Maurras et « Che » Guevara

Madame la sémillante ministre de la Kultur, Françoise Nyssen (on devrait toujours se méfier des « vegans » qui ne boivent pas de vin) vient de le faire annoncer par ses services, Maurras, auteur de « l’Avenir de l’intelligence », académicien français, laudateur du Félibrige, ne sera pas des célébrations officielles de son ministère en 2018. Vous me direz, on s’en fiche un peu, il n’y a pas besoin d’autorisation officielle pour lire cet auteur (voir à ce lien).

Et on continuera de le lire après…

Madame Nyssen semble considérer tout comme les associations de curés laïcs ayant demandé cet anathème que les français sont trop bêtes pour faire la part des choses dans l’œuvre d’un auteur entre ses haines et ce qu’il apporta véritablement à la culture. C’est comme si lire Céline impliquait de devenir judéophobe, comme si tourner les pages des écrits de combat de Bernanos supposait de tourner catholique ardent, comme si se plonger dans le « Lolita » de Nabokov signifiait devenir pédophile sans autre forme de procès.

Dans le même temps, la maire de Paris, Anne Hidalgo, à l’engagement très proche de celui de madame la ministre croit bon de célébrer la figure de Ernesto « Che » Guevara dont une exposition raconte en ce moment la vie, de manière très édulcorée à Paris (voir à ce lien). Rappelons que loin, très loin d’être une figure romantique et sans tâches, le « Che » dont le visage orne encore trop de ticheurtes et de « mugs » était un salopard absolu capable de toutes les exactions au nom de l’idéologique qu’il prétendait défendre.

Ce fut un bourreau de ses opposants, un bourreau sans pitié.

Seulement voilà, il est ou plutôt était de gôche, il appartient aux grandes figures du camp du « Bien ». Maurras lui dans les salons où l’on cause politique, est du camp du « Mal » surtout à cause de son antisémitisme. Mais si c’est cela qui dérange, il faudrait délester les bibliothèques de nombreux ouvrages et effacer de la mémoire collective plusieurs autres auteurs.

C’est d’ailleurs ce que la plupart des arbitres des élégances politiques sont en train de faire avec l’enthousiasme total de ceux dont c’est pourtant le métier de transmettre et protéger la culture. Ces larbins, faut-il le dire aussi, sont pour la plupart incultes et complexés de l’être et ravis de prouver leur conformité aux bonnes moeurs en faisant disparaître les objets de leurs humiliations, à savoir de nombreux livres : de Céline à Nabokov. Il n’y a même pas besoin de pompiers pyromanes comme dans « Fahrenheit 451 ».

Maurras a encouragé pourtant quelques générations pourtant à apprendre à construire intelligemment son propre raisonnement politique, à savoir poser des arguments réfléchis, des faits. Il a éduqué tangiblement des personnes issues de milieux pourtant socialement très défavorisés. Il n’était, ainsi que Léon Daudet ou Jacques Bainville, aucunement fermé à toute modernité. Dans « l’Action Française », ce journal lu par de nombreux résistants en 1939, on évoquait souvent les nouvelles écoles artistiques et littéraires, presque toujours avec sympathie.. Le tout évidemment est à l’inverse de ce qui prédomine actuellement en politique où seuls le bruit médiatique et l’émotion immédiate comptent vraiment.

Toute cette sensiblerie fait le bonheur de canailles qui jouent sur des tragédies indubitables pour exprimer leurs haines, et s’en mettre plein les poches. Toutes ces pleurnicheries témoignant d’une ignorance crasse des écrits de Maurras est un encouragement aux salopards qui ne voient aucun problème dans l’expression d’opinions salafistes ou de sympathies aux djihadistes, sans parler de leur « antisionisme ». Mais cela dans l’esprit des salonnards, et de madame Nyssen, voyez vous, « c’est pas pareil », les victimes du « patriarcat blanc occidental » ont le droit d’être haineuses et de vouloir imposer des coutumes d’un autre âge à leurs coreligionnaires dans un premier temps…

Et je ne parlerai même pas des cyniques qui comptent bien sur l’évocation « ad libitum » de la Shoah pour s’élever socialement….

…On rirait presque devant tant de « tartufferies ». Le problème est que l’on n’a plus envie de rire.

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury – Grandgil

illustration empruntée ici

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 5.5/10 (2 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)