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A chacun sa chaconne

taverne des poetes 2010-08-04 05:30:21

Profitons de nos quartiers d'été pour redécouvrir nos classiques. En l'occurrence plutôt nos baroques puisque la chaconne est un genre musical qui remonte au moins au XVII ème siècle. Les grands noms sont ici Bach, Haendel, Buxtehude, Couperin, Lully, entre autres. Pourquoi ce titre ? Parce que la chaconne est une forme de variation et qu'en ce domaine chacun peut trouver chaussure à son pied. Nous prendrons par exemple chaconne très connue de Bach en ré mineur BWV 1004. Nous avons cette transcription de Johannes Brahms, Celle de Busoni. Mais nous pouvons aussi écouter cette chaconne interprétée de diverses manières et par différents instruments : Au violon Au piano. On appréciera la virtuosité finale du musicien. A la guitare (Andrès Ségovia) A la guitare mais plus récent (Julian Bream) A l'écoute, on relève les caractéristiques essentielles de la chaconne : son caractère répétitif lié à la structure refrain / couplets qui tirerait son origine du rondeau musical. Pour éviter la monotonie, les reprises se font sur des variations rythmiques, harmoniques ou mélodiques. Mais l'ensemble reste marqué par une certaine lenteur. La mesure à trois temps et le principe de l'ostinato (*) font de la chaconne un genre définitivement baroque même si certains compositeurs modernes ont dénommé "chaconnes" certaines de leurs œuvres (Rachmaninov par exemple). [ * L'ostinato est la répétition obstinée d'une rythmique, d'une mélodie, d'une harmonie. On en trouve aussi des exemples d'application dans le Canon de Pachelbel et le Boléro de Ravel, les grounds et la musique minimaliste ] Outre la chaconne de Bach, en voici quelques autres marquées par le style personnel de leurs compositeurs : Couperin Buxtehude (douce chaconne à l'orgue) Lully (Pour "Le Bourgeois gentilhomme" de Molière) Rameau (Les Indes galantes) Purcell qui n'est pas sans rappeler une œuvre de Rameau. Marin Marais La chaconne est une danse à 3 temps originaire du Mexique. Elle a été employée par Lully et Gluck pour leurs opéras. Elle constitue le morceau final des tragédies lyriques et opéras-balais. Mais la chaconne a fini par se confondre avec la passacaille, si bien que les compositeurs nomment leurs œuvres tantôt "chaconne" tantôt "passacaille". La passacaille que l'on pourra s'écouter les soirs d'hiver où n'est-ce pas ça caille ? Aïe ! Oui je sors. Non, ne me raccompagnez-pas, je connais la sortie.

Commentaires

T.REX

Je ne m'y retrouve plus dans tous ces termes techniques, je mélange tout : Si La Chaconne est baroque dans le bas Rock ça cogne ! Avec la taverne, On connait la Musique ! :mrgreen:
taverne des poetes

Moi aussi je mélange tout : je fais chacailles et des passaconnes !

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BETTY BAPACOULE Chapitre 2

michele delpech 2010-08-03 08:42:50

De Michele Delpech Chapitre 2 Une moitié de Sénégalais, un quart de Breton rustique et un zeste d'indéfinissable frappa à sa porte, un de ces matins pisseux où l'on voudrait que le monde ne soit plus qu'une boule de papier froissé que l'on pourrait jeter dans la corbeille sans même être obligé de remuer le petit doigt pour cela. "Mademoiselle Betty ?" - Oui ! fit-elle en entrouvrant légèrement sa porte. - Je suis un pote à Dédé ! - Connais pas ! coupa-t'elle. Elle avait appris à se méfier des gens depuis qu'on avait forcé sa serrure, peu après qu'elle eût revu Dédé. L'homme, visiblement intrigué par la réponse, fouilla dans la poche de son pantalon et en ressortit un torchon suintant un liquide rougeâtre à peine épaissi. Betty s'absorba dans la contemplation de la chose, puis reporta son regard dans les yeux de l'homme. Elle n'osait pas le questionner, ni le renvoyer. Elle pressentait quelque chose d'important, voire de franchement grave, la concernant. L'homme ouvrit la bouche. Son haleine puant l'ail et les épices la baigna tout d'un coup dans un nuage insecticide efficace. "Du sang ! Questionna-t'elle enfin. Les mouches avaient cessé de voler dans son espace aérien. L'homme fit signe que oui. Sans plus attendre, elle l'invita à entrer. Le métis s'engouffra dans l'appartement d'un pas rapide, avec des yeux inquiets. Il s'assit sans un mot sur une des chaises branlantes meublant la cuisine. Betty lui servit un café et il se décida enfin à dérouler sa bavarde. "Ce matin, commença-t'il, j'ai trouvé le chiffon sur mon paillasson. D'abord, j'ai pas pigé. J'ai cru que quelqu'un avait saigné du nez et qu'il avait perdu son mouchoir. Et puis, je me suis rappelé que Dédé avait disparu depuis plus d'une semaine. Alors, j'ai eu très peur. Ses potes sont des malades. Je ne sais pas ce qu'ils me veulent et j'ai peur... termina-t'il avant que Betty ne lui gueule : - Comment t'as eu mon adresse ? Et l'autre de répondre : - C'était dans le tissu, en lettres d'imprimerie ! Dès cet instant, Betty sentit le désespoir lui dégouliner lentement le long de l'échine. C'était pire que si le percepteur lui avait piqué tous ses meubles, elle qui n'en avait pas. Elle était à deux doigts de finir épinglée comme un vulgaire papillon par un cinglé qu'elle ne connaissait pas. Elle était sidérée par l'inconscience de son hôte. Tout pouvait arriver, désormais. Il avait certainement été suivi. Elle devrait changer d'adresse, une fois de plus. Les Malausaints, ses propriétaires, n'admettraient jamais d'avoir des ennuis par sa faute. "Tu n'es qu'un crétin dégénéré !" lui lança-t'elle, de toute la hauteur dont elle fut capable. "Grâce à toi, on va tous trinquer. Et le pire, c'est que Dédé est sous le contrôle des flics. Alors, tu vas te tirer avec ta merde et ne plus remettre tes panaris puants dans mon domaine. Pigé, Mec ? Et puis, personne ne dit que t'es pas complice de ces ordures !" - Non mais, t'es pas bien. D'accord, j'ai agi à la légère en venant ici. Mais c'est pas une raison pour me larguer comme un pestiféré ! - T'es pas doué pour la gamberge, Mec ! Mais bon, on va voir si t'as été suivi. Comme il fait nuit, maintenant, tu vas te barrer chez toi ou chez un de tes copains et puis on se reverra plus tard. Pigé, Mec ? Le métis était devenu jaune. Comment ! Lui, le courrier qui avait bravé tous les dangers, se faisait lourder par une gamine hystérique. Mais il était écrasé par une terreur indicible. Il se borna à marmonner :"Ouais Betty. O.K. Salue! Il sortit, tremblant comme une feuille dans un ouragan. Betty avait blêmi encore un peu plus en le regardant aller. Le requiem des fous raisonnait à ses oreilles. Pour trouver la chambre où elle créchait depuis trois mois, elle avait dû jouer les femmes serpents. Elle n'avait pas de loyer à acquitter ; était payée pour garder les mômes des propriétaires. Elle restait libre, la plupart du temps, car les enfants, en dehors de leurs cours, étaient toujours en classe de quelque chose. Qu'adviendrait-il de cette stabilité si chèrement acquise, lorsque les voyous qui avaient agressé Dédé s'en prendraient à elle. Vraiment elle finissait par penser qu'elle aurait dû passer son chemin. Au lieu de quoi elle avait plongé tête baissée dans une histoire abracadabrante, digne de la pire des séries B. Les journées qui suivirent l'entretien furent aussi moroses qu'un jour sans pinard pour un alcoolique. Heureusement que les mômes Malausaints lui accordaient l'absolution et n'étaient pas trop cons. Ils étaient les seuls avec qui elle se sentait en osmose, dans ces moments-là. Elle aimait les fréquenter aussi pour cela. Ils lui changeaient les idées. La fraîcheur de leurs rires lui rendait ceux de sa mère, en écho. Elle goûtait le temps présent en le trempant dans son passé. Elle alla revoir Dédé à l'hôpital. Ils devisèrent longuement sur la visite du métis. "Je lui ai dit que tu étais sous contrôle judiciaire !" - Tu as bien fait. Comme ça, je suis protégé pour le moment. Figure-toi que ce type, je le connais vaguement. Si ton adresse était dans le chiffon, tu as intérêt à te barrer, ou à le dire aux flics. Mais ça ne changera rien, parce qu'ils sont débordés. A mon avis, ce mec n'a rien à voir dans l'affaire. Il veut simplement trouver un débouché pour son trafic personnel. Méfie-toi doublement, Betty ! - En tout cas, moi je ne sais pas quoi faire. Et puis, je n'ai pas envie de quitter mon logement. Alors, j'aimerais savoir pourquoi, exactement, tu t'es fait dérouiller de la sorte ! Dédé lui conta une histoire où se mêlaient les petits larcins et les coups de poker avec, ça et là, un zeste de brune ou de blondasse décolorée. Et puis un jour, arriva le rasoir d'un coiffeur qui rase plus près, en vous éraflant méchamment la peau du cou, tel un onguent sur la carotide. Et puis, quelques mauvaises paroles dans le genre : "Dédé, si tu largues pas ta pétasse de brune à maquereau, je t'égorge !" Il lui avait intimé cela comme s'il lui avait adressé un baiser d'amoureux transi. La faucheuse n'était pas loin d'avoir gagné son pari avec le diable. Il est vrai que Dédé, à cet instant précis, suait à grosses gouttes. Il n'était pas fier. Sa pomme d'Adam, même, se déballonna. Elle lui flanquait des coups de boutoir si fortement qu'il faillit en perdre sa langue. - Pourquoi ? réussit-il à dégueuler en déglutissant bruyamment. - T'as pas besoin que je t'affranchisse, espèce de salaud. Déménage ! Après le passage du cyclone, il revint chez lui. Non seulement sa meuf avait fait ses valoches, mais il s'était retrouvé sans boulot lui-même car ses voisins de palier, des gens charmants, n'appréciaient pas la manière dont il vivait. Il avait trop l'habitude de se brancher sur des prises foireuses. Dans le genre, il y eut la Sauterelle. C'était une grande dégingandée à blouson de cuir clouté, santiags et tout le tremblement. Les cheveux ramenés au minimum et une boucle d'oreille en forme de crocodile à l'oreille droite. Dans la gauche était fiché un diam de vingt carats. Avec un golden boy à sa droite et un singe pour la protéger, elle travaillait dans l'obscur. Un jour, Dédé avait croisé son chemin, ou plutôt celui de son boxer. Sans le vouloir, éternuant bruyamment, comme à son habitude, il avait éclaboussé le revers du trois-pièces cuisine du guignol. La bête en question s'en était trouvée ombragée et elle avait interrogé le Dédé de sa poigne d'acier. Mais, comme l'analphabète allait lui rafler ses derniers chicots, une voix sans timbre intervint alors : - Laisse tomber, Bakou. Abîme pas ce minable. Il t'a déjà fait des excuses ! Sur un ton sans réplique. Sur ce, le trio s'était évanoui dans la pénombre de la salle enfumée du troquet dans lequel Dédé avait décidé de noyer son chagrin, ce soir-là. Il l'avait échappé belle, avec le cerbère. Revenu chez lui, la photo de la môme crocodile encore devant les yeux, il en avait eu un regain de souffle dans l'entrejambe. Sa maîtresse du moment avait interrompu la chute et ce fut une nuit agitée, pour lui. Les foudres de l'amour lui avait aplati les omoplates et gonflé les bourses. Sa rombière de location grimpa au septième ciel, pour le coup. Il n'eut de cesse, désormais, de retrouver miss crâne rasé et ses deux acolytes. A force d'errer dans les bouges de la ville lumière, il réussit même à retrouver un travail lucratif, quoiqu'ennuyeux. Puis vint le jour tant attendu du retour du trio dans ses pattes. La môme avait mis un bémol à sa chevelure. Il y avait une fleur de vahiné dégonflée, piquée dans une mèche de cheveux rescapée du rasoir quotidien. Leurs regards se croisèrent : - Ca te dirait de bosser pour moi, face de clown ? Éructa-t'elle. Dédé, partagé entre une baiseuse bon marché et sa future patronne, avait eu les quelques retenues d'usage. Ca le rendait perplexe. - T'as perdu ta bavarde, petit homme ? Il faut dire que le Dédé n'était pas grand. De plus, il se faisait tout petit dans ses godillots à trois cent balles achetés pour l'occasion. Il avança un petit "oui" timide, tant il s'attendait à se retrouver affiché illico sur un mur, par le bouledogue. Il se vit au contraire immédiatement entouré par les sbires de la mondaine. Dès lors, l'assurance de la Sauterelle faiblit graduellement et Dédé grignota tranquillement le pouvoir qu'elle avait sur lui. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il devienne le bras droit de la patronne. Peu de temps après, il était dans son lit. Manque de bol, cette femme était une insatiable, une perverse de la première heure. Toujours plus, qu'il finit par l'appeler. Il en eut même des brûlures à son arbre de vie. Durant une période fort longue, il regarnit son tapis vert et un beau jour, plein aux as, essaya de quitter la charmeuse. C'est à ce moment que tout se gâta pour lui. -Tu crois que c'est elle qui a envoyé les tueurs ? Osa Betty, dans un souffle, encore sous le charme du Cinémascope qu'elle venait de suivre. -J'sais pas, ma grande, mais à mon sens, ça frise le grand guignol, cette histoire. - Ouais ! ajouta Betty, avec une touche de musée des horreurs ! fit-elle en lorgnant la balafre de son copain. "Mais au fait !" Betty revenait au présent, brusquement. "Où est-il, le poulet qui était censé garder ta piaule ? " L'angoisse fut de courte durée. La maison poulaga, en effet, était en train de reluquer une belle infirmière, un gobelet de café à la main. Betty quitta le blessé et donna le bonsoir au gardien de la paix, en passant. Le mystère restait entier. Cependant, elle vaqua, comme tous les jours ouvrables, à ses occupations coutumières : garde d'enfants, accessoirement dactylo en intérim. Elle vivotait, financièrement. Elle se sentait quand même privilégiée par rapport à certains qui n'avaient pas de toit où s'abriter. Elle ne savait pas comment elle se sortirait de l'aventure dans laquelle elle baignait. Elle butait sur un gros point d'interrogation. Cet élément de la ponctuation, se découvrant à sa personne, tout en acier poli par des générations de fées bienveillantes, lui dicta bientôt un comportement étrange. Elle se retrouva, par son intermédiaire, dans une échoppe pas ordinaire. On y vendait des canaris, du pastis et des épices. C'était aux puces de St Ouen, un dimanche après-midi. Quand elle sortit de là-dedans, elle avait dans son cabas une arme de poing dont la signature balistique suffirait à sa défense personnelle. Par contre, bien malin serait celui qui pourrait remonter jusqu'à elle, en cas d'utilisation du joujou. La propriétaire fut extrêmement surprise, en la voyant revenir ce jour-là. Betty opinait du chef à l'adresse d'un grêlé qui courait à ses côtés, pour rester à sa hauteur. "Ecoute bien, mon pote ! disait-elle. "Dégage de ma route ou je t'immobilise. J'te branche le saturnisme. T'as compris, face de chien !" L'autre n'en avait cure. Pour lui, les gonzesses, elles étaient toutes des putes. Et cette conne l'emmerdait avec ses propos incompréhensibles. Voyant qu'elle avait affaire à un demeuré, elle fit soudain volte face, lui frappa le bas-ventre avec le genou et écrasa un poing rageur sur le visage ravagé de petite vérole du quidam. "Maintenant !" hurla-t'elle dans son élan défensif. "Face de chien : dégage !" Le voyou, en piteux état, la queue basse et le visage en forme de volcan actif du type du Kilauéa d'Hawaii, détala au plus vite. La propriétaire, étonnée de tant de violence, chercha dans son sac à neurones quelques mots d'encouragement, en se grattant l'occiput. Elle s'émerveilla de l'art consommé dont la jeune fille semblait faire preuve, pour se protéger. Elle ne put d'ailleurs pas s'empêcher d'applaudir, lorsque Betty arriva à sa hauteur : "Bravo, Mademoiselle. Au moins, cet obsédé ne viendra plus rôder par ici. Et puis, je vois que mes enfants n'ont rien à craindre, avec vous !" Betty se contenta de sourire. L'altercation avec cette moitié de Schtroumf la délivrait d'une frustration qui commençait à lui taper sur les nerfs. " Ma chère enfant, continuait madame Malausaints, je vous garde et augmente vos appointements !" Enfin un peu de joie dans cette existence de merde. Je vais pouvoir m'acheter des culottes...et des cartouches ! se dit notre héroïne. Revenue à ses combles, elle prépara son repas. Elle manquait d'enthousiasme. Le fait qu'elle ait acheté une arme la chiffonnait. " Le plus absurde, pensait-elle, c'est que je ne suis pas rassurée de l'avoir. C'est plutôt comme si j'avais un boulet aux pieds, maintenant ! " Quelque chose ne collait pas dans cette histoire. Elle ne voyait pas pourquoi on lui cherchait des crosses. " Après tout, Dédé n'est pas mon amant. Je tourne en rond. Dédé va mieux et moi, je dégringole les marches à toute allure. Je me couche sur le fumier que j'ai patiemment élaboré. Je mange mal, je dors mal. Qu'est-ce qu'il me veut, le grêlé ? Et la moitié de bronzé d'hier. On dirait qu'il m'a apporté la culotte d'une pucelle ! " La pluie avait envahi l'atmosphère et Betty aimait l'eau qui dégoulinait de partout à la fois, pour finir dans le caniveau. Elle s'apprêta donc à sortir et se vêtit chaudement. Elle avait rangé son arme dans un tiroir, car ce n'était pas le moment qu'elle se fasse piquer avec un engin pareil dans la rue. Après avoir enfilé son blouson, elle attrapa son sac à main et ouvrit la porte d'entrée. Stupeur ! Le métis était là, tremblant de froid et de peur, semblait-il. Lui aussi avait une balafre lui courant sur la joue gauche. Betty faillit bien s'effondrer, à la vue du spectacle qu'on lui offrait. Elle enclencha la cinquième à toute vitesse et réussit à garder les yeux bien ouverts et la cervelle aussi froide que celle d'un corbillard dont c'est le dixième passage vers la morgue. - T'es encore là ! Lui lança-t'elle, le souffle court. L'autre, soudain, fut pris d'un fort tremblement nerveux. Il réussit tout de même à articuler quelques mots cohérents, avec dans les yeux à la fois une réelle panique et aussi une grande colère qui sourdait dans l'iris. Betty, pourtant, coupa court à ses propos. - Ta gueule, connard. Tu tiens à ce que tout le monde rapplique, maintenant ? Rentre plutôt ! Lui murmura-t'elle. Elle le fit entrer, puis se dévêtit. L'autre s'affala sur une chaise qui traînait là. Et il se dégonfla enfin de l'abcès verbeux qu'il avait tourné et retourné sans cesse, depuis qu'on l'avait agressé. - Betty ! - Ouais ! - Je vais te raconter une drôle d'histoire ! - Pas la peine, je sais qui t'a suriné. Tu as la même balafre que Dédé ! - Justement, je veux te dire des choses ! - Quelles choses, bon Dieu ! D'abord, c'est Dédé que je retrouve tout disloqué dans une ruelle. Et après, c'est toi qui vient me présenter les règles de je ne sais quelle salope que tu viens de sauter. Et tu voudrais que je t'écoute! explosa-t'elle. J'en ai assez de fréquenter des minables. J'ai ma propre vie et n'ai pas envie de la perdre à cause de vous ! fit-elle, péremptoire. Là, le gonze, ayant blanchi sous l'insulte, lui fila une beigne et la prit par les épaules, rudement : - Calme-toi, Betty. Je ne te connais pas, mais si je suis revenu, c'était pour te prévenir que tu étais en danger. - Mais de quoi, bon sang ! Vociféra-t-elle. - De mort, idiote ! Un silence du même nom se fit alors dans la pièce. Betty, fondant en larmes chaudes sur la djellaba de son hôte, se blottit dans ses bras. Joaquim, le métis, lui raconta une histoire sentant le souffre et l'alcôve, où pataugeaient des créatures comme la Sauterelle et d'autres marginaux pris au piège d'une apparence bienveillante, l'espoir, comme ils l'avaient tous chevillé au corps d'une fortune rapide pour pouvoir vivre peinard dans une société aussi consacrée au Dieu Dollar que celle dans laquelle ils évoluaient. Il lui raconta comment il avait connu le Dédé en question. Et pourquoi la Sauterelle leur en voulait à mort, à tous les deux. - Tu vois, lui dit-il gentiment, après une nuit d'amour. Ton Dédé est un salaud, dans son genre. En plus, il est pédé. Enfin, il mange aux deux râteliers. Ca complétait ce que lui avait raconté Dédé. La Bapacoule tombait de haut. Elle l'avait donc échappé belle, en gardant sa liberté de zoner. Elle qui appréciait par-dessus tout la droiture et la volonté des "Don Quichottes". "Paris ne vaut pourtant pas une messe," songea-t'elle. " J'espère qu'il ne m'a pas refilé le S.I.D.A". Elle alla donc consulter un laboratoire ambulant. C'était un autre monde que celui-là. Les gens attendaient, un carton à la main, qu'on les appelât. Il y avait les gros, les maigres, les pas beaux et les autres. Ils savaient tous pourquoi ils étaient là. On le lisait sur leur visage. Le service était rapide. Le système était en adéquation avec le monde d'aujourd'hui - peu d'effort pour un maximum de rendement, telle était la devise des ambulants du sanitaire. Son sourire avait le don de charmer les gens qu'elle rencontrait et Betty fut bien servie, une fois encore. Non, elle n'avait pas le S.I.D.A. ; non elle n'avait pas d'autres saloperies de maladies vénériennes. Elle était saine, avec des dingues à ses basques, et deux bargeots pour relations d'affaires. Comment peut-on se sortir d'un cul de sac aussi dangereux, d'après vous ? La meilleure manière n'est-elle pas d'opérer une volte-face et de dérouiller le salaud. Il faudrait aussi l'émasculer, de manière à ce qu'il n'ait pas de descendance. Les crapules n'en n'ont pas besoin. Elles font assez d'ombre aux honnêtes gens, par essence. Betty, après son épanchement malheureux sur l'épaule de Joaquim, n'avait pas l'intention de se laisser museler. Elle prépara donc la riposte : Le combat de deux femelles à cause d'un malappris, mais en l'occurrence tout d'abord le juste combat d'une femme pour sa survie. Il fallait qu'elle aille dans le boui-boui qu'avait l'habitude de fréquenter la Sauterelle, rue des bites en l'air. Madame Malausaints lui avait confié le coucher de ses petits, ce soir-là. Vers une heure, lorsque la bourgeoise revint avec son mari, Betty prit son blouson et fila vers le bouge, situé à trois stations de métro de là. L'enseigne blafarde affichait la désinvolture d'une noix de coco assassinée par un canif. Les relents de la pissotière à ciel ouvert que constituait le morceau de trottoir, avec ça et là des taches suspectes de gras doubles en rut, rendaient l'atmosphère irrespirable. Des ombres se faufilaient entre les pavés. Le coin avait l'air bien fréquenté. "C'est tout le style de mon Dédé, ça !" soupira-t-elle. En ouvrant la lourde, elle faillit bien défaillir. On n'y voyait goutte. Les yeux lui piquaient et le plus drôle, c'était qu'elle n'était pas dans le ton vestimentaire de ces messieurs-dames. C'était costards-cravates et falbalas, avec, de-ci, de-là, des bras de chemises remontés jusqu'au coude. Ca buvait tout ce qu'on pouvait boire, sauf de la boisson pour enrhumés de la thyroïde. Elle se faufila, non sans avoir écrasé quelques arpions avec ses talons imposants. Elle arriva dans un coin plus calme, près des W-C, qui sentaient bon la rose fanée. Un serveur l'aborda en ces termes : - Salut, Miss ! Qu'est-ce qu'on vous sert ? - Le moins cher ! Comme ça, j'aurai une surprise, répondit-elle du tac au tac. - Le moins cher, c'est une limonade, Madzelle ! Rétorqua l'autre, sûr de lui avec un barreau de chaise dans le cul. Betty acquiesça d'un mouvement de tête et se concentra sur les raisons qui l'avaient amenée là. A trois heures, l'endroit commença à se vider. Les vapeurs d'alcool s'estompant, l'odeur du tabac froid investissait le lieu, inexorablement. Elle imprégnait tout, y compris les âmes. La racaille endimanchée s'était évanouie, pour aller prendre une douche et dormir quelques heures avant de reprendre sa place au bureau. Betty regardait le manège, impatiente. Soudain, elle eut en face d'elle un gorille déplumé en trois-pièces de chez Rupin. La montagne de viande lui susurra :"Y'a quelqu'un qui veut te voir, Poupée !"Avec un sourire mièvre. La pince croco-crâne rasé, en robe de chez Dior, trônait au bar, la clope au bec. - Ou il est, le p’tit homme ? fit-elle sans préambule. - Qu'est-ce-que ça peut vous faire,...Mademoiselle comment, déjà ? - Ici, j'suis la Sauterelle, pigé ! Betty pouvait s'attendre à cette brusquerie. Elle raffermit ses traits et continua, sans avoir eu l'air d'entendre : - Et en quoi suis-je un obstacle pour vous, Miss Sauterelle ? - La Sauterelle, petite merdeuse ! La tigresse pouffa. "Vous avez entendu !" dit-elle à ses sbires. "Elle veut savoir pourquoi qu'elle est un obstacle pour moi. Affranchis-là, Bakou - en douceur ! S'exécutant sur le champ, Bakou prit un bottin qui traînait là et le déchira, avec ses grosses pattes. "Mince alors ! Comme Rigoulo, le champion de catch des années cinquante". Elle se voyait déjà la tête pressée comme une vulgaire noix de coco. "Il va me péter la figure". Tout d'un coup, les films les plus angoissants qu'elle avait pu aller voir au cinéma lui paraissaient être devenus de la pisse d'âne dans un verre à liqueur: sans objet. Elle blêmit. "Bordel, c'est vraiment la guerre !". Et le choc en retour se passa un peu plus bas. Elle avait vomi tout son repas. Laissant les brumes du doute se dissiper, la Sauterelle interrogea de nouveau : - Où est le p’tit homme ! Betty, affaiblie, reniflant sans pouvoir se débarbouiller, eût la force de répondre, malgré tout : - Puisque tu sais qui je suis, putain des faubourgs, tu sais où il est ! N'appréciant pas le vocable, la Sauterelle lui allongea un aller et retour cinglant. Betty se ramassa sur le sol, heurtant de la tête et s'évanouissant. La Sauterelle alluma une autre cigarette. "Dis voir Bakou, range-la au placard, cette garce". La montagne de muscles s'exécuta. Il la prit tel un sac de patates et l'emporta au sous-sol. Il arriva à un entresol, pataugeant dans une flaque d'eau. Le Canal St Martin filtrait constamment ses eaux sales, dans cet endroit puant la moisissure. Il ouvrit la porte d'une des caves fermées à clef. Il posa la fille par terre et alluma la lumière, pour qu'elle y observât bien les rats qui creusaient, à travers les murs, de véritables galeries. Tout renfoncement leur servait à l'édification d'un vaste réseau de communication. Dans cette pièce, ils n'avaient pas encore mis les pieds. Cependant, on entendait déjà leurs griffes se faire sur le crépi, de l'autre côté des murs. Betty ouvrit un oeil. Elle cligna des paupières, lentement. Sa tête lui faisait mal. Elle avait les épaules et les hanches endolories. Elle se rappela soudain le pétrin dans lequel elle s'était fourrée. Elle avait été conduite dans une pièce éclairée par une seule ampoule, nue et faiblarde. Les murs de sa prison étaient tapissés de lambeaux de tissus peints sans aucun goût, lui semblait-il. Sans doute était-ce là un ancien débarras. L'attente commença. L'humidité ambiante la prenait à la gorge. Le froid l'envahit bientôt. Elle prit peur. Cela faisait une bonne heure qu'elle était enfermée. Elle n'avait pas vu, de prime abord, le mobilier qu’il avait dans la pièce. Un mobilier classique, des chaises en bois ainsi qu'une table basse, s'entassait dans un coin. Malgré l'odeur forte de moisissure et d'urine qui l'incommodait, Betty recouvra bientôt tous ses esprits. Elle réfléchit à la manière dont elle pourrait écourter sa détention. Elle fouilla dans le fatras de bois que constituait le mobilier et finit par saisir une chaise à peine vermoulue à laquelle il manquait déjà un pied. Elle la lança de toute la force dont elle fut capable contre le mur de sa prison. La chaise, touchant la pierre, éclata en plusieurs morceaux inutilisables. Elle en fut atterrée. Elle commençait sérieusement à claquer des dents, du fait de l'humidité qui suintait des murs et qui refroidissait la pièce au fur et à mesure que Betty s'enfonçait dans la peur. Même le sol était jonché de flaques d'eau croupie. Dans ce contexte, Betty avait du mal à garder son sang froid. Elle finit par dénicher, malgré tout, un long manche en chêne vaguement contondant. Le prenant en main, elle s'aperçut qu'il était juste assez long pour lui servir de gourdin. Il était temps car, déjà, elle entendait des pas feutrés glisser sur le ciment des marches. Comme la lumière se fait quelquefois dans les moments les plus extrêmes de l'existence, elle tira son mouchoir souillé de vomi et le plaça vite sur l'ampoule nue. A peine avait-elle effectué ce travail qu'une clé tournait dans la serrure. Elle se plaqua derrière la porte, muscles tendus, tous les sens en alerte. La serrure avait joué brusquement. La porte s'ouvrit. Elle entrevit le gorille de trois-quarts qui marquait un temps d'arrêt devant la fumée et l'odeur qui se dégageaient maintenant du mouchoir en train de se consumer. Les petits restes de vomi qui s'y accrochaient encore grésillaient dans ce feu improvisé. Avant qu'un seul son ne sorte de la bouche de son geôlier, Betty l'avait frappé à la tête, en y mettant tout son coeur. La montagne s'affaissa en silence, au ralenti, la surprise figée sur ses traits. La fugitive s'assura que le crétin vivait toujours puis referma la porte de la cave. Elle jeta la clé de celle-ci au loin et bondit dans l'escalier. Elle descendit deux étages encore et tomba brusquement en arrêt devant une porte coupe-feu légèrement entrebâillée. Sautant sur l'occasion, prête à tout, elle en passa le seuil. Elle dut peser lourdement sur la porte pour la refermer complètement. Ensuite, elle s'aventura dans le labyrinthe de ce qui se révéla bientôt un parking souterrain. Elle suivit les flèches indiquant le sens de rotation des véhicules, traversa tout l'étage et parvint finalement à une rampe d'accès, déserte à cette heure-là. Elle grimpa donc trois étages du parking pour aboutir enfin à l'entrée. Le lieu, lugubre, éclairé par un réseau de lampes dont la lueur n'accrochait pas les murs, avait de quoi filer la pétoche. Cependant, elle ne se démonta pas. Arrivée à la porte basculante, elle dut se rendre à l'évidence. La porte, en position basse, ne pouvait s'actionner que par l'introduction d'une carte à puce dans un des boîtiers situés de part et d'autre de son montant. "Armons-nous de patience" se dit-elle. Il finirait bien par y avoir un visiteur. Elle attendit donc. La fatigue, malgré la tension nerveuse à laquelle elle était soumise depuis son évasion, commençait à saper sa vigilance. Dans cet état, elle faillit bien ne pas plonger à temps quand la voiture tant attendue s'engouffra dans le couloir où elle s'était tapie. Elle s'était reçue si brusquement à terre qu'elle s'était à moitié démoli le bras droit. Le ciment comme tatami, ça n'était pas l'idéal. Le silence retomba vite et elle prit son élan. Elle frisa la déchirure musculaire en courant vers l'ouverture qui se rétrécissait déjà à vue d'oeil. Elle atterrit dans une ruelle à peine éclairée par un réverbère pâlichon. "Il doit manquer de vitamines !" se dit-elle. Six heures ! Les fenêtres commençaient, ça et là, à s'animer, éclairant la nuit vaincue par la solitude des hommes. Ca faisait du bien de rester hors des préoccupations matérielles du monde, même lorsqu'on avait des allumés de la cafetière à ses trousses. Au moins, on restait libre. Elle trouva rapidement une bouche de métro dans laquelle elle s'engouffra. C'était déjà plein à craquer. Il fallait éviter de respirer pour ne pas suffoquer sous les effluves des mal lavés et des parfums à base de pétrole. Elle-même ne dénotait pas, avec sa veste puant le vomi. Il y avait des balayeurs en jaune, des femmes bonnes à tout faire, des travailleurs pour des salaires misérables. Jaunes, Noirs, Blancs, ils avaient tous la même couleur : celle de l'ennui et de l'esclavage à bon marché. Quelques rires ponctuaient la morosité ambiante. Betty se retrouvait dans les boyaux d'une société dont les rouages s'alourdissaient d'année en année, d'une couche en décomposition que l'on nommait les masses laborieuses. Quand il reçut le coup sur la tête, le fâcheux tomba dans un coma profond dont sa patronne le tira à grands coups de talons aiguilles dans le dos, le ventre et les guibolles. Le quidam, pris alors d'une folie meurtrière en revenant à lui, toujours étendu par terre, attrapa une des jambes de la Sauterelle pour la déséquilibrer. Ensuite, hurlant comme un possédé, il lui cogna la tête sur le ciment, jusqu'à ce que sa cervelle s'y répandît. Le corps sans vie de la donzelle fut un instant agité de soubresauts. Puis il n'y eut plus rien qu'un petit gargouillis venant des entrailles, qui s'acheva très vite. Ensuite, le gorille retomba dans l'inconscient. Il avait détruit son employeur. Trois jours plus tard, quand il se réveilla, il était sanglé sur un brancard, attaché solidement, arrimé comme une marchandise. Les médecins diagnostiquèrent un épanchement de folie meurtrière faisant suite à un coup d'une grande violence sur la coloquinte. Ils ne s'étaient pas foulés pour trouver une explication à la conduite de ce meurtrier occasionnel, tous ces carabins d'opérette. Le pire de tout, c'était que l'animal n'avait aucun souvenir de son acte. L'amnésie est la meilleure défense des assassins, quelquefois. Cependant, lors même qu'il aurait eu le souvenir de son crime, aurait-il pu dire aux enquêteurs ce qu'il s'était passé réellement ? Certes pas ! Bakou effectua donc un court séjour chez les dingues, le temps de quelques examens plus approfondis que le simple regard d'un flic sur son acte. Il s'en trouva en partie excusé et se retrouva alors sur le banc des accusés pour meurtre au premier degré. Il écopa de la prison pour cinq ans, au vu de son dossier. Betty l'apprit par hasard, en longeant la Seine, à la recherche des oeuvres originales de Borniol. Ce fut pour elle un véritable cauchemar. "Pourvu qu'on ne fasse pas le rapprochement entre moi et ces pauvres types". Elle en tremblait. L'idée de se retrouver entre les pattes velues d'un juge la terrorisait, à présent. Si elle se moquait de la mort de la Sauterelle comme de sa première paire de bas, il en allait autrement de la dissimulation des preuves dont elle était détentrice. Elle n'y couperait pas. Les flics la conduiraient dans leur wagon à bestiaux, avec d'autres condamnées. Elle serait envahie par les poux, les puces ; elle ne pourrait plus se gratter sans penser à la détention qu'elle aurait subie. Heureusement, le voile se déchira vite et Betty se mit à réfléchir sérieusement à la manière dont elle allait "tirer sa révérence" à ce climat malsain. Primo, elle était heureuse d'être enfin délivrée de l'angoisse du papillon épinglé dans la fleur de l'âge à la collection d'un excentrique. Deuxio, Dédé serait toujours, elle le pressentait, une petite frappe sous ses airs de garçon de bonne famille. Elle allait pouvoir ouvrir grands ses pores, chasser les relents merdeux de la ville lumière. Les amis qu'elle s'était imaginée avoir n'en avaient pas la consistance. Le lait auquel ils avaient grandi était vénéneux. L'indécision poussa Betty à s'enfermer dans sa chambre une semaine durant au terme de laquelle, après mûre réflexion ainsi qu'après la réception d'un pli mystérieux, elle quitta l'endroit définitivement. Les mômes Malausaints en restèrent cois, quand elle le leur annonça. Pauvres petits êtres protégés d'une bourgeoisie aimable - il s'en trouve- ils allaient devoir subir les aléas de la décision d'une grande personne lassée de l'incertitude dans laquelle elle avait jusque-là vécue. Les parents non plus ne s'en remettraient pas avant longtemps. Michele Delpech

