Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 28 juillet 2018

Rapport de situation hebdomadaire du DonbassChaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 28 juillet 2018 :

SITUATION MILITAIRE
00’57 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’47 » – L’armée ukrainienne obligée d’aller faire un exercice de rattrapage en Géorgie après sa prestation désastreuse lors de Sea Breeze 2018
03’56 » – Un drone américain et un avion de reconnaissance britannique détectés près de la Crimée et du Donbass
05’20 » – Visite de représentants de l’ONU près de la ligne de front côté ukrainien en vue de préparer la venue de casques bleus

SITUATION POLITIQUE – ACCORDS DE MINSK – CASQUES BLEUS
07’06 » – La question du référendum dans le Donbass abordée pendant la réunion au Format Normandie
14’47 » – Un député de la Douma veut octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass

ÉVOLUTION GÉNÉRALE DE LA SITUATION EN UKRAINE
17’47 » – Risques croissants de guerre de religion en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
24’27 » – La propagande ukrainienne affuble Christelle d’une fonction et d’une promotion imaginaire

35’47 » – Conclusion

Voir le rapport de situation complet en vidéo

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La possibilité d’un référendum dans le Donbass discutée lors de la dernière réunion au Format Normandie

Référendum DonbassSuite à la fuite dans la presse de la supposée proposition faite par Vladimir Poutine à Donald Trump, d’organiser un référendum dans le Donbass pour résoudre le conflit, les réponses officielles allaient du déni côté russe, au rejet pur et simple côté américain.

« Pour être claire : l’Administration n’envisage pas de soutenir un référendum dans l’Est de l’Ukraine – Un « référendum » n’aurait aucune légitimité. Nous continuons à soutenir les accords de Minsk pour résoudre le conflit dans le Donbass, » a déclaré Heather Nauert, du département d’État américain, sur Twitter.

Tweet Nauert

Un rejet des plus « comiques », car en sous-entendant qu’un tel référendum n’aurait aucune légitimité, les États-Unis viennent de plomber celle du référendum organisé au Kosovo pour légitimer l’indépendance de la région il y a quelques années en arrière.

L’autre point des plus « amusants » de cette réponse était bien sûr la phrase de soutien indéfectible aux accords de Minsk, alors que les États-Unis jettent constamment de l’huile sur le feu en fournissant argent et armes à l’Ukraine, et en cautionnant les violations du cessez-le-feu par Kiev, comme l’a fait récemment Kurt Volker.

La Russie n’a pas raté cette sortie d’Heather Nauert, et y a répondu avec l’ironie qu’on lui connaît, par la voix de Dmitry Polyanskiy, premier vice-représentant permanent de la Russie à l’ONU.

« C’est bon d’entendre ça ! Espérons que vous serez en mesure de faire en sorte que l’Ukraine applique enfin les accords de Minsk. Ce qui implique un dialogue avec le Donbass et l’arrêt des bombardements des zones résidentielles civiles. C’est beaucoup plus efficace que de chercher obstinément une agression russe imaginaire, » a ainsi rétorqué le représentant russe.

Tweet Polyanskiy

Décidément, comme avec leur fameuse déclaration de Crimée (qui peut là aussi être retournée contre Washington, puisqu’il y est dit qu’un État démocratique ne peut changer les frontières d’un autre État par la force, or c’est ce qu’ont fait les États-Unis dans le cas de la Serbie et du Kosovo), Washington ferait mieux de se taire plutôt que de continuer de s’enfoncer un peu plus à chaque sortie haineuse.

Quoi qu’il en soit, ce qui était encore il y a quelques jours en arrière une supposition (cette proposition d’organiser un référendum), s’est confirmé suite à la réunion au Format Normandie qui a eu lieu à Berlin.

Hier, 26 juillet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine a confirmé que la question de l’organisation d’un référendum dans le Donbass avait été discutée lors de la réunion.

