La guerre de Tchétchénie ressemble-t-elle à celle du Donbass ?

GuerreAlexandre Sladkov est un reporter de guerre russe très connu, et qui a déjà couvert de nombreux conflits. Cette expérience lui permet de comparer les guerres où il s’est trouvé comme journaliste, ce qu’il y a vu.

Il y a quelques jours, il a publié sur son compte Telegram un commentaire sur la comparaison qui est souvent faite par certains en Occident, mais aussi en Russie, pour justifier la guerre qui a lieu dans le Donbass en l’amalgamant avec la guerre de Tchétchénie.

Alexandre ayant couvert les deux conflits, il a tenu à remettre les points sur les i, et souligner les différences fondamentales entre ces deux guerres, pour que ce qui s’est passé en Tchétchénie ne serve plus à justifier l’injustifiable dans le Donbass.

J’ai tenu à traduire cette analyse, car elle me semble importante pour comprendre en quoi les prétendues « similitudes » entre les deux guerres n’en sont pas.


Certaines personnes en Occident, en Ukraine et parmi nos libéraux disent : la guerre en Tchétchénie et dans le Donbass sont identiques. Ce n’est pas vrai. Je suis témoin.

Premièrement. L’Ukraine ne mène pas de négociations avec les habitants du Donbass, car pour Kiev ce sont tous des bandits. Mais en Tchétchénie, l’armée russe a immédiatement entamé un dialogue avec la population locale, totalement, dans tous les districts. Et avec de l’aide humanitaire. Nous aurions même négocié avec le chef officiel d’Itchkéria Aslan Maskhadov, mais il ne s’est pas dissocié des militants, et ne s’est pas occupé de la population, il a opté pour la guerre.

Deuxièmement. Les gens ont fui le Donbass, la guerre, principalement non pas en Ukraine, mais à l’étranger, en Russie, rappelez-vous les milliers de camps de réfugiés du Donbass dans la région de Rostov, et l’accueil des familles du Donbass partout en Russie. En Tchétchénie, tous les réfugiés ont été acceptés et accueillis par la Russie elle-même, il y avait des camps, il y avait des allocations et une part correspondante du budget de l’État était consacrée à leur financement.

Troisièmement. Reconnaissance des droits civils des citoyens tchétchènes. Les passeports ont été renouvelés et délivrés dans tout le pays, tant le passeport intérieur que le passeport extérieur. Oui, tous les documents ont été produits pour la voiture, le logement, le permis de conduire, sans refus. L’Ukraine ne délivre pas de documents aux résidents du Donbass.

Quatrièmement. Il y a eu encore et encore des crimes de la part des forces de sécurité. La population locale et des enfants mouraient. Le sang des civils innocents a coulé. Mais je me souviens comment des centaines de procureurs militaires et civils ont atterri à Mozdok, comment ils ont traité chaque affaire avec soin et ont mis des gens en prison. Oui, oui, ils ont emprisonné des soldats pour crimes. Les combattants et les officiers qui se battaient n’aimaient pas du tout cela, ils grognaient, ils disaient, c’est la guerre, mais…. Un représentant du bureau du procureur s’est rendu à chaque opération spéciale, où il était prévu de combattre dans des zones où se trouvaient des civils. Ils ont lutté avec cela comme ils le pouvaient. Et dans le Donbass, les militaires ukrainiens tuent des civils sans arrêt. Et personne ne les poursuit pour ça.

Cinquièmement. Indemnisation pour les logements détruits. En Tchétchénie, les compensations monétaires fédérales en faveur de la population et la construction de nouvelles habitations et infrastructures publiques ont été activement mises en œuvre pendant la guerre. Alors que dans le Donbass, maintenant, pendant la guerre, Kiev ne donne pas un sou pour la restauration des logements endommagés et détruits par l’armée ukrainienne. C’EST MOSCOU QUI DONNE.

Sixièmement. Les mercenaires. Les forces fédérales russes ont combattu contre les militants avec leurs unités et formations régulières. Alors que dans le Donbass, sur le front du côté de Kiev, des mercenaires étrangers sont apparus instantanément, des groupes de nationalistes informels mais armés jusqu’aux dents et des instructeurs de l’OTAN.

Il y a une chose en commun. La corruption. Comment ont-ils volé l’argent alloué par Moscou pour la Tchétchénie ? Volé en masse. Et mon souhait est que tout le monde, le ministère de l’Intérieur de la fédération de Russie, le Service fédéral de sécurité (FSB) de la fédération de Russie, les forces de Ramzan Akhmadovitch trouvent chacun de ceux qui ont volé l’argent des gens et les empalent. C’est ce qui s’est passé aussi dans le Donbass.

Voir les véritables images du début de la Seconde Guerre de Tchétchénie

Alexandre Sladkov

Source : Sladkov+
Traduction : Christelle Néant pour Donbass Insider

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Pouchiline et Passetchnik élus à la tête de la RPD et de la RPL

Élections en RPDHier, 11 novembre 2018, avaient lieu en République Populaire de Donetsk (RPD) et en République Populaire de Lougansk (RPL) les élections visant à élire les chefs des deux républiques, ainsi que les députés. À l’issue de ce scrutin, les deux chefs par intérim de la RPD et de la RPL ont été élus.

Les élections se sont déroulées dans de bonnes conditions, et aucune irrégularité importante du processus électoral n’a été enregistrée, que ce soit par les commissions électorales de chaque république, ou par les plus de 90 observateurs internationaux qui étaient présents (dont moi-même). Les bureaux de vote ont ouvert de 8 h à 20 h, et n’ont pas désempli tout au long de la journée.

Le taux de participation a été très important : en RPD, 1,6 millions de personnes se sont déplacées pour voter, soit 80,1 % des personnes en âge de voter ; et en RPL, le taux de participation a été de 77 %. De très bons chiffres qui montrent l’enthousiasme de la population.

Un enthousiasme qui se manifestait de manière concrète devant chacun des sept bureaux de vote que j’ai pu visiter tout au long de cette journée en tant qu’observatrice. De Donetsk à Starobechevo, des chants, des danses traditionnelles et des stands où les gens pouvaient acheter de la nourriture et des boissons étaient organisés devant les bureaux de vote, donnant une ambiance festive.

Festivités

Là où les médias occidentaux y voient une chose négative (l’AFP en tête, méritant ainsi sont surnom d’Agence France Propagande), l’ensemble des autres observateurs avec qui j’en ai discuté, s’accordaient à dire que cette ambiance festive était de loin préférable à l’ambiance d’enterrement dans laquelle ont lieu les élections en Europe.

Beaucoup m’ont même dit que l’on devrait s’en inspirer pour rendre les élections plus joyeuses et attractives en occident. Comme l’a souligné un de mes collègues italiens hier, après tout il est plus logique de célébrer l’expression de la voix du peuple (et donc la démocratie), que d’aller voter en traînant les pieds dans une ambiance sinistre.

En tout cas, contrairement à ce qu’a pu raconter l’agence de propagande ukrainienne UNIAN, les files d’attentes dans les bureaux de vote ne faiblissaient pas tout au long de la journée. J’ai visité des bureaux de vote du matin jusqu’au soir, et à aucun moment je n’ai vu de bureaux de vote vides. Il y avait toujours beaucoup de monde, ce qui confirme que le taux de participation annoncé est conforme à la réalité.

File d'attente

File d'attente

Photos : DAN

Les personnes que j’ai interrogées dans les bureaux de vote se disaient enthousiastes de voter, et beaucoup ont souligné que c’était une élection importante pour l’avenir des deux républiques.

Nous avons pu inspecter les urnes, vérifier l’intégrité des scellés et les listes de votants, regarder les bulletins de vote, et interroger les votants et le personnel des bureaux de vote. Tout était absolument conforme et transparent.

Vérification

J’ai pu constater que la répétition des « primaires » de 2016 avait porté ses fruits et permis aux deux républiques de mettre au point des procédures électorales conformes aux standards de l’OSCE, qui ont été appliquées avec succès ce 11 novembre.

La sécurité a bien sûre été renforcée pendant ces élections par crainte d’attentats ou de tentative de saboter ces élections de la part de Kiev.

La presse occidentale n’a pas pu s’empêcher de gloser sur les hommes armés qui surveillaient les bureaux de vote, présentant cela comme une chose menaçante, en oubliant que les dernières élections présidentielles en France se sont déroulées exactement de la même façon, avec des policiers et des gendarmes devant les bureaux de vote, et ce, alors que la France n’est pas en état de guerre, contrairement aux Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk !

Faut-il en conclure que la France est une dictature où les gens vont voter le fusil sur la tempe ? Non bien sûr, en venir à une telle conclusion est tout aussi ridicule dans un cas que dans l’autre, mais cela montre bien le biais cognitif qui affecte les médias occidentaux pour tout ce qui touche de près ou de loin le monde russe.

Ce qui est considéré comme normal et rassurant en France, est jugé comme menaçant en RPD et en RPL. Mais à part ça, d’après les médias occidentaux, ils ne font pas de la propagande…

Le résultat après dépouillement de 97,52 % des bulletins en RPD, donne Denis Pouchiline vainqueur avec 60,9 % des voix, suivi de Roman Khramenkov (14,1 %), Elena Chichkina (9,2 %), Roman Evstifeïev (7,8 %) et Vladimir Medvedev (6,4 %).

Et en RPL, après dépouillement de 96 % des bulletins de vote, Léonid Passetchnik est donné vainqueur avec 68,4 % des voix, suivi d’Oleg Koval (16,57 %), Natalia Sergoun (7,89 %), et Lioudmila Rousnak (5,84 %).

Du point de vue des élections législatives, en RPD le mouvement République de Donetsk a obtenu 74,3 % des voix et Donbass libre 25,7 % après dépouillement de 27,19 % des bulletins de vote. Le décompte se poursuit.

À Lougansk, le mouvement Paix de Lougansk a remporté 74,13 % des suffrages, pendant que l’Union Économique de Lougansk a remporté 25,16 % des voix.

À l’heure où j’écris ces lignes le décompte se poursuit et les chiffres pourraient donc encore changer un peu, mais il y a peu de chances que la tendance indiquée s’inverse.

En RPD ces résultats renforcent la majorité dont disposait le mouvement République de Donetsk au parlement, et confortent Denis Pouchiline dans sa position de chef de l’État. Désormais il n’est plus le chef de la RPD par intérim, mais le chef de la RPD élu par le peuple, et cela fait une énorme différence.

L’assistant du président russe, Vladislav Sourkov a d’ores et déjà félicité les deux vainqueurs, en soulignant que « le haut taux de participation a montré au monde entier que vivent dans le Donbass des gens fiers et intelligents qui croient en eux-mêmes, se défendent avec force et n’acceptent pas la politique stupide des autorités de Kiev ».

Il a aussi exprimé le souhait que les deux chefs d’États nouvellement élus vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer le niveau de vie de la population et appliquer les obligations internationales des deux républiques.

Hier, 11 novembre 2018, quatre ans et demi après le référendum d’indépendance qui avait vu la naissance de la RPD et de la RPL, la population des deux républiques a réaffirmé avec force son soutien aux autorités des deux républiques et sa volonté de faire entendre sa voix.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 10 novembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 10 novembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0136″Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’10″ – Chiffres réels des pertes hors combat de l’armée ukrainienne depuis le début du conflit

ACCORDS DE MINSK – DIPLOMATIE
06’33″ – Kiev innove en matière de sabotage des discussions à Minsk
12’47″ – Les États-Unis tentent de s’ingérer dans les élections du Donbass

RELIGION
19’23″ – Le président ukrainien exige que les représentants de l’UOC-MP quittent le pays

UKRAINE
3020″Un député ukrainien propose un nouveau plan foireux pour ramener la Crimée dans le giron de l’Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
35’00″ – Kiev rate l’arraisonnement d’un cargo russe
37’02″ – Un député ukrainien propose d’interdire l’hiver

39’01″ – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Porochenko exige que les hiérarques de l’UOC-MP quittent l’Ukraine

L'UOC-MP en dangerDans une diatribe qui tient plus de la folie que du discours d’un dirigeant sensé, le président ukrainien a qualifié les représentants de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP) de représentants de l’Église orthodoxe de Russie, et a exigé qu’ils quittent le territoire ukrainien.

Ce discours a été prononcé par Petro Porochenko lors d’une conférence internationale.

« L’Église orthodoxe de Russie est un élément du système politique russe. Qui l’a dit ? Poutine. Il a déclaré que la Russie repose sur deux piliers : l’Église orthodoxe russe et les armes nucléaires. », a déclaré le président ukrainien.

Fait marquant, au lieu d’utiliser l’adjectif « русская» pour qualifier l’Église orthodoxe de « russe », Porochenko a utilisé en début de phrase l’adjectif « российская » qui s’utilise pour qualifier ce qui a trait à l’État russe (par exemple la fédération de Russie se dit Российская Федерация). D’où le fait que je l’ai traduit par « de Russie » plutôt que par « russe ». Par contre quand il cite Poutine, il utilise bien l’adjectif « русская» pour qualifier l’Église orthodoxe (pour la cohérence des propos on repassera).

Porochenko s’est ensuite lancé dans une diatribe contre l’Église orthodoxe russe qui serait selon lui, présente en Ukraine.

« Est-il normal que le Kremlin réunisse en urgence le Conseil de Sécurité russe sous la direction de Poutine avec comme question à son agenda – comment protéger l’Église orthodoxe russe en Ukraine ? Mes chers, vous n’avez rien à faire ici. Rien à faire avec votre Église, rien à faire avec vos forces armées, rien à faire avec vos armes. Rentrez chez vous en Russie, » a conclu le président ukrainien.

Je passerai sur la divagation concernant la présence de l’armée russe en Ukraine, qui tient du délire paranoïaque psychotique, et qui n’a rien à voir avec les faits réels, pour aller directement à la partie qui concerne l’Église orthodoxe.

Comme l’a très bien répondu l’Église orthodoxe russe elle-même, cette déclaration est du délire, car il n’y a pas d’Église orthodoxe de Russie en Ukraine. Il y a une Église orthodoxe ukrainienne, qui dépend du Patriarcat de Moscou, mais qui dispose d’une très large autonomie.

