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Voix du Panda "
Allongé à l'abri d'une bâche montée sur quelques piquets, un marchand de pastèques et de melons s'étire sur sa couchette. Il y a passé la nuit au milieu de son stock. On est en juillet et c'est encore la pleine saison. La trop pleine saison, car la récolte a été surabondante. Au point que sur tous les marchés des villes, mais aussi le long des routes qui traversent les campagnes, on en voit d'énormes tas qui attendent vainement le client. « Un peu la rançon de l'économie de marché », observe un des amis chinois qui m'accompagnent : « L'an passé, les paysans ont vu que les pastèques se vendaient bien et laissaient un bon profit. Alors ils en ont tous planté pour l'année d'après. Résultat : il y en a trop et comme la Chine n'est pas encore outillée pour les conditionner et les exporter, on ne peut ni les stocker ni les expédier trop loin ». Quelques jours plus tard, je lirai dans le « China Daily » -le quotidien de langue anglaise publié à Pékin- que des tonnes de pastèques arrivent pourries sur les lieux de livraison. Les raisons du gaspillage tenaient, indiquait l'article, au manque de wagons frigorifiques, et à l'insuffisance d'un réseau ferroviaire tellement surchargé qu'il était risqué de confier au rail des marchandises périssables.
A mesure que l'heure s'avance, un marché proche s'anime. Légumes, fruits, graines de soja et, au milieu des étals, un grand bassin fait de toiles imperméables. Des dizaines de carpes s'y disputent, à grands coups de queue, le peu d'eau qu'on leur a laissé. Autour du marché, des échoppes d'autrefois avec leurs étagères de bois patinées par l'usage supportant des rangées de grands bocaux. De plus en plus nombreux, des magasins modernes aussi, aux devantures de glace et de métal. Les uns et les autres, regorgent de marchandises, qui semblent très bon marché aux yeux d'un Occidental même si les prix qu'on lui demande sont parfois, comme disent les Chinois, « tarifés pour les étrangers », c'est-à-dire largement majorés. En fonction de la réputation qu'ils ont d'être riches en même temps que peu experts dans l'art du marchandage.
On voit parfois un marchand à la sauvette ouvrir et refermer hâtivement un petit sac de toile qu'il serre contre lui comme s'il avait peur qu'on lui vole ce qui y est contenu. Tout en faisant l'article, il jette des regards inquiets autour de lui. Il offre des morceaux (réels ou prétendus) d'os de tigre et de corne de rhinocéros, aphrodisiaques réputés et produits très précieux qui font partie, à l'égal de la peau de serpent, du crapaud et de la tortue, de la pharmacopée traditionnelle chinoise. Mais la vente en est désormais interdite -donc clandestine- tigres et rhinocéros étant des espèces protégées internationalement. La loi chinoise est théoriquement très sévère à l'égard de ceux qui l'enfreignent. Elle va jusqu'à prévoir la peine de mort pour les braconniers qui abattent des pandas et certains types de cervidés. Ce commerce, même si les animaux concernés -c'est le cas pour les tigres et les rhinocéros- n'ont pas été tués en Chine, n'est donc pas sans risque.
Sur Fuxinglu, le boulevard qui croise à angle droit Wanshou Lu, s'est ouvert un magnifique supermarché. Il fonctionne touts les jours -y compris durant les fêtes officielles- jusqu'à 21 H 30, ce qui est tard pour les Pékinois qui prennent leur dîner vers 18 heures pour se coucher et se lever tôt. Cela n'empêche pas, que sur ses quatre étages, il reste bondé jusqu'à la dernière minute.
