Ukraine – La mise en Œuvre du scénario chypriote se passe comme prévu

Ukraine – La mise en œuvre du scénario chypriote se passe comme prévu

 

Plus les événements en Ukraine se déroulent devant nos yeux, plus

 

les prédictions de Daniil Bezsonov concernant le projet de scénario chypriote de Kolomoïski-Zelensky

 

s’avèrent juste, et semblent indiquer que ce plan se déroule jusqu’ici sans accroc.

 

Levée du moratoire sur la vente des terres et légalisation des jeux d’argent

La levée du moratoire sur la vente des terres agricoles, votée en première lecture par la Rada cette semaine fait d’ailleurs partie du plan, comme l’indique Bezsonov dans un de ses articles récents.

L’autre partie du plan consistera à légaliser les jeux d’argent, mais après, pour que la population ukrainienne ne voit pas venir l’entourloupe. Car il ne faut pas se leurrer, magouilles il y aura.

« Ses gens [ceux de Kolomoïski NDLR] achèteront des terres dans les régions, qui seront destinées à la création de zones de jeux d’argent, pour un prix dérisoire. Cela augmentera la valeur des terres des centaines, voire des milliers de fois, et les villageois ne se douteront de rien. Ensuite, les investisseurs étrangers commenceront à venir, à acheter des terrains et à construire des casinos, etc. Dieu sait combien d’argent Kolomoïski et Zelensky gagneront sur cette base », écrit Bezsonov.

Comme l’avait indiqué Bezsonov dans son analyse sur le scénario chypriote, Igor Kolomoïski est un homme intelligent et les plans de gens intelligents sont souvent des plans à tiroirs. En autorisant la vente des terres il fait d’une pierre trois coups :

1) Satisfaire le FMI et les autres institutions financières qui demandent cette mesure depuis longtemps. Potentiellement cela pourrait les amadouer assez pour qu’ils lâchent une nouvelle tranche d’aide, dont une partie finira dans les poches de Kolomoïski-Zelensky (ce qui ne serait pas une première pour ce cher Igor).

2) S’enrichir personnellement en achetant en premier des terres fertiles à bas coût et les revendant après avec une bonne plus-value, quelle que soit la destination de ces terres (agriculture ou casinos).

3) Attirer ainsi des investisseurs étrangers en Ukraine et s’arranger pour détourner une partie des investissements par un moyen ou un autre.

Kolomoïski fait monter les enchères et chanter Washington

C’est en ayant cela en tête qu’il faut analyser la déclaration d’Igor Kolomoïski concernant le fait que l’Ukraine pourrait se tourner vers la Russie, en mettant en avant que cette dernière serait prête prétendument à mettre 100 milliards de dollars sur la table pour récupérer l’Ukraine (ce dont je doute très fortement). Mais contrairement à ce que certains pensent, tonton Igor n’est pas devenu schizophrène, il négocie.

Il essaye à la fois de faire monter les enchères et de tordre le bras aux États-Unis pour les pousser à abandonner les poursuites judiciaires pour « création d’un réseau criminel » lancées par une cour du Delaware contre lui-même et plusieurs de ses ex-associés de la PrivatBank.

Il dit clairement dans l’interview que les États-Unis utilisent l’Ukraine pour faire la guerre à la Russie par procuration, mais que tout pourrait être oublié avec une bonne dose d’argent. En clair, si Washington n’allonge pas plus d’argent que ce que la Russie pourrait prétendument mettre sur la table, et ne laisse pas Kolomoïski et ses amis tranquilles, alors l’Ukraine arrêtera d’être le jouet des États-Unis, qui perdront leur investissement dans le pays. Ce que Washington ne peut pas se permettre.

Il y a donc de bonnes chances que les États-Unis, et dans leur sillage le FMI (qui va pouvoir utiliser les terres agricoles ukrainiennes comme hypothèque), vont sortir le chéquier pour donner à l’Ukraine de quoi lui donner envie de rester fidèle à Washington. Et une partie de cet argent ira certainement dans les poches d’Igor et Volodymyr, prélude au pillage généralisé qui aura lieu une fois le plan de Kolomoïski pleinement mis en œuvre.

C’est bien joli tout cela me direz-vous, mais pour l’instant il manque toujours la condition sine qua non pour y arriver : mettre fin au conflit dans le Donbass.

Comme l’avait annoncé Bezsonov, après des péripéties dignes de contes de fées, des batailles épiques avec les néo-nazis, et des manifestations « anti-capitulation » qui ont accouché d’une souris (l’ultimatum de Biletski à Zelensky a expiré depuis longtemps et n’a débouché sur rien je le rappelle), le retrait des troupes et des équipements militaire a enfin eu lieu sur les deux derniers sites pilotes qui étaient exigés par la Russie pour organiser la rencontre au Format Normandie.

Mais ce qui pourrait passer pour une volonté d’appliquer les accords de Minsk de la part de Kiev, n’est en réalité qu’une nécessité de se plier aux conditions de la Russie pour obtenir le sésame vers la réunion dont Zelensky a tant besoin.

Zelensky main dans la main avec les néo-nazis

Plusieurs informations récentes confirment d’ailleurs la proximité de Zelensky avec les néo-nazis ukrainiens et le fait que Kiev n’a pas l’intention d’appliquer les accords de Minsk.

Le fait le plus marquant qui prouve que Zelensky s’inscrit dans la continuité idéologique de Porochenko c’est le fait qu’une fois de plus, l’Ukraine (tout comme les États-Unis) a voté contre la résolution de l’ONU condamnant le nazisme.

Cette proximité idéologique s’exprime d’ailleurs aussi dans les écrits de certains officiels ukrainiens, comme Alexeï Danilov, secrétaire du Conseil National de Sécurité, dont une lettre présentant un plan de « réintégration » du Donbass a fuité sur internet. D’après Alexeï Jouravko, ancien député de la Rada qui a diffusé les photos de la lettre sur son mur Facebook, il avait entendu parler d’un tel plan avant de recevoir la lettre et il avait cru à une blague. Mais une fois qu’il a reçu et lu le document il a été tout simplement horrifié.

L’authenticité de ce document reste à établir, mais ce qui y est écrit reprend des propositions déjà entendues à de multiples reprises récemment sur les plateaux TV ukrainiens. Propositions qui n’ont jamais valu la moindre poursuite judiciaire contre ceux qui les ont énoncées.

Voici ce qu’on peut y lire :

« Après le transfert du contrôle de la frontière de l’État aux Forces Armées Ukrainiennes et au Service national des frontières, il est nécessaire de commencer immédiatement le processus de réintégration et de réukrainisation de la population des territoires occupés des régions de Donetsk et de Lougansk et leur réconciliation avec les autres citoyens d’Ukraine.
Étant donné que la population des territoires occupés des oblasts de Donetsk et de Lougansk a été influencée par la propagande russe et privée d’accès aux médias ukrainiens ces dernières années, la position politique de l’écrasante majorité des résidents des territoires occupés n’est pas pro-ukrainienne.
À cet égard, il est nécessaire de donner aux résidents des territoires occupés la possibilité de quitter le territoire de l’Ukraine et de se rendre en fédération de Russie pour y établir leur résidence permanente dans un délai d’un mois.
Les mesures suivantes devraient être prises à l’égard des résidents des territoires occupés, qui ne voudront pas saisir l’occasion de quitter l’Ukraine après cette période, notamment pour déterminer leur degré de complicité dans les activités des groupes armés illégaux et des administrations d’occupation.
Il est également nécessaire d’établir une liste des personnes qui travaillaient dans des entreprises enregistrées auprès de l’administration de l’occupation et qui payaient des « impôts » au budget de l’administration de l’occupation et de celles qui étaient sous le contrôle des autorités de l’occupation, des entreprises industrielles, des organisations publiques et autres institutions.
Selon le degré de complicité, leur appliquer des mesures pénales, administratives ou éducatives. En vue de réukrainiser les habitants des territoires occupés, les réinstaller dans les régions centrales ou occidentales de l’Ukraine.
Dans le même temps, les personnes déplacées temporairement qui, en 2014-2015, ont quitté les territoires occupés et se sont installées dans les régions de l’Ukraine, sans vouloir se soumettre aux autorités d’occupation, devraient bénéficier de toutes les conditions nécessaires pour retourner sur les lieux de leur ancienne résidence.
Ce sont ces gens, patriotes de l’Ukraine, qui peuvent et continueront à restaurer le Donbass. Ils devraient recevoir tout le soutien matériel et moral nécessaire. 
»

Vous ne rêvez pas, ce que semble proposer Danilov (si le document est authentique) n’est ni plus ni moins qu’une épuration ethnique digne de ce qui a eu lieu dans l’ex-Yougoslavie. Quand près de 9 personnes sur 10 en dans les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) ne sont pas pro-ukrainiennes, on comprend que ce plan est inacceptable et ne peut que susciter dégoût et rejet de la part de la population et des autorités des deux républiques (ces dernières ont d’ailleurs vivement réagi à ce document).

