Perquisitions et interrogatoires de prêtres de l’UOC-MP par le SBU

SBUAprès le vote de la loi martiale en Ukraine et la perquisition qui a eu lieu chez le Père Supérieur de la laure de Kiev-Petchersk, les autorités ukrainiennes continuent d’accroître la pression sur l’Église orthodoxe ukrainienne canonique (UOC-MP), pour justifier de la dépouiller de ses monastères, églises et chapelles, afin de les donner ensuite à l’Église autocéphale bidon créée par Constantinople sur base des Églises ukrainiennes schismatiques.

Après la résidence du Métropolite Paul, fouillée par le SBU le 30 novembre, ce sont les bâtiments et lieux de résidence appartenant l’UOC-MP dans les diocèses de Kiev, Jitomir, Nogorod-Volyn et Ovroutch-Korosten qui ont été perquisitionnés, lundi 3 décembre, par les services de sécurité ukrainiens, pour y chercher des preuves de la prétendue « incitation à la haine inter-religieuse » dont serait coupable l’Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Lors de ces perquisitions, les agents du SBU et la police ont emporté des clefs USB, des ordinateurs et des documents imprimés.

Huit perquisitions au total, auxquelles viennent s’ajouter les interrogatoires d’une vingtainede prêtres de l’UOC-MP venant des éparchies de Rovno et Sarny, toujours par le SBU.

Le caractère complètement fabriqué et politiquement motivé de l’enquête menée par le SBU transparaît dans ces interrogatoires massifs de prêtres, qui ont été convoqués sans savoir pourquoi !

« Une part significative du clergé du diocèse de Sarny a reçu une convocation pour interrogatoire, et 20 prêtres du diocèse de Rovno ont reçu une convocation à témoigner sans explication sur ce sur quoi ils devaient témoigner », a déclaré le département d’information et d’éducation de l’UOC-MP.

D’après l’UOC-MP, ses archevêques commencent à recevoir des appels téléphoniques du SBU exigeant de venir discuter dans leurs locaux.

D’après Vadim Novinski, député d’opposition à la Rada, qui a divulgué ces faits, de telles actions visent à mettre la pression sur l’UOC-MP « dans un seul but – contraindre les hiérarques de l’Église orthodoxe ukrainienne à participer au conseil d’unification de ce que la population appelle déjà « l’Église du patriarcat de Porochenko ». »

Alors qu’UNIAN reprend la propagande officielle et la fausse accusation d’incitation à la haine inter-religieuse avancée par le SBU, l’archevêque de l’église de l’Exaltation de la Sainte Croix de Jitomir a souligné, que la seule chose qui se trouve sur les supports saisis ce sont des chants et concerts religieux… Le SBU va-t-il nous sortir que les chants sacrés orthodoxes sont une incitation à la haine inter-religieuse ?

Ces méthodes de persécution de l’Église orthodoxe rappellent celles utilisées il y a un siècle par un autre régime, pourtant honni par la junte de Kiev actuelle : le régime soviétique.

Ce parallèle a été fait par les frères de la laure de Potchaïev qui ont écrit une lettre pour faire part de ce qui se passe.

« Nous sommes obligés d’affirmer qu’à l’heure actuelle, les autorités ukrainiennes utilisent des méthodes communistes pour lutter contre l’Église orthodoxe.
Par exemple, il y a environ 100 ans, les dirigeants bolcheviques, en particulier L. D. Trotski, et ceux qui l’accompagnaient, se sont donné pour tâche de créer une organisation de l’Église orthodoxe sous le contrôle des autorités soviétiques. C’est ainsi qu’est apparu le mouvement rénovationniste ou « Église vivante ». Une des idées principales de cette organisation était l’abolition du monachisme.
Après la création de l’organisation rénovationniste, les bolcheviks commencèrent une bataille active avec l’Église orthodoxe qui devint illégale. Sous le slogan de la « complicité avec la contre-révolution », des églises et des objets de valeur de l’Église furent saisis et des répressions sévères furent utilisées contre le clergé. Il est à noter que les schismatiques-rénovateurs étaient soutenus par le Patriarcat de Constantinople.
Cette « Église vivante » n’a même pas duré trente ans, mais l’Église canonique est inébranlable jusqu’à ce jour.
»

Pour les frères de la laure de Potchaïev, le but est clair : confisquer les biens de la laure de la Sainte Dormition de Potchaïev et les transférer à l’Église issue des schismatiques une fois l’autocéphalie accordée.

D’ailleurs la lettre fait un parallèle intéressant en soulignant qu’aujourd’hui, comme il y a un siècle en arrière, le Patriarcat de Constantinople soutient ceux qui persécutent l’Église orthodoxe canonique.

Après la guerre civile dans le Donbass, voilà que Kiev a officiellement lancé une guerre de religion sur l’ensemble de son territoire, utilisant la loi martiale et ses services de sécurité pour persécuter ceux qui refusent de soutenir une vision politicienne et ultra-nationaliste de la religion.

