Autocéphalie pour l’Ukraine – Risque de schisme dans l’Église orthodoxe

Guerre de religion orthodoxeSuite à l’envoi de deux exarques de l’Église orthodoxe de Constantinople en Ukraine pour accorder l’autocéphalie à Kiev, l’Église orthodoxe russe vient de lui adresser un avertissement, en coupant toutes les relations diplomatiques avec Constantinople.

Depuis plusieurs mois, des bruits courent sur la volonté du Patriarche Bartholomée de Constantinople d’accorder l’autocéphalie à l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev.

Malgré les avertissements répétés de l’Église orthodoxe russe, et du Patriarche de l’Église orthodoxe serbe, Irénée, sur le fait que cela violait non seulement les lois canoniques mais aussi les règles de fonctionnement de l’Église orthodoxe, et que cela risquait de provoquer une guerre de religion en Ukraine, il semble que Bartholomée soit décidé à aller jusqu’au bout de ce plan. Quitte à provoquer un véritable schisme au sein de l’Église orthodoxe.

Pour comprendre comment on en est arrivé à une situation aussi grave, il faut remonter dans le temps, et analyser la façon dont fonctionne l’Église orthodoxe.

Histoire et fonctionnement de l’Église orthodoxe

L’Église orthodoxe c’est le groupe d’Églises qui se réclament de la théologie et du droit canon des sept premiers conciles de l’Église chrétienne (c’est-à-dire jusqu’au second concile de Nicée de 787). Ce groupe d’Églises s’est séparé de ce que l’on appelle actuellement l’Église catholique lors du schisme de 1054.

L’Église orthodoxe a un fonctionnement qui diffère profondément de celui de l’Église catholique par exemple. Il n’y a pas de pape, pas d’administration unique centralisée. L’Église orthodoxe est une communion d’Églises qui sont indépendantes en termes d’organisation interne (il y a 14 Églises autocéphales orthodoxes actuellement), mais qui sont profondément liées les unes aux autres entre autres en termes de dogme.

Chaque Église autocéphale désigne son primat (un Patriarche, Métropolite ou un Archevêque), et aucune n’a de droits sur une autre. Mais l’Église de Constantinople bénéficie d’une primauté d’honneur liée à l’ancien statut de capitale de l’Empire. Mais il s’agit là que d’une primauté d’honneur, pas d’une primauté de pouvoir.

Certaines de ces Églises sont autocéphales depuis l’antiquité, et ce parce que l’Église avait alors suivi les découpages administratifs de l’empire (pas de notion de pays ici, mais de province administrative de l’empire).

J’encourage mes lecteurs à aller lire l’analyse du père Jivko Panev sur l’autocéphalie et la montée de l’ethno-phylétisme dans l’Église orthodoxe pour comprendre pleinement la différence entre la situation qui prévalait jusqu’au Moyen-Âge et celle qui s’est développée depuis le 19e siècle. L’autocéphalie a changé de sens et est devenu synonyme d’Église nationale, ce qui exacerbe le nationalisme religieux, qui est un danger pour l’unité de l’Église.

Dans l’Église orthodoxe, les décisions importantes doivent être prises en commun, par décision collégiale entre les différentes Églises autocéphales. Et une Église n’a pas le droit d’interférer dans les affaires internes d’une autre Église (un peu comme les États, qui n’ont pas le droit de faire de l’ingérence dans les affaires d’un autre).

Cette notion se trouve dans les canons du Deuxième Concile œcuménique, qui stipule que les évêques n’ont pas le droit de pénétrer sur le territoire canonique d’une autre Église sans invitation. Or, les deux exarques de Constantinople ont été envoyé à Kiev sans l’accord du métropolite Onuphre (qui est le Métropolite légitime de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou et qui leur a refusé le droit de s’immiscer dans les affaires de son Église). C’est donc une violation claire des canons de l’Église !

La règle générale veut que pour qu’une Église obtienne l’autocéphalie, il faut que cette dernière soit reconnue par les autres Églises autocéphales, selon le principe de collégialité des décisions qui est fondamental dans l’orthodoxie.

Ce principe s’illustre parfaitement bien avec le cas ukrainien. L’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP), née en 1992 d’un schisme avec l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP), n’a été reconnue par aucune autre Église autocéphale. Ce qui fait que cette Église est non canonique et que pour toutes les autres Églises orthodoxes, seule l’UOC-MP est légitime.

Pour revenir à l’Église orthodoxe russe, ce qui alimente actuellement la demande ukrainienne, c’est qu’en 988, quand le prince Vladimir se fait baptiser et fait baptiser la Rus’ (la future Russie, qui recouvre à l’époque le territoire de l’Ouest de la Russie, une partie de la Biélorussie et de l’Ukraine actuelles), la capitale de l’État est à Kiev.

À cette époque, la Rus’ dépend de l’Église orthodoxe de Constantinople, qui désigne le Métropolite de Kiev. Mais à la fin du 13e siècle, quand la Rus’ s’effondre à cause des invasions Mongoles, les Métropolites de Kiev doivent se réfugier à Vladimir, puis à Moscou, d’où viendra la renaissance de la Rus’ sous son nouveau nom : la Russie. Néanmoins ces Métropolites continueront de s’appeler Métropolite de Kiev et seront toujours désignés par Constantinople.

Puis au 15e siècle, l’Église orthodoxe russe acquiert l’autonomie par accident, à cause de deux facteurs :

1) Le Concile de Florence qui a vu une tentative de rapprocher Constantinople de Rome (c’est-à-dire d’annuler le schisme de 1054 via « l’union de Florence », qui est restée valable jusqu’en 1453). À son retour à Moscou en 1441, après ce Concile, le Métropolite de Kiev, Isidore a promu cette réunification. Mais Isidore et ses volontés de réunification avec Rome n’ont pas été bien accueillis par les Russes. Il a été emprisonné par le Grand Prince Basile II, avant d’être relâché. Isidore fuyant en Italie, et Moscou refusant de demander un nouveau métropolite au Patriarcat de Constantinople à cause de l’union de Florence, la Russie s’est retrouvée sans Métropolite pendant plusieurs années. En 1448, les évêques russes décident d’élire eux-mêmes leur Métropolite, sans en référer à Constantinople. Ce sera le premier Métropolite de Moscou. La communion avec Constantinople sera rétablie après l’abolition de l’union de Florence.

2) Après la chute de Constantinople en 1453, le vide créé a été occupé par la Russie qui se libérait alors du joug Tatar, et a pris une place de premier plan en tant que nation orthodoxe. Elle est alors devenue de manière officieuse la « troisième Rome ».

Un épisode résumé par le Métropolite Hilarion, lors d’une interview :

« On accuse parfois l’Église russe de s’être elle-même proclamé autocéphale : lorsque le métropolite Jonas a été élu, au milieu du XVe siècle, cela a été fait sans l’accord du Patriarche de Constantinople. Mais comment la Rus’ aurait-elle pu recevoir de lui son accord, si le patriarche de Constantinople était tombé dans l’uniatisme, dans l’hérésie ? Il nous a envoyé un métropolite qui commémorait le pape de Rome et qui, après avoir été chassé, est devenu cardinal de l’Église catholique-romaine. »

Ensuite, c’est par une décision collégiale entre les Patriarches de Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem, que la Russie a obtenue l’autocéphalie en 1588, après plus d’un siècle d’autonomie de fait.

