La RPD relance la station d’épuration de Donetsk sur fond de bombardements meurtriers de la part de l’armée ukrainienne

MortierLa journée du 22 avril 2018 fut marquée par un nouveau pic de bombardements et de victimes de la part de l’armée ukrainienne, alors que la République Populaire de Donetsk (RPD) relançait la station d’épuration qui avait été mise à l’arrêt le 18 avril pour rétablir l’approvisionnement en eau de la population.

Hier matin, la journée avait commencée sur une note plutôt positive. Comme annoncé vendredi par Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) confirmait dimanche matin que le redémarrage de la station était prévu pour le jour même.

Dès 10 h, des équipes du ministère des Situations d’urgence de la RPD ont procédé à l’inspection et au nettoyage des routes permettant d’accéder à la station, afin d’éliminer tout engin explosif qui pourrait mettre en danger les travailleurs. La MSS de l’OSCE a aidé les démineurs en surveillant intensivement la zone pendant les opérations de nettoyage.

Après avoir vérifié l’état des installations et s’être assurés que tout était en état de fonctionnement, le personnel a pu commencer le processus de redémarrage de la station. Un processus de plusieurs heures qui a abouti hier à 15 h 30. Les 400 000 personnes qui étaient privées d’eau depuis le 18 avril au soir ont dû attendre encore 4 à 5 h pour avoir enfin de l’eau au robinet, le temps pour cette dernière d’arriver jusqu’à destination.

Néanmoins, le redémarrage ne s’est pas fait sans mal, puisque pendant les opérations, les soldats ukrainiens ont bombardé la zone autour de la station d’épuration. Ainsi, un peu avant 13 h, le CCCC a alerté sur le fait que malgré les garanties de sécurité fournies, l’armée ukrainienne tirait à proximité de la station d’épuration, mettant en danger le processus de redémarrage de cette dernière.

Le CCCC a exhorté la partie ukrainienne à cesser ces bombardements sauf à vouloir laisser 400 000 personnes sans eau, des deux côtés de la ligne de front. Finalement les tirs sur cette zone se sont calmés et le travail a pu reprendre avec succès. Et la première nuit de travail de la station après le redémarrage s’est déroulée sans incident.

Mais au vu de ce qui s’est passé pendant le redémarrage de la station, il est à craindre que l’armée ukrainienne ne recommence les provocations contre cette dernière jusqu’à provoquer un nouvel arrêt.

Des craintes confirmées par le fait qu’hier, faute de pouvoir tirer de manière intensive contre la station d’épuration, les soldats ukrainiens se sont reportés sur d’autres secteurs du front.

D’abord en ouvrant le feu dès le matin avec des mortiers de 120 mm, des véhicules de combat d’infanterie et des lance-roquettes antichar contre la localité de Dokoutchayevsk, blessant ainsi un civil. L’homme de 62 ans a reçu des éclats dans la nuque, l’abdomen, la hanche et le genou, et a été hospitalisé.

Puis à 12 h 20, c’est contre le village de Zaïtsevo que l’armée ukrainienne a tiré au lance-grenades automatique (29 grenades), tuant un civil de 63 ans. L’homme a été littéralement criblé d’éclats venant de la grenade qui a atterri dans la cour de sa maison.

Voir le reportage vidéo de Patrick Lancaster.

Au total entre hier et aujourd’hui au petit matin (3 h 00 heure locale), l’armée ukrainienne a violé 32 fois le cessez-le-feu et tiré 956 munitions dont 47 obus de mortier de 120 mm et 70 obus de mortier de 82 mm.

Et depuis ce matin 3 h, le CCCC a déjà enregistré 11 violations du cessez-le-feu par l’armée ukrainienne, alors qu’il n’est que 14 h 30, heure locale. Au cours de ces violations, le CCCC a enregistré l’utilisation de mortiers de 120 mm à huit reprises, et de mortiers de 82 mm à 74 reprises.

Pas de quoi être très optimiste pour le bilan à venir de la journée en cours, lorsqu’on sait que le gros des violations se fait une fois la nuit tombée.

Christelle Néant

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La station d’épuration de Donetsk ferme à cause des tirs de l’armée ukrainienne qui se poursuivent pendant l’évacuation du personnel

EauComme on pouvait le craindre, le tir des soldats ukrainiens d’hier, qui a fait cinq blessés parmi les employés de la station d’épuration de Donetsk, a poussé la direction de la station à fermer cette dernière pour ne plus mettre ses employés en danger.

