Porochenko exige que les hiérarques de l’UOC-MP quittent l’Ukraine

L'UOC-MP en dangerDans une diatribe qui tient plus de la folie que du discours d’un dirigeant sensé, le président ukrainien a qualifié les représentants de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP) de représentants de l’Église orthodoxe de Russie, et a exigé qu’ils quittent le territoire ukrainien.

Ce discours a été prononcé par Petro Porochenko lors d’une conférence internationale.

« L’Église orthodoxe de Russie est un élément du système politique russe. Qui l’a dit ? Poutine. Il a déclaré que la Russie repose sur deux piliers : l’Église orthodoxe russe et les armes nucléaires. », a déclaré le président ukrainien.

Fait marquant, au lieu d’utiliser l’adjectif « русская» pour qualifier l’Église orthodoxe de « russe », Porochenko a utilisé en début de phrase l’adjectif « российская » qui s’utilise pour qualifier ce qui a trait à l’État russe (par exemple la fédération de Russie se dit Российская Федерация). D’où le fait que je l’ai traduit par « de Russie » plutôt que par « russe ». Par contre quand il cite Poutine, il utilise bien l’adjectif « русская» pour qualifier l’Église orthodoxe (pour la cohérence des propos on repassera).

Porochenko s’est ensuite lancé dans une diatribe contre l’Église orthodoxe russe qui serait selon lui, présente en Ukraine.

« Est-il normal que le Kremlin réunisse en urgence le Conseil de Sécurité russe sous la direction de Poutine avec comme question à son agenda – comment protéger l’Église orthodoxe russe en Ukraine ? Mes chers, vous n’avez rien à faire ici. Rien à faire avec votre Église, rien à faire avec vos forces armées, rien à faire avec vos armes. Rentrez chez vous en Russie, » a conclu le président ukrainien.

Je passerai sur la divagation concernant la présence de l’armée russe en Ukraine, qui tient du délire paranoïaque psychotique, et qui n’a rien à voir avec les faits réels, pour aller directement à la partie qui concerne l’Église orthodoxe.

Comme l’a très bien répondu l’Église orthodoxe russe elle-même, cette déclaration est du délire, car il n’y a pas d’Église orthodoxe de Russie en Ukraine. Il y a une Église orthodoxe ukrainienne, qui dépend du Patriarcat de Moscou, mais qui dispose d’une très large autonomie.

« En Ukraine, il n’y a pas de représentants de « l’Église orthodoxe de Russie », en fait, d’après les diptyques du monde orthodoxe, cette organisation orthodoxe est totalement inconnue. L’Église orthodoxe ukrainienne ne représente personne d’autre que le peuple ukrainien, qui soutient, dans sa grande majorité, l’Église et son Primat » a déclaré l’Église orthodoxe russe à l’agence RIA Novosti.

De plus, lorsque la Russie a déclaré vouloir défendre l’Église orthodoxe canonique en Ukraine, elle avait été très claire sur le fait que cela se ferait par la diplomatie et les moyens politiques. La Russie n’a jamais menacé de déclencher une guerre pour régler le problème !!!

Rajoutons à cela que le Métropolite Onuphre, comme le reste de son clergé, est né en Ukraine. Et qu’il n’a donc aucune raison de quitter ce qui est son pays natal !

Alors à quoi rime cette énième crise d’hystérie de Porochenko ? Pourquoi désigner le Métropolite Onuphre et ses hiérarques comme des représentants de l’Église orthodoxe de Russie qu’ils ne sont pas ?

Comme l’a très bien analysé Karine Béchet-Golovko, il s’agit de présenter les hiérarques de l’UOC-MP comme des agents de Moscou pour justifier les futures persécutions à leur encontre. Pas seulement comme des agents russes, non comme des agents de l’État russe ! D’où l’utilisation du qualificatif « российская », pour bien marquer que l’UOC-MP n’est pas seulement liée à la Russie, mais à l’État russe, et donc au Kremlin !

Mais pourquoi les persécuter ? Parce qu’ils refusent de se plier aux injonctions des autorités ukrainiennes de faire partie de la mascarade pour l’octroi de l’autocéphalie.

Car l’accord signé en grande pompe par Porochenko et le Patriarche de Constantinople Bartholomée contient une clause qui va faire tout capoter si l’UOC-MP ne joue pas le jeu. Une clause que Porochenko n’a pas mise en avant (et on va comprendre pourquoi) quand il s’est vanté d’avoir signé cet accord avec Constantinople, mais qui est d’une importance cardinale.

Cette clause indique que l’autocéphalie ne pourra être accordée qu’une fois la réunification de toutes les Églises orthodoxes ukrainiennes accomplie, et qu’un Primat aura été élu à la tête de cette Église unifiée !

Et c’est là que le joli plan de Porochenko d’obtenir l’autocéphalie avant la fin de l’année se casse la figure sur la réalité. Car Porochenko a eu beau clamer à tour de bras lors de la signature de cet accord que l’autocéphalie était le souhait des Ukrainiens et même d’une partie du clergé de l’UOC-MP, en réalité il n’en est rien !

Votant les uns après les autres, les différents diocèses de l’UOC-MP, dont Odessa, Kharkov, Rovno, Kherson, Zaporojié, Dnipropetrovsk, Kirovograd, et d’autres, ont clairement soutenu en masse le Métropolite Onuphre et son refus de demander l’autocéphalie.

Malgré les menaces de violences, et les tentatives de les amadouer en leur promettant monts et merveilles, les autorités ukrainiennes n’ont pas réussi à briser l’unité de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou.

[Note : Par contre, les actes anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople commencent à avoir des effets sur sa propre Église. Ainsi, le frère Mark Tyson, recteur de la Dormition de la Mère de Dieu de l’Église orthodoxe de Bluefield qui dépendait du Patriarcat de Constantinople, a annoncé quitter ce dernier pour se rattacher au Patriarcat de Moscou.]

Preuve du climat délétère dans lequel ces votes ont eu lieu, à Dnipropetrovsk, celui-ci a eu lieu sous surveillance de la police et du SBU, pour empêcher l’éclatement d’un conflit religieux.

Or si l’UOC-MP ne participe pas à la réunification, alors l’autocéphalie ne peut être accordée. Et comme l’a souligné Karine Béchet-Golovko, la tentation devient alors grande pour Kiev d’éliminer physiquement ceux qu’elle ne peut pas faire plier à ses desiderata.

Quoi de mieux alors que de désigner le Métropolite Onuphre et ses hiérarques comme des agents du Kremlin. Plusieurs sont déjà sur le site Mirotvorets (qui liste les « ennemis de l’Ukraine » et où plusieurs dissidents ont vu leurs données personnelles publiées avant d’être assassinés), et cette déclaration de Porochenko peut être vue comme un feu vert accordé à tous les néo-nazis du pays de faire ce que le président ukrainien ne peut pas faire lui-même de manière officielle : supprimer la variable qui pose problème dans l’équation en éliminant le Primat et les hiérarques de l’UOC-MP.

Et pour ceux qui croient que mes paroles sont exagérées, il suffit de voir le joli « lapsus » révélateur qu’a fait un des archevêques de Constantinople, Job de Telmessos, à propos de l’UOC-MP, suite au processus engagé par le Patriarcat Œcuménique. Dans cette interview à la BBC, ce monsieur prend ses désirs pour la réalité, et montre bien le niveau de « respect » que le Patriarcat de Constantinople a pour l’Église orthodoxe ukrainienne canonique…

« Du point de vue canonique […] aujourd’hui en Ukraine, l’UOC-MP n’existe plus. Tous les évêques d’Ukraine sont maintenant évêques de facto du trône œcuménique et ils doivent maintenant attendre la directive du Patriarcat œcuménique sur leur fonctionnement ultérieur, » a-t-il déclaré.

Pour cet archevêque, la décision du Synode du patriarcat de Constantinople a « aboli la juridiction de l’Église russe sur la hiérarchie ukrainienne, de sorte que tous les évêques orthodoxes d’Ukraine sont désormais considérés comme ministres du trône œcuménique, quelles que soient les trois églises (le Patriarcat de Moscou, le Patriarcat non reconnu de Kiev et l’Église autocéphale d’Ukraine), où ils officiaient auparavant ».

Inutile de dire que ces propos sont du délire total. Constantinople n’ayant en aucun cas le droit d’abolir la juridiction de l’Église russe où que ce soit. Mais ces propos montrent bien que Bartholomée se prend pour le pape orthodoxe qu’il n’est pas, et que Constantinople aimerait bien se débarrasser de l’épine que constitue l’existence même de l’UOC-MP en Ukraine.

Et pendant que le président ukrainien jette de l’huile sur le feu, les paroisses de l’UOC-MP s’organisent pour faire face aux tentatives de prise de contrôle violente de leurs églises par des groupuscules ultra-nationalistes ou néo-nazis ukrainiens. Des groupes d’hommes se relayent ainsi pour protéger certaines églises, qui ont déjà vu plusieurs tentatives de prise de contrôle de force. Parfois ce sont des groupes de sécurité, parfois même la police qui jouent ce rôle de protection pour les sites les plus importants comme le monastère de Pechersk à Kiev.

Et pour ceux qui se disent que le refus de l’UOC-MP ne repose que sur des motifs politiques ou futiles, je vous encourage à aller lire cet article, sur la fresque ouvertement néo-nazie que Philarète (le « Patriarche » de l’Église orthodoxe ukrainienne schismatique, l’UOC-KP) a bénie. Ensuite allez lire une interview du Métropolite Onuphre, et vous verrez le gouffre intersidéral qu’il y a entre les deux Primats.

Allez aussi regarder cette très bonne vidéo traduite en français et sous-titrée par Laurence Guillon (activez les sous-titres)

Si le Métropolite Onuphre est un véritable chef spirituel, Philarète montre chaque jour qu’il n’est qu’un politicien paré des attributs vestimentaires du clergé. C’est là le gouffre infranchissable qui sépare les Églises orthodoxes ukrainiennes. Alors que l’UOC-MP s’occupe du salut des âmes, l’UOC-KP s’occupe de bénir des néo-nazis et leurs « oeuvres » (qu’elles soient guerrières, génocidaires ou artistiques).

Et avec le signal que Porochenko a adressé aux ouailles de l’UOC-KP, le risque qu’éclate une guerre de religion en Ukraine n’a fait que grimper d’un cran.

Christelle Néant

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Les autorités ukrainiennes frappées par les sanctions russes

UkraineAprès plusieurs jours de suspense, le gouvernement de la fédération de Russie a finalement publié la liste complète des personnes et entités juridiques ukrainiennes touchées par les sanctions russes.

Au total, ce sont 322 citoyens ukrainiens et 68 sociétés qui sont frappés par ces contre-mesures prises en réponse aux nombreuses sanctions et actions inamicales de l’Ukraine contre la Russie. Ces sanctions incluent le gel des avoirs (y compris non monétaires) et l’impossibilité de transférer les fonds hors de Russie.