Rien à voir donc avec la situation actuelle en Ukraine, où on assiste à la volonté d’hommes politiques et d’une église schismatique et reconnue par personne de prendre la place de l’Église orthodoxe locale officielle en bénéficiant de l’autocéphalie.

Politique et religion, légalité de la demande de Kiev ?

Le premier problème posé par cette demande d’autocéphalie c’est qu’elle n’émane pas du Métropolite Onuphre, qui est à la tête de l’UOC-MP, qui est la seule Église orthodoxe ukrainienne canonique, officielle et reconnue par les autres Églises orthodoxes, et celle qui possède (et de loin) le plus grand nombre d’églises, de monastères et de paroisses en Ukraine.

Cette demande émane de Philarète, « Patriarche » excommunié par l’Église orthodoxe russe, qui est à la tête de l’UOC-KP, Église schismatique, reconnue par personne.

Un « Patriarche » qui bénit des néo-nazis et des criminels de guerre à tour de bras, leur accorde des médailles, et ose cyniquement dire que si les gens du Donbass meurent à cause de la guerre, c’est pour expier leurs pêchés d’avoir voté pour l’indépendance des deux Républiques Populaires. En gros, c’est bien fait pour eux. Une conception fascinante de la religion !

Le deuxième problème c’est que l’autre demandeur de l’autocéphalie, c’est Petro Porochenko, le président ukrainien, qui a fait cette demande au Patriarche Bartholomée, avec l’appui de la Rada (parlement ukrainien).

Or, l’article 35 de la constitution ukrainienne, sépare clairement l’Église de l’État. En clair, ni le président ukrainien, ni le parlement ne sont légitimes et n’ont le droit d’interférer dans les affaires religieuses. La demande venant du président ukrainien est donc totalement inconstitutionnelle !

Donc quand Bartholomée essaye de faire passer la pilule, en prétendant qu’il veut accorder l’autocéphalie à la demande des Ukrainiens, il ment, et il le sait ! Ce n’est ni l’UOC-MP, Église légitime, ni les paroissiens ukrainiens, ni le peuple ukrainien qui ont fait cette demande. Mais un pseudo Patriarche excommunié, et un homme politique ukrainien.

Le tout est très bien résumé par Natalia Vitrenko, qui est la présidente de la communauté des femmes orthodoxes d’Ukraine (merci à Laurence Guillon d’avoir sous-titré cette vidéo).

Ingérence politique et conséquences d’une vision ethnocentrée de la religion

Aujourd’hui, le patriarche Bartholomée arrive avec une version moderne de cette « union de Florence » et semble se prendre pour le pape orthodoxe, ce qu’il n’est pas ! Comme le souligne Alexandre Chtchipkov, « le patriarche Bartholomée est obsédé par l’idée du papisme oriental. Il rêve de devenir le chef unique de toute l’orthodoxie universelle[œcuménique], analogue à l’Église catholique romaine[et à son Pape]. ».

Bartholomée a aussi pris de nombreuses décisions unilatérales en termes de dogme, qui vont à l’encontre des canons de l’Église orthodoxe, et jettent le doute sur les actes et la légitimité du Patriarcat de Constantinople.

Il semble que les vieux démons de Constantinople ressurgissent presque six siècles après cette « union de Florence » qui avait provoqué l’autonomie de fait de l’Église orthodoxe russe, et qui risquent aujourd’hui de semer un chaos encore plus grand dans l’Église orthodoxe à travers le monde.

Et ce qui (ou qui) se cache réellement derrière Bartholomée et cette décision fait couler beaucoup d’encre. Le fait que les deux exarques envoyés à Kiev soient respectivement américain et canadien, et le fait que les États-Unis aient immédiatement soutenu officiellement le fait d’accorder l’autocéphalie à l’Ukraine, semble accréditer les accusations lancées par les services secrets turcs, selon lesquelles Bartholomée serait lié à la CIA !

Dans la droite du ligne de Maïdan et de la volonté des nouvelles autorités ukrainiennes, issues du putsch de 2014, de se séparer de la Russie, Porochenko et Philarète veulent donc obtenir une Église indépendante de la Russie. Sauf que religion et politique ne font jamais bon ménage. La politique des États n’a pas à se mêler d’affaires religieuses et spirituelles. Car c’est le meilleur moyen d‘arriver à une catastrophe.

Surtout quand le « Patriarche » de Kiev, Philarète, a déclaré à plusieurs reprises vouloir exproprier l’UOC-MP de ses églises, laures et monastères s’il obtient l’autocéphalie ! En clair, l’UOC-KP veut dépouiller l’UOC-MP de ses paroisses et de ses paroissiens !

Et pour ceux qui croient qu’il ne s’agit que de mots en l’air, je vous encourage à aller voir ce qui s’est passé en août 2018 dans le diocèse d’Odessa, où les clercs et les fidèles de l’UOC-MP ont été empêchés par des soldats ukrainiens de se rendre dans l’église des saints Cyrille et Méthode de l’Académie militaire (qui appartient pourtant à l’UOC-MP), pour célébrer l’office, pendant que les aumôniers de l’UOC-KP entraient dans l’église (qui ne leur appartient absolument pas) ! Un viol total, permis grâce à la complicité des autorités de Kiev et de l’armée !

Si cette fois, les paroissiens de l’UOC-MP n’ont pas réagi de manière violente pour ne pas jeter d’huile sur le feu, il risque d’en aller tout autrement, lorsque ces vols d’églises (qui ont déjà commencé un peu partout en Ukraine) se multiplieront.

Une crainte exprimée par le Métropolite Hilarion, président du Département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou, et que je partage.

« Nous pouvons nous attendre à tout, à ce que les schismatiques prennent sous leur contrôle d’importants monastères tels que la Laure des Grottes de Kiev ou la Laure de Potchaïv. Les orthodoxes se mettront alors à défendre ces lieux saints et une effusion de sang pourrait avoir lieu », a-t-il indiqué.

L’Église orthodoxe polonaise a elle aussi commenté la situation, appelant à régler tout cela par le dialogue et une approche collégiale, et surtout, il rappelle « qu’il existe plusieurs Églises schismatiques en Ukraine, qui doivent se repentir et revenir aux canons de l’Église orthodoxe. Alors seulement il sera possible de discuter de l’octroi de l’autocéphalie. »

Devant la gravité de la situation, l’Église orthodoxe russe a donc décidé de sortir le « carton jaune », pour faire comprendre à Bartholomée qu’il va trop loin. Cet avertissement a pris la forme suivante :

1. Suspension de la commémoration liturgique du Patriarche Bartholomée de Constantinople.
2. Suspension de la concélébration avec les exarques du Patriarcat de Constantinople.
3. Suspendre la participation de l’Église orthodoxe russe à toutes les Assemblées épiscopales, aux dialogues théologiques, aux commissions multilatérales et aux autres structures présidées ou co-présidées par les représentants du Patriarcat de Constantinople.