Des produits d'alimentation au prêt-à-porter et à l'électroménager, les grands magasins (le plus souvent gérés par l'Etat) offrent en abondance un très grand choix d'article. Vendeuses et caissières, intéressées à la vent, sont efficaces et rapides. Rien qui rappelle de près ou de loin les rayons vides et les longues files d'attente que l'on connaissait en URSS. En plus des marchandises d'usage courant -pour l'essentiel de fabrication chinoise- que l'on trouve également dans les boutiques de quartier, on y vend des produits de luxe importés de l'étranger. Les alcools de grandes marques -françaises notamment- y tiennent une place de choix et se livrent -en l'absence de toute interdiction légale- à une fantastique bataille d'annonces publicitaires. Devant ces rayons, les clients passent assez vite. Quelques uns montrent du doigt les prix indiqués en remuant la tête comme s'ils n'en croyaient pas leurs yeux : 350, 450 yuans (c'est-à-dire autant de francs nouveaux) pour une bouteille de cognac : Plus que le salaire mensuel d'un professeur d'université.
Mais les records de prix sont ailleurs. Dans des centres commerciaux super chics, tel celui de You Pi, ouvert en 1993, au rez-de-chaussée de l'immeuble de la Lufthansa, sur le chemin de l'aéroport. On y offre un très vieil alcool à plus de 10 000 yuans le flacon. Cela n'empêche pas la Chine d'être aujourd'hui un des plus gros importateurs mondiaux de cognac. Celui-ci figure obligatoirement dans les banquets officiels, à la table des PDG des nouvelles sociétés, -créées en « joint venture » avec des compagnies étrangères-, servi non pas comme pousse-café, mais tout au long du repas, comme s'il s'agissait d'un de table, « Offrir un repas tout entier au cognac est un must pour le nouveau riche », note le « China Daily ».
On vend aussi les marques mondiales de cravates, chaussures et chemises les plus prestigieuses et qui coûtent 5 à 6 fois plus cher que les marchandises chinoises équivalentes. Mais quelle tentation pour les parvenus de porter un vêtement avec, bien en évidence, la griffe du grand couturier ! Au point que l'on trouve aussi, en dépit des protestations des grandes marques, des marchandises vendues avec le logo d'origine, reproduit sans complexe ou avec l'ajout d'un détail, le changement d'une lettre, d'une syllabe. Le gouvernement chinois rappelle de temps à autre que de telles pratiques sont illégales. Elles ne s'en poursuivent pas moins. Les profits sont trop juteux pour que les bénéficiaires se résolvent à les abandonner sur une simple injonction officielle. Et la Chine est si grande ! Qui va aller contrôler ce qui se fait à 3 ou 4 000 kilomètres de la capitale surtout quand toute une chaîne d'intermédiaires ont également intérêt à la poursuite de ce trafic ?
La foule, dans les magasins et les rues, malgré sa densité, glisse sans encombre et presque sans bruit. Peu de lèche-vitrine. Chacun a l'air de savoir exactement où il va, la marchandise qu'il veut acheter et où il la trouvera.
Contrairement à beaucoup de peuples d'Orient -et à certaines minorités nationales du pays- la majorité des Chinois n'apprécient pas les tissus aux couleurs trop vives et les Chinoises, à quelques exceptions près, ne se fardent pas. Du moins pour l'instant, car les firmes qui fabriquent des produits de beauté multiplient les efforts pour leur en faire prendre le goût. Des élégantes, sveltes, à l'allure moderne et décontractée, dont la tenue éclatante ou la minijupe inhabituelle fait se retourner les dames plus mûres, des « soldates » à l'uniforme bleu ciel avec casquette de même couleur, galons dorés, et pantalons étroits tombant parfois sur des talons aiguilles, éclairent de quelques taches lumineuses une multitude un peu grise. Presque plus, pourtant, de costumes et casquettes « Mao ». Ceux que l'on découvre sont portés par des gens de la campagne, le plus souvent déjà assez âgés.
On est bien loin de la tristesse et de l'angoisse dans lesquelles baignent tant de villes du Tiers-Monde où la misère n'est pas seulement dans la rue mais comme inscrite dans le regard et la façon de se tenir des habitants. Personne ici, semble-t-il, dont l'occupation majeure serait, faute de pouvoir faire autre chose, de tuer le temps comme c'est le cas pour des millions d'exclus en Afrique ou en Amérique latine.L'amitié dans la proximité et le concret, tout le monde pouvait la connaître depuis longtemps. Avec Internet et le virtuel, peut-on encore parler d'amitié?
