Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 8 décembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 8 décembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0101 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
01’58 » – Les soldats ukrainiens humilient les civils du Donbass au point de passage de Mayorsk
03’25 » – Préparatifs d’une attaque chimique sous faux drapeau côté ukrainien
05’05 » – Accumulation de chars d’assauts par l’armée ukrainienne face à Gorlovka
05’46 » – Conscription forcée et préparation des hôpitaux ukrainiens en cas de lourdes pertes

UKRAINE
0739 » – Perquisitions et interrogatoires de prêtres de l’UOC-MP par le SBU
23’17 » – Porochenko et la guerre fantôme de l’Ukraine contre la Russie
31’03 » – La Rada valide l’annulation du traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
38’55 » – Porochenko fait un panégyrique des parachutistes ukrainiens

44’17 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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La Rada enterre définitivement le Traité d’Amitié avec la Russie

Russie et UkraineHier, 6 décembre 2018, la Rada (parlement ukrainien) a validé le décret présidentiel sur l’annulation du Traité d’Amitié, de Coopération et de Partenariat entre l’Ukraine et la Russie.

Ce fut un vote sans surprise, bien que l’on aurait pu espérer un sursaut d’intelligence chez les députés ukrainiens, et un rejet de ce décret qui va porter un coup sévère à l’Ukraine.

Pour rappel, le 17 septembre 2018, le président ukrainien, Petro Porochenko, signait un décret mettant en œuvre la recommandation du Conseil National de Sécurité de mettre fin au Traité d’Amitié entre l’Ukraine et la Russie.

Une semaine plus tard, le ministre ukrainien des Affaires étrangères informait officiellement son homologue russe de ce changement, interrompant ainsi le renouvellement automatique du traité pour 10 ans.

Mais il fallait que le parlement ukrainien ratifie ce document pour qu’il soit pleinement valable. Ce qui fut fait hier, avec 277 députés qui ont voté pour ce décret. Seuls 20 députés ont voté contre (ce qui veut dire que seuls 20 députés ukrainiens sur 331 ont un cerveau en état de fonctionnement et comprennent que cette rupture va porter un tort terrible au pays).

Sans surprise ces 20 députés font partie du Bloc d’Opposition en majorité, et trois sont sans étiquette.

Suite à ce vote, le traité d’Amitié, de Coopération et de Partenariat entre l’Ukraine et la Russie prendra donc fin officiellement le 1er avril 2019 (et non, malheureusement, ce n’est pas un poisson d’avril).

Ce vote tardif de la Rada (trois mois après la signature du décret) a attiré quelques commentaires, comme celui de Rouslan Bortnik, un analyste ukrainien.

« Le projet de loi mettant fin au Traité d’Amitié avec la Russie est une simple action technique des autorités, qu’elles essayent d’utiliser pour obtenir une autre victoire informationnelle », écrit Bortnik sur sa page Facebook.

Selon lui, c’est la raison pour laquelle le parlement a commencé à examiner le projet de loi en décembre, lorsque les préparatifs de l’élection présidentielle ont commencé, au lieu de prendre une décision en septembre, lorsque le président a signé le décret. En clair, Porochenko essaye tout simplement d’obtenir un petit succès médiatique pour faire remonter sa cote de popularité toujours très mal en point.

« Quoi qu’il en soit, le traité avec la Russie restera en vigueur jusqu’au 1er avril 2019, bien que son processus de résiliation soit devenu depuis longtemps un spectacle politique qui n’affecte pas la vie du peuple ukrainien, mais qui le distrait depuis quatre ans », a noté l’expert, avant de rappeler que plus de 400 autres traités existent toujours entre l’Ukraine et la Russie.

Autant je rejoins monsieur Bortnik sur la portée électorale de ce vote très tardif du parlement, afin que cette action soit portée au bénéfice de Porochenko, autant je suis en désaccord complet sur le fait que la rupture de ce traité n’affectera pas la vie du peuple ukrainien.

Car ce traité fixe la reconnaissance par les deux pays des frontières existantes entre eux, mais pas seulement. C’est aussi un contrat mutuel de non-agression. En clair, tant que ce traité est valable, aucun des deux pays ne peut utiliser son territoire pour mettre en danger la sécurité de l’autre (ce que l’Ukraine veut faire en demandant à l’OTAN de s’installer dans le pays), et aucun ne peut déclarer la guerre et envahir l’autre.

En annulant ce traité, l’Ukraine prend le risque de perdre définitivement le Donbass, et de voir les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) être reconnues par la Russie, cette dernière n’étant plus tenue de reconnaître l’inviolabilité des frontières ukrainiennes.

Sans parler du fait que la rupture de ce traité a déjà des conséquences pour l’Ukraine (jusqu’ici surtout les autorités ukrainiennes) depuis que la Russie a pris acte de cette annulation. Comme je l’ai déjà dit à plusieurs reprises, en faisant cette erreur grossière, Kiev a donné carte blanche à Moscou pour enlever les gants avant de rendre à l’Ukraine les coups que cette dernière porte à la Russie depuis le Maïdan.

Le premier round a été marqué par la divulgation du fait que la roquette BUK présentée par le JIT en mai 2018 dans le cadre de l’enquête sur le crash du MH17 étaient en fait une roquette ukrainienne. Divulgation faite par le ministère russe de la Défense le jour même de la signature par Porochenko du décret d’annulation du Traité d’Amitié.

Jusqu’ici toujours sur la défensive sur le dossier du MH17, la Russie était passée à la contre-offensive en pointant du doigt l’Ukraine de manière explicite. Un tournant important de la stratégie russe que j’avais souligné comme étant lié à cette annulation du Traité d’Amitié.

Le deuxième round a été marqué par les sanctions prises par Moscou contre des sociétés et des officiels ukrainiens. Ce, alors que la Russie s’était toujours refusée à prendre des contre-sanctions en réponse aux sanctions perpétuellement renouvelées de Kiev contre Moscou depuis plus de quatre ans. Celles et ceux qui avaient compris dès le premier round ce qui se passait n’ont pas été surpris, les autres sont restés comme deux ronds de flan, incapables de comprendre pourquoi la Russie réagissait ainsi aussi tardivement.

Le troisième round, enfin, a été marqué par la réponse ferme, mais légale, de la Russie, à la dernière provocation en date de Kiev près du détroit de Kertch. Là aussi beaucoup de pseudo experts ont hurlé à la faute tactique, ou se sont avérés incapables de comprendre ce changement de stratégie de Moscou. Tellement habitués à la patience hors normes, mais pas infinie, de la Russie envers les pitreries de Kiev, beaucoup n’ont pas compris pourquoi la Russie n’avait pas fait « comme d’habitude » et simplement ignoré ces bêtises.

Ce que ces pseudos experts n’ont pas compris c’est que la donne a changé. Kiev a délié les mains de Moscou, et la Russie a fini de prendre (et de mettre) des gants pour répondre à l’Ukraine, puisque cette dernière montre de manière officielle qu’elle veut des relations conflictuelles et non amicales avec son voisin. Dont acte.