« En Ukraine, il n’y a pas de représentants de « l’Église orthodoxe de Russie », en fait, d’après les diptyques du monde orthodoxe, cette organisation orthodoxe est totalement inconnue. L’Église orthodoxe ukrainienne ne représente personne d’autre que le peuple ukrainien, qui soutient, dans sa grande majorité, l’Église et son Primat » a déclaré l’Église orthodoxe russe à l’agence RIA Novosti.

De plus, lorsque la Russie a déclaré vouloir défendre l’Église orthodoxe canonique en Ukraine, elle avait été très claire sur le fait que cela se ferait par la diplomatie et les moyens politiques. La Russie n’a jamais menacé de déclencher une guerre pour régler le problème !!!

Rajoutons à cela que le Métropolite Onuphre, comme le reste de son clergé, est né en Ukraine. Et qu’il n’a donc aucune raison de quitter ce qui est son pays natal !

Alors à quoi rime cette énième crise d’hystérie de Porochenko ? Pourquoi désigner le Métropolite Onuphre et ses hiérarques comme des représentants de l’Église orthodoxe de Russie qu’ils ne sont pas ?

Comme l’a très bien analysé Karine Béchet-Golovko, il s’agit de présenter les hiérarques de l’UOC-MP comme des agents de Moscou pour justifier les futures persécutions à leur encontre. Pas seulement comme des agents russes, non comme des agents de l’État russe ! D’où l’utilisation du qualificatif « российская », pour bien marquer que l’UOC-MP n’est pas seulement liée à la Russie, mais à l’État russe, et donc au Kremlin !

Mais pourquoi les persécuter ? Parce qu’ils refusent de se plier aux injonctions des autorités ukrainiennes de faire partie de la mascarade pour l’octroi de l’autocéphalie.

Car l’accord signé en grande pompe par Porochenko et le Patriarche de Constantinople Bartholomée contient une clause qui va faire tout capoter si l’UOC-MP ne joue pas le jeu. Une clause que Porochenko n’a pas mise en avant (et on va comprendre pourquoi) quand il s’est vanté d’avoir signé cet accord avec Constantinople, mais qui est d’une importance cardinale.

Cette clause indique que l’autocéphalie ne pourra être accordée qu’une fois la réunification de toutes les Églises orthodoxes ukrainiennes accomplie, et qu’un Primat aura été élu à la tête de cette Église unifiée !

Et c’est là que le joli plan de Porochenko d’obtenir l’autocéphalie avant la fin de l’année se casse la figure sur la réalité. Car Porochenko a eu beau clamer à tour de bras lors de la signature de cet accord que l’autocéphalie était le souhait des Ukrainiens et même d’une partie du clergé de l’UOC-MP, en réalité il n’en est rien !

Votant les uns après les autres, les différents diocèses de l’UOC-MP, dont Odessa, Kharkov, Rovno, Kherson, Zaporojié, Dnipropetrovsk, Kirovograd, et d’autres, ont clairement soutenu en masse le Métropolite Onuphre et son refus de demander l’autocéphalie.

Malgré les menaces de violences, et les tentatives de les amadouer en leur promettant monts et merveilles, les autorités ukrainiennes n’ont pas réussi à briser l’unité de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou.

[Note : Par contre, les actes anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople commencent à avoir des effets sur sa propre Église. Ainsi, le frère Mark Tyson, recteur de la Dormition de la Mère de Dieu de l’Église orthodoxe de Bluefield qui dépendait du Patriarcat de Constantinople, a annoncé quitter ce dernier pour se rattacher au Patriarcat de Moscou.]

Preuve du climat délétère dans lequel ces votes ont eu lieu, à Dnipropetrovsk, celui-ci a eu lieu sous surveillance de la police et du SBU, pour empêcher l’éclatement d’un conflit religieux.

Or si l’UOC-MP ne participe pas à la réunification, alors l’autocéphalie ne peut être accordée. Et comme l’a souligné Karine Béchet-Golovko, la tentation devient alors grande pour Kiev d’éliminer physiquement ceux qu’elle ne peut pas faire plier à ses desiderata.

Quoi de mieux alors que de désigner le Métropolite Onuphre et ses hiérarques comme des agents du Kremlin. Plusieurs sont déjà sur le site Mirotvorets (qui liste les « ennemis de l’Ukraine » et où plusieurs dissidents ont vu leurs données personnelles publiées avant d’être assassinés), et cette déclaration de Porochenko peut être vue comme un feu vert accordé à tous les néo-nazis du pays de faire ce que le président ukrainien ne peut pas faire lui-même de manière officielle : supprimer la variable qui pose problème dans l’équation en éliminant le Primat et les hiérarques de l’UOC-MP.

Et pour ceux qui croient que mes paroles sont exagérées, il suffit de voir le joli « lapsus » révélateur qu’a fait un des archevêques de Constantinople, Job de Telmessos, à propos de l’UOC-MP, suite au processus engagé par le Patriarcat Œcuménique. Dans cette interview à la BBC, ce monsieur prend ses désirs pour la réalité, et montre bien le niveau de « respect » que le Patriarcat de Constantinople a pour l’Église orthodoxe ukrainienne canonique…

« Du point de vue canonique […] aujourd’hui en Ukraine, l’UOC-MP n’existe plus. Tous les évêques d’Ukraine sont maintenant évêques de facto du trône œcuménique et ils doivent maintenant attendre la directive du Patriarcat œcuménique sur leur fonctionnement ultérieur, » a-t-il déclaré.

Pour cet archevêque, la décision du Synode du patriarcat de Constantinople a « aboli la juridiction de l’Église russe sur la hiérarchie ukrainienne, de sorte que tous les évêques orthodoxes d’Ukraine sont désormais considérés comme ministres du trône œcuménique, quelles que soient les trois églises (le Patriarcat de Moscou, le Patriarcat non reconnu de Kiev et l’Église autocéphale d’Ukraine), où ils officiaient auparavant ».

Inutile de dire que ces propos sont du délire total. Constantinople n’ayant en aucun cas le droit d’abolir la juridiction de l’Église russe où que ce soit. Mais ces propos montrent bien que Bartholomée se prend pour le pape orthodoxe qu’il n’est pas, et que Constantinople aimerait bien se débarrasser de l’épine que constitue l’existence même de l’UOC-MP en Ukraine.

Et pendant que le président ukrainien jette de l’huile sur le feu, les paroisses de l’UOC-MP s’organisent pour faire face aux tentatives de prise de contrôle violente de leurs églises par des groupuscules ultra-nationalistes ou néo-nazis ukrainiens. Des groupes d’hommes se relayent ainsi pour protéger certaines églises, qui ont déjà vu plusieurs tentatives de prise de contrôle de force. Parfois ce sont des groupes de sécurité, parfois même la police qui jouent ce rôle de protection pour les sites les plus importants comme le monastère de Pechersk à Kiev.

Et pour ceux qui se disent que le refus de l’UOC-MP ne repose que sur des motifs politiques ou futiles, je vous encourage à aller lire cet article, sur la fresque ouvertement néo-nazie que Philarète (le « Patriarche » de l’Église orthodoxe ukrainienne schismatique, l’UOC-KP) a bénie. Ensuite allez lire une interview du Métropolite Onuphre, et vous verrez le gouffre intersidéral qu’il y a entre les deux Primats.

Allez aussi regarder cette très bonne vidéo traduite en français et sous-titrée par Laurence Guillon (activez les sous-titres)

Si le Métropolite Onuphre est un véritable chef spirituel, Philarète montre chaque jour qu’il n’est qu’un politicien paré des attributs vestimentaires du clergé. C’est là le gouffre infranchissable qui sépare les Églises orthodoxes ukrainiennes. Alors que l’UOC-MP s’occupe du salut des âmes, l’UOC-KP s’occupe de bénir des néo-nazis et leurs « oeuvres » (qu’elles soient guerrières, génocidaires ou artistiques).

Et avec le signal que Porochenko a adressé aux ouailles de l’UOC-KP, le risque qu’éclate une guerre de religion en Ukraine n’a fait que grimper d’un cran.

Christelle Néant

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Kiev invente de nouvelles tactiques pour saboter les discussions à Minsk

MinskEn matière de sabotage des discussions des groupes de contact qui ont lieu régulièrement à Minsk, l’Ukraine fait preuve d’une inventivité sans pareil. Si Kiev mettait le même entrain à appliquer les accords de Minsk, qu’elle en met à les saboter, ces derniers seraient déjà mis en œuvre et la guerre dans le Donbass serait terminée depuis longtemps.

Depuis quatre ans, Kiev invente ainsi sans cesse de nouvelles façons de saborder les discussions des groupes de contact qui sont censés permettre la mise en œuvre des accords de Minsk que l’Ukraine a signés.

Envoi de représentants sans mandat clair ou sans autorisation de signer quoi que ce soit, refus de ces derniers de venir, changement de sujet de discussion pour ne surtout pas aborder les thèmes prévus dans l’agenda, et même changement régulier de représentants pour obliger à recommencer les mêmes négociations sans fin. Après tout cela on pensait que l’Ukraine avait épuisé la liste des options disponibles.

Eh bien non. Le 6 novembre, en plus d’utiliser une fois de plus la bonne vieille tactique de la diversion qui a fait ses preuves, en refusant d’aborder tout autre sujet que les élections qui doivent avoir lieu en République Populaire de Donetsk (RPD) et en République Populaire de Lougansk (RPL) le 11 novembre, l’Ukraine a inventé une nouvelle technique d’esquive : envoyer un même représentant pour assister à deux groupes de contact qui se réunissent au même moment (peut-être que Kiev croit que ses représentants ont le don d’ubiquité) ! Le tout en lui accordant un mandat plus que limité qui ne lui permet pas de discuter de grand-chose.

Rodion Mirochnik, représentant de la RPL à Minsk, a ainsi déclaré que « les représentants ukrainiens ont tenté de perturber les réunions du sous-groupe politique et du groupe de contact, en insistant pour que les prochaines élections en RPL et en RPD soient discutées au lieu des questions à l’ordre du jour des réunions, notamment le statut spécial du Donbass, le retrait des troupes et du matériel militaire et l’échange des prisonniers ».

« L’attention que Kiev porte aux élections est très étrange car les autorités ukrainiennes ont déjà déclaré qu’elles ne reconnaîtraient pas leurs résultats. Cela devrait être suffisant pour eux », a ajouté l’envoyé de la RPL.

Monsieur Mirochnik a aussi rappelé que « les élections ont été organisées pour former des organes gouvernementaux de manière démocratique, ce qui est très important, en particulier pour la poursuite des négociations de Minsk ».

« Cependant, l’Ukraine est plus intéressée à créer le chaos dans les républiques du Donbass et à perturber l’ensemble du processus de Minsk qu’à résoudre le conflit », a conclu le représentant de la RPL.

Voilà ce que l’Occident appelle « l’application des accords de Minsk par l’Ukraine »… Une vision fascinante des faits offerte par la novlangue occidentale pour qui la guerre c’est la paix, l’esclavage c’est la liberté, et saborder les négociations c’est appliquer les accords de paix…

Ces deux techniques de sabotage ont malheureusement porté leurs fruits, puisque dans de telles conditions il était impossible de mener des discussions utiles et constructives.

Avec un seul représentant ukrainien pour le sous-groupe de contact économique et le sous-groupe de contact humanitaire, il était impossible de discuter à la fois de l’échange de prisonniers (qui doit avoir lieu au format « tous contre tous ») et de la reconstruction du pont de Stanitsa Louganskaya (qui sert de point de passage entre la RPL et l’Ukraine).

« Ce fait a été noté par les coordinateurs des groupes de contact de l’OSCE qui ont regretté l’absence de résultats sur ces sujets, » a déclaré la ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova.

Le travail dans le groupe de contact dédié aux questions de sécurité n’a pas été plus fructueux, puisque l’Ukraine a rejeté la proposition de la RPD et de la RPL de relancer le processus de désengagement des forces dans le Donbass.

Le tout dans l’indifférence de la Mission Spéciale de Surveillance (MSS) de l’OSCE, et ce, alors que le désengagement des forces le long de la ligne de contact est un point majeur des accords de Minsk qui conditionne l’application de plusieurs autres points de ces mêmes accords.

« Les représentants des républiques ont proposé que le groupe de contact fasse une déclaration exhortant les parties à mettre fin à toutes les violations [du cessez-le-feu NDLR] enregistrées par la Mission Spéciale de Surveillance de l’OSCE et à relancer ainsi sa mise en œuvre [du désengagement des forces NDLR] mais malheureusement il n’y a eu aucune réaction de la direction de la MSS de l’OSCE quand la délégation ukrainienne a refusé cette proposition, » a ajouté Natalia Nikonorova.

Cette absence de réaction de l’OSCE est de mauvaise augure, alors que le nouveau chef adjoint de la mission a été présenté lors de cette même réunion des groupes de contact à Minsk. Si Mark Etherington ne veut pas se « hisser » au même niveau de réputation d’inutilité et de complaisance envers Kiev que son prédécesseur, Alexander Hug, il ferait bien de se ressaisir.

La seule satisfaction à l’issue de la réunion du 6 novembre fut le rejet de la demande ukrainienne de condamner les élections qui doivent avoir lieu en RPD et en RPL le 11 novembre.

« L’initiative de Kiev d’adopter une déclaration du Groupe de contact condamnant les élections du 11 novembre en RPL et en RPD n’a pas trouvé de soutien parmi ses membres », a déclaré Rodion Mirochnik.

La question est donc désormais : qu’est-ce que Kiev va inventer après que les élections aient eu lieu pour perturber encore une fois les prochaines discussions qui auront lieu à Minsk le 22 novembre ? Les paris sont ouverts…

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 3 novembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 3 novembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0110 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’37 » – Cinq jours de bombardement continus à Sakhanka
09’22 » – L’armée ukrainienne s’acharne sur Staromikaïlovka
12’00 » – Les Forces Armées Ukrainiennes continuent de perdre des soldats

ONU
12’43 » – Mascarade à l’ONU à propos des élections qui doivent avoir lieu en RPD et en RPL

UKRAINE
2610 » – La Russie prend des sanctions contre les autorités ukrainiennes
3046 » – Kiev veut transformer l’Ukraine en dépotoir nucléaire

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
32’27 » – Google Maps renomme la Rada en « Trahison suprême »

35’10 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Cinq jours de tirs et de bombardements des FAU sur Sakhanka (RPD)

SakhankaDu 25 au 30 octobre, nous nous sommes rendus à Sakhanka (dans le sud de la République Populaire de Donetsk), afin de mener une mission humanitaire puis d’évaluer l’évolution de la situation en termes de violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne.

