Après que Kiev a inventé une clause concernant l’application stricte du cessez-le-feu pendant une semaine pour ne pas lancer le retrait de ses forces des zones pilotes de Zolotoye (en République Populaire de Lougansk – RPL) et Petrovskoye (en République Populaire de Donetsk – RPD) le 7 octobre, la nouvelle date pour le début du processus avait été fixée au 9 octobre.

L’Ukraine avait alors changé de tactique et tenté de provoquer les milices populaires en leur tirant dessus, espérant ainsi provoquer des tirs de réponse qu’elle aurait pu utiliser comme excuse. Ce plan n’ayant pas fonctionné, Kiev a opté pour le silence, refusant de tirer les fusées blanches devant indiquer qu’elle lance le retrait de ses troupes.

Une nouvelle tentative a donc été programmée pour aujourd’hui, 12 h 00. L’OSCE et les représentants de la RPD au sein du Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) étaient à Petrovskoye pour surveiller le processus. Une patrouille « miroir » de l’OSCE se trouvait en face, côté ukrainien, à Bogdanovka.

Mais avant même que le processus prévu commence, des nouvelles faisant état d’affrontements armés entre les ultra-nationalistes de la 35e brigade (stationnée à Bogdanovka) et le 3e régiment des forces spéciales des FAU (Forces Armées Ukrainiennes) nous sont parvenues sur place. La raison cet affrontement semble avoir été le retrait prévu des unités de la 35e brigade. Les ultra-nationalistes s’y sont opposés, refusant d’obéir aux ordres. Le 3e régiment des forces spéciales a alors essayé de les obliger à appliquer les ordres. En vain.

Plus tard, face aux observateurs de l’OSCE, les représentants ukrainiens au sein du CCCC diront que les soldats sont prêts à se retirer mais qu’ils n’en ont pas reçu l’ordre (voir le reportage ci-dessous). En clair, dès le départ ça partait très mal, et très vite cette impression de manque de coordination totale côté ukrainien s’est renforcée.

À12 h 00, l’Ukraine devait tirer une fusée blanche la première pour indiquer qu’elle lançait le processus de désengagement. Mais à 12 h 10, toujours rien. La RPD décide alors en accord avec l’OSCE de tirer une fusée blanche en premier, en signe de bonne volonté, et d’attendre de voir si la partie ukrainienne répond.

Devant l’absence de réponse, l’OSCE contacte sa patrouille « miroir » située côté ukrainien et demande confirmation que la fusée tirée par la RPD a été vue de leur côté. Devant la réponse affirmative de leurs collègues, l’OSCE nous demande d’attendre une heure, voir si la partie ukrainienne réagit.

Après ce délai, et alors que la milice populaire de la RPD s’apprêtait à tirer une deuxième fusée, la partie ukrainienne demande alors un délai d’une heure supplémentaire. Lorsque les représentants de la RPD au sein du CCCC demandent à l’OSCE pourquoi, la réponse laisse sans voix : les représentants ukrainiens au sein du CCCC n’étaient pas encore arrivés sur place à Bogdanovka !

Nous voilà partis pour attendre une heure de plus, pour leur permettre d’arriver, en espérant qu’une fois sur place ils vont permettre de lancer le processus de désengagement.

À 14 h, la RPD procède au deuxième tir de fusée blanche, espérant enfin une réponse. En vain. Devant le silence persistant de la partie ukrainienne, la RPD décide de tirer une fusée blanche de plus par rapport à ce qui était prévu, pour donner une ultime chance à l’Ukraine de lancer le processus de désengagement aujourd’hui.

Après une nouvelle heure d’attente, à 15 h, la milice populaire de la RPD tire une troisième fusée blanche dans le ciel. Mais toujours aucune réponse. À 16 h il était clair que le désengagement ne serait pas lancé aujourd’hui, mais les représentants de la RPD au sein du CCCC et les observateurs de l’OSCE sont restés jusqu’à la nuit tombée pour s’assurer qu’ils ne rateraient pas la réponse ukrainienne si elle arrivait sur le tard. Pour rien.

Il ne reste donc à Kiev que demain pour lancer le processus de désengagement, faute de quoi le processus de désengagement sera officiellement interrompu par la faute de l’Ukraine, et les représentants ukrainiens à Minsk vont devoir s’expliquer et renégocier une nouvelle date, repoussant d’autant la réunion au Format Normandie, dont Zelensky a tant besoin.

La RPD par contre a clairement marqué des points, l’OSCE ayant noté la bonne volonté de la RPD d’appliquer les accords signés. Les observateurs de l’organisation présents sur place ont tenu à remercier la RPD pour sa patience malgré le silence de Kiev.

Voir le reportage vidéo filmé sur place (en français) :

Christelle Néant

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