Et cette volonté belliciste de Kiev, se trouve dans la bouche de nul autre que Pavel Klimkine, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, qui se vantant du nombre de traités bilatéraux détruits, a aussi déclaré que pour lui, l’Ukraine ne devrait avoir aucune relation diplomatique avec la Russie. Ce monsieur a une conception fascinante de la diplomatie et des affaires étrangères…

« Récemment, nous avons mis fin à 48 accords internationaux (avec la Russie). Toutefois, cela devrait être fait très soigneusement… pour que les citoyens ukrainiens ne soient pas affectés. La prochaine tranche d’une quarantaine d’accords résiliés suivra assez rapidement », a-t-il déclaré.

Sauf qu’en réalité, à un moment, à force d’annuler des accords cela va affecter la vie des citoyens ukrainiens, vu que Kiev veut tout raser jusqu’aux fondations.

« Tout ce qui existait avant la guerre (jusqu’en 2014 NDLR) n’a, par définition, aucun sens », a ajouté Klimkine.

Le problème c’est que l’Ukraine n’a pas déclaré officiellement la guerre à la Russie. Donc à un moment il va falloir accorder les violons entre les différents morceaux de votre propagande, faute de quoi vous vous ridiculisez tous seuls à force de vous contredire vous-même !

Le summum de la bêtise intersidérale est atteint lorsqu’il aborde une éventuelle rupture des relations diplomatiques avec la Russie.

« Personnellement et émotionnellement, je crois que nous n’avons besoin d’aucune relation diplomatique avec la Russie », a déclaré Pavel Klimkine. « Je vais vous dire franchement que j’en ai déjà discuté avec certains pays et je connais leur réponse […] ils sont prêts à servir de boîtes aux lettres pour la livraison de certains documents, et c’est tout [ce dont nous avons besoin] ».

Avant d’ajouter que les liens diplomatiques avec la Russie ne peuvent pas être coupés pour le moment, car de nombreux citoyens ukrainiens vivent sur le territoire russe. Selon le ministre, près de 3,5 millions d’Ukrainiens vivent en Russie et le nombre de personnes prêtes à franchir la frontière avec la Russie ne cesse d’augmenter.

Donc résumons, l’Ukraine pourrait, soi-disant, couper les relations diplomatiques avec la fédération de Russie en utilisant des pays tiers comme boîte postale car elle n’a pas besoin de plus, MAIS en fait, cela poserait problème pour les millions d’Ukrainiens qui vivent en Russie.

Donc en fait n’avoir que des boîtes postales dans d’autres ambassades ne couvrirait pas les besoins des citoyens ukrainiens et donc de l’Ukraine !!! Donc Pavel Klimkine ment et se contredit lui-même d’une phrase à l’autre.

Et le plus beau de l’histoire c’est qu’il contredit dans ce dernier paragraphe ce qu’il raconte plus haut avec son histoire de guerre entre l’Ukraine et la Russie. Depuis quand des millions de gens se ruent volontairement dans un pays (qui n’était pas le leur avant la guerre) qui agresse militairement leur patrie ?

A-t-on vu des Français émigrer volontairement en masse en Allemagne pendant la Seconde Guerre Mondiale ? Non bien sûr. Ce qui montre bien qu’il n’y a pas plus de guerre ou d’agression militaire russe en Ukraine qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbres à spaghettis !

Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères avait souligné toute la stupidité des actions et déclarations de Kiev concernant l’annulation du Traité d’Amitié, et on peut voir qu’elle avait totalement raison dans son analyse. Car il faut être d’une bêtise crasse pour ne pas voir les conséquences désastreuses de cette annulation sur l’Ukraine et les citoyens ukrainiens, et pour contredire sa propre propagande à deux reprises en une seule déclaration publique !

Quoi qu’il en soit, l’Ukraine et ses citoyens doivent maintenant comprendre que cette annulation va avoir des conséquences concrètes pour eux, et que les trois rounds que j’ai évoqués plus haut ne sont que le début. Il y en aura bien d’autres.

Voilà ce que la « révolution de la dignité » aura apporté à l’Ukraine : le chaos, la pauvreté, la guerre civile, une dépopulation massive, des relations de plus en plus mauvaises avec ses voisins, et bientôt une guerre de religion. Un cocktail explosif qui pourrait bien faire littéralement éclater le pays.

Christelle Néant

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Porochenko et la guerre fantôme de l’Ukraine contre la Russie

La flotte ukrainienneDepuis plus de quatre ans, le président ukrainien, Petro Porochenko, sort des déclarations et posts sur les réseaux sociaux évoquant l’agression russe, et la défense héroïque du pays par l’armée ukrainienne, allant jusqu’à en faire des panégyriques délirants, comme lorsqu’il a qualifié les Forces Armées Ukrainiennes (FAU) d’armée la plus puissante du continent (sic).

L’Ukraine tente d’entraîner l’OTAN dans une guerre contre la Russie

Après la provocation du détroit de Kertch, qui a tourné à l’humiliation totale de la marine ukrainienne lorsque trois de ses navires se sont fait capturer par nuls autres que les gardes côtes russes (re-sic), Porochenko a réclamé à cors et à cris, l’aide de l’OTAN, entre autre dans la mer d’Azov, en oubliant un peu vite deux trois faits tangibles et réels qui viennent empêcher ses jolis plans délirants.

« L’Allemagne est l’un de nos alliés les plus proches et nous espérons que l’OTAN sera désormais prête à transférer des navires de guerre dans la mer d’Azov afin d’aider l’Ukraine à en assurer la sécurité », a-t-il ainsi déclaré quelques jours après l’incident.

« La chancelière Merkel est une grande amie de l’Ukraine », a encore affirmé M. Porochenko. « En 2015, elle a déjà sauvé notre pays », a-t-il ajouté.

Déjà rien que dans cette déclaration, Porochenko contredit ses panégyriques de l’armée ukrainienne. Si cette dernière est aussi puissante qu’il le dit et qu’elle retient l’armée russe à elle toute seule depuis plus de quatre ans, pourquoi le pays a-t-il dû être sauvé par Angela Merkel en 2015 ?

Eh oui, en voulant jouer les frottes manches avec tatie Merkel pour l’amadouer, Porochenko vient de démolir quatre ans de propagande.

Le pire est que cette énorme bourde n’aura servi à rien, puisque l’Allemagne a refusé d’intervenir militairement, appelant la Russie et l’Ukraine à régler l’incident du détroit de Kertch par le dialogue.

Car si quelques va-t-en-guerre de l’OTAN soutiennent ce délire d’aller chercher des noises à la Russie en mer d’Azov pour défendre un pays (l’Ukraine) qui a violé les règles de passage du détroit et est donc coupable de ce qui est arrivé à ses navires, la plupart des membres européens de l’alliance sont bien conscients de la culpabilité de Kiev et que cela reviendrait à aller au casse-pipe.

Déjà, à cause de la profondeur très faible du détroit de Kertch, qui n’autorise un tirant d’eau que de 8 m ! Autant dire que la plupart des gros navires de guerre (et même certains sous-marins) des membres de l’OTAN (États-Unis en tête), ne pourraient pas franchir le détroit et entrer en mer d’Azov, pont ou pas pont (je rappelle encore une fois à mes « collègues » journalistes occidentaux de se renseigner avant de sortir que des Panamax ne peuvent PLUS entrer en mer d’Azov depuis la construction du pont, ils n’ont en fait JAMAIS pu y entrer à cause de leur trop grand tirant d’eau).