Dans le concret avec les amis locaux de proximité, il existe une foule de gradation dans les relations privilégiées humaines. Connaissez-vous un mot qui aie autant de synonymes que le mot "ami"? Sans passer à l'argot, la liste des synonymes ne serait pas complète. Les citations innombrables ne sont pas en reste non plus.
L'homme est-il sociable, ermite ou grégaire? Faut-il avoir beaucoup d'amitiés autour de soi ou peu pour bien vivre?
Avoir un ami, à quoi cela sert-il? Pour le plaisir ou les coup durs? Pour supprimer la solitude? Pour des références qui peuvent toujours servir par après? Ne dit-on pas "Les amis de mes amis sont mes amis", comme si cela était un dû dans une chaîne logique?
Toute relation humaine est fondée sur un échange d'informations, de sentiments. Le coeur ou la raison. Échanges croisés et pas nécessairement à partir et vers les même bords hiérarchiques. Ils peuvent être complémentaires ou aidés par les compromis. L'amitié se crée le plus souvent grâce à une certaine affinité de raisonnement, une envie de fréquentation courante. Cette proximité oblige parfois à jouer "masquer" pour plaire à son interlocuteur dans les conventions pour ne pas vexer. C'est son côté négatif.Mais, alors, quand la fréquentation devient virtuelle, comment peut-elle se générer et qu'en reste-t-il dans la durée? Internet et ses conversations virtuelles à des milliers de kilomètres a ajouté l'universalisé dans les relations humaines. Le tchat, les blogs commentés, les sites citoyens ont véritablement bouleversé les envies et les liens entre les hommes. Nous sommes entrés dans le monde du superficiel, pourrait-on penser, sans impact physique pour les interlocuteurs. Cela ne veut pas dire qu'il n'y ai pas de conséquences dans le moral et dans la création de relations plus vraies que dans le monde réel. Dans ce monde du virtuel, les masques tombent. Des pseudos, des avatars qui ne représentent pas la personnalité, sont les nouveaux pare feux d'Internet. Le plus souvent les textes qui sont publiés ne sont que prétextes d'entrée de jeu dans l'arène. L'auteur ne peut absolument pas évaluer la direction des commentaires. De nouvelles règles s'imposent pour canaliser les impulsions de chacun. Un lecteur qui n'aurait pas l'habitude de cet espace virtuel, en reviendrait surpris, parfois épouvanté par la violence dont il détecterait les traces. Cela peut exister. Des précautions s'imposent, c'est vrai. S'introduire dans une conversation physique, déjà en cours, pouvait aussi prendre des allures véhémentes. Les intrus ne ressortent jamais indemnes de toutes relations concrètes ou virtuelles dont il ne comprend pas la totalité de l'enjeu.
Ici, dans le virtuel, il s'agit de relations parfois bien plus intéressantes et profondes pour ce qui compte vraiment pour chacun des internautes. Rien n'empêche de ne pas entrer dans une conversation ou d'en sortir si les informations ne correspondent plus aux envies du lecteur. Personne n'en fera le reproche. Cette liberté est bien plus grande que dans le concret. Mais, sans connaître la personne qui est à l'autre bout, on parvient avec l'imagination à en faire un portrait robot moral. Le physique n'y est pas, mais le fond de l'interlocuteur se découvre plus clair, pour celui qui, avec un peu de psychologie, peut en définir les contours.
Écouter les petits tracas d'une vie ne devient plus une obligation mais une participation voulue et comprise. La vie réelle en ressort parfois bien mieux qu'avec des phrases toutes faites de l'improvisation. Le choix de se retrouver, loin de tout, oublie le physique mais impose des rapprochements plus virils, peut-être, mais bien plus vrais. Peut-être est-ce la raison que l'on y voit peu de femme dans ces sites de rencontres citoyens. Les sujets de conversations sont naturellement différents souvent et ceci explique cela.
