fin des tirs de mitrailleuse et de lance-grenade sortants, c’est-à-dire des tirs venant du côté ukrainien. Le tout en plein brouillard. On y voit aussi un superbe drapeau rouge et noir typique des unités néo-nazies (ce drapeau ayant été celui des sbires de Bandera pendant la seconde guerre mondiale).

Il semble que le but de cette provocation était d’obtenir un tir de réponse de la part de la milice populaire de la RPD, en espérant la mort d’un ou plusieurs enfants ou journalistes, que les soldats de la république ne pouvaient pas voir à cause du brouillard. Le tout filmé par les caméras présentes sur place pour cette vidéo de propagande.

Heureusement la provocation a pu être déjouée grâce à deux facteurs.

Le premier est que la milice populaire de la RPD respecte le cessez-le-feu et ne prête plus attention à de telles provocations depuis longtemps. La réponse tant attendue n’est donc pas venue.

Le deuxième facteur est le fait qu’il reste des officiers ukrainiens qui ont encore un peu d’honneur au sein de la 92e brigade, dont les positions se trouvent à Promka.

En effet, les services de renseignement de la RPD ont découvert que faute d’obtenir la réponse voulue de la part de la milice populaire, le commandant de la 92e brigade a ordonné au commandant du 3e bataillon de tirer sur le bus transportant les enfants et les journalistes, pour en blâmer ensuite la république.

Mais l’officier en question a refusé de tirer sur le bus et a ordonné de cesser tout tir dans cette zone dès qu’il a su que des enfants étaient là.

Ce genre de provocation ignoble impliquant des enfants, montre que certains au sein des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ne reculent devant rien, et n’ont aucune considération pour la population civile du Donbass qu’ils prétendent venir « libérer ».

Quand on met en danger des enfants en les amenant sur la ligne de front et qu’on est prêt à tirer ou faire tirer sur le bus qui les transporte pour en blâmer l’ennemi dans une opération de propagande sordide, c’est qu’on ne mérite pas d’autre qualificatif que celui de terroriste…

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 26 octobre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 26 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE

00’58″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’37″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
02’51″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien
04’32″- La RPD craint une attaque sous faux drapeau sur des sites industriels contenant des produits chimiques
06’16″- Vol de matériel militaire fourni par les États-Unis par des soldats des forces spéciales ukrainiennes

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

10’56″- Le représentant ukrainien à Minsk montre clairement que Kiev n’appliquera pas les accords de Minsk

RUSSIE

17’58″- La Russie répond à la lettre de protestation de Kiev concernant ses convois humanitaires pour le Donbass

MH17

19’30″- Josef Resch retire sa proposition de transmettre les informations à sa disposition sur le crash du MH17 faute d’avoir été contacté par aucun des pays concernés

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

21’42″- 55 agressions enregistrée en Ukraine contre des journalistes depuis début 2019
23’21″- L’Ukraine est le pays le plus pauvre d’Europe
25’05″- La population ukrainienne se vide faute de naissances suffisantes pour compenser les décès

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

27’50″- L’épouse du président ukrainien porte une robe d’une couleur interdite lors de la cérémonie d’intronisation de l’empereur japonais

31’16″- Conclusion

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Arrêtez vos coquetteries : l’Ukraine ne récupérera pas le Donbass

L’Ukraine est allée trop loin et trop profondément dans son hystérie antirusse. Même des gens originaires du Donbass ont été zombifiés. Il est nécessaire d’abandonner les espoirs d’amélioration des relations avec la nouvelle élite ukrainienne. Le Donbass est en Ukraine seulement sur le plan formel.

Le fait que les accords de Minsk ne soient pas applicables et qu’il soit nécessaire d’organiser des voyages de presse en Crimée pour les journalistes et les hommes politiques ukrainiens afin de faire connaître la vérité à la société ukrainienne a été affirmé par Oleg Bondarenko, politologue bien connu, à Valentin Filippov de Politnavigator.

Valentin Filippov : Comment évaluez-vous la condition posée par Denis Pouchiline, disant que pour poursuivre les négociations au format de Minsk il faut que le quasi-État ukrainien soit dissout, que de nouvelles structures de gouvernance régionale soient créées et que les accords de Minsk ne pourront être mis en œuvre qu’ensuite. Ne serait-ce pas une raison pour que l’Ukraine se retire des accords de Minsk ?

Oleg Bondarenko : N’oublions pas pourquoi Denis Pouchiline l’a fait. Il l’a fait en réponse à une proposition similaire, en fait, de la partie ukrainienne, exprimée officiellement lors de la réunion à Minsk, selon laquelle nous appliquerions les accords de Minsk sur le plan politique, mais seulement si les Républiques Populaires de Donetsk et de Lugansk sont dissoutes.

Si elles sont dissoutes…

Et comment peuvent-elles se dissoudre si elles sont signataires des accords de Minsk ? Je voudrais parler, Valentin, plus, pour ainsi dire, sur les choses principales, qui, à mon avis, ne sont pas aussi visibles maintenant. Au contraire, l’humeur qui prévaut aujourd’hui parmi les élites en Russie, c’est qu’il est temps de commencer à construire des relations constructives normales avec l’Ukraine d’une manière ou d’une autre, de revenir sur notre histoire cinq ans an arrière et de repartir de zéro. Je voudrais mettre en garde tous ceux qui le pensent, et j’ai moi-même presque commencé à le penser avant-hier.

Oh, non, ce n’est pas possible…

Oui, oui. J’ai pensé qu’il serait peut-être réellement nécessaire de commencer à construire des relations avec de nouvelles personnes et, en règle générale, avec des personnes complètement inconnues. Voilà. Mais j’avais tort. Et ceux qui pensent cela, croyant naïvement que nous pouvons maintenant rendre le Donbass à l’Ukraine, ont tort de compter sur une coopération constructive. Non.

Tout d’abord, le Donbass ne doit pas être rendu à l’Ukraine. L’Ukraine fera exactement la même chose avec elle, et peut-être bien pire, je suppose que ce serait encore pire, que ce que la Croatie a fait avec la Krajina serbe. Si la Croatie a juste expulsé physiquement tous les Serbes et que ceux qu’elle n’a pas expulsés sont partis, l’Ukraine peut prendre des mesures encore plus radicales.