L’autre point qui a fait pencher la balance en défaveur de Kiev, en plus de sa culpabilité évidente, c’est le fait que la Russie (comme l’Ukraine) a un droit de regard sur les navires militaires qui ont le droit d’entrer en mer d’Azov. De même que l’Ukraine peut empêcher d’autres navires militaires que les navires russes d’entrer en mer d’Azov, la Russie a aussi un droit de veto.

Donc si les navires de l’OTAN ayant un tirant d’eau de moins de 8 m veulent entrer en mer d’Azov il faudrait qu’ils le fassent de force, ce qui équivaudrait à un acte de guerre !

Et c’est là que les délires de Porochenko se fracassent sur la réalité, car l’Allemagne et une bonne partie de l’OTAN sait bien que les capacités de défense navale de la Russie sont efficaces, et que tenter d’entrer en force en mer d’Azov les exposerait alors à une réponse militaire russe légalement justifiée qui transformerait leur flotte en récifs artificiels, le tout avec le droit international du côté de la Russie.

Hors de question pour Merkel et les autres dirigeants européens de se lancer dans une telle Bérézina qui équivaudrait à déclarer la guerre à la Russie, alors qu’elle possède l’arme nucléaire. Pour les Allemands, comme pour les Français, hors de question de revivre leurs campagnes de Russie respectives en pire !

Suivre Washington dans sa rhétorique anti-russe oui, aller de manière assurée au casse-pipe pour les beaux yeux d’un pays totalement corrompu, devenu une véritable dictature en pleine guerre civile, et qui est un véritable trou noir à argent, faut pas pousser mamie Merkel dans les orties quand même !

L’armée ukrainienne comme seul rempart contre la Russie

Loin de se démonter devant le fait d’avoir été lâché par l’OTAN (je passe sur les grandes déclarations outragées des dirigeants qui ne sont que du vent et rien d’autre) suite à sa provocation, Porochenko a décidé de continuer dans son délire va-t-en-guerre, en déclarant que puisque c’est comme ça, l’Ukraine se défendra seule contre l’agression russe et qu’elle est « sûre de réussir » (re-sic).

« La Russie s’est retrouvée totalement isolée. C’est le résultat de notre coordination internationale conjointe. Mais permettez-moi d’insister : nous allons défendre notre pays nous-mêmes. Et la seule chose que nous allons chercher maintenant, c’est l’adhésion à l’OTAN pour construire un système de défense (et ici, il est si important de voter pour les amendements à la Constitution, qui en font une tâche prioritaire de toutes les autorités ukrainiennes – le président, le parlement, le gouvernement) avec l’adhésion à l’Union Européenne », a-t-il déclaré le 3 décembre sur la chaîne ICTV.

Reprenons les propos de Porochenko. D’abord il dit fièrement que la Russie se retrouve totalement isolée. Pas vraiment non. Certes les pays occidentaux soutiennent Kiev sur la forme par obéissance servile à Washington, mais il y a d’autres pays dans le monde. La Chine, la Bolivie et le Kazakhstan ont voté pour l’agenda russe des discussions lors de la réunion en urgence du Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’incident du détroit de Kertch.

Pour rappel, la Chine représente presque un cinquième de la population mondiale. Pas vraiment un pays négligeable.

Et puis si on sort des discours de forme, sur le plan concret, l’Allemagne continue le projet Nord Stream 2 avec la Russie. Suivre les États-Unis avec de jolies déclarations est une chose, se priver de gaz russe bon marché et rapidement disponible en est une autre. Les affaires sont les affaires, et l’Allemagne tire bien plus de bénéfices en ayant de bonnes relations commerciales avec la Russie qu’en soutenant les délires de Kiev.

Si on regarde les États-Unis, certes Trump a annulé sa rencontre officielle avec Vladimir Poutine au G20 à cause de l’hystérie des médias occidentaux qui ont pris fait et cause pour l’Ukraine en dépit du bon sens, mais les deux chefs d’État ont quand même discuté 10 à 15 minutes ensemble lors du sommet.

Et Poutine a alloué le temps libéré par cette annulation pour discuter avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan (d’ailleurs le projet Turkish Stream avance bien lui aussi), et une réunion des chefs d’États du BRICS a aussi eu lieu en marge du G20. Et sur la photo de « famille » du G20, Poutine n’est pas mis au ban du groupe.

Pour l’isolation de la Russie et le « résultat » de la « coordination internationale conjointe »on repassera…

Ukraine vs Russie

Passons à la suite. Porochenko dit que l’Ukraine va se défendre seule contre l’agression russe (ce qui est un aveu d’impuissance de ses tentatives d’entraîner l’OTAN à soutenir activement Kiev dans un conflit ouvert avec la Russie). Je croyais que c’était déjà le cas depuis plus de quatre ans si on suit ses délires. Justement il est temps de regarder ce qu’il en est.

L’année dernière, un officiel ukrainien, Gueorgui Touka, avait admis que l’Ukraine n’a aucune preuve valable sur le plan légal de la présence de l’armée russe dans le Donbass, portant un coup sévère à la propagande ukrainienne. Sans parler du fait que si l’Ukraine était réellement en guerre contre la Russie, elle aurait dû couper toute relation diplomatique et déclarer la guerre officiellement ! Or Kiev n’a fait ni l’un ni l’autre.

Si l’armée russe agressait militairement l’Ukraine quel serait le résultat (et comparons avec la réalité) ? L’armée russe est la 2e armée au monde, avec un million de soldats actifs, et 2,5 millions de réservistes, sans parler du reste de la population apte au service. L’Ukraine est la 29e armée mondiale (elle était 20e en 2014), avec 182 000 soldats (dont une bonne moitié est sur le front du Donbass) et un million de réservistes.

Si on regarde l’armement, la Russie possède 3 914 avions et hélicoptères, quand l’Ukraine en aligne 240 (et il faut voir dans quel état ils sont). Du point de vue des chars d’assaut, la Russie en possède 20 300 contre 2 214 pour l’Ukraine, auxquels il faut ajouter 27 400 véhicules de combat blindés, pour la fédération de Russie, contre 11 868 pour l’Ukraine.

Pour l’instant c’est mal parti pour Kiev. Regardons l’artillerie. Si on additionne les pièces d’artillerie automotrices, tractées et les lance-roquettes, on arrive à un total de 14 252 pour la Russie, contre 3 596 pour l’Ukraine. Là aussi, avec un ratio pareil c’est très mauvais pour l’Ukraine. D’autant plus que la plupart des armements ukrainiens datent de l’époque soviétique et que la russophobie maladive de l’Ukraine l’a privée des pièces détachées produites en Russie…

Si on regarde l’état de la marine, cela devient tragi-comique, la Russie possédant une flotte de 352 navires dont 62 sous-marins, neuf frégates, 13 destroyers 78 corvettes et 41 patrouilleurs, quand l’Ukraine n’a que 25 navires (enfin 22 maintenant vu que trois sont désormais confisqués et se trouvent à quai dans le port de Kertch), dont une frégate, une corvette et 12 patrouilleurs.

Rappel à la réalité

Devant un ratio pareil, et même sans prendre en compte le fait que la Russie possède l’arme nucléaire et l’Ukraine non, n’importe quel expert militaire sain d’esprit recommanderait à l’Ukraine de ne pas chercher des noises à son voisin, car l’annihilation de l’armée ukrainienne serait certaine.