En guise de conclusion, je vais citer le Métropolite Onuphre, chef officiel, légitime et reconnu de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (Église canonique), qui est accusé avec ses hiérarques d’incitation à la haine inter-religieuse, et je vous laisserai juger si celui qui tient de tels propos est une personne qui incite à la haine.

« Les gens qui font le mal et qui l’aiment, haïssent le bien. Et tout ce qui est lié au bien, ils le traînent dans la boue. Nous devons aimer le bien et nous efforcer d’être les porteurs du bien. Et ce sera utile pour tous, et pour nous, et pour ceux qui vivent à nos côtés. Et en son temps, chacun donnera une réponse à Dieu pour ce qu’il a fait, de mal, de bien… L’homme répond pour tout. Ce n’est pas une menace, c’est la vérité. »

Christelle Néant

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Porochenko utilise la loi martiale pour éliminer l’Église orthodoxe canonique

Église orthodoxe ukrainienneComme je le craignais il y a plusieurs semaines en arrière, et comme l’a aussi prédit Rostislav Ishchenko dans son analyse cette semaine, Petro Porochenko a décidé de se débarrasser de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP), utilisant pour cela la loi martiale récemment votée.

Puisque l’UOC-MP refuse de jouer dans la mascarade organisée par Porochenko et le Patriarche de Constantinople, Bartholomée, le président ukrainien a décidé de se débarrasser de la variable qui pose problème dans l’équation lui permettant d’obtenir l’autocéphalie tant désirée.

La conclusion de Rostislav a été confirmée par des députés de la Rada issus du Bloc d’Opposition. Pour Iouri Pavlenko, le gouvernement ukrainien va utiliser la loi martiale pour intimider ceux qui ne soutiennent pas l’autocéphalie en Ukraine, et pour Vadim Novinski, cela pourrait même encourager les ultra-nationalistes à voler d’autres églises dans la perspective de l’obtention de l’autocéphalie (pour rappel plus de 50 églises de l’UOC-MP ont été volées par la force par les partisans de l’Église orthodoxe schismatique du Patriarcat de Kiev, l’UOC-KP).

Vadim Novinski a ainsi indiqué sur sa page Facebook que la loi martiale a été introduite dans les régions où l’Église orthodoxe ukrainienne canonique a un fort soutien de la population, ce qui pourrait affecter négativement la situation religieuse déjà tendue dans le pays et encouragerait les ultra-radicaux à s’en prendre aux églises de l’UOC-MP.

« Si le gouvernement reçoit au moins un signal encourageant d’Istanbul concernant le tomos [d’autocéphalie NDLR], rien ne pourra arrêter les sbires du régime dans leur désir de s’emparer des églises et de remodeler radicalement la carte religieuse, » a-t-il écrit.

« La loi martiale leur donne cette possibilité, en dépit des assurances données par Petro Porochenko que les droits civils ne seront pas violés et que l’État ne s’immiscera pas dans les affaires de l’Église », a noté Novinsky, ajoutant qu’il entend surveiller étroitement les droits religieux dans les régions où la loi martiale a été appliquée et informer rapidement les organisations internationales et les missions diplomatiques de toute violation.

Et pour comprendre à quel point les promesses de Porochenko n’ont de valeur que pour ceux qui les écoutent, il suffit de voir ce qu’a déclaré Andreï Iourach, directeur du département des affaires religieuses et des nationalités du ministère ukrainien de la Culture, dans une interview accordée au média ZIK.

Bien que la mise en œuvre de la loi martiale n’affecte pas directement la sphère religieuse, a dit Andreï Iourach, « elle peut catalyser davantage tout ce qui se passe dans la société et ce que celle-ci attend. Cela pourrait inspirer de grands groupes sociaux à réaliser rapidement leur attente stratégique d’une église locale unie. »

Mais en réalité cette loi martiale affecte déjà directement la sphère religieuse, comme le craignait Rostislav Ishchenko. Ainsi, hier le Métropolite Paul, Père Supérieur de la laure de Kiev-Petchersk a déclaré que les autorités ukrainiennes lui mettaient la pression, et risquaient de lui faire subir des perquisitions.

« De nombreuses questions se posent quant à la légitimité des actions des autorités. Ces actions ne sont pas légitimes, il y a des pressions sur moi, des menaces, des appels téléphoniques et beaucoup d’autres choses. Je ne peux pas citer les raisons, je ne les connais pas », a-t-il déclaré lors d’une réunion d’information jeudi.

Le Métropolite a également déclaré que les autorités avaient engagé des poursuites contre lui.

« Ils m’ont accusé de mauvaise attitude envers le Patriarche Bartholomée, d’être à l’origine des tensions religieuses, mais je le traite avec beaucoup de respect comme un patriarche », a dit le Père Supérieur de la laure.