Quand les distances et les frontières n'ont plus cours, une amitié véritable, peut-elle se former sans jamais espérer une rencontre dans le réel? Là, cela dépend des cas. Des similitudes de comportement, de réactions aux événements pourraient parfois le faire croire, mais pas toujours. Les joutes créent aussi un nouvel échange de bons et mauvais services à une humanité conglomérée qui se cherche. Il faut simplement connaître les règles du jeu et savoir, comme avec tous les média, raccrocher le combiné quand il le faut.
Construire son "moi" peut parfaitement se faire par les contacts avec les autres, de milieu, de culture totalement différents. La diversité d'idées, voilà la différence et l'avantage. Vaincre cette peur du refus de l'autre, s'investir, se découvrir plus puisque la "capote" est mise. Faire le premier pas, sans arrière pensée. Chercher la vérité universelle, plutôt que le conformisme ambiant et locale. Chance réelle de compréhension du monde dans un chemin médian. Les hommes se rencontrent, cette fois, un peu comme des atomes, mot qui garde tout son sens, dans ce cas, par son origine de "non sécable" et pour ce qui est de son caractère intransigeant avec des charges puissantes. Certains de ces atomes vont fusionner, d'autres s'éviter avec des charges identiques.
Être identique de conception n'intéresse plus vraiment. Seule la contestation est constructive pour forger l'homme qui reste ouvert et qui se recherche. La dure loi de la différence et du pluralisme d'idées ont beaucoup plus d'aspects positifs que les risques d'une rencontre entre Titans.
Une fois comprise, cette situation apporte une amitié nouvelle dans l'équilibre des forces sans faux fuyants. Ne pas s'effacer devant l'autre mais trouver un bon milieu du compromis sans compromissions devient la bonne conclusion.
Si la famille et parfois les amis de proximités, triés sur le volet, apporteront souvent le réconfort, il est vrai que ses membres sont des amis par conformité, par l'habitude ou même forcés par les convenances.
Avoir beaucoup de relations ne veut pas dire beaucoup d'amis. Dans le concret, des impératifs financiers ou autres peuvent cacher des raisons bien peu louables et loin du coeur. Accepter que l'on ne peut être amis avec tout le monde est aussi le départ du bon sens ("A cash city"). Rester critique en aparté, avec le filtre de protection de crainte de retombées sans affronter la personnalité de l'autre sont des contraintes qui n'existent plus dans le virtuel. Les critiques de l'autre bord, loin d'être toujours des attaques, sont très certainement utiles dans ces échanges de "bons procédés".
"Ce n'est pas un ami que l'ami de tout le monde.", disait Aristote
Revendiquer d'avoir des ennemis donne l'équilibre. Dans le passé, il y a eu les grandes amies "Les vamps" qui ont fait rire pendant des années.
Sur le net, l'humour est aussi une arme très utile, redoutable, même, sur la toile. Susciter celui de l'autre deviendra du grand art de la persuasion. La toile, c'est du théâtre mais sans trac. Ne pas craindre de paraître ridicule. Avoir confiance en soi est de première nécessité. Chacun a son rôle à jouer, tout dans le doigté et la finesse. Le "premier pas", il faudra choisir qui le fait. Garder le sourire sympa, le respect, ne pas frapper au départ, garder le naturel, sans dérapage, écouter, pardon lire, et apporter un complément d'expérience personnel, intéresser l'autre, critiquer mais à petites doses, mettre en confiance, rester positif sans exposer toutes ses charges et contrariétés.
Ici, rien de plus faux dans la durée que ce dicton: "Qui se ressemble, s'assemble". Bien trop morne, que de fusionner des idées qui se situent trop sur la même ligne de conduite.