Il suffit de comparer avec ce qui s’est passé en Ossétie du Sud en 2008, lorsque l’armée russe (qui était encore en pleine remise sur pied après la descente aux enfers des années 90 et était donc loin de son niveau actuel) a affronté l’armée géorgienne qui avait lancé une attaque sur l’Ossétie du Sud, et bombardé des civils et des casques bleus. L’armée géorgienne n’a pas tenu une semaine !

Certains me rétorqueront que des armées moins bien équipées mais motivées et connaissant le terrain, ont vaincu des armées plus grosses, comme l’armé finlandaise contre l’armée soviétique lors de la guerre d’Hiver. C’est vrai. Alors regardons ce que vaut l’armée ukrainienne « motivée » et dont la « combativité » est sans pareil d’après Porochenko.

Des rapports de l’armée ukrainienne, datant de 2014 ont fuité récemment, et permettent de se faire une idée assez précise du niveau de motivation et de compétence de l’armée ukrainienne.

Lors de la phase active de la guerre du Donbass, en une semaine, l’armée ukrainienne a eu 1 600 morts, 4 723 blessés et 3 473 déserteurs, le tout en combattant contre de simples milices populaires armées de bric et de broc ! Même pas contre l’armée russe. Contre des milices populaires bien moins armées et nombreuses ! Là pour le coup c’est les forces armées des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), qui ont joué un remake de l’armée finlandaise lors de la guerre d’Hiver !

Maintenant, imaginez cette armée ukrainienne, qui a subi des pertes pareilles en une semaine à peine contre des milices populaires, et qui a eu deux fois plus de déserteurs que de morts, devoir affronter l’armée russe !

Si l’Ukraine était agressée militairement par la Russie depuis 2014, la guerre dans le Donbass aurait été finie en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « invasion », et l’armée ukrainienne n’aurait pas compté ses pertes en milliers de morts mais en dizaines de milliers au minimum !

La réalité est tout autre. La guerre du Donbass dure depuis plus de quatre ans, et l’armée ukrainienne se délite lentement mais sûrement depuis le début du conflit. Ce qui prouve bien que ces histoires d’agression russe conte l’Ukraine sont du pipeau.

Et même concernant la Crimée, si la Russie avait réellement annexé cette dernière (ce qui n’est pas le cas, je vous renvoie à cette très bonne analyse légale de la situation en Crimée), pourquoi l’Ukraine n’a pas porté plainte pour annexion de territoire contre la fédération de Russie auprès du tribunal de l’ONU ?

L’Ukraine a porté plainte pour de prétendues discriminations contre les Tatars de Crimée, alors que ces derniers ont obtenu bien plus de droits et d’avantages depuis l’intégration de la péninsule au sein de la fédération de Russie que pendant les décennies passées au sein de l’Ukraine ! Aucune plainte pour annexion de la Crimée n’a été portée contre la Russie à l’ONU ! Pourquoi ?

Parce que l’Ukraine est sûre de perdre car le droit international est du côté de la Russie ! Et si le tribunal de l’ONU se prononçait en ce sens, cela validerait la réintégration de la Crimée face à la communauté internationale, qui ne pourrait plus hurler à l’annexion ! Plutôt rester sur le statu quo actuel que de risquer une fessée judiciaire internationale magistrale…

Au lieu de continuer sur cette trajectoire vers le gouffre qui risque de coûter plus cher à l’Ukraine que ce que l’agression géorgienne contre l’Ossétie du Sud a coûté à Tbilissi en 2008, Kiev ferait mieux de changer de stratégie. Faute de quoi, à force de chercher les problèmes et d’attiser les conflits (qu’ils soient régionaux, linguistiques ou religieux), l’Ukraine finira reléguée dans les livres d’histoire comme l’exemple parfait de ce que la déconnexion de la réalité peut coûter à un pays.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 1er décembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 1er décembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0121 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’48 » – La RPD et la RPL craignent une offensive et une attaque chimique de la part de l’Ukraine
06’20 » – Accumulation d’armes lourdes près de la ligne de front côté ukrainien

PROVOCATION UKRAINIENNE PRES DU DETROIT DE KERTCH
07’03 » – Chronologie et conséquences de la provocation ukrainienne

UKRAINE
3510 » – Porochenko utilise la loi martiale pour éliminer l’Église orthodoxe ukrainienne canonique

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
40’11 » – CNN dévoile à quel point les habitants de Marioupol ont peur d’une « invasion russe »
42’23 » – Détails de la séance de « torture » subie par les agents du SBU arrêtés sur les bateaux ukrainiens

45’18 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Poutine : Les gardes-côtes russes ont accompli leur devoir à Kertch

Vladimir PoutineLe président russe, Vladimir Poutine a qualifié l’incident qui a eu lieu dans le détroit de Kertch de provocation organisée à la veille des élections en Ukraine, exprimé son soutien au travail des gardes-côtes et souligné une fois de plus le double standard de l’Occident qui tolère tout et n’importe quoi de la part de l’Ukraine.

Vladimir Poutine s’est exprimé à ce sujet alors qu’il assistait au forum d’investissement « La Russie appelle », qui se déroule actuellement à Moscou.

« Pour ce qui est de l’incident de la mer Noire, c’est une provocation, bien sûr. Une provocation, organisée par le gouvernement, je pense, et le président actuel à la veille des élections présidentielles en Ukraine en mars prochain. La cote de l’actuel président est quelque part en cinquième position, il a de bonnes chances de ne même pas arriver au deuxième tour, alors il faut faire quelque chose pour aggraver la situation et créer des obstacles insurmontables pour ses concurrents, principalement ceux de l’opposition, » a déclaré le président de la fédération de Russie.

Vladimir Poutine a aussi souligné que depuis quatre ans, l’Ukraine a eu bien d’autres occasions plus sérieuses de déclarer la loi martiale, qu’elle n’a pas saisies. Ainsi lorsque la Crimée a décidé de retourner au sein de la Russie, ou lorsque Kiev a envoyé son armée dans le Donbass bombarder la population, l’Ukraine n’a pas déclaré la loi martiale. Pourtant l’utilisation de chars d’assaut, d’artillerie lourde et même des avions de combat, et donc d’un état de guerre de fait, aurait largement justifié une telle décision.

Pour le président russe, décréter la loi martiale suite à un incident aussi mineur que celui qui a eu lieu il y a quelques jours montre clairement qu’il s’agit d’une manœuvre électorale, cet incident n’étant qu’une excuse bidon pour essayer de reprendre la main sur les élections à venir en éliminant l’opposition.

Il a d’ailleurs rappelé qu’en septembre 2018, d’autres navires de guerre ukrainiens avaient franchi le détroit de Kertch sans encombre, en se pliant aux accords existants et aux requêtes des gardes-côtes, après avoir demandé l’aide d’un pilote russe pour manœuvrer dans le détroit.

« Ils ont totalement respecté tous les accords et les exigences. Ils ont communiqué qui ils étaient, combien ils étaient, où ils allaient. Nous leur avons fourni un pilote et les avons calmement accompagnés jusqu’à leur destination en mer d’Azov », a précisé Vladimir Poutine.

Mais le 25 novembre, les navires ukrainiens ont refusé d’obéir aux requêtes des gardes-côtes et de suivre les règles de passage dans le détroit. Et c’est là toute la différence qui explique ce qui s’est passé alors, et la réaction des gardes-côtes russes.

