Nouvelle tentative de retrait des troupes prévue à Petrovskoye le 4 novembre

Alors que début octobre la tentative de désengagement a été mené en parallèle à Zolotoye (République Populaire de Lougansk – RPL) et à Petrovskoye (RPD), cette fois-ci les dates pour le retrait des troupes et des équipements dans les deux zones pilotes ont été fixées à six jours d’écart.

La première zone pilote à avoir enfin vu, avec succès, le retrait des troupes et des équipements, fut celle de Zolotoye, en RPL. En effet, la nouvelle tentative de désengagement, fixée (en dernière minute) au 29 octobre a été couronnée de succès.

« Bien que nous ayons été informés de l’état de préparation de l’Ukraine moins de deux heures avant le début du désengagement, nous étions en attente depuis le 7 octobre, date convenue lors de la réunion du Groupe de contact le 1er octobre », a dit Vladislav Deïnego, ministre des Affaires étrangères de la RPL. « Nous avons donc saisi la première occasion dès que l’Ukraine nous a informés qu’elle était prête. Enfin, nous avons amené l’Ukraine à éliminer les violations dans la zone de sécurité de Zolotoye. »

À 13 h 15 et 13 h 16 respectivement, l’armée ukrainienne et la milice populaire de la RPL ont tiré une fusée blanche, puis une fusée verte, afin de lancer le début du désengagement en parallèle des deux côtés de la ligne de front. Pour l’instant le retrait des troupes se passe sans accroc, et les néo-nazis ukrainiens n’ont pas interféré avec le processus, d’après le rapport de la MSS de l’OSCE.

Suite au succès du retrait des troupes à Zolotoye, une nouvelle tentative à Petrovskoye a été annoncée pour le 4 novembre d’abord par l’Ukraine (en violation de l’accord de non-divulgation conclu le 29 octobre), puis par la République Populaire de Donetsk.

Si la réussite du retrait à Zolotoye a de quoi susciter un peu d’espoir, le fait que Kiev ait violé l’accord de non-divulgation et révélé la date prévue pour le retrait à Petrovskoye inquiète les autorités de la RPD.

« Nous espérons que ce n’est pas seulement une initiative spéciale de l’Ukraine pour utiliser des prétextes tels que le cessez-le-feu de sept jours et des escadrons nationalistes incontrôlés au cas où quelque chose tournerait mal », a déclaré la diplomate de la RPD. « Comme le montre l’exemple de Zolotoye, il est tout à fait possible de pacifier les militants armés radicaux et de lancer le processus de désengagement. »

L’autre point qui n’incite pas à l’optimisme c’est la constance des bombardements de la part de l’armée ukrainienne, qui a violé 31 fois le cessez-le-feu durant les dernières 24 h, tirant 171 munitions et endommageant trois habitations civiles sur le territoire de la RPD.

Encore aujourd’hui, la 128e brigade des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) a tiré au missile antichar sur une ambulance (clairement identifiée comme telle) qui se rendait à Belaya Kamenka pour porter secours à un enfant malade. Le chauffeur et l’infirmier ont été blessés et emmenés à l’hôpital. Il faut rappeler que tirer sur une ambulance est un crime de guerre, interdit par la convention de Genève !

De son côté la milice populaire de la RPD s’est déclarée prête à procéder au retrait des troupes et des équipements à Petrovskoye selon le processus prévu.

Il est clair en tout cas que cette volte-face de Kiev concernant le retrait des troupes est due à l’intransigeance de la Russie concernant la tenue de la réunion au Format Normandie. Moscou ayant refusé d’accepter que la réunion ait lieu tant que les conditions posées par la Russie n’étaient pas pleinement remplies, Zelensky n’a pas eu d’autre choix que de plier comme avec la signature de la formule Steinmeier.

Il faut croire que Zelensky a absolument besoin de cette réunion avec son homologue russe. La question est de savoir si c’est juste pour un coup de communication, ou si c’est pour présenter à Vladimir Poutine, Angela Merkel et Emmanuel Macron son fameux scénario chypriote.

Je serais sur place à Petrovskoye le 4 novembre pour faire un reportage sur le lancement du processus de désengagement, en espérant qu’il se passe aussi bien que celui de Zolotoye. Si c’est le cas, la date pour la réunion au Format Normandie devrait être ensuite rapidement annoncée et nous saurons alors une fois la réunion terminée quel était le but réel de Zelensky derrière tout ce cirque.

Christelle Néant

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Le conte du troisième chimpanzé (2)

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Voici le deuxième article du livre Le troisième chimpanzé de Jared Diamond paru en 2000 aux Éditions Gallimard pour l’édition en langue française.

M. Diamond est un biologiste, évolutionniste, physiologiste et géonomiste diplômé en histoire et anthropologue de l’université Harvard. Son livre est un essai sur l’évolution et l’avenir de l’animal humain que nous sommes.

Je confirme que mes articles sont empreints des connaissances et de la pensée de l’auteur.

Mon objectif étant d’élargir mes humbles connaissances, j’ai choisi de regrouper par titres et en caractères gras des thèmes ainsi que des images afin de mieux assimiler les vastes connaissances de cet essai.

Le premier article du 14 octobre dernier se terminait par l’explication du 2 % de différence entre nos gènes et ceux des chimpanzés qui sexprime essentiellement par le langage, l’art et l’aptitude à fabriquer des outils complexes.


Nous sommes des mammifères

Nous sommes des mammifères, un groupe d’animaux caractérisés entre autres par la pilosité et l’allaitement des petits.

Nous sommes des primates

Nous sommes des primates, groupe comprenant des singes non-anthropomorphes et des grands singes. Nous partageons avec les primates de nombreuses caractéristiques qui sont absentes chez la plupart des autres mammifères, exemple :

  • des ongles plats aux doigts des mains et des pieds, et non pas des griffes
  • mains capables de préhension
  • un pouce pouvant s’opposer aux quatre autres doigts
  • un pénis qui pend librement et qui n’est pas attaché à l’abdomen

 Au 11e siècle après J.C., Galien, médecin grec, avait déduit après avoir disséqué divers animaux et conclu que les singes sont très semblables à l’homme en ce qui concerne :

  • les viscères
  • les muscles
  • les artères
  • les veines
  • les nerfs
  • la forme des os

Une question d’éthique ???

Si nous faisons partie des primates du groupe des grands singes, et qu’il n’y a entre l’homme et le chimpanzé qu’une différence de quelques gènes, pourquoi est-il normal de mettre en cage les grands singes ou chimpanzés ? Et pourquoi sont-ils utilisés pour des expériences médicales, alors qu’il est interdit de le faire avec des êtres humains ?

Les chimpanzés sont capables de se tenir propres, de communiquer, d’initier des relations sociales, de ressentir la douleur. En fait, ils en font beaucoup plus que certaines personnes mentalement handicapées. Pourtant, nous serions horrifiés d’apprendre qu’on met en cage des personnes ou qu’on fait des expériences sur elles,  à tout le moins, à notre époque !

La réponse suscite une réaction interne gênante. Non,  ce n’est pas pareil – « les grands singes sont des animaux, tandis que l’homme est l’homme ». Nous sommes des chimpanzés d’une autre catégorie, et supérieure, sans doute parce que nous sommes capables de penser!

Où nous situons-nous au sein des primates ?

Nous sommes PLUS semblables aux grands singes qui comme nous n’ont pas de queue :

Unknown-1le gorille

orang_outanld04l’orang-outang

le gibbon

le chimpanzé commun

famille de bonobos – chimpanzés pygmée

bonobo allongé 

À NOTER que les GIBBONS – avec leur petite taille et leurs très longs bras, – sont les plus particuliers des grands singes. L’’orang-outang, le gorille, les chimpanzés (dont les humains) sont des espèces plus étroitement reliées l’une à l’autre qu’elles ne le sont aux gibbons.

 

… donc, nous sommes PLUS semblables à ces précédents primates qu’aux singes non-anthropomorphes, appelés en langue anglaise MONKEYS, qui sont pourvus d’une queue :

les babouins

le ouistiti

le capucin

 

Trois thèmes ressortent de débats scientifiques sur les différences, rapprochements, et apparentements des espèces

  • quelles sont les relations généalogiques précises entre l’homme, les grands singes vivants et les grands singes ancestraux éteints ?
  • à quel moment notre propre espèce et l’espèce de grand singe qui nous est la plus proche ont-elles pour la dernière fois possédé un ancêtre commun ?
  • quelle proportion de notre patrimoine génétique partageons-nous avec l’espèce de grand singe vivant actuellement et qui nous est la plus étroitement apparentée ?

Les relations généalogiques précises entre l’homme, les grands singes vivants et les ancestraux

Une première relation est celle de l’anatomie comparée. Néanmoins, bien que nous ressemblions particulièrement aux chimpanzés et au gorille, nous possédons des traits évidents qui nous différencient d’eux :

  • notre volume cérébral supérieur
  • notre station debout
  • notre pilosité moins fournie

Ces faits anatomiques opposent encore les biologistes à savoir :

  • sommes-nous plus apparentés à l’orang-outang, ou
  • sommes-nous plus étroitement apparentés aux chimpanzés et au gorille

Une minorité de biologistes croient que les chimpanzés et le gorille ont divergé de notre arbre généalogique avant notre séparation d’avec l’orang-outang alors qu’une majorité de biologistes croient que les ancêtres de l’orang-outang se sont séparés plus tôt.

Qui a raison ?

Il semblerait que les études anatomiques par elles-mêmes n’apportent aucune réponse aux questions de la date à laquelle nous avons divergé des grands singes et de la distance génétique qui nous sépare d’eux.

La semaine prochaine, il sera question de découvertes de la biologie moléculaire sur cette question.

 

À SUIVRE.

 

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Baghdadi mort ? Le décodage.

Par PressTV (Iran)

Le président US qui accusait en 2016 Clinton d’avoir créé de toutes pièces Daech, est apparu ce dimanche sur les écrans pour clamer triomphalement que lui et son armée ont tué comme un « chien » Al-Baghdadihttp://ptv.io/2nOc Il a remercié en passant la Turquie, la Russie et même la Syrie pour l’avoir aidé dans cette tâche périlleuse : l’élimination physique du chef terroriste qui, tout comme Ben Laden à son époque, s’est laissé exploser pour que les « boys » n’aient pas à approuver, cadavre à l’appui, que cet extravagant récit n’en est pas un de plus, destiné à leurrer l’opinion américaine et mondiale. Mais à quoi rime cette absurde sortie trumpienne?
Pierre Dortiguier, politologue et Robert Bibeau, éditeur du webmagazine Les 7 du Québec, s’expriment sur le sujet.

 

 

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L’armée ukrainienne amène (et met en danger) des enfants sur la ligne de front

Emmener des enfants sur ce qui reste l’une des zones les plus dangereuses de la ligne de front peut sembler être de la folie pure, ou de l’inconscience. Malheureusement il est à craindre que la vérité soit bien plus terrifiante.

En effet, dans le reportage filmé par la chaîne télévisée ukrainienne TCH, on entend clairement à la fin des tirs de mitrailleuse et de lance-grenade sortants, c’est-à-dire des tirs venant du côté ukrainien. Le tout en plein brouillard. On y voit aussi un superbe drapeau rouge et noir typique des unités néo-nazies (ce drapeau ayant été celui des sbires de Bandera pendant la seconde guerre mondiale).

Il semble que le but de cette provocation était d’obtenir un tir de réponse de la part de la milice populaire de la RPD, en espérant la mort d’un ou plusieurs enfants ou journalistes, que les soldats de la république ne pouvaient pas voir à cause du brouillard. Le tout filmé par les caméras présentes sur place pour cette vidéo de propagande.

Heureusement la provocation a pu être déjouée grâce à deux facteurs.

Le premier est que la milice populaire de la RPD respecte le cessez-le-feu et ne prête plus attention à de telles provocations depuis longtemps. La réponse tant attendue n’est donc pas venue.

Le deuxième facteur est le fait qu’il reste des officiers ukrainiens qui ont encore un peu d’honneur au sein de la 92e brigade, dont les positions se trouvent à Promka.

En effet, les services de renseignement de la RPD ont découvert que faute d’obtenir la réponse voulue de la part de la milice populaire, le commandant de la 92e brigade a ordonné au commandant du 3e bataillon de tirer sur le bus transportant les enfants et les journalistes, pour en blâmer ensuite la république.

Mais l’officier en question a refusé de tirer sur le bus et a ordonné de cesser tout tir dans cette zone dès qu’il a su que des enfants étaient là.

Ce genre de provocation ignoble impliquant des enfants, montre que certains au sein des Forces Armées Ukrainiennes (FAU) ne reculent devant rien, et n’ont aucune considération pour la population civile du Donbass qu’ils prétendent venir « libérer ».

Quand on met en danger des enfants en les amenant sur la ligne de front et qu’on est prêt à tirer ou faire tirer sur le bus qui les transporte pour en blâmer l’ennemi dans une opération de propagande sordide, c’est qu’on ne mérite pas d’autre qualificatif que celui de terroriste…

Christelle Néant

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Arabie saoudite: un royaume de coupeurs de têtes 2/2

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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«J’ai visé son pied. Il trébucha avant de s’étaler par terre. Je lui ai aussitôt asséné un 2me coup à la nuque avant de le décapiter. Puis un 3me coup sur la poitrine avant qu’elle n’explose en deux. Je me suis alors réjoui et adoré mon sabre».

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La décapitation collective de 370 membres de la tribu Al Shammar, en 1902, acte fondateur du royaume wahhabite.

Cent seize ans avant l’équarrissage de Jamal Kashoggi, l’opposant saoudien découpé à la scie au consulat saoudien d’Istanbul, le 2 octobre 2018, la décapitation collective de 370 membres de la Tribu Al Shammar, lors de la chute de Riyad aux mains des Wahhabites a constitué l’acte fondateur du royaume saoudien, justifiant le qualificatif de «Royaume de coupeurs de têtes» qu’il traine depuis plus d’un siècle.

Retour sur cette journée d’épouvante. Récit de Jaafar Al Bakli.

«J’ai visé son pied. Il trébucha avant de s’étaler par terre. Je lui ai aussitôt asséné un 2me coup à la nuque avant de le décapiter. Puis un 3me coup sur la poitrine avant qu’elle n’explose en deux. Je me suis alors réjoui et adoré mon sabre».

Ce passage est extrait d’un message adressé par le Roi Abdel Aziz Al Saoud, -père du Roi Salmane et grand père du prince héritier Mohamad Ben Salmane-, que le fondateur du Royaume Wahhabite rédigea, en mars 1904, à l’intention de son allié l’Emir du Koweït, Cheikh Khalifa Moubarak Al Sabah.

Ce courrier est conservé aux archives du «Bureau de l’Inde» (India Office), ancien département du gouvernement britannique chargé de la supervision de l’Inde à l’époque colonie britannique (1857-1947).

Son contenu a été révélé par l’historien britannique Robert Lacey dans son ouvrage sur l’Arabie saoudite intitulé «Inside The Kingdom» paru en 2010.

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I – «Nous l‘avons possédé grâce à notre sabre tranchant»

Abdel Aziz, à l’époque Gouverneur de Riyad, relate avec délectation comment il a tué de ses propres mains, un jeune de la famille Ar RACHID, OBEID BEN HAMMOUD, qui a eu la malchance d’être capturé par les Saoudiens lors d’un raid contre un campement de son frère MAJED Ar RACHID, dans le secteur de HAMLANE, dans la province du Najd.

De l’aveu même d’Abdel Aziz, les assaillants ont réussi à décapiter 370 membres de la tribu Al Shammar, la propre tribu du Roi Abdallah, le prédécesseur du Roi Salmane au trône wahhabite. Le comportement du fondateur du Royaume n’avait rien d’exceptionnel. Il était plutôt de pratique courante.

Dès l’instant où il s’est emparé de Riyad, le 13 janvier 1902, Abdel Aziz avait à son actif un imposant bilan macabre. Ainsi Abdallah Ben Jellou, cousin du roi Abdel Aziz et son délégué pour le secteur oriental du Royaume, a éventré son prédécesseur à ce poste pour y extirpé les reins, les balançant sur les contreforts de la citadelle d’Al Masmak, dans un geste annonciateur de sa victoire.

Ce fait a marqué le début d’une nouvelle ère inaugurée par la dynastie Al Saoud, s’articulant sur un triptyque: viol, assassinat, décapitation. Il n’est donc pas étonnant que l’expression «je l’ai possédé grâce à mon merveilleux sabre tranchant» soit d’usage courant parmi les dignitaires saoudiens. Personne d’autre que les Wahhabites ne fait usage d’une telle expression. Une expression dont ils usent et abusent avec morgue.

Ci joint pour le locuteur arabophone, une ode ironique à la gloire du «merveilleux sabre tranchant».

https://www.youtube.com/watch?v=iSNSkJoXr1k

A ceux qui plaident pour une réforme du mode de gouvernance du royaume, les dignitaires saoudiens répondent sur un ton au diapason de leur morgue: « Al Saoud sait mieux que quiconque ce qui est bon pour le royaume».

Le sabre brandit au-dessus des têtes des sujets du royaume demeure la marque de gouvernance du pays, la source de sa légitimité, le symbole de verte bannière.

Le sabre aiguisé pointé derrière la nuque de tout récalcitrant relève d’une pratique. Depuis l’accession d’Abdel Aziz au pouvoir, le sabre gère la vie politique du royaume.

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II- «Va dire aux habitants du désert comment les fils d’Al Saoud administrent la justice ».