La franchise peut être une entorse à l'amitié dans le monde réel. Ici, le manque de franchise et de clarté peut faire plus mal encore. Toute relation mérite analyse et recherche de la conformité du partage. C'est un pacte et l'on signe ou on passe son chemin.
Une amitié qui se créerait ainsi pourrait être plus durable car moins astreinte à des conventions dues aux rapprochements trop courants. La discussion reste le point de ralliement quand un orage survient. Clarifier les positions et trouver les points d'achoppements pour les dénouer. Le Modus vivendi est probablement moins difficile à surmonter pour les raisons d'éloignement dans le temps et l'espace. Les réconciliations se passent dans la communication jamais dans le silence. Bouder n'est plus la solution.
"Celui qui n'est plus ton ami ne l'a jamais été" disait encore Aristote.
Polluer la vie de l'autre avec la sienne ne sera jamais une preuve d'amitié mais un étalage de ses propres tares ou bons coups.
Les synonymes de "ami et amitié" sont innombrables comme je le disais: acolyte, adepte, allié, alter ego, amant, amateur, amical, aminche, camarade, coalisé, collègue, compagnon, compère, confident, connaissance, copain, copine, familier, frère, intime, partisan, pote, proche, relation,... peut-être faudra-il y ajouter un nouveau sur la toile: l'amiweb.
En mars, Test Achat faisait une enquête au sujet des plus de 65 ans. Les résultat présentaient leurs besoins et leurs manques. Le manque principal était justement d'avoir de véritables amis. Amis auxquels se confier lors d'une crise, de problèmes. 6% d'entre eux se plaignaient même de n'avoir aucun ami, d'être isolés. La famille, bien que précieuse, n'apportait pas la totalité de leurs besoins.
Oublier ce qu'est un ami, un camarade, un copain, du moment qu'il y a l'ivresse des moments privilégiés des deux côtés de la table des négociations virtuelle ou bien concrète.
J'ai joué à l'enfoiré, une nouvelle fois. Cela n'est pas exclu. Quand, il y a bonne amitié durable, il y a toujours échange de procédés. Rien de grave, pourtant, l'amitié et c'est un scoop, se porte toujours bien à qui veut en donner les prémisses.
La solitude entre les "plis" des rencontres, c'est aussi une chance de rester zen. Se parler à soi-même, mélanger ses conflits et ses complexes ne sont pas toujours des maux en soi, malgré la chanson de Serge Reggiani qui en parlait de cette solitude ressentie et mal vécue. Il ne faut pas la détester. Gilbert Bécaud chantait même que la « Solitude, ça n'existe pas ». Cette fois, dans le virtuel, elle pourrait ne plus exister vraiment.
En tout, l'amitié, c'est intéresser l'autre par la présence de l'esprit et du coeur.
C'est là que le terrain virtuel ou concret se gagne ou se perd.
L'enfoiré,
Citations:
"Trois sortes d'amis sont utiles, trois sortes d'amis sont néfastes. Les utiles : un ami droit, un ami fidèle, un ami cultivé. Les néfastes : un ami faux, un ami mou, un ami bavard.", Confusius
"Mon ami signifie mon esclave. Mon cher ami veut dire vous m'êtes plus qu'indifférent.", Voltaire
"Il n'y a pas d'ami, il n'y a que des moments d'amitié.", Jules Renard
Sud Marocain, protectorat français, an de grâce 1947.
Noël s'écoulait, bercé par le flux, reflux de la divine baie d'Agadir une des plus grande et belle au monde. Les chalutiers familiaux nommés ainsi depuis 1640 : du Tabarca 1 au Tabarca je ne sais plus combien formaient la grande Armada.
Selon les rapports parentaux tous étaient amarrés, pour annoncer ma naissance, ils avaient de l'avance ou moi du retard :
Lampions allumés.
Etant signe du verseau, tout comme un poisson je naviguais dans des eaux qui me demeureront toujours inconnues, il en va de même pour tous les nouveaux nés.