Soutien aux gardes-côtes russes

Le président de la fédération de Russie a d’ailleurs tenu à soutenir les actions prises par les gardes-côtes pour capturer les navires ukrainiens récalcitrants, en déclarant qu’ils avaient simplement accompli leur devoir.

« Et comment les gardes-côtes auraient-ils dû agir ? Des navires militaires avaient envahi les eaux territoriales de la fédération de Russie, ne répondaient pas, et ce qu’ils allaient faire n’était pas clair. Comment auraient-ils dû agir ? S’ils avaient agi différemment, ils auraient dû être traînés en justice ! Mais ils ont accompli leur devoir, leurs ordres en fait, ils ont rempli leurs fonctions légales de protéger l’intégrité territoriale de la fédération de Russie, » a ajouté le président.

Vladimir Poutine a rappelé que le 25 novembre, les navires militaires ukrainiens n’ont pas obéi aux ordres des gardes-côtes, sont entrée dans les eaux territoriales qui ont toujours été russes, même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, qu’ils se sont ensuite dirigés vers le pont qui enjambe le détroit tout en ne répondant pas aux appels des gardes-côtes, qu’ils n’ont pas plus répondu à la proposition de s’arrêter dans la zone d’ancrage et de prendre un pilote russe pour le passage.

« Même après la violation de notre frontière, nous leur avons quand même proposé de prendre un pilote. Silence. Pas de réponse, » a souligné le chef de l’État.

Vladimir Poutine a aussi mis l’accent sur la présence de deux agents du SBU parmi les membres d’équipages de ces navires ukrainiens. Pour le président russe, ils étaient là pour diriger cette provocation et leur présence indique clairement que cette dernière était préparée à l’avance, comme le prouvent d’ailleurs les ordres trouvés à bord des navires, et divulgués par le FSB, leur enjoignant d’approcher secrètement du détroit de Kertch avant de le franchir.

Pour dire les choses clairement ces ordres leur enjoignaient d’enfreindre la procédure réglementaire de franchissement du détroit, qu’ils connaissaient pourtant, comme le prouve un autre papier trouvé sur les navires ukrainiens, et qui détaille la dite procédure.

Double standard de l’Occident envers Kiev et russophobie

Vladimir Poutine a aussi tenu à souligner que l’Ukraine n’a plus que de la russophobie à vendre, et que l’Occident continue d’acquiescer à tous les caprices de Kiev, même lorsqu’ils sont criminels.

« Parfois je vois de manière étrange, même si je suis déjà habitué à beaucoup de choses, que les autorités actuelles de Kiev vendent avec succès leurs sentiments antirusses. Elles n’ont plus rien d’autre à vendre. Il semble que quoi qu’elles fassent, elles s’en tirent à bon compte », a déclaré le président russe, avant d’ajouter sur le ton de la plaisanterie que si les autorités de Kiev « demandaient aujourd’hui des bébés pour le petit-déjeuner, on les leur servirait probablement, et on dirait qu’ils ont faim et qu’on ne peut rien y faire. »

Pour le président de la fédération de Russie, une telle politique à court terme ne mènera à rien de bon, car cela dégage les dirigeants ukrainiens de toute responsabilité, et ne les encourage pas à mener une vraie politique permettant de faire avancer le pays.

« Ils ont des problèmes avec l’économie, dans le domaine social, des difficultés avec les finances, ils ont constamment la main tendue, mendiant l’argent du Fonds Monétaire International. Mais les générations futures devront rembourser, » a souligné Vladimir Poutine.

Le président russe a aussi rappelé que l’Ukraine est aussi incapable d’entretenir de bonnes relations avec ses voisins, et a dit espérer que le peuple ukrainien va évaluer les autorités actuelles à leur juste valeur et que la situation reviendra à la normale.

« Cette mousse politique va retomber, s’apaiser, et le peuple ukrainien évaluera les dirigeants actuels, comme le peuple géorgien a évalué les activités de Saakachvili, » a déclaré Vladimir Poutine.

« Quant aux perspectives à long terme, quelles que soient les personnes au pouvoir à Kiev aujourd’hui, les peuples russe et ukrainien ont toujours été et resteront à jamais des peuples fraternels et très proches », a-t-il conclu.

On ne peut que souhaiter que le président de la fédération de Russie ait raison.

Christelle Néant

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Deux agents du SBU étaient à bord des navires ukrainiens capturés

Marins ukrainiens capturésHier, les services de sécurité russes (FSB) ont dévoilé que parmi les 24 hommes d’équipages capturés suite à la provocation organisée par Kiev près du détroit de Kertch, deux se sont avérés être des agents des services de sécurité ukrainiens (SBU).

Afin de prouver qu’il s’agissait bien d’une provocation délibérée de la part des navires ukrainiens, le FSB a, comme promis, divulgué des détails sur ce qui s’est passé, et publié la vidéo des interrogatoires de plusieurs des Ukrainiens arrêtés.

La chronologie des événements ne laisse aucun doute sur l’aspect délibéré de la violation des eaux territoriales russes par les navires ukrainiens et le fait que la Russie ait tout tenté pour résoudre pacifiquement le problème, se résolvant à n’utiliser les armes que devant l’échec de toutes les tentatives non violentes de ramener les marins ukrainiens à la raison.

Chronologie de la provocation

Le 24 novembre, le FSB découvre deux navires ukrainiens, le « Gorlovka » et le « Iani Kapou » à 28-30 km au Sud-Est de Meganome qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À leur approche des eaux territoriales russes, les autorités maritimes de la fédération de Russie leur rappellent les règles de navigation dans le détroit et la procédure de demande de passage qui doit se faire longtemps à l’avance. Les navires ukrainiens répondent alors qu’ils ne prévoient pas de franchir le détroit de Kertch.

Le lendemain matin, le 25 novembre à 2 h 05, le bateau de patrouille russe « Izoumroud », découvre les navires ukrainiens « Nikopol » et « Berdiansk » juste au Sud de la limite des eaux territoriales russes, et qui se dirigent vers le détroit de Kertch. À 3 h 45, les deux navires rejoignent le « Gorlovka » et le « Iani Kapou ».

À 5 h 35, le « Berdiansk » annonce qu’il prévoit de passer le détroit de Kertch avec le « Nikopol » et le « Iani Kapou » à destination du port de Berdiansk. Dix minutes plus tard, les autorités maritimes russes rappellent au commandant du Berdiansk que le passage à travers le détroit leur est pour l’instant interdit car ils doivent se conformer à la procédure.

À 5 h 50, le commandant du « Berdiansk » réclame le droit de passage immédiat au nom du traité entre la Russie et l’Ukraine sur la coopération et l’utilisation de la mer d’Azov et du détroit de Kertch.

À 6 h 30, les autorités maritimes russes rappellent au « Berdiansk » que pour assurer la sécurité du trafic maritime, ils doivent demander la permission de passer 48 h puis 24 h avant, confirmer 4 h avant le passage et se conformer au planning de franchissement du détroit. Or les navires ukrainiens n’ont pas fait de demande de passage dans les temps impartis.

Les navires ukrainiens ignorent les ordres des autorités maritimes russes, et poursuivent leur route vers le détroit, franchissant la frontière maritime de la fédération de Russie à 7 h 10 du matin au point 44°52’N, 36°31’E, violant l’article 25 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer, et l’article 12 de la loi fédérale russe sur les mers intérieures, le territoire maritime et la zone adjacente de la fédération de Russie.