L’équipe qui était sur place depuis hier a dû attendre jusqu’à cet après-midi de pouvoir enfin être évacuée avec l’aide de l’OSCE et du ministère des Situations d’urgence de la République Populaire de Donetsk (RPD), car la partie ukrainienne a tardé à donner les garanties de sécurité nécessaires.

La direction avait déjà menacé de fermer la station le mois dernier, et c’est grâce à l’action de l’OSCE que cette fermeture avait pu être évitée. Mais cette fois c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la société « Eau du Donbass », qui ne veut plus devoir envoyer ses employés travailler en gilet pare-balles en priant pour que les soldats ukrainiens ne prennent ni les véhicules de transport ni la station d’épuration pour cible.

Depuis quatre ans, le personnel de la station a héroïquement continué à faire son travail afin de ne pas priver d’eau les habitants de la république, mais aussi ceux vivant de l’autre côté de la ligne de front. Mais cette fois c’est allé trop loin.

Beaucoup d’employés de la station travaillent en famille. Ainsi la femme de l’un des blessés d’hier fait partie de l’équipe qui travaille, avec des gilets pare-balles, dans la station depuis hier après-midi afin que les habitants de la république puissent continuer à avoir de l’eau ! Mais malgré tout ce courage il y a des limites aux risques que la direction de la station peut accepter de prendre. Et ces limites ont été atteintes.

Une fois le personnel évacué, la station sera mise à l’arrêt (pour une première période de cinq jours que la direction espère pouvoir utiliser pour obtenir des garanties de sécurité solides, faute de quoi l’arrêt de la station sera prolongé). Face à cette situation grave l’OSCE a de nouveau fait preuve de bonne volonté en proposant d’accompagner chaque jour les convois qui amènent et ramènent de la station les équipes de travailleurs afin d’assurer leur sécurité. Mais il leur faut obtenir pour cela des garanties de sécurité fiables de la part de Kiev.

En attendant, grâce à des systèmes de flux inversé, de l’eau sera envoyée dans les canalisations via les stations de pompage afin de ne pas priver 1,5 millions de personnes d’eau, mais il est à craindre qu’elle ne sera pas potable. Et ce système a ses limites, car il ne permettra pas de desservir toutes les zones alimentées par la station d’épuration.

D’après les informations dont nous disposons, plus de 400 000 personnes se retrouveront ce soir sans eau, dont la moitié dans la partie du territoire occupée par l’armée ukrainienne, entre autre dans la ville d’Avdeyevka.

Une situation que Kiev compte utiliser médiatiquement pour salir la RPD, et faire croire aux habitants d’Avdeyevka et aux populations des pays occidentaux que c’est de la faute de la république si les habitants se retrouvent privés d’eau.

L’armée de la RPD craint quant à elle une utilisation militaire de cette évacuation, les soldats ukrainiens planifiant d’utiliser la station comme position de tir sûre, grâce aux abris souterrains et aux nombreux produits chimiques stockés dans la station, qui empêcheront les soldats de la RPD de tirer en retour (les soldats de la république voulant éviter à tout prix de provoquer un désastre humain et écologique qui serait inévitable si les stocks de chlore de la station prenaient feu par exemple). De telles méthodes, utilisées par l’armée ukrainienne, rappellent celles des terroristes en Syrie…

Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD, quant à lui, y voit le signe que l’Ukraine se prépare à une offensive, en commençant par détruire les infrastructures.

Et alors que je rédigeais cet article, le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) vient de nous informer qu’en violation des garanties de sécurité fournies à l’OSCE, l’armée ukrainienne a ouvert le feu à 14 h 50 sur la zone de la station d’épuration avec des mortiers de 82 mm, des mitrailleuses lourdes et des armes légères, alors que le convoi permettant d’évacuer le personnel s’était mis en route.

Les employés de la station, les observateurs de l’OSCE et les représentants du ministère des Situations d’urgence se sont retrouvés pris sous les tirs, et malgré les appels du CCCC à respecter le cessez-le-feu, le bombardement de la zone s’est poursuivi.

Nous ne pouvons qu’espérer que personne n’aura été blessé, ou pire, lors de cette énième violation des accords signés par l’Ukraine.

En tout cas, dès ce soir, plus de 400 000 habitants vont se retrouver privés d’eau, dans l’indifférence totale des garants occidentaux des accords de Minsk, à cause des actes littéralement terroristes de l’armée ukrainienne.

Christelle Néant

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