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Berlin réclame la fermeture du site Mirotvorets – Il était temps !

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Son site
Par le 16 novembre 2018

MirotvoretsSe réveillant avec trois guerres de retard, l’Allemagne vient de demander à Kiev de supprimer le site Mirotvorets, qui liste depuis plusieurs années les « ennemis » de l’Ukraine et divulgue leurs informations personnelles, les exposant aux violences et assassinats (comme Oles Bouzina).

Jusqu’ici, Berlin se faisait remarquer par son silence assourdissant sur l’existence même de ce site de délation néo-nazi, qui est soutenu ouvertement par certains députés du parlement ukrainien, comme Anton Gueratchenko.

Alors pourquoi l’Allemagne vient-elle de se réveiller des années après la création de ce site qui n’a rien à envier à la Gestapo ? Car il faut rappeler que lorsque Oles Bouzina se fait assassiner après que ses informations personnelles aient été publiées sur ce site, ni l’Allemagne, ni aucun autre pays occidental ne réagit plus que cela et personne ne demande la fermeture de ce site.

Lorsqu’y apparaissent les données des habitants du Donbass, de leurs dirigeants, puis des journalistes qui y travaillent, là aussi l’Occident ne pipe mot.

La première réaction n’est venue qu’en 2016, lorsqu’une liste de journalistes qui ont été accrédités en République Populaire de Donetsk (RPD) et en République Populaire de Lougansk (RPL) est publiée sur Mirotvorets pour les jeter en pâture aux ultra-nationalistes et néo-nazis ukrainiens.

Plus précisément, au départ cette publication n’a suscité aucune réaction dans le camp occidental. Mais lorsque plusieurs journalistes européens de médias de masse, qui étaient dans cette liste, ont commencé à recevoir des menaces, l’Occident s’est réveillé de sa gueule de bois et a demandé que la liste en question soit supprimée. Ce qui fut fait.

En clair, tant que les néo-nazis ukrainiens ne menacent que des journalistes ukrainiens, russes, ou étrangers qui vivent dans le Donbass, ce n’est pas grave. Mais pas touche aux journalistes des grands médias occidentaux !

Lorsque récemment, le Métropolite Onuphre et plusieurs hiérarques de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou ont été ajoutés sur Mirotvorets, de nouveau, l’Occident s’est fait remarquer par son silence.

On se demande donc ce qui a bien pu pousser Berlin à retrouver sa langue qu’elle avait donnée (depuis fort longtemps) au chat. Et lorsqu’on découvre qui a été récemment ajouté au « purgatoire » du site, on comprend que l’Allemagne se dise que là, ça va trop loin.

Car ce n’est ni plus ni moins que l’ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, qui s’est retrouvé ajouté à la liste des « ennemis » de l’Ukraine (sic), pour ses propos concernant la réintégration de la Crimée à la fédération de Russie (qu’il a appelé à reconnaître), et la guerre du Donbass (qu’il a qualifié de guerre civile).

Pour avoir dit tout simplement la vérité, l’ancien chancelier s’est retrouvé cloué au pilori par les néo-nazis ukrainiens. Lorsque ce sont de simples journalistes hors-système, comme Patrick Lancaster, Graham Phillips (qui a même eu un contrat mis sur sa tête par Mirotvorets) ou moi-même, qui nous retrouvons dans le purgatoire de ce site pour le même « crime », Berlin s’en fiche, mais un ancien chancelier, là la pilule ne passe plus…

Pour couvrir ses propres crimes (son soutien et le fait de fermer les yeux sur les crimes de Kiev) et ceux de Washington, l’Allemagne est prête à avaler beaucoup de couleuvres, mais celle-là est trop grosse, et ça coince…

Résultat, le ministère allemand des Affaires étrangères a condamné le site Mirotvorets et demandé à Kiev de le fermer.

Le côté extrêmement tardif de la réaction allemande, qui aurait dû survenir depuis bien longtemps (si Berlin n’appliquait pas le deux poids deux mesures), a été souligné par le ministère russe des Affaires étrangères, qui a déploré qu’il ait fallu autant de temps pour que l’Allemagne réagisse enfin à l’existence de ce site inacceptable.

« Sommes-nous heureux que Berlin se soit enfin prononcé sur cette question ? Oui, nous le sommes », a déclaré Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, qui a ajouté qu’il est regrettable que cette réaction ne soit survenue que pour des « raisons ponctuelles ».

« Nous avons noté que le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères a commenté l’inclusion de l’ancien chancelier allemand Gerhard Schröder dans la base de données du site Mirotvorets. L’Allemagne a finalement admis que quelque chose ne va pas sur ce site web et qu’il serait bon qu’il cesse de fonctionner. Encore une fois, je voudrais dire que Berlin n’a fait ce commentaire qu’après que M. Schröder ait été inclus dans ses bases de données », a-t-elle ajouté.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a rappelé que la Russie a régulièrement soulevé la question de la fermeture du site Mirotvorets, qui est « engagé dans des activités absolument illégales ».

Comme pour les camps d’entraînement militaires néo-nazis pour enfants en Ukraine, l’Occident est complètement à la traîne et incapable d’appeler un chat un chat pour ne pas devoir admettre que la Russie a raison lorsqu’elle dénonce ce qui se passe en Ukraine depuis le Maïdan. Plutôt mentir ou fermer les yeux que de devoir admettre que la Russie dit la vérité depuis le début sur les dérives néo-nazies de l’Ukraine !

Et tant pis pour les conséquences… En tout cas jusqu’à ce que les dites conséquences commencent à frapper l’Occident. Là d’un seul coup, les yeux s’ouvrent et les langues se délient pour jouer les donneurs de leçon en matière des droits de l’homme, en oubliant opportunément les silences complices qui étaient de rigueur jusque-là.

« Nous avons appelé les pays occidentaux à faire pression sur le gouvernement de Kiev pour faire cesser ces activités illégales contre les médias. Cependant, comme le montre la réalité, nos partenaires occidentaux ferment simplement les yeux sur la répression contre les médias dissidents. Ils ne réagissent que lorsqu’ils deviennent eux-mêmes une cible. Nous aimerions que nos collègues occidentaux déploient des efforts permanents et cohérents – et non occasionnels – pour que le régime ukrainien respecte les normes du droit international et les obligations que l’Ukraine a contractées », a conclu Maria Zakharova.

Comme la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, j’aimerais voir les occidentaux arrêter d’appliquer un double standard meurtrier, dont la population du Donbass, le clergé de l’Église orthodoxe ukrainienne, les opposants ukrainiens et les journalistes engagés à dire la vérité font les frais.

Mais je ne me fais pas d’illusions. Il faudra attendre que l’Occident paye le prix fort pour son soutien à l’Ukraine avant d’envisager de cesser de nourrir la bête qui va le mordre.

Christelle Néant

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