C’est par cette apostrophe annonciatrice d’un grand malheur que le clan Al Hazzani, en 1910, a subi un châtiment collectif. La tribu Al Hazzani gouvernait la ville de Leila, à 300 kms au sud de Riyad. Elle a voulu résister à l’assaut d’Abdel Aziz, mais ont été vaincus et décapités, non sans une certaine théâtralité en vue de servir d’exemple et de terroriser le voisinage.

Abel Aziz avait pris d’assaut les possessions du clan Ajmane relevant de la tribu Al Hazzani (zone de pâturage, cheptel). Il envahit les maisons et donna l‘ordre à deux compagnies de détruire deux localités: Al Qatif et Al Houla. Ibn Saoud avait décidé d‘éliminer toute trace de présence humaine dans ce secteur et, dans la foulée, condamna à mort 19 membres de la tribu vaincue.

Puis se ravisant, il ordonna la suspension de l’exécution des condamnés de 24 heures afin de donner la possibilité aux habitants de la province de venir assister à ce spectacle macabre, dans un but dissuasif. Il fit dresser une grande tribune sur la place centrale de la localité pour qu’elle soit visible de tous et de partout.

A l’aube, Abdel Aziz traversa la place dans un silence imposant, gravit les marches vers la tribune et ordonna la présentation des condamnés au public. Il fit signe au bourreau d’avancer. Ce géant au torse nu se présenta le sabre à la main accompagné de ses deux collaborateurs et s’immobilisa devant les condamnés.

Un juge lut la sentence, relatant les circonstances de leur capture et les raisons qui ont conduit à ce que ce verdict de mort soit rendu.

Le bourreau entreprit alors de décapiter méthodiquement les condamnés, l’un après l‘autre, d’un coup sur la nuque. 18 têtes roulèrent sur le sol.

Au 19eme condamné, le Roi fit signe au bourreau de s’écarter et s’approcha du futur supplicié et lui annonce qu’il est gracié: «Je te gracie. Tu es libre. Raconte partout ce que tu viens de voir. Va raconter aux gens du désert comment Al Saoud administre la justice».

Puis s’adressant à la foule, Abdel Aziz, Roi du Najd, a expliqué les raisons qui ont conduit les suppliciés à être condamné et les sanctions terribles auxquels s’exposera quiconque franchira les limites qui lui sont assignées.

La tribu Al Hazzani a été la première famille politique du Najd à subir la loi du sabre wahhabite en raison de son opposition à la conquête de la famille Al Saoud.

Après la tribu Al Hazzani, le sabre wahhabite n’a pas cessé de s’abattre sur la nuque des Saoudiens: la nuque de la tribu Ar Rachid, gouverneur de Haël; de la tribu Al A‘ess, gouverneur d’Al Assir; la nuque de la tribu Ad Darssa, gouverneur de Jizane; Puis sur les Hachémites, gouverneur du Hedjaz; sur la tribu Ad Douway, gouverneur de Matir; sur la nuque de la tribu Bou Bijjad, province d’Al Outeiba; sur la nuque de la tribu Hathline, gouverneur d’Al Ajmane;

Le sabre wahhabite n‘a jamais cessé de fonctionner à grande échelle. Sans répit. Depuis que la famille Al Saoud s’est emparée de la nuque des Saoudiens….  Ce fut tour à tour les nuques de la population de Taêf, de Haêl, d’Ouneiza, d’Al Ahsi, de Matir, d’Al Hajarat, du Hedjaz, puis ce fut le tour aux nuques du Koweït, du Yémen, du Levant (Syrie et Irak), pour se poursuivre avec les nuques des Chiites et les nuques des Sunnites, les nuques des Arabes d’une manière générale, enfin les nuques des Iraniens.

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 26 octobre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 26 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE

00’58″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’37″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
02’51″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien
04’32″- La RPD craint une attaque sous faux drapeau sur des sites industriels contenant des produits chimiques
06’16″- Vol de matériel militaire fourni par les États-Unis par des soldats des forces spéciales ukrainiennes

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

10’56″- Le représentant ukrainien à Minsk montre clairement que Kiev n’appliquera pas les accords de Minsk

RUSSIE

17’58″- La Russie répond à la lettre de protestation de Kiev concernant ses convois humanitaires pour le Donbass

MH17

19’30″- Josef Resch retire sa proposition de transmettre les informations à sa disposition sur le crash du MH17 faute d’avoir été contacté par aucun des pays concernés

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

21’42″- 55 agressions enregistrée en Ukraine contre des journalistes depuis début 2019
23’21″- L’Ukraine est le pays le plus pauvre d’Europe
25’05″- La population ukrainienne se vide faute de naissances suffisantes pour compenser les décès

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

27’50″- L’épouse du président ukrainien porte une robe d’une couleur interdite lors de la cérémonie d’intronisation de l’empereur japonais

31’16″- Conclusion

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Le déficit budgétaire américain = 1.000 milliards de dollars en 2019

Source :  Alter-Info.org.

Le déficit budgétaire des États-Unis a bondi de 26% pour l’exercice 2019 frôlant les mille milliards de dollars malgré une économie en croissance et la manne des droits de douanes supplémentaires, fruit de la guerre commerciale contre la Chine et l’Union européenne.

Le déficit de l’État fédéral pour l’exercice 2019 clos en septembre se monte à 984 milliards de dollars, soit 4,6% du Produit Interieur brut (PIB), a indiqué vendredi 25 octobre le Trésor américain.

C’est son plus haut niveau depuis 2012 où il avait atteint 1.100 milliards de dollars sous l’administration Obama alors que la première économie mondiale sortait de la crise financière et de la Grande récession. (sic)

Les droits de douanes punitifs infligés notamment aux marchandises chinoises dans le cadre du bras de fer commercial que l’administration Trump mène avec Pékin, ont rapporté 30 milliards de dollars, 70% de plus que d’ordinaire et un montant total record, ont souligné les responsables du ministère des finances de Donald Trump, cités par l’AFP.

Mais cela n’a pas empêché le trou budgétaire de se creuser de 205 milliards de dollars supplémentaires par rapport à 2018.

Si les recettes ont augmenté de 4% pour atteindre 3.462 milliards de dollars, un record, le rythme de croissance des dépenses a représenté le double avec +8%, totalisant 4.447 milliards de dollars, un record historique également.

Côté dépenses, le vieillissement de la population, qui va de pair avec un gonflement des pensions de retraites (+6%) et des frais d’assurance santé (+8%) pour les plus pauvres (Medicaid) et les plus âgés (Medicare), a pesé dans le trou budgétaire.

https://fr.sputniknews.com/economie/201910261042325633-le-deficit-budgetaire-americain-frole-les-1000-milliards-de-dollars-en-2019/

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La route de Damas: Comment la guerre de Syrie a été gagnée

Par Pepe Escobar.  Sur  Mondialisation.ca &  Luc Michel. Sur PressTV.

 

Ce qui se passe en Syrie, à la suite d’un autre accord conclu sous l’égide de la Russie, est un énorme changement géopolitique. J’ai essayé de le résumer en un seul paragraphe de cette façon :

« C’est une quadruple victoire. Les États-Unis effectuent un retrait pour sauver la face, que Trump peut vendre en évitant un conflit avec la Turquie, alliée de l’OTAN. La Turquie a la garantie – par les Russes – que l’armée syrienne contrôlera la frontière turco-syrienne. La Russie empêche l’escalade de la guerre et maintient en vie le processus de paix russo-irano-turc. Et la Syrie finira par reprendre le contrôle de tout le nord-est ».

La Syrie est peut-être la plus grande défaite de la CIA depuis le Vietnam.

Pourtant, cela commence à peine à raconter toute l’histoire.

Permettez-moi d’esquisser brièvement, à grands traits historiques, comment nous en sommes arrivés là.


Cela a commencé par une intuition que j’ai ressentie le mois dernier à la frontière du Liban, de la Syrie et de la Palestine occupée, suivie d’une série de conversations à Beyrouth avec des analystes libanais, syriens, iraniens, russes, français et italiens de première classe ; le tout reposant sur mes voyages en Syrie depuis les années 1990 ; avec un mélange de bibliographie française sélectionnée qui y a été ajoutée, disponible chez Antoine’s à Beyrouth.

Les Vilayets

Commençons au XIXe siècle lorsque la Syrie se composait de six vilayets – provinces ottomanes – sans compter le Mont Liban, qui avait un statut spécial depuis 1861 au profit des chrétiens maronites et Jérusalem, qui était un sanjak (division administrative) d’Istanbul.

Les vilayets ne définissaient pas l’identité syrienne extrêmement complexe : par exemple, les Arméniens étaient majoritaires dans le vilayet de Maras, les Kurdes de Diyarbakir – qui font maintenant partie de la Turquie en Anatolie du Sud – et les vilayets d’Alep et Damas étaient tous deux sunnites arabes.

La Syrie ottomane du XIXe siècle était l’exemple même du cosmopolitisme. Il n’y avait pas de frontières ou de murs intérieurs. Tout était interdépendant.

Groupes ethniques dans les Balkans et en Asie Mineure, début du XXe siècle, Atlas historique, 1911

Puis les Européens, profitant de la Première Guerre mondiale, sont intervenus. La France a obtenu le littoral syro-libanais, puis les vilayets de Maras et de Mossoul (aujourd’hui en Irak). La Palestine a été séparée de Cham (le « Levant »), pour être internationalisée. Le vilayet de Damas a été coupé en deux : La France a eu le nord, les Britanniques le sud. La séparation entre la Syrie et les terres libanaises majoritairement chrétiennes a eu lieu plus tard.

Il y a toujours eu la question complexe de la frontière entre la Syrie et l’Irak. Depuis l’Antiquité, l’Euphrate a servi de barrière, par exemple entre les Cham des Omeyyades et leurs féroces concurrents de l’autre côté du fleuve, les Abbassides de Mésopotamie.

James Barr, dans son splendide « Une ligne dans le sable« , note à juste titre que l’accord Sykes-Picot a imposé au Moyen-Orient la conception européenne du territoire : leur « ligne dans le sable » a codifié une séparation délimitée entre États-nations. Le problème est qu’il n’y avait pas d’États-nations dans la région au début du XXe siècle.

La naissance de la Syrie telle que nous la connaissons était un travail en cours, impliquant les Européens, la dynastie hachémite, les nationalistes syriens investis dans la construction d’une Grande Syrie incluant le Liban, et les Maronites du Mont Liban. Un facteur important est que peu de gens dans la région ont déploré la perte de leur dépendance à l’égard de la Médina Hachémite, et à l’exception des Turcs, la perte du vilayet de Mossoul dans ce qui est devenu l’Irak après la Première Guerre mondiale.

En 1925, les sunnites devinrent de facto le pouvoir de premier plan en Syrie, sous le nom d’Alep et de Damas unifiés par les Français. Dans les années 1920, la France a également établi les frontières de la Syrie orientale. Et le Traité de Lausanne, en 1923, obligea les Turcs à céder toutes leurs possessions ottomanes, mais ne les écarta pas du jeu.

Frontières turques selon le Traité de Lausanne, 1923

Les Turcs ont rapidement commencé à empiéter sur le mandat français et à bloquer le rêve de l’autonomie kurde. La France finit par céder : la frontière turco-syrienne s’alignerait sur le tracé du légendaire Bagdadbahn, le chemin de fer Berlin-Baghdad.

Dans les années 1930, la France céda encore plus : le sanjak d’Alexandretta (aujourd’hui Iskenderun, dans la province de Hatay, Turquie), est finalement annexé par la Turquie en 1939 alors que seulement 40% de la population est turque.

 

 

 

L’annexion a conduit à l’exil de dizaines de milliers d’Arméniens. Ce fut un coup dur pour les nationalistes syriens. Et ce fut un désastre pour Alep, qui perdit son corridor vers la Méditerranée orientale.

Les forces turques sont entrées à Alexandretta le 5 juillet 1938

Dans les steppes orientales, la Syrie n’était composée que de tribus bédouines. Au nord, il s’agissait de l’affrontement turco-kurde. Et au sud, la frontière était un mirage dans le désert, dessiné seulement avec l’avènement de la Transjordanie. Seul le front occidental, avec le Liban, a été établi et consolidé après la Seconde Guerre mondiale.

Cette Syrie émergente, issue de conflits entre les intérêts turcs, français, britanniques et une myriade d’intérêts locaux, ne pouvait évidemment plaire à aucune communauté, et ne plaisait à aucune d’entre elles. Pourtant, le cœur de la nation a configuré ce qui a été décrit comme une « Syrie utile ». Pas moins de 60% de la nation était – et demeure – pratiquement vide. Pourtant, d’un point de vue géopolitique, cela se traduit par une « profondeur stratégique » – le cœur de la question dans la guerre actuelle.

De Hafez à Bachar

A partir de 1963, le parti Baas, laïc et nationaliste, s’est emparé de la Syrie, consolidant finalement son pouvoir en 1970 avec Hafez al-Assad qui, au lieu de s’en remettre à sa minorité alaouite, a construit une énorme machine étatique hyper-centralisée mélangée à un État policier. Les acteurs clés qui ont refusé de jouer le jeu ont été les Frères Musulmans, jusqu’au massacre lors de la répression brutale de Hama en 1982.

La laïcité et un État policier : c’est ainsi que la fragile mosaïque syrienne a été préservée. Mais déjà dans les années 1970, des fractures majeures ont émergé : entre les grandes villes et une périphérie très pauvre ; entre l’ouest « utile » et l’est bédouin ; entre Arabes et Kurdes. Mais les élites urbaines n’ont jamais répudié la volonté de fer de Damas : le copinage, après tout, était très rentable.

Damas s’est fortement immiscée dans la guerre civile libanaise dès 1976 à l’invitation de la Ligue Arabe en tant que « force de maintien de la paix ». Dans la logique de Hafez al-Assad, souligner l’identité arabe du Liban est essentiel pour récupérer la Grande Syrie. Mais le contrôle syrien sur le Liban a commencé à s’effriter en 2005, après l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, tout près de l’Arabie Saoudite, l’Armée Arabe Syrienne (SAA) a finalement quitté le pays.

Bachar al-Assad a pris le pouvoir en 2000. Contrairement à son père, il a parié sur les Alaouites pour faire fonctionner la machine d’État, empêchant la possibilité d’un coup d’État mais s’éloignant complètement des Syriens pauvres de la rue.

Ce que l’Occident a défini comme le Printemps Arabe, a commencé en Syrie en mars 2011 ; c’était une révolte contre les Alaouites autant qu’une révolte contre Damas. Totalement instrumentalisée par les intérêts étrangers, la révolte a éclaté dans des périphéries sunnites extrêmement pauvres et déprimées : Deraa dans le sud, l’est déserté, et les banlieues de Damas et Alep.

Protestation à Damas, 24 avril 2011. (syriana2011/Flickr)

Ce qui n’était pas compris en Occident, c’est que ce « banquet des mendiants » n’était pas contre la nation syrienne, mais contre un « régime ». Jabhat al-Nusra, dans un exercice de relations publiques, a même rompu son lien officiel avec Al-Qaïda et a changé sa dénomination pour Fatah al-Cham, puis Hayat Tahrir al-Cham (« Organisation pour la libération du Levant »). Seul l’État Islamique/Daesh a dit qu’ils se battaient pour la fin des accords Sykes-Picot.

En 2014, le champ de bataille en perpétuel mouvement était plus ou moins établi : Damas contre Jabhat al-Nusra et l’EI/Daesh, avec un rôle hésitant pour les Kurdes du nord-est, obsédés par la préservation des cantons d’Afrin, Kobane et Qamichli.

Mais le point clé est que chaque katiba (« groupe de combat »), chaque quartier, chaque village, et en fait, chaque combattant était en permanence dans et hors des allégeances. Cela a produit une nébuleuse vertigineuse de djihadistes, de criminels, de mercenaires, certains liés à Al-Qaïda, d’autres à Daesh, d’autres formés par les Étasuniens, certains ne faisant qu’un profit rapide.

Par exemple, les Salafis – richement financés par l’Arabie Saoudite et le Koweït – en particulier Jaish al-Islam, ont même conclu des alliances avec le Parti de l’Union Démocratique Kurde (PYD) en Syrie et les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (le groupe Al-Qaida remixé, fort de 30 000 personnes en Syrie). Pendant ce temps, les Kurdes du PYD (émanation du PKK des Kurdes turcs, que Ankara considère comme « terroristes ») ont profité de ce désordre impie – plus une ambiguïté délibérée de Damas – pour essayer de créer leur Rojava autonome.

Une manifestation dans la ville d’Afrin pour soutenir les YPG contre l’invasion turque d’Afrin, 19 janvier 2018. (Voix de l’Amérique kurde, Wikimedia Commons)

Cette profondeur stratégique turque

La Turquie était entièrement impliquée. Boostée par la politique néo-ottomane de l’ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, la logique était de reconquérir des parties de l’empire ottoman et de se débarrasser d’Assad parce qu’il avait aidé les rebelles kurdes du PKK en Turquie.

« Strategik Derinlik » de Davutoglu (Profondeur Stratégique), publié en 2001, avait connu un succès retentissant en Turquie, revendiquant la gloire de huit siècles d’un empire tentaculaire, contre 911 kilomètres de frontières fixées par les Français et les Kémalistes. Bilad al Cham, la province ottomane rassemblant le Liban, la Palestine historique, la Jordanie et la Syrie, est restée un puissant aimant dans l’inconscient syrien et turc.

Il n’est pas étonnant que Recep Erdogan de Turquie ait été excité : en 2012, il s’est même vanté d’être prêt à prier dans la mosquée omeyyade de Damas, après le changement de régime, bien sûr. Depuis 2014, il vise une zone de sécurité à l’intérieur de la frontière syrienne – en fait une enclave turque. Pour l’obtenir, il a utilisé un grand nombre de joueurs malsains – des milices proches des Frères Musulmans aux gangs turkmènes les plus durs.