Les autorités russes ont rappelé que ces contre-mesures pourraient être levées si l’Ukraine annule ses sanctions contre les citoyens et sociétés russes.

La liste des personnes touchées inclut :
– le fils du président ukrainien, Alexeï Porochenko,
– le ministre de l’Intérieur, Arsène Avakov,
– le ministre des Infrastructures, Vladimir Omelian,
– la ministre de la Santé, Ouliana Souproun,
– le ministre de la Défense, Stepan Poltorak,
– le chef du Conseil National de Sécurité, et ex-Président ukrainien par intérim, Oleksandr Tourtchynov,
– le chef de l’État-major des Forces Armées Ukrainiennes, Viktor Moujenko,
– le chef adjoint de l’administration présidentielle, Konstantin Yelisseyev,
– le président de la Rada, Andry Parouby,
– la vice-présidente de la Rada, Irina Guerachtchenko,
– plusieurs députés ukrainiens actuellement en poste, dont Ioulia Tymochenko, Boris Tarassiouk, Andriy Biletsky, Anton Guerachtchenko, Igor Mossiytchouk, Andriy Teterouk, et Dmytro Iaroch,
– le néo-nazi et chef du parti Svoboda Oleh Tyahnybok,
– l’ultra-nationaliste ukrainienne, Irina Farion,
– le chef du SBU (services secrets ukrainiens), Vassili Gritsak, et son adjoint, Dmitry Tymtchouk,
– l’ex-Premier ministre Arseni Iatseniouk,
– le procureur général ukrainien, Iouri Loutsenko,
– le directeur général de Naftogaz, Andreï Kobolev,

Ces sanctions touchent aussi des juges de la cour constitutionnelle ukrainienne, des hommes d’affaires ukrainiens importants, des officiels de l’administration présidentielle ukrainienne, ainsi que plusieurs directeurs de grandes compagnies ukrainiennes et de sociétés contrôlées par le gouvernement ukrainien.

Concernant les 68 sociétés impactées par ces sanctions, la plupart sont dans l’industrie chimique et minière, comme Azot, Dniproazot, Ukrhimenergo, Glikohim, etc.

Le gouvernement russe a aussi pris un certain nombre de mesures pour éviter que ces sanctions n’impactent négativement l’économie de la fédération de Russie.

« Le ministère de l’Industrie et du commerce et le ministère du Développement économique de la fédération de Russie devront assurer un équilibre sur les marchés des produits de base et prévenir tout impact négatif des mesures économiques spéciales sur les activités des entreprises russes », a indiqué le gouvernement russe dans sa résolution.

Selon la déclaration, le gouvernement russe pourrait délivrer des permis temporaires pour autoriser certaines opérations des entreprises soumises aux sanctions.

Ces contre-mesures, bien que relativement étendues en termes de nombre de personnes concernées, reste limitées si on compare avec les sanctions prises par l’Ukraine contre la Russie depuis 2014 (plus de 1 200 personnes et près de 500 entreprises, organisations, et partis politiques).

Les personnes visées par les sanctions russes, sont principalement les plus russophobes. Celles qui ont lancé la guerre civile ou appellent au nettoyage ethnique dans le Donbass, celles qui appellent à la guerre contre la Russie, ou celles et ceux qui appellent à prendre toujours plus de sanctions contre le pays voisin.

De plus cette liste n’est pas figée pour toujours. Comme l’a indiqué hier le gouvernement russe, cette liste pourrait s’allonger, et les sanctions russes toucher plus de personnes et de sociétés ukrainiennes, si nécessaire.

« Il est important de comprendre que ces mesures ne sont pas définitives. Comme toute liste, elle peut être étendue ou réduite, voire supprimée de l’ordre du jour. Tout dépendra de la stratégie à venir des dirigeants ukrainiens », a déclaré le gouvernement russe.

Après des années d’une patience angélique, l’ours russe a décidé de commencer à sortir les griffes. Et il vaudrait mieux pour les autorités ukrainiennes qu’elles comprennent l’avertissement qui leur est ainsi adressé.

Faute de quoi, Moscou pourrait bien s’engager dans une escalade de sanctions et de contre-mesures envers l’Ukraine, comme cette dernière l’a fait contre la Russie depuis le Maïdan.

Christelle Néant

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Jeu des sanctions – La Russie prépare sa réponse à l’Ukraine

Ours russeDepuis le Maïdan, les provocations et sanctions de Kiev contre la Russie se sont multipliées, avec le plus souvent pour seule réponse de la part de Moscou une désapprobation médiatique et des appels à la raison. Ces réponses ont été jugées par beaucoup comme trop molles.

Politiciens et analystes russes et étrangers ont souvent reproché à Moscou d’être trop gentille et trop patiente envers Kiev. Une gentillesse et une patience que l’Ukraine et l’Occident ont pris pour de la faiblesse. À tort.

Rester calme et patient face à un adversaire hystérique et impatient est une très bonne tactique. Moscou a laissé l’Occident et l’Ukraine aller un pas trop loin, franchir la ligne rouge, qui va lui permettre de rendre coup pour coup sans remords.

Comme je le soupçonnais au moment où le ministère russe de la Défense a fourni les preuves que le missile BUK présenté par le JIT dans le cadre de l’enquête sur le MH17 était ukrainien, en brisant le traité d’amitié avec la Russie, l’Ukraine a autorisé Moscou à enlever les gants avant de frapper désormais.

Et Moscou semble avoir décidé de saisir cette opportunité. Après un premier coup concernant le MH17 qui a mis le JIT et les occidentaux groggy, et l’Ukraine en mauvaise posture, la Russie a décidé de frapper directement Kiev.

Pour cela, Vladimir Poutine, président de la fédération de Russie a signé hier, 22 octobre, un décret demandant au gouvernement russe de dresser une liste de personnes morales et d’individus qui seront visés par des mesures économiques spéciales, qui doivent elles aussi être précisées.

Si l’étendue des futures sanctions et des personnes et entités qu’elle concernera n’est pas encore connue dans le détail, il est clair que ces dernières vont porter un coup sévère à Kiev, et surtout aux actuelles autorités ukrainiennes.

Le décret, publié sur le site du Kremlin, stipule que ces sanctions sont prises « en réponse des actions inamicales de l’Ukraine qui contreviennent au droit international, et consistent à imposer des mesures restrictives sur les citoyens et personnes morales de la fédération de Russie ».

Certains pourraient se demander, pourquoi en venir à de telles contre-mesures seulement maintenant. Franz Klintsevitch, membre du comité de la Défense du Conseil Fédéral, n’exclut pas que ces contre-sanctions soient prises suite à la décision de Kiev de vendre aux enchères le bateau russe Nord qu’il a illégalement arraisonné.

« Je n’exclus pas que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est la détention illégale et la vente aux enchères du navire russe Nord. Je n’ai aucun doute que la réponse russe aux actions hostiles de la partie ukrainienne, qui se répètent depuis plusieurs années, ne sera pas formelle », a déclaré Klintsevitch.

Selon le sénateur, les mesures économiques, qui vont être mises en place par le gouvernement de la fédération de Russie, « vont créer de sérieux problèmes pour les personnes physiques et morales » en Ukraine.

« Ce décret recommande directement à Kiev de cesser de jouer au jeu des sanctions », a conclu Franz Klintsevitch.

Dans la foulée, à la fois le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, mais aussi le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, ont tenu à rappeler que l’Ukraine reste un pays ami pour la Russie et que ces sanctions ne vont pas frapper les citoyens ukrainiens ordinaires.

« Les sanctions sont imposées aux personnes qui portent atteinte aux intérêts de la fédération de Russie. Ni le décret [signé par Vladimir Poutine] ni le décret du gouvernement ne s’appliqueront aux Ukrainiens en général, ce serait absolument inacceptable », a déclaré Medvedev.

« Au contraire, nous avons des sentiments très amicaux envers le peuple ukrainien. Mais certains de leurs citoyens nuisent aux intérêts de la Russie en prenant des mesures visant à causer des dommages à notre pays. Nos résolutions [du gouvernement russe] s’appliqueront à ces personnes en particulier », a ajouté le Premier Ministre russe.

Comme l’a indiqué Dmitri Peskov, la Russie fait une distinction claire entre les citoyens ukrainiens ordinaires, et leurs dirigeants ainsi que les ultra-nationalistes qui ont entraîné leur pays vers la ruine.

« Le peuple ukrainien a été et restera un pays ami de la Russie, à l’exception de quelques pauvres représentants de cette nation, qui sont embourbés dans des attitudes nationalistes et ultra-nationalistes, » a souligné le porte-parole du Kremlin.

Il a également rappelé les déclarations de Vladimir Poutine selon lesquelles il ne considère pas les citoyens ukrainiens comme des adversaires et que ces derniers « souffrent à cause de la politique menée par leurs dirigeants ».

Le Premier ministre russe a précisé aujourd’hui quels types de mesures allaient être prises contre les personnes et entités visées par le décret présidentiel.

« De quoi s’agit-il ? Il s’agit tout d’abord du gel de leurs avoirs, qui se trouvent sur le territoire de la fédération de Russie, c’est-à-dire de l’interdiction d’y toucher. Deuxièmement, l’interdiction des transferts des fonds qui sont situés sur le territoire de la fédération de Russie, interdisant ainsi la fuite des capitaux » a déclaré Dmitri Medvedev, ajoutant qu’il a l’intention de signer le décret sur les sanctions dans un proche avenir.

Selon lui, ces sanctions toucheront un grand nombre de personnes en Ukraine. « Il y aura beaucoup de gens assez connus », a déclaré le Premier ministre.

« Si nous parlons d’individus, alors, selon toute vraisemblance, cela concernera des centaines de personnes qui ont causé du tort à notre pays par leurs actions. Il y aura des hommes d’affaires et d’autres personnes, c’est à la discrétion de la partie russe, c’est-à-dire, selon ces propositions que le gouvernement élabore », a précisé Dmitri Medvedev.

« Naturellement, la liste comprend également des sociétés ukrainiennes, c’est-à-dire des personnes morales enregistrées sur base des lois ukrainiennes, qui sont d’une certaine façon contrôlées par ces citoyens auxquels ces sanctions seront imposées. Quant aux personnes physiques et morales, ces listes sont en cours d’élaboration », a ajouté le Premier ministre russe.

Néanmoins, ces sanctions vont avoir un impact significatif sur l’économie ukrainienne, puisque d’après le Premier ministre russe, elles pourraient concerner un certain nombre de produits que l’Ukraine exporte vers la Russie.

« Il s’agit d’interdire certaines catégories de biens produits en Ukraine qui sont exportés vers la Russie », a déclaré Dmitri Medvedev.