Janvier s'écoula, tout se confondant avec les allées venues, les sorties, les entrées de leurs bateaux, ces derniers ayant repris la mer entre temps.
Le 3 février à 21h30 de l'année 1947, c'est marqué sur un papier, presque toute la famille habitait la même maison.
Je rêve, les premiers symptômes de mon arrivée se manifestèrent vers 18 heures dixit ma mère.
Je suis incapable de dire comment je suis arrivé, à l'évidence du médecin, de la sage-femme, ma Mère me serrait sur son cœur à 21 h 30.
Je venais grandir le cercle de famille composé déjà de deux enfants, il y avait ce que l'on appelle un frère, de son prénom José, une sœur Lidovina, on décida sans me demander mon avis, de me baptiser d'un prénom qui me sied ô combien mal ! Placide.
Est-ce la grossesse, l'accouchement qui avait été calme ? Je n'ai jamais pu avoir la raison, l'origine à priori serait un oncle que je ne connu jamais puisque décédé avant mon arrivée comme les prénoms d'antan.
Ne croyez surtout pas ce prénom facile à porter, vous allez le comprendre.
Je me débaptisais à l'âge où je croyais que j'étais en mesure de le faire, contrairement aux tablettes de la Loi, de mon Etat-civil. Les gens qui me connaissent de près hormis mes parents, m'appellent Patrick et le tour de force c'est que ce prénom figure y compris sur certains documents officiels qui dit mieux ?
Quelle gageure, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, certains de mes documents officiels portent le prénom de Patrick, alors qu'il est mon propre souhait tant je détestais ce prénom.
Je n'ai jamais connu les causes réellement exactes, je crois que je ne les connaîtrai jamais, qui m'amenèrent durant les 15 premières années de ma vie à me promener, à m'amuser d'hôpital en hôpital : Agadir, Casablanca, Oran, Alicante, Lyon.
Pour moi la vie commence en 1962, tout du moins c'est l'impression que j'en ai. Je pense qu'il est plus facile de faire pleurer les gens que de les intéresser, de les aider.
Je n'ai pas la prétention de supporter sur mes épaules que je refuse faibles, toute la misère du monde.
Il est certain, que ce je cherche avant tout dans la mesure de ce que me permet de faire ma plume, d'aider les autres à ne pas commettre les mêmes erreurs que mes Parents, moi-même avons commises.
L'hôpital était devenu mon Univers, la façon épistolaire dont j'ai pu fréquenter l'école primaire, me laisse un goût d'amertume des tas de manques.
Même à l'heure actuelle, si j'ai réussi à franchir certains caps, c'est avec force que je puis dire à la face du monde : gardez votre pitié, sachez être les hommes, les femmes que vous avez choisi de devenir.
Il est indiscutable qu'enfant j'ai abusé de ma position, qui pendant de nombreuses années m'a obligé à me traîner ventre à terre, j'ai fait rire le cercle de certains immondes adultes.
Je découvrais avec nombre d'années de retard, ce que je considère comme étant un abus de société, puis pour moi une thérapie, un dévidoir, une mise au point voir plus c'est une évidence.
Je me souviendrai, n'oublierai jamais un instituteur, un professeur, le premier s'appelait Monsieur Sanchez, la deuxième Madame Rouquette.
Il est vrai que lorsque certains sens vous manquent, les autres se développent plus rapidement. C'est sûrement grâce à ces deux personnes, que j'ai mon Certificat d'Etudes Primaires avec Mention.
Cela était dur de courir sur les plages, de vivre les railleries de certains enfants où là, seule la vérité éclatait au grand jour.
Je ne compterai pas le nombre de conneries accumulées, toutes plus pendables les unes que les autres.
Je ne sais pas si à l'époque, mon esprit était confus, étais-je un enfant compliqué dans sa structure ?