Avec la création de l’Armée Syrienne Libre, pour la première fois, la Turquie a autorisé des groupes armés étrangers à opérer sur son propre territoire. Un camp d’entraînement a été mis en place en 2011 au sandjak d’Alexandrette. Le Conseil National Syrien a également été créé à Istanbul – un groupe de non-entités de la diaspora qui n’avaient pas été en Syrie depuis des décennies.

Ankara a permis la construction d’une autoroute du Djihad de facto – avec des personnes d’Asie Centrale, du Caucase, du Maghreb, du Pakistan, du Xinjiang, tous les points au nord de l’Europe étant passés en fraude à volonté. En 2015, Ankara, Riyad et Doha ont mis sur pied la redoutée Jaish al-Fath (« Armée de la conquête »), qui comprenait Jabhat al-Nusra (Al-Qaida).

En même temps, Ankara entretenait une relation extrêmement ambiguë avec l’EI/Daesh, achetant son pétrole de contrebande, traitant les djihadistes dans les hôpitaux turcs et ne prêtant aucune attention aux renseignements du djihad recueillis et développés sur le territoire turc. Pendant au moins cinq ans, le MIT – les services de renseignement turcs – a fourni des informations politiques et logistiques à l’opposition syrienne tout en armant un grand nombre de Salafis. Après tout, Ankara croyait que l’EI/Daesh n’existait que grâce au « mal » déployé par le régime Assad.

Le facteur russe

Le Président russe Vladimir Poutine rencontre le Président de la Turquie Recep Erdogan, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov en arrière-plan, Ankara, 1er décembre 2014 Ankara. (Kremlin)

Le premier grand bouleversement du jeu a été l’entrée spectaculaire de la Russie à l’été 2015Vladimir Poutine avait demandé aux États-Unis de se joindre à la lutte contre l’État islamique comme l’Union Soviétique s’était alliée contre Hitler, niant l’idée étasunienne que c’était la tentative de la Russie pour rétablir sa gloire impériale. Mais le plan étasunien, sous la direction de Barack Obama, était plutôt déterminé : parier sur des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), un mélange de Kurdes et d’Arabes sunnites, soutenus par la puissance aérienne et les forces spéciales US, au nord de l’Euphrate, pour détruire l’EI/Daesh jusqu’à Raqqa et Deir ez-Zor.

Raqqa, bombardée par le Pentagone, a peut-être été prise par les FDS, mais Deir ez-Zor a été prise par l’Armée Arabe Syrienne de Damas. L’objectif ultime des Étasuniens était de maintenir constamment le nord de l’Euphrate sous la domination US, par le biais de leurs mandataires, les FDS et le PYD/YPG kurde. Ce rêve étasunien est maintenant terminé, déploré tant par les démocrates impériaux que par les républicains.

La CIA en aura après Trump pour très longtemps.

Rêve kurde terminé

Il y a eu un malentendu culturel. Autant les Kurdes syriens croyaient que la protection étasunienne équivalait à l’approbation de leurs rêves d’indépendance, autant les Étasuniens n’ont jamais semblé comprendre que dans tout le « Grand Moyen-Orient », on ne peut acheter une tribu. Au mieux, vous pouvez les louer. Et ils vous utilisent selon leurs intérêts. Je l’ai vu de l’Afghanistan à la province irakienne d’Anbar.

Le rêve kurde d’un territoire contigu et autonome de Qamichli à Manbij est terminé. Les Arabes sunnites vivant dans ce périmètre résisteront à toute tentative kurde de domination.

Le PYD syrien a été fondé en 2005 par des militants du PKK. En 2011, les Syriens du PKK sont venus de Qandil – la base du PKK dans le nord de l’Irak – pour créer la milice du YPG pour le PYD. Dans les zones à prédominance arabe, les Kurdes syriens sont chargés de gouverner parce que pour eux les Arabes sont considérés comme une bande de barbares, incapables de construire leur société « démocratique, socialiste, écologique et multicommunautaire ».

Guérilla kurde du PKK à Kirkouk, Irak. (Kurdishstruggle via Flickr)

On peut imaginer à quel point les chefs tribaux sunnites arabes conservateurs les détestent. Il n’y a aucune chance que ces chefs tribaux soutiennent jamais les Kurdes contre l’Armée Arabe Syrienne (AAS) ou l’Armée Turque ; après tout, ces chefs tribaux arabes ont passé beaucoup de temps à Damas à chercher le soutien de Bachar al-Assad. Et maintenant, les Kurdes eux-mêmes ont accepté ce soutien face à l’incursion des Turcs, autorisée par Trump.

A l’est de Deir ez-Zor, les PYD/YPG ont déjà dû dire au revoir à la région qui est responsable de 50% de la production pétrolière de la Syrie. Damas et l’AAS ont maintenant l’avantage. Il reste aux PYD/YPG à se résigner à la protection de Damas et de la Russie contre la Turquie, et à la possibilité d’exercer leur souveraineté sur des territoires exclusivement kurdes.

Ignorance de l’Occident

L’Occident, avec une arrogance typiquement orientaliste, n’a jamais compris que les Alaouites, les Chrétiens, les Ismaéliens et les Druzes de Syrie privilégieraient toujours Damas pour leur protection par rapport à une « opposition » monopolisée par les islamistes purs et durs, sinon djihadistes. L’Occident n’a pas compris non plus que le gouvernement de Damas, pour sa survie, pouvait toujours compter sur les redoutables réseaux du parti Baas et les redoutables mukhabarat – les services de renseignements.

Reconstruire la Syrie

La reconstruction de la Syrie pourrait coûter jusqu’à 200 milliards de dollars. Damas a déjà dit très clairement que les États-Unis et l’UE ne sont pas les bienvenus. La Chine sera à l’avant-garde, avec la Russie et l’Iran ; ce sera un projet qui suivra strictement le plan d’intégration de l’Eurasie – les Chinois visant à relancer le positionnement stratégique de la Syrie sur l’Ancienne Route de la Soie.

Quant à Erdogan, un peu moins néo-ottoman que dans un passé récent, il semble avoir enfin compris que Bachar al-Assad « ne partira pas », et qu’il doit vivre avec cela. Ankara est appelée à rester impliquée avec Téhéran et Moscou, dans la recherche d’une solution constitutionnelle globale pour la tragédie syrienne à travers l’ancien « processus d’Astana », développé récemment à Ankara.

La guerre n’a peut-être pas été totalement gagnée, bien sûr. Mais contre toute attente, il est clair qu’une nation syrienne unifiée et souveraine est vouée à l’emporter sur tous les cocktails molotov géopolitiques concoctés dans les sinistres laboratoires du Conseil de Coopération du Golfe/OTAN. L’histoire nous dira un jour que, à titre d’exemple pour l’ensemble des pays du Sud, cette opération demeurera le meilleur changement de donne.

Pepe Escobar

Article original en anglais :

The Road to Damascus: How the Syria War Was Won

Consortiumnews 18 octobre 2019

Traduction par Réseau International

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Ma toute première illusion politicienne: le petit bonhomme de neige Sno-Cone

YSENGRIMUS              La première personnalité publique, relayée par l’ostensible et servile canal télévisuel, qui vint bercer d’illusions polychromes et joyeuses mon imaginaire et me faire de mirobolantes promesses fut le petit bonhomme de neige Sno-Cone. Son message, prosaïque, émouvant, prenant, était littéralement irrésistible, fatalement fascinant. Et la tonitruante sémiologie de sa dégaine me berçait de la plus suave des jubilations illusoires. Rivé devant mon poste, j’avais six ou sept ans et un groupe ribambellier d’enfants de mon âge, enthousiastes et guillerets, me présentait le gigantesque bonhomme de neige Sno-Cone et ses formidables vertus transmutatoires. Et ce n’était pas là peu de choses. Jugez-en, avec le tout du recul requis. À partir de vulgaires cubes de glace (non-inclus) tout ce qu’il y avait de plus ordinaires (on les lui insérait dans le chapeau et les lui poussait dans la caboche, sans qu’il ne bronche), le bonhomme de neige Sno-Cone produisait justement une sorte de neige ou gadoue plantureuse, scintillante comme du diamant, qu’il était ensuite possible de parfumer à l’aide des fioles-pressions coniques qu’il fournissait aussi. Le crucial projet de société enfantine joyeux et allègre d’un délice glacé instantané et mirifique semblait émaner, en patientes girations, des entrailles circulaires du personnage. Insistons toniquement sur le fait que les promesses et les engagements du petit bonhomme de neige Sno-Cone disposaient d’une précision apparente et d’une densité empirique directement présumable qui assuraient à son dispositif argumentatif un percutant propagandiste savoureusement imparable.

Je garde aux tréfonds de moi un souvenir dense et tangible de la véritable joie lyrique que me suscitait le petit bonhomme de neige Sno-Cone. Elle fut, cette grande joie de bambin, initialement intégrale, absolue, parfaite et sans mélange. Mais l’enfance étant ce qu’elle est, avant tout dans ses limitations et sa si fugitive fugacité, il fallut un jour fatalement déchanter. La première inquiétude concernant le petit bonhomme de neige Sno-Cone me frappa de plein fouet quoiqu’en provenance d’une source indirecte. Ce fut ma maman qui me suscita cet initial malaise, insidieux mais implosif, corrosif. Quand je lui faisais visionner les plantureux courts métrages publicitaires mettant en vedette le petit bonhomme de neige Sno-Cone, ma maman réagissait avec une singulière agressivité froide. C’est qu’elle était, la douce dame, douloureusement rompue à l’univers tapageur et illusoire des jouets tocs et éphémères de ces belles années consuméristes. Le petit personnage en blanc lui faisait donc faire la moue et, en termes évasifs, pour éviter d’estourbir la saine maïeutique qui commençait à sinueusement me triturer, elle me laissait entendre que… bon… l’apparence des choses était une chose bien évanescente, que des esprits mal intentionnés pouvaient détourner cette chose à leur avantage et la mettre au service des arnaques les moins reluisantes… et autres choses encore. Maman fut incontestablement la première voix qui me prévint contre le miroir aux alouettes… du petit bonhomme de neige Sno-Cone en particulier, et de la politique politicienne en général. C’est qu’elle (séquelle… calembour), son petit bonhomme de neige Sno-Cone à elle, ça avait été tout un personnage de conséquence. Nul autre que Maurice Le Noblet Duplessis, tel qu’en lui-même. Électrification des campagnes et rapatriement de notre butin pour le beau scintillement des cristaux de glace dans les cônes de carton. Loi du Cadenas, théocratisme rétrograde et anti-syndicalisme primaire pour le goût insipide et glaçant de la glace glacée. Maman en était restée durablement marquée. Tant et tant que les orateurs rafraîchissants, les beaux parleurs en blanc, les personnages fallacieusement prometteurs en gibus, les campagnes publicitaires spectaculaires, surtout celles tournant autour de la promotion d’une personnalité éminente, tout ça lui laissait toujours une moue sceptique, peu enthousiasmante certes, mais incroyablement communicative.

Il faut bien admettre que le petit bonhomme de neige Sno-Cone n’a rien perdu de la vigueur de son symbolisme politicien. Imaginez un peu. On parle d’un personnage profondément liant et sympathique, à la bonhommie proprement irrésistible, recyclable, renouvelable (il adopte aujourd’hui le visage faussement neuf de Snoopy ou d’Olaf). Il nous fait ouvertement miroiter des fraîcheurs nouvelles aux essences apparemment variables. Bon ceci dit, et cela est son premier aveu majeur: il a une poignée dans le dos. Plus précisément, c’est une manivelle. Et il ne la tourne pas lui-même… non, non. C’est nous qui devons la faire tourner, en forçaillant après, en plus, bien souvent. En fait, comme pour les impôts et les charges sociales, ou encore comme pour les premières interventions dans une situation ponctuelle de crise, il faut qu’on tourne la manivelle nous-mêmes, qu’on tienne le petit bonhomme de neige Sno-Cone à pleines mains, pour ne pas qu’il dérape. Bref, il faut littéralement que le quidam ordinaire fasse le tout, en toute autonomie citoyenne, pour que le petit bonhomme de neige Sno-Cone donne à tout le moins l’apparence d’exercer sa fonction. Indubitablement, il fascine beaucoup moins lorsque l’action effective s’engage.

De fait, s’il faut tout avouer, maman repose aujourd’hui au cimetière mais ma compréhension de son doute agressif et de sa moue capricieuse envers le petit bonhomme de neige Sno-Cone a fortement gagné en amplitude. Effectivement, j’ai eu l’occasion, dans une de nos incontournables ventes de garage de village, de toucher (sans m’en porter acquéreur) pour la première fois, à soixante ans d’âge, le petit bonhomme de neige Sno-Cone, de mes mains nues. Oh, l’exemplaire manipulé n’était pas trop défraîchi si bien que la tristesse de mes observations ne peut pas être imputée au passage des ans. Le fait est qu’en le regardant dans le noir des yeux et en le maniant quelques instants, j’ai vite déchanté et observé, froidement, que le petit bonhomme de neige Sno-Cone n’est jamais qu’un bête broyeur à cubes de glace manuel d’assez mauvaise qualité. C’est qu’en réalité, tout ce qui contribuait à la magie politicienne originale du brave petit bonhomme de neige Sno-Cone, son regard, son chapeau, ses bras en delta, sa pelle et son entonnoir rouge vif, ses gobelets de carton, ses sachets à essences perdue, tout cela s’avérait un ensemble passablement inopérant de clochettes et de sifflets empêchant en fait le broyeur à glace (vu qu’il est finalement cela et rien de plus) de faire son travail correctement. La batterie d’artefacts politiciens qui semblait tant donner raison au petit bonhomme de neige Sno-Cone s’avère en fait être ce qui, au bout du compte, lui donne tort. En voulez-vous de la grande dialectique du politique, en voilà!

La libération nationale de René Lévesque, le contrat social de Bob Rae, le socialisme de François Mitterrand, le pacifisme et l’écologisme de Barack Obama, les chemins ensoleillés de Justin Trudeau sont autant de bibines sucrées, colorées, livides, sans substance effective que le fil des années et des décennies politiciennes fit rouler sur des fragments de cubes de glace qui, eux, pendant tout ce temps, restèrent des fragments de cubes de glace, sans plus. Pourquoi voter, ou plutôt: pourquoi investir tant de croyance dans le fait tout nunuche d’avoir voté? Pourquoi s’engourdir dans les bruissements scintillants et tape-à-l’œil de tous ces exercices politiciens conventionnels successifs? Le vulgaire broyeur à glace reste un vulgaire broyeur à glace et c’est toujours nous qui tournons la manivelle pour le bénéfice des bourgeois. Évidemment l’homme et la femme politicus et politica veulent tellement rêver et le petit bonhomme de neige Sno-Cone est là pour ça. Mais veulent-ils déchanter? Veulent-ils se rendre compte au bout du compte qu’on est encore en train de leur fourguer de l’eau gelée re-concassée, sans plus.

Les humains sont casseurs de catins disait Plume Latraverse. L’aphorisme vaut profondément pour le petit bonhomme de neige Sno-Cone. Par les temps historiques qui courent, oh, on le jette dans les escaliers et on saute dessus pour qu’il se casse en mille morceaux de mauvais plastique. On pourrait citer une bien dense grêle d’exemples de ceci. La cinquième république française suffira amplement. Énumérons simplement. Pompidou succède à De Gaulle et meurt en mandat (1974). Valery Giscard d’Estaing fait un septennat (1974-1981). François Mitterrand, deux septennats (1981-1995). Jacques Chirac, un septennat puis un quinquennat (1995-2007). Puis c’est Nicolas Sarkozy, un quinquennat. Puis François Hollande, un autre, et l’émiettement se poursuit, irréversible. Ce ne sont plus les glaçons dans le broyeur qui s’effritent, c’est le petit bonhomme de neige Sno-Cone lui-même qui tombe en morceaux. Lui qu’on avait tant aimé, il ne nous suscite plus que rage et déconvenue, avec son faciès livide et son immobilisme plastifié déguisé en faux changements de toc.

Politique politicienne va-t-en. Politique citoyen, revient.

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Arrêtez vos coquetteries : l’Ukraine ne récupérera pas le Donbass

L’Ukraine est allée trop loin et trop profondément dans son hystérie antirusse. Même des gens originaires du Donbass ont été zombifiés. Il est nécessaire d’abandonner les espoirs d’amélioration des relations avec la nouvelle élite ukrainienne. Le Donbass est en Ukraine seulement sur le plan formel.

Le fait que les accords de Minsk ne soient pas applicables et qu’il soit nécessaire d’organiser des voyages de presse en Crimée pour les journalistes et les hommes politiques ukrainiens afin de faire connaître la vérité à la société ukrainienne a été affirmé par Oleg Bondarenko, politologue bien connu, à Valentin Filippov de Politnavigator.

Valentin Filippov : Comment évaluez-vous la condition posée par Denis Pouchiline, disant que pour poursuivre les négociations au format de Minsk il faut que le quasi-État ukrainien soit dissout, que de nouvelles structures de gouvernance régionale soient créées et que les accords de Minsk ne pourront être mis en œuvre qu’ensuite. Ne serait-ce pas une raison pour que l’Ukraine se retire des accords de Minsk ?

Oleg Bondarenko : N’oublions pas pourquoi Denis Pouchiline l’a fait. Il l’a fait en réponse à une proposition similaire, en fait, de la partie ukrainienne, exprimée officiellement lors de la réunion à Minsk, selon laquelle nous appliquerions les accords de Minsk sur le plan politique, mais seulement si les Républiques Populaires de Donetsk et de Lugansk sont dissoutes.