Aucun pays civilisé et respectant le droit international n’imposerait à la majorité de la population d’une région d’être déportée à l’étranger ou rééduquée en étant envoyée dans une autre région, pour avoir simplement refusé le résultat d’un coup d’État soutenu par, et utilisant des néo-nazis (parce qu’il n’y a pas plus d’occupation russe du Donbass qu’il n’y a d’arbre à spaghettis). Je rappelle que l’épuration ethnique est un crime contre l’humanité !

De telles des méthodes sont dignes des ancêtres idéologiques des autorités ukrainiennes actuelles à savoir les collaborateurs des Nazis. Et le fait qu’après la fuite de ce document il n’y a eu aucune réaction officielle de la part du gouvernement ukrainien, (ni confirmation de l’authenticité du document, ni infirmation et démenti du contenu ou de la méthode proposée) montre qu’il y a de bonnes chances que le document soit authentique.

Car si ce n’était pas le cas et que Zelensky était réellement l’ennemi des néo-nazis ukrainiens, qu’il voulait appliquer les accords de Minsk et faire la paix avec le Donbass, il aurait immédiatement démenti l’authenticité du document et déclaré que de telles méthodes sont inacceptables. Or là il n’y a rien, et comme le dit le proverbe « qui ne dit mot consent ». Si Zelensky ne dénonce pas le document c’est qu’il consent à ce qui y est écrit, et qu’il y a donc de bonnes chances qu’il soit authentique. CQFD.

Je pense même que la fuite a été organisée par Kiev. Pourquoi ? Pour rendre l’application des accords de Minsk impossible. Un point important du plan de scénario chypriote de Kolomoïski-Zelensky.

Saboter complètement les accords de Minsk

Car pour amener leur plan sur la table, il leur faut justifier qu’il est impossible d’appliquer les accords de Minsk. Et quoi de mieux que la menace d’une épuration ethnique façon solution croate dans le Donbass pour braquer les deux républiques populaires et s’assurer qu’aucun compromis ne pourra être trouvé lors des négociations.

Comme l’indique Bezsonov, maintenant Zelensky doit mettre sur la table des négociations des conditions inacceptables pour bloquer totalement le processus de Minsk. Une fois arrivé au point de blocage il proposera d’introduire une mission de casque bleus, ce qui sera refusé aussi.

Il pourra alors jouer à Caliméro devant les Occidentaux, prétendant avoir tout fait pour faire revenir la paix, mais puisque cela ne marche pas il ne reste qu’à couper temporairement le Donbass qui n’est pas sous son contrôle du reste de l’Ukraine pour mettre fin au conflit, et le tour sera joué.

La preuve ? Vadim Pristaïko, ministre ukrainien des Affaires étrangères l’apporte lui-même dans une déclaration récente, où il dit clairement que si appliquer les accords de Minsk prend trop de temps, et si cela n’avance pas lors de la prochaine réunion au Format Normandie (qui devrait avoir lieu le 9 décembre), alors l’Ukraine se réserve le droit de sortir de ces accords et de chercher d’autres moyens de rétablir la paix (en soulignant que cela ne plairait probablement pas aux partenaires occidentaux). Il n’est pas possible de faire plus clair.

Ces propos rejoignent ceux de Zelensky lors de sa conférence de presse marathon où il avait fixé un délai maximum d’un an pour mettre en œuvre les accords de Minsk.

L’autre fait qui montre que l’Ukraine n’est pas pressée d’appliquer les accords de Minsk, c’est la réaction de Kiev à la déclaration de Vladimir Poutine sur le retrait des troupes. En effet, maintenant que le désengagement des forces a eu lieu sur les trois sites pilotes, le président de la fédération de Russie a appelé à étendre le désengagement le plus vite possible à la totalité de la ligne de front.

La réponse de Kiev est claire comme de l’eau de roche : il n’y aura pas d’autre désengagement des forces tant que la réunion au Format Normandie n’aura pas eu lieu. En bref, Kiev a appliqué en freinant des quatre fers les quelques points qui étaient nécessaires pour que la réunion ait lieu, mais hors de question d’appliquer réellement les accords de Minsk, puisqu’il est prévu d’utiliser cette fameuse réunion pour les saboter et montrer aux Occidentaux qu’il est impossible de les appliquer.

L’autre point important du plan de scénario chypriote c’est la préparation de l’opinion publique ukrainienne, qui bat son plein depuis le mois de septembre. Les propos disant que la population du Donbass est infectée par le « virus pro-russe », et qu’il faut s’en séparer pour protéger l’Ukraine de l’infection, se multiplient dans les médias ukrainiens. Comme nous l’avons vu il y a peu, même Radio Svoboda joue le jeu et nous a sorti un micro-trottoir parfait pour convaincre les Ukrainiens qu’il vaut mieux laisser les deux républiques populaires de côté.

Comme on peut le voir le plan de Kolomoïski se déroule jusqu’ici sans accroc majeur, et il nous reste à attendre le 9 décembre pour voir de quelle manière Zelensky va saboter la réunion au Format Normandie et les accords de Minsk une bonne fois pour toute, avant de sortir son « plan B » miracle comme un magicien sortant un lapin de son chapeau.

Christelle Néant

TelegramSuivez Donbass Insider sur Telegram pour ne jamais rater un article

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Difficile de ne pas écrire « J’Accuse » de plus de nos jours

Le premier article que j’ai écrit en 2004, prenant pleinement la défense de Dreyfus. Le capitaine Alfred Dreyfus, polytechnicien et artilleur, de confession israélite et alsacien d’origine.

Qui est Alfred Dreyfus ? Ce qu’il en reste de nos jours il décède à l’orée de ses 76 ans (1859-1935).

Sans retrouver ce que sa carrière lui aurait permis d’avoir, en revenant de la guerre 1914-1918.

 

Seize années plus tard et de nombreux zestes de pages noircis me font perdurer dans le sens de mon attache pour Emile Zola.

Particulièrement difficile de dissocier : les pages de la France de l’Europe, sans jumeler à certains moments : 

 

« Clémenceau, Hugo, Dreyfus, Zola, Picquart, etc. J’Accuse, Clémenceau créa « Le titre »… ! Et l’article rédigé par Émile Zola au cours de l’affaire Dreyfus fut publié dans le journal « L’Aurore » du 13 janvier 1898, n° 87, sous la forme d’une lettre ouverte au président de la République française, Félix Faure. 

 

Ce qui se passe aux portes de 2020, n’est à mon sens que le pâle reflet de ce qui fut une poignée d’hommes de ce que devrait être la France. 

 

Il est pratiquement impossible de dissocier Georges Clémenceau et le Traité de Versailles.

 

Il ne pouvait faire un meilleur choix pour la France.

 

Le film « J’accuse » vient de sortir, il n’est nullement question de parler de son réalisateur Roman Polanski.

 

J’ai lu le livre, vu le « film » un véritable chef d’œuvre. « J’accuse », est un excellent film historique sur la plus célèbre affaire judiciaire de l’histoire de France, l’affaire Dreyfus.

Le film ne la raconte pas, il nous permet de voir les réalités à travers le regard de celui sans qui elles n’auraient pas existé, le lieutenant-colonel Picquart, un officier antisémite qui a placé sa conscience au-dessus de sa carrière et de ses préjugés.

 

Je retiens de cette vision, de ces faits, que l’Affaire Dreyfus a presque réussi à tailler la France en pièces.

 

Le 5 janvier 1895, le capitaine Alfred Dreyfus est solennellement dégradé dans la cour de l’École Militaire, à Paris. Il a été condamné au bagne à vie pour haute trahison. L’« Affaire » proprement dite commence un an plus tard avec la découverte de faits nouveaux par le lieutenant-colonel Picquart, condamné en même temps que Dreyfus et libéré la même année. « Il se fâchera avec Dreyfus » Elle va troubler la vie politique française pendant plusieurs décennies.

Le rôle des intellectuels

L’affaire Dreyfus, par son retentissement, est considérée comme la pierre fondatrice de l’engagement des intellectuels à l’époque moderne. Elle a pour toile de fond un antiparlementarisme provoqué par des scandales politico-financiers, et un antisémitisme qui traverse la société française.

 

De nos jours les « Gilets Jaunes » associés aux hôpitaux, au droit au savoir, les portes se ferment sur les droits de presque tout un chacun.

 

L’agriculture se meurt, les enseignants, les pompiers, l’armée, les forces de l’ordre, l’ensemble des corps soignants, les religions empêchent les humains de cohabiter au réel sens de nos vies.