« Nos collègues ukrainiens n’insistent pas particulièrement sur ce point, mais le chiffre d’affaires de l’Ukraine avec la Russie est très important, nous parlons de milliards de roubles », a rappelé le Premier ministre russe.

Car en dépit de toutes les mesures prises par Kiev contre Moscou, la Russie reste un important partenaire commercial extérieur de l’Ukraine. Dmitri Medvedev a ajouté que Moscou tiendra compte de cette circonstance lorsqu’elle prendra ces mesures de rétorsion contre Kiev.

Quoi qu’il en soit, cette décision est une très mauvaise nouvelle pour l’Ukraine, qui va perdre l’an prochain la manne du transit de gaz russe vers l’Europe (environ 3 milliards de dollars par an), qui doit rembourser un grand nombre de dettes d’ici 2020, et qui doit toujours plusieurs milliards de dollars à la Russie.

Les 3,9 milliards de dollars que le FMI est prêt à débloquer une fois le budget ukrainien de 2019 voté ne suffiront pas à empêcher la descente aux enfers économique de Kiev. Car ces fonds ne seront débloqués qu’en contrepartie d’une hausse faramineuse des prix du gaz pour les habitants.

La hausse déjà validée de 23,5 % du prix du gaz dès le 1er novembre ne suffira pas à satisfaire le FMI, qui a demandé une hausse de 60 % ! Une hausse qui va devenir ingérable pour les ménages ukrainiens, dont plus des deux tiers n’arrivent déjà pas à payer la totalité de leurs factures.

Les autorités ukrainiennes post-Maïdan sont en train de suicider leur pays et leur peuple à petit feu en creusant de plus en plus le fossé de la dette, avec l’aide du FMI. Les mesures prônées par le FMI ne permettront jamais à l’Ukraine de se relever (bien au contraire, comme à chaque fois que cette institution entre en jeu, l’économie du pays concerné plonge sous les mesures destructrices imposées par le fonds), et la dette du pays va continuer à grandir jusqu’au défaut de paiement ou à l’effondrement total du pays.

Quand on voit l’état de l’Ukraine et l’avenir qui se dessine pour le pays, on comprend mieux pourquoi Victor Ianoukovitch avait repoussé la proposition d’association avec l’UE et avait jugé plus favorable la proposition russe (qui mettait 15 milliards de dollars sur la table et qui permettait à l’Ukraine de développer encore plus ses affaires avec son principal partenaire commercial). Cette décision n’était en rien pro-russe, elle était simplement pragmatique !!!

La politique hystérique et russophobe des autorités ukrainiennes post-Maïdan va à l’encontre du bon sens, et mène l’Ukraine dans le mur. À la fin ce sont les citoyens ukrainiens ordinaires qui payent et vont payer les pots-cassés de cette politique russophobe dictée par Washington.

Voilà ce qui arrive quand on laisse un autre pays dicter votre politique étrangère et intérieure. Car les autorités de Kiev peuvent bien claironner que l’Ukraine est indépendante, elle ne l’est que sur le papier.

En rompant de plus en plus ses liens avec son principal partenaire historique et commercial, l’Ukraine est en train de plonger plus profondément dans le gouffre de la dette, mettant de facto en esclavage l’ensemble de sa population, qui va devoir rembourser ad vitam æternam les conséquences de la folie de quelques-uns.

Christelle Néant

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Métropolite Hilarion : Constantinople n’est plus le chef de l’orthodoxie

Métropolite HilarionLe Synode de l’Église orthodoxe russe (ROC), en réponse aux actions de l’Église orthodoxe de Constantinople et de son Primat, le Patriarche Bartholomée, d’accorder l’autocéphalie aux structures des Églises schismatiques d’Ukraine, a décidé, lors d’une réunion à Minsk le 15 octobre, de rompre toutes relations avec Constantinople.

Le métropolite Hilarion de Volokolamsk, chef du Département des relations extérieures de l’Église, a récemment discuté de ce problème avec le Pape François à huis clos. Dans une interview accordée à l’agence TASS, le Métropolite Hilarion a expliqué comment cette décision affectera les croyants en Russie, ce qu’il faut faire pour les pèlerins qui souhaitent visiter Athos et pourquoi le Patriarche Bartholomée n’est plus considéré comme le chef de l’Orthodoxie mondiale.

Monseigneur, l’autre jour, le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe a décidé de cesser la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople. Comment cette décision affectera-t-elle la vie de l’Église dans notre pays et le sort de l’orthodoxie mondiale dans son ensemble ?

Cette décision n’a pratiquement aucun effet sur la vie quotidienne des paroissiens des temples en Russie : les offices ont lieu, les gens se confessent et reçoivent la communion, ils vivent la vie paroissiale dans toute sa plénitude.

Quant à la situation de l’orthodoxie mondiale, l’action du Patriarcat de Constantinople, qui a reconnu les schismatiques en Ukraine, a envahi le territoire canonique d’autrui et a déclaré son droit d’annuler les décisions des autres Églises, a complètement changé le schéma d’interaction qui s’est développé au XXe siècle. Le Patriarche de Constantinople, qui s’est positionné comme coordinateur de l’activité pan-orthodoxe, pour des raisons évidentes, ne peut plus être un tel coordinateur. Il s’est lui-même auto-détruit comme centre de coordination des Églises canoniques, en faisant un choix en faveur des schismatiques et s’y associant pleinement.

Des réponses alternatives aux décisions non canoniques de Constantinople ont-elles été envisagées ?

Je voudrais attirer votre attention sur le fait que, bien que Constantinople ait effectué depuis longtemps des démarches inamicales envers le Patriarcat de Moscou, auxquelles nous avons dû réagir, nous avons laissé à chaque étape à nos partenaires la possibilité de réfléchir et de revenir sur leurs décisions. Cependant, les décisions du Synode du Patriarcat de Constantinople publiées le 11 octobre, qui a « aboli » la décision prise il y a plus de 300 ans de transférer la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou, qui a accepté en son sein les dirigeants schismatiques ukrainiens et parlé de la volonté de réaliser le projet « d’Église autocéphale ukrainienne » ne nous laisse malheureusement aucun argument contre la rupture.

Est-il correct de parler d’une nouvelle division au sein de l’orthodoxie mondiale dans le contexte des événements récents ?

Il y a près de mille ans, les revendications infondées d’un des Primats pour l’autorité unique dans l’Église avaient déjà conduit à un schisme à grande échelle. Le Patriarche de Constantinople s’est maintenant engagé sur cette voie dangereuse. Et maintenant, avec amertume, nous devons affirmer l’existence d’une division qui ne permet pas de parler des 300 millions d’orthodoxes comme d’un tout. Le Patriarcat de Constantinople, reconnaissant les schismatiques et entrant en communion avec eux, est tombé lui-même dans le schisme.

De plus, les projets annoncés pour « l’octroi de l’autocéphalie » ne signifient rien de plus que la création d’une structure parallèle en Ukraine à partir des schismatiques, en contournant l’Église canonique déjà existante, ce qui est expressément interdit par les canons sacrés – les lois sur lesquelles la vie ecclésiastique est construite. Cette décision, prise à l’encontre de l’opinion du Patriarcat de Moscou, tout en ignorant les appels lancés par d’autres Églises locales pour discuter de manière conciliante des problèmes existants, aura des conséquences négatives de grande ampleur. Le 15 août, le Synode de l’Église orthodoxe russe a appelé les Primats et les saints synodes des Églises orthodoxes locales à évaluer correctement les actes anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople et à « trouver ensemble les moyens de sortir de la crise la plus dure qui déchire le corps de la Sainte Église universelle et apostolique unie ».

La résolution du Phanar d’annuler la décision de 1686 sur le transfert de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou a suscité une vive controverse. Dans quelle mesure cette décision correspond-elle à la vérité historique ?

Imaginez que vous avez une maison dans laquelle vos ancêtres ont vécu pendant trois cents ans, et maintenant vous y vivez et vos enfants y vivent. C’est votre propriété familiale, mais il y a trois cents ans, elle a été cédée à votre famille par une autre famille. Et maintenant, un descendant de ces donateurs est annoncé et dit que ce n’était pas un cadeau, mais que cette maison avec le terrain a simplement été louée à votre famille. Peu importe que la maison était trois fois plus petite à l’époque, le territoire de la parcelle adjacente a depuis grandi cinq fois, plusieurs générations de vos ancêtres y ont vécu, suivi cette parcelle, l’ont cultivée. Maintenant, l’autre propriétaire se présente, raye toute l’histoire et vous offre, à vous et à vos enfants, de déménager. Qu’est-ce que c’est, sinon du non-droit et un vol ? Reconnaissez-vous ce genre d’affirmation comme légitime ?

La Déclaration du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe, adoptée le 15 octobre, détaille ce sujet et souligne la nullité canonique de la décision de « révoquer » le document de 1686 signé par le Patriarche Constantinople Dionysios IV et le Synode de l’Église Constantinople, qui confirme le rattachement de la Métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou.

Les canons de l’Église orthodoxe ne permettent pas de réviser les frontières établies et incontestées de l’Église. Pourquoi, pendant plus de 300 ans, Constantinople n’a pas remis en question cette décision, et maintenant, dans des conditions politiques aussi ambiguës, elle a soudainement décidé de mettre sous son contrôle les orthodoxes d’Ukraine, y compris les régions qui n’appartenaient pas à la métropole de Kiev il y a trois siècles ? Après tout, la métropole de Kiev étendait alors sa responsabilité pastorale à un territoire beaucoup plus petit que les limites actuelles de l’Église orthodoxe ukrainienne. Mais Constantinople préfère ignorer l’histoire et l’évolution de la vie de l’Église pendant un temps très significatif et ne pas prêter attention à l’opinion de l’Église canonique ukrainienne, de son Primat, le Très Saint Métropolite Onufre et de ses hiérarques.

Permettez-moi de vous rappeler une fois de plus que dans la Charte synodale de 1686 et les autres documents qui l’accompagnent, rien n’est dit sur le caractère temporaire du transfert de la métropole de Kiev au Patriarcat de Moscou, ni sur la possibilité d’abroger cet acte. En outre, il ne faut pas oublier que la décision de 1686 n’a pas été prise à partir de zéro : c’était la fin d’une période de séparation forcée de deux cents ans dans la longue histoire de l’Église russe, qui, malgré l’évolution des circonstances politiques, s’est toujours reconnue comme unie. C’est pourquoi notre Synode a affirmé dans sa déclaration : « L’acte actuel du Patriarcat de Constantinople est une tentative de voler quelque chose qui ne lui a jamais appartenu. »

La question est pertinente pour beaucoup de croyants russes. La décision d’arrêter la communion eucharistique avec Constantinople signifie-t-elle une interdiction de visiter les églises du Patriarcat de Constantinople, en particulier Athos, qui est très populaire parmi nos pèlerins ? Nos pèlerins peuvent-ils allumer des bougies dans les temples d’Athos ?