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O R B I – O R P I

Le Panda 2010-08-03 08:34:10

Le Var n’est pas Le Vatican. La fumée qui sort blanche donc après le décès d’un Pape, annonce qu’un nouveau représentant le Chef de l’église chrétienne est élu, tant que la fumée demeure noire, il n’y a pas de nouveau Pape. Lorsque la fumée devient blanche, Avam Papam, en terme claire latino-gaulois : Nous avons un nouveau Pape. Benoît XVI a succédé à Jean-Paul II avec les différents problèmes que l’on peut connaître, et surtout ce qu’ils ont pu connaître dans le cadre de leur Pontificat. Il ne faut pas oublier que le Vaucluse et le Var ont été le fief de la Papauté, au moment où les Papes étaient installés en Avignon. Le fameux Palais des Papes est là avec ses vestiges pour en témoigner. On peut comprendre lorsque l’on arrive dans le Var dans le 83 qu’Orbi n’est pas Orpi qui veut. Difficile de trouver des gens de plus mauvaise foi dans certaines corporations que dans le Var. Avec un Droit de réponse, conformément à la loi de juillet 1881 et ses avenants. Ceux qui se sentent concernés, je m’engage à leurs donner la parole dans les colonnes de la Véritable Information. L’équivalent de dix, quinze, vingt fois le montant donc des garanties demandées, cela ne suffit pas. Tout simplement pour trouver une location qui représente 450 euros par mois, il faut aussi savoir manipuler les dessous de table, les bakchichs comme de l’autre côté de la méditerranée. En ce qui concerne certaines corporations, c’est tomber dans leurs mœurs, c’est un acquit social, éducatif et culturel qui ne figure pas dans le cadre de notre législation. Pourtant nous sommes tous français, voire parfois sans papier, mais payant des impôts normalement. Des déclarations d’impôt en bonne et due forme. Des justificatifs de revenus mensuels certifiés par les organismes bancaires. Rien ni fait, au moment de la signature, on vous dit : Nous avons oublié de vous dire qu’il manquait tel ou tel élément, allant jusqu’à vous faire régler par carte bancaire des imprimés que vous payez de vos propres deniers mais qui ne vous sont nullement remboursés. Sommes-nous réellement en France dans cette région magnifique qui s’appelle P.A.C.A. ? De tous temps, nous le savions, Pagnol le disait, dans le Château de ma mère, La Gloire de mon père, puis Manon des Sources et ses suites. A quoi nous servent nos belles mairies, tout du moins les frontons ? Sur lesquelles figurent presqu’en lettres d’or : Liberté, Egalité, Fraternité. Où se trouvent les coins dans lesquels, subsiste juste un peu d’honnête, de franchise, de bonne volonté ? C’est encore plus difficile que de devenir Pape. Ne loge pas au Vatican qui veut, alors où subsistent quelques rayons de soleil, le dard de la peau en prend un sacré coup. Il n’existe nulle part sur l’hexagone de notre cher pays la Douce France de Trenet, autant d’agences immobilières au mètre carré, la mafia aurait-elle changé de cap ? Tout comme tout un chacun peut se poser la question, l’Oréal, Madame de Bettencourt, Monsieur Woerth réussiront-ils à rester français dans ce pays où les fuites sont aussi importantes que les inondations en Vendée ? Il serait temps que les gouvernements successifs, les municipalités de tous ordres, se penchent sur le devenir de tous les français et non simplement sur les ayants droits. A ce rythme là, dans moins de temps qu’il ne faut pour le dire, malgré le bénéfice des organismes bancaires, de la montée fulgurante du CAC 40 ; nous sommes tous des Don Quichotte en puissance pour aller coucher sous nos tentes à défaut d’être berbères. Ce n’est pas l’arbre qui cache la forêt mais Orpi qui cache Orbi. Le Pape pourrait peut-être nous en dire un peu plus long. Même les Présidents de la République ont une résidence secondaire au fort de Bréguesson. Un acquit républicain. Faut-il refaire la constitution pour éviter que la corruption et les scandales des patrimoines camouflés fassent réellement état d’une législation applicable pour tous comme nous exigeons d’y avoir droit ? C’est notre droit de le demander complètement, une obligation, un devoir pour nos dirigeants quelque soit leur position, de mettre en conformité les valeurs de notre Constitutions avec la législation qui s’impose. Scandaleux, effectivement tous les paramètres sont au rouge, nous entendons sans cesse parler de sécurité, une jeunesse complètement dépourvue de possibilité créative. Il semble que vous qui prenez des congés au frais d’Etat, donc de tous les contribuables, il faut que vous y mettiez bon ordre. Côté du soleil, même si la Tour Eiffel reste le monument au monde à recevoir le plus de visiteurs, il n’y a pas que Paris en France. Il existe plus de 36 000 communes, certains protagonistes violents avec une indécence flagrante leur propre structure. Propre peut s’appliquer à une marque de lessive, qu’il est difficile de vivre dans un pays qui est le nôtre,  où l’on se sent complètement étranger. Une évidence, le prix Nobel de littérature l’a reçu, il s’appelait Albert Camus, pour son ouvrage le plus célèbre, c’est bien l’Etranger. Orpi n’est pas Orbi qui veut. Je tiens tous les documents à qui le souhaite en format PDF ou autres. A bonne entendeur, salut ! Que chacun se reconnaisse ! Patrick Juan Le Panda

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T.REX

Bonjour Pape des Pandas, Tu es donc en vacances au VARTICAN ? Fais une prière pour ne pas te faire rouler ! Dans l'immobilier les prix sont plus mobiles que la PACA-mobile. Dans cette corporation de loueurs et vendeurs de biens (tant bien que mal !) demander toujours plus de garanties "est tombé dans leurs mœurs", ils outrepassent souvent le droit, mais contrairement à ce que tu dis : ce n'est pas un "acquis social" car les acquis sociaux figurent dans notre législation. Ils sont légaux comme les briques qui composent notre monumentale société ! Non, dans le cas que tu cites c'est illicite, une culture de la clause abusive, un abus de position dominante ! Le client est le roi mais le vendeur fait le droit ! Tu n'as pas choisi le coin le moins cher de France mon vieux, il faut assumer le risque maffieux ! :mrgreen:

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LIBERTAD Chapitre 4

Pierre JC Allard 2010-08-03 08:19:05

De Pierre JC Allard Chapitre 4 Ce n’est pas parce qu’on se croit un salaud — à tort ou à raison — qu’on ne sait pas y faire. Robert Desjardins avait compris que le mandat que lui avait confié Bayard était une occasion de se faire valoir comme il n’en aurait sans doute plus jamais dans sa vie. Il s’attaqua donc au problème sans perdre une minute. Il traça des ronds et de petites flèches toute la nuit sur des douzaines de feuilles, but beaucoup de café, marcha de long en large en se parlant à lui-même et supputa ses chances exactes de manipuler et de corrompre tous ces gens qui viscéralement disaient non et dont on voulait tout à coup qu’ils disent oui. Avec enthousiasme. Au matin, il avait son plan. À midi, il avait son accord et à dix-sept heures son budget. Le jour suivant fut consacré à assembler ses ressources, à séduire un peu plus ses alliés, à tranquilliser ses rivaux, à pacifier ses adversaires et à mettre en marche la logistique d’une opération qu’il voulait sans bavures comme une opération militaire. L’annonce que le premier mai 1996 serait jour férié — comme «une main tendue vers tous les travailleurs du monde», ainsi que le Premier ministre l’annonça — fut une surprise. Elle fut une surprise heureuse pour la ministre responsable des ressources humaines, les travailleurs et même pour les cadres syndicaux dont seuls les plus importants avaient été pressentis par Robert. Elle fut aussi une surprise pour les gens du ministère des Finances, de la Fonction publique et du Conseil du trésor pour qui une journée fériée supplémentaire réduisait à néant des giga-octets de prévisions budgétaires et ajoutait du travail au moment précis où l’on réduisait d’autant le temps pour le faire. Robert avait convaincu le Coordonnateur de son plan, le Coordonnateur avait convaincu le Premier ministre. Les autres, c’était l’intendance. C’est le ministre responsable, toutefois, qui invita les travailleurs du Québec à une grande manifestation de solidarité au Parc olympique le soir du premier mai. Il y aurait quelques discours, bien sûr, mais la bière serait gratuite, courtoisie d’une micro-brasserie qui croyait, elle aussi, que son avenir passait par l’indépendance. Ce sont les syndicats eux-mêmes, subventionnés pour ce faire par les fonds spéciaux du Secrétariat aux activités de transition, qui invitèrent les compagnons et camarades de l’étranger (sic) à se joindre fraternellement à cette fête de famille. Tous ensemble, Québécois et Canadiens, il fallait affirmer dans les rues de Montréal le droit sacré des travailleurs de toutes les nations à assumer eux-mêmes leur destin politique et à travailler, ensemble, à la réalisation de leurs objectifs sociaux prioritaires. – Ce qui prouve bien le caractère spontané, totalement vrai — je répète le mot, il est clé: «VRAI» — de cette solidarité, dit Robert aux journalistes après la conférence de presse qu’avaient donnée les patrons de la FTQ, de la CSN et de la CEQ, c’est justement ce qui semble, à première vue, son improvisation. – Monsieur Desjardins, demanda l’un des journalistes, n’est-il pas surprenant qu’à six semaine de l’indépendance le gouvernement du Québec prenne les fonds des Québécois pour financer la venue au Québec de leaders syndicaux de l’Ouest, des Maritimes, de l’Ontario…? – Le gouvernement du Québec ne paye RIEN. Je répète, RIEN aux travailleurs qui décident volontairement de venir appuyer la démarche du Québec. Le mouvement syndical canadien dans son ensemble, québécois et canadiens confondus, assume intégralement, solidairement, les coûts — dérisoires d’ailleurs — de la venue au Québec de ces milliers de sympathisants qui CROIENT à la souveraineté québécoise et à la solidarité internationale. – Mais n’est-il pas vrai, demanda un autre pendant que la caméra filmait Robert, que le Coordonnateur a autorisé personnellement un virement de fonds important aux centrales syndicales? – Si vous pensez que le gouvernement du Québec achète ses appuis, si vous pensez que les centrales syndicales québécoises sont obligées de payer leurs amis pour venir les voir, vous vous trompez! Ce n’est pas la première fois, d’ailleurs, que les médias, contrôlés par les grand intérêts financiers de qui-nous-savons, essayent de manipuler la population et de travestir les intentions du seul gouvernement qui, dans toute l’histoire du Québec, a vraiment pris les intérêts des travailleurs! – Mais le gouvernement ne vient-il pas de virer une somme important aux centrales syndicales, demanda un autre? – Il y a sans cesse des transactions financières qui doivent intervenir entre le gouvernement et les centrales syndicales. Bien sûr, il y a eu des virements récents. Il y en a eu la semaine dernière, le mois dernier, l’an dernier… Tenez, par exemple, des trop-perçus représentant environ un million de dollars ont été remis à la FTQ en règlement d’un contentieux qui traînait depuis des années concernant certaines amendes, certaines déductions pour des jours non travaillés. Est-ce que vous appelez ça des pots-de-vin aux syndicats? – Ce n’est pas parce qu’un journal a parlé de «pots-de-vin» aux syndicats que toute la presse se ligue contre les syndicats, tenta timidement un des journalistes présents On venait de changer de sujet. L’accusateur était devenu l’accusé. Robert savait comment noyer un poisson en lui laissant respirer l’air pur. Ses collègues, encore plus aguerris, savaient aussi depuis des années qu’il ne faut jamais tomber dans le piège de répondre à une question. * Ils vinrent par milliers. Certains chantèrent l’Internationale, d’autres le Drapeau rouge, tout en défilant rue Sherbrooke. On s’amusa beaucoup. Un groupe de Winnipeg, rappelant sur une longue banderole qu’il avait été le premier au monde à reconnaître le régime bolchévique de 1917, eut un succès bœuf. Le monde était maintenant suffisamment éloigné de la gauche pour que celle-ci pût ajouter le charme vieillot de la nostalgie à l’attrait bien pratique qu’elle exerçait encore sur quelques-uns. Il y en eut pour tout le monde. L’arrivée au Stade olympique fut spectaculaire. On ne sut jamais quel groupe, le premier, avait décidé de pénétrer dans l’enceinte en brandissant le point gauche; mais il avait suffi que quelques-uns le fissent pour que les autres les imitent. C’est donc des dizaines de milliers de travailleurs portant des pancartes bilingues d’appui à l’indépendance du Québec, certains arborant des drapeaux rouges ou, plus joliment encore des bleus de travailleurs, le poing braqué contre Dieu-sait-quoi, que les caméras de télévision filmèrent au Stade le premier mai. Ces images, lorsqu’elles eurent été distribuées, furent diffusées avec beaucoup plus d’empressement que les discours des politiciens. Les téléspectateurs québécois, surtout les tenants du oui dont beaucoup, à cause de leur âge ou de leur statut social, n’avaient jamais eu l’occasion de voir de près un point braqué, un drapeau rouge, ou même un travailleur, en ressentirent un vague malaise. Ceci n’était pas important, ils avaient déjà voté. Bien d’autres, qui s’étaient tenus à l’extérieur du débat parce qu’ils ne voyaient pas comment l’indépendance du Québec pouvait changer leur destin mieux que l’arrivée d’une nouvelle girafe au zoo, trouvèrent la cérémonie émouvante. Inspirante. Tous ces gens qui s’ennuient — ceux qu’on appelle souvent la majorité silencieuse — trouvèrent ce soir-là que l’indépendance était quelque chose de beaucoup plus rigolo que le statu quo antérieur. Ça ferait des gains dans les sondages. Les journaux anglophones du lendemain allaient s’en indigner, le reste du Canada allait rabrouer ceux des siens qui étaient venus servir de figurants à cette mise en scène, mais tout ceci n’était pas primordial. Comme il semblait bien que n’était pas prioritaire non plus l’impact que pouvait avoir cette scène sortie tout droit des années trente ou cinquante sur les Américains qui avaient quelque bien investi au Québec ou au Canada. Le Québec vivait son Grand Soir. * Si Marcel n’avait pas eu cette indéfectible loyauté envers lui-même qui lui imposait de ne rien renier de sa vie, il n’aurait certainement pas accepté cette rencontre orchestrée par un ancien compagnon de prison des années soixante. Il ne l’aurait surtout pas fait sachant que celui qu’on voulait lui faire rencontrer était fiché par tous les corps policiers, suivi par ceux-ci chaque fois qu’ils en avaient la chance et donc une bien mauvaise fréquentation pour un homme qui, comme lui Marcel, souffrait déjà d’une feuille de route ennuyeuse. Marcel étant loyal et l’entremetteur lui ayant déjà rendu quelques services au cours des années difficiles, le rendez-vous eut lieu. Il eut lieu dans un endroit bien, anonyme à souhait: le bar d’un de ces grands restaurants de la rue Sherbrooke Est. Marcel, qui n’avait pas posé de questions, fut mis au parfum dès la première phrase. – Nous sommes, dit Marius, des amis de Grenier — Paloma, si tu préfères — le type qui a sauté avec la petite Sud-Américaine. Je te connais. Jerry m’a dit que tu étais régulier. Je le pense aussi. Je vais te dire exactement ce que je cherche et, si tu peux m’aider, tant mieux. Si tu ne peux pas, nous ne serons pas plus mauvais amis. Nous nous comprenons? – Vas-y. – Quand Paloma a été tué, nous étions sûrs que vous n’aviez absolument rien à faire là-dedans. Nous étions convaincus que c’était du baratin de journalistes et que c’était un gang rival qui avait fait le coup. Nous avions des décisions à prendre. Nous avons fait notre petite enquête. Nous n’avons rien trouvé, sauf des contradictions. Ceux qui auraient eu intérêt à éliminer Paloma n’ont rien fait de ce qu’il aurait été logique qu’ils fassent par la suite. Tout ceci semble un meurtre inutile. C’est pour ça que j’ai voulu te voir. Au début, les médias disaient que c’était vous, mais nous ne le pensions pas. Maintenant, tous les médias disent que c’est la mafia, mais nous ne croyons plus que ce soit la mafia. Nous ne croyons plus que la drogue ait été le mobile de l’attentat. C’est pour ça que je te demande de me dire si oui ou non c’est la fille qui était visée et si c’est vous qui l’avez fait. Marcel commença de hocher la tête, mais Marius l’interrompit. – Attention, écoute-moi bien. Ça fait un mois qu’on tourne en rond et nous devons faire quelque chose. Tu n’a pas à avoir peur si c’est vous qui l’avez fait. Parce que, si c’est vous, nous comprenons que la mort de Paloma a été un accident. On comprend que vous ne visiez pas Paloma. Nous ne pourrions pas vous en vouloir pour ça. Et puis, soyons clairs; de toute façon, nous sommes plutôt pour le Québec, pas contre, tu me comprends? Donc, pour éviter bien des bavures, je te demande de me donner l’heure juste. Ce que tu vas me dire ne servira jamais ni contre toi, ni contre personne de tes amis, ni contre le «Oui». Tu me comprends bien? Marcel comprenait parfaitement. – Je ne sais pas. Ce n’est pas moi, ce n’est personne que je connais. Je ne pense pas, parce que je ne vois personne qui aurait eu intérêt à le faire. Ceci dit, on ne me le dirait pas, dit Marcel qui avait vraiment l’impression de se répéter, parce que je ne suis plus au cœur des choses. Si quelqu’un le faisait, il l’aurait fait sans me le dire et sans le dire à aucun de ceux qui se sont compromis au cours de la première vague. Nous, les anciens, nous sommes trop compromis. Je ne le saurais pas. – J’ai tout de même des raisons de penser que ça pourrait être quelqu’un de chez vous. Je ne mets pas ta parole en doute, mais quelqu’un peut l’avoir fait sans que tu le saches, tu viens de me le dire. Pense, qui pourrait l’avoir fait? – Je pense, dit Marcel. Voyons voir… Normand? Non. Jean-Pierre… non plus… Donc, ce n’est pas un ancien. Ou alors, ce serait un «ancien» qui aurait coupé tout contact avec nous. Parmi les nouveaux — excuse-moi, je pense tout haut –… peut-être Roger. Et puis, non: Roger n’aurait pas réussi. À moins, que le Marocain… Écoute, quelques semaines avant l’attentat, il y a eu chez nous un Marocain qui voulait passer à l’action directe. Il en vient comme ça, du Maroc ou d’ailleurs, qui arrivent, tout feu tout flamme, pour régler leurs comptes. Le Marocain en question, je ne sais pas de quoi il voulait se venger. Peut-être un père en prison depuis quinze ans, dont il ne sait pas s’il est mort ou vivant… Peut-être une sœur violée en France par un type du Front national, peut-être simplement de ne pas avoir eu de chance. Il y en a souvent qui veulent mettre des bombes ici: c’est plus facile que chez eux. Alors, lui, il voulait passer à l’action directe. Il avait appris plus ou moins comment fabriquer des bombes et comment se procurer les produits. Il voulait voler un détonateur et faire sauter quelque chose. La Banque du Canada, je crois. – Mais s’il savait comment, qu’est ce qu’il voulait de vous? – Des données pratiques sur le radio-contact. Je présume qu’il vaut toujours mieux en parler avec quelqu’un qui l’a déjà fait. – Et qu’est ce qu’il a fait votre Marocain? – À ma connaissance, rien du tout. Il s’est tenu avec nous quelques semaines, puis il a cessé de venir. Je ne t’en parle que parce que c’est le seul dont je puisse me souvenir qui se soit intéressé aux bombes depuis bien longtemps… Je ne l’ai pas revu depuis pas mal de temps. Je pense, d’ailleurs, que je ne l’ai pas revu depuis l’attentat. Il y a peut-être là quelque chose à vérifier. –Il a l’air de quoi? – Marocain. Moustaches, cheveux frisés, barbe forte. Plus grand que la moyenne, mince… tu sais, on ne se regarde pas sous le nez dans ce genre d’affaires… mais une minute! Je me souviens, il disait être étudiant à Concordia. Remarque, ce n’est sans doute pas vrai. Ça aurait trop bête de venir nous le dire s’il avait prévu monter un coup là-bas. Mais je te le dis comme je le sais. Merci de m’avoir rappelé ce type, on va aller regarder de plus près qui il est et ce qu’il fait. – Nous aussi, dit Marius. Marcel, tout entier investi dans l’échéance de la Saint-Jean, ne vérifia rien du tout. Après qu’ils se furent quittés, il prit le métro vers le Parc olympique et y arriva juste à temps pour entendre la ministre Harel remercier encore une fois en anglais, avec émotion, les «milliers de travailleurs canadiens, mettant la justice au-dessus des préjugés séculaires, venus saluer dans la solidarité et la fraternité les travailleurs québécois s’apprêtant à assumer librement leur destin». Bien qu’il fallût plus que des discours pour faire vibrer Marcel, 40 000 personnes ovationnant l’indépendance et brandissant des milliers de drapeaux québécois y parvinrent sans peine. Il oublia tout de cette affaire de Marocain; il avait d’autres chats à fouetter. Pour Marius et les siens, cependant, il n’y avait pas d’autre chat qui méritât tant d’être fouetté. Ils vérifièrent. * Johnny et Tony étaient venus seuls rue Hochelaga, sans escorte apparente. Seuls Cric et Scalp prirent donc place avec eux à la table et Marius n’entra que pour faire son rapport. Debout. Affaire d’équilibre, encore une fois. Il était normal que Marius présentât le rapport, puisque c’est la vérification qu’il avait faite qui justifiait cette rencontre au sommet entre les caïds des deux organisations criminelles les plus actives de la région de Montréal. Cric fit un signe de tête et Marius commença. – Abdallah Ben Saïda, vingt-quatre ans, nationalité française, origine algérienne. Vague ascendance marocaine, du moins il le prétend. Fréquente aussi bien ici les Juifs marocains séfarades que quelques groupes iraniens présumés intégristes. Il est au Canada depuis trois ans, à titre de résident permanent. Il n’a pas de dossier judiciaire. Son frère, Mohamed Ben Saïda, quarante-six ans, a déjà lui son passeport canadien qu’il a obtenu dans le cadre du programme des immigrants investisseurs. Il est dans l’importation de textiles, les buanderies, la mécanique. Il voyage beaucoup. Il est discret, vit simplement ici mais a une résidence qui vaut dans les sept chiffres près de Montreux, en Suisse. Aucun dossier judiciaire. Nous avons remonté plus loin. Il a été mêlé à une affaire de logements bâtis avec des fonds publics en banlieue de Paris en 1982, affaire qui avait donné lieu à un scandale politique, mais il a été exonéré de tout blâme. On peut supposer qu’il a collaboré avec les autorités. Auparavant, il avait été cité en Espagne dans une histoire de fausses factures pour l’exportation de textile vers l’Amérique latine, une aventure qui avait mené quelques banques à la faillite et qui avait fait beaucoup de bruit à Barcelone. Ici, encore une fois, rien n’a été retenu contre lui; rien à trouver non plus: le dossier est plein de trous. Toute cette information a été corroborée par nos contacts à la GRC. – Il est dans quoi, sérieusement, demanda Johnny, vous êtes-vous déjà cognés sur lui? – Jamais. Il aurait pu ne pas exister. Maintenant, en regardant de plus près, on s’aperçoit qu’il est depuis longtemps derrière à peu près tous ceux qui avaient l’air de travailler seuls. Il est la source du financement pour les petits prêts dans plusieurs tavernes du nord de la ville, pas celles ou vous opérez, mais d’autres. Il s’est glissé dans les interstices. – Dans les quoi? – Dans les tavernes où personne n’opérait parce qu’il n’y avait pas un marché suffisant. Ce qui est intéressant, c’est qu’il ne s’est pas arrêté là. Il s’est créé un réseau collé aux gens qui travaillent pour le Bien-être social et l’Assurance-chômage. Il a monté une opération où l’on escompte les chèques. Surtout le premier chèque qui peut tarder — ou qu’on peut retarder — plus longtemps. Il fait aussi du pari, mais d’une façon originale. Il est parti des soirées de bingo et il est remonté vers les Clubs de l’âge d’or. De là, il est redescendu vers les familles. Il ne travaille pas sur de gros clients mais sur la masse. – Il «booke» sur les courses? Sur le hockey? – Il fait mieux que ça. Il a lancé sa propre mini-loto, surtout dans les maisons pour vieillards. Son numéro gagnant est le numéro gagnant de Loto-Québec; donc pas de doutes quant à l’honnêteté du tirage, mais il paye le prix de Loto-Québec majoré de 30 %. Et il paye… On a trouvé une vieille qui a touché trente-cinq mille dollars! À côté du marché de Loto-Québec, le reste du pari au Québec, c’est des broutilles. Il aurait pu aller encore plus vite et encore plus loin. On a l’impression qu’il a surtout voulu ne pas se faire remarquer. – Des filles? Des hôtels? Des jobs de bras? – Pas de prostitution, du moins au Canada. Pour l’étranger, on ne sait pas. Il finance un type qui importe de la porno-vidéo, mais ça semble tout à fait marginal à ses opérations: il est le financier, pas l’exploitant. D’autre part, ce qui est beaucoup plus important, c’est qu’il a participé activement à la contrebande de cigarettes. Il l’a fait indirectement, bien sûr, mais on est remonté à un compte de banque aux États-Unis par lequel des Indiens qui ont été vus en compagnie de gens de son groupe ont fait transiter une douzaine de millions de dollars américains. Tout ça est parti vers Panama. L’argent, je veux dire. – Il est encore actif dans les cigarettes? – Selon ce qu’on en sait, il en est sorti, miraculeusement, juste avant que la taxe ne soit abaissée. Ceci veux dire de GROS contacts. – Il est partout… Sauf où ça compte. – Il n’est pas directement dans l’importation d’aucune drogue, mais même là, on se sait pas vraiment s’il n’intervient pas au palier du blanchiment. On ne sait pas encore, mais on cherche. – Et on ne l’a vu dans rien! Impensable! – On regardait ailleurs, conclut Marius. – On se regardait trop les uns les autres, dit Cric, comme pour l’affaire de Harry. Je te répète encore une fois, Johnny, que Harry c’était pas nous autres. – Mais Jerry? – Jerry, oui. Mais c’était pour l’affaire de NDG et l’explosion de la moto de Spitball – L’explosion, c’était pas nous autres, affirme Johnny – Mais vous avez pris le marché de NDG, réplique Cric. – Un jeu de circonstances. Mais vous savez que NDG, c’est plus de troubles que de profits. Les Jamas prennent 80-90% et c’est volatile. D’ailleurs, vous avez tiré Jerry, mais vous n’avez pas fait d’effort pour occuper le terrain. Cric savait que c’était vrai. NDG était un quartier lunatique. Trop de hasch “home made”, pas assez de coke. Trop de sang au kilo. Les gens sérieux achetaient au centre-ville. Ils «donnaient au bureau» comme disait Marius. — Écoute, ça ne sert à rien de les passer un par un. On veut se croire, mais on saura jamais. De toute façon, on a compris que Paloma c’était pas vous. – Pourquoi on aurait fait ça? La famille de New York nous lâcherait si on faisait autant de troubles — et politiques à part ça — pour aller chercher quoi? Ça représente quoi Concordia? Trois à quatre mille fumeurs de pot qui débarquent au moment du diplôme? Quelques centaines d’utilisateurs de coke, plutôt légers, qui sortent du secteur quand ils ont vraiment les moyens d’en prendre sérieusement? – On comprenait pas nous non plus, dit Cric, mais là on comprend: il y a un autre joueur sur la patinoire. – C’est le Abdallah qui a fait le coup? – J’aurais cru au départ, mais on pense plus ça. Ben Saïda — le grand frère, je parle — aurait pas laissé son petit frère se mouiller comme ça. C’est probablement un autre qui a pressé le bouton. – Et Abdallah? – Lui, il a fait le job de tête. Il est allé apprendre comment faire une bombe démodée. Ils ont voulu nous mélanger… pis maudit qu’ils nous ont mélangés! – Il y a un autre joueur, OK, dit Tony qui parlait pour la première fois, mais pourquoi maintenant? Pourquoi il apparaît en 1996? C’est Marius qui se permit de répondre au lieu de Scalp, lequel aurait normalement dû donner la réplique à Tony comme Cric l’avait donnée à Johnny. – Ben Saïda n’arrive pas sur le marché en 1996, il y est depuis au moins deux ans. Maintenant, pourquoi il apparaît aujourd’hui? Parce qu’il s’est attaqué à Paloma. Pourquoi il l’a fait? Je suppose qu’ils sont pressés d’entrer sur le marché de la coke parce qu’ils veulent se positionner face à l’indépendance. Un nouveau pays, c’est une nouvelle police, de nouveaux politiciens, de nouveaux contacts avec Interpol. Peut-être qu’ils ont pensé qu’il y avait un avantage à arriver les premiers sur ce qui va être un nouveau marché. – C’est tiré par les cheveux, dit Johnny; c’est toujours le même marché. On va toujours rester à la même place, on va toujours couvrir les besoins locaux, mais surtout revendre aux États-Unis. Je ne vois pas pourquoi ils auraient révélé leur jeu. – Remarque, dit Marius, qu’ils on fait de gros efforts pour brouiller les pistes et qu’ils y sont presque parvenus. – Laissez-nous «checker» tout ça, conclut Johnny, tout en notant que c’est encore Marius qui avait parlé et que c’était peut-être lui, pas Scalp, le vrai numéro deux de la gang de la rue Hochelaga. Il y avait peut-être là un déséquilibre. Quelque chose à utiliser plus tard. Un jour, après la trêve qu’imposait l’apparition de Ben Saïda. * Francœur habitait dans une de ces vieilles maisons de pierre où ne peuvent vraiment vivre à l’aise que ceux qui y sont nés. Pierre Pinard y arriva vers vingt heures, le 5 mai, ressentant encore une fois une espèce de crainte révérencielle au moment de pénétrer dans cet antre du vrai pouvoir. Lui-même bien à l’abri du besoin, comme son père avant lui, Pierre Pinard n’en mesurait pas moins toute la distance qui le séparait de ceux qui détenaient la vraie richesse. De ceux pour qui l’argent n’était plus une façon d’assouvir des besoins ou même des désirs, mais uniquement un outil de pouvoir et de domination. Pierre Pinard avait depuis longtemps réfléchi à ce qu’il fallait peu d’argent pour satisfaire les vrais besoins d’un être humain, à combien minimes — relativement parlant — étaient les montants mis en jeu pour satisfaire même les besoins les plus fous du jouisseur le plus imaginatif. On parlait, au plus, de quelques millions. Dès qu’on parlait de dizaines de millions, de centaines de millions, de milliards, de dizaines de milliards… on sortait du domaine de la convoitise, pour entrer dans celui de la pure jouissance: le pouvoir. Pinard, qui pouvait satisfaire ses besoins et la plupart de ses désirs, souffrait un peu de ne point avoir accès au pouvoir que donne l’Argent. Francœur avait ce pouvoir. Quelques objets d’art, des meubles anciens, des tapis de Qum aux murs — et non pas au plancher. Francœur n’étalait pas d’autres richesses que celles que pouvait s’offrir un bourgeois bien nanti. Rien n’indiquait que la richesse était là en surabondance, disponible pour commander et pour corrompre. Lorsqu’ils furent au petit salon et que Francœur lui offrit un verre, Pinard ne put s’empêcher de penser qu’il buvait lui-même un meilleur porto et son fils de meilleures bières que celles que Francœur se permettait. Francœur, de toute évidence, trouvait son plaisir ailleurs. Comme Berger. Pinard n’avait vu Berger qu’une ou deux fois auparavant, toujours chez Francœur. Il savait que Berger était suisse. Suisse et américain. Il savait que Berger était plus puissant que Francœur et il était donc encore plus que ce dernier discret. Discret, presque invisible. Pinard se souvint que Bayard avait dit: «si ce n’est Francœur, ce sera un de ses amis». Bayard connaissait-il l’existence de Berger? Il n’y avait rien à gagner à ce genre de spéculations; il valait mieux penser au travail. – Il ne faut plus, dit Pinard, voir l’indépendance en 1996 avec les yeux de 1960. Pas même avec les yeux de 1976. Vous ne parlez plus ici avec de jeunes théoriciens. Vos interlocuteurs ne seront pas des gauchistes en mal d’en découdre avec le système. Vous traitez avec des gens d’âge mûr qui ont eu en main le gouvernement pendant plus de dix ans. Nous représentons un segment de la population qui est tout aussi prudent, tout aussi nanti, tout aussi conservateur que le vôtre. Nous méritons d’être pris au sérieux et nous voulons l’être lorsque nous parlons d’indépendance. Le 24 juin, nous ferons l’indépendance. – Ce qui nous fatigue, dit Francœur, ce qui moi, me fatigue, en tout cas, c’est surtout la totale inutilité de l’exercice que vous vous proposez de faire. Écoute-moi bien Pierre. Nous savons que vous n’êtes pas des imbéciles. Nous ne pensons pas qu’un Québec indépendant puisse vraiment faire pire que les gouvernements qui se sont succédé à Ottawa depuis Trudeau; nous ne croyons simplement pas que vous puissiez faire sensiblement mieux. Vous ne changerez rien. Vous allez tourner en rond. Vous ne comprenez pas les vrais problèmes. Parce que vous ne changerez rien, vous êtes inutiles et même nuisibles, parce que tout changement implique un coût. Le coût de faire l’indépendance du Québec est trop élevé pour ce que ça va rapporter. C’est tout, et c’est assez. Nous n’avons pas d’autre objection à votre projet que celle-là. Votre projet est inutile. Il ne faut pas que toi et tes amis pensiez que cette opinion que nous avons implique un jugement négatif quant à votre compétence. Au contraire, nous serons heureux de traiter avec vous avant, pendant, après que cette aventure sera terminée. – Mais pense, dit Pinard, pense à toutes les économies si nous éliminons le double emploi, les chevauchements, les duplications… – Attention, attention, dit Francœur, ne me sors pas la salade à la sauce populaire. Je sais — et tu sais mieux que moi — que les vrais chevauchements ne sont pas entre les compétences fédérales et provinciales. Les chevauchements entre les compétences des ministères québécois de l’éducation et de la main-d’œuvre, par exemple, sont bien plus lourds et coûtent bien plus cher que ceux entre les administrations fédérale et provinciale. Je ne vous le reproche pas, il y a des chevauchements qui sont là pour servir d’excuse… Mais ne me sers pas de vieilles rengaines, sans quoi nous allons prendre un autre verre et parler de base-ball. – Et entre nous, cher ami, intervint Berger, quand il y a un service québécois et un service fédéral qui se font concurrence, êtes-vous bien certain que ce soit toujours le service québécois qui soit vraiment le meilleur? Si vous le croyez, j’ai le regret de vous apprendre que ce n’est pas l’avis de la majorité de la population. Je ne parle pas seulement de main-d’œuvre; demandez simplement un renseignement aux bureaux de la statistique à Québec et à Ottawa. On ne fait pas un bouleversement comme la création d’une nouvelle entité nationale simplement pour faire de la normalisation de tâches. Quelle est votre vraie raison? Un mur. Le même discours depuis trente ans. Peut-être, songea Pinard, fallait-il attaquer le problème sous un autre angle. «Personnaliser» la question, comme l’avait suggéré Bayard. Il supputa les risques et les chances et décida de plonger. –On dit que tout changement impose un coût. C’est vrai, mais le coût de l’un est toujours le profit d’un autre. Pourquoi ne pas regarder plutôt les énormes possibilités de profit liées au changement lui-même? Berger tourna la tête un peu plus vite. Il ne sursauta pas, loin de là, mais il tourna tout de même la tête un peu plus vite. Pour la première fois, Pinard jugea que Berger accordait un quelconque intérêt à la question. – Qu’est-ce que tu veux dire, Pierre, demanda Francœur? – Je dis qu’il en est des époques comme des secteurs économiques et des investissements. Il y a des secteurs de tout repos où l’on ne perd jamais sa chemise mais où l’on gagne peu. Il y a les obligations du Canada, qui ont un rendement assuré, mais c’est sur les denrées que l’on fait de gros profits. De la même façon, on peut faire des profits de bon père de famille dans une économie qui croît de 2% par année avec un gouvernement stable. Mais, il ne faut oublier que c’est en Russie, en Chine et dans le tiers monde, aujourd’hui, que l’on peut tripler son capital en deux ans. Pas ailleurs. Francœur fit la moue. – Il y a et il y aura toujours des marchés volatiles, pour ceux que ça intéresse. Personnellement, je ne vois pas d’intérêt à faire du Québec un marché volatile. Ni une Russie, ni une Chine, ni un pays du tiers monde. Est-ce que c’est votre intention? – La vérité, dit Berger, c’est que les choses actuellement sont en équilibre. Je ne vois pas intérêt à ce qu’il se donne un brusque coup de volant pour changer de cap. Le Québec représente un marché connu où viennent investir et évoluer des gens qui apprécient ce que le Québec leur offre. Le Québec comme province canadienne. Je n’ai rien contre les gens qui veulent courir des risques, mais voulez-vous vraiment entraîner dans une aventure sept millions de personnes qui, vous le savez, n’ont pas très bien compris ce qu’on leur proposait quand ils ont dit oui? Pinard décida de plonger plus profondément. — Supposons qu’il ne s’agirait pas de prendre une autre direction, mais simplement de faire un petit détour? Un petit détour, le temps de tenir enfin toutes ces promesses que l’on a faites depuis trente ans. Le temps de clarifier la situation… et de faire une bonne affaire? Cette fois-ci, il en était sûr, Berger avait accroché. Peut-être que «bonne affaire» était le mot clé pour Berger. Francœur n’avait pas encore mordu. — Vous voulez l’indépendance pour un temps, dit ce dernier? Tu sais, Pierre, c’est exactement la thèse de Mansfield: laissez le Québec sortir du Canada, il y reviendra. Je n’ai jamais été, et je ne suis toujours pas d’accord avec cette approche. Les gains sont problématiques, les risques sont tout à fait imprévisibles. – Pas imprévisibles, dit Pinard, seulement imprévus. Imprévus, parce que nous n’avons pas pu les prévoir… Et nous ne pouvons pas les prévoir parce que nous n’avons pas les outils pour les prévoir. Nous n’avons pas les contacts pour les prévoir. Monsieur Berger, je me souviens qu’il y a quelques semaines, vous parliez d’un contact au Federal Reserve Bank. Il faudrait que les gens en place comprennent qu’il ne s’agit pas de sortir le Québec du Canada puis de l’y faire rentrer: c’est nous qui parlons d’association depuis trente ans! Il s’agit seulement de laisser la porte ouverte le temps d’un courant d’air, le temps d’une grande bouffée d’air pur. Un marché volatile pendant quelques jours est-il vraiment si inquiétant? N’est-ce pas plutôt une aubaine exceptionnelle? – Tout dépend, dit Berger, de qui ouvre et ferme la porte. – Les chambres fortes ont deux clés, dit Pinard. Il faut aussi être deux pour lancer un missile nucléaire. Pourquoi ne pas collaborer? – Pourquoi le faire, protesta Francœur? Vous ne pouvez pas aller jusqu’au bout de votre projet le 24 juin. Le 25 juin, vous serez encore dans la Confédération canadienne. – Mais je l’espère bien, dit Pinard! Je l’ai dit et je le répète, il y a trente ans que nous parlons d’association. Je voudrais que le Québec soit dans la Confédération canadienne le 25 juin, mais je voudrais qu’il y soit de son plein gré et que les Québécois soient heureux. Il n’est à l’avantage de personne d’avoir une population malheureuse. Il n’est à l’avantage de personne d’avoir un gouvernement humilié et discrédité à Québec. Pourquoi ne pas régler la situation une fois pour toute, mais à l’avantage de tout le monde. À votre avantage comme à celui des autres? Il y eu un silence et c’est Berger qui reprit. – Vous ne pensez pas vraiment, Monsieur Pinard, que Francœur et moi pouvons régler cette situation, n’est-ce pas? – Je crois que pourriez faire ce qu’il faut faire et dire ce qu’il faut dire pour la régler. Je ne pense pas, cependant, que vous prendrez ce risque. Je voudrais donc simplement que vous favorisiez une démarche de ma part qui me permettrait d’essayer de le faire. Francœur haussa les sourcils puis redevint de marbre. – Comment? – Je veux un rendez-vous à Washington et je veux proposer là-bas un scénario sur lequel nous aurons, vous et nous, conclu un accord de principe. Je veux que monsieur Berger passe une coup de fil là-bas qui confirme que nous sommes d’accord. – D’accord, dit Francœur, pour que nous ouvrions la porte et que vous ne sortiez pas, c’est ça? – Et que nous laissions entrer une grande bouffée d’air pur. Oui, c’est ça. Francœur se leva et alla chercher une autre bouteille. Il revint, remplit les verres et attendit. Il consulta Berger du regard, mais celui-ci resta impassible. Pinard aussi. Finalement, c’est Francœur qui parla. – Combien de temps faut-il laisser la porte ouverte? Il y a beaucoup de plantes qui ne supportent pas le froid… – Si on le fait, dit Berger, laissons Michael régler les détails. – C’est tout ce que nous demandons, dit Pinard. Un nouveau silence, puis Francœur demanda à Berger: – Vous êtes prêt à appeler Washington? – Si vous appelez Ottawa, répondit ce dernier. Il faut en finir avec cette histoire; il y a vingt ans que tout stagne dans ce pays. Francœur demanda à Pinard: – Tu parlais de deux clés pour le coffre-fort. – Oui… et vous les avez toutes les deux. Ottawa et Washington. Ce que nous avons, nous, c’est la combinaison. Rien ne sera réglé aussi longtemps que nous n’aurons pas dit oui. Vous serez les premiers à le savoir… Il n’y avait plus rien à dire. Ils se saluèrent courtoisement, mais personne ne songea même à tendre la main, de sorte qu’aucun ne s’en offusqua. * Ils s’étaient réunis, cette fois, dans un local de la rue Bishop qui aurait pu être l’atelier d’un couturier. Ils étaient seuls, mais tout donnait l’impression qu’à tout moment une secrétaire aurait pu entrer et s’asseoir à son poste, qu’un tailleur aurait pu prendre ses ciseaux et tailler, un dessinateur reprendre son esquisse là où il l’avait abandonnée. Marius se demanda si tout ceci n’était qu’un décor et ne servait que de lieu de réunion ou si, au contraire, on avait simplement évacué les occupants le temps de tenir le meeting. Johnny était là, bien sûr, mais accompagné d’un autre Tony. Un Tony qui, de toute évidence, était le père ou un parent de l’autre: une copie un peu jaunie, un peu fripée, avec des cheveux qui n’étaient plus noir jais mais impossiblement blancs. Blancs Alberto VO5, avec des reflets bleutés. Johnny, pour sa part, nota que Scalp n’était plus là aux côtés de Cric. Les apparences avaient rejoint la réalité. Il n’y avait plus de déséquilibre. Plus de déséquilibre, mais peut-être un mécontent, quelque part… Il faudrait voir plus tard. – Tout «checke», dit-il. Tout ce que vous nous avez dit est vrai et je puis ajouter que le groupe de Ben Saïda blanchit à tour de bras, via une compagnie de financement qui travaille sur la Russie. C’est l’autre Tony qui continua. Tony junior travaillait pour Johnny, mais il était clair que Johnny travaillait pour Tony senior. Il se tut respectueusement. – L’argent sale, dit Tony, part pour Moscou pour être changé en roubles. Personne là-bas ne pose de questions quand on lui donne un dollar pour des roubles. Le gouvernement non plus; c’est l’un des facteurs qui empêchent le rouble de s’effondrer encore plus. Quand ils ont un nombre suffisant de roubles, ils prennent un homme d’affaires honnête, au Canada, lequel met, disons un million, sur la bourse de Moscou. Ce type n’est pas une poire: il fait une bonne affaire. Ses investissements vont prospérer. Il est facile de les faire prospérer, puisqu’on achète les actions des compagnies à la hausse avec les roubles qu’on a eu pour l’argent sale. On achète, on ré-achète, on achète encore plus haut… Dans six mois, l’honnête homme d’affaires aura vu son million en devenir cinq. Il reçoit instruction de vendre et il touche son argent à Grand Cayman. De ces cinq millions, il en garde deux; il a donc doublé son argent. Il remet les trois autres millions à un partenaire de Jersey. Tous les contrats sont en ordre, la transaction est impeccable. La compagnie de Jersey reçoit son argent «good, clean and clear». Tout est parfaitement blanchi. Si un jour quelqu’un posait des questions, c’est l’honnête homme d’affaires qui répondrait, puisqu’il a été partout le «beneficial owner». Il répondra sans crainte, puisqu’il n’a rien à se reprocher. Rien à se reprocher, sauf peut-être une petite manœuvre d’évasion fiscale, ce qui suffira à le garder bien discret. L’argent est propre et peut être investi par la compagnie de Jersey au Canada ou ailleurs. Investi dans les compagnies de Ben Saïda, des Russes qui collaborent avec lui… et dans celles de tous les politiciens et policiers qui ont fermé les yeux en cours de route. Ils sont bien contents qu’on leur donne quelque chose, puisqu’il n’y avait rien à voir de toute façon. – Pourquoi les paye-t-on, demanda Cric? – Pour que les lois ne changent pas, intervint Marius, pour que des flics zélés ne viennent pas attirer l’attention en posant des questions idiotes. Tony approuva de la tête et resta silencieux. C’est Johnny qui reprit la parole. – La bombe était bien dans le pardessus de Paloma et a été détonnée par radio. Un drôle de procédé, assez démodé d’ailleurs, ce qui est surprenant pour des types du calibre du groupe de Ben Saïda. Il y a pas mal de gens à Concordia qui devraient leur dire merci, car en faisant exploser la bombe au moment où Paloma était devant la case et la bloquait entièrement de son corps, on a fait un minimum de dommages autour. C’est pour ça que la fille n’a été que blessée et que les autres n’ont eu que des égratignures. – Moi, je n’ai pas de merci à leur dire, les tabernaks, explosa Cric! On les «hitte»-tu? Si on se met ensemble… Marius savait que la question était saugrenue et il regarda ostensiblement ailleurs pour éviter de rencontrer les yeux des deux autres. C’était une situation difficile: s’il semblait d’accord, il passerait pour un imbécile; s’il semblait désapprouver, il paraîtrait déloyal. Tony leva lentement la main, dans le geste du patriarche qui demande la patience aux jeunes. — Piano! Nous ne savons même pas qui est derrière Ben Saïda. Aucune des familles de New York n’a l’air d’être dans le coup. – Peut-être, dit Marius, est-ce justement ce qu’on veut nous faire croire. – Non, continua Tony, pas un groupe américain ne risquerait de compromettre quarante ans de stabilité relative des marchés américains pour venir vendre un peu plus de poudre à Concordia, ou même toute la poudre qui peut se vendre à Montréal. Ben Saïda est un nouveau joueur. Nous ne le connaissons pas mieux que vous. Nous ne savons pas ce qu’il veut. Un chose que je peux te dire, Cric, c’est qu’il n’y a pas un seul Italien dans le réseau canadien de Ben Saïda. Pas un seul. Ce n’est pas une coïncidence. Marius approuva de la tête. — C’est vrai. Il y a des Maghrébins à la tête et, en dessous, des Français, des Libanais, des Espagnols, des Iraniens, surtout des Québécois bien ordinaires. Mais il n’y a pas un seul Italien. – Et en Russie, rien que des Russes, renchérit Tony. À Grand Caïman, c’est un Grec qui tient la baraque. À Jersey, c’est un Français, aussi d’origine russe. Qui est en arrière de tout ça? Alors, ne frappons pas avant de savoir ce qu’on frappe. Le téléphone cellulaire de Cric sonna. À la surprise générale, car il était inconvenant qu’il soit ainsi interrompu. La conversation ne dura que quelques secondes. – Ils ont mis une bombe à Pierre-Dupuy, dit Cric. – Beaucoup de victimes, demanda Marius? – Non, on a trouvé la bombe avant qu’elle explose. Mais, je le prends pas. Bantam était là une heure avant! C’est notre marché, on va le défendre. Écoutez, dit-il en s’adressant à Johnny, on vous a mis au courant. Énervez-vous pas si ça brasse, vous êtes pas là-dedans. Mais si quelqu’un de chez vous à des problèmes, regardez ailleurs comme il faut avant de penser que c’est nous autres, OK? Il se leva et sortit, Marius le suivit. Pierre JC Allard