 

Le glas va sonner de plus en plus fort, les semaines à venir risquent de faire sombrer le bateau sur lequel nous sommes tous, nous avons beau faire monter, et prouver toutes nos technologies, nous coulons.

 

Nous avons chacun de nous tous les droits que la démocratie humaine il est temps et même plus de connaitre la signification de ces mots qu’ils deviennent universels.

 

« Liberté, Egalité, Fraternité » nous permettent de comprendre sans oublier surtout de vouloir les appliquer.

 

Or nous constatons, jeunes et anciens qu’en cet espace de 120 années, bien peu de choses ont été modifiés.

 

Le tout étant de tenter et essayer de connaitre le sens de ce que nous vivons, ce qui reste encore le plus grave demeure dans ce que nous laisserons.

 

Nous avons de quoi écrire de belles pages, sur tous les continents, mais ne pas laisser un analphabétisme plus grand que le tour de la terre.

 

Un tel kaléidoscope fera un désastre plus grand que pour certains de donner la vie.

 

Cela ne semblerait pas trop difficile, mais offrir la vie sans savoir aimer et recevoir la tendresse qui va avec n’a pas plus de valeurs que ce que nous subissons. 

Merci au concours de court métrage qui permet de mieux comprendre ce film et ce que nous vivons de nos jours.

Sources l’Affaire Dreyfus – Karambolage – ARTE

https://www.youtube.com/watch?v=OMvo2PX4_l0

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Le conte du troisième chimpanzé (3)

CAROLLE ANNE DESSUREAULT :

Voici le troisième article composé d’extraits du livre Le troisième chimpanzé de Jared Diamond paru en 2000 aux Éditions Gallimard pour l’édition en langue française. À noter que pour les non-initiés, ou pour rafraîchir nos connaissances, certaines définitions reliées aux sujets traités proviennent d’autres sources. Pour plus de clarté, je les ai insérées dans un encadré.

Nos origines peuvent être confirmées par l’horloge moléculaire

Ainsi, nous avons vu dans l’article précédent que les études anatomiques ne nous renseignent peu ou pas sur la distance génétique nous séparant des grands singes pas plus que sur la datation où nous avons convergé d’eux, car entre la période de CINQ MILLIONS D’ANNÉES et QUATORZE MILLIONS D’ANNÉES avant notre époque, aucun fossile de grand singe n’ayant été trouvé en Afrique.

Il y a une cinquantaine d’années, les biologistes moléculaires ont réalisé que les composés chimiques qui forment les plantes et les animaux pouvaient fournir des horloges permettant d’estimer les distances génétiques et de dater les moments de divergence dans l’évolution des lignées.

Avant de s’arrêter aux recherches de la biologie moléculaire appliquée afin de trouver une solution à la configuration de l’arbre généalogique, voici quelques définitions qui peuvent être utiles à ceux qui n’ont qu’un cours 101 en biologie et génétique.

LA MOLÉCULE, L’ATOME, LA BIOLOGIE MOLÉCULAIRE, L’HORLOGE MOLÉCULAIRE, LE GÉNOME, LE REBUT MOLÉCULAIRE, LA GÉNÉTIQUE, L’ADN, L’ARN

 LA MOLÉCULE est une structure de base de la matière. L’Union internationale de chimie pure et appliquée la définit comme une entité électriquement neutre comprenant plus d’un atome. Une molécule est un regroupement d’au moins deux atomes qui sont unis par des liens chimiques.L’ATOME est la plus petite partie d’un corps simple pouvant se combiner chimiquement avec un autre. Les atomes sont les constituants élémentaires de toutes les substances solides, liquides ou gazeuses. L’atome est composé de particules encore plus petites : d’électrons (particules chargées négativement), d’un noyau lui-même composé de protons (particules chargées positivement) et de neutrons (qui n’ont pas de charge électrique). Il existe quatre principaux types d’atomes : de carbone, d’oxygène, d’hydrogène et d’azote – au total on en dénombre plus d’une centaine.

LA BIOLOGIE MOLÉCULAIRE

La biologie moléculaire est l’étude des processus de réplication, transcription et traduction du matériel génétique. Cette discipline se situe au croisement de la génétique, de la biochimie et de la physique, et dont l’objet est la compréhension des mécanismes de fonctionnement de la cellule au niveau moléculaire. C’est en 1938 que ce terme a été utilisé pour la première fois par Warner Weaver et qui désignait également l’ensemble des techniques de manipulation d’acides nucléiques (ADN-ARN).

L’HORLOGE MOLÉCULAIRE, aussi appelée l’horloge des gènes, est un concept forgé à partir de la notion d’hérédité. Tout être vivant est une réplique d’informations transmises par la génération précédente sous la forme de molécules comme l’ADN.

Comme ces supports de stockage de l’information génétique changent progressivement au fil du temps, on peut les utiliser pour dater les changements évolutifs (c’est-à-dire les mutations génétiques) qui concernent chaque espèce et chaque individu. Certains changements n’ont aucun effet sur la structure de l’ADN, on les dit « neutres » ; ils s’accumulent dans la séquence génétique sans être corrigés ou mis au rebut par le processus de sélection naturelle.

Depuis le déchiffrement du GÉNOME, on peut se servir de ces mutations pour pouvoir comparer les espèces et en déduire leur histoire évolutive.

Toutefois, trois facteurs de l’évolution peuvent fausser l’horloge moléculaire :

Ø  l’évolution peut être convergente –différentes espèces ayant évolué de façon indépendante vers une forme similaire peut induire une erreur si on les considère comme proches parents. Une erreur, par exemple, serait de penser que les REQUINS et les DAUPHINS ont des liens serrés de parenté parce qu’ils se ressemblent, ils ont tout simplement des habitats et des proies comparables. La même chose peut se produire avec des séquences ADN ;

Ø  certains peuvent évoluer rapidement, et les changements qui en résultent peuvent se traduire par une RÉÉICRITURE de la séquence (appelée par les généticiens « saturation ») – ce qui bouleverse la relation proportionnelle entre le nombre de changements et le temps passé, ce qui fausse l’horloge. De plus, des sections du génome peuvent être dupliquées ou perdues, ou même transférées entre organismes qui ne sont pas des proches parents ;

Ø  le taux de variations génétiques n’est pas toujours parfaitement cohérent car différentes parties du génome évoluent à des rythmes différents et ces taux ont de plus changé au fil du temps. Ainsi, les généticiens ont adopté dans ces cas une solution appelée « la calibration des fossiles ». Ils s’entendent alors sur un niveau de modifications génétiques connues pour en déduire le temps écoulé.

En raison des incertitudes dans la datation des fossiles et les taux de changements évolutifs, l’horloge moléculaire ne pas être parfaitement précise. Cependant, utilisée correctement, elle est utile. Il faut aussi comprendre que le manque de précision reflète les incertitudes sur le passé.

LE GÉNOME est l’ensemble du matériel génétique d’une espèce codé dans son ADN, à l’exception de certains virus dont le génome est constitué d’ARN.

LE REBUT MOLÉCULAIRE est constitué de portions de l’ADN qui ont été dupliquées ou qui ont perdu leurs anciennes fonctions et que la sélection naturelle n’a pas éliminées de notre patrimoine.

LA GÉNÉTIQUE est l’étude des effets des différences génétiques entre les organismes.

L’ADN est une macromolécule présente dans toutes les cellules ainsi que chez de nombreux virus. L’ADN contient toute l’information génétique, appelée génome, permettant le développement, le fonctionnement et la reproduction des êtres vivants. C’est un acide nucléique, au même titre que l’acide ribonucléique (ARN). Les acides nucléiques sont, avec les peptides et les glucides, l’une des trois grandes familles de biopolymères essentiels à toutes les formes de vie connues.

Dans les cellules, l’ADN est organisé en structures appelées chromosomes. Ces chromosomes ont pour fonction de rendre l’ADN plus compact à l’aide de protéines, d’histones, qui forment avec les acides nucléiques, une substance appelée CHROMATINE. Les chromosomes participent également à la régulation de l’expression génétique en déterminant quelles parties de l’ADN doivent être transcrites en ARN.

L’ARN est un acide nucléique essentiel dans le transport du message génétique et la synthèse des protéines.

 La biologie moléculaire et la distance génétique entre nous et les grands singes

Une explication sur nos origines vient de la biologie moléculaire. En supposant qu’il existe un type de molécule se rencontrant dans toutes les espèces avec une structure particulière génétiquement déterminée et que celle-ci change lentement au cours des millions d’années en raison des mutations génétiques et que la vitesse de ce changement soit la même dans toutes les espèces, ainsi, deux de ces dernières qui seraient issues d’un ancêtre commun possèderaient au départ une forme identique de la molécule qu’elles auraient héritée de l’ancêtre. Cependant, les mutations s’accumuleraient par la suite indépendamment dans les deux espèces, déterminant des différences dans la structure de la molécule.