Donc, aujourd’hui, oui, du point de vue des accords de Minsk, le Donbass pourrait être réincorporé à l’Ukraine dans un certain avenir, mais mon opinion est la suivante : le Donbass ne peut être renvoyé en Ukraine. Premièrement, parce que l’Ukraine ne fera rien de bon en réponse à cette mesure. L’Ukraine est allée trop loin et trop profondément dans son hystérie antirusse, et cette hystérie ne s’est tout simplement pas résolue en un an.

Mais si les accords de Minsk sont appliqués, si la milice populaire demeure, si les forces de sécurité ukrainiennes sont empêchées d’entrer sur le territoire du Donbass, la même ligne de démarcation sera maintenue, qu’est-ce qui empêcherait le Donbass de redevenir légalement ukrainien tout en jouissant des droits liés à une existence en propre ?

Malheureusement, ce n’est pas possible.

Pourquoi ? Les points de contrôle resteront, ils ne passeront pas.

Parce que c’est impossible, Kiev n’acceptera pas. Au mieux, Kiev peut essayer de jouer selon ses propres règles d’une manière rusée, en fait, en trompant tout le monde. Nous devons donc comprendre que le régime ukrainien qui est maintenant au pouvoir, est dans l’exact prolongement des personnes qui sont venues au pouvoir à la suite du coup d’État. J’ai récemment parlé à un, pour ainsi dire, ancien résident de Donetsk, qui a déménagé à Kiev bien avant les événements.

Et je me suis rendu compte que, bien sûr, si l’Ukraine a fait cela [le convertir à ses idées NDLR] même avec des personnes, absolument culturellement russes, russophones, pendant ces cinq années, il est terrible d’imaginer ce qu’elle a fait aux autres. En un mot… Et le plus important, voyez-vous, c’est que l’Ukraine n’a pas besoin du Donbass.

Je sais cela.

L’Ukraine n’a pas besoin du Donbass. Ils ont besoin que ces territoires soient officiellement leurs, c’est ce dont ils ont besoin. Ils ont besoin de l’officialisation du territoire, qu’ils veulent « corriger » et ainsi prouver que, regardez, c’est le nôtre, vous ne pouvez pas venir chez nous.

J’aimerais dire deux choses, en fait. La première est le fait que le Donbass ne peut pas être renvoyé en Ukraine, parce qu’elle n’en a pas besoin, et qu’elle y fera un nettoyage [ethnique] encore pire que les Croates avec la Krajina serbe, bien pire.

Et le deuxième point, c’est que si quelqu’un pense encore que selon les accords de Minsk – que l’Ukraine viole à chaque étape, qu’à chaque étape on tente de le cacher – cela signifie que nous allons déclarer que les républiques populaires sont effacées, eh bien pour ceux qui pensent pouvoir le faire, proposons une chose à l’Ukraine maintenant.

Organisons maintenant des tournées de presse pour les Ukrainiens, diverses visites en Crimée. En Crimée. Et regardons la réaction. Parce que la Crimée a été la première, après tout, la Crimée a été le test décisif, et n’oublions pas ce qui a suivi. Si l’opinion publique ukrainienne peut reconnaître la Crimée comme une partie de la Russie perdue à jamais, alors nous pouvons parler d’un format qui convienne avec le Donbass.

Acheter la Crimée au détriment des habitants du Donbass ? Je suis contre.

Je parle d’autre chose maintenant – je dis qu’il n’y a pas de réponse claire à la question de savoir quoi faire de la mise en œuvre des accords de Minsk, quoi faire du sort du Donbass au cas où, même si j’y crois peu, au cas où le gouvernement ukrainien accepterait d’appliquer les accords de Minsk. Examinons maintenant l’attitude des autorités ukrainiennes à l’égard de la Crimée.

Essayons maintenant d’organiser un dialogue avec les autorités, non pas par des méthodes de guérilla, comme cela pourrait être fait, mais dans le cadre d’un dialogue avec les officiels de Kiev, pour organiser quelques visites de parlementaires, de leaders d’opinion et d’experts ukrainiens. Si ces gens en viennent à voir et à accepter que la Crimée est russe, alors nous pouvons parler des perspectives de mise en œuvre des accords de Minsk.

Oh. Eh bien, ils vont mentir. Ils viendront ici et diront une chose, et ils en diront une autre là-bas.

C’est mon opinion. Je lierais les perspectives de mise en œuvre pratique des accords de Minsk à la reconnaissance par Kiev de la Crimée en tant que partie de la Russie.

Zelensky dit donc que la question de la Crimée devrait être soulevée u Format Normandie et dans les accords de Minsk. Et vous dites que nous devrions soulever la question de la Crimée.

Parfait. Reprenons tout ça. Rappelons à cet égard que tant que le gouvernement ukrainien ne reconnaîtra pas la Crimée comme territoire russe, il ne pourra être question d’aucune application des accords de Minsk.

Eh bien, je ne sais pas. Selon les accords de Minsk, la milice populaire demeure, et il n’y a pas d’autres forces de l’ordre. Chaque mois, les habitants du Donbass reçoivent des passeports russes. Leur nombre augmente chaque mois. Bientôt, jusqu’à un million de citoyens russes résideront en permanence dans les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk. Ils ont leur propre armée, leur propre police – la plupart du temps déjà citoyens de la fédération de Russie.

Si le Donbass dispose d’une large autonomie en Ukraine, que peut faire l’Ukraine ? Tout d’abord, ces personnes sont protégées par les lois russes, et les forces armées russes, si nécessaire. Deuxièmement, ils ne permettront tout simplement pas aux forces armées ukrainiennes d’utiliser des méthodes répressives.

Tout à fait d’accord, Valentin, tout à fait d’accord. Mais là, vous parlez d’autre chose. Vous dites « pourquoi les accords de Minsk ne peuvent pas être mis en œuvre »…

Pourquoi ? Ils peuvent être mis en œuvre.

En raison de la citoyenneté de la population locale.

Pourquoi ? Ils peuvent.

Aujourd’hui, même les experts de haut rang, du Kremlin, admettent ouvertement, non seulement les experts, mais aussi les fonctionnaires eux-mêmes, admettent qu’après la mise en œuvre des accords de Minsk, le Donbass ne peut être ukrainien que sur le plan formel.