Arrivés le 25 octobre, nous sommes allés livrer des fruits (bananes et mandarines) aux 29 enfants de l’école du village (qui a déjà été prise pour cible plusieurs fois par l’armée ukrainienne). La vidéo complète de l’action humanitaire sera publiée sous peu.

école de Sakhanka

Nous sommes ensuite restés cinq nuits sur place pour voir si les tirs et bombardements de l’armée ukrainienne se poursuivaient de manière régulière.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que le bilan en termes de tirs et de bombardements sur ces cinq jours n’est pas des plus brillants.

Si l’armée ukrainienne n’a heureusement pas tiré sur les zones résidentielles et s’est contentée de tirer sur les positions de la milice populaire de la RPD situées en dehors du village, les tirs ont été permanents.

Pendant cinq jours et cinq nuits, des tirs se sont fait entendre de manière régulière. Plus espacés en journée (et donc plus difficiles à filmer), et plus intensifs de nuit, ces tirs n’ont laissé aucun répit aux habitants et aux soldats.

Écouter un extrait de ces tirs filmés pendant ces cinq jours

Au total sur ces cinq jours, la zone de Sakhanka a subi près d’un sixième des violations commises par l’armée ukrainienne sur l’ensemble de la ligne de front de la RPD, et a reçu un total de 151 munitions (d’un calibre supérieur à 12,7 mm) dont :

– 17 obus de char d’assaut de 125 mm ;

– 30 obus de mortier de 120 mm ;

– 22 obus de mortier de 82 mm ;

– 35 tirs de véhicule de combat d’infanterie (BMP-1) ;

– 29 tirs de lance-grenades automatique.

Il faut ajouter à cela tous les tirs de mitrailleuse lourde, de fusils de snipers et autres armes légères.

Ce total ne tient pas compte des tirs sur les positions situées près des villages environnants (Kominternovo, Leninskoye et Oktiabr).

Si on ajoute les munitions tirées par l’armée ukrainienne sur ces villages alentours, on atteint le chiffre de 404 munitions tirées sur cette petite zone située en face de Marioupol et Shirokino en cinq jours.

Le tout, alors qu’un cessez-le-feu est censé être en vigueur et que l’Ukraine et ses patrons occidentaux prétendent que Kiev respecte les accords de Minsk… De leur côté, les soldats de la RPD appliquent strictement les ordres qui sont de ne pas répondre à ces tirs de provocation.

Bien que ces tirs n’aient pas touché les zones résidentielles, l’usage intensif des chars d’assaut le soir du 28 octobre a marqué les habitants (audibles à partir de 4’14 dans la vidéo ci-dessus). Le lendemain lorsque nous avons croisé Lioudmilla (la femme que nous avions aidée il y a quelques mois en arrière), cette dernière m’a dit avoir été terrifiée par ces tirs et s’être réfugiée dans sa cave au cas où.

Durant ces cinq jours heureusement, aucun de ces tirs n’a atteint d’habitations ni de civils, évitant destructions et victimes. Mais aucune désescalade ne se profile à l’horizon alors que l’hiver s’installe, et rien ne garantit que les prochains bombardements de l’armée ukrainienne ne toucheront pas de nouveau les zones résidentielles.

Christelle Néant

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Mascarade à l’ONU concernant les élections dans le Donbass

ONUHier, 30 octobre 2018, a eu lieu à l’ONU une réunion du Conseil de Sécurité concernant les élections qui doivent avoir lieu dans le Donbass le 11 novembre 2018. La réunion demandée par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas et la Pologne a été une parfaite démonstration du double standard appliqué par l’Occident en matière de politique internationale, transformant cette session en véritable mascarade.

Et si l’Occident s’affole autant devant ces élections, c’est que ces dernières font surtout paniquer Kiev. Les autorités ukrainiennes craignent une nouvelle démonstration de soutien aux autorités des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) lors de ces élections, comme lors du référendum de 2014 qui avait avalisé la création des deux jeunes républiques.

Kiev a peur que la réalité et les faits ne viennent troubler sa jolie propagande bien huilée « d’occupant russe », jetant à terre le château de cartes qu’est devenue l’Ukraine. Alors Kiev menace, arguant que ces élections vont à l’encontre des accords de Minsk (ce qui justifierait une reprise à grande échelle du conflit par l’Ukraine), une litanie reprise en cœur par les représentants occidentaux lors de ce Conseil de Sécurité de l’ONU. Mais une litanie qui fait fi de la réalité.

Car les points 4, 9 et 12 des accords de Minsk, parlent clairement et sans ambiguïté aucune des élections locales, c’est-à-dire des élections municipales, qui elles sont toujours post-posées ad vitam æternam à cause du fait que Kiev n’a jamais appliqué les points des accords de Minsk qui doivent permettre à ces élections d’avoir lieu.

La RPD et la RPL, de leur côté, ont respecté les accords de Minsk en post-posant ces élections, et en organisant une simple « répétition » de ces dernières en octobre 2016 (le vote de 2016 avait d’ailleurs été délibérément nommé « primaires » et pas « élections »).

Mais là il ne s’agit en aucun cas d’élections locales, il s’agit d’élire les chefs d’État et les députés des deux républiques populaires. Cela n’a strictement rien à voir. Quand Kiev et ses patrons occidentaux, hurlent à l’ONU que ces élections violent les accords de Minsk, au mieux cela montre qu’ils n’ont pas lu le texte en question (ce qui semble douteux pour la France et l’Ukraine, vu qu’ils ont signé le dit document), et au pire qu’ils font là preuve de la malhonnêteté la plus crasse.

Une malhonnêteté prouvée par le refus de permettre à la présidente de la Commission Électorale Centrale de la RPL, Elena Kravtchenko, de venir représenter les républiques lors de ces discussions. Discuter du Donbass à l’ONU est une chose, en discuter avec les principaux concernés semble en être une autre dans cette organisation pourtant censée favoriser le dialogue pour éviter les guerres !

Ce refus de permettre aux deux républiques populaires d’être représentées a reposé sur l’argument fallacieux que madame Kravtchenko ne représentait pas un gouvernement mais « une entité séparatiste illégale », et que cela créerait un dangereux précédent. Le tout, en insistant pour que les accords de Minsk soient appliqués.

Est-ce que ces gens à l’ONU se rendent compte du degré de stupidité et d’illogisme de leurs paroles (sans même parler de leurs actes) ? N’ont-ils réellement pas lu, ou font-ils semblant de ne pas avoir lu ces mêmes accords de Minsk ?

Parce qu’il faut être aveugle ou d’un niveau d’hypocrisie sans bornes, pour ne pas voir ou se rappeler, que ces accords ont été signés par les chefs de la RPD et de la RPL, et que ces accords impliquent un dialogue direct entre Kiev et les deux républiques populaires ! Dialogue auquel Kiev s’est toujours refusé, justement sous le prétexte de ne pas légitimer les deux républiques.

Mais si l’ONU décrète que ces entités sont illégales, alors les accords de Minsk, qu’elles ont signés, le sont aussi ! Fin de l’histoire. Et c’est là que toute la propagande occidentalo-kiévienne se casse la figure après s’être pris les pieds dans le tapis. Car un accord ne peut être légal que si les signataires ont l’autorité légale pour le faire.

De plus, l’argument mis en avant par les occidentaux à l’ONU pour refuser que madame Kravtchenko puisse s’exprimer, revient à nier que la RPD et la RPL rentrent pleinement dans la définition d’un État souverain de jure.

Cette théorie déclarative veut qu’un État pour être considéré comme tel au regard du droit international doit avoir :

1) un territoire défini ;

2) une population permanente ;

3) un gouvernement ; et

4) une capacité à entrer en relation avec d’autres États.

Or la RPD et la RPL ont un territoire défini, une population permanente, un gouvernement, et ont prouvé leur capacité à entrer en relation avec d’autres États, via les accords signés avec l’Ossétie du Sud, la création prochaine d’ambassades respectives, la création de centres représentatifs en Europe, et la participation au comité d’intégration Russie-Donbass.

Donc, déclarer que madame Kravtchenko ne représente pas un gouvernement mais une entité séparatiste illégale, est un énorme mensonge. Que les Occidentaux ne reconnaissent pas les gouvernements des deux républiques est une chose, mais ils existent de facto et ils fonctionnent. Nier leur légalité n’y changera rien. La RPD et la RPL sont des États souverains de jure.

Quant au côté séparatiste, il est bon de rappeler que l’ONU ne s’offusque des sécessions que lorsqu’elles ne vont pas dans l’intérêt des États-Unis. Quand cette sécession va dans leur intérêt (comme dans le cas du Kosovo), là bizarrement les référendums sont reconnus et personne ne hurle au séparatisme illégal dans le camp occidental.

Ce double standard et le côté complètement ubuesque de cette réunion, ont été soulignés par les chefs de la RPD et de la RPL, ainsi que par les ministres des Affaires étrangères des deux républiques.

Ainsi, Denis Pouchiline, chef de la RPD par intérim a souligné qu’il n’était pas normal de discuter des élections dans le Donbass sans que les deux républiques ne soient représentées, vu que ce sujet les concerne directement. Il a aussi souligné que l’offuscation de l’Occident ne marche que lorsque les républiques populaires font quelque chose qui ne lui convient pas, et que lorsque Kiev tire sur des civils, des ambulances, etc, là l’ONU est d’un silence de mort….

« Le fait que les élections du chef de l’État et du parlement dans le Donbass soient discutées à un niveau aussi élevé que le Conseil de sécurité de l’ONU, convoqué par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne, la Suède, les Pays-Bas et la Pologne, mais en l’absence des représentants de la RPD et de la RPL, sème la confusion. Je ne comprends pas pourquoi ces pays n’organisent pas de réunions du Conseil de sécurité lorsque des habitants innocents du Donbass meurent sous les bombardements ukrainiens, lorsque l’Ukraine étrangle le Donbass avec des blocus et fait tout pour faire échouer les accords de Minsk, empêchant le désengagement des forces et du matériel, sabotant l’échange de prisonniers, ne mettant pas en œuvre le volet politique des accords de Minsk.
Il n’y a pas de réaction de l’Occident quand ces choses arrivent. Après tout, lorsque les saboteurs des services de sécurité ukrainiens ont assassiné brutalement le chef de la RPD Alexandre Zakhar
tchenko, aucun d’entre eux ou d’autres pays occidentaux n’a exprimé de regrets ; ils ne vont pas discuter de l’effet de ce meurtre sur le règlement de paix », a déclaré Denis Pouchiline.

Le chef de l’État par intérim a aussi tenu à rappeler que si ces élections sont organisées, c’est par la faute de l’Ukraine, qui, en assassinant Alexandre Zakhartchenko, a créé un vide sur le plan légal, que ces élections doivent maintenant combler.

« Après que des agents des services de sécurité ukrainiens ont mené l’attentat terroriste qui a tué Zakhartchenko, la République a été confrontée à un problème de fin anticipée du mandat du chef de l’État. Nous ne pouvions tout simplement pas permettre la vacance du pouvoir. Pour assurer la continuité de la gouvernance de l’État, nous avons programmé les élections du chef de l’État et du parlement », a souligné le chef de l’État par intérim.

Denis Pouchiline s’est aussi exprimé sur ce qu’il pense de la méthode employée par l’ONU.

« Le Conseil de sécurité a prévu de discuter des élections dans le Donbass sans les représentants de la RPD et de la RPL, ce qui est pour le moins incorrect et non objectif », a-t-il ajouté.

Léonid Passetchnik, chef de la RPL par intérim, a exprimé une position très proche de son homologue de Donetsk, en soulignant que l’Occident s’arroge le droit de décider pour les autres pays.

« Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU réunis aujourd’hui ont discuté de la légitimité des élections dans le Donbass. Mais ils n’ont pas pris la peine d’inviter des représentants du Donbass. Ainsi, nous voyons à nouveau la position hypocrite de l’Occident qui consiste à décider pour les autres. La discussion du Conseil de sécurité sur les élections du 11 novembre dans le Donbass est absurde en l’absence des représentants de la RPL et de la RPD.
Je rappelle à mes homologues occidentaux que les habitants du Donbass ont fait leur choix par eux-mêmes en 2014 et sont prêts à le reconduire le 11 novembre prochain. Nous sommes tout à fait prêts à organiser les élections légitimes qui doivent avoir lieu conformément à la Constitution et à nos lois, ce qui ne constitue pas une violation des accords de Minsk. Le paquet de mesures ne prévoit que des élections locales. Les articles 4, 9 et 12 stipulent que les modalités des élections locales (municipales) doivent être coordonnées par Kiev et le Donbass. Le Donbass n’a pas organisé de telles élections et n’a pas de plans en ce sens 
», a déclaré Léonid Passetchnik.

Vladislav Deinego, ministre des Affaires étrangères de la RPL, s’est lui aussi exprimé sur le double standard appliqué par l’ONU.

« La réunion du Conseil de sécurité de l’ONU a examiné la légitimité des élections dans le Donbass en l’absence des représentants du Donbass. Cela va à l’encontre des normes du droit international et du bon sens. Les élections dans le Donbass ne sont pas contraires aux accords de Minsk et se déroulent avant tout dans le respect de la Constitution et des droits constitutionnels des citoyens, qui sont stipulés dans les normes du droit international. Discuter d’élections sans nos représentants n’est pas professionnel, c’est le moins qu’on puisse dire », a déclaré Vladislav Deinego.

Tous les observateurs internationaux (et dont je fais partie) qui surveillent ces élections sont unanimes sur le fait que ces dernières ne violent absolument en rien les accords de Minsk, que l’Occident ne sort du placard comme argument que lorsque cela l’arrange (et qu’il interprète comme ça l’arrange), et qui l’oublie opportunément lorsque l’Ukraine viole ouvertement ce qu’elle a signé.