Supposons un exemple concret : d’après des archives fossiles, le lion et le tigre auraient divergé il y a cinq millions d’années. Si la structure d’une molécule du lion est à 99 % identique à celle de la même molécule chez le tigre, la structure de cette molécule ne diffère donc que de 1 % entre les deux espèces.

Si on découvrait chez deux autres espèces, pour lesquelles on ne dispose pas de fossiles, une différence de 3 % dans la structure de la molécule en question. Sur la base de l’horloge moléculaire, on dirait que ces deux espèces ont divergé il y a trois fois cinq millions d’années, soit quinze millions d’années.

Des ornithologues obtiennent des résultats grâce à leur travail sur l’horloge moléculaire

Dans les années 1970, les biologistes moléculaires découvrirent que la molécule convenant le mieux à ces recherches était l’acide désoxyribonucléique ou ADN, la structure en double hélice enroulée autour d’un axe, découverte en 1953 par James Watson et Francis Crick.

Les ornithologues et taxinomistes Charles Sibley et John Ahlquist font des recherches sur l’horloge moléculaire. Ils ont procédé à l’application la plus massive des méthodes de la biologie moléculaire jamais faite à la taxinomie. Ces chercheurs ont mis en œuvre leur technique sur l’horloge moléculaire, et la cohérence interne de leurs mesures de distances génétiques, obtenues sur plus de 1 700 espèces d’oiseaux. Il faut préciser que la taxinomie des oiseaux est un domaine de recherches difficile en raison de fortes contraintes anatomiques imposées par le vol, et aussi des processus distincts tel qu’attraper des insectes en plein vol, si bien que les organismes de cette classe qui ont des mœurs analogues tendent à avoir une anatomie très semblable quels que soient les ancêtres dont ils sont issus.

Les chercheurs Sibley et Ahlquist ont obtenu des mesures de distances génétiques sur plus de dix-huit mille paires hybrides d’ADN d’oiseaux, ce qui atteste la validité de leurs résultats.

Ce n’est qu’en 1984 qu’ils publient leurs résultats sur les origines de l’homme en appliquant les mêmes techniques fondées sur l’ADN. Globalement, leur étude comparait l’ADN de l’homme avec celui de tous nos plus proches apparentés : le chimpanzé commun, le chimpanzé pygmée, le gorille, l’orang-outang, deux espèces de gibbons et sept espèces de singes non anthropomorphes de l’Ancien Monde.

À quel moment notre propre espèce et l’espèce de grand singe qui nous la plus proche ont-elles pour la dernière fois possédé un ancêtre commun ?

Tel que prédit, la plus grande différence génétique mise évidence par un grand abaissement du point de fusion de l’ADN hybride se situe entre l’ADN des singes non anthropomorphes et celui de l’homme ou de n’importe lequel des grands singes. L’ADN des singes non anthropomorphes est à 93 % semblable à celui de l’homme et des grands singes, il y a donc une distance génétique de 7 %.

L’homme et les grands singes sont donc plus étroitement apparentés que chacun d’eux ne l’est à tous les singes non anthropomorphes.

Ainsi, l’ADN de l’homme diffère de 1,6 % de celui du chimpanzé commun et du chimpanzé pygmée bonobo. Les ADN sont semblables à 98,4 %. Quant à l’ADN du gorille, il diffère du nôtre et de celui des chimpanzés de 2,3 %. Quant à l’ADN de l’orang-outang, il y a une différence de 3,6 % avec celui de l’homme, du gorille ou des deux espèces de chimpanzés.

Entre la différence d’ADN des singes non anthropomorphes et celui de l’homme et des deux chimpanzés, et du gorille et de l’orang-outang, se situe l’ADN des deux espèces de gibbons (qui sont les plus particuliers des grands singes tel que mentionné dans le dernier article) avec une différence de 5 %.

Finalement, il est bon de souligner que les ADN les plus semblables sont ceux du chimpanzé commun et du chimpanzé pygmée bonobo qui sont à 99,3 % identiques ne différant que de 0,7 %.

TABLEAU DE L’ARBRE GÉNÉALOGIQUE DES PRIMATES SUPÉRIEURS

Le tableau ci-dessus explique clairement la séparation de notre ancêtre commun avec les chimpanzés. Puisque la distance génétique est de 1,6 % nous séparant des deux chimpanzés, et environ la moitié de celle séparant ceux-ci de l’orang-outang de 3,6 %, nous avons dû suivre seuls notre propre voie durant à peu près la moitié des douze à seize millions d’années dont a disposé l’orang-outang pour s’éloigner génétiquement des chimpanzés.

La lignée évolutive de l’homme et celle des autres chimpanzés ont divergé il y a environ six à huit millions d’années. Et le gorille se serait séparé de l’ancêtre commun des trois chimpanzés il y a environ neuf millions d’années. Et le chimpanzé commun a divergé du chimpanzé pygmée il y a environ trois millions d’années.

CONCLUSION

  • le gorille a dû se détacher de notre arbre généalogique un peu avant que nous nous séparions de la lignée du chimpanzé commun et du chimpanzé pygmée-bonobo ;
  • ce sont ces derniers – et non le gorille – qui sont nos plus proches apparentés ;
  • ou autrement dit, le plus proche parent des chimpanzés n’est pas le gorille, mais l’homme.

 

À SUIVRE

 

SOURCES

Theconversation.com

Wikipedia

Google images

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

L’armée ukrainienne viole le cessez-le-feu dans la zone de retrait de Petrovskoye

Malgré le lancement réussi du retrait des troupes et des équipements militaires dans la zone de Petrovskoye, l’armée ukrainienne a violé le cessez-le-feu dans la zone de désengagement deux jours d’affilée. Entre ces tirs et la déclaration du chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Ukraine juste avant que le retrait ne commence, la République Populaire de Donetsk (RPD) s’inquiète de la réelle mise en œuvre du désengagement dans cette zone pilote.

Il faut dire que ce retrait des troupes et des équipements dans la zone de Petrovskoye, a fait l’objet de rebondissements dignes d’un feuilleton télévisé. Et qu’au vu des derniers rebondissements en date, il y a de quoi s’inquiéter à juste titre.

Un retrait des troupes en mode « valse à trois temps »

Après l’échec de la tentative de retrait des troupes des 9,10 et 11 octobre, puis de celle du 4 novembre, une nouvelle date devait être fixée lors d’une réunion des groupes de contact à Minsk.

Il a alors été proposé d’organiser une réunion par vidéo-conférence le 8 novembre, évitant ainsi à chacune des parties de devoir envoyer quelqu’un jusqu’à la capitale Biélorusse, ce qui permettait d’accélérer la prise de décision.

Mais Kiev n’a pas répondu à la proposition d’organiser cette vidéo-conférence le 8 novembre, provoquant son annulation pure et simple. Devant ce sabotage manifeste, l’OSCE a alors joué les intermédiaires entre la RPD et l’Ukraine afin d’obtenir l’accord de Kiev pour lancer le retrait le 9 novembre, avec succès.

Samedi 9 novembre à 13 h, la milice populaire de la RPD a tiré une fusée éclairante blanche, depuis Petrovskoye, pour indiquer qu’elle était prête à lancer le désengagement. L’armée ukrainienne a répondu, puis des fusées vertes ont été lancées et le retrait des troupes a pu commencer sous la supervision de l’OSCE.

L’armée ukrainienne viole le cessez-le-feu dans la zone de retrait

Mais alors que le processus n’est pas terminé (après le retrait des soldats, la zone doit être déminée, et les fortifications et autres infrastructures militaires détruites), l’armée ukrainienne a violé par deux fois le cessez-le-feu.

Les premiers tirs ont eu lieu dimanche 10 novembre 2019 à 9 h46. Les soldats ukrainiens ont ouvert le feu depuis le village de Bogdanovka (qui est sous leur contrôle) vers le village de Petrovskoye avec des armes légères. Le chef adjoint de la mission de surveillance de l’OSCE, Mark Etherington se trouvait à Petrovskoye au moment des tirs.

Et aujourd’hui, à 13 h 30, l’armée ukrainienne a de nouveau ouvert le feu en direction de la zone de retrait de Petrovskoye avec des mitrailleuses lourdes et des armes légères.

Ces violations du cessez-le-feu dans la zone de Petrovskoye alors que le désengagement est toujours en cours sont un mauvais signe, et montrent que l’Ukraine continue de vouloir saboter le retrait des troupes et des équipements.

Mises en garde de la RPD face aux provocations américaines et ukrainiennes

Un sabotage approuvé et soutenu par les patrons américains, comme le montre la déclaration du chargé d’affaires de l’ambassade américaine en Ukraine, William Taylor, qui, le 7 novembre, deux jours avant le lancement du retrait des troupes a jeté de l’huile sur le feu en disant qu’une fois que l’armée ukrainienne se serait retirée de la zone, la police ukrainienne et la garde nationale iraient sur place pour assurer la sécurité.

