Crimes D’humanité : Nous restons Passifs ?

« Entre la logique de la révolution et sa philosophie il y a cette différence que sa logique peut conclure à la guerre, tandis que sa philosophie ne peut aboutir qu’à la paix. » Victor Hugo !

« Que puis-je faire de plus que de rapporter les témoignages du terrain, mon vécu sur place. Hommages à toutes les victimes. Je dédie ces lignes à tous les enfants du monde » Le Panda !

Sommes-nous à ces points ignorants, comme à l’époque de la Shoa ? Nous restons plantés presque à pleurer, pour savoir qui sera le prochain président de la République de la France !

Pour ce faire nous faisons en sorte de faire entendre des positions personnelles qui ne feront nullement changer la face du monde. Nous, nous débattons sur la valeur de 11 candidats !

Il en ressort que je suis particulièrement en colère, contre moi-même en 1er ! Je me devais d’agir, de parler, non pour me déculpabiliser, mais modestement faire prendre conscience.

Un crime contre l’humanité combien savent ce que cela est? Lien !

Ouvrons juste les yeux et même si nos oreilles ne perçoivent pas ce qui se passe en Syrie, alors déduisions que nous sommes aussi responsables que les véritables coupables.

Attention certains vidéos sont difficilement supportables, vous pouvez les voire Lien !

Vous pouvez aussi tenir compte de la souffrance de ces peuples Lien assez de les accuser !

Je le réitère ces visions sont plus que difficiles, mais cela relève aussi de nos responsabilités.

Il serait possible de soulever des milliers de crimes contre l’humanité en Syrie, une évidence les commentaires seront ou pas le rendu de nos plaintes alors que des millions de morts jonchent cette terre. Juste de la dignité, un regard humain simplement, le pouvons-nous encore? Le régime syrien et son allié russe ont rejeté en bloc les accusations des pays occidentaux sur l’attaque chimique présumée en Syrie, alors que se multiplient les efforts pour faire voter une résolution de condamnation à l’ONU.

Deux jours après l’attaque dans la région d’Idleb ayant fait 86 morts, Moscou a affirmé jeudi que Washington ne disposait pas d’information « objective », « fiable » et « réaliste, au moment où Américains, Français et Britanniques pointent du doigt le régime de Bachar al-Assad. Lien !

Faut-il mieux comprendre le sur armement de certains pays qui craignent que cela dégénère tous azimuts. Il ne s’agit point en l’instant ou des centaines d’enfants, de femmes, hommes, sont assassinés, de demeurer silencieux ! Combien de médias livrent ces types d’informations? Le néant du silence laisse place à une certaine forme de complicités voire plus.

Lorsque je cite que cela remonte à plus de cinq ans, nous sommes loin de la réalité ! Au cours des deux semaines qui se sont écoulées depuis les attaques au gaz dans la banlieue de Damas qui ont tué plus de 1.000 personnes et pourraient entraîner une réponse militaire occidentale, beaucoup de gens se sont demandé ce qui avait bien pu passer par la tête de Bachar el-Assad. Sachant que Barack Obama avait « clairement fait comprendre »que le gouvernement syrien pouvait faire ce qu’il voulait sans déclencher d’intervention américaine sauf utiliser des armes chimiques, pourquoi a-t-il tenté le diable?

La question de la motivation a même poussé certains commentateurs à se demander si le gouvernement syrien avait vraiment perpétré l’attaque, ou si les rebelles eux-mêmes n’avaient pas essayé de déclencher une intervention internationale.

Pour mieux comprendre ce qui peut avoir motivé Assad, j’ai parlé avec le spécialiste des sciences politiques Alastair Smith, de la NYU, co-auteur avec Bruce Bueno de Mesquita de The Dictator’s Handbook.

Ce livre de 2011 est une analyse brutalement cynique des raisons pour lesquelles les autocrates agissent comme ils le font. Lien

Sources : Sylvie Matton, écrivaine et réalisatrice, bravo Madame encore une femme face aux armes !

