France – Radioscopie: De la fonction d’un binational dans une société occidentale 5/5

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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La fonction d’un bi-national n’est pas d’être le porte-voix de son pays d’accueil, ni son porte-serviette, mais d’assumer avec vigueur la fonction d’interface exigeant et critique. Un garde-fou à des débordements préjudiciables tant du pays d’origine que du pays d’accueil.

Dans l’intérêt bien compris des deux camps, le partenariat bi national se doit de se faire, sur un pied d’égalité et non sur un rapport de subordination de l’ancien colonisé, le faisant apparaître comme le supplétif de son ancien colonisateur en ce que l’alliance du Faible au Fort tourne toujours à l’avantage du Plus Fort.

De la même manière, le devoir d’un intellectuel arabe et musulman dans la société occidentale est de faire conjuguer Islam et progressisme et non de provoquer une abdication intellectuelle devant un islamisme basique, invariablement placé sous les fourches caudines israélo-américaines.

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De la Religion et des guerres de religion.

Espace de communion et d’exclusion, la religion est un espace concurrentiel. L’instrumentalisation de la religion à des fins politiques est une constante de l’histoire. Toutes les religions y ont eu recours, dans toutes leurs déclinaisons, que cela soit la guerre de conquête de la chrétienté en Amérique latine ou les Croisades vers le Monde arabe, ou bien à l’inverse, la conquête arabe vers l’Asie, vers la rive méridionale de la Méditerranée ou l’Afrique.

Guerre de religion au sein de l’espace occidental de la chrétienté (entre Protestants et Catholiques en France ou en Irlande du Nord), ou guerre de religion au sein de l’espace musulman (entre Sunnites et Chiites), ou enfin le sionisme, la forme la plus moderne de l’instrumentalisation de la Bible à des fins politiques par la mise en œuvre de la notion du retour à Sion, sur les débris de la Palestine.

La religion n’est pas condamnable en soi. Ses dérives si en ce que la piété n’exclut ni l’intelligence, ni le libre arbitre. Elle n’interdit pas l’esprit critique. Elle ne saurait, en tout état de cause, se dévoyer dans des causes desservant l’intérêt national.

Mais nul part ailleurs qu’au sein du leadership sunnite arabe, l’instrumentalisation de la religion n’a autant dévié de son objectif, desservant la cause arabe, au bénéfice de ses commanditaires, les États-Unis, le meilleur allié de leur principal ennemi, Israël.*

Le djihadisme erratique takfiriste a consolidé, par ricochet, Israël, en ce qu‘il a consolidé dans l’imaginaire occidental l’idée d’une barbarie musulmane et justifier, par ricochet, et l’intransigeance israélienne et la phagocytose de la Palestine et l’arabo-phobie et l’islamophobie dans les pays occidentaux.

Si La prophétie est divine, son interprétation est humaine. La chrétienté a purgé le passif des guerres de religions et la réconciliation s’est opérée entre Catholiques, Orthodoxes et Protestants, entre Juifs et chrétiens. Ne subsiste que la guerre sunnite chiite qui tétanise l’ensemble arabo musulman.

Le Monde arabe ne constitue pas, loin s’en faut, un groupement ethnique homogène: Machreq-Maghreb, Arabes-Kabyles-Kurdes, Chrétiens-Musulmans, Sunnites-Chiites relèvent de la même géosphère culturelle du Monde arabe, majoritairement musulmane, majoritairement sunnite, majoritairement arabophone.

Ce fait irréfutable se doit d’être pris en compte par le leadership sunnite et le conduire à dépasser les clivages historiques pour atteindre un «seuil critique» à l’effet de peser sur les relations internationales et de conduire le Monde arabe vers sa renaissance et non de le précipiter vers un déclin irrémédiable.

La constitution d’une masse critique impulserait une dynamique à l’effet d’induire une structure paritaire dans ses rapports avec l’Europe, et partant, des rapports d‘égalité entre les deux rives de la Méditerranée.

La caste intellectuelle arabe et musulmane de la diaspora occidentale pâtit lourdement d’un phénomène de désorientation, la marque typique de l’acculturation, sur fond d’une décompression psychologique et d’une déperdition intellectuelle morale. Un naufrage humain.

Il lui incombe de refuser de cautionner la démocratie formelle représentée par la diplomatie de la Ligue arabe en ce que le Monde arabe est captif des pétromonarchies et le Monde musulman, otage du wahhabisme.

Un double handicap qui accentue la servitude de l’ensemble arabo musulman à l’ordre atlantiste et le marginalise dans la gestion des affaires du Monde.

Les monarchies arabes disposent d’une majorité de blocage régentant de ce fait le Monde arabe. Circonstance aggravante, les six pétromonarchies sont adossées chacune à une base militaire occidentale, alors que la Jordanie et le Maroc sont deux alliés souterrains d’Israël, Les Comores, un confetti de l’empire français et Djibouti abrite sur son sol une base américaine et une base française.

Ni les pétromonarchies du Golfe, ni la Jordanie, ni Djibouti ou les Comores n’ont mené une guerre de libération dont l’indépendance a été octroyée par leurs colonisateurs. Un déséquilibre structurel calamiteux pour la définition d’une stratégie du Monde arabe. La quête du savoir technologique et l’accession à la modernisation économique ne sauraient être compatibles avec un autoritarisme à soubassement rigoriste.

De même la personnalisation du pouvoir ne saurait, à elle seule, servir de panacées à tous les maux de la société arabo musulmane, ni la déclamation tenir lieu de substitut à l’impérieuse nécessité d’une maîtrise de la complexité de la modernité. Ce qui implique une nécessaire mais salutaire remise en cause de la «culture de gouvernement» dans les pays arabes.

Ce qui présuppose «une révolution dans la sphère culturelle», au sens où l’entend Jacques Berque, c’est à dire «l’action d’une société quand elle se cherche un sens et une expression».

Pour l’intellectuel, un réinvestissement du champ du débat par sa contribution à la production des valeurs et au développement de l’esprit critique. Pour le citoyen, la conquête de nouveaux espaces de liberté.

Pour le Monde arabo musulman, la prise en compte de ses diverses composantes, notamment ses minorités culturelles et religieuses, et, surtout, dernière et non la moindre des conditions, le dépassement de ses divisions

Précurseur de la laïcité avec la prescription du calife Omar «Ad Dine Lil lah Wal Watan Lil Jamih» – «La religion relève de Dieu et la Patrie appartient à tous ses citoyens»-, la gouvernance musulmane s’est laissée subvertir par une rigidité doctrinale sous tendue par une forme de religiosité biaisée au point de se laisser dépouiller de ce privilège par la France.

Mais un siècle après l’instauration de la laïcité en France, le concept vieillit mal et montre ses limites, qu’il importe de régénérer.

Un dialogue pour être véritable ne s’instaure que par le haut et non à coup de stigmatisations et de «bas-coups». Plutôt que de souscrire aux sommations, auquel il est convié à chaque soubresaut terroriste, plutôt que de battre sa coulpe pour des comportements dont il n’est personnellement nullement responsable, voire totalement étranger en tant que citoyen, le musulman, pour sa part, se doit d’opérer une réadaptation de son positionnement vis à vis du schéma occidental afin de rendre accessible à l’opinion occidentale ses motivations, notamment ses objections à une politique de mépris et de culpabilisation.

La plus grande erreur de l’Occident est d’avoir toujours voulu coexister avec des «Arabes domestiqués» dans la plus grande tradition coloniale.

Trente-six ans après la «Marche des Beurs pour l’Egalité», une «Marche pour la dignité» a été organisée en France le 17 Mars 2018 pour réclamer une égalité de traitement. Un éternel recommencement?

Le Monde arabe n’a pas vocation à servir de défouloir à la pathologie belliciste occidentale. Et la communauté arabo musulmane de l’Europe occidentale et des Etats Unis -en contact quotidien, permanent et direct avec la société occidentale-, se doit d’être le levain et le levier d’une si nécessaire renaissance du Monde arabe et Musulman et non la force supplétive des guerres d’autodestruction du Monde arabe et de sa prédation économique par le bloc atlantiste.

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On sait désormais pourquoi l’Occident n’aime pas la Russie

Pour la première fois, l’agence de presse « Rossia Segodnia » a répondu à deux questions : l’Occident dans son ensemble ne nous aime-t-il vraiment pas, ou est-ce un mythe de notre propagande ? Et si ce n’est pas un mythe, pourquoi ne nous aiment-ils pas ?

Les publications des principaux médias de tous les pays du G7 consacrées à notre pays ont été étudiées pendant six mois – 82 000 au total. Ensuite, elles ont été divisées en positives, neutres et négatives.

Les positives incluaient tous les éloges, parmi lesquelles « des trains confortables circulent en Russie », « le ballet russe a fait une belle performance à Paris », « l’ambassade du Japon à Moscou a accueilli un carnaval » et « la chaîne russe de pizzas ouverte en Allemagne, c’est délicieux ». Les neutres incluaient des publications sans aucune appréciation – comme « Poutine a rencontré Abe », « la Russie offre un nouveau format de négociations sur la dénucléarisation de la Corée » et « un forum d’affaires a débuté en Russie ». Les négatives comprenait des histoires d’atrocités russes commises dans le monde, des crimes de l’État contre les citoyens en Russie et des crimes des citoyens eux-mêmes.

Résultat : en moyenne, 50 % des articles du G7 sont fortement négatifs. Et les positifs ne représentent que 2 %.

Les autres publications sont neutres – il s’agit soit de textes d’information tels que « est allé et a rencontré », soit « d’un côté, la Russie fait de mauvaises choses, mais d’un autre côté, de bonnes choses ».

Les pays qui battent des records :
– Ce sont les médias britanniques qui ont le plus parlé de la Russie (25 000 publications) ;
– Le plus petit nombre de publications a été enregistré au Canada (moins de 4 000, mais le Canada lui-même est également petit en termes de population) ;
– Les médias italiens sont les plus positifs (jusqu’à 13 % de publications positives, soit deux fois moins que les publications négatives) ;
– Les médias américains sont les plus négatifs (jusqu’à 90 % des publications), tandis que les publications positives ne représentent que 0,2 % ;
– La France est le pays le plus neutre (70 % des articles).

Et maintenant, venons-en au fait.

Qu’est-ce qu’il y a de bien en Russie ? En principe, on pourrait ne pas en tenir compte du tout : qu’est-ce que 2 % des publications ? D’autant plus que sans les médias italiens, le positif n’aurait même pas atteint 1 %.

Mais malgré tout : ce qu’il y a de bien chez nous c’est les athlètes à titre individuel, le ballet, le théâtre et les sites historiques. En d’autres termes, la « bonne Russie », de l’avis des médias des plus grands pays, est coincée dans l’époque remontant à 120 ans en arrière. Quelque part où se trouvent Tchekhov, les saisons russes, les coquelicots d’or et l’artisanat populaire pour les touristes. D’ailleurs, la Russie était bien aussi dans les années 90.

Tout le reste est mauvais chez nous.

Mais voici ce qui est révélateur : la plupart de ces « mauvais » éléments semblent être un compliment pour nous de manière générale. Car ce qui est « mauvais » est une description des nombreux arts obscurs dans lesquels nous sommes en avance sur le reste du monde.

Tout d’abord, bien sûr, nous nous immisçons dans la vie des autres puissances – et nous le faisons avec une terrible efficacité. Nous avons choisi Trump en Amérique, nous avons fait le Brexit au Royaume-Uni. Nous avons amené la droite et les populistes au pouvoir en Italie, en Allemagne et en Autriche. Au Canada, nous n’avons rien fait – mais ce n’est pas un obstacle : le principal sujet « russe » du semestre dans les médias locaux était la possibilité d’une intervention russe lors de leurs élections en octobre prochain.

Les groupes de trolls russes sillonnent les réseaux sociaux, dressant tout le monde les uns contre les autres (surtout les Noirs américains contre les Blancs et les trumpistes contre les démocrates), obligeant les patrons à imposer leur censure. La propagande empoisonnée de la Russie par RT et Sputnik sème des fausses informations, ou du moins des reportages biaisés, « favorisant des vues pro-russes ». Les espions russes empoisonnent les Skripals et des victimes au hasard, et les espionnes russes rousses s’insinuent dans les cercles de confiance des personnes influentes. Enfin, des unités secrètes du GRU planifient des coups d’État dans toute l’Europe de l’Est.

Un titre typique : « Élections en Europe : les services de renseignement surveilleront l’ingérence russe » (Zeit).

Deuxièmement, nous renforçons notre puissance militaire agressive. C’est un thème numéro deux stable. Nous menaçons la Scandinavie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Nous fournissons des armes à des régimes antidémocratiques dans le monde entier. Nous avons forcé l’Amérique à se retirer du traité FNI et les pays Baltes et les Polonais à augmenter leurs contingents de l’OTAN près de nos frontières. Nous conquérons l’Ukraine de manière hybride, et au Venezuela, en Syrie et même en Afrique, nous ne laissons pas la démocratie gagner.

Les gros titres typiques : « Le missile nucléaire hypersonique de Poutine peut détruire Londres en quelques secondes », « Les armes nucléaires russes au Venezuela ? » (Daily Express).

Troisièmement, les autorités russes entravent la liberté en Russie en brutalisant les manifestants, les artistes et les minorités sexuelles, et en attribuant le titre d’agents étrangers aux agents étrangers. À la une des journaux : « Le journaliste qui a critiqué Poutine est mort dans un mystérieux accident de la route » (Mail Online), « J’ai survécu au goulag de Poutine » (Bild), « Brutalités policières effrénées lors d’une manifestation dans la capitale » (Les Échos).

Et ce n’est qu’en quatrième lieu que nous mendions, corrompons, buvons et tuons (« Russie : un père a gardé son fils de dix ans enchaîné pendant des mois »).

Un programme distinct est présenté par les médias japonais. Notre principale vilenie, c’est de ne pas leur rendre les Kouriles (« Russie, arrête de t’entêter », « Il est inadmissible de réfuter le fait de qu’il s’agit d’une occupation illégale »).

… Ce qu’il faut noter ici.

Premièrement. Si nous enlevons l’horreur de la puissance maléfique russe, alors la Russie dans les médias occidentaux n’est pas différente de la Russie de 1999 (malgré les gigantesques changements en mieux qui sont survenus dans la vie réelle du pays).

C’est-à-dire, bien sûr, qu’il est possible de faire en sorte que l’on écrive peu de choses sur nous – comme on écrit peu aujourd’hui, par exemple, sur la population comparable à celle de la Russie, au Bangladesh ou aux Philippines. Pour ce faire, nous devons simplement nous rapprocher du Bangladesh en matière de développement économique, social, scientifique et militaire. Cette république n’a aucune puissance militaire menaçante, aucun réseau médiatique mondial et aucun renseignement extérieur omniprésent.

Mais voilà le problème : il n’y a pas d’image positive du Bangladesh dans les médias occidentaux, aussi étrange que cela puisse paraître. Les thèmes sur lesquels ce pays entre dans les pages des principales publications mondiales sont la pauvreté, la corruption, la prostitution et les manifestations. C’est à peu près la même chose qui a été écrite à notre sujet il y a vingt ans, lorsque nous étions historiquement au plus bas.

Deuxièmement. Il est facile de voir que l’image de la Russie en 2019 n’est basée principalement sur aucune de nos actions manifestes, mais sur des rapports d’analyse (sur les ingérences possibles), des prévisions d’experts (sur les menaces futures) et des fuites malveillantes (sur des sabotages secrets). En d’autres termes, même si la Russie en 2019 s’est emparée du monde avec des machinations, elles sont invisibles. Et pour les révéler au monde, il y a toute une classe de médias militants dans les pays occidentaux qui font la lumière sur ces intrigues de la Russie.

Oui, vous ne le pensiez pas. La Russie dans les médias occidentaux s’est finalement révélée être un bon vieux diable. Et c’est exactement comme dans les millénaires précédents : il est en même temps en enfer et essaie d’entraîner en enfer tous les bons habitants de la planète. Il semble que tout est mauvais et terrible là-bas, dans l’enfer russe (et donc, par définition, ne peut pas être efficace, parce que le marché n’est pas libre et il n’y a pas de libéralisme). Mais en même temps, l’enfer russe est invisiblement et secrètement derrière toutes sortes de dissensions, l’aggravation des problèmes, et les victoires des mauvais politiciens dans le monde libre. Si quelqu’un a oublié, alors nous avons organisé l’invasion des migrants en Europe.

Et voilà déjà un symptôme intéressant. Nous avons déjà écrit que le tsunami du nom de Greta Thunberg, qui a emporté les pays avancés, a toutes les caractéristiques d’un culte hystérique archaïque : il y a une menace de ragnarök pour bientôt, et la division de tous les gens en agneaux conscients et chèvres inconscientes par le critère le plus simple de « l’attitude envers Greta », et même une vierge (au sens propre, ancien) au centre du phénomène.

Ajoutons à ce culte une image irrationnelle de la Russie Sombre, qui pénètre partout avec ses tentations et infecte les bonnes gens par le populisme, l’intolérance et l’homophobie. Quand l’autre jour à Minneapolis les manifestants portaient une affiche « Trump est russe » contre le président américain, tout ce qu’ils voulaient dire était que Trump est le mal absolu à l’état pur.

Il s’avère qu’à l’ère de l’information, les sociétés de notre monde avancées dans ce domaine ne sont pas motivées par une analyse rationnelle des faits réels. Non, au lieu de cela, de simples images archétypiques fonctionnent avec succès : des vierges pures, des Gandalf et des Dumbledore, mettant en échec les plans secrets de l’Ennemi, et, en fait, l’Ennemi lui-même (c’est nous).

Si on appelle les choses par leur nom, cela ne veut dire qu’une chose. « L’image du monde » dans les pays que nous considérons habituellement comme avancés, est écrite maintenant selon les standards datant d’il y a mille ans. Et si ces standards ne correspondent pas à la réalité, ce n’est pas un problème. La réalité, presque identique à la nature, peut maintenant être construite simplement à partir de l’avis d’un expert et demi et de quatre rapports.

Et cela signifie pratiquement deux choses. Ou bien les élites des principaux pays occidentaux vivent dans la réalité, et nourrissent leurs peuples d’un bon vieux mythe avec des orcs et des elfes. Dans ce cas, ils construisent une anti-utopie plutôt sombre pour leurs peuples.

Ou bien les élites des pays occidentaux avancés vivent dans le mythe qu’elles diffusent. Alors, elles ne pourront plus se considérer comme avancées encore bien longtemps – parce que la réalité bat toujours le mythe.

Viktor Marakhovski

Note de la traductrice : Cette analyse rejoint celle que j’avais faite il y a un an et demi en arrière sur le caractère irrationnel et littéralement subconscient de la réaction de l’Occident face à la Russie.

Source : RIA Novosti
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Islamophobie: arme de dissuasion massive de la critique du dogme islamique

 

Récemment, au cours des universités d’été (1) de la France insoumise, parti politique dirigé par Jean-Luc Mélenchon, le philosophe Henri Peña-Ruiz a fait l’objet d’une condamnation sans appel pour ses déclarations tenues lors de son intervention sur le thème de la laïcité. Pour quel motif le philosophe a été condamné ? Il aurait affirmé, selon certains thuriféraires de l’islamo-gauchisme spécialistes de la manipulation : « on a le droit d’être islamophobe ». Cette phrase a suscité un déluge de réactions courroucées sur les réseaux sociaux et une tempête de protestation au sein de la France insoumise.