Le Saint Synode de l’Église orthodoxe russe s’est aussi fendu d’une déclaration qui remet les points sur les i concernant l’aspect historique de cette affaire, avant de souligner l’aspect anti-canonique des décisions récentes de Bartholomée, dont celles sur l’autocéphalie pour l’Ukraine, qui viole d’ailleurs totalement les promesses qu’il avait faites à Onuphre en 2016, et se finit sur une menace claire de ce qui arrivera si Constantinople ne fait pas marche arrière.

« Dans le cas où le Patriarcat de Constantinople poursuivrait son activité anti-canonique sur le territoire de l’Église orthodoxe ukrainienne, nous serions contraints à rompre totalement la communion eucharistique avec le Patriarcat de Constantinople. L’entière responsabilité des conséquences tragiques de cette division reposera personnellement sur le patriarche Bartholomée de Constantinople et sur les hiérarques qui le soutiennent. »

Pour dire les choses plus clairement, si Bartholomée ne renonce pas à son plan, on risque d’assister à un schisme au sein de l’Église orthodoxe mondiale. Car en plus de l’Église orthodoxe russe, d’autres, comme l’Église serbe, pourraient se rallier à la position de Moscou. Ce qui ferait éclater l’unité de l’Église orthodoxe.

Il faut croire que c’est là le but recherché par Bartholomée (et ses patrons américains) : torpiller l’Église orthodoxe à coup de décisions anti-canonique et de soutien à toutes les Églises schismatiques afin de la faire imploser.

En plus de mener la guerre contre la Russie sur les plans politiques (ingérences, révolutions colorées), et militaire (soutien actif à des pays qui mènent des guerres civiles aux portes de la Russie, encerclement de la Russie par l’OTAN), les États-Unis veulent y ajouter un volet religieux en tentant de détruire l’Église orthodoxe et de provoquer une guerre de religion en Ukraine.

Le seul espoir qu’il reste est que les autres Églises autocéphales se rallient à Moscou et que Constantinople se retrouve isolée de fait. Ce serait le seul moyen de réduire les conséquences désastreuses de ce schisme à l’échelle globale, et de pousser Constantinople à revenir à la raison, et au droit canon.

Sans cela, une guerre de religion éclatera en Ukraine, et l’Église orthodoxe se trouvera profondément destabilisée.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Porochenko signe le décret mettant fin au traité d’amitié entre l’Ukraine et la Russie

Ukraine et RussieAprès plusieurs mois d’annonces sur la volonté du président ukrainien de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre son pays et la Russie, Petro Porochenko vient de signer officiellement le décret correspondant.

Pour rappel, le 28 août 2018, Porochenko avait déclaré avoir chargé le ministère des Affaires étrangères de préparer les documents nécessaires pour entamer la procédure de résiliation du traité, qu’il a qualifié d’anachronisme.

Le 30 août, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Pavel Klimkine a déclaré que son ministère avait déjà préparé tous les documents nécessaires, et que l’Ukraine notifierait officiellement son intention de mettre fin au traité d’amitié, de coopération et de partenariat avec la Russie avant le 30 septembre (date butoir au-delà de laquelle le traité serait renouvelé automatiquement pour 10 ans).

« Conformément à la décision du Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine du 6 septembre 2018, l’offre du ministère ukrainien des Affaires étrangères concernant la résiliation du traité d’amitié, de coopération et de partenariat entre l’Ukraine et la Fédération de Russie, signé le 31 mai 1997, a été approuvée », indique le message publié sur le site du Président ukrainien.

Comme, plusieurs analystes l’avaient souligné précédemment, cette rupture va impacter de nombreux accords bilatéraux entre les deux pays. Un fait confirmé par Pavel Klimkine qui explique cela comme une révision progressive des accords entre l’Ukraine et la Russie.

De manière assez cynique, celui-ci explique que si l’Ukraine n’avait pas mis fin avant à ce traité, c’était parce que ce dernier leur avait été utile devant les cours de justice, comme la cour d’arbitrage de Stockholm ou celle de Londres, concernant la dette de 3 milliards de dollars que l’Ukraine doit à la Russie…

Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi à cette annonce, espérant qu’un jour des hommes politiques ukrainiens plus responsables rétabliront de bonnes relations entre les deux pays.

« Les mesures destructrices prises par les autorités ukrainiennes sont profondément regrettables. […] La crise actuelle dans les relations entre nos pays sera inévitablement surmontée. Mais les relations seront évidemment restaurées avec d’autres d’hommes politiques ukrainiens plus responsables », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Le fait que cette annonce soit tombée le même jour que la conférence de presse du ministère russe de la Défense concernant le MH17 est troublant. Suite à l’annonce que le missile BUK montré par le JIT est ukrainien, le JIT et d’autres personnes se sont publiquement interrogées sur le fait de savoir pourquoi la Russie n’avait pas divulgué ces éléments avant.

Peut-être tout simplement parce que de par ce traité d’amitié (voir pour cela l’article 6), et de par les relations historiques et fraternelles entre les deux peuples, la Russie ne voulait pas agir de manière ouvertement hostile contre l’Ukraine. Jusqu’à aujourd’hui.

Car la divulgation qui a été faite par le ministère russe de la Défense pointe directement du doigt l’Ukraine pour sa responsabilité dans la catastrophe du MH17.

Pour faire une analogie, si les relations actuelles entre l’Ukraine et la Russie étaient un match de boxe, en dénonçant le traité d’amitié entre les deux pays, Kiev vient d’autoriser Moscou à retirer ses gants avant de frapper.

Et après des années à jouer la conciliation pour essayer de maintenir de bonnes relations avec le pays voisin, malgré toutes les provocations de Kiev, il semble que la Russie soit décidée à enlever les gants.

Si tel est bien le cas, alors, l’annonce d’aujourd’hui concernant le MH17 risque de n’être que la première d’une série de divulgations qui pourraient faire très mal à l’Ukraine.

La Russie aujourd’hui pourrait faire sienne cette citation de Korben Dallas (5e élément) : « Vous voulez pas la jouer soft, je suis pas contrariant. Vous voulez la jouer hard, on va la jouer hard. »

Christelle Néant

PS : Je vous encourage à aller lire les autres articles de ce traité, qui imposaient à l’Ukraine de respecter les minorités ethniques, ne pas faire pression sur elles pour abandonner leur langue ou leurs traditions, maintenir l’enseignement du russe à l’école, et de respecter le droit des peuples à décider de leur sort, quelques points parmi beaucoup d’autres que l’Ukraine post-Maïdan a violé à 300 %.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Aggravation de la situation dans le Donbass : 21 violations du cessez-le-feu et trois maisons endommagées en RPD, une école touchée en RPL

Mortier ukrainienSuite à l’assassinat du chef de la République Populaire de Donetsk (RPD), Alexandre Zakhartchenko, l’armée ukrainienne a brutalement augmenté le nombre de ses violations du cessez-le-feu et des munitions tirées contre le territoire de la république.