Sur le plan formel, oui.

C’est de cela que nous pouvons parler à la suite de la mise en œuvre des accords de Minsk ? De rien d’autre. Bien que personnellement je ne crois pas en une telle perspective et, à mon avis, c’est la conclusion que j’ai tirée de ma communication, la dernière communication avec d’anciens natifs du Donbass, qui ont depuis longtemps déménagé à Kiev, qu’ils ont déjà une déformation de la conscience, qui est irréversible, qui a une forme irréversible. Par conséquent, nous devrions peut-être abandonner l’espoir d’essayer d’améliorer et de rétablir les relations avec l’Ukraine en rendant le Donbass. Il y a peut-être d’autres moyens ? Pourquoi pas ? Mais nous ne devrions pas parler du Donbass à cet égard.

Après la déclaration de Pouchiline sur la nécessité de dissoudre le quasi-État ukrainien, je me suis souvenu de feu Alexandre Zakhartchenko, qui disait en 2015 « je prendrai une ville par jour jusqu’à ce que Porochenko commence à mettre en œuvre [les accords de Minsk NDLR] ». Et puis Debaltsevo, Ouglegorsk, tous ces… et Porochenko s’est assis à la table des négociations et a signé tout ce qu’ils ont dit et pris ce qu’ils ont dit. Peut-être, je pense qu’il est possible d’établir des relations avec l’Ukraine, si nous prenons une ville par jour. N’est-ce pas ?

Mais, Valentin, vous riez en le disant…

Je ne ris pas. C’est juste un rire nerveux après six ans.

Ce n’est pas très, très gentil, c’est le moins qu’on puisse dire, mais des gens meurent là-bas. Et il ne faut pas…

Ils sont en train de mourir. Ils meurent encore. Si cela n’est pas fait, d’autres mourront.

Je ne suis pas d’accord avec vous. J’aimerais que ce soit la paix. Et je reviens sur le fait que… Eh bien, écoutez, pourquoi ces divagations ?

Oui.

Les accords de Minsk, c’est beau sur le papier. Qu’ils y restent. En pratique, ils ne sont pas réalisables. Et s’ils avaient au départ au moins une petite possibilité, une petite chance d’être mis en œuvre immédiatement après la signature, en 2016, aujourd’hui, fin 2019.…

En 2015…

En 2015. Oui. C’est beaucoup plus dur aujourd’hui, fin 2019. C’est beaucoup plus difficile. Et c’est pourquoi nous avons du mal à les mettre en œuvre. Par conséquent, le résumé général peut être le suivant. Il faut abandonner l’espoir d’améliorer les relations avec la nouvelle élite ukrainienne par la coquetterie autour du retour du Donbass. Arrêtez de flirter. Le Donbass ne peut pas être renvoyé en Ukraine. C’est tout. Sinon, ce sera l’enfer et la terre brûlée, avec un nettoyage ethnique plus intense que ce que les Croates ont fait dans la Krajina serbe.

Dans le même temps, je ne prétends pas qu’il ne soit pas nécessaire d’améliorer complètement les relations. Il est nécessaire d’établir des relations avec Kiev. Mais d’une toute autre façon. Vous savez, il y a beaucoup de précédents dans le monde lorsqu’il y a des points douloureux et qu’ils sont soigneusement contournés, cela construit une toute nouvelle façon de communiquer, de coopérer et de se concerter. Dans le domaine de l’écologie, là, par des programmes de coopération mondiale et régionale. Pour toutes les autres choses. Mais en évitant les points douloureux.

Je me souviens immédiatement d’une vieille blague ukrainienne sur l’environnement. Un bandériste se lève et dit : « L’environnement est détruit, les rivières sont abîmées, il n’y a pas d’arbres, on ne peut pas noyer un Moskal [mot péjoratif pour désigner les Russes], ni pendre un juif ».

Alors quoi ? Cela signifie-t-il que les républiques doivent s’engager dans la construction de l’État, coopérer avec la Russie et s’intégrer autant que possible dans le système économique de la Fédération de Russie, si je comprends bien ?

Bien sûr. Bien sûr.

Tout ce que je peux faire, c’est souhaiter aux républiques du Donbass de regagner leurs territoires. Et si elles se séparent, elles le feront complètement, avec la totalité de leurs territoires.

Source: PolitNavigator
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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55 agressions contre des journalistes enregistrées en Ukraine depuis début 2019

Plus de 50 cas d’agression physique contre des journalistes ont été enregistrés en Ukraine au cours des neuf premiers mois de cette année, selon le rapport « Indice de sécurité physique des journalistes en Ukraine » établi par l’Union nationale des journalistes d’Ukraine.

« En juillet, août et septembre, 19 agressions ont été perpétrées contre des journalistes en Ukraine et 36 au cours du premier semestre. Au troisième trimestre de 2019, la plupart des cas de violence contre des employés des médias ont été enregistrés à Kiev – six – et il y a eu quatre cas à Odessa. En neuf mois, un total de 55 cas d’agression physique contre des journalistes ukrainiens ont été enregistrés », indique le rapport.

La semaine dernière, Benjamin Moreau, chef adjoint de la mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine, a exprimé ses préoccupations concernant la sécurité des journalistes en Ukraine et l’impunité des crimes contre les représentants des médias dans son discours lors d’une session du Comité pour la liberté d’expression de la Verkhovna Rada.

Source : TASS
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 19 octobre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 19 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE
00’44″ – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’17″ – L’armée ukrainienne abat un drone de l’OSCE
04’36″ – La RPD détecte des pièces d’armement lourd présentes près de la ligne de front côté ukrainien

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

05’50″ – Kiev demande la dissolution de la RPD et de la RPL en vue de proposer un scénario chypriote

RPD-RPL

26’16″ – La RPD ouvre un centre représentatif en Belgique

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

27’35″ – Preuves de la collusion du gouvernement ukrainien avec les néo-nazis
41’22″ – Naftogaz veut extorquer plus de 11 milliards de dollars à Gazprom

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

45’30″ – Des députés ukrainiens veulent « récupérer » le Kouban et ses habitants

48’20″ – Conclusion

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Demande de dissolution de la RPD et de la RPL – Kiev veut un scénario chypriote

Après avoir saboté le retrait des troupes à Petrovskoye et Zolotoye, Kiev a demandé ni plus ni moins que la dissolution des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) comme prérequis pour appliquer le volet politique des accords de Minsk et la formule Steinmeier qu’elle a pourtant signée le 1er octobre.