Ceux qui le souhaitent peuvent aller à la Montagne Sainte, visiter les monastères d’Athos. Mais les croyants de l’Église orthodoxe russe ne devraient pas participer aux sacrements – se confesser et communier – puisque la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople, dont la juridiction inclut les monastères du mont Athos, est rompue par ses actions peu canoniques et qui sont franchement du vol.

En même temps, je veux rappeler aux croyants : vous pouvez prier Dieu et sauver votre âme pas uniquement sur le Mont Athos. « Le salut ne vient pas d’un seul endroit », disait saint Théophane le Reclus. Peut-être, les circonstances encourageront-elles certaines personnes à faire un pèlerinage dans le Nord d’Athos – dans le monastère de Valaam ou de Solovetsky, dans d’autres sanctuaires de notre pays, à se familiariser avec la tradition monastique russe, à participer à la liturgie, à se confesser et participer aux mystères du Christ dans ces temples et ces monastères.

Comment l’Église russe envisage-t-elle de résoudre le problème de la prise en charge des compatriotes par l’Église sur le territoire du Patriarcat de Constantinople ?

Nos croyants vivant hors du territoire canonique de l’Église orthodoxe russe ont visité les paroisses du Patriarcat de Constantinople presque partout dans le monde. Mais la plupart des pays ont des temples et d’autres églises locales, donc ils ont une alternative. La situation est plus difficile pour nos compatriotes en Turquie et dans les îles de Rhodes, de Crète et d’autres îles grecques du Dodécanèse administrées par Constantinople dans la mer Égée. Après que le Patriarcat de Constantinople eut rejoint les schismatiques et se trouva ainsi lui-même dans le schisme, ils furent laissés sans soins pastoraux. Ce problème est à l’ordre du jour aujourd’hui. Nous recevons déjà des lettres de croyants nous demandant : que devons-nous faire ? Nous allons réfléchir à la façon de résoudre le problème.

Est-il possible d’attendre d’autres Églises locales orthodoxes qu’elles soutiennent notre position et qu’elles cessent aussi la communion eucharistique avec Constantinople ?

Je ne pense pas qu’il soit approprié de prédire les décisions des Églises orthodoxes locales. Nous les informerons de notre décision et des raisons qui nous forcent à la prendre. On peut dire qu’il n’y a pas eu aujourd’hui de déclarations d’autres Églises locales en faveur des mesures anti-canoniques du Patriarcat de Constantinople. D’autre part, lors d’une récente conversation avec les médias, le Patriarche serbe a déclaré que le Patriarche Bartholomée avait pris une décision qu’il n’avait pas le droit de prendre, ce qui pourrait avoir des conséquences désastreuses. Avant même la décision de Constantinople d’accepter en communion les schismatiques d’Ukraine et la fondation de sa « Stavropégie » » sur le territoire canonique du Patriarcat de Moscou, il y avait des propositions de différentes Églises pour discuter des problèmes existants au niveau pan-orthodoxe. Malheureusement, ces appels n’ont pas été entendus par le Patriarche Bartholomée.

Commentant la décision du Saint Synode, le Président ukrainien Petro Porochenko a déclaré que l’Église orthodoxe russe serait isolée. Dans quelle mesure cette prédiction correspond-elle à la réalité ?

C’est une déclaration forte, mais voyons si elle reflète bien la situation. Par ses actions, Constantinople s’est placé en dehors de l’espace canonique, ce qui a été malheureusement noté dans la décision du Saint Synode de l’Église orthodoxe russe du 15 octobre.

Le Patriarche de Constantinople est souvent appelé le chef spirituel de 300 millions de croyants orthodoxes dans le monde. Or, au moins la moitié de ce nombre – les croyants du Patriarcat de Moscou – ne sont plus du tout en communion eucharistique avec lui. Quel genre de chef spirituel pan-orthodoxe est-il après ça ? Quant aux autres Églises locales orthodoxes, comme je l’ai déjà dit, aucune des Églises locales n’a, jusqu’à présent, ouvertement soutenu les actions de Constantinople.

Le Patriarche Bartholomée a décidé d’entamer le processus d’octroi de l’autocéphalie à l’Ukraine. Cela signifie-t-il que des églises et des paroisses du soi-disant « Patriarcat de Kiev » peuvent apparaître en Russie ?

Les structures du « Patriarcat de Kiev » schismatique sont présentes en Russie depuis longtemps, d’ailleurs, en mai 2017, les schismatiques ont décidé de créer même un « exarchat russe ». Je ne pense pas qu’il soit productif de réfléchir à la façon dont le statut de ces structures pourrait changer en relation avec certaines mesures prises par Constantinople. Les schismatiques restent schismatiques à moins qu’ils ne se repentent de leurs actes et ne retournent dans l’Église d’où ils sont sortis.

Quel conseil donneriez-vous aux fidèles de l’Église canonique ukrainienne qui n’acceptent pas les décisions de Constantinople ? Combien de temps pensez-vous qu’il faudra pour guérir cette nouvelle crise du monde orthodoxe ?

Je voudrais exhorter les croyants orthodoxes d’Ukraine à rester fidèles à l’Église canonique et à soutenir pleinement le Bienheureux Métropolite Onufre de Kiev et de toute l’Ukraine, malgré les menaces et les provocations de toutes parts, malgré les promesses et les appels des schismatiques et des représentants des autorités qui, au nom de leurs propres intérêts politiques, se sont engagés sur le chemin de l’ingérence dans les affaires de l’Église. Rappelons-nous que notre Église, y compris sur le sol ukrainien, a traversé avec dignité, au cours des différents siècles, de nombreuses épreuves. Même lorsque les athées ont essayé de la détruire complètement pendant la période des persécutions athées du XXe siècle, l’Église a survécu.

Quant à la crise des relations inter-orthodoxes provoquée par Constantinople, bien sûr, j’espère que la raison prévaudra et que le Patriarcat de Constantinople refusera de poursuivre son action sur la voie désastreuse de la division. Je ne pense pas qu’il soit approprié de prédire comment cela pourrait se produire et dans quel laps de temps. Entre-temps, malheureusement, les événements récents indiquent une tendance inverse. Nous avons entendu à maintes reprises des représentants de Constantinople dire : « Nous n’allons pas guérir le schisme en créant un nouveau schisme. » Mais c’est exactement ce qui se passe maintenant.

Source : TASS
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 20 octobre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 20 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
0132 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’00 » – L’armée ukrainienne accumule des pièces d’armement lourd et des munitions à Marioupol
05’42 » – Un soldat ukrainien grièvement blessé alors qu’il tournait une fake news
06’43 » – Kiev déploie des mercenaires polonais sur la ligne de contact avec la RPL

OSCE
08’00 » – Sergueï Lavrov déclare que les rapports de la mission de l’OSCE dans le Donbass sont stériles

RELIGION
1656 » – L’Église orthodoxe russe rompt la communion eucharistique avec Constantinople

RPD-RPL
2039 » – RPD et RPL vont augmenter les salaires du secteur public de 10 % au 1er novembre 2018
2319 » – Les deux républiques vont diviser par trois les accises sur les produits pétroliers
2637 » – La RPD a désormais un Premier ministre

UKRAINE
3320 » – Poutine met en garde Kiev contre le fait de vouloir imiter Saakachvili

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
36’49 » – Les États-Unis envisagent de lancer de nouvelles sanctions contre la Russie tous les mois ou tous les deux mois

40’10 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Lavrov – L’OSCE publie des rapports « stériles » sur le Donbass

OSCEDans une interview accordée à la chaîne Euronews et reproduite sur le site du ministère russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov a commenté le « professionnalisme » de la Mission de Surveillance Spéciale (MSS) de l’OSCE dans le Donbass, qualifiant la plupart de ses rapports de « stériles ».

« Depuis deux ans nous demandons à la MSS de l’OSCE de ne pas faire des rapports stériles, comme ils le font (c’est-à-dire, en une semaine il y a eu tant d’attaques sur des localités, tant de civils blessés, tant de morts), mais qu’ils disent précisément ce qui se passe, sur quelle partie de la ligne de front, où les bâtiments civils sont les plus touchés, où sont les victimes civiles. Un tel rapport indiquant les cibles des attaques et les dégâts n’a été publié pour la première fois par l’OSCE qu’en septembre 2017. Non sans difficultés, car le gouvernement ukrainien a essayé jusque récemment d’interdire à l’OSCE de publier ce rapport, » a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

Et si quelqu’un se demande pourquoi l’Ukraine ne voulait pas que ce rapport soit publié, il suffit d’en lire le contenu pour comprendre.

« Il s’avère qu’il y a cinq fois plus de destructions dans les zones civiles du côté des milices d’auto-défense [c’est-à-dire en Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk NDLR], c’est-à-dire, que les Forces Armées Ukrainiennes en sont responsables. Et il y a aussi environ six à sept fois plus de morts et de blessés dans ces zones. À partir de ces données, n’importe quel expert militaire en conclurait que ce ratio de dégâts et de victimes civiles indique de manière évidente que les Forces Armées Ukrainiennes bombardent directement les infrastructures civiles dans les localités, y compris des jardins pour enfants, des hôpitaux, des écoles, et que les milices d’auto-défense sont responsables des tirs de réponse sur les positions depuis lesquelles elles sont bombardées» a-t-il ajouté.

Et puisque Lavrov en était à parler de professionnalisme, il a comparé celui des journalistes qui travaillent du côté de la RPD et de la RPL, à celui de leurs collègues occidentaux.

« J’ai mentionné le journalisme et le professionnalisme. Du côté contrôlé par les milices d’auto-défense, les médias russes travaillent sans arrêt, 7j/7, 24h/24. Ils montrent les destructions, le résultat réel des actions des Forces Armées Ukrainiennes. Si nos partenaires occidentaux disent que la Russie et les séparatistes sont responsables de tout, et que dès que la Russie le voudra, les accords de Minsk seront immédiatement mis en œuvre, et que l’Ukraine les a presque appliqués (c’est ce que certains collègues européens et Kurt Volker, qui représente les États-Unis dans les péripéties ukrainiennes, disent), alors il n’est probablement pas difficile d’envoyer la BBC, CNN, et Euronews de l’autre côté, celui contrôlé par les Forces Armées Ukrainiennes et de montrer comment les gens vivent là-bas et quel type de destructions il y a dans les zones civiles, s’il y en a. J’en ai discuté plusieurs fois avec les journalistes-collègues que je connais. Il n’y a aucune réaction. Ils me regardent simplement en hochant la tête, mais ils ne font rien. Si Donetsk et Lougansk sont accusés de tout, y compris de comportement agressif, il serait approprié d’envoyer des journalistes là-bas, afin qu’ils puissent travailler honnêtement dans les zones qui seraient violemment attaquées par les combattants des milices d’auto-défense. Pendant toutes ces années, la BBC et d’autres n’ont envoyé leurs groupes là-bas qu’une ou deux fois, et c’était tout, » a-t-il conclu.