Je redirai donc ici ce que j’ai déclaré à mes collègues de l’agence DAN, à savoir que ces élections ne violent en rien les accords de Minsk, et qu’elles ont lieu de manière conforme à la constitution de la RPD et de la RPL. J’ajouterai que ces États sont des États souverains de jure, et qu’ils ont le droit d’exister au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, que l’ONU et l’Occident le veuillent ou non.

Si l’Occident veut continuer à pouvoir brandir les accords de Minsk devant l’ONU ou d’autres instances internationales, il ferait bien de commencer par lire ces accords, arrêter de les interpréter n’importe comment, et surtout exiger de Kiev qu’elle applique ces accords, au lieu de prétendre de manière hypocrite qu’elle le fait, quand les faits montrent tout le contraire.

Il serait bon aussi que les représentants à l’ONU relisent la charte de ce dernier ainsi que le droit international et l’appliquent au lieu d’inventer des prétextes fallacieux pour justifier d’imposer leur vision au reste du monde.

Hier à l’ONU, l’Occident a dévoilé toute l’étendue de son double standard, mais surtout, il a prouvé toute l’inutilité de cette institution. En refusant d’écouter la représentante de la RPL sous un prétexte bidon, l’Occident a démontré que le but de l’ONU n’est pas de dialoguer pour maintenir la paix. Le but de l’ONU est de palabrer pour ne rien dire et surtout pour ne rien faire, pour faire croire qu’on veut la paix.

La preuve ? La réunion d’hier n’a débouché sur rien. Ni déclaration, ni décision. Une perte de temps et d’énergie, du brassage de vent, et de quoi alimenter les médias occidentaux en pseudo-arguments contre ce qui est l’expression même de la démocratie, à savoir des élections permettant de désigner le gouvernement et le parlement de deux pays.

La réunion d’hier a démontré, s’il en était besoin, que l’ONU est bien un « machin » totalement inutile, et qu’il est plus que temps de le réformer en profondeur si on ne veut pas qu’il finisse comme la défunte SDN avec les mêmes conséquences.

Christelle Néant

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Les FAU bombardent Staromikhaïlovka – Huit maisons endommagées

MortierDurant les dernières 24 heures, l’armée ukrainienne a tiré 98 munitions et utilisé des drones pour larguer des munitions sur le village de Staromikhaïlovka. Huit maisons ont été endommagées suite à ces bombardements.

Hier, 29 octobre 2018, à 14 h, l’armée ukrainienne a utilisé un drone pour larguer une grenade incendiaire sur la zone résidentielle de Staromikhaïlovka, brûlant une maison, au 56 de la rue Dniepopetrovskaya.

Alors que les pompiers sont arrivés sur place pour éteindre l’incendie, l’armée ukrainienne, fidèle à ses habitudes criminelles, a ouvert le feu sur les équipes du ministère des Situations d’urgence de la République Populaire de Donetsk (RPD).

« À 14 h 45, les troupes ukrainiennes ont tiré sur le personnel du ministère des Situations d’urgence de la RPD qui étaient arrivées à Staromikhaïlovka pour éteindre l’incendie provoqué par le bombardement mené par un drone d’attaque ukrainien, les tirs ont été menés avec des lance-grenades automatiques. Les pompiers ne peuvent toujours pas reprendre le travail à cause des bombardements en cours, » déclarait hier soir les représentants de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC).

Au total, dans l’heure qui a suivi, l’armée ukrainienne a tiré une fois au lance-roquettes antichar, 10 fois au lance-grenades automatique, ainsi qu’aux armes légères, avant d’intensifier les tirs à 15 h 30, en tirant à 29 reprises au lance-grenades automatique, à cinq reprises au lance-roquettes, 10 fois au lance-roquettes antichar, ainsi qu’à la mitrailleuse lourde et aux armes légères.

D’après le journaliste Patrick Lancaster qui se trouvait sur place hier après-midi, un autre drone ukrainien aurait largué un engin explosif au moment où il filmait son reportage, à quelques mètres de là où il se trouvait.

Les tirs se sont ensuite calmés jusqu’à la nuit, puis aujourd’hui 30 octobre, à 4 h du matin, l’armée ukrainienne a tiré à quatre reprises au mortier de 120 mm, à 29 reprises au lance-grenades automatique, à cinq reprises au lance-roquette, ainsi qu’à la mitrailleuse lourde et aux armes légères.

Ces tirs ont endommagé sept maisons dans la rue Jouvskovo, heureusement sans faire de victimes parmi les civils.

Alors que l’hiver arrive, il n’y a toujours pas de signe d’accalmie ni de respect des accords de Minsk par l’armée ukrainienne.

Christelle Néant

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Trois civils morts en 24 h suite aux bombardements des FAU

Victimes civilesLa semaine passée, Petro Porochenko avait donné ordre aux soldats ukrainiens de tirer avec tout ce qu’ils ont dans le Donbass, prétendument pour « sauver la vie des gens » (s’il y avait un concours de cynisme et d’ignominie, le président ukrainien serait dans le peloton de tête). Ces derniers ont suivi ces ordres criminels à la lettre, tuant trois civils en 24 heures, en pleine fête religieuse de la Protection de la Très Sainte Mère de Dieu (14 octobre).

Depuis la mort du chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, le nombre de violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne augmente, lentement mais sûrement.

Le nombre de destructions et de victimes suit donc malheureusement et logiquement la même courbe. Mais après que Porochenko ait donné cet ordre criminel et cynique, ses soldats semblent avoir reçu le message cinq sur cinq, et ils se sont déchaînés ce week-end, aussi bien contre la République Populaire de Lougansk (RPL) que contre sa sœur de Donetsk.

Samedi 13 octobre, à 17 h 45, c’est contre la RPL que les bombardements contre les civils du Donbass s’intensifient. Les soldats ukrainiens tirent contre la localité de Marievka depuis celle de Zolotoye qui est sous leur contrôle.

Et histoire d’être sûrs d’infliger un maximum de dégâts et de faire un maximum de victimes, c’est au mortier de 120 mm qu’ils tirent huit obus contre le village de la République Populaire de Lougansk.

Un des obus atterrit au 26 de la rue Potchtovaya, et tue une mère et sa fille : Larissa Kovtoun, 46 ans et Anastasia Kovtoun, 17 ans.

Anastasia et Larissa

Anastasia et sa mère, Larissa

La milice populaire de la RPL, et le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu se sont rendus sur place et ont filmé les conséquences de ce bombardement.

La vidéo contient du contenu choquant, qui peut heurter la sensibilité, mais j’estime nécessaire que mes lecteurs voient la réalité des crimes de guerre de l’armée ukrainienne.

Comme l’a rapporté Egor, un ami d’Anastasia qui venait de la raccompagner chez elle, cette dernière a survécu 20 minutes à ses blessures avant de s’éteindre. Anastasia s’est vidée de son sang, faute de pouvoir recevoir les premiers soins.

À cause des tirs réguliers de l’armée ukrainienne contre les ambulances (et les garants occidentaux des accords de Minsk ne semblant pas trouver à y redire, ce qui encourage les FAU à continuer), ces dernières ne s’aventurent plus sur la ligne de front.

Dimanche 14 octobre, c’est en RPD qu’un civil de 37 ans, Vladislav Sanine, qui purgeait sa peine à la colonie pénitentiaire N°57 de Gorlovka (district de Nikitovski) a trouvé la mort, mortellement blessé à la poitrine par des tirs de mitrailleuse lourde et d’arme légère venant des positions ukrainiennes.

Comme d’habitude, il n’y a aucune réaction, ni de la part de Berlin, ni de la part de Paris, qui semblent trouver cela normal que l’Ukraine continue son jeu de massacre dans le Donbass en dépit des accords de Minsk qu’elle a pourtant signés.

Et pendant que ces mascarades politico-géopoliticiennes se poursuivent, les gens continuent de mourir dans le Donbass, pour avoir voulus vivre libres, garder leurs traditions, leur culture et leurs valeurs, et parler leur langue.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 13 octobre 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 13 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’03 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’51 » – Pertes hors combat au sein des Forces Armées Ukrainiennes
04’32 » – Les soldats ukrainiens refusent de prolonger leurs contrats

RELIGION
05’28 » – Constantinople s’arroge le droit d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine et viole le droit canon

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
20’14 » – Cinquième incendie d’entrepôt de munitions en Ukraine en trois ans
26’19 » – Irina Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de débiles et veut les déporter

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
31’47 » – Kiev transforme l’APCE en annexe d’hôpital psychiatrique
34’56 » – Vladimir Omelian veut que les Ukrainiens aillent faire la guerre contre la Russie et conquièrent Moscou et le Kouban

39’09 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de « débiles » et veut les déporter en Hongrie

Irina FarionPas une semaine ne passe depuis le Maïdan, sans que des politiciens ou officiels ukrainiens ne déversent leur haine contre les minorités que contient leur pays. La dernière sortie ignoble en date nous est offerte par la nationaliste ukrainienne, et ex-députée de la Verkhovna Rada, Irina Farion.

Cette dernière a traité les représentants de la minorité hongroise vivant en Transcarpatie de « débiles » qui n’ont pas leur place en Ukraine. Elle l’a déclaré lors d’un forum « Pour la langue ukrainienne ».

Selon elle, le délai de sept ans prévu par la loi sur la langue d’enseignement pour le passage à la langue ukrainienne dans les écoles des minorités nationales est trop long.

« Écoutez, quand vous envoyez un chien pour le dresser, il faut un mois pour que ce chien rentre à la maison en exécutant normalement les ordres : « Assis », « Debout », « Coucher ». Et il leur faut sept ans pour apprendre la langue de Stepan Bandera, la langue de Taras Chevtchenko, la langue de Lina Kostenko. Alors, avons-nous besoin de tant de débiles en Ukraine ?
Qu’ils prennent le passeport que les Hongrois leur ont donné et envoyons-les en Hongrie.
Qu’est-ce qu’il y a, pourquoi devrais-je les nourrir ici, pourquoi devrais-je donner de l’argent à cette école en langue hongroise, en langue roumaine, en langue de Moscou [russe NDLR] et, désolée, en langue polonaise ? » – a déclaré Farion.

Il serait bon de rappeler à madame Farion, que l’Ukraine a été bâtie par les Soviétiques en agrégeant des régions venant de pays différents, et que les habitants russes, roumains, polonais ou hongrois qui se trouvaient là quand les frontières ont été redessinées n’ont rien demandé à personne, et surtout pas de faire partie d’un pays qui adule comme un héros un collaborateur de Nazis (Stepan Bandera), et exige d’eux de renoncer à leur langue, leur culture et leurs traditions.

La Transcarpatie appartenait à la Hongrie quand l’Ukraine n’existait même pas encore en tant qu’idée de pays !

De plus, proposer d’envoyer tous ces gens en Hongrie, alors qu’ils sont nés et vivent en Ukraine, n’est ni plus ni moins qu’un appel au nettoyage ethnique. Il serait bon d’entendre l’OSCE, l’UE, Amnesty International ou HRW rappeler à cette dame, que ceci est un crime contre l’humanité (la déportation ou le transfert forcé de population font partie des crimes contre l’humanité).

L’Ukraine est un état artificiel bâti de toutes pièces par l’URSS à partir de morceaux d’autres pays. Comme d’autres États multiethniques ou comportant des communautés linguistiques différentes, l’Ukraine aurait dû faire le choix du multilinguisme officiel (comme la Suisse, la Belgique ou la plupart des républiques de la fédération de Russie). Cette solution aurait été la meilleure pour faire cohabiter pacifiquement les différentes ethnies du pays.

Au lieu de cela, Kiev s’arc-boute sur la langue ukrainienne, provoquant en 2014 l’éclatement du conflit dans le Donbass (qui a été déclenché par le retrait du statut de langue régionale à la langue russe), et en s’apprêtant à faire de même en Transcarpatie.

Répéter les mêmes erreurs sans fin n’aboutira toujours qu’aux mêmes conséquences : le séparatisme de ceux qui refusent de plier face au fascisme linguistique.

Ce ne sont pas ceux qui refusent d’apprendre une langue qui n’est pas la leur et qu’on cherche à leur imposer de force qui sont des débiles, ce sont ceux qui répètent sans cesse la même erreur et qui s’attendent à ce que les conséquences ne soient pas aussi désastreuses que la première fois qu’ils l’ont faite.

« La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent », disait Albert Einstein. Madame Farion ferait bien de méditer sur cette phrase.

Christelle Néant

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Incendie dans un entrepôt de munitions près de Tchernigov (Ukraine) – Des milliers de tonnes de munitions parties en fumée

TchernigovDans ce qui est déjà le cinquième incident de ce type en trois ans, des milliers de tonnes de munitions sont parties en fumée dans l’incendie d’un entrepôt de l’armée ukrainienne, situé près de Tchernigov, dans le nord de l’Ukraine.

Depuis la prise de pouvoir des autorités de Kiev post-Maïdan, c’est déjà le cinquième incendie d’entrepôt de munitions de grande taille. Le 23 mars 2017, un incendie éclatait au dépôt de munition de Balakleya, près de Kharkov. Une personne avait été tuée et cinq blessées.

En mai 2018, un nouvel incendie se déclarait au même endroit, alors que les travaux de désamorçage des munitions encore présentes sur le site n’étaient pas terminés. Le même mois, une explosion avait lieu dans un dépôt de munitions situé près de Staraya Nikolayevka, dans la région de Donetsk.

Le 26 septembre 2017, c’est les entrepôts de Kalinovka, dans la région de Vinnitsa qui avaient pris feu, obligeant les autorités ukrainiennes à évacuer plus de 30 000 personnes.

Et aujourd’hui, c’est dans la région de Tchernigov, que l’entrepôt d’Ichnia (402 hectares de stockage où se trouveraient environ 88 000 tonnes de munitions) est la proie des flammes. La population a été évacuée dans un rayon de 16 km autour des entrepôts, soit environ 19 000 personnes, et il n’y aurait pas de blessés d’après les autorités.

Par contre la fumée aurait incommodé plus d’une soixantaine de personnes qui ont dû se rendre chez leur médecin pour y recevoir un traitement adéquat.

Une vidéo montrant l’intensité des explosions a été publiée :

Cet incendie relance la question de la sécurité du stockage des armes et munitions en Ukraine, et surtout les discussions sur la raison réelle de ces explosions d’entrepôts à répétition.