Dixit partiel : Depuis des années, les commentaires médiatiques et politiques annoncent, à leur manière, le sacrifice inéluctable de la population d’Alep, martyrisée depuis au moins cinq ans. Aux victimes syriennes depuis 2012, et notamment à celles d’Alep, affamées et torturées sous un déluge de feu depuis la mi-novembre, peu importe de savoir si ce que le pouvoir de Bachar Al-Assad leur fait subir est un génocide, un crime contre l’humanité ou un crime de guerre.

C’est la même barbarie, les mêmes meurtres et terreurs, les mêmes pilonnages d’hôpitaux, les mêmes bombes incendiaires, largages de barils d’explosifs sur les habitations ou attaques au chlore. La fameuse ligne rouge à prétendument ne pas franchir, dixit Barack Obama qui les anéantissent. Même refus de les évacuer, même blocage de convois humanitaires.

La France présente une résolution à l’ONU pour l’évacuation des habitants d’Alep

La seule différence d’importance aurait concerné le génocide : si les crimes commis par Bachar Al-Assad contre sa population avaient été définis comme tels il y a presque cinq ans, les Etats membres des Nations unies (ONU) auraient eu l’obligation de l’empêcher d’agir par tous les moyens, dont la force. Mais les « rebelles », soit la population s’opposant au régime et visée par Assad, appartiennent à une catégorie qui n’intègre pas, dans la Convention onusienne de décembre 1948 pour « la prévention et la répression du génocide », la liste des groupes « national, ethnique, racial ou religieux » pouvant être reconnus comme agressés et menacés de destruction « en tout ou en partie » le terme « politique » ayant été gommé du texte initial, à la demande de Staline.

Marie Seurat : « La citadelle d’Alep, de l’image pieuse aux larmes et au sang »

Sarajevo, Srebrenica, Guernica. Il n’en demeure pas moins que les crimes perpétrés en Syrie depuis 2012 sur ordre du président syrien par les forces loyalistes sont bien des crimes contre l’humanité. Et, sans les vetos de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l’ONU, des résolutions proposées auraient été votées, contraignant Assad à ne plus s’accrocher au pouvoir au prix de l’extermination d’une partie de son peuple.

Mais comment imaginer, dans ce contexte, que le président sanguinaire puisse un jour être jugé pour ses crimes par la Cour pénale internationale ou tout autre tribunal ayant compétence à le juger de même que son complice russe qui, bombardant Alep avec ses chasseurs depuis la mi-novembre, use régulièrement de son droit de veto?

Le génocide bosniaque, perpétré en Europe entre 1992 et 1995 semble être devenu, vingt ans plus tard, une référence morale pour les politiques et les diplomates. Ainsi, certains d’entre eux exprimaient-ils déjà leurs craintes, en forme d’indignation, au début des attaques des forces loyalistes contre les « rebelles » dès le printemps 2012 : « Nous ne laisserons pas un nouveau Srebrenica se reproduire ! » Alerte ou anticipation?

A présent que les populations d’Alep-Est, asphyxiées sous les bombardements, fuient vers les territoires tenus par les forces d’Assad, de nouveaux mots-chocs sont prononcés : le pilonnage sans répit de ces quartiers rappellerait celui de Sarajevo, et le massacre de la population celui de Guernica. Une vérité de violence et de cynisme.

Les atrocités se reproduisant, c’est toujours le même vocabulaire qui, tentant grossièrement de la camoufler, révèle la vérité. Une vérité de violence et de cynisme qu’on préférerait cacher.

C’est ainsi que, depuis quelques semaines, les médias relaient la séparation, après leur reddition, de centaines d’hommes d’Alep-Est des femmes et des enfants, afin d’être « screened » interrogés, filtrés, vérifiés. C’est le même terme que celui employé à Srebrenica, après que Ratko Mladic avait annoncé face à une caméra : « Les femmes et les enfants d’abord. » Ainsi informait-il le monde du moins le monde politique, au courant de ses objectifs que les hommes seraient tués.