Depuis le 5 septembre, le nombre de violations quotidiennes du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne ne descend plus en dessous de 13, et continue de monter. Durant les dernières 24 h, les soldats ukrainiens ont ainsi violé le cessez-le-feu à 21 reprises, tirant 174 munitions d’un calibre supérieur à 12,7 mm, dont 18 obus de mortier de 120 mm et huit obus de mortier de 82 mm.

Évolution du nombre de violations du cessez-le-feu de l’armée ukrainienne contre la RPD :

Violations du cessez-le-feu par les FAU

Suite à ces tirs, trois maisons ont été endommagées en RPD : deux à Kominternovo et une à Oktiabr dans le Sud de la république. Le 6 septembre, c’est 11 maisons qui avaient été endommagées à Kominternovo et une à Gorlovka. Ces tirs n’ont heureusement pas fait de victimes civiles, mais si cette tendance à l’aggravation se poursuit, le bilan pourrait devenir bien plus grave.

Surtout qu’en République Populaire de Lougansk (RPL), ce n’est pas seulement sur les maisons, mais aussi sur l’école du village de Zolotoye-5, situé près de la ligne de front, que l’armée ukrainienne a tiré ce matin à coup de lance-roquettes antichars, de mitrailleuse lourde et d’armes légères. Les enfants ont été évacués, et heureusement aucun n’a été touché. Mais ce tir délibéré contre une école de la part de l’armée ukrainienne, vient rejoindre la longue liste des crimes de guerre de l’Ukraine, sur lesquels Paris et Berlin ferment les yeux.

Cette nouvelle escalade, consécutive à la mort du chef de l’État a lieu sur fond de visite de l’attaché militaire américain en Ukraine, Paul Schmitt, aux quartiers généraux des 128e et 36e brigades, qui sont stationnées près de Marioupol. Cette visite prévue demain, 12 septembre, aurait pour but de vérifier l’état de préparation de ces unités pour l’offensive qui devrait être lancée à partir du 14 septembre, d’après les informations obtenues par les services de renseignement de la RPD.

Des instructeurs de l’OTAN se trouveraient déjà sur les positions de l’armée ukrainienne situées près de Marioupol, et 12 officiers étrangers sont attendus en renfort au quartier général de la 128e brigade d’assaut de montagne.

Et ce n’est pas la diplomatie qui risque d’arrêter cette escalade dangereuse, puisque les réunions au Format Normandie sont suspendues sine-die, suite à l’assassinat d’Alexandre Zakhartchenko.

Pour Alexeï Tchesnakov, directeur du Centre de la Conjoncture Politique, il ne faut pas escompter une nouvelle réunion avant que l’enquête sur cet attentat terroriste ne soit terminée.

« Il sera difficile pour le Format Normandie de se réunir pleinement avant l’achèvement de l’enquête sur le meurtre de Zakhartchenko », a déclaré Tchesnakov. « J’ai du mal à l’imaginer. »

Il a ajouté qu’une réunion au Format Normandie était d’autant moins probable qu’il est fort possible que l’Ukraine ne vote pas l’extension de la loi sur le statut spécial du Donbass.

« Enfin, les décisions prises lors de la réunion précédente doivent être mises en œuvre avant qu’une nouvelle réunion n’ait lieu », a déclaré le politologue à TASS. « Lors de la précédente réunion à Berlin en 2016, il avait été décidé de confirmer la « formule Steinmeier » et d’assurer le désengagement des forces sur trois points de la ligne de contact. Aucune de ces décisions n’a été mise en œuvre. Quel est l’intérêt d’avoir une autre réunion ? Pour prendre de nouvelles décisions que l’Ukraine ignorera ? »

Dans le même temps, les réunions entre l’assistant du président russe, Vladislav Sourkov et le représentant spécial du département d’État américain pour l’Ukraine Kurt Volker sont aussi au point mort.

« Actuellement, en raison de l’incohérence de la partie américaine, les échanges sont léthargiques et rien n’indique qu’un compromis puisse être trouvé. Selon moi, les négociateurs n’ont encore rien à dire », a conclu Tchesnakov.

Si l’Ukraine tente ce coup de poker et lance une grande offensive contre les deux républiques populaires, cela pourrait se finir, comme après l’attaque de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud, par la reconnaissance de la RPD et de la RPL par la Russie. Un point de vue que je partage avec monsieur Tchesnakov.

« J‘espère que j’ai tort, mais je suis sûr qu’à un moment donné, Kiev pourrait se lancer dans une invasion massive du territoire contrôlé par les milices populaires. Premièrement, ses patrons à l’étranger incitent activement l’Ukraine à prendre de telles mesures. Deuxièmement, il y a assez de fous en Ukraine.

Ils sont encouragés à suivre l’exemple de la Croatie, qui autrefois a conquis par la force des zones rebelles serbes. Soit dit en passant, au cours de ces événements, les Croates ont tué non seulement des Serbes, mais aussi des employés du contingent de l’ONU.

Si cela se produit, le nombre de victimes sera beaucoup plus élevé que lors de la guerre en Ukraine de 2014. Mais la solution croate ne fonctionnera pas. Comme en 2014, l’Ukraine sera certainement contrainte à la paix. Et encore une fois, ils lui mettront les accords de Minsk sous le nez, ce qui serait une bonne chose pour Kiev, car cela pourrait aussi amener la Russie à reconnaître la RPD et la RPL, comme ce fut le cas pour l’Ossétie du Sud et pour l’Abkhazie après la décision téméraire de Saakachvili » a affirmé le politologue.

Cette éventuelle reconnaissance des deux républiques est évoquée par de plus en plus d’hommes politiques russes. Ainsi, après la déclaration en ce sens de Kazbek Taïssaev lors des funérailles d’Alexandre Zakhartchenko, c’est le président du parti communiste russe, Guennadi Ziouganov, qui a appelé Vladimir Poutine à reconnaître les deux républiques populaires.

« En ce qui concerne le Donbass, à la place du président je l’aurais intégré (au sein de la Russie – NDLR) immédiatement, immédiatement. D’abord, reconnaissons la République de Donetsk, la République de Lougansk, comme cela a été le cas en Ossétie du Sud et en Abkhazie en son temps. Ce banditisme [ukrainien NDLR] s’arrêtera très rapidement », a déclaré monsieur Ziouganov.

Si jusqu’ici la Russie s’est refusée à cette extrémité à cause de ses relations historiques privilégiées avec l’Ukraine, elle pourrait y être poussée par plusieurs facteurs :

1) Si Kiev brise le traité d’amitié et de coopération entre la Russie et l’Ukraine, qui définit les frontières entre les deux pays,

2) Si l’armée ukrainienne attaque la RPD ou la RPL à grande échelle, comme l’armée géorgienne l’avait fait contre l’Ossétie du Sud.