Or le désengagement des troupes inclut toutes les forces armées ukrainiennes et pas seulement l’armée en tant que telle, comme a dû le rappeler le chef de la RPD, Denis Pouchiline.

« Cette approche non professionnelle et négligente du représentant des États-Unis à cet égard est inacceptable, car elle risque d’induire certains responsables ukrainiens en erreur. Nous voudrions rappeler au diplomate des États-Unis d’Amérique qu’en vertu de la décision-cadre du Groupe de contact trilatéral sur le désengagement des troupes et des équipements, aucune formation armée ne peut en aucun cas être présente dans les zones de désengagement. Seuls les officiers du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu peuvent être présents. C’est la seule exception. Malheureusement, nous sommes une fois de plus confrontés à l’interprétation contradictoire et perverse de la décision-cadre par l’Occident », a déclaré le chef de la RPD.

Denis Pouchiline a ensuite menacé de mesures symétriques si jamais Kiev appliquait les idées de William Taylor.

« Je déclare de manière responsable qu’en cas de présence de représentants de la police ukrainienne et des gardes nationaux dans les zones de désengagement, des représentants des services de sécurité de la République – le Ministère de la sécurité d’État (MGB) et le Ministère de l’intérieur – seront également présents dans ces zones, de manière symétrique et en miroir. Et le processus de désengagement sur les nouveaux sites ne sera pas possible », a conclu le chef de l’État.

Le chef de la RPD a été rejoint dans la critique de cette démarche non-constructive par le représentant en chef de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC), Rouslan Iakoubov, qui a rappelé le contenu du point n°8 de la décision-cadre

« En ce qui concerne le paragraphe 8 de la décision-cadre, nous attirons l’attention sur le fait que ni l’armée ukrainienne, ni la Garde nationale, ni la police ne peuvent être présentes dans la zone de désengagement. Selon l’addendum au Paquet de mesures, l’expression « forces armées ukrainiennes » englobe toutes les formations armées ukrainiennes », a déclaré le représentant.

Si le chef de la RPD a fustigé une interprétation erronée de la décision-cadre par les patrons occidentaux de l’Ukraine, Rouslan Iakoubov leur reproche de ne même pas avoir lu les documents des accords de Minsk.

« Apparemment, les curateurs occidentaux ne passent pas beaucoup de temps à lire les documents officiels des accords de Minsk, ce n’est que de cette manière que de telles déclarations peuvent être expliquées. Nous voudrions également rappeler que des unités de la Garde nationale, comme Azov, et d’autres semblables, sont connues dans tout le Donbass pour leurs crimes contre les civils qui constituent un génocide », a déclaré le représentant de la RPD au sein du CCCC.

Rouslan Iakoubov a aussi tenu à rappeler le but du désengagement afin de souligner le non-sens que représente la déclaration de William Taylor, et exprimé l’espoir que ses déclarations ne seront pas appliquées par Kiev.

« De plus, la déclaration de Taylor contredit le bon sens. L’essence du désengagement est précisément de retirer les troupes et les équipements des deux parties à une distance suffisante pour empêcher les bombardements et permettre une désescalade générale de la situation sur la ligne de contact. Par conséquent, la question qui se pose aux diplomates occidentaux est la suivante : quel peut être le règlement pacifique du conflit si des forces armées, dites nationalistes, reviennent sur les positions abandonnées par d’autres forces armées ?

Nous recommandons à M. Taylor d’examiner de plus près les documents de Minsk, en particulier la décision-cadre. Nous ne pouvons qu’espérer que sa déclaration sera perçue par tous les esprits raisonnables comme un malentendu et ne servira pas de guide pour les actions des dirigeants ukrainiens. Sinon, tous nos efforts pour reprendre le désengagement et visant à instaurer la paix seront vains : si des représentants des forces de sécurité ukrainiennes pénètrent dans ces zones, la tension y restera la même, seul le nom des forces armées et l’uniforme de leurs représentants changeront, » a conclu le représentant.

Espérons que ces mises en gardes seront entendu côté ukrainien, faute de quoi, le retrait des troupes et des équipements militaires à Petrovskoye pourrait bien se solder une fois de plus par un échec, par la faute de Kiev.

Christelle Néant

TelegramSuivez Donbass Insider sur Telegram pour ne jamais rater un article

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Thèses d’Urgeiriça sur la Révolution d’octobre

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 9 novembre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 9 novembre 2019.

SITUATION MILITAIRE

01’04″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
02’26″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
02’41″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

04’18″- Le retrait des troupes et des équipements a commencé à Petrovskoye

ÉVOLUTION DE LA SITUATION EN UKRAINE

10’18″- L’initiateur de Mirotvorets en charge de la sécurité des journalistes
20’15″- Saison de chauffage en danger à cause des dettes de gaz
29’30″- Des centaines de villages disparaissent en Ukraine

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

31’14″- Zelensky joue les mythomanes à propos du « génie ukrainien »

39’10″- Conclusion (lien vers l’analyse du micro-trottoir de Radio Svoboda)

TelegramSuivez Donbass Insider sur Telegram pour ne jamais rater un article

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

RPD – L’Ukraine sabote une fois de plus le retrait des troupes à Petrovskoye

Après la tentative ratée des 9, 10 et 11 octobre 2019, l’Ukraine et la RPD s’étaient pourtant mises d’accord pour une nouvelle date de lancement du retrait des troupes et des équipements militaires à Petrovskoye, fixée au 4 novembre.

Après la réussite du retrait opéré à Zolotoye, une once d’espoir était apparue sur la possibilité de mener enfin le désengagement à Petrovskoye.

Des espoirs très vite refroidis par les déclarations du ministre ukrainien de la Défense, Andreï Zagorodniouk, qui dès le 1er novembre a annoncé qu’il fallait repousser la date de lancement du processus de retrait des troupes à Petrovskoye à cause de tirs qui ont eu lieu dans la zone de retrait le 29 octobre.

Le problème c’est que la chaîne ukrainienne N°5 qui présente l’information, dit que l’OSCE a enregistré les tirs, puis publie l’interview d’un soldat qui dit que c’est la milice populaire de la RPD qui a tiré.

Sauf que les rapports de l’OSCE disent tout le contraire : les tirs venaient des positions ukrainiennes !!! Un fait complètement occulté tant par le « média » ukrainien que par le ministre de la Défense.

Voici les extraits des deux rapports publiés les 30 et 31 octobre concernant ces incidents dans la zone de désengagement :

Rapport de l'OSCE concernant Petrovskoye du 30 octobre

Rapport de l'OSCE concernant Petrovskoye du 31 octobre

Dans les deux cas, l’OSCE a clairement entendu des tirs le 29 octobre venant du Sud Ouest à au moins 1 km d’eux. Or si on regarde une carte de la zone, au Sud-Ouest de Petrovskoye à minimum 1 km, ce sont les positions ukrainiennes qui se trouvent là.

Carte de Petrovskoye

Il n’était donc pas bien difficile pour mes « collègues » de la chaîne 5 d’obtenir l’information juste en allant regarder les rapports de l’OSCE, puis une carte, plutôt que de publier une fausse information.

Fausse information qui sert en prime de justification à ce nouveau sabotage par l’Ukraine du retrait des troupes et donc des accords de Minsk. Il est quand même incroyable de voir le ministre ukrainien de la Défense justifier de reporter le retrait des troupes à cause des tirs de sa propre armée, qu’il essaye pitoyablement de faire passer pour ceux de la milice populaire.

J’étais sur place aujourd’hui pour voir si le désengagement serait lancé ou non, et j’ai pu assister à l’échec du retrait des troupes.

À 13 h 00, la milice populaire a tiré une fusée éclairante blanche, indiquant qu’elle était prête à mener le désengagement de ses troupes, puis a attendu en vain une réponse pendant près de 30 minutes. Devant l’évidence que l’armée ukrainienne ne tiendrait pas ses engagements, il n’y a pas eu d’autres tirs de fusées, contrairement à la tentative du 10 octobre.

Voir le reportage vidéo complet :

Devant l’évidence du sabotage du retrait des troupes et de l’application des accords de Minsk par l’Ukraine, le service de presse du quartier général de l’Opération des Forces Interarmées n’a rien trouvé de mieux à sortir que de prétendre que la tentative de la milice de la RPD de mener le désengagement aujourd’hui était une « provocation ». Là on touche le fond du foutage de gueule…

Entre cette déclaration délirante (puisque je rappelle que la date du 4 novembre avait été convenue et acceptée par l’Ukraine lors de la réunion des groupes de contact à Minsk) et la fake news géante de la chaîne 5 et du ministre ukrainien de la Défense, on doit vraiment se pincer pour vérifier qu’on est bien éveillé, et qu’on n’est pas tombé dans la 4e dimension.

