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Les Quartiers Sensibles des Banlieues (3/3)
Le Panda 2009-04-02 09:00:04
2-3- La progression de la délinquance et du sentiment d’insécurité
La croissance du sentiment d’insécurité apparaît comme un symptôme majeur de la détérioration de la qualité de vie dans les quartiers. Un sondage réalisé par la SOFRES en mars 1999 montre que 74% des Français estiment que l’insécurité est “très préoccupante”, voire “extrêmement préoccupante”, mais ils ne sont pourtant que 13% à porter le même jugement sur leur quartier.
L’effet de loupe produit par la médiatisation des faits incriminés peut sans doute expliquer le décalage entre l’insécurité ressentie et celle qui est subie localement. Il n’en reste pas moins que le quotidien des cités est parsemé d’incidents, de signes visibles d’agressivité, de manifestations d’incivilités et parfois d’actes de délinquance caractérisée.
Si les crimes de sang n’ont cessé de régresser depuis un siècle, les “petites choses” ont augmenté. Toutes les statistiques montrent effectivement que la courbe de croissance de la délinquance a connu une inflexion très nette depuis le milieu des années 1960. À partir de cette période, les vols (vols à la roulotte, vols à latire, vols de véhicule, etc.) doublent pratiquement tous les dix ans.
Les variations régionales sont importantes : Auvergne, Bretagne et Limousin conservent de faibles taux de criminalité tandis que les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon, et l’Ile-de-France progressent le plus.
2-4 Des chiffres qui demandent à être interprétés
Cependant il importe de souligner que les statistiques officielles ne prennent en compte qu’une fraction de la criminalité et de la délinquance, celle qui parvient à la connaissance de la police ou de la gendarmerie, ou celle qui est repérée par ces instances.
Ces statistiques officielles sont d’abord représentatives de l’activité des services et dépendent des procédures d’enregistrement. Il existe une partie cachée de la criminalité qui n’est pas connue du système pénal.
C’est ce que les auteurs anglo-saxons Biederman et Reiss ont popularisé en 1967 sous les termes “the dark figure of crime”, le “chiffre noir” de la criminalité. Pour répondre à ces critiques, certains auteurs ont prôné, depuis les années 1950, une amélioration de l’instrument de mesure.
Par exemple, l’Américain Sellin, ancien Président de la société internationale de Criminologie, a proposé en 1964, sous la présidence Johnson, des éléments standardisés d’objectivation pour établir les catégories dans lesquelles doivent être classés les crimes ; il a défini également des critères de pondération pour déterminer le degré de gravité du délit.
Une deuxième option, soucieuse de mieux cerner le fossé apparemment infranchissable qui sépare la criminalité apparente de la criminalité cachée a conduit au développement d’instruments alternatifs pour estimer le taux de criminalité.
C’est le cas des sondages de victimisation qui ont été institués aux États-Unis dès le milieu des années 1960 par la Commission Katzenbach (President’s Commission on Law Enforcement and Administration of Justice) et reprises en France depuis une dizaine d’années par Philippe Robert sous le nom « d’enquêtes de victimation ».
Il s’agit dans ce cas de traiter de la sécurité sous l’angle de la victime en procédant à des enquêtes directes auprès d’un panel d’individus (en posant par exemple la question suivante : « Avez-vous été victime d’une agression ou d’un acte de violence au cours de l’année dernière, y compris de la part de personne que vous connaissiez ? ».
Au final, tout chiffrage en matière de criminalité doit être soumis à la critique, ce qui n’interdit pas, pour autant, de discerner les grandes tendances.
2-5 Une délinquance juvénile en augmentation
En dépit de ces réserves, on observe que la délinquance des mineurs, après avoir augmenté faiblement jusqu’en 1990, a connu une forte progression entre 1990 et 2001.
Selon les statistiques du ministère de l’Intérieur, le nombre des mineurs mis en cause par la police est passé de 73 000 environ en 1975, à 98 300 en 1990, 154 000 en 1998 et plus de 175 000 en 2001. Dans l’ensemble des mises en cause, la part des mineurs représentait, en 1998, 18% du total contre 10% environ en 1975.
En ce qui concerne les destructions et dégradations de biens, le nombre des mineurs mis en cause s’élevait à 24 158 en 2001 : ces infractions concernent le tiers des mis en cause (contre le quart en 1992). Les taux de récidive ont également augmenté ; ils concernent aujourd’hui plus de 40% des mineurs mis en cause.
En revanche, le nombre de mineurs jugés a beaucoup baissé : il est passé selon le ministère de la Justice, de 58 600 en 1975 à 50 400 en 1990 et à 45 300 en 1998. Cet aspect cumulé avec la forte réduction des mineurs incarcérés a pu laisser croire jusqu’en 2001 que les mineurs bénéficiaient d’une certaine impunité, alors qu’ils s’inscrivent souvent dans d’autres circuits de réinsertion.
Il va de soi que ces sources n’appréhendent qu’une partie du phénomène, celle qui est enregistrée et traitée par la police à la suite d’un dépôt de plainte. Les enquêtes de “victimisation”, effectuées en France par le CREDOC et l’Institut des hautes études de la sécurité intérieure, et visant à estimer le nombre de personnes ayant réellement été victimes d’actes délictueux ou criminels, concluent que 80% de délits spécifiques (violences individuelles, petits vols ou “emprunts”, par exemple) ne seraient pas signalés.
Par ailleurs, il faut savoir que le champ statistique de la délinquance juvénile ne couvre pas les contraventions, les actes de police administrative (traitements des fugues de mineurs par exemple...), les infractions liées à la circulation routière et les délits constatés par les administrations spécialisées (impôts, douanes, travail).