Si cette demande peut sembler ridicule, voire débile de prime abord, et faire croire que Zelensky plie devant les ultra-nationalistes et les néo-nazis, il se peut aussi que cela fasse partie du plan B de Kiev dont nous avions parlé précédemment. Explication.

Afin de bien comprendre tout ce qui se passe, je vais faire un rappel rapide de plusieurs analyses précédentes concernant Zelensky et les déclarations et actions de son gouvernement.

Ce qui se passe actuellement confirme la justesse du qualificatif d’« illusionniste » que j’avais accolé à Zelensky il y a un mois. Pendant que le monde regardait ses déclarations de paix, il ne voyait pas les bombardements croissants de l’armée ukrainienne, ni le refus de Kiev d’appliquer réellement les accords de Minsk. Volodymyr Zelensky pratique l’écran de fumée à échelle industrielle.

Ce qu’il dit, ou ce qu’il semble faire, n’est pas la réalité ni de ce qu’il pense, ni de ce qu’il fait vraiment. Gardez bien cela en tête, car c’est important pour comprendre la suite. Le but de l’écran de fumée est de dissimuler ce que fait réellement l’illusionniste. Pendant que vous vous vous focalisez sur sa main droite, qu’il vous montre ostensiblement, vous ne voyez pas ce que fait sa main gauche.

Le deuxième point à garder en tête, c’est cette analyse de Daniil Bezsonov, selon laquelle le couple Kolomoïski-Zelensky aurait pour projet de se débarrasser rapidement du problème que pose le conflit dans le Donbass en renonçant temporairement à la partie du territoire qu’il ne contrôle pas, afin de geler suffisamment le conflit pour pouvoir attirer des investisseurs étrangers dans le pays, et surtout de l’argent, dont une partie pourra alimenter leurs poches.

D’après l’analyse de Bezsonov, l’idée est de faire croire que Zelensky veut la paix, veut appliquer les accords de Minsk, mais qu’il ne le peut pas parce que les ultra-nationalistes le menacent d’un nouveau Maïdan, et que la seule solution c’est donc d’abandonner le territoire pour régler le problème rapidement. Dans ce plan, la communication et surtout la pratique massive de la technique de l’écran de fumée est essentielle.

Il faut que la communauté internationale croit dur comme fer que Zelensky risque un coup d’État néo-nazi s’il applique les accords de Minsk, pour qu’elle accepte après de renoncer à ces mêmes accords.

Or plus les événements se déroulent sous nos yeux et plus ces derniers laissent une sensation de déjà-vu pour ceux qui ont lu le scénario potentiel du « plan B » de Kolomoïski-Zelensky exposé par Bezsonov.

En effet, comme il l’avait prédit, le désengagement des forces et des équipements militaires a échoué, après plusieurs tentatives à rebondissements dignes de contes de fées, puis le 14 octobre, les néo-nazis ukrainiens ont fait leur marche aux flambeaux, et Biletski a posé un ultimatum à Zelensky.

Biletski, conformément à la prédiction de Bezsonov, semble s’imposer comme le leader de la contestation ultra-nationaliste et néo-nazie contre l’application des accords de Minsk. Il a donné 10 jours à Zelensky pour renoncer au retrait des troupes, à la mise en place d’un statut spécial pour le Donbass, à l’amnistie pour la RPD-RPL, et à la tenue d’élections sur leur territoire tant que la frontière avec la Russie n’est pas sous contrôle de Kiev.

En clair, Biletski donne 10 jours à Zelensky pour renoncer officiellement à appliquer les accords de Minsk, et la formule Steinmeier pourtant signée à Minsk le 1er octobre 2019. Il exige que les demandes de leur mouvement « résistance à la capitulation » soient garanties par la loi d’ici 10 jours (c’est-à-dire que Zelensky fasse voter une loi renonçant aux accords de Minsk en fait), faute de quoi, ils passeront des manifestations à la résistance civile et qu’ils forceront « les autorités à faire ce que veut la nation ». Pour résumer, il menace Zelensky d’un Maïdan s’il ne fait pas ce qu’il veut.

Je passerai sur son délire de confédération pro-ukrainienne en Europe de l’Est, basée à Kiev, et le fait que l’Ukraine aurait besoin des ressources naturelles de la Russie pour pleinement se réaliser sur le plan géopolitique. Rien que d’imaginer comment il compte mettre la main sur ces ressources naturelles a de quoi faire rire.

Avec cet ultimatum et la marche du 14 octobre, Biletski semble avoir réussi à « capter » les Ukrainiens qui s’opposent à l’application des accords de Minsk, damant le pion à Porochenko, qui se retrouve relégué au second plan, comme prévu dans le scénario envisagé par Bezsonov.

Bien sûr tout cela est largement médiatisé (là aussi, comme prévu), et c’est là qu’arrive le rétropédalage et le sabotage massif et médiatisé des accords de Minsk par les officiels ukrainiens.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que Kiev n’a pas fait ça à moitié, puisque la secrétaire de presse de Léonid Koutchma, représentant ukrainien à Minsk, Daria Olifer, n’a rien trouvé de mieux à sortir en guise de bilan de la réunion qui a eu lieu dans la capitale Biélorusse hier, que d’exiger que la RPD et la RPL soient dissoutes comme prérequis à l’application du volet politique des accords de Minsk par l’Ukraine.

Non, non, ce n’est ni un poisson d’avril, ni un fake. En plus des exigences abusives habituelles comme le contrôle de la frontière avant les élections (alors que les accords de Minsk prévoient le contraire), ou le fait que les partis ukrainiens doivent pouvoir participer aux élections dans le Donbass (rien que d’imaginer quelle serait la réaction de la population de la RPD-RPL face à un candidat de Secteur Droit ou Svoboda – partis néo-nazis – qui se présenterait là-bas pour être élu, je peux déjà garantir que cela se finirait en bain de sang et même un régiment de casques bleus ne pourrait rien faire pour garantir sa sécurité), voilà maintenant que Kiev exige la dissolution des deux républiques avec les représentants desquelles l’Ukraine a signé les accords de Minsk !!!