Pour beaucoup d’experts, le fait que de tels incidents ont lieu ainsi à répétition ne peut pas être dû au hasard. Si on exclut l’excuse facile des autorités de Kiev du type « c’est la faute des Russes » (excuse à laquelle le procureur militaire ukrainien n’a pas l’air de croire vu qu’il a lancé des poursuites pour négligence envers les soldats en charge de l’entrepôt), les experts envisagent deux hypothèses :
1) Soit il y a un très gros problème dans la manière dont les munitions sont stockées et contrôlées ;
2) Soit ces incendies à répétition servent à cacher à d’éventuelles missions d’inspection l’étendue des vols de munitions qui sont revendues au marché noir.

Cette discussion est arrivée jusqu’à la Rada, où Anton Guerachtchenko, député et membre du comité du ministère de l’Intérieur, a déploré que les munitions détruites représentent plusieurs centaines de millions de dollars, et qu’elles ne pourront pas être remplacées, faute d’usine de production en Ukraine.

« La tragédie est que l’Ukraine va de nouveau perdre des munitions – un stock qui coûte des centaines de millions de dollars – qui ne sont pas produites en Ukraine. Ce qui explose actuellement ce sont des obus – rares – pour obusiers de 122 mm, des roquettes pour les systèmes Grad. Tout cela n’est pas produit en Ukraine, » a déclaré Guerachtchenko sur le plateau de la chaîne Priamoï.

Le député a souligné que les conditions de stockage des munitions étaient déplorables, et que la situation des entrepôts de Tchernigov était connue depuis l’an passé.

« L’an passé, quand il y a eu une explosion près de Kalinovka, des photos ont été publiées montrant l’état des stocks à Ichnia – juste des tas d’obus, des milliers de tonnes posées au sol à l’air libre et rouillant là depuis des décennies, » a rajouté Guerachtchenko.

Pour lui, le président ukrainien devrait lui-même tirer les conclusions après ce cinquième incendie d’entrepôt.

« Le président ukrainien, en tant que commandant suprême, après le cinquième incident d’explosion dans des entrepôts, devrait évaluer la qualité du travail du personnel de l’État-major et en tirer des conclusions personnelles », a conclu le député.

Guerachtchenko n’est pas le seul à tirer à boulets rouges sur les autorités de Kiev, Ioulia Tymochenko, opposante à Porochenko dans la course à la présidentielle ukrainienne en a aussi profité pour tirer son épingle du jeu. Pour elle, aucune leçon n’a été tirée des incidents précédents et il y a de grosses questions à se poser sur les éventuels manquements et négligences de l’armée ukrainienne.

Alors que les autorités ukrainiennes annoncent avoir réussi à sauver 56 500 tonnes de munitions avant qu’elles ne prennent feu, la nature des munitions stockées dans ces entrepôts fait débat.

La République Populaire de Donetsk (RPD) a fait savoir par le chef du service de presse de la milice populaire, que des roquettes de BUK, modèle 9M38, auraient été stockées dans ces entrepôts, ainsi que la documentation attenante.

D’après Daniil Bezsonov, l’incendie aurait eu lieu après que la communauté internationale ai demandé à l’Ukraine les documents concernant le missile BUK montré par le JIT en mai 2018, et que la Russie a identifié comme étant aux mains de l’armée ukrainienne.

La présence de roquettes BUK et de munitions d’un calibre supérieur au 122 mm dans ces entrepôts a été démentie par l’armée ukrainienne. Mais il serait bien pratique pour l’Ukraine que les roquettes de BUK et leur documentation soient parties en fumée.

Car ainsi, l’Ukraine pourrait dire au JIT qu’ils n’ont plus les documents concernant leurs roquettes BUK, comme ils l’ont fait pour les données de radar primaire, évitant ainsi d’avoir à justifier ce qui est réellement arrivé à la roquette présentée comme preuve par le JIT. Si tel est le cas, nous le saurons dans les mois qui viennent, lorsque le JIT répondra à la conférence de presse du ministère russe de la Défense.

Cet incident serait aussi consécutif à la venue d’un groupe d’officiers de l’OTAN dans ces entrepôts, et au résultat d’un audit révélant l’absence massive de munitions dans ces entrepôts pour une valeur de plus de 2 milliards de hryvnias. D’après les données de la RPD, il y avait 130 000 tonnes de munitions dans ces entrepôts, fin septembre 2017, et seulement 80 000 tonnes lors de l’inspection des entrepôts cette année.

Cet incendie visait clairement à cacher quelque chose, la question reste à savoir s’il s’agissait de cacher un « simple » vol massif de munitions revendues au marché noir (y compris aux milices populaires du Donbass), ou s’il y avait encore plus important à cacher.

Quoi qu’il en soit, il est à craindre que cet incendie d’entrepôt de munitions ne soit pas le dernier en Ukraine.

Christelle Néant

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Kiev veut sanctionner les chaînes télévisées 112 Ukraine et NewsOne pour « activités anti-ukrainiennes »

CensureLa Rada (parlement) a demandé au Conseil National de Sécurité ukrainien que les chaînes de télévision 112 Ukraine et NewsOne soient sanctionnées pour activités anti-ukrainiennes, à la demande de plusieurs députés ukrainiens.

Depuis le Maïdan, l’Ukraine plonge de plus en plus vers une dérive totalitaire et fasciste, qui se manifeste aujourd’hui contre des médias qui permettent pourtant régulièrement à tous les néo-nazis ukrainiens de déverser leur idéologie et leur haine des Russes et des russophones à l’antenne.

Malgré cette complaisance pour les adeptes de Stepan Bandera et les criminels de guerres qui appellent au génocide de la population du Donbass, ces deux chaînes sont pourtant désormais dans le collimateur des autorités de Kiev.

Un proverbe dit que chaque révolution porte en elle les germes de sa propre destruction, et l’Ukraine post-Maïdan illustre parfaitement cette vérité que nous enseigne l’Histoire.

Cette demande de sanctions fait suite au dépôt d’une résolution par des députés du Bloc Petro Porochenko, Samopomochtch et Front Populaire, demandant au Conseil National de Sécurité ukrainien de sanctionner les chaînes 112 Ukraine et NewsOne pour « activités anti-ukrainiennes, imitation de la propagande russe et diffusion de l’idéologie terroriste », et de faire interdire leurs « activités anti-ukrainiennes ».

Ces sanctions pourraient être de nature économique, comme le gel de leurs avoirs ou d’empêcher le retrait de leurs capitaux hors d’Ukraine, mais pourraient aussi aller jusqu’à l’annulation de leur licence et permis d’émettre, la restriction de leurs accès aux services de télécommunications, voire l’interdiction d’utiliser des fréquences radio ! En clair les autorités ukrainiennes veulent étouffer voire museler totalement ces médias.

Quelques députés du Bloc d’opposition ont soumis deux résolutions pour faire annuler cette demande de sanctions, mais il y a peu de chances qu’ils soient entendus. Surtout que le président du parlement ukrainien, Andry Parouby (fondateur du parti néo-nazi Svoboda), soutient la demande de sanctions contre les deux chaînes.

Ce n’est pas la première fois que ces chaînes sont accusées de couverture biaisée des événements qui ont eu lieu sur la place du Maïdan ou dans le Donbass. La chaîne 112 Ukraine a d’ailleurs fréquemment subi des inspections du Conseil National pour la diffusion télévisée et radiophonique, et a reçu plusieurs avertissements pour « violations des termes de sa licence ».

La chaîne NewsOne quant à elle a vu une de ses journalistes être agressée physiquement (et blessée) par des ultra-nationalistes le 17 septembre 2018, alors qu’elle couvrait une manifestation en direct.

Quand on sait les horreurs que tous les russophobes d’Ukraine peuvent déverser sur le plateau de la chaîne 112 Ukraine (qui appartient à Igor Kolomoïski, un adversaire de Porochenko, ceci expliquant sans doute l’acharnement contre cette chaîne), et que nous avons cité à de nombreuses reprises, on se demande comment le parlement ukrainien peut justifier une telle demande de sanctions.

La réponse a été fournie lors du débat télévisé « 60 minutes » de la première chaîne russe, Rossia 1, qui a eu lieu vendredi 5 octobre. Les invités ukrainiens du plateau ont sorti le plus simplement du monde, que ces chaînes télévisées avaient des « activités anti-ukrainiennes » et imitaient la « propagande russe », parce qu’elles invitaient parfois sur leur plateau des gens, comme Viktor Medvedtchouk, qui plaident pour un règlement pacifique du conflit dans le Donbass (c’est-à-dire appliquer les accords de Minsk que l’Ukraine a signés !), ou d’autres qui appellent à rétablir de bonnes relations avec la Russie.

En clair, les quelques personnes politiques encore saines d’esprit en Ukraine, qui appellent à cesser la guerre civile et à rétablir de bonnes relations avec le pays qui est le plus gros partenaire commercial et financier du pays, doivent être bannies du paysage médiatique. Et leurs appels à la raison et à l’intelligence, sont des « activités anti-ukrainiennes ».

De là à se dire que pour prouver qu’on est un bon patriote ukrainien, il faut être un idiot, et ne surtout pas utiliser son cerveau pour prendre des décisions pragmatiques et intelligents, il n’y a qu’un pas que je laisserai mes lecteurs franchir s’ils le souhaitent.

Depuis le Maïdan, l’Ukraine a banni 780 films et séries télévisées russes pour propagande ou présence d’acteurs qui font partie de la liste noire des autorités ukrainiennes. Une méthode qui rappelle le régime Nazi, qui lui aussi faisait des listes d’œuvres interdites, qu’il n’hésitait pas à brûler en place publique…

La Russie a vivement réagi à ces méthodes dignes du IIIe Reich, en demandant à l’OSCE d’intervenir, et en rappelant qu’en Ukraine c’était désormais la norme que de voir des ultra-nationalistes interférer avec la justice et les médias.

Le représentant de l’OSCE pour la liberté des Médias, Harlem Désir, s’est dit très préoccupé par toute future décision des autorités des Kiev de bloquer le fonctionnement normal des médias en Ukraine.

« Je tiens à réaffirmer que la liberté d’expression et la liberté des médias sont des engagements fondamentaux des États membres de l’OSCE, qui doivent être respectés et appliqués », a déclaré Harlem Désir. « Toute restriction imposée à ces droits, y compris au nom de la protection de la sécurité nationale ou de la lutte contre la propagande, devrait avoir une portée strictement limitée, être proportionnelle et prévoir des garanties adéquates contre les abus par un système judiciaire indépendant. Je suis profondément préoccupé par toute décision future de mettre fin ou de bloquer potentiellement le fonctionnement normal des médias en Ukraine. »

Il a aussi rappelé que le meilleur et le plus efficace mécanisme pour neutraliser l’impact de la propagande est l’existence d’un environnement médiatique ouvert, diversifié et dynamique (une recette que la France devrait méditer concernant ses attaques à répétition contre les médias russes par exemple).

Pour Harlem Désir, si la propagande contient une incitation à la haine et à la violence, des mesures appropriées et proportionnées peuvent être appliquées en utilisant les lois existantes.

« J’appelle les autorités ukrainiennes à s’abstenir de prendre des mesures restrictives disproportionnées à l’égard des médias sans suivre les procédures judiciaires appropriées, ce qui aurait un impact négatif sur la libre circulation et l’accès à l’information et empêcherait l’expression de la diversité des opinions », a conclu M. Désir.

En quatre jours, personne à part la Russie et l’OSCE ne s’est manifesté parmi les pays occidentaux, et entre autres les garants des accords de Minsk (Paris et Berlin), pour critiquer cette nouvelle dérive fasciste des autorités ukrainiennes. Comme le dit le proverbe, qui ne dit mot, consent, et il faut croire que certains pays occidentaux rêveraient de pouvoir faire chez eux la même chose que Kiev.

Christelle Néant

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La RPD achète deux systèmes antiaériens portatifs Igla aux soldats ukrainiens

IglaSamedi 6 octobre, Daniil Bezsonov, chef du service de presse de la milice populaire de la République Populaire de Donetsk (RPD), a annoncé que les forces armées de la république avaient mené avec succès l’achat de deux systèmes antiaériens portatifs (MANPADS) Igla à des soldats de l’armée ukrainienne.

« Les soldats de la milice populaire de la RPD ont mené avec succès une autre opération d’achat d’armes. Une fois de plus nous remercions les membres des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) de renforcer les unités de défense antiaériennes de la milice populaire de la RPD à l’aide de deux systèmes antiaériens portatifs Igla », a-t-il déclaré.

Ces achats d’armes ne sont pas les premiers et ne seront sûrement pas les derniers. Entre appauvrissement de la population (dont les soldats ukrainiens) et la corruption galopante au sein des FAU, beaucoup d’officiers et de soldats cherchent à se faire de l’argent par tous les moyens, quitte à vendre leurs armes !

Une information à mettre en parallèle de celle qui avait été divulguée la veille sur l’étendue des vols d’armes et de matériel militaire dans les unités de l’armée ukrainienne présentes dans le Donbass.

En effet, un audit a été mené du 1er au 4 octobre par le quartier général ukrainien au sein des unités des FAU présentes sur la ligne de front, afin d’évaluer les pertes matérielles et déterminer l’étendue des vols d’armes et de matériel.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas été déçus. Ils ont découvert un manque d’armes, de munitions, de pièces de rechange, de carburant et de lubrifiant pour une valeur de 398 millions de hryvnias. Soit 12,21 millions d’euros !!!

Le procureur général militaire ukrainien à qui le dossier a été transmis pour enquête, va donc déjà pouvoir biffer deux Igla de la liste des armes qui ont disparues, et les marquer comme vendus.

De prime abord on peut se dire que si les soldats ukrainiens continuent de vendre leur matériel et leurs armes, à la fin il ne leur restera plus de quoi mener la guerre dans le Donbass.

Une idée formulée de manière un peu ironique par Daniil Bezsonov.

« Nous sommes prêts à acheter toutes les armes des FAU, si cela permet d’arrêter cette guerre insensée et d’assurer la sécurité des civils, » a-t-il conclu.