Malgré les lacunes et incertitudes statistiques, on observe globalement un changement de nature de la délinquance des mineurs. D’abord, les délinquants apparaissent de plus en plus jeunes, comme on l’a vu au cours des émeutes de 2005 : il s’agissait souvent de mineurs âgés de 11 à 15 ans.
En 2001 déjà, selon les chiffres fournis par la police nationale, les mineurs demoins de 16 ans représentaient 12% des personnes interpellées et 48% des mineurs mis en cause. Certains d’entre eux ne distinguent pas nettement le permis du défendu.
Une partie des délits (graffitis, tags, bruits intempestifs, non respect du code de la route, vols à l’étalage ou à la caisse, etc.) sont banalisés à un point tel qu’ils ne sont pas perçus comme des infractions. A posteriori, toutes les justifications sont possibles de la part des plus grands - depuis la société qui “opprime”, ou fait preuve de “racisme”, jusqu’à l’entreprise qui “exploite”.
Le comportement des filles - qui représentent environ 10% des mineurs délinquants - s’aggrave, avec une implication plus fréquente dans les rackets et vols avec violence. Les actes eux-mêmes ont tendance à évoluer. Entre 1995 et 1998, les coups et blessures ont progressé de 25%, les atteintes à la dignité de 60%, les mises en cause pour incendies, les destructions et dégradation de 20% environ.
Les agressions dans les établissements scolaires à l’encontre des élèves ont augmenté de 35% et celles à l’encontre du personnel de l’Éducation nationale de 41,5%. En dépit de ces évolutions, les vols et les cambriolages représentent encore 50% des faits de délinquance.
Les policiers ont constaté aussi qu’une criminalité de groupe « territorialisée », liée à un fort sentiment d’appartenance au quartier, se développait, sans reconstituer pour autant le problème des anciennes “bandes” enracinées dans un territoire.
2-6 Le flou des “incivilités” : entre visibilité et invisibilité
Au-delà des faits habituels, on constate partout une augmentation des “incivilités” qui apparaissent comme une menace pour la société dans la mesure où elles perturbent les rituels interpersonnels qui fondent l’interaction sociale. L’incivilité n’est pas clairement définie.
Alain Bauer et Xavier Raufer la réduisent à “un comportement sans-gêne et provocateur, source de perturbations et d’exaspérations dans la vie des cités”. Etymologiquement, le mot désigne l’inobservation des convenances en usage dans un groupe social, par exemple la politesse ou le respect des lieux.
Mais on n’est plus au 18ème siècle : la gamme des faits et comportements désignés sous le vocable “incivilités” comprend des atteintes contre les personnes, contre des biens et des atteintes à la tranquillité publique, qui peuvent être ou non réprimées par le code pénal.
Le mot recouvre ainsi les rassemblements gênants au pied des immeubles, les attitudes
menaçantes, les nuisances sonores, les déplacements en bandes avec des chiens, les violences verbales, les dégradations d’équipements, les tags et graffitis, les dépôts d’ordures, etc.
Les incivilités, avec la part de provocation qu’elles comportent, rendent compte de l’interpénétration du social et du pénal. Pour y répondre adéquatement, il convient donc de trouver des solutions collectives et d’ajuster les rôles de chaque travailleur social : assistant social, éducateur, policier, enseignant.
Le Panda
Patrick Juan
© Le Panda Première partie de l’exposé collaboration de : Hervé Vieillard-Baron Professeur Université – Paris 8
Avec le concours UMR LOUEST (Laboratoire des organisations urbaines espaces, sociétés, temporalités. (C.N.R.S.)
La conception de la Loi dite Borloo, sur les quartiers et le véritable sens du partage trouvera-t-elle la solution, aura-t-elle le temps et les moyens de se mettre en place ? L’ensemble reste à souhaiter pour une meilleure reconnaissance de chacun, nous le soulèverons dans notre prochaine édition © Hervé Vieillard-Baron
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Les Quartiers Sensibles des Banlieues (2/3)
Le Panda 2009-03-30 09:00:29
1-4- La stabilisation des ménages précarisés dans les quartiers
Les redistributions de populations liées à l’évolution du marché dans les années 1970 et la désertion du logement social par les classes moyennes, encouragée par les facilités accordées en matière d’accession à la propriété, ont fortement oblitéré le devenir des grandes cités.
Alors que l’on espérait établir dans les grands ensembles une communauté idéale fondée, non seulement sur la mixité, mais sur la disparition des classes sociales, on observe au contraire un renforcement des mécanismes de discrimination.
L’habitat prévu théoriquement pour “mixer” les ménages de ressources et d’origines diverses est devenu, pour beaucoup, un habitat de relégation. La paupérisation des habitants résidant dans le secteur locatif social est confirmée par les enquêtes “logement” effectuées
par l’INSEE depuis 1984. Déjà, entre 1978 et 1984, le pouvoir d’achat des ménages concernés avait baissé de 1,4 % alors que celui de l’ensemble des ménages français avait augmenté de 5,8 %.
À l’époque, dans les offices publics HLM du Calvados et des Vosges par exemple, la moitié des revenus était même en dessous du SMIC. En 1984, l’INSEE soulignait que les deux tiers des locataires HLM avaient un revenu inférieur au revenu médian de l’ensemble des ménages. Les choses se sont aggravées depuis.
