La RPD et la RPL s’engagent vers une coopération en matière de protection de l’environnement

Nouvelle réserve naturelleSi, pour certains, il peut sembler trivial en période de guerre de s’occuper de protection de l’environnement, ce n’est pas le point de vue des dirigeants des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL).

Pour les deux jeunes républiques, prendre soin de leur environnement, et développer les réserves naturelles (l’objectif est actuellement de les faire passer de 3 % à 5 % du territoire) afin de préserver les espèces végétales et animales présentes sur leur territoire, fait partie des obligations qu’elles ont envers leur population. Et la guerre n’est pas une excuse pour ne rien faire aux yeux des dirigeants de la RPD et de la RPL.

Le sujet du développement de nouvelles réserves naturelles, qui avait été abordé il y a deux ans en arrière lors d’une conférence au jardin botanique de Donetsk, a été remis sur la table récemment, suite à la proposition faite par les experts de la RPD mi-février.

Le plan est ambitieux et prévoit de créer un espace naturel récréatif de plus de 1 000 hectares près de la frontière avec la RPL, avec assez d’atouts pour attirer le public sans endommager la nature.

« Nous voulons offrir une nouvelle zone multifonctionnelle de préservation de la nature, qui combinera des caractéristiques intéressantes telles que l’histoire, le folklore, les loisirs, l’ethnographie et la paléontologie, rendant le territoire attrayant à visiter. Nous prévoyons de créer un parc de loisirs et de nature « Olkhovatsky » dans la partie nord-est de la République, près de la frontière avec la RPL », avait ainsi déclaré Roman Kichkan, président du Comité d’État pour la politique environnementale et les ressources naturelles.

Le plan de développement de ce parc sera calqué sur celui de la réserve de « Balka Skelevaya », et devrait inclure les villages d’Olkhovatka et Ilynka, où se trouvent une steppe unique en termes de roches et de plantes rares, une église du 18e siècle, une ancienne mine et une source dotée de l’eau la plus pure de la région.

De quoi attirer les visiteurs sans négliger l’aspect protection de la nature. La proposition des experts, une fois validée, deviendra le cadre de base du projet final.

L’autre gros projet en matière d’écologie qui a été lancé en RPD, c’est celui de l’élaboration du livre rouge, qui fixera la liste des espèces végétales et animales rares que la République doit impérativement protéger. Un travail de longue haleine qui pourrait prendre jusqu’à deux ans !

Pour l’instant le Conseil des ministres de la RPD doit voter une résolution, afin de fixer la méthodologie de travail de la commission chargée d’élaborer ce livre rouge. Ce n’est qu’après que le travail scientifique à proprement parler pourra commencer.

Et pour mener à bien tous ces projets, la RPD ne sera pas seule, comme l’a annoncé Roman Kichkan lors d’une conférence de presse le 25 avril 2018.

En effet, la RPL et la RPD ont prévu de signer fin mai un mémorandum de coopération dans le domaine de la politique environnementale et des ressources naturelles.

« À la fin du mois de mai, nous accueillerons la conférence internationale sur l’environnement intitulée « Grand Donbass », durant laquelle nous prévoyons de signer un mémorandum de coopération avec le ministère des Ressources naturelles et de la sécurité environnementale de la RPL », a déclaré Kichkan.

La première réunion bilatérale a déjà eu lieu hier entre les deux républiques avec l’aide du chef de la RPD, Alexandre Zakhartchenko, pour qui la protection de l’environnement est un sujet important.

Cette coopération permettra entre autre de développer la foresterie, régler le problème des mouvements transfrontaliers et du traitement des déchets, le développement des réserves naturelles et la prévention des incendies dans les zones frontalières.

Des projets qui je l’espère pourront se concrétiser, en espérant que le conflit en cours ne les saborde pas.

Christelle Néant

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La RPD relance la station d’épuration de Donetsk sur fond de bombardements meurtriers de la part de l’armée ukrainienne

MortierLa journée du 22 avril 2018 fut marquée par un nouveau pic de bombardements et de victimes de la part de l’armée ukrainienne, alors que la République Populaire de Donetsk (RPD) relançait la station d’épuration qui avait été mise à l’arrêt le 18 avril pour rétablir l’approvisionnement en eau de la population.

Hier matin, la journée avait commencée sur une note plutôt positive. Comme annoncé vendredi par Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) confirmait dimanche matin que le redémarrage de la station était prévu pour le jour même.

Dès 10 h, des équipes du ministère des Situations d’urgence de la RPD ont procédé à l’inspection et au nettoyage des routes permettant d’accéder à la station, afin d’éliminer tout engin explosif qui pourrait mettre en danger les travailleurs. La MSS de l’OSCE a aidé les démineurs en surveillant intensivement la zone pendant les opérations de nettoyage.

Après avoir vérifié l’état des installations et s’être assurés que tout était en état de fonctionnement, le personnel a pu commencer le processus de redémarrage de la station. Un processus de plusieurs heures qui a abouti hier à 15 h 30. Les 400 000 personnes qui étaient privées d’eau depuis le 18 avril au soir ont dû attendre encore 4 à 5 h pour avoir enfin de l’eau au robinet, le temps pour cette dernière d’arriver jusqu’à destination.

Néanmoins, le redémarrage ne s’est pas fait sans mal, puisque pendant les opérations, les soldats ukrainiens ont bombardé la zone autour de la station d’épuration. Ainsi, un peu avant 13 h, le CCCC a alerté sur le fait que malgré les garanties de sécurité fournies, l’armée ukrainienne tirait à proximité de la station d’épuration, mettant en danger le processus de redémarrage de cette dernière.

Le CCCC a exhorté la partie ukrainienne à cesser ces bombardements sauf à vouloir laisser 400 000 personnes sans eau, des deux côtés de la ligne de front. Finalement les tirs sur cette zone se sont calmés et le travail a pu reprendre avec succès. Et la première nuit de travail de la station après le redémarrage s’est déroulée sans incident.

Mais au vu de ce qui s’est passé pendant le redémarrage de la station, il est à craindre que l’armée ukrainienne ne recommence les provocations contre cette dernière jusqu’à provoquer un nouvel arrêt.

Des craintes confirmées par le fait qu’hier, faute de pouvoir tirer de manière intensive contre la station d’épuration, les soldats ukrainiens se sont reportés sur d’autres secteurs du front.

D’abord en ouvrant le feu dès le matin avec des mortiers de 120 mm, des véhicules de combat d’infanterie et des lance-roquettes antichar contre la localité de Dokoutchayevsk, blessant ainsi un civil. L’homme de 62 ans a reçu des éclats dans la nuque, l’abdomen, la hanche et le genou, et a été hospitalisé.

Puis à 12 h 20, c’est contre le village de Zaïtsevo que l’armée ukrainienne a tiré au lance-grenades automatique (29 grenades), tuant un civil de 63 ans. L’homme a été littéralement criblé d’éclats venant de la grenade qui a atterri dans la cour de sa maison.

Voir le reportage vidéo de Patrick Lancaster.

Au total entre hier et aujourd’hui au petit matin (3 h 00 heure locale), l’armée ukrainienne a violé 32 fois le cessez-le-feu et tiré 956 munitions dont 47 obus de mortier de 120 mm et 70 obus de mortier de 82 mm.

Et depuis ce matin 3 h, le CCCC a déjà enregistré 11 violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne, alors qu’il n’est que 14 h 30, heure locale. Au cours de ces violations, le CCCC a enregistré l’utilisation de mortiers de 120 mm à huit reprises, et de mortiers de 82 mm à 74 reprises.

Pas de quoi être très optimiste pour le bilan à venir de la journée en cours, lorsqu’on sait que le gros des violations se fait une fois la nuit tombée.

Christelle Néant

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Les négociations entre Sourkov et Volker sur le Donbass sont reportées indéfiniment en raison de la « diplomatie du mégaphone » de Volker

Sourkov vs VolkerPrès de trois mois se sont écoulés depuis les pourparlers de Dubaï entre Vladislav Sourkov et Kurt Volker. Et pour l’instant il n’y a aucun rapport sur la préparation d’une nouvelle réunion. Le processus est-il « interrompu » en raison de contradictions graves ou s’agit-il simplement d’un manque d’accords sur les détails techniques ? Gazeta.ru a demandé au directeur du Centre de la Conjoncture politique Alexeï Tchesnakov.

Que se passe-t-il en fait avec la préparation d’une nouvelle réunion Sourkov-Volker ? Il y a des hypothèses et des versions très différentes…

Tout d’abord, après la réunion de Dubaï, la Russie attend les propositions des Américains. Ils sont peut-être « coincés » parce qu’il faut tenir compte de la position des partenaires européens, mais jusqu’à présent il n’y a pas de version harmonisée entre les États-Unis et l’UE.

Les propositions de la Russie sont connues depuis longtemps. Elles sont exposées dans le projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a été présenté en septembre. En conséquence, les propositions américaines devraient être faites sous la forme de projets d’amendements à ce document. Ce serait logique et correct.

Deuxièmement, plus important encore, le contexte des négociations a beaucoup changé depuis la réunion de janvier. Le président Porochenko a signé la fameuse loi de la soi-disant « Réintégration du Donbass ». Malheureusement, cette loi a également été soutenue par la partie américaine. Je voudrais rappeler que Vladislav Sourkov, immédiatement après la réunion de Dubaï, a noté que la loi introduit un certain nombre de dispositions qui compromettent les possibilités de règlement du conflit.

Par exemple, les pratiques violentes qui restreignent la liberté de mouvement, etc. sont établies dans la loi. Dans un certain nombre de domaines, cette loi rend impossible la mise en œuvre des accords de Minsk.

Troisièmement, malheureusement, la diplomatie du mégaphone de la part des États-Unis et de M. Volker se poursuit. Il y a des déclarations et des accusations contre la Russie. Cela, naturellement, ne permet pas à Moscou de trouver un compromis. M. Volker continue également de soutenir activement et de faire pression pour que l’Ukraine reçoive des armes létales. Tout cela stimule le « parti de guerre » en Ukraine, renforce ce parti dans ses efforts pour mettre en place des conditions inacceptables pour le déploiement de la mission de l’ONU.

Certaines déclarations publiques de Volker interfèrent avec la mise en œuvre des accords de Minsk.

Par exemple, sa déclaration à l’Institut Hudson selon laquelle « la RPL et la RPD sont faites pour soutenir le conflit » et « doivent être dissoutes » a rendu très difficile la consultation avec les républiques sur le mandat de la mission de l’ONU et a peut-être été la principale raison du report de la réunion avec Sourkov pour une période indéfinie…

Volker doit arrêter cette diplomatie du mégaphone ou, si vous voulez, diplomatie de réunion, d’autant plus que les accords de Minsk n’envisagent pas la liquidation mais la transformation des républiques en régions autonomes. Il suffit de regarder l’annexe au Complexe de mesures de Minsk pour le comprendre.

Enfin, les changements de personnel au sein du Département d’État américain ont joué un rôle. À Moscou, ils veulent évidemment voir quelle position prendra le nouveau chef du Département d’État, Michael Pompeo. La combinaison de ces facteurs a conduit au report de la réunion.

Une question se pose à cet égard : que va-t-il se passer ensuite ? Les processus qui se déroulent dans la région sont en cours : l’Ukraine se prépare aux élections présidentielles et parlementaires, les Républiques aux élections des chefs d’État et des Conseils populaires. Cela éloigne encore plus les côtés les uns des autres.

Naturellement, les républiques ont l’intention de tenir des élections dans les délais fixés par leur constitution. Il serait étrange qu’ils gèlent ce processus.

Les principaux candidats au poste de chef de république sont connus. En RPD, Alexandre Zakhartchenko. En RPL – Léonid Passetchnik. À en juger par leurs déclarations et les différents signaux des républiques, ils sont prêts pour les élections. À Donetsk, l’activité d’Alexandre Khodakovsky est également visible… Et à Lougansk, à en juger par tous les éléments, il y aura toujours des candidats.

Les experts de notre Centre ont noté à plusieurs reprises, il y a un an et il y a deux ans, que tant que l’Ukraine ne fera rien pour mettre en œuvre les accords de Minsk, la vie politique dans les républiques se poursuivra de son côté. Mais l’Ukraine n’a rien fait. C’est un fait.

En l’absence de mesures prises par la partie ukrainienne en vue d’un règlement politique, les républiques continuent de vivre selon leurs propres lois. Ils ne peuvent pas se permettre d’avoir un vide juridique à cause du ralentissement du processus de règlement par Kiev.

Il convient de souligner que la mise en œuvre des accords de Minsk devrait conduire à la création de régions autonomes à partir des oblasts de Donetsk et de Lougansk. Jusqu’à ce qu’ils soient réalisés, il y a les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk. Avec leurs projets politiques. Et c’est aussi un fait. Vous devez en tenir compte.