 

En réalité, une phrase totalement sortie de son contexte. Qu’il convient donc de réintégrer dans le reste de sa longue phrase pour restituer le sens exact de son propos délibérément déformé pour l’incriminer injustement : « Le racisme, c’est la mise en cause d’un peuple ou d’un homme ou d’une femme comme tel. Le racisme antimusulman est un délit, la critique de l’islam, la critique du catholicisme, la critique de l’humanisme athée n’en est pas un, on a le droit d’être athéophobe comme on a le droit d’être islamophobe, comme on a le droit d’être cathophobe. ».  Pour quiconque connaît les travaux philosophiques d’Henri Peña-Ruiz, il serait malhonnête de porter des accusations diffamatoires contre lui. À titre personnel, je ne partage absolument pas les idées politiques d’Henri Peña-Ruiz. Cependant, au plan intellectuel, j’adhère à ses travaux philosophiques. Dans son intervention, en vérité il a affirmé qu’il est condamnable de discriminer ou d’outrager des croyants en raison de leur religion, mais il est légitime de débattre et de critiquer les dogmes religieux. Mais certains adeptes radicaux du dogme musulman ont décrété que la religion islamique ne souffre aucune critique, n’admet aucun débat philosophique, ne tolère aucune controverse théologique. Pour discréditer Henri Peña-Ruiz on a extrait une phrase hors de son contexte pour lui imprimer une connotation xénophobe. Au lieu de rebondir positivement sur l’invitation du philosophe à ouvrir un débat critique sur l’islam – et sur la religion en général –, les tenants de la doxa islamiste ont brandi leur arme favorite, l’islamophobie, pour déshonorer moralement Henri Peña-Ruiz, accusé odieusement de racisme. Dès lors, l’orientation du débat sur l’islam a  été déviée, éludée, obstruée, au nom du panneau d’interdiction (islamophobie) érigé par l’islamomosphère, cette police de la pensée archaïque totalitaire, survivance anachronique d’un monde féodal oriental maintenu en vie grâce aux pétrodollars.

Pour la clarification du débat ou de l’analyse, il importe d’emblée, par souci de rigueur intellectuelle, de procéder à une définition rigoureuse des termes islamophobie et antimusulman. Tout le monde s’accorde sur la fabrication idéologique récente du néologisme « islamophobie ». Ce terme est formé du radical islam et du suffixe phobie. Si le premier mot appartient à l’usage courant du vocabulaire, compréhensible par tout le monde, le second vocable, en revanche, relève de la terminologie psychiatrique. Il définit la peur irrationnelle de quelque chose, la crainte irrationnelle relevant de la psychopathologie. Autrement dit, islamophobie signifie : la peur irrationnelle de l’islam. L’auteur du rejet de l’islam serait ainsi victime d’une pathologie psychiatrique. Il n’est donc pas responsable de son acte. Juridiquement, il pourrait bénéficier de l’irresponsabilité pénale car il était,  au moment de la commission de son islamophobie, atteint d’un trouble psychique ayant aboli son discernement ou sa perception de l’islam. Ainsi, même le choix spécieux du terme islamophobie est inapproprié. Pour notre part, haine-de-l’islam serait plus adéquat pour désigner une personne exprimant un rejet viscéral du culte musulman. Cette locution implique une dimension active et rationnelle de l’expression du rejet de l’islam, et n’exonère aucunement son auteur de sa responsabilité. Les idéologues islamistes s’embourbent eux-mêmes dans leur néologisme à connotation psychiatrique. La folie religieuse engendre une sémantique folle.

 

A l’évidence, associer deux termes aussi radicalement dissemblables est une opération tendancieuse. Dès sa création et sa propagation, le mot islamophobie (à l’évocation terrifiante) visait à jeter le trouble (au sens pathologique) dans l’appréhension de la question de l’islam. Subrepticement, ce terme a été introduit comme une arme contre toute critique de l’islam. Ce n’est pas un hasard qu’il se soit exclusivement imposé et répandu en Europe et dans les autres pays occidentaux, dans lesquels la notion du blasphème est absente.

 

Depuis longtemps tombé en désuétude, le blasphème ne fait en effet pas partie du paysage intellectuel de la France, et de manière générale des pays  occidentaux. Ainsi, ces pays n’interdisent pas la critique libre de la religion. Le blasphème n’est donc pas criminalisé, contrairement aux pays musulmans. De façon concertée, afin de contourner l’absence de législation sur le blasphème,  dans le dessein d’instaurer l’interdiction de toute critique de l’islam, d’aucuns ont pondu un clone du blasphème édicté comme une fatwa : l’islamophobie. Pour l’imposer dans les consciences et lui donner une certaine légitimité, le terme islamophobie est assimilé, pour ne pas dire rendu synonyme, au vocable antimusulman. Et le tour de prestidigitation idéologique a bien réussi. De fait, alors que la critique de l’islam ressortit du débat d’idées, de la liberté de mener des controverses philosophiques sur la religion, elle est maintenant considérée comme une atteinte aux musulmans, voire comme un attentat contre les musulmans. Comme si le fait de critiquer l’islam revenait à s’attaquer aux musulmans (en chair et en os).

En effet, associer la critique de l’islam à une attaque contre les musulmans est très insidieux, pernicieux. Car, si la critique des musulmans relève du racisme, légitimement condamnable et répréhensible, du reste c’est un délit (elle est passible de condamnation judiciaire) ; la critique de l’islam, elle, ne vise qu’à débattre librement des dogmes de la religion musulmane.

 

En Occident, la liberté de conscience comme le droit de critique de la religion sont communément admis. En particulier, lorsqu’il s’agit de pays laïcs comme la France connue pour ses controverses anticléricales, en l’espèce, la liberté de critique prime sur toute autre considération, qui plus est religieuse. Pour insister sur le cas de la France, il ne faut pas oublier qu’elle fut le premier pays à mener une guerre impitoyable contre l’Eglise, notamment pendant la Révolution de 1789. Sans omettre les diatribes corrosives anticléricales initiées par les grands philosophes des Lumières durant tout le XVIIIe siècle. La France est ainsi un pays où la critique contre la religion est ancestrale. Où le débat-réquisitoire sur les religions est ancré dans l’univers philosophique et politique.

 

Au vrai, la question philosophique et politique qui se pose à notre époque moderne sécularisée est la suivante : est-il légitime de critiquer librement l’islam ? Est-il légitime ou irrationnel, à notre époque marquée par l’islamisme, d’identifier comme radicalement dangereux certains courants de l’islam, notamment le salafisme engagé dans une croisade verte totalitaire contre toute l’humanité, au nom de son dogme musulman doctrinaire, son islam coranique littéraliste théocratique ? Doit-on les combattre ou respecter leurs pratiques islamistes pour ne pas être accusés d’islamophobie ? N’est-ce pas au nom de l’islamophobie qu’on veut réduire au silence toute critique du dogme islamique ? Paradoxalement, ce sont les musulmans intégristes qui invoquent l’islamophobie pour circonscrire tout débat sur les questions relatives au dogme de l’islam, particulièrement ses aspects rétrogrades défendus avec obstination par les islamistes.  L’arme massive dissuasive islamophobie a été inventée par les islamistes pour criminaliser et pathologiliser toute critique de la religion islamique. Pour verrouiller tout débat contradictoire, libre et démocratique sur l’islam.

 

A l’évidence, aujourd’hui, pour prouver leur sincérité dans leur souhait d’impulser un débat en vue de moderniser l’islam, les musulmans devraient accepter de dissocier les deux vocables « islamophobie » et antimusulman. S’il faut absolument conserver le second terme pour lutter contre le racisme antimusulman (en vrai anti-arabe), notamment auprès des juridictions afin de condamner les coupables ; il faudrait a contrario fondamentalement bannir l’usage du premier vocable forgé politiquement pour museler tout débat critique sur l’islam.  A cet effet, pour commencer, les musulmans ne devraient plus brandir ce glaive (islamophobie) pour trancher (proscrire) toute critique de l’islam, sous couvert d’atteinte à la croyance musulmane.

 

De manière générale, à l’évidence, à dessein, on confond délibérément deux registres : « race » et religion. Deux entités qu’il faut absolument différencier. En effet, la nationalité n’est pas réductible à la religion. La nationalité est une entité juridique reconnue internationalement. Pour prendre l’exemple de l’Algérie, on naît algérien(enne) car nous sommes procréés par des parents algériens. Rien ne peut réfuter cette donnée. Nous portons notre identité algérienne de la naissance à la mort. Même si on change de pays, de nationalité, on demeurera toujours le fruit de géniteurs algériens.

 

En revanche, la religion, elle, relève d’un choix individuel, de la seule conscience de la personne. La religion n’est pas imprimée dans les gènes de la personne dite croyante. C’est le résultat de la transmission éducative, pour ne pas dire de l’endoctrinement. On ne naît pas musulman, on le devient. En outre, Musulman ne constitue pas une caractéristique héréditaire immuable. À plus forte raison, « les Musulmans » ne sont absolument pas un peuple. Un Algérien peut, au cours de sa vie, se convertir à une autre religion, à de multiples successifs dogmes, perdre la foi. En dépit de ses multiples conversions religieuses, il demeure Algérien.

 

Une fois admis ce postulat, la distinction entre « race » (ou nationalité) et religion deviendra aisément acceptable pour l’Algérien. Et par extension, l’admission de la possibilité d’être algérien et adepte d’une religion autre que l’islam, Algérien et libre penseur ou athée, Algérien chrétien ou bouddhiste. Algérien n’est pas synonyme de musulman, tout comme musulman n’est pas synonyme d’Algérien.

 

Par ailleurs, afin de pouvoir débattre librement, les musulmans devraient d’abord désacraliser la religion musulmane. Sans ce préalable de désacralisation, indispensable à l’ouverture d’esprit pour un dialogue dépourvu de toute emprise irrationnelle, de toute passion irraisonnable, de toute appréhension hérétique, de toute terreur profanatrice, de tout sentiment  blasphématoire, les proclamations d’intention des musulmans désireux d’amorcer des réformes demeureront lettre morte. Une fois seulement cette condition acceptée et accomplie, ils pourront plus aisément engager des débats controversés sur l’islam sans se sentir personnellement offensés ni éprouver quelque culpabilité religieuse, sans éprouver le sentiment de commettre un sacrilège.

Car, rationnellement, dans une discussion critique sur l’islam, ce qui est sacré c’est le locuteur et l’interlocuteur, et non l’islam, doctrine religieuse, objet de discussion. La critique libre de la religion est plus sacrée que l’interdiction de la critique religieuse consacrée.

 


1-   Université d’été est le nom généralement donné, en France, à un rassemblement de militants de responsables d’un mouvement politique sur quelques jours à la fin des vacances d’été. Y sont souvent conviés des universitaires, des intellectuels, des acteurs de la société civile pour des sessions de conférences, de débats et de formation.

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 12 octobre 2019

Chaque semaine, Christelle Néant de Donbass Insider, (habituellement en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV, mais cette fois-ci seule pour des raisons techniques), vous propose un rapport de situation (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 12 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE

0’37 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’43 » – L’armée ukrainienne empêche l’OSCE de faire son travail
03’40 » – Kiev sabote le retrait des forces à Petrovskoye et Zolotoye et bombarde lourdement la RPD

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

16’32 » – Analyse du plan B de Zelensky concernant un possible abandon de la partie du Donbass qui n’est pas sous contrôle de Kiev

39’54 » – Conclusion

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Une bombe de 246.000 milliards de dollars posée sous l’économie mondiale

Robert Bibeau 

Par Sputniknews.

La dette mondiale a atteint 246.000 milliards de dollars, un record absolu dépassant de plus du triple le PIB mondial, c’est-à-dire la valeur de tous les produits et services sur la planète.

 

Les économistes avertissent que quand cette immense bombe posée sous l’économie mondiale explosera, une crise bien pire que celle de 2008 éclatera. Pourquoi la situation est-elle critique, quelles mèches ont déjà été allumées et parviendra-t-on à éviter un effondrement global?
L’origine d’une telle dette

Selon le rapport de l’Institut de la finance internationale (IIF), au premier trimestre la dette mondiale a augmenté de 3.000 milliards de dollars en glissement annuel pour établir un nouveau record à 246.000 milliards de dollars, soit presque 320% du PIB mondial.

Dans les pays développés, les dettes ont augmenté de 1.600 milliards jusqu’à 177.000 milliards de dollars. La contribution principale a été apportée traditionnellement par les États-Unis, où la dette a atteint 69.000 milliards de dollars – dont 22.000 milliards de prêts publics qui continuent de s’accumuler à cause de l’appétit insatiable du gouvernement fédéral.

En juillet, le Centre américain de la politique bipartite (BPC) a rappelé que les USA risquaient un défaut de paiement dès septembre si les congressistes n’augmentaient pas de nouveau le plafond de la dette publique. Et ils l’ont fait. Ils ont repoussé l’échéance de deux ans, jusqu’au 31 juillet 2021. Autrement dit, ils ont autorisé le gouvernement à s’endetter sans limite. Selon les prévisions du Trésor américain, les emprunts courants dépasseront 1.000 milliards pour la deuxième année consécutive.

Les analystes de l’IIF constatent que cette dette mondiale immense et incontrôlée résulte de la politique irresponsable des banques centrales, addictives à la planche à billets et à la distribution de prêts. Les gouvernements, les compagnies et les particuliers empruntent pour le développement économique. Et, en l’absence de croissance, ils empruntent encore plus, qui plus est au vu des taux d’intérêts bas des plus grandes banques centrales. Avant même que la Fed n’assouplisse la politique monétaire, plusieurs banques centrales de pays émergents avaient réduit leur taux directeur.
Prendre tant qu’on donne

Comme l’affirme l’IIF, ce sont les pays émergents qui sont apporté la plus grande contribution à la hausse de la dette globale. Leur dette a dépassé 69.000 milliards de dollars soit 216,4% de leur PIB. La plus forte hausse a été enregistrée au Chili, en Corée du Sud, au Brésil, en Afrique du Sud et au Pakistan. Sachant qu’une partie significative concerne les entreprises dont la dette a pratiquement rattrapé la somme du PIB des 30 pays émergents (92,6%).

Ayant obtenu un accès sans obstacles aux marchés des capitaux, en deux décennies les pays émergents ont vu la dette des entreprises grimper de 50%.

«Le fait est que ce groupe d’emprunteurs ne dispose pas d’une expérience suffisante de gestion de la dette durant plusieurs cycles économiques. Dès que le déclin commence, les obligations des compagnies qui ont du mal à les honorer augmentent», explique l’Institut de la finance internationale.
La menace chinoise

Mais c’est la Chine qui inquiète le plus, dont l’économie se développe depuis plusieurs décennies grâce à des emprunts continus. Au final, la dette a quadruplé pour atteindre presque 300% du PIB. Le secteur des entreprises, où prédominent les compagnies publiques, a emprunté 21.000 milliards de dollars, soit 155% du PIB et presque deux tiers de la dette totale. A titre de comparaison, la dette des entreprises au Japon s’élève à 100% du PIB, et aux États-Unis à 74%.

Pour évaluer l’ampleur du problème, il suffit de regarder le marché des obligations d’entreprises. En 2018, la Chine possédait 1.720 milliards de dollars de ces titres, derrière seulement les États-Unis (5.810 milliards de dollars). Cette année, les compagnies chinoises représentent 42% de la nouvelle dette des entreprises, ce qui accroît le risque de défaut à court terme.

Dès à présent, de nombreuses compagnies admettent des défauts sur les obligations en déposant le bilan. L’an dernier, 18.000 sociétés ont fait faillite en Chine, alors que le niveau de défauts sur les obligations a dépassé cinq fois l’indice de 2015. Un nouveau record est attendu cette année.

L’Organisation de coopération et de développement économiques avait indiqué plus tôt que le niveau élevé et instable de la dette chinoise risquait d’entraîner de nombreux défauts d’entreprises.

«Le ralentissement de la croissance et les dépenses accrues pour le financement compliquent la charge de la dette et font planer la menace de défauts. Cela affectera de manière négative la rentabilité des banques, provoquant des problèmes de liquidités», a indiqué l’OCDE.

Les économistes sont persuadés que la situation actuelle indique clairement que la bombe de la dette sous l’économie chinoise émet déjà de la fumée. La dette excessive, couplée au ralentissement économique, est un précurseur notoire de récession.

Une situation similaire avait été observée à la veille de la crise financière mondiale de 2008. A un moment donné, l’économie mondiale ne pourra plus digérer l’immense dette incontrôlée. Sachant que la crise imminente, prédite par les économistes, sera bien plus rude et conduira à un appauvrissement de masse, à une grande instabilité géopolitique, à des troubles sociaux et à des guerres.

 

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Canada: l’élection des apparences

YSENGRIMUS         Commençons par bien prendre la mesure des principaux problèmes nationaux et internationaux qui enserrent la bourgeoisie du Canada trudeauiste actuel, à quelques courtes encablures des élections fédérales. Sans transition, en les énumérant par pays:

Canada I (Oléoduc). On trouvera le détail de ce serpent de mer spécifique dans mon article sur le foutoir pétrolier canadien. Pour résumer, on lève ici la principale différence doctrinale entre les Libéraux et les Conservateurs canadiens. Les Conservateurs, pro-ricains et pro-pétrole, veulent continuer de vendre les hydrocarbures onéreux à extraire du Canada aux ricains. Ceux-ci disposent, de toutes façons, d’une exclusivité d’achat ancienne (vu l’orientation géographique unilatérale de la majorité des oléoducs et des réseaux ferroviaires) et ils en abusent ouvertement, pour se couper les prix. Les Conservateurs canadiens, soumis et pragmatiques, jugent que le voisin impérial est tout simplement trop puissant, qu’on se doit de négocier au mieux notre dépendance. Plus frondeurs, les Libéraux canadiens cultivent le mythe de la diversification des marchés. Ils rachètent à un intendant pro-ricain un oléoduc vers l’ouest canadien et entreprennent d’en doubler la capacité, pour desservir le grand marché asiatique. C’est le tollé dans la petite populace. De fait, on peut ouvertement soupçonner les ricains d’entretenir les divers groupes d’objecteurs autochtones et écolos locaux, vu que cet oléoduc vise à diversifier —à leur détriment— la mise en marché du pétrole canadien. Le Canada peut-il faire comprendre à son puissant voisin qu’il aspire à s’affranchir, sans risquer de se faire rompre les os dans le processus? Tous les partis d’opposition, même les Verts et les Populistes, sont favorables à l’amplification du volume de cet oléoduc. Vous avez bien lu. La population canadienne, pour sa part, boude ouvertement tout ce dossier malpropre.

Canada II (SNC-Lavalin). Vaste contracteur en construction, employant des milliers de personnes au Canada, SNC-Lavalin aurait joué de corruption par le passé, notamment en graissant la patte à des notables libyens pour obtenir des gros contrats d’infrastructures en Afrique. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, des entreprises du même type ayant cultivé des pratiques similaires ont joué le jeu de la Restructuration Administrative. Tu congédies tes hauts administrateurs corrupteurs, les remplace, noie le poisson. Et voilà. Te revoici blanchi plus blanc et, en échange de ce Look at the new me! les décideurs gouvernementaux ne poursuivent que les lampistes congédiés et laissent intacte l’administration de l’entreprise trop-grosse-pour-tomber (on parle dans de tels cas d’Accords de Réparation). Or, au Canada, une ministre de la justice, intègre selon les uns, zélée selon les autres, a décidé, elle, de maintenir des poursuites judiciaires pharaoniques pour corruption généralisée contre SNC-Lavalin. Cela risque éventuellement de mettre l’entreprise sur le cul et de générer du chômage. Dans l’ «intérêt public» [sic], le bureau du Premier Ministre est intervenu, pour tordre le bras de la ministre de la justice pour qu’elle fasse comme les ricains et les rosbifs, sur cette question: écraser le coup et affecter de croire en la Restructuration Administrative de l’entreprise-hydre. Réfractaire, la ministre de la justice a fini par démissionner. Cela la fout cheni pour la sacro-sainte indépendance de la justice. Comme elle est en plus la première femme autochtone garde des sceaux de tous les temps, c’est pas bon non plus pour l’image de marque pluraliste du gouvernement. Les partis d’opposition picossent ledit gouvernement sur ce point mais ils se servent de l’histoire surtout pour discréditer l’image du Premier Ministre. On ne discerne pas trop ce qu’ils auraient fait à sa place ou feraient désormais.