Aujourd’hui, environ le tiers des locataires du logement social ont des revenus inférieurs au SMIC. On observe aussi que près d’un tiers des bénéficiaires du RMI et des familles monoparentales, dont les ressources sont souvent précaires, sont logés dans le parc social. Il est évident cependant que les moyennes doivent être regardées avec précaution. Tous les sites sont loin d’être identiques et l’accumulation de populations défavorisées dans un même lieu ne correspond pas forcément à un quartier de relégation.
Parallèlement, on constate, notamment dans la majorité des Régions, une stabilisation des ménages dans les cités HLM les plus anciennes, qui sont souvent les plus proches du centre. Dans les 150 000 logements sociaux construits par la SCIC, filiale de la Caisse des Dépôts, pour la plupart entre 1955 et 1970, le taux de rotation des ménages a baissé de moitié en dix ans, passant de 10% à 5% à peine de 1988 à 1998.Il n’en reste pas moins que le turn over reste important dans les cités les plus difficiles (6% à 8 % des ménages, chaque année), mais cela ne doit pas faire illusion.
Il existe une masse de locataires, jeunes le plus souvent, qui déménagent régulièrement, et un noyau de populations étrangères ou françaises en situation de fragilité (familles nombreuses, jeunes couples peu qualifiés, chômeurs, retraités, ménages en difficultés sociales chroniques, etc.) pour lesquelles le quartier constitue un lieu d’ancrage, si ce n’est d’enracinement.
Dans les grandes agglomérations, les zones désignées comme très sensibles, sont composées presque exclusivement de ménages d’origine étrangère et de populations métropolitaines “fragiles”. Les enquêtes « logement » montrent que les étrangers, quand ils se déplacent, restent le plus souvent dans les mêmes catégories de logement alors que la mobilité des Français les plus jeunes correspond généralement à une promotion résidentielle, par exemple à un accès à la propriété dans un pavillon, ou dans un appartement à l’intérieur d’un petit ensemble collectif privé, voire publique, mais en position plus centrale.
Parmi les grands ensembles sociaux, ceux des quartiers formant couronne des villes, concentrent aujourd’hui la plus forte proportion d’étrangers. Ils ont été construits tardivement ; ils sont souvent plus aérés, et plus divers par les origines nationales représentées que les cités de petite couronne. On observe néanmoins la persistance de regroupements d’étrangers dans la petite couronne, notamment dans les cités qui ont été construites à l’emplacement des anciens bidonvilles.
Les conditions politiques qui ont conduit à leur implantation ne doivent pas être oubliées : beaucoup de municipalités communistes ont appelé de leurs voeux les populations modestes pour asseoir leur électorat et l’image ouvrière de la commune.
2- De l’émeute hyper-médiatisée à la délinquance invisible
L’aspect le plus médiatisé de la crise des quartiers concerne l’augmentation de la délinquance et des incivilités. Globalement, pour la France entière, le nombre des crimes et délits répertoriés par le ministère de l’Intérieur a été multiplié par quatre en 50 ans.
Mais ce sont les marges urbaines qui sont créditées les premières d’une charge violente dans les faits comme dans l’imagerie collective, surtout depuis les émeutes qui ont enflammé les quartiers de la périphérie lyonnaise en 1981 et en 1990, quand le centre commercial du Mas du Taureau a été incendié, et de la périphérie parisienne avec la course- poursuite qui a abouti à la mort de deux jeunes hommes électrocutés à Clichy-sous-Bois en octobre 2005.
Tout se passe comme s’il y avait “une haleine des banlieues”, au sens où l’on parlait de “l’haleine des faubourgs” au 19ème siècle, c’est-à-dire des lieux qui associent insuffisances sanitaires, carences en matière d’équipements, péril social et danger politique. S’agit-il d’une résurgence de la violence après un lent recul au cours des siècles derniers, ou plus simplement d’un nouveau regard sur les exactions des jeunes ?
En tout cas, le glissement sémantique qui a conduit à passer en un siècle de la notion de “crime crapuleux” à celle de “violence urbaine” mérite qu’on s’y arrête. Le saut paraît non seulement qualitatif, mais aussi quantitatif ; il traduit l’ampleur de la crise du lien social, la résurgence de l’ostracisme vis-à-vis des marges urbaines, et surtout la transformation de la représentation de la ville longtemps considérée comme pourvoyeuse de civilisation.
2-1 Il est nécessaire de replacer la violence dans une perspective historique
Le mot “violence” a toujours prêté à confusion dans la mesure où il peut recouvrir aussi bien des faits individuels que des situations collectives. Le dictionnaire Robert le définit de manière restrictive comme “une disposition naturelle à l’expression brutale des sentiments” et les synonymes proposés sont”brutalité, colère, fureur, irascibilité”.
Cette disposition peut être mise en oeuvre de telle sorte que faire violence à un individu, ce serait “agir sur quelqu’un ou le faire agir contre sa volonté, en employant la force ou l’intimidation”, la violence étant entendue ici comme “l’acte par lequel s’exerce cette force”.
Une lecture historique, comme celle que propose le sociologue allemand Norbert Elias et, à sa suite, l’historien Robert Muchembled, montre précisément comment les quatre derniers siècles ont construit la violence sous sa forme actuelle. Ces auteurs soulignent que la violence, et surtout la violence de sang, n’a cessé de régresser sur le long terme.
Même si le sentiment d’insécurité est très fort dans les quartiers difficiles de France, le sang, toute proportion gardée, y coule peu. Il y a une sorte d’inversion structurelle : les crimes de sang ont considérablement diminué en trois siècles alors que les petits délits ont beaucoup augmenté.