Plus les républiques vivent séparées de l’Ukraine, moins elles ont de chances de revenir dans un champ politique et culturel commun avec Kiev. Oui, et les processus sociaux dans chaque territoire suivent leur propre chemin. Pour comprendre cela, vous pouvez analyser les niveaux des salaires moyens, des pensions minimales et des niveaux de vie. Même les discussions à ce sujet montrent une différence fondamentale dans les approches des parties. La Russie continuera-t-elle à soutenir les républiques du Donbass ?

Les gens vivent pauvrement des deux côtés de la ligne de contact. Malheureusement, la guerre continue par la faute de l’Ukraine. Et pendant que ça va mal, ça le sera pour tout le monde. Quant aux salaires. Le suivi comparatif montre que le niveau des salaires dépend davantage des industries, des entreprises et des catégories professionnelles que des territoires. Certains sont au-dessus, d’autres sont plus bas. Pour les plombiers, par exemple, les salaires sont au même niveau, tandis que les fonctionnaires ukrainiens sont nettement plus élevés. En moyenne, les salaires dans le territoire contrôlé par Kiev sont effectivement plus élevés.

Pour les prix. La comparaison des indicateurs hôteliers peut être en faveur de chacune des parties. Le pain, les œufs et les produits non alimentaires sont moins chers dans les républiques. Le lait, le sucre et le café sont moins chers sur le territoire ukrainien. De nombreux médicaments sont moins chers dans les républiques. Le carburant est beaucoup moins cher. Le transport est plusieurs fois moins cher. La comparaison des pensions minimales n’a pas de sens. En général, elles sont à peu près égales.

Les tarifs pour le logement et les services communaux en RPD et en RPL sont beaucoup plus bas que dans les parties des régions de Donetsk et de Lougansk qui ont été laissées sous le contrôle de Kiev. Sur certains tarifs, la différence en faveur des républiques est très importante – jusqu’à cinq fois.

Si nous comparons le coût du panier de consommation, qui comprend les produits alimentaires et non alimentaires, le logement et les services communaux, ainsi que les transports publics, le total en RPD est moins cher que dans la région de Donetsk en Ukraine de plus de 30 %.

En moyenne, dans la concurrence économique des deux, l’ensemble est toujours à égalité. Quant à la Russie, elle considère qu’il lui incombe de veiller à ce que les républiques du Donbass vivent mieux.

Source : Gazeta.ru
Traduction : Christelle Néant

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Trois civils blessés par des tirs de snipers ukrainiens au point de passage de Maryinka

Après les tirs sur les employés de la station d’épuration et la fermeture de cette dernière hier, l’armée ukrainienne poursuit ses provocations et crimes de guerre contre les civils du Donbass.

Aujourd’hui vers midi, les snipers ukrainiens stationnés près de Maryinka ont ainsi ouvert le feu sur un autobus remplis de civils qui était en train de franchir le point de passage de la ligne de front pour se rendre en République Populaire de Donetsk (RPD).

Suite à ces tirs deux femmes et un homme, tous habitants de la RPD, ont été blessés, dont une femme qui a eu le fémur cassé par la balle qui est entrée dans sa jambe gauche.

Toutes les victimes ont reçu les premiers soins sur place de manière extrêmement rapide avant d’être envoyées à l’hôpital.

La femme qui a reçu une balle dans la jambe a été envoyée au Centre de Traumatologie de Donetsk et va être opérée le plus rapidement possible. Son état a été qualifié de moyennement grave par les médecins à cause de la perte de sang importante qu’a entraînée la blessure.

Cette femme a confirmé aux journalistes venus l’interroger que les tirs venaient des positions de l’armée ukrainienne.

Le directeur adjoint du Centre de Traumatologie, qui s’est occupé d’elle, a déclaré que depuis peu les victimes civiles des tirs de l’armée ukrainienne se multiplient et plusieurs ont été soignées dans ce centre spécialisé de Donetsk.

Ces provocations qui ont lieu en pleine visite du chef adjoint de la mission de l’OSCE, Alexander Hug, semblent poursuivre plusieurs buts : provoquer des tirs en retour de la part de l’armée de la RPD, et sortir du format de négociation de Minsk pour obtenir un format plus avantageux pour Kiev qui espère toujours pouvoir faire venir des casques bleus comme force d’invasion afin de récupérer militairement le Donbass.

Comme on peut le voir la réticence de Kiev à appliquer les accords de Minsk et la Convention de Genève, qu’elle a signés est plus que flagrante, sans parler du fait que les soldats ukrainiens n’en n’ont visiblement rien à faire de la vie des civils du Donbass qu’ils sont venus prétendument « libérer ». Je laisse chacun et chacune juger de ce que sont de tels libérateurs…

Voir le reportage vidéo du ministère de l’Information de la RPD (en russe) :

Christelle Néant

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La station d’épuration de Donetsk ferme à cause des tirs de l’armée ukrainienne qui se poursuivent pendant l’évacuation du personnel

EauComme on pouvait le craindre, le tir des soldats ukrainiens d’hier, qui a fait cinq blessés parmi les employés de la station d’épuration de Donetsk, a poussé la direction de la station à fermer cette dernière pour ne plus mettre ses employés en danger.

L’équipe qui était sur place depuis hier a dû attendre jusqu’à cet après-midi de pouvoir enfin être évacuée avec l’aide de l’OSCE et du ministère des Situations d’urgence de la République Populaire de Donetsk (RPD), car la partie ukrainienne a tardé à donner les garanties de sécurité nécessaires.

La direction avait déjà menacé de fermer la station le mois dernier, et c’est grâce à l’action de l’OSCE que cette fermeture avait pu être évitée. Mais cette fois c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la société « Eau du Donbass », qui ne veut plus devoir envoyer ses employés travailler en gilet pare-balles en priant pour que les soldats ukrainiens ne prennent ni les véhicules de transport ni la station d’épuration pour cible.

Depuis quatre ans, le personnel de la station a héroïquement continué à faire son travail afin de ne pas priver d’eau les habitants de la république, mais aussi ceux vivant de l’autre côté de la ligne de front. Mais cette fois c’est allé trop loin.

Beaucoup d’employés de la station travaillent en famille. Ainsi la femme de l’un des blessés d’hier fait partie de l’équipe qui travaille, avec des gilets pare-balles, dans la station depuis hier après-midi afin que les habitants de la république puissent continuer à avoir de l’eau ! Mais malgré tout ce courage il y a des limites aux risques que la direction de la station peut accepter de prendre. Et ces limites ont été atteintes.

Une fois le personnel évacué, la station sera mise à l’arrêt (pour une première période de cinq jours que la direction espère pouvoir utiliser pour obtenir des garanties de sécurité solides, faute de quoi l’arrêt de la station sera prolongé). Face à cette situation grave l’OSCE a de nouveau fait preuve de bonne volonté en proposant d’accompagner chaque jour les convois qui amènent et ramènent de la station les équipes de travailleurs afin d’assurer leur sécurité. Mais il leur faut obtenir pour cela des garanties de sécurité fiables de la part de Kiev.

En attendant, grâce à des systèmes de flux inversé, de l’eau sera envoyée dans les canalisations via les stations de pompage afin de ne pas priver 1,5 millions de personnes d’eau, mais il est à craindre qu’elle ne sera pas potable. Et ce système a ses limites, car il ne permettra pas de desservir toutes les zones alimentées par la station d’épuration.

D’après les informations dont nous disposons, plus de 400 000 personnes se retrouveront ce soir sans eau, dont la moitié dans la partie du territoire occupée par l’armée ukrainienne, entre autre dans la ville d’Avdeyevka.

Une situation que Kiev compte utiliser médiatiquement pour salir la RPD, et faire croire aux habitants d’Avdeyevka et aux populations des pays occidentaux que c’est de la faute de la république si les habitants se retrouvent privés d’eau.

L’armée de la RPD craint quant à elle une utilisation militaire de cette évacuation, les soldats ukrainiens planifiant d’utiliser la station comme position de tir sûre, grâce aux abris souterrains et aux nombreux produits chimiques stockés dans la station, qui empêcheront les soldats de la RPD de tirer en retour (les soldats de la république voulant éviter à tout prix de provoquer un désastre humain et écologique qui serait inévitable si les stocks de chlore de la station prenaient feu par exemple). De telles méthodes, utilisées par l’armée ukrainienne, rappellent celles des terroristes en Syrie…

Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, quant à lui, y voit le signe que l’Ukraine se prépare à une offensive, en commençant par détruire les infrastructures.

Et alors que je rédigeais cet article, le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) vient de nous informer qu’en violation des garanties de sécurité fournies à l’OSCE, l’armée ukrainienne a ouvert le feu à 14 h 50 sur la zone de la station d’épuration avec des mortiers de 82 mm, des mitrailleuses lourdes et des armes légères, alors que le convoi permettant d’évacuer le personnel s’était mis en route.

Les employés de la station, les observateurs de l’OSCE et les représentants du ministère des Situations d’urgence se sont retrouvés pris sous les tirs, et malgré les appels du CCCC à respecter le cessez-le-feu, le bombardement de la zone s’est poursuivi.

Nous ne pouvons qu’espérer que personne n’aura été blessé, ou pire, lors de cette énième violation des accords signés par l’Ukraine.

En tout cas, dès ce soir, plus de 400 000 habitants vont se retrouver privés d’eau, dans l’indifférence totale des garants occidentaux des accords de Minsk, à cause des actes littéralement terroristes de l’armée ukrainienne.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne tire de nouveau sur les employés de la station d’épuration de Donetsk et fait cinq blessés

Sniper ukrainienÀ peine un mois après les derniers cas de tirs délibérés contre les équipes de travailleurs de la station d’épuration, l’armée ukrainienne recommence à prendre les employés civils pour cible.

Ce nouveau crime de guerre a lieu sur fond de dégradation continue de la situation, avec 35 violations du cessez-le-feu et 895 munitions tirées par l’armée ukrainienne contre le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD) du 16 au 17 avril 2018 à 6 h. Les tirs des dernières 24 heures ont été effectués avec de l’artillerie lourde de 152 mm (14 tirs), des chars d’assaut (10 tirs), des mortiers de 120 mm (117 tirs) et de 82 mm (100 tirs), et d’autres armes de calibre inférieur.

Ces tirs ont endommagé quatre habitations à Zaïtsevo, Gorlovka et Chirokaya Balka, et tué un soldat de la RPD.

Dès 6 h 15 ce matin, c’est le point de passage de Maïorsk et le village de Zaïtsevo (près de Gorlovka) qui ont été pris pour cible par l’armée ukrainienne, qui s’est ensuite reportée sur le village de Spartak et celui de Kominternovo.

Et à 15 h 40, suite à un changement d’équipe au sein de la station d’épuration de Donetsk, les soldats ukrainiens stationnés dans les tranchées proches de la station ont ouvert le feu à l’arme légère contre le bus qui ramenait une équipe d’employés vers Yassinovataya.

D’après les informations les plus récentes, les soldats ukrainiens ont tiré sur le bus avec du calibre 5,45 mm. L’une des balles a touché la rambarde métallique du bus, projetant des éclats de balle et de rambarde qui ont blessé cinq employés à divers degrés de gravité (l’un d’eux a reçu un éclat dans le cou, un autre dans le bras). Ils ont tous été emmenés à l’hôpital de Yassinovataya où ils sont soignés.

Le risque est que ce genre de crime de guerre se reproduise faute d’être condamné par les garants occidentaux des accords de Minsk, jusqu’à l’arrêt de la station d’épuration faute d’employés prêts à risquer leur vie à chaque trajet vers leur lieu de travail (qui est déjà dangereux en lui-même, car régulièrement pris pour cible par l’armée ukrainienne).

Pour rappel, cette station située en pleine zone grise, fournit l’eau potable des localités de Donetsk, Yassinovataya, Spartak, et Vassilievka en République Populaire de Donetsk (RPD), mais aussi des localités d’Avdeyevka, Krasnogorovka, et Verkhnetoretskoye situées dans la zone contrôlée par l’armée ukrainienne. Soit 1,5 millions de personnes.

En attendant que la France et l’Allemagne réagissent, les violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne se poursuivent, et à 18 h heure locale, nous en sommes déjà à 19 violations et 417 munitions tirées dont 5 obus de chars d’assaut, 16 obus de mortier de 120 mm et 42 obus de mortier de 82 mm.

Christelle Néant

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La situation se détériore dans le Donbass : 45 violations du cessez-le-feu et plus de 1 000 munitions tirées par les FAU en 24 h

Tir de mortierLa tendance à l’escalade commencée il y a bientôt deux semaines ne semble pas pouvoir être arrêtée. Après les 27 violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne enregistrées du 11 au 12 avril, leur nombre a brutalement augmenté durant les dernières 24 heures.

Le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) a ainsi enregistré 45 violations du cessez-le-feu de la part de l’armée ukrainienne contre le territoire de la RPD du 12 au 13 avril à 6 h, soit une augmentation de 67 % en 24 heures à peine.