Chine. Marché mirifique, la Chine intéresse le Canada, notamment comme débouché commercial pour fourguer ses produits pétroliers maudits. Au moment où tout semblait baigner au plan bilatéral, voici que survient le couac bizarre de l’affaire Meng Wanzhou. Cette princesse rouge, haute cadre et fille du PDG de Huawei, se rendait, ce jour-là, en Argentine pour affaires. Elle fait escale à Vancouver et se fait épingler par la GRC. Les ricains veulent l’interroger sur d’éventuelles tractations et transferts de fonds entre Huawei et l’Iran. Dans leur pur style extraterritorialité des lois impériales, nos bons ricains, qui n’en ratent jamais une, jugent que les rapports entre Huawei et l’Iran sont «illégaux» et que madame Meng pourrait parfaitement jouer les «personnes d’intérêt» dans cette histoire. Comme le Canada a un traité d’extradition direct avec les États-Unis, si madame Meng avait été une baronne de la drogue ou une tueuse en série, elle se serait retrouvée à Seattle ou à Portland en soixante-douze heures. Mais là, l’affaire traîne depuis des mois. Les chinois sont furax (ils emprisonnent deux canadiens, pour des raisons toutes aussi subtiles et transcendantes). Les ricains ne veulent tout simplement pas que leur petit sous-traitant du nord laisse filer une telle prévenue. Ils auraient d’ailleurs voulu bien bousiller les relations sino-canadiennes qu’ils n’auraient pas manœuvré autrement. En effet, le Canada est maintenant bien pris entre le marteau rouge et or et l’enclume tricolore. Et les partis d’opposition ne disent pas grand-chose sur cette question, si curieusement et opinément conflictuelle.

Europe. Redisons-le, le Canada trudeauiste cultive la mythologie des accords de libre échange avec tout le monde. Il passe donc le fameux CETA, accord de libre échange avec l’Europe. Ce faisant, il se pose, même explicitement, comme tremplin d’accès pour l’Europe aux marchés ricains. Jovialiste, il ne se dissimule même pas. Les agriculteurs français sont furax (ils ont peur du blé et du bœuf canadien) et —surtout— les politiciens ricains ne se sentent pas très bien eux non plus…

États-Unis. Aussi, assez promptement, l’Amérique trumpienne va mal réagir aux initiatives libérales en matière de diversification du commerce. Elle va ouvertement et tapageusement saboter le G7 de Charlevoix et foutre en l’air l’ALENA. Le raisonnement protectionniste ricain est ici imparable. Si le Canada passe des accords de libre échange avec tout le monde, l’ALENA (accord de libre échange nord-américain) transforme le Canada en gros ventre mou de pénétration des marchandises mondiales en Amérique du Nord. Pas de ça, Lisette. Les États-Unis vont donc jouer (comme avec le Japon et l’Europe) le jeu des barrières tarifaires avec le Canada (et avec le Mexique). L’ALENA est rompu et renégocié, à la vapeur. Il est clair que le Canada fait, comme tous les autres et sans traitement de faveur particulier, les frais d’un nouveau protectionnisme tous azimuts de la part de l’Amérique de Trump. Mais, pour ne rien arranger, force est de constater que le petit jeu multi-libre-échangiste de l’administration Trudeau a fait figure de légitimation des propensions trumpiennes. La question reste lancinante: le Canada peut-il vraiment se démarquer de son grand voisin impérial et jouer sur le terrain de balle multilatéral? La réponse que Trudeau donne désormais de plus en plus à cette question est: hélas non. Sa ligne devient, de ce fait, de moins en moins discernable de la ligne de ses adversaires électoraux conservateurs.

Russie. Le Canada joue les petits matamores face à la Russie. On a des troupes stationnées dans les républiques baltes et, surtout, on se mêle de dicter aux russes comment ils doivent manœuvrer leurs petites combines en Ukraine. Il est difficile de séparer cette ingérence canadienne sur l’Ukraine de la dense et complexe personnalité de madame Chrystia Freeland, notre cruciale ministre des affaires étrangères, qui est elle-même de souche ukrainienne par sa mère (madame Freeland possède même un super apparte sur Kiev, en copropriété avec sa sœur). Zinzins personnels à part, on est en droit de se demander si le Canada, qui reste un insecte au plan international, a les moyens de ses ambitions de se payer ce genre de politique étrangère de guerre froide à la manque, quand Macron et surtout Trump font des appels du pieds de plus en plus pressants pour normaliser les choses avec Poutine. Les partis d’oppositions canadiens n’ont pas spécialement laissé entendre qu’ils changeraient cette ligne matamore et stérile avec la Russie.

Voilà le tableau (et j’en passe). Les questions évoquées ci-haut, hautement durillonnes, sont littéralement immuables à court terme. Les partis d’opposition n’y changeront pas grand-chose et, ben… le sachant, ils ne s’engagent même pas à le faire. Tout se joue donc dans une durée à peine déguisée. On nous promet, dans le plus grand tapage, de réaliser, en forçant du nez… ce qui se prépare de toute façon, selon une continuité de l’état qui peine de plus en plus à cacher que son inflexible jupon dépasse.

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Maintenant —et conséquemment— comme tous les programmes se ressemblent et que les changements de fond sont fort peu probables, quelle que soit l’issue du scrutin, on ne se surprendra pas que les débats aient vite vu à se contenter de percoler dans la niaiserie la plus patente. On se crie des noms et on se la fait aux petits crêpages cacophoniques mesquins. Voici donc maintenant l’ensemble bringuebalant des questions–gadgets, scandales de réserves et autres accrocs d’images nunuches et insignifiants qui pendent, à ce jour, au cou des candidats de l’élection canadienne de 2019 comme autant de clochettes et de sifflets inutiles et distrayants, démontrant surtout que le style ricain du bon vieux salissage électoral tape-à-l’œil et ad hominem a désormais produit, en plus riquiqui, larmoyant, gnagnan et minus, sa petite version merdico-nordique.

 

Elizabeth May (Les Verts, centre-droite). Une histoire assez biscornue de photos retouchées a turlupiné minimalement madame May. Ses sbires ont remplacé un verre à café jetable dans les mains de notre bonne madame May par un verre réutilisable avec une paille en métal. Madame May a évidemment nié toute connivence avec cette manipulation visuelle, fatalement faite par des lampistes qui trinquent. Mais son image s’en est trouvée imparablement chiffonnée, attendu que les Verts et les écolos de toutes farines sont largement soupçonnés de jouer le déploiement de leur grande cause sanctifiée sur le spectacle, plus que sur les faits effectifs (conférer les faux compteurs écolos de Volkswagen, les fausses fibres végétales dans les produits Loulou Lemon, les étiquettes nutritives trafiquées, etc, etc… ad infinitum).

Andrew Scheer (Parti Conservateur, droite). Les petites fariboles d’image s’accumulent et s’agglutinent autour de monsieur Scheer. Avorton anti-avortement, il s’est fait amplement turlupiner sur cette question et il a fini par cracher qu’il était pro-vie, comme beaucoup de ses suppôts. Catholique avoué, on lui soupçonne des liens avec l’Opus Dei, mais il le nie, en bafouillant. Il s’est aussi fait passer pour un courtier d’assurance, dans une autre vie, alors qu’il n’avait pas la formation ou le permis. Puis, lui qui avait reproché assez ostentatoirement à Thomas Mulcair, Stéphane Dion et Michaëlle Jean d’avoir la nationalité française, on lui a récemment découvert la nationalité américaine. Fausse note. Il n’y a rien de très répréhensible dans tout ça. Ce qui est est. Un réac sera fatalement pro-vie et un canadien peut parfaitement avoir deux nationalités (et ce, quoi que monsieur Scheer en ait dit lui-même autrefois, des autres). Simplement c’est le style faux-jeton et louvoyeur de monsieur Scheer qui passe de plus en plus mal, autour de ces petits pépins d’image. Il esquive, il botte en touche, il marmonne, il susurre que tout ça, c’est pas si important. Évidemment, que ce larbin servile des entreprises pétrolières ricaines soit ricain de sa personne, bon, ça la fout cheni tout de même. Il aurait pu l’avouer au moins, au lieu d’attendre de se faire débusquer sur la question. Aussi, sur la problématique avorteuse, méfiance. Il dit qu’il ne votera jamais personnellement en faveur d’une réouverture du dossier de l’avortement par ses avortons. Cela ne veut pas dire qu’un bill privé est impossible sur la question. Monsieur Scheer voterait individuellement contre, c’est tout ce qu’il nous ânonne. Et si tous ses réacs votent pour, la merde est reprise, non? Monsieur Scheer ne clarifie pas ça. Le type est incontestablement un enfumeur intensif et sa persistante attitude de couillon sur tous ces petits hiatus d’image le confirme de plus en plus.

Jagmeet Singh (Nouveau Parti Démocratique, centre-gauche). Pas de scandale de réserve ni de squelette dans le placard avec le très charismatique monsieur Singh, pour le moment. Sa meule autour du cou, c’est tout simplement le turban qu’il porte sur la tête. Comme ce dernier n’est PAS un signe religieux (lire attentivement ICI), monsieur Singh n’hésite pas à le retirer à l’écran et ça fait insondablement gentil-gentil. Sauf que le kirpan, il n’y touche pas, par contre. Les atouts contemporains de l’autorité victimaire jouent un petit peu en faveur de monsieur Singh mais cela ne l’empêche pas de ne pas monter dans les sondages, surtout au Québec. Il est assez patent que les québécois se souviennent des révélations faites autrefois à son sujet par la très incohérente Martine Ouellet. Quand il était député ontarien, monsieur Singh a jadis milité pour l’abolition des casques de motos, de façon à ne pas nuire au port du turban… Ce genre de doctrine implicite, même si elle ne fait pas partie du programme officiel du NPD, ne vous décolle pas des basques si facilement, surtout de nos jours.

Justin Trudeau (Parti Libéral, centre-droite). Le Premier Ministre Trudeau a immensément de difficulté à se débarrasser de sa croissante réputation de guignol costumé. Les déguisements parfaitement inanes, lors de la fameuses visite en Inde, lui font comme la tunique de Déjanire sur le torse d’Hercule. Ça colle, ça brûle, ça empoisonne, et ça s’en va pas. Pour ne rien arranger, un petit putride de réac a coulé au magazine Time des photos de monsieur Trudeau en Aladin avec le visage noirci. Scandale de réserve patent. D’autres images de ce type ont circulé, qui faisaient assez Minstrel Show quand même. Même si l’académicien québéco-haïtien Dany Laferrière nous a intelligemment expliqué que cela tendait peut-être plutôt à prouver que monsieur Trudeau aurait secrètement envie d’être noir, rien n’y a fait. Les mijaurés donneurs de leçons canadiens anglais, trop contents que le raciste soit pour une fois quelqu’un d’autre qu’eux-mêmes, ont crié au blackface en roulant des orbites et se sont pâmés de jouir du scandale de réserve mobilisé. Pour en rajouter, la version française du thème chanté de la campagne libérale était dans un sabir atlantique aussi indécodable que ridicule. Voilà pour les fronts ethnique et linguistique. Sur le front écologique, un des adversaires de monsieur Trudeau a mentionné qu’il avait deux avions de campagne et que cela augmentait son empreinte carbone, et faisait tache sur son vernis écolo. En gros, le personnage se fait de plus en plus jeter au nez une image de biaiseux, de baratineur, de fallacieux et d’hypocrite. Et, au bout du compte, toujours pour ne rien arranger, ce petit couillon de Trudeau passe son temps à s’affubler d’une grande bouille contrite en mondovision et à s’excuser sans fin, en cataracte et à répétition. Même les bourgeoises anglo-canadiennes aussi veules que lui en viennent à trouver que c’est tout de même un peu trop poussé dans l’apologétique, son gestus. Imaginez alors ce qu’ose en penser tout bas le reste du genre humain…

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En conclusion, deux points: 1) les problèmes nationaux et internationaux de fond ne font pas l’objet de différences significatives dans les programmes de tous les partis politiques bourgeois canadiens contemporains. Pour le Canada, le sac de nœuds national et —surtout— international ne changera pas significativement et ce, quel que soit la couleur du nouveau gouvernement au pouvoir. 2) Conséquemment, on investit beaucoup de bande passante à se crier des noms et à parler de verres à café, de turbans, de faux permis de courtier d’assurance, de coucous pollueurs, de chansonnettes gingle et de maquillage.

Aussi, bon ben, prolétaires de tous tonneaux, circulez, y a rien à voir. Cette élection est strictement une élection des apparences.

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RPD – Nouvel échec du lancement du désengagement des forces à Petrovskoye

Après que Kiev a inventé une clause concernant l’application stricte du cessez-le-feu pendant une semaine pour ne pas lancer le retrait de ses forces des zones pilotes de Zolotoye (en République Populaire de Lougansk – RPL) et Petrovskoye (en République Populaire de Donetsk – RPD) le 7 octobre, la nouvelle date pour le début du processus avait été fixée au 9 octobre.

L’Ukraine avait alors changé de tactique et tenté de provoquer les milices populaires en leur tirant dessus, espérant ainsi provoquer des tirs de réponse qu’elle aurait pu utiliser comme excuse. Ce plan n’ayant pas fonctionné, Kiev a opté pour le silence, refusant de tirer les fusées blanches devant indiquer qu’elle lance le retrait de ses troupes.

Une nouvelle tentative a donc été programmée pour aujourd’hui, 12 h 00. L’OSCE et les représentants de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) étaient à Petrovskoye pour surveiller le processus. Une patrouille « miroir » de l’OSCE se trouvait en face, côté ukrainien, à Bogdanovka.

Mais avant même que le processus prévu commence, des nouvelles faisant état d’affrontements armés entre les ultra-nationalistes de la 35e brigade (stationnée à Bogdanovka) et le 3e régiment des forces spéciales des FAU (Forces Armées Ukrainiennes) nous sont parvenues sur place. La raison cet affrontement semble avoir été le retrait prévu des unités de la 35e brigade. Les ultra-nationalistes s’y sont opposés, refusant d’obéir aux ordres. Le 3e régiment des forces spéciales a alors essayé de les obliger à appliquer les ordres. En vain.

Plus tard, face aux observateurs de l’OSCE, les représentants ukrainiens au sein du CCCC diront que les soldats sont prêts à se retirer mais qu’ils n’en ont pas reçu l’ordre (voir le reportage ci-dessous). En clair, dès le départ ça partait très mal, et très vite cette impression de manque de coordination totale côté ukrainien s’est renforcée.

À12 h 00, l’Ukraine devait tirer une fusée blanche la première pour indiquer qu’elle lançait le processus de désengagement. Mais à 12 h 10, toujours rien. La RPD décide alors en accord avec l’OSCE de tirer une fusée blanche en premier, en signe de bonne volonté, et d’attendre de voir si la partie ukrainienne répond.

Devant l’absence de réponse, l’OSCE contacte sa patrouille « miroir » située côté ukrainien et demande confirmation que la fusée tirée par la RPD a été vue de leur côté. Devant la réponse affirmative de leurs collègues, l’OSCE nous demande d’attendre une heure, voir si la partie ukrainienne réagit.

Après ce délai, et alors que la milice populaire de la RPD s’apprêtait à tirer une deuxième fusée, la partie ukrainienne demande alors un délai d’une heure supplémentaire. Lorsque les représentants de la RPD au sein du CCCC demandent à l’OSCE pourquoi, la réponse laisse sans voix : les représentants ukrainiens au sein du CCCC n’étaient pas encore arrivés sur place à Bogdanovka !

Nous voilà partis pour attendre une heure de plus, pour leur permettre d’arriver, en espérant qu’une fois sur place ils vont permettre de lancer le processus de désengagement.

À 14 h, la RPD procède au deuxième tir de fusée blanche, espérant enfin une réponse. En vain. Devant le silence persistant de la partie ukrainienne, la RPD décide de tirer une fusée blanche de plus par rapport à ce qui était prévu, pour donner une ultime chance à l’Ukraine de lancer le processus de désengagement aujourd’hui.

Après une nouvelle heure d’attente, à 15 h, la milice populaire de la RPD tire une troisième fusée blanche dans le ciel. Mais toujours aucune réponse. À 16 h il était clair que le désengagement ne serait pas lancé aujourd’hui, mais les représentants de la RPD au sein du CCCC et les observateurs de l’OSCE sont restés jusqu’à la nuit tombée pour s’assurer qu’ils ne rateraient pas la réponse ukrainienne si elle arrivait sur le tard. Pour rien.

Il ne reste donc à Kiev que demain pour lancer le processus de désengagement, faute de quoi le processus de désengagement sera officiellement interrompu par la faute de l’Ukraine, et les représentants ukrainiens à Minsk vont devoir s’expliquer et renégocier une nouvelle date, repoussant d’autant la réunion au Format Normandie, dont Zelensky a tant besoin.

La RPD par contre a clairement marqué des points, l’OSCE ayant noté la bonne volonté de la RPD d’appliquer les accords signés. Les observateurs de l’organisation présents sur place ont tenu à remercier la RPD pour sa patience malgré le silence de Kiev.

Voir le reportage vidéo filmé sur place (en français) :

Christelle Néant

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Vers une confrontation Turquie-Syrie?

Damas qualifie le gouvernement turc de « régime expansionniste », ajoutant qu’Ankara sera considéré comme un « groupe terroriste » s’il ose attaquer le sol syrien.

Selon l’agence de presse officielle syrienne SANA, un responsable du ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré, mercredi 9 octobre, que la Syrie utiliserait tous les moyens possibles pour contrecarrer Ankara.

Robert Bibeau, éditeur du webmagazine Les 7 du Québec s’exprime sur ce sujet.

 

Sur PRESSTV- Français.

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Pour le Système, tout va très bien, mais ça va très mal finir!

Sur Boulevard Voltaire.

 

Une crise des liquidités tout à fait semblable à celle de 2008 sur un marché monétaire interbancaire bloqué, suite à la crise des crédits hypothécaires subprime, est apparue pour la première fois, le mardi 17 septembre 2019, à Wall Street. La Fed, qui se veut rassurante et invoque des raisons techniques, a dû injecter, en quatre jours, 278 milliards de dollars pour rassurer les marchés et faire retomber le taux d’intérêt, qui était monté jusqu’à 10 %. Selon certaines rumeurs, la Fed pourrait être amenée à augmenter de nouveau la taille de son bilan de 400 milliards de dollars.

 

Mais le plus préoccupant, c’est que, selon la BRI, des crédits très risqués (leveraged loans), pourris (junk), à des entreprises zombies atteignent aujourd’hui 1.200 milliards de dollars aux États-Unis et 200 milliards de dollars en Europe. Tout comme les crédits hypothécaires subprime aux particuliers avant 2007 avaient été découpés en tranches et intégrés dans des titres financiers « CDO » (collateralized debt obligations), les crédits très risqués aux entreprises ont été découpés en tranches et intégrés dans des titres financiers appelés « CLO » (collateralized loan obligations). Bref, rebelote, les crédits très risqués aux entreprises, en 2019, ont remplacé les crédits hypothécaires subprime très risqués aux particuliers, tandis que les titres financiers « CLO » de 2019 ont remplacé les titres financiers « CDO » de 2008.