Voilà de quoi remettre les points sur les i, et on n’aurait su dire mieux que monsieur Lavrov ne l’a fait.

J’ai moi-même souvent dénoncé le caractère abscons et lénifiant des rapports de l’OSCE qui refusent d’appeler un chat un chat, et qui renvoient les deux parties dos à dos sans vouloir voir (ou en faisant semblant de ne pas voir), qu’il y a une grande différence entre les violations du cessez-le-feu commises par les deux parties, leur nombre, les cibles visées, et les destructions et victimes civiles de chaque côté.

Il y a pourtant une différence fondamentale entre tirer à répétition sur des écoles, des hôpitaux, des transformateurs électriques, des jardins pour enfants, des stations d’épuration ou de pompage de l’eau, et tirer sur les positions depuis lesquelles ces tirs sont menés pour faire cesser les destructions et les victimes civiles.

En refusant de voir cette différence fondamentale, l’OSCE et les médias occidentaux font le jeu de Kiev et donnent une légitimité aux tirs de l’armée ukrainienne, en arguant que l’autre côté tire aussi.

Il faut que les rapports de l’OSCE sortent de ce standard lénifiant qui est en vigueur depuis le début de la mission, et qu’ils indiquent enfin clairement de quoi chaque partie est responsable de manière précise. Ce n’est qu’ainsi que l’image des faits transmise au public sera plus claire et permettra de voir que le portrait dessiné jusqu’ici par l’OSCE et par les médias occidentaux, n’a pas grand-chose à voir avec la réalité vécue sur le terrain.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 13 octobre 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 13 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’03 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’51 » – Pertes hors combat au sein des Forces Armées Ukrainiennes
04’32 » – Les soldats ukrainiens refusent de prolonger leurs contrats

RELIGION
05’28 » – Constantinople s’arroge le droit d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine et viole le droit canon

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
20’14 » – Cinquième incendie d’entrepôt de munitions en Ukraine en trois ans
26’19 » – Irina Farion traite les Hongrois de Transcarpatie de débiles et veut les déporter

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
31’47 » – Kiev transforme l’APCE en annexe d’hôpital psychiatrique
34’56 » – Vladimir Omelian veut que les Ukrainiens aillent faire la guerre contre la Russie et conquièrent Moscou et le Kouban

39’09 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Malgré les risques de schisme dans l’Église orthodoxe, Constantinople s’arroge le droit d’accorder l’autocéphalie à Kiev

Guerre de religionMalgré l’échec des pressions politiques sur le Métropolite Onuphre, et la levée de boucliers de l’ensemble des Églises orthodoxes autocéphales, Constantinople continue de vouloir accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne schismatique.

Le synode qui s’est tenu au Phanar pendant trois jours, vient de communiquer ses décisions sur son site, après beaucoup de conjectures publiées dans les médias (comme le fait que l’Église de Géorgie soutenait l’autocéphalie, ce qu’elle a dû démentir par voie de presse).

Il faut dire que rien n’avait été épargné par l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, Église schismatique non reconnue) et le gouvernement ukrainien pour tenter d’obtenir l’autocéphalie.

Après avoir déboursé 25 millions de dollars pour faire venir les hiérarques de Constantinople en Ukraine, les autorités ukrainiennes ne pouvaient pas laisser cette venue aboutir sur un échec.

Devant les réticences initiales de Constantinople à faire face à une fronde générale des Églises orthodoxes, Porochenko avait même convoqué une réunion avec le Métropolite de Kiev, Onuphre (de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou – UOC-MP), pour tenter de faire pression sur lui.

Cette réunion qui a eu lieu le soir du 9 octobre n’a pas été confirmée par l’administration présidentielle ukrainienne, mais plusieurs députés ukrainiens, dont Igor Mossiytchouk, ont révélé l’information.

D’après ces informations, Porochenko aurait demandé à Onuphre de ne pas déclencher de manifestations si l’UOC-KP obtenait l’autocéphalie, mais surtout il lui aurait demandé de « faire partie du processus d’autocéphalisation » en faisant une demande de Tomos à Constantinople, afin de légitimer la demande des autorités de Kiev.

Car malgré toute la propagande déversée dans les médias ukrainiens, Constantinople avait un gros problème : la demande d’autocéphalie ne vient pas de l’Église orthodoxe ukrainienne officielle, mais d’une Église schismatique non-reconnue ! Ce qui semblait finalement poser un gros souci de légitimité au Patriarche Bartholomée, qui a tergiversé pendant deux jours.

Il semble qu’un troisième point était à l’ordre du jour, puisque Porochenko aurait aussi demandé au Métropolite Onuphre de ne pas excommunier le Métropolite de Vinnitsa (qui est un proche de Porochenko) au cas où l’autocéphalie serait accordée à l’UOC-KP. En clair, Porochenko se serait une fois de plus immiscé de manière totalement anticonstitutionnelle dans les affaires de l’Église !

La réponse d’Onuphre a été que l’UOC-MP ne prévoit pas d’organiser des protestations, MAIS que si ses temples étaient attaqués, les croyants les défendraient. Concernant les deux autres points de la demande du Président ukrainien, la réponse du Métropolite de Kiev a été négative. Hors de question pour Onuphre de légitimer cette mascarade d’autocéphalie.

Histoire de contourner ce problème de légitimité, le Synode de Constantinople a donc pris plusieurs décisions, qui vont sérieusement aggraver la situation concernant les relations de Moscou avec le Phanar.

Voici la traduction de la décision de Constantinople, avec mes commentaires en italique :

1) Renouveler la décision déjà prise pour que le Patriarcat œcuménique procède à l’octroi de l’autocéphalie à l’Église d’Ukraine.
Commentaire : Donc Constantinople s’arroge bien le droit de décider seule d’interférer dans les affaires d’une autre Église orthodoxe, sans passer par la case discussion avec les autres Églises comme l’exigent les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe.
2) Rétablir, en ce moment, la Stavropégie du Patriarche œcuménique à Kiev, une de ses nombreuses Stavropégies en Ukraine qui y a toujours existé.
Commentaire : Constantinople réinstalle donc une Église orthodoxe dépendant de son Patriarcat en Ukraine afin de légitimer la suite. Le problème est qu’elle le fait sur le territoire canonique d’une autre Église orthodoxe sans son accord. Ceci est là aussi une violation grossière des règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, et n’est ni plus ni moins qu’une ingérence illégale dans les affaires de l’Église orthodoxe russe.
3) Accepter et réviser les pétitions d’appel de Philarète Denissenko, de Macaire Maletitch et de leurs disciples, qui se sont trouvés dans un schisme non pas pour des raisons dogmatiques, conformément aux prérogatives canoniques du Patriarche de Constantinople de recevoir de telles pétitions par les hiérarchies et autres ecclésiastiques de l’ensemble des églises autocéphales. Ainsi, les personnes susmentionnées ont été canoniquement rétablies à leur rang hiérarchique ou sacerdotal, et leurs fidèles ont été restaurés à la communion avec l’Église.
Commentaire : Par cette décision, Constantinople essaye de rendre une forme de légitimité à l’Église schismatique ukrainienne, sauf qu’elle n’en a pas le droit, car l’anathème a été lancé par l’Église orthodoxe russe, et non par celle de Constantinople.
4) Révoquer la validité de la Lettre synodale de l’année 1686, publiée dans les circonstances de l’époque, qui accordait au Patriarche de Moscou le droit par économie d’ordonner le métropolite de Kiev, élu par l’Assemblée clérico-laïque de son diocèse, qui devait commémorer le Patriarche oecuménique comme premier supérieur lors des fêtes et qui proclamerait sa dépendance canonique envers la mère église de Constantinople, et qui l’affermit dans cette déclaration.
Commentaire : Cette décision est à mettre en lien avec la précédente. Constantinople va en faire réintégrer l’Église schismatique ukrainienne (et sa hiérarchie) au sein de son Patriarcat pour ensuite pouvoir lui accorder l’autocéphalie « légalement ». Le tout en s’asseyant sur le droit canon, et les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe. Sans parler de la réécriture de l’Histoire, toujours bien pratique dans ce genre de situation où l’Histoire est en défaveur de l’Ukraine.
5) Faire appel à toutes les parties concernées pour qu’elles évitent l’appropriation des églises, monastères et autres biens, ainsi que tout autre acte de violence et de représailles, afin que la paix et l’amour du Christ puissent prévaloir.
Commentaire : Cette partie est de loin la plus cynique et la plus immonde de cette déclaration. En gros, après avoir jeté une allumette sur la flaque d’essence qu’il a répandue, Bartholomée dit maintenant espérer que personne ne sera brûlé ou blessé dans l’affaire. Pour parler crûment, cela s’appelle du foutage de gueule intégral. Bartholomée joue là au pompier pyromane qui fait semblant d’avoir des remords pour les conséquences de ses crimes.

L’Église de Serbie a officiellement déclaré son soutien à l’Église orthodoxe russe et au Métropolite Onuphre dans cette affaire. Et avant la décision du Synode de Constantinople, l’Église d’Antioche a demandé la tenue d’une réunion urgente des chefs des Églises orthodoxes autocéphales concernant la situation en Ukraine.

La réponse de l’Église orthodoxe russe à cette décision de Constantinople n’a pas encore été communiquée. Mais il est clair que chaque Église orthodoxe va devoir choisir son camp entre ceux qui veulent respecter le droit canon et les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe (Église orthodoxe de Russie, de Serbie, de Pologne, etc) et ceux qui sont prêts à mélanger politique nationaliste et religion, quitte à déclencher un schisme et une guerre de religion (comme le Patriarcat de Constantinople).

Le schisme au sein de l’Église orthodoxe semble désormais inévitable, et la guerre de religion en Ukraine aussi. Porochenko, Philarète et Bartholomée porteront à tout jamais sur leurs mains et sur leurs âmes le sang qui sera immanquablement répandu suite à l’accord de cette autocéphalie anti-canonique.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 6 octobre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 6 octobre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
00’56 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’34 » – L’armée ukrainienne amène deux systèmes BUK près de la ligne de front
06’27 » – Étendue des vols d’armes au sein des Forces Armées Ukrainiennes

ACCORDS DE MINSK
07’59 » – L’Ukraine rejette la proposition visant à interdire les tirs sur les bâtiments et infrastructures civils

RPD-RPL
11’03 » – Rencontre entre les chefs de la RPD et de la RPL pour améliorer la coopération entre les deux républiques

RELIGION
13’59 » – Le Patriarche Cyrille propose de lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation religieuse en Ukraine

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
21’53 » – Kiev veut criminaliser ceux qui ne parlent pas (ou mal) l’ukrainien

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
30’21 » – Le SBU dévoile qu’une société ukrainienne a fourni 28 000 tonnes de pierres concassées pour le chantier du pont de Crimée

31’43 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Le Patriarche Cyrille propose de lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation religieuse en Ukraine

Patriarche CyrilleAlors que la situation religieuse se tend de jour en jour en Ukraine suite à l’arrivée des hiérarques de Constantinople, le Patriarche de Moscou et de toute la Russie, Cyrille, a écrit aux primats des autres Églises afin de lancer une grande discussion pan-orthodoxe sur ce sujet.