Si elles sont dissoutes…

Et comment peuvent-elles se dissoudre si elles sont signataires des accords de Minsk ? Je voudrais parler, Valentin, plus, pour ainsi dire, sur les choses principales, qui, à mon avis, ne sont pas aussi visibles maintenant. Au contraire, l’humeur qui prévaut aujourd’hui parmi les élites en Russie, c’est qu’il est temps de commencer à construire des relations constructives normales avec l’Ukraine d’une manière ou d’une autre, de revenir sur notre histoire cinq ans an arrière et de repartir de zéro. Je voudrais mettre en garde tous ceux qui le pensent, et j’ai moi-même presque commencé à le penser avant-hier.

Oh, non, ce n’est pas possible…

Oui, oui. J’ai pensé qu’il serait peut-être réellement nécessaire de commencer à construire des relations avec de nouvelles personnes et, en règle générale, avec des personnes complètement inconnues. Voilà. Mais j’avais tort. Et ceux qui pensent cela, croyant naïvement que nous pouvons maintenant rendre le Donbass à l’Ukraine, ont tort de compter sur une coopération constructive. Non.

Tout d’abord, le Donbass ne doit pas être rendu à l’Ukraine. L’Ukraine fera exactement la même chose avec elle, et peut-être bien pire, je suppose que ce serait encore pire, que ce que la Croatie a fait avec la Krajina serbe. Si la Croatie a juste expulsé physiquement tous les Serbes et que ceux qu’elle n’a pas expulsés sont partis, l’Ukraine peut prendre des mesures encore plus radicales.

Donc, aujourd’hui, oui, du point de vue des accords de Minsk, le Donbass pourrait être réincorporé à l’Ukraine dans un certain avenir, mais mon opinion est la suivante : le Donbass ne peut être renvoyé en Ukraine. Premièrement, parce que l’Ukraine ne fera rien de bon en réponse à cette mesure. L’Ukraine est allée trop loin et trop profondément dans son hystérie antirusse, et cette hystérie ne s’est tout simplement pas résolue en un an.

Mais si les accords de Minsk sont appliqués, si la milice populaire demeure, si les forces de sécurité ukrainiennes sont empêchées d’entrer sur le territoire du Donbass, la même ligne de démarcation sera maintenue, qu’est-ce qui empêcherait le Donbass de redevenir légalement ukrainien tout en jouissant des droits liés à une existence en propre ?

Malheureusement, ce n’est pas possible.

Pourquoi ? Les points de contrôle resteront, ils ne passeront pas.

Parce que c’est impossible, Kiev n’acceptera pas. Au mieux, Kiev peut essayer de jouer selon ses propres règles d’une manière rusée, en fait, en trompant tout le monde. Nous devons donc comprendre que le régime ukrainien qui est maintenant au pouvoir, est dans l’exact prolongement des personnes qui sont venues au pouvoir à la suite du coup d’État. J’ai récemment parlé à un, pour ainsi dire, ancien résident de Donetsk, qui a déménagé à Kiev bien avant les événements.

Et je me suis rendu compte que, bien sûr, si l’Ukraine a fait cela [le convertir à ses idées NDLR] même avec des personnes, absolument culturellement russes, russophones, pendant ces cinq années, il est terrible d’imaginer ce qu’elle a fait aux autres. En un mot… Et le plus important, voyez-vous, c’est que l’Ukraine n’a pas besoin du Donbass.

Je sais cela.

L’Ukraine n’a pas besoin du Donbass. Ils ont besoin que ces territoires soient officiellement leurs, c’est ce dont ils ont besoin. Ils ont besoin de l’officialisation du territoire, qu’ils veulent « corriger » et ainsi prouver que, regardez, c’est le nôtre, vous ne pouvez pas venir chez nous.

J’aimerais dire deux choses, en fait. La première est le fait que le Donbass ne peut pas être renvoyé en Ukraine, parce qu’elle n’en a pas besoin, et qu’elle y fera un nettoyage [ethnique] encore pire que les Croates avec la Krajina serbe, bien pire.

Et le deuxième point, c’est que si quelqu’un pense encore que selon les accords de Minsk – que l’Ukraine viole à chaque étape, qu’à chaque étape on tente de le cacher – cela signifie que nous allons déclarer que les républiques populaires sont effacées, eh bien pour ceux qui pensent pouvoir le faire, proposons une chose à l’Ukraine maintenant.

Organisons maintenant des tournées de presse pour les Ukrainiens, diverses visites en Crimée. En Crimée. Et regardons la réaction. Parce que la Crimée a été la première, après tout, la Crimée a été le test décisif, et n’oublions pas ce qui a suivi. Si l’opinion publique ukrainienne peut reconnaître la Crimée comme une partie de la Russie perdue à jamais, alors nous pouvons parler d’un format qui convienne avec le Donbass.

Acheter la Crimée au détriment des habitants du Donbass ? Je suis contre.

Je parle d’autre chose maintenant – je dis qu’il n’y a pas de réponse claire à la question de savoir quoi faire de la mise en œuvre des accords de Minsk, quoi faire du sort du Donbass au cas où, même si j’y crois peu, au cas où le gouvernement ukrainien accepterait d’appliquer les accords de Minsk. Examinons maintenant l’attitude des autorités ukrainiennes à l’égard de la Crimée.

Essayons maintenant d’organiser un dialogue avec les autorités, non pas par des méthodes de guérilla, comme cela pourrait être fait, mais dans le cadre d’un dialogue avec les officiels de Kiev, pour organiser quelques visites de parlementaires, de leaders d’opinion et d’experts ukrainiens. Si ces gens en viennent à voir et à accepter que la Crimée est russe, alors nous pouvons parler des perspectives de mise en œuvre des accords de Minsk.

Oh. Eh bien, ils vont mentir. Ils viendront ici et diront une chose, et ils en diront une autre là-bas.

C’est mon opinion. Je lierais les perspectives de mise en œuvre pratique des accords de Minsk à la reconnaissance par Kiev de la Crimée en tant que partie de la Russie.

Zelensky dit donc que la question de la Crimée devrait être soulevée u Format Normandie et dans les accords de Minsk. Et vous dites que nous devrions soulever la question de la Crimée.

Parfait. Reprenons tout ça. Rappelons à cet égard que tant que le gouvernement ukrainien ne reconnaîtra pas la Crimée comme territoire russe, il ne pourra être question d’aucune application des accords de Minsk.

Eh bien, je ne sais pas. Selon les accords de Minsk, la milice populaire demeure, et il n’y a pas d’autres forces de l’ordre. Chaque mois, les habitants du Donbass reçoivent des passeports russes. Leur nombre augmente chaque mois. Bientôt, jusqu’à un million de citoyens russes résideront en permanence dans les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk. Ils ont leur propre armée, leur propre police – la plupart du temps déjà citoyens de la fédération de Russie.

Si le Donbass dispose d’une large autonomie en Ukraine, que peut faire l’Ukraine ? Tout d’abord, ces personnes sont protégées par les lois russes, et les forces armées russes, si nécessaire. Deuxièmement, ils ne permettront tout simplement pas aux forces armées ukrainiennes d’utiliser des méthodes répressives.

Tout à fait d’accord, Valentin, tout à fait d’accord. Mais là, vous parlez d’autre chose. Vous dites « pourquoi les accords de Minsk ne peuvent pas être mis en œuvre »…

Pourquoi ? Ils peuvent être mis en œuvre.

En raison de la citoyenneté de la population locale.

Pourquoi ? Ils peuvent.

Aujourd’hui, même les experts de haut rang, du Kremlin, admettent ouvertement, non seulement les experts, mais aussi les fonctionnaires eux-mêmes, admettent qu’après la mise en œuvre des accords de Minsk, le Donbass ne peut être ukrainien que sur le plan formel.

Sur le plan formel, oui.

C’est de cela que nous pouvons parler à la suite de la mise en œuvre des accords de Minsk ? De rien d’autre. Bien que personnellement je ne crois pas en une telle perspective et, à mon avis, c’est la conclusion que j’ai tirée de ma communication, la dernière communication avec d’anciens natifs du Donbass, qui ont depuis longtemps déménagé à Kiev, qu’ils ont déjà une déformation de la conscience, qui est irréversible, qui a une forme irréversible. Par conséquent, nous devrions peut-être abandonner l’espoir d’essayer d’améliorer et de rétablir les relations avec l’Ukraine en rendant le Donbass. Il y a peut-être d’autres moyens ? Pourquoi pas ? Mais nous ne devrions pas parler du Donbass à cet égard.

Après la déclaration de Pouchiline sur la nécessité de dissoudre le quasi-État ukrainien, je me suis souvenu de feu Alexandre Zakhartchenko, qui disait en 2015 « je prendrai une ville par jour jusqu’à ce que Porochenko commence à mettre en œuvre [les accords de Minsk NDLR] ». Et puis Debaltsevo, Ouglegorsk, tous ces… et Porochenko s’est assis à la table des négociations et a signé tout ce qu’ils ont dit et pris ce qu’ils ont dit. Peut-être, je pense qu’il est possible d’établir des relations avec l’Ukraine, si nous prenons une ville par jour. N’est-ce pas ?

Mais, Valentin, vous riez en le disant…

Je ne ris pas. C’est juste un rire nerveux après six ans.

Ce n’est pas très, très gentil, c’est le moins qu’on puisse dire, mais des gens meurent là-bas. Et il ne faut pas…

Ils sont en train de mourir. Ils meurent encore. Si cela n’est pas fait, d’autres mourront.

Je ne suis pas d’accord avec vous. J’aimerais que ce soit la paix. Et je reviens sur le fait que… Eh bien, écoutez, pourquoi ces divagations ?

Oui.

Les accords de Minsk, c’est beau sur le papier. Qu’ils y restent. En pratique, ils ne sont pas réalisables. Et s’ils avaient au départ au moins une petite possibilité, une petite chance d’être mis en œuvre immédiatement après la signature, en 2016, aujourd’hui, fin 2019.…

En 2015…

En 2015. Oui. C’est beaucoup plus dur aujourd’hui, fin 2019. C’est beaucoup plus difficile. Et c’est pourquoi nous avons du mal à les mettre en œuvre. Par conséquent, le résumé général peut être le suivant. Il faut abandonner l’espoir d’améliorer les relations avec la nouvelle élite ukrainienne par la coquetterie autour du retour du Donbass. Arrêtez de flirter. Le Donbass ne peut pas être renvoyé en Ukraine. C’est tout. Sinon, ce sera l’enfer et la terre brûlée, avec un nettoyage ethnique plus intense que ce que les Croates ont fait dans la Krajina serbe.

Dans le même temps, je ne prétends pas qu’il ne soit pas nécessaire d’améliorer complètement les relations. Il est nécessaire d’établir des relations avec Kiev. Mais d’une toute autre façon. Vous savez, il y a beaucoup de précédents dans le monde lorsqu’il y a des points douloureux et qu’ils sont soigneusement contournés, cela construit une toute nouvelle façon de communiquer, de coopérer et de se concerter. Dans le domaine de l’écologie, là, par des programmes de coopération mondiale et régionale. Pour toutes les autres choses. Mais en évitant les points douloureux.

Je me souviens immédiatement d’une vieille blague ukrainienne sur l’environnement. Un bandériste se lève et dit : « L’environnement est détruit, les rivières sont abîmées, il n’y a pas d’arbres, on ne peut pas noyer un Moskal [mot péjoratif pour désigner les Russes], ni pendre un juif ».

Alors quoi ? Cela signifie-t-il que les républiques doivent s’engager dans la construction de l’État, coopérer avec la Russie et s’intégrer autant que possible dans le système économique de la Fédération de Russie, si je comprends bien ?

Bien sûr. Bien sûr.

Tout ce que je peux faire, c’est souhaiter aux républiques du Donbass de regagner leurs territoires. Et si elles se séparent, elles le feront complètement, avec la totalité de leurs territoires.

Source: PolitNavigator
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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Éduquer, c’est faire entrer quelqu’un chez soi

 

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Je me suis replongée dans le merveilleux livre de Jean Bédard, Comenius. Mais avant de vous livrer des merveilles de pensées élevées, des réflexions qui allument des étincelles en soi, voici une description sur la vie de Comenius, un homme hors du commun.

COMENIUS, Jan Amos Komensky, est un philosophe, grammairien, pédagogue tchèque né en 1592 en Moravie (Royaume de Bohême) et décédé à l’âge de 78 ans.

Toute sa vie, il s’occupa de perfectionner les méthodes d’instruction.

On le définit comme le père de la pédagogie moderne.

Il étudie en 1611 à l’Université calvinisite de Herborn en Allemagne. Sa formation philosophique est fortement marquée par l’étude de la Bible. En 1613, il s’isncrit à la faculté de théologie de l’Université de Heidelberg.

Quelques années plus tard, il se marie, et devient pasteur à la paroisse de Fulnek. Cinq ans plus tard, au début de la Guerre de Trente Ans, la ville de Fulnek est envahie par les troupes espagnoles. Comenius doit s’enfuir. Il ne reverra jamais sa femme et ses deux enfants qui vont mourir de la peste. Condamné à l’exil, il voyage dans une grande partie de l’Europe. En 1628, il s’établit à Leszno en Pologne. Il aura deux autres mariages.

Il devient un personnage respecté, écouté autant par les catholiques que les protestants. Il s’intéresse à la pédagogie et le Cardinal de Richelieu l’invitera en France – mais sans succès. Il va réformer des écoles en Angleterre et en Suède.

Quelques années plus tard, toujours en Pologne, à la suite d’une attaque des catholiques polonais, il perd tous ses travaux des vingt années précédentes. En 1956 il se réfugie en Hollande.

On le considère comme le père de l’éducation moderne. Michelet l’appelait Le Galilée de l’éducation. Il est aussi considéré comme l’inspirateur de la franc-maçonnerie. En 1942, il a rencontré René Descartes et malgré de fortes divergences d’opinions, les deux hommes ont partagé le même but d’une science rationnelle universelle.

Pour Comenius, l’éducation était le remède à la profonde crise culturelle qui traversait l’Europe  son époque. Il véhiculait l’idée que chaque être humain mérite d’être éduqué. Tout devait être enseigné à tout le monde, sans distinction de richesse, de religion ou de sexe. À une époque où les femmes étaient peu considérées, il affirmait que les filles ont les mêmes capacités intellectuelles que les garçons. Surtout, il a créé de nouvelles façons d’enseigner. Il condamnait les façons de présenter les connaissances comme des éléments juxtaposés plutôt que comme un tout. Il croyait qu’il fallait apprendre à penser. Ainsi, s’attacher aux activités de la pensée et de la raison, mais aussi au travail manuel.

À son époque, il a conçu un système d’éducation rationalisé, unique pour les deux sexes, en quatre degrés : l’école maternelle pour les petits ; l’école publique pour les enfants ; l’école secondaire pour les adolescents et les académies pour les plus âgés. Il croyait aussi que l’éducation est un processus qui se poursuit toute une vie.

Tout particulièrement sa manière d’enseigner est exceptionnelle, et l’idée que l’enseignant doit éveiller l’intérêt de l’élève par l’utilisation d’images, d’associations, d’expériences concrètes, de jeux de groupe, et la participation de chacun. Il déconseillait toute punition corporelle.

***********

Voici des mots, des idées, des envolées que j’ai retenues du livre de Jean Bédard sur Comenius, l’art sacré de l’éducation.

Éduquer – c’est faire entrer quelqu’un chez soi

On doit déposer la vie lentement sur le dos des enfants, par petits paquets bien pesés. Trop d’atermoiements, ils restent chétifs. Trop d’empressement, on risque de les éteindre.

Préserver l’enfant, c’est préserver sa joie naturelle. L’enfant aime le difficile, il grimpe, escalade, saute. Par le difficile, il renforce son corps, sa volonté, sa sagacité, sa mémoire. Mais le trop difficile écrase. L’éducateur doit moduler les exigences. Cela suppose qu’il assume lui-même le poids. Tel est le métier de parent.

La science, mécanique de Descartes (propos de Comenius à sa fille)

Mais la science? demande la fille qui doute d’elle. Ah, dit Comenius, tu parles de la mécanique de Descartes, celle-ci n’est pas une science de la nature mais une science de la raison, une sorte de science et une sorte de raison. Or, ce que cette raison conçoit clairement et distinctement, n’existe pas. Voilà ce que m’a fait découvrir l’erreur de ce fameux Descartes. On n’enseigne jamais aussi bien que par erreurs. N’oublie jamais que c’est la raison qui est dans la nature et non la nature qui est dans la raison.

Pour aller à l’intérieur de soi

Le seul moyen d’aller à l’intérieur, c’est de se jeter à l’extérieur et inversement.

Exercice suggéré par Comenius à sa fille Elizabeth pour se libérer

Commençons par un exercice très simple. J’ai une idée, ma fille, courez. Allez, courez, prenez votre envol, ouvrez les bras et courez comme pour attraper des papillons.

 Alors, racontera la fille, je me suis mise à courir. Je plongeai si profondément dans mes souvenirs de petite fille que bientôt je voyageais toute voile dehors. Plus je courais, moins j’avais de retenue.

Le père lui a demandé :

  • Qu’avez-vous appris de ce paysage?
  • Des fleurs, des feuilles petites et grandes, des boutons de moutarde, des mouches et des moucherons, des papillons, des araignées.
  • Et quoi d’autre?
  • Des arbres coiffés comme des comtesses, des poissons qui culbutent dans un ruisseau. Un lac qui a la chair de poule.
  • Et sous vos pieds, madame ma fille, demanda-t-il?
  • Des racines qui s’en vont à l’abreuvoir, des vers de terre filant à vive allure, des fourmis qui transportent de grosses chenilles.
  • Et les vaches, vous les avez vues?
  • Elles se caressent le dos avec la queue, regardaient l’horizon d’un air ruminant.