Dans la société profondément inégalitaire du 16ème siècle, l’usage personnel de la violence
apparaissait comme une relation sociale ordinaire réservée au domaine privé ; elle s’exerçait presque naturellement entre mari et femme, entre maître et serviteur, père et fils. En Provence, jusqu’au 18ème siècle, la coutume reconnaissait ouvertement à l’époux le droit de battre sa femme, tout en excluant la mise à mort.
Ce n’est que lentement que s’est imposée l’idée que l’État pouvait intervenir en cas de “blessure à sang”, c’est-à-dire de brutalité conduisant à l’écoulement du sang. Avec le temps, la violence va être recouverte de rituels multiples et son traitement monopolisé par la puissance
publique.
En Angleterre, la chasse au renard, les jeux de balles, puis le cricket et le tennis permettront de canaliser la violence des rapports sociaux. L’exercice parlementaire lui-même, en mettant en
scène la parole, est censé réorienter la violence physique.
Dans le cadre de “la civilisation des moeurs”, le système social européen exprime à un idéal de
politesse, mélangeant conventions, respect et mise à distance de l’autre, tout en visant la régulation politique par un encadrement très codé des élites.
Ce système naît dans les Cours italiennes du 16ème siècle et il se propage, comme le montre Norbert Elias, à la Cour de France sous le règne de Louis XIV, avec la “sur sacralisation” du roi et l’instauration de l’étiquette. L’intégration sociale et politique passe désormais par l’obéissance
au roi, et l’exutoire de la violence n’est plus représenté que par la guerre et le champ de bataille.
Ce système de contraintes va s’affirmer au 19ème siècle et au 20ème siècle, et donner un semblant d’unité aux élites qui se diversifient avec la bourgeoisie, les professeurs, les membres de la haute administration et des grands Corps de l’État, aux côtés de l’ancienne aristocratie.
Pour le peuple, ces contraintes sont vues de manière paradoxale ; elles représentent un idéal
tout en étant contestée bruyamment par une culture verbale empreinte de brutalité, de jurons contre Dieu ou d’insultes à tonalité scatologique.
L’ouvrier et le paysan doivent montrer avec force qu’ils ne sauraient se couler, sans réagir, dans le moule imposé d’en haut. Cependant, la brutalité ne cesse de régresser, y compris dans les couches populaires, et la violence, devenue anormale, est de plus en plus associée à la criminalité et à la délinquance.
2-2 “Cartouches”, “escarpes”, “apaches” et autres “sauvageons”
Au 19ème siècle et au 20ème siècle, les figures du délinquant s’enrichissent d’appellations diverses : après les “cartouches” de l’Ancien Régime et les “escarpes” de Provence à l’époque de Louis-Philippe (du verbe provençal “escarpi” qui signifie “mettre en pièce”), on voit apparaître les “sauvageons” en 1881, au moment de la préparation de la loi sur la relégation des récidivistes, puis “les apaches” autour de 1900.
Chez eux persistent le goût du risque et du sang dans la tradition des bas-fonds. Certains laissent croire qu’ils veulent construire une contre-société alors qu’à la différence des anarchistes, la plupart en reviennent simplement aux formes archaïques des relations sociales qui étaient fondées sur la loi du plus fort. Ils seront d’ailleurs pourchassés avec férocité.
La lecture des journaux populaires, du Petit Journal au Petit Parisien en passant par l’Illustration, souligne combien le regard sur la violence se fait plus incisif au début du 20ème siècle. La mise en scène journalistique de cette violence présente toujours un décor, des personnages interlopes, un soupçon, puis une accusation.
Face à la croissance de la criminalité, les premiers essais de chiens policiers ont lieu à Neuilly en 1907 (comme le montre le supplément littéraire illustré du Petit Parisien daté du 7 avril 1907), c’est-àdire dans les beaux quartiers de la périphérie, alors que les apaches dépouillent plus volontiers les ivrognes et les miséreux de Belleville ou des environs.
Le centre-ville (où le “guet”, puis la police font leur ronde la nuit) ne fait pas peur - alors qu’objectivement, il est davantage touché par la délinquance que la périphérie. Aujourd’hui encore, les ChampsÉlysées par exemple connaissent plus de délits que la plupart des cités de banlieue, mais, pour autant, ils ne génèrent guère de sentiment d’insécurité.
Le décor, la situation et la reconnaissance de l’autorité apparaissent donc essentiels dans la fabrication de ce sentiment. Contrairement à une opinion répandue, la tendance générale va dans le sens de la pacification au cours du 20ème siècle, d’autant que l’idéal bourgeois, devenu l’idéal des classes moyennes, tend à être imité partout, au moins jusqu’à ces dernières années.
Même si les possibilités d’accès sont inégales, l’aspiration au confort et à la sécurité dans une société paisible devient le lot commun.
Le Panda
Patrick Juan
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La Hongrie
Le Panda 2009-03-29 09:00:57

Une note de musique, la fleur à la boutonnière et nous pourrions sans problème nous marier avec les slaves de Hongrie...
Une capitale au respect célèbre: Budapest, une population de 10,3 millions d’habitants où sans les exodes des tyrans ils pourraient être le double, je ne puis faire un état d’âme, mais je reconnais que j’ai un faible pour cette nation et ses ressortissants qui devisent en: forint.
La Hongrie se situe au coeur de l’Europe, a été pendant plusieurs siècles un des centres économiques et culturels du continent européen.
Elle demeurera toujours célèbre grâce à la valeur d’hommes parmi tant d’autres tels que: Franz Litz, Bela Bartok...
La Hongrie est aussi traversée par presque tous les courants architecturaux européens et en garde des monuments extraordinaires.