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BETTY BAPACOULE Chapitre 1

michele delpech 2010-07-30 08:40:03

De Michele Delpech Chapitre 1 Décidément, Betty en avait ras le bol de tous ces péteux qui pensaient seulement à leur trou du'c bien garni. On était à la veille du grand chambard, du bouillon d'onze heures et y'en avait encore qui se faisaient mousser le champignon avec de grands titres dans les journaux, pour épater les petits copains métro, boulot, dodo. Elle gambergea tout le ciel ouvert de sa journée et finit par admettre qu'au lieu de dévaler quatre à quatre les escaliers du Sacré-Coeur ou de baiser avec un hérédosyphilitique qui a attrapé le S.I.D.A., elle ferait mieux d'aider la nature à liquider les trop-pleins de sperme de ses congénères. Pour cette tâche ingrate, son ami Dédé serait parfait, se disait-elle. Mais ferait-il un geste pour l'aider dans sa croisade. Et puis, quand on a besoin des copains, on ne sait jamais où ils crèchent. Elle pensait bien qu'il devait changer de piaule souvent, rapport à son commerce. Mais le milieu où il broutait l'herbe était plutôt hostile. Alors, elle prit la planque dans les endroits les plus vraisemblablement fréquentables par son pote. Elle fit les chiottes de République, avec ses "soupeurs". Elle resta dans les parages assez longtemps pour se faire mal voir des clients du lieu, avec ses questions abruptes. Elle rama pendant des jours à l'Hôtel Dieu et à Barbès. Que dal, mon pote, pas de Dédé, mais des odeurs à te faire piquer un plongeon dans la Seine pour te blanchir les valvules. La Betty, toute fripée dans sa robe de chez Tati, eut soudain un de ces haut-le-coeur qui te font déballer tout ce que tu as bouffé depuis trois jours. Dans une ruelle un peu sombre, elle avait aperçu un semblant de vérité à la logique de son pote. Il y avait un tas de chair et d'os qui se gobergeait au ras des pavés, la gueule de traviole et les accessoires en guidon de vélo. Elle s'approcha pour mieux voir le tableau. Ca n'était pas beau à voir. De plus, le type qui lui avait fait ça avait signé sur la joue, d'un coup de surin. Elle se pencha sur la poitrine en pleurs et constata illico des ratés du carburateur. Aussitôt, elle prit la décision courageuse d'alerter les poulets qui se pavanaient, trois rues plus loin. "De toutes manières, même si t'es fiché, mon Dédé, tu pourras te remettre de tes erreurs bien au chaud à l'hosto", pensa t'elle. Les poulets le ramassèrent bientôt et le placèrent en urgence à Beaujon, le seul hôpital qui avait de la place en ce jour d'ombre - Des nuages, en effet balayaient les basses couches de l'atmosphère. Betty accompagna le cortège et put garder la main de son copain, qu'elle essayait de réconforter avec des petits mots gentils dans le genre : "Ben alors, mon Dédé, tu t'es cru dans ta douche et t'a glissé sur l' savon !" Dédé ne pipait mot, pour la bonne raison qu'il avait la bouche et le nez encombrés de tuyaux d'où sortaient ses miasmes. Il roulait des yeux de fouine dans lesquels on pouvait lire comme la terreur du bédouin qu'on a enfermé dans une peau de cochon. Mais Betty ne voyait rien, n'entendait rien d'autre que ce que son coeur lui dictait. Le monologue prit fin pourtant, lorsque l'infirmière de service, une grosse femme fort lasse de sa journée, lui fit signe sans ménagement : "Mademoiselle, il faut partir, maintenant. La visite est terminée !" Betty, à regret, consulta sa montre et, sans un mot, reposa la main de Dédé, doucement. Elle se promit de revenir bientôt. C'est dans un cocon qu'on devient tête de con, et en la matière, miss branlette faisait bien les choses, parfois. Betty toujours s'en souviendra. Elle revint quelques jours plus tard et fut reçue par la même grosse bien catholique. L'autre avait l'air d'un chien auquel on a refilé une platée de nénuphars. Betty, soucieuse de ne pas la contrarier, lui envoya, avec un beau sourire de Babel oued aseptisé, un petit hochement de tête en guise de "Vade Retro Satanas". La ménopause guettant l'infirmière, celle-ci laissa échapper un petit grognement inexpressif. Betty s'introduisit dans la piaule du supplicié et referma précautionneusement la porte. Ils avaient changé la sentinelle, dans le couloir. Il lui avait fallu batailler pour revoir Dédé. Mais enfin, elle trouva le malade tel qu'en lui-même, à l'aise dans sa blouse « made in hosto », enveloppé dans des bandelettes de momie égyptienne au hasard de ses accidents cutanés. L'oeil plus limpide et le bec en flûte, ce fut la surprise qui lui dicta un "Salut Betty !" dans un souffle hésitant. L'interpellée s'approcha, lui colla un gros bisou sur le front et lui répondit : "Bonjour Dédé! Comment vas-tu aujourd'hui As-tu mangé ? Est-ce que tu veux que je t'apporte des bouquins ? " Cette avalanche de questions avait de quoi assommer. Cependant, Dédé ne s'en formalisa pas. Il répondit gentiment qu'il était bien traité et qu'il réussissait à manger, malgré deux dents de cassées. Il avait seulement beaucoup de difficultés à surmonter la peur dans laquelle il baignait, désormais. "Tu te rends compte, il n'y a que toi qui vienne me voir. Je me sens très seul, tu sais ! -Et ça t'étonne ! Tu ne sais pas que c'est dans la merde que l'on voit les vrais copains ? - Quand même, insista-t-il, j'ai des affaires en route ! Ah ! ...ça fait mal lâcha-t'il", agacé par la situation dans laquelle il se retrouvait. Il lui demanda si elle avait des nouvelles de "l'enfant de garce" qui l'avait tabassé. Bien évidemment, Betty ne marchait pas sur ce genre de plates-bandes. Avec son cul en forme de potiron et sa bouche sensuelle, il y aurait longtemps qu'elle serait à Alger en train de se faire ravauder par les melons, si elle avait fréquenté ce panier de crabes. Alors, elle toisa son copain des yeux et lui envoya un "Tu rigoles !" plein de sous-entendus. Ils partirent de concert dans un de ces rires jaunis de vieux cachous et la courbe de température du patient se mit à zigzaguer, tout d'un coup. "Tu penses bien que je ne fréquente pas cette engeance. Je n'ai pas envie de finir les cannes écartées sur un sommier déglingué, à recevoir l'offrande de l'Afrique entière. Je suis là pour toi, Dédé, parce que tu n'as jamais lésiné sur le bifteck, quand j'étais dans les choux. Tu as toujours été un coeur tendre. Même que des fois, j'ai bien cru que tu voilais la vapeur. Les poulets ne m'ont pas mise au parfum, mais vu les monstruosités que tu fréquentes, il fallait t'attendre un jour ou l'autre à ce qu'ils te tombent dessus. En tous cas, il doit avoir une araignée dans le plafond, ton agresseur. Ca ne doit pas être difficile à retrouver, un déridé de la pastèque !" -C'est là que tu te goures, ma grande. Dans ce milieu, ils ont tous un grain. Mais le pire, c'est que je ne sais pas ce qu'ils me veulent, ces salauds ! -Bah ! Ils trouveront bien une excuse, ne te bile pas. Alors, fais gaffe à tes os, la prochaine fois! Ca faisait bien trois heures qu'ils causaient, de tout et de rien, et Betty ne s'en lassait pas. Elle avait du mal à décoller de l'hôpital. "Si ça continue, je vais finir dans le plumard". Avec un langage mille fleurs, on peut se pointer dans n'importe quel boui-boui. De toutes manières, on n'est jamais chez soi, où que l'on aille, sauf peut-être dans la tombe, et encore. C'est avec cette pensée funeste que Betty quitta le malade et rentra dans ses combles. Décidément, il y avait un gros os à lécher, pour elle. Le Dédé, c'était un garçon plein aux as. De surcroît, il était intelligent. Et puis, c'était un charmant personnage. Quand elle revoyait son enfance et le reste, elle plongeait dans un grand trou, profond et glauque, qui enchantait ses petites oreilles. Elle aurait bien aimé suivre le chemin de sa mère et gambader avec des marmots accrochés à ses chausses. Entre le rêve et la réalité, il n'y avait qu'un pas et elle s'était viandée en le faisant. Résultat, ce furent deux mois d'hôpital avec anti-inflammatoires pour préparer le terrain aux autres maladies et trois mois de convalescence. L'élu de son coeur, quand il vit le désastre, s'affala sur son cul et se creva le cigare. Comme en général, il y a rarement un remplaçant potable à portée de main, elle fit tout valser et vogue la galère. On racle les fonds de tiroirs pour trouver la pièce de dix balles afin de pouvoir prendre le métro à la recherche d'un emploi sans intérêt. Même l'A.N.P.E. demandait toujours plus de diplômes que Betty aurait été bien en peine de fournir. Alors ce furent les emplois au noir qui lavent plus blanc ; les squats pourris en banlieue et des bastons avec des paumés à qui elle faisait trop d'ombre. Betty y allait alors de sa morgue habituelle, bien qu'ayant toujours cette petite flamme intérieure bougrement éclairante, la portant même dans les moments les plus difficiles qu'elle avait à vivre. Un jour, elle rencontra Dédé. Ce fut un jour de soleil. "Jacques Attali avait raison lorsqu'il disait qu'un chef Comanche devait prendre en compte, dans les décisions qu'il prenait, les aspirations de son peuple jusqu'à la septième génération de ses descendants. Manque de bol, ce n'était pas le cas des pauvres types et des crapules qui trônaient dans le pays. Ceux-là nous faisaient patauger dans leur merde, et elle puait. Elle puait et elle collait au cul, comme en 14-18, dans les tranchées. Ah ! Dédé, que n'as-tu pas ouvert mes yeux pleins de merde, ce jour-là ; pleins de la merde des grands. J'étais tout juste vierge et tu arrives là, mon galant, comme des cheveux sur la soupe. Tu m'as emballée dans de la soie bon marché et on a mangé des frites et des moules. Nous avons voyagé avec un chat pour équipage. Tu es bien revenu, quelquefois, comme pour t'excuser de ne pas m'avoir prise, et puis tu t'es sauvé. Depuis, ton larfeuille est devenu presqu'aussi gros que ton coeur, mais tu n'as jamais connu l'âme soeur. De même, je me suis démenée comme une diablesse pour pointer mon museau au-dessus de la mêlée. Mais qu'est-ce que la vie sans l'amour ? L'amour sans la vie ? Et je pointai un couteau sur ma gorge offerte au sacrifice. Le sang jaillit, rouge et violent. Je m'étais ratée. Des mois d'hôpital et de maison de repos plus tard, j'en sortis le cou raide et le cerveau pâteux. J'étais presque devenue un légume. La vie a repris ses droits, dans mon corps de pucelle. Ton empreinte a pâli et j'ai convolé en d'autres lieux, d'autres temps. Pourquoi reviens-tu donc à mes souvenirs ? Pour éliminer les trop-plein de sperme ! Entreprise aussi dérisoire que ce que devient notre société. Dédé n'en finissait pas de guérir et Betty, si perdue en définitive dans les méandres de la jungle parisienne, s'en inquiétait vraiment. Personne ne voulait d'elle. Non qu'elle ait été ennuyeuse, dans son genre. Non ! Elle était seulement tellement bondissante, tellement volubile lorsqu'elle possédait bien son sujet qu'elle laissait les gens tout froids dans leurs chaussons mités. Ils l'entendaient mais ne l'écoutaient plus. Elle leur piquait leurs petites cellules grises à grands coups de mots qu'elle leur assenait fébrilement, comptant sur la valeur de ses propos pour relever les têtes déjà retombées sur les tables surchargées de denrées. "Il n'y a que les imbéciles qui ne s'intéressent à rien" affirmait-elle, à qui voulait bien l’entendre. De fait, elle aurait pu changer d'amant comme de chemise, si elle l'avait voulu. Seulement voilà, étant donné son contentieux avec l'amour blessé, elle ne voulait pas donner trop souvent à lire à des étrangers, dans ses feuillets intimes. Elle avait ses principes. Alors, elle se contentait du pâle reflet d'amour de gens inquiets, sans expérience de l'acte, ayant dans les yeux un soupçon de lavande et dans les mains un jeu de cartes truquées. Gustave était de cette sorte d'êtres, déchus dès le premier soir, qui trimbalaient leur vie comme une image de séminaire et dont le Bourdon de Notre-Dame pensait toujours grand bien. Ce brave garçon, enfant de coeur à l'adolescence, avait eu les gonades gelées par la fin de non recevoir que lui avait signifiée celle qu'il avait choisie, à dix-huit ans, âge où la bêbête montait plus vite à l'assaut de sommets qui lui demeurèrent dès lors inaccessibles, jusqu'à ce qu'elle arrive. Ils allaient ensemble aux concerts des grands maîtres de la musique classique. Chopin, Berlioz, Beethoven, tous ces génies formaient une seule et même pensée qui vous perçait à coeur et le faisait saigner. Les cuivres, les cordes et les percussions rendaient l'air si présent que les auditeurs de ces admirables morceaux choisis pouvaient chevaucher sans crainte les Walkyries, messagères du Dieu Odin, aux côtés de Wagner. Ils lutinaient avec Carmen et complotaient avec Faust. Betty le faisait homme et devenait elle-même femme du monde. Gustave ne mangeait plus le ragoût de la mère Cassebite. Il avait mieux à se mettre sous la dent. La nourriture du corps et celle de l'âme ne faisait plus qu'un. Ils partaient souvent en voyage. Le train de banlieue, bruyant, les entraînait aux limites de leur monde. Tout branlait, dans leur compartiment. Les banquettes en bois recevaient leurs assauts, jusqu'à l'arrêt des machines. Au terme du voyage, le couple quittait la voie ferrée et s'en allait à l'aventure, dans les rues de Conflans ou d'ailleurs. Les barques du Bois de Boulogne ou celles de Nogent glissaient doucement sur les flots, au gré de leur amour. Ils mangeaient la friture des guinguettes et avalaient une bière bien ambrée à la santé de Gargantua. Ils jouaient à chat perché dans les jardins de France. Le soleil se cachait pour mieux les dévoiler. La vie riait tout autour d'eux, lune bienfaisante créant des envieux. La joie de vivre perdura jusqu'à ce jour fatal ou Gustave attrapa un mauvais rhume. La maladie lui tarauda les poumons jusqu'à ce qu'il expire, quelques jours après. Elle dut alors prendre ses cliques et ses claques afin de laisser les vautours composant sa belle-famille dans la place. A cette époque, la loi ne permettait pas aux concubins d'avoir les mêmes droits que les couples mariés. Il fallait voir les yeux de ces pillards, allumés par l'idée de rapine. Les vieux et les jeunes partageant le même appétit féroce, laissant au cadavre tout juste ses boutons de culotte. Heureusement que son costume en chêne, ainsi que les obsèques d'ailleurs , étaient réglés depuis longtemps, sinon, ces vautours auraient bien trouvé le moyen de l'envoyer à la fosse commune et de revendre le contrat aux pompes funèbres. Betty fut offerte à la rue, sans un sou ou presque, obligée de recommencer à zéro son existence de ratée. Michele Delpech