Sauf que si on dissout une des parties de l’accord signé, celui-ci est complètement vidé de sa substance, et n’a plus à être appliqué puisqu’il n’y a plus qu’une seule partie signataire.

Cette déclaration a entraîné une réaction virulente du chef de la RPD, Denis Pouchiline, qui a répondu, du tac au tac, que les accords de Minsk ne pourraient être appliqués tant que l’Ukraine actuelle n’est pas dissoute en tant qu’État.

« Les accords de Minsk ne pourront être mis en œuvre que si toutes les structures gouvernementales ukrainiennes sont dissoutes et l’État ukrainien malade est démantelé. L’État ukrainien doit être liquidé en tant qu’État illégitime, car il a été créé à la suite du coup d’État et des ingérences extérieures en 2014. Et il continue d’être géré de l’extérieur.

Il est nécessaire de rétablir une Ukraine nouvelle et véritablement indépendante. Cela doit être fait par une décision libre de tous ses territoires. Dans le même temps, il faut reconnaître le droit des régions de ne pas entrer dans le nouvel État. Ce sera équitable.
Et avec cette Ukraine honnête, qui remplacera les autorités menteuses d’aujourd’hui, il sera possible de se mettre d’accord sur la mise en œuvre du paquet de mesures de Minsk 
», peut-on lire sur le site officiel du chef de l’État.

Cette déclaration est là pour indiquer que Kiev a franchi une ligne rouge en exigeant la dissolution des deux républiques populaires. De plus, en posant une telle condition, la RPD montre qu’elle sait pertinemment que Kiev n’appliquera jamais les accords de Minsk, tant qu’elle n’est pas libérée de la tutelle américaine.

Côté russe, la déclaration de Daria Olifer est tellement délirante, que Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, a fait part de la surprise des autorités de la fédération de Russie, mais aussi des autres pays garants des accords de Minsk.

« Ces déclarations sont très inattendues pour Moscou, Berlin et Paris. Dès lors, il est difficile de faire des commentaires à ce sujet pour l’instant. On ne sait pas si cela signifie la sortie des accords de Minsk, du plan d’action de Minsk, ou d’une renonciation aux signatures et aux engagements antérieurs », a déclaré Peskov.

Là où bien des analystes russes se perdent dans l’écran de fumée, en interprétant cela comme la preuve que Zelensky plie face aux ultra-nationalistes, le Kremlin semble avoir bien compris à quel jeu joue le président ukrainien : renoncer officiellement aux accords de Minsk. Parce que c’est bien de ça qu’il est question si on en croit le scénario envisagé par Bezsonov : refuser d’appliquer les accords signés en arguant que la pression des néo-nazis est trop forte et que Zelensky ne peut pas risquer un nouveau Maïdan.

Et là où le Kremlin comprend bien ce que la main gauche du président ukrainien est en train de faire, pendant que sa droite agite la « résistance à la capitulation », bon nombre de journalistes et d’analystes sont tombés dans le piège tendu par Kolomoïski-Zelensky, en sautant à pieds joints dans l’illusion de l’opposition menée par Biletski.

Il faut rappeler que Biletski et son Corps National, le régiment Azov, et la plupart des groupes néo-nazis et ultra-nationalistes ukrainiens, sont sous le contrôle d’Avakov, le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Zelensky ! Or Avakov a donné sa loyauté à Zelensky en échange de concessions concernant les sphères d’influence dans le pays et les régions.

Donc si Biletski et ses sbires posent un ultimatum à Zelensky, et s’opposent à ses prétendues initiatives de paix et sa « volonté » d’appliquer les accords de Minsk (qui ne sont que du blabla pour l’instant), c’est que ce dernier est d’accord pour cette mascarade ! Ce cirque est là pour être vu médiatiquement, et surtout à l’étranger, pour que tous en concluent que Zelensky ne contrôle pas le pays et qu’il risque sa tête s’il essaye de faire passer en force l’application des accords de Minsk.

Même des analystes chevronnés se font avoir en beauté, et pensent que la déclaration de Daria Olifer est là pour calmer les radicaux, ou que Zelensky plie devant leurs menaces. Sauf qu’avec le score qu’il a fait à l’élection présidentielle et aux législatives, si Zelensky voulait réellement appliquer les accords de Minsk, il n’aurait pas besoin de les saborder. Il lui suffirait d’organiser des contre-manifestations soutenant son projet de paix, et numériquement il gagnerait la partie contre le « camp de la guerre ».

Non, si Zelensky n’utilise pas sa popularité pour imposer la paix, c’est qu’il n’en veut pas. Tout du moins, pas selon les conditions des accords de Minsk. Et c’est là qu’on en revient à ce fameux « plan B », qui semble se dérouler exactement comme Bezsonov l’avait annoncé.

Pendant que les politologues et les analystes glosent sur la stupidité qui consiste à demander la dissolution officielle de deux pays non reconnus officiellement, sur le potentiel manque de coordination au sein du parti politique de Zelensky, ou sur le fait que la demande de Kiev de retirer toutes les troupes étrangères du pays, s’applique à celles de l’OTAN, le couple Kolomoïski-Zelensky est en train de faire passer son « scénario chypriote » comme une lettre à la poste.

Et l’autre partie du « plan B » de Kiev – la préparation de l’opinion publique ukrainienne – bat son plein. Ainsi, après avoir tâté le terrain avec Dmitry Gordon et Léonid Kravtchouk, Vadim Pristaïko, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, continue de parler de ce potentiel « scénario chypriote » pour le Donbass dans les médias. Après sa première déclaration concernant ce « plan B » (qui était alors sa troisième option), Pristaïko persiste et signe, dans une interview accordée à Radio Svoboda (j’ai mis en gras les parties importantes pour comprendre la suite du plan).

« Nous devons être honnêtes avec notre peuple, cinq années de « processus de Minsk » n’ont pas donné de résultats. Nous devrions chercher un autre processus, si nos partenaires occidentaux y sont prêts. Si cela ne fonctionne pas non plus, alors notre État devrait déterminer lui-même quelle est la voie acceptable pour son développement. Il peut y avoir une « option chypriote » de développement, lorsque l’État sait que l’occupant a « pris » un territoire, mais qu’il trouve néanmoins la force de se développer et d’aller dans la direction que nous, la majorité de notre peuple, avons choisie pour nous-mêmes », a déclaré Pristaïko.