La domination engendre la violence

Comenius pensait qu’une partie domine le tout, c’est l’essence même de la violence. Que la raison domine l’homme, que l’homme domine la nature, ou que X conquiert le monde, c’est une même violence.

COMMENTAIRES DIVERS

Comenius était une personne riche et complexe sans être compliquée. Une pensée à l’écoute du murmure du réel. Une pensée libre qui préférait la pauvreté (et non l’appauvrissement) à l’esclavage.

 

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Ordre de mission de Mohamad Ben Salmane à propos des «activités suspectes» de Jamal Khashoggi

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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Pièces à conviction à verser au dossier Jamal Khashoggi

https://www.madaniya.info verse au dossier Jamal Khashoggi deux pièces à conviction concernant le journaliste assassiné, le 2 octobre 2018, au consulat saoudien à Istanbul.

  1. Un ordre de mission du chef d’état major des opérations spéciales hors frontière du Royaume saoudien, dont le fac simlilé en arabe est joint à ce texte, enjoigant aux agents saoudiens de surveiller les activités «suspectes» de Jamal Khashoggi, en rapport avec des «princes de la famille royale, membres de l’opposition». L’ordre de mission est signé du prince héritier Mohamad Ben Salmane
  2. Les tweets d’un de ses proches, Hassan Hassan, qui rapporte l’ultime échange entre les deux amis concernant le projet de lancement d’une chaine d’information indépendante sans le concours financier du Qatar et des Emirats Arabes Unis.
Ordre de mission de l’Etat Major

«Au nom de Dieu Tout puissant et miséricordieux

Royaume d’Arabie
Ministère de la Défense
Présidence de l’Etat Major général
Office des renseignements et de la sécurité des forces armées saoudiennes
N° 273
Présidence de l’Etat Major
Emis: 23636/V/2 Date 01/09/1440 Hégire

Ultra secret et urgent

Chef d’état major des opérations spéciales hors des frontières du Royaume

«En raison des contacts suspects établis par le journaliste Jamal Khashoggi avec des princes de la famille royale, membres de l’opposition, et ses efforts visant à recueillir des informations secrétes concernant le cabinet royal, ainsi que la personne du serviteur des Lieux saints, en vue de les fuiter aux opposants…

«En raison de la grande importance que nous accordons à ce dossier, merci procéder à une évaluation des informations concernant le journaliste pré-cité et nous soumettre, par écrit, vos propositions en prenant en considération tous les aspects sécuritaires afin de faire face à cet activisme et circonvenir la crise.

Mohamad Ben Salmane
Prince héritier, premier ministre et ministre de la défense

Twitter : Hassan Hassan sur Jamal Khashoggi

 

 

 

 

 

ssan Hassan

@hxhassan

This is one of the last messages Jamal Khashoggi sent to me before his murder.

On the anniversary of his killing, I want to reveal a couple of things related to both the conversation & his death.

This thread involves a UAE newspaper & an American university. And much more:

Voir l'image sur Twitter

Pour rappel, https://www.madaniya.info avait déja évoqué le projet média de Jamal Khashoggi. Ce média devait être financé par la Turquie et servir de vecteur d’accompagnement de la diplomatie néo ottomane.

Si la disparition de Jamal Khashoggi s’est produite dans des conditions épouvantablement odieuses, et à ce titre hautement condamnable, elle ne saurait donner quitus de son parcours de compagnon de route du terrorisme islamique. Elle exclut en tout cas que Jamal Khashoggi soit qualifié de «démocrate», quand bien même il aura été sur le tard chroniqueur au Washington Post.

A lire
Illustration

AFP – Une image de vidéosurveillance montrant Jamal Khashoggi entrant dans l’ambassade d’Arabie saoudite le 2 octobre.

Source

 

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Le retrait des USA du Moyen-Orient déjanté

Robert Bibeau 

Alors que certaines parties du nord de la Syrie connaissent un calme relatif, les forces américaines ont transféré 230 prisonniers de Daech, tous des ressortissants étrangers, vers la prison d’al-Chaddadi dans la province de Hassaké. Washington prétend être préoccupé par la fuite des terroristes de Daech des prisons du nord de la Syrie qui sont gérées par les forces kurdes.

En attendant, l’Irak a renforcé la sécurité à ses frontières avec la Syrie en y déployant des milliers de soldats.

Robert Bibeau, éditeur du webmagazine Les 7duQuébec, s’exprime sur le sujet.

 

 

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55 agressions contre des journalistes enregistrées en Ukraine depuis début 2019

Plus de 50 cas d’agression physique contre des journalistes ont été enregistrés en Ukraine au cours des neuf premiers mois de cette année, selon le rapport « Indice de sécurité physique des journalistes en Ukraine » établi par l’Union nationale des journalistes d’Ukraine.

« En juillet, août et septembre, 19 agressions ont été perpétrées contre des journalistes en Ukraine et 36 au cours du premier semestre. Au troisième trimestre de 2019, la plupart des cas de violence contre des employés des médias ont été enregistrés à Kiev – six – et il y a eu quatre cas à Odessa. En neuf mois, un total de 55 cas d’agression physique contre des journalistes ukrainiens ont été enregistrés », indique le rapport.

La semaine dernière, Benjamin Moreau, chef adjoint de la mission de surveillance des droits de l’homme de l’ONU en Ukraine, a exprimé ses préoccupations concernant la sécurité des journalistes en Ukraine et l’impunité des crimes contre les représentants des médias dans son discours lors d’une session du Comité pour la liberté d’expression de la Verkhovna Rada.

Source : TASS
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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La croissance chinoise au plus bas depuis 1992

Pékin a enregistré une croissance à 6% au troisième trimestre, sa performance la plus faible depuis au moins vingt-sept ans.

Par Sébastien Falletti
Correspondant à Pékin,

La Chine communiste bombe le torse face à Donald Trump mais sa croissance se tasse, en dépit des mesures de soutien des autorités. La seconde économie mondiale a fortement ralenti au troisième trimestre, à 6%, enregistrant sa performance la plus faible depuis au moins vingt-sept ans, selon les statistiques officielles dévoilées vendredi 18 octobre. «L’économie subit une pression baissière de plus en plus forte», a reconnu devant la presse le porte-parole du Bureau national des statistiques (BNS), Mao Shengyong. Au second trimestre, Pékin avait enregistré une croissance de 6,2%, déjà en net recul par rapport à la croissance de l’année précédente, à 6,6%. Il s’agit du plus bas niveau depuis 1992, lorsque Pékin a commencé à publier des statistiques trimestrielles.

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Ce nouveau repli confirme les difficultés du géant asiatique, empêtré dans une guerre commerciale avec Washington, plombant l’horizon de l’économie mondiale. «Ce chiffre signifie qu’il y a un risque que la croissance passe sous la barre des 6% au quatrième trimestre», juge Zhou Hao, économiste à CommerzBank, basé à Singapour. Ce seuil symbolique est l’objectif de croissance annuel pour 2019 fixé par le pouvoir, qui tente d’orchestrer un atterrissage en douceur, sur fond d’inquiétude croissante des classes moyennes, et des investisseurs. Cet objectif annuel est jugé toujours à portée pour cette année, mais le Parti communiste prépare déjà la suite. «Ces chiffres sont un stress visant à tester la réaction des marchés face à la perspective d’une croissance passant sous la barre des 6% l’an prochain. Ils vont surveiller l’évolution du yuan, et des bourses», analyse ZhouÀ Shanghai et Shenzhen, les cours ont baissé dans la foulée de l’annonce des nouvelles statistiques, mais sans créer de panique. «Il n’y a pas de surprise pour les marchés, qui se sont habitués au ralentissement structurel de l’économie chinoise», ajoute l’économiste de la Commerzbank.

Dans ce tableau sombre, quelques statistiques sont plus favorables ce vendredi, à l’image de la production industrielle et des ventes de détails qui sont repartis à la hausse le mois dernier. La production industrielle a progressé en septembre de 5,8% sur un an alors qu’elle avait nettement reculé en août à 4,4% en août, tandis que les ventes de détail augmentaient de 7,8% contre 7,5% le mois précédent, selon le BNS. Sous le regard anxieux des investisseurs chinois et étrangers, les autorités ont tenté de rassurer. «Au cours des trois premiers trimestres, l’économie a maintenu une stabilité d’ensemble», a commenté Mao Shengyong.

«La réalité est que la croissance ralentit plus fortement que prévu et que son effet se fait désormais sentir sur l’économie réelle, en particulier dans les villes de seconde catégorie. L’impact de la la guerre commerciale commence tout juste à se faire sentir», juge Zhu Ning, économiste à l’Université Tsinghua, à Pékin. La Chine et les États-Unis ont enrayé leur escalade tarifaire lors d’un treizième round de négociation le 11 octobre à Washington et espèrent conclure un accord intérimaire en novembre, lors de la rencontre entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping, au sommet de l’APEC, au Chili, mais les détails restent flous, et les experts doutent de progrès substantiels.

Le ralentissement de l’économie chinoise, est jugé structurel après plusieurs décennies de croissance spectaculaire. Les autorités ont multiplié les mesures de soutien cette année, desserrant notamment les rênes du crédit. Néanmoins, Pékin écarte pour l’heure un grand plan de relance, coûteux. «Ils vont garder des munitions pour plus tard, et pour ne pas alourdir encore la dette. Ils s’inscrivent dans une guerre longue», juge Zhou. L’Amérique de Trump est prévenu.

 

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 19 octobre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 19 octobre 2019.

SITUATION MILITAIRE
00’44″ – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
03’17″ – L’armée ukrainienne abat un drone de l’OSCE
04’36″ – La RPD détecte des pièces d’armement lourd présentes près de la ligne de front côté ukrainien

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

05’50″ – Kiev demande la dissolution de la RPD et de la RPL en vue de proposer un scénario chypriote

RPD-RPL

26’16″ – La RPD ouvre un centre représentatif en Belgique

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

27’35″ – Preuves de la collusion du gouvernement ukrainien avec les néo-nazis
41’22″ – Naftogaz veut extorquer plus de 11 milliards de dollars à Gazprom

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

45’30″ – Des députés ukrainiens veulent « récupérer » le Kouban et ses habitants

48’20″ – Conclusion

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L’INTERNATIONALE SERA LE GENRE HUMAIN

Le lien de la VIDÉO
https://www.youtube.com/watch?v=mhZ8rPHezas&feature=youtu.be
A écouter merci
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Demande de dissolution de la RPD et de la RPL – Kiev veut un scénario chypriote

Après avoir saboté le retrait des troupes à Petrovskoye et Zolotoye, Kiev a demandé ni plus ni moins que la dissolution des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) comme prérequis pour appliquer le volet politique des accords de Minsk et la formule Steinmeier qu’elle a pourtant signée le 1er octobre.

Si cette demande peut sembler ridicule, voire débile de prime abord, et faire croire que Zelensky plie devant les ultra-nationalistes et les néo-nazis, il se peut aussi que cela fasse partie du plan B de Kiev dont nous avions parlé précédemment. Explication.

Afin de bien comprendre tout ce qui se passe, je vais faire un rappel rapide de plusieurs analyses précédentes concernant Zelensky et les déclarations et actions de son gouvernement.

Ce qui se passe actuellement confirme la justesse du qualificatif d’« illusionniste » que j’avais accolé à Zelensky il y a un mois. Pendant que le monde regardait ses déclarations de paix, il ne voyait pas les bombardements croissants de l’armée ukrainienne, ni le refus de Kiev d’appliquer réellement les accords de Minsk. Volodymyr Zelensky pratique l’écran de fumée à échelle industrielle.

Ce qu’il dit, ou ce qu’il semble faire, n’est pas la réalité ni de ce qu’il pense, ni de ce qu’il fait vraiment. Gardez bien cela en tête, car c’est important pour comprendre la suite. Le but de l’écran de fumée est de dissimuler ce que fait réellement l’illusionniste. Pendant que vous vous vous focalisez sur sa main droite, qu’il vous montre ostensiblement, vous ne voyez pas ce que fait sa main gauche.

Le deuxième point à garder en tête, c’est cette analyse de Daniil Bezsonov, selon laquelle le couple Kolomoïski-Zelensky aurait pour projet de se débarrasser rapidement du problème que pose le conflit dans le Donbass en renonçant temporairement à la partie du territoire qu’il ne contrôle pas, afin de geler suffisamment le conflit pour pouvoir attirer des investisseurs étrangers dans le pays, et surtout de l’argent, dont une partie pourra alimenter leurs poches.

D’après l’analyse de Bezsonov, l’idée est de faire croire que Zelensky veut la paix, veut appliquer les accords de Minsk, mais qu’il ne le peut pas parce que les ultra-nationalistes le menacent d’un nouveau Maïdan, et que la seule solution c’est donc d’abandonner le territoire pour régler le problème rapidement. Dans ce plan, la communication et surtout la pratique massive de la technique de l’écran de fumée est essentielle.

Il faut que la communauté internationale croit dur comme fer que Zelensky risque un coup d’État néo-nazi s’il applique les accords de Minsk, pour qu’elle accepte après de renoncer à ces mêmes accords.

Or plus les événements se déroulent sous nos yeux et plus ces derniers laissent une sensation de déjà-vu pour ceux qui ont lu le scénario potentiel du « plan B » de Kolomoïski-Zelensky exposé par Bezsonov.

En effet, comme il l’avait prédit, le désengagement des forces et des équipements militaires a échoué, après plusieurs tentatives à rebondissements dignes de contes de fées, puis le 14 octobre, les néo-nazis ukrainiens ont fait leur marche aux flambeaux, et Biletski a posé un ultimatum à Zelensky.

Biletski, conformément à la prédiction de Bezsonov, semble s’imposer comme le leader de la contestation ultra-nationaliste et néo-nazie contre l’application des accords de Minsk. Il a donné 10 jours à Zelensky pour renoncer au retrait des troupes, à la mise en place d’un statut spécial pour le Donbass, à l’amnistie pour la RPD-RPL, et à la tenue d’élections sur leur territoire tant que la frontière avec la Russie n’est pas sous contrôle de Kiev.

En clair, Biletski donne 10 jours à Zelensky pour renoncer officiellement à appliquer les accords de Minsk, et la formule Steinmeier pourtant signée à Minsk le 1er octobre 2019. Il exige que les demandes de leur mouvement « résistance à la capitulation » soient garanties par la loi d’ici 10 jours (c’est-à-dire que Zelensky fasse voter une loi renonçant aux accords de Minsk en fait), faute de quoi, ils passeront des manifestations à la résistance civile et qu’ils forceront « les autorités à faire ce que veut la nation ». Pour résumer, il menace Zelensky d’un Maïdan s’il ne fait pas ce qu’il veut.

Je passerai sur son délire de confédération pro-ukrainienne en Europe de l’Est, basée à Kiev, et le fait que l’Ukraine aurait besoin des ressources naturelles de la Russie pour pleinement se réaliser sur le plan géopolitique. Rien que d’imaginer comment il compte mettre la main sur ces ressources naturelles a de quoi faire rire.

Avec cet ultimatum et la marche du 14 octobre, Biletski semble avoir réussi à « capter » les Ukrainiens qui s’opposent à l’application des accords de Minsk, damant le pion à Porochenko, qui se retrouve relégué au second plan, comme prévu dans le scénario envisagé par Bezsonov.

Bien sûr tout cela est largement médiatisé (là aussi, comme prévu), et c’est là qu’arrive le rétropédalage et le sabotage massif et médiatisé des accords de Minsk par les officiels ukrainiens.

Et le moins que l’on puisse dire c’est que Kiev n’a pas fait ça à moitié, puisque la secrétaire de presse de Léonid Koutchma, représentant ukrainien à Minsk, Daria Olifer, n’a rien trouvé de mieux à sortir en guise de bilan de la réunion qui a eu lieu dans la capitale Biélorusse hier, que d’exiger que la RPD et la RPL soient dissoutes comme prérequis à l’application du volet politique des accords de Minsk par l’Ukraine.

Non, non, ce n’est ni un poisson d’avril, ni un fake. En plus des exigences abusives habituelles comme le contrôle de la frontière avant les élections (alors que les accords de Minsk prévoient le contraire), ou le fait que les partis ukrainiens doivent pouvoir participer aux élections dans le Donbass (rien que d’imaginer quelle serait la réaction de la population de la RPD-RPL face à un candidat de Secteur Droit ou Svoboda – partis néo-nazis – qui se présenterait là-bas pour être élu, je peux déjà garantir que cela se finirait en bain de sang et même un régiment de casques bleus ne pourrait rien faire pour garantir sa sécurité), voilà maintenant que Kiev exige la dissolution des deux républiques avec les représentants desquelles l’Ukraine a signé les accords de Minsk !!!

Sauf que si on dissout une des parties de l’accord signé, celui-ci est complètement vidé de sa substance, et n’a plus à être appliqué puisqu’il n’y a plus qu’une seule partie signataire.

Cette déclaration a entraîné une réaction virulente du chef de la RPD, Denis Pouchiline, qui a répondu, du tac au tac, que les accords de Minsk ne pourraient être appliqués tant que l’Ukraine actuelle n’est pas dissoute en tant qu’État.

« Les accords de Minsk ne pourront être mis en œuvre que si toutes les structures gouvernementales ukrainiennes sont dissoutes et l’État ukrainien malade est démantelé. L’État ukrainien doit être liquidé en tant qu’État illégitime, car il a été créé à la suite du coup d’État et des ingérences extérieures en 2014. Et il continue d’être géré de l’extérieur.