Cette lettre fait suite à l’expropriation violente d’une église qui appartenait à l’Église orthodoxe ukrainienne du patriarcat de Moscou (UOC-MP) par des membres du mouvement néo-nazi Secteur Droit, dans la région d’Ivano-Frankovsk.

Les paroissiens qui ont tenté de protéger leur église et d’empêcher l’expropriation, ont été violemment battus par les néo-nazis. Plusieurs ont été sérieusement blessés lors de ces affrontements.

Depuis le Maïdan, c’est plus de 50 églises appartenant à l’UOC-MP qui ont ainsi été volées par les partisans de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, église schismatique non reconnue), le plus souvent avec l’aide de groupes ultra-nationalistes ou néo-nazis ukrainiens violents, qui n’hésitent pas à frapper les paroissiens.

Et avant-hier, à Rovno, des ultra-nationalistes portant des masques ont jeté des pierres sur un bus contenant des membres de l’UOC-MP qui se rendaient à Kiev pour prier et rejoindre les actions pacifiques sous les fenêtres des hiérarques de Constantinople, leur demandant de ne pas interférer dans les affaires internes de l’Église orthodoxe ukrainienne. Heureusement cette fois-ci il n’y a pas eu de blessés.

Il est clair que si Constantinople accorde l’autocéphalie à l’UOC-KP (décision qui serait déjà prise d’après les hiérarques envoyés en Ukraine), cette dernière dépouillera l’UOC-MP de ses églises et monastères, y compris la laure des grottes de Kiev. Et ce, alors que l’UOC-MP est la seule Église orthodoxe légitime en Ukraine ! Et tout cela se terminera dans un bain de sang.

D’ailleurs pour avoir appelé leurs paroissiens à défendre les églises et monastères, et s’être opposés aux volontés destructrices du patriarche Bartholomée (entre autre en refusant de rencontrer ses hiérarques et en leur enjoignant de quitter le pays), le Métropolite de Kiev, Onuphre, et plusieurs autres figures importantes de l’UOC-MP, ont été fichés sur le site Mirotvorets comme étant des agents d’influence russe en Ukraine ! Pour rappel, plusieurs personnes ont été menacées, agressées voire tuées pour certaines, après avoir été fichées sur ce site, qui liste les « ennemis de l’Ukraine » !

Devant le risque de déclenchement d’une guerre de religion en Ukraine, le synode de l’Église orthodoxe russe a décidé d’initier une discussion pan-orthodoxe concernant les actions du Patriarche de Constantinople. C’est dans ce cadre, que le Patriarche Cyrille a envoyé une lettre à chacun des primats des autres Églises orthodoxes autocéphales, afin de demander leur aide.

« Les lettres exposent la position de l’Église orthodoxe russe sur l’autocéphalie dite ukrainienne et les conséquences négatives possibles des actions du Patriarcat de Constantinople pour l’unité de l’orthodoxie universelle. Elles contiennent également une proposition visant à lancer une discussion pan-orthodoxe sur la situation », a déclaré le chef adjoint du Département des relations extérieures de l’Église du Patriarcat de Moscou Nikolaï Balachov.

La position de l’Église orthodoxe russe et de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, est partagée non seulement par plusieurs primats d’Églises orthodoxes, mais aussi par les croyants orthodoxes ukrainiens eux-mêmes.

Ainsi, un sondage publié mi-septembre, indique que 67 % des Ukrainiens interrogés réagissent négativement à l’arrivée des hiérarques de Constantinople, et seulement 8 % considèrent que ceux-ci vont apporter des solutions à la situation religieuse actuelle de l’Ukraine.

La plupart des personnes interrogées ont d’ailleurs marqué leur soutien pour l’UOC-MP et le Métropolite Onuphre, montrant bien que cette demande d’autocéphalie n’émane en rien des croyants, mais bien de quelques personnes qui ont avant tout des visées bien plus politiques que spirituelles !

C’est ce mélange des genres que l’ONG « règle de la loi » a décidé d’attaquer, en demandant à une cour ukrainienne de reconnaître que le président ukrainien, Petro Porochenko n’a pas le droit d’interférer dans les activités de l’église et de demander l’autocéphalie (comme l’indique d’ailleurs très clairement la constitution ukrainienne). Une première audience est prévue le 13 novembre pour statuer sur cette demande.

En tout cas, face à cette situation, les réactions de plusieurs primats sont d’ores et déjà connues. Si l’Église orthodoxe géorgienne joue la carte de la neutralité en disant que la question de l’Église orthodoxe ukrainienne doit être réglée par la discussion entre le Patriarcat de Constantinople et l’Église orthodoxe russe, l’Église orthodoxe grecque semble se rallier à Moscou.

Ainsi, le Métropolite Ambroise de Kalavryta a violemment critiqué les actions du Patriarche Bartholomée en Ukraine.

« Sa Sainteté le Patriarche Bartholomée de Constantinople semble s’être fixé comme objectif, ces dernières années, de diviser l’orthodoxie. […] Le dernier pas erroné du Patriarche a été celui lié à l’Église d’Ukraine. Nous n’avions sans doute pas assez de problèmes, il fallait encore que notre Patriarche s’engage pratiquement dans une confrontation entre le Patriarcat œcuménique et la grande Église russe ! L’Église canonique d’Ukraine conserve ses liens spirituels et son autonomie au sein du Patriarcat de Moscou, et le Patriarcat de Constantinople entend reconnaître l’Église schismatique d’Ukraine ! Nous sommes au seuil d’un nouveau schisme dans l’Église ! Si nous ajoutons à cela les discordes internes qui ont surgi après le pseudo-concile de Kolymbari, alors la situation ecclésiastique devient extrêmement tragique », a déclaré le Métropolite Ambroise.

Par cette déclaration, l’Église orthodoxe grecque rejoint les autres Églises qui s’inquiètent de la situation en Ukraine et ont déjà ouvertement déclaré leur opposition à l’octroi de l’autocéphalie pour l’UOC-KP, à savoir les Églises de Serbie, de Jérusalem, de Pologne et d’Alexandrie. Sans parler de l’appel de l’Église orthodoxe américaine à régler tout cela par le dialogue et la proposition de l’Église de Chypre de jouer les médiateurs.

L’aide de toutes ces Églises est vitale pour régler cela de manière pacifique. Car de par son statut, qui n’est pas aussi important sur le plan honorifique que celui de Constantinople, Moscou ne peut lancer elle-même un synode pan-orthodoxe. L’idéal, serait que celui-ci soit lancé par une des plus anciennes Églises, comme celle d’Alexandrie.

« Nous ne pouvons pas lancer une discussion formelle à l’échelle de l’Église sous la forme d’un synode, car c’est la prérogative du premier parmi ses pairs – le Patriarche œcuménique qui rassemble le synode. [] Il y a peut-être d’autres voies, il y a des églises plus anciennes qui peuvent s’en charger. Si l’on regarde le diptyque, alors le prochain est le Patriarche d’Alexandrie, ou en général tout le conseil des anciens patriarcats – Alexandrie, Jérusalem et Antioche, qui, à mon avis, pourrait se réunir et proposer quelque chose, » a déclaré Alexandre Volkov, secrétaire de presse du Patriarche de Moscou et de toute la Russie.

Il a aussi exprimé le souhait que toutes les Églises orthodoxes autocéphales expriment leur point de vue sur la situation religieuse en Ukraine. Pour Alexandre Volkov, il ne s’agit pas seulement d’empêcher l’éclatement d’une guerre de religion en Ukraine, mais d’assurer la survie de l’orthodoxie mondiale unie.

Le risque de guerre de religion en Ukraine et de schisme au sein de l’orthodoxie dépendent désormais de la capacité des autres Églises orthodoxes à faire plier le Patriarche Bartholomée.

Christelle Néant

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Pouchkov : En rompant le traité d’amitié avec la Russie, l’Ukraine va perdre le Donbass

Alexeï PouchkovAlors qu’il se trouvait sur le plateau de TV Centre, Alexeï Pouchkov, sénateur russe et président de la Commission du Conseil Fédéral sur la politique d’information, a déclaré que la rupture du traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Russie ne bénéficiera pas à Kiev, car la Russie sera libérée de toute obligation concernant l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Pour Alexeï Pouchkov, en menant cette politique, Kiev va perdre le Donbass définitivement.

« La disposition la plus importante pour laquelle l’Ukraine a voulu signer ce traité en 1997, elle nous l’a demandé, est la reconnaissance de l’intégrité territoriale et des frontières de l’Ukraine. Ils déchirent maintenant le contrat et que reçoit l’Ukraine en retour ? Elle reçoit en retour que la Russie est exemptée de toute obligation en ce qui concerne l’intégrité territoriale de l’Ukraine. L’Ukraine elle-même a refusé les obligations que nous avions envers elle et à mon avis, elle se sépare elle-même du Donbass », a déclaré Pouchkov.

Il a ajouté que les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) n’étant pas représentées au sein des autorités ukrainiennes qui ont dénoncé le traité, sa rupture ne s’appliquera pas aux deux républiques du Donbass.

« Nous avons des relations amicales avec la RPL et la RPD, et le gouvernement ukrainien ne veut pas avoir des relations amicales avec nous, il y a donc naturellement deux réalités politiques : la partie qui ne voulait pas mettre fin à cet accord et qui croyait que c’était nécessaire, et celle menée par Porochenko, qui voulait y mettre fin. Ainsi, l’Ukraine se distancie du Donbass et finira par le perdre complètement, et pas à cause de nous, mais à cause de sa propre politique », a conclu Alexeï Pouchkov.

Je rejoins l’analyse d’Alexeï Pouchkov sur les conséquences désastreuses que cette annulation du traité va avoir pour l’Ukraine. Cette rupture du traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie, permettra à cette dernière de reconnaître les deux républiques du Donbass si elle le souhaite, puisque Moscou ne sera plus tenu par l’obligation de respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Et cette décision prise sans consulter le Donbass, et qui va à l’encontre du souhait de la population locale, ne peut que creuser le gouffre déjà béant entre l’Ukraine et les deux républiques populaires. Cette rupture éloigne encore plus toute perspective d’application des accords de Minsk, et de réintégration du Donbass au sein de l’Ukraine.