Les rares haltes que j'ai pu faire au domicile patriarcal me permettent de dire de façon indiscutable que ma
Patrick Juan a l'âge de 5 ans, soutenu pour se déplacer
Un petit rappel historique en ces temps troublés où l’on constate un regain de la piraterie avec pour illustration les mésaventure du Ponant au large des Côtes somaliennes . Les détroits , passages obligés dans les liaisons maritimes , sont des lieux privilégiés pour les actes de piraterie , et des endroits comme le golfe d’Aden et le détroit de Malacca ont toujours été des endroits dangereux .Le détroit du pas de Calais , situé sur une des routes maritimes les plus fréquentées n’échappe pas à la règle et fut un haut lieu de la piraterie .
On ne sait si des actes de pirateries se produisaient à l’époque où morins et atrébates peuplaient la région et s’ils cherchaient à perturber le commerce entre la Gaule et la Bretagne occupées d’alors , la région était aussi mal contrôlée que peut l’être l’Irak d’aujourd’hui , les romains ne quittant guère les villes de garnison et les voies terrestres , ailleurs c’était risqué , ces tribus de celtes rangés parmi les tribus belges qualifiées par César de celtes les plus braves étaient en rébellion ouverte .c’est du territoire des morins peu soumis et du port de Portus Itius qui devait devenir ultérieurement Boulogne sur mer que César embarque pour soumettre l’île de Bretagne , quoique Emile Mourey donne lui un autre site pour situer ce port. Quoi qu’il en soit , les navires échoués dans les parages après les tempêtes devaient être aussitôtpillés par les populations très hostiles .
Le haut Moyen âge fut une période faste pour la piraterie dans la région et les vikings venus du Nord ,essentiellement danois mais aussi quelques norvégiens ,mettaient à feu et à sang toute la région , pillant villes , église et abbayes à l’époque où St omer était encore un port . Ils remontaient les cours de l’Escault et de l’Yser sans problème et leurs bateaux à fond plats étaient bien utiles pour s’aventurer sur d’autres rivières à faible tirant d’eau. Sigfrid le Danois fit fortifier la ville de Guînes - Wikipédia et celle-ci servit de place forte aux viking qui piratèrent et pillèrent joyeusement dans la région, prenant de nombreuses villes et se servant de la région comme base arrière pour leurs opérations de l’autre coté de la Manche . jusqu’à ce qu’Arnould le vieux lui donne sa fille en mariage et le transforme ainsi en vassal du comte de Flandres , ramenant ainsi la paix dans la région.
Le Nord pas de Calais fut un endroit ravagé par les multiples conflits du moyen âge dont la guerre de cent ans et nombreuses furent les armées qui pillèrent la région dont la population souffrit également beaucoup des famines et de la peste noire .En cette période trouble sévissaient des naufrageurs depuis les côtes flamandes jusqu’au cap gris nez et dont on dit qu’ils allumaient des feux pour induire les navires en erreur et les faire s’échouer et les pilleurs d’épaves s’en donnaient à cœur joie .
Mais l’âge d’or de la piraterie dans le détroit du pas de Calais se situe entre 1568 , début de la guerre entre l’Espagne et les Provinces Unies et 1713 date du désarmement du port de Dunkerque au traité d’Utrecht , l’Angleterre exigeant d’être débarrassée de ce pistolet pointé sur le coeur de Londres. Dunkerque et les Corsaire dunkerquois - Wikipédia menèrent la vie dure à tous les bateaux marchands passant par le chenal naturel que constitue le détroit du pas de Calais où il était très risqué de s’aventurer à l’époque . Dunkerque tomba sous la coupe des rebelles hollandais en 1577 et les capitaines dunkerquois s’en prenaient aux navires espagnols. Par la suite , après la reprise en 1583 par le duc de Parme pour le compte de l’Espagne , elle devient la tête de pont du monde catholique au contact des protestants ( anglais et hollandais ) et les câpres dunkerquois ( Kippers = pirates en hollandais ) ou Dunkirkers pour les Anglais s’en prennent à leurs navires . C’est une période chaotique où se font et défont les alliances et où les villes changent fréquemment d’occupants . Ainsi Calais débarrassée des anglais en 1558 fut plusieurs fois occupée par les espagnols avant d’être définitivement aux mains des français. Idem pour Dunkerque dépendant tour à tour de la France , de l’Angleterre ou de l’Espagne . Si les pirates s’en prennent à n’importe quel navire et méritent tout juste d’être pendus où jetés par-dessus bord , les Corsairessont protégés par des lettres de marque , une autorisation de pirater pour le compte du pavillon sous lequel ils naviguent , moyennant leur part du butin et sous certaines conditions. Ce sont en quelque sorte des mercenaires , et sont bien utiles aux pays qui n’ont pas les moyens d’avoir une vraie marine de guerre pour mener le combat naval à leur place . On arme alors de nombreux navires pour la course , l’activité corsaire , beaucoup plus rentable que le rançonnage des pêcheurs .