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LIBERTAD Chapitre 3

Pierre JC Allard 2010-07-30 08:16:13

De Pierre JC Allard Chapitre 3 Libertad, d’ailleurs, ne devait rien voir ni entendre des événements des jours qui suivirent, ce qui n’empêcha pas le monde de continuer à tourner. Il commença même à tourner sensiblement plus vite, ce soir-là, dans les salles de rédaction de tous les journaux du Québec et du Canada. L’explosion d’une bombe dans la case d’une néo-Québécoise/néo-Canadienne, au lendemain d’une profession de foi fédéraliste, brisait l’impasse et marquait un tournant dans la marche jusque-là bien tranquille du Québec vers son indépendance. Qu’un certain Julien Granger, autrement inconnu, ait été la principale victime de l’incident n’avait pas valeur de nouvelle. Comme était aussi sans intérêt le fait que quelques autres innocents aient subi diverses contusions. La nouvelle, c’était que Libertad Gomez — «the girl who chose Canada» — comme le titra le lendemain matin le journal The Gazette en mettant sa photo sur cinq colonnes, ait subi de graves brûlures et risquât de perdre la vue. La nouvelle, c’était que’un quart de siècle plus tard, la violence venait de refaire son entrée dans le dossier de l’indépendance du Québec. Aucun des journaux du 27 mars ne mit en doute que quelque fanatique eût placé cette bombe et chacun dénonça cette violence avec indignation. On ne dénonça pas de la même façon, toutefois, selon qu’on était pour ou contre la souveraineté. D’un côté, on dénonça le séparatisme, tous les souverainistes complices plus ou moins conscients de cet attentat et le gouvernement du Québec responsable de tout. De l’autre, on dénonça la nature humaine, l’intolérance, l’extrémisme… Personne n’eut le mauvais goût d’applaudir; mais derrière l’écran de la bienséance, il ne manqua pas de Québécois pour penser que la petite Gomez, finalement, l’avait bien cherché… ni d’autres Québécois pour penser que l’événement apportait des arguments inespérés à la cause fédéraliste et qu’il ne fallait surtout pas se priver d’en tirer tout le parti possible. * Dès que la nouvelle fut connue, le monde commença aussi à tourner un peu plus vite chez les Pinard. – Parce que la nouvelle est tronquée, les commentaires biaisés, la vérité occultée, s’indigna Delo, il n’est pas indifférent à l’interprétation de cette affaire que la principale victime en soit un petit caïd de la pègre — comme tout le monde le sait à l’Université Concordia — et que l’on n’en parle même pas! Il s’agit, de toute évidence, d’un coup monté. Parce que tu comprends, n’est-ce pas, Robert, que si ce n’est pas Libertad qui était visée mais ce Granger surnommé Paloma, il n’y a pas de crime politique. Il n’y a plus de méchants séparatistes qui s’attaquent à des jeunes femmes innocentes. Il y a d’un côté un règlement de comptes et, de l’autre côté, une presse canadienne anglophone qui essaie de ternir l’image de l’indépendance du Québec. Tu comprends… – Évidemment, que je comprends, dit Robert, et c’est parce que je comprends que je suis bien d’accord pour que tu me cites dans ton article, que je suis bien d’accord pour aller extirper de la famille Gomez toutes les déclarations que je pourrai obtenir et que j’essayerai même, dès que Libertad sera hors de danger, d’obtenir d’elle des commentaires qui accréditeront au mieux la thèse du règlement de compte entre «pègreux». Je veux le faire et je vais le faire. Parce que je comprends. Mais ici, entre nous, ne me demande pas de croire à cette thèse. La bombe était dans la case de Libertad, pas dans celle de Paloma. La cellule Riel-Chénier a revendiqué l’attentat avant même que les journaux publient la nouvelle. Et tu sais qu’il ne manque pas, autour de nous, de nostalgiques des années 60 capables de poser une bombe! Tu te souviens de ce que disait Marcel, il n’y a pas si longtemps? Alors, entre nous, ne nous racontons pas d’histoires… Si nous nous bernons nous-mêmes, nous sommes perdus! – J’y crois, moi, au règlement de compte. Je ne crois pas que Marcel, ni personne de cette époque aurait choisi ce moment ni cette façon de revenir à la violence. Une bombe à la Banque du Canada, une bombe à la Gazette, peut-être. Dans la case d’une néo-Québécoise à Concordia? Ce serait trop bête! Surtout, ne me parle pas de cette cellule Riel-Chénier dont personne n’a jamais entendu parler, dont le communiqué, plein de fautes d’orthographe, a été rédigé, de toute évidence, pour faire le plus de mal possible à l’idée de l’indépendance! Tout ça est un complot. Un autre coup de la Brink’s, en plus méchant. – Mais pourquoi mettre une bombe dans la case de Libertad si on visait Paloma? – Il paraît que le pardessus de Paloma était dans la case de Libertad. – Libertad ne connaissait pas ce Paloma, j’en suis sûr. Du moins, pas intimement… – Ce qui rend l’affaire encore plus invraisemblable! – Tu crois que la bombe était dans le pardessus de Paloma? – Ce ne serait pas la première fois que quelqu’un saute sur une bombe qu’il a préparée pour quelqu’un d’autre. Mais je ne dis pas que c’est là la solution. On ne sait même pas où était la bombe. On ne sait pas la nature de l’explosif utilisé. On ne sait pas si c’est bien l’ouverture de la case qui a déclenché l’explosion! On ne sait rien. La police enquête… mais on ne sait même pas si c’est la Gendarmerie royale ou la Sûreté du Québec qui mène l’enquête. Tout ce qu’on sait, c’est que les fédéralistes n’ont pas intérêt à ce qu’on trouve une autre explication à l’attentat: il vaut mieux imputer le crime aux séparatistes. Donc, je me méfie… et je cherche. – J’ai déjà averti le Syndicat des policiers qu’il faudrait en savoir plus. De ton côté? – Tous ceux qui veulent l’indépendance veulent aussi que la vérité sorte. Et qu’elle sorte vite… * Le monde, le matin du 27 mars, commence aussi à tourner plus vite dans un local de la rue Hochelaga devant lequel sont garées une demi-douzaine de motos. Ici aussi on s’interroge, ici aussi on veut que la vérité sorte. – Y pensent que Paloma était séparatiste? – Non, y pensent que la bombe était pour la fille. Celui qui venait de répondre était hors d’ordre: c’est Cric, leur chef, qui aurait dû répondre à Bantam. Cric, cependant, ne protesta pas. Il voulait que Scalp prenne plus d’importance. Il fallait qu’il prenne plus d’importance, maintenant que Paloma n’était plus là. Il fallait que Scalp prenne plus d’importance, parce qu’il faudrait maintenant donner plus d’importance à Marius. C’est Marius qui devrait assurer le contact avec les Colombiens. Il fallait que Scalp prenne plus d’importance pour équilibrer l’importance qu’il faudrait bientôt donner à Marius. Chaque départ exigeait ainsi des ajustements. C’est pour ça qu’on tolérait si mal les départs. Dans le cas de Paloma, bien sûr, on ne pouvait pas lui en vouloir… – Oui, confirma Cric, ils pensent tous que la bombe était pour la fille. Ils pensent ça aujourd’hui. Demain, ils vont se réveiller. On va avoir les journaux sur le dos en plus des types de Johnny. Ils ont eu Paloma, ils sont prêts pour un «showdown». Il va falloir jouer «safe». Scalp, «check» avec tes contacts à Ottawa et essaie de savoir exactement ce qui s’est passé. Exactement. Toi, dit-il, en s’adressant à celui qui avait d’abord posé la question, regarde s’il y a de l’action du côté de la gang à Johnny. Prends tous les gars qu’il faut et suis tous ceux de l’autre bord qui sont importants. OK? Bantam hocha la tête. Il ne poserait plus de questions inutiles. Scalp n’en poserait pas: il avait ses instructions et, du même coup, il avait sa réponse: il savait qu’il venait de monter d’un cran. Il fallait parfois prendre le risque d’être hors d’ordre. Cric le permettait. Cric pouvait se le permettre. Cric était plus gros, plus fort, plus rusé qu’aucun d’entre eux. Il avait reçu son surnom parce qu’il avait un jour simplement soulevé et tenu une Harley le temps qu’on en change la roue arrière… Scalp n’avait pas reçu le sien parce qu’il était totalement chauve, mais parce qu’il prétendait que sa grand-mère était Algonquine. C’était peut-être vrai, il avait le nez aquilin et le front fuyant… mais personne n’avait vérifié. On ne vérifiait pas ce que disait Scalp. Il était sérieux, il était solide. Il n’aurait pas supporté qu’on vérifiât. Les choses avaient commencé à tourner plus vite, également, dans la tête d’un des trois motards qui ne s’étaient pas encore manifestés. Marius était aussi grand que Scalp; mais, à la différence de celui-ci, il affichait une superbe chevelure poivre et sel. Il était sans doute aussi fort que Cric, mais il n’aurait pas eu le mauvais goût de le laisser paraître; il était certainement plus agile, mieux entraîné, même s’il ne cachait pas et n’aurait pas pu cacher qu’il avait atteint la quarantaine… avancée. Il avait fait son service dans les paras belges, et l’on disait qu’il avait été mercenaire dans quelques bagarres, ici et là, en Afrique et ailleurs. Il ne le niait pas, ne l’affirmait pas non plus. Il était venu d’ailleurs et le Québec était sa Légion étrangère à lui. Parce qu’il avait ce drôle d’accent, mais qui n’était pas non plus du «vrai» français, on l’avait d’abord cru Marseillais. Marseillais, ça faisait interlope, impitoyable, truand, plus distingué que voyou. Ça laissait supposer des transbordements louches dans des ports exotiques… Lui, il n’avait rien dit, comme d’habitude. Il était donc devenu Marius et il l’était resté. Marius savait que personne d’autre que lui ne pourrait remplacer Paloma auprès des Colombiens. Ils avaient connu Marius et la chimie était bonne entre eux. Ils ne traiteraient pas avec Cric lui-même et Cric le savait. Cric ne s’habillait pas comme les Colombiens, il ne riait pas des mêmes plaisanteries, il ne buvait pas les mêmes boissons. Les Colombiens, vêtus de soie italienne — mais qui se souvenaient d’une enfance pieds nus dans la milpa — n’avaient pas l’intention de traiter quoi que ce soit avec un type comme Cric. Parce qu’il manquait de raffinement, ils pensaient qu’il manquait d’intelligence et qu’il pouvait faire des bêtises. Cric savait qu’il ne «passait» pas avec les Colombiens. Paloma oui, parce qu’il parlait espagnol et qu’il avait eu quelque part une copine qui l’avait introduit dans les bons circuits de Cali. Marius «passerait» parce qu’il avait une gueule de Français. Ça, Cric le savait. Marius savait que Cric le savait. Marius comprenait donc parfaitement pourquoi Scalp, tout à coup, pouvait en mener plus large. Une question d’équilibre… Cric présenterait sans doute Scalp aux New-Yorkais comme son nouveau second. Ce serait pour la frime, Cric ne laisserait certainement pas Scalp négocier et établir de vrais contacts avec les acheteurs américains. Marius décida que rien dans le déroulement de la situation n’exigeait une action immédiate de sa part. Il resta donc bien tranquille. Aujourd’hui, demain, dans quelques jours au plus tard, Cric lui dirait tout simplement, en privé, que Ricardo était à Montréal et que c’est lui, Marius, qui irait lui parler. Il recevrait l’héritage de Paloma. Il avait parfaitement raison, même si ce n’est que bien plus tard que vint Ricardo et que Cric eut donc à confier à Marius ce qu’on aurait pu appeler pudiquement la «Direction des achats ». * Il fallut quelques jours de plus à Libertad pour que l’écheveau de sa vie recommence vraiment à tourner. Au tout début, et pendant deux jours, il y avait eu une merveilleuse inconscience. Après était venue la douleur des brûlures, douleur qu’on avait contrôlée en ramenant la jeune fille vers une autre inconscience, moins profonde: un sommeil entrecoupé d’abord, puis complètement rempli, de rêves qui étaient devenus jour après jour plus semblables à la réalité. Quand Libertad reprit vraiment ses esprits, elle crut rêver car, sortant du brouillard où elle errait depuis l’explosion., c’est la voix du professeur Mansfield qu’elle entendit avant toutes les autres… «and a very, very courageous child…» terminait Mansfield, se dirigeant vers la porte et ne s’adressant à personne en particulier. Elle se garda bien d’ouvrir les yeux. Elle eut même la sagesse de feindre l’inconscience le temps qu’il fallut pour que, une à une, les voix se taisent. La voix de sa mère, Lupe, celle de son père, d’autres voix qu’elle ne pouvait identifier. Ils partirent tous et elle eut enfin le temps de se rappeler. Elle se souvint qu’on lui avait dit qu’elle était hors de danger et que la vision de l’œil droit, qu’on avait cru menacée, n’avait été, en somme, que très peu affectée. On lui avait dit, aussi, qu’un minimum seulement de chirurgie plastique serait nécessaire pour que disparaisse de son visage toute trace de l’accident. Elle conserverait à la hanche droite quelques cicatrices de brûlures, mais rien qui put sérieusement nuire à son apparence. Ouvrant les yeux, enfin seule, elle se rappela aussi que des «collègues» qu’elles n’avaient jamais connus, — employés d’un ministère où elle n’avait jamais mis les pieds mais qui d’ores et déjà lui versait son salaire sans même l’avoir formellement embauchée! — lui avaient envoyé ces fleurs qui achevaient de faner sur le bord de la fenêtre. Les étudiants et les professeurs de Concordia avaient envoyé cette autre gerbe sur la commode, ce qui justifiait sans doute que Mansfield en personne soit venu à son chevet. Renouant les uns aux autres de petits fils de mémoire, elle se souvint enfin qu’il y avait déjà des jours qu’à demi-consciente, elle divaguait devant un auditoire de choix et recevait la sympathie, mais aussi les conseils, non seulement de Robert, mais aussi de Delo et de Pierre Pinard; non seulement ceux de Consuelo mais aussi ceux de Gérard. Elle avait été très entourée. Reprenant pour la première fois tous ses esprits, Libertad comprit que ce qui aurait pu être un accident tragique était devenu un incident favorable à l’essor de sa vie professionnelle. Elle était entré de plain-pied dans la carrière avec l’auréole des héros et, en politique aussi, tout ce qui ne tue pas rend plus fort. Elle était désormais entourée comme seuls le sont les forts: non seulement de ceux qui l’aimaient, mais aussi de toute une faune qui attendait d’elle quelque chose. Il ne s’agissait plus que de distinguer les uns des autres. Ayant fait le point et renoué les fils, satisfaite que la roue de sa vie avait bien recommencé à tourner, Libertad s’endormit. * Elle s’éveilla, le mercredi 3 avril, pour constater que le monde, lui, n’avait pas repris ses esprits. La semaine écoulée avait permis au contraire à la couverture médiatique de l’attentat de devenir de plus en plus sectaire, partiale, excessive, jusqu’à ce que l’indignation face au crime lui-même eut fait place à une autre indignation ayant cette fois pour objet l’utilisation abusive que les médias fédéralistes s’étaient empressés de faire de l’événement. Totalement subjective, désincarnée et découlant de principes plutôt que d’une réalité tangible, cette indignation promettait d’être plus durable. Libertad pouvait guérir, mais la presse «Canadian», pour ses détracteurs, avait péché contre l’esprit et ne pourrait jamais expier sa faute. – Comment ont-ils pu avoir la mauvaise foi, dit Robert, tout en lui massant la main avec ferveur, de prétendre que nous aurions pu nous attaquer à toi! Tu nous vois mettre une bombe dans ta case! Ridicule! Ridicule et abject! Qui était ce Granger, ce «Paloma»? Tu le connaissais bien? – Tout le monde le connaissait à Concordia, dit Libertad. Il suivait parfois les mêmes cours que moi, assistait aux mêmes conférences. – Ce n’était pas un de tes amis? Tu ne le fréquentais pas? Je veux dire, à l’extérieur de l’université? – Non, mais ce n’est pas Paloma, c’est ton ami Marcel qui parlait de faire sauter des bombes… – Mais non, mais non, souviens-toi. Marcel disait qu’il ne fallait pas faire sauter des bombes.. – Ce n’est pas ce que j’avais compris, dit Libertad, les yeux mi-clos. – Chica — dit maman Gomez qui est là, debout, de l’autre côté du lit, comme presque toujours — veux-tu te reposer? Elle trouve que ce jeune homme parle beaucoup. Il est comme ces curés qui, là-bas, au pueblo, venaient achever les mourants en leur parlant de la vie éternelle et en leur faisant toutes sortes de simagrées au lieu de les laisser s’endormir tranquilles… ou comme ces cousins riches qui venaient à l’occasion, qui apportaient quelques vêtements mais qui parlaient toujours un peu trop fort, un peu trop longtemps. Et il fallait laisser la porte ouverte, après leur départ, pour que disparaisse l’odeur des cigares. – Tu veux dormir, Mamita? Et qu’est-ce qu’elle veut encore, celle-là, songea Robert excédé! Il n’arrivait pas à conclure la vente. À cause de l’un ou de l’autre, de Lupe Gomez à tous ces inconnus qui se sentaient tout à coup des droits sur Libertad, il n’arrivait jamais au fait. Il n’arrivait pas à faire préciser par Libertad le véritable rôle de Paloma dans l’affaire. Delo est là, lui aussi. En observateur. Il regarde tour à tour, comme un entomologiste, Lupe Gomez et Esteban Gomez, Consuelo Gomez et les jambes de Consuelo Gomez. Ce type du Ministère des Affaires étrangères qui se prétend un collègue mais qui, de toute évidence, a cet air absent mais trop attentif des gens qu’on a préparés à faire face à toutes les situations. Delo se demanda si le «collègue» enregistrait les conversations. Était-il armé? Était-il là pour protéger Libertad ou pour s’assurer qu’elle ne dise rien d’incongru? Je fabule, songea plus sobrement Delo, il est simplement là parce qu’il n’avait rien de mieux à faire et on lui fera écrire un rapport que personne ne lira jamais… Pendant que Delo a pris un peu de distance dans sa tête, Libertad regarde aussi les autres; Mansfield, Delo et ce «collègue», dont elle ne sait rien si ce n’est qu’il a l’air au fond plus honnête que Robert, ce type à ses côtés qui semble vouloir lui témoigner de la tendresse mais qui lui tient la main comme s’il avait peur qu’elle ne s’échappe. Ce type avec qui elle a fait l’amour des centaines de fois mais qui, aujourd’hui, semble intéressé par tout autre chose que l’amour. En arrière-plan, Libertad se souvient aussi de tous ces amis de Robert et de Delo qui parlaient de violence avec passion. Libertad a fermé les yeux et Lupe Gomez saisit la balle au bond. – Señor, elle est fatiguée. Il faut la laisser tranquille. Le médecin a dit de ne pas la déranger. Il est temps que nous partions. – C’est vrai, que vous parlez beaucoup, ajoute doucement Consuelo avec un sourire, si vous l’aimez vraiment, laissez-la tranquille. Robert perd pied. Il ne connaît pas bien ces gens. À la seule exception de Libertad, laquelle étant sa maîtresse devenait du même coup hors-catégorie, il n’a jamais fréquenté de Latinos. Il en a entrevu quelques-uns. Surtout quelques-unes, un torchon à la main, dépoussiérant les meubles, le samedi matin, chez des amis bien nantis. Pour le reste, il n’en sait que ce que disent les documents du Parti: ils sont nombreux, ils sont latins, ce sont des alliés naturels contre le gringo anglo-saxon… Il n’est pas préparé à ces gens qui font bloc autour de celle des leurs qu’on a blessée et qu’on pourrait encore blesser. Il n’est pas préparé à se faire rabrouer par une jeune femme sortie tout droit d’un catalogue de Vogue, avec des jambes qui n’en finissent plus. – Bon, ajoute Delo qui a compris la situation, il est temps que nous partions. Robert? Robert Desjardins s’est ressaisi. Il affiche le large sourire qui lui a valu tant de succès lors de négociations difficiles. – C’est vrai qu’elle a l’air fatiguée. Tu veux dormir chérie? Libertad sourit à son tour et lui presse la main — Je pense qu’il vaudrait mieux… Dis-moi bonsoir. C’est l’occasion, Robert la saisit au bond. — Laissez-nous seuls tous les deux une minute, d’accord? Surpris à leur tour, les Gomez s’exécutent. Ils entraînent dans leur sillage le collègue et Delo. Dès que la porte est fermée, Libertad, qui a fermé les yeux, sent les lèvres de Robert; sur son front d’abord, sur ses lèvres ensuite. Voilà qui est mieux. Mais il continue… – Écoute, peux-tu seulement me dire que Paloma avait peur? Peux-tu nous dire qu’avant l’attentat il était inquiet, qu’il semblait craindre quelque chose? – Mais, il n’avait pas peur! Libertad voudrait bien faire plaisir à Robert, mais elle ne peut pas s’imaginer Paloma ayant peur. Il y aurait quelque chose de cocasse à prétendre que Paloma, ce matin-là, avait l’air d’une bête traquée. Si Robert avait connu Paloma, il ne poserait pas cette question saugrenue. – Écoute, tu sais que ça n’est pas nous. Aide-nous. Dis simplement que Paloma était inquiet. Qu’il avait l’air inquiet. Un type qui faisait ce genre de commerce ne pouvait pas ne pas être anxieux. Dis-le, c’est tout ce que je te demande. Tu as toujours été avec nous, ne nous laisse pas tomber. Fais-le pour moi. – Tu sais comme je mens mal. C’est toi-même qui me l’a dit. Mais je vais réfléchir, je te le promets. C’est au tour de Libertad, maintenant, d’afficher le large sourire de la franchise. Elle vient d’apprendre à mentir. Robert sortit, maman Gomez vint faire une dernière inspection du teint de sa fille, de ses drap, de son verre d’eau et de sa boîte de kleenex, puis ils partirent. Libertad put commencer à réfléchir. Elle réfléchit tard ce soir-là, et le lendemain également. Elle ne pensa à rien d’autre qu’à Robert. Elle se souvint de chaque parole et de chaque étreinte. Ainsi qu’on prétend que celui qui va mourir revoit le film de sa vie, elle refit l’histoire de leur relation. Elle réfléchit. Elle réfléchit si bien qu’elle ne fit rien de ce que Robert lui avait demandé. En fait, elle conclut qu’il n’y avait aucune raison qu’elle fît quoi que ce soit pour Robert, ce qui était la décision d’une femme forte. Il ne lui fallut, pour s’en remettre vraiment, qu’une quinzaine de jours. C’était plus de sa vie que ne lui avaient coûté l’attentat, la chirurgie plastique et la réhabilitation réunis, mais les médias — qui ne savent pas tout, ni surtout la valeur des émotions — n’en parlèrent évidemment pas. Libertad, pour souffrir, eut cette fois le privilège de l’anonymat. * Jean L. Gariépy — Scalp pour ceux qui le connaissaient bien — n’était pas un voisin difficile. Il habitait seul un bas de duplex à Pointe-aux-Trembles et ne recevait pas à domicile. Il se levait un peu plus tard que les autre travailleurs, rentrait plus tard aussi mais avait la gentillesse, sans qu’on le lui ait demandé, de maintenir au plus bas le régime de sa Harley quand il revenait au bercail à des heures indues. Il ne fréquentait pas les voisins mais faisait, de ci de là, un petit signe de tête à ceux qu’il voyait depuis plus d’une dizaine d’année. Scalp avait pour principe de ne jamais causer d’ennuis. Il prenait simplement ce dont il avait besoin. Les agents de probation et travailleurs sociaux de tout acabit qui avait facilité sa réinsertion après chacun de ses brefs séjours en prison l’avaient toujours trouvé docile. N’eut été d’une enfance difficile dans la Haute-Mauricie, d’un père ivrogne et d’une mère qui couvait un œuf chaque année sans trop se préoccuper de ce qu’il advenait des dernières couvées, ils étaient convaincus que Scalp ne serait jamais devenu un délinquant. Ce qui était rassurant pour tout le monde sauf pour ceux qui connaissaient Scalp, lesquels pensaient sans le dire qu’Attila eut également été un autre homme s’il n’était né dans les steppes d’Asie centrale et Jack l’Éventreur un type très bien s’il avait travaillé aux récoltes dans quelque Saskatchewan natale. Scalp avait toujours aimé les motos. Dès son premier trimestre de polyvalente, il avait obtenu «au bras» qu’un condisciple lui prêtât inconditionnellement une Pixie 50 c.c. Dès l’année suivante, il avait acheté à vil prix un engin plus respectable d’un quidam qui devait s’acquitter de toute urgence d’une dette pressante résultant d’un pari malheureux. Dès qu’il eut quitté, après le Secondaire III, un environnement où il ne se sentait pas très à l’aise — polyvalente et domicile paternel en bloc — il s’était pourvu de véhicules encore plus convenables en les cueillant à sa guise, ce qui lui avait valu quelques réprimandes, la maison de correction et les familles d’accueil. Trois choses que Scalp trouvait insupportables, en ordre ascendant. Le fait d’être gardé à l’œil pendant quelques heures par jour ne l’avait jamais empêché d’atteindre ses objectifs quotidiens. Au vol de radios dans les voitures avait succédé le vol des voitures elles-mêmes, la distribution de pièces volées et quelques emplois réguliers qui lui ouvraient des perspectives d’avenir plus sérieuses. C’est ainsi que son physique impressionnant et une compétence croissante lui avaient permis d’abord d’assurer la tranquillité de certains bars qui, sans lui, auraient été bien mouvementés, puis, enfin, d’aider au déchargement de cargos du port en collaborant à ce que tous les intéressés en reçoivent bien leur juste part. Il avait pu s’offrir une Harley neuve dès l’âge de dix-huit ans et n’avait vraiment cessé d’en chevaucher que lorsque l’État lui offrait un cure à Bordeaux, à Saint-Vincent-de-Paul, puis dans les établissements plus modernes qui avaient marqué, au cours des ans, les progrès continus du Québec vers une société carcéralement responsable. N’ayant pas de relations familiales honorables qui puissent le recommander, Scalp avait longtemps agi seul ou avec d’autres qui, même s’ils s’assemblaient pour une affaire, n’en demeuraient pas moins des loups solitaires. Jusqu’à ce qu’il rencontre Cric. Ce sont les bras de Cric qui l’avaient impressionné. Scalp avait des épaules, du biceps, du poitrail mais des bras ordinaires. Oh, il avait du muscle, de la poigne, des bras qui auraient suffi à un bon joueur de tennis ou un bûcheron. Mais il n’avait pas les bras du David de Michel-Ange. Il n’avait pas ces bras qui s’élargissent à la grosseur de l’avant-bras déjà musclé. Cric les avait. On voyait qu’une moto, quelle qu’elle soit, entre les bras de Cric, ferait exactement ce qu’il voudrait. Ils se parlèrent, se trouvèrent «corrects» et décidèrent de faire des affaires. Scalp fut heureusement surpris, au cours des semaines qui suivirent, de voir que Cric n’avait pas seulement des bras mais aussi une tête. Depuis qu’il avait connu Cric, Scalp n’avait pas revu l’intérieur d’une prison. Quand Cric s’était joint à Paloma, Scalp l’avait suivi. D’autres indépendants, d’autres orphelins sans famille s’étaient joints à eux et le gang d’Hochelaga était devenu une réalité. Quelque chose avec laquelle il fallait compter. Se spécialisant uniquement dans le trafic en gros des narcotiques, le gang s’était tenu à l’écart des pièges qui menacent ceux qui font dans le vol, le recel, l’extorsion, la protection, les jeux illégaux, le proxénétisme, la contrebande, le prêt usuraire et autres vétilles. La force du gang, c’était sa spécialisation. On travaillait peu, mais on travaillait bien. Il restait du temps pour penser. Le temps de regarder autour, de vérifier ses arrières et de voir venir. Ils occupaient bien leur place sur le marché. Avec la mort de Paloma, tout était remis en question. Par qui? Scalp, chargé de la mission de le découvrir, avait d’abord fait appel à ses contacts réguliers auprès de la police de Montréal et de la Gendarmerie royale du Canada. Il savait depuis longtemps qu’aucune organisation privée ne pouvait exécuter un travail de recherche aussi bien que les corps publics. Il ne s’en était pas tenu, cependant, à l’examen des données documentaires et à leur analyse. Il y avait joint une recherche sérieuse sur le terrain. Il avait d’abord fait filer les membres les plus importants d’une bande rivale qu’il soupçonnait, puis certains indépendants ambitieux dont il se méfiait, mais rien ne lui avait permis de déceler une raison valable à cet attentat, encore moins un indice qui lui aurait permis de pointer du doigt un coupable. Il avait prudemment exploré du côté des Haïtiens, des Jamaïcains, des Chinois… mais sans succès. Scalp était un peu vexé de ne pas avoir réussi à s’acquitter de sa mission. Il restait l’hypothèse absurde — il n’y avait plus personne à Montréal qui le croyait — que Paloma ait été l’innocente victime et que ce soit cette Libertad Gomez qui ait été visée. Il hésitait à s’engager dans cette voie. D’abord, parce que n’ayant jamais accordé qu’un minimum d’intérêt à la «question nationale» il ne pouvait s’imaginer que quelqu’un de raisonnable puisse faire du mal à son prochain pour une autre raison que de lui prendre quelque chose. Un assassinat politique était aussi loin de sa vision du monde que la philosophie kantienne et tout aussi inacceptable que le viol des enfants. Ensuite, il craignait de perdre un temps fou à suivre des pistes qui ne mèneraient nulle part dans un milieu qu’il ne connaissait pas, pendant que des adversaires beaucoup plus dangereux se préparaient peut-être à frapper une autre fois. Il réfléchit longtemps ce matin-là, prêtant encore moins d’attention qu’à l’ordinaire aux seins lourds de la serveuse en slip minuscule qui lui avait servi sa bière matinale au bar de la rue Ontario dont il était un client assidu. Bien que la jeune fille frottât avec une application et une énergie digne d’éloges une table déjà bien propre, produisant des girations des dits seins qui auraient troublé un bon chrétien ordinaire, Scalp ne s’en aperçut même pas. Il trouva enfin la solution: c’est Marius qui ferait le suivi de la piste «séparatiste». Quand Scalp eut trouvé la solution, il vit immédiatement apparaître aussi, comme sortant d’un brouillard, les seins de la nouvelle serveuse. Il lui tapota gentiment le derrière et lui demanda son nom. La vie reprenait son cours normal. * Québec, 19 avril. 17 heures. Le Comité du Oui est au travail. Le comité restreint du Oui: l’inner sanctum où les autres croient que se prennent les décisions. Ils sont une quinzaine. Pierre Pinard est là, Robert Desjardins aussi. Ils ont la table ronde où l’on peut asseoir quinze personnes: c’est un des privilèges du pouvoir. À une table ronde, ils sont tous égaux. Ce qui n’empêche pas Sylvain, le Coordonnateur des activités de transition, de les subjuguer tous. Sylvain a la quarantaine, il est grand et mince, il porte les cheveux lourds sur la nuque comme il n’est plus permis de le faire. Il a l’air de D’Artagnan. Il a une de ces gueules qu’on met en évidence, rendant encore plus inusité son anonymat et sa discrétion. Très visible, ostentatoire même en groupe restreint, il a choisi de ne pas être sous les projecteurs. Pendant quinze ans, il a travaillé dans l’ombre; maintenant, personne ne peut ignorer qu’il a l’oreille du Premier ministre et que c’est lui, personne d’autre, qui fera ou ne fera pas l’indépendance. Depuis qu’il est adolescent, on l’a surnommé Bayard. Personne aujourd’hui ne l’appelle ainsi, mais on ne se réfère jamais à lui autrement. Aujourd’hui, c’est lui qui parle. Comme toujours. – Il ne nous reste que deux mois et des poussières. Nous sommes remontés à 51% dans les sondages et c’est l’affaire Gomez qui est la clé. Il est de plus en plus évident que la clé est là. Une semaine avant l’attentat, nous étions tombés à 44%, aujourd’hui — hier plutôt — 51%. Ceci veut dire qu’à peut près tout le monde a compris que l’affaire Gomez a été une provocation. L’attentat a été un leurre. Il s’est agi d’un de ces coups bas du gouvernement fédéral, comme cette histoire de la grange qu’on a brûlée pour faire accuser les séparatistes, comme ce coup du Reform Party noyauté par le Heritage Front, lui-même contrôlé par la GRC ou par d’autres organismes de renseignement plus secrets que nous connaissons bien… Tous les participants rirent poliment. Bayard, sans le vouloir peut-être, suscitait la flagornerie. Peut-être parce qu’il ne le disait jamais, on s’ingéniait beaucoup, autour de lui, à découvrir l’attitude et le comportement exact qu’il attendait et à le lui offrir. Comme un cadeau. Comme un coup d’encensoir. Il nous fait un discours, pensa Pierre Pinard, s’imagine-t-il qu’il nous motive? Pense-t-il vraiment nous inspirer le feu sacré à nous qui avons, en moyenne, vingt ans de loyaux services envers la cause et le Parti? Ou est-il en train de donner le change à quiconque de l’extérieur pourrait nous écouter? Soupçonne-t-il qu’il y a des traîtres parmi nous, des délateurs éventuels? La prudence de Bayard lui semblait fastidieuse, mais il se sentait aussi réconforté, en son for intérieur, de n’avoir jamais pu prendre cette prudence en défaut. Pinard croyait fermement que personne, absolument personne dans le camp des fédéralistes, ne manipulerait et ne manigancerait jamais avec autant de sang-froid et de perspicacité que Bayard. –… Et maintenant, continuait Bayard, il est clair que nous avons le vent dans les voiles. C’est la contre-offensive. Nous avons repassé le seuil de la majorité simple et nous allons vers les 60% le 24 juin. À 60 %, nous sommes indiscutablement crédibles… On frappe à la porte; le Premier ministre est venu les saluer. Il est symptomatique, pense Pinard, qu’il ait frappé avant d’entrer. Il est significatif qu’il reste debout au lieu de se joindre à eux, ne serait-ce qu’un instant. Jacques Parizeau passe régulièrement au cours de leurs réunions. D’autres passent aussi: les vedettes, les têtes d’affiche… mais ils ne restent jamais. Ils ne disent jamais rien. Ils viennent apporter la caution morale du pouvoir à une opération à laquelle ils ne participent plus. En début de campagne, on a chanté partout au Québec «Frère Jacques», sans que l’on sache trop s’il s’agissait d’une ironie de l’adversaire ou d’un encouragement des fidèles. Frère Jacques dormait; voulait-on qu’il se réveille et aille un peu plus vite… Ou voulait-on qu’il prenne conscience de la situation et arrête tout? Le génie de Jacques Parizeau, au lancement de la campagne référendaire, avait été de déléguer toutes les tâches importantes à des inconnus. C’est une autre équipe, une autre génération qui était venue mener le combat… et qui l’avait gagné. Gagné contre toute attente, et bien malin qui aurait pu dire si l’équipe mise en place pour mener le bon combat l’avait été pour servir de bouc émissaire à une défaite pressentie ou parce qu’elle était la seule chance de susciter une nouvelle ardeur et d’arracher la victoire. La question était devenue académique. Le référendum avait été gagné et c’est Bayard qui l’avait gagné. Tous ceux qui n’avaient pas voulu «aller à l’abattoir» s’étaient retrouvés bien vivants mais un peu à l’écart. Un peu dépassés. Personne ne voulait plus vraiment réveiller Frère Jacques, mais on trouvait bien rassurant qu’il soit là. – Il nous faut 60%. Messieurs, il nous faut 60%. Je compte sur vous. Il donna une chaleureuse poignée de main à tout le monde et repartit comme il était venu. La semaine précédente, c’est Bernard Landry qui était passé. La semaine prochaine, ce serait sans doute Bouchard. Ils se succédaient tous dans le bureau du Maire du palais. Ils étaient la légitimité, même si c’est Bayard qui tirait toutes les ficelles. Bayard dont le visage n’était même pas connu de la majorité de la population et dont on connaissait le surnom mieux que le nom. – Vous avez entendu le Premier ministre? Il nous faut 60% le 24 juin. Comment le faire? En soulignant que c’est nous qui sommes les victimes. Ce n’est pas madame Gomez la victime, c’est nous, les Québécois, qui sommes les victimes depuis 236 ans. Madame Gomez s’est rétablie, nous en sommes heureux. Nous trouvons d’une bassesse inqualifiable que le gouvernement fédéral et la presse anglophone aient voulu utiliser un règlement de comptes entre «pègreux» comme argument dans un débat qui aurait dû se situer plus haut. Maintenant, ils récoltent ce qu’ils ont semé. Nous avons le vent dans les voiles. Vous savez ce que vous avez à faire, que chacun travaille d’arrache-pied dans son milieu. La réunion est finie. On passe au salon pour le verre de l’amitié. Il ne s’est rien dit au cours de cette réunion. On a joué à fond l’approche «Mission impossible»: il ne s’est rien dit, et toute initiative qui échouera sera désavouée… – Monsieur Pinard… Le vrai travail commence. Ils vont, un à un, sans témoins, recevoir du Coordonnateur les vraies instructions. En quelques phrases courtes, comme s’il s’agissait d’un oubli, d’un nota bene. Mieux, d’un post-scriptum à la réunion. Si l’indépendance échoue et que quelqu’un est pendu, ce sera indubitablement Bayard. Mais, si Bayard est pendu, ce sera une grave injustice devant les hommes, car on ne prouvera jamais rien contre lui. Dès qu’ils sont à l’écart, les ordres tombent. – Monsieur Pinard, ne voyez plus Marcel Leblanc, ce n’est pas là que vous êtes utile. Suivez Francœur de près et faites-lui comprendre que nous ne sommes pas des imbéciles. Nous ne sommes pas là pour faire une révolution permanente mais pour administrer un pays. Parlez souvent à Francœur, il aura quelque chose à proposer. Lui ou ses amis, si lui ne comprend pas assez vite. Écoutez bien Francœur. Ne refusez rien. Au besoin, personnalisez ce dossier et mettez les points sur les i. D’accord? Pierre Pinard acquiesce; on ne discute pas avec Bayard. – Et aussi, Monsieur Pinard ajouta l’autre, faites en sorte que votre fils évite aussi Marcel Leblanc. Ils sont vus ensemble bien trop souvent. Nouveau hochement de tête. Quelqu’un a-t-il songé, se demanda Pinard, à ce que ferait Bayard, si l’indépendance n’échouait pas et s’il n’était PAS pendu? * Il tombe une de ces petites neiges fondantes d’avril qui peut devenir verglaçante. Un petite nuit de printemps qui a l’air bien inoffensive mais qui peut devenir assassine. Robert Desjardins, Delo à ses côtés, conduit donc prudemment. Il n’a pas du tout l’intention de se casser la figure alors qu’il touche presque au but. Il veut vivre jusqu’au bout le printemps de l’indépendance. Il regrette un peu que Delo ait dû monter avec lui, son père ayant autre chose à négocier. Heureusement, Delo ne parle pas beaucoup. Robert veut réfléchir. On lui a donné un mandat impossible. Démesuré. Irréalisable. Bayard, qui n’a jamais de toute sa vie assisté à une assemblée syndicale et qui n’a même sans doute jamais, du moins de son propre chef et par plaisir, eu le moindre désir de parler à un travailleur syndiqué, vient de lui donner une mission impossible. – Ce que je vous demande, Desjardins, lui a dit Bayard, c’est tout simplement de faire entériner par la base une décision qui a déjà été prise au sommet. La Fédération des travailleurs du Québec et le Congrès canadien du travail, vous le savez, ont convenu entre eux d’une répartition des tâches et des responsabilités qui ressemble étrangement à ce que nous appellerions une «souveraineté-association». Le Québec, au sein du Canada, ne demande pas plus de pouvoir que la FTQ n’en a eu au sein du Congrès canadien du travail. Ce que j’attends de vous, c’est que chaque association syndicale, au plan géographique comme au plan sectoriel, manifeste son adhésion à cette décision. Vous en avez cent, c’est bien. Vous en avez mille, c’est mieux. C’est l’expression de la fraternité des travailleurs. Le soutien de la classe laborieuse à l’ambition légitime du peuple québécois d’assumer son propre destin. Vous aurez bien sûr l’appui total du syndicat des fonctionnaires. Je veillerai à ce que vous ayez aussi l’appui de la Confédération des syndicats nationaux. Vos supérieurs vous donneront toute latitude et les moyens requis. Comprenez, toutefois, que vous êtes en congé sans solde et que vous agissez en votre nom propre. La FTQ n’a pas à redemander formellement ce qu’elle a déjà obtenu. Elle n’a pas à refaire à la pièce ce qu’elle a construit en bloc. Ce que nous voulons, ce sont des initiatives personnelles. Des gestes spontanés de solidarité. De Halifax à Vancouver. Vu? – J’ai bien compris. Je ferai tout ce qu’il est possible de faire. «Sergent, réveillez-moi ce peloton et allez dégager Stalingrad. Schnell!» Tu parles! Pourquoi n’avait-il simplement pas dit non? Pourquoi ne disait-on jamais non à Bayard? Robert, qui avait toute l’ambition qui sied à un honnête homme, sentait qu’il allait jouer toute sa carrière sur une aventure délirante. Il allait prendre un risque déraisonnable. Pourtant, il avait dit oui. C’est peut-être pour la même raison que le Québec avait dit oui. Non pas oui à Bayard lui-même, on ne le voyait pas assez pour que son charisme pût jouer, mais oui, par personne interposée, à ce que Bayard voulait réaliser. Ce que, d’ailleurs, personne ne savait. On avait dit oui à l’Indépendance, oui à Parizeau, à Landry, à Bouchard. Oui à des idées et à des hommes qu’on connaissait bien. Des hommes rassurants, parce qu’ils étaient là depuis trente ans, qu’ils le disaient depuis trente ans et que la foudre ne les avait pas encore frappés. Mais, derrière, on sentait qu’il y avait Bayard. Combien de syndicats canadiens peut-on convaincre, en deux mois, de reproduire à leur niveau l’accord national de souveraineté association de la FTQ et du Canadian Labor Congress? Combien d’entre eux peuvent faire ratifier ce choix par leurs membres? Combien risqueront de menacer d’une grève générale indéfinie un gouvernement canadien qui ne tendra pas la main au Québec? Quel trotskiste déboussolé qui a l’oreille du Coordonnateur à Québec a bien pu rêver que les Teamsters de la Colombie-Britannique perdraient une seule heure de travail pour soutenir le «libre choix des travailleurs québécois»? Comment quelqu’un comme Bayard a-t-il pu faire de cette aberration un élément de sa stratégie? La voiture dérapa légèrement dans un virage glacé et Robert décida de ramener son attention au problème immédiat qui était tout de même de ramener intacte à Montréal cette voiture et ses passagers. Il fallait animer Delo. – Tu dors? – Non, je réfléchis. C’est fou, comme tout le monde réfléchit. Personne n’a vraiment réfléchi avant le référendum, personne n’a réfléchi au cours des décennies qui ont précédé — pour ne pas dire des siècles — et, tout à coup, tout le monde au Québec prétend «réfléchir». Alors, je réfléchis. – Si tu avais été à la réunion du comité, tu réfléchirais encore plus. – Tu veux m’en parler? – Avec toute l’insistance qu’on met sur la discrétion et la sécurité, j’ose à peine en parler avec ton père qui assiste à la même réunion! Tu sais, je suis persuadé qu’il y a même des choses qu’on ne se dit pas, lui et moi! C’est fou. – Ça force chacun à penser à son propre boulot. Ça évite aussi le «déviationnisme». C’est bien comme ça que vous appeliez la réflexion à l’heure de la grande solidarité stalinienne, n’est-ce pas? – Pourquoi «vous»? Je n’étais pas né à l’époque de Staline. – C’étaient «vos bergers et vos chiens», comme dirait Lafontaine. Mais, sérieusement, est-ce que tu ne trouves pas, toi le militant syndicaliste de gauche, qu’on s’écarte un peu beaucoup du «dialogue franc et sincère», de la «concertation entre tous les intervenants» et autres bidules du même genre? Et pendant qu’on fait le point, ne faudrait-il, avant que tu puisses convaincre Libertad de quoi que ce soit, qu’elle accepte d’abord de te revoir? C’était un coup bas. Robert évitait soigneusement de parler de sa rupture avec Libertad. Une rupture d’ailleurs qui n’existait pas, puisqu’elle n’avait jamais été formulée. Libertad lui avait simplement fermé sa porte et ne retournait pas ses appels. L’attitude, avait conclu Robert, d’une femme qui n’avait jamais su comment dire non. – Libertad a été totalement déloyale. D’ailleurs, je ne te l’avais pas dit, mais j’avais déjà rompu avec elle AVANT l’attentat. J’ai rompu avec elle le soir même ou j’ai appris qu’elle allait se prostituer à la télévision et faire des mamours aux fédéralistes. – Alors, quand nous sommes allés à l’hôpital, c’était quoi? Une réconciliation? – En quelque sorte; oui. Une réconciliation. Une dernière chance que je lui donnais de revenir du bon côté. – Au fond, tu ne l’aimais pas du tout. Tu étais en train de la manipuler. Mais qu’est-ce que tu lui offrais? – Une l – é – g – i – t – i – m – i – t – é. Une appartenance vraie au Québec, à la mesure de l’accueil que je lui avais réservé. De l’accueil que nous lui avions tous réservé. – Tu parles comme si c’était un gros cadeau d’offrir à quelqu’un la «québécitude». Tu parles comme quelqu’un qui a lu trop de propagande. Tu veux savoir la réalité? Être québécois, au comptant, ça ne vaut pas grand-chose. Ce n’est pas une valeur, c’est une promesse. Donner l’indépendance à la population, donner le Québec à quelqu’un, c’est lui donner un «Do-it-yourself kit», c’est lui offrir une chance de faire quelque chose. Avec ça, je suis d’accord. Mais il ne faut pas s’imaginer qu’on donne un gâteau de noces quand on offre une tasse de sucre et une tasse de farine… – Tu penses que je m’y prends mal avec elle? – Je constate que tu n’as pas les résultats que tu attends. Pourtant, c’est une chic fille. – Si tu voyais sa sœur! – Je l’ai vue. – Ah? – Mais oui, à l’hôpital. Tu étais trop occupé. Tu ne t’occupes pas vraiment des gens. – Et alors, c’est quelque chose la sœur, non? – Oui, oui. Mais j’ai un faible pour les femmes fragiles… comme Libertad. Je pense sincèrement que Libertad vaut plus que sa sœur. Plus que tu penses. – Probablement… Et maintenant, pensa Robert, c’est Delo qui me prend pour un con. Et maintenant qu’il avait annoncé sa rupture, celle-ci devenait définitive. Il constata que l’idée lui était devenue tout à fait indifférente. Comment pouvait-il avoir changé à ce point sa perspective à l’égard de Libertad? Au fond, songea-t-il, c’est vrai que je ne l’ai jamais aimée. Elle était commode, parce qu’elle était là, disponible, facile à prendre et à satisfaire pendant que je pensais à autre chose. Est-ce que j’ai été un salaud avec elle? Delo ne parlant plus et la neige ayant cessé, Robert eut tout le temps de faire le point. Il se souvint qu’avant Libertad il y avait eu Jeannine. Avait-elle été importante? Et avant Jeannine, Nicole. Nicole ou Andrée, puisque les deux affaires avaient été menées de front. Laquelle des deux avait été la plus importante? Peut-être était-il — et avait-il toujours été fondamentalement — un salaud avec les femmes. Ou un salaud tout simplement. C’est une idée qu’il trouvait intellectuellement déplaisante mais qui, en y pensant bien, ne suscitait pas chez lui une grande émotion. Il ramena son attention sur ce qui l’intéressait vraiment: exécuter le mieux possible le mandat qu’on lui avait confié. * Delo avait eu beaucoup de plaisir à enfreindre la consigne paternelle et il y avait mis beaucoup d’efforts. Il n’acceptait pas, par principe, qu’un boss à Québec — un boss qui d’ailleurs ne lui payait pas de salaire — vint lui dire qui il devait et ne devait pas voir. Il avait mis bien du temps à rejoindre Marcel, apparemment fort occupé, mais il y était parvenu. Marcel et lui, ce jour-là, prenaient enfin, rue Saint-Denis, une bière belge que Delo croyait avoir depuis longtemps méritée. Il faisait maintenant très beau et tout Montréal, comme à l’ordinaire, s’était donné rendez-vous sur une terrasse. Les jupes étaient un peu plus courtes, les filles un peu plus belles que l’année précédente. – Un temps comme ça mercredi, ils vont mettre un million de personnes dans la rue, dit Marcel, ton chum Robert a fait un sacré travail! Le premier mai serait jour férié, pour la première fois. Une trouvaille de Robert. C’était un clin d’œil à toutes les gauches du monde mais surtout aux travailleurs canadiens. Des centaines de délégations syndicales, de toutes les provinces canadiennes et de tous les secteurs d’activité, assisteraient au grand Défilé de la solidarité, rue Sherbrooke, courtoisie, bien sûr, du gouvernement du Québec qui avait fait les invitations, payé les billets et promis des réjouissances hors du commun. Robert avait supposé que le travailleur de Swift Current, Saskatchewan, ou de Dartmouth, Nova Scotia, ne détesterait pas venir passer trois jours à Montréal avec sa femme, que la raison en fût les pêches dans l’Atlantique, la lutte contre la pyrale du maïs ou l’indépendance du Québec. Il avait eu parfaitement raison. En dix jours, il avait fait le travail de dix ans. Des centaines de syndicats seraient représentés au Défilé de la solidarité et toutes les provinces canadiennes y seraient. Les camarades de l’Ouest seraient là, et ils chanteraient Alouette — ou même Frère Jacques — avec autant d’entrain qu’Avanti Populo. – Robert travaille beaucoup, dit Delo, je ne l’ai pas vu depuis au moins une semaine. Je ne lui ai même pas parlé. Je crois qu’il avait plus que ce Premier Mai à organiser. Ils sont en train de le transformer en machine. – La petite Libertad Gomez, c’est sa blonde, hein? – C’était. Il n’a plus de temps pour elle. – C’est vrai qu’avec ce qu’elle a fait… – Marcel, dis-moi que ce n’est pas toi, dis-moi que ce n’est pas nous, la bombe. Marcel soupira et haussa les épaules. Il prit une grande gorgée de bière. – Ce n’est pas moi. Ça, je peux te jurer que ce n’est pas moi. Maintenant, pour les autres… Je ne sais pas. Je ne pense pas. On ne me le dirait pas. Tu comprends, ceux comme nous qui ont été mêlés aux événements des années soixante et soixante-dix, on ne représente plus vraiment un «plus» pour la cause. Nous n’avons plus la manière de faire. Nous n’avons plus le vocabulaire qu’il faut. Nous sommes comme les vieux joueurs qu’on garde sur le banc pour amadouer la foule mais qu’on ne veut pas vraiment voir sur la patinoire. Nous sommes là parce que ça donnerait une mauvaise image du Parti d’annoncer brutalement que nous ne sommes plus là. Tu te souviens à quel point a été négatif le rejet de Bourgault et du RIN? Pourtant, il fallait évidemment sortir du «Bourgault» pour faire du «Lévesque» et prendre le pouvoir. Il a fallu sortir du «Lévesque» et vendre du «Parizeau» pour gagner le référendum. Maintenant, on est en train de sortir du «Parizeau», qu’on connaît trop bien, pour entrer dans quelque chose qu’on connaît mal et FAIRE l’indépendance. À la vitesse où les choses évoluent, des types comme moi ont l’impression d’être trois ou quatre générations en arrière. Il y en a, comme ton père, qui se sont recyclés; ils assurent la continuité. Mais ceux qui ont vraiment joué leur va-tout il y a trente ans, on ne vient pas les chercher pour les tenir au courant. On nous aimerait mieux empaillés. Tu me parles de l’attentat contre la petite Gomez. Ça peut être vraiment une cellule Riel-Chénier, qui sait… Ça peut aussi être un franc-tireur. N’importe qui, aujourd’hui, peut aller acheter à la pharmacie ce qu’il faut pour faire une bombe et recevoir les instructions sur Internet. Aujourd’hui, on dit que c’est la mafia. Peut-être. Il ne faut pas exclure que ce soit un nationaliste pas très doué. Ça peut aussi être un parfait cinglé, tout simplement. Le plus grand danger pour la société, à partir de maintenant, ce n’est pas le communisme, ni aucun révolutionnaire; c’est la masse grandissante des cinglés. Remarque que ça peut aussi être un Anglais pour nous faire accuser… – Ça ferait dur… – Ne pense pas ça. C’est une hypothèse sérieuse. Parce qu’il n’y a plus personne de vraiment important, personne d’irremplaçable, parce que ce sont des machines qui mènent tout, il n’y a plus beaucoup d’intérêt à se débarrasser de ses ennemis. Au contraire, c’est ce qui se passe dans la tête du monde un beau matin, le jour du vote, par exemple, qui est devenu vital. Il est important que le soir de l’indépendance il y ait beaucoup de monde dans la rue qui crient «Vive le Québec libre!» S’il y en a assez, les autres embarqueront et suivront. Et quand je dis «les autres», ce n’est pas les voisins du quartier. Je parle des Français, des Américains, des Nations Unies. Aujourd’hui, ça ne vaut plus la peine d’aller contre la «volonté populaire»: ça crée trop de problèmes et ça ne rapporte pas assez de profit. Alors, ça devient très dangereux. – Dangereux? – Très dangereux. Avec l’importance des sondages, le rôle des médias modernes et la sympathie pour les victimes, il est devenu plus rentable de faire disparaître ses amis que ses ennemis. Je ne suis pas certain qu’il n’y a pas, en ce moment même, des souverainistes qui font brûler des lampions pour que quelqu’un nous mette une bombe: on gagnerait trois ou quatre points dans les sondages. Ça ferait bien plus pour la cause que l’assassinat de tous les membres du cabinet Chrétien. – Jésus Christ! – Bien oui. Je suis même à peu près sûr qu’il y en a qui font plus que brûler des lampions. On n’est plus dans les années soixante… – Est-ce que quelqu’un t’a approché pour une opération de ce genre-là? – Mais non, ils ne me feraient pas confiance pour une affaire aussi complexe. Je suis trop vieux. Moi, je serais plutôt le type qu’on prendrait comme victime… – Tu dis ça en blague, n’est-ce pas? – Évidemment… Marcel et Delo parlèrent encore longtemps. Ils vidèrent des Maredsous et des Gueuzes, aussi loin dans leurs habitudes et leurs goûts de la population qu’ils voulaient libérer que l’était leur langage des préoccupations de celle-ci. Ils parlèrent de tout et de rien, de Robert, de Libertad, de Bayard, du socialisme, du nationalisme, de l’esprit révolutionnaire… Ils parlèrent de tout et de rien, mais surtout de l’indépendance. En fait, seulement de l’indépendance. Pierre JC Allard