Il est nécessaire de rétablir une Ukraine nouvelle et véritablement indépendante. Cela doit être fait par une décision libre de tous ses territoires. Dans le même temps, il faut reconnaître le droit des régions de ne pas entrer dans le nouvel État. Ce sera équitable.
Et avec cette Ukraine honnête, qui remplacera les autorités menteuses d’aujourd’hui, il sera possible de se mettre d’accord sur la mise en œuvre du paquet de mesures de Minsk 
», peut-on lire sur le site officiel du chef de l’État.

Cette déclaration est là pour indiquer que Kiev a franchi une ligne rouge en exigeant la dissolution des deux républiques populaires. De plus, en posant une telle condition, la RPD montre qu’elle sait pertinemment que Kiev n’appliquera jamais les accords de Minsk, tant qu’elle n’est pas libérée de la tutelle américaine.

Côté russe, la déclaration de Daria Olifer est tellement délirante, que Dmitry Peskov, porte-parole du Kremlin, a fait part de la surprise des autorités de la fédération de Russie, mais aussi des autres pays garants des accords de Minsk.

« Ces déclarations sont très inattendues pour Moscou, Berlin et Paris. Dès lors, il est difficile de faire des commentaires à ce sujet pour l’instant. On ne sait pas si cela signifie la sortie des accords de Minsk, du plan d’action de Minsk, ou d’une renonciation aux signatures et aux engagements antérieurs », a déclaré Peskov.

Là où bien des analystes russes se perdent dans l’écran de fumée, en interprétant cela comme la preuve que Zelensky plie face aux ultra-nationalistes, le Kremlin semble avoir bien compris à quel jeu joue le président ukrainien : renoncer officiellement aux accords de Minsk. Parce que c’est bien de ça qu’il est question si on en croit le scénario envisagé par Bezsonov : refuser d’appliquer les accords signés en arguant que la pression des néo-nazis est trop forte et que Zelensky ne peut pas risquer un nouveau Maïdan.

Et là où le Kremlin comprend bien ce que la main gauche du président ukrainien est en train de faire, pendant que sa droite agite la « résistance à la capitulation », bon nombre de journalistes et d’analystes sont tombés dans le piège tendu par Kolomoïski-Zelensky, en sautant à pieds joints dans l’illusion de l’opposition menée par Biletski.

Il faut rappeler que Biletski et son Corps National, le régiment Azov, et la plupart des groupes néo-nazis et ultra-nationalistes ukrainiens, sont sous le contrôle d’Avakov, le ministre de l’Intérieur du gouvernement de Zelensky ! Or Avakov a donné sa loyauté à Zelensky en échange de concessions concernant les sphères d’influence dans le pays et les régions.

Donc si Biletski et ses sbires posent un ultimatum à Zelensky, et s’opposent à ses prétendues initiatives de paix et sa « volonté » d’appliquer les accords de Minsk (qui ne sont que du blabla pour l’instant), c’est que ce dernier est d’accord pour cette mascarade ! Ce cirque est là pour être vu médiatiquement, et surtout à l’étranger, pour que tous en concluent que Zelensky ne contrôle pas le pays et qu’il risque sa tête s’il essaye de faire passer en force l’application des accords de Minsk.

Même des analystes chevronnés se font avoir en beauté, et pensent que la déclaration de Daria Olifer est là pour calmer les radicaux, ou que Zelensky plie devant leurs menaces. Sauf qu’avec le score qu’il a fait à l’élection présidentielle et aux législatives, si Zelensky voulait réellement appliquer les accords de Minsk, il n’aurait pas besoin de les saborder. Il lui suffirait d’organiser des contre-manifestations soutenant son projet de paix, et numériquement il gagnerait la partie contre le « camp de la guerre ».

Non, si Zelensky n’utilise pas sa popularité pour imposer la paix, c’est qu’il n’en veut pas. Tout du moins, pas selon les conditions des accords de Minsk. Et c’est là qu’on en revient à ce fameux « plan B », qui semble se dérouler exactement comme Bezsonov l’avait annoncé.

Pendant que les politologues et les analystes glosent sur la stupidité qui consiste à demander la dissolution officielle de deux pays non reconnus officiellement, sur le potentiel manque de coordination au sein du parti politique de Zelensky, ou sur le fait que la demande de Kiev de retirer toutes les troupes étrangères du pays, s’applique à celles de l’OTAN, le couple Kolomoïski-Zelensky est en train de faire passer son « scénario chypriote » comme une lettre à la poste.

Et l’autre partie du « plan B » de Kiev – la préparation de l’opinion publique ukrainienne – bat son plein. Ainsi, après avoir tâté le terrain avec Dmitry Gordon et Léonid Kravtchouk, Vadim Pristaïko, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, continue de parler de ce potentiel « scénario chypriote » pour le Donbass dans les médias. Après sa première déclaration concernant ce « plan B » (qui était alors sa troisième option), Pristaïko persiste et signe, dans une interview accordée à Radio Svoboda (j’ai mis en gras les parties importantes pour comprendre la suite du plan).

« Nous devons être honnêtes avec notre peuple, cinq années de « processus de Minsk » n’ont pas donné de résultats. Nous devrions chercher un autre processus, si nos partenaires occidentaux y sont prêts. Si cela ne fonctionne pas non plus, alors notre État devrait déterminer lui-même quelle est la voie acceptable pour son développement. Il peut y avoir une « option chypriote » de développement, lorsque l’État sait que l’occupant a « pris » un territoire, mais qu’il trouve néanmoins la force de se développer et d’aller dans la direction que nous, la majorité de notre peuple, avons choisie pour nous-mêmes », a déclaré Pristaïko.

Ce scénario chypriote est envisagé si les négociations au Format Normandie avec la Russie ne donnent rien. Or si nous regardons les actions de Kiev, l’Ukraine fait tout pour que ces négociations échouent en refusant d’appliquer les accords de Minsk, la formule Steinmeier et de mener le désengagement des troupes et des équipements à Zolotoye et Petrovskoye.

Kiev fait exprès de saboter tout le processus de règlement pacifique du conflit, pour ensuite pouvoir convaincre ses « partenaires occidentaux » d’accepter d’abandonner les accords de Minsk et de passer à une « option chypriote », c’est-à-dire exactement le plan annoncé par Bezsonov, à savoir la renonciation pure et simple au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous le contrôle de Kiev, pour mettre officiellement fin à la guerre rapidement (plus vite en tout cas qu’en appliquant les accords de Minsk) et faire rentrer de l’argent dans le pays.

Et pour cela, la médiatisation des manifestations des néo-nazis ukrainiens, et de leur ultimatum, et les analyses d’experts annonçant un peu partout que Zelensky plie devant leurs menaces sont essentielles pour convaincre les « partenaires occidentaux » de renoncer aux accords de Minsk.

L’autre point important ce sont les déclarations de Zelensky, lors de cette « conférence de presse marathon » qu’il a tenue le 10 octobre. Pour ne pas griller le « plan B », Zelensky ne parle pas ouvertement du scénario chypriote pourtant évoqué par son ministre des Affaires étrangères.

Non, l’illusionniste doit maintenir l’écran de fumée. Zelensky doit continuer à apparaître auprès des Occidentaux comme voulant la paix, comme voulant appliquer les accords de Minsk. Néanmoins, il a quand même glissé l’option discrètement, pour préparer l’opinion publique ukrainienne (chose importante pour réussir cette partie de poker menteur).

En effet, il a déclaré lors de cette conférence de presse de 14 h, qu’il ne voulait pas se retrouver avec un conflit gelé comme en Transnistrie ou en Abkhazie mais qu’il ne pouvait pas garantir à 100 % que cela n’arriverait pas. Or, que l’on appelle cette option un scénario chypriote, transnistrien, sud-ossète ou abkhaze, cela ne change pas l’idée de base. Et surtout, Zelensky parle d’en venir à un « plan B » si jamais l’application des accords de Minsk est infaisable selon les conditions ukrainiennes (par exemple si la frontière n’est pas rendue avant les élections, ce qui viole en réalité l’ordre des accords de Minsk).

En clair si la Russie, la RPD et la RPL n’acceptent pas d’appliquer des accords de Minsk selon des conditions inacceptables (la RPD et la RPL ne pouvant accepter de laisser le contrôle de la frontière à Kiev avant la pleine application des accords de Minsk pour des raisons de sécurité évidentes, liées au fantasme de solution croate souvent exprimé par des officiels ukrainiens), alors il faudra en venir à un « plan B » que Zelensky refuse de divulguer pour l’instant.

Mais en posant justement des conditions inacceptables pour la partie adverse, Kiev a rendu l’application des accords de Minsk « sauce Zelensky » totalement impossible. L’Ukraine a elle-même sabordé le « plan A » pour être sûre qu’il échoue totalement, et pouvoir ensuite sortir son « plan B » (renoncer à une partie du Donbass) comme solution miracle.

Kiev semble donc bel et bien prête à renoncer au territoire du Donbass qui n’est actuellement pas sous son contrôle pour « développer l’Ukraine » comme l’a si bien avoué Pristaïko dans son interview.

Si l’idée peut sembler plaisante de prime abord et permettrait de mettre fin au bain de sang, il est nécessaire de rappeler que pour y parvenir il faudrait renoncer officiellement à appliquer une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU (puisque je rappelle que les accords de Minsk ont été ratifiés par la résolution n° 2202 de l’ONU). Sans parler des nombreuses sanctions économiques contre la Russie prises et prolongées ad vitam æternam au non de la non-application de ces mêmes accords.

De plus, si Kiev renonçait non pas temporairement, mais indéfiniment au territoire de la RPD-RPL (et à la Crimée par la même occasion), cela permettrait à l’Ukraine d’intégrer l’OTAN (comme Chypre a réussi à intégrer l’UE malgré la scission de l’île toujours non résolue), et l’organisation pourrait ainsi se rapprocher encore plus des frontières russes.

Au vu de la façon dont les accords de Minsk ont été utilisés et manipulés par l’Ukraine et ses patrons occidentaux contre la Russie, la RPD et la RPL, et le sabordage volontaire et total de ces mêmes accords par Kiev pour imposer une solution qui bénéficiera financièrement à certains en Ukraine et militairement à l’OTAN, il me semble que la moindre des choses serait de ne pas accepter de suivre le plan de Kolomoïski-Zelensky sans en retirer un bénéfice.

Si la Russie, la RPD et la RPL acceptaient le « plan B » de Zelensky tel quel sans rien exiger en retour, alors elles accepteraient d’être les jouets de Kolomoïski et de l’OTAN (et donc des États-Unis). Le bénéfice obtenu (l’arrêt des morts tant civiles que militaires et des destructions) ne compensant pas les pertes en termes de sécurité, d’économie, de diplomatie, et de position géopolitique.

Si Zelensky est réellement prêt à renoncer à un morceau de territoire « pour avoir la paix », alors la Russie, la RPD et la RPL doivent exiger que cette renonciation concerne la totalité du territoire des oblasts de Donetsk et de Lougansk qui a voté pour la sécession hors de l’Ukraine le 11 mai 2014. Cela ne serait que justice. La RPD et la RPL retrouveraient alors les frontières qui auraient dû être les leurs depuis 2014, et la population de la zone actuellement occupée par l’armée ukrainienne serait enfin libre de vivre comme elle l’a exprimé lors du référendum de 2014.

De toute façon, si la Russie, la RPD et la RPL ne formulent pas cette exigence, la renonciation officielle de Kiev à seulement une partie du Donbass pourrait provoquer tôt ou tard (l’Ukraine s’effondrant inexorablement) des troubles dans l’autre partie, qui se sentirait lésée dans cet accord, hypothéquant le « plan B » de Zelensky, par l’éclatement de nouveaux troubles à l’intérieur des nouvelles frontières du pays.

La meilleure solution (et la plus avantageuse) pour tout le monde est donc l’extension de cette renonciation à la totalité du territoire qui a voté le 11 mai 2014 pour sortir de l’Ukraine. La volonté populaire exprimée par les habitants du Donbass il y a cinq ans serait enfin respectée, la région retrouverait la paix, l’Ukraine aussi, la Russie n’aurait plus un conflit tiède à sa porte, plus de pression diplomatique pour appliquer des accords de Minsk inapplicables, et chacun irait vivre sa vie comme il l’entend.

Et après tout cela, ce qu’il adviendra du reste de l’Ukraine ne concernera plus que ses habitants, l’OTAN et l’Union Européenne qui devra gérer cette « Somalie néo-nazifiée » à sa porte. Mais ça ce sera une autre histoire…

Christelle Néant

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Les turpitudes nationalistes kurdes au Rojava délinquant

La gauche nationaliste candide

 

La gauche, incorrigible de candeur surfaite, retombe dans les ornières nationales-socialistes dont l’histoire flétrie devrait pourtant l’avoir guérie. Dans un éditorial, déjà ancien, nous avions tracé le chemin de la trahison qu’emprunterait la bourgeoisie kurde au Moyen-Orient ensanglanté. Maintenant que les Irakiens, les Syriens, et les Turques, d’ethnie kurde, ont incarcéré ou planqué, et dans certains cas extradés (vers l’Afghanistan, l’Afrique ou le Yémen), nombre de terroristes de DAESH-EI  réchappés in extrémis des griffes de l’alliance Russo-Irano-Syrienne, voici que les commanditaires occidentaux des mercenaires et des barbouzes kurdes abandonnent leurs engagés à leur triste sort (1)

 

La Turquie a hérité du rôle de père Fouettard dans ce scénario tragique. Rôle pitoyable dont elle s’acquitte avec diligence sous les huées concertées de la Sainte-Alliance de la gauche encadrée par la petite-bourgeoisie cléricale, les ONG stipendiées de la société civile-citoyenne (sic), qui ne semble pas s’inquiéter d’être soutenue par les médias mainstream à la solde du grand capital, et par les politiciens des puissances impérialistes criminelles (États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Russie, Chine, etc.) qui tous en chœur serinent le vieux cantique national-socialiste du droit des nations à l’indépendance, «droit» que ces puissances bafouent quotidiennement, en Syrie notamment.

 

Il y a plus d’un siècle que la gauche jovialiste appuie toutes les bourgeoisies tiers-mondistes qui font commerce et profit de la vie de leurs peuples, des ethnies, et des tribus archaïques, afin de se tailler une sphère de gouvernance – une aire d’exploitation nationale – linguistique, ethnique, religieuse, culturelle, folklorique – sur un territoire spolié, encadré dans une économie mondialisée, financiarisée et en déclin accéléré.

 

Partition nationaliste, cent fois rejouée, mais jamais assurée

 

Ainsi, de la Russie soviétique (1917) jusqu’à la Chine « communiste » (1949) en passant par la Corée de la dynastie des Kim, le Cuba des frères Castro, le Vietnam des apparatchiks, le Cambodge des Khmers rouges, le Burkina de Sankara, l’Afrique du Sud de Mandela, l’Angola du MPLA, la Palestine du Fatah, jusqu’au Rojava de la «Confédération démocratique» du gourou Ocalan (2) rien n’y fait, l’incurable petite bourgeoisie gauchiste et droitiste ne comprend toujours pas qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura jamais d’indépendance politique sans indépendance économique. Il n’y aura jamais de libération sociale sans libération de l’esclavage salarié.

 

Depuis 1945, plus d’une centaine de pays tiers-mondistes sont passés de l’état de colonie à celui d’État-nation «indépendant et souverain» (sic) et pas une seule de ces «Grandes messes» nationale-socialiste n’a libéré un seul travailleur de l’esclavage salarié. Il doit bien y avoir une explication à une telle régularité historique demandions-nous dans notre ouvrage : «Question nationale et révolution prolétarienne sous l’impérialisme moderne». (3)

 

La Confédération libre et démocratique du Rojava aliéné, et son suzerain américain, ne sont pas sur la voie de modifier ce triste bilan comme le constate les groupes gauchistes qui encore une fois ont placé leur foi dans cette bourgeoisie nationaliste Rojaviste. (4) Il est malheureux que les populations irakienne, turque et syrienne, d’ethnie kurde, qui se sont isolées dans le ghetto du Rojava «indépendant» (sic), sous la protection de l’empire le plus sanguinaire de la Terre, fassent les frais de cette trahison de leurs élites bourgeoises qui s’expatrieront de cette chaussetrappe avec leurs otages djihadistes… pendant que la population, chair à canon encerclée, sera massacrée sous les hauts cris hypocrites des puissances impérialistes et de leurs sous-fifres gauchistes. Attendez-vous à ce que la Turquie soit récompensée pour ce service rendu à la Communauté internationale et au gouvernement syrien qui récupère ainsi l’autorité sur le Rojava délinquant. (5)

 

Donald Trump joue le second violon dans cette triste saga. Non pas qu’il soit imprévisible et instable, au contraire, c’est le seul dirigeant occidental impliqué dans la galère moyen-orientale à poursuivre un plan tracé d’avance et que nous exposons depuis trois ans déjà. Donald Trump a reçu mission de redéployer les forces armées américaines et Occidentales du Moyen-Orient déclinant vers l’Asie du Sud-Est émergent, là où se jouera prochainement le sort du monde capitaliste occidental face à l’impérialisme chinois conquérant. Le «Rojava délinquant» a bien peu d’importance face à cette échéance planétaire imminente.

 

La voie du prolétariat

 

Les prolétaires révolutionnaires n’ont qu’un conseil à donner aux prolétaires irakiens, turcs et syriens (d’ethnie kurde ou autres) coincés dans ce traquenard : fuyez, retournez dans vos villages, dans vos villes, et dans vos pays d’origine. Le temps des luttes bourgeoises de libération nationalistes chauvines est révolu. Bienvenue à l’époque des luttes de libération de l’esclavage salarié.