À 7 h 20, les bateaux de patrouille russes « Don » et « Izoumroud » prennent alors des mesures pour empêcher le passage du détroit par la force, et appellent les navires ukrainiens par radio leur intimant l’ordre de quitter immédiatement les eaux territoriales russes. Les équipages ukrainiens ignorent alors purement et simplement les ordres des autorités maritimes russes.

À 8 h 35, les navires ukrainiens sont mis en état d’alerte, leurs canons sont découverts, inclinés à 45° et pointés vers les bateaux de la fédération de Russie, en violation de l’article 19 de la convention de l’ONU sur les lois de la mer. Les Russes rappellent alors aux navires ukrainiens que la menace d’utilisation d’armes dans les eaux territoriales russes sera considérée comme une violation du droit international et des lois de la fédération de Russie.

À 10 h 35, les navires ukrainiens envoyés en renfort depuis le port de Berdiansk, informent leur quartier général que les bateaux du FSB les empêchent de rejoindre les trois autres navires de l’autre côté du détroit. De 10 h 35 à 18 h 30, les bateaux des gardes côtes russes maintiennent les navires militaires ukrainiens dans une zone au sud du détroit de Kertch.

À 18 h 30 les trois navires (« Berdiansk », « Nikopol » et « Iani Kapou ») mettent alors les gaz et tentent d’échapper aux navires russes en faisant demi-tour. Ces derniers leur intiment l’ordre de s’arrêter en vain. De 19 h à 20 h 40, le « Don » et le « Izoumroud » poursuivent les navires ukrainiens, leur envoyant signaux radio, sonores, lumineux et pyrotechniques pour qu’ils s’arrêtent. Ces ordres sont totalement ignorés par les marins ukrainiens.

À 20 h 42, après plus de 12 h de course poursuite, le « Izoumroud » avertit les navires ukrainiens qu’ils seront contraints de tirer s’ils n’obéissent pas. Devant le silence obstiné des navires ukrainiens, et en conformité avec la loi russe sur la protection des eaux territoriales de la fédération de Russie, le commandant du « Izoumroud » décide d’ouvrir le feu sur les navires ukrainiens.

À 20 h 45, le « Izoumroud » procède à un tir d’avertissement clair vers le groupe de navires ukrainiens, toujours en vain. Les navires de la marine ukrainienne continuent leur route vers les eaux territoriales russes. À 20 h 50 le « Izoumroud » prévient le « Berdiansk » que s’ils ne s’arrêtent pas conformément aux ordres des autorités maritimes russes, il leur tirera dessus pour les stopper.

Devant le silence obstiné et le refus d’obtempérer, à 20 h 55 le « Izoumroud » ouvre le feu sur le « Berdiansk » dans les eaux territoriales russes. Trois minutes plus tard, le commandant du « Berdiansk » appelle à l’aide en déclarant avoir trois blessés. À 21 h 06, le « Izoumroud » aborde le « Berdiansk », récupère l’équipage et prodigue les premiers soins aux blessés.

À 21 h 15, le Don capture le « Iani Kapou » et à 21 h 27, un hélicoptère Ka-52 de l’armée russe stoppe le « Nikopol », lui aussi dans les eaux territoriales russes. À 23 h 21, le « Don » arraisonne le « Nikopol ». Les équipages ukrainiens et leurs bateaux sont ensuite emmenés à Kertch.

Interrogatoire des marins ukrainiens

Le FSB ne s’est pas contenté de publier la chronologie complète des événements, il a aussi publié une vidéo de l’interrogatoire de trois des marins arrêtés. Et là, surprise, parmi les 24 membres d’équipage, les services de sécurité russes découvre deux agents du SBU (services de sécurité ukrainiens).

Face caméra, les trois hommes avouent avoir mené une provocation, et ignoré délibérément les ordres des autorités maritimes russes transmis par radio. Le capitaine Vladimir Lessovoï avoue qu’il savait que ce qu’ils faisaient était une provocation.

L’un des deux agents trouvés à bord du Nikopol, Andreï Drach, est un officier de la 7e direction de renseignement militaire du SBU. Il dit sans ambages, face caméra, qu’ils sont bien entrés dans les eaux territoriales russes et qu’ils ont reçu des avertissements sur le fait qu’ils violaient la loi russe et qu’ils devaient en sortir.

Voir la vidéo sous-titrée en anglais

La présence de deux agents du SBU a bien été confirmée, par nul autre que le directeur du SBU, Vassili Gritsak. Ce dernier a beau annoncer que ces officiers étaient là au titre du contre espionnage, la réalité est bien plus simple : ils étaient là pour s’assurer que les marins ukrainiens mèneraient la provocation jusqu’au bout.

Leur présence à bord montre clairement que la provocation était délibérée, et voulue par les autorités de Kiev. Un point confirmé par le FSB qui a aussi ajouté que les eaux territoriales violées étaient déjà russes même avant la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie.

« Les navires de guerre ukrainiens sont entrés dans les eaux territoriales russes sur ordre direct des autorités de Kiev. Les navires de guerre sont entrés sans autorisation dans les eaux territoriales russes qui jouissaient de ce statut avant même la réunification de la Crimée avec la Russie. La provocation a été coordonnée par deux agents des services de sécurité ukrainiens qui étaient à bord des navires ukrainiens », a déclaré le service de presse du FSB.

Conséquences de l’incident

Suite à l’article d’hier, la Rada a finalement voté la loi martiale pour 30 jours, dans les oblasts côtiers et ceux situés près de la frontière avec la Russie. Fait troublant, la version publiée au journal officiel ukrainien, mentionne 60 jours et aucune limite territoriale, déclenchant un scandale.

Le service de presse du Cabinet de Petro Porochenko a bien sûr déclaré que c’était une erreur qui allait être corrigée dans l’édition de demain et que la personne responsable serait trouvée et punie pour cette bourde.

En attendant, grâce à cette mesure, Petro Porochenko va pouvoir au mieux reporter les élections, au pire éliminer tous ces opposants sérieux.

Pendant ce temps-là l’Occident blâme la Russie et ferme les yeux sur les actions totalement illégales des marins ukrainiens, et l’ONU a totalement échoué à servir à quelque chose dans cette affaire.

Dans les années 30, les Occidentaux ont laissé faire Hitler dans l’espoir de contrer le communisme. Aujourd’hui, ils laissent faire les autorités ukrainiennes néo-nazies post-Maïdan dans l’espoir de contrer la Russie.

Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, ai-je besoin de vous dire comment tout cela va se finir ?

Christelle Néant

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Provocation ukrainienne près du détroit de Kertch – À quoi joue Kiev ?

Navires ukrainiens - Photo : FSBSuite au franchissement de la frontière maritime russe par des navires militaires ukrainiens le 25 novembre, la situation autour de la mer d’Azov a dégénéré en scandale international, dont Kiev compte se servir pour décréter la loi martiale dans le pays.

Pour comprendre ce qui se passe avec la mer d’Azov, il ne faut pas faire comme les médias et représentants occidentaux qui oublient la moitié de l’histoire qui ne les arrange pas, et reprendre tout depuis le début.