En annulant le traité d’amitié avec la Russie, l’Ukraine vient d’enfoncer un clou de plus dans son propre cercueil.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 22 septembre 2018

Rapport de situation du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 22septembre 2018 :

SITUATION MILITAIRE
01’09 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
05’11 » – En RPL les soldats ukrainiens tirent sur un bus
05’54 » – L’armée ukrainienne s’acharne sur le Sud de la RPD
06’32 » – L’OSCE dresse le bilan des victimes civiles pour 2018
07’16 » – Recrudescence d’accidents de la route dans la partie du Donbass occupée par l’armée ukrainienne à cause de l’alcool
08’33 » – Les unités des FAU insuffisamment remplies pour être opérationnelles

MH17
10’18 » – La Russie apporte la preuve que le BUK montré par le JIT est ukrainien

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
22’22 » – L’Ukraine met fin au traité d’amitié avec la Russie
29’32 » – Pas d’accord conclu entre Kiev et le FMI, l’Ukraine se rapproche du défaut de paiement
32’50 » – Nouvelle agression contre une journaliste en plein centre de Kiev
35’04 » – La situation se tend en Transcarpathie

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
38’49 » – L’armée ukrainienne se gargarise d’avoir libéré une ferme dans la zone démilitarisée

40’50 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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Autocéphalie pour l’Ukraine – Risque de schisme dans l’Église orthodoxe

Guerre de religion orthodoxeSuite à l’envoi de deux exarques de l’Église orthodoxe de Constantinople en Ukraine pour accorder l’autocéphalie à Kiev, l’Église orthodoxe russe vient de lui adresser un avertissement, en coupant toutes les relations diplomatiques avec Constantinople.

Depuis plusieurs mois, des bruits courent sur la volonté du Patriarche Bartholomée de Constantinople d’accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev.

Malgré les avertissements répétés de l’Église orthodoxe russe, et du Patriarche de l’Église orthodoxe serbe, Irénée, sur le fait que cela violait non seulement les lois canoniques mais aussi les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, et que cela risquait de provoquer une guerre de religion en Ukraine, il semble que Bartholomée soit décidé à aller jusqu’au bout de ce plan. Quitte à provoquer un véritable schisme au sein de l’Église orthodoxe.

Pour comprendre comment on en est arrivé à une situation aussi grave, il faut remonter dans le temps, et analyser la façon dont fonctionne l’Église orthodoxe.

Histoire et fonctionnement de l’Église orthodoxe

L’Église orthodoxe c’est le groupe d’Églises qui se réclament de la théologie et du droit canon des sept premiers conciles de l’Église chrétienne (c’est-à-dire jusqu’au second concile de Nicée de 787). Ce groupe d’Églises s’est séparé de ce que l’on appelle actuellement l’Église catholique lors du schisme de 1054.

L’Église orthodoxe a un fonctionnement qui diffère profondément de celui de l’Église catholique par exemple. Il n’y a pas de pape, pas d’administration unique centralisée. L’Église orthodoxe est une communion d’Églises qui sont indépendantes en termes d’organisation interne (il y a 14 Églises autocéphales orthodoxes actuellement), mais qui sont profondément liées les unes aux autres entre autres en termes de dogme.

Chaque Église autocéphale désigne son primat (un Patriarche, Métropolite ou un Archevêque), et aucune n’a de droits sur une autre. Mais l’Église de Constantinople bénéficie d’une primauté d’honneur liée à l’ancien statut de capitale de l’Empire. Mais il s’agit là que d’une primauté d’honneur, pas d’une primauté de pouvoir.

Certaines de ces Églises sont autocéphales depuis l’antiquité, et ce parce que l’Église avait alors suivi les découpages administratifs de l’empire (pas de notion de pays ici, mais de province administrative de l’empire).

J’encourage mes lecteurs à aller lire l’analyse du père Jivko Panev sur l’autocéphalie et la montée de l’ethno-phylétisme dans l’Église orthodoxe pour comprendre pleinement la différence entre la situation qui prévalait jusqu’au Moyen-Âge et celle qui s’est développée depuis le 19e siècle. L’autocéphalie a changé de sens et est devenu synonyme d’Église nationale, ce qui exacerbe le nationalisme religieux, qui est un danger pour l’unité de l’Église.

Dans l’Église orthodoxe, les décisions importantes doivent être prises en commun, par décision collégiale entre les différentes Églises autocéphales. Et une Église n’a pas le droit d’interférer dans les affaires internes d’une autre Église (un peu comme les États, qui n’ont pas le droit de faire de l’ingérence dans les affaires d’un autre).

Cette notion se trouve dans les canons du Deuxième Concile œcuménique, qui stipule que les évêques n’ont pas le droit de pénétrer sur le territoire canonique d’une autre Église sans invitation. Or, les deux exarques de Constantinople ont été envoyé à Kiev sans l’accord du métropolite Onuphre (qui est le Métropolite légitime de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et qui leur a refusé le droit de s’immiscer dans les affaires de son Église). C’est donc une violation claire des canons de l’Église !

La règle générale veut que pour qu’une Église obtienne l’autocéphalie, il faut que cette dernière soit reconnue par les autres Églises autocéphales, selon le principe de collégialité des décisions qui est fondamental dans l’orthodoxie.

Ce principe s’illustre parfaitement bien avec le cas ukrainien. L’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP), née en 1992 d’un schisme avec l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP), n’a été reconnue par aucune autre Église autocéphale. Ce qui fait que cette Église est non canonique et que pour toutes les autres Églises orthodoxes, seule l’UOC-MP est légitime.

Pour revenir à l’Église orthodoxe russe, ce qui alimente actuellement la demande ukrainienne, c’est qu’en 988, quand le prince Vladimir se fait baptiser et fait baptiser la Rus’ (la future Russie, qui recouvre à l’époque le territoire de l’Ouest de la Russie, une partie de la Biélorussie et de l’Ukraine actuelles), la capitale de l’État est à Kiev.

À cette époque, la Rus’ dépend de l’Église orthodoxe de Constantinople, qui désigne le Métropolite de Kiev. Mais à la fin du 13e siècle, quand la Rus’ s’effondre à cause des invasions Mongoles, les Métropolites de Kiev doivent se réfugier à Vladimir, puis à Moscou, d’où viendra la renaissance de la Rus’ sous son nouveau nom : la Russie. Néanmoins ces Métropolites continueront de s’appeler Métropolite de Kiev et seront toujours désignés par Constantinople.

Puis au 15e siècle, l’Église orthodoxe russe acquiert l’autonomie par accident, à cause de deux facteurs :

1) Le Concile de Florence qui a vu une tentative de rapprocher Constantinople de Rome (c’est-à-dire d’annuler le schisme de 1054 via « l’union de Florence », qui est restée valable jusqu’en 1453). À son retour à Moscou en 1441, après ce Concile, le Métropolite de Kiev, Isidore a promu cette réunification. Mais Isidore et ses volontés de réunification avec Rome n’ont pas été bien accueillis par les Russes. Il a été emprisonné par le Grand Prince Basile II, avant d’être relâché. Isidore fuyant en Italie, et Moscou refusant de demander un nouveau métropolite au Patriarcat de Constantinople à cause de l’union de Florence, la Russie s’est retrouvée sans Métropolite pendant plusieurs années. En 1448, les évêques russes décident d’élire eux-mêmes leur Métropolite, sans en référer à Constantinople. Ce sera le premier Métropolite de Moscou. La communion avec Constantinople sera rétablie après l’abolition de l’union de Florence.

2) Après la chute de Constantinople en 1453, le vide créé a été occupé par la Russie qui se libérait alors du joug Tatar, et a pris une place de premier plan en tant que nation orthodoxe. Elle est alors devenue de manière officieuse la « troisième Rome ».

Un épisode résumé par le Métropolite Hilarion, lors d’une interview :

« On accuse parfois l’Église russe de s’être elle-même proclamé autocéphale : lorsque le métropolite Jonas a été élu, au milieu du XVe siècle, cela a été fait sans l’accord du Patriarche de Constantinople. Mais comment la Rus’ aurait-elle pu recevoir de lui son accord, si le patriarche de Constantinople était tombé dans l’uniatisme, dans l’hérésie ? Il nous a envoyé un métropolite qui commémorait le pape de Rome et qui, après avoir été chassé, est devenu cardinal de l’Église catholique-romaine. »

Ensuite, c’est par une décision collégiale entre les Patriarches de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, que la Russie a obtenue l’autocéphalie en 1588, après plus d’un siècle d’autonomie de fait.

Rien à voir donc avec la situation actuelle en Ukraine, où on assiste à la volonté d’hommes politiques et d’une église schismatique et reconnue par personne de prendre la place de l’Église orthodoxe locale officielle en bénéficiant de l’autocéphalie.

Politique et religion, légalité de la demande de Kiev ?

Le premier problème posé par cette demande d’autocéphalie c’est qu’elle n’émane pas du Métropolite Onuphre, qui est à la tête de l’UOC-MP, qui est la seule Église orthodoxe ukrainienne canonique, officielle et reconnue par les autres Églises orthodoxes, et celle qui possède (et de loin) le plus grand nombre d’églises, de monastères et de paroisses en Ukraine.

Cette demande émane de Philarète, « Patriarche » excommunié par l’Église orthodoxe russe, qui est à la tête de l’UOC-KP, Église schismatique, reconnue par personne.

Un « Patriarche » qui bénit des néo-nazis et des criminels de guerre à tour de bras, leur accorde des médailles, et ose cyniquement dire que si les gens du Donbass meurent à cause de la guerre, c’est pour expier leurs pêchés d’avoir voté pour l’indépendance des deux Républiques Populaires. En gros, c’est bien fait pour eux. Une conception fascinante de la religion !

Le deuxième problème c’est que l’autre demandeur de l’autocéphalie, c’est Petro Porochenko, le président ukrainien, qui a fait cette demande au Patriarche Bartholomée, avec l’appui de la Rada (parlement ukrainien).

Or, l’article 35 de la constitution ukrainienne, sépare clairement l’Église de l’État. En clair, ni le président ukrainien, ni le parlement ne sont légitimes et n’ont le droit d’interférer dans les affaires religieuses. La demande venant du président ukrainien est donc totalement inconstitutionnelle !

Donc quand Bartholomée essaye de faire passer la pilule, en prétendant qu’il veut accorder l’autocéphalie à la demande des Ukrainiens, il ment, et il le sait ! Ce n’est ni l’UOC-MP, Église légitime, ni les paroissiens ukrainiens, ni le peuple ukrainien qui ont fait cette demande. Mais un pseudo Patriarche excommunié, et un homme politique ukrainien.