Car il ne faut pas être naïf. La RPD est bien consciente que les États-Unis continuant de fournir de plus en plus d’armes à l’Ukraine, les armes vendues seront simplement remplacées à terme par des armes américaines.

Christelle Néant

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Bilestki exhorte Kiev à se retirer du processus de Minsk

Andreï BiletskiLe gouvernement ukrainien doit se retirer du processus de Minsk, se dégageant ainsi de toute responsabilité pour ce qui se passe dans le pays et dans le Donbass. C’est ce qu’a déclaré le fondateur du régiment néo-nazi Azov, et député de la Rada, Andreï Biletski.

« Je ne sais pas ce qui peut vraiment être influencé. Le format de Minsk ne fonctionnait pas à l’époque de Minsk-1, car s’il avait fonctionné, alors Minsk-2 n’aurait pas été nécessaire. Cela n’a pas fonctionné non plus à l’époque de Minsk-2, parce qu’à cette époque j’étais en première ligne à Shirokino et j’ai vu comment cela ne fonctionnait pas déjà dans les premières heures, les premiers jours, la première semaine. Ça n’a jamais marché. Comment pouvez-vous influencer ce qui ne va nulle part ? » a-t-il déclaré à l’antenne de la chaîne de télévision « 112 Ukraine ».

Biletski a souligné que la sortie du processus de Minsk était la meilleure chose que le gouvernement ukrainien peut faire aujourd’hui.

« Je pense que Koutchma montre le meilleur exemple de ce que l’Ukraine devrait faire : quitter Minsk. Bien qu’il ait 80 ans, il montre très clairement ce qu’il faut faire. C’est un homme assez intelligent, et il ne veut tout simplement pas continuer avec Porochenko à être responsable de l’échec de l’histoire des accords de Minsk. Il veut s’en éloigner. L’Ukraine n’a maintenant besoin que d’une seule chose : sortir du processus de Minsk et changer tous ces formats pour celui de Budapest, » a-t-il conclu.

Pour rappel, le 28 septembre, l’ancien Président ukrainien, M. Koutchma, a démissionné de ses fonctions de représentant de l’Ukraine au sein du groupe de contact trilatéral chargé du règlement du conflit dans le Donbass.

Concernant Bilestki, en novembre de l’année dernière, il a déclaré que les dirigeants ukrainiens devraient donner l’ordre aux FAU de lancer une offensive contre le Donbass.

Source : Novorosinform

Traduction : Christelle Néant

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Interview avec Natalia Nikonorova, ministre des Affaires étrangères de la RPD, sur l’avenir des négociations à Minsk

Natalia NikonorovaLe 25 septembre 2018, la ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk (RPD), Natalia Nikonorova, a accordé une longue interview à nos collègues de l’agence DAN. Voici la traduction en français de cette entrevue sur l’évolution des négociations à Minsk suite à la mort du chef de l’État, Alexandre Zakhartchenko, et les perspectives de développement des relations diplomatiques de la RPD avec d’autres pays.

Natalia Iourevna, pensez-vous que la mort du chef de la RPD Alexandre Zakhartchenko va affecter le processus de Minsk ?

Il convient de souligner que la mort d’Alexandre Vladimirovitch est un acte terroriste commis par des agents des services spéciaux ukrainiens, d’après les conclusions de l’enquête. De telles actions démontrent clairement l’attitude des autorités ukrainiennes à l’égard du processus de Minsk et leur réticence à résoudre la situation par des moyens pacifiques. Les actes terroristes répétés des autorités ukrainiennes contre les dirigeants du Donbass constituent une tentative de déstabilisation, et de semer le chaos et la confusion dans notre État. Mais toutes ces tentatives sont vouées à l’échec : ces événements tragiques ont encore plus uni les habitants du Donbass.

Malgré le fait qu’il y ait un conflit armé ici, nous préservons l’humanité. Lorsqu’un membre de la MSS de l’OSCE est décédé dans la région de Lougansk, aucun des participants des groupes de contact et politiques de la RPL et de la RPD n’a contesté que sa mémoire devrait être honorée par une minute de silence.

Cependant, lorsque nous avons proposé d’honorer la mémoire du chef de la RPD par une minute de silence, les Ukrainiens ont quitté la salle de réunion avec un air de défi. Une telle attitude montre clairement l’absence non seulement d’étiquette diplomatique, mais aussi de décence élémentaire. Évidemment, cela aggrave la situation en matière de négociation et empêche les parties de parvenir à une compréhension mutuelle.

Malheureusement, nous n’avons toujours pas d’évaluation officielle de l’explosion dans le centre de Donetsk de la part des garants occidentaux des accords de Minsk. Surtout si l’on considère que l’attaque s’est produite près de l’hôtel, où vivent les membres de la mission de l’OSCE.

En outre, nous appuyons l’initiative de M. Gryzlov de mener une enquête internationale sur ce crime. Nous attendons de la part des médiateurs internationaux de véritables mesures pour faire pression sur les autorités de Kiev dans la mise en œuvre des accords de paix.

Néanmoins, malgré le nombre toujours plus grand de difficultés à communiquer avec les représentants ukrainiens, nous demanderons, comme auparavant, à Kiev de respecter chaque point de l’ensemble des mesures. Ce document est le seul moyen pacifique de sortir du conflit.

Vous représentez la République au sein du groupe de contact tripartite à Minsk en lieu et place de Denis Vladimirovitch [Pouchiline]. Les positions de négociation de la République vont-elles changer d’une manière ou d’une autre ?

Notre tâche principale dans le processus de Minsk est de contraindre l’Ukraine à remplir ses obligations au titre du paquet de mesures en coopération et en coordination avec le Donbass, comme prévu dans le plan de paix. Pour notre part, nous sommes prêts au dialogue, prêts à discuter et à parvenir à un consensus, car nous comprenons que ce n’est qu’ainsi qu’il sera possible d’obtenir des résultats dans le règlement de la situation et la reprise d’une coexistence pacifique. La volonté de prendre des mesures similaires de la part de Kiev est équivoque, ce qui est le principal problème et la principale menace qui pèse sur le processus de Minsk. Les représentants ukrainiens persistent à ne pas se rendre compte que le paquet de mesures est un document contraignant approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU. Même si Kiev veut se soustraire à ses obligations, cela ne fonctionnera pas, car les engagements confirmés dans les accords de Minsk devront encore être respectés, et nous continuerons à tout mettre en œuvre pour y parvenir.

Le 11 octobre, la période de validité de la loi sur le statut spécial arrivera à son terme. Que pensez-vous, Kiev va-t-elle prolonger la loi ?

Nous avons commencé à soulever la question de la période de validité de la loi sur le statut spécial du Donbass dès sa première prolongation officielle. Il convient de rappeler que l’article premier de cette loi n’a été prorogé que d’un an, bien que l’ensemble de la loi aurait dû entrer en vigueur sur une base permanente. Nous nous sommes également adressés à plusieurs reprises au coordinateur de l’OSCE au sein du groupe politique et aux membres du groupe de contact.

Toutefois, il est difficile de prédire les prochaines étapes de Kiev, car la rhétorique des autorités ukrainiennes est régulièrement en désaccord avec leurs actions, car elles sont dictées par la volonté des sponsors étrangers du régime de Kiev. Nous espérons que les garants occidentaux des accords de Minsk sont conscients que l’abrogation ne serait-ce que de l’application formelle du premier article de la loi sur le statut spécial du Donbass bloquera en fait le dialogue ultérieur des parties à Minsk. Dans ce cas, la base sur laquelle s’est construit l’ensemble du dialogue sur les questions politiques disparaîtra. Et, s’il n’existe pas, tous les autres domaines des accords de Minsk seront également bloqués.

Cependant, il ne s’agit pas seulement des termes de la loi. Depuis son adoption, cette loi n’a pas été en vigueur un seul jour, car le législateur ukrainien n’a pas défini le territoire sur lequel elle s’applique dans le texte de loi, mais a appliqué la règle selon laquelle le Parlement se réserve le droit d’adopter séparément une résolution sur la liste des noms des villes et villages qui constitueront le champ d’application de la loi. Le Parlement ukrainien a initialement adopté une loi inopérante, qui a d’ailleurs été modifiée par la suite, bloquant ainsi la possibilité de son entrée en vigueur. Bien entendu, cela s’est fait sans consulter les représentants des républiques, en violation des dispositions du complexe de mesures.

Kiev doit comprendre qu’il n’y a pas de place pour faire traîner le processus de négociation – il est nécessaire de commencer d’urgence à préparer et à convenir avec nous de la prolongation de la loi sur le statut spécial du Donbass, qui expire dans moins d’un mois.

Tous les garants du processus de Minsk, à l’exception de la Russie, affirment que l’élection des chefs des républiques est contraire aux accords de Minsk. Que pouvez-vous dire à ce sujet ?

Malheureusement, depuis quatre ans, nous nous sommes habitués à cette approche unilatérale de la part des médiateurs occidentaux qui prennent régulièrement le parti de l’Ukraine sur toute question relative à la situation dans le Donbass. Strictement parlant, les élections en RPD ne concernent en rien les accords de Minsk, qui ne font qu’indiquer les conditions des élections municipales. Ni en RPD, ni en RPL, des élections locales n’ont eu lieu et elles ne sont pas prévues. Les républiques s’acquittent strictement de leurs obligations et ont l’intention de tenir des élections locales conformément au mécanisme qui a été approuvé dans le complexe de mesures. Les élections des chefs d’État et des conseils populaires de la RPD et de la RPL ne sont pas des élections locales, elles n’ont donc rien à voir avec le processus de Minsk et n’y contreviennent pas.

En ce qui concerne la question des élections locales, M. Porochenko a plusieurs fois déclaré que la présence de casques bleus de l’ONU était une condition indispensable à la tenue des élections locales dans le Donbass. Pourriez-vous commenter cette position de Kiev dans le contexte du processus de Minsk ?

Dans les accords de Minsk, en principe, la participation au règlement pacifique des représentants de l’ONU n’est pas mentionnée. Au départ, il s’agissait exclusivement de la volonté de la partie ukrainienne d’envoyer des casques bleus, qui est restée au niveau des déclarations vaines. La Russie, ayant écouté ces déclarations de la partie ukrainienne et ayant tenu compte du fait que la mission de l’OSCE dans le Donbass a besoin d’une protection supplémentaire, a élaboré et soumis à l’ONU un projet de résolution. Le projet de la fédération de Russie reste le seul document soumis à l’ONU à cet égard. Il n’y a pas eu de commentaires ni de recommandations officielles sur ce projet, y compris de la part de Kiev. Par conséquent, les déclarations de Porochenko poursuivent plus d’objectifs politiques que de véritables plans pour parvenir à la paix.

Comment la question de la tenue des élections locales est-elle discutée aujourd’hui à Minsk et est-elle même soulevée ?

Nous ne pourrons commencer à discuter des détails des élections qu’après avoir convenu avec la partie ukrainienne de la procédure d’entrée en vigueur à part entière de la loi sur le statut spécial du Donbass, et que Kiev y apporte les modifications nécessaires.

En mars 2019, des élections présidentielles auront lieu en Ukraine. Porochenko prendra-t-il des mesures concernant le déroulement des négociations avec le Donbass ?

À ce jour, les résultats de ses actions sont très médiocres car, disposant de tous les moyens pour mettre en œuvre une solution pacifique au conflit, Porochenko parle de faire la guerre. Il est avantageux pour lui de jouer avec cette situation, en demandant de l’aide financière ou autre à l’Occident.

Les accords de Minsk sont un échec diplomatique et militaire pour l’Ukraine, auquel la société ukrainienne associe le nom de Porochenko. Il a une note catastrophiquement basse, comme candidat à la présidence pour un second mandat. Quelle stratégie il choisira dans cette situation, c’est difficile à dire. Toutefois, peu importe ce que Porochenko fera, peu importe comment il tentera de jouer sur le thème du processus de Minsk, il ne sera évidemment pas en mesure d’améliorer sa côte de cette manière.

Le changement de président ukrainien contribuera-t-il à un règlement à part entière du conflit dans le Donbass ?

Nous espérons qu’à l’occasion de ces élections, une personne qui a la volonté de restaurer la souveraineté complète du pays vis-à-vis de l’influence politique extérieure l’emportera. Si cela se produit, il aura toutes les chances de mettre en œuvre les accords de paix.

Qui la RPD et la RPL aimeraient voir comme nouveau président de l’Ukraine ?

Actuellement, il est peu probable que nous puissions faire confiance à au moins un des candidats qui ont annoncé leur intention de se faire élire à la présidence. Nous ne voyons pas de nouveau visage. Mais nous pouvons évaluer les activités des candidats que nous connaissons déjà : chacun a eu l’occasion de se montrer, et dans l’ensemble cela a conduit à un coup d’État en 2014.

Si des déclarations rationnelles et pacifiques étaient faites par un candidat, il serait possible d’attirer l’attention sur ce dernier en tant que figure potentielle pour le processus de dialogue ultérieur. Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de telles déclarations ; au contraire, nous entendons des discours ouvertement militants dirigés contre les intérêts des habitants du Donbass. Aucun politicien ukrainien n’a dit : « Et respectons nos engagements. »

Autres sujets. Combien de délégations étrangères ont visité la République depuis le début de cette année ?

À ce jour, plus de 40 délégations étrangères ont visité notre République. D’année en année, ce chiffre augmente, ce qui indique l’intérêt croissant des représentants d’autres pays pour la République.

Dans quel but viennent-elles, quelles sont les questions discutées ?

Les délégations officielles viennent de pays qui entretiennent des relations étroites avec nous, dont la RPL, la République d’Ossétie du Sud et l’Abkhazie. Nous menons un dialogue bilatéral avec les représentants de ces pays, en concluant des accords interministériels sectoriels, qui précisent les formes d’interaction et harmonisent nos lois. En outre, nous recevons régulièrement la visite de délégations de membres de la Fédération de Russie, qui coopèrent avec nous dans le cadre du processus d’intégration.

Des délégations de personnalités politiques et publiques de pays européens visitent également notre République. Avec eux, nous établissons également une coopération dans différents domaines : économique, culturel, scientifique, et le plus important – informationnel. Nos invités étrangers à leur arrivée en RPD peuvent voir personnellement comment se déroule la construction et le développement de notre État et, à leur retour, dire la vérité aux citoyens des États européens. Plus cela sera présent dans l’espace informationnel, plus les chances de changer l’opinion de la communauté internationale sur les événements qui ont lieu dans les républiques seront élevées.