Ce scénario chypriote est envisagé si les négociations au Format Normandie avec la Russie ne donnent rien. Or si nous regardons les actions de Kiev, l’Ukraine fait tout pour que ces négociations échouent en refusant d’appliquer les accords de Minsk, la formule Steinmeier et de mener le désengagement des troupes et des équipements à Zolotoye et Petrovskoye.

Kiev fait exprès de saboter tout le processus de règlement pacifique du conflit, pour ensuite pouvoir convaincre ses « partenaires occidentaux » d’accepter d’abandonner les accords de Minsk et de passer à une « option chypriote », c’est-à-dire exactement le plan annoncé par Bezsonov, à savoir la renonciation pure et simple au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous le contrôle de Kiev, pour mettre officiellement fin à la guerre rapidement (plus vite en tout cas qu’en appliquant les accords de Minsk) et faire rentrer de l’argent dans le pays.

Et pour cela, la médiatisation des manifestations des néo-nazis ukrainiens, et de leur ultimatum, et les analyses d’experts annonçant un peu partout que Zelensky plie devant leurs menaces sont essentielles pour convaincre les « partenaires occidentaux » de renoncer aux accords de Minsk.

L’autre point important ce sont les déclarations de Zelensky, lors de cette « conférence de presse marathon » qu’il a tenue le 10 octobre. Pour ne pas griller le « plan B », Zelensky ne parle pas ouvertement du scénario chypriote pourtant évoqué par son ministre des Affaires étrangères.

Non, l’illusionniste doit maintenir l’écran de fumée. Zelensky doit continuer à apparaître auprès des Occidentaux comme voulant la paix, comme voulant appliquer les accords de Minsk. Néanmoins, il a quand même glissé l’option discrètement, pour préparer l’opinion publique ukrainienne (chose importante pour réussir cette partie de poker menteur).

En effet, il a déclaré lors de cette conférence de presse de 14 h, qu’il ne voulait pas se retrouver avec un conflit gelé comme en Transnistrie ou en Abkhazie mais qu’il ne pouvait pas garantir à 100 % que cela n’arriverait pas. Or, que l’on appelle cette option un scénario chypriote, transnistrien, sud-ossète ou abkhaze, cela ne change pas l’idée de base. Et surtout, Zelensky parle d’en venir à un « plan B » si jamais l’application des accords de Minsk est infaisable selon les conditions ukrainiennes (par exemple si la frontière n’est pas rendue avant les élections, ce qui viole en réalité l’ordre des accords de Minsk).

En clair si la Russie, la RPD et la RPL n’acceptent pas d’appliquer des accords de Minsk selon des conditions inacceptables (la RPD et la RPL ne pouvant accepter de laisser le contrôle de la frontière à Kiev avant la pleine application des accords de Minsk pour des raisons de sécurité évidentes, liées au fantasme de solution croate souvent exprimé par des officiels ukrainiens), alors il faudra en venir à un « plan B » que Zelensky refuse de divulguer pour l’instant.

Mais en posant justement des conditions inacceptables pour la partie adverse, Kiev a rendu l’application des accords de Minsk « sauce Zelensky » totalement impossible. L’Ukraine a elle-même sabordé le « plan A » pour être sûre qu’il échoue totalement, et pouvoir ensuite sortir son « plan B » (renoncer à une partie du Donbass) comme solution miracle.

Kiev semble donc bel et bien prête à renoncer au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous son contrôle pour « développer l’Ukraine » comme l’a si bien avoué Pristaïko dans son interview.

Si l’idée peut sembler plaisante de prime abord et permettrait de mettre fin au bain de sang, il est nécessaire de rappeler que pour y parvenir il faudrait renoncer officiellement à appliquer une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU (puisque je rappelle que les accords de Minsk ont été ratifiés par la résolution n° 2202 de l’ONU). Sans parler des nombreuses sanctions économiques contre la Russie prises et prolongées ad vitam æternam au non de la non-application de ces mêmes accords.

De plus, si Kiev renonçait non pas temporairement, mais indéfiniment au territoire de la RPD-RPL (et à la Crimée par la même occasion), cela permettrait à l’Ukraine d’intégrer l’OTAN (comme Chypre a réussi à intégrer l’UE malgré la scission de l’île toujours non résolue), et l’organisation pourrait ainsi se rapprocher encore plus des frontières russes.

Au vu de la façon dont les accords de Minsk ont été utilisés et manipulés par l’Ukraine et ses patrons occidentaux contre la Russie, la RPD et la RPL, et le sabordage volontaire et total de ces mêmes accords par Kiev pour imposer une solution qui bénéficiera financièrement à certains en Ukraine et militairement à l’OTAN, il me semble que la moindre des choses serait de ne pas accepter de suivre le plan de Kolomoïski-Zelensky sans en retirer un bénéfice.

Si la Russie, la RPD et la RPL acceptaient le « plan B » de Zelensky tel quel sans rien exiger en retour, alors elles accepteraient d’être les jouets de Kolomoïski et de l’OTAN (et donc des États-Unis). Le bénéfice obtenu (l’arrêt des morts tant civiles que militaires et des destructions) ne compensant pas les pertes en termes de sécurité, d’économie, de diplomatie, et de position géopolitique.

Si Zelensky est réellement prêt à renoncer à un morceau de territoire « pour avoir la paix », alors la Russie, la RPD et la RPL doivent exiger que cette renonciation concerne la totalité du territoire des oblasts de Donetsk et de Lougansk qui a voté pour la sécession hors de l’Ukraine le 11 mai 2014. Cela ne serait que justice. La RPD et la RPL retrouveraient alors les frontières qui auraient dû être les leurs depuis 2014, et la population de la zone actuellement occupée par l’armée ukrainienne serait enfin libre de vivre comme elle l’a exprimé lors du référendum de 2014.

De toute façon, si la Russie, la RPD et la RPL ne formulent pas cette exigence, la renonciation officielle de Kiev à seulement une partie du Donbass pourrait provoquer tôt ou tard (l’Ukraine s’effondrant inexorablement) des troubles dans l’autre partie, qui se sentirait lésée dans cet accord, hypothéquant le « plan B » de Zelensky, par l’éclatement de nouveaux troubles à l’intérieur des nouvelles frontières du pays.