Après une indépendance acquise en 1989, la Hongrie s’est très vite débarrassée et réinsérée dans les échanges européens. Elle a une importante et florissante capacité agricole qui a de multiples réserves non exploitées et une industrie en pleine croissance.
L’économie hongroise bénéficie notamment du dynamisme de certains secteurs comme la construction mécanique, l’électronique, l’agroalimentaire.
Je me dois d’expliquer le faible pour cette nation, j’ai eu une amie hongroise qui m’a permis de découvrir la poésie hongroise, merveille des merveilles, les deux, et j’ai surtout eu le privilège énorme de connaître la famille Cziffra ou indiscutablement la France doit énormément au Père de son prénom Georges avec qui j’ai joué du piano à La Chaise-Dieu en Haute- Loire dans le cadre de répétitions pour le festival mondialement connu et chaque fois que je m’y rends, j’ai un goût de nostalgie du temps passé.
Qu’attendez vous Union européenne pour ouvrir les portes de l’Europe à cette nation qui a tant apporté à la culture française.
Car si comme une salamandre renaît de ses cendres La Haute-Loire peut ériger une statue à Georges Cziffra pour l’immensité de son oeuvre lié à la valeur culturelle de sa terre la Hongrie.
Le Panda
Patrick Juan
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Benoît 16 pense-t-il que les africains lavent leurs capotes pour les réutiliser ?
T.REX 2009-03-26 12:04:09
Je relaie ici une pétition de nos amis belges en réaction aux propos du Pape Benoit XVI sur le préservatif, qu'il accuse d'aggraver l'épidémie de SIDA qui ravage le continent Africain. Ceux qui partage peu ou prou l'avis de Yves Pierre et Fabrice Salembier pourront soutenir leur action/réaction salutaire en signant leur pétition ci-dessous en cliquant sur le lien en fin d'article.
Personnellement je doute que Benoît 16 ait une large ouverture d'esprit car
Benoît 16 = Treize et Trois ! :-)
Message de l’Afrique au pape : « Silence, ici on meurt »
Le pape Benoît XVI, qui a entamé (mars 2009), au Cameroun, son premier voyage en Afrique, a d'emblée abordé le grave problème du sida qui frappe durement ce continent, en campant sur la position de l'Eglise catholique contre l'usage du préservatif.
Dans l'avion qui le conduisait à Yaoundé, capitale du pays, il a estimé que l'on ne pouvait "pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs". "Au contraire [leur] utilisation aggrave le problème", a-t-il ajouté.
Le pape, qui laisse derrière lui un profond malaise au Vatican à la suite de l'énorme polémique suscitée par sa décision de lever l'excommunication d'un évêque négationniste, a également assuré qu'il ne se sentait "pas seul", mais "entouré d'amis".
Le Vatican est opposé à toute forme de contraception autre que l'abstinence (totale ou temporaire) et réprouve l'usage du préservatif, même pour des motifs prophylactiques (prévention de maladies).
Devant une telle attitude nous ne pouvions rester de marbre …
Nous avons la Foi et n’appartenons à aucune église, nous respectons tout le monde, nous redoutons tous les extrémistes mais nous ne pouvons tolérer de tels propos et de tels agissements. On destitue des rois, des présidents, des ministres.
Pour quelle raison l’évêque de Rome a-t-il le droit de mettre en danger l’Homme, qui l’autorise à soutenir l’extrémisme, à exploiter la crédulité et la confiance des peuples.
Il n’est pas dieu, il est là pour le servir et non à l’asservir à une cause.
Nous demandons qu’il présente des excuses en son nom, qu’il reconnaisse ses erreurs. Qu’il fasse publiquement acte de contrition et de repentance et qu’il cède son siège et la gestion des affaires au plus humble, au plus simple des évêques.
Si ce n’est pas le cas, nous demanderons à la communauté que le chef spirituel soit destitué, excommunié et que l’église dans un acte qui lui rendrait en partie son « humanisme et sa grandeur » choisisse un Pape au cœur pur, qui ne soit pas rongé par le pouvoir, l’orgueil et l’envie, qu’il vienne d’Afrique ou d’Amérique latine.
Nous demandons l’impossible, mais vous diront les croyants l’impossible n’est pas puisque Dieu ! Yves Pierre et Fabrice Salembier
Pétition, lien ci-après
http://www.lapetition.be/en-ligne/message-de-lafrique-au-pape-silence-ici-on-meurt--4023.html
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Les Quartiers Sensibles des Banlieues (1/3)
Le Panda 2009-03-26 09:00:33

Cet exposé mettra en parallèle l’hypervisibilité des cités sensibles de banlieue et l’invisibilité des réseaux qui les concernent.
La visibilité de ces quartiers s’exprime notamment à travers la dégradation du bâti, l’enclavement, la délinquance et les représentations qu’en donnent les médias.
Elle est souvent accentuée par les politiques de développement social fondées sur un traitement territorial dans le cadre des contrats de ville.
Les réseaux invisibles s’expriment non seulement en termes de solidarités familiales, villageoises ou ethniques, mais aussi en termes de relations associatives à l’échelle mondiale, que celles-ci soient de nature politique ou ‘entraide sociale. Ces réseaux peuvent également avoir une connotation criminelle quand ils concernent les trafics de drogue, l’exploitation des femmes ou le grand banditisme.
Cette communication nous confrontera donc à la fois à une société faite de relégation visible à l’échelle locale et à un ensemble mondialisé invisible possédant ses codes et ses propres réseaux.
Les dernières émeutes urbaines françaises d’octobre 2005 ont montré combien la ville était inquiète de ses banlieues, et, par la mondialisation de l’information, combien le monde avait peur de ses marges urbaines.