 

Un grand nombre de fonds (Stifel Financial) et quelques banques (Bank of California) possèdent, aujourd’hui, ces actifs illiquides et risqués pour des montants élevés dans leurs portefeuilles et se trouveront en difficulté si les investisseurs veulent retirer leur argent. Fitch Ratings, la BCE et la BRI ont reconnu le problème de ces crédits très risqués, tandis que la Fed se fait au contraire très discrète et noie le poisson, afin d’éviter la panique.

 

La situation économique réelle des États-Unis ne correspond en rien à l’image médiatique répandue dans le monde. Le chômage est à un niveau minimum de 8-10 %, selon Béatrice Mathieu, la rédactrice en chef de L’Express, très loin du plein-emploi tant vanté. La dette globale de 72.000 milliards de dollars des États-Unis (de l’État central) ne sera jamais remboursée car elle a été gaspillée dans des achats de biens de consommation et des rachats d’actions au lieu d’investissements réels dans les entreprises. La dette des particuliers américains (crédits hypothécaires, cartes de crédit, dépenses médicales, achat de voiture, crédits étudiants) s’élève à 13.500 milliards de dollars, soit 1.000 milliards de plus qu’en 2008. 54 % des États américains sont en quasi-faillite avec une classification D ou F, les dépenses pour les futures retraites n’étant pas provisionnées. Les fonds d’investissement, les assurances et les banques sont assis, aux États-Unis, sur une bombe à retardement.

 

La BCE vit un psychodrame, les Allemands étant fous furieux des taux bas et de la relance à venir du « QE » par Draghi Sabine Lautenschläger, membre éminent du directoire de la BCE, a donné sa démission, le jeudi 26 septembre, deux ans avant l’expiration de son mandat. Les Allemands ont déjà connu les effets de la planche à billets en 1923, ne veulent pas entendre parler de la stupide théorie monétaire moderne et prétendent que la situation actuelle n’est pas supportable à long terme. Il n’y a, en fait, que trois pays sérieux, en zone euro : l’Autriche, les Pays-Bas et l’Allemagne.

 

La France de Macron devient celle de Hollande. Elle ne taille pas dans les dépenses publiques, ne baisse pas les effectifs de la fonction publique, ne s’attaque pas au déficit structurel et s’endette car l’argent ne coûte plus rien, avec un taux de dette publique (2.400 milliards d’euros) de 99,5 % du PIB. Si les taux remontent, c’est la banqueroute immédiate.

 

La volatilité augmente sur les Bourses avec des cours artificiellement gonflés par les taux d’intérêt au plus bas et les flux de liquidités des banques centrales, tandis qu’une lente et progressive euthanasie des épargnants avec des fonds en euros rémunérés d’une façon ridicule a déjà commencé dans l’assurance-vie (1.700 milliards d’euros, soit un peu moins que la dette française).  Depuis 2011, les banques centrales ne vendent plus mais achètent de l’or (Chine et Russie, plus particulièrement) ; elles ont rétabli le métal jaune, le 29 mars 2019, comme un actif de classe 1 sans risque (« tier 1 »), sachant qu’il sera, à terme, le seul survivant (ce que nous disons ici à Les7duquébec.com depuis plus d’un an…  mais cela se fera après la récession et l’effondrement ajouterions-nous. NDLR)

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L’HYDRE ISLAMISTE

 

J’ouvre le dictionnaire à la lettre H… c’est le moins que je puisse faire pour accomplir une tâche d’ordre intellectuel… C’est le Président Emmanuel Macron qui m’interpelle avec son hydre islamiste.Au sens mythologique, l’hydre est un serpent à 7 têtes qui repoussent aussitôt coupées.

Au sens propre donc comme au sens figuré, l’hydre est un mal qui se renouvelle en dépit des efforts faits pour l’éradiquer.

 

Examinons le contenu de ces 7 têtes qu’on s’apprête à trancher :

 

La première : si tout un chacun est appelé à signaler tout signe de radicalisation, on fait ce que fait le serpent qui se mord la queue : on se radicalise contre la radicalisation. Jusqu’à ce qu’on réalise qu’on n’a rien fait d’autre qu’actualiser la guerre de tous contre tous.

 

La deuxième : dans un État de droit, faut-il rappeler qu’il est interdit aux uns de montrer les autres du doigt. La stigmatisation ne peut faire office de loi.

 

La troisième : faire appel à votre vigilance c’est faire appel à des vigiles, ça ne vous rend pas plus libres mais plus serviles… car nul n’a le droit de se substituer à la police, ni le devoir de devenir un délateur pour servir la Justice.

 

La quatrième : tout discours qui réduit l’islam à l’islamisme fait le lit du terrorisme… autrement dit le rejet de l’islam et de son éthique correspond en tous points au projet de l’islam politique, celui des islamistes. Leur but : Opposer les musulmans aux non musulmans pour tendre et prétendre à une guerre de religion.

 

La cinquième : à moins de faire de la politique fiction, ou de pratiquer l’art divinatoire, nul ne peut prédire ni prévoir le fameux passage à l’acte… à moins de présumer que tout musulman est un islamiste en puissance. Et dans ce cas, il n’y a pas d’autre solution que de mettre le bon sens en prison.

 

La sixième : aucune lutte politique contre le terrorisme n’a de chance d’aboutir tant que le terrorisme est encore et toujours instrumentalisé politiquement par des régimes viciés et des systèmes financiers qui font le jeu des puissances corrompues.

 

La septième : gardez la raison et la maison en vous disant que nul n’est au-dessus de tout soupçon : ni le soupçonné ni celui qui soupçonne. La police vient d’en faire les frais.

 

https://www.lejournaldepersonne.com/2019/10/lhydre-islamiste/

 

Pour soutenir l’Artiste du journal de Personne, ses créations, le journal, voir un de ses films, demander le film de votre vie, sur œuvre ou sujet : https://www.lejournaldepersonne.com/soutien-journal-de-personne/

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Le troisième chimpanzé

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CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Après une halte, je reprends ma chronique au sein des 7 du Québec avec grand plaisir. Je débute avec une série sur l’évolution de l’homme, celui qu’on appelle maintenant le troisième chimpanzé puisqu’il partage 98 % de son ADN avec le chimpanzé !

Cette série d’articles s’inspire du livre de Jared Diamond, Le troisième chimpanzé paru en 2000 aux Éditions Gallimard pour l’édition en langue française.

J’ai choisi ce thème afin de mieux comprendre les agissements de l’être humain qui semblent partagés entre une nature créatrice et des impulsions destructrices. Notre histoire est meublée de violence, de contradictions, de soif de pouvoir, et aussi, de sublime et de grandeur.

L’espèce humaine est une espèce animale – les trois sortes de chimpanzés
L’homme est doté des mêmes organes, molécules et gènes que les animaux. Par notre morphologie EXTÉRIEURE, nous ressemblons au chimpanzé. Des études de génétique moléculaire ont démontré que l’homme partage 98 % de son ADN avec le chimpanzé.

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L’auteur a donné à l’homme le nom de TROISIÈME CHIMPANZÉ ; voici les trois chimpanzés.

  • le chimpanzé pygmée du Zaïre
  • le chimpanzé commun réparti dans le reste de l’Afrique
  • l’homme, le 3e chimpanzé

La distance génétique globale entre l’homme et le chimpanzé est plus étroite-petite que…
En fait, la distance génétique entre l’homme et le chimpanzé est plus petite-étroite que celle séparant des espèces d’oiseaux viréon à œil rouge et le viréon à œil blanc (proche du gobe-mouche) !

Nos caractéristiques particulières sont apparues très récemment et ne résultent que d’un petit nombre de changements. On suppose qu’elles étaient déjà présentes chez les animaux sous une forme précurseur.

Voici certains traits reliés à l’être humain :

  • nous nourrissons nous enfants au-delà de l’âge de sevrage au lieu de les laisser trouver leur nourriture par eux-mêmes
  • la plupart des hommes et des femmes adultes forment des couples
  • tous les pères ou presque et mères s’occupent de leurs enfants
  • de nombreuses personnes vivent suffisamment longtemps pour voir leurs petits-enfants
  • les femmes connaissent la ménopause

**Ces traits nous paraissent normaux cessent de l’être au regard des caractéristiques observables chez les animaux les plus proches apparentés

  • ces traits n’ayant pas trouvé de traces dans les archives fossiles, nous ne savons pas à quel moment ils se sont réalisés

Les caractéristiques culturelles qui nous distinguent des animaux

-le langage, l’art, technique et agriculture

-comportements négatifs, consommation de drogues

LES TENDANCES HUMAINES :

  • à tuer par XÉNOPHOBIE
  • les membres des autres groupes humains (ce trait possède des précurseurs animaux distincts, il s’exprime par ses combats entre individus et groupes en compétition qui peuvent aboutir à des meurtres
  • NOTE – notre capacité à tuer a été augmentée par nos compétences en technologie
  • L’ISOLEMENT connu par les groupes humains au cours de l’histoire évolutive de l’homme
  • liste des massacres enregistrés dans les annales mondiales
  • notre tendance à détruire l’environnement – ce comportement possède aussi des précurseurs chez les animaux

Ainsi, la fable que l’humain avant la révolution industrielle vivait en paix ne tient pas la route. Dans la situation actuelle, ce qui est nouveau, c’est le degré d’intensité de destruction.

    1. En quoi consiste le 2 % de distinction entre l’homme et le chimpanzé ?
      1. CHANGEMENTS qui ont affecté le cycle vital humain qui ont été fondamentaux pour le développement
      • du langage
      • de l’art

Aucun autre animal de grande dimension n’est distribué sur tous les continents ou perpétué dans tous les types de milieu – depuis les déserts de l’Arctique jusqu’aux forêts tropicales. Aucun gros animal sauvage ne nous concurrence par le nombre.

Il y a 40 000 ans, les néandertaliens avaient un cerveau plus grand que celui des hommes modernes, et malgré ce fait, ils ne firent preuve d’aucun esprit inventif en matière d’outillage ni d’art. Et même pendant les dizaines de milliers d’années qui s’écoulèrent après que certaines autres populations humaines eurent atteint une morphologie moderne au niveau du squelette, les outils demeurèrent aussi banals que ceux des néandertaliens.

En quoi consiste le 2 % de différence entre nos gènes et ceux des chimpanzés ? Le langage et l’art

    1. ce pourcentage inférieur eut pour fonction – non pas de déterminer la forme de nos os, mais de sous-tendre nos caractéristiques DISTINCTIVES : créativité, disposition à l’art et l’aptitude à la fabrication d’outils complexes
    2. en Europe, ces traits en question ont commencé à se manifester soudainement alors que les hommes de Cro-Magnon remplaçaient les néandertaliens
    3. C’EST DE CE MOMENT QUE L’ON PEUT DATER L’ÉMERGENCE DE L’HOMME – nous avons alors cessé de n’être qu’une espèce de grand mammifère parmi d’autres

Suite dans le prochain article.

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Mediator ! Irène Frachon « Femme » hors du commun « Le Procès en direct »

Suite 1

Lien du premier article

 

Quand des perquisitions sont menées dans une enquête judiciaire, le fruit de la pêche est exploité directement et versé au dossier. Toutes les parties prenantes de l’instruction peuvent y avoir accès. L’autre possibilité est de conserver les éléments recueillis dans les salles des scellés. Dans ce cas, les enquêteurs (généralement des policiers) analysent son contenu et réalisent des comptes rendus sur des procès-verbaux ensuite versés au dossier.

Une réalité bien différente

Dans l’affaire Médiator, ces fameux procès-verbaux indiquent quasiment tous que le contenu des écoutes téléphoniques de membres de l’Agence du médicament (Afssaps, devenue ANSM en 2012) ne peuvent pas aider l’enquête en cours. «Aucun élément susceptible d’intéresser la présente enquête n’a pu être relevé», écrit ainsi un capitaine de police un peu trop zélé, le 4 octobre 2013, à propos d’une écoute réalisée sur la ligne de l’ancien patron de l’Afssaps, Jean Marimbert.

«Les interceptions téléphoniques révèlent également que les gendarmes ont fait des saisies à minima»

 

Or la réalité est bien différente. Sa femme l’appelle pour lui faire part de la conversation qu’elle a eue avec l’un des juges d’instruction après une perquisition à leur domicile.

 

Elle explique à son mari qu’elle a raccompagné la greffière à son bureau, que l’intention des magistrats instructeurs n’est pas de lui nuire («tu auras un classement sans suite ou un non-lieu », écoute du 2 février 2012). Elle ajoute que ces derniers se sont même excusés d’avoir dû mener cette perquisition!

 

Ces interceptions réalisées à l’instar des perquisitions quatorze mois après le début de l’enquête judiciaire montrent par ailleurs que l’Agence avait été informée au préalable de la venue des enquêteurs.

 

Celui qui en est alors le directeur général, Dominique Maraninchi, avait alerté certains des hauts dirigeants.

 

Les interceptions téléphoniques révèlent également que les gendarmes ont fait des saisies à minima.

 

À tel point que le personnel de l’ANSM s’en étonne. Ainsi, l’une des responsables se demande pourquoi sur les 1000 e-mails contenus dans son ordinateur concernant le Médiator, seuls trois ont été saisis.

 

La molécule de Servier

Le médicament a été mis sur le marché en 1976 par Servier.

 

Il le restera jusqu’en novembre 2009. Pendant toute sa commercialisation, plus de 5 millions de Français en ont consommé.

 

Cinq jours avant sa suspension, l’Afssaps autorisait pourtant la vente de ses génériques produits par Mylan et Qualimed.

 

La molécule de Servier doit sa fin au Dr Irène Frachon, pneumologue du CHU de Brest.

 

Elle met au jour ses effets secondaires: des atteintes des valves cardiaques, appelées valvulopathies. Quand le Mediator est retiré, il n’y a aucune alerte concernant la nécessité d’un suivi cardiologique.

 

Rien. Début juin 2010, Le Quotidien du médecin dont le directeur de la publication est Gérard Kouchner, frère de l’ancien ministre de la Santé publie un communiqué de l’industriel:

 

«À ce jour, aucun lien de causalité direct n’a été démontré entre la prise du médicament et les valvulopathies.»

 

Le 10 juin, le Dr Frachon sort un livre intitulé Médiator, combien de morts ?

 

Et c’est la réponse à cette question entre 500 et 1000 morts qui lanceront véritablement l’affaire.

 

Une enquête préliminaire sera ouverte le 19 décembre 2010, suivie d’une information judiciaire avec trois magistrats le 18 février 2011.

 

Une armée d’experts pour Servier

 

« Ce médicament a causé des drames, nous ne le nions pas, plaide un porte-parole de l’entreprise. C’est pourquoi dès 2011, nous avons proposé un fonds d’indemnisation.

L’Etat a d’abord tergiversé, puis l’a mis en place. » A ce jour, 3 762 patients ont été dédommagés par Servier pour un montant total de 164 millions d’euros. Un record en France.

« Nous attendons ce procès avec impatience. Il va nous donner l’occasion de démontrer qu’il n’y a pas eu de tromperie de notre part », ajoute le représentant de ce groupe prospère, qui compte 22 000 collaborateurs dans le monde, dont 5 000 en France, et réalise un chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros.

Pour défendre sa cause, Servier a fait appel à une armée d’experts. « Ils vont pouvoir exposer des arguments scientifiques qui n’ont jamais été entendus lors de cette instruction menée très à charge. »

La sécurité sanitaire mise en cause

Le procès sera aussi celui du fonctionnement de la haute administration de la santé et de ses relations parfois incestueuses avec l’industrie pharmaceutique.

L’ex-Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé (Afssaps) se retrouve, elle aussi, par ricochet, sur le banc des accusés, pour ne pas avoir vu, ou su, retirer un produit dangereux, alors qu’elle en avait le pouvoir.

Rebaptisée l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), la loi l’a dotée d’un nouveau fonctionnement. « Les règles de déontologie et de gestion des conflits d’intérêts sont plus exigeantes en vue d’une parfaite transparence », précise-t-elle.

Désormais, elle ne reçoit « aucun financement des industries de santé qui, par ailleurs, ne participent à aucune instance de gouvernance ». Suffisant pour convaincre les juges ?

Réponse en avril 2020 ?

Non pas avant septembre voir plus tard en 2020 ou 2021.

A suivre 

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La Maison Hong Kong. L’hubris du capital hongkongais

Quel est l’enjeu?

 

La question en litige dans la Maison Hong Kong n’est pas le projet de loi sur l’extradition des criminels vers le continent, ni le sort de la potiche Carrie Lam, ni la «démocratie» bourgeoise mise à mal. Ce à quoi nous assistons sur la petite ile de Hong-Kong c’est à l’affrontement entre une économie néolibérale débridée, décrite comme un marché «libre» dopé aux stéroïdes financiers, et un continent sous pression commerciale de la part des États-Unis. La réalité est bien différente de ce que nous racontent les médias à la solde du capital. Le PIB de Hong-Kong (7 millions d’habitants) comparé à la Chine (1,300 millions d’individus), est passé de 27% en 1993, à 2% en 2019 et la marginalisation se poursuit.

 

Pendant ce temps, le continent chinois a connu une croissance accélérée, y compris dans la ville de Shenzhen dont l’économie est soumise à l’économie de marché, voisine de Hong-Kong, alors que cette dernière n’a pas évolué. Comme écrit Sara Flounders «Depuis 10 ans, les salaires à Hong Kong stagnent, les loyers ont augmenté de 300%, c’est la ville la plus chère du monde. À Shenzhen, les salaires ont augmenté de 8% par an et plus d’un million de nouveaux logements verts et à faible coût sont en voie d’achèvement». (1) Hong-Kong a les loyers les plus élevés au monde, avec un fossé grandissant entre les riches et les pauvres, et un taux de pauvreté de 20%, alors qu’en Chine, selon la Banque mondiale, le taux de pauvreté est tombé de 88% en 1981 à 0,7% en 2015.

 

Un commentateur écrit: «La révolte des Hongkongais s’explique par le fait que le capitalisme chinois ne profite qu’aux membres du Parti et aux chefs d’entreprises qui jouent le jeu du Parti communiste chinois. Il faut surveiller attentivement comment la crise de Hong Kong se terminera pour les Chinois non communistes qui veulent demeurer libres de se gouverner». (2)

Le pouvoir économique détermine le pouvoir politique

 

En Chine, et sur son satellite hongkongais, comme partout ailleurs sous le mode de production capitaliste, le pouvoir économique détermine le champ de compétence du pouvoir politique… pas l’inverse, même quand les apparences sont contraires.

En Chine capitaliste, et sur son satellite hongkongais, le capital est l’instrument de production, de reproduction et de pouvoir des capitalistes, membres et non membres du Parti «communiste» chinois. Si un capitaliste n’a pas sa carte du Parti, il n’est pas exclu du sérail, il est simplement considéré comme faisant partie de l’opposition. Dans un instant, nous en verrons les implications. La carte d’entrée au casino de l’économie chinoise mondialisée c’est le monceau d’argent (d’actifs) que chacun a amassé, seul, en famille ou en conglomérat. Cependant, il est vrai que la clique des capitalistes membres du Parti communiste chinois (PCC) bénéficie de certains avantages concurrentiels plus rapidement que les capitalistes non membres de l’oligarchie gouvernementale. Exactement comme aux États-Unis, quand le président origine du parti Républicain, il avantage les capitalistes contributeurs au parti Républicain qui en retour ordonneront le blocage de la procédure « d’Impeachment » au Sénat, c’est le retour de l’ascenseur dit-on là-bas.