Pour rappel, la mer d’Azov borde à la fois l’Ukraine et la Russie. De ce fait, les deux États ont conclu un accord sur la façon dont la circulation dans cette mer, et dans le détroit de Kertch qui y mène, doit se faire. Jusqu’ici, et même après la réintégration de la Crimée au sein de la fédération de Russie, les choses continuaient à se passer sans accroc.

Jusqu’en mars 2018, où l’Ukraine arraisonne un bateau russe, le Nord, et arrête son équipage (qui ne sera renvoyé en Russie qu’en octobre 2018). La situation s’aggrave alors, et les deux pays en viennent à arraisonner chacun des bateaux de l’autre, et la Russie décide de fouiller les bateaux entrant en mer d’Azov.

Contrairement à ce que la propagande ukrainienne a hurlé, cette mesure ne visait pas à asphyxier les ports ukrainiens, mais à assurer la sécurité du pont de Crimée qui enjambe désormais le détroit. Comme l’ont déclaré les autorités russes, 48 % des bateaux fouillés d’avril à octobre 2018 se dirigeaient vers ou venaient de ports russes ! Ce qui prouve bien que la mesure n’est en rien discriminatoire envers les bateaux ou ports ukrainiens.

Cette mesure a bien sûr été utilisée par Kiev pour hurler une fois de plus au fait que la Russie bloquait prétendument l’accès à la mer d’Azov (d’ailleurs pour les pseudo-journalistes occidentaux qui nous ressortent la soupe du pont de Crimée qui empêcherait les gros bateaux d’entrer en mer d’Azov et fait chuter l’activité des ports ukrainiens, je les renvoie à mon article de septembre 2017 qui prouve qu’il n’en est rien).

Suite à cette escalade, l’Ukraine a commencé à parler ouvertement de mêler la communauté internationale au statut de la mer d’Azov et d’y créer une base navale à Berdiansk. Des provocations contre lesquelles Moscou a mis en garde Kiev. Peine perdue, autant parler à un sourd.

À peine trois jours après la dernière mise en garde de la Russie, l’Ukraine est donc passée à une provocation plus active. Pour ceux qui hurlent à l’agression russe contre les bateaux ukrainiens, reprenons de nouveau toute l’histoire et pas juste la fin, comme l’a fait opportunément Kurt Volker (le pyromane, oups pardon, représentant spécial américain en Ukraine).

Contrairement à ce que monsieur Volker peut pérorer sur Twitter, non la Russie n’a pas abordé des bateaux ukrainiens qui allaient pacifiquement d’un port ukrainien à un autre ! Regardons la chronologie des événements.

Le 25 novembre 2018 au matin, vers 7 h, trois navires de la marine ukrainienne venant du port d’Odessa violent la frontière maritime de la fédération de Russie au large de la Crimée. Les trois navires en question, le Berdiansk, le Nikopol et le Iany Kapou, se dirigent vers le détroit de Kertch en faisant des manœuvres dangereuses et refusent d’obéir aux ordres des autorités maritimes russes, mettant ainsi en danger tous les navires civils qui se trouvent dans cette zone.

En procédant de la sorte, les navires ukrainiens ont violé les articles 19 et 21 de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer. Et contrairement à l’incident du 22 septembre, cette fois les navires ukrainiens refusent d’appliquer la procédure ad-hoc.

Devant le danger que représentent ces trois navires militaires ukrainiens, la Russie décide alors de fermer temporairement le détroit de Kertch, en installant un tanker vide en travers du détroit, pour les empêcher d’y passer, le temps de maîtriser les bateaux récalcitrants.

Blocage du détroit de Kertch

Photo : Kertch Info

Entre temps, deux autres navires ukrainiens ont quitté le port de Berdiansk pour venir en renfort aux trois navires toujours bloqués dans la mer Noire. La situation se tend alors de plus en plus et fait craindre une escalade grave. La Russie envoie alors des hélicoptères et des Su-25 survoler la zone pendant que le FSB et les gardes côtes russes prépare l’arraisonnement des navires ukrainiens.

Les navires ukrainiens refusant d’obtempérer, les bateaux du FSB et des gardes côtes russes éperonnent un des navires et décident d’ouvrir le feu sur les moteurs pour mettre les navires à l’arrêt et pouvoir ensuite les remorquer et arrêter l’équipage. D’après le représentant de la marine ukrainienne, les bateaux ukrainiens auraient même ouvert le feu en retour.

Bien entendu la propagande ukrainienne fonctionne alors à plein régime, amplifiant et déformant tout, gonflant les chiffres des blessés (mentionnant six blessés alors qu’il n’y en a que trois) et accusant les forces russes d’avoir « ouvert le feu pour tuer ».

Ce qui est démenti par la nature même des blessures (les marins ukrainiens ont reçu des éclats et des balles au niveau des jambes et des bras lors des tirs sur les moteurs des bateaux, si le FSB avait tiré pour tuer, les blessures seraient au torse ou à la tête).

Dans le même temps, devant l’échec de la manœuvre, les deux navires partis de Berdiansk pour prêter main forte aux trois premiers navires ukrainiens ont fait demi-tour et sont rentrés à leur port de départ.

Suite à la capture des trois navires et l’arrestation des 24 marins ukrainiens qui se trouvaient à bord, la machine hystérico-politico-médiatique ukrainienne s’emballe, hurle à l’agression russe, met l’armée en état d’alerte (sans provoquer d’escalade dans le Donbass contrairement à ce que certains médias ont relayé par erreur) et le Conseil de Sécurité ukrainien propose de décréter la loi martiale, pendant que sur les plateaux télévisés comme la chaîne 112, les « experts » et autres « politologues » ukrainiens disent qu’il s’agit d’un état de guerre et qu’il faut revoir l’accord sur le statut de la mer d’Azov… Bref du grand délire à l’ukrainienne.

Et pendant que les ultra-nationalistes ukrainiens s’en prennent alors à l’ambassade russe à Kiev, l’Ukraine et la Russie en appellent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour régler le problème. Car Kiev et ses patrons occidentaux ont beau hurler à l’agression russe, les faits (lorsqu’on les prend dans leur intégralité et pas juste la moitié) disent qu’il s’agit bien d’une provocation ukrainienne, qui a viré au fiasco (voire à l’humiliation intégrale comme l’a souligné Xavier Moreau, vu que les navires ukrainiens n’ont même pas été arraisonnés par la marine russe, mais par le FSB!). Le FSB s’est d’ailleurs dit prêt à publier les preuves qu’il s’agit bien d’une provocation ukrainienne organisée de manière délibérée par Kiev.

Et c’est là que se pose la question du « pourquoi ? ». Pourquoi Kiev a-t-il envoyé ses marins au mieux à une capture certaine, au pire à une mort certaine (vu la supériorité de la marine russe par rapport à la marine ukrainienne qui tombe en lambeaux) ? Pourquoi prendre le risque d’une humiliation pareille, qui montre clairement que, contrairement à ce que Kiev affirme, les Forces Armées Ukrainiennes n’affrontent pas l’armée russe dans le Donbass ? Car si tel était le cas, l’armée ukrainienne aurait subi le même sort que ces 24 marins ukrainiens !

La réponse à ces questions est à chercher dans la réaction de Kiev à cette situation :
1) Proposer de faire voter la loi martiale,
2) Pleurer auprès de l’OTAN,
3) Pleurer auprès de l’ONU.