Le nombre de munitions tirées par les soldats ukrainiens est à l’avenant avec un total de 1 038 munitions de tous calibres (contre 604 la veille), dont 30 obus de mortiers de 120 mm et 82 mm, 345 munitions de véhicules de combat d’infanterie ou de transport de troupes blindés, et 100 munitions de systèmes de défense anti-aériens.

Au total cette semaine, l’armée ukrainienne a violé 182 fois le cessez-le-feu, soit près du double de la semaine précédente (101 fois), et le bilan humain est de trois soldats morts et sept civils blessés.

Et au vu des armes lourdes détectées près de la ligne de front par les services de renseignement de la République Populaire de Donetsk (RPD), il y a peu de chances que la situation se calme d’elle-même : 18 obusiers automoteurs Akatsia de 152 mm, 6 obusiers tractés MSTA-B de 152 mm, 21 obusiers automoteurs Gvozdika de 122 mm, 3 canons antichars Rapira de 100 mm, 4 systèmes de missiles antiaériens Strela-10 et 13 chars d’assauts T-64 et T-72.

Soit un total de 66 pièces d’équipement lourd qui devraient se trouver dans des zones de stockage à plus de 15 km de la ligne de front si l’Ukraine respectait les accords de Minsk.

Face à la détérioration de la situation, le chef de la RPD, Alexandre Zakhartchenko, a ordonné de mener des exercices militaires avec les réservistes de la république afin de faire face à la menace le cas échéant.

Les ordres ont été donnés afin de coordonner le travail des commissariats militaires avec les villes et les districts, et ont rappelé aux employeurs (privés ou publics) des réservistes qu’ils doivent garantir le maintien de l’emploi et du salaire de leurs employés pendant qu’ils participent à ces exercices.

Le ministère de l’Intérieur assurera quant à lui le rassemblement et le transport des réservistes jusqu’aux polygones d’entraînement.

Aujourd’hui, à 18 h 15, heure locale, déjà huit violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne ont été enregistrées en RPD.

Le week-end risque d’être tout sauf paisible, et les autorités de la république craignent des provocations sanglantes à l’occasion des commémorations des défunts qui doivent avoir lieu dimanche.

À cette occasion, les habitants de la république vont se rendre en masse dans les cimetières, sur les tombes de leurs proches. Le ministère de l’Intérieur de la RPD a recommandé aux habitants d’éviter 42 cimetières proches de la ligne de front, afin d’éviter d’offrir aux soldats ukrainiens des cibles de choix pour commettre un bain de sang.

Il ne reste qu’à espérer que les habitants de la république puisse commémorer leurs morts sans y risquer leur vie.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne tire de nouveau sur un bus scolaire à Zaïtsevo – Un soldat de la RPD tué

Autobus scolaireAujourd’hui 12 avril 2018, à 14 h 00 l’armée ukrainienne a tiré sur un bus scolaire ramenant des enfants de l’école à Zaïtsevo.

À la demande des représentants ukrainiens au sein du CCCC, les soldats de la République Populaire de Donetsk (RPD) stationnés à Zaïtsevo respectaient depuis ce matin un cessez-le-feu strict, afin de permettre aux soldats ukrainiens de récupérer le corps d’un des leurs, V. Maïboroda, qui est mort le 8 avril.

Au lieu de respecter eux-aussi le cessez-le-feu, les soldats ukrainiens ont commencé à tirer avec des armes légères sur le village et ses environs dès 14 h, y compris sur la zone où se trouvait un bus scolaire rempli d’une trentaine d’enfants revenant de l’école.

Les soldats de la RPD se sont rendus sur place en urgence, et au péril de leur vie ont mené l’évacuation des enfants vers une zone sûre, en les protégeant littéralement de leurs corps pendant qu’ils les sortaient du bus.

Après cet incident, les soldats ukrainiens ont continué à bombarder le village (à 15 h 30 le village était toujours soumis à des tirs continus). Lors de ces tirs, un des soldats de la RPD qui avait participé à l’évacuation des enfants a été mortellement blessé.

Durant les dernières 24 h, l’armée ukrainienne a de nouveau violé le cessez-le-feu à 27 reprises, tirant 604 munitions dont des obus d’artillerie de 122 mm, et des obus de mortier de 120 mm et 82 mm sur le territoire de la RPD.

Et depuis ce matin 6 h, 16 violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne ont déjà été enregistrées par le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC).

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne bombarde la périphérie de Donetsk – 11 avril 2018

Depuis plus d’une semaine, l’armée ukrainienne augmente doucement mais sûrement ses bombardements contre le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD). Et la nuit dernière, elle s’est particulièrement acharnée sur la périphérie Ouest de la capitale.

Du 10 au 11 avril à 6 heures, l’armée ukrainienne a ainsi violé le cessez-le-feu à 28 reprises, tirant 587 munitions contre le territoire de la RPD. Pour la première fois depuis le début de la trêve de Pâques, les soldats ukrainiens ont utilisé l’artillerie lourde de 152 mm, contre la zone proche de l’aéroport de Donetsk (centre Volvo). En plus des 20 obus d’artillerie de 152 mm, l’armée ukrainienne a tiré durant ces 24 heures, 115 obus de mortier de 120 mm et 58 obus de mortier de 82 mm.

Une partie de ces derniers a atterri sur les zones résidentielles des districts de Kouibychevskyi et Kirovskyi à Donetsk ainsi que sur la localité de Staromikhaïlovka. La plupart des tirs ayant touché les zones civiles ont eu lieu tôt ce matin dès 5 h, pour ne s’arrêter qu’à 7 h 30.

 

Le bilan matinal de trois civils blessés et 12 habitations endommagées a été brutalement revu à la hausse en cours de journée alors que les informations étaient transmises aux autorités. Le bilan final fait état de sept civils blessés (quatre dans le district de Kouibychevsky, et trois à Staromikhaïlovka), ainsi que de huit maisons et 12 immeubles endommagés (dont presque toutes les fenêtres ont été soufflées par les explosions dans certains cas).

Les habitants oscillent entre colère et résignation, alors que certains immeubles venaient de recevoir des fenêtres neuves pour remplacer celles qui avaient été détruites par les bombardements précédents.

Bien que déjà lourd, ce bilan aurait pu être bien pire comme nous l’a fait remarquer une habitante interviewée. Si les tirs avaient eu lieu de jour et pas lorsque les gens dormaient, ces tirs auraient provoqué un bain de sang, car plusieurs obus ont frappé les rues ou les cours intérieures des immeubles, où les gens passent en grand nombre en journée pour aller travailler ou faire leurs courses, et où les enfants jouent.

Plusieurs gazoducs et lignes électriques ont aussi été endommagés ou coupés suite à ces bombardements.

Voir le reportage vidéo :

REGARDER ET ENTENDRE LA VIDEO ICI

Et la situation ne semble pas être prête de s’améliorer, car depuis ce matin 6 h, les représentants de la RPD au sein du CCCC ont déjà enregistré 14 violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne, et la nuit n’est pas encore tombée !

Cette escalade brutale de la situation est à rapprocher de ce qui se passe en Syrie, et qui n’est pas de nature à rassurer. Entre menaces de frappes américaines, et menaces de réponses sérieuses de la part de la Russie, Eurocontrol a émis un bulletin d’alerte pour les 72 prochaines heures dans l’Est de la Méditerranée.

Et plusieurs analystes, comme Paul Craig Roberts ou le Saker s’inquiètent ouvertement de l’issue d’une telle confrontation entre les États-Unis et la Russie. Si le premier s’inquiète du fait que les deux super puissances sont « au seuil de la guerre », le deuxième souligne que les Russes sont prêts pour la guerre.

Syrie et Donbass ne sont que les deux fronts d’une même guerre et il est à craindre que l’embrasement de l’un ne provoque celui de l’autre, voire celui du monde. Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’à l’image de la Grande-Bretagne qui refuse d’aller bombarder la Syrie faute de preuves, les autres va-t-en-guerre occidentaux reculeront aussi devant la détermination russe.

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Christelle Néant

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Les Spetsnaz de la RPD passent les épreuves pour le béret olive – 7 avril 2018

Pendant qu’environ 10 000 personnes fêtaient les quatre ans de la proclamation de la République Populaire de Donetsk (RPD) dans le centre de la capitale, les troupes d’élites de la RPD ont décidé de fêter ça à leur manière, en passant les épreuves d’obtention du béret olive.

VOIR LA VIDEO REPORTAGE A VOIR ET ECOUTER ICI

Quelques jours avant, les 150 soldats qui voulaient obtenir le fameux béret ont dû passer des épreuves éliminatoires : une course de 4 km à accomplir en moins de 16 minutes, avec près de 16 kg de matériel sur eux (gilet pare-balles, casque et Kalachnikov). Sur les 150 candidats, seuls 50 ont réussi à se qualifier pour l’épreuve finale.

Le 7 avril au matin, ces 50 soldats ont dû faire une course d’obstacles sur 10 km avec gilet pare-balles, casque et Kalachnikov, franchir une rivière, des ravines, faire des pompes, ramper au sol, grimper sur une colline, franchir des zones enfumées avec masque à gaz, avant d’affronter 500 m de parcours du combattant, avec murs et obstacles à franchir, avant d’aller démontrer leur précision au tir, et de finir par trois rounds de boxe de deux minutes chacun.

Sur les 50 soldats qui s’étaient qualifiés après les éliminatoires, seuls 17 ont réussi à obtenir le fameux béret. La plupart ont abandonné avant la fin des 10 km de course initiale, et plusieurs ont fini le match de boxe de justesse, s’effondrant à plusieurs reprises, à bout de forces.

Voir le reportage vidéo :

VOIR LA VIDEO REPORTAGE A VOIR ET ECOUTER ICI

 

Christelle Néant

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Christelle Néant Donbass SitRep n°85 – 7 avril 2018

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV, vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué le samedi 7 avril 2018 par vidéo conférence :

REGARDER ET ENTENDRE VIDEOCONFERENCE ICI

SITUATION MILITAIRE

00’51 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’06 » – Accumulation d’armes lourdes par l’armée ukrainienne près de la ligne de front
05’28 » – Les soldats ukrainiens tirent sur les drones de l’OSCE

06’10 » – Les soldats de la 30e brigade blessés ou tués pendant leur tentative d’incursion en RPD déclarés coupables de ce qu’il leur est arrivé

08’35 » – Porochenko annonce le début officiel de l’opération des forces interarmées dans le Donbass pour le mois de mai

11’08 » – Avakov annonce que la police ukrainienne et la Garde nationale travailleront avec les casques bleus pour « libérer » le Donbass

MH17


13’02 » – Nouvelle querelles d’experts sur l’analyse les données radar concernant le crash du MH17

DONBASS – RUSSIE

24’12 » – Projet de loi soumis à la Douma pour permettre aux citoyens de la RPD et de la RPL de travailler en Russie sans permis de travail

 

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

28’03 » – Des partisans du Patriarcat de Kiev s’emparent d’une autre église du Patriarcat de Moscou

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

31’04 » – Un député ukrainien annonce que le projet Nord Stream 2 met le monde entier en danger
34’02 » – Porochenko annonce que les troupes russes quitteront le Donbass quand les casques bleus y seront déployés

38’06 » – Conclusion

REGARDER ET ENTENDRE VIDEOCONFERENCE ICI

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Christelle Néant

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Rapport du JIT : « Le missile qui a touché le MH17 aurait pu être invisible pour les radars russes » – « Impossible » répond Almaz-Anteï

MH17Plus de trois ans et demi après l’accident qui a coûté la vie de 298 personnes dans le ciel du Donbass, la guerre des experts fait rage autour des données disponibles.

Le dernier rebondissement en date vient des déclarations du JIT faites mardi, selon lesquelles, après analyse des données radar fournies par la Russie, aucun missile ni avion n’est visible près du MH17, mais qu’un missile BUK aurait pu être invisible pour les radars russes (de manière assez bizarre l’argument ne marche pas pour les avions de chasse ukrainiens).

« L’équipe conjointe (JIT) qui enquête sur le crash du vol MH17 a demandé à deux experts radar indépendants d’examiner les images radar fournies par la fédération de Russie. Les conclusions de ces experts radar montrent qu’un missile BUK aurait pu être tiré à partir du lieu de tir établi par le JIT sans qu’il soit visible sur les images radar. De plus, les experts radar confirment qu’aucun autre avion n’est visible près du MH17 sur les images radar fournies », a déclaré le ministère public.

Selon ces experts, « une explication importante de l’absence du missile BUK sur les images radar réside dans les propriétés de vol d’un missile BUK ». « Par exemple la vitesse du missile. Étant donné que cette vitesse est beaucoup plus élevée que la vitesse des aéronefs civils, les réglages d’une station radar civile feront en sorte que ces objets rapides ne soient généralement pas visibles sur les images radar. Il s’agit d’éviter l’encombrement de l’image radar », ont ajouté les experts.

La conclusion du JIT suite à cette analyse d’experts laisse quelque peu pantois.