Le Métropolite n’exclut pas que les autorités exercent une pression plus forte sur lui ni même qu’elles procèdent à des perquisitions.

« Je ne serais pas surpris qu’il y ait des fouilles et encore plus de violence », a-t-il dit. Dans le même temps, le métropolite a dit qu’il ne savait pas qui a initié les poursuites contre lui, car elles sont confidentielles.

À peine un jour après cette déclaration, la prophétie du Métropolite Paul se réalise. Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont ainsi débarqué chez lui aujourd’hui, 30 novembre, pour mener une perquisition.

Les agents du SBU sont arrivés chez lui à 8 h du matin, et sans présenter aucun chef d’accusation, ont commencé à fouiller la maison située dans le village de Voronkov (région de Kiev). Le Métropolite Paul ne se trouvait pas sur place au moment de la fouille.

Comme on peut le voir, peu importe que la loi martiale ne s’applique pas à la région de Kiev, le SBU agit déjà comme si c’était le cas, ne justifiant la fouille qu’a posteriori avec des arguments qui prêteraient à sourire si la situation ne risquait pas de dégénérer en guerre de religion tragique. D’après le Métropolite Paul, le SBU a agi directement sur ordre de Petro Porochenko, comme le permet la loi martiale !

« Les forces de l’ordre procèdent à des perquisitions au lieu de résidence et à l’emplacement de la propriété qui appartient au métropolite Paul (Lebed). Les perquisitions ont lieu dans le cadre de l’affaire pénale en vertu de la partie 2 de l’article 161 du code pénal ukrainien – « Violation de l’égalité des citoyens selon la race, la nationalité, les croyances religieuses, incitation à la haine interconfessionnelle », » a déclaré le SBU.

Quand on voit que l’UOC-MP et son Métropolite, Onuphre, ne tiennent que des paroles d’apaisement, d’appel au calme et à la prière, quand Philarète (« Patriarche » de l’UOC-KP, l’Église schismatique) bénit des fresques et des criminels de guerre néo-nazis, dit que les résidents du Donbass doivent payer par leurs souffrances et leur sang leurs volontés sécessionnistes, et dit ouvertement vouloir dépouiller l’UOC-MP de ses églises, on doit se pincer pour vérifier qu’on ne rêve pas en lisant l’acte d’accusation.

L’incitation à la haine interconfessionnelle c’est Porochenko et Philarète qui en sont coupables. Pas Le Métropolite Onuphre, ni le Métropolite Paul !

Après avoir fait annuler l’acte de transfert de la laure de Potchaïev à la communauté monastique qui l’occupe, et qui appartient à l’UOC-MP, cette perquisition marque le premier pas vers les persécutions religieuses initiées par Petro Porochenko contre l’Église orthodoxe ukrainienne canonique.

Pourquoi ? Parce que la situation devient urgente. L’UOC-MP refusant de jouer à la mascarade de l’autocéphalie en se réunifiant avec les Églises schismatiques, Porochenko doit s’en débarrasser. Car pour l’instant, faute de réunification, le Patriarcat de Constantinople a dû postposer le processus d’attribution de l’autocéphalie. Comme je l’avais dit, il y a quelques semaines en arrière, sans réunification il n’y aura pas d’autocéphalie. Or Porochenko en a besoin pour redorer sa côte de popularité.

Si le synode du Patriarcat de Constantinople (qui vient de se réunir) a préparé par anticipation la charte constitutionnelle de la future Église autocéphale ukrainienne une fois le tomos accordé, celui n’est toujours pas obtenu, car la date du concile d’unification n’a toujours pas pu être fixée, puisque l’UOC-MP refuse de participer à ce processus complètement anti-canonique.

Et comme l’a très bien dit Rostislav Ishchenko, il ne faut pas s’y tromper, les hiérarques de l’UOC-MP ne seront que les premiers d’une longue, très longue liste de personnes qui vont se retrouver dans la ligne de mire de Porochenko, et persécutés en conséquence.

Que les membres de l’opposition à Porochenko qui sont issus du Maïdan se souviennent de ce texte de Martin Niemöller :

« Ils sont d’abord venus chercher les socialistes, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas socialiste
Puis ils sont venus chercher les syndicalistes, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas syndicaliste
Puis ils sont venus chercher les Juifs, et je n’ai rien dit
Parce que je n’étais pas juif
Puis ils sont venus me chercher, et il ne restait plus personne pour me défendre. »

Ils viendront d’abord chercher les hiérarques et fidèles de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, puis ils viendront chercher les membres de l’opposition anti-Maïdan, et ils finiront avec ceux qui ont soutenu ce putsch.

La révolution « de la dignité », comme toutes les révolutions, dévorera alors ses propres enfants. Il sera alors trop tard pour hurler à la dictature…

Christelle Néant

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