Cultures Témoignages évolutions des misères et drames

Les auvergnats non à la capitale, mais de sortie dans les salles obscures. Pour un débat avec Pèdro Almodovar.

La culture du vécu est un témoignage indélébile

Les interdits de la pédophilie font recettes

Présent la projection de ces moments traite du fameux film « La mauvaise éducation » une réalisation qui porte une décennie, le talent et la connaissance du sujet permet à « Pédro Almodovar » de savoir quoi il parle sur ce thème. Les trois coups donnés au sol avec le bâton de gendarme permettent de l’ouverture de l’écran lance le silence dans l’ombre pensive de la salle d’art et d’essai. Plus que du théâtre en cinéma, la version est en V.O. sous-titrée en français.

La primeur ne s’arrête pas là, il donne la primeur de la sortie de film à la France. Il va nous démontrer tel un signe du destin que la majorité ignoré un monde de mystères et datant depuis bien des temps. La soirée s’annonçait comme si avant et après, il y avait eu lieu, ce n’était pas le cas, chacun avec ses moyens laissait le spectateur livré à la toile. Qui est Pédro Almodovar ? Un scénariste, réalisateur, auteur, acteur, dans la lignée de : Carlos Saura, Luis Buñuel, sans oublier le maître du suspens : Alfred Hitchcock.

Né le 24 septembre 1949 à Calzada de Calvatra – Espagne- il se vit, s’écoule ! Rapidement à 8 ans, il émigre vers une formation religieuse l’empêche à cette époque de renier sa foi en Dieu. Il commence d’une façon frénétique à fréquenter les salles obscures. A 16 ans, sans argent, sans famille, il lance ses premières idées de productions.

Il lui est impossible d’intégrer l’Ecole Officielle du Film que Franco vient de fermer. Il n’a plus le choix, une chose l’obsède : la forme. Il opte pour le fond et se met à vivre. Pour lui Madrid représente la capitale de la culture et de la liberté, malgré le côté dictatorial. Il rentre à la Compagnie Nationale du Téléphone et acquiert sa première caméra super 8.

Il s’occupe pendant 12 ans en tant qu’assistant. Les temps constituent en fait sa véritable éducation d’où ce film : « La mauvaise éducation » Il côtoie la classe moyenne espagnole à l’aube de la consommation. Il fait la connaissance d’Andy Hass, et prend conscience qu’il est un conteur avec son talent. Tout s’y retrouve, le drame, la misère. C’est plus qu’il n’en faut pour que les Etats-Unis lui fassent un pont d’or qu’il refuse encore. Il s’implique tellement dans ses rôles que l’on comprend sa clarté simplement parce qu’il les vit en majorité.

Le maximum de son temps libre, il vit, il aime, rejoint les troupes de théâtre indépendantes telles que : « Los Gallardores ». Almodovar est né, il réalise des super 8, écrit pour plusieurs magazines, est publié, membre du groupe punk rock. Almodovar est Mc Namma. Un concours de circonstances veut que la naissance de premier long métrage « Pépi, Luci, Born » coïncide avec la naissance de la démocratie en 1980.

A partir de cet instant, le cinéma est un second lui-même. Ses films sont projetés dans le monde entier. Il reçoit en 1999 le Prix de la Mise en Scène au festival de Cannes. De la marginalité à la reconnaissance internationale, le parcours de Pèdro Almodovar n’est pas seulement celui d’un cinéaste couronné de succès mais celui d’un anticonformiste qui a su mener une expérience personnelle, populaire. Il est avec Tim Burton et Peter Greenaway, l’un des rares metteurs en scène à avoir de nouvelles propositions esthétiques dans les années 1980.

Il a aujourd’hui le privilège difficile de représenter la filmographie espagnole où sa propre société de productions « El Deseo » fondée en 1986 avec son frère Augustin, semble le dernier îlot capable de résister à une profonde crise économique et artistique européenne. Almodovar reste un franc-tireur dont l’entrée dans le circuit des productions européennes avec l’affront de 1981, n’a en rien affecté son indépendance. Ce film est rempli de tout le territoire espagnol mais comme il dit « Pas uniquement » Ce film est empreint de la patte de Pèdro Almodovar. Des mosaïques romanesques font écho, les patchworks esthétiques du cinéma le sien.

Le film remporte un succès suit pratiquement non seulement l’Espagne comme ce types de réalités étaient permanentes et qu’il a eu le courage, l’audace de transcrire à l’écran un vécu. Ce que d’autres cachent tels divers voiles. Dans « La mauvaise éducation » on ressent le labyrinthe où il nous entraine comme il y arrive presque à la perfection, ce qui se passe sous le manteau. Il garde un côté accepté difficile parfois à accepter mais que larmes versées pour ces fruits de la force interdite.

Il se base sur ses diverses productions de Picasso pour la mise à mort de toutes les idées reçues. En ce film il mélange l’union du plaisir sexuel et de la mort, mise en lumière par des stratagèmes relationnels empruntés au rituel tauromachique. On aime ou pas les clins d’œil mais on ne peut rester insensible à la transmission de Pèdro Almodovar au summum de son art. Au vif à la suite de la projection quelques témoignages fussent dans la salle :

Marie-Claire 72 ans « malgré mon âge durant le film à des moments j’avais envie de pouvoir franchir l’écran pour vivre certaines scènes »

Nicole : « Ce film est poignant saisissant de vérités  lorsque l’on constate qu’il est interdit au moins de 12 ans c’est une énorme erreur, pardonnez-moi si j’en pleure c’est la première fois que je vois Pèdro Almodovar, pas une seconde je n’aurai cru voir autant de réalités » Eric : Son mari, ma femme a su trouver des mots bien plus justes que ce que nous vivons et que les portes se ferment telle une confusion ou du droit de réserve. Odile : Ce n’est pas évident de monter au second étage lorsque l’on est handicapée, mais je voulais savoir certaines vérités.

Un groupe d’étudiants mixés hommes-femmes « L’émotion était trop forte. Nous ne voyons pas ce que nous pouvons dire de plus, nous avons appris bien plus que ce que nous pensions » Les témoignages par centaines pleuvaient. Arrivés sur le trottoir au pied des réverbères nous avons quittés ce lieu alors que les discussions suivez bon train, un partage en Croisettes des frères Lumière. Pèdro Almodovar a su poser une forme de lettres de noblesses pendant quelques heures qui durent depuis 2004, dans cette salle. Au cœur de la cité auvergnate tout comme si Vercingétorix prenait la place des frères Lumière. La devise de sa statue plana depuis des siècles « J’ai pris les armes pour défendre vos libertés, sachez les garder »

Stupéfiant que ce film un extrait à l’époque depuis Cannes ici est était interdit au moins de 12 ans, tout comme : « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée… » le résume de ce film ici des faits réels vécus et tourné par leur propres acteurs dans tous les sens du terme, interdit au moins de 16 ans sorti en 1981. Un cliché se dégage, la pédophilie et la prostitution seraient moins importantes envers d’innocents. Certaines formes de vocation devraient être modifiés pour ne pas que d’autres prient ou pleurent à vie dans le désert du monde. Justement par le silence des religions et de certaines formes de rapports qui détruisent pleinement.

Le Panda

Patrick Juan

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