Le tout est très bien résumé par Natalia Vitrenko, qui est la présidente de la communauté des femmes orthodoxes d’Ukraine (merci à Laurence Guillon d’avoir sous-titré cette vidéo).

Ingérence politique et conséquences d’une vision ethnocentrée de la religion

Aujourd’hui, le patriarche Bartholomée arrive avec une version moderne de cette « union de Florence » et semble se prendre pour le pape orthodoxe, ce qu’il n’est pas ! Comme le souligne Alexandre Chtchipkov, « le patriarche Bartholomée est obsédé par l’idée du papisme oriental. Il rêve de devenir le chef unique de toute l’orthodoxie universelle[œcuménique], analogue à l’Église catholique romaine[et à son Pape]. ».

Bartholomée a aussi pris de nombreuses décisions unilatérales en termes de dogme, qui vont à l’encontre des canons de l’Église orthodoxe, et jettent le doute sur les actes et la légitimité du Patriarcat de Constantinople.

Il semble que les vieux démons de Constantinople ressurgissent presque six siècles après cette « union de Florence » qui avait provoqué l’autonomie de fait de l’Église orthodoxe russe, et qui risquent aujourd’hui de semer un chaos encore plus grand dans l’Église orthodoxe à travers le monde.

Et ce qui (ou qui) se cache réellement derrière Bartholomée et cette décision fait couler beaucoup d’encre. Le fait que les deux exarques envoyés à Kiev soient respectivement américain et canadien, et le fait que les États-Unis aient immédiatement soutenu officiellement le fait d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine, semble accréditer les accusations lancées par les services secrets turcs, selon lesquelles Bartholomée serait lié à la CIA !

Dans la droite du ligne de Maïdan et de la volonté des nouvelles autorités ukrainiennes, issues du putsch de 2014, de se séparer de la Russie, Porochenko et Philarète veulent donc obtenir une Église indépendante de la Russie. Sauf que religion et politique ne font jamais bon ménage. La politique des États n’a pas à se mêler d’affaires religieuses et spirituelles. Car c’est le meilleur moyen d‘arriver à une catastrophe.

Surtout quand le « Patriarche » de Kiev, Philarète, a déclaré à plusieurs reprises vouloir exproprier l’UOC-MP de ses églises, laures et monastères s’il obtient l’autocéphalie ! En clair, l’UOC-KP veut dépouiller l’UOC-MP de ses paroisses et de ses paroissiens !

Et pour ceux qui croient qu’il ne s’agit que de mots en l’air, je vous encourage à aller voir ce qui s’est passé en août 2018 dans le diocèse d’Odessa, où les clercs et les fidèles de l’UOC-MP ont été empêchés par des soldats ukrainiens de se rendre dans l’église des saints Cyrille et Méthode de l’Académie militaire (qui appartient pourtant à l’UOC-MP), pour célébrer l’office, pendant que les aumôniers de l’UOC-KP entraient dans l’église (qui ne leur appartient absolument pas) ! Un viol total, permis grâce à la complicité des autorités de Kiev et de l’armée !

Si cette fois, les paroissiens de l’UOC-MP n’ont pas réagi de manière violente pour ne pas jeter d’huile sur le feu, il risque d’en aller tout autrement, lorsque ces vols d’églises (qui ont déjà commencé un peu partout en Ukraine) se multiplieront.

Une crainte exprimée par le Métropolite Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et que je partage.

« Nous pouvons nous attendre à tout, à ce que les schismatiques prennent sous leur contrôle d’importants monastères tels que la Laure des Grottes de Kiev ou la Laure de Potchaïv. Les orthodoxes se mettront alors à défendre ces lieux saints et une effusion de sang pourrait avoir lieu », a-t-il indiqué.

L’Église orthodoxe polonaise a elle aussi commenté la situation, appelant à régler tout cela par le dialogue et une approche collégiale, et surtout, il rappelle « qu’il existe plusieurs Églises schismatiques en Ukraine, qui doivent se repentir et revenir aux canons de l’Église orthodoxe. Alors seulement il sera possible de discuter de l’octroi de l’autocéphalie. »

Devant la gravité de la situation, l’Église orthodoxe russe a donc décidé de sortir le « carton jaune », pour faire comprendre à Bartholomée qu’il va trop loin. Cet avertissement a pris la forme suivante :

1. Suspension de la commémoration liturgique du Patriarche Bartholomée de Constantinople.
2. Suspension de la concélébration avec les exarques du Patriarcat de Constantinople.
3. Suspendre la participation de l’Église orthodoxe russe à toutes les Assemblées épiscopales, aux dialogues théologiques, aux commissions multilatérales et aux autres structures présidées ou co-présidées par les représentants du Patriarcat de Constantinople.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe s’est aussi fendu d’une déclaration qui remet les points sur les i concernant l’aspect historique de cette affaire, avant de souligner l’aspect anti-canonique des décisions récentes de Bartholomée, dont celles sur l’autocéphalie pour l’Ukraine, qui viole d’ailleurs totalement les promesses qu’il avait faites à Onuphre en 2016, et se finit sur une menace claire de ce qui arrivera si Constantinople ne fait pas marche arrière.

« Dans le cas où le Patriarcat de Constantinople poursuivrait son activité anti-canonique sur le territoire de l’Église orthodoxe ukrainienne, nous serions contraints à rompre totalement la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople. L’entière responsabilité des conséquences tragiques de cette division reposera personnellement sur le patriarche Bartholomée de Constantinople et sur les hiérarques qui le soutiennent. »

Pour dire les choses plus clairement, si Bartholomée ne renonce pas à son plan, on risque d’assister à un schisme au sein de l’Église orthodoxe mondiale. Car en plus de l’Église orthodoxe russe, d’autres, comme l’Église serbe, pourraient se rallier à la position de Moscou. Ce qui ferait éclater l’unité de l’Église orthodoxe.

Il faut croire que c’est là le but recherché par Bartholomée (et ses patrons américains) : torpiller l’Église orthodoxe à coup de décisions anti-canonique et de soutien à toutes les Églises schismatiques afin de la faire imploser.

En plus de mener la guerre contre la Russie sur les plans politiques (ingérences, révolutions colorées), et militaire (soutien actif à des pays qui mènent des guerres civiles aux portes de la Russie, encerclement de la Russie par l’OTAN), les États-Unis veulent y ajouter un volet religieux en tentant de détruire l’Église orthodoxe et de provoquer une guerre de religion en Ukraine.

Le seul espoir qu’il reste est que les autres Églises autocéphales se rallient à Moscou et que Constantinople se retrouve isolée de fait. Ce serait le seul moyen de réduire les conséquences désastreuses de ce schisme à l’échelle globale, et de pousser Constantinople à revenir à la raison, et au droit canon.

Sans cela, une guerre de religion éclatera en Ukraine, et l’Église orthodoxe se trouvera profondément destabilisée.

Christelle Néant

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Porochenko signe le décret mettant fin au traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie

Ukraine et RussieAprès plusieurs mois d’annonces sur la volonté du président ukrainien de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre son pays et la Russie, Petro Porochenko vient de signer officiellement le décret correspondant.

Pour rappel, le 28 août 2018, Porochenko avait déclaré avoir chargé le ministère des Affaires étrangères de préparer les documents nécessaires pour entamer la procédure de résiliation du traité, qu’il a qualifié d’anachronisme.

Le 30 août, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavel Klimkine a déclaré que son ministère avait déjà préparé tous les documents nécessaires, et que l’Ukraine notifierait officiellement son intention de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat avec la Russie avant le 30 septembre (date butoir au-delà de laquelle le traité serait renouvelé automatiquement pour 10 ans).

« Conformément à la décision du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine du 6 septembre 2018, l’offre du ministère ukrainien des Affaires étrangères concernant la résiliation du traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, signé le 31 mai 1997, a été approuvée », indique le message publié sur le site du Président ukrainien.

Comme, plusieurs analystes l’avaient souligné précédemment, cette rupture va impacter de nombreux accords bilatéraux entre les deux pays. Un fait confirmé par Pavel Klimkine qui explique cela comme une révision progressive des accords entre l’Ukraine et la Russie.

De manière assez cynique, celui-ci explique que si l’Ukraine n’avait pas mis fin avant à ce traité, c’était parce que ce dernier leur avait été utile devant les cours de justice, comme la cour d’arbitrage de Stockholm ou celle de Londres, concernant la dette de 3 milliards de dollars que l’Ukraine doit à la Russie…

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi à cette annonce, espérant qu’un jour des hommes politiques ukrainiens plus responsables rétabliront de bonnes relations entre les deux pays.

« Les mesures destructrices prises par les autorités ukrainiennes sont profondément regrettables. […] La crise actuelle dans les relations entre nos pays sera inévitablement surmontée. Mais les relations seront évidemment restaurées avec d’autres d’hommes politiques ukrainiens plus responsables », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Le fait que cette annonce soit tombée le même jour que la conférence de presse du ministère russe de la Défense concernant le MH17 est troublant. Suite à l’annonce que le missile BUK montré par le JIT est ukrainien, le JIT et d’autres personnes se sont publiquement interrogées sur le fait de savoir pourquoi la Russie n’avait pas divulgué ces éléments avant.

Peut-être tout simplement parce que de par ce traité d’amitié (voir pour cela l’article 6), et de par les relations historiques et fraternelles entre les deux peuples, la Russie ne voulait pas agir de manière ouvertement hostile contre l’Ukraine. Jusqu’à aujourd’hui.

Car la divulgation qui a été faite par le ministère russe de la Défense pointe directement du doigt l’Ukraine pour sa responsabilité dans la catastrophe du MH17.

Pour faire une analogie, si les relations actuelles entre l’Ukraine et la Russie étaient un match de boxe, en dénonçant le traité d’amitié entre les deux pays, Kiev vient d’autoriser Moscou à retirer ses gants avant de frapper.

Et après des années à jouer la conciliation pour essayer de maintenir de bonnes relations avec le pays voisin, malgré toutes les provocations de Kiev, il semble que la Russie soit décidée à enlever les gants.

Si tel est bien le cas, alors, l’annonce d’aujourd’hui concernant le MH17 risque de n’être que la première d’une série de divulgations qui pourraient faire très mal à l’Ukraine.

La Russie aujourd’hui pourrait faire sienne cette citation de Korben Dallas (5e élément) : « Vous voulez pas la jouer soft, je suis pas contrariant. Vous voulez la jouer hard, on va la jouer hard. »

Christelle Néant

PS : Je vous encourage à aller lire les autres articles de ce traité, qui imposaient à l’Ukraine de respecter les minorités ethniques, ne pas faire pression sur elles pour abandonner leur langue ou leurs traditions, maintenir l’enseignement du russe à l’école, et de respecter le droit des peuples à décider de leur sort, quelques points parmi beaucoup d’autres que l’Ukraine post-Maïdan a violé à 300 %.

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