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michele delpech

Quand le brouillard te mange les mains, on n'sait pas c'que tu nous apportes, mon camarade ! Et là, je nage, je rame. Ou donc est passé l'humour du trappeur : Dans l'immensité de l'inconscient ? Pardon Pierre, mais je m'ennuis. Le déroulement des mots, s'il n'est pas porté par quelques traits d'humour bien pesés, ne captive pas l'esprit. C'est en tout cas ce que je ressens. Mais toi, tu es publié et lu : pas moi concernant la lecture ! Qu'en penses-tu ???????? :cry: :cry:
Pierre JC Allard

Bonjour Michele Parlant d'humour, j'ai vivement incité les lecteurs québécois a lire "Betty Bapacoule", soulignant le charme des passages en "démotique"... Ils y viennent. Pour la publication/édition, j'ai expliqué ailleurs que je suis lu au moins 10 à 20 fois plus sur le net que sur papier. J'ai un autre bouquin papier qui sera publié en France en septembre; affaire de prestige, mais je n'ai AUCUN espoir qu'il soit lu autant que sous sa forme électronique. Le net est l'avenir. Pour un texte satyrique, sinon humoristique, qui peut faire sourire, j'ai publié celui ci… http://manuscritdepot.com/a.pierre-jc-allard.1.htm Pierre JC Allard
michele delpech

Bonjour Pierre, Ta lettre de Barrabas est un enchantement. Je te remercie de me permettre d'augmenter mon audience auprès de nos cousins du Québec. Qu'en à la lecture électronique, je pense qu'elle va permettre à de plus en plus d'arbres de vivre mieux et de faire des petits sans se préoccuper de nos tronçonneuses. Merci Internet, malgré la pollution que tu génère à la fabrication de tes instruments. Une bonne gestion des matériels devrait nous permettre de produire moins de déchets. Qu'y a-t-il de plus important pour un écrivain ? Etre lu où être riche. Je pense que tout individu censé répondra que la richesse vient de l'échange, et non du porte monnaie ; que l'un ne va pas sans l'autre ; que la valeur se mérite ; qu'il ne faut pas péter plus haut qu'on a le cul. Il aura raison. A charge pour l'écrivain de garder sa veine créative en toute liberté, même s'il fait, de temps à autre, une entorse au bon sens, simplement pour le fun !!!!!! :lol: :-P :twisted: 8)
michele delpech

Pardon pour le qu'en, qu'il faut changer en quant !!! :cry: :oops:
michele delpech

Génère prend un s à la deuxième personne de l'indicatif. CQFD
Pierre JC Allard

@ MD: Continuons la course a obstacle de la publication. … Quant aux questions d'orthographe, depuis que presque tout le monde écrit à deux pouces sur une camera téléphone, je ne me préoccupe plus trop des coquilles :-) Pour Barabbas… Ca va plus loin. Si on télédécharge (gratuitement) l'"Evangile de l'Autre", au lien précédent, on a la version néolibérale du Sermon sur la Montagne… et une Dernière Cène où le Messie capitaliste conseille à ses disciples: "Prêtez-vous les uns les autres" … PJCA

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MOIS JEUX !

eliseaurelie 2010-07-30 00:34:49

Salut à tous,  je sais que tout le monde est en vacances ou travail,  mais quoi de mieux pour se dégourdir les neurones que de jouer à des jeux tout simple pour ne pas se fouler les derniers neurones qui sont pas grillés par le soleil. J'ai fait mon petit tour d'horizon sur le net et j'ai trouvé un petit site assez sympa et coloré qui propose des jeux gratuits c'est en anglais.  Les jeux sont très simples, colorés  et très mignons Voici le lien http://www.ferryhalim.com/orisinal/

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T.REX

Merci Elise de penser à tous ceux qui s'ennuient sur la plage en se demandant quand ils auront la chance de reprendre le boulot, une saine activitée quoi ! En attendant ils peuvent toujours s'occuper avec tes petits jeux !
eliseaurelie

merci ^^ c'est mieux que de cramé au soleil
michele delpech

Il y a une question qui me taraude depuis longtemps, concernant les jeux. Sont-ce des moyens détournés de nous garder dans un certain conformisme, au risque de nous bloquer dans nos élans intellectuels, ou simplement des moments que l'on s'offre, à certaines périodes de notre vie, parce que nous avons besoin de décompresser. Une forme de pallier de la pensée pour nous permettre d'avancer plus loin encore. Je sais qu'il est réducteur de penser de la sorte, parce que chaque individu fonctionne différemment des autres, même si l'on est à priori tous fabriqués de la même manière que les autres humains. Seulement, des enfants prostrés devant un écran de télé ou d'autres actionnant nerveusement les manettes de leur Nintendo, cela ne revient-il pas au même, dans une période aussi critique que la formation de l'être ?
eliseaurelie

pour moi c'est juste des jeux j'en fais de temps en temps. mais pour certains c'est une drogue. il y a joué et joué
michele delpech

Posté par 5552 :
mais pour certains c’est une drogue. il y a joué et joué
Je suis rassurée. Existe-t-il des jeux qui favorisent l'apprentissage de l'environnement et son respect ? Je serais curieuse de le savoir.
eliseaurelie

Posté par 5552 :
Existe-t-il des jeux qui favorisent l’apprentissage de l’environnement et son respect ?
J'ai farfouillé sur le net et j'ai trouvé ce petit jeu. Il est simple et te dit tes erreurs. Petits liens : http://www.ademe.fr/particuliers/jeu2/ademe/sommaire.html http://www.educasources.education.fr/selecthema.asp?ID=137821
michele delpech

Je te remercie pour les sites de jeux éducatifs.
eliseaurelie

de rien ^^

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Les grands préludes

taverne des poetes 2010-07-28 16:30:30

Il n'y a pas que les chansons qui accompagnent nos vies. Il y a aussi les préludes. Ainsi, le célèbrissime Prélude du Te Deum en ré majeur de Charpentier (1636 - 1734) qui devint le générique des émissions de l'Eurovision. D'autres préludes nous sont familiers, comme les préludes de Bach, de Chopin et celui de Richard Strauss "Also sprach Zarathoustra" qui accompagne un moment-clé de la bande-son de "2001 l'odyssée de l'espace".. A l'exception des préludes d'opéra, le prélude est une pièce musicale destinée à un instrument soliste. C'était à l'origine une pièce d'écriture libre destinée à permettre à l'instrumentiste (le joueur de luth le plus souvent) d'accorder son instrument et de se chauffer. Chez Couperin, le prélude est dit non mesuré, c'est-à-dire que la partition ne donne aucune indication sur l'emplacement des barres de mesures ni la durée des sons. Chez Jean-Sébastien Bach, le prélude commence à prendre son autonomie et précède souvent une fugue (pièce de construction stricte, au contraire du prélude). Bach a recours également à la Toccata, pièce musicale qui se rapproche du prélude et qui - comme son nom l'indique - permet aussi au musicien de "toucher", de prendre contact avec son instrument. Mais la toccata est plus brillante que le prélude. Enfin, chez les romantiques, le prélude devient totalement autonome et n'annonce plus une œuvre, ainsi chez Chopin, Liszt, Rachmaninov, Debussy ou Gerswhin. Chopin a joué un rôle charnière dans l'évolution du prélude puisque, s'étant inspiré de Bach, il a lui-même inspiré à sa suite des compositeurs comme Debussy et Rachmnaninov. Les incontournables : Bach d'abord, naturellement. Le mélancolique prélude BWV846 du Clavier bien tempéré. C'est sur ce prélude que Charles Gounod composa son célèbre aria "Ave Maria". On peut bien s'en rendre compte en écoutant par exemple cette version piano-bar. Maurane en fit une chanson. Le prélude de la suite no1 pour violoncelle qui fut repris au cinéma. Chopin : Son romantique prélude no 4 opus 28 Même opus mais no 15, le prélude "Raindrop" ("Goutte de pluie") Ce chef d'œuvre d'étrangeté de Rachmaninov Vous êtes déjà sans voix ? Attendez la suite... Debussy : "Prélude à l'après-midi d'un faune". Cette œuvre magnifique est inspirée d'un poème de Mallarmé (que l'on peut lire ici) L'œuvre est qualifiée d'impressionniste. D'autres préludes sont remarquables : Le Prélude de Lohengrin, un opéra de Wagner. Charlie Chaplin utilisa ce prélude dans le Dictateur (scène du globe terrestre qui s'envole). Saint-Saëns "Prélude au Déluge" Prokofiev : prélude opus 12 no 7 Charpentier "Prélude du Te Deum" (Eurovision) Villa-Lobos, compositeur brésilien du XXème siècle : prélude "Modinha" Les amateurs pourront puiser dans l'œuvre abondante de Bach et de Chopin, entre autres... Pour écouter ma sélection de prélude d'un seul tenant, rendez-vous sur ma page "jazzytudes". Tout à la fin, il y a un lecteur Deezer. En guise d'illustration et de travaux pratiques, je vous livre mes propres essais de préludes :"8 préludes" en différents styles. Vive la musique !

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michele delpech

La musique étant un langage à part entière, je boirai tes propos tels que tu les profères, Poète ! Merci de nous éclairer de ta plume didactique.
taverne des poetes

Didactique ? Comme l'horloge ? Di-dac-tique, di-dac-tique... Appelez-moi donc "Maître Onome" ! :roll: J'ai un peu reporté la suite des articles parce que j'ai trouvé un pianiste pro sur Jamendo qui veut bien interpréter de manière brillante mes compositions qu'il trouve à son goût. Paraît que j'ai de la "sensibilité alors hein "et toc" : tic-toc, tic-toc.
michele delpech

Bravo pour l'éclectisme. L'interprétation est parfois hésitante, mais le tout est très agréable. J'ai moi-même joué une musique improvisée à l'harmonica, mon ami chien Tonnerre m'accompagnant avec maestria. Mais je ne sais pas la diffuser car le fichier est trop lourd. Aurais-tu par hasard un sésame pour que je fasse profiter de notre virtuosité le monde entier ?

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CLAIR DE TERRE N°5

michele delpech 2010-07-26 20:57:54

( ESPACE DE REFLEXION CONTEMPORAINE )

...Du néant, l'accord supérieur.

Sapiens Sapiens a côtoyé Neandertal. La découverte est de taille. Elle ébranle la volonté de supériorité de l'homme sur les autres espèces. Nous avons évolué de la même manière que la dernière des bêtes féroces. Nous avons plusieurs foyers de conception de notre espèce. Nous sommes les égaux des tigres, pandas, rhinocéros, que nous décimons pour la grande gloire des imbéciles.

Nos religions humaines sont bouleversées par cette découverte. Neandertal a copulé avec Sapiens Sapiens. Nous en sommes issus, avec plus ou moins de bonheur. Nous pouvons avoir les yeux rivés sur la croix, nous restons un mélange animal d'une grande vulgarité de formation. Notre modus vivendi nous a fait naître et croître de manière inégale. On peut se demander lequel d'entre eux a gagné dans l'affaire ; d'où sort l'intelligence et la volonté de paix, qui vont de pair ; si l'on peut jeter l'opprobre à l'un et la couronne de laurier à l'autre, pour nous avoir ensemble enfanté. Est-ce donc de ce dilemme que proviennent les guerres incessantes qui paralysent l'intelligence humaine ?

La mandibule fort bien conservée de Neandertal a terminé sa vie dans le bazar d'un Sapiens Sapiens. Celui-ci était-il cannibale et chassait-il Neandertal pour sa peau et sa viande. Alimentait-il ses comptoirs de sa tête et de ses mains montés en cendriers ou en abat-jour ?

QUI LE SAURA UN JOUR APPORTERA DE L'EAU AU MOULIN DES INTEGRISTES.