La meilleure solution (et la plus avantageuse) pour tout le monde est donc l’extension de cette renonciation à la totalité du territoire qui a voté le 11 mai 2014 pour sortir de l’Ukraine. La volonté populaire exprimée par les habitants du Donbass il y a cinq ans serait enfin respectée, la région retrouverait la paix, l’Ukraine aussi, la Russie n’aurait plus un conflit tiède à sa porte, plus de pression diplomatique pour appliquer des accords de Minsk inapplicables, et chacun irait vivre sa vie comme il l’entend.

Et après tout cela, ce qu’il adviendra du reste de l’Ukraine ne concernera plus que ses habitants, l’OTAN et l’Union Européenne qui devra gérer cette « Somalie néo-nazifiée » à sa porte. Mais ça ce sera une autre histoire…

Christelle Néant

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On sait désormais pourquoi l’Occident n’aime pas la Russie

Pour la première fois, l’agence de presse « Rossia Segodnia » a répondu à deux questions : l’Occident dans son ensemble ne nous aime-t-il vraiment pas, ou est-ce un mythe de notre propagande ? Et si ce n’est pas un mythe, pourquoi ne nous aiment-ils pas ?

Les publications des principaux médias de tous les pays du G7 consacrées à notre pays ont été étudiées pendant six mois – 82 000 au total. Ensuite, elles ont été divisées en positives, neutres et négatives.

Les positives incluaient tous les éloges, parmi lesquelles « des trains confortables circulent en Russie », « le ballet russe a fait une belle performance à Paris », « l’ambassade du Japon à Moscou a accueilli un carnaval » et « la chaîne russe de pizzas ouverte en Allemagne, c’est délicieux ». Les neutres incluaient des publications sans aucune appréciation – comme « Poutine a rencontré Abe », « la Russie offre un nouveau format de négociations sur la dénucléarisation de la Corée » et « un forum d’affaires a débuté en Russie ». Les négatives comprenait des histoires d’atrocités russes commises dans le monde, des crimes de l’État contre les citoyens en Russie et des crimes des citoyens eux-mêmes.

Résultat : en moyenne, 50 % des articles du G7 sont fortement négatifs. Et les positifs ne représentent que 2 %.

Les autres publications sont neutres – il s’agit soit de textes d’information tels que « est allé et a rencontré », soit « d’un côté, la Russie fait de mauvaises choses, mais d’un autre côté, de bonnes choses ».

Les pays qui battent des records :
– Ce sont les médias britanniques qui ont le plus parlé de la Russie (25 000 publications) ;
– Le plus petit nombre de publications a été enregistré au Canada (moins de 4 000, mais le Canada lui-même est également petit en termes de population) ;
– Les médias italiens sont les plus positifs (jusqu’à 13 % de publications positives, soit deux fois moins que les publications négatives) ;
– Les médias américains sont les plus négatifs (jusqu’à 90 % des publications), tandis que les publications positives ne représentent que 0,2 % ;
– La France est le pays le plus neutre (70 % des articles).

Et maintenant, venons-en au fait.

Qu’est-ce qu’il y a de bien en Russie ? En principe, on pourrait ne pas en tenir compte du tout : qu’est-ce que 2 % des publications ? D’autant plus que sans les médias italiens, le positif n’aurait même pas atteint 1 %.

Mais malgré tout : ce qu’il y a de bien chez nous c’est les athlètes à titre individuel, le ballet, le théâtre et les sites historiques. En d’autres termes, la « bonne Russie », de l’avis des médias des plus grands pays, est coincée dans l’époque remontant à 120 ans en arrière. Quelque part où se trouvent Tchekhov, les saisons russes, les coquelicots d’or et l’artisanat populaire pour les touristes. D’ailleurs, la Russie était bien aussi dans les années 90.

Tout le reste est mauvais chez nous.

Mais voici ce qui est révélateur : la plupart de ces « mauvais » éléments semblent être un compliment pour nous de manière générale. Car ce qui est « mauvais » est une description des nombreux arts obscurs dans lesquels nous sommes en avance sur le reste du monde.

Tout d’abord, bien sûr, nous nous immisçons dans la vie des autres puissances – et nous le faisons avec une terrible efficacité. Nous avons choisi Trump en Amérique, nous avons fait le Brexit au Royaume-Uni. Nous avons amené la droite et les populistes au pouvoir en Italie, en Allemagne et en Autriche. Au Canada, nous n’avons rien fait – mais ce n’est pas un obstacle : le principal sujet « russe » du semestre dans les médias locaux était la possibilité d’une intervention russe lors de leurs élections en octobre prochain.

Les groupes de trolls russes sillonnent les réseaux sociaux, dressant tout le monde les uns contre les autres (surtout les Noirs américains contre les Blancs et les trumpistes contre les démocrates), obligeant les patrons à imposer leur censure. La propagande empoisonnée de la Russie par RT et Sputnik sème des fausses informations, ou du moins des reportages biaisés, « favorisant des vues pro-russes ». Les espions russes empoisonnent les Skripals et des victimes au hasard, et les espionnes russes rousses s’insinuent dans les cercles de confiance des personnes influentes. Enfin, des unités secrètes du GRU planifient des coups d’État dans toute l’Europe de l’Est.

Un titre typique : « Élections en Europe : les services de renseignement surveilleront l’ingérence russe » (Zeit).

Deuxièmement, nous renforçons notre puissance militaire agressive. C’est un thème numéro deux stable. Nous menaçons la Scandinavie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous fournissons des armes à des régimes antidémocratiques dans le monde entier. Nous avons forcé l’Amérique à se retirer du traité FNI et les pays Baltes et les Polonais à augmenter leurs contingents de l’OTAN près de nos frontières. Nous conquérons l’Ukraine de manière hybride, et au Venezuela, en Syrie et même en Afrique, nous ne laissons pas la démocratie gagner.

Les gros titres typiques : « Le missile nucléaire hypersonique de Poutine peut détruire Londres en quelques secondes », « Les armes nucléaires russes au Venezuela ? » (Daily Express).