Il faut ajouter un point important à prendre en compte, et qui risque de peser lourdement dans la balance : les méthodes terroristes de Kiev, qui sont utilisées non seulement contre la population et les dirigeants du Donbass sur le territoire des deux républiques, mais aussi sur le territoire russe.

L’envoi officiel du FSB en RPD pour enquêter sur la mort de Zakhartchenko au titre de la lutte contre le terrorisme international est lourd de sens. Si on ajoute l’arrestation récente d’un membre de Daech à Smolensk par le FSB, qui a avoué avoir été envoyé là par le SBU (services de sécurité ukrainiens) et Secteur Droit pour assassiner des commandants de la RPD et de la RPL, il semble que les relations entre la Russie et l’Ukraine risquent de se dégrader à vitesse grand V.

Il ne reste qu’à espérer que son plan éventé, et devant les conséquences potentiellement lourdes (la reconnaissance de la RPD et de la RPL) Kiev renonce à ce plan suicidaire.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 1.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Russophobie à l’ukrainienne saison 4, épisode 5 : Rupture du traité d’amitié et des liaisons ferroviaires, l’auto-sabordage de l’Ukraine

Caricature © Vitali PodvitskiDepuis le Maïdan, Kiev accélère la rupture de ses relations avec la Russie, en dépit de l’histoire commune des deux pays, et surtout en dépit du bon sens, lorsqu’on constate les résultats concrets de cette rupture sur l’état de l’Ukraine, et l’importance des liens économiques entre les deux pays.

Car malgré le fait que Kiev traite la Russie d’État agresseur, cette dernière est toujours le premier pays à investir en Ukraine au premier semestre 2018 d’après les chiffres du service de statistiques ukrainien (des investissements étrangers qui continuent d’ailleurs de chuter de manière globale, avec une baisse de 30,8 % par rapport à l’année dernière). Avec 436 millions de dollars investis pendant les six premiers mois de l’année, la Russie a en effet fourni 34,6 % du total des investissements directs en Ukraine.

Sans parler du transit du gaz russe vers l’Europe, qui rapporte environ 3 milliards de dollars par an à l’Ukraine. Ou des millions d’Ukrainiens (naturalisés russes ou pas) qui vivent et travaillent en Russie et envoient de l’argent au pays pour aider leur famille restée sur place. Depuis le Maïdan, les sociétés ukrainiennes ont perdu d’importantes parts sur le marché russe, après avoir acquis des quotas sans taxes de douane ridicules sur le marché européen grâce à l’accord d’association avec l’UE. Ce que l’Ukraine a gagné avec le marché européen est de loin très inférieur à ce qu’elle a perdu sur le marché russe.

Des géants de l’industrie commune ont fait faillite, les banques russes ont été poussées à partir d’Ukraine à coup de violences des ultra-nationalistes ukrainiens contre leurs bureaux, sans parler de la perte de l’industrie du Donbass, qui fournissait 15 % du PIB de l’Ukraine avant que la guerre n’éclate.

Or depuis plusieurs mois les déclarations des officiels ukrainiens se multiplient pour continuer le travail de sape des relations avec le pays voisin, sans tenir compte des conséquences désastreuses de ces décisions sur l’économie et surtout sur la population ukrainienne.

Ainsi, mi-août, le ministre ukrainien des Infrastructures, Vladimir Omelian, a signé un document interdisant le trafic de passagers en train et en bus entre l’Ukraine et la Russie. Comme pour les liaisons aériennes qui avaient déjà subi le même sort, les gens devront donc faire escale à Minsk pour passer d’un pays à l’autre.

Le résultat sera que les gens vont perdre du temps et de l’argent, l’Ukraine va perdre des revenus venant du trafic de passagers (qui est bénéficiaire concernant les lignes ferroviaires allant et venant de Russie), et c’est Minsk qui va en bénéficier.

Le côté complètement suicidaire d’une telle décision a été soulignée par Dmitri Linko, député ukrainien du Parti Radical (donc pas du tout un pro-russe, bien au contraire), qui a comparé de telles méthodes à celles des martyrs.

« Pendant la guerre il y a des chahids (des martyrs, NDLR), le terme implique qu’on peut se faire sauter, nuire à l’ennemi, le blesser, mais qu’en fin de compte on meurt. Il ne faut pas recourir à ces méthodes de chahid. Nous pouvons faire du mal (à la Russie, NDLR), mais nous mourrons », a ainsi déclaré Dmitri Linko sur le plateau de la chaîne NewsOne.

D’ailleurs preuve que les autorités ukrainiennes sont conscientes qu’elles se tirent une balle dans le pied avec de telles décisions, cette mesure ne s’étend pas au transport de marchandises, par peur de perdre trop d’argent et surtout d’avoir des problèmes avec l’OMC pour violation de ses engagements internationaux.

Il en est de même avec le gaz russe. Depuis novembre 2015, Kiev prétend ne plus acheter de gaz russe, alors qu’elle en achète à la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie par flux inversé (plus cher qu’en l’achetant directement en Russie ce qui pèse à la fin sur le budget des ménages ukrainiens), et que l’Ukraine fait tout pour torpiller le projet Nord Stream 2, afin de ne pas perdre définitivement le transit du gaz russe vers l’Europe à partir de 2019.

Il faut dire qu’il y a de quoi affoler Kiev. Si la Russie cesse de faire transiter son gaz par l’Ukraine, le pays perdra alors plus de 3 % de son PIB, l’équivalent du budget militaire du pays. Et surtout, Kiev perdra alors son levier géopolitique envers l’Union Européenne. Fini de faire chanter l’Europe en menaçant de fermer le robinet de gaz.

Mais dans le même temps, Kiev continue ses procédures judiciaires sans fin contre Gazprom justement à propos des contrats de gaz, pour lui soutirer un maximum d’argent, dégoûtant ainsi définitivement la société russe de vouloir continuer à faire affaire avec un tel pays.

Comme l’a dit le directeur général de Gazprom, ainsi que le Président de la fédération de Russie, si le contrat de transit du gaz via l’Ukraine n’est pas rentable, la Russie n’a aucun intérêt à le poursuivre. D’ailleurs suite à ces procédures d’arbitrage sans fin, dont le dernier jugement impose à Gazprom de verser 2,6 milliards de dollars à Naftogaz, la compagnie russe a lancé la procédure de clôture de son contrat de transit de gaz via l’Ukraine avant sa date de fin, car le jugement de la cour de Stockholm rend ce contrat absolument non rentable.

« L’arbitrage de Stockholm, guidé par le principe du « deux poids deux mesures », a adopté une décision asymétrique sur nos contrats avec la société ukrainienne Naftogaz concernant l’approvisionnement et le transit du gaz. La décision viole gravement l’équilibre des intérêts des parties dans le cadre de ces contrats. Les arbitres ont fondé leur décision sur le fait que la situation de l’économie ukrainienne s’est considérablement aggravée. Nous sommes totalement opposés à la situation où les problèmes économiques de l’Ukraine sont résolus à nos dépens. Dans cette situation, le maintien de la validité des contrats n’est pas économiquement faisable et non rentable pour Gazprom », a déclaré Alexeï Miller, directeur général de Gazprom.