MICHELE DELPECH

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LIBERTAD Chapitre 2

Pierre JC Allard 2010-07-26 19:13:18

De Pierre JC Allard Chapitre 2 Libertad et sa famille occupaient un confortable trois-chambres rue Goyer. Rien d’extravagant, mais l’abondance au quotidien, par la grâce de Consuelo. Papa Gomez ne rajeunissait pas et ne s’était jamais vraiment fait à la vie urbaine; il chômait. Lupe, la mère, gardait des enfants, faisait des ménages, se rendait autrement utile au voisinage et, surtout, avait complètement maîtrisé, de commérages en conseils, toutes les ramifications du réseau d’aide sociale. Libertad servait à la Crêperie du Plateau trois soirs par semaines, faisait des travaux d’étudiants à la pige et subvenait ainsi à ses besoins qui étaient modestes. Tout ceci n’avait guère d’importance. Consuelo assumait le loyer, l’épicerie et le plus clair des autres dépenses du ménage. Consuelo n’avait pas de problèmes d’argent. Plus grande, plus mince, plus souple, plus âgée de deux ans que Libertad, Consuelo avait eu, dès le départ, non seulement, l’avantage d’être bien belle, mais aussi celui qu’on le lui ait déjà dit, là-bas, au Salvador. Au pueblo d’abord et dans la Capitale ensuite. Il ne lui avait pas fallu plus d’une visite au bon fonctionnaire du bon ministère pour que la mission canadienne au Salvador soit dirigée vers le village de sa famille. Il ne lui avait pas fallu plus d’une heure pour que le jeune diplomate canadien accorde à son père le visa demandé. Elle était arrivée au Canada à dix-huit ans, déjà bien consciente de ce qu’une femme peut donner et de ce qu’une femme peut recevoir: il y avait des années qu’elle savait déjà ce qu’elle valait. Il lui avait suffi d’un mois, à Montréal, pour devenir la maîtresse d’un type très bien. De Jacques à Jean, de Jean à Simon et de Simon à Gérard, elle était maintenant coordonnatrice à l’accueil d’une société d’import-export dont le plus clair des affaires se faisait avec le gouvernement fédéral. Elle relevait directement, à ce titre, de Gérard Martin, président-directeur général et seul actionnaire de ladite compagnie. Gérard avait beaucoup d’amis. Les amis de Gérard étaient aussi ceux de Consuelo. Consuelo n’avait cependant pas de meilleur ami que Gérard, comme Gérard n’avait pas d’alliée plus fidèle que Consuelo. C’est du moins ce qu’ils prétendaient tous les deux. Au demeurant — et tout intérêt commercial mis à part — ils avaient tous deux le talent réciproque de se faire jouir comme nul autre, ce qui ne gâte rien au maintien d’une relation harmonieuse et évite bien des malentendus. Comme évitait bien des malentendus le fait qu’elle demeurât toujours officiellement avec sa famille rue Goyer, et non avec Gérard aux Cours Mont-Royal. C’est sa mère qui accueillit Libertad : — Que c’est bien, que c’est bien, Mamita, que tu aies trouvé un emploi! Le père Gomez rappliqua à son tour: — Et tu as reçu beaucoup d’appels des gens de la télévision. Dis, ce doit être important ce poste que tu as obtenu! – Des appels de la télévision? – Oui, regarde, j’ai noté: Señor McNaughton de CBC, Señora Fraser de CJAD, un type de la Gazette, je ne peux pas prononcer son nom, c’est écrit là. Consuelo apparut à son tour : — Sos bien popular… Pourquoi ils t’appellent tous? – Aucune idée. Je n’en ai absolument aucune idée. – Quand le fils de ta tante Catherine a vécu à Choluteca avec une dame qui était consul honoraire de Panama, commenta Lupe Gomez, j’ai passé une semaine chez eux et elle recevait aussi beaucoup d’appels. C’est normal, quand tu es diplomate, que les journaux t’appellent. Quand tu seras bien connue, ton père pourra aussi trouver un emploi. – N’embête pas Libertad avec mes problèmes, intervint le père, pense plutôt qu’elle sera peut-être un jour là-bas, au Salvador, et qu’elle pourra vraiment aider César et Benjamin… Consuelo reprit le contrôle de la situation: – Rappelle-les, on saura bien. Commence par le type de la Gazette, les gars des journaux sont moins dangereux. Libertad s’exécuta. Non, monsieur Libkovsky n’était pas là, mais son adjointe était au courant du dossier. Que ressentait Libertad Gomez face à cette nomination au service diplomatique canadien? Acceptait-elle cet emploi? Se sentait-elle d’abord Canadienne ou Québécoise? Voyait-elle dans cet engagement une quelconque renonciation à son statut de Québécoise? Quelle avait été sa position au référendum… Pardon, excusez-moi, je n’aurais pas dû poser cette question. Vous parlez français n’est-ce pas? Ah, vous avez appris le français avant l’anglais? Comme c’est intéressant…! Nous aimerions vous rencontrer, en savoir plus sur vous, sur votre famille, sur vos valeurs, sur vos idées… Quand vous voudrez. Demain? Avec plaisir… À peu de choses près, même chose à la radio. Moins de curiosité à la télévision mais un rendez-vous ferme pour une entrevue, préenregistrée le lendemain et rediffusée le jour suivant. Libertad donnait la réplique, sans comprendre. Ils étaient trop polis. Trop empressés. Quelque chose sonnait faux. Pourquoi elle? Comment savaient-ils? Que cherche-t-on à lui faire dire? Avant même qu’elle n’eût terminé de retourner les premiers appels, un autre journal et une autre station radiophonique l’avait relancée. Il était déjà quatre heures quand Consuelo vint la rejoindre. – Et alors? – Je ne sais pas, ils veulent tous me parler. Il y en a eu deux autres. C’est comme si j’étais la seule candidate acceptée aux Affaires étrangères. Parce que nous sommes des immigrants sans doute. Il n’y a sans doute pas beaucoup d’immigrants qui ont été acceptés… – Parce que tu es immigrante, parce que tu es une femme, parce que tu es Québécoise… mais je sens qu’il y a autre chose. Je vais parler à Gérard. Tout de suite. – Et moi, je passe chez Robert. Je ne le lui ai pas encore dit. Au fait, tu l’as cette lettre du Ministère? – Qui est Robert? – Je t’ai déjà parlé de Robert, on se fréquente depuis deux ans… – Oui, je me souviens… qu’est-ce qu’il fait? Que fait-il dans la vie, je veux dire? – Il est au gouvernement du Québec, les Affaires sociales. – Important? – Pas vraiment. – Ce n’est pas lui, la télévision, la radio, les journaux? – Il ne le sait même pas! – Je veux dire: ce n’est pas lui qu’on vise? Il n’est pas assez important pour qu’on essaye de l’atteindre à travers toi, n’est-ce pas? – Je ne vois vraiment pas… – Il faut vraiment que je parle à Gérard. La lettre est sur le bahut, dans ta chambre. – Tu me laisses à la Crêperie? – Je n’ai pas le temps. Prends un taxi. Tu as besoin d’argent? – Non, ça va… Merci quand même. Merci pour tout. – Tu sais, je vais être très fière d’être la sœur d’une diplomate. Merci d’avance… Il y avait toujours eu entre elles cette complicité essentielle qui doit exister entre maraudeurs d’un même clan isolés en territoire étranger. Les choses n’allaient pas changer simplement parce que l’une d’elles avait réussi une grosse affaire. Libertad, d’ailleurs, ne voyait pas l’urgence de changer quoi que ce soit. Elle fit comme toujours quatre heures de service aux tables à la Crêperie du Plateau. Comme un soir sur deux, Robert l’attendait à la sortie. * Quand elle monta dans la voiture de Robert, celui-ci l’étreignit avec un peu plus d’avidité qu’à l’ordinaire. Elle ne s’y trompa pas . — Ça t’a foutu un sacré choc, cette histoire de Marcel, n’est-ce pas? – Évidemment, ça m’a bouleversé. Je ne vois plus trop bien où on s’en va. Mais au fond, ce qui me déprime le plus, c’est Marcel lui-même. Tu sais qu’il a passé près de dix ans de sa vie en prison? ALQ, FLQ… Comment peut-il aussi facilement tirer un trait sur toute sa vie? Comment peut-il le faire avec autant de sang-froid? – Peut-être la lucidité, peut-être le simple bon sens. Est-ce qu’il n’est pas clair que les gens n’en veulent pas de l’indépendance? – Les gens ne veulent jamais autre chose que la tranquillité. Je suis sûr que dans toutes les révolutions, il y a eu une heure où ceux qui sont devenus plus tard des héros n’étaient que des trouble-fête. Je suis sûr qu’au début de la Résistance, en France, la majorité de la population souhaitait qu’on en finisse avec les Résistants et que la vie recommence comme avant, avec ou sans les Allemands. Et je ne suis pas sûr que les gens comme Marcel ont vraiment laissé tomber. J’ai parlé avec Delo aujourd’hui, il pense la même chose que moi. Les gens comme Marcel veulent encore faire quelque chose mais ils savent qu’il y a des délateurs et des traîtres partout. Ils feignent de laisser tomber mais ils vont passer à l’action. Au moment où l’on se parle, je suis sûr que Marcel, sans nous le dire, est en train de préparer quelque chose. – Tu crois? Marcel lui-même disait qu’il ne fallait pas jouer une partie de poker-menteur où l’on se relancerait à coup de vies de Québécois. Tu crois que même ça, c’était un bluff? – C’est Delo qui disait ça, pas Marcel. – Et si Marcel, ou quelqu’un comme Marcel, te demandait de passer à l’action directe, comme vous dites, est-ce que tu le ferais? – Je ne sais pas. Je n’ai pas eu la formation pour le faire. C’est peut-être pour ça qu’on ne me le demande pas. – Mais si on te l’avait demandé, insista-t-elle. Il fit démarrer la voiture sans répondre. Et mit la radio en marche. C’était la dernière chanson de Léveillé: «Ce soir-là Montréal, tu sortiras joyeux, fier de la liberté suspendue à ton bras… saluant au passage un drapeau blanc et bleu… et chantant, en français, un air qui te plaira… la, la la la la la la la la la, la la…» Excédé, Robert passa à la station suivante. — «…et cette myriade de “cas personnels” qui viennent se greffer au problème collectif de l’indépendance. Par exemple, celui de cette jeune néo-Québécoise, Libertad Gomez, dont on a entendu l’entrevue téléphonique il y a quelques minutes et qui sera l’invitée du réseau anglais de Radio-Canada samedi soir, je crois. Vous avez ici une jeune femme dont la carrière prometteuse passe par une adhésion au système fédéral. Aujourd’hui, ce gouvernement est son gouvernement. N’a-t-elle pas raison d’accepter de le servir? S’attend-on à ce qu’elle démissionne le 24 juin à midi? Et, si elle le fait, le gouvernement du Québec lui offrira-t-il un poste équivalent, comme il a promis de le faire à tous les fonctionnaires fédéraux? Il y a des milliers de cas semblables actuellement au Québec. Quelle que soit l’issue de la situation actuelle, on se demande si, Québécois ou Canadiens, nous pouvons éprouver autre chose qu’une grande pitié ou un profond mépris pour les gouvernements, tant à Ottawa qu’à Québec, qui ont permis que cette situation existe.» Robert avait éteint la radio et s’était mis à rire: – Quelle coïncidence, n’est-ce pas? Elle s’appelle exactement comme toi! Libertad ne se sent pas la force d’expliquer. Elle tend simplement à Robert la lettre du Ministère. Après, tout se passe comme un ballet aquatique, silencieusement, au ralenti. Il stoppe la voiture, il lit la lettre, il la lui rend. Il lève lentement les bras comme s’il tenait devant lui un ballon imaginaire, la bouche entrouverte, les sourcils froncés, totalement abasourdi. Puis, il baisse les bras, exhale un profond soupir et, sans même la regarder, lui touche délicatement l’épaule. Deux fois. Ensuite, de l’index, il lui indique la porte. Toujours sans la regarder, toujours en silence, du revers de la main il fait le geste de la balayer hors de cette voiture, hors de sa vie. Libertad sort de la voiture. Elle est coin Sherbrooke et Saint-Denis. Face à cette statue d’un homme que la douleur étreint. Pour l’instant, elle est sans douleur. Elle est sans émotion. Elle tient toujours à la main la lettre qui lui donne un avenir, une dignité, une vie. Derrière elle, il y a quelqu’un dans une voiture qui veut une autre vie. Tout ça est très simple. Plus simple qu’elle ne l’avait cru. Il lui semble simplement incongru qu’on laisse ainsi des questions de politique transgresser les limites d’une relation personnelle. On voit bien que ce ne sont plus que des hommes qui ont la parole. * Il n’y avait en effet que des hommes chez René Francœur quand Pierre Pinard y arriva. Que celui-ci, fonctionnaire du Québec et séparatiste depuis trente ans, fut invité chez René Francœur, pilier du Comité du Non, en disait déjà long sur l’imbroglio qui persistait à trois mois de la déclaration d’indépendance. Que Pierre Pinard trouvât tout à fait normal d’accepter cette invitation montrait encore mieux à quel point les lignes de clivage étaient subtiles et les loyautés étrangement partagées selon le point de vue que privilégiait l’observateur. Il y avait, ce soir-là, chez Francœur, d’autres fonctionnaires, quelques banquiers, des ingénieurs, des consultants, des hommes d’affaire. Quelques-uns qui avaient voté Oui, beaucoup qui avaient voté Non, mais des gens qui avaient tous en commun d’avoir intérêt à ce que l’indépendance, si elle devait absolument se faire, se fasse au moins avec un minimum de violence et de bouleversements. La maison de Francœur, ce soir-là, voulait être le lieu de rencontre de toutes les tolérances. René Francœur avait invité environ un tiers d’anglophones. Plus, il aurait paru faire la part trop belle à la minorité; moins, il aurait semblé vouloir respecter un quota. Il avait, de la même façon, invité plus de supporters du Oui qu’il n’en avait comme amis, mais moins que ne l’aurait suggéré le fait qu’ils étaient maintenant au pouvoir et presque à l’heure de réaliser leur projet. Il était clair pour chacun des invités que le but de leur rencontre était de préparer l’avenir. Leur avenir. L’avenir de chacun d’eux dépendrait d’ici peu de ce qu’il aurait dit, ce soir, à l’un ou l’autre des autres invités. L’astuce était de savoir ce que chacun voulait VRAIMENT entendre… et ce qu’ils prétendraient avoir entendu, le 25 juin, lorsque les jeux seraient vraiment faits. –… Car les jeux, dit Francœur, ne se feront pas le 24 juin l996. Ils se feront dans les semaines, les mois, les années qui suivront. Parizeau nous parle de la naissance d’un enfant. En fait, il va s’agir de l’apparition d’un fantôme, de la matérialisation d’un ectoplasme dont on ne saura pas très bien s’il est réel, virtuel, fragile, solide… Comment peut-on bâtir un pays sur une balançoire? – C’est bien le problème, dit Pierre Pinard. Il est clair que la majorité en faveur de l’indépendance peut devenir une minorité avant même que l’indépendance ne soit déclarée. Il est même probable, je l’avoue, qu’elle deviendra une minorité au cours des mois difficiles qui suivront. Il suffirait, cependant, que le gouvernement d’Ottawa — ou quelque groupe que ce soit au Québec même — tente de mettre à profit cette situation… pour que le phénomène inverse se produise. Toute tentative de réintégrer le Canada créera, instantanément, une nouvelle majorité en faveur de l’indépendance. Nous comprenons tous que rien ne serait plus dommageable, pour le reste du Canada comme pour le Québec, qu’une séquence d’entrées et de sorties du Québec dans la Confédération. Il n’y aurait plus, alors, aucune façon pour les investisseurs de vérifier la représentativité et donc la solvabilité de cet interlocuteur mouvant que serait le Canada. – D’où vous concluez mon cher Pinard, intervint un autre invité, qu’il vaut mieux laisser se faire l’irréparable que de tenter de l’éviter! – Vous savez, dit le professeur Mansfield, que je ne suis pas loin de penser la même chose. Le lendemain de cette indépendance du Québec, il y aura bien l’une ou l’autre des innombrables séries d’obligations du Canada qui viendra à échéance. Les détenteurs n’enverront pas 23, 25 ou 27% de la note au nouveau gouvernement du Québec. C’est le gouvernement d’Ottawa qui recevra la facture. C’est le gouvernement d’Ottawa qui devra renégocier un emprunt. Il le fera d’autant mieux que la situation avec le Québec sera claire, quelle que soit l’issue de la crise actuelle. – Je vois mal en effet, dit un autre invité à la crinière blanche, notre ami Michael, au Federal Reserve Bank, supputer le taux de change correct du dollar canadien… si la Banque du Canada ne sait plus trop sur quelle assiette fiscale elle doit compter ni quelle position adoptera un gouvernement du Québec qui n’a pas, en ce genre d’affaires, la moindre expérience. – Surtout, dit Francœur, si ce gouvernement du Québec, via la Caisse de dépôt ou autrement, détient des milliards de liquidités en dollars canadiens sans que personne ne sache comment il les utilisera! – En fait, tout le monde bluffe actuellement. – Mais chacun bluffe sans trop connaître la valeur des cartes ni les règles du jeu, dit Francœur… – Et la vraie question, compléta l’homme aux cheveux blancs qui avait parlé de Michael, ce n’est pas de savoir qui va gagner ce bluff: c’est sans importance. La vraie question, c’est que le bluff lui-même, s’il dure, va ruiner aussi sûrement le reste du Canada que le Québec. – Et ceci, si vous me permettez de l’ajouter, dit le professeur Mansfield, aussi bien au niveau des individus et de nos valeurs morales qu’au niveau des paramètres économiques dont nous sommes tous dépendants. Par exemple, j’ai à Concordia une élève, une élève brillante, une certaine Gomez. On est en train de ruiner la carrière de cette pauvre enfant parce qu’on lui demande de dire, aujourd’hui même, si elle sera Canadienne ou Québécoise… alors que Dieu, qui lui avait fait la petite espièglerie de la créer Salvadorienne, a décidé de nous l’envoyer pour que nous la rendions heureuse. Vous savez à quel point je suis resté neutre dans ce débat sur l’indépendance du Québec, mais quand il y va de la vie des gens, je crois qu’il faudrait prendre nos responsabilités. Pinard prit la balle au bond. — J’ai vu cette fille dont vous parlez à la télévision hier. J’ai surtout eu l’impression qu’on la cuisinait pour lui faire choisir le Canada avant tout. Ce qu’elle a fait d’ailleurs. Mais je vous rappelle que le Québec a déjà accepté le principe de la double nationalité: la balle est dans le camp d’Ottawa. S’il y a un problème humain, ici, ce n’est pas nous qui l’avons créé. – Oui et non, dit Francœur. La double nationalité, ça voudrait dire que la balance du pouvoir à Ottawa serait toujours aux mains d’une population qui aurait décidé que sa première loyauté serait envers un autre gouvernement… Une absurdité! – Comme serait absurde, dit Mansfield, que le Canada retire la citoyenneté canadienne à ce 49% des Québécois qui ont choisi de demeurer Canadiens… ou que, ne la leur accordant que s’ils refusent la citoyenneté québécoise, il ne laisse leur sort au Québec entièrement entre les mains d’un électorat qui serait devenu, ipso facto, à 100% souverainiste et contre l’intégration au Canada. – Cette absurdité ne vous révolte pas, demanda un quidam dont Pinard ne connaissait pas le nom? – Au contraire, elle me rassure, répondit Mansfield, avec un sourire angélique. * Il y a toujours trop de lumière, songea Libertad. Maquillée, fardée, poudrée, elle avait l’impression, sous la lumière crue, d’avoir été transformée en quelque chose d’artificiel dont on tirait habilement les réponses qu’on voulait. Elle avait vu, la veille, l’entrevue qu’elle avait enregistrée le jour auparavant. Elle avait vu, plutôt, ce qu’on en avait fait. On peut reconstituer n’importe quoi à partir des éléments qu’on choisit de garder d’une conversation ordinaire. Interviewée pour la première fois, en anglais par surcroît — une langue qu’elle maîtrisait moins bien que le français — elle n’avait sans doute pas donné sa pleine mesure. Peut-être devait-elle remercier ceux qui avaient rebâti un discours cohérent à partir de ses phrases, qui avaient supprimé l’hésitation, éliminé les maladresses. Il en était resté que Libertad Gomez, immigrante Salvadorienne totalement intégrée à la communauté francophone, ne voyait rien de mal à réaffirmer son appartenance au Canada et à servir SON pays à l’étranger. Si le Québec y voyait une trahison, le Québec avait tort. Ce n’est pas ce qu’elle aurait voulu dire. Par respect pour Robert et les autres, elle aurait voulu que sa pensée soit autrement nuancée. Ce n’est pas ce qu’elle aurait voulu dire et elle est vexée qu’on le lui ait fait dire… mais elle doit bien reconnaître que c’est exactement ce qu’elle pense. Aujourd’hui, dimanche, on remet ça. En français, cette fois-ci. Un québécois francophone sur trois va l’entendre, en direct. Libertad ne sait plus trop si elle devrait tenter de réajuster le tir — au risque de sembler tenir deux langages différents aux anglophones et au francophones — ou si elle doit, au contraire, aller encore plus loin, réaffirmer encore plus clairement son adhésion au Canada. Elle ne le sait pas encore. Elle n’est pas sûre, même en direct, de pouvoir dire ce qu’elle veut dire. Peut-être que ce type qui va l’interroger et qui maintenant la présente sait mieux qu’elle ce qu’elle pense… – «… une Canadienne, une Québécoise, qui vit au présent cette situation dramatique. Madame Gomez, comment vivez-vous ce déchirement?» La question est posée. Les projecteurs sont sur elle. Pourquoi a-t-il parlé de «déchirement»? Qui lui a dit qu’elle était déchirée? Si elle était parfaitement sincère, parfaitement maîtresse d’elle-même, c’est ainsi qu’elle répondrait. Par une autre question. Elle dirait: «Pourquoi parlez-vous de déchirement». Mais elle sait que ce n’est pas ce qu’on attend d’elle. Elle sait qu’il ne faut pas tirer la queue du lion. Qui est-elle pour lancer un défi au système? Dans quelle mesure la proposition du Ministère est-elle vraiment inconditionnelle? Combien de centaines d’autres Canadiens n’attendent que de prendre sa place si elle hésite? De toute façon, où sont ses véritables amis? Est-ce que Robert lui-même a hésité un instant avant de la chasser de sa vie? – Je ne suis pas déchirée, répond Libertad, avec une assurance qu’elle n’éprouve pas, je constate simplement que mon pays est déchiré. – Votre pays, le Canada? le Québec? – Mon pays, qui, aujourd’hui, veut porter deux noms mais demeure une seule réalité. La réalité de ma famille, de mes amis, de ce que j’ai vécu ici, dans cette terre d’accueil depuis plus de dix ans. Je sais ce qu’est mon pays. Ce sont les autres qui ne semblent pas savoir quel nom lui donner. – Est-ce que vous sentez autour de vous une désapprobation… ou plutôt le soutien de votre milieu? Elle sait qu’elle a trouvé le filon. Le sourire de l’animateur l’encourage. Il est fier d’elle. Elle et lui forment une équipe. Ils disent tous deux ce qui doit être dit. Le défi n’est plus de dire précisément ce qu’elle pense mais précisément ce qu’on attend qu’elle dise. Comme à cette entrevue du Ministère… – L’immense majorité des gens que je côtoie ne comprennent même pas qu’on puisse se poser cette question. Les gens qui m’interrogent semblent prendre pour acquis que la moitié des Québécois, parce qu’ils ont choisi la souveraineté du Québec, choisiraient également de ne pas accepter une carrière diplomatique au service du Canada. Mais ce n’est pas vrai, et ceux qui m’interrogent prétendent rarement qu’ils prendraient eux-mêmes cette décision. Ils présument, simplement, que d’autres — mais pas eux — auraient fait un choix différent du mien. – Est-ce que vous croyez que ce soutien que vous apporte une majorité de la population signifie que celle-ci a changé d’opinion depuis le vote référendaire… ou que le Québécois moyen, quand il constate les effets concrets de la séparation, hésite simplement à en accepter pour lui-même les conséquences? Libertad sent que tout ceci dérape. Elle n’a pas parlé d’un soutien général de la population, elle ne sait pas ce que pense le Québécois moyen. Elle ne sait pas s’il a changé d’avis ou s’il recule devant les conséquences de sa décision. Elle ne voit pas pourquoi son opinion sur toutes ces questions aurait plus de valeur que celle de Delo, de Parsifal ou de sa sœur Consuelo. Que veut-on qu’elle réponde? Heureusement, l’animateur a vu son trouble et continue, sans même une hésitation. – «…ou avez-vous l’impression qu’il s’agit surtout d’une grande sympathie à votre égard, de l’expression d’une générosité qui unit aujourd’hui tous les Québécois durant cette période difficile?» – Oui, c’est cette générosité des Québécois qui est le dénominateur commun. Quelles que soient les différences d’idéologie, ils sont d’abord solidaires de la situation difficile que je dois vivre et qui est le symbole de la situation difficile qu’ils doivent maintenant tous vivre. Libertad a repris confiance. Elle sait qu’elle peut faire confiance à son partenaire. Ils pourraient danser un ballet, il pourraient faire l’amour, ils ont la complicité d’un duo de trapézistes. Avec spontanéité, avec franchise, Libertad Gomez va donc tout naturellement renier, au cours de cette entrevue, toutes ces idées de Robert, de Pinard père et fils et des autres. Des idées auxquelles elle n’a jamais vraiment cru, même si elle a dit Oui en octobre dernier. Sans que personne ne lui ait rien demandé, sans que personne ne lui ait rien promis, elle a fait exactement ce que l’on attendait d’elle. * Le mardi 26 mars promettait d’être une journée magnifique. Au brouillard de la semaine dernière avait succédé un soleil radieux. Les terrasses de la rue Crescent n’étaient plus fréquentées par défi mais par plaisir. Le monde était vraiment passé de l’hiver au printemps et Libertad, de l’anonymat à la gloire. Deux entrevues télévisées, trois entrevues radiophoniques, un article de fond dans la Gazette menant à des allusions en éditorial dans La Presse et Le Devoir; Libertad Gomez était devenue une vedette. C’est en vedette qu’elle fut accueillie ce matin-là à Concordia. Tout ce soutien moral, cette approbation, cette sympathie dont elle avait parlé aux médias, il semblait avoir suffi qu’elle en parle pour qu’ils deviennent une réalité. Un peu marginale jusque-là, elle était devenue tout à coup un centre. Un symbole. Le symbole de cette Tierce-Culture, ni française ni britannique qui est si présente à Montréal et dont l’université Concordia est l’un des foyers. Le respect dû à une vedette la suivait comme son ombre. On lui souriait, on lui touchait respectueusement le bras, comme si quelque grâce devait émaner de quiconque a été vu à la télévision. On lui dit «carry on», «great stand!» «don’t give up…». Elle ressent l’unanimité. Se peut-il que quelqu’un, quelque part soit en désaccord avec elle? N’y a-t-il pas dans toute l’université Concordia, une seule personne qui soit en faveur de la souveraineté? – T’as pas aidé tellement en fin de semaine. C’est Paloma qui est à côté d’elle. Il la regarde sans animosité mais sans complaisance. Il la regarde, croit-elle, comme on regarde un enfant qui vient de faire une bêtise, un enfant qu’on aime bien. Libertad se surprend à penser qu’il ne lui est pas indifférent, que Paloma l’aime bien, qu’elle n’est pas heureuse qu’il lui parle comme à un enfant. – Tu sais, mes options sont limitées… – C’est ta vie. – Je ne sais pas pourquoi on m’a invitée. Je ne sais pas pourquoi on m’a choisie, moi plutôt qu’une autre. – As-tu pensé que le Ministère t’a peut-être donné l’emploi justement pour qu’on puisse t’inviter à la télévision? – Faut pas paranoïer. Mais, de toute façon, j’aime mieux être diplomate canadienne que waitress québécoise. – Tu travailles où? – La Crêperie du Plateau. – Si j’allais te chercher pour faire un tour de moto, viendrais-tu? – J’aimerais ça. Quand? – Samedi. Je vais t’appeler. J’ai un casque pour toi. Ils sont arrivés au vestiaire, devant la case de Libertad. Paloma a son pardessus sur le bras et le lui tend. – Mets-le avec le tien, on le reprendra après le cours. Je veux te parler. Libertad obéit, brouille la combinaison du cadenas et ils repartent ensemble. Ce n’est que dix minutes plus tard, comme sortant d’un rêve au milieu d’un cours totalement dénué d’intérêt, qu’elle se demandera pourquoi elle l’a fait. Pourquoi a-t-elle accepté un rendez-vous avec un individu totalement perdu de réputation, à ce moment précis de sa vie où elle semble enfin avoir la chance de son côté? Comment peut-elle avoir eu l’idée saugrenue d’accepter de voir ce type alors que tous les regards sont braqués sur elle. Une jeune diplomate canadienne, même pas encore en poste, ne peut évidemment pas se permettre d’enfourcher la moto d’un trafiquant de drogue et de se balader dans les rues de Montréal. Que s’est-il passé? Bien sûr, elle ne détesterait pas mettre un peu de Paloma dans sa vie et remplacer Robert par quelque chose de plus fort, de plus viril, de plus spectaculaire. Mais, au fond, n’a-t-elle pas eu simplement peur de dire non? Est-ce que l’on n’a pas toujours un peu peur de dire non aux gens qui vous dépassent d’une bonne tête? Comme s’il émanait d’eux une menace implicite. Une promesse implicite aussi, d’ailleurs. Paloma n’avait pas à dire: je vais te prendre, t’aimer et te faire jouir. C’était évident. Il n’avait pas non plus besoin de dire: je te prendrai si je le veux, quoi que tu en penses et quoi que tu dises. Ceci aussi était évident. Ce qui était moins évident, c’était que cette idée lui plût. Comme si l’action directe à la mode Paloma lui paraissait rafraîchissante après cette «action directe» — combien velléitaire! — de Robert et de ses amis. Paloma, comme Gérard mais d’une toute autre façon, lui paraissait tout à fait irrésistible. L’étaient-ils l’un comme l’autre pour tous, songea Libertad, ou seulement aux yeux d’une réfugiée salvadorienne pour qui la violence a été une réalité? Il fallut dix autres minutes avant qu’elle ne s’inquiétât du pardessus de Paloma suspendu dans sa case. Qui sait si celui-ci n’y avait pas dissimulé quelque paquet compromettant qu’il avait ainsi voulu mettre à l’abri? Paloma avait-il vraiment le moindre intérêt à son égard ou n’était-il qu’à la manipuler pour d’autres fins qu’elle ne pouvait même pas soupçonner? Pourquoi, d’ailleurs, cette invitation, que rien ne laissait prévoir, alors même qu’elle était devenue une quasi-célébrité? Et n’était-il pas surprenant que cet homme — qu’on pouvait supposer à cent lieues de toutes préoccupations politiques — ait été le seul, ce matin, à ne pas sembler totalement d’accord avec la position qu’elle avait adoptée? Il fallait absolument qu’elle s’en sorte, qu’elle remette un peu de distance entre elle et Paloma. Sans l’irriter, bien sûr… Quand ils se rencontrèrent au vestiaire, elle n’avait pas encore trouvé la phrase miracle qui lui permettrait de s’en sortir. S’en sortir, d’ailleurs, apparaissait beaucoup plus difficile lorsqu’il était là… comme apparaissaient plus convaincantes les raisons de ne pas «s’en sortir». Il fallait bien pourtant qu’elle fasse quelque chose. Tout en réfléchissant, Libertad composa la combinaison qui permettait l’ouverture de la case. Elle allait l’ouvrir quand une voix l’interpella. – Hi, Libby, je voulais te dire… Elle se retourna et sourit, fit un pas en arrière, un autre de côté, sentit Paloma la dépasser mais n’entendit jamais la fin du message que voulait lui transmettre le jeune Pakistanais. Un vent chaud la brûla au visage, la souleva et la projeta de quelques mètres, pêle-mêle avec celui-ci. Elle se souvint, plus tard, d’avoir ressenti l’explosion mais de n’en avoir jamais vraiment entendu le bruit. Libertad n’eut pas à voir non plus, un peu plus loin, le grand corps de Paloma qui avait pris l’apparence d’un tas de chiffon, virant au rouge pourpre à mesure que ses vêtements s’imbibaient de tout le sang qu’il avait pu contenir. Pierre JC Allard

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T.REX

Bonjour M. Allard, Une chose étrange m'arrive sur votre site-forum Cent Papiers ! Depuis que je me suis accroché, "sévèrement mais sans raison évidente" avec Hengxi (L'Internaute Français expatrié en Chine et Propagandiste actif de l'Impérialisme Mandarin) sur le billet relatif au TGV QUEBEC - WINDSOR, notre échange jugé "acrimonieux" par euphémisme a été déplacé (pratique discutable, car je pense que c'est une forme de censure qui tend à faire croire que les débats d'idées peuvent et doivent toujours être très policés, ce qui est totalement utopique et masque la véritable nature des hommes et de leurs rapports dans la vie civile, mais qu'importe) mais pas supprimé. Hélas ce matin je me rends compte que je ne peux plus accéder au forum, je reçois un message d'erreur de type : FORBBIDEN. Serais devenu dès la première incartade (dont je ne suis pas responsable car le ProChinois a tiré le premier) personna non grata sur le site Québécois? J'en reste Cois !! J'espère que c'est un problème informatique car sinon cela signifierait que vous avez une étrange façon de concevoir le débat citoyen (qui ne saurait éluder les polémiques politiques, philosophiques et autres...). Mon éclat est considéré comme le premier ( j'ai du mal à le croire !) et finalement je pourrais en tirer fierté car j'ai en horreur les débats hypocrites et préfère une saine empoignade, mais je reconnais que j'ai peut-être dépassé parfois les limites. Il n'empêche j'aimerais savoir si je suis viré ou pas ? Merci d'avance de m'en tenir informé.
T.REX

Merci M. ALLARD d'avoir résolu le problème rapidement. C'était tout bonnement un problème technique de serveur saturé. Bon Week-end

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Qu’on se rassure, les banques vont bien !

taverne des poetes 2010-07-26 10:23:33

Si, comme moi, vous voyez surgir de plus en plus tôt vos fins de mois difficiles, vous serez peu sensible à ce message adressé par le gouvernement des Shadocks au peuple des Lapins crétins (oui, c’est ainsi qu’ils nous voient…) Si comme moi, vous avez lu dans la presse (par exemple ici dans Le Monde) que ce sont des résultats de tests arrangés, vous ne vous joindrez pas au chœur des propagandistes qui crient “bravo ! bravo !” Enfin, si comme moi, vous n’êtes pas dupe des chiffres optimistes annoncés sur l’état de santé de l’économie et des prévisions de la réduction de la dette de l’Etat (les experts ont dû absorber une grande quantité d’euphorisants pour en arriver à de telles projections !), alors vous aurez la bonne idée de rester prudent et de ne pas céder aux sirènes de l’angélisme ni à l’appel de l’UMP (Union des Micro Partis). Les rentrées d’argent de l’Etat déclinent. Et pour cause, les contrôles fiscaux rapportent de moins en moins. C’est qu’il ne faut pas contrarier les amis riches adeptes de la fraude fiscale. Et encore moins les Bettencourt qui ont la chance de passer au travers de toute inspection. Les rentrées d’argent déclinent dis-je et donc vous allez payer plus. Nouvelles taxes, accroissement des impôts, nouveaux sacrifices (il faut bien que quelqu’un les fasse et comme ne ce peut pas être les riches). Dans un contexte de morosité économique dont on ne voit pas le bout, le gouvernement ne trouve rien de mieux que de réduire le nombre de contrats aidés et de réduire sa participation financière à ces contrats, de rogner sur le pouvoir d’achat des classes moyennes et basses. Ainsi, l’allocation pour adulte handicapé sera revalorisée moins que la promesse solennelle de Sarkozy l’avait annoncé (mais bon, les promesses…). L’aide aux étudiants réduite ou supprimée (la prostitution estudiantine s’en portera mieux. Mais bon, le souci des mœurs…) L’aide au logement sera drastiquement revue à la baisse. Etc. Mais qu’on se rassure, les banques vont bien ! Mais vous comment allez-vous au fait ? Oui, je sais, Sarkozy a oublié de vous le demander le 13 juillet quand il est intervenu sur France 2 pour parler de lui, de son ami Woerth, de ses amis riches et encore de lui, de lui, de lui. Mais je vous rassure Sarkozy va bien !

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taverne des poetes

Enfin, Sarkozy va bien s'il ne lit pas mes papiers. Sinon, ça lui pourrit un peu les vacances. Complément sur la question du logement social : cet article du Télégramme : http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/logement-social-le-cri-d-alarme-du-mouvement-hlm-26-07-2010-1000622.php
T.REX

Pour sûr les Banques vont bien mieux que les citoyens contribuables qui les ont renflouées ! Ces cochons de payeur doivent maintenant cracher au bassinet pour soigner notre système social et réduire la dette abyssale creusée par le sauvetage de "l'économie" suite à la crise créée par les banques et autres établissements financiers ! Le serpent monétaire se mord la queue (et oui, il n'a pas de main de travailleur) et nous nous en mordons les doigts ! Il y a des claques qui se perdent ! :twisted:
Thym-Thym

Si, comme moi, vous voyez surgir de plus en plus tôt vos fins de mois difficiles, Fais comme moi........travaille plus :-D

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BETTY BAPACOULE

michele delpech 2010-07-26 08:39:47

De Michele Delpech Préambule Vaste question que celle-ci : comment empêcher l'humanité de nuire aux autres espèces et de se nuire, par voie de conséquence ? Lorsqu'on tue un arbre, on réduit d'autant la production d'oxygène de la planète ainsi que la possibilité de fixer le carbone propagé dans l'atmosphère par nos activités. Si l'on déverse des liquides tels que des huiles ou d'autres produits surnageant à la surface d'un étang, d'une rivière ou d'un lac, on réduit les échanges gazeux entre l'eau et l'atmosphère, ainsi que la qualité du rayonnement solaire. Les animaux et les plantes pris dans ce piège meurent rapidement (il faut savoir que la photosynthèse permet aux plantes de fabriquer les sucres dont elles ont besoin, sous forme d'hydrates de carbone). Les hydrocarbures peuvent s'étaler à la surface de l'eau jusqu'à ne plus former qu'une pellicule aussi fine qu'une feuille de papier à cigarette. Finalement, de rares plantes spécialisées, des bactéries, et des virus parviendront seuls à survivre dans ces environnements malades. Les éléments les plus élaborés de la planète seront impitoyablement balayés, exterminés. Nous en faisons partie. Les égouts que sont devenus les cours d'eau sont des foyers infectieux. Seuls les rats ainsi que quelques rares autres animaux opportunistes peuvent survivre dans la fange urbaine. Mes coreligionnaires pataugent sans sourciller dans leurs propres immondices. Ils s'habituent à la vue et à l'odeur. Nous pouvons effectuer un tour d'horizon de notre environnement urbain, campagnard ou lacustre, Nous trouverons toujours des détritus sortis tout droit de nos usines. C'est par strates entières que nous accumulons toutes ces matières que les cycles naturels ne peuvent assimiler sans traitements coûteux. Nous sommes devenus de vraies larves, incapables de vivre autrement que dans nos dégueulis. Le chien retourne à son vomi et nous à notre médiocrité. Les seuls facteurs capables de nous obliger à réagir à tant de laxisme restent encore les urgences. Or, quand un immeuble s'écroule, alors seulement nous nous inquiétons de la cause de cet effondrement. Alors seulement on s'aperçoit des malfaçons provoquées dans l'édification de l'ensemble. Mais un immeuble se reconstruit ; pas l'équilibre naturel s'il est trop bouleversé. Quand nous inquièterons-nous de tous les dégâts que nous lui infligeons ? Lorsque nous en serons au point de nous entre-dévorer pour survivre ? Lorsque nous crèverons la gueule ouverte, comme les poissons qu'on sort de l'eau, asphyxiés par les relents pestilentiels de la décomposition organique, de la putréfaction, de la mort de la vie ? Si tel est le cas, nous n'avons alors pas le droit de nous plaindre de nos quelques morts annuellement recensés, car ils ne sont que broutille en regard de ce que nous préparons à nos descendants. Nous sommes nés du hasard de l'évolution, supérieurement évolués sur le plan cérébral, car notre temps d'apprentissage est généralement plus long que celui des autres espèces. Ce développement extra-utérin à partir de neuf mois d'élaboration n'a pas suffi à la formation de notre intelligence. Il a fallu des éléments extérieurs, indépendants de notre volonté, pour nous propulser au rang de super-prédateurs. Notre milieu s'est modifié radicalement à un moment donné. Nous avons dû apprendre à chasser, car la forêt a cédé le pas à la savane, du fait d'une fracture de l'écorce terrestre dans la seule région où nous évoluions alors. Une faille avait coupé l'Afrique en deux parties sur plus de six mille kilomètres de longueur, de la Méditerranée au Canal du Mozambique. Nous nous appelions alors Australopithèques, mesurions environ un mètre et vingt centimètres et étions encore en partie arboricoles. Le côté Ouest de la faille se souleva de quatre mille mètres ; les moussons de printemps et d'automne transformèrent le côté Est en savane boisée et en prairies. Nous choisîmes, pour survivre, la station debout qui nous permît un développement cérébral plus conséquent. Quant à nos cousins, restés de l'autre côté, ils continuèrent leur évolution de primates. Nous apprîmes à nous abriter. Pour cela, nous construisîmes des habitations et menâmes une vie de plus en plus sociale. Nous nous singularisâmes et formâmes des familles. Nous devons donc notre ascension à peu de chose, somme toute. Aujourd'hui, les bouleversements que les nations induisent depuis quelques dizaines d'années en Amazonie, en Afrique et en Asie, nous les avons provoqués en l'espace d'un millénaire dans le bassin méditerranéen et en Europe. Ces régions étaient recouvertes de forêts, quelques siècles avant notre ère, à l'exemple de la Gaule chevelue. L'environnement a réussi à s'adapter dans ce long laps de temps, car les travaux d'aménagement n'étaient pas aussi mécanisés que ceux de maintenant où ils sont conduits avec une efficacité ravageuse, encore plus durablement que le pire des cataclysmes naturels. Tous ces ravages, ainsi que la démographie galopante (il y a quelques années, ne parlait-on pas de bombe démographique ?) dans les pays sous-développés amènent à un gaspillage éhonté des richesses naturelles. Si l'Afrique est en pleine famine chronique, c'est parce que les africains ont privilégié la monoculture d'exportation au détriment de leurs cultures vivrières ancestrales, à seule fin d'essayer de régler les intérêts de la dette du Fond Monétaire International (F.M.I.) Le déboisement a des conséquences catastrophiques sur la couche de terre arable qui est alors littéralement lessivée par les pluies abondantes et les eaux de ruissellement (voir Madagascar), évacuée vers les cours d'eau, provoquant ainsi une opacification du milieu aquatique qui détériorera les conditions de vie des éléments vivant en leur sein. Les africains singent nos modèles économiques mais, parallèlement, conservent des coutumes archaïques où il n'est guère question de contraception. Le résultat obtenu est que le désespoir bascule les peuples dans de grandes folies meurtrières, dans les pays riches de minéraux nobles et pauvres en cultures vivrières. Toutes les superstitions et les vieilles querelles ethniques participent à cette désagrégation des populations. Cela perdurera encore longtemps, j'en ai peur. Et l'on connaît l'avidité de l'homme qui réussit à se hisser matériellement au-dessus du troupeau pour le conduire à coups de triques. L'Occident entretient donc à grands frais les plus sanguinaires des dictateurs dans les pays du tiers-monde pour en éliminer l'élite intellectuelle, avec l'appui des marchands d'armes et de quelques négociateurs peu scrupuleux à la solde des compagnies minières ou pétrolières. C'est un choc de titans entre deux formes de cultures antinomiques. Quant aux pauvres mômes qu'on s'acharne à faire naître malgré les affections dont ils sont atteints parce qu'on estime qu'on trouvera un jour la solution à celles-ci, ils sont le jouet d'institutions religieuses ou laïques qui spéculent sur eux par le truchement, qui de l'émotion, qui directement de l'appel au fric. Tous ces êtres, issus de plus en plus souvent d'une gestation mécaniquement réglée, d'une pollution de notre environnement, d'une catastrophe ponctuellement orchestrée par des individus sans scrupules, ou d'un manque total de discernement de la part des adultes procréants, seront jusqu'à leur mort un fardeau pour leurs voisins et leurs proches. Seule la médecine pourra tirer profit de leur détresse, et cela au prétexte de sauver encore plus de vies humaines. Le plus extraordinaire est qu'elle ait raison dans certains cas. On sait pourtant qu'elle reproduit, à l'échelle mondiale, tous les maux d'un grand trust international et qu'elle doit de ce fait produire des valeurs, sur un plan strictement économique. Le serment d'Hypocrate bascule donc quelquefois et se transforme en serment d'hypocrite. C'est aujourd'hui un pôle d'affaires juteuses pour quelques voyous. Les lois internationales ont du mal à juguler les effets pervers de leurs agissements. Le terme de cette spéculation sur la survie à tous prix amène à la dégénérescence de notre espèce. Tous ces maux nouveaux s'acharnent aux pas de nos enfants et les détruisent à petit feu, sous l'oeil attendri de quelques cinglés dont l'esprit, tourné vers un ailleurs hypothétique, se borne à accepter une fatalité que seule pourrait combattre efficacement leur propre destruction. Notre société permissive a contribué à la naissance des pires monstres, sous couvert d'une liberté de pensée qui pourtant n'est effective que sous certaines conditions : celles qui consistent à ménager l'imbécillité, la cruauté, l'appât du gain de nos concitoyens. Nous sommes toujours obligés de demeurer vigilants car la "peste brune" gravite sans cesse autour de nos consciences. L'énergie que nous dépensons pour cela nous empêche d'aller plus loin dans la construction du monde libre que nous rêvons. Nous sommes donc obligés de placer notre confiance en d'autres, en un système qui restera imparfait, malgré les réformes que nous y apporterons. Ce dispositif nous affaiblit plus encore, car dans ces failles de raisonnement s'infiltrent les brutes de tous acabits, relents nauséabonds découlant de l'aigrissement affecté de certains de nos concitoyens et de nous-même par moment, à cause de notre propre faiblesse face au désastre en élaboration. Nous restons des crétins jouant au Monopoly. Nous n'avons plus aucun discernement. Nous détruisons, que nous soyons noirs, jaunes ou blancs, notre "pré carré", notre espace de respiration obligatoire. En Amazonie, nous ravageons le plus important des massifs forestiers, à la recherche de l'or et d'autres éléments dont nous sommes devenus dépendants. Nous polluons son réseau hydrographique avec le mercure dont nous avons besoin pour séparer l'or que nous y trouvons dans les gisements alluvionnaires, des autres éléments. Ce métal rendit fou les conquistadores et cette folie perdure chez leurs descendants. L'être humain, attiré par le vernis enrobant ces divers poisons qui éveillent la convoitise, ne voit plus ses maîtres comme des oppresseurs mais simplement comme des concurrents. Il se dit alors qu'il a lui aussi une chance de l'emporter, malgré sa faiblesse évidente en regard des moyens colossaux mis en branle par les états pour assouvir leurs désirs les plus démentiels et inutiles à leurs propres nations, voire nuisibles à celles-ci. Bien des peuples se sont éteints au passage de notre société mécanique. Cependant, certains, poussés pendant une longue période de leur histoire à l'alcoolisme et à la dépravation, relèvent la tête et combattent pour reconquérir une partie de leurs territoires anciens en jonglant avec les lois de l'homme blanc. Le défi est donc lancé qui apportera plus de conscience chez le peuple humain. Pourtant, le but est long à atteindre, car nous en sommes restés trop souvent à l'âge où l'esprit ne peut encore se libérer malgré l'aisance matérielle que le corps a atteint. Nous tournons, et c'est un bien, nos regards vers l'animal. Nous révisons notre jugement sur la manière de le considérer. Cependant, nombreuses sont encore les fois où nous le zigouillons en fanfare au moindre pet de travers. Une autre question est celle-ci : peut-on formellement énoncer que l'intelligence est un état dispensé à tous les hommes de manière égale et que chacun l'utiliserait plus ou moins à bon escient. Et qu'est-ce d'abord que l'intelligence? Est-ce un état de droit, un état de fait, une structure sans cesse en construction, sans cesse en démolition ? Est-ce un état instable de la matière qui nous ferait âne bâté un jour et le lendemain révolutionnaire ? L'intelligence se consomme t'elle comme le boudin noir, au kilomètre? C'est la générosité de la vie, sous toutes ses formes, qui a organisé la biosphère. Or, aujourd’hui, l'espèce humaine, issue de ce puissant élan colonisateur, doit choisir de diminuer fortement ses naissances, car les graves épidémies, autrefois révélatrices de sa débauche de vie, ont été enrayées et les foyers secondaires qui se déclarent dans les zones momentanément surpeuplées, livrées à l'anarchie la plus vile, sont combattus par une poignée d'individus issus d'un codex ne fonctionnant que par victimes interposées. L'Institut Pasteur fabrique des millions de pastilles, d'ampoules injectables, buvables, pour inonder les marchés du tiers-monde. Le choléra lui-même peut être combattu à grand renfort de Coca-Cola. L'aide humanitaire a remplacé l'envoi des parachutistes. Les soldats de l'O.N.U. eux-mêmes se déguisent en Pères Noëls pour les victimes des conflits locaux. On continue la guerre en lui refusant de plus en plus ce vocable. Mais celle-ci apparaît d'une autre manière, dans le domaine sportif. Dans ce milieu, on peut "assassiner son adversaire", "tuer les efforts de l'autre", le piétiner, lui tirer dans les jambes, le réduire à néant. Que vaut-il mieux donc devenir aujourd'hui : sportif ou Bosniaque ! Ruandais ou rugbyman ! Afghan ou tennisman ! Les uns ne sautent pas sur des mines ; les autres peuvent encore recevoir une balle perdue dans un hôpital de la Croix ou du Croissant Rouge. Des troupes fraîches viendront toujours relever celles qui sont décimées. C'est la loi du plus fort et de la connerie institutionnalisée. On sait qu'un seul homme ne peut radicalement changer sa société. Il lui faut l'assentiment des autres pour que cela soit possible. Alors on entretient savamment la discorde entre les groupes, les ethnies, les individus, par les moyens les plus élémentaires puisqu'il suffit de menacer les gens de chômage pour qu'ils mettent les bouchées doubles à la remise en question de leur survie sur la planète. Pour pallier le manque de cohérence de leurs congénères, les uns rêvent - cette industrie est florissante - les autres se suicident où massacrent leurs opposants. Quelques uns s'évertuent à combattre les moulins à vent. Cependant, les tombes de Don Quichotte sont nombreuses en ce bas-monde, et le combat contre la bêtise reste celui de David et de Goliath, malgré l'acharnement du bon sens. Dépasserons-nous un jour notre manque d'esprit critique, face à nos actes de tous les jours ? Irons-nous voir en face la conscience de nos propres incertitudes ? Aurons-nous le cran de dépasser nos archaïsmes multimillénaires ? Le mètre mot de tout ce bordel, c'est l'argent, le blé, le pognon et j'en passe. Argent bonheur, argent belles dents, tu croqueras la pomme de l'ardent besoin d'être grand, d'être beau, d'être con quand cela sera ton plus cher désir. Tu achèteras des Rolls et du caviar. Tu marcheras sur la tête et tu péteras peut-être à la face des minables, des sans-esprits, des petits. Mais tu ne t'apercevras pas que tu ne fais qu'exprimer les désirs les plus chers de ces minables, de ces sans-esprits, de ces petits. Tu seras leur fanion, leur étendard, leur drapeau, leur illusoire image, celle qu'ils auraient voulu obtenir sur les bancs de l'école. Et pour entretenir tes folies, l'humanité enserre dans un étau implacable les plus belles manifestations de la vie planétaire. C'est un grand pas vers l'entourloupe, le mensonge béatifié, l'haleine puant le mauvais roman d'espionnage ou le polar gorbatchévien. On a tous une vision idyllique du présent, du passé et de l'avenir. Mais on est tous dans nos petits chaussons de pacotille quand le Bon Dieu se met à nous chier sur le râble. On invoque les mauvais esprits de la nique et d'ailleurs, mais on sent qu'il se passe un phénomène de ras la couenne de l'Institut Pasteur, pour ce qui est des embrouilles. On pisse vinaigre à pleins jets - un vrai déluge de bêtes en rut - et finalement, nos yeux pédalent hors de leurs orbites et nos langues dégoulinent le long de nos canines et autres incisives, bornées qu'elles sont de n'être pas bien nées sur le couffin d'un modeste roi du cigare à plumer les connards qui croient bien faire en se piquant les valseuses au tabac à niquer. Parce que les lardons, il faut se les tirer par la couche, et après que sa bougresse soit sortie des siennes, on en r'pique pour vingt ans des travaux à la force de la quéquète, à retourner la terre et à pisser de la sueur. "Y'a que comme ça qu'on fait un homme, bougre de con ! " Ben voyons ! C’est-y pas malin, le gonze. L'est à poil dans sa mémoire de crétin mal tanné et ça r'pique au calbute dans le lit de sa mondaine qui se laisse mettre à plat pour qu'on lui gratte la fontaine aux délices. Après ça, on y r'file de l'intelligence à grand renfort de spots pas salutaires où il s'enlise dans le tortueux : "Ras les couilles, pourvu qu' ça mouille ! Et j'y f'rais bien un câlin à la rouquine de mon deuxième étage. Elle a le feu qui fane, mais quand j'la sonde, j'vois bien qu'elle est encore vierge. " Après ça, cézigue et l'autre métèque de la gourmande, ils ne font que leur poids de merde en boite. Et la note du teinturier, vous y pensez, bande de rapiats ? Non, bien sûr ! Tout pour la greluche. Et on la r'file aux pluches après lui avoir brouté son pavillon de déréglée. Après l'avoir dûment plumée, bottée, percée, ravaudée de jute et de toiles d'araignées, on la laisse aux avatars pernicieux, à l'écart des trottoirs où elle taillait la gueuse et clinquait de ses charmes ; où les chevaux de frises, même, la laissaient passer, dans tous les bains sanglants sans qu'elle ait à se brosser les chicots. Elle était immortelle, la drôlesse. Elle est devenue obèse, tas de graisse, boudin. Elle a refermé son cloaque et ouvert grand sa bavette pour piquer les sucettes. C'est la fin de la grande Mistingouin et le début de la misère, la bouche en cul de poule et la croupe affaissée, à gober tout ce qui passe sauf si c'est pour baiser. Mais je m'égare. Je tortille mes tresses de jeune écervelée qui face à la misère ne sait pas que pleurer. Les greluches de l'Est se sont libérées. Elles boivent Caca-Cola et fument des Cravens. Elles s'achètent des caleçons à trou pour exciter les mâles et se font prendre dans le trou des chiottes. Elles prennent Tampax pour être libres et sûres d'elles, mais elles oublient que de toutes manières, leurs règles seront balayées par la seule, l'unique, la sacro-sainte règle des trois faiseurs d'embrouilles, à savoir le Père, le Fils et le Saint Abruti qui racheta nos pêchés au prix d'un voyage au paradis. * Dernière nouvelle : la couche d'ozone protectrice des rayons ultra-violets provenant du soleil se réduit de plus en plus aux pôles ; de plus, la banquise nord a diminué d'un tiers de son épaisseur ! Les scientifiques sont formels, nous avons commis l’irréparable en contribuant à la modification globale du climat. Michele Delpech