Troisièmement, les autorités russes entravent la liberté en Russie en brutalisant les manifestants, les artistes et les minorités sexuelles, et en attribuant le titre d’agents étrangers aux agents étrangers. À la une des journaux : « Le journaliste qui a critiqué Poutine est mort dans un mystérieux accident de la route » (Mail Online), « J’ai survécu au goulag de Poutine » (Bild), « Brutalités policières effrénées lors d’une manifestation dans la capitale » (Les Échos).

Et ce n’est qu’en quatrième lieu que nous mendions, corrompons, buvons et tuons (« Russie : un père a gardé son fils de dix ans enchaîné pendant des mois »).

Un programme distinct est présenté par les médias japonais. Notre principale vilenie, c’est de ne pas leur rendre les Kouriles (« Russie, arrête de t’entêter », « Il est inadmissible de réfuter le fait de qu’il s’agit d’une occupation illégale »).

… Ce qu’il faut noter ici.

Premièrement. Si nous enlevons l’horreur de la puissance maléfique russe, alors la Russie dans les médias occidentaux n’est pas différente de la Russie de 1999 (malgré les gigantesques changements en mieux qui sont survenus dans la vie réelle du pays).

C’est-à-dire, bien sûr, qu’il est possible de faire en sorte que l’on écrive peu de choses sur nous – comme on écrit peu aujourd’hui, par exemple, sur la population comparable à celle de la Russie, au Bangladesh ou aux Philippines. Pour ce faire, nous devons simplement nous rapprocher du Bangladesh en matière de développement économique, social, scientifique et militaire. Cette république n’a aucune puissance militaire menaçante, aucun réseau médiatique mondial et aucun renseignement extérieur omniprésent.

Mais voilà le problème : il n’y a pas d’image positive du Bangladesh dans les médias occidentaux, aussi étrange que cela puisse paraître. Les thèmes sur lesquels ce pays entre dans les pages des principales publications mondiales sont la pauvreté, la corruption, la prostitution et les manifestations. C’est à peu près la même chose qui a été écrite à notre sujet il y a vingt ans, lorsque nous étions historiquement au plus bas.

Deuxièmement. Il est facile de voir que l’image de la Russie en 2019 n’est basée principalement sur aucune de nos actions manifestes, mais sur des rapports d’analyse (sur les ingérences possibles), des prévisions d’experts (sur les menaces futures) et des fuites malveillantes (sur des sabotages secrets). En d’autres termes, même si la Russie en 2019 s’est emparée du monde avec des machinations, elles sont invisibles. Et pour les révéler au monde, il y a toute une classe de médias militants dans les pays occidentaux qui font la lumière sur ces intrigues de la Russie.

Oui, vous ne le pensiez pas. La Russie dans les médias occidentaux s’est finalement révélée être un bon vieux diable. Et c’est exactement comme dans les millénaires précédents : il est en même temps en enfer et essaie d’entraîner en enfer tous les bons habitants de la planète. Il semble que tout est mauvais et terrible là-bas, dans l’enfer russe (et donc, par définition, ne peut pas être efficace, parce que le marché n’est pas libre et il n’y a pas de libéralisme). Mais en même temps, l’enfer russe est invisiblement et secrètement derrière toutes sortes de dissensions, l’aggravation des problèmes, et les victoires des mauvais politiciens dans le monde libre. Si quelqu’un a oublié, alors nous avons organisé l’invasion des migrants en Europe.

Et voilà déjà un symptôme intéressant. Nous avons déjà écrit que le tsunami du nom de Greta Thunberg, qui a emporté les pays avancés, a toutes les caractéristiques d’un culte hystérique archaïque : il y a une menace de ragnarök pour bientôt, et la division de tous les gens en agneaux conscients et chèvres inconscientes par le critère le plus simple de « l’attitude envers Greta », et même une vierge (au sens propre, ancien) au centre du phénomène.

Ajoutons à ce culte une image irrationnelle de la Russie Sombre, qui pénètre partout avec ses tentations et infecte les bonnes gens par le populisme, l’intolérance et l’homophobie. Quand l’autre jour à Minneapolis les manifestants portaient une affiche « Trump est russe » contre le président américain, tout ce qu’ils voulaient dire était que Trump est le mal absolu à l’état pur.

Il s’avère qu’à l’ère de l’information, les sociétés de notre monde avancées dans ce domaine ne sont pas motivées par une analyse rationnelle des faits réels. Non, au lieu de cela, de simples images archétypiques fonctionnent avec succès : des vierges pures, des Gandalf et des Dumbledore, mettant en échec les plans secrets de l’Ennemi, et, en fait, l’Ennemi lui-même (c’est nous).

Si on appelle les choses par leur nom, cela ne veut dire qu’une chose. « L’image du monde » dans les pays que nous considérons habituellement comme avancés, est écrite maintenant selon les standards datant d’il y a mille ans. Et si ces standards ne correspondent pas à la réalité, ce n’est pas un problème. La réalité, presque identique à la nature, peut maintenant être construite simplement à partir de l’avis d’un expert et demi et de quatre rapports.

Et cela signifie pratiquement deux choses. Ou bien les élites des principaux pays occidentaux vivent dans la réalité, et nourrissent leurs peuples d’un bon vieux mythe avec des orcs et des elfes. Dans ce cas, ils construisent une anti-utopie plutôt sombre pour leurs peuples.

Ou bien les élites des pays occidentaux avancés vivent dans le mythe qu’elles diffusent. Alors, elles ne pourront plus se considérer comme avancées encore bien longtemps – parce que la réalité bat toujours le mythe.

Viktor Marakhovski

Note de la traductrice : Cette analyse rejoint celle que j’avais faite il y a un an et demi en arrière sur le caractère irrationnel et littéralement subconscient de la réaction de l’Occident face à la Russie.

Source : RIA Novosti
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 12 octobre 2019

Chaque semaine, Christelle Néant de Donbass Insider, (habituellement en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV, mais cette fois-ci seule pour des raisons techniques), vous propose un rapport de situation (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 12 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE

0’37 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’43 » – L’armée ukrainienne empêche l’OSCE de faire son travail
03’40 » – Kiev sabote le retrait des forces à Petrovskoye et Zolotoye et bombarde lourdement la RPD

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

16’32 » – Analyse du plan B de Zelensky concernant un possible abandon de la partie du Donbass qui n’est pas sous contrôle de Kiev

39’54 » – Conclusion

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