« Ces experts ont confirmé les conclusions que le JIT lui-même avait déjà présentées. L’absence d’un missile dans les images radar (de la station Utyos-T du localisateur Ust-Donetsk) peut s’expliquer par plusieurs raisons et ne signifie pas qu’il n’était pas dans l’espace aérien. »

Avant même de questionner le fond, la forme laisse déjà n’importe quelle personne dotée de bon sens un peu dubitative pour le moins, surtout si elle a lu le rapport complet du JIT.

Car le JIT est en train de nous dire que ce n’est pas parce que les radars russes ne voient pas de missile BUK qu’il n’y en a pas. Alors même que ce même JIT est catégorique pour dire que puisque les radars ne voient pas d’autre avion à proximité du MH17 (hypothèse de l’avion de chasse ukrainien qui aurait pu abattre le Boeing), c’est qu’il n’y en a pas.

Dans un cas l’absence d’avion sur les images radar discrédite l’hypothèse de l’avion de chasse, de l’autre l’absence de missile BUK visible n’invalide pas l’hypothèse du BUK. L’incohérence des conclusions à géométrie variable du JIT saute aux yeux.

Car ce pseudo argument de la vitesse pourrait s’appliquer à un avion militaire comme le Mig-29 dont la vitesse maximum est de 2 400 km/h, soit 667 m/s, soit environ 2,5 fois celle d’un avion civil (un BUK-M1 atteint au maximum 850 m/s soit trois fois la vitesse d’un avion civil). Si réellement les radars civils filtraient les objets dont la vitesse est « beaucoup plus élevée » que celle d’un avion civil comme le prétend le JIT, un Mig-29 devrait être invisible sur un tel radar.

Et pour ceux qui avanceraient comme argument le fait qu’un missile BUK est bien plus petit qu’un avion de chasse et aurait donc pu échapper au radar à cause de cela, l’armée russe avait déjà expliqué en 2016, que cette même station radar russe avait détecté un drone ukrainien qui volait le jour du crash du MH17, tout près de la frontière russe. Un drone bien plus petit qu’un missile BUK…

Un drone n’ayant pas de transpondeur, cela montre bien que la station radar d’Ust-Donetsk est un radar primaire. C’est-à-dire un radar ne dialoguant pas avec le transpondeur de l’avion, mais un radar envoyant un signal sonore et analysant ce qu’il reçoit en retour.

Or pour toute personne connaissant le fonctionnement (même à minima) d’un radar primaire, le pseudo argument sorti par le JIT ne tient pas la route. Et c’est ce que le fabricant du missile BUK, Almaz-AnteÏ vient de dénoncer, en déclarant que les conclusions du JIT sont impossibles.

« Si un missile Buk avait été lancé à partir de la région désignée par l’équipe commune d’enquête (JIT), il aurait atteint une vitesse d’environ 600-620 mètres par seconde dans la zone d’approche du Boeing-777 MH17, ce qui est bien à portée du complexe radar. Par conséquent, il aurait assurément été enregistré par la station radar Utyos-T », a déclaré Almaz-Anteï.

Le fabricant de missiles BUK a aussi tenu à tacler la méthode de travail du JIT, qui a exigé que les données radars lui soient fournies dans un format international bien moins complet que les données brutes fournies initialement par la Russie.

Car selon Almaz-Anteï, l’analyse des données radar brutes de la station radar Utyos-T dans la région montre qu’aucun missile n’a approché le vol MH17 par l’Est, c’est-à-dire depuis la zone estimée par le JIT, et qui était sous contrôle de la RPD à ce moment-là (par contre cette station ne peut pas garantir que cela ne soit pas le cas venant d’autres directions comme l’Ouest et le Sud, où se trouvait l’armée ukrainienne, car elle ne couvre pas correctement ces zones pour des raisons de relief et de distance).

Or le JIT n’a pas analysé ces données là, mais une version expurgée, ce qui leur permet d’en venir à cette conclusion saugrenue, puisque les données qu’ils ont analysées sont de facto incomplètes car filtrées. Ils peuvent donc mettre leur conclusion farfelue sur le dos du filtrage des données affichées.
« Les données radar primaires ont été transmises aux spécialistes néerlandais dans un fichier au format d’enregistrement primaire. Un tel fichier enregistre tous les échos reçus par le radar, sans aucun traitement. Le radar Utyos-T n’a aucune limitation sur les objets se déplaçant à une vitesse inférieure à 1 000 mètres par seconde (la vitesse d’un missile Buk serait d’environ 600-620 mètres dans ce cas) et supérieure à 1 000 mètres par seconde », a déclaré la société.

Pourquoi une telle absence de limitation ? Justement car cette station est dotée d’un radar primaire. Un tel radar fonctionne sur un mode extrêmement basique : le radar envoie des ondes à la vitesse de la lumière, qui lui reviennent une fois réfléchies par un objet (ce que l’on appelle un écho). Le radar analyse ensuite ces échos pour savoir la distance, l’angle et la vitesse de l’objet par rapport au radar. La vitesse des ondes envoyée est comme on peut le voir très supérieure à celle d’un missile BUK, ce qui invalide totalement l’argument du JIT, si on analyse les données brutes du radar. Pas les données filtrées, qui elles, bien sûr, excluent tout un paquet d’objet que les contrôleurs aériens n’ont pas besoin de voir sur leurs écrans.

La société a souligné que lorsque le format d’enregistrement primaire utilisé par la partie russe est converti dans le format ASTERIX demandé par la partie néerlandaise, qui est secondaire, la plupart des données radar brutes sont perdues.

« Il est impossible de modifier les données primaires des fichiers de quelque manière que ce soit sans en détruire la structure », a déclaré Almaz-Anteï. « Tout changement de ce genre serait clairement visible pour tout spécialiste. »

Voilà pourquoi la Russie avait fourni les données radar brutes. Afin qu’aucun doute ne soit laissé sur la fiabilité des données (impossibilité de retoucher le fichier sans le détruire) et sur leur exhaustivité (puisqu’il n’y a pas de filtre, tout est visible, du drone au missile BUK, en passant par les avions de ligne et les avions de chasse).

En ne voulant pas faire l’effort de travailler sur les données brutes, quitte à demander l’aide d’experts russes, le JIT peut ainsi continuer de dire que l’absence de preuves tangibles soutenant son hypothèse ne remet pas cette dernière en question.

Ce qui montre bien que le but du JIT n’est pas réellement de découvrir la vérité sur cette tragédie, mais bien de coller à un scénario déjà écrit par tous les moyens possibles et inimaginables, quitte à tordre les preuves pour leur faire dire ce que l’on veut.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne tire plus de 600 munitions contre le territoire de la RPD durant les dernières 24 heures

Mortier ukrainienDepuis plusieurs jours, le nombre de violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne se maintient, et aucune diminution sensible et durable n’a pu être constatée suite à l’entrée en vigueur de la trêve de Pâques.

Durant la journée d’hier et la nuit d’hier à aujourd’hui, l’armée ukrainienne a commis 15 violations du cessez-le-feu (données fournies par le CCCC), et le nombre de munitions tirées a explosé : 610 munitions, soit plus de trois fois le maximum des derniers jours.

En plus des 37 obus de mortiers de 120 mm et 82 mm utilisés, l’armée ukrainienne a surtout fait un usage important de ses véhicules de combat d’infanterie BMP-2, en tirant à 300 reprises avec ces derniers contre le village de Sakhanka, situé dans le Sud de la République Populaire de Donetsk (RPD).

Depuis plusieurs jours, les tirs se succèdent, passant d’une localité-cible à l’autre, tout en s’acharnant par moments sur un village ou sur un autre. Certains soldats de la RPD qui sont sur le front pense qu’il s’agit de tentatives de tester les lignes, pour voir où se situent les points de faiblesse potentiels.

D’autres informations, obtenues par les services de renseignement de la RPD, laissent à penser que beaucoup de ces tirs sont surtout des provocations, visant à obtenir des tirs de réponse de la part des soldats de la république afin de pouvoir crier à l’agression russe qui justifierait l’attaque de l’armée ukrainienne. Le tout filmé par des équipes de journalistes qui attendent actuellement en vain d’obtenir ce qu’ils cherchent.

La dernière tentative, faite pour la venue d’un groupe de parlementaires français dans le Donbass le 4 avril, a lamentablement échoué, grâce au sang froid des soldats de la RPD qui ont appliqué strictement les ordres de ne pas répondre.

Car bien conscientes des enjeux, les autorités de la RPD ont rappelé leur attachement au cessez-le-feu, et les ordres ad-hoc ont été transmis à toutes les unités présentes sur le front.

Le pourquoi de cet acharnement de Kiev à vouloir justifier médiatiquement son attaque tient peut-être en un fait très simple : sans une bonne justification, l’Ukraine ne pourra pas compter sur l’aide de l’OTAN. Et sans cette aide, une telle attaque finira en fiasco, et l’Ukraine explosera en plein vol, comme l’a déclaré l’ex-ministre ukrainien des Affaires étrangères, Konstantin Grichtchenko.

Pour lui les rêves des autorités de Kiev de voir un scénario à la croate dans le Donbass tient du fantasme hors-sol, faute de soutien fort de la part de l’Occident (c’est-à-dire de l’OTAN).

« Vous pouvez parler autant que vous voulez d’une opération comme celle qui a eu lieu en Croatie, mais les conditions pour cela ne sont pas là. Nous ne pouvons pas compter sur un soutien rapide et puissant [de l’Occident], » a-t-il déclaré.

Pour l’ancien diplomate, si Kiev tente d’attaquer le Donbass, c’est l’avenir même du pays en tant que tel qui pourrait être compromis.

« Si Kiev envoie des troupes sur le territoire des républiques, alors le pays pourrait perdre son statut d’État, » a déclaré Grichtchenko.

« L’OTAN ne sauvera pas Kiev si la Russie défend le Donbass d’une attaque des Forces Armées Ukrainiennes. La fédération de Russie ne permettra pas le retour de la RPD et de la RPL sous le contrôle de l’Ukraine, car elle soutient le droit du Donbass à un statut spécial et à la protection des habitants, » a-t-il conclu.

Et l’OTAN ne pourra pas intervenir si les FAU commettent la même faute que l’armée géorgienne en 2008 contre l’Ossétie du Sud, à savoir attaquer les premiers sans justification et en violation des accords signés.

Voilà le pourquoi de ces tirs insistants et persistants depuis plusieurs jours : essayer d’obtenir un scandale médiatique permettant à Kiev de se poser en victime obligée de se défendre et non en agresseur.

Ma crainte est que faute d’obtenir ce qu’ils veulent par cette méthode, et devant la situation désastreuse du pays qui pousse Porochenko à vouloir détourner l’attention de la population en reprenant les hostilités le plus rapidement possible, Kiev pourrait bien être tentée de fabriquer elle-même le scandale voulu, en tirant sur le territoire sous son contrôle puis en essayant de faire passer ces tirs pour ceux de la RPD.

Ce ne serait pas la première fois, et il faut rappeler que d’autres opérations du même genre avaient été menées l’an passé vers Avdeyevka et Krasnogorovka, et avaient fait plusieurs morts et blessés parmi les civils.

Christelle Néant

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Des partisans du Patriarcat de Kiev s’emparent d’une autre église du Patriarcat de Moscou

église orthodoxeDes représentants de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev non reconnue (UOC-KP) ont saisi un temple appartenant à l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP) dans le village de Ptichya dans la région de Rovno. Cela a été rapporté mardi par le service de presse du diocèse de Rovno.

« Nous sommes tristes d’apprendre qu’après la levée officielle de la saisie de l’église de la Sainte Dormition dans le village de Ptichya, dans le district de Doubensky, le soir du 2 avril, les partisans du Patriarcat de Kiev se sont emparés de l’église par la force », dit le rapport. « Vers 23 h 50, des voitures avec des combattants d’Aïdar et d’Azov [bataillons néo-nazis] sont arrivés à l’église et avec leur aide, les partisans ont, en quelques minutes, poussé les représentants de la communauté de l’UOC-MP hors du temple, en les menaçant avec des armes. »

Selon le diocèse, deux escadrons de police étaient de service sur les lieux, mais ils ne sont pas intervenus pour empêcher cette expropriation sauvage.

Depuis le coup d’État de 2014 en Ukraine, la confrontation entre l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarche de Moscou et les schismatiques du Patriarcat de Kiev, qui sont soutenus par des nationalistes radicaux, s’est intensifiée dans le pays. Les attaques contre les représentants de l’UOC-MP, ainsi que les profanations et les tentatives de destruction des églises du Patriarcat de Moscou sont devenues régulières.

Ainsi, depuis le début de 2018, il a déjà eu plus de dix cas de ce genre. Les temples des régions d’Odessa, de Soumy, de Kirovograd et de la capitale ukrainienne ont souffert de l’action de ces vandales.

Agence DONi News / Traduction par Christelle Néant

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Les ultra-nationalistes ukrainiens manifestent à Kiev contre les oligarques pendant que le pays s’enfonce dans la misère

Ultra-nationalistes ukrainiensAujourd’hui les membres et partisans des partis ultra-nationalistes ukrainiens Svoboda (anciennement parti social-nationaliste d’Ukraine), Secteur Droit et Corps National (issu du régiment néo-nazi Azov) manifestent contre les oligarques dans le quartier gouvernemental à Kiev.