 

Attention cependant, ce marigot politique n’empêche pas les capitalistes non membres de la majorité au pouvoir, ni à ceux non membres de l’un ou de l’autre des deux partis d’alternance à Washington, de faire des affaires, ni d’obtenir des subventions gouvernementales, ni de recevoir le plein soutien juridique – diplomatique – ou militaire de l’État de tous les riches. Le principe unique – la dictature inaltérable du capital – s’exprime de façon simple : «toute magouille est permise pourvu qu’elle ne mette pas en péril l’hégémonie du capital sur le travail».

 

En souvenir de la Glasnost et de Tiananmen

 

Dans les vieilles démocraties bourgeoises comme aux États-Unis, au Canada et en Europe, ces principes sont acquis, compris et opérationnels. Il en va autrement chez une nouvelle puissance hégémonique sortie tout droit du socialisme dirigiste – dont l’Union soviétique s’est purgée avec fracas en 1990 – mais dont la Chine s’est préservée lors des évènements de la Place Tiananmen. Il est douteux que les troubles hongkongais parviennent à ébranler la Cité interdite et son céleste mandarin!

 

L’absorption de l’ile-ex-colonie britannique par l’immense pays continent chinois a de quoi effrayer la clique hongkongaise si fortement intégrée à l’impérialisme occidental, hier hégémonique et aujourd’hui déclinant. La crise hongkongaise n’oppose pas le capitalisme libéral au capitalisme dirigiste, les deux ont fusionné après l’effondrement du camp soviétique. Il s’agit plutôt d’une bataille d’arrière-garde de la part de la clique financière de Hong-Kong afin de fixer le prix et les modalités de sa complète intégration à l’économie continentale chinoise, assimilation de toute façon largement engagée.

 

En aucun cas, les capitalistes de Hong-Kong (qui commandent aux barbouzes stipendiés, qui eux manipulent les travailleurs-manifestants paupérisés) ne souhaitent se désarrimer du navire amiral pékinois … Ils ne sont pas fous les milliardaires de Hong-Kong qu’on invite sur le navire amiral de la flotte capitaliste mondial – ils ne vont pas refuser l’invitation pour rester accroché au rafiot occidental en perdition.

 

À l’heure où nous écrivons, les capitalistes de Hong-Kong, qui n’ont rien à faire de la populace de l’ile – sauf de l’exploiter et de la spolier – ont pris la mesure de leurs rivaux continentaux et connaissent les conditions de leur intégration au grand capital continental en tant que membres du Parti ou en tant que membres de l’opposition (ce qui ne les exclut pas des affaires, mais les éloigne de l’auge à purin). Toutefois, la Bande de Hong-Kong doit se rappeler que c’est le chien qui branle la queue et non l’inverse.

 

Les casseurs hongkongais disparaitront comme ils sont venus dès que le grand capital hongkongais aura compris la leçon venue de la Cité interdite. Aucune comparaison entre l’authentique révolte populiste des Gilets jaunes et la «révolte des parapluies» de la petite bourgeoisie et des barbouzes de Hong-Kong. (3)

 

NOTES

 

  1. https://www.mondialisation.ca/hong-kong-dans-le-viseur-du-pouvoir-mondial-et-des-luttes-ideologiques/5637125
  2. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/hong-kong-dans-le-viseur-du-pouvoir-mondial/ et http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-invites/hong-kong-ou-la-revolte-des-negres-de-maison/
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Kiev sabote une nouvelle fois le désengagement des forces à Zolotoye et Petrovskoye

 

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Donald Trump, seul contre tous

Robert Bibeau 

Par Thierry Meyssan. Sur Réseau Voltaire.

Seul, contre son opposition, contre son administration et contre ses alliés, le président Trump ne paraît pas en mesure de faire appliquer ses engagements de campagne. Trois ans après son élection, la Chambre des représentants a lancé contre lui une procédure de destitution parce qu’il lutte contre la corruption de ses adversaires.

 

Évidemment que nous, des 7duquébec.com, ne croyons pas à ce bobard à propos du pacifisme et de la lutte anticorruption de Donald Trump. Il s’agit plutôt de contradictions entre deux clans dans le camp ennemi du prolétariat mondial. Il tarde à Donald de se sortir du guêpier moyen-oriental où rien ne se tranche, alors que les autres factions du grand capital regrettent d’abandonner leurs sous-fifres si longtemps fidèle au drapeau étoilé. Donald sait lui que la prochaine guerre ne se gagnera pas sur le sous-continent arabo-iranien mais en mer de Chine où Donald a hâte de regrouper ses effectifs. Bonne lecture. Robert Bibeau.

 

Le principal engagement de campagne de Donald Trump de mettre fin à la stratégie militaire offensive Rumsfeld/Cebrowski et de lui substituer une politique de coopération jacksonienne se heurte à une puissante opposition interne aux USA et externe chez les alliés des États-Unis. Plus que jamais, le président apparaît seul, absolument seul, face à la classe politique transatlantique.

Tout était joué d’avance

Comme pour son prédécesseur, Barack Obama, tout semblait joué d’avance.

Dès son élection, en 2009, Obama fut salué comme le « premier président noir des États-Unis », puis s’avéra incapable de résoudre les problèmes de cette communauté, laissant les violences policières à leur égard atteindre des sommets. Aux premiers jours de son mandat, le Comité Nobel lui décernait le Prix de la paix saluant ses efforts « pour un monde sans armes nucléaires » ; un sujet qu’il cessa immédiatement d’aborder. Bien que son bilan soit à l’exact opposé de ses promesses de campagne, il n’en reste pas moins populaire dans le monde. Peu importent la délocalisation des emplois en Chine, la continuation de Guantánamo, les milliers d’assassinats ciblés, et la destruction de la Libye.

 

 

À l’inverse, dès son élection et avant même la passation de pouvoir en 2017, Donald Trump était présenté comme un narcissique maniaco-dépressif, une personnalité faible et autoritaire, un crypto-fasciste. Dès son accession à la Maison-Blanche, la presse appelait à son assassinat physique et le Parti démocrate l’accusait d’être un espion russe. Il obtenait qu’une enquête soit ouverte contre lui et son équipe dans la perspective de sa destitution. Son principal conseiller, le général Michael Flynn, fut contraint à la démission 24 jours après sa nomination, puis arrêté. Lorsque Donald Trump perdait les élections de mi-mandat (novembre 2018) à la Chambre des représentants, il fut donc contraint à négocier avec certains de ses opposants. Il trouva un accord avec le Pentagone, autorisant certaines actions militaires pourvu qu’elles n’engagent pas le pays dans une spirale, et obtint en échange la clôture de l’enquête russe. Durant huit mois, il tenta à marche forcée de mettre fin à l’anéantissement du Grand-Moyen Orient et aux préparatifs de la destruction du Bassin des Caraïbes. Il espérait pouvoir annoncer la concrétisation de la paix à la tribune de l’Assemblée générale des Nations unies. Patatras ! Le jour même, l’USIP (alter ego de la NED, mais pour le département de la Défense), rendait son rapport sur la Syrie en conseillant de relancer la guerre. Et, encore le même jour, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, annonçait l’ouverture d’une procédure d’impeachment contre lui, cette fois à propos de sa lutte avec les autorités ukrainiennes contre la corruption du clan Clinton.

 

Il est donc peu probable que Donald Trump parviendra à réaliser son programme avant la fin de son mandat alors que la campagne électorale pour son éventuelle réélection débute. Cependant, ses partisans font observer qu’il n’est jamais aussi bon que lorsqu’il est acculé. Rares ont été les médias à expliquer le jacksonisme, certes une idéologie que plus personne ne promouvait depuis la guerre de Sécession. Presque tous ont prétendu durant deux ans que Donald Trump était incohérent et imprévisible, avant d’admettre qu’il agissait selon une vision du monde déterminée.

Quoi qu’il en soit, il est déjà parvenu à rapatrier de nombreux emplois délocalisés et à mettre fin au soutien massif des départements d’État et de la Défense aux armées jihadistes, dont il reste cependant quelques programmes en cours.

Peu importe ce que Barack Obama et Donald Trump ont fait en tant que présidents, on ne retiendra que la manière dont les médias les ont présentés le jour de leur intronisation.

 

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La presse a salué l’élection de Barack Obama comme un progrès historique pour les États-Unis uniquement à cause de son aspect physique sans tenir compte de ses opinions politiques. Au contraire, Donald Trump a été dénoncé comme un nazi (ici le Stern allemand) et l’on a appelé à lui dire « Non » (projection sur la façade du parlement britannique).

Le rôle de l’État profond

Il est désormais évident que l’opposition à Donald Trump n’est pas uniquement constituée par l’essentiel de la classe politique états-unienne, mais aussi par la plupart des dirigeants étrangers de pays alliés des États-Unis. Cela peut paraître étrange pour ces derniers qui auraient tout à gagner de son succès. Mais ce n’est pas ainsi que fonctionne la politique. Les uns après les autres, ces dirigeants ont acquis la conviction que nul ne pouvait changer la politique US. L’intérêt de leurs États face aux puissants USA était donc de ne pas sombrer avec un Donald Trump isolé dans son pays, mais de rester fidèles à la politique destructrice de George W. Bush et de Barack Obama.

Reste à savoir qui parmi les dizaines de milliers de fonctionnaires tire les ficelles et pourquoi ils s’opposent au projet de Trump. L’« État profond » dont le président ne peut infléchir la politique n’est peut-être qu’un phénomène sociologique comme il peut représenter des intérêts structurés. Le président Trump croyait avoir neutralisé l’opposition des comités chargés d’appliquer les traités plus ou moins secrets des États-Unis avec leurs alliés. Il croyait avoir négocié avec le gouvernement alternatif constitué préventivement en cas de guerre nucléaire. Il s’est manifestement trompé.

Les leçons de cette histoire

Deux leçons peuvent être tirées de cette histoire. Premièrement, tous les historiens s’accordent à dire que George W. Bush n’a pas exercé véritablement sa présidence, mais s’alignait sur son entourage, en premier lieu sur son vice-président, Dick Cheney, et sur son secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. Il est également évident que Barack Obama avait très peu de pouvoir en dehors des assassinats ciblés. Il apparait aujourd’hui que Donald Trump n’est pas en mesure de changer la politique US. Force est de constater que, depuis le 11 septembre 2001, la fonction de président des États-Unis est presque exclusivement médiatique. Et, si le président ne fait pas la politique, ceux qui la font dans l’ombre ne sont pas élus.

Deuxièmement, les alliés des États-Unis n’obéissent pas au président US, mais à son État profond. Ils sont les jouets d’un acteur invisible. Seules la Russie et la Chine sont vraiment indépendantes. La Russie est le seul de ces trois États dont le président est démocratiquement élu et qui exerce le pouvoir au nom de son peuple. La Chine est un système transparent, mais seuls les adhérents du parti unique participent à sa vie politique. Le système des États-Unis est, quant à lui, parfaitement opaque.

Bienvenu aux commentaires à propos de ces thèses apolitiques.
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Kiev envisagerait l’option de renoncer à une partie du Donbass

Après que cette option a été exprimée à l’antenne par le fameux propagandiste pro-Maïdan Dmitry Gordon, et approuvée par Léonid Kravtchouk, ex-Président de l’Ukraine, voilà que c’est au tour de Vadim Pristaïko, ministre ukrainien des Affaires étrangères, de mettre ouvertement sur la table cette possibilité : que Kiev pourrait renoncer à une partie du Donbass !

Après la publication de mon précédent article sur le sabotage du désengagement des forces par l’Ukraine, dans lequel j’exposais l’analyse de Daniil Bezsonov sur l’existence de cette option, certaines personnes ont considéré que c’était trop gros pour être vrai. Kiev ne pourrait pas sérieusement envisager de renoncer à la partie du Donbass qui n’est actuellement pas sous son contrôle. Pas après cinq ans de guerre pour la reprendre.

Et pourtant, c’est bien l’une des options que Vadim Pristaïko, ministre ukrainien des Affaires étrangères, a exposées publiquement sur l’antenne de la chaîne ICTV. Il faut croire que l’analyse de Bezsonov était juste, et que Gordon avait servi d’éclaireur pour tester l’opinion publique sur cette possibilité.

Cette option est l’une des trois envisagées par Kiev en ce qui concerne le conflit dans le Donbass.

« Trois variantes sont possibles. J’en vois au moins trois. [La première est] d’essayer de négocier dans le cadre du processus injuste dans lequel nous nous sommes engagés il y a de nombreuses années [les accords de Minsk]. La deuxième tactique consiste à tout retarder pendant que nos soldats se font tuer, jusqu’à ce que les gens de l’autre côté de la ligne de contact commencent à nous détester et que nous ne pourrons jamais les ramener. Sinon il y a la troisième variante, d’abandonner ce territoire de l’Ukraine une fois pour toutes », a-t-il déclaré à l’antenne d’ICTV.

Selon lui, « le président ukrainien et toute son équipe essaient de terminer ce que nos prédécesseurs ont initié, à commencer par le processus de Minsk ».

M. Pristaïko a ajouté que si le processus de Minsk échoue, Kiev pourrait demander une mission internationale « pour maintenir la paix entre nous, ou mieux encore, sur tout le territoire occupé ».

Reprenons ses propos point par point. La première option envisagée est donc d’appliquer les « injustes » accords de Minsk.

Rien que le fait de sortir de qualificatif alors que ces accords ont permis à Porochenko de sauver ce qui restait de son armée, et s’ils étaient appliqués, permettraient à l’Ukraine de récupérer sa souveraineté sur le Donbass (même si elle ne serait en fait que symbolique comme l’a souligné l’expert Alexeï Tchesnakov), c’est un peu beaucoup se moquer du monde. Tout accord de règlement pacifique d’un conflit implique de faire des compromis. Cela n’a rien d’injuste, c’est normal.

Bon malgré le fait que cet accord serait injuste, Pristaïko nous dit que Zelensky essaye de mener à bien le processus de Minsk. Sauf que si on regarde les faits, Kiev n’applique pas plus les accords de Minsk sous l’ère Zelensky qu’elle ne le faisait sous l’ère Porochenko.

Les bombardements intensifs se poursuivent contre la République Populaire de Donetsk (RPD), avec 24 violations du cessez-le-feu et 277 munitions (dont 12 obus de mortier de 120 mm, 56 obus de mortier de 82 mm, et 10 obus de mortier de 60 mm) tirées par l’armée ukrainienne contre le territoire de la République durant les dernières 24 h. Ces tirs ont endommagé 21 habitations dont 20 rien que dans le village de Staromikhaïlovka !

Sans même parler du retrait des troupes et des équipements militaires qui est toujours au point mort. Alors que la RPD et la RPL ont indiqué à l’OSCE être prêtes à mener le retrait de leurs troupes, nous n’avons toujours aucun signe que Kiev en ait fait de même.

Lors de sa déclaration sur l’antenne d’ICTV, Pristaïko a d’ailleurs ressorti cette excuse bidon de la nécessité d’avoir sept jours de trêve ininterrompue pour lancer le processus, alors qu’une telle condition n’est indiquée nulle part dans l’accord conclu, et que c’est l’armée ukrainienne elle-même qui viole la trêve chaque jour que Dieu fait, offrant ainsi une excuse au gouvernement ukrainien pour repousser le désengagement sine die.

De plus, à Zolotoye (zone pilote de désengagement située à la limite entre l’Ukraine et la République Populaire de Lougansk – RPL) l’armée ukrainienne continue de renforcer ses tranchées pour y accueillir des armes et de l’équipement militaire, ce qui est tout l’inverse de ce qui devrait être fait dans le cadre du désengagement (qui impose de détruire les fortifications). Sans parler de la présence des néo-nazis d’Azov, arrivés dans le petit village pour soi-disant « assurer la sécurité des habitants », qui en réalité veulent que tout ce petit monde dégage !

En effet, une « volontaire » ukrainienne, Natalia Voronkova, a sorti naïvement à l’antenne de la chaîne Priamoï que les habitants de Zolotoye se sont rassemblés lors de la venue du chef d’état-major, du ministre ukrainien de la défense et d’autres officiels dans la localité pour leur hurler que les soldats ukrainiens les bombardaient (c’est déjà la troisième fois que je vois de telles accusations sorties sur des chaînes TV ukrainiennes), et que l’armée ukrainienne devrait se retirer 20 km en arrière, et qu’il était hors de question de les instrumentaliser pour interférer avec le désengagement des troupes.

La volontaire parle alors des quelques personnes qui seraient pro-ukrainiennes dans le village et qui envisageraient d’en partir si le désengagement à lieu. Voronkova se plaint que le gouvernement refuse d’aider ces personnes à partir du village et de les écouter, car ils seraient à peine quelques-uns, au milieu d’une grande majorité de personnes qui veulent que l’armée ukrainienne parte. Pour elle l’intérêt d’une infime minorité devrait avoir plus de valeur que l’opinion de la majorité. Je crois que cette volontaire n’a pas bien compris le concept de démocratie… Mais passons.

Là où ça devient grotesque c’est quand elle sort naïvement que les habitants les ont littéralement insultés, et qu’elle dit qu’accepter l’opinion de gens qui « croient » que l’armée ukrainienne les bombarde était une erreur. Comment t’expliquer ça de manière à ce que tu comprennes, Natalia ? Ces gens ne croient pas. Ils vivent sur le front au quotidien, ils savent qui leur tire dessus. Ils n’ont pas besoin de toi pour le savoir, ils le vivent ! Cette volontaire est tellement complètement hors sol que je ne pense même pas qu’elle a réellement compris la bourde qu’elle a sortie sur cette chaîne de TV ukrainienne !

Elle a admis publiquement que la grande majorité des habitants de Zolotoye détestent l’armée ukrainienne, veulent que les soldats ukrainiens et les volontaires d’Azov dégagent, et qu’en prime les habitants accusent l’armée ukrainienne de les bombarder, confirmant ainsi ce que la RPL dit depuis un bon moment (à savoir que l’armée ukrainienne bombarde le territoire sous son contrôle pour en accuser ensuite la RPL). Bravo ! Propagande ukrainienne : 0 – réalité : 1.

Et c’est là que j’en reviens à la deuxième option exprimée par Pristaïko, à savoir « tout retarder pendant que nos soldats se font tuer, jusqu’à ce que les gens de l’autre côté de la ligne de contact commencent à nous détester et que nous ne pourrons jamais les ramener ».

Bon après ce que Natalia Voronkova a sorti, ai-je encore besoin d’expliquer que les gens en RPD et en RPL ne vont pas « commencer » à vous détester si vous prolongez encore le conflit. C’est déjà le cas ! Vous ne croyez quand même pas qu’après cinq ans de guerre, plus de 13 000 morts, et des bombardements délibérés de civils, les tortures, kidnappings et divers crimes de guerre, les habitants de la RPD et de la RPL vous aiment ?

Ne me dites pas qu’on en est à un tel niveau stratosphérique de déni de réalité… La majorité de la population du Donbass a voté à l’écrasante majorité pour quitter l’Ukraine en 2014. Après leur avoir envoyé les chars, l’artillerie et les avions de chasse les exterminer leur opinion à votre égard ne s’est pas amélioré par miracle !!!

D’ailleurs même dans le territoire qui est sous votre contrôle c’est pareil ! Les habitants du Donbass occupé par l’armée ukrainienne vous disent ouvertement qu’ils veulent que vous dégagiez ! Il vous faut quoi de plus pour comprendre qu’ils ne vous aiment pas ?