La raison évidente de décréter la loi martiale, qui a même sautée aux yeux des médias occidentaux comme le Welt, est de suspendre les élections présidentielles ukrainiennes qui doivent avoir lieu en mars 2019. Normalement prévue pour une durée de 60 jours, la loi martiale peut ensuite être prolongée, et pourrait donc potentiellement l’être jusqu’au mois de mars.

Pourquoi faire annuler les élections ? Parce qu’avec à peine 9 % d’intention de votes et plus de la moitié des Ukrainiens qui refuseraient de toute façon de voter pour lui, Porochenko est sûr de perdre ces élections. Et s’il perd, lui-même et un certain nombre d’officiels ukrainiens pourraient alors être jugés pour leurs crimes (crimes de guerre dans le Donbass, massacre d’Odessa, etc).

Mais ce n’est pas la seule raison. Car quand on regarde ce que permet la loi martiale ukrainienne, on voit que même si Porochenko n’arrive pas à la prolonger jusqu’en mars, il peut s’en servir pour truquer les élections en sa faveur.

Comment ? En faisant arrêter ses opposants majeurs ou interdire leur parti sous prétexte qu’ils représenteraient un « danger pour l’indépendance de l’Ukraine » ou qu’ils voudraient « changer la constitution par la force ». Mais aussi en mettant définitivement tous les médias au pas sous peine de se voir confisquer leur matériel permettant d’émettre s’ils diffusent autre chose que la « version officielle ». En clair cela permettrait au président ukrainien de changer radicalement la donne avant que l’élection ait lieu afin d’augmenter ses chances de gagner.

Devant l’évidence du but recherché par le président ukrainien, des voix discordantes ont commencé à se faire entendre même en Ukraine, et même parmi les politiciens les plus russophobes ! Résultat, le vote de la loi martiale à la Rada a dû être ajourné, après que plusieurs députés des partis d’opposition aient bloqué le podium du porte-parole du parlement et demandé à discuter en détail de ce qui s’est passé la veille près de Kertch.

Car la ficelle est tellement grosse, que la couleuvre ne passe pas, même auprès du parti du Front Populaire, pourtant loin d’être un ami de Moscou. Quant à la Plateforme d’Opposition pour la Vie, elle réclame purement et simplement la démission de Porochenko et des officiels militaires impliqués dans ce fiasco pour apaiser les tensions.

Devant la polémique, Porochenko recule, en partie, proposant de décréter la loi martiale pour 30 jours au lieu de 60, afin de prouver que cela n’a rien à voir avec les élections. Aussi crédible qu’un enfant prétendant qu’il n’a pas touché à la confiture alors qu’il en a plein la figure !

Le côté opportuniste de déclarer la loi martiale saute aux yeux quand on se demande surtout, pourquoi, s’il s’agit d’une réelle agression russe contre les navires ukrainiens, Kiev ne déclare pas carrément la guerre à la Russie ? Car si la version ukrainienne était vraie, c’est la décision que Kiev devrait prendre en toute logique.

Pourquoi l’Ukraine ne déclare-t-elle pas la guerre à la Russie ? Certains pourraient me rétorquer qu’en faisant ça Kiev serait sûre de voir son armée anéantie par l’armée russe en moins de temps qu’il n’en a fallu à l’armée Géorgienne pour se faire écraser en 2008. Ce qui n’est pas faux, et qui montre, comme expliqué plus haut, que l’Ukraine n’est en réalité pas en guerre contre la Russie depuis 2014, contrairement à ce que Kiev affirme. Mais peut-être que les autorités ukrainiennes croient que l’OTAN les protégerait de la Russie, surtout si Kiev joue bien les victimes.

Non, la raison réelle est toujours la même : ne pas perdre l’argent du FMI. Si l’Ukraine entre en guerre ouverte contre la Russie, finie l’aide de l’institution internationale, et Kiev peut dès lors directement se déclarer en faillite. Aussi simple que cela.

Concernant les autres réactions de Kiev, cette provocation pourrait servir de prétexte à l’OTAN pour renforcer sa présence en mer Noire, prétendument pour protéger l’Ukraine contre la méchante Russie, faisant encore grimper les tensions dans la région. Les États-Unis ont d’ailleurs immédiatement exprimé leur soutien à l’Ukraine, montrant bien que Kiev a agi avec l’accord de ses patrons de Washington !

Et pour ce qui est de l’ONU, la réunion en urgence du Conseil de Sécurité a tourné au fiasco, les pays occidentaux et l’Ukraine ayant voté contre l’agenda proposé par la Russie pour les discussions.

Si on reprend l’ensemble des faits, on se rend compte que cette provocation avait de multiples buts :
1) Décréter la loi martiale pour que Porochenko garde son poste et sa tête, et que lui-même et plusieurs officiels ukrainiens ne finissent pas sur les bancs d’un tribunal pour leurs crimes.
2) Rajouter une pierre supplémentaire à l’édifice propagandiste de la « Russie pays agresseur » en Ukraine comme en Occident, en ne montrant que les faits qui présentent l’Ukraine comme la victime de l’agressivité russe, et en omettant tout ce qui pourrait montrer au public occidental que Kiev est responsable de la réponse russe. Le but final est de préparer les populations occidentales à une guerre contre la Russie, en la faisant passer pour le méchant de l’histoire.
3) Justifier une présence renforcée de l’OTAN et des États-Unis en mer Noire, afin de faire grimper les tensions dans cette zone jusqu’à provoquer le conflit dont Washington a désespérément besoin (pour comprendre le pourquoi du comment et à quel point tout cela est dangereux, je vous renvoie à cet excellent article du Saker).

Cette provocation n’est pas qu’une affaire interne à l’Ukraine comme le pensent certains. Il s’agit d’une manœuvre à tiroirs qui a des implications aussi bien locales que globales. Après le bombardement chimique d’Alep par les terroristes installés à Idlib, cette provocation est un coup supplémentaire de Washington pour contrecarrer les tentatives désespérées de Vladimir Poutine d’empêcher une conflagration entre les États-Unis et la Russie.

Les États-Unis ont besoin d’une guerre, car ils croient que cela va résoudre leurs problèmes tant économiques que géostratégiques, et empêchera la perte de leur hégémonie mondiale, quitte à sacrifier l’Ukraine et l’Europe sur l’autel de leurs intérêts propres, et sans comprendre qu’ils risquent leur propre destruction à ce jeu dangereux.

La réponse de la Russie à cette provocation, a elle aussi plusieurs raisons. Après des heures de tentatives de résoudre pacifiquement la crise en discutant avec les équipages ukrainiens, la Russie, en tirant sur les navires avant de les capturer, s’est résolue à envoyer un message clair : nous voulons la paix, mais si vous voulez absolument la guerre vous allez l’avoir et cela va vous faire très mal.

Comme le Saker, je crains malheureusement que la Russie ne parle à des sourds qui se croient invincibles, et que la trajectoire de collision entamée depuis des années entre Washington et Moscou ne puisse plus être déviée.

Si l’Occident ne change pas rapidement d’attitude, il goûtera à la même humiliation et destruction que celle de la marine ukrainienne, qui vient de perdre le peu de bateaux encore fonctionnels qu’elle possédait, et de montrer qu’elle est une armée en papier mâché, bien loin des panégyriques qu’en fait le président ukrainien.

Christelle Néant

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