La représentation de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) a d’ailleurs commenté cette manipulation.

« De telles déclarations démontrent le manque de crédibilité du commandant en chef, qui avait déjà annoncé que le retrait était prévu le 4 novembre. En outre, de telles actions de la part de la partie ukrainienne sont de nature manipulatrice, constituent un sabotage flagrant des accords de Minsk et une tentative de changer tous les accords en leur faveur », a déclaré la représentation de la RPD au sein du CCCC.

La ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova a pour sa part demandé à l’OSCE de condamner ce énième sabotage de Kiev.

« Nous exigeons que le manquement de l’Ukraine à ses obligations soit condamné lors de la réunion du Conseil permanent de l’OSCE. Nous informons également que nous allons examiner la situation lors de la prochaine réunion du Groupe de contact à Minsk », a-t-elle déclaré.

Personnellement je doute sincèrement que l’OSCE fera quoi que ce soit pour condamner ces sabotages à répétition, malgré leur évidence. Cette passivité de l’organisation chargée de surveiller l’application des accords de Minsk, et des pays occidentaux garants de ces mêmes accords permet à l’Ukraine de jouir d’une impunité totale. Pourquoi donc se mettrait-elle à appliquer les accords de Minsk si personne ne lui reproche ses sabotages de ces mêmes accords ?

En attendant, pas de retrait des troupes, pas de réunion au Format Normandie. Il serait temps que Zelensky cesse cette technique du « un pas en avant, deux pas en arrière », qui ne le mènera nulle part, et surtout pas à la réunion qu’il insiste tant pour obtenir. Car pour rappel, Vladimir Poutine a clairement posé ses conditions pour organiser cette réunion. Si ces conditions ne sont pas remplies (et le retrait des troupes à Petrovskoye en fait partie), il n’y aura pas de réunion. C’est pourtant simple à comprendre.

Ce cirque médiatico-tragico-pathétique ne sert qu’à faire perdre un temps précieux à tout le monde. Et pendant que ce temps est perdu par certains, d’autres continuent de perdre la vie sous des tirs qui ne devraient plus avoir lieu depuis plus de cinq ans, si la France, l’Allemagne et l’OSCE faisaient leur travail correctement.

Christelle Néant

TelegramSuivez Donbass Insider sur Telegram pour ne jamais rater un article

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Liban: un soulèvement au parfum de «révolution»

RENÉ NABA — Ce texte est publié en partenariat avec www.madaniya.info.

Article de Roger et René Naba, co-auteurs de l’ouvrage Liban: Chroniques d’un pays en sursis Éditions du Cygne – 2008

Un rapide coup d’œil sur les mouvements populaires du Liban contemporain donnera à saisir la nouveauté du soulèvement de 2019.

Le Liban a connu 2 espèces de hirâq cha‘bi: les «en interne» qui portent sur les conditions de vie (cherté de la vie, salaires, ordures, etc.) et les «en externe» qui portent, eux, sur sa politique étrangère (pro-français/anti, pro-nassérisme/anti, pro-résistance palestinienne/anti, etc.).

Seuls les deuxièmes parce qu’ils remettaient en jeu l’identité du Liban se sont engendrés en crise de régime pendant que les premiers se résorbaient facilement. Or c’est la 1ere fois qu’un soulèvement «en interne» donne lieu à une crise de régime qui, en outre, s’inscrit dans la durée.

Les insurgés

Nous donnons à ce mot son sens à minima: action de se révolter, de contester non seulement les autorités, mais tout le système confessionnel, sans recourir à la violence. Les insurgés donc s’essaient à la politique – et c’est une première – hors cadre des confessions. Ils ne font pas encore peuple au sens moderne et révolutionnaire, mais ne se constituent plus en sujets passifs et confessionnalisés. Ils sont dans un entre-deux, l’avenir seul dira ce qu’il adviendra de leur destin.

La classe politique

La classe politique est une machine seulement orientée vers sa propre reproduction dans les affaires et non vers la résolution de problèmes. Elle n’a toujours pas pris la mesure du divorce qui la sépare de «ses administrés» qu’elle continue d’ailleurs à traiter comme tels.

Des obstacles cognitifs expliquent l’élaboration de ses réponses qui s’avèrent être systématiquement en décalage avec la réalité inédite portée par les «insurgés»: ses réponses sont inadaptées en ce qu’elles proviennent de ce qui est en train de mourir pour interpréter la nouvelle donne.

En ce qui concerne l’hypothèse d’une intervention étrangère

Il parait impropre de faire usage du terme intervention étrangère, au sens stricto sensu, à l’exemple de l’OTAN en Libye, du déferlement des groupements terroristes islamistes en Syrie, de l’agression pétromonarchie, voir même de l’invasion américaine de l’Irak. Non pas tant par manque de désir d’intervenir des puissances régionales et étrangères dans cet «état-tampon», mais par manque de relais. Les intervenants potentiels paraissent à la recherche d’éventuels interlocuteurs crédibles, alors que le soulèvement n’a toujours pas de leaders reconnus.

L’explosion populaire qui a secoué le Liban en Octobre 2019 a révélé tout à la fois le degré de corruption et d’incompétence de ses élites dirigeantes, en même temps que la précarité de sa population du fait d’une gestion de son économie par une oligarchie d’état; la vulnérabilité politique d’un pays soumis à une tutelle de fait des pays Occidentaux; enfin, dernier et non le moindre des facteurs,  l’effet pernicieux de son système constitutionnel, régit par un pacte non écrit institutionnalisant le confessionnalisme, c’est-à-dire la répartition des charges publiques au plus haut niveau de l’état sur une base religieuse.

La réponse des libanais à la feuille de route de sortie de crise proposée par Saad Hariri, le chef du gouvernement, un factotum des desiderata occidentales et pétro monarchiques, a été sans équivoque. Une foule d’une ampleur jamais vue a déferlé vers le siège de la Banque du Liban, le symbole de l’oligarchie bancaire libanaise. Une première qui pourrait constituer un tournant décisif dans le mouvement citoyen et l’avenir politique du pays.

C’est aussi une réponse aux tentatives visant à détourner la colère populaire d’un mouvement spontané qui a pris de court la caste politique.

Les tentatives visant à attiser les dissensions interconfessionnelles, –notamment le rôle pernicieux de Samir Geagea, l’ancien chef milicien des Forces Libanaises, ancien allié émérite d’Israël désormais servant docile de l’Arabie saoudite–, de s’attribuer les mérites du soulèvement ou de dresser la société civile contre son armée, ont été jusque-là vaines
Vaines et piètres tentatives, face à une jeunesse qui n’accepte aucune entourloupe politique, réitérant avec force son exigence première: Le départ de ces compradors politico-financiers.

Devant le temple de la corruption, le siège de la Banque du Liban, les manifestants sont allés droit au but en brandissant les banderoles houspillant Riad Salamé, le gouverneur de la banque en ces termes: «Riad, le voleur». A bas le règne de la Banque centrale libanaise et le Liban renaîtra ».

Ancien gestionnaire du portefeuille du milliardaire Rafic Hariri au sein du groupe «Merryl Lynch», Riad Salamé est le protecteur de l’oligarchie bancaire libanaise. Inamovible gouverneur de la Banque du Liban depuis près de trente ans du fait d’un véto américain quant à son éviction, Riad Salamé nourrit le vœu secret d’accéder à la présidence de la République libanaise. Pour ce faire, il a cherché à donner des gages à l’administration xénophobe et populiste de Donald Trump en se missionnant comme un exécutant zélé des sanctions américaines, illégales au regard du droit international, contre le Hezbollah et ses sympathisants.
Cette marche vers la banque du Liban a fait trembler l’oligarchie qui a toujours joué sur la corde des conflits confessionnels et la protection des anciennes puissances coloniales pour pérenniser son pouvoir. Une situation qui rapproche de jour en jour les libanais du gouffre de la faillite.

A l’instar des Algériens, les Libanais demandent  le départ de tous le symboles népotiques de la corruption.
Opération de diversion, Najib Mikati, important dirigeant sunnite de Tripoli (Nord Liban), un ancien premier ministre, et, dernier et le moindre des élements, un milliardaire prospère, rival du milliardaire en faillite Saad Hariri, a été jeté en pâture à l’opinion.

Une action judiciaire a été enclenchée contre lui, impliqué ainsi que son frère Taha et ses enfants dans plusieurs affaires de corruption et de trafic d’’influence. Plusieurs lignes de crédits leur ont été octroyées par le patron de Banque du Liban, la semaine précédant sa nomination à la tête de l’exécutif, en 2011. La famille Mikati qui détient un réseau d’entreprises dont une compagnie de téléphonie mobile, aurait amassé a elle seule, des milliards de dollars. Rien que la superficie des biens immobiliers connus de la famille Mikati est estimée à 2 millions de mètres carrés.