« La question du référendum a été abordée, mais n’a pas été discutée en détail. Nous avons expliqué que le manque de progrès fait que tout le monde, y compris nous, pense à de nouvelles formules et de nouvelles approches, dans ce contexte il n’y a pas d’approches interdites, » a déclaré le diplomate.

« Nous ne sommes pas entrés dans les détails aujourd’hui. L’échange d’idées se poursuit », a ajouté Karassine.

Cette nécessité de trouver de nouvelles approches pour sortir du conflit vient du fait que Kiev n’est toujours pas prêt à mettre en œuvre la moindre mesure positive visant à appliquer les accords de Minsk. Selon Karassine, lors de la réunion, les différentes parties « ont fait état de l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des accords de Minsk ».

Le diplomate a déclaré qu’en dépit de la soi-disant trêve des moissons, les autorités ukrainiennes ne sont pas pressées de retirer leurs forces armées dans les zones pilotes de retrait. Il a noté que l’Ukraine refuse d’entériner « l’accord précédemment conclu sur la formule Steinmeier [ancien ministre des affaires étrangères et actuel président allemand], qui concerne le règlement de l’après-crise dans le Donbass ».

« Il semble que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes ou ne veulent pas faire même de petits pas positifs envers la population du Donbass. Elles s’appuient sur le fait qu’il sera possible de résoudre tous les problèmes via les organisations internationales [c’est-à-dire en fait les casques bleus]. Nous pensons que ce n’est pas la bonne approche, » a conclu Karassine.

De son côté Vladimir Poutine refuse toujours de commenter en détail cette proposition de référendum.

« Je ne ferai pas de commentaires pour l’instant, c’est une question très délicate et sensible, qui doit être examinée et développée plus avant », a-t-il déclaré aux journalistes lors de la conférence de presse sur les résultats du sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud.

Il faut dire que le président de la fédération de Russie sait qu’il sera très difficile de faire passer cette proposition pourtant frappée au coin du bon sens. Car, contrairement à ce qu’affirme madame Nauert, quoi de plus légitime et démocratique que de demander aux principaux concernés (c’est-à-dire les habitants du Donbass) ce qu’ils veulent, et dans quel pays ils veulent vivre ?

Et que l’on ne vienne pas me parler de pressions sur les électeurs ou de référendum non-libre. Il n’y a pas plus d’occupant russe en République Populaire de Donetsk (RPD) ou de Lougansk (RPL) qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbre à spaghettis.

De plus l’OSCE qui est sur place sera parfaitement à même de jouer les observateurs lors de ce référendum, pour garantir sa validité (si l’organisation ne se défile pas sous des prétextes fallacieux comme lors du référendum de Crimée ou les primaires organisées en RPD et RPL en octobre 2016).

Si les pays occidentaux et leurs organisations comme l’OSCE arrêtaient de vivre dans une réalité alternative peuplée d’invasions russes imaginaires et se décidaient tous à appliquer des règles de realpolitik, le conflit du Donbass pourrait être réglé en moins de quelques mois.

S’il refuse cette solution pacifique, démocratique et légitime, l’Occident portera avec l’Ukraine toute la responsabilité, et devra répondre des morts et des souffrances supplémentaires qu’entraînera la reprise inévitable du conflit si aucune solution politique n’est trouvée.

Christelle Néant

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Sergueï Chargounov, député de la Douma, insiste sur la nécessité d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass

Passeports russesCela fait deux ans, que Sergueï Chargounov, député de la Douma (parlement russe), propose régulièrement d’octroyer des passeports russes aux résidents du Donbass. En novembre 2016, il avait même soumis une proposition de loi en ce sens à la Douma.

Jusqu’ici ses efforts n’ont pas été couronnés de succès. Il faut dire qu’une telle décision déchaînerait l’hystérie occidentale et ukrainienne contre la Russie. Cette dernière serait accusée d’officialiser ainsi son occupation du Donbass (occupation imaginaire vu qu’elle n’existe que dans la tête de ceux qui profèrent cette ânerie).

Autant dire que, pour ne pas jeter d’huile sur le feu, Moscou temporise ce genre d’initiatives, tout en essayant de simplifier les démarches administratives pour les réfugiés venant du Donbass.