Sans parler du fait qu’il ne mentionne que les soldats ukrainiens qui se font tuer. Les civils et les soldats du Donbass eux non si on en croit la phrase de Pristaïko. Or, pour rappel, rien que depuis le début de l’année 2019, 143 personnes sont mortes en RPD (134 soldats et sept civils) à cause de cette guerre, et que depuis le début du conflit la république a perdu 4 872 personnes dont 81 enfants. Chiffres auxquels il faut ajouter ceux de la RPL ! Ce serait gentil de la part de Pristaïko de ne pas oublier les victimes de ses « soldats qui se font tuer ».

Et c’est là qu’on en arrive à la dernière option, la plus intéressante à mon sens car elle rejoint ce que disait Bezsonov et Gordon. En effet, Pristaïko envisage comme troisième option « d’abandonner ce territoire de l’Ukraine une fois pour toutes » et de demander à des casques bleus de venir maintenir la paix sur la ligne de front, voire sur tout le territoire de la RPD et de la RPL (montrant que Kiev n’abandonne pas son idée d’appliquer le scénario croate dans le Donbass).

Bon je le dis de suite, l’option casques bleus dans tout le Donbass il peut l’écarter. Les deux républiques populaires n’ont pas oublié ce qui est arrivé dans l’ex-Yougoslavie, et n’ont pas l’intention de subir le sort que leur promettent certains excités de Lvov ou de Kiev (camps de filtration, extermination, génocide linguistique et culturel, etc).

Revenons donc à son option n°3. L’abandon du territoire. Purement et simplement. Ce que Pristaïko propose n’est ni plus ni moins qu’un scénario type Transnistrie ou Ossétie du Sud, les revendications sur le territoire en moins, avec des casques bleus pour calmer le jeu sur la ligne de front.

Cette option ouvertement mise sur la table semble confirmer l’analyse de Daniil Bezsonov. Zelensky et son mentor, Kolomoïski, veulent mettre fin à la guerre vite, pour attirer des fonds et des investisseurs en Ukraine (et se servir au passage). Et ce, quitte à dire adieu à une partie du territoire ukrainien.

La question qui se pose alors est de savoir si cette option ne pourrait s’appliquer qu’au territoire de la RPD et de la RPL, ou s’il serait envisageable de l’étendre à l’ensemble du territoire qui a voté pour quitter l’Ukraine en 2014 (soit l’ensemble du Donbass).

De toute façon, que l’Ukraine renonce à tout ou partie du Donbass, sa trajectoire actuelle la mène droit vers un scénario Yougoslave. Ce n’est pas en légalisant les casinos et en vendant les terres agricoles que Zelensky va sauver l’Ukraine.

Mais cette option mise sur la table par le gouvernement ukrainien montre que la guerre dans le Donbass est devenue un boulet insoutenable pour l’Ukraine, surtout dans la perspective de la perte du contrat de transit gazier avec la Russie.

Le problème c’est que Zelensky ne comprend pas que la somalisation rapide de l’Ukraine depuis le Maïdan et la poursuite des décisions politiques idéologiques stupides, au lieu de faire de la realpolitik, vont amener l’Ukraine à devoir renoncer morceau par morceau, à une grande partie de son territoire, sur lequel elle n’arrivera plus à maintenir son contrôle faute de moyens, voire à disparaître purement et simplement.

Le compte à rebours de l’explosion de l’Ukraine est déjà bien entamé.

Christelle Néant

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Le laxisme monétaire évitera le krach, mais pas la récession

Par Marc Rousset.

Il en est en matière boursière comme en matière d’immigration. Les médias mentent et les boursiers se mentent à eux-mêmes, si ce n’est que les chiffres sont beaucoup moins truqués en matière économique et financière. C’est ainsi qu’après le recul des Bourses à plusieurs reprises pendant la semaine passée, jusqu’à 3,12 % en une seule séance pour le CAC 40, la bourse de New York a terminé en hausse de 1,42%, le vendredi 4 octobre, sous le seul prétexte que le taux de chômage à 3,5% était au plus bas depuis cinquante ans. Ce chiffre est contesté par de nombreux experts qui estiment le taux réel de chômage, aux États-Unis, à un minimum de 8% (ce que nous savions depuis déjà un certain temps – sans compter la précarité des emplois créés. NDLR).

En fait, les nouvelles ne sont pas bonnes puisqu’on nous avait annoncé, le 2 octobre, que l’activité du secteur manufacturier (indice ISM) aux États-Unis avait encore reculé en septembre pour tomber à son plus bas niveau depuis dix ans, tandis que le secteur privé a créé seulement 135.000 emplois en septembre, soit moins que le mois précédent et les attentes des analystes. La vérité, c’est que les créations d’emploi ralentissent, que l’augmentation des salaires stagne, que l’activité manufacturière diminue constamment (+3,5 % en septembre 2018, -0,4 % en août 2019), que le taux à 10 ans de la dette américaine est de 1,534% (inversion de la courbe des taux). L’unique raison de la hausse de vendredi, à Wall Street, c’est que, suite à ces mauvaises nouvelles, il est à peu près certain que la Fed va baisser à nouveau ses taux d’intérêt fin octobre (la FED n’a pas le choix si elle souhaite  retarder le grand crash qui s’en vient. NDLR).

Le commerce mondial connaît une nette décélération constante (+4,6% en 2017, +0,5 % pour 2019) selon les dernières prévisions de l’OMC. L’Allemagne devrait entrer en récession au troisième trimestre 2019. L’indice PMI manufacturier, en raison de l’affaiblissement de la demande de biens d’équipement sur les marchés clés, est tombé en septembre à 49,1, soit en dessous du chiffre critique de 50, et son plus bas niveau depuis 2009. Quant à l’Italie, elle ne va pas sortir du marasme avec l’arrêt des investissements et de la progression des revenus, des gains de productivité trop faibles, une démographie défavorable, des banques dans une situation critique et une lourde dette de 134 % du PIB.

La France, avec une dette de 99,5 % du PIB, rejoint le « club » des pays surendettés dépassant les 100 % du PIB, soit les États-Unis (106 %), la Belgique (102 %), la Grèce (181 %) et le Japon (238 %). Il suffirait que les rebelles houthis envoient de nouveau quelques drones sur des sites pétroliers en Arabie saoudite pour que les prix mondiaux du pétrole en baisse, suite à la récession économique, remontent à la verticale (est-ce bien le houtis et ses drones de deuxième main –  qui détruit les raffineries de l’Arabie ?? NDLR).

Les emprunts des États et des entreprises affichant des rendements négatifs viennent d’atteindre 17.000 milliards de dollars, soit 20 % du PIB mondial. Les fonds en euros d’assurance-vie, acheteurs obligés de ces titres, selon les réglementations prudentielles, continuent donc leur lente marche vers l’agonie en prélevant, pendant quelque temps encore, sur les réserves de la PPB (provisions pour participation aux bénéfices). Mais ces fonds seront un jour dans l’incapacité de faire face à la liquidité et de garantir le capital des épargnants (exactement  monsieur Rousset – c’est toujours le petit épargnant qui paie la note. NDLR).

Dès novembre, avec la nomination de Lagarde, se posera le problème de la survie de la zone euro. Ou bien les Allemands, tétanisés par les souvenirs de l’hyperinflation de 1923, tapent du poing sur la table et sortent de la zone euro avec, peut-être, les Hollandais et les Autrichiens, ou ils acceptent de sombrer lentement et inexorablement avec le navire européen, suite à la récession en vue, la perte de débouchés dans le monde et en Europe, et les difficultés supplémentaires pour leur économie que provoquerait une réévaluation du Deutsche Mark par rapport à l’euro (ce seront les épargnants et leur fric-épargne qui paieront ou bien les ouvriers et leur salaire de misère ou encore les deux puisque ce sont les mêmes péquenots. NDLR).

L’Europe économique vit en fait, comme en matière migratoire, le supplice programmé de la mort de la grenouille dans sa casserole d’eau dont la température augmente régulièrement et inexorablement. La volatilité des Bourses augmente partout dans le monde et les épargnants français ont raison de se méfier des actions au moment où, véritable supplice de Tantale, Macron leur propose le plan d’épargne retraite (PER) avec la grande avancée de la déductibilité des versements du revenu imposable (où se situe l’arnaque M. Rousset ? NDLR)

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Radioscopie de la France: Plaidoyer pour la grandeur de la France et non sa mégalomanie 4/5

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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36 ans après, une visibilité accrue mais marginale.

Trente-six ans après «La Marche des Beurs», en 1983, qui devait inaugurer l’entrée en scène, au plan politique, de la 3me génération issue de l’immigration, le fait arabe et musulman a décuplé de sa visibilité en France avec le foisonnement d’individualités, mais cette visibilité accrue dans les divers domaines du sport, de l’art et des médias, demeure marginale, en ce que cette présence se situe hors du cercle décisionnaire du pouvoir, hors champ du domaine fondamental, comme entravée par un plafond de verre infranchissable.

Les raisons de cette marginalité sont multiples tenant à des raisons endogènes propres à la France et à son histoire; d’autres exogènes en rapport, d’une part, avec la projection politique de l’Islam, à tout le moins les régimes politiques se réclamant de cette religion ou de cette idéologie et leurs répercussions en France, et, d’autre part, au comportement du leadership musulman en France de même qu’à la stratégie individualiste opportuniste de bon nombre de ses membres.

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Un débat cyclique

Le débat est cyclique, comme une fuite en avant, comme pour détourner l’attention sur les graves problèmes structurels de la France, le déficit abyssal de ses finances publiques, la faillite et l’impunité de ses élites, la délitescence de son tissu social, la docilité de sa presse, l’inconsistance du débat public inter partisan, la nécrose de ses circuits de décision, comme en témoigne le déclassement de la France au 6eme rang des puissances économiques mondiales, en 2017, désormais surpassée par l’Inde, une ancienne colonie occidentale, un dépassement survenu, symptomatiquement, le jour de la victoire des «Bleus» au Mundial de Russie en 2018.

Le débat est cyclique sur une thématique unique dans ses diverses déclinaisons, le voile, la burqa, les minarets, le rôle positif de la colonisation, comme une fuite en avant, comme pour occulter l’essentiel, la dette d’honneur de la France à l’égard de ses immigrés, tant pour la défense de son indépendance, –à deux reprises au cours d’un même siècle, durant les deux guerres mondiales, fait rarissime dans l’histoire–, que pour leur contribution au rayonnement de la France à travers le Monde.

L’œuvre salutaire qu’il est prioritaire d’initier est non un travail d’exaltation chauvine propice à tous les débordements, mais un travail de «déconstruction» des mythes fondateurs de la grandeur française, une lecture fractale de l’histoire de France, afin de fonder l’identité nationale sur une connaissance concrète et non sublimée de l’histoire de France et de cimenter l’unité nationale par la prise en compte des diverses composantes de la population nationale et non sur la stigmatisation du métèque.

Sauf à abdiquer devant les tenants de l’anglo-sphère, sauf à se draper dans un splendide isolement, sauf à se voiler la face dans un splendide aveuglement, le débat ne saurait se réduire à un duel narcissique entre la France et elle-même s’offrant en spectacle au reste du monde, au nom de l’exception française, mais à un débat sur le positionnement de la France au sein de son bassin naturel de déploiement, la Francophonie, gage de son rayonnement et justificatif de son statut de grande puissance, membre permanent du conseil de sécurité.

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De l’Identité française

L’identité française, son honneur et sa grandeur se vivent et se revendiquent dans le «rôle positif» de la colonisation avec le Docteur Albert Schweitzer de Lambaréné (Gabon), et, dans les 955.491 soldats coloniaux de l’outre-mer qui ont combattu pour la France durant les deux guerres mondiales (1914-1918, 1939-1945), dont 113.000 «indigènes de la République» tombés sur le champ d’honneur, abreuvant durablement les sillons de France de leur «sang impur».

Cent treize mille (113.000) indigènes morts pour la France, soit autant que la population conjuguée des villes de Dreux, de Vitrolles et d’Orange, les trois anciens fiefs du Front National, sans qu’il ait été question alors de «seuil de tolérance», encore moins de test ADN, ou de charters de la honte, mais de sang à verser à profusion.

L’identité française se vit et se revendique dans «le privilège de la terre de France», qui affranchissait tout esclave dès l’instant qu’il foulait le sol de France, la France terre d’asile et non dans la France de la «Venus Hottentote» et des «zoos humains». Dans la France de Valmy et du Pont d’Arcole et non dans celle du sabordage de la flotte française de Toulon ou de l’expédition punitive de Suez. Dans la «France Libre» et non dans la France de Sétif (Algérie), de Thiaroye (Sénégal) ou du Haut Sanaga (Cameroun).

Dans la France des convictions républicaines et non dans celle des transfuges cosmopolites qui déconsidèrent l’engagement politique.

Dans le Préfet Jean Moulin et non le Préfet Maurice Papon, dans les métèques du Groupe Manouchian, ces parias de l’Affiche rouge, et non dans la France vichyste, complice du nazisme, dans Guy Môquet et non dans son dénonciateur, le ministre de l’intérieur de l’époque, et ses sbires de la police française, pourvoyeurs de ses bourreaux allemands.

Dans le général Jacques Pâris de la Bollardière, la conscience de l’armée française durant la guerre d’Algérie (1956-1962) et non dans les tortionnaire des maquisards algériens. Dans le porteur de valise Francis Jeanson, et, non dans le porteur de sac de farine médiatique, Bernard Kouchner, le soutien affairiste des dictateurs africains et des équipées sécessionnistes du pacte Atlantique du Darfour au Kurdistan à la Libye et à la Syrie.

Dans la France du discours de Pnom Penh (Charles de Gaulle) et de Cancun (François Mitterrand) et non dans la France du discours de Dakar sur l’homme africain «pas encore entré dans l’histoire» (Nicolas Sarkozy) et du discours de Tunis fondateur de l’Union Pour la Méditerranée sur la division raciale du travail entre Français et arabes sur le pourtour méditerranéen (Nicolas Sarkozy ibidem).

Dans la France de la belle langue révolutionnaire française de Voltaire, d’Aimé Césaire, de Franz Fanon, de Léopold Sedar Senghor et de Kateb Yacine qui portent en eux le rayonnement de la France et non dans celle du «Casse-toi pauv’con», ce verlan argotique si détesté du si détestable Nicolas Sarkozy pour ses excès de langage et de comportement.

Dans la France de l’Abbé Pierre et non dans celle d’un Brice Hortefeux, celle d’ «un auvergnat ça va, mais quand il y en trop, bonjour les dégâts», un Brice Hortefeux, champion de la lutte contre l’antisémitisme, un prix décerné par l’organisation irrédentiste pro israélienne «Union des Patrons Juifs de France» (UPJF), illustration pathétiquement caricaturale d’une grave inversion des valeurs, indice patent d’une grave confusion mentale.

Dans la France de Yannick Noah (Roland Garros 1982) et de Zinedine Zidane (Mundial 1998) et de Kylan Mbappé Mundial 2018) de «l’équipe de foot black, black, black, risée de l’Europe» (Alain Finkielkraut), mais néanmoins fierté de la France, dans la France de l’acteur Omar Sy, le personnage préféré des Français en 2016-2017 et non dans la France des cités «pure white, blancos» de l’ancien Maire d’Evry, ancien premier ministre renégat du socialisme, Manuel Valls. Dans la France du mathématicien insoumis et supplicié Maurice Audin et non dans celle du Général Paul Aussaresses, le commando Zéro de sinistre mémoire.

Dans la France de Claude Levy Strauss (Tristes Tropiques) et non dans celle de Philippe Val, artisan d’une sournoise tentative de révisionnisme historique anti arabe.

Dans la France d’Emile Zola (J’accuse) et non dans celle d’Eric Zemmour, prompt à fustiger la criminalité basanée (Noirs et Arabes) mais muet comme une carpette à l’égard de la criminalité en col blanc. Dans la France d’André Malraux de l’escadrille «Espagna» et non dans celle du philo mondain Bernard Henry Lévy, propulseur de la Charia en Libye dans son serment de Toubrouk».

Pour aller plus loin sur ce thème:

https://www.renenaba.com/philippe-val-ou-le-revisionnisme-anti-arabe-en-guise-de-fond-de-commerce/

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Dans ce contexte, la lecture publique de la lettre du jeune résistant communiste fusillé Guy Mocquet aurait pu avoir valeur pédagogique et thérapeutique si cet exercice s’était accompagné de la dénonciation de ses bourreaux, en l’occurrence la police française, la police, c’est à dire, le socle du pouvoir sécuritaire de l’ancien président Sarkozy et de l’ancien premier ministre Manuel Valls.

Une telle dénonciation aurait été perçue comme un acte de courage et de responsabilité et non telle qu’elle s’est déroulée, comme une opération de falsification de l’histoire, un exercice de récupération démagogique, un acte de détournement mémoriel.

La notion d’identité nationale apparaît dans cette perspective comme une notion relative. Pour sa pérennité, l’identité nationale doit se fonder sur des valeurs universelles, immuables et non variables en fonction des considérations électoralistes.

Le débat gagnerait d’ailleurs en clarté si la confusion n’était entretenue au plus haut niveau de l’Etat par le premier magistrat de France, en nommant un réserviste de l’armée israélienne, Arno Klarsfeld, au poste de conseiller en pleine guerre de destruction israélienne du Liban (Juillet 2006) ou en confiant à un dirigeant de l’American Jewsih Committee, Valérie Hoffenberg, la charge de suivre, pour le compte de la France, les négociations israélo-palestiniennes.

Un président qui fantasme sur «les moutons que l’on égorge dans les baignoires» qui quête néanmoins régulièrement l’hospitalité des baignoires des palais royaux arabes, de Doha à Rabat, prenant l’initiative de stigmatiser une composante de la population pour des motifs inavoués bassement électoralistes.

A ce titre “les moutons que l’on égorge dans les baignoires” (Nicolas Sarkozy), tout comme «les bruits et les odeurs des familles immigrées» génésiquement prolifiques (Jacques Chirac) demeureront une tache indélébile du discours politique français et déshonorent leurs auteurs. A n’y prendre garde, elles ouvriraient la voie à des dérives fascisantes du comportement politique français.

Que l’on se détrompe, n’en déplaise une fois de plus aux scribouillards salonnards, les basanés de France sont là et bien là, durablement ancrés dans le paysage politique et social français, eux dont «le rôle positif» n’a jamais été célébré avec solennité, sinon que d’une manière incidente quand il n’a pas été plus simplement nié ou controversé.

En France, non pas leur pays d’accueil, mais leur pays d’élection. Déterminés à défendre la haute idée qu’ils ont de la France et que la France veut donner d’elle-même au Monde, déterminés à défendre la grandeur de la France et non sa mégalomanie, sa grandeur et non son nanisme politique.

A combattre tous ceux qui fragilisent l’économie par une gestion hasardeuse, tous ceux qui discréditent la politique par une connivence sulfureuse. Tous ceux qui polluent l’image de la France, à coups d’emplois fictifs et de responsabilité fictive, d’ «évaporations de recettes», de rétro commissions et de frais de bouche, de délits d’initiés et d’abus de biens sociaux. Ces messieurs des frégates de Taiwan, de Clearstream et d‘Angolagate. Du Crédit Lyonnais et de la Compagnie Générale des Eaux. D’Elf Aquitaine et d’EADS, d’Executive Life et de Pechiney American-Can. Des marchés d’Ile de France et de HLM de Paris, de la MNEF et d’Urba-Gracco. De Bygmalion et de la Libyan connection de Paul Bismuth.

Ceux qui dévalorisent leur justice à coups d’affaires d’Outreau, d’écoutes téléphoniques illégales, de tri sélectif et de «charters de la honte». Qui dévalorisent leurs nationaux à coups de bougnoule et de ratonnades, de racaille et de Karcher.