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T.REX

Bonjour Michèle pas Cool, C'est la reprise du feuilleton de l'été ? Mais on recommence à zéro par une nouvelle édition du préambule ? Nous allons donc avoir droit à une version remasterisée de ton roman ? Après avoir bullé sur les plages, déambulons sur tes pages ! Mais ne tirons pas sur l'ambulance ! :mrgreen:
michele delpech

Posté par 5467 :
Après avoir bullé sur les plages, déambulons sur tes pages ! Mais ne tirons pas sur l’ambulance
Mon cher T.Rex, je sais que tu n'as pas aimé mon roman, mais Panda a apprécié. Peut-être t'attendais-tu à de la pécadille ; à du prêt à emballer ; à des mots sans suite sur une feuille de P.Q. Mais je suis navrée de te l'apprendre : même si je n'ai pas eu le succès que j'escomptais, on m'a toujours encouragée à écrire. Allez, sans rancune, mon vieux dinosaure !!!!
T.REX

Bonjour Michèle, je ne m'attendais à rien, je l'ai lu entièrement en un week-end de voyage entre Paris et PAU et Retour et si j'ai bien apprécié le préambule, bien qu'un tantinet longuet, j'ai trouvé le roman lui même moins puissant, moins mûr, contenant les défauts classiques de l'écrivain débutant. Je l'ai donc moins apprécié mais je t'ai encouragé moi aussi à poursuivre et travailler cet art diffile pour t'améliorer. Je t'ai écrit un long mail à ce sujet. Alors ne soit pas amère à mon encontre et évite de répéter ce qu'un autre t'a dit. Quand tu demandes un avis il faut accepter qu'il n'aille pas dans ton sens, sinon ne demande rien, fais toi les compliments toute seule ! Sans rancune petite romancière
michele delpech

C'est vrai, mais la mémoire est quelquefois défaillante. Quand je relis ce texte, je le compare à une bombe, tellement c'est concentré. J'aborde tous les thèmes en quelques mots parfois. Je me demande si aller à l'essentiel n'est pas préjudiciable à l'acceptation par d'autres que soi de ses idées, fussent-elles merveilleuses. Je me rends compte que avons tous une horloge interne particulière : de cette maîtrise du temps si propre à chaque être que, de temps à autre, on dérape sans même le vouloir, alors que nous parlons et disons les mêmes choses. Je me souviens de ce jour où, discutant avec un ami, celui-ci me dit une phrase que je reçus cinq sur cinq mais que je ne compris pas. Il me la répéta dix fois, sur le même ton, mais mon cerveau ne traduisait pas, comme si j'étais à cet instant dénuée de toute logique. Entendre des mots et ne pas comprendre ce qu'on entend : peut-être un début d'autisme. Alors, pardon T.rex si je ne suis pas forcement en phase, et Gros Bisous !!!!
T.REX

Posté par 5467 :
Alors, pardon T.rex si je ne suis pas forcement en phase
Il n'y a pas de mal petite mère Michèle ! Tu as retrouvé ton Tchat et ton T.rex! Je ne t'en veux aucunement et ne suis moi même pas toujours juste ou agréable avec les autres. C'est parce que l'on ne se comprend pas "pleinement" pas "tout à fait" ! Un problème de phase comme tu dis ! Mais de toute façon mon avis n'est pas "La Vérité", il n'est qu'une "vérité" : La mienne ! et encore il arrive qu'elle soit fausse, que je me trompe même pour moi ! Gros bisous chère déphasée! :wink:
michele delpech

J'espère qu'un jour, nous aurons tous l'occasion de nous réunir, car alors, nous pourrons trinquer à l'amitié. C'est une valeur que j'aime encore. Elle nous permet de vivre debout.
T.REX

Posté par 5467 :
nous pourrons trinquer à l’amitié
Je l'espère aussi, mais "Tous réunis" ce sera difficile même en organisant un "Congrès annuel des Voix du Panda", en petit comité c'est faisable ! 8-O

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Fantaisies, bagatelles et autres formes libres

taverne des poetes 2010-07-24 18:04:25

Saviez-vous que la Lettre à Elise (en réalité "Für Elise") est une bagatelle ? Et la Truite de Schubert, une variation ? D'autres œuvres très connues sont des fantaisies, des impromptus ou des improvisations. Toutes ces formes libres de la musique classique s'opposent aux genres formels comme la suite, la sonate, la symphonie et autres genres que nous traiterons dans un article ultérieur (sauf la suite déjà traitée dans l'article "A l'origine était la suite). Pour le moment, intéressons-nous aux formes libres ! La bagatelle "Für Elise" en la mineur WoO 59 est la bagatelle la plus connue de Beethoven. Mais la WoO 52 en do mineur et la WoO 56 en do majeur ont aussi des œuvres magnifiques. A écouter : bagatelle WoO 52 en do mineur (presto) bagatelle WoO 56 en do majeur (allegreto) bagatelle en fa majeur opus 33 / III La bagatelle est une pièce courte sans prétention au ton badin, léger. La fantaisie, elle, n'est pas nécessairement légère. Mais c'est une musique qui s'écarte aussi des cadres formels. La fantaisie La fantaisie la plus célèbre est, je crois, cette fantaisie impromptu de Chopin opus 66"Ah ! vous dirai-je maman" de Mozart, que les apprentis pianistes apprennent, est aussi une fantaisie (écouter) D'autres grands compositeurs ont donné dans la fantaisie : Schumann, Liszt, Rachmaninov...La fantaisie, contrairement à la bagatelle, peut-être parfois longue (chez Schubert, Liszt par exemple). Finissons ce chapitre légèrement avec Eric Satie et sa fantaisie-valse. L'impromptu Il s'agit ici d'une composition musicale proche de l'improvisation et adaptée en général à un instrument seul. Ici Schubert le prolifique apparaît le plus représentatif. Ses deux séries de 4 impromptus en opus 90 et 142 sont à écouter intégralement : à écouter cet extrait célèbre de l'impromptu D.899 opus 90 Exemple d'impromptu de Chopin Gustav Malher a composé cet impromptu. Dernier exemple, ce superbe impromptu de Fauré. La variation La variation est un procédé par lequel on modifie le thème à travers une série de phrases musicales. C'est sans doute la forme la moins libre des genres ici évoqués parce que, même si le thème peut s'avérer très lointain si l'on transforme à la fois la mélodie, le rythme et l'harmonie, c'est quand même le thème qui est le cœur de l'œuvre. On ne présente plus les variations Goldberg de Bach. Ce qu'on sait moins c'est que La Truite de Schubert est un air varié. La pièce est en fait la Quintette en la majeur D667 mais elle est connue sous le nom "La Truite" car le quatrième mouvement est un thème varié sur un lied de Schubert, die Forelle (la truite), lui-même inspiré d'un texte de Schubart. Oui, j'ai bien écrit Schubart ! Schubart était un poète. Cocasse, n'est-ce pas ? "Ah ! vous dirais-je maman" de Mozart une variation d'une comptine populaire (lire ici l'article de Wikipedia). Mozart a composé, par fantaisie, 12 variations sur ce thème connu à son époque. La variation a donné naissance à des formes spécifiques comme la chaconne ou la passacaille. La chaconne est une danse à 3 temps originaire du Mexique. Elle a été employée par Lully et Gluck pour leurs opéras. La passacaille est un genre qui se rapproche de la chaconne. On peut s'arrêter là. Je pourrais parler de l'improvisation mais dix pages n'y suffiraient pas...Bonne écoute !

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Nicolas-le-Très-Court et ses douze apôtres

taverne des poetes 2010-07-23 13:28:00

claude-gueant Tous les matins au salon vert, Il sont là comme les mousquetaires, Les conseillers de Sarkozy. Leur chef s'appelle Claude Guéant, Il est un peu leur D'Artagnan. Les autres, je vous les nomme ici : Celui qui dicte au président ses mots A pour nom Henri Guaiano. C'est avec ses pieds qu'il écrit. C'est pas pour lui l'Académie. S'y trouve Catherine Pégard, Ancienne rédact' en chef au Point, Pour la justice Patrick Ouart. Il paraît que couard il n'est point. Pourtant il se tient plus caché Qu'l'expert en com' Franck Louvrier. Raymond Soubie fait dans l'social, Mignon est conseillère spéciale, Xavier Musca aime le muscat Jean-David Levitte,lui, l'évite. Peyrat et Goubet, ces deux-là Complètent le gouvernement secret ! LIEN Nota bene, molto bene : Claude Guéant est un exalté de l'Ordre. Il a été longtemps directeur de la police. Si Sarkozy est ici dénommé Nicolas-le-Très-Court, c'est pour la portée très limitée de sa pensée et non point sur la base d'un critère physique.

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T.REX

Les grands esprits se rencontrent : Moi je l'avais surnommé Nicolas Le Petit en comparaison avec l'Empereur Alexandre Le Grand lors de la création del'UPM (Union pour la Méditerrannée). à l'UMP ils ont des lettres,oui mais 3 seulement comme leur esprit étroit aussi ! :mrgreen:
michele delpech

Tout ce fatras de merde, c'est un reliquat de la royauté. Même les socialos se sont laissés tenter. C'est tellement agréable d'avoir des larbins qui vous cirent les pompes et plus si affinité. Quant aux transports, ils sont à l'image du décorum qu'on nous envoie à longueur de pub. Les gogos s'en gargarisent et les pauvres - ce sont les mêmes - ne s'en formalisent que s'ils doivent donner un peu plus à l'Etat. Quand cette hypocrisie cessera-t'elle ? Vous voulez des maîtres, vous les avez ! Alors, arrêtez de gueuler qu'ils se prennent pour des princes, car vous feriez pareil à leur place. Même moi qui vous parle, il me faudrait une bonne dose de savoir vivre et de réflexion pour envoyer paître ces artifices. Arrêtons de donner du grain à moudre à la racaille endimanchée et projettons-nous dans l'avenir ! Comme ça, nous n'aurons pas tout perdu ! C'est un texte que j'ai écrit il y a quelques années, mais il n'a pas vieilli !!!!!!!!!

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La Woerthencourt, des Woerth et des pas mûres

taverne des poetes 2010-07-23 11:51:42

En vla des Woerth et des pas mûres ! En vla des vertes et des pas mûres ! Sur les comptes du ministre Woerth. Cet homme croit qu’il porte une armure Il dit que l’enquête est ouverte. En vla des vertes et des pas mûres ! Sur la femme du ministre Woerth. Entre elle et lui, il y a un mur, Dit-il. Mais c’est mensonge en pure perte. En vla des vertes et des pas mûres ! Sur la copine du couple Woerth Qui se retrouve face au mur, Qui jette l’argent par les fenêtres. En vla des vertes et des pas mûres ! Sur nos députés qui se murent Et puis qui votent en cachette. La réforme de nos retraites. Assez des vertes et des pas mûres ! Nous allons faire trembler vos murs. A l’Assemblée ! Aux baïonnettes ! Qu’on récolte, les blés sont mûrs ! La Woerthencourt Elle court, elle court, la Woerthencourt, La Woerthencourt du bois d’Compiègne. Elle court, elle court, la Woerthencourt ça sent l’ambiance fin de règne. Elle est passé par Neuilly Elle est passée par le roi. Mais il y a Philippe Courroye Qui en fait des confettis. Refrain : Elle court, elle court, la Woerthencourt, La Woerthencourt du bois d’Compiègne. Elle court, elle court, la Woerthencourt ça sent l’ambiance fin de règne. Elle repasse par Nicolas La Woerthencourt de Neuilly. L’intouchable Sarkozy La refile à ses amis. Refrain : Elle court, elle court, la Woerthencourt, La Woerthencourt du bois d’Compiègne. Elle court, elle court, la Woerthencourt ça sent l’ambiance fin de règne. L’argent reste bien caché La Woerthencourt est passée. Faut penser à renflouer : “Au bon peuple de payer !” Refrain : Elle court, elle court, la Woerthencourt, La Woerthencourt du bois d’Compiègne. Elle court, elle court, la Woerthencourt ça sent l’ambiance fin de règne. Mon blog (partisan)

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T.REX

Depuis l'affaire Woerth-Bettancourt le peuple veut la peau du Ministre Chargé de la réforme des retraites ! Les Journalistes aussi ! Demander sa tête ne serait-il pas une manière indirecte de rejeter cette réforme soi-disant "consensuelle"? Eric Woerth va-t-il battre en retraite devant l'ire populaire ? 8-O

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Fictions d'été : 1 - L'insecte (cruci - fiction)

taverne des poetes 2010-07-23 10:35:30

La première fois que je parlai de mon mal à ma mère, elle n’attacha pas d’importance aux mots que je lui prononçais. Elle prit cela pour un sentiment de mélancolie d’adolescence, sans lendemain. Ma mère, elle écrase les insectes du talon en disant : comme cela, ils ne souffriront plus ! Mais qu’en sait-elle s’ils souffrent ? Pour elle, un insecte ça souffre forcément, parce que c’est laid, c’est répugnant. Je ne sors plus de chez moi. Je mène mon existence étroite entre les murs de ma chambre, comme le cancrelat imaginé par Kafka. Comme lui, je me fais horreur et, je le crois, j’inspirerais de l’horreur à toute ma famille. Alors, j’évite de me montrer. Je ne veux pas que ma mère ait pitié de moi comme elle a pitié des insectes car alors elle me ferait subir le même sort. Je ne lui dis rien du mal qui me ronge. Ma douleur et mes mots, il me faut apprendre à vivre avec, à les contenir à l’intérieur de moi jusqu’à ce que mon ventre gonfle. Ma mère voudrait que je devienne « quelqu’un » comme elle dit. Une personne importante, le contraire de rien, le contraire d’un insecte. Mais comment devenir quelqu’un sans une personne pour guider vos pas, pour vous soutenir, panser vos plaies, sécher vos larmes, quand on n’a qu’une mère qui écrase les insectes du talon ? L’amour maternel, je ne sais pas ce que c’est. L’amour oui, l’amour maternel, non. L’amour, c’est merveilleux. Il faut savoir aussi que c’est dégueulasse… Je le revois encore sur moi, il gémit de plaisir. Je suis sa putain d’amour et telle il me traite. Il ne faut rien attendre de plus. Mais ne l’ai-je pas voulu ? N’ai-je pas eu au fond ce désir d’être déshonorée, salie jusqu’aux entrailles ? Oui, sans doute j’avais ce désir-là enfoui dans ma nature d’insecte. Oui, l’amour c’est dégueulasse. Tout vient à l’intérieur du ventre : le liquide chaud et peut-être l’urine. Et c’est en moi que tout s’engouffre ! Mon ventre est gros mais jamais n’accouchera. Pourtant, je voudrais laisser exploser tout cela, tout ce qui bouillonne comme une marmite surchauffée. Mais je ne puis que laisser enfler cette infamie. Rien n’avorte sinon mes tentatives d’expurger tout cela et après chaque tentative, je retombe épuisée. Je ne suis qu’un vil insecte qui souffre, un insecte forgé dans une carapace qui le sépare des autres êtres. Les autres gens, mes proches, sont à ma périphérie mais ils ne peuvent m’atteindre. Parfois vivre semble si difficile qu’on se préférerait mort.

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michele delpech

Ce sont les pages qui sont dures à tourner, Poëte ! Même que de fois, y'en a qui s'acharnent à remettre le couvert sous couvert de vous aider. Ouais, des fois, j'aimerais avoir un lance-flammes, simplement pour faire peur et qu'on me fasse plus chier. Mais ça reste des voeux pieux, ou des vieux pneus, comme tu veux. Alors, on se raccroche une fois encore aux branches, on souffle un bon coup, éventuellement on s'prend un bon gorgeon, et on repart, comme en 14 sur le chemin des Dames. La vie est belle si tu sais observer autre chose que tes godasses, ça je peux te l'assurer. Des gens, dans des situations extrêmes, s'en sont tirés parce qu'ils avaient dans leur réduit, une mouche ou un ver qu'ils pouvaient caresser des yeux, éventuellement protéger. Le vivant, c'est un truc tellement énorme qu'on ne lui arrivera pas à la cheville, même si on mesure trois mètres de haut. Le vivant, ça vous prend aux tripes et ça ne vous lâche pas, jusqu'à la mort. Courage mon grand !!!!!