Loin de se démonter, Sergueï Chargounov insiste, persiste et signe. Ainsi, alors qu’il était sur le plateau de la radio « Moscou parle », il a de nouveau fait une déclaration choc en ce sens.

« Les gens qui viennent du Donbass, ou ceux qui vivent dans le Donbass, ont le droit d’avoir des passeports russes. Je pense qu’ils devraient obtenir un permis de travail sans discussion lorsqu’ils trouvent un emploi. Des successions de lenteurs bureaucratiques, lorsque vous ne pouvez pas obtenir ne serait-ce qu’un permis de résidence, un permis de résidence temporaire, vous devez venir et faire la queue – c’est une honte et une disgrâce », a-t-il déclaré.

Ce en quoi sa position diffère de celle choisie par Moscou sur la simplification de l’octroi de la nationalité russe, c’est que sa proposition concerne aussi ceux qui résident toujours dans le Donbass, et pas seulement les réfugiés venus en Russie.

De quoi donner quelques sueurs froides aux autorités de Kiev qui craignent que Moscou transforme de facto le Donbass en territoire où résident des citoyens russes. Une option à laquelle se refusera la Russie tant que les accords de Minsk sont toujours considérés officiellement comme valables.

Mais si les Russes ont une incroyable patience, celle-ci n’est pas infinie. Et à force de ne pas vouloir appliquer les accords de Minsk, Kiev pourrait bien se réveiller un matin avec une mauvaise surprise.

Christelle Néant

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La volonté de Porochenko d’obtenir une Église orthodoxe autocéphale risque de provoquer une guerre de religion en Ukraine

Guerre de religion orthodoxeDepuis le Maïdan, l’Ukraine se divise sur ses lignes de fractures historiques, le plus souvent ethniques et linguistiques. Mais il en est une autre souvent négligée : la ligne de fracture religieuse.

Depuis le Maïdan, l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev (UOC-KP, église schismatique créée en 1992 et non reconnue par les autres églises orthodoxes) essaye de plus en plus de récupérer fidèles et temples de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou (UOC-MP, qui est reconnue par les autres églises orthodoxes).

Des incidents et agressions physiques ont régulièrement lieu contre les fidèles et les lieux de cultes de l’UOC-MP (23 églises de l’UOC-MP ont été vandalisées en 2017, et 2018 va sûrement battre un record), et les appels à saisir par la force les églises ou à tirer sur les prêtres (parce qu’ils seraient soi-disant des agents du Kremlin) se multiplient.

Dans ce contexte, l’insistance du président ukrainien, Petro Porochenko, auprès du Patriarche de Constantinople pour obtenir une église orthodoxe autocéphale officielle a de quoi inquiéter au plus haut point. Car des analystes politiques aux officiels de la RPD tous sont d’accord sur l’issue d’une telle décision : une guerre de religion généralisée en Ukraine.

Pourquoi cela devrait-il forcément déboucher sur une conséquence aussi tragique ? Tout simplement parce qu’il a déjà été déclaré en Ukraine, que dès l’obtention de cette église autocéphale officielle, cette dernière s’appropriera tous les lieux de culte appartenant actuellement à l’UOC-MP.

C’est ce qu’a rappelé le politologue Rosticlav Ichtchenko dans un article sur la façon dont Porochenko pourrait provoquer une escalade de la situation en Ukraine pour faire annuler les élections et garder ainsi sa tête.