Contre la «France d’en bas» qui gouverne le pays, la France des basses manœuvres et des bas calculs, des «zones de non droit et de passe-droits», des nominations de complaisance, des appartements de fonction et des «frais de bouche». La France qui refuse de donner un coup de pouce au SMIC, mais qui exacerbe l’antagonisme social en confortant dans leurs richesses les plus nantis les dotant d’un «bouclier fiscal» en pleine tourmente bancaire.

La France qui «cristallise» à sa portion congrue, les retraites des anciens combattants «basanés» de l’armée française. La France qui gèle les pensions des retraités français, pour gorger de «stock-options et de parachutes dorés» des patrons repus ou des gérants en déconfiture.

Les entreprises du CAC 40 ont distribué 106 milliards d’euros à leur actionnaires en 2 ans, de quoi réduire substantiellement la dette publique française et alléger les charges des futures générations. En 2016, 55,7 milliards de dividendes et de rachats d’actions d’euros ont eté enregistrés, et 50,9 milliards, en 2017. Un mouvement qui témoigne de l’amélioration de la santé financière des pensionnaires du CAC 40, mais pas nécessairement les conditions de vie des chômeurs longue durée, ni des simples travailleurs salariés.

La France qui recycle la forfaiture dans l’honorabilité, propulsant au Conseil d’Etat, le temple de la vertu républicaine, en guise de rétribution pour services rendus dans la diversion de la justice, tel ministre de la justice, passé dans l’histoire comme le plus célèbre intercepteur d’hélicoptères des annales judiciaires internationales, Jacques Toubon, désormais médiateur assagi de la République.

Un capé de la République à la juridiction suprême, le Conseil Constitutionnel, pour avoir cautionné le terrorisme islamique du «Jabhat An Nosra», la filiale syrienne d’Al Qaida, «qui fait du bon boulot en Syrie» (Laurent Fabius).

En un mot contre cette posture du mépris et de l’irresponsabilité, la singulière théorie du «fusible à la française» qui exonère le responsable de toute responsabilité en ce qu’il est «responsable mais pas coupable» par une sorte de privilège anti-démocratique tirant sa justification dans une idéologie proto fasciste inhérente à un pan de la culture française.

Contre la criminalisation du politique, cet état de fait symptomatique de la France contemporaine, comme en témoigne «Le casier judiciaire de la République» au bilan édifiant où l’on dénombrait rien que pour la décennie 1990, neuf cent (900) élus mis en examen soit pour délinquance financière, soit pour atteintes aux biens et aux personnes y compris les crimes sexuels, alors que la «tolérance zéro» à l’égard de la criminalité en col blanc se devrait d’être pourtant un impératif catégorique de l’ordre républicain en vertu du principe de l’exemplarité de l’Etat.

Un casier qui s’est enrichi de prestigieuses contributions du calibre de Dominique Strauss Khan, ancien Directeur du Fonds Monétaire International, et de Jérome Cahuzac, l’évadeur fiscal émérite, deux représentants non de la quintessence du socialisme mais de sa déliquescence, co-fossoyeurs du Parti de Jean Jaurès, au même titre que le socialo motoriste François Hollande et le renégat Manuel Valls.

Jamais pays n’a paru plus soucieux de magnifier son passé. Toutes les déclinaisons du calendrier défilent en commémoration: Bimillénaire du baptême de Clovis (1996), qui marque le ralliement de la France à la Chrétienté, 1500 me anniversaire de la proclamation de l’Édit de Nantes (1598), qui a mis fin à la guerre religieuse entre Catholiques et Protestants, Bicentenaire de la Révolution Française (1989), cent cinquantième anniversaire de l’abolition de l’esclavage (Mai 1998), Centenaire du manifeste accusateur d’Émile Zola contre la ségrégation politico religieuse («J’accuse», Janvier 1998), soixantième anniversaire de la libération de la France, cinquantenaire anniversaire de la V me République, enfin quarantième anniversaire de la révolte étudiante de Mai 1968…

Comme si la France voulait compenser son repli frileux sur elle-même en puisant dans sa gloire passée l’espérance de son avenir.

Loin de participer d’une hypermnésie culpabilisante, le débat s’impose tant sur la contribution des «peuples basanés» à la libération du sol français, que sur leur apport au rayonnement de leur pays d’accueil, en guise de mesure de prophylaxie sociale sur les malfaisances coloniales et postcoloniales dont l’occultation pourrait éclairer les dérives répétitives de la France, telles que -simple hypothèse d’école ?- la correspondance entre la trop longue amnésie sur les «crimes de bureau» de 1940-1944 et l’impunité régalienne de la classe politico administrative sur les scandales financiers de la fin du XX me siècle, ou la corrélation entre la déroute de l’élite bureaucratique de 1940 et la déconfiture de l’énarchie contemporaine.

«Si une France de 45 millions d’habitants s’ouvrait largement, sur la base de l’égalité des droits, pour admettre 25 millions de citoyens musulmans, même en grande proportion illettrés, elle n’entreprendrait pas une démarche plus audacieuse que celle à quoi l’Amérique dut de ne pas rester une petite province du monde anglo-saxon», prophétisait, déjà, en 1955, Claude Lévi-Strauss en un saisissant résumé de la problématique postcoloniale dans laquelle se débat la société française depuis un demi-siècle (Claude Lévy Strauss «Tristes Tropiques»).

La rationalité cartésienne, transcendance symbiotique de l’intelligence athénienne et de l’ordre romain, quintessence de l’esprit critique, aura ainsi engendré des monstruosités dans ses moments d’assoupissement. Nul pays n’est à l’abri de telles dérives devant les grands bouleversements de l’histoire et l’ingratitude passe pour être une loi cardinale des peuples pour leur survie.

Mais l’exception française si hautement revendiquée d’une nation qui se réclame de la grandeur est toutefois antinomique d’une culture de l’impunité et de l’amnésie, une culture érigée en un dogme de gouvernement et, à ce titre, incompatible avec la déontologie du commandement et les impératifs de l’exemplarité.

N’y voyons aucune interférence partisane ou électoraliste, mais quiconque soucieux du rang de la France, -Français de souche ou Français de choix-, se doit de se livrer à une telle introspection, une mesure de salubrité publique, tant il est vrai que l’histoire d’aujourd’hui est la mémoire de demain et qu’il importe d’être vigoureux dans la dénonciation des dérives contemporaines pour prévenir de douloureuses réminiscences de la mémoire future.

Les explications culturalistes masquent mal une survivance d’une forme d’ethno-graphisme colonial, qui explique la sur-réaction psychologique des faits arabes et musulmans dans l’opinion occidentale, particulièrement française, au-delà de la prégnance d’un comportement néocolonialiste dans l‘approche des problèmes du Monde arabo africain, particulièrement en France.

Précurseur de la laïcité avec la prescription du calife Omar «Ad Dine Lil lah Wal Watan Lil Jamih» – «La religion relève de Dieu et la Patrie appartient à tous ses citoyens»-, la gouvernance musulmane s’est laissée subvertir par une rigidité doctrinale sous tendue par une forme de religiosité biaisée au point de se laisser dépouiller de ce privilège par la France. Mais un siècle après l’instauration de la laïcité en France, le concept vieillit mal et montre ses limites, qu’il importe de régénérer.

Un dialogue pour être véritable ne s’instaure que par le haut et non à coup de stigmatisations et de «bas-coups». Plutôt que de souscrire aux sommations, auquel il est convié à chaque soubresaut terroriste, plutôt que de battre sa coulpe pour des comportements dont il n’est personnellement nullement responsable, voire totalement étranger en tant que citoyen, le musulman, pour sa part, se doit d’opérer une réadaptation de son positionnement vis à vis du schéma occidental afin de rendre accessible à l’opinion occidentale ses motivations, notamment ses objections à une politique de mépris et de culpabilisation.

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Épilogue: De la Religion et des guerres de religion.

Espace de communion et d’exclusion, la religion est un espace concurrentiel. L’instrumentalisation de la religion à des fins politiques est une constante de l’histoire. Toutes les religions y ont eu recours, dans toutes leurs déclinaisons, que cela soit la guerre de conquête de la chrétienté en Amérique latine ou les Croisades vers le Monde arabe, ou bien à l’inverse, la conquête arabe vers l’Asie, vers la rive méridionale de la Méditerranée ou l’Afrique.

Guerre de religion au sein de l’espace occidental de la chrétienté (entre Protestants et Catholiques en France ou en Irlande du Nord), ou guerre de religion au sein de l’espace musulman (entre Sunnites et Chiites), ou enfin le sionisme, la forme la plus moderne de l’instrumentalisation de la Bible à des fins politiques par la mise en œuvre de la notion du retour à Sion, sur les débris de la Palestine.

La religion n’est pas condamnable en soi. Ses dérives si en ce que la piété n’exclut ni l’intelligence, ni le libre arbitre. Elle n’interdit pas l’esprit critique. Elle ne saurait, en tout état de cause, se dévoyer dans des causes desservant l’intérêt national.

Mais nul part ailleurs qu’au sein du leadership sunnite arabe, l’instrumentalisation de la religion n’a autant dévié de son objectif, desservant la cause arabe, au bénéfice de ses commanditaires, les États-Unis, le meilleur allié de leur principal ennemi, Israël.*

Le djihadisme erratique takfiriste a consolidé, par ricochet, Israël, en ce qu‘il a consolidé dans l’imaginaire occidental l’idée d’une barbarie musulmane et justifier, par ricochet, et l’intransigeance israélienne et la phagocytose de la Palestine et l’arabophobie et l’islamophobie dans les pays occidentaux.

Si La prophétie est divine, son interprétation est humaine. La chrétienté a purgé le passif des guerres de religions et la réconciliation s’est opérée entre Catholiques, Orthodoxes et Protestants, entre Juifs et chrétiens. Ne subsiste que la guerre sunnite chiite qui tétanise l’ensemble arabo musulman.

Le Monde arabe ne constitue pas, loin s’en faut, un groupement ethnique homogène: Machreq-Maghreb, Arabes-Kabyles-Kurdes, Chrétiens-Musulmans, Sunnites-Chiites relèvent de la même géosphère culturelle du Monde arabe, majoritairement musulmane, majoritairement sunnite, majoritairement arabophone.

Ce fait irréfutable se doit d’être pris en compte par le leadership sunnite et le conduire à dépasser les clivages historiques pour atteindre un «seuil critique» à l’effet de peser sur les relations internationales et de conduire le Monde arabe vers sa renaissance et non de le précipiter vers un déclin irrémédiable.

La constitution d’une masse critique impulserait une dynamique à l’effet d’induire une structure paritaire dans ses rapports avec l’Europe, et partant, des rapports d‘égalité entre les deux rives de la Méditerranée.

La caste intellectuelle arabe et musulmane de la diaspora occidentale pâtit lourdement d’un phénomène de désorientation, la marque typique de l’acculturation, sur fond d’une décompression psychologique et d’une déperdition intellectuelle morale. Un naufrage humain.

Il lui incombe de refuser de cautionner la démocratie formelle représentée par la diplomatie de la Ligue arabe en ce que le Monde arabe est captif des pétromonarchies et le Monde musulman, otage du wahhabisme; un double handicap qui accentue la servitude de l’ensemble arabo musulman à l’ordre atlantiste et le marginalise dans la gestion des affaires du Monde.

Les monarchies arabes disposent d’une majorité de blocage régentant de ce fait le Monde arabe. Circonstance aggravante, les six pétromonarchies sont adossées chacune à une base militaire occidentale, alors que la Jordanie et le Maroc sont deux alliés souterrains d’Israël, Les Comores, un confetti de l’empire français et Djibouti abrite sur son sol une base américaine et une base française.

Ni les pétromonarchies du Golfe, ni la Jordanie, ni Djibouti ou les Comores n’ont mené une guerre de libération dont l’indépendance a été octroyée par leurs colonisateurs. Un déséquilibre structurel calamiteux pour la définition d’une stratégie du Monde arabe. La quête du savoir technologique et l’accession à la modernisation économique ne sauraient être compatibles avec un autoritarisme à soubassement rigoriste.

De même la personnalisation du pouvoir ne saurait, à elle seule, servir de panacées à tous les maux de la société arabo musulmane, ni la déclamation tenir lieu de substitut à l’impérieuse nécessité d’une maîtrise de la complexité de la modernité. Ce qui implique une nécessaire mais salutaire remise en cause de la «culture de gouvernement» dans les pays arabes.

Ce qui présuppose «une révolution dans la sphère culturelle», au sens où l’entend Jacques Berque, c’est à dire «l’action d’une société quand elle se cherche un sens et une expression».

Pour l’intellectuel, un réinvestissement du champ du débat par sa contribution à la production des valeurs et au développement de l’esprit critique. Pour le citoyen, la conquête de nouveaux espaces de liberté.

Pour le Monde arabo musulman, la prise en compte de ses diverses composantes, notamment ses minorités culturelles et religieuses, et, surtout, dernière et non la moindre des conditions, le dépassement de ses divisions

In fine, la fonction d’un bi national n’est pas d’être le porte-voix de son pays d’accueil, ni son porte-serviette, mais d’assumer avec vigueur la fonction d’interface exigeant et critique. Un garde-fou à des débordements préjudiciables du pays d’origine et du pays d’accueil.

Dans l’intérêt bien compris des deux camps, le partenariat bi national se doit de se faire, sur un pied d’égalité et non sur un rapport de subordination de l’ancien colonisé, le faisant apparaître comme le supplétif de son ancien colonisateur. L’alliance du Faible au Fort tourne toujours à l’avantage du Plus Fort.

De la même manière, le devoir d’un intellectuel arabe et musulman dans la société occidentale est de faire conjuguer Islam et progressisme et non de provoquer une abdication intellectuelle devant un islamisme basique, invariablement placé sous les fourches caudines israélo-américaines.

La plus grande erreur de l’Occident est d’avoir toujours voulu coexister avec des «Arabes domestiqués» dans la plus grande tradition coloniale.

Trente-six ans après la «Marche des Beurs pour l’Egalité», une «Marche pour pour la dignité a été organisée en France le 17 Mars 2018 pour réclamer une égalité de traitement. Un éternel recommencement?

Le Monde arabe n’a pas vocation à servir de défouloir à la pathologie belliciste occidentale. Et la communauté arabo musulmane de l’Europe occidentale et des Etats Unis -en contact quotidien, permanent et direct avec la société occidentale-, se doit d’être le levain et le levier d’une si nécessaire renaissance du Monde arabe et Musulman et non la force supplétive des guerres d’autodestruction du Monde arabe et de sa prédation économique par le bloc atlantiste.

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Kiev sabote délibérément le retrait des troupes et bombarde lourdement la RPD

Le 5 octobre, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Vadim Pristaïko, a ainsi commencé le travail de sape de l’accord de retrait des troupes et des équipements, en déclarant qu’il était inacceptable de demander aux Forces Armées Ukrainiennes (FAU) de détruire les fortifications qu’elles ont construites dans les zones pilotes de retrait. La justification étant que les troupes pourraient devoir revenir sur leurs positions. Il a aussi exigé que le cessez-le-feu soit respecté pendant sept jours d’affilée avant de lancer la procédure de désengagement des forces, appliquant ainsi la même bonne vieille technique de sabotage utilisée par l’administration Porochenko pendant cinq ans.

La ministre des Affaires étrangères de la République Populaire de Donetsk (RPD), Natalia Nikonorova, lui a répondu via la chaîne Telegram de son ministère, en rappelant que cette procédure de correction des violations du désengagement visait à obtenir un retrait définitif des troupes et des équipements militaires, en empêchant les armées adverses de revenir sur leurs positions à l’avenir (ce que l’armée ukrainienne avait fait peu de temps après avoir mené le retrait de ses troupes à Petrovskoye).

Le fait que Kiev soit réticente à détruire ses fortifications, indique clairement que les autorités ukrainiennes prévoient de renvoyer leurs unités sur leurs anciennes positions dans la zone de retrait, une fois le show médiatique et diplomatique terminé.

L’autre point litigieux concerne l’application du cessez-le-feu. Encore une fois, Kiev impose des prérequis qu’elle viole allègrement elle-même pour justifier ensuite de ne pas appliquer ce qu’elle a signé.

Ainsi, rien que durant les dernières 24 h, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu à 39 reprises et tiré 886 munitions contre le territoire de la RPD, dont 47 obus de mortier de 120 mm, 19 obus de mortier de 82 mm, et 293 munitions de véhicule de combat d’infanterie et de véhicule de transport de troupes blindé. Ces tirs ont endommagé 13 habitations et bâtiments civils, ainsi que des lignes électriques, privant la moitié du village de Staromikhaïlovka de courant.

C’est d’ailleurs sur ce village que l’armée ukrainienne s’est acharnée, tirant à plusieurs reprises sur la localité encore aujourd’hui (principalement avec des véhicules de combat d’infanterie), endommageant ainsi 10 habitations supplémentaires.

Voir quelques-unes des photos prises sur place par la représentation de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) :

Photo d'une maison touchée à Staromikhaïlovka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo d'une maison touchée à Staromikhaïlovka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo d'une maison touchée à Staromikhaïlovka

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo d'un cabinet de dentiste touché à Staromikhaïlovka

À l’heure où j’écris ces lignes, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu en RPD à 23 reprises et tiré 55 obus de mortier de 82 mm, 10 obus de mortier de 60 mm (mortier polonais), 50 munitions de véhicule de combat d’infanterie, auxquels il faut ajouter 24 tirs de lance-roquette et 29 de lance-grenades automatique.

Avec un bilan pareil le jour même où doit commencer la procédure de correction des violations du retrait des troupes, le moins que l’on puisse dire c’est que ce dernier est mal parti…

Surtout qu’aujourd’hui même, Pristaïko a déclaré à nouveau que les troupes ukrainiennes ne se retireraient pas de Zolotoye et de Petrovskoye tant que le cessez-le-feu n’aura pas été respecté pendant une semaine.

La République Populaire de Lougansk (RPL) a dénoncé ce sabotage manifeste de l’accord conclu le 1er octobre. Le ministre des Affaires étrangères de la RPL, Vladislav Deïnego, a souligné qu’une telle condition n’a pas prévue dans l’accord conclu, et que le retrait devait se faire peu importe les provocations de la partie ukrainienne.

Si la RPL a subi moins de violations du cessez-le-feu que la RPD durant les dernières 24 h, il semble d’après les informations du reporter Max Fadeyev, que l’armée ukrainienne tire sur les soldats de la RPL à Zolotoye, pour les pousser à répondre et pouvoir alors hurler à la violation du cessez-le-feu.

« Nous avons des ordres stricts : ne pas tirer avec des armes lourdes quelque soit les circonstances, et malgré toutes les provocations. L’armée ukrainienne profite de la situation et nous impose le dilemme suivant : soit nous restons assis et nous subissons, soit nous ripostons et répondons, mais alors ce sera prétendument de notre faute si le désengagement des troupes a été interrompu. C’est pourquoi, pour l’instant, tout le monde attend patiemment dans les abris. Et dans le même temps la délégation d’Azov se rend sur le front et déclare qu’elle ne permettra pas le désengagement des troupes… » a déclaré un des soldats de la RPL.

En effet, afin de s’assurer qu’il ne viendrait pas à l’esprit de Zelensky d’appliquer les accords de Minsk, le régiment Azov s’est installé à Zolotoye et a promis d’occuper les positions laissées vacantes par l’armée ukrainienne si celle-ci se retirait. La justification de cette violation flagrante des accords de Minsk est qu’il faut bien assurer la sécurité de la population du village contre les « méchants terroristes » de la RPL.