Sans doute la crise des quartiers sensibles at- elle de multiples aspects, les uns très visibles : dégradation des bâtiments et des espaces communs, enclavement physique, voitures brûlées par exemple, les autres discrets ou confidentiels : précarité des ménages, fragilisation du lien social, faiblesse de la représentation politique, déperdition associative…
On n’a jamais fini de répertorier les origines et les manifestations de la crise urbaine dans un système où causes et conséquences ne cessent de se répondre : un urbanisme fonctionnel inadapté aux besoins actuels, une “architecture d’enclos” créant des quartiers introvertis, un cadre bâti de qualité médiocre, des représentations négatives relayées par la rumeur, une médiatisation outrancière des événements, le chômage, la perte de l’identité populaire, l’épuisement des structures d’encadrement du monde ouvrier, l’effritement des structures familiales, le racisme rampant, la déviance des jeunes, les trafics locaux…
Tous ces aspects et toutes ces raisons rendent compte de ce que l’on appelle par globalisation hâtive “le malaise des banlieues”, ou par extension “la fracture sociale”.
L’aboutissement du scénariocatastrophe serait “la sécession” des quartiers sensibles, celle-ci faisant écho au repliement des catégories les plus favorisées dans des secteurs réservés, quartiers indirectement protégés par le renchérissement du foncier, communautés fermées ou autres.
S’il a quelque validité aux Etats-Unis ou en Amérique latine, on pourrait croire qu’il s’agit d’une construction fantasmatique dans un pays comme la France où les valeurs de la République et le principe de solidarité mis en oeuvre par le biais de l’impôt ne sont pas vraiment contestés.
Mais les troubles de la fin de l’année 2005 nous rappellent avec force que la question se pose vraiment. Épicentre du problème social, les quartiers sensibles portent une charge qui les dépasse et servent de prétexte pour évoquer la crise qui touche l’ensemble du pays.
Tout se passe comme s’ils concentraient les contradictions d’une société finissante et les incertitudes d’un contrat social en émergence.
1- Les multiples facettes de la crise : entre visibilité et invisibilité
1-1 La disqualification par la rumeur et les représentations négatives
Les grands ensembles inquiètent souvent les individus qui ne les connaissent pas parce qu’ils ont des ressources suffisantes pour éviter le parc social, ou encore ceux qui les voient de loin, mais qui seraient susceptibles d’y loger un jour.
Par effet rétroactif, ces ensembles font peur à ceux qui les ont déjà quittés, comme s’il s’agissait pour eux de se justifier.
En revanche, toutes les enquêtes de satisfaction montrent que ces cités sont appréciées par plus de la moitié de leurs habitants. Elles soulignent la diversité des modes d’appropriation et la spécificité de chacune d’entre elles.
Invisible et portée par l’incertitude créée par l’écart entre le perçu et le vécu, la rumeur n’est pas innocente dans la disqualification des secteurs sensibles et de leurs habitants.
Par exemple, la perspective du relogement de travailleurs célibataires africains de l’ancien îlot Châlon (situé à proximité de la gare de Lyon à Paris) dans un foyer de Poissy a contribué à la poussée du racisme dans les usines Talbot, puis dans la ville tout entière en 1983.
De même, la fausse rumeur qui a couru, en 1987, au moment de la réhabilitation de La Courneuve dans la petite ville de Domont, au nord-ouest de Sarcelles, selon laquelle plusieurs ménages des “4000” allaient y être installés, a dévalué temporairement les immeubles sociaux qui venaient d’être terminés dans une nouvelle ZAC.
Certains habitants ont été jusqu’à revendre leur logement ! Plusieurs locataires d’une cité H.L.M.de la ville ont anticipé le “risque” en déménageant pour ne pas être au contact des populations dangereuses !
On affirmait à l’époque que la ZAC allait devenir un “foyer pour immigrés” et un “rassemblement de drogués”… Mais les populations “maudites” ne sont jamais arrivées.
Trente années plus tôt, la cité “Beauregard” de la Celle Saint-Cloud construite par une société mixte associée à la Ville de Paris pour reloger, entre autres, les habitants de “l’îlot Jeanne d’Arc de sinistre réputation, avait été discréditée selon un processus identique.
Ce grand ensemble qui ne fait plus jamais parler de lui a été “reconquis” non seulement du fait de sa situation dans une commune riche de l’Ouest parisien, mais aussi de l’intérieur, par une réhabilitation poussée associée à une augmentation des loyers qui a conduit les habitants les plus modestes à s’éloigner vers la grande couronne.
À n’en pas douter, ces rumeurs qui alimentent les légendes urbaines constituent une des manifestations contemporaines de la pensée symbolique.
Elles s’appuient sur des objets concrets et fonctionnent par raisonnement analogique, et non selon une logique formelle.
Même si elles sont fausses, elles révèlent les peurs et les désirs de ceux qui les racontent. On ne saurait donc les prendre à la légère.
1-2- Les effets pervers d’une médiatisation en boucle
Dans tous les cas, la médiatisation immédiate d’événements ponctuels modifie les ressorts de la communication notamment dans les secteurs les plus défavorisés parce qu’elle diffuse conjointement les catégories générales de la stigmatisation.
Les images télévisuelles sont réductrices ; elles conduisent à des déformations et à des généralisations dangereuses. Les troubles d’octobre et de novembre 2005 ont mis en évidence les effets mondiaux de la dramatisation.
Américains, Canadiens, Coréens, Japonais ont cru que la France était au bord de la guerre civile et que les troubles français étaient comparables aux émeutes de Los Angeles d’avril 1992!