« Porochenko n’a pas perdu l’espoir de recevoir l’autocéphalie – mais il n’est pas clair pour qui – des mains du patriarcat de Constantinople. Cela fera immédiatement exploser la situation religieuse dans le pays, puisqu’il a déjà été déclaré qu’immédiatement après l’obtention de l’autocéphalie, les schismatiques qui seraient ainsi légalisés commenceront à exproprier pas seulement certains temples de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou, mais tous ses monastères – y compris les lavras, les temples, les paroisses et les communautés. Comme il n’y a aucune garantie que Fener [le Patriarcat de Constantinople] se risquera à attirer la colère de Moscou dans les conditions actuelles, Porochenko prépare une option de rechange – déclarer la création de l’église locale ukrainienne par le biais d’un acte d’État (avec les mêmes conséquences) », a ainsi écrit Ichtchenko

Il semble que le risque de la création d’une église autocéphale par acte d’État soit assez important pour inquiéter les autorités de la République Populaire de Donetsk (RPD), qui se sont exprimées à ce sujet aujourd’hui.

Le premier à s’exprimer fut le chef de l’État, Alexandre Zakhartchenko, qui a déclaré sans ménagement ce matin, que la création d’une Église autocéphale en Ukraine mènerait à une guerre de religion.

« Maintenant, les autorités de Kiev essaient de créer une nouvelle Église locale et pour cela, elles demandent l’autorisation du Patriarche œcuménique. Je suis extrêmement opposé à cette situation, car la création d’une nouvelle église orthodoxe locale conduira à une guerre de religion », a déclaré Alexandre Zakhartchenko.
Il a ajouté que si cela se produit, Petro Porochenko aura alors sur la conscience un terrible bain de sang.

« Je veux demander au Patriarche Bartholomée de Constantinople de ne pas permettre que des guerres de sang et de religion soient déclenchées, de ne pas permettre à l’Ukraine et aux diplomates américains de s’ingérer dans les affaires religieuses », a ajouté le chef de l’État.

Il a été rejoint dans ses déclarations par le président et pore-parole du Conseil Populaire (parlement) de la RPD, Denis Pouchiline, qui a déclaré que le désir de Porochenko pour une Église autocéphale démontrait que Kiev voulait l’effondrement total du pays.

« Porochenko, promettant aux citoyens la soi-disant Église orthodoxe locale unifiée ukrainienne, prônant la séparation du Patriarcat de Moscou, cédant ainsi au nationalisme ukrainien, conduit consciemment et de façon constante à l’incitation au conflit dans le pays pour des motifs religieux. En particulier, les actions cyniques de division des autorités ukrainiennes ont lieu à la veille du 1030e anniversaire du baptême de la Rus. Au lieu de l’unité spirituelle des Slaves, Kiev démontre le renforcement de la politique d’effondrement du pays », a déclaré Denis Pouchiline.

Pour lui, le but est de semer la division et la discorde entre les croyants orthodoxes du pays, d’aggraver la situation interne du pays et de rompre encore plus les relations avec la Russie. Denis Pouchiline a appelé les croyants à ne pas se laisser piéger et à résister à ces tentatives de schisme.

Des craintes justifiées au vu de l’actualité. En effet, alors que se prépare le 1030e anniversaire du baptême de la Rus (qui deviendra plus tard la Russie), les services secrets ukrainiens font tout ce qu’ils peuvent pour empêcher l’organisation d’une procession de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou qui doit avoir lieu à Kiev le 27 juillet.

Pour cela, ils tentent d’empêcher les fidèles d’accéder à la capitale en faisant pression sur les compagnies de bus pour qu’elles refusent d’emmener les membres de l’UOC-MP dans le centre de Kiev ce jour-là.

Toute tentative par le diocèse de louer des bus ou même des mini-bus se heurte à un refus. Les interlocuteurs justifient ce dernier par le fait de ne pas vouloir avoir des ennuis avec les services secrets. La situation est identique dans d’autres grandes villes comme Rovno, Kherson, Tcherkassy et Soumy.

Censure, pressions, menaces, agressions, expropriations de force, voilà les méthodes employées par cette Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Kiev ! Des méthodes qui en disent long sur le message véhiculé par cette Église dont le Patriarche a béni à plusieurs reprises des criminels de guerre et des néo-nazis ukrainiens.

Il est temps que le Patriarcat de Constantinople s’exprime clairement et dénonce cette Église schismatique dont les méthodes sont une honte et l’antithèse de ce qu’est l’orthodoxie.

Christelle Néant

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