Y a-t-il des propositions de la part des représentants du monde des affaires pour établir une coopération avec la RPD ?

Oui, dans cette voie, il y a aussi un dialogue actif avec les entrepreneurs de pays étrangers, et nous en récoltons déjà les premiers fruits. Mais il y a une certaine pression des autorités officielles de certains pays sur les investisseurs qui montrent de l’intérêt à établir des contacts directs avec notre République. Par conséquent, je ne voudrais pas évoquer maintenant des noms et des domaines d’activité spécifiques. Mais, je le répète, des pas dans cette direction sont faits.

Quels sont les secteurs de l’économie de la RPD qui intéressent le plus les investisseurs potentiels ?

Au départ, ils s’intéressaient à l’agro-industrie, mais aujourd’hui c’est l’industrie lourde, la métallurgie, la construction mécanique et l’industrie légère.

Récemment, le tribunal d’Aix-en-Provence a refusé d’annuler l’enregistrement du centre représentatif de la RPD en France (Marseille) après avoir constaté qu’il n’y avait aucune violation de la législation française et internationale dans les activités de ce centre. Cette décision est définitivement une grande victoire pour la République, n’est-ce pas ?

Bien sûr, cette décision du tribunal peut être qualifiée de grand événement. Cela signifie que les autorités des pays européens, malgré la pression du ministère ukrainien des Affaires étrangères, commencent à percevoir de plus en plus objectivement et équitablement la République Populaire de Donetsk, son peuple et son droit à l’autodétermination.

Nous nous félicitons sans équivoque de l’issue de l’affaire sur le centre de la RPD en France et considérons que cette décision positive est à porter au crédit de M. Hubert Fayard (Président du centre représentatif de la RPD en France) et de tous les membres du centre représentatif qui ont non seulement défendu l’avenir de notre centre, mais aussi prouvé que les habitants du Donbass ont un énorme soutien à l’étranger.

Et qu’en est-il de la reprise des travaux du Centre représentatif de la RPD en République tchèque, qui ne fonctionne plus depuis l’automne 2017 ?

Notre représentant a l’intention de s’adresser à la Cour suprême de la République tchèque. En raison des événements survenus avec notre Centre en France, nous espérons que la situation avec le Centre tchèque changera de manière positive.

Dans quels autres pays prévoyez-vous d’ouvrir de nouveaux centres représentatifs ?

Dans ce domaine, nous devons agir de manière rationnelle et sage. Nous appliquons la technique des « petits pas », c’est-à-dire que petit à petit nous poursuivons sur le chemin que nous avons choisi. Le travail dans cette direction ne doit pas être arrêté, nous négocions avec des personnalités publiques, politiques et autres de différents États.

Pouvez-vous dire combien d’États sont actuellement engagés dans ce dialogue ?

Une certaine entente et des résultats possibles peuvent être atteints avec quatre pays.

Que pouvez-vous dire au sujet de l’ouverture de l’ambassade officielle de la République Populaire de Donetsk en Ossétie du Sud ?

À ce jour, les projets de loi applicables concernant le service diplomatique, les relations entre la fonction diplomatique et la fonction publique de l’État ont déjà été élaborés. Il y a beaucoup de règlements administratifs qui ont un lien direct avec le statut de l’ambassade, de l’ambassadeur et ainsi de suite. Beaucoup de détails.

Jusqu’à présent, il y avait une absence totale de loi sur cette question. Il est donc nécessaire de préparer un grand nombre de documents. Certains d’entre eux sont déjà en voie d’achèvement, et soumis au Conseil populaire de la RPD, qui a fait des propositions au chef de la RPD.

En outre, nous sommes en contact permanent avec le Ministère des affaires étrangères de la République d’Ossétie du Sud. Pour nos collègues, cette question n’est pas aussi nouvelle que pour nous. Et nous essayons de nous appuyer sur leur expérience, mais en même temps, nos relations se construisent sur la pleine parité des intérêts.

Est-il possible d’ouvrir l’ambassade de la RPD à Tskhinvali et l’ambassade de la ROS à Donetsk avant la fin de cette année ?

Nous aimerions que cela se réalise. Nous l’espérons vraiment.

Et si nous parlions de l’ouverture d’ambassades en RPL et en République d’Abkhazie ?

Nous entretenons des relations privilégiées avec la République Populaire de Lougansk. Nous avançons de plus en plus sur la voie du rapprochement et de l’établissement de relations beaucoup plus solides. L’unification de notre législation est maintenant à l’ordre du jour. Nous comprenons qu’il y a des spécificités propres à chaque République, qu’il y a ses dirigeants, ses parlements, ses territoires, mais nous avons un seul peuple, donc il faut aller vers un rapprochement qui tienne compte non seulement de l’État mais surtout de l’intérêt du peuple.

Avec la République d’Abkhazie, nous menons également une coopération dans certains domaines, qui s’étend d’année en année. Nous pouvons certainement parler de l’intensification des relations avec l’Abkhazie, qui peut se mesurer même par le nombre et le niveau des délégations qui viennent nous rendre visite.

Et en guise de conclusion de notre conversation, j’aimerais poser une question au sujet du programme humanitaire. Comment évalueriez-vous sa mise en œuvre ?

Le programme est très efficace. Ainsi, sur base des résultats de 2017 et 2018, les perspectives d’aide aux habitants du Donbass ont été élargies. En particulier, les domaines des soins médicaux se sont considérablement élargis, car cette initiative est l’une des plus réussies. Aussi, l’organisation publique « Fonds du Donbass Uni » est très efficace. Un grand nombre de demandes ont été reçues de la part de résidents de la République Populaire de Donetsk, y compris du territoire contrôlé par Kiev.

Dans le programme humanitaire, il y a des domaines importants pour préserver les liens culturels, sportifs et professionnels. Les gens des deux côtés participent aux événements avec intérêt. Rien que sur la ligne directe du programme humanitaire, plus de 58 000 appels des habitants du Donbass ont été reçus. L’intérêt pour le programme est très grand, et il ne cesse de croître.

Est-il prévu d’étendre la portée géographique du programme humanitaire ? Par exemple, il est bien connu que des appels à l’aide des habitants de Kharkov, Dnipropetrovsk et d’autres régions d’Ukraine ont été reçus par le « Fonds du Donbass Uni ».

Il y a beaucoup d’appels de ce genre, et pas seulement à destination du fonds. Nous recevons même des appels de citoyens étrangers. Parmi eux – d’anciens citoyens ukrainiens qui ont émigré à l’étranger, il y a eu des appels d’Israël, d’Ouzbékistan, de Biélorussie. Mais il est dans notre priorité de maintenir les liens et de soutenir les habitants du Donbass.

Je vous remercie.

Traduction : Christelle Néant pour DONi

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Budapest menace Kiev de représailles si l’Ukraine renvoie un consul hongrois

Ukraine - HongrieDepuis l’adoption de la loi sur l’éducation en Ukraine, qui vise à interdire aux minorités du pays de recevoir un enseignement dans leur langue maternelle, les relations entre Budapest et Kiev se tendent de plus en plus, et pourraient transformer la Transcarpatie en nouvelle zone de conflit.

Il y a un an, le parlement ukrainien votait cette loi sur l’éducation, qui stipule que l’enseignement ne doit plus se faire qu’en ukrainien à partie de la 5e classe. Or il y a de nombreuses minorités (et certaines sont plus que des « minorités ») en Ukraine qui parlent une toute autre langue maternelle que l’ukrainien. Russophones, Hongrois et Roumains, font partie de ces catégories de la population ukrainienne qui seront impactées par cette décision.

Suite à ce vote, la Hongrie avait menacé l’Ukraine de lui mettre des bâtons dans les roues vis-à-vis de l’Union Européenne et de l’OTAN, dont elle est membre.

Devant le risque que les ultra-nationalistes ukrainiens s’en prennent aux Hongrois comme ils le font avec les russophones depuis quatre ans, le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, avait même demandé à son état-major de mettre au point un plan d’intervention militaire en Transcarpatie pour protéger les Hongrois qui s’y trouvent si nécessaire. Faisant ainsi planer la menace d’un nouveau conflit en Ukraine, mais à l’Ouest du pays cette fois.

Après que Budapest a commencé à appliquer ses menaces en bloquant la convocation de l’Ukraine à un sommet de l’OTAN, Kiev avait fait mine de vouloir faire partiellement marche arrière pour calmer le jeu. Mais ce n’était que des promesses en l’air.

Devant les menaces croissantes contre les Hongrois en Ukraine, Budapest a annoncé qu’elle prenait la Transcarpatie sous sa protection, publiquement soutenu le fait que la région soit plus autonome et a accéléré la distribution de passeports hongrois aux habitants de la région. Actuellement, ce serait plus de 100 000 personnes qui auraient le passeport et la nationalité hongroise en Ukraine.

Kiev aurait dû écouter ce signal d’alarme et reculer. Mais il n’en fut rien. Les ultra-nationalistes ukrainiens ont été les premiers à provoquer, en menaçant les Hongrois et en allant arracher un drapeau hongrois en Transcarpatie fin 2017. L’incident diplomatique a été évité de justesse, la police n’intervenant que lorsque les ultra-nationalistes ont voulu mettre le feu au drapeau arraché.

La Hongrie avait alors réitéré ses menaces de bloquer toute tentative d’adhésion de l’Ukraine à l’Union Européenne.

Depuis, la situation ne s’est pas du tout améliorée. Résultat, à l’été 2018, le gouvernement hongrois a créé un poste de ministre de la Transcarpatie, qui serait responsable du développement de la région. Kiev avait alors demandé à Budapest de s’expliquer sur cette création de ministère, tout en déclarant publiquement être prête à envoyer l’armée en Transcarpatie.

Au lieu de calmer la situation, tout cela n’a fait que jeter de l’huile sur le feu. Résultat, un mois plus tard, ce ne sont plus des ultra-nationalistes, mais la police ukrainienne et le SBU qui se sont lancés dans une campagne d’arrachage de drapeaux hongrois en Transcarpatie.

La réponse des habitants de Moukatchevo a été simple : ils ont arraché un drapeau ukrainien. Devant l’escalade de la situation, Pavel Klimkine, ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que la Transcarpatie pouvait devenir un nouveau Donbass, avant d’accuser la Russie d’être responsable de l’exacerbation des tensions dans la région (tellement pratique d’accuser les autres de ce dont on est responsable soi-même, cela évite d’avoir à se regarder dans le miroir et faire son mea culpa).

Après la fuite d’une vidéo montrant la distribution de passeports hongrois dans le consulat situé à Beregovo en Transcarpatie, les ultra-nationalistes ukrainiens se sont mis à ficher les gens possédant la double nationalité hongroise et ukrainienne sur le site Mirotvorets.

Ce fichage les désigne dès lors comme ennemis de l’Ukraine et donc comme cibles potentielle pour tous les cinglés se revendiquant de l’idéologie de Stepan Bandera et de ses acolytes. Il faut rappeler que plusieurs personnes, dont Oles Bouzina, journaliste, ont été assassinées en Ukraineaprès que leurs données personnes aient été publiées sur ce site. Sans parler de toutes celles qui ont été agressées ou menacées de mort (voire qui ont eu un contrat mis sur leur tête comme le journaliste Graham Phillips)…

La Hongrie a décidé de contre-attaquer. Tout d’abord en dénonçant le fait que les services secrets ukrainiens aient filmé illégalement l’intérieur du consulat hongrois à Beregovo. Cette déclaration, a été faite en marge de l’assemblée générale de l’ONU par le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó. Pour lui il est évident qu’il s’agit d’une opération des services secrets ukrainiens.

« Mener des opérations de services secrets sur le territoire de missions diplomatiques d’autres pays est inacceptable, c’est contraire aux règles et lois écrites et non-écrites, et aux lois sur les relations bilatérales », a souligné le ministre.

De son point de vue la situation est simple et très claire : « L’Ukraine viole le droit international, en retirant leurs droits aux minorités nationales ».

Il a rappelé que lors des négociations sur les droits de la minorité hongroise, Kiev a fait des promesses, mais n’en a tenu aucune. Par exemple celle d’accorder plusieurs années de délai avant l’entrée en application de la fameuse loi sur l’enseignement, ou d’exclure les écoles privées du champ d’application de la loi.

« Nous voyons une campagne visant à semer la haine contre la population hongroise en Ukraine. La double citoyenneté est un phénomène courant en Europe. Beaucoup de pays permettent la double nationalité, » a-t-il conclu.

Et face aux menaces de Kiev d’expulser leur consul, les autorités de Budapest ont menacé de leur rendre la pareille, après une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays à l’ONU.

« Mon collègue ukrainien m’a demandé si j’étais prêt à rappeler notre consul après l’incident [de la vidéo qui a fuité montrant la distribution de passeports hongrois en Transcarpatie], et je lui ai répondu que je n’avais aucune raison de le rappeler, puisqu’il n’avait rien fait qui violait la loi hongroise ou le droit international. Il a alors dit que l’Ukraine allait l’expulser. Je lui ai répondu, bien, mais cela ne restera pas sans réponse. J’expulserai un diplomate ukrainien du même niveau de Hongrie, » a déclaré Szijjártó.

Le ministre hongrois a aussi questionné la pertinence de vouloir amasser des troupes ukrainiennes près de la frontière avec la Hongrie, alors que le pays est membre de l’OTAN.

En un an, la situation diplomatique entre les deux pays s’est aggravée, comme on pouvait le craindre. Kiev étant incapable de faire marche arrière sans se mettre les ultra-nationalistes à dos, la situation risque de continuer à s’envenimer jusqu’à l’éclatement d’un deuxième conflit civil dans le pays.

Si un tel conflit éclate en Transcarpatie, alors l’Ukraine ira jusqu’au bout du processus d’éclatement qu’elle a commencé lorsqu’elle a déclenché le conflit dans le Donbass, et terminera comme la défunte Yougoslavie.