 


Notes

 

  1. http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/le-nationalisme-kurde-manipule-par-limperialisme-us/ et http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs/le-mic-mac-de-la-france-dans-son-projet-de-creation-dun-etat-sous-controle-kurde-a-raqqa-en-syrie/ et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lindependance-kurde-au-centre-des-plans-israeliens-de-remodelage-du-proche-orient/
  2. Confédéralisme démocratique au Rojava, changement de paradigme. Résistance 71 https://resistance71.wordpress.com/2019/10/10/confederalisme-democratique-du-rojava-de-letat-a-la-democratie-anatomie-dun-changement-de-paradigme-1ere-partie/
  3. Pour commander le volume QUESTION NATIONALE ET RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE sur AMAZON : https://www.amazon.ca/Question-nationale-r%C3%A9volution-prol%C3%A9tarienne-limp%C3%A9rialis/dp/2343114749/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1496234995&sr=8-1&keywords=Robert+Bibeau

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/question-nationale-et-revolution-proletarienne-2/

 

  1. https://resistance71.wordpress.com/2019/10/13/longue-vie-au-rojava/

http://www.les7duquebec.com/7-dailleurs-2-2/vers-une-confrontation-turquie-syrie/

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Entre Turcs et Kurdes, les raisons d’un prudent optimisme

Par Israël Adam Shamir. Sur Entre La Plume et L’Enclume.

 

Malgré les habituelles crises d’hystérie sur le « génocide imminent » et la « trahison brutale« , l’opération turque qui était attendue depuis longtemps dans le nord-est de la Syrie avance, et les troupes turques accompagnées par leurs alliés syriens rebelles prennent rapidement la place de la zone à l’est de l’Euphrate jusque là occupée par les US, repoussant les milices nationalistes kurdes loin de la frontière. Les soldats américains s’étaient retirés de la zone sous les ordres de leur commandement supérieur (à l’exception de certaines Forces spéciales qui ont essuyé des attaques  mais se sont repliées sans pertes).

 

Les Kurdes (ou leurs conseillers) excellent dans les relations publiques et ont créé une superbe icône avec leur gamine combattante, en résonance avec le paradigme de la superwoman indomptable chassant les porcs chauvinistes et machistes jusqu’en enfer. Un film sur deux, dans ce qui sort comme film d’action actuellement, comporte une fille de ce genre, livrant la guerre à l’Homme. Les féministes gauchisantes d’Occident les adorent, comme elles avaient aimé le prototype, la jeune soldate sabra israélienne. Les Syriens ne partagent pas cet amour. Ils voient les combattants kurdes comme des mercenaires brutaux, faisant du nettoyage ethnique pour le compte des US.

 

Un Israël c’est déjà trop, disent les locaux, enchantés d’avance de la proche défaite du « Nouvel Israël », l’entité kurde du Rojava ou Kurdistan syrien. Les combattants de l’YPG, qui en étaient l’épine dorsale, avaient bien essayé de prendre appui sur la guerre civile comme une occasion de s’approprier un bout de Syrie. Les gangs sans foi ni loi fleurissaient « sous la canopée des F-18 », parce que l‘YPG s’était étiré sur une vaste bande du nord-est de la Syrie, agissant tels des janissaires kurdes pour le compte de l’Amérique. Les Kurdes avaient entrepris de bâtir leur nation sur les ruines de Daech, selon les termes de Forbes.

 

Le président Obama, agissant selon les préceptes de ses conseillers néo-conservateurs, les avait choisis comme agents pour combattre Daech sur le terrain, en remplacement du lot de soldats américains rapatriés de Syrie. C’était un conseil pourri; le YPG kurde était un remplaçant syrien d’une organisation terroriste kurde aguerrie, qui avait tué des dizaines de milliers de Turcs en Turquie, en une quarantaine d’années d’activité. Les Turcs n’appréciaient pas de voir les combattants et les armes commencer à se répandre parmi les terroristes en Turquie, depuis la Syrie. « On leur avait donné une parcelle, et ils ont raflé tout ça, édifiant d’énormes extensions de leur territoire en Syrie le long de la frontière turque« , continue Forbes.

 

Et pourtant, leur tentative a raté son but, et ils doivent maintenant se replier. Ils ont menacé de se battre bec et ongles contre les Turcs, mais ils sont loin de mordre autant qu’ils aboient. Ils déclarent qu’ils vont ‘gagner ou périr‘ à une journaliste de CNN, mais en fait les Kurdes sont surtout bons dans la marche arrière. Pendant l’opération turque antérieure en mars 2018 centrée sur l’enclave d‘Afrin, ils ont vite battu en retraite en se retrouvant face à une force supérieure. Les Kurdes ont reculé encore plus promptement à  Kirkouk et à Mossoul en Irak, en octobre 2017, suivant un scénario similaire avec proclamations indépendantistes « la victoire ou la mort », appels américains à   se retenir et insistance de l’UE, selon laquelle « l’action militaire doit prendre fin immédiatement ». Ils n’ont aucune raison de se battre jusqu’à la mort; ils savent que leurs familles pourront continuer à mener une existence paisible une fois que les brûlots indépendantistes se seront éteints. L’effondrement des entités kurdes naissantes n’a pas été suivi de massacres ni de génocide comme l’annonçaient les prophètes de malheur: comme des chimères qui s’évanouissent sans douleur, comme la rosée au lever du jour.

 

Les patriotes syriens sont ambivalents, en ce qui concerne l’invasion turque. Que les Américains se soient mis en retrait et que leur zone occupée rétrécisse, c’est parfait. Ce serait encore plus satisfaisant s’ils quittaient la Syrie complètement, mais même ce retrait partiel constitue un bon début. Excellent, que les Turcs mettent le grappin sur les gangs sauvages de nationalistes kurdes. Ce n’est pas seulement que les Kurdes soient entrés dans une alliance étroite avec les US et avec Israël, ils ont aussi entrepris un nettoyage ethnique violent de la population arabe locale, dans un effort pour créer un « Kurdistan syrien ». Désormais, les Arabes syriens vont pouvoir rentrer dans leurs foyers.

 

Mais si le territoire débarrassé des militants kurdes se retrouvait occupé en permanence par la Turquie et ses alliés islamistes militants? Voilà un choix entre le diable et les profondeurs de la mer. Les Turcs disent que leurs plans ont des limites strictes, chasser les combattants kurdes à 20 miles au-delà de la frontière, en finir avec l’aventure du « Kurdistan syrien« , et transférer les réfugiés syriens depuis la Turquie jusqu’à la bande de terre ainsi créée. Le président Erdogan sait que ses concitoyens en ont plus qu’assez des millions de réfugiés syriens. S’il ne sait pas comment faire pour les ramener en Syrie, les Turcs peuvent aussi le chasser lui; c’est un scénario déjà repris à Istanbul, où les citoyens ont voté pour l’opposition qui promettait de faire la paix avec Assad et de renvoyer les Syriens chez eux. Erdogan dit qu’il reconnaît l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Syrie, et c’est déjà un grand progrès, mais Damas met en doute sa sincérité et condamne l’invasion.

 

Il y a une façon simple de gérer le problème des réfugiés: les laisser rentrer chez eux, dans leurs villes et villages d’origine. C’est ce que veut le gouvernement de Damas, et il est prêt à les accepter, en leur garantissant l’amnistie et le pardon pour les attaques passées. Mais Erdogan, lui, n’est pas encore prêt. Les Américains ne veulent pas évacuer leur zone, parce que c’est une zone pétrolière. Si Assad met la main dessus, il sera en mesure de rebâtir la Syrie avec ses propres deniers, sans avoir besoin de l’assistance occidentale. L’Occident veut un gouvernement syrien pauvre et brisé, en manque de liquidités, qui emprunte et qui mendie des aides. C’est pour cette raison qu’ils ne permettent pas à l’armée syrienne d’entrer dans les zones situées au-delà de l’Euphrate. Les Syriens ont fait une tentative quand les troupes américaines ont plié bagage, mais ils ont été prévenus qu’ils seraient impitoyablement bombardés à la moindre alerte en ce sens. Pour la Syrie, se battre contre les Turcs, contre les Kurdes et contre les Américains à la fois, c’est trop.

 

Les Kurdes tentent de sauver les meubles. Leurs soutiens parlent de la menace d’un « nettoyage ethnique », quoique jusqu’à maintenant ce soient justement les Kurdes qui aient pratiqué la chose. Les Kurdes menacent aussi de ressusciter leur Califat islamique vaincu en lâchant dans la nature des dizaines de milliers de combattants islamistes capturés. Ce chantage n’est pas du bluff, et il faudra l’affronter le moment venu, pas avant. Les Européens s’opposent à l’offensive turque. C’est une violation de la souveraineté syrienne, disent-ils. Bizarrement, ils ne se sont pas souvenus de la souveraineté syrienne quand les troupes US et leurs alliés kurdes ont été déployés là. Bruxelles n’aime pas le plan turc de renvoyer des millions de réfugiés syriens en Syrie dans le territoire libéré par les milices kurdes. L’Union européenne veut que la guerre en Syrie continue jusqu’au départ d’Assad et qu’une administration néo-coloniale puisse prendre sa place.

 

Erdogan sait comment répliquer aux Européens. Si vous condamnez mes mesures, dit-il, je lâche trois millions et demi de réfugiés sur l’Europe. Cette menace ne fait pas peur aux soutiens des Kurdes en Europe: les Antifas, plusieurs organisations juives et autres ONG pro-immigration seraient ravis de ce regain de diversité. Mais les gouvernements savent qu’il serait très difficile d’arrêter une telle déferlante.

 

Israël est du côté des Kurdes parce que ce ne sont pas des Arabes. Les entités et mouvances kurdes ont été ravies du soutien israélien, ont accepté l’équipement et les conseillers israéliens, parce qu’ils étaient censés créer un « nouvel Israël » sur le terrain reconquis. La création d’un Kurdistan syrien, et auparavant, d’un Kurdistan irakien, peut-être même, avec un peu de chance, d’un Kurdistan mordant sur l’Anatolie et l’Iran, a toujours fait partie des plans sionistes. Les forces pro-israéliennes en Erope et en Amérique jouent la carte kurde, remettant en service leur vieux cliché: « pourquoi les Arabes ont-ils droit à 22 Etats, et pas les Juifs ou les Kurdes? » Ils exigent la création d’un Kurdistan sous protectorat israélo-américain, à cheval sur la Turquie, la Syrie, l’Iran et l’Irak. La mise en œuvre d’un tel projet suppose le nettoyage ethnique et peut déclencher une vague de réfugiés concernant des dizaines de millions de gens, sans objection du côté israélien, car pour sa part Israël n’accueille pas de réfugiés . A la différence d’autres forces, Israël se contenterait de participer à la dévastation de la région. La défaite des clients kurdes et le succès d’Erdogan, cet ennemi juré de l’Etat juif, voilà qui sera une grosse claque pour Israël. Mais ce qui est bien pire pour Israël, ce sont les efforts de Trump pour quitter la région. Vous n’avez probablement pas vu de touits de la part du président à ce sujet, parce que le système médiatique calamiteux fait tout pour les enfouir sous une muraille de silence. C’est pour cette raison que le président a dit, tout en donnant l’ordre de la retraite: « Combattre entre plusieurs groupes, on le fait depuis des centaines d’années. Les USA n’auraient jamais dû mettre les pieds au Moyen Orient. Ces guerres stupides et sans fin, c’est fini. Les US ont dépensé trois trillions de dollars au Moyen Orient, en combats et opérations de police. Des milliers de nos magnifiques soldats y sont morts ou en sont revenus grièvement blessés. Des millions de gens sont morts de l’autre côté. Intervenir au Moyen Orient, c’est la pire décision jamais prise… dans l’histoire de notre pays. Maintenant, nous sommes en train de rapatrier, à pas comptés et avec toutes les précautions requises, nos soldats et nos militaires.Nous nous recentrons sur notre grand dessein. »

 

Ne serait-ce que pour cette assomption des faits, et pour la promesse d’en finir avec « ces stupides guerres sans fin« , Trump mérite d’être réélu et retenu comme le président US le plus indépendant et le plus courageux depuis Richard Nixon. Ses efforts pour se retirer du Moyen Orient rappellent la dure bataille de Nixon pour quitter le Vietnam et pour faire la paix avec la Russie et la Chine. S’il y parvient, le peuple américain le lui revaudra en 2020, comme pour Nixon en 1972, lorsqu’il avait gagné sa réelection dans ce qui aura été le plus grand glissement de terrain jusqu’à aujourd’hui dans l’histoire US. Certes, Nixon a ensuite été chassé du pouvoir, parce qu’il était détesté par le parti de la guerre et par les juifs, mais depuis lors et jusqu’à maintenant la Maison blanche a été habitée par de piètres valets des juifs et du parti de la guerre (ce que Noam Chomsky nous a confirmé dans le cadre d’une conversation privée: Nixon a été le dernier président indépendant du lobby juif).

 

Quand Nixon s’était retiré du Vietnam, il avait également été accusé de trahison. Il avait trahi le gouvernement corrompu de Saïgon et l’armée du Sud Vietnam, disaient-ils. Cependant, les US ne pouvaient pas rester au Vietnam à jamais, ni tuer tous les ennemis de Saïgon, par millions, simplement pour éviter cette accusation. Les reculades sont douloureuses pour les agents et les alliés locaux, mais « c’est la vie ». Charles de Gaulle s’était retiré d’Algérie, « trahissant » les colons  et les natifs loyalistes. Les Soviétiqes avaient trahi leur protégé afghan en se retirant d’Afghanistan. Les Israéliens se sont retirés du sud Liban après vingt ans d’occupation, sous la pression du Hezbollah et de sa résistance armée, trahissant leurs collabos. Même les Romains avaient dû faire marche arrière et rentrer chez eux, en renonçant à la [grande] Bretagne. L’histoire leur a donné raison. Les gens qui accusent Trump de trahison veulent que les troupes US restent pour toujours au Moyen Orient. C’est l’objectif principal du lobby israélien, comme l’a exposé en détail Thomas Friedman. C’est pour cela que les Israéliens avaient mis sur pied des milices kurdes et avaient conseillé à Obama de leur confier le boulot de contrôler la Syrie. Ils ne veulent absolument pas, maintenant, que les US s’en aillent. C’est particulièrement vrai pour les juifs américains libéraux: ils veulent garder Israël comme un animal de compagnie et ils détestent Netanyahou, qui préfère qu’Israël soit pleinement indépendant et très puissant. Netanyahou n’a pas accusé Trump de trahir les “vaillants Kurdes”, mais il a promis une assistance non-létale aux milices kurdes, en disant qu’Israël peut se débrouiller sans le soutien de personne.

 

Seuls des articles de médias mineurs ont pris au sérieux les touits de Trump. Les plus grands les ont occultés, et il y a même un autre touit de Trump qui a été censuré par des réseaux sociaux sur le net, dans leur joute déloyale contre le président. La position de la Russie est loyale et sans ambages: toutes les troupes étrangères doivent quitter la Syrie, à moins qu’elles ne soient invitées à y rester par le gouvernement de Damas. Les Kurdes sont tenus d’accepter le commandement de Damas. Renoncez à votre romance avec les US, redevenez des citoyens fiables de votre patrie, la Syrie, et tout ira bien pour vous. L’année dernière, les militants kurdes avaient envoyé une délégation à Damas, et envisagé une réconciliation, mais ils marchandaient trop durement, exigeant une très large autonomie. Ils ne voulaient pas modérer  leurs exigences, parce qu’ils comptaient sur le soutien américain. Maintenant la situation a changé, et ils pourraient ajuster leur point de vue et jurer fidélité à la Syrie. A la différence de Bruxelles, Moscou a de la sympathie pour les raisons d’Ankara. Et certes la Turquie n’est pas satisfaite de l’émergence d’une enclave terroriste kurde sur sa frontière! Les terroristes kurdes ont tué des dizaines de milliers de citoyens turcs, y compris des Kurdes ethniques. Les relations entre Russie et Turquie sont excellentes; Erdogan parle à Poutine (et à Trump) presque tous les jours. En même temps, la Russie est traditionnellement amie des Kurdes; à l’époque soviétique, leurs dirigeants nationalistes, des marxistes purs et durs, faisaient leurs études à Moscou, et il existe une grande diaspora kurde. La Russie et les US ont accordé leurs violons au Conseil de sécurité de l’ONU contre la proposition européenne qui condamnait la Turquie. Il semble que Trump serait bien ennuyé par certaines « atrocités turques » vraies, ou authentiques mises en scène, qu’on lui mettrait sur le dos. Poutine serait bien ennuyé par les dizaines de milliers d’islamistes que les Kurdes ont envie de lâcher dans la nature. Et pour ce qui est du « grand dessein », selon les termes de Trump, le président américain veut sortir du Moyen Orient où l’empire américain s’est exagérément étendu. Les Européens et les démocrates veulent apporter le flambeau de la « démocratie », Moscou croit que le Moyen Orient a besoin de réconciliation. L’intégrité territoriale de la Syrie sous le contrôle de Damas est la clé de la réconciliation. Parallèlement, le processus en cours de réforme constitutionnelle aidera à résoudre les différends entre communautés sur le mode pacifique. Mais il y a certaines chances que les plans de Moscou se réalisent. L’un des principaux instigateurs de l’imbroglio syrien, l’Arabie saoudite, a été battue au Yemen, et n’a plus tellement envie de se battre; de même pour le Qatar et les Emirats. L’Europe a moins envie de chasser les « dictateurs sanguinaires » qu’autrefois. La CIA, le lobby juif et les démocrates clintoniens voudraient maintenir la Syrie sur les charbons ardents, mais grâce à Dieu ces gens-là ne tiennent pas toutes les commandes à Washington. Nous pouvons éprouver un certain optimisme prudent, même si bien des choses peuvent mal tourner.


