Explosion et tirs dans une école polytechnique de Crimée : 18 morts et 47 blessés

Ecole polytechnique de KertchUne attaque a eu lieu aujourd’hui dans une école polytechnique de Kertch en Crimée. Le bilan provisoire fait état de 18 morts et 47 blessés.

Qualifié d’abord de simple explosion en début d’après-midi, l’acte a été requalifié en attentat terroriste, avant d’être rétrogradé comme meurtre. D’après les informations préliminaires, il semble qu’un engin explosif non identifié aurait fait exploser une bonbonne de gaz (l’école n’était pas reliée au réseau et était alimentée en gaz liquéfié par des bonbonnes), puis un ou des hommes auraient ouvert le feu sur les personnes présentes.

Le premier bilan qui faisait état de 10 blessés s’est très vite alourdi, et le bilan actuel de 18 morts et 47 blessés n’est toujours que provisoire et pourrait encore s’alourdir. La plupart des personnes tuées sont des étudiants, qui ont été touchés par balles.

Parmi les blessés, au moins 34 personnes ont dû être hospitalisées. Les blessés ont été répartis dans deux hôpitaux de Kertch.

Le chef de la République de Crimée, Sergueï Aksionov s’est rendu sur place, où le ministère des Situations d’urgences et une unité de l’armée (200 soldats) sont sur place pour organiser les secours, l’évacuation des blessés, fouiller les décombres, mais aussi empêcher d’autres explosions. D’après les dernières informations reçues, personne ne serait coincé sous les décombres.

Le président de la fédération de Russie a donné ordre au ministère de la Santé, au ministère des Situations d’urgence et aux autres services de porter assistance aux victimes.

À l’hôpital N°1 de Kertch, huit équipes chirurgicales travaillent en parallèle pour prendre en charge les blessés, et le ministère de la Défense a mis à disposition un de ses hôpitaux militaires. Une ligne directe a aussi été mise en place pour informer la population et les personnes qui s’inquiètent pour leurs proches fréquentant l’établissement.

Vladimir Poutine a aussi adressé ses profondes condoléances aux familles et amis des victimes, et un deuil de trois jours a été déclaré sur la péninsule.

Le FSB, le ministère de l’Intérieur et la Garde Nationale sont rapidement arrivés sur place. Le lieu de l’explosion a été bouclé, et l’enquête criminelle est en cours. Sergueï Melikov, Premier chef adjoint de la Garde Nationale a très vite qualifié l’explosion d’acte terroriste, et l’enquête a été lancée sous ce chef d’accusation, avant d’être changé pour « meurtre ». Le président russe a ordonné au FSB et aux forces de l’ordre de faire toute la lumière sur ce qui s’est passé.

Des témoignages recueillis par la presse ont permis d’y voir rapidement plus clair. Ainsi, la concierge de l’école Natalia Panikorovskaya a déclaré à RT qu’elle a vu deux explosions suivies d’une fusillade.

« Je ne sais pas comment ils sont rentrés. Il y avait des enfants, beaucoup d’enfants […]. Quand les enfants sont passés, il y a eu une explosion. Je pensais que c’était un poste de télévision qui avait explosé. Puis la seconde explosion. Et puis des gens sont descendus en disant avoir entendu une fusillade au premier étage », déclare-t-elle.

Le deuxième témoignage vient de l’un des étudiants qui a confié à RT avoir vu des hommes masqués tirer après la première explosion, et jeter des engins explosifs.

« Au début, il y a eu une explosion dans la cantine, et immédiatement après, des personnes avec des armes automatiques ont commencé à sortir des toilettes. Ils avaient des masques sur leurs visages. Il était impossible de savoir de quelle nationalité ils étaient. Il y en avait beaucoup, mais je ne peux pas dire combien. Ils ont tiré sur des étudiants et des enseignants – tous ceux qu’ils rencontraient sur leur chemin. J’ai vu un ou deux blessés. En outre, ces personnes ont jeté des engins explosifs », a-t-il déclaré.

Selon lui, des personnes fuyant les lieux auraient même sauté par les fenêtres.

Des images de vidéo-surveillance auraient filmé l’auteur présumé de l’attaque. D’après les dernières informations reçues, le jeune homme était un ancien étudiant, et s’appelait Vladislav Rosliakov. Il aurait mis fin à ses jours après l’attaque, et son corps aurait été retrouvé dans l’école d’après Sergueï Aksionov. Pour l’instant les motivations de ce jeune homme ne sont pas connues.

En attendant que l’enquête fournisse des informations sur les motivations de cette attaque, la sécurité du pont de Kertch et celle de l’ensemble de la péninsule de Crimée a été renforcée.

Christelle Néant

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