Ce qui est du délire absolu, quand on se souvient que l’ensemble du Donbass a voté lors du référendum de 2014 pour se séparer de l’Ukraine à une majorité écrasante (donc y compris la partie actuellement occupée par l’armée ukrainienne où se trouve Zolotoye), et que les habitants et les miliciens de la RPL ont presque tous des amis ou de la famille de l’autre côté de la ligne de front.

Pour ne pas se faire dépasser par sa droite, Zelensky a donc repris cet argument bidon, en promettant que des officiels de Kiev iraient bientôt à Zolotoye et Petrovskoye pour s’assurer que la population ne serait pas en danger.

Il faut dire que depuis la signature de la formule Steinmeier et la conclusion de l’accord concernant le retrait des troupes et des équipements militaires, l’agitation a gagné les ultra-nationalistes et néo-nazis ukrainiens, qui, fidèles à leur habitude, ont investi la place du Maïdan pour faire pression sur Zelensky. Du moins, c’est ce qu’ils semblent vouloir faire.

En effet, d’après Daniil Bezsonov, en réalité Zelensky aurait un plan B dans sa poche : ne pas appliquer les accords de Minsk en prétextant qu’il doit écouter son peuple qui hurle son opposition à la formule Steinmeier et aux accords de Minsk sur la place du Maïdan, et se contenter de geler le conflit pour développer économiquement l’Ukraine, à coup de dépénalisation des jeux d’argent et de vente massive des terres arables du pays.

Si cette idée peut sembler un peu folle de prime abord, elle ne l’est pas tant que cela. Comme le rappelle Bezsonov, la grande majorité des ultra-nationalistes et néo-nazis ukrainiens sont soit sous le contrôle d’Avakov, soit du SBU. Or Avakov a conclu un accord de loyauté avec Zelensky, après qu’ils ont convenu du découpage des sphères d’influence dans le pays et les régions.

Il semblerait donc étrange qu’Avakov lance ses néo-nazis attaquer les actions de Zelensky, sauf si c’est le but recherché par ce dernier : avoir une opposition visible à l’application de ce qu’il a signé, pour servir de prétexte à sa reculade. Car avec le score qu’il a fait au deuxième tour, Zelensky pourrait sans problème briser ce énième Maïdan en appelant ses électeurs à faire une contre-manifestation. S’il ne le fait pas, c’est que ce nouveau Maïdan l’arrange.

Certains pourront alors rétorquer que Zelensky ne semble pourtant pas vouloir prolonger le conflit, et que maintenant que Volker a démissionné, il a les mains libres pour faire la paix. Oui, mais non. Appliquer les accords de Minsk ne sera pas quelque chose de facile ni de rapide (sinon ça serait déjà fait), car les positions de l’Ukraine, de la RPD et de la RPL sont diamétralement opposées.

Or Kolomoïsky, le « mécène » de Zelensky a un but : faire rentrer beaucoup d’argent dans le pays (pour s’en mettre une partie dans les poches le plus rapidement possible). D’où la loi libéralisant la vente des terres agricoles et la légalisation des jeux d’argent. Mais pour attirer des investisseurs dans le pays il faut mettre fin au conflit et vite. Or appliquer Minsk 2 sera un casse-tête infaisable et trop long.

Et si Zelensky avait un plan B, convenu avec les autres forces politiques du pays, voire avec d’autres pays ? L’idée peut sembler saugrenue, mais plusieurs éléments indiquent que cette possibilité existe. En effet, Gordon, le fameux propagandiste en chef des gouvernements post-Maïdan a suggéré à l’antenne d’installer une grande clôture à la frontière avec la Crimée et le Donbass, de les laisser de leur côté, de développer économiquement le reste de l’Ukraine, et que les deux régions demanderont elles-mêmes à revenir en Ukraine si ça marche.

Le dernier point est du délire à l’état pur et fait abstraction du fait que même si l’Ukraine devenait une deuxième Pologne, ni la Crimée ni le Donbass ne voudraient revenir dans un pays bannissant le russe de l’éducation et de la sphère publique, glorifiant les collaborateurs des Nazis, et dont les journalistes peuvent dire tout haut à l’antenne qu’il faudrait au choix déporter 90 % de la population de ces régions, soit les passer par des camps de filtration, les priver de retraites, etc, le tout sans subir de conséquences judiciaires. Pas très attirant comme perspective.

Non, ce qui est intéressant, c’est que Gordon a demandé à Kravtchouk, l’ancien président ukrainien, ce qu’il pensait de cette idée, et que ce dernier l’a trouvée bonne. Or Gordon est une bonne girouette indiquant dans quel sens souffle le vent. S’il sort un truc aussi énorme publiquement, c’est peut être pour sonder la réaction de la population ukrainienne à cette idée, qui ne vient pas de lui, mais du gouvernement ukrainien.

L’autre point semblant confirmer cela, c’est qu’en réponse aux manifestations qui ont lieu à Kiev, Pristaïko a sorti de but en blanc que Kiev a des plans de rechange si l’application de Minsk-2 n’est pas faisable ! Des plans que l’Ukraine ne veut pas dévoiler avant de les avoir discuté avec les autres dirigeants du Format Normandie.

Le problème c’est que tant que le retrait des troupes et des équipements n’est pas mené jusqu’au bout à Zolotoye et Petrovskoye, il n’y aura pas de réunion au Format Normandie.

Comme je l’ai dit, l’Ukraine s’est placée dans une impasse, dont il va lui être difficile de sortir à présent, car la Russie a bien compris à quel jeu joue Zelensky. Les conditions imposées par Moscou pour que la réunion au Format Normandie ait lieu n’ont pas été choisies à la légère.

De son côté la RPD et la RPL se sont préparées au désengagement et ont notifié à l’OSCE l’emplacement des positions qui vont être évacuées. Demain nous verrons si l’OSCE a reçu la notification ukrainienne équivalente ou pas. Si tel n’est pas le cas, il sera alors clair que Zelensky n’a pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk.

Christelle Néant

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Haïti : le Canada complice!

La communauté internationale, et le Canada en particulier, serait en train de « perdre toute crédibilité » en Haïti, et ce, en continuant à soutenir le régime de Jovenel Moïse qui, pour une énième fois depuis le début de l’année fait face à un violent mouvement d’opposition populaire.

C’est ce qu’estime Solidarité Québec-Haïti qui appelle d’ailleurs Ottawa à cesser de soutenir le gouvernement en place, au nom des principes démocratiques qui sont chers aux Canadiens.

« La corruption est infiltrée à tous les niveaux dans ce gouvernement dont l’élection [en 2016] est contestée par la population », résume à l’autre bout du fil l’activiste Marie Dimanche à l’origine de ce groupe de pression qui s’est formé en février dernier. Le pays faisait alors face à une des grèves générales les plus importantes de son histoire.

Le scrutin de 2016, en plus d’un taux de participation de moins de 20 %, est reconnu par la communauté internationale pour avoir été entaché par de nombreuses irrégularités.

« Alors que la rue réclame la démission du président, le Canada doit entendre cette voix et accompagner cette demande en mettant fin à sa relation avec Jovenel Moïse », affirme Mme Dimanche.

Depuis près de deux semaines, les rues de la capitale Port-au-Prince sont sous tension. Des milliers de citoyens, à l’appel des partis d’opposition, sont descendus massivement pour réclamer la démission du président Jovenel Moïse, dont le mandat doit prendre fin en 2022. La pénurie d’essence, mais également l’augmentation de son prix, a donné du carburant à ce mouvement de contestation qui bloque l’ensemble des activités économiques et sociales.

« Le seul appui qu’a ce président pour le moment, c’est celui de la communauté internationale, résume le sociologue Jean-Claude Icart, chercheur à l’UQAM au sein de l’Institut d’études internationales de Montréal. La révolte s’amplifie dans un contexte de plus en plus difficile et tendu où tout peut déraper ».

Appel au dialogue

Haïti est placé actuellement face à une « situation dramatique et chaotique », a résumé l’ancien premier ministre et proche de l’actuel président, Evans Paul, cité par l’Associated Press.

Au début de la semaine, l’homme a rencontré en privé les représentants du Core Group, groupe des pays amis d’Haïti, dont le Canada fait partie avec la France, les États-Unis, qui, sans se prononcer sur le départ du président, ont appelé au dialogue entre les oppositions, le pouvoir en place et la société civile, a-t-il indiqué.

Le climat social se dégrade continuellement en Haïti depuis janvier dernier et la publication d’un rapport de la Cour des comptes sur le détournement des fonds du PetroCaribe prêté par le Venezuela à Haïti pour assurer le développement du pays.

D’anciens présidents et ministres sont ciblés par ces révélations qui font état d’infractions aux lois sur les marchés publics, de fraude fiscale, de contrats accordés sans description des travaux ni échéancier ou de dépassements de coûts sans factures explicatives.

Jovenel Moïse est mouillé par ce rapport. Les grandes manifestations de février réclamaient d’ailleurs sa démission tout comme une enquête publique. La présidence n’a acquiescé ni à l’une, ni à l’autre.

Politiquement, Jovenel Moïse semble dans l’impasse. Haïti n’a pas adopté de loi de finances, pour un deuxième exercice fiscal de suite, ce qui empêche toute planification économique et laisse présager un bilan financier catastrophique.

De plus, le Sénat n’a pas ratifié le choix de son nouveau premier ministre, Fritz William Michel, désigné en juillet dernier. L’homme est soupçonné d’avoir surfacturé l’État dans le cadre d’un contrat public et d’avoir acheté le vote de sénateurs pour faire passer sa déclaration de politique générale. L’Observatoire haïtien des droits humains (OHDH) a exigé sa démission en rappelant, dans une note publiée le 20 septembre, que « la corruption entrave le développement économique d’Haïti, compromet la démocratie, la justice sociale et l’État de droit ».

Élections reportées

Les élections législatives prévues le 27 octobre prochain devraient être reportées, faute de l’adoption d’une loi pour les encadrer.

Mercredi, une vingtaine d’écrivains haïtiens, dont Anthony Phelps, Yanick Lahens et Gary Victor, ont appelé le reste du monde à se préoccuper de la situation en Haïti, pour ne pas laisser Jovenel Moïse s’accrocher au pouvoir « au prix du sang du peuple, de la radicalisation et de la violence répressive », exposent-ils dans une lettre publiée dans le magazine français Le Point.

« Nous en appelons aux citoyens du monde. L’humanisme demande de choisir entre un peuple et un président, entre un peuple et ses bourreaux ».

Haïti est un des pays les plus pauvres du monde. Près de 60 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, fixé en deçà de 2,41 $ par jour, selon la Banque mondiale. L’inflation a grimpé à 19 % en juillet et devrait dépasser les 20 % en octobre, selon les prévisions, soit un sommet depuis 2008. Cette mathématique va compliquer l’accès à des produits de base et accentuer les tensions.

Entre 2016 et aujourd’hui, sous le régime de Jovenel Moïse, le Canada a versé 702 millions en aide à Haïti pour des projets toujours en cours, selon les données officielles du gouvernement canadien, compilées par Le Devoir.

Source :  Microsoft.MSN

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Différence entre un mouvement populiste bourgeois et un soulèvement populaire ouvrier

Depuis quelques mois dans de nombreux pays (Venezuela, France, Hongkong, Algérie, Haïti), on assiste à des mouvements de protestation et à des soulèvements sociaux d’envergure, mobilisant une partie importante de la population, notamment la jeunesse urbanisée et, fait exceptionnel pour l’Algérie, la gent féminine. Ces mouvements, parfois spontanés et inorganisés, s’insurgent contre les différents pouvoirs aussi bien sur des thématiques politiques et sociétales portant sur les « libertés individuelles et la démocratie bourgeoise », les problématiques culturelles, ethniques, religieuses, sexuelles,  que sur des revendications sociales relatives aux conditions de vie et de travail. Cependant, quelles que soient les revendications formulées, qu’elles soient de nature politique, sociale ou idéologique, les motifs subjacents sont toujours économiques, en ce sens que ces mouvements de revendication dans la superstructure – surgis au sein des rapports sociaux de production – reposent toujours sur les conditions de vie et de travail qui sont imposées aux classes sociales impliquées dans le procès de production : postulat que la gauche a oublié depuis belle lurette.

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 5 octobre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 5 octobre 2019.

PARTIE 1

SITUATION MILITAIRE
01’07 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’51 » – L’armée ukrainienne empêche l’OSCE de faire son travail
06’25 » – Les FAU violent les mesures de retrait des troupes à Petrovskoye et Stanitsa Louganskaya
08’44 » – Deux civils blessés et un soldat tué en RPD par les bombardements de l’armée ukrainienne en trois jours

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK
12’35 » – Analyse de la signature de la formule Steinmeier

RPD-RPL
39’19 » – La RPD et la RPL lancent un grand recensement de leur population

ÉCONOMIE
42’25 » – La RPD va rembourser ans employés d’Eau du Donbass la dette de salaires que leur doit l’Ukraine

PARTIE 2

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE
00’27″ – Les problèmes de dettes de gaz pourraient hypothéquer le début de la saison de chauffage dans plusieurs grandes villes ukrainiennes

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV
12’00 – Zelensky plagie les textes de l’ONU pour élaborer ses décrets

16’05 » – Conclusion

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Sauvez les enfants!

2014_05_15_01

ALLAN ERWAN BERGER       J’ai reçu il y a deux jours un lourd colis en provenance d’Espagne. Envoyé par un correspondant conchyliologue, il contenait plusieurs kilos d’un gravier coquillier dragué dans le détroit de Gibraltar, à l’endroit le plus étroit, juste au large de la côte marocaine, par 120m de fond.

Le matériau qui a été récolté dans cette opération correspond à un détritique de bas de pente, qui ramasse donc tous les débris et les morts du talus. L’étude des différents êtres qui reposent dans cet endroit montre que la rocaille au-dessus de ce tas de gravats était colonisée par du corail rouge, qui apparaît ici soit en éclats d’un cerise vif, soit en vieux morceaux d’une couleur plus brique. Il y a aussi de la dentelle de Vénus, du corraligène, des fragments de gorgones, de très étranges petites moules chevelues qui ne dépassent pas les 7mm, et quelques gastéropodes prédateurs.

Mais ce n’est pas tout. Comme nous sommes dans la partie la plus étroite du goulet, nous sommes sur le passage des embarcations remplies d’Africains en route clandestine pour l’Europe. Il s’agit de bateaux pneumatiques surchargés, équipé d’un moteur étique, d’un peu d’essence et de quelques prières. La population qui a embarqué grelote, car on traverse de nuit, et de préférence par temps couvert. Il fait tellement froid pour des Sahéliens qu’ils sont emmitouflés dans des anoraks.

La visibilité est nulle. Les porte-conteneurs qui sillonnent le détroit sont innombrables, rapides, immenses et soulèvent des vagues meurtrières. Il pleut, il y a du vent, les enfants pleurent, les vagues claquent, on embarque de l’eau, il faut écoper. Les gens sont tellement tassés que le moindre mouvement collectif peut être fatal. Que surgisse la vague d’étrave d’un cargo, et le pire peut arriver comme ça, d’un seul coup. Le canot se retourne. Rares sont les gens qui savent nager. Une guerre s’allume pour accéder aux pneumatiques, s’y accrocher, glisser sur les boudins, chercher une prise et ne rien trouver, tandis que l’eau glacée de l’Atlantique donne une sensation d’étouffement, que le cœur se ralentit, et qu’un sommeil irrésistible peut t’envelopper en une seconde. Je le sais car ça m’est arrivé dans un torrent. Je me suis donné un coup de pied mental énorme, et je ne me suis pas endormi. Moi j’ai survécu. Mais ordinairement les Sahariens meurent. Ils voient au loin les lumières de l’Europe, ils voient derrière eux les lumières du Maroc, ils voient sur eux la nuit sans espoir, et le gouffre sous leurs jambes. Puis ils s’endorment, désespérés.

Dans mon échantillon de coquillier j’ai retrouvé des éclats de montre, un chariot de fermeture-éclair, et une moitié de molaire. Je pleure encore.

Imaginons :

Imaginons un monde où l’Europe, écrasée sous la botte policière de gouvernements qui seraient entièrenment soumis aux princes marchands, n’agirait plus politiquement que comme un prédateur avide de fric et de parts de marché.

Imaginons que des poulets, par exemple, seraient produits au Brésil dans des conditions sociales telles que cela détruirait les emplois corrects qui pourraient encore y subsister, pour ne plus laisser à la population d’autre solution que de s’enfourner dans des usines géantes où elle serait traitée comme du bétail de somme, un peu comme à Tijuana, au Mexique, en zone ALENA.

Ces poulets une fois tués et préparés traverseraient l’Atlantique en bateau pour débarquer par exemple en Pologne, où ils seraient conditionnés et empaquetés selon les normes européennes. À cette occasion, ils bénéficieraient probablement d’une subvention.

Continuons à imaginer. Les poulets, bien subventionnés avec l’argent des Européens au chômage, seraient vendus dans les pays d’Afrique ou du Moyen-Orient, partenaires de l’Europe à des conditions terribles (abaissement des barrières tarifaires, obligations d’achats de masse, etc). Ces poulets, vendus à un prix dérisoire sur place, tueraient immanquablement tous les petits producteurs locaux de volaille, les ruinant aussi sûrement qu’un obus lancé sur leur exploitation.

Ceci se passerait aussi avec le blé, avec le porc, avec le soja, avec tout ce qui peut être subventionné par le plus puissant, tandis que le plus faible n’a pas le droit, lui, de soutenir son agriculture.

Alors les paysans des pays acheteurs disparaîtraient, et toute une économie s’effondrerait, rendant l’argent si rare que même le poulet dit “européen” deviendrait, malgré son prix misérable, inabordable ; et le riz, et le blé, etc. Les famines se répandraient, engendrant des conflits et des déplacement de populations.

Ces pauvres déracinés erreraient d’un pays à l’autre, mal reçus partout, crevards sans avenir, rejetés d’un bidonville dans un camp de rétention, ou une mine de sel, ou enfermés dans un bordel géant pendant trois années. Naufragés sur leur propre continent, esclaves de tous, cibles de la policaille et de la politicaille. Les plus courageux partiraient pour l’Europe, et traverseraient soit aux Canaries, soit à Lampedusa, soit à Gibraltar. Imaginons.

Un fou l’a imaginé:

En 1918, monsieur Lu Xun, intellectuel et nouvelliste chinois très engagé à gauche, écrivait, dans la première histoire qui fut imprimée de lui (Le journal d’un fou), et qui a pour sujet le cannibalisme des gens (meurs aujourd’hui je mourrai demain) :

« Changez, changez jusqu’au tréfonds de votre cœur ! Sachez qu’à l’avenir, il n’y aura plus de place sur terre pour les mangeurs d’hommes. »

« Si vous ne changez pas, chacun de vous pourrait bien être dévoré à son tour. »

Le narrateur se rends compte peu à peu qu’il a vécu toutes ces années dans un lieu « où l’on se repaît de chair humaine depuis quatre mille ans. »

« Avec quatre mille ans de cannibalisme derrière moi – je ne m’en rendais pas compte, mais maintenant je le sais –, comment pourrais-je espérer rencontrer un homme véritable ? »

Et je pleure en lisant cette harangue du fou, tandis que je tiens dans mes doigts le chariot de la fermeture-éclair.

Le fou conclut :

« Se pourrait-il qu’il y ait encore des enfants qui n’ont pas mangé de l’homme ?

Sauvez-les !… »

Avril 1918

Les trois jamais:

1- Ne perdez jamais de vue que ce que vous défendez, c’est la morale de vos mères et la vie de vos enfants.
2- N’abandonnez jamais rien aux vampires.
3- Ne laissez jamais votre espoir s’enfuir, car il est tout ce que vous avez

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