Post-scriptum:

Ce qui se passe maintenant en Syrie est une bonne chose, et cela prouve qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne gifle pour ramener une salope arrogante au bon sens. Ce sont les Turcs qui s’en sont chargés: les milices kurdes sont revenues à la raison au quart de tour. Elles ont compris que Bachar al Assad n’est pas un boucher, mais leur gouverneur et protecteur, et elles se sont précipitées à Damas pour demander une protection. Cela leur avait été offert à plusieurs reprises, mais elles avaient refusé obstinément. Jusqu’au jour où les troupes US sont reparties, et où les troupes turques sont arrivées. Les Kurdes restent donc des enfants de la mère Syrie, et Assad a rapidement agréé leur supplique. Ce n’est pas un garçon perfide, il est prêt à pardonner et à oublier. La bannière de la République arabe syrienne flotte sur les villes du nord de la Syrie orientale; l’armée syrienne a commencé son redéploiement sur les bases américaines. Le président Trump a été à la hauteur de ses paroles: il a continué à retirer ses troupes de la région, offrant par là une chance aux Syriens de retrouver la paix chez eux. Les choses peuvent encore mal tourner; comment les Turcs vont réagir, ce n’est pas clair. Leur premier souhait, l’élimination de l’entité terroriste kurde semi-indépendante, a été exaucé. Assad ne permettrait jamais aux Kurdes de bricoler des raids contre la Turquie par-dessus la frontière. Mais les alliés d’Erdogan, les militants syriens anti-Assad, pourraient se faire encombrants. Les forces ariennes russes fournissent quelques ripostes possibles. La diplomatie russe se trouve face à une tâche difficile mais pas impossible. Autant de raisons supplémentaires pour cultiver un optimisme prudent.

https://www.unz.com/ishamir/cautious-optimism-on-turks-and-kurds/

Joindre l’auteur: israelshamir@gmail.com

Traduction: Maria poumier

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France-Turquie: les joueurs turcs ont refait le salut militaire

Par Bernard Michel.

 

Les joueurs de l’équipe de Turquie ont fait à deux reprises le salut militaire lors du match contre la France au Stade de France.  Roxana Maracineanu demande une “sanction exemplaire” à l’UEFA.

Un geste qui ne passe pas. Les joueurs de l’équipe de football de Turquie ont fait à deux reprises le salut militaire pendant le match contre la France, rapporte Le Parisien.  Alors que les autorités craignaient des tensions entre supporters lors de cette rencontre, aucun incident n’a été à déplorer durant toute la durée du match, jusqu’à ce que la France marque puis que la Turquie égalise.

Pour célébrer leur but, sept joueurs turcs se sont rassemblés et ont effectué un salut militaire, selon eux en soutien aux soldats de leur pays qui participent à l’offensive en Syrie.

Ils ont ensuite reproduit ce geste une main droite tendue et posée sur le front  à l’issue du match, accompagnés cette fois-ci de nombreux supporters turcs.

Un geste « contraire à l’esprit sportif »

 

Comme le précise le Huffington Post, les images de ces saluts militaires n’ont pas été diffusées à la télévision, ni côté français ni côté turc. Elle a par contre été diffusée en masse sur les réseaux sociaux, y compris par des membres du gouvernement turc comme le ministre des Sports Mehmet Kasapoglu.

Le geste des joueurs turcs est passé beaucoup moins bien en France et a notamment été critiqué par la ministre des Sports Roxana Maracineanu, présente au Stade de France. Sur Twitter, elle a dénoncé un geste « contraire à l’esprit sportif » et demande à l’UEFA « une sanction exemplaire ».

Elle a également tenu à remercier « les forces de l’ordre pour leur travail afin d’assurer le bon déroulement du match ».

Sur le même sujet

2000 policiers déployés autour du Stade : France – Turquie, un match à hauts risques.

 

Les joueurs turcs avaient déjà effectué ce salut militaire vendredi 11 octobre lors de leur match contre l’Albanie. La Turquie a lancé le 9 octobre une offensive en Syrie contre des forces kurdes, dénoncée par la communauté internationale et qui a récemment entraîné des sanctions de la part des Etats-Unis.

 

Les Kurdes ont conclu un accord avec l’armée syrienne de Bachar al-Assad, qui a envoyé ses troupes dans le nord-est du pays afin d’ « affronter l’agression » de la Turquie. Nous savons ce qui se passa au départ du second conflit mondial,  sommes-nous à l’orée, de portes que volontairement ont laisse s’ouvrir ?

Le tout est à souhaiter que cela, ne se produise plus jamais ?

Bernard Michel

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ACTUALITÉS DES 7 DU QUEBEC

Par Marc Rousset

La démission surprise, le 30 septembre 2019, deux ans avant la fin de son mandat, de Sabine Lautenschläger, membre du directoire de la BCE, est tout un symbole des tensions qui existent dans cette institution et de la lutte qui va s’engager, dans les semaines qui viennent, entre d’une part les soi-disant « faucons », partisans d’une politique sérieuse d’orthodoxie monétaire correspondant exactement à l’esprit des traités ainsi qu’aux statuts de la BCE, et d’autre part les soi-disant « colombes », partisans d’une politique monétaire laxiste ainsi que d’une fuite en avant vers, à terme, l’inévitable catastrophe hyper-inflationniste.

 

L’une des conditions de l’insurrection populaire est que la classe du grand capital international ne parvient plus à s’entendre sur la gouvernance de l’économie (économie productive réelle et économie monétaire et financière parasitaire fictive) et de la finance censée refléter virtuellement l’économie de la production et de l’échange. Le présent article relate les tensions en cours parmi les conseillers économiques de l’ombre (à la barre de la BCE) qui quoiqu’ils fassent – faucons ou colombes – ne pourront sauver le cargo européen à la dérive.  Alors, les moins pugnaces quittent le rafiot amiral de la BCE, ce qui ne les sauvera pas pour autant du naufrage général et mondial.  Bonne lecture.  Robert Bibeau http://www.les7duquebec.com

 

Il ne reste plus qu’à prier le ciel pour que le successeur de Lautenschläger soit Claudia Buch, vice-présidente de la Bundesbank, candidate du président Jens Weidmann de la Bundesbank, et non pas Elga Bartsch, qui a vendu son âme pendant vingt ans à Morgan Stanley et BlackRock, partisan de la stupide théorie de l’hélicoptère monétaire consistant à faire créditer en monnaie de singe par la BCE le compte des particuliers en cas de crise, ou Isabel Schnabel, experte reconnue, mais considérée comme trop « colombe » par de nombreux Allemands.

 

Quant aux « minutes » de la dernière réunion de la BCE du 12 septembre, elles sont la preuve que Mario Draghi a menti publiquement lors de sa dernière conférence de presse, des réserves ayant été exprimées par Jens Weidmann, président de la Bundesbank, estimant que « la BCE avait dépassé les bornes » en relançant le « QE », tout comme par Klaas Knot, gouverneur de la Banque centrale néerlandaise ainsi que par huit autres gouverneurs ou membres du directoire, dont François Villeroy de Galhau. Ce dernier, compte tenu de sa fonction actuelle à la tête de la Banque de France et des probables appels au secours, pour demain, de la France en faillite d’Emmanuel Macron, s’est cru obligé de préciser benoîtement, lors d’un discours à l’École d’économie de Paris, que ces mesures ne sont pas nécessaires, mais seulement à « l’heure actuelle » !

 

Le pot aux roses a été la charge violente supplémentaire signée par sept prestigieux anciens banquiers centraux, libres donc aujourd’hui de leurs paroles et épris de vérité, suite à une initiative de Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France et ancien directeur général du FMI, qui, dans une lettre ouverte du 11 octobre sur la célèbre Agence Bloomberg, ont publié une tribune « activiste » au vitriol anti-Draghi et anti-Lagarde !

Leurs préoccupations concernent la stupidité de la prétendue recherche d’un taux d’inflation à 2 % alors que, selon le traité de Maastricht, le seul souci de la BCE doit être la stabilité des prix, le fait que « la poursuite des achats de titres n’aura guère d’effet positif sur la croissance », mais qu’« en revanche il est de plus en plus fondé de soupçonner que cette mesure repose sur l’intention de protéger les gouvernements lourdement endettés de la hausse des taux d’intérêt ».

 

Tous ces anciens banquiers centraux constatent également que « d’un point de vue économique, la BCE est déjà entrée sur le territoire du financement monétaire des dépenses publiques, ce qui est strictement interdit par le traité ». De plus, « l’impact négatif de l’environnement à taux d’intérêt extrêmement bas s’étend du système bancaire à l’ensemble du secteur financier en passant par les compagnies d’assurance et les fonds de pension ». La situation “actuelle augmente artificiellement le prix des actifs à un niveau qui à terme risque d’entraîner une correction abrupte du marché ou même une crise profonde”.

 

Sont également critiqués les prêts LTRO à bas taux de la BCE pour les banques italiennes en quasi-faillite et la « zombification » de l’économie suite aux taux d’intérêt négatifs, constatée par l’OCDE et la BRI. Il y a donc « risque de perte de contrôle de la création de monnaie par la BCE » ! Le scandale, c’est donc que la BCE pratique la politique monétaire actuelle, non pas pour porter l’inflation à 2 %, mais pour sauver les États, tels que la France et l’Italie, de la banqueroute en maintenant très bas d’une façon artificielle les taux d’intérêt négatifs de financement de la dette publique. C’est ainsi que, sinistre et suprême plaisanterie, nous avons appris que la Grèce en faillite irrémédiable, avec un taux d’endettement de 180 % du PIB, qui, suite aux prêts de l’Union européenne, n’a fait que reporter l’exigibilité de sa dette de dix ans avec franchise de remboursement pendant cette période, a pu emprunter, le mercredi 9 octobre, 487 millions d’euros à trois mois, à un taux négatif de -0,02 % !

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France – Radioscopie: De la fonction d’un binational dans une société occidentale 5/5

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

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La fonction d’un bi-national n’est pas d’être le porte-voix de son pays d’accueil, ni son porte-serviette, mais d’assumer avec vigueur la fonction d’interface exigeant et critique. Un garde-fou à des débordements préjudiciables tant du pays d’origine que du pays d’accueil.

Dans l’intérêt bien compris des deux camps, le partenariat bi national se doit de se faire, sur un pied d’égalité et non sur un rapport de subordination de l’ancien colonisé, le faisant apparaître comme le supplétif de son ancien colonisateur en ce que l’alliance du Faible au Fort tourne toujours à l’avantage du Plus Fort.

De la même manière, le devoir d’un intellectuel arabe et musulman dans la société occidentale est de faire conjuguer Islam et progressisme et non de provoquer une abdication intellectuelle devant un islamisme basique, invariablement placé sous les fourches caudines israélo-américaines.

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De la Religion et des guerres de religion.

Espace de communion et d’exclusion, la religion est un espace concurrentiel. L’instrumentalisation de la religion à des fins politiques est une constante de l’histoire. Toutes les religions y ont eu recours, dans toutes leurs déclinaisons, que cela soit la guerre de conquête de la chrétienté en Amérique latine ou les Croisades vers le Monde arabe, ou bien à l’inverse, la conquête arabe vers l’Asie, vers la rive méridionale de la Méditerranée ou l’Afrique.

Guerre de religion au sein de l’espace occidental de la chrétienté (entre Protestants et Catholiques en France ou en Irlande du Nord), ou guerre de religion au sein de l’espace musulman (entre Sunnites et Chiites), ou enfin le sionisme, la forme la plus moderne de l’instrumentalisation de la Bible à des fins politiques par la mise en œuvre de la notion du retour à Sion, sur les débris de la Palestine.

La religion n’est pas condamnable en soi. Ses dérives si en ce que la piété n’exclut ni l’intelligence, ni le libre arbitre. Elle n’interdit pas l’esprit critique. Elle ne saurait, en tout état de cause, se dévoyer dans des causes desservant l’intérêt national.

Mais nul part ailleurs qu’au sein du leadership sunnite arabe, l’instrumentalisation de la religion n’a autant dévié de son objectif, desservant la cause arabe, au bénéfice de ses commanditaires, les États-Unis, le meilleur allié de leur principal ennemi, Israël.*

Le djihadisme erratique takfiriste a consolidé, par ricochet, Israël, en ce qu‘il a consolidé dans l’imaginaire occidental l’idée d’une barbarie musulmane et justifier, par ricochet, et l’intransigeance israélienne et la phagocytose de la Palestine et l’arabo-phobie et l’islamophobie dans les pays occidentaux.

Si La prophétie est divine, son interprétation est humaine. La chrétienté a purgé le passif des guerres de religions et la réconciliation s’est opérée entre Catholiques, Orthodoxes et Protestants, entre Juifs et chrétiens. Ne subsiste que la guerre sunnite chiite qui tétanise l’ensemble arabo musulman.

Le Monde arabe ne constitue pas, loin s’en faut, un groupement ethnique homogène: Machreq-Maghreb, Arabes-Kabyles-Kurdes, Chrétiens-Musulmans, Sunnites-Chiites relèvent de la même géosphère culturelle du Monde arabe, majoritairement musulmane, majoritairement sunnite, majoritairement arabophone.

Ce fait irréfutable se doit d’être pris en compte par le leadership sunnite et le conduire à dépasser les clivages historiques pour atteindre un «seuil critique» à l’effet de peser sur les relations internationales et de conduire le Monde arabe vers sa renaissance et non de le précipiter vers un déclin irrémédiable.

La constitution d’une masse critique impulserait une dynamique à l’effet d’induire une structure paritaire dans ses rapports avec l’Europe, et partant, des rapports d‘égalité entre les deux rives de la Méditerranée.

La caste intellectuelle arabe et musulmane de la diaspora occidentale pâtit lourdement d’un phénomène de désorientation, la marque typique de l’acculturation, sur fond d’une décompression psychologique et d’une déperdition intellectuelle morale. Un naufrage humain.

Il lui incombe de refuser de cautionner la démocratie formelle représentée par la diplomatie de la Ligue arabe en ce que le Monde arabe est captif des pétromonarchies et le Monde musulman, otage du wahhabisme.

Un double handicap qui accentue la servitude de l’ensemble arabo musulman à l’ordre atlantiste et le marginalise dans la gestion des affaires du Monde.

Les monarchies arabes disposent d’une majorité de blocage régentant de ce fait le Monde arabe. Circonstance aggravante, les six pétromonarchies sont adossées chacune à une base militaire occidentale, alors que la Jordanie et le Maroc sont deux alliés souterrains d’Israël, Les Comores, un confetti de l’empire français et Djibouti abrite sur son sol une base américaine et une base française.

Ni les pétromonarchies du Golfe, ni la Jordanie, ni Djibouti ou les Comores n’ont mené une guerre de libération dont l’indépendance a été octroyée par leurs colonisateurs. Un déséquilibre structurel calamiteux pour la définition d’une stratégie du Monde arabe. La quête du savoir technologique et l’accession à la modernisation économique ne sauraient être compatibles avec un autoritarisme à soubassement rigoriste.

De même la personnalisation du pouvoir ne saurait, à elle seule, servir de panacées à tous les maux de la société arabo musulmane, ni la déclamation tenir lieu de substitut à l’impérieuse nécessité d’une maîtrise de la complexité de la modernité. Ce qui implique une nécessaire mais salutaire remise en cause de la «culture de gouvernement» dans les pays arabes.

Ce qui présuppose «une révolution dans la sphère culturelle», au sens où l’entend Jacques Berque, c’est à dire «l’action d’une société quand elle se cherche un sens et une expression».

Pour l’intellectuel, un réinvestissement du champ du débat par sa contribution à la production des valeurs et au développement de l’esprit critique. Pour le citoyen, la conquête de nouveaux espaces de liberté.

Pour le Monde arabo musulman, la prise en compte de ses diverses composantes, notamment ses minorités culturelles et religieuses, et, surtout, dernière et non la moindre des conditions, le dépassement de ses divisions

Précurseur de la laïcité avec la prescription du calife Omar «Ad Dine Lil lah Wal Watan Lil Jamih» – «La religion relève de Dieu et la Patrie appartient à tous ses citoyens»-, la gouvernance musulmane s’est laissée subvertir par une rigidité doctrinale sous tendue par une forme de religiosité biaisée au point de se laisser dépouiller de ce privilège par la France.

Mais un siècle après l’instauration de la laïcité en France, le concept vieillit mal et montre ses limites, qu’il importe de régénérer.

Un dialogue pour être véritable ne s’instaure que par le haut et non à coup de stigmatisations et de «bas-coups». Plutôt que de souscrire aux sommations, auquel il est convié à chaque soubresaut terroriste, plutôt que de battre sa coulpe pour des comportements dont il n’est personnellement nullement responsable, voire totalement étranger en tant que citoyen, le musulman, pour sa part, se doit d’opérer une réadaptation de son positionnement vis à vis du schéma occidental afin de rendre accessible à l’opinion occidentale ses motivations, notamment ses objections à une politique de mépris et de culpabilisation.

La plus grande erreur de l’Occident est d’avoir toujours voulu coexister avec des «Arabes domestiqués» dans la plus grande tradition coloniale.

Trente-six ans après la «Marche des Beurs pour l’Egalité», une «Marche pour la dignité» a été organisée en France le 17 Mars 2018 pour réclamer une égalité de traitement. Un éternel recommencement?

Le Monde arabe n’a pas vocation à servir de défouloir à la pathologie belliciste occidentale. Et la communauté arabo musulmane de l’Europe occidentale et des Etats Unis -en contact quotidien, permanent et direct avec la société occidentale-, se doit d’être le levain et le levier d’une si nécessaire renaissance du Monde arabe et Musulman et non la force supplétive des guerres d’autodestruction du Monde arabe et de sa prédation économique par le bloc atlantiste.

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