Le leader de Svoboda, Oleg Tiagnibok, présent sur place, a annoncé qu’avec cette marche, les forces nationalistes du pays s’unissaient pour démarrer une série d’actions à travers toute l’Ukraine exigeant d’éliminer l’influence des oligarques sur les autorités de Kiev. Une demande qui revient à demander la destitution de Porochenko, puisque classé actuellement comme étant le 5e homme le plus riche du pays, avec un milliard de dollars de richesse, ce dernier rentre directement dans la catégorie des oligarques.

« Aujourd’hui, nous exigeons l’adoption d’un plan clair et précis, un paquet de réformes anti-oligarchiques, qui comprend environ 20 projets de loi différents qui ont été enregistrés par la Verkhovna Rada depuis longtemps, mais qui, malheureusement, sont couverts de poussière et ne sont pas soumis au vote du pouvoir actuel, qui est de fait oligarchique. C’est pourquoi nous demanderons aujourd’hui à la Verkhovna Rada, au gouvernement et au président d’adopter ce paquet de changements radicaux anti-oligarchique extrêmement important, » a déclaré Tiagnibok avant le début de la marche.

Selon lui, dans ce paquet de projets de loi, il y a des paquets économiques et politiques. Le premier comprend des projets de loi sur la délocalisation, l’abolition des monopoles privés, l’introduction d’une taxe de luxe, la cessation de la privatisation des entreprises stratégiques et l’interdiction de la vente de terres agricoles (un point qui va faire grincer des dents le FMI).

Le bloc politique comprend des projets de loi sur l’approbation de la procédure de destitution du président, l’abolition de l’immunité parlementaire, judiciaire et présidentielle, le mécanisme de retrait des députés, des fonctionnaires et des juges, ainsi que l’adoption d’un nouveau code électoral.

Il faut dire que lorsqu’on voit que le nombre de millionnaires en Ukraine a doublé en 2017 par rapport à 2016, alors que le reste de la population s’appauvrit de plus en plus depuis le Maïdan, il y a de quoi vouloir faire le ménage.

Et ils ne sont pas les seuls à exiger de profondes réformes. Du fond de sa prison, Nadia Savtchenko a aussi proposé de changer l’Ukraine de fond en comble.

Elle propose notamment de recenser la population (ce qui n’a plus été fait depuis 2001 et le résultat risque d’être édifiant), de faire l’inventaire des localités et des ressources du pays, ainsi que de modifier le système électoral pour que les habitants puissent révoquer leurs élus (une idée qui est loin d’être bête et qui pourrait inspirer d’autres pays).

Nadia Savtchenko propose aussi de réorganiser le système judiciaire et les forces de l’ordre de telle façon que les Ukrainiens puissent élire directement le chef de police et le président du tribunal de leur région.

Pour elle, le pays devrait aussi être divisé en communes de 120 000 à 150 000 habitants, car ce serait plus proche du mode de vie traditionnel des Ukrainiens.

« Pourquoi les Ukrainiens ont-ils besoin de ce concept ? Parce qu’il repose sur le mode de vie et la conception du monde ukrainiens traditionnels et la démocratie réelle, et non pas sur la démocratie créée par les hommes politiques modernes », écrit-elle sur Facebook.

Mais toutes ces propositions de réformes oublient un point majeur à l’origine de la plupart des problèmes actuels de l’Ukraine : la coupure des liens économiques avec la Russie et les tentatives de rapprochement avec l’UE.

Comme l’a très bien souligné Viktor Medvedtchouk, ce sont les euro-réformes qui, en quatre ans, ont plongé le pays dans la misère, faute d’avoir tenu compte des réalités économiques du pays.

« Fin 2013, la dette de l’Ukraine, étatique et garantie par l’État, représentait 40 % du PIB et, à la fin de 2017, elle avait plus que doublé, dépassant 80 % du PIB. En 2013, le PIB par habitant de l’Ukraine était supérieur à 4 075 dollars et, dès 2016, il était de 2 221 dollars. Le salaire mensuel moyen en 2017 s’élevait à 267 $ dans l’ensemble du pays (en 2013, il dépassait 408 $). La pension « modernisée » par le gouvernement en 2017 est 2,3 fois moins élevée qu’avant les euro-réformes. Aujourd’hui, c’est un peu plus de 48 $, alors qu’en 2013, c’était presque 112 $ », a écrit Medvedtchouk sur le site Web de son mouvement « Choix ukrainien ».

Il a également souligné que les données de nombreux classements internationaux témoignent de la situation catastrophique du pays. En particulier, l’Ukraine est désormais à la 7e place du classement Bloomberg des pays les plus défavorisés (classement provisoire pour 2018 basé sur des estimations, l’Ukraine était déjà 5e en 2017 après le Venezuela, l’Égypte, l’Argentine et l’Afrique du Sud).

Dans le classement des pays par niveau de prospérité de l’Institut Legatum, l’Ukraine se situe à la 112e place (juste après le Bangladesh et avant le Burkina Faso), alors qu’en 2013, elle occupait la 64e position.

Dans le classement des meilleurs pays pour une retraite confortable, l’Ukraine est dans les dix derniers, à la 72e place. Et dans le classement de la liberté économique établi par la Fondation Héritage, l’Ukraine parmi les pays européens est à la 44e et dernière place, et dans le classement mondial se retrouve parmi les derniers.

« Les autorités ont promis de réduire les impôts, de protéger les droits de propriété, de créer les conditions pour le développement des entreprises, d’améliorer le climat d’investissement dans le pays, de vaincre la corruption, mais au lieu de la « Mecque de l’investissement », l’Ukraine est devenue un pays que les capitaux étrangers contournent comme rien d’autre… Dans l’Ukraine euro-intégrée, il n’y a pas une seule sphère de l’économie, pas une seule branche qui n’a pas souffert des « réformes » menées par le gouvernement. Pour des millions d’Ukrainiens, le prétendu choix civilisationnel s’est transformé en chômage, en pauvreté désespérée et en manque de foi en l’avenir », a déclaré le politicien.

Un tel désespoir dans la population est un terreau parfait pour les ultra-nationalistes qui peuvent ainsi facilement rassembler les Ukrainiens contre les boucs émissaires qu’ils ont désignés (les oligarques) et obtenir ainsi un soutien massif de la population à leurs plans de nouveau coup d’État.

L’histoire bégaye, et la situation actuelle de l’Ukraine rappelle celle de l’Allemagne de Weimar. Le chômage de masse et le désespoir produisant souvent les mêmes résultats, il n’y aurait rien de surprenant à ce que l’Ukraine bascule brutalement et totalement dans l’ultra-nationalisme le plus radical, pour ne pas dire le néo-nazisme.

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne poursuit sans relâche ses bombardements contre la RPD et ses préparatifs pour une offensive

Canon ukrainienDepuis la semaine dernière, et malgré l’entrée en vigueur d’une nouvelle trêve (dite de Pâques) depuis le 30 mars à 00 h 01, l’armée ukrainienne bombarde de manière continue le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD).

La seule journée de répit relatif fut celle de samedi, durant laquelle l’armée ukrainienne n’a violé le cessez-le-feu QUE deux fois

Mais dimanche 1er avril, l’armée ukrainienne reprenait un rythme plus soutenu, avec 16 violations du cessez-le-feu et 149 munitions tirées. Et malheureusement pour la population qui souffre de ces tirs, cela n’avait rien d’un poisson d’avril.

Et aujourd’hui même, nous en sommes déjà à 13 violations du cessez-le-feu à 20 h heure locale, et la journée n’est pas encore terminée. Les premiers tirs ont commencé dès 8 h 25 ce matin, et les derniers ont eu lieu à 19 h 25 (soit il y a à peine plus d’une demi-heure). Ces tirs ont fait un mort parmi les soldats de la RPD, à Kominternovo, alors que ce soldat venait en aide aux civils touchés par les tirs précédents sur la localité.

Les localités touchées aujourd’hui par les tirs sont les villages de Spartak, Kominternovo, Leninskoye, Vassilievka, ainsi que le centre Volvo à Donetsk et la mine 6/7 à Gorlovka.

Pendant ce temps-là l’armée ukrainienne continue d’accumuler des armes lourdes près de la ligne de front, en violation totale des accords de Minsk.

La semaine dernière, les services de renseignement de la RPD ont ainsi détecté 164 pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien, dont des obusiers automoteurs Akatsia de 152 mm, des obusiers automoteurs Gvozdika de 122 mm, des lance-roquettes multiples BM-21 Grad de 122 mm, des canons antichars Rapira de 100 mm, des systèmes de missiles de défense antiaérienne Osa, des chars d’assauts T-64 et T-72, des véhicules de combat d’infanterie, des véhicules de transport de troupes blindés et des automitrailleuses.

De quoi faire un nouveau bain de sang dans le Donbass.

Le fait que la nouvelle trêve n’ait même pas été respectée un seul jour depuis sa mise en place et n’a pas non plus entraîné de baisse significative du nombre de bombardements est un signe des plus inquiétants, et semble indiquer que l’escalade qui a commencé fin mars est bien partie pour continuer, voire pire.

Car les nouvelles en provenance du côté ukrainien n’ont pas de quoi rassurer.

Profitant de la trêve, l’armée ukrainienne a en effet mené des exercices de débarquement sur la côte de la mer d’Azov près de Berdianskye, à 4 km à peine de la ligne de front (là aussi en violation totale des accords de Minsk). Ces exercices de débarquement semblent indiquer que l’armée ukrainienne envisage peut-être une attaque par voie maritime contre la RPD.

Que ce soit par l’application de cette stratégie ou par une autre, les préparatifs de l’armée ukrainienne pour une offensive contre le Donbass ont été remarqués par la Russie, qui a sommé l’OSCE d’intervenir pour faire cesser l’escalade avant qu’il ne soit trop tard.

Le représentant permanent de la fédération de Russie auprès de l’OSCE, Alexandre Loukachevitch, a ainsi déclaré que la tension croissante et un certain nombre d’autres signes indiquent que Kiev veut relancer une campagne militaire agressive dans le Donbass, et que l’OSCE devrait s’y opposer.
« Tous les signes que l’Ukraine se prépare apparemment à une sorte de vengeance sont évidents, donc la tension augmente. Et, dans une large mesure, une réponse adéquate de la communauté de l’OSCE et, tout d’abord, de notre mission de surveillance sera désormais nécessaire » a-t-il déclaré à l’antenne de la chaîne de télévision Rossia 24.

Parmi ces signes, Loukachevitch a cité la loi sur la réintégration du Donbass, et les mesures visant à son application comme la transition de l’opération dite antiterroriste vers une opération inter-armée. Toutes ces procédures préparatoires liées à la mise en œuvre de la loi devaient être achevées au plus tard le 1er avril. Ce qui veut dire qu’à partir d’aujourd’hui, les autorités ukrainiennes peuvent lancer l’application concrète et sanglante de cette loi à n’importe quel moment.

Une volonté qui semble confirmée par la nouvelle campagne de conscription lancée par l’armée ukrainienne, et à travers laquelle cette dernière espère enrôler 15 000 jeunes d’ici la fin du mois de mai.

Quatre ans après le début de cette guerre civile qui ne dit pas son nom, le Donbass semble être parti pour connaître un printemps 2018 rythmé au son des canons.

Christelle Néant

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Un habitant de la RPD, dont la maison a été bombardée, offre des lunettes au chef adjoint de la mission « aveugle » de l’OSCE

OSCE aveugleUn habitant de la République Populaire de Donetsk (RPD) a offert au chef adjoint de la mission de l’OSCE en Ukraine, Alexander Hug, une paire de lunettes pour que le travail des observateurs soit plus productif.

Ce cadeau a été fait lors d’une réunion entre les habitants de Donetsk et les dirigeants de la mission de l’OSCE, pendant la visite d’Alexander Hug en RPD.

« Lorsque l’hôtel Touriste a été saccagé à Kiev le 26 juin, j’étais là, et j’ai vu les fascistes ukrainiens vandaliser le bâtiment. Le personnel de l’OSCE s’est rendu sur les lieux de l’incident, a regardé, écouté et est parti, sans rien avoir fait. J’ai vu votre travail, » a déclaré ce résident en parlant des observateurs de la mission.

Puis l’homme s’est tourné face à Alexander Hug.

« Vous êtes un militaire, vous avez été formé dans la meilleure armée de Suisse. Vous avez occupé le poste de commandant du quartier général régional en Bosnie-Herzégovine, et ce poste est égal à celui de général. En tant qu’officier, vous devez savoir que la logistique de l’unité, de l’organisation ou de la mission est de première importance », a-t-il poursuivi, après quoi il a retiré ses lunettes.