Après cela, Kiev peut hurler sur tous les toits qu’il faut empêcher le projet Nord Stream 2 d’aboutir, cela ne sert plus à rien. Il est trop tard pour rattraper le désastre. L’Union Européenne, et surtout l’Allemagne, ne va pas sacrifier sa sécurité énergétique pour les beaux yeux de l’Ukraine, surtout que de l’autre côté, la Russie a des débouchés en Asie, et est en train de construire le gazoduc Force de la Sibérie pour pouvoir augmenter la quantité de gaz que Moscou peut livrer à son allié chinois.

Ce que l’Europe n’achètera pas, sera acheté par la Chine qui a d’énormes besoins énergétiques. Et Angela Merkel en est bien consciente. Lors de sa dernière rencontre avec Vladimir Poutine, elle a déclaré qu’elle croit que l’Ukraine doit continuer jouer son rôle dans le transit du gaz en Europe. On est bien loin d’une déclaration forte imposant à la Russie de faire transiter son gaz par l’Ukraine. La réponse de Vladimir Poutine a été très claire : « L’essentiel est que le transit ukrainien – qui est traditionnel pour nous – réponde aux exigences économiques ». En clair : si ce n’est pas rentable, la réponse est NON.

En gardant à l’esprit tout cela, analysons maintenant les dernières âneries, pardon, déclarations officielles, « made in Kiev ».

Lors des festivités du Jour de l’Indépendance de l’Ukraine, Petro Porochenko, le Président ukrainien, a ainsi déclaré que l’Ukraine allait briser tout ce qui la relie à l’empire Russe et à l’Union soviétique, et empêcher ainsi toute possibilité de retour dans la zone d’influence russe. Il a aussi évoqué le fait de couper les liens avec l’Église orthodoxe russe, alors que la majorité des Ukrainiens appartiennent à l’Église Orthodoxe Ukrainienne du Patriarcat de Moscou, et au risque de déclencher une guerre de religion dans le pays si Kiev obtient une Église Orthodoxe autocéphale.

Encore une fois, les autorités de Kiev parlent d’abord et réfléchissent ensuite. Car pour briser tout ce qui la relie à l’URSS, l’Ukraine dans ses frontières actuelles devrait tout simplement cesser d’exister, puisque c’est l’URSS qui a créé le pays en agrégeant des provinces qui appartenaient à l’empire Russe avec des régions qui ont appartenu à la Pologne, la Roumanie, la Hongrie, etc !

À peine quatre jours après, Porochenko poursuit sur sa lancée, en indiquant avoir donné instruction au ministre des Affaires étrangères de préparer les documents en vue de lancer la procédure d’annulation du traité d’amitié, de coopération et de partenariat signé par l’Ukraine et la Russie en 1997.

Coup de communication en vue des élections (comme le pense Sergueï Lavrov), ou nouveau délire qui se réalisera en vue de satisfaire les ultra-nationalistes ukrainiens ? Là est la question. Mais l’Ukraine n’a qu’un gros mois pour se décider, car si elle veut dénoncer ce traité avant son renouvellement automatique pour 10 ans, elle doit le faire d’ici octobre.

Et malgré tout ce que Porochenko peut dire, ou a pu dire en avril de cette année, l’Ukraine ne pourra pas invalider seulement une partie (celle qui l’arrange) du traité. C’est tout ou rien. Ou alors l’Ukraine doit conclure un nouveau traité avec la Russie, mais rien n’oblige cette dernière à le signer s’il ne lui convient pas. Le gros problème de Kiev c’est que ce traité définit les frontières communes entre les deux pays et leur reconnaissance mutuelle.

Si l’Ukraine annule le traité, alors Moscou n’est plus tenue de reconnaître le tracé des frontières qu’elle partage avec l’Ukraine. Et là ça devient très dangereux pour Kiev dans le contexte de la guerre en cours dans le Donbass. Qu’est-ce qui empêcherait alors la Russie de reconnaître les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) dans le cadre de l’article 2 de la charte de l’ONU sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, puisqu’elle ne serait plus tenue par la reconnaissance de l’inviolabilité des frontières et de l’intégrité territoriale de l’Ukraine qui est incluse dans le traité d’amitié entre les deux pays ?

Jouer avec le feu peut sembler amusant, mais c’est très dangereux et cela se finit mal assez souvent. Et c’est exactement ce que Kiev est en train de faire avec ce traité. En plus de l’aspect concernant les frontières, ce traité est la base sur laquelle sont bâties les relations économiques, les droits des citoyens de chaque pays dans l’autre, etc. Si la base est détruite, tout le reste sera détruit aussi, comme l’a souligné Léonid Kojara, ex-ministre ukrainien des Affaires étrangères.

« Cela va même au-delà de la stupidité ordinaire, je pense que c’est une provocation, lorsque les fondations de base de la coopération internationale sont violées. […] Dans le droit international, de tels contrats sont appelés une base, c’est comme un tronc d’où partent des branches, et d’autres accords, les feuilles. Si nous coupons le tronc, c’est-à-dire dénonçons le contrat principal, en fait, nous mettons en danger l’ensemble du cadre légal, » a déclaré l’ancien diplomate

Pour Léonid Kojara, annuler le traité entre les deux pays menacerait la propriété privée des organisation et citoyens ukrainiens présents en Russie, cela menacerait aussi le potentiel de transit de l’Ukraine ainsi que l’afflux d’investisseurs dans le pays.

En attendant, ces délires russophobes plombent de plus en plus l’économie ukrainienne, poussant la population à fuir le pays, comme l’a souligné Dmitri Belik, député de Sébastopol.

Selon lui, « les autorités ukrainiennes sont sur une voie au bout de laquelle il n’y a pas d’indépendance, pas de développement économique, pas d’armée, pas d’intégration dans l’OTAN. L’Ukraine est embourbée dans la corruption, a détruit son économie. Aujourd’hui, des milliers d’Ukrainiens quittent le pays et vont travailler ailleurs, en particulier les jeunes. En quatre ans, le gouvernement a montré son vrai visage cannibale, l’augmentation des tarifs sur les services publics, la destruction de l’agriculture et de l’industrie, les gens n’ont tout simplement pas de quoi vivre », a déclaré le député.

Pour Belik, cette destruction des liens avec la Russie a détruit des années de relations économiques et a transformé l’Ukraine en mendiant, quémandant la prochaine tranche d’aide internationale, qui finira dans les poches des proches de Porochenko, ou demandant de l’argent à l’UE pour réparer les villes du Donbass dévastées par l’armée ukrainienne.

« Aujourd’hui, l’Ukraine est un pays qui lutte contre son peuple, détruisant sa mémoire historique et son identité, mais blâmant toujours la Russie pour tous ses problèmes », a conclu monsieur Belik.