Dunkerque devenue Française en 1646 , les activités des corsaires dunkerquois sont encouragées sous Louis XIV par Colbert qui voit en eux une force d’appoint au désespoir des hollandais qui croyaient en avoir fini avec cette menace ,et le Port abrite alors une centaine de capitaines corsaires dont le fameux Jean Bart qui a sa statue en bonne place. Dunkerque est très bien située pour cetteactivité car c’est un piège naturel pour ceux qui ne connaissent par les passages à travers les bancs de sable fort nombreux dans le secteur . Le corsaire dunkerquois a servi de modèle au monde entier , la frégate dunkerquoise s’imposant comme le navire idéal pour la course contre la plus part des navires Glossaire des navires de l’époque , les galions , navires militaires étant lourds et peu maniables. Dunkerque , Calais et Boulogne pratiquent de concert la guerre de course et les corsaires dunkerquois font de nombreuses prises .Ils sont fortement aidés par les fortifications , chenaux et écluses construites sous l’impulsion de Vauban. Certains corsaires , comme le dunkerquois Jakobsen ou le boulonnais Panetié entrent par la suite dans la marine royale. Marine royale et corsaires dunkerquois firent à eux seuls 3000 des 7000 prises françaises durant cette période qui perdura après la mort de Jean Bart , personnage symbolique de la guerre de course. Le port de Calais muni de cinq forts reçut à lui seul plus de mille captures et l’escadre du nord multiplia les exploits avec le célèbres capitaines Tourouvre , Saint Pol , La Luzerne et Forbin. Le traité d’Utrecht mit fin à cette période faste de l’histoire maritime du Nord Pas de Calais qui consacra l’utilisation des corsaires comme appoint indispensable à la marine de guerre .
La révolution, l’hostilité affichée de l’Angleterre , les guerres napoléoniennes et le blocus continental qui en découlèrent remirent un temps la course à l’honneur . C’est pendant cette période que s’illustra un célèbre corsaire calaisien, Thomas Souville , surnommé par les anglais « cap’tain Tom » , qui fit de nombreuses captures jusque dans l’estuaire de la Tamise et reçut la légion d’honneur en 1811 .La chute de l’empire allait entraîner celle de la course dans la région et Tom Souville finit sa vie paisiblement en convertissant les richesses accumulées dans le transports des malles de courrier vers l’Angleterre , puis comme capitaine sur un navire transmanche .
Le détroit du Pas de Calais est toujours le plus fréquenté au monde , passage obligé vers Rotterdam , Anvers et Hambourg , mais dans ses eaux vous ne croiserez des navires remplis de gueux des mers , câpres ou autres corsaires. Reste le folklore et tous les ans a lieu à Dunkerque pendant le carnaval le fameux bal des corsaires, clin d’œil à ce passé qui fit de la ville le plus grand port français de son époque .
Les temps de cotisation sont très inégaux même au sein des différents régimes spéciaux .
T.REX : Hé Michel ! Après cette mise en boite, je reprendrais bien une bière ! Michel E.LECLERC : Dégage, sale con !