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La possibilité d’un référendum dans le Donbass discutée lors de la dernière réunion au Format Normandie

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Par le 27 juillet 2018

Référendum DonbassSuite à la fuite dans la presse de la supposée proposition faite par Vladimir Poutine à Donald Trump, d’organiser un référendum dans le Donbass pour résoudre le conflit, les réponses officielles allaient du déni côté russe, au rejet pur et simple côté américain.

« Pour être claire : l’Administration n’envisage pas de soutenir un référendum dans l’Est de l’Ukraine – Un « référendum » n’aurait aucune légitimité. Nous continuons à soutenir les accords de Minsk pour résoudre le conflit dans le Donbass, » a déclaré Heather Nauert, du département d’État américain, sur Twitter.

Tweet Nauert

Un rejet des plus « comiques », car en sous-entendant qu’un tel référendum n’aurait aucune légitimité, les États-Unis viennent de plomber celle du référendum organisé au Kosovo pour légitimer l’indépendance de la région il y a quelques années en arrière.

L’autre point des plus « amusants » de cette réponse était bien sûr la phrase de soutien indéfectible aux accords de Minsk, alors que les États-Unis jettent constamment de l’huile sur le feu en fournissant argent et armes à l’Ukraine, et en cautionnant les violations du cessez-le-feu par Kiev, comme l’a fait récemment Kurt Volker.

La Russie n’a pas raté cette sortie d’Heather Nauert, et y a répondu avec l’ironie qu’on lui connaît, par la voix de Dmitry Polyanskiy, premier vice-représentant permanent de la Russie à l’ONU.

« C’est bon d’entendre ça ! Espérons que vous serez en mesure de faire en sorte que l’Ukraine applique enfin les accords de Minsk. Ce qui implique un dialogue avec le Donbass et l’arrêt des bombardements des zones résidentielles civiles. C’est beaucoup plus efficace que de chercher obstinément une agression russe imaginaire, » a ainsi rétorqué le représentant russe.

Tweet Polyanskiy

Décidément, comme avec leur fameuse déclaration de Crimée (qui peut là aussi être retournée contre Washington, puisqu’il y est dit qu’un État démocratique ne peut changer les frontières d’un autre État par la force, or c’est ce qu’ont fait les États-Unis dans le cas de la Serbie et du Kosovo), Washington ferait mieux de se taire plutôt que de continuer de s’enfoncer un peu plus à chaque sortie haineuse.

Quoi qu’il en soit, ce qui était encore il y a quelques jours en arrière une supposition (cette proposition d’organiser un référendum), s’est confirmé suite à la réunion au Format Normandie qui a eu lieu à Berlin.

Hier, 26 juillet, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Grigori Karassine a confirmé que la question de l’organisation d’un référendum dans le Donbass avait été discutée lors de la réunion.

« La question du référendum a été abordée, mais n’a pas été discutée en détail. Nous avons expliqué que le manque de progrès fait que tout le monde, y compris nous, pense à de nouvelles formules et de nouvelles approches, dans ce contexte il n’y a pas d’approches interdites, » a déclaré le diplomate.

« Nous ne sommes pas entrés dans les détails aujourd’hui. L’échange d’idées se poursuit », a ajouté Karassine.

Cette nécessité de trouver de nouvelles approches pour sortir du conflit vient du fait que Kiev n’est toujours pas prêt à mettre en œuvre la moindre mesure positive visant à appliquer les accords de Minsk. Selon Karassine, lors de la réunion, les différentes parties « ont fait état de l’absence de progrès significatifs dans la mise en œuvre des accords de Minsk ».

Le diplomate a déclaré qu’en dépit de la soi-disant trêve des moissons, les autorités ukrainiennes ne sont pas pressées de retirer leurs forces armées dans les zones pilotes de retrait. Il a noté que l’Ukraine refuse d’entériner « l’accord précédemment conclu sur la formule Steinmeier [ancien ministre des affaires étrangères et actuel président allemand], qui concerne le règlement de l’après-crise dans le Donbass ».

« Il semble que les autorités de Kiev ne sont pas prêtes ou ne veulent pas faire même de petits pas positifs envers la population du Donbass. Elles s’appuient sur le fait qu’il sera possible de résoudre tous les problèmes via les organisations internationales [c’est-à-dire en fait les casques bleus]. Nous pensons que ce n’est pas la bonne approche, » a conclu Karassine.

De son côté Vladimir Poutine refuse toujours de commenter en détail cette proposition de référendum.

« Je ne ferai pas de commentaires pour l’instant, c’est une question très délicate et sensible, qui doit être examinée et développée plus avant », a-t-il déclaré aux journalistes lors de la conférence de presse sur les résultats du sommet des BRICS qui s’est tenu en Afrique du Sud.

Il faut dire que le président de la fédération de Russie sait qu’il sera très difficile de faire passer cette proposition pourtant frappée au coin du bon sens. Car, contrairement à ce qu’affirme madame Nauert, quoi de plus légitime et démocratique que de demander aux principaux concernés (c’est-à-dire les habitants du Donbass) ce qu’ils veulent, et dans quel pays ils veulent vivre ?

Et que l’on ne vienne pas me parler de pressions sur les électeurs ou de référendum non-libre. Il n’y a pas plus d’occupant russe en République Populaire de Donetsk (RPD) ou de Lougansk (RPL) qu’il n’y a de beurre en branche ou d’arbre à spaghettis.

De plus l’OSCE qui est sur place sera parfaitement à même de jouer les observateurs lors de ce référendum, pour garantir sa validité (si l’organisation ne se défile pas sous des prétextes fallacieux comme lors du référendum de Crimée ou les primaires organisées en RPD et RPL en octobre 2016).

Si les pays occidentaux et leurs organisations comme l’OSCE arrêtaient de vivre dans une réalité alternative peuplée d’invasions russes imaginaires et se décidaient tous à appliquer des règles de realpolitik, le conflit du Donbass pourrait être réglé en moins de quelques mois.

S’il refuse cette solution pacifique, démocratique et légitime, l’Occident portera avec l’Ukraine toute la responsabilité, et devra répondre des morts et des souffrances supplémentaires qu’entraînera la reprise inévitable du conflit si aucune solution politique n’est trouvée.

Christelle Néant

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