Cette fuite de la population ukrainienne n’est pas une vue de l’esprit ou de la propagande du Kremlin, même Pavel Klimkine, ministre ukrainien des Affaires étrangères s’en est inquiété en début d’année, soulignant que plus d’un million d’Ukrainiens avait quitté le pays en 2017, soit une moyenne de 100 000 par mois, 3 000 par jour ! Ce chiffre à lui seul en dit long sur l’état de l’Ukraine pour qu’autant de concitoyens fuient le pays.

Alors quand en plus de toutes ces gabegies, l’Ukraine promet une surprise déplaisante pour la Russie à l’assemblée générale de l’ONU qui doit avoir lieu en septembre, on ne peut que craindre les conséquences de cette surprise déplaisante pour les Ukrainiens eux-mêmes, comme l’a déclaré Léonid Sloutski, le chef du comité des Affaires étrangères de la Douma.

C’est très joli de déclarer qu’on va couper tous les liens avec la Russie pour plaire aux ultra-nationalistes et néo-nazis qui ont permis au coup d’État de 2014 d’avoir lieu, ainsi qu’à ses patrons néo-conservateurs américains, mais dans la réalité chacun des liens coupés avec la fédération de Russie, est un clou supplémentaire planté dans le cercueil de l’Ukraine.

Lorsque le dernier clou sera planté, il sera trop tard pour réparer les dégâts, et certains des pays qui ont soutenu ou fermé les yeux sur tout cela par russophobie ou suivisme pro-OTAN, devront en assumer les conséquences. La fuite massive des Ukrainiens hors de leur pays est la preuve que le mal qui ronge l’Ukraine, et finira par la détruire, n’aura aucun mal à franchir les frontières des pays voisins pour y semer le même chaos.

Dans les années 30, certains dirigeants occidentaux avaient fermé les yeux sur les actes et déclarations des nazis, et d’autres les avaient même soutenus (comme les États-Unis), car ils voulaient les utiliser pour contenir les bolcheviques. La suite de ce jeu macabre avec le feu vous la connaissez.

Est-on vraiment obligé de rejouer ce jeu stupide plus de 70 ans après la fin de la guerre qui a coûté la vie à des dizaines de millions de personnes ? Il serait temps de retenir les erreurs du passé pour ne plus les refaire et éviter de payer à nouveau le prix de politiques internationales à court terme, qui ne servent que les intérêts de quelques-uns, et détruisent la vie de beaucoup d’autres.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 11 août 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 11 août 2018 :

SITUATION MILITAIRE
02’15 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’48 » – L’armée ukrainienne tire sur une ambulance de la RPD et fait trois morts
07’03 » – Le SBU vient sur la ligne de front désarmer les bataillons néo-nazis
08’07 » – Secteur Droit vend ses armes à la RPD
09’10 » – Chiffres des suicides dans l’armée ukrainienne depuis le début de l’année

SITUATION POLITIQUE
10’52 » – Projet de loi à la Douma pour simplifier l’octroi de la citoyenneté russe

RPD-RPL
13’24 » – Nouvelles positives sur l’évolution économique et sociale en RPD et en RPL

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
17’41 » – L’Ukraine menace de sombrer dans un véritable chaos financier
20’40 » – Un sénateur tchèque compare l’Ukraine à un trou noir
23’14 » – Kiev remplace le salut traditionnel de l’armée par celui des collaborateurs ukrainiens des Nazis

DIVERS
27’45 » – L’Allemagne soigne plus d’une centaine de soldats ukrainiens depuis 2014 y compris des néo-nazis

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
34’33 » – Le « martyr » Oleg Sentsov dans sa prison russe, toujours en vie et en forme après près de 80 jours de grève de la faim (highlander)

40’58 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

La Douma soumet un projet de loi pour simplifier l’accès à la citoyenneté de la fédération de Russie

Passeports russesLe 7 août 2018, la Douma a soumis un projet de loi qui propose de donner au président de la fédération de Russie le pouvoir d’établir des listes d’étrangers pouvant obtenir la citoyenneté russe de manière simplifiée.

« Cela permettra d’accorder la citoyenneté de la fédération de Russie d’une manière simplifiée aux compatriotes vivant dans des pays à la situation socio-politique et économique complexe, où il y a des conflits armés ou un changement de régime politique, » a déclaré le gouvernement russe.

Dans le même temps, le projet de loi prévoit la simplification de l’obtention de la citoyenneté pour les compatriotes vivant à l’étranger qui participent au programme gouvernemental de réinstallation volontaire en fédération de Russie.

Cette mesure s’applique seulement à ceux qui ont reçu un permis de résidence (temporaire ou non) et sera valable quelle que soit la région choisie comme lieu de résidence.

Cette exigence d’avoir obtenu un permis de séjour pour bénéficier de cette procédure simplifiée est justifiée dans le projet de loi par la nécessité « d’assurer la sécurité de la fédération de Russie et d’empêcher la propagation de maladies dangereuses sur son territoire ».

En effet, pour obtenir un permis de séjour, la personne doit fournir ses empreintes digitales (lutte contre le terrorisme oblige), passer un examen médical, dont le résultat doit confirmer qu’elle ne se drogue pas et qu’elle n’est pas porteuse de maladies infectieuses dangereuses, et produire un certificat attestant qu’elle n’est pas porteuse du VIH.

Comme on peut le voir, dans la continuité des ordres donnés par Vladimir Poutine pendant sa ligne directe du 7 juin 2018, la simplification de l’octroi de la citoyenneté russe progresse rapidement sur le plan législatif, et devrait permettre à de nombreux réfugiés du Donbass d’obtenir un passeport russe, sans pour autant le distribuer n’importe comment à n’importe qui.

La façon dont ce projet de loi est formulé, et les catégories de personnes concernées montrent que la fédération de Russie essaye de trouver le juste équilibre entre bons sentiments et pragmatisme, afin de ne pas mettre en danger la sécurité ou l’équilibre du pays, tout en intégrant ou réintégrant de manière convenable ceux qui veulent réellement s’intégrer en Russie.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

La possibilité d’un référendum dans le Donbass discutée lors de la dernière réunion au Format Normandie

Référendum DonbassSuite à la fuite dans la presse de la supposée proposition faite par Vladimir Poutine à Donald Trump, d’organiser un référendum dans le Donbass pour résoudre le conflit, les réponses officielles allaient du déni côté russe, au rejet pur et simple côté américain.

« Pour être claire : l’Administration n’envisage pas de soutenir un référendum dans l’Est de l’Ukraine – Un « référendum » n’aurait aucune légitimité. Nous continuons à soutenir les accords de Minsk pour résoudre le conflit dans le Donbass, » a déclaré Heather Nauert, du département d’État américain, sur Twitter.

Tweet Nauert

Un rejet des plus « comiques », car en sous-entendant qu’un tel référendum n’aurait aucune légitimité, les États-Unis viennent de plomber celle du référendum organisé au Kosovo pour légitimer l’indépendance de la région il y a quelques années en arrière.

L’autre point des plus « amusants » de cette réponse était bien sûr la phrase de soutien indéfectible aux accords de Minsk, alors que les États-Unis jettent constamment de l’huile sur le feu en fournissant argent et armes à l’Ukraine, et en cautionnant les violations du cessez-le-feu par Kiev, comme l’a fait récemment Kurt Volker.