Dès 1998, la présentation d’une cité de la banlieue parisienne à partir d’une interview d’un ancien habitant faisait froid dans le dos : “J’ai vécu dans la cité qui fait peur. À nos portes commence une jungle. Une jungle en béton où les fauves sont des chiens et où la force fait loi. Ce n’est pas du roman noir”.
Les quartiers sensibles sont intéressants pour les médias parce qu’ils sont un argument de vente en mettant en avant des faits spectaculaires : voitures brûlées, attaques de véhicules de police, luttes de gangs. Ils désignent les zones de “non-droit” et les populations potentiellement délinquantes.
De plus, la diffusion des images encourage les conduites spectaculaires et les jeux d’imitation. D’une certaine façon, les événements et les médias s’alimentent en boucle : les événements nourrissent les médias et ces derniers alimentent les événements avec des phénomènes d’amplification selon une logique de défi.
Outre les violences, les accents de ceux qui sont interviewés sont imités dans toutes les cités de l’hexagone, construisant ainsi un mode de reconnaissance juvénile et une catégorie à part, celle du « jeune de banlieue ».
Dès 1999, des études avaient montré une corrélation entre la médiatisation d’un phénomène dans un quartier et l’augmentation de la délinquance, en prenant pour exemple le cas des voitures brûlées dans les quartiers de Strasbourg à la Saint Sylvestre.
Ce faisant, les journalistes ne font souvent que reprendre une attente de l’opinion et une construction sociale de l’événement qui existe indépendamment d’eux.
Il n’en reste pas moins que les règles déontologiques qui s’étaient progressivement imposées dans la profession au milieu des années 1990 (travail en amont, recoupement des informations, initiatives laissées aux habitants des quartiers, choix d’images positives sur les réalisations des associations, refus de la polarisation systématique sur la violence) semblent avoir été quelque peu oubliées en 2005 dans le traitement des dernières émeutes....
1-3- Une fragmentation urbaine et une “architecture d’enclos”
Dans la crise des quartiers, les entraves à la mobilité – même si elles ne sont pas toujours visibles - contribuent au regard négatif que les habitants portent sur leur lieu de vie. Un des premiers problèmes auxquels ils se heurtent est celui de la circulation.
La question devient cruciale quand s’ajoutent à la rupture provoquée par les voies de communication celle des terrains vagues (anciens terrains de vidange, anciennes décharges, etc.) et celle des territoires affectés aux services de la collectivité et aux nécessités sociales (ports, aéroports, héliports, zones industrielles, casernes, cimetières, hôpitaux psychiatriques, asiles, prisons, etc…).
La commune de Gennevilliers en est une illustration frappante. Le port et ses entrepôts, les terrains vagues, les autoroutes, les nationales et les voies ferrées qui quadrillent la ville, les grandes cités d’habitat social, les usines, les ateliers installés sans ordre apparent rendent caduque toute expression dynamique de la centralité.
On observe une dispersion des espaces densifiés, des pôles secondaires sans attractivité forte et des formes d’enclavement qui semblent presque irrémédiables.
La conception de certains quartiers dans ce contexte les prédisposait à l’enfermement et à la marginalisation.
À partir de 1959, les plans des urbanistes qui ont donné naissance aux ZUP sur de vastes parcelles obtenues en général à des prix avantageux, mais fort éloignées de la centralité villageoise, produisent souvent une impression identique.
En rupture totale avec le tissu villageois, les barres disposées en redans ou en U, les tours en X, les coursives qui s’allongent à chaque niveau le long des immeubles dessinent une “véritable architecture d’enclos”.
La fréquence des bus et des trains - quand ils existent - reste insuffisante, même si elle a été nettement améliorée depuis quelques années dans la plupart des agglomérations.
L’éloignement du centre entraîne des coûts de transport élevés pour les usagers et les horaires ne sont pas toujours adaptés au rythme des ouvriers et des employés, qui, pour certains, partent très tôt le matin et reviennent tard le soir en particulier.
Ces ruptures physiques et ces difficultés de transport sont particulièrement ressenties par les ménages les plus modestes, c’est-à-dire par ceux qui n’ont pas les moyens de vivre une “centralité sociale”, même largement délocalisée. La coupure physique devient rapidement une coupure mentale.
Le Panda
Patrick Juan
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Fraises espagnoles/ scandale écologique
T.REX 2009-03-24 16:28:59
Très instructif !
D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises.Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates... Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.
À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement. Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.
Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.
Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjàen toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.
Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine.
Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.
Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une maind'œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver. Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.
Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers « lynx Pardel », petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition.
Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers. La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.
... Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne.
Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré ...
La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison.
Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...
Source : Claude-Marie Vadrot - Politis jeudi 12 avril 2007Commentaires
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La Loire et ses charmes
Le Panda 2009-03-23 09:00:53
Roanne, Capitale du textile Capitale des Antiquités
La ville abrite un grand nombre d’antiquaires dont les biens sont recherchés par des amateurs venus de toute l’Europe.
Le beau textile à petit prix
La ville et ses environs abritent de nombreux fabricants dans le domaine traditionnel du textile haut de gamme. Les magasins d’usine proposent toute l’année des prix exceptionnels tandis que les boutiques des marques organisent chaque année des ventes promotionnelles.
Saint Etienne, ville d’Art, d’Histoire et de Design
La ville des « Verts » - ASSE - labellisée « Ville d’Art et d’Histoire » pour son patrimoine des XIXème et XXème siècles, cité aux sept collines s’ouvre aujourd’hui au Design, avec son Musée d’Art Moderne.