Christelle Néant

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Les FAU tirent sur une ambulance et des habitations à Kominternovo – Deux morts et quatre blessés

MortierDurant les dernières 24 heures, l’armée ukrainienne a continué ses tirs quotidiens sur le sud de la République Populaire de Donetsk (RPD), et particulièrement les villages de Sakhanka et Kominternovo, où les tirs de la journée écoulée ont déjà fait deux morts et quatre blessés.

La tendance à l’escalade entamée après la mort d’Alexandre Zakhartchenko ne semble plus pouvoir être arrêtée, surtout sur cette portion du front.

Hier, 26 septembre, à 13 h 25, l’armée ukrainienne a de nouveau ouvert le feu sur le village de Kominternovo, à coup de grenades et de lance-roquettes antichars, blessant deux civils : un homme de 59 ans et une femme de 60 ans. Tous deux ont été emmenés à l’hôpital de Novoazovsk pour y être soignés.

La femme a reçu des blessures par shrapnels au cou et à l’avant-jambe, et l’homme en a reçu à l’abdomen.

Dans l’après-midi et en soirée, les tirs se sont poursuivis contre Kominternovo, mais aussi contre les villages environnants comme Leninskoye, mais cette fois avec des mortiers de 120 mm ! Heureusement ces tirs n’ont pas fait de victimes, mais une maison a été endommagée à Kominternovo (un obus a traversé le toit).

Poursuivant sur cette lancée, les soldats ukrainiens ont tiré ce matin sur les positions de la milice populaire de la RPD situées près de là, blessant un soldat. Une ambulance a alors été envoyée pour l’évacuer.

Le véhicule n’était pas de type militaire et était clairement identifiable comme étant une ambulance. Mais comme à l’accoutumée, les soldats ukrainiens n’en ont eu que faire, et violant la convention de Genève pour la énième fois, ils ont tiré sur l’ambulance alors qu’elle évacuait le soldat blessé, tuant deux personnes et blessant un autre soldat qui se trouvait avec le soldat initialement blessé.

Ce qui nous fait un bilan total, civils et soldats confondus, de deux morts et quatre blessés en 24 heures dans le même village.

Cet après-midi, les tirs ont repris, contre Sakhanka cette fois, avec un total de dix obus de mortier de 120 mm tirés par l’armée ukrainienne à l’heure où j’écris ces lignes.

Pendant que Porochenko glose sur un projet de résolution de l’ONU pour envoyer des casques bleus dans le Donbass, son armée continue de génocider la population de la région en toute impunité, dans le silence des chancelleries française et allemande…

Christelle Néant

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La RPD veut ouvrir une ambassade en Ossétie du Sud d’ici fin 2018

Ossétie du Sud - RPDLors d’une interview accordée à nos collègues de l’agence DAN, la ministre des Affaires étrangères par intérim de la République Populaire de Donetsk (RPD), Natalia Nikonorova, a déclaré espérer réussir à ouvrir une ambassade en Ossétie du Sud d’ici la fin de l’année.

Actuellement le gouvernement de la RPD est en train de préparer toutes les lois et documents nécessaires pour cette ouverture.

« À ce jour, les projets de loi applicables concernant le service diplomatique, les relations entre la fonction diplomatique et la fonction publique de l’État ont déjà été élaborés. Il y a beaucoup de règlements administratifs qui ont un lien direct avec le statut de l’ambassade, de l’ambassadeur et ainsi de suite. Beaucoup de détails. Jusqu’à présent, il y avait une absence totale de loi sur cette question. Il est donc nécessaire de préparer un grand nombre de documents. Certains d’entre eux sont déjà en voie d’achèvement, et soumis au Conseil populaire de la RPD, qui a fait des propositions au chef de la RPD. En outre, nous sommes en contact permanent avec le Ministère des affaires étrangères de la République d’Ossétie du Sud. Pour nos collègues, cette question n’est pas aussi nouvelle que pour nous. Et nous essayons de nous appuyer sur leur expérience, mais en même temps, nos relations se construisent sur la pleine parité des intérêts », a déclaré la ministre.

En plus de l’ouverture d’une ambassade de la RPD à Tskhinvali (capitale de la République d’Ossétie du Sud), il est prévu d’ouvrir une ambassade ossète à Donetsk.

Et malgré le fait que ces démarches semblent colossales, la ministre des Affaires étrangères espère que l’inauguration de l’ambassade de la RPD à Tskhinvali pourra se faire avant la fin de l’année 2018.

« Nous aimerions que cela se réalise. Nous l’espérons vraiment », a-t-elle conclu.

Ce projet est important pour désenclaver diplomatiquement la République Populaire de Donetsk, et renforcer les moyens à travers lesquels la République d’Ossétie du Sud peut aider sa petite sœur du Donbass.

Christelle Néant

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Quatre jours à Sakhanka et Kominternovo (RPD) sous les bombardements de l’armée ukrainienne

KominternovoDepuis plus d’une semaine, l’armée ukrainienne s’acharne sur les villages du sud de la République Populaire de Donetsk (RPD). Sakhanka, Leninskoye, et Kominternovo sont bombardés de manière quotidienne.

Du 19 au 22 septembre, nous étions à Sakhanka et Kominternovo afin d’évaluer l’évolution de la situation sur cette portion du front et rapporter les dégâts infligés aux habitations par les bombardements de l’armée ukrainienne.

Nous y avons constaté que les tirs sont permanents, de jour comme de nuit. Pendant les quatre jours (et trois nuits) passés sur place, il n’y en a eu aucun durant lequel l’armée ukrainienne a respecté le cessez-le-feu.

Durant nos visites précédentes, il y avait toujours au moins un jour un peu plus calme que les autres. Là il n’en fut rien.

En quatre jours, l’armée ukrainienne a tiré sur cette zone, 60 obus de mortier de 120 mm, 39 obus de mortier de 82 mm, 198 munitions de véhicules de combat d’infanterie et de transport de troupes blindés, 200 munitions de systèmes de défense anti-aériens (dont une grande quantité de Zouchka de 23 mm), auxquelles il faut ajouter les roquettes, grenades, et munitions de plus petit calibre.

Ces tirs ont endommagé plusieurs maisons à Sakhanka et Kominternovo, pendant notre séjour sur place, sans faire de victimes. La semaine précédente, le camion de pompiers de Sakhanka a lui aussi été touché par des tirs, lorsque l’armée ukrainienne a voulu les empêcher d’éteindre les incendies qui ont détruit plusieurs habitations.

Voir le reportage vidéo

Sur place nous avons aussi découvert qu’en plus des tirs de mortier et de véhicule de combat d’infanterie, l’armée ukrainienne utilise désormais ses drones contre les civils. L’utilisation de drones pour porter des charges explosives avait déjà été rapportée par les soldats de la RPD stationnés à Sakhanka, mais jusqu’ici ces méthodes terroristes étaient utilisées contre les positions.

Désormais, l’armée ukrainienne a étendu l’usage de ces méthodes dignes des terroristes en Syrie contre des cibles civiles. Non seulement à Sakhanka et Kominternovo, mais aussi à Gorlovka.

À Sakhanka, le lendemain de notre départ, un drone ukrainien a lâché une grenade sur une maison civile, faisant deux blessés : un homme et une femme. Tous deux ont été hospitalisés. D’après mes contacts sur place, au total ce jour-là c’est deux drones qui ont largué trois grenades à différents endroits du village.

Lorsque les soldats ukrainiens larguent ces charges ils voient sur quoi ils les lâchent. C’est donc un crime de guerre délibéré. De plus, cette méthode est particulièrement ignoble, car les civils n’entendent aucun bruit de tir, et ne se méfient donc pas. Ils n’ont pas le temps de se mettre à l’abri.

Et comme il n’y a pas de tir, ces infractions aux accords de Minsk ne sont pas enregistrées comme des violations du cessez-le-feu.

À l’heure où j’écris ces lignes il n’y a toujours aucun signe de désescalade dans le sud de la République Populaire de Donetsk. Rien qu’aujourd’hui, 24 septembre 2018, l’armée ukrainienne a tiré 19 obus de mortiers de 120 mm et 11 obus de 82 mm sur Sakhanka, Kominternovo et Leninskoye. Sans compter de très nombreux tirs de véhicules de combat d’infanterie et de grenades.

Le tout dans le silence le plus total des chancelleries occidentales et surtout de celles de la France et de l’Allemagne, pourtant garantes des accords de Minsk.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 22 septembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 22septembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’09 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
05’11 » – En RPL les soldats ukrainiens tirent sur un bus
05’54 » – L’armée ukrainienne s’acharne sur le Sud de la RPD
06’32 » – L’OSCE dresse le bilan des victimes civiles pour 2018
07’16 » – Recrudescence d’accidents de la route dans la partie du Donbass occupée par l’armée ukrainienne à cause de l’alcool
08’33 » – Les unités des FAU insuffisamment remplies pour être opérationnelles

MH17
10’18 » – La Russie apporte la preuve que le BUK montré par le JIT est ukrainien

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’22 » – L’Ukraine met fin au traité d’amitié avec la Russie
29’32 » – Pas d’accord conclu entre Kiev et le FMI, l’Ukraine se rapproche du défaut de paiement
32’50 » – Nouvelle agression contre une journaliste en plein centre de Kiev
35’04 » – La situation se tend en Transcarpathie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
38’49 » – L’armée ukrainienne se gargarise d’avoir libéré une ferme dans la zone démilitarisée

40’50 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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MH17 – La Russie prouve que le BUK présenté par le JIT est Ukrainien

MH17Dans une conférence de presse très attendue, le ministère de la Défense de la fédération de Russie a dévoilé aujourd’hui des éléments prouvant que les morceaux de missile BUK présentés par le JIT en mai 2018, comme « preuves » dans la catastrophe du MH17, appartenaient en fait à un missile ukrainien.

La conférence qui a commencé à midi heure de Moscou et a duré 37 minutes, a révélé les plus grosses failles de l’enquête menée par le JIT.

Le ministère de la Défense russe a commencé par dévoiler des documents secrets venant des archives du fabricant des missiles BUK (l’usine soviétique de Dolgoproudny), et datant de l’époque de l’URSS, qui permettent de suivre la roquette de BUK dont les morceaux avaient été présentés par l’équipe d’enquête conjointe au mois de mai 2018.

Suite à la conférence de presse du JIT, j’avais écrit au ministère de la Défense russe, et à Almaz-Anteï, le fabricant actuel des systèmes BUK, pour leur demander s’ils avaient encore des documents permettant de tracer la roquette de BUK incriminée.

La conférence de presse d’aujourd’hui permet de répondre à cette question : oui la Russie dispose encore des documents d’époque soviétique concernant les systèmes BUK produits dans la RSS de Russie. Et ces documents permettent de savoir où a été livrée cette roquette.

Documents

Documents

Documents

La roquette (dont le numéro d’usine est 8720), appartenant à un lot fabriqué en 1986, a été livrée à une unité militaire ukrainienne (l’unité 20152) stationnée dans l’Ouest de l’Ukraine, où elle est restée après la chute de l’URSS. Cette unité est devenue par la suite la 223e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU).

Documents

Documents

Carte

Carte

Or cette unité était présente en 2014 dans la zone de ce qui était alors « l’opération anti-terroriste » de Kiev contre le Donbass, où le vol MH17 s’est écrasé. Plusieurs reportages vidéos de la télévision ukrainienne ont montré cette brigade sur le terrain.

Le chef du département antiaérien de la fédération de Russie a tenu à préciser que ce missile livré à l’Ukraine n’est jamais revenu ensuite en Russie.

« Je voudrais vous informer de qui était le destinataire et de qui a utilisé cette roquette. Le 29 décembre 1986, ce missile a été expédié par train à l’unité militaire 20152. Tout le monde sait que ce missile a été reçu par cette division », a déclaré M. Parchine.

« Après la chute de l’Union soviétique, ce missile n’a pas été transporté sur le territoire russe et il est resté aux mains des forces ukrainiennes. […] À présent, la division possédant ces systèmes antiaériens BUK est située dans la région de Lvov, en Ukraine », a ajouté M. Parchine.

Le ministère de la Défense a aussi analysé les vidéos fournies comme preuves de la présence de la 53e brigade de Koursk (brigade de l’armée russe) dans le Donbass par le JIT, et démontré (comme plusieurs autres blogueurs et experts depuis quatre ans) qu’elles ont été falsifiées.

Perspectives incompatibles montrant que le camion et le BUK ont été ajoutés à la vidéo de la route, sens de roulage du BUK impossible, jeux de lumières incompatibles avec l’angle du soleil, tout y est passé (ne parlons même pas de la qualité déplorable de ces vidéos qui montre qu’il ne s’agit pas d’originaux).

Vidéo fake

Les experts du ministère russe de la Défense ont ainsi avalisé et officialisé l’analyse de bien d’autres personnes, qui, simples blogueurs pour beaucoup, avaient déjà souligné ces incohérences dans les images fournies comme « preuves ».

Et afin de finir en beauté, les représentants du ministère de la Défense y ont ajouté une conversation audio enregistré lors d’exercices de l’armée ukrainienne près d’Odessa. On y entend un colonel ukrainien menacer d’abattre un autre Boeing malaisien !

L’ensemble de ces éléments a été transmis au JIT pour étude. Et sans surprise, le JIT a rappelé que lorsqu’il avait présenté ces morceaux de missile BUK en mai 2018, il n’avait pas affirmé de manière stricte que c’était le missile qui avait abattu le MH17. Les « peut-être » énoncés par le JIT et que tous les médias occidentaux ont malencontreusement oubliés, pour faire du sensationnel.

Aujourd’hui ces « peut-être » du JIT sont ressortis par la commission d‘enquête pour essayer de sauver ce qui peut l’être de leur non-investigation. Car cela ne change rien au fait, que ces « preuves » montrent que le JIT s’est basé sur des éléments foireux, très certainement fournis par l’Ukraine elle-même. Et ce, alors que cette dernière est un suspect potentiel !

Je travaille moi-même activement sur ce dossier, et je publierai sous peu l’interview d’un soldat de la République Populaire de Donetsk (RPD) ayant combattu à Saour Moguila sur ce qu’il a vu ce jour-là. Cette interview fera partie du dossier plus complet de contre-enquête sur le crash du MH17 sur lequel je travaille depuis déjà un an.

Voir la vidéo de la conférence du ministère de la Défense en anglais

Christelle Néant

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