La Russie n’a pas raté cette sortie d’Heather Nauert, et y a répondu avec l’ironie qu’on lui connaît, par la voix de Dmitry Polyanskiy, premier vice-représentant permanent de la Russie à l’ONU.

« C’est bon d’entendre ça ! Espérons que vous serez en mesure de faire en sorte que l’Ukraine applique enfin les accords de Minsk. Ce qui implique un dialogue avec le Donbass et l’arrêt des bombardements des zones résidentielles civiles. C’est beaucoup plus efficace que de chercher obstinément une agression russe imaginaire, » a ainsi rétorqué le représentant russe.

Tweet Polyanskiy

Décidément, comme avec leur fameuse déclaration de Crimée (qui peut là aussi être retournée contre Washington, puisqu’il y est dit qu’un État démocratique ne peut changer les frontières d’un autre État par la force, or c’est ce qu’ont fait les États-Unis dans le cas de la Serbie et du Kosovo), Washington ferait mieux de se taire plutôt que de continuer de s’enfoncer un peu plus à chaque sortie haineuse.

Quoi qu’il en soit, ce qui était encore il y a quelques jours en arrière une supposition (cette proposition d’organiser un référendum), s’est confirmé suite à la réunion au Format Normandie qui a eu lieu à Berlin.

Hier, 26 juillet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine a confirmé que la question de l’organisation d’un référendum dans le Donbass avait été discutée lors de la réunion.

« La question du référendum a été abordée, mais n’a pas été discutée en détail. Nous avons expliqué que le manque de progrès fait que tout le monde, y compris nous, pense à de nouvelles formules et de nouvelles approches, dans ce contexte il n’y a pas d’approches interdites, » a déclaré le diplomate.

« Nous ne sommes pas entrés dans les détails aujourd’hui. L’échange d’idées se poursuit », a ajouté Karassine.

Cette nécessité de trouver de nouvelles approches pour sortir du conflit vient du fait que Kiev n’est toujours pas prêt à mettre en œuvre la moindre mesure positive visant à appliquer les accords de Minsk. Selon Karassine, lors de la réunion, les différentes parties « ont fait état de l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des accords de Minsk ».

Le diplomate a déclaré qu’en dépit de la soi-disant trêve des moissons, les autorités ukrainiennes ne sont pas pressées de retirer leurs forces armées dans les zones pilotes de retrait. Il a noté que l’Ukraine refuse d’entériner « l’accord précédemment conclu sur la formule Steinmeier [ancien ministre des affaires étrangères et actuel président allemand], qui concerne le règlement de l’après-crise dans le Donbass ».

« Il semble que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes ou ne veulent pas faire même de petits pas positifs envers la population du Donbass. Elles s’appuient sur le fait qu’il sera possible de résoudre tous les problèmes via les organisations internationales [c’est-à-dire en fait les casques bleus]. Nous pensons que ce n’est pas la bonne approche, » a conclu Karassine.

De son côté Vladimir Poutine refuse toujours de commenter en détail cette proposition de référendum.

« Je ne ferai pas de commentaires pour l’instant, c’est une question très délicate et sensible, qui doit être examinée et développée plus avant », a-t-il déclaré aux journalistes lors de la conférence de presse sur les résultats du sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud.

Il faut dire que le président de la fédération de Russie sait qu’il sera très difficile de faire passer cette proposition pourtant frappée au coin du bon sens. Car, contrairement à ce qu’affirme madame Nauert, quoi de plus légitime et démocratique que de demander aux principaux concernés (c’est-à-dire les habitants du Donbass) ce qu’ils veulent, et dans quel pays ils veulent vivre ?

Et que l’on ne vienne pas me parler de pressions sur les électeurs ou de référendum non-libre. Il n’y a pas plus d’occupant russe en République Populaire de Donetsk (RPD) ou de Lougansk (RPL) qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbre à spaghettis.

De plus l’OSCE qui est sur place sera parfaitement à même de jouer les observateurs lors de ce référendum, pour garantir sa validité (si l’organisation ne se défile pas sous des prétextes fallacieux comme lors du référendum de Crimée ou les primaires organisées en RPD et RPL en octobre 2016).

Si les pays occidentaux et leurs organisations comme l’OSCE arrêtaient de vivre dans une réalité alternative peuplée d’invasions russes imaginaires et se décidaient tous à appliquer des règles de realpolitik, le conflit du Donbass pourrait être réglé en moins de quelques mois.

S’il refuse cette solution pacifique, démocratique et légitime, l’Occident portera avec l’Ukraine toute la responsabilité, et devra répondre des morts et des souffrances supplémentaires qu’entraînera la reprise inévitable du conflit si aucune solution politique n’est trouvée.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

Sergueï Chargounov, député de la Douma, insiste sur la nécessité d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass

Passeports russesCela fait deux ans, que Sergueï Chargounov, député de la Douma (parlement russe), propose régulièrement d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass. En novembre 2016, il avait même soumis une proposition de loi en ce sens à la Douma.

Jusqu’ici ses efforts n’ont pas été couronnés de succès. Il faut dire qu’une telle décision déchaînerait l’hystérie occidentale et ukrainienne contre la Russie. Cette dernière serait accusée d’officialiser ainsi son occupation du Donbass (occupation imaginaire vu qu’elle n’existe que dans la tête de ceux qui profèrent cette ânerie).

Autant dire que, pour ne pas jeter d’huile sur le feu, Moscou temporise ce genre d’initiatives, tout en essayant de simplifier les démarches administratives pour les réfugiés venant du Donbass.

Loin de se démonter, Sergueï Chargounov insiste, persiste et signe. Ainsi, alors qu’il était sur le plateau de la radio « Moscou parle », il a de nouveau fait une déclaration choc en ce sens.

« Les gens qui viennent du Donbass, ou ceux qui vivent dans le Donbass, ont le droit d’avoir des passeports russes. Je pense qu’ils devraient obtenir un permis de travail sans discussion lorsqu’ils trouvent un emploi. Des successions de lenteurs bureaucratiques, lorsque vous ne pouvez pas obtenir ne serait-ce qu’un permis de résidence, un permis de résidence temporaire, vous devez venir et faire la queue – c’est une honte et une disgrâce », a-t-il déclaré.

Ce en quoi sa position diffère de celle choisie par Moscou sur la simplification de l’octroi de la nationalité russe, c’est que sa proposition concerne aussi ceux qui résident toujours dans le Donbass, et pas seulement les réfugiés venus en Russie.

De quoi donner quelques sueurs froides aux autorités de Kiev qui craignent que Moscou transforme de facto le Donbass en territoire où résident des citoyens russes. Une option à laquelle se refusera la Russie tant que les accords de Minsk sont toujours considérés officiellement comme valables.

Mais si les Russes ont une incroyable patience, celle-ci n’est pas infinie. Et à force de ne pas vouloir appliquer les accords de Minsk, Kiev pourrait bien se réveiller un matin avec une mauvaise surprise.

Christelle Néant

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)