Le ciblage de Najib Mikati vise en fait à écarter de la compétition un rival potentiel à M. Saad Hariri et à masquer la calamiteuse gestion des Finances Publiques opérée pendant près de quinze ans par le tandem Rafic Hariri Fouad Siniora et la non moins désastreuse gestion des Télécommunications par le tandem pro harieien formé par MM. Abdel Rahman Youssef (Ogero)-Jamal Jarrah. En toute impunité.

Le hic est que les médias locaux comme les médias des pays traditionnellement «amis du Liban et des droits de l’homme» abordent timidement les affaire liées au maillage du système corrompu qui maintient le pays sous tutelle étrangère.
La loi de l’omerta s’explique par le fait que la quasi-totalité des chaines et des journaux libanais ont bénéficié de près de 38 millions de dollars à taux d’intérêt zéro. Des sommes replacées dans d’autres banques avec des dividendes avoisinant les 10%. Riad Salamé tient le robinet où la pieuvre vient s’abreuver.

De soulèvement authentiquement populaire, la contestation pourrait dévier vers une tentative de mise sous tutelle financière du Liban par les instances internationales, à l’effet de brider le Hezbollah, le fer de lance du combat anti israélien.
A l’arrière-plan d’une série de défaites spectaculaires, tant au Yémen, qu’en Irak, qu’en Syrie, l’alliance israélo-américano-wahhabite pourrait chercher à compenser au Liban sa déconfiture stratégique au plan régional, sous couvert de revendications populaires légitimes.

Pour aller plus loin sur ce sujet, cf ce lien :  https://www.madaniya.info/2016/02/26/liban-2005-2015-d-une-revolution-coloree-a-l-autre/

Ce bouleversement intervient alors que le président libanais Michel Aoun s’apprêtait à une normalisation des relations entre la Syrie et le Liban, gelées depuis le déferlement djihadiste en Syrie, en 2011. La normalisation syro-libanaise devrait favoriser le retour de près de 1,5 millions de réfugiés syriens dans leur pays d’origine. De même la réouverture des frontières entre la Syrie et l’Irak, via le poste de Boukamal, devrait favoriser le transit des produits agricoles libanais vers l’hinterland arabe et soulager l’économie libanaise, affectée par les sanctions unilatérales américaines contre le Hezbollah libanais et ses sympathisants pour les contraindre à souscrire à la transaction du siècle.

La transaction du siècle prévoit une subvention économique de six milliards de dollars au Liban en contrepartie de l’octroi de la nationalité libanaise aux 500.000 réfugiés palestiniens présents au Liban. La subvention ne serait pas versée en une seule fois, mais s’étalerait sur plusieurs années et les Palestiniens seront naturalisés, mais «sans égalité de droits» avec les Libanais, -des «citoyens de seconde zone» en somme-, selon les dispositions du plan mis au point par le spécialiste de l’immobilier Jared Kushner, mais néanmoins gendre du président Donald Trump.

Le plan Jarred Kushner pourrait faire écho au fameux plan Henry Kissinger, du nom de l’ancien secrétaire d’état américain qui avait estimé que «le Liban était une erreur», proposant en conséquence, dans la décennie 1970, le remplacement des populations chrétiennes libanaises par les réfugiés palestiniens en contrepartie d’une émigration des chrétiens libanais vers les Etats Unis. Le plan Kissinger a été l’un des facteurs ayant contribué à la guerre civile.

Le Hezbollah libanais a été le premier à réclamer du gouvernement d’engager une lutte contre la corruption, bien avant le soulèvement populaire. Son chef, Hassan Nasrallah s’est opposé à la démission du gouvernement et a enjoint à ses partisans de cesser toute manifestation, redoutant une dérive fatale et la récupération politique du mouvement par la mafiocratie libanaise, la caste féodalité clanique qui gangrène le pays depuis son indépendance.

Si le Liban devait basculer à nouveau dans une guerre civile –la troisième depuis son indépendance en 1943 – la première en 1958, la deuxième en 1975-1990- il donnerait alors raison a posteriori au journaliste Georges Naccache, selon lequel «deux négations ne font pas une nation», signant par la même l’échec du projet libanais d’une coexistence pluri-communautaire libanaise.

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 2 novembre 2019

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire filmé le samedi 2 novembre 2019.

SITUATION MILITAIRE

07’31″- Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
09’44″- L’armée empêche les drones de l’OSCE d’observer la ligne de front
10’20″- Présence de pièces d’armement lourd près de la ligne de front côté ukrainien
12’12″- L’armée ukrainienne amène des enfants sur la ligne de front

DIPLOMATIE – ACCORDS DE MINSK

17’06″- Nouvelle tentative de retrait des troupes prévue à Petrovskoye le 4 novembre

ÉCONOMIE

27’09″- La RPD organise son premier forum international d’investissement

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

44’00″- Macron humilie l’Ukraine
46’51″- Un député du parti de Zelensky se fait attraper en train de solliciter les services d’une prostituée pendant une session parlementaire

48’11″- Conclusion

TelegramSuivez Donbass Insider sur Telegram pour ne jamais rater un article

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

En Amérique Latine, le néolibéralisme est en feu

Par Pépé Escobar Sur Saker

Le néolibéralisme est, au sens propre du terme, en train de brûler. Et de l’Équateur au Chili, l’Amérique du Sud, une fois de plus, montre la voie. Contre l’austérité vicieuse et universelle du FMI, qui déploie des armes de destruction économique massive pour briser les souverainetés nationales et favoriser les inégalités sociales, l’Amérique du Sud semble enfin prête à reprendre le pouvoir de forger sa propre histoire.

Trois élections présidentielles sont en cours. La Bolivie semble avoir été réglée dimanche dernier, alors que les habituels suspects crient encore « Fraude ! ». Pour l’Argentine et l’Uruguay nous saurons dimanche prochain. [ Macri vient d’être battu, laissant la place à Alberto Fernandez, vainqueur au 1er tour avec plus de 48% des votes, NdT].

 

Nous vous proposons cet article de Pepe Escobar car il présente la synthèse de la pensée des gauches réformistes que nous pouvons résumé en trois apories: 1) les élections sont la voie de l’émancipation des populations et il faut observer quelle marionnette politique remplacera la précédente (sic). 2) Nous vivons sous la gouvernance « néolibérale » que les populations n’ont qu’à remplacer pour se libérer (se libérer de quoi précisément Pepe?). 3) L’activité des politiciens et des institutions internationales comme le FMI a pour objectif de : « briser les souverainetés nationales et favoriser les inégalités sociales » (sic). La petite bourgeoisie gauchiste n’apprend jamais de ses expériences comme celles de Peron en Argentine, Lula au Brésil, Allende au Chili, Castro à Cuba, Chavez au Venezuela, Morales en Bolivie et tous les autres gouvernements de gauche qui ont alterné avec des gouvernements de droite « néolibéraux », que Pepe ferait mieux d’appeler des gouvernements capitalistes de gauche ou de droite.  Du pareil au même, voilà pourquoi l’Amérique latine est toujours aussi miséreuse après un siècle d’alternance capitaliste « dirigiste » ou « libéraliste ». Robert Bibeau. http://www.les7duquebec.com

 


Le retour de bâton contre ce que David Harvey a magnifiquement conceptualisé comme une accumulation par dépossession est, et continuera d’être, sévère. Cela finira par atteindre le Brésil – qui, à l’heure actuelle, continue d’être déchiqueté par les fantômes «Pinochetistes». Le Brésil, après d’immenses souffrances, finira par se relever. Finalement, les exclus et les humiliés de toute l’Amérique du Sud découvrent qu’ils portent en eux un Joker.

Le Chili privatise à tout va

La question posée par la rue chilienne est directe : « Quel est le pire, échapper aux impôts ou envahir le métro ? » Tel est le calcul de la lutte des classes. Le PIB du Chili a augmenté de 1,1% l’an dernier alors que les bénéfices des plus grandes entreprises ont augmenté dix fois plus. Il n’est pas difficile de trouver comment l’énorme fossé a été creusé. La rue chilienne s’oppose au fait que l’eau, l’électricité, le gaz, la santé, la médecine, les transports, l’éducation, le salar  (les mines) d’Atacama, même les glaciers, ont été privatisés.

C’est une classique accumulation par dépossession, et le coût de la vie est devenu insupportable pour l’écrasante majorité des 19 millions de Chiliens, dont le revenu mensuel moyen ne dépasse pas 500 dollars.

Paul Walder, directeur du portail Politika et analyste du Centre latino-américain d’analyse stratégique (CLAE), note que moins d’une semaine après la fin des manifestations en Équateur – qui ont forcé le vautour néolibéral Lénine Moreno à abandonner une hausse du prix du gaz – le Chili est entré dans un cycle très similaire de manifestations.