L’Opéra Théâtre de Saint-Etienne est le 4ème opéra de France. Des villages de caractère : Un gage de qualité en matière d’accueil touristique.
Dans le cadre de la promotion touristique du département, le Conseil Général de la Loire conduit depuis 2001, une véritable politique de valorisation des «villages de caractère ».
On peut compter à ce jour une dizaine de villages, de moins de 2 000 habitants, qui offrent une qualité remarquable de patrimoine historique, architectural, urbain et paysager, ainsi que des structures d’accueil et des animations culturelles, festives, sportives…
Ambierle
Ici l’histoire du village se confond avec celle d’une abbaye bénédictine fondée au haut moyen-âge. L’église reconstruite après un incendie en 1440 est de style gothique flamboyant, à la toiture et aux tuiles vernissées.
Cervières
De la puissante forteresse, accrochée à 847 mètres au sommet granitique lui servant de défense naturelle, il ne reste aujourd’hui que les fondations du château au sommet de la butte, les tours, des maisons médiévales et la façade de l’Auditoire, immeuble classé, à fenêtres à meneaux particulièrement élégantes.
Cette forteresse a toute une histoire : édifiée en 1180 par le comte Guy II du Forez, elle a été démantelée en 1137, sur ordre de Richelieu, soucieux d’assurer l’autorité royale aux dépens des féodaux. Il y règne, dans ses ruelles fleuries, un charme incontestable.
Le Panda
Patrick Juan
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L'Estonie
Le Panda 2009-03-22 09:00:17

L’Estonie peu connue sous sa nouvelle appellation comme la majorité des anciennes dépendances de l’ex U.R.S.S. a pour capitale: Tallin, avec une population de 1, 5 millions d’habitants, sa monnaie pour rappeler le temps est la couronne estonienne.
L’Estonie comme le laisse supposer les; lignes ci-dessus est un Etat balte bordé par le golfe de la Finlande.
L’Estonie a su développer l’industrie fondée sur ses ressources locales tels le bois et le schiste.
Son ouverture sur la Mer Baltique lui a permis de bénéficier de flux financiers et commerciaux qui la relie à la Finlande et au port de Saint Petersbourg, donc de s’intégrer dans le commerce régional.
A partir de son indépendance l’Estonie a mis en oeuvre une politique active de réformes pour se mettre à la hauteur dans le cadre de sa rentrée éventuelle au marché commun européen.
Ses échanges sont à présent orientés vers l’Union qui est devenue son principal partenaire, ses échanges avec les pays de l’Europe laissent envisager une bonne fin de recevoir.
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JOUR DE COLERE
T.REX 2009-03-20 09:26:15
Tremblez débauchés et damnés de la Terre,
Un ordre nouveau va être instauré
Redoutez financiers et hommes d’affaires
La justice de l’ordre moral restauré
Vous dont la crise des Subprimes
Tant d’emplois supprime
Exploiteurs sans vergogne du mat de cocagne
A la recherche des plus bas coûts et salaires
Préparez vous à la cogne et à la castagne
Méfiez vous des coups bas du prolétaire au sale air
Délocalisateurs, Mondialisateurs d’ici à la Chine
Devant la colère des justes vous courberez l’échine
Au diable vos licenciements économiques
Finançant vos vies de licence iniques, cyniques
Finis Paradis fiscaux contre enfers sociaux
Secret bancaire contre révélation de gangsters
Le Calypso des îles de vos parachutes dorés
Par l’Apocalypse de la chute des marchés est remplacé
La récession fait sécession entre puissants et manants
Les uns se distribuant l’argent restant
En demandant aux autres d’être patients
Pot-de-vin et dessous de table,
La corruption appauvrie le Monde
Les profits de quelques uns affament la multitude
La richesse côtoie la misère avec indécence
Votre avidité tourne à vide
Votre cupidité ne connaît pas Cupidon
Cette société en déliquescence
A la recherche éperdue des plaisirs des sens
De toujours plus de jouissance
Ne sait plus donner à la vie son sens
Elle a oublié l’essentiel
De licenciement en lit sans ciment
De débauchage en actes de débauche
La famille se délite, change de lit
L’ultime ambition de l’homme
Est-elle de se vautrer dans le stupre et le lucre ?
Le peuple gronde et scande le nom des escrocs
Les murs de votre univers se fissurent en répercutant l’écho
Ils vont s’écrouler comme au son des trompettes ceux de Jéricho
Sapés par les tromperies de votre chère éco.
-
S’il aspire à un monde meilleur
L’homme devra reconstruire sur des bases plus saines
Où l’être primera sur l’avoir
Un monde de partage plutôt que de possession
Où la consommation ne sera pas le sens de la vie
Où avoir bien vécu ne signifiera pas
Avoir multiplié les histoires de cul
Ni s’être adonné à tous les vices
Mais apporter sa pierre à l’édifice
Faire avancer l’humanisme
Travailler ensemble et non les uns pour les autres
Voire contre les autres
Se réaliser, trouver le sens de la vie,
Devenir un être humain accompli
Être heureux de partager le miracle de la vie
Le bonheur d’être sur Terre
Donner et recevoir amour et amitié
Contribuer au bonheur des autres
Protéger, préserver la vie et la planète
Goûter cette chance extraordinaire d’avoir vu le jour
Et de faire partie de cette grande communauté qu’est l’humanité.
-
T.Rex Prédicator
Commentaires
ave pândatus,tribunus marcellus te salutat!
Le Pape dont je ne partage pas les idées ne fait qu’appliquer les principes de l’Eglise,c’est son boulot,that’s it folks!
Cette satanée capote empêche la parfaite jouissance en limitant les sensations de plaisir