« J’ai une suggestion : améliorer votre logistique avec ces lunettes. Elles vous seront très utiles, elles vous sauveront la vie et montreront parfaitement votre travail. Croyez-moi, avec ces lunettes, vous serez reconnu partout en RPD. Et je ferai des cannes blanches [cannes pour aveugles] à partir des débris de ma maison, qui a été détruite le 21 novembre 2014 par l’artillerie de la 128e brigade des FAU, » a conclu l’habitant.

Agence DONi News / Traduction par Christelle Néant

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Malgré la trêve de Pâques la situation ne s’améliore pas dans le Donbass – L’armée ukrainienne continue de bombarder la RPD

Canon ukrainienAlors que la nouvelle trêve de Pâques est entrée en vigueur cette nuit (30 mars) à 00 h 01, la situation ne se calme pas pour autant sur la ligne de front du Donbass.

On aurait pu s’attendre à ce que comme d’habitude, l’armée ukrainienne se calme un tant soit peu après l’entrée en vigueur d’un nouveau cessez-le-feu, mais la brutalité de l’escalade récente ne semble pas pouvoir être arrêtée, même avec une nouvelle trêve.

Après 48 heures marquées par 25 violations du cessez-le-feu, l’armée ukrainienne a commis hier six nouvelles violations de la trêve du 29 mars au 30 mars à 6 h 00 GMT, lors desquelles elle a tiré sept obus d’artillerie de 122 mm, 14 obus de mortier de 120 mm, quatre obus de mortier de 82 mm, et a utilisé de nombreuses autres armes allant du véhicule de combat d’infanterie, au lance-roquettes, pour un total de 106 munitions tirées durant la journée. Ces bombardements ont endommagé un appartement à Dokoutchayevsk.

Et alors que l’on pouvait espérer une accalmie relative sur le front après la mise en place de la trêve de Pâques, il n’en fut rien. La nouvelle trêve n’a tenu que 9 h 30…

Dès 9 h 35 les soldats ukrainiens ont ouvert le feu contre le village de Kominternovo avec des mortiers de 120 mm, des véhicules de combat d’infanterie BMP-1, et des lance-grenades automatiques, ainsi que des armes légères.

À 10 h 05, l’armée ukrainienne ouvre de nouveau le feu contre le village de Kominternovo ainsi que contre celui de Leninskoye (situé à côté), avec des lance-grenades automatiques et des armes légères. Ils reprendront les tirs contre le village dès 11 h 45 avec les mêmes armes.

Après quelques heures de calme, l’armée ukrainienne reprend à 14 h 55 les tirs contre le village de Leninskoye avec des armes légères.

Puis à 15 h 30, les soldats ukrainiens changent de cible et tirent sur la localité de Staromikhaïlovka avec des mortiers de 82 mm.

Après une nouvelle pause de presque deux heures, les tirs reprennent, et à 17 h 25, l’armée ukrainienne tire sur Jeleznaya Balka avec des véhicules de combat d’infanterie, ainsi qu’avec des armes légères.

À 17 h 40, changeant une nouvelle fois de secteur, les soldats ukrainiens ont ouvert le feu sur Sakhanka avec des armes légères, ainsi que des fusils de snipers. Les tirs ont repris à 19 h 15 sur la même localité, avec les mêmes armes.

À 19 h 30, heure locale, nous en sommes donc déjà à huit violations du nouveau cessez-le-feu, et la nuit vient de tomber. Il faut donc s’attendre à ce que ces tirs se poursuivent encore ce soir et durant le week-end.

Une crainte exprimée hier par Édouard Bassourine, le commandant en second du commandement opérationnel de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD), qui a déclaré avoir reçu des informations selon lesquels le commandement ukrainien a ordonné à ses unités d’augmenter encore les bombardements contre les positions de l’armée de la RPD pendant la nouvelle trêve.

De telles craintes ont aussi été exprimées par Alexandre Zakhartchenko lors d’une conférence de presse qui s’est tenue hier. À la question d’un journaliste qui demandait s’il avait bon espoir que cette nouvelle trêve allait marcher, le chef de l’État n’a guère semblé optimiste.

« L’espoir est toujours le dernier à mourir….. Cependant, la situation actuelle sur la ligne de front est en train de le tuer. Hier, littéralement, il y a eu la plus forte escalade dans le sud. Les bombardements de nos positions et de nos localités ont été enregistrés. L’Ukraine est dans une certaine hystérie. En même temps, j’espère que la trêve sera toujours respectée, puisque Pâques est un jour saint. Dans les tranchées ukrainiennes, après tout, il y a les mêmes personnes orthodoxes. Le respect de cette trêve signifie le respect de la foi et des croyants, » a-t-il déclaré.

Un autre journaliste lui a demandé à quoi était lié cette nouvelle escalade de la part de Kiev, et Alexandre Zakhartchenko a souligné la gravité de la situation tout en la replaçant dans le contexte de ce qui se passe en Ukraine.

« La situation en Ukraine elle-même a des répercussions – il s’agit des affaires contre Savtchenko et Rouban, ainsi que du début de la campagne électorale. L’attention du peuple ukrainien doit être détournée autant que possible des processus qui se déroulent à l’intérieur du pays. Le déclenchement d’hostilités actives dans le Donbass constitue la plus grande distraction de l’attention du peuple ukrainien.
Le deuxième facteur est que le format de la soi-disant opération anti-terroriste, la subordination à la structure de commandement militaire étant changé, cela a provoqué une lutte entre les services s
ecrets et les forces armées ukrainiennes. Ils s’accusent mutuellement d’échec des accords et des trêves.
Le troisième point est qu’il existe toujours des dissensions entre l’armée ukrainienne et les bataillons de volontaires. N’importe qui peut tirer où il veut et quand il veut. C’est ce qui est le plus effrayant, car
une guerre majeure peut éclater à tout moment à cause d’un bombardement mineur, » a conclu le chef de l’État.

Sur fond d’hystérie russophobe croissante à l’Ouest, la situation dans le Donbass ne semble plus pouvoir être calmée, et pourrait déraper à tout moment, à moins que l’OSCE et les garants occidentaux des accords de Minsk ne fassent pression sur Kiev afin qu’elle calme le jeu.

Christelle Néant

Erratum : J’ai écrit dans l’article d’hier que la nouvelle trêve commencerait le 1er avril, et il s’agissait d’une erreur. Cette date était la première annoncée par les autorités de la RPD, il y a environ deux semaines en arrière, mais la date a finalement été avancée au 30 mars et je n’avais pas vu passer cette information. La date a été corrigée avec un signalement d’erreur sur l’article lui-même, mais je tenais à en refaire un sur celui-ci pour être sûr que toutes les plateformes relayant mes articles aient l’erratum, ainsi que mes excuses pour cette erreur.

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Guerre du Donbass – Aggravation brutale de la situation depuis 48 heures

Char ukrainienAprès un premier pic de bombardements le 25 mars 2018 suivi d’une journée très calme (seulement une violation du cessez-le-feu fut enregistrée du 25 au 26 mars), l’armée ukrainienne a recommencé à bombarder le territoire de la République Populaire de Donetsk (RPD) de manière répétée depuis deux jours.

Le 27 mars à 12 h 30, l’armée ukrainienne ouvre le bal en tirant au mortier de 120 mm sur le village de Sakhanka. Puis la situation restera calme jusqu’en fin d’après-midi. De 17 h à minuit, les bombardements se suivent alors à un rythme soutenu.

À 17 h 05, les soldats ukrainiens tirent au mortier de 120 mm sur la localité de Sosnovskoye. À 18 h 00 ils tirent avec un véhicule de combat d’infanterie BMP-2 sur la localité de Dokoutchayevsk, avant de reprendre les tirs contre la localité de Sosnovskoye à 18 h 15, tirant de nouveau au mortier de 120 mm.

Après une grosse heure de calme, les tirs reprennent sur une autre portion du front. À 19 h 40 l’armée ukrainienne tire au mortier de 82 mm et au lance-grenades automatique contre les villages de Jabitchevo et Spartak. À 20 h 00, c’est sur la localité de Troudovskyi que les soldats ukrainiens ouvrent le feu au lance-roquettes.

Moins d’une heure après la dernière violation, les tirs reprennent. À 20 h 50, l’armée ukrainienne tire au lance-roquette contre la localité de Krasnyi Oktiabr.

À 21 h 05 c’est contre Yassinovataya que les FAU tirent depuis leurs positions situées à Avdeyevka. Les soldats ukrainiens ont tiré avec des véhicules de combat d’infanterie (BMP-2), et des lance-roquettes antichars.

À peine cinq minutes après, l’armée ukrainienne commence à bombarder le village de Zaïtsevo. De 21 h 10 à 23 h 10, l’armée ukrainienne commettra quatre violations du cessez-le-feu contre le village, tirant à l’obusier de 122 mm, au mortier de 120 mm et 82 mm, et au lance-grenades automatique. À partir de minuit le front redeviendra calme jusqu’au lendemain.

Du 27 mars au 28 mars à 6 h 00 GMT, l’armée ukrainienne a ainsi commis 12 violations du cessez-le-feu, au cours desquelles elle a tiré 293 munitions, dont 10 obus d’artillerie de 122 mm, 67 obus de mortier de 120 mm et 9 obus de mortier de 82 mm. Ces tirs ont endommagé une habitation à Dokoutchayevsk, une à Zaïtsevo ainsi que le cimetière du village qui a été sérieusement touché. Une hausse spectaculaire comparée à l’unique violation du cessez-le-feu commise la veille.

L’espoir était que ce pic de tension reste isolé, comme le fut celui du 25 mars. Mais il n’en fut rien.

Hier, 28 mars, dès 11 h 50, l’armée ukrainienne recommence, tirant à l’arme légère sur la localité de Dokoutchayevsk. Quarante minutes plus tard, à 12 h 30, les soldats ukrainiens tirent sur le village de Spartak avec des véhicules de combat d’infanterie (BMP-2).

Et cette fois ils n’attendent pas la nuit tombée pour recommencer. De 15 h 55 à 16 h 30, les soldats ukrainiens tirent au mortier de 82 mm, au lance-grenades automatique, et au véhicule de combat d’infanterie (BMP-2) contre le centre Volvo, depuis leurs positions situées à Peski.

Une heure plus tard à 17 h 35, l’armée ukrainienne bombarde le village de Sakhanka avec des mortiers de 120 mm et 82 mm. Le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu appelle alors l’armée ukrainienne à respecter la trêve. En vain.

À 18 h 40, les tirs reprennent contre la localité de Sosnovskoye au mortier de 120 mm, avant de reprendre les tirs contre le village de Sakhanka à 19 h 25 à coup de mortiers de 120 mm, de véhicules de combat d’infanterie et de lance-roquettes.

À 21 h 10 ils changent de secteur du front, et ouvrent le feu sur Dolomitnoye avec des lance-roquettes antichars et des lance-grenades automatiques. Vingt minutes plus tard ils tirent sur la localité de Jeleznaya Balka à coup de lance-roquettes, puis à 21 h 45, ils tirent sur la localité de Chirokaya Balka avec des lance-grenades automatiques et simultanément sur la localité d’Ozerianovka avec des véhicules de transport de troupe blindés.

À 23 h 00, nouveau changement de secteur, l’armée ukrainienne ouvre alors de nouveau le feu sur le village de Spartak à coup d’obus de chars d’assaut, avant de reprendre les tirs contre Chirokaya Balka à 23 h 15 et 23 h 45 avec des lance-roquettes antichars.

Le rapport quotidien transmis ce matin, 29 mars, par le CCCC est encore plus mauvais que celui de la veille, avec 13 violations du cessez-le-feu, et 320 munitions tirées par l’armée ukrainienne, dont cinq obus de chars d’assaut, 38 obus de mortier de 120 mm et 16 obus de mortier de 82 mm.

Le bilan en termes de destructions est à l’avenant avec deux habitations endommagées à Gorlovka, et deux soldats de l’armée de la RPD blessés.

Côté ukrainien, le bilan serait de deux morts et trois blessés, après une tentative d’incursion hier soir sur le territoire de la RPD près du village de Louganskoye. Les soldats ukrainiens ont marché sur des mines les obligeant à rebrousser chemin après que cinq d’entre eux aient été touchés. Lors de leur retraite, les soldats ukrainiens ont laissé l’un des leurs, blessé, en plein milieu du champ de mines.

Ces bombardements et cette tentative d’attaque ont eu lieu en pleine visite du chef adjoint de la MSS de l’OSCE, Alexander Hug, à Donetsk, et à quelques jours de l’entrée en vigueur d’un nouveau cessez-le-feu (qui devrait commencer le 1er avril).

Comme d’habitude, les bombardements reprennent de plus belle juste avant la mise en place d’une nouvelle trêve, qui elle-même risque de ne pas tenir bien longtemps.

En attenant, la journée d’aujourd’hui risque bien d’être à l’image des deux précédentes, alors que l’armée ukrainienne vient d’ouvrir à 15 h 10 le feu contre Dokoutchayevsk avec des lance-grenades automatiques…

Christelle Néant

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L’armée ukrainienne bombarde de manière intensive plusieurs points de la ligne de front en RPD et fait deux morts

Tirs d'obus de mortierAprès plusieurs jours de calme relatif marqués par des bombardements épisodiques, la journée d’hier a été marquée par des bombardements répétés de plusieurs points de la ligne de front par l’armée ukrainienne.