Quand, dans son jargon, l’ONU se dit aujourd’hui « préoccupée » par le sort de plusieurs centaines d’hommes d’Alep faits prisonniers par les forces d’Assad, la traduction de ce qu’elle admet est que les hommes viennent d’être exécutés, à moins que le massacre ne soit en cours ou sur le point d’avoir lieu.

Comme pour Srebrenica, il est probable que certains aient vu sur un écran les images satellitaires des mises à mort et des pelleteuses excavant puis refermant les charniers.

Si tel n’était pas le cas, comment expliquer les récents simulacres politiques, en maintes capitales, de nos dirigeants et ministres occidentaux, dans le seul but de ne pas être jugés, par leur électorat, coupables d’inaction ? Gesticulations diplomatiques.

Les contre-ordres sur le terrain, la désinformation et le déni s’organisent, les gesticulations diplomatiques en sont la preuve : Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l’ONU, qui fut journaliste à Sarajevo durant le génocide, et auteure d’un ouvrage de référence A Problem from Hell, America and the Age of Genocide, prix Pulitzer 2002. Demande à son homologue russe, lors d’une session du Conseil de sécurité, s’il n’éprouve pas de honte, dévoilant ainsi celle qui probablement la taraude ; John Kerry, secrétaire d’Etat américain, avertit qu’« Alep risque d’être un nouveau Srebrenica », le soupçon énoncé étant une certitude, dans une sémantique rétroactive.

Quant au pape qui, après tant de crimes reconnus, demande sérieusement à Bachar Al-Assad de respecter « le droit humanitaire international en ce qui concerne la protection des civils et l’accès à laide humanitaire », son propos serait-il de préparer les opinions publiques à un nouveau « On ne savait pas, on ne pouvait pas savoir »?

Le génocide bosniaque a permis l’instauration du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, comme arme dissuasive pour les politiques, mais fonctionnant néanmoins grâce à l’opiniâtreté de certains magistrats, et de grands procès dont ceux des hauts responsables.

Indifférence des responsables occidentaux. Il est probable que Bachar Al-Assad ne sera pas jugé avant longtemps pour les crimes contre l’humanité dont il est responsable. Pas tant que son complice russe pourra imposer, avec son veto, son refus de justice et ainsi faire reculer le droit international. Ce sont à présent des centaines d’hommes qui sont évacués d’Alep-Est, dans des camions arborant le portrait officiel d’Assad, avant leur famille, sous les objectifs de lointaines caméras et sans la présence d’observateurs onusiens réclamée par les Etats-Unis et la France, refusée par les forces criminelles, comme à Srebrenica.

« Les hommes d’abord » rappellent ici tragiquement la séparation d’avec leur famille des sacrifiés de Srebrenica. Le sort de ces hommes sera le même, n’en doutons pas, que celui des centaines de « portés disparus » évoqués depuis quelques jours par les médias. Victimes d’un dictateur sanguinaire, de son complice russe et de l’indifférence, depuis presque cinq ans, des responsables occidentaux, ils seront retrouvés dans quelque temps dans une fosse commune.

Une résolution condamnant l’attaque chimique survenue mardi 4 avril à Khan Cheikhoun, une localité du nord-ouest de la Syrie, et appelant à une enquête est soumise au vote du Conseil de sécurité de l’ONU, mercredi. Journaliste chargé de la diplomatie au Monde, Marc Semo a répondu à vos questions lors d’un tchat. En voici les principaux extraits. Lien

 

Puis dire que face à autant d’épouvantes que ma plume sourd, mon cœur saigne, non au sens littéraire. Je me pose la simple question de savoir, puis-je porter le nom d’être un homme citoyen du monde sans déclarer ces témoignages baignés de sang sur un sol ou les orangeraies, ne sont pas proches de revoir le jour.

L’odeur de la mort plane et nous sommes inertes à nous démonter face à la douceur des annonces de tels ou tels partis, voire hommes politiques de chez nous, je suis outré pour ne pas écrire autre chose. Je l’avais publié sur un de mes ouvrages ayant été sur place à un moment de ma vie que : « La solution serait humaniste ou elle ne verra pas la vie ».

Le Panda

Patrick Juan

 

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