Walder définit, à juste titre, le président chilien Sebastian Pinera comme la dinde d’un banquet qui dure depuis longtemps et qui implique toute la classe politique chilienne. Il n’est donc pas étonnant que la rue chilienne, très en colère, ne fasse plus de différence entre le gouvernement, les partis politiques et la police. Pinera, comme on pouvait s’y attendre, a criminalisé tous les mouvements sociaux, envoyé l’armée dans la rue pour une répression totale et instauré un couvre-feu.

Pinera est le 7e milliardaire le plus riche du Chili, avec des actifs évalués à 2,7 milliards de dollars, répartis dans les compagnies aériennes, les supermarchés, la télévision, les cartes de crédit et le football. C’est une sorte de Moreno turbocompressé, un Pinochet néolibéral. Le frère de Pinera, José, était ministre sous Pinochet, et c’est lui qui a mis en œuvre le système social privatisé du Chili – une source clé de désintégration sociale et de désespoir. Et tout est lié : l’actuel ministre brésilien des Finances, Paulo Guedes, un Chicago Boy, a vécu et travaillé au Chili à l’époque, et veut maintenant répéter cette expérience absolument désastreuse au Brésil.

Le pire est que le « modèle » économique que Guedes veut imposer au Brésil s’est totalement effondré au Chili. (Il n’y a pas des « modèles » économiques capitalistes – il n’y en a qu’un seul où le capital appui sur la pédale de gauche ou sur celle de droite selon ses besoins. NDLR)

La principale ressource du Chili est le cuivre. Historiquement, les mines de cuivre appartenaient aux États-Unis, mais elles ont ensuite été nationalisées par le président Salvador Allende en 1971, d’où le plan du criminel de guerre Henry Kissinger d’éliminer Allende, qui a culminé avec le 11 septembre 1973.

La dictature de Pinochet a plus tard reprivatisé les mines. La plus grande d’entre elles, Escondida, dans le désert d’Atacama – qui représente 9% du cuivre mondial – appartient au géant anglo-australien Bhp Billiton. Le plus gros acheteur de cuivre sur les marchés mondiaux est la Chine. Au moins deux tiers des revenus générés par le cuivre chilien ne vont pas au peuple chilien, mais à des multinationales étrangères.

La débâcle argentine

Avant le Chili, l’Équateur a été en état de semi-paralysie : écoles inactives, pas de transports urbains, pénuries alimentaires, spéculation galopante, graves perturbations sur les exportations de pétrole. Sous le feu de la mobilisation de 25 000 autochtones dans les rues, le Président Lénine Moreno a lâchement laissé un vide de pouvoir à Quito, transférant le siège du gouvernement à Guayaquil. Les peuples autochtones ont pris en charge la gouvernance dans de nombreuses villes importantes. L’Assemblée nationale a déserté pendant près de deux semaines, sans même la volonté d’essayer de résoudre la crise politique.

En déclarant l’état d’urgence et le couvre-feu, Moreno a déroulé un tapis rouge pour les forces armées – et Pinera a dûment répété la procédure au Chili. La différence est qu’en Équateur, Moreno a misé sur la division et la domination entre le mouvement des peuples autochtones et le reste de la population. Pinera doit recourir à la force brute.

En plus d’appliquer les mêmes vieilles tactiques d’augmentation des prix pour obtenir d’autres fonds du FMI, l’Équateur a également laissé voir l’articulation classique entre un gouvernement néolibéral, les grandes entreprises et le proverbial ambassadeur étasunien, en l’occurrence Michael Fitzpatrick, ancien secrétaire adjoint pour les affaires de l’hémisphère occidental responsable de la région andine, du Brésil et du Cône Sud jusqu’en 2018.

Le cas le plus évident d’échec total du néolibéralisme en Amérique du Sud est celui de l’Argentine. Il y a moins de deux mois, à Buenos Aires, j’ai été témoin des vicieux effets sociaux du peso en chute libre, d’une inflation à 54%, une urgence alimentaire de facto et l’appauvrissement de secteurs les plus solides de la classe moyenne. Le gouvernement de Mauricio Macri a littéralement cramé la majeure partie du prêt de 58 milliards de dollars du FMI – il reste encore 5 milliards de dollars à verser. Macri est sur le point de perdre les élections présidentielles : Les Argentins devront payer son énorme facture.

Le modèle économique de Macri ne pouvait qu’être celui de Pinera – en fait celui de Pinochet, où les services publics sont gérés comme une entreprise. Un lien clé entre Macri et Pinera est la Fondation ultra-néolibérale pour la liberté parrainée par Mario Vargas Llosa, qui peut au moins se vanter de la qualité rédemptrice d’avoir été un romancier décent, il y a longtemps.

Macri, un millionnaire disciple d’Ayn Rand et incapable de faire preuve d’empathie envers qui que ce soit, est essentiellement un code chiffré, préfabriqué par son gourou équatorien, Jaime Duran Barba, comme un produit robotique du data mining, des réseaux sociaux et des focus groups. Une vision hilarante de ses angoisses peut être lue Dans La Cabeza de Macri : Como Piensa, Vive y Manda el Primer Presidente de la No Politica, de Franco Lindner. [Dans la tête de Macri : Comment le premier président de la non-politique pense, vit et commande]

Parmi ses nombreuses manigances, Macri est indirectement lié à la fabuleuse machine de blanchiment d’argent qu’est HSBC. Le président de HSBC en Argentine était Gabriel Martino. En 2015, quatre mille comptes argentins d’une valeur de 3,5 milliards de dollars ont été découverts chez HSBC en Suisse. Cette fuite spectaculaire des capitaux a été organisée par la banque. Pourtant, Martino a été sauvé par Macri, et est devenu l’un de ses meilleurs conseillers.

Méfiez-vous des actions vautours du FMI

Tous les regards devraient maintenant se tourner vers la Bolivie. Au moment d’écrire ces lignes, le président Evo Morales a remporté les élections présidentielles de dimanche, au premier tour, obtenant, par une faible marge, les 10% nécessaires pour qu’un candidat gagne s’il n’obtient pas les 50% plus un vote. Morales l’a emporté à la fin, lorsque les votes des zones rurales et de l’étranger ont été entièrement comptés et que l’opposition avait déjà commencé à descendre dans la rue pour faire pression. Il n’est pas surprenant que l’OEA – au service des intérêts américains – ait déclaré son « manque de confiance dans le processus électoral ».

Evo Morales suit une politique de développement durable, inclusif et, surtout, autonome de la finance internationale. Pas étonnant que tout l’appareil du Consensus de Washington le déteste. Le ministre de l’Économie, Luis Arce Catacora, est allé droit au but : « Quand Evo Morales a gagné sa première élection en 2005, 65% de la population avait un faible revenu, maintenant 62% de la population a accès à un revenu moyen. »

L’opposition, sans aucun projet autre que celui de privatisations sauvages, et sans aucun souci de politique sociale, en est à crier à la « fraude », mais cela pourrait prendre une tournure très désagréable dans les prochains jours. Dans la banlieue chic du sud de La Paz, la haine de classe contre Evo Morales est le sport favori : le Président est traité d’« indien », de « tyran » et d’« ignorant ». Les cholos de l’Altiplano sont régulièrement définis par les élites propriétaires fonciers blancs des plaines comme une « race diabolique ».

Rien de tout cela ne change le fait que la Bolivie est maintenant l’économie la plus dynamique d’Amérique latine, comme l’a souligné l’analyste argentin Atilio Boron.

La campagne de discrédit envers Morales, qui ne peut que s’aggraver, s’inscrit dans la guerre impériale de 5eme génération qui, écrit Boron, veut faire oublier « la pauvreté chronique dont la majorité absolue de la population a souffert pendant des siècles », dans un état qui a toujours « maintenu la population dans l’absence totale de protection institutionnelle » et « a pillé les richesses naturelles et le bien commun ».

Bien sûr, les projets des vautours du FMI ne disparaîtront pas d’Amérique du Sud comme par enchantement. Alors même que les suspects habituels, via les rapports de la Banque mondiale, semblent désormais « préoccupés » par la pauvreté ; les Scandinaves offrent le prix Nobel d’économie à trois universitaires qui étudient la pauvreté ; et Thomas Piketty, dans Capital et Idéologie, tente de décortiquer la justification hégémonique de l’accumulation de la richesse.

Ce qui semble encore absolument hors de portée des gardiens du système mondial actuel est d’enquêter réellement sur le néolibéralisme pur et dur en tant que cause profonde de l’hyperconcentration de la richesse et des inégalités sociales. Il ne suffit plus d’offrir des pansements. Les rues d’Amérique du Sud sont en feu. Le retour de flamme est maintenant violent.

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)