Hier, 25 mars 2018, l’armée ukrainienne ouvre le feu dès 7 h du matin sur la partie Nord-Ouest de Gorlovka, à coup de Zouchka (canon antiaérien ZU-23 de 23 mm) et tue une civile de 66 ans.

Hier après-midi, Édouard Bassourine, le commandant en second du commandement opérationnel de l’armée de la République Populaire de Donetsk (RPD), avertissait du risque de provocations dans le Sud de la RPD.

Le plan ukrainien consistait à tirer sur les positions de l’armée de la RPD pour la pousser à répondre puis à tirer sur une localité située sur le territoire contrôlé par Kiev afin d’offrir un scoop aux journalistes présents sur place, et pouvoir prétendre que l’armée de la RPD avait tiré sur des civils.

Malgré le fait que leur plan ait été éventé, les soldats ukrainiens ont décidé de l’appliquer. À 17 h 30 puis à 18 h 45, l’armée ukrainienne a tiré contre les villages de Sakhanka et Kominternovo (Sud de la République Populaire de Donetsk) 13 obus de mortier de 120 mm, 6 obus de mortier de 82 mm, 11 roquettes de SPG, 4 roquettes de RPG (lance-roquette), ainsi qu’avec des armes légères.

Sud de la RPD

Ensuite, l’armée ukrainienne a changé de cible. À 20 h 55 puis à 21 h 35 les soldats ukrainiens ont tiré cinq fois avec des obus de mortier de 82 mm, 30 fois avec des véhicules de combat d’infanterie, 10 fois des roquettes de SPG, ainsi qu’avec des armes légères, sur la localité de Shirokaya Balka.

À 22 h 15 et 23 h 15, l’armée ukrainienne a ensuite ouvert le feu sur la mine Gagarine (située à Gorlovka). Les FAU ont tiré deux obus de mortier de 82 mm, cinq munitions de véhicules de combat d’infanterie, 29 grenades (lance-grenades automatique), et ont aussi utilisé des armes légères.

À 23 h 15 les soldats ukrainiens ont aussi ouvert le feu à 17 reprises sur la localité d’Ozerianovka à coup d’obus de mortier de 120 mm.

Gorlovka

Le bilan total est de huit violations du cessez-le-feu en 24 h, 157 munitions tirées (dont 38 obus de mortier de 120 mm et 13 obus de mortier de 82 mm), et trois maisons ont été endommagées à Kominternovo. Ces bombardements ont fait en tout deux morts : une civile à Gorlovka et un soldat de la RPD.

Il faut y ajouter qu’aujourd’hui à 14 h, l’armée ukrainienne a tiré quatre obus de mortier de 82 mm sur Zaïtsevo, privant une partie du village de courant. Les dégâts et éventuelles victimes doivent encore être précisés.

Cette reprise soudaine des bombardements a lieu alors qu’en Syrie, l’armée gouvernementale progresse de manière efficace dans la Ghouta orientale, et que les États-Unis ainsi que plusieurs pays européens ont décidé de suivre la Grande-Bretagne dans son hystérie anti-russe suite à l’affaire Skripal. Les États-Unis et l’OTAN veulent une guerre contre la Russie et puisque le plan syrien ne marche pas, ils sont prêts à rallumer le feu dans le Donbass pour parvenir à leur fin.

Christelle Néant

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Les Mejlis des Tatars de Crimée installés en Ukraine se disent prêts à bloquer le pont de Crimée

Pont de CriméeDepuis que la péninsule a rejoint la mère patrie (russe) en mars 2014, l’organisation des Mejlis des Tatars de Crimée (qui ne représente en réalité qu’une infime partie des Tatars de la péninsule) n’a eu de cesse de tout faire pour contrecarrer la volonté de la très grande majorité de la population criméenne.

Blocus économique et alimentaire en bloquant les routes menant à la péninsule, empêchant ainsi les camions de passer pour priver la Crimée de nourriture et de biens de première nécessité, destruction des pylônes électriques fournissant le courant à la péninsule en plein hiver (novembre 2015), et préparation d’actes terroristes par certains de ses membres font partie du tableau de chasse de cette organisation, interdite en Russie à cause de tous ces crimes.

Mais n’arrivant toujours pas à leurs fins avec ces méthodes, ils ont décidé de s’en prendre à ceux qui emprunteront le pont reliant la Crimée à la région de Koubane dès le mois de mai (les travaux étant en avance sur le calendrier établi, les voitures pourraient commencer à emprunter le pont d’ici deux mois).

Effrayés semble-t-il par le fait que ce pont permettra justement de désenclaver la péninsule, et facilitera l’accès à la Crimée (et donc à la vérité sur ce qui se passe sur place), les Mejlis des Tatars de Crimée (basés en Ukraine) ont l’intention de tout faire pour bloquer le trafic sur le pont, comme l’a déclaré Lenour Islyamov, l’un des dirigeants de l’organisation et initiateur du blocus de la péninsule.

Monsieur Islyamov a suggéré, entre autres, de prendre des notes sur tous les véhicules passant par le pont et d’imposer des sanctions contre les personnes qui entreront ainsi sur le territoire de Crimée. Pour lui il faudrait infliger les mêmes mesures restrictives aux artistes qui visitent la péninsule.

« Il faut noter tous les gens. Par leur nom. Puis imposer des sanctions partout où ils se déplacent », a déclaré Islyamov dans une interview accordée à la publication ukrainienne Obozrevatel.

Déjà là on a envie à minima de sourire, voire de rire à gorge déployée. J’imagine déjà les activistes de l’organisation installés sur le pont avec leurs petits carnets, essayant de noter les noms ou même les numéros de plaque d’immatriculation des voitures lancées à pleine vitesse !

Pensent-ils sincèrement que les gens vont s’arrêter pour leur permettre de noter leurs informations personnelles pour qu’ils puissent ensuite être sanctionnés ? Non, sérieux ?

Sans parler du nombre des voitures qui passeront sur le pont chaque jour ! Actuellement c’est plus de 16 500 personnes et presque 3 500 voitures qui prennent chaque jour les ferrys traversant le détroit de Kertch. Lorsque le pont sera utilisable, ces personnes vont dans une très large mesure se rabattre sur le pont ! Ils ne vont pas payer un billet de ferry alors qu’ils peuvent rester sur la route pour atteindre leur destination.

Ce qui veut dire que chaque jour ces activistes devraient noter des milliers de noms et de numéros de plaques d’immatriculation de voitures qui emprunteront le pont à pleine vitesse ! Du débilisme à l’état pur comme disent les Russes.

Interrogé par le journaliste sur la question de savoir si l’organisation entraverait physiquement la circulation sur le pont, Lenour Islyamov a indiqué qu’il envisagerait cette option si les sanctions ne donnaient pas les résultats escomptés.

« Tout d’abord, nous n’interférerons pas, nous attendrons et verrons comment les sanctions fonctionneront, et si nécessaire, nous nous préparerons pour les prochaines étapes », a promis Islyamov.

Il n’a pas précisé de quelles « étapes » il parlait, mais il a assuré que des « méthodes de lutte non violentes » seraient utilisées pour bloquer le pont.

Sauf que de l’autre côté du pont ce n’est pas l’Ukraine, mais la Russie. Est-ce que monsieur Islyamov croit sincèrement que les autorités russes vont le laisser bloquer le pont, fut-ce pacifiquement, sans rien faire ? Ce n’est pas parce qu’il a réussi à commettre des attentats (la destruction des pylônes électriques dans la région de Kherson) côté ukrainien, que la justice russe sera aussi laxiste…

L’entrave à la circulation est aussi punissable en Russie qu’en Occident, sans parler de la collecte illégale d’informations personnelles sur les gens… Et l’organisation qui fait des plans aussi délirants sur la comète prétend représenter les Tatars de Crimée ! Heureusement pour ces derniers que Moscou a compris depuis longtemps que cette organisation ne représente qu’elle-même et les intérêts politiques de certains de ses dirigeants. Et que ces derniers sont prêts à toutes les stupidités pourvu que cela leur donne un peu d’attention médiatique…

Christelle Néant

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Nadia Savtchenko arrêtée et accusée d’avoir fomenté un coup d’État et des attentats terroristes – À Kiev le jeu des trônes continue

Nadia SavtchenkoComme je l’avais écrit hier, la Rada a examiné ce matin les demandes du procureur général ukrainien de lever l’immunité parlementaire de Nadia Savtchenko et de permettre son arrestation pour préparation de coup d’État et d’attentats terroristes.

Sans grande surprise, la Rada a voté à une écrasante majorité (291 voix pour, soit environ les 2/3 du parlement) la levée de son immunité parlementaire, ainsi que sa détention (277 voix pour) et son arrestation (268 voix pour, six voix seulement contre).

Nadia Savtchenko a alors été immédiatement arrêtée, sans possibilité de libération sous caution, et le procureur général, Loutsenko, a déclaré que « dans la liste des mesures d’enquête prioritaires à prendre aujourd’hui, l’ordre d’envoyer Savtchenko passer un examen psychiatrique est le numéro huit », avant d’en conclure que « cela répondra à toutes les questions ».

Une position soutenue par le Premier ministre ukrainien, Vladimir Groïsman, qui a déclaré que pour lui toute l’affaire Savtchenko n’était qu’une histoire de santé mentale.

Les autorités de Kiev comptent-elles faire passer Savtchenko pour folle (au risque d’en faire une martyre) après en avoir fait une héroïne nationale ?

D’une manière assez inattendue, c’est d’ailleurs de Russie qu’est venue une critique virulente de ce qui se passe actuellement à Kiev, le sénateur russe, Alexeï Pouchkov qualifiant de « démarche stupide » le retrait de l’immunité parlementaire de Nadia Savtchenko, déclarant que l’Ukraine était en train de transformer son héroïne nationale en martyre nationale avec des accusations que personne ne croira en Occident.

« Juste pour avoir critiqué les autorités ukrainiennes, certes d’une manière très dure et sévère, elle est accusée de projeter de détruire le dôme de la Verkhovna Rada avec des mortiers et de finir les députés restants avec des fusils. Mais aucun politicien occidental sérieux ne croirait à ces absurdités, » a déclaré le sénateur.

D’après Pouchkov, la situation actuelle avec le cas Savtchenko « montre que toute cette révolution du Maïdan était en fait un outil de prise du pouvoir pour un très petit groupe de personnes qui cherchent maintenant à le garder à tout prix ».

Et Pouchkov n’est pas le seul à souligner l’absurdité du scénario décrit par le procureur général ukrainien. Nadia Savtchenko elle aussi n’a pas mâché ses mots pour décrire ce mauvais scénario à la Rambo.

« De manière certaine, le modèle décrit là est absurde. Le bois, dans la Verkhovna Rada, est bien plus solide, il a une structure qui ne peut pas être endommagée par une grenade. Le dôme a une structure en métal, le maximum de dégâts que cela ferait c’est de faire tomber le verre à l’intérieur. Donc faire exploser la totalité de la Verkhovna Rada ou du cabinet des ministres, regardez le monolithe du bâtiment historique, il faudrait amener une grosse quantité de TNT à l’intérieur. Ce sont des blagues, » a-t-elle déclaré.

Le procureur général ukrainien, quant à lui, loin de se démonter devant les incohérences de son scénario en a même rajouté une couche, en déclarant que Rouban et Savtchenko avaient aussi l’intention de tirer sur le cortège du président ukrainien avec un fusil de gros calibre Topaz, produit en République Populaire de Donetsk (RPD), arguant que les munitions (calibre 12,7 mm) de ce fusil pouvaient percer le blindage léger du véhicule présidentiel.

Premier problème : il n’existe pas de fusil Topaz produit en RPD, et la vidéo du fusil qui a été présentée par Loutsenko comme preuve est la vidéo de démonstration du fusil « Donchanka », qui est un fusil de calibre 12,7 mm fabriqué en République Populaire de Donetsk, qui avait été présenté fin 2017, en réponse à l’arrivée des fusils américains Barrett de même calibre côté ukrainien.

D’ailleurs ces derniers circulant actuellement en Ukraine (ainsi que des mitrailleuses lourdes Outios de calibre 12,7 mm elles aussi), pourquoi prendre des risques en allant chercher une arme de même calibre en RPD ? Surtout en sachant qu’il sera facile de retracer l’origine non conventionnelle de l’arme qui est produite uniquement en RPD. Pourquoi ne pas demander aux dirigeants de la république de se dessiner une cible sur le front aussi ? Sans parler du fait de prendre le risque que la nouvelle arme de la république tombe entre les mains ennemies, et puisse être analysée/copiée par Kiev.

De plus, le premier scénario parlant d’attaquer la Rada à coup de mortiers, pourquoi Savtchenko et Rouban auraient-ils opté pour la manière « douce » (c’est-à-dire au fusil de 12,7 mm), avec le risque de rater leur coup, plutôt que d’y aller en mode aussi bourrin que contre le parlement, en utilisant au choix, du lance-roquettes ou du missile antichar ? Là au moins Porochenko n’aurait eu aucune chance d’en réchapper. Et puis quitte à y aller niveau délire accusatoire en mode Rambo, autant ne pas faire ça à moitié, puisque de toute façon les autorités ukrainiennes ont l’air de penser que plus c’est gros plus ça passe ?

En attendant que la lumière soit faite sur cette affaire, à l’heure où j’écris ces lignes, Nadia Savtchenko est interrogée par le SBU en présence d’avocats, et une cour de Kiev devrait statuer sur sa détention préventive demain.

Le jeu des trônes continue et les victimes de ce jeu ignoble continuent de s’amonceler dans l’indifférence de la « communauté internationale » qui fait semblant de ne pas voir ce qui se passe à Kiev.

Christelle Néant

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Remake de Game of Thrones à l’ukrainienne – Maïdan saison 3 épisode 3 : la vengeance de Porochenko

Game of MaidanIl y a quelques mois en arrière j’écrivais que plus le temps passait, et plus la politique ukrainienne ressemblait de plus en plus à un mauvais remake « made in Kiev » de la fameuse série Game of Thrones (« le jeu des trônes »), avec autant de rebondissements et de coups de poignard dans le dos que dans la série d’origine. D’ailleurs comme dans la série américaine, les personnages clés disparaissent aussi vite qu’ils (ré)apparaissent.

Ainsi suite au deuxième épisode de cette troisième saison de « Game of Maïdan », l’un des personnages de premier plan, Mikheïl Saakachvili, s’est fait « éliminer » par Porochenko après des mois de manifestations et d’appels à le destituer. Alors que Saakachvili était jusque-là soutenu par les États-Unis pour faire pression sur le président ukrainien (voire le faire remplacer par plus radical que lui), ce dernier avait semble-t-il obtenu le feu vert de Washington pour pouvoir se débarrasser de cet encombrant rival le mois dernier.

La question de savoir pourquoi les États-Unis avaient soudainement décidé de lâcher leur poulain semblait tenir au vote par la Rada puis la signature par Porochenko (une semaine après l’expulsion de Saakachvili) de la loi de réintégration du Donbass qui légitime le recours à la force contre les républiques populaires, et permettra à l’Ukraine de relancer les hostilités dans la région, comme souhaité par Washington.

Porochenko se pliant aux desiderata des radicaux ukrainiens et des néoconservateurs américains, le trublion apatride (Saakachvili) n’était plus nécessaire. La preuve de ce retrait du soutien des Américains tient en un fait simple : depuis son expulsion vers la Pologne, on n’entend presque plus parler de Saakachvili. Il a joué son rôle, a été utilisé, et a été jeté dès qu’il n’a plus été utile. Comme tous les alliés des États-Unis depuis des décennies.

Après l’élimination de Saakachvili du jeu, se posait alors la question de celles et ceux qui l’ont soutenu dans ses appels à renverser Porochenko.

Un mois après l’expulsion de l’ex-président géorgien, Vladimir Rouban, un officier ukrainien qui négociait les échanges de prisonniers entre l’Ukraine, la RPD et la RPL, est arrêté sur la ligne de front avec un véhicule prétendument rempli d’armes destinées à mener des attentats à Kiev.

Très vite, le nom de Nadia Savtchenko se retrouve associé à celui de Vladimir Rouban. D’abord convoquée par le SBU pour répondre à des questions sur ce dossier, Savtchenko a ensuite été publiquement accusée par le procureur général ukrainien, Iouri Loutsenko, et par Anton Guerashchenko d’être la complice de Rouban, puis d’avoir elle-même planifié des attentats contre la Rada afin d’organiser un coup d’État.

Pour essayer de crédibiliser ces accusations qui sentent le faux monté de toute pièce depuis le début (c’est-à-dire depuis l’arrestation de Rouban qui est déjà plus que louche), le procureur général ukrainien s’est même lancé dans une description détaillée des prétendus plans de Nadia Savtchenko, qui prête à sourire tant cela semble ridicule.

« Les enquêteurs ont la preuve irréfutable que Nadia Savtchenko a personnellement planifié, recruté et ordonné l’organisation d’une attaque terroriste dans cette salle, en détruisant les loges gouvernementale et officielle avec des grenades de combat, en abattant le dôme de la Verkhovna Rada avec des mortiers et en tuant les survivants à l’aide de fusils d’assaut. Nous avons la preuve irréfutable », avait ainsi déclaré Loutsenko.

Rambo Savtchenko

On se croirait dans un scénario de Rambo à la sauce ukrainienne… Niveau crédibilité, on a déjà vu mieux.

Suite à ces accusations, celle qui reçut le titre de héros de l’Ukraine s’est retrouvée fichée dans le purgatoire du site Mirotvorets aux côtés des journalistes, activistes, officiels et défenseurs des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (c’est-à-dire ses ennemis).

C’est magique l’Ukraine ! Dans ce pays vous pouvez passer du statut de héros et d’égérie nationale à celui d’ennemi de la nation en moins de temps qu’il n’en faut pour dire putsch. Le tout sans qu’aucune preuve tangible n’ait été divulguée ni aucun jugement rendu lors d’un procès.

Entendue le 15 mars par le SBU, Nadia Savtchenko en a profité pour régler ses comptes publiquement via les médias, accusant tour à tour Parouby (avant de se rétracter le concernant), puis Loutsenko, Porochenko et d’autres, d’être responsables des tirs de snipers sur la place du Maïdan en 2014, et de ne pas sérieusement enquêter sur les morts qu’il y a eu, car cela démontrerait leur culpabilité.

Elle accuse aussi les autorités ukrainiennes d’avoir abandonné la Crimée à la Russie pour garder leur place et d’avoir envoyé l’armée ukrainienne se faire massacrer dans les chaudrons du Donbass sans avoir eu à rendre des comptes. Elle déclare aussi avoir témoigné à Strasbourg du fait que l’explosion d’un entrepôt de munitions à l’automne 2017 en Ukraine n’était pas due à un acte terroriste mais avait été organisée par les autorités ukrainiennes.

Loutsenko et d’autres accusent alors Savtchenko en disant qu’ils savent depuis longtemps qu’elle recrutait des soldats pour mener un coup d’État militaire. Bref c’est l’heure de la lessive familiale en public, comme dans « Game of Thornes » où chacun détient sur ses ennemis des secrets qu’il déballe au moment opportun pour s’en débarrasser…

Devant ces accusations d’organisation d’un coup d’État militaire, Savtchenko endosse et assume fièrement en disant que ce sont de bonnes accusations, et qu’en tant qu’officier elle n’en a pas honte, appelant les Ukrainiens à se soulever pour défendre leur liberté s’ils ne veulent pas vivre dans une dictature encore pire que la Russie (sic).

Elle déclare aussi que 98 % des Ukrainiens rêveraient de participer à un tel coup d’État, car ils détestent déjà leur gouvernement plus que celui du Kremlin, qu’actuellement en Ukraine il est impossible de critiquer les autorités du pays, et que l’ambiance est la même que celle qui existait en 1937 en URSS sous Staline (re sic) ! Pour elle un nouveau « jeu » (des trônes ?), une nouvelle bataille, et un nouveau Maïdan auront lieu en Ukraine.

Sur les réseaux sociaux, certains soutiennent alors Savtchenko en déclarant qu’elle dit tout haut ce que des millions d’Ukrainiens rêvent de faire, et qu’elle est toujours une héroïne nationale. Mais beaucoup doutent que les Ukrainiens soient prêts à retenter un Maïdan au risque de plonger le pays dans le chaos le plus total.

Concernant Rouban qu’elle soutient et pour lequel elle avait proposé de se porter garante pour une libération sous caution, elle déclare alors qu’il aurait été piégé alors qu’il menait une opération pour les Forces Armées Ukrainiennes.

« Je respecte Vladimir Rouban pour tout son travail concernant la libération des prisonniers, c’est très triste que nous ayons une guerre des services secrets. Il y a des opérations militaires spéciales dans lesquelles des armes venant clairement de Russie sont nécessaires, parfois pour des opérations on a besoin d’armes de l’ennemi [note de la traductrice : pour une opération sous faux drapeau par exemple ?]. Il y a des structures qui font cela, mais il y a des services secrets qui interfèrent avec ça, » a déclaré Savtchenko pour blanchir Rouban.

Elle se rend ensuite à la Rada mais en sort peu après et les rumeurs les plus folles se mettent à circuler, disant qu’elle aurait été sortie par deux députés car elle serait entrée dans le parlement avec trois grenades et un pistolet. Des faits que la principale intéressée dément peu après, tout en déclarant que les deux tiers des députés vont à la Rada avec une arme, puisque personne ne peut les fouiller ! Je laisse mes lecteurs méditer sur ce qu’un tel fait révèle sur l’état de l’État ukrainien…

Pendant ce temps le parlement lui avait déjà retiré sa place au sein du Comité de Défense et de Sécurité Nationale et Loutsenko a demandé à la Rada de lui retirer son immunité parlementaire afin qu’elle puisse être arrêtée. D’après les dernières informations reçues, la réunion du comité réglementaire de la Rada devant statuer sur la levée de l’immunité parlementaire de Savtchenko aura lieu demain matin 22 mars à 8 h 30

Comme je l’avais indiqué après l’arrestation de Rouban, puis les accusations portées contre Savtchenko, toute cette histoire laisse perplexe et on se demande où les autorités ukrainiennes veulent en venir.

Lors de son interrogatoire, le SBU a tenté d’établir des liens entre Savtchenko et Viktor Medvedtchouk, négociateur ukrainien à Minsk. Or Medvedtchouk joue à Minsk le même rôle que celui qui fut joué (à plus petite échelle) par Rouban et Savtchenko : négocier les échanges de prisonniers entre l’Ukraine, la RPD et la RPL.

Et comme ses prédécesseurs, Medvedtchouk n’a pas hésité à outrepasser sa hiérarchie (en faisant appel au patriarche Cyrille) pour réussir à organiser l’échange qui a eu lieu fin décembre 2017, mettant ainsi (lui aussi) les autorités de Kiev dans l’embarras, en montrant qu’avec une véritable volonté politique il était possible d’appliquer les accords de Minsk.

De plus, comme Rouban et Savtchenko, Medvedtchouk est un critique actif des autorités ukrainiennes actuelles. Mais rien de tangible ne relie les deux premiers au dernier.

Si on commence à remonter les fils des liens entre les uns et les autres, on découvre que Vladimir Rouban a des liens étroits non seulement avec Savtchenko, mais aussi avec le maire de Dnipro (anciennement Dnipropetrovsk), Boris Filatov, et avec l’un des chefs du parti politique Oukrop (extrême-droite) Guennady Korban.

Or Savtchenko est liée à Ioulia Tymochenko (je rappelle qu’elle a été élue députée au sein du parti de Tymochenko, et même si elle en a été chassée, elle a soutenu Saakachvili aux côtés de l’égérie de la révolution orange), principale opposante à Porochenko et principale menace politique pour ce dernier (les derniers sondages en Ukraine la donnant gagnante contre Porochenko en cas d’élections). Savtchenko elle-même a appelé à plusieurs reprises à destituer Porochenko et a déclaré être prête à se présenter en cas d’élections présidentielles en Ukraine.

Et si on remonte les liens de Filatov et Korban, ces derniers nous mènent à Igor Kolomoïsky, ennemi de Porochenko, qui avait soutenu Saakachvili, et qui soutient aussi Ioulia Tymochenko. La boucle est bouclée.

Porochenko semble s’être lancé dans une chasse de grande envergure pour décapiter l’opposition, en attrapant d’abord du petit gibier (Rouban), qu’il va ensuite utiliser afin de remonter par liens successifs aux politiciens d’opposition de moyenne envergure (Savtchenko, Korban, Filatov, Medvedtchouk), qu’il va utiliser pour s’attaquer à ses ennemis les plus dangereux, à savoir Ioulia Tymochenko et Igor Kolomoïsky.

Chaque accusation et dossier monté contre les opposants de rang inférieur étant alors utilisé comme preuves pour s’attaquer à celui du dessus, Porochenko n’a alors plus qu’à tirer le fil petit à petit pour défaire la pelote et en atteindre le centre névralgique, c’est-à-dire Kolomoïsky… Car il ne faut pas se leurrer, sans l’argent de ce dernier une bonne partie de l’opposition n’aurait pas les moyens de défier Porochenko.

À Kiev, le jeu des trônes continue, et chacun retient son souffle en attendant de savoir qui sera le prochain à être éliminé du « jeu » et grâce à quelle magouille. D’ailleurs, comme dans la série éponyme, les spectateurs et participants involontaires de ce jeu ne sont pas à l’abri de voir des rebondissements spectaculaires bouleverser totalement la donne…

Christelle Néant

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