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LIBERTAD

Pierre JC Allard 2010-07-23 09:00:05

De Pierre JC Allard Chapitre 1 La roue avant droite glissa dans une profonde ornière et un mélange d’eau brunâtre, de calcium et de saleté s’éleva en gerbe pour aller asperger copieusement les passants. Libertad connaissait déjà trop bien les règles du jeu pour tenter de freiner ou de changer brutalement de cap; elle jeta simplement un regard rapide pour tenter d’identifier les victimes et leur offrir, peut-être, d’éventuelles excuses. Peut-être. La vie maintenant filait trop vite pour les excuses. Trop vite pour les regrets. Trop vite pour les projets. Trop vite pour que le présent soit vraiment vécu et puisse laisser de véritables souvenirs. Le pouls de Montréal battait de plus en plus vite. Une anxiété, une tachycardie collective. Chacun, sans qu’il ait semblé nécessaire de le lui enseigner, vivait désormais — ou jouait à vivre — chaque jour comme si ce devait être le dernier. Comme si le jour de l’indépendance allait se lever, salué par les trompettes de Gabriel. Pare-chocs à pare-chocs, maintenant. La procession des petites fourmis laborieuses. Chaque conducteur maugréant mais heureux, au fond, de faire encore partie du cortège. D’être encore au volant d’une voiture et en route vers un boulot, alors que tant d’autres… À la musique succéda la voix du commentateur et Libertad haussa légèrement le volume de la radio. – «Huit heures trente-sept minutes, 21 mars 1996. Oyez, Oyez, c’est le printemps! Vous n’y croyez pas? Faites comme monsieur Parizeau, IMAGINEZ que c’est le printemps. IMAGINEZ qu’il fait 18°, que le soleil brille, que les oiseaux chantent, que les premières fleurs vont sortir et que les petites filles jouent du cerceau sur des trottoirs bien secs, pendant que papa travaille et que maman poursuit son certificat en “oiseaulogie comparative” à l’UQAM pour la gloire et la culture d’un Québec souverain. Imaginez-vous… En attendant, pour les vrais automobilistes, dans les vraies rues de Montréal, la température est de 4°. La 13, la 15, la 20, la 25, la 30 et tous les ponts sont bloqués, comme d’habitude, et monsieur Bourque n’a toujours pas tenu sa promesse de nettoyer les rues de Montréal. Tous les départs de Dorval et de Mirabel ont été retardés, en raison du brouillard intense qui a remplacé la pluie verglaçante de la nuit dernière, de sorte que Montréal est aujourd’hui splendidement isolée. Une petite remarque à l’attention de monsieur Parizeau: remarquez bien, monsieur le Président-à-venir, que les avions ne décollent pas lorsqu’ils ne voient pas le bout de la piste. Et maintenant on retourne à la musique, avec le maître incontesté du funk…» Libertad réussit à changer de station tout en se glissant dans la voie de gauche. Dans un cas comme dans l’autre, l’illusion plutôt que la réalité d’un changement. – «… Et donc, cette “genèse”, cette “mise au monde”, cet “accouchement normal et à terme”, en neuf mois, du “pays à la tête bien faite” que nous annonçait monsieur Parizeau en octobre dernier, tout ça semble aujourd’hui pour le moins bien compromis. Si, depuis six mois, les négociations avec Ottawa n’ont abouti à rien, comment peut-on nous faire croire que tout sera heureusement réglé dans les trois mois qui restent avant le jour Q? Les sondages de ce matin nous apprennent que 46,4% des Québécois, seulement, sont en faveur de la prétendue souveraineté liée à la très problématique association. Est-ce que c’est là la grande vague d’enthousiasme que nous avait promise le Père Fondateur? Qu’on ne vienne pas nous dire, comme monsieur Landry nous l’a dit il y a quelques minutes, qu’il s’agit d’une “fluctuation à l’intérieur des marges d’erreurs statistiques inhérentes à un sondage”. Est-ce que vous parliez d’erreurs statistiques en novembre dernier, monsieur Landry, quand les sondages prétendaient que l’idée d’indépendance avait progressé de 50,8, le jour du référendum, à 55,2 trois semaines plus tard? La vérité, monsieur Landry, et vous aussi monsieur le Père Fondateur, c’est que la baloune est crevée et que, même si vous le portez depuis six mois, l’enfant n’est pas viable. C’est le moment de vous faire avorter, monsieur Parizeau et ce dont le Québec a besoin, c’est d’un bon curetage de ses derniers éléments fanatiques. Au risque d’être brutal…» Tout ça, en effet, risquait de devenir de plus en plus brutal, songea Libertad, et d’autant plus brutal qu’il n’y avait plus de femmes présentes au débat. Après le référendum, en octobre, on avait d’abord donné la parole aux femmes, aux jeunes, aux néo-Québécois «de souche». À ceux-ci, surtout, parce qu’il y en avait plus qu’on n’aurait pensé des Johnson, des Robinson, des Mackay de l’Estrie, des Italiens et des Grecs de Montréal, totalement francophones unilingues, apprenant, parfois avec surprise, qu’ils n’étaient pas exactement comme leurs voisins mais que c’était grâce à quelque arrière-grand-père moins irrédentiste qu’ils devaient d’être aujourd’hui devenus des «pures laines». Au début, il y avait eu des femmes dans le débat. Plus maintenant. L’heure, de part et d’autre, était au langage viril. Même les jeunes mâles, rue Saint-Denis, marchaient d’un pas plus ferme. Draguaient avec plus d’assurance. Souriaient moins. Les jeunes ne divaguaient plus en regardant leur verre de bière; ils le faisaient maintenant l’œil fixe, tourné en haut, à gauche vers ce petit coin d’horizon où chacun voit ses rêves. Et maintenant, songea Libertad, c’étaient les hommes surtout qui rêvaient. Toutes les femmes, confusément, sentaient que les hommes rêvaient d’une bonne bagarre. Et elles s’étaient tues. Il n’y avait plus que les hommes qui parlaient. Même thème à la station suivante. – «Moi je pense qu’en effet, on n’a pas effectivement fait le plein complet des voix qu’on aurait pu avoir pour faire ce qu’on aurait voulu faire… et que ce serait ben dangereux de vouloir continuer. Je pense qu’il faudrait qu’on conscientise plus le vrai besoin qu’on a d’être vraiment nous autres, avant d’essayer de le faire. – Donc, votre message à monsieur Parizeau, monsieur Tremblay, ce serait quoi? – De conscientiser, comme disait monsieur Bouchard, de conscientiser les Québécois et les Québécoises au besoin vital d’être vraiment la nation qu’on est et d’avoir les vrais pouvoirs d’une vraie nation. – Donc de ne pas la faire l’indépendance le 24 juin, c’est bien ça? – Je ne dirais pas: ne pas la faire. Mais la faire uniquement avec des garanties. Et la faire après les vacances d’été, un an après le référendum, comme on nous l’avait promis. La faire en neuf mois, ça a bousculé le monde. C’était pas prévu. – Merci monsieur Tremblay. Et maintenant nous passons à un autre auditeur…» Libertad ferma la radio. Ils étaient tous de plus en plus décidés mais de moins en moins convaincus. De plus en plus prêts à en découdre, mais de moins en moins persuadés de la justesse de la cause. Les mâles voulaient vivre une super Coupe Gray, aller porter le ballon à Ottawa ou à Québec. Mieux, une super émeute de Coupe Stanley, avec beaucoup de vitrines à briser, beaucoup d’adversaires à humilier, beaucoup de jobs à prendre. L’uniforme des futurs officiers de la future armée du Québec était déjà dessiné… pendant qu’à Edmonton plus de vingt mille Albertains, autrement sains d’esprit, avaient déjà rejoint les rangs d’une milice volontaire pour la protection de la minorité loyaliste canadienne au Québec «sans distinction d’origine ethnique ni de langue, mais au vu de sa seule loyauté à l’idéal canadien…» Qu’était-elle venue faire dans cette galère! Qu’est-ce que moi, Libertad Gomez, Salvadorienne, 26 ans, j’en ai à foutre de cette querelle pour rire entre l’équipe des Bûcherons du Saint-Laurent et celle des Cowboys du Far West, pour des enjeux que personne ne sait trop comment définir? Si mon couillon de père, songea-t-elle, avait présenté une image plus crédible à l’Ambassade américaine, c’est vers Miami, New York ou Los Angeles qu’ils auraient tous pu émigrer comme réfugiés politiques. Tout le monde au Salvador pouvait bien être un réfugié politique, puisqu’il fallait toujours se réfugier de quelque chose ou de quelqu’un et que la politique était partout! Son couillon de père s’était présenté à l’Ambassade américaine avec un sourire béat, avec la gueule d’imbécile heureux d’un pauvre, plutôt que la gueule tragique d’un type qui a souffert pour ses principes et sa foi inébranlable dans les valeurs démocratiques… pauvre con! Et s’il n’y avait pas eu cette mission canadienne arrêtée tout à fait par hasard dans leur village, s’il n’avait manqué quelques paysans pour compléter le profil socio-économique parfait de la dernière fournée de Salvadoriens à montrer aux journalistes, s’il n’y avait pas eu surtout ce jeune diplomate canadien qui louchait sur sa sœur Consuelo… Esteban Gomez, sa femme et ses deux filles auraient continué à rouler des tortillas de maïs au soleil sans jamais soupçonner qu’il pût exister, au nord des Gringos, non pas une mais DEUX tribus de quasi-Gringos, capables de se détester aussi cordialement que les Pipiles et les Catrachos. Pourquoi était-elle là, dix ans plus tard, économiste diplômée mais en fait vendeuse de crêpes dans un restaurant du Plateau, vaguement inscrite à des cours de l’Université Concordia pour se donner l’illusion d’aller encore vers quelque chose, plutôt que d’admettre qu’elle était déjà rendue nulle part et qu’elle n’avait pas plus de problèmes — mais pas plus d’espoirs ni d’avenir — que le reste de la tribu des Bûcherons du Saint-Laurent? Elle était là parce que sa mère était une mégère, bien sûr! C’est son père, le couillon, qui avait laissé filer les États-Unis et opté pour le Canada, un pays dont il ne savait même pas s’il était petit ou grand, froid ou chaud, amical ou hostile… mais c’est sa mère, la mégère, qui arrivée à Montréal et constatant qu’on y donnait périodiquement un chèque aux défavorisés, n’avait pas voulu courir le risque d’aller vers Toronto. Il avait fallu des années avant qu’elle CROIT que la tribu des Cowboys, à l’Ouest, était tout aussi généreuse avec les Latinos tout en leur offrant aussi de meilleures possibilités d’emploi. Et c’est pour ça que Libertad Gomez, avec un père trop mou, une mère trop obstinée et une sœur trop belle se trouvait aujourd’hui, ce 21 mars 1996, dans le parfait brouillard d’une journée de printemps maussade de Montréal… et dans celui encore plus triste d’un avenir totalement bouché, partageant sans l’avoir demandé l’avenir des Québécois à trois mois de leur indépendance. Le téléphone sonna sans que Libertad y prête attention. On ne répond pas aux appels quand on conduit, sans trop savoir si on en a bien le droit, la Jaguar d’un amant de sa sœur. Le tact vient avec l’habitude. Nouvelle sonnerie. Deux coups, un rappel… L’appel n’est pas pour Consuelo; c’est Consuelo qui appelle. –Sí, dime, mana. – Libby? Prépare-toi au bonheur et à la joie! – Quelqu’un t’a donné quelque chose? – Non, à toi. Tu te souviens de ta demande d’emploi et de l’entrevue que tu avais passée? – Plus ou moins des vingt dernières, laquelle? – Ministère des Affaires étrangères du Canada, tonta. Ils t’acceptent. – Tu as ouvert mon courrier? Tu me fais une blague? – Généralement, j’ouvre tout ce qui ressemble à une lettre d’employeur. Je jette les refus, c’est moins lourd. Mais cette fois-ci, c’est oui. Tu commences à Ottawa à la mi-mai. Si tu veux, bien sûr. Tu peux aussi attendre en septembre. Ils te donnent le choix. Ils te parlent comme si tu avais une douzaine d’autres propositions et que tu allais leur faire une faveur. ¡Tios elegantes! – ¡Dios mio! – J’ai pensé que ça valait la peine de te le dire tout de suite. Où es-tu? – À deux minutes de chez Gérard. Je laisse la voiture au portier, comme d’habitude? – Oui, mais ne pars pas. Reste près de la voiture, il va descendre dans deux minutes. Dis-lui que tu es ma sœur et remercie-le. – Le remercier de quoi? – D’avoir obtenu le poste au Ministère, bien sûr. – Tu crois que c’est grâce à lui… – Certainement pas; je ne lui en avais pas parlé. Mais il comprend vite; tu n’auras pas fini ta phrase qu’il aura déjà pris un air mystérieux. D’ici une semaine, il pourra me raconter, en détails, tous les efforts qu’il a fait pour te faire embaucher. Après, il sera encore plus fier de lui et il me trouvera encore plus indispensable. Ne cherche pas à comprendre: si ça ne te semble pas évident, tu ne comprendras jamais…. ¡ Va, pues!. * Quand Libertad entra dans le hall de Concordia et se dirigea vers les escalateurs, il était déjà neuf heures. Il n’avait pas fallu, en effet, plus de deux minutes à Gérard pour comprendre qu’on voulait bien lui attribuer le mérite d’avoir fait dévier toute la machine de l’État, mais il avait jugé bon de se l’entendre répéter plusieurs fois. Il avait aussi cru indispensable de lui offrir de l’accompagner en voiture des Cours Mont-Royal jusqu’à la porte de l’Université ce qui, compte tenu de la circulation, l’avait retardée. Gérard avait la parfaite assurance de l’homme de quarante ans qui sait que non seulement tout s’achète mais que tout peut s’obtenir à rabais si on paie comptant. Il ne l’avait pas dit, mais il avait manifesté, sans que puisse subsister le moindre doute, qu’il considérait que la jeune sœur de Consuelo ne pourrait que lui appartenir au jour et à l’heure qu’il lui conviendrait à lui de choisir, si par hasard l’envie lui en prenait — ce qui serait alors pour elle une chance exceptionnelle — en considération de quoi elle pouvait déjà conduire la Jaguar, obtenir un emploi à Ottawa et, de toute autre façon, faire de sa vie un succès. Gérard n’était pas vraiment déplaisant, en dépit de son arrogance, seulement à l’abri de tout doute. Libertad se surprit même à penser qu’elle ne saurait pas vraiment comment dire non à cet homme qui ne semblait même pas savoir que le mot put exister. Il faudrait demander conseil à Consuelo. Se hâtant vers l’amphithéâtre, elle salua de la main Parsifal, un copain, tout en tapotant ostensiblement sa montre pour bien indiquer qu’il n’était pas question d’engager la conversation. Distraite, elle heurta un mur. Un roc. Elle heurta Paloma. – Salut, Libby! – Excuse-moi, pourtant, tu es visible…, dit-elle en riant. – Disons que j’ai été frappé par ta beauté, rétorqua-t-il. C’était bien le style de Paloma. On ne savait jamais s’il plaisantait ou s’il était sérieux. Il ne voulait jamais qu’on sache s’il plaisantait ou s’il était sérieux. Libertad ne savait pas encore s’il la courtisait vraiment ou s’il faisait semblant de la courtiser. Ou si sa façon à lui de la courtiser était, justement, de faire semblant de la courtiser jusqu’à ce qu’elle donne un signe clair d’intérêt. Un homme dans sa situation ne pouvait pas se permettre une rebuffade. Il ne pouvait pas non plus se permettre de réagir à une rebuffade. Il attendait qu’elle fasse un geste. – Tu vas au cours de Mitchell, lui demanda-t-il? – Non, Mansfield. C’est plus contemporain… – OK, allons-y. Il se retourna, la prit par l’épaule et marcha tranquillement vers le cours de Mansfield. Libertad se demanda si ceci voulait dire qu’il lui était indifférent d’assister à un cours plutôt qu’à un autre ou s’il tenait à souligner qu’il tenait à sa présence. Il était à la fois flatteur et un peu malvenu d’être vu avec Paloma. Flatteur parce qu’il était beau, qu’il faisait 1,90 mètre et portait veston et cravate dans un environnement où même les chefs de département hésitaient à le faire. «Je suis un homme d’affaire», disait-il sans vraiment rire, mais avec l’ombre d’un haussement de sourcil, sans jamais pourtant donner l’impression de s’en excuser. Malvenu, parce que tout le monde savait qu’il ne se vendait pas un gramme de coke ni une once de hasch dans Concordia sans que Paloma n’en tirât un bénéfice. Tout le monde savait quelles étaient les «affaires» de Paloma. Comme tout le monde savait que le tatouage, plus ridicule qu’obscène, qu’il portait au majeur et à l’index de la main gauche, marquait sont appartenance à un groupe de motards. Ce qu’on ne savait pas, c’est si Paloma, d’abord motard, avait infiltré l’Université pour y contrôler le trafic des stupéfiants ou si, au contraire, Julien Granger, dit Paloma, cherchait vraiment à poursuivre des études universitaires mais sans renoncer pour autant à ses activités plus lucratives. Agent double? Agent triple? On pouvait imaginer n’importe quoi au sujet de Paloma, ce qui laissait toujours une bonne raison de ne pas porter à son sujet de jugements trop hâtifs… et de s’éviter des embêtements. Pas que Paloma ait jamais manifesté d’agressivité envers qui que ce soit sur le campus, mais enfin… pourquoi chercher des ennuis, n’est-ce pas? Le cours était commencé, ce qui n’empêcha pas Paloma de descendre lentement jusqu’à la première rangée et de ne s’y asseoir qu’après avoir courtoisement invité Libertad à le faire d’abord. Le professeur Mansfield ne s’était pas interrompu, n’avait pas jeté de regard en coin et n’avait pas perdu un mot de son exposé. C’est par ces gestes de grand seigneur que Paloma avait choisi de manifester son pouvoir sur son milieu. Le professeur Mansfield avait aussi le sien, et sa façon de le manifester n’était pas si différente. La soixantaine, bien droit, bien coloré, le verbe clair, il s’affublait de cachemire et de tweed comme un franciscain porte la bure. Il habitait Hampstead, affichait une voiture de pauvre à la porte d’une maison de riche et n’avait jamais pris parti dans le débat pour ou contre la souveraineté du Québec au-delà de ce qu’une analyse objective aurait pu suggérer à ses collègues de Harvard ou de la Sorbonne. De descendance anglo-irlandaise, il était intimement convaincu, sans jamais l’avouer, bien sûr, qu’il était juste et bon que lui-même et sa famille avant lui aient pu jouir de certains privilèges dans ces pays qu’ils avaient conquis sur des Blancs et des Chrétiens — fussent-ils papistes — et non pas sur des païens multicolores, cette dernière aventure étant un abus si manifeste d’une supériorité naturelle que le ciel avait voulu qu’elle se terminât dans la confusion et que l’on dût même s’abaisser à s’en excuser! C’est de cette façon que pensait le professeur Mansfield, en phrases complexes, principales et subordonnées, élégantes et sans émotion. Quand il parlait au commun des mortels, le professeur Mansfield simplifiait. – «… Et je dis, donc, qu’il ne s’agissait pas de générosité mais d’astuce lorsque, après la conquête, la Couronne permit aux colons français de conserver leur langue, leur religion et leurs usages. Ne l’aurait-elle pas fait qu’elle eut encouragé une alliance de fait entre ceux-ci et les tribus amérindiennes dont il ne faut pas sous-estimer le danger qu’elles représentaient alors pour le nouvel occupant. Imaginez Pontiac conseillé par les anciens officiers du Régiment de Carignan et armé clandestinement par la France; imaginez un métissage généralisé, et le phénomène Riel contemporain de la rébellion des colonies américaines; imaginez celles-ci trop heureuses de soutenir l’indépendance, au Nord, d’un État amérindien francophone ennemi de la Couronne britannique. Imaginez, une génération plus tard, Napoléon qui, plutôt que de céder la Louisiane, aurait alors pu songer à une Amérique française à l’ouest du Mississippi comme au nord du Saint-Laurent et des Grands lacs… et demeurant Espagnole — et donc bientôt soumise à son frère — au sud du Rio Grande… Refaites l’histoire dans votre tête, et vous comprendrez que Montréal valait bien une messe…» Libertad n’a pas du tout le goût de refaire l’histoire dans sa tête. Elle a d’autres sujets de préoccupation. D’abord, et par dessus tout, il y a ce désir en elle qu’elle doit contrôler, de se lever tout de suite, de balancer ses cahiers au visage de Mansfield et de courir vers la sortie en sachant qu’elle n’aura jamais plus à écouter les élucubrations de Mansfield, de Mitchell ou de qui que ce soit. Elle comprend mieux, de minute en minute, que le monde vient de basculer par en haut; qu’elle ne vendra plus de crêpes, qu’elle ne déambulera pas de cours d’appoint en cours d’appoint jusqu’à quarante ans dans l’espoir que quelqu’un veuille bien lui donner un emploi. Elle est désormais une véritable économiste. Une véritable universitaire. Une presque-fonctionnaire. Une quasi-diplomate. De la graine d’ambassadeur. Et pas une diplomate de république de bananes, de café et de maïs; une véritable diplomate d’un vrai pays: le Canada. Son père cultivait pieds nus, sa mère était et demeure illettrée, sa sœur est une pute — même si on ne les appelle pas ainsi quand elles travaillent sur mesure, au cas par cas, sur des types qui ont du fric et des contacts — mais elle, Libertad Gomez, elle est une diplomate. Libertad a une deuxième préoccupation: le Canada. Pourvu qu’on ne lui enlève pas SON pays! Elle se souvient qu’au moment de l’entrevue, on lui a demandé de réaffirmer son allégeance au Canada. En échange, on l’a assurée qu’elle était et pourrait toujours demeurer Canadienne, aussi longtemps qu’elle ne demanderait pas la citoyenneté d’un autre pays — comme le Québec par exemple — si par malheur on devait en arriver là. Canadienne? Bien sûr, elle est Canadienne! À Montréal, à Toronto, à Whitehorse, si on veut! Mais il vaudrait tout de même mieux que les choses n’en arrivent pas là… Il vaudrait mieux que les chose n’en arrivent pas là. Pour le Canada… et pour Robert. Elle aime bien Robert. Robert a trente ans, il est sociologue, fonctionnaire, délégué syndical, sa famille est à l’aise et il est aussi québécois qu’on peut l’être. Robert a une belle gueule. Il s’exprime avec élégance. Surtout, il a des parents, des amis, toute une tradition. Il appartient au Québec et, dans une certaine mesure, le Québec lui appartient puisqu’il en connaît tous les méandres et qu’il en partage toutes les obsessions. Robert est de gauche et il est pour l’indépendance… comme tous ses amis. Robert, la famille de Robert, les amis de Robert… tout ça constitue son Québec à elle. Un Québec où elle est acceptée. Il y a deux ans que Robert est dans sa vie. Il s’y est immiscé sans heurts, comme ils ont glissé entre deux draps de façon si naturelle et en avançant si bien par étapes la conquête mutuelle de leurs corps qu’ils ne sont même pas d’accord sur le jour anniversaire du début de leur intimité. À partir de quel geste peut-on dire: nous avons fait l’amour? Quand on a échappé au folklore de l’hymen, doit-on, comme les théologiens, placer le début de l’amour, comme le péché, là où le plaisir commence? Libertad aime bien Robert et tout ce qu’il représente, elle aime bien, aussi, que Robert l’aime. Jusqu’à ce jour, c’est l’amour de Robert qui a été son seul vrai passeport. Depuis quelques heures, elle a un autre passeport: la lettre du Ministère. Peut-on faire carrière à Ottawa — ou dans des Ambassades canadiennes à travers le monde — tout en restant l’amie de Robert, l’amie des amis et de la famille de Robert? Peut-on le faire et espérer être la femme de Robert, la mère de petits Québécois et de petites Québécoises qui ne seront pas des immigrants, ni des apatrides, mais qui ont déjà leur petit nid préparé depuis des siècles dans le grand arbre des Desjardins dont Robert Desjardins n’est que la dernière branche? C’est le bruit des étudiants se levant et sortant de la salle qui fit sortir Libertad de sa rêverie. Paloma, à ses côtés, lui fit un geste amical et sortit sans plus se préoccuper d’elle. Il avait trouvé opportun d’entrer au cours avec elle, il ne voyait pas, de toute évidence, un intérêt quelconque à en sortir de la même façon. Tant mieux, elle avait rendez-vous avec Robert. * Libertad, comme la plupart des étudiants de Concordia, préférait au campus universitaire l’ambiance des terrasses et des restaurants du quartier. Elle n’avait pas fait cent pas sur De Maisonneuve direction Crescent que déjà Parsifal l’avait rejointe. – Hi! Parsifal n’était pas bête. Il était, au contraire, extrêmement doué. Il lui manquait seulement un intérêt sincère envers les autres qui aurait permis à ceux-ci de le trouver intéressant. Bien accueilli et même respecté par tous, il n’était cependant indispensable à personne — et aux femmes encore moins — bien que celles-ci, à maintes reprises, l’eussent désigné comme le plus souhaitable des partenaires possible (Most Eligible Bachelor). Que la nature l’eut doté du physique avantageux d’un chevalier teutonique n’était pas en soi une calamité; que son père, musicien, dédaignant la forme anglaise du prénom eut décidé de l’appeler Parsifal en était devenu une. Parlant peu, étudiant beaucoup, toujours soupçonné de chercher son Graal à l’extrême droite, Parsifal était devenu, sans le vouloir, le symbole du conservatisme et le héros des bien-pensants, dans un milieu où les forces vives étaient toutes à gauche et la majorité, tout sauf homogène. Libertad ralentit et lui sourit en y mettant tout son cœur. Elle ne se sentait pas particulièrement attirée par Parsifal, mais elle regrettait un peu qu’il ne lui eut jamais rien proposé, pas même une sortie en tête-à-tête. Elle aurait refusé, par respect pour Robert, mais elle aurait aimé qu’il le lui proposât. Et puis, aujourd’hui, elle se sentait merveilleusement «Canadian» et il lui semblait que Parsifal était tout à fait le genre de compagnon qu’une jeune diplomate canadienne d’origine Salvadorienne aurait intérêt à montrer dans les salons d’Ottawa. – Je veux absolument, dit-elle, que tu apprennes le premier comment j’ai cessé aujourd’hui d’être une chenille pour devenir un papillon. Je vais donc, écoute-moi bien, je vais donc t’offrir un double Logavulin 16-ans dans un grand ballon, chez Winston, et nous allons boire une petite fortune pendant que tu vas me regarder d’un air admiratif. Vu? – J’avais plutôt en tête deux Guinness, chacun payant la sienne, mais si tu a gagné le 6/49… Parsifal obtint sans difficulté une table en bordure de la rue: c’est un talent inné. Libertad remarqua qu’il tenait son ballon de whisky précieux comme un gentleman, tout naturellement, alors que, tout aussi naturellement, il vidait à l’ordinaire ses bouteilles de Labatt Bleu avec l’abandon du parfait plébéien. Parsifal savait s’adapter. Qui sait, pensa-t-elle, si ce type à visage d’ange gardien — ou de S.S. qui se garde pur pour la mère patrie — n’est pas à l’occasion un amant fougueux et passionné? Qu’arriverait-il, si elle lui faisait sérieusement du pied — ou de la main — sous la table? Elle trouvait l’idée amusante et tout à fait inoffensive. Parsifal, c’était bien connu, était inoffensif… Elle se ressaisit néanmoins avant de passer à l’acte. Tout ça, c’était le whisky, l’exubérance de la nouvelle. Robert serait là dans quelques minutes, et, pour les sentiments, c’était Robert la valeur sûre. Parsifal était là pour autre chose. Il était là pour écarquiller les yeux, s’émerveiller, s’enthousiasmer, la féliciter du fond du cœur. Manifester l’approbation de Concordia tout entier et de toute la tribu des Cowboys. Il fallait vite que quelqu’un la félicite, avant que Robert ne lui parle de trahison. Elle voulait vivre pleinement sa minute de gloire avant de subir la réprobation. – Tu as devant toi, dit-elle, son Excellence Libby M. Gomez, Ambassadeur du Canada aux Nations Unies. — Enfin, presque… Et elle lui conta la demande, l’entrevue, la lettre d’acceptation, l’univers qui chavire par en haut. Elle lui parla d’être universitaire en chômage, de vendre des crêpes aux touristes. Whisky aidant, elle lui parla d’être immigrante. D’être ou de ne pas être accueillie. D’être ou de ne pas être intégrée. D’avoir ou de ne pas avoir d’amis. Parsifal parlait peu mais il écoutait bien. Sans tout lui dire, elle lui parla de Consuelo et de ses immenses yeux d’outremer. Elle lui parlait de Robert quand Robert arriva. Parsifal accueillit Robert comme un frère. Ou plutôt comme si lui, Parsifal, eût été le frère de Libertad. Pas de malentendus, pas d’ambiguïté; il est le copain, le camarade de classe, l’ami fidèle qui a plaisir à être présent à la réunion du jeune couple. Il offrit sa tournée et partit. Un type qui savait s’adapter. * En fait, Parsifal Ewen retourna immédiatement à Concordia où il eut un entretien dont les suites ne sont pas sans conséquences sur le reste de cette histoire et ont même été, pour l’avenir du Québec, d’une importance tout aussi considérable que le nez de Cléopâtre le fut jamais pour celui de l’Empire romain. – Vous savez, Ewen — dit le professeur Mansfield à son jeune interlocuteur, avec ce style ampoulé qu’il n’abandonnait jamais — à quel point je préfère rester loin de tout ces débats. L’histoire suit son cours et ne commet pas d’erreur. Si les Québécois — et nous sommes vous et moi Québécois, Ewen, ne l’oublions pas — décident collectivement d’assumer leur destin hors de la Confédération canadienne, que peuvent légitimement faire pour s’opposer à sa réalisation ceux d’entre nous qui, comme vous et moi, Ewen, avons d’abord rejeté cette initiative? Ce qui me semble important, Ewen, c’est que ce Canada que j’aime, et dont je ferai toujours intimement partie, considère aussi toujours comme un Canadien ce Québécois que je suis et même ces autres Québécois qui — à tort, j’en suis persuadé, et temporairement, je l’espère — vivent aujourd’hui plus intensément leur identification à cette réalité culturelle immédiate qu’est la francophonie québécoise que leur appartenance que je voudrais viscérale, comme la mienne, à l’ensemble canadien. Vous me suivez, Ewen? – Tout à fait, professeur. – Dans cette optique — la seule qui me paraisse à la fois réaliste et avantageuse pour toutes les parties concernées — je crois qu’il est judicieux de votre part d’avoir identifié l’importance possible du phénomène «Libertad Gomez» sur le déroulement des opérations. Les gens comme vous et moi, Ewen, issus de familles qui sont ici depuis trois, quatre, cinq générations… nous sommes les incontournables médiateurs entre la population de première souche, aujourd’hui majoritaire, et ces néo-Québécois qui, inexorablement, démographie aidant, occuperont un jour ce pays aussi sûrement que les Francs ont occupé la France. Nos ancêtres sont venus armés, c’est vrai, mais, à cette distinction près, nous sommes ici les premiers immigrants. Nous avons été les premiers néo-Québécois. Quand nous avons choisi le Canada, c’est un choix de Québécois que nous avons fait, n’est-ce pas Ewen? Nous sommes ici pour rester, n’est-ce pas? – Il est certain, professeur, que je ne quitterai pas le Québec. Il est certain que c’est comme Québécois que je souhaite le maintien de mon pays, le Québec, au sein du Canada. – Vous parlez le langage de la raison. C’est aussi le langage que je voudrais tenir, ce dont je ne m’abstiens que pour éviter des malentendus. C’est aussi, j’en suis sûr, le choix éclairé que fait cette jeune Libertad Gomez, totalement prenante de la culture québécoise, mais qui demeure Canadienne. En fait, son choix est le choix quasi unanime de tous les néo-Québécois. Ce qui est exceptionnel, chez Libertad Gomez, c’est qu’elle puisse faire ce choix même en étant si parfaitement intégrée, comme vous me l’avez dit, à la culture francophone majoritaire. Il est clair que nous n’avons pas ici un choix motivé par une méconnaissance du fait français; nous n’avons pas affaire à une transfuge ou à une opportuniste mais à une authentique Québécoise qui a décidé, il y a des mois, de faire confiance à la bonne volonté commune du Québec et du Canada pour qu’elle puisse réaliser son plein potentiel sans avoir à renier quoi que ce soit. – D’où l’intérêt de diffuser son message implicite: «Ne me demandez pas, compatriotes canadiens, de renoncer à une éventuelle citoyenneté québécoise pour servir un Canada auquel je crois, auquel j’ai toujours cru, auquel je crois que le Québec appartient et appartiendra toujours. Prenez-moi comme je suis, puisque vous m’avez choisie, et ne doutez pas de ma loyauté envers le Canada tout entier même si un incident de parcours entraînait une sécession du Québec qui ne saurait être que temporaire». – Bien sûr, vous simplifiez, Ewen. Je ne me permettrais pas de m’identifier à ce concept — que l’on pourrait juger méprisant — d’un Québec qui va jeter sa gourme mais qui reviendra au bercail. Je sais, cependant, à quel point les médias peuvent parfois simplifier eux aussi… Personnellement, je crois que tout ce qui favorise la bonne entente entre le Québec et les autres provinces canadiennes est un pas dans la bonne direction. Et je ne cesserais pas de le croire même si le Québec, le 24 juin, décidait d’aller jusqu’au bout de sa volonté d’autonomie. C’est donc sans vouloir en prévoir les conséquences politiques que je crois que le cas Gomez devrait, en effet, ne serait-ce qu’à cause de son intérêt humain, intéresser les médias. Je vous donne ici les coordonnées d’un vieil ami; téléphonez-lui de ma part. Il connaît tout le monde. Une heure plus tard, Parsifal Ewen étant bien diligent — et l’ami du professeur Mansfield connaissant vraiment tout le monde — Libertad Gomez, qui n’en savait encore rien, était pourtant déjà connue de tous les médias qui comptent. On n’attendait plus que de la rejoindre pour la remettre entre les mains de tous ceux qui mentent et commentent et nous font ainsi notre vérité quotidienne. * – On passe chez toi? Libertad n’a encore rien dit à Robert. Quelques banalités sur Parsifal chez Winston, l’agitation de la rue Crescent, les formalités du parking… c’est maintenant, assis côte à côte dans la petite voiture de Robert que l’aveu, pour la première fois devient possible. Possible et immédiatement nécessaire, avant que la dissimulation ne s’installe. À moins que la promesse d’une intimité imminente ne justifie que toute autre considération soit remise à plus tard. — On pourrait acheter quelques charcuteries, une bouteille de vin… La main de Robert vient aussitôt se poser très haut sur sa cuisse, à la naissance de l’aine. Une petite pression sympathique. Affectueuse, mais aussi une mise en attente du désir. Libertad ne fut donc pas surprise de la réponse. – Plus tard, on passera chez moi si tu veux. Mais d’abord, nous allons chez Delo. Il faut faire le point. Tout est en train de déraper. Tu as vu les sondages? – J’ai vu les sondages. Tu sais, un jour c’est oui… un jour c’est non… C’était bien ça, la situation. Libertad, d’ailleurs, ne comprenait plus depuis longtemps comment l’on pouvait espérer bâtir un pays dont la majorité fluctuait ainsi quotidiennement, littéralement pour un oui pour un non. Au départ, spontanément, elle avait rejeté cette idée de séparation. Ensuite, elle avait compris que Robert et les amis de Robert attendaient d’elle un Oui. Un Oui de solidarité, parce qu’elle avait été acceptée comme Québécoise, parce que le français plutôt que l’anglais était devenu sa première langue seconde. À Concordia, elle avait constaté qu’au contraire on la prenait pour acquise à la cause du Non: il n’y avait pas de néo-Québécois, il n’y avait que des néo-Canadiens. Pour sa famille, la question était sans intérêt. Elle avait donc appris à laisser supposer, ici un engagement envers le Québec, là un engagement envers le Canada, tout en partageant elle-même l’indifférence de sa famille. Le jour du référendum, par loyauté pour Robert, c’est bien le «Oui» qu’elle avait choisi, mais tout en espérant vaguement que ce soit le «Non» qui l’emporte. Le lendemain, à Concordia, elle avait donc pu paraître sincèrement contrite… ce qui ne l’avait pas empêchée au cours des semaines qui avaient suivies, de célébrer à maintes reprises la «victoire» avec Robert, Delo et les autres. – Non, maintenant c’est plus grave. Quand on analyse les sondages — et, crois-moi, Delo a accès à bien d’autres sondages que ceux que l’on publie… — on voit que ce n’est plus tant le nombre de gens qui veulent l’indépendance qui varie que le nombre de ceux qui sont prêts à faire ce qu’il faut pour l’obtenir. Les gens commencent à comprendre qu’il ne s’agit pas simplement de dire oui pour devenir indépendant… et ils commencent à avoir peur. C’est le moment de vérité. – Est-ce que ça veut dire que, jusqu’à aujourd’hui, c’était le temps du mensonge? Robert se retourna, surpris par sa réplique. C’était bien la première fois qu’elle ne se contentait pas d’acquiescer, de hocher la tête, de répéter autrement ce que lui ou les autres avaient dit. Est-ce que Libertad, sa compagne, n’était pas inconditionnellement de son côté? Elle le rassura en souriant et en posant, à son tour, sa main sur la cuisse de Robert. Plus près du genou, mais non pas à plat: les ongles bien appuyés. Il en conclut qu’elle le suivrait n’importe où. Libertad n’était pas du tout sûre qu’elle suivrait Robert chez Delo. Delorimier Pinard — Delo pour les intimes — avait reçu ce prénom inusité d’un père totalement convaincu de la justesse de la Cause. Militant de la première heure, Pierre Pinard n’avait jamais quitté la mouvance riniste, felquiste, péquiste, passant donc ainsi de la contestation au pouvoir sans solution de continuité et sans jamais se demander si, comme on le prétend, celui-ci corrompt. Pierre Pinard, désormais haut fonctionnaire à Québec, n’en avait pas moins gardé à Montréal — à Outremont –une maison spacieuse héritée d’un père et d’un grand-père bien bourgeois. C’est une maison qu’il visitait souvent mais qu’occupait surtout Delo, fils unique, révolutionnaire de deuxième génération à qui l’on avait même épargné le souci de se faire un prénom. Journaliste à la pige, raisonnablement à l’abri de tout problème financier, Delo, de toute sa vie, n’avait eu qu’à penser. Il le faisait fort bien. Libertad éprouvait pour Delo une certaine fascination. Alors que Robert, de milieu plus modeste, avait adopté un rôle de syndicaliste gauchiste militant qui lui allait comme un gant — et en avait sans difficulté le geste et le vocabulaire — Delo ne semblait jamais tout à fait vrai dans le rôle de l’anarchiste passionné. Delo avait la fougue, il avait le verbe, mais il semblait trop bien jouer des passions pour en être lui-même le jouet et tout ce qu’il disait paraissait trop intelligent, logique et sincère pour ne pas avoir été bâti minutieusement par quelqu’un de sincère et d’intelligent qui voulait convaincre. Libertad ne savait pas trop comment elle allait expliquer la situation à Robert, mais elle était absolument persuadée qu’il ne fallait surtout pas tenter de l’expliquer à Delo. À son grand regret, ils arrivèrent chez Delo avant qu’elle n’eut trouvé un prétexte valable pour l’éviter. Delo était là, en compagnie d’autres copains que Libertad connaissait déjà. Le père de Delo y était aussi, cependant, ainsi que Marcel qu’elle avait déjà vu à quelques reprises. Marcel était pour elle une inconnue dans l’équation. Il était le quinquagénaire à col roulé auquel on parlait avec respect mais qui parlait peu. Il appelait Pierre Pinard par son prénom. Il tapotait Delo sur l’épaule. Libertad savait qu’il avait «posé des gestes» pour l’indépendance, mais personne ne lui avait dit si c’était au moment d’Octobre 1970 ou bien avant. Aujourd’hui, c’est lui qui parlait. –… Comprenons bien la situation. Ni la France, ni les États-Unis, ni qui que ce soit ne va décider pour nous que le Québec est indépendant. L’indépendance, c’est comme la liberté: ça se prend. Et ça se prend toujours de force. Il n’y a pas de papier qui tienne s’il n’y a pas, quelque part, un fusil pour l’appuyer. C’est Robert qui l’interrompit: – Qu’est-ce qu’on fait, on met des barricades? Nous savons tous que la population ne suivra pas. – Tu as bien raison, dit Marcel, c’est pour ça qu’il ne faut pas mettre de barricades. Les barricades, ça vient plus tard, quand on est prêt à subir des pertes et que chaque perte augmente l’engagement des autres envers la cause. – «Le sang des martyrs», dit Delo, «est une semence de Chrétiens…». – Oui, dit l’un des autres participants, dont Libertad ne se souvenait plus du nom, mais ça prend quatre cents ans pour donner une récolte et nous avons à peu près quinze jours avant que la population ne change d’avis. – La force, reprit Marcel, ce n’est pas de monter un drapeau derrière une barricade. C’est d’assurer l’ordre et de faire en sorte que les choses fonctionnent. L’État existe quand il assure l’ordre public. Ce n’est rien de spectaculaire, c’est une série de petits détails. Le huissier qui va exécuter une saisie chez un débiteur, le 25 juin, le fait-il au nom de la Reine, ou au nom du Québec? Supposons qu’il le fasse au nom du Québec et que le débiteur s’appelle John Smith, par exemple; John Smith peut téléphoner au 911 et dire qu’un intrus sans autorité légitime est en train de violer son domicile. Quand la voiture patrouille arrive à la porte, le huissier montre son bref d’exécution et les policiers ont le choix: ils disent à Smith de fermer sa gueule et laissent le huissier faire son travail… ou, s’ils ne croient pas que le Québec soit une autorité légitime, ils embarquent immédiatement le huissier. Maintenant, si le lieutenant du poste y croit, lui, à l’autorité du Québec, il relâche le huissier et peut même lui donner une escorte pour accomplir sa mission. Entre temps, John Smith a téléphoné à un ami, juge de la Cour supérieure, et obtenu une ordonnance suspendant l’exécution du bref. Si l’ordonnance est établie au nom de Sa Majesté, le huissier et son escorte policière peuvent en remettre en cause la légalité — au nom d’un Québec souverain — et poursuivre l’exécution. Vous voyez le scénario? Là-dessus, arrive la Sûreté du Québec, suivie de la Gendarmerie royale du Canada et l’ordre public s’établit au nom de celui dont les disciples auront parlé le plus fort… ou auront tiré les premiers. Celui dont les supporters auront rétabli l’ordre public sera le gouvernement légitime du Québec… au moment et au lieu où ceci aura été fait. Maintenant, imaginez-vous le même incident multiplié par cent, multiplié par mille. Les lignes hiérarchiques ne fonctionnent plus, ni d’un côté ni de l’autre. Vous avez une situation insurrectionnelle. Certains éléments criminels de la population décident de tirer parti de la situation. C’est l’anarchie. La première force organisée, disciplinée qui reprend le contrôle de la situation à l’échelle du Québec devient le gouvernement de facto du Québec. Toutes les décisions référendaires n’y changeront rien. Or, le gouvernement du Québec ne dispose pas d’une force crédible armée, disciplinée, capable d’établir ce pouvoir de facto. Conclusion: c’est le gouvernement d’Ottawa qui le fera, et il le fera avec le soutien d’au moins 70% de la population dès que celle-ci aura goûté à l’anarchie et aura vu l’incapacité du gouvernement du Québec à maintenir l’ordre. Pour la bonne mesure, considérez que la dernière intervention se fait sous la Loi des mesures de guerre et que les autorités du Québec qui s’opposent à cette intervention musclée deviennent coupables de sédition. Pensez à un procès où Parizeau, Landry, les principaux chefs syndicaux, les leaders indépendantistes sont tout à fait légalement accusés de haute trahison… et condamnés finalement non pas à être pendus mais au silence et à la résidence surveillée, à la grande satisfaction d’une majorité de la population. Fin de la rigolade. – Il resterait encore, dit Robert, 30% de la population — dont tous les mouvements de gauche et les forces les plus actives de la société — capables de mener une grève générale et même, au besoin, de soutenir une guérilla. Le Québec est incontrôlable sans l’appui de sa population. – Exact, dit Marcel, mais ce que nous voulons c’est bâtir le Québec; ce n’est pas de créer les conditions pour une autre Bosnie. – Mais, dit l’un des autres jeunes, est-ce que le gagnant n’est pas justement celui qui accepte le risque de créer une autre Bosnie et le perdant celui qui n’ose pas courir ce risque? – Est-ce que l’indépendance du Québec va se jouer sur une partie de poker-menteur, dit Delo? Est-ce que le Québec va devoir choisir entre des dirigeants qui auront prouvé qu’ils ont des couilles en se relançant à coup de vies de Québécois? – Malheureusement, dit Marcel, c’est comme ça que se sont faites toutes les indépendances de l’histoire, sauf celles qui n’intéressaient vraiment personne. Qui n’intéressaient vraiment personne, je veux dire, au niveau des tripes, au niveau des émotions. Si on fait une indépendance qui est une affaire de gros sous, de droits de pêche ou de concessions minières, on la fait faire par des avocats. Alors, mais alors seulement, il y a une chance — je dis bien, une chance — qu’il n’y ait pas de sang dans les rues. Quand tu y crois vraiment, tu cognes. Quand tu cognes, ça fait mal. – Je crois…, commença Delo, avant d’être interrompu par son père. – Écoute Marcel, dit Pierre Pinard, — tu as fait neuf ans, «en dedans». S’il y a quelqu’un qui a le droit aujourd’hui de nous dire ce que nous devons faire, c’est toi. Qu’est-ce que tu suggères? J’ai l’oreille de qui-tu-sais à Québec. Qu’est-ce que tu suggères? Il y eut un moment de silence avant que Marcel ne reprenne, très doucement. — Rien. Je crois sincèrement qu’il n’y a rien à faire. Pour faire une révolution, pour reprendre le pouvoir, il faut vouloir le reprendre et il faut savoir de qui le reprendre. Les Québécois ne veulent pas une révolution. De toute façon, le monde a tourné. Où est le pouvoir? On se bat contre qui? Contre quoi? Je crois qu’au point où nous en sommes, le mieux que le Québec peut espérer c’est de se sortir de cette histoire sans se couvrir de ridicule et sans démotiver sa population, les jeunes en particulier. – Mais comment peux-tu, dit Delo, avoir changé d’avis de façon aussi radicale depuis quelques semaines? – Tout simplement, répondit Marcel, parce que je me suis aperçu que plus personne n’y croyait. Si quelqu’un y avait cru, il y a longtemps que les palabres auraient été remplacés par des fusillades. Ce n’est pas que je souhaitais la violence, mais je l’ai toujours su indispensable. Je constate que l’enfant ne donne pas de ruades dans le ventre de sa mère; Parizeau nous dit qu’il est bien élevé: je pense qu’il est mort-né. Maintenant, Pierre, si vous réussissez à Québec, toi, Parizeau, les autres, à faire bouger le gouvernement fédéral, je vous lèverai mon chapeau. Mais ne me demande pas aujourd’hui comment faire une révolution; appelez plutôt des avocats. Marcel fut le premier à partir, Robert et Libertad le suivirent presque aussitôt. Elle fut soulagée qu’il la ramenât chez elle sans même une allusion à leur conversation antérieure. Elle n’aurait pas eu le courage de le consoler des paroles de Marcel ni celui d’aborder les changements de sa propre vie professionnelle. Pierre JC Allard

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taverne des poetes

Salut Pierre : A partir de cet “accouchement normal et à terme” de ton chapitre 1, j'ai imaginé l'accouchement anormal (ou l'avortement prévu) d'une autre Libertad. Celle-là a plus encore à se plaindre de ses parents : L'insecte (nouvelle). Mon histoire est en ligne. C'est du lourd.
Pierre JC Allard

Merci de me lire, je passe lire ta nouvelle. Pour la mienne, rien de lourd. Du moins, rien d'aussi lourd, que la réalité… PIerre JC

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Un président au-dessus des (micro) partis ?

taverne des poetes 2010-07-22 14:15:10

Le général De Gaulle se disait ni de droite ni de gauche mais au service de la France et des Français. Et au-dessus des partis. C’était du reste dans son tempérament naturel. Son gouvernement d’Après-guerre fut un vrai gouvernement d’ouverture, sans arrière-pensée ni racolage, ni combines, mais avec un seul but : se retrousser les manches et travailler ensemble. Comme dans la Résistance en somme. Nous avons aujourd’hui un président chef de clan qui a même créé son micro parti pour récolter de l’argent et contourner la loi du financement des partis. Sarkozy se fait ainsi financé deux fois ,une fois par l’UMP, une fois par son pseudo parti et, devinez quoi, le siège de ce parti fantôme se trouve être le domicile privé de Frank Louvrier, son conseiller en communication. Mélange complet des genres ! La constitution française dit que les partis concourent à l’expression démocratique. J’aimerais bien savoir en quoi les micro partis créés pour ramasser du pognon remplissent cette fonction ? Ils sont tout simplement contraires à la constitution. Au micro d’Europe 1, François Bayrou se prononce pour le retour à la conception gaullienne : Un président de la République doit être “au-dessus des partis“. Un président ne doit pas être “un chef de parti“, mais être “au-dessus des partis et des batailles électorales“. Le président du MoDem s’insurge contre les intrusions du chef de l’Etat en pleine campagne des régionales (interview dans Le Figaro magazine, plusieurs déplacements pour soutenir des candidats de la majorité, convocation à l’Elysée de la tête de liste UMP en Ile-de-France, Valérie Pécresse, etc). Et tout cela alors même que le chef de l’Etat avait déclaré avec force qu’il ne s’impliquerait pas dans la campagne des Régionales. “Recevoir les candidats d’un parti, le sien, participer aux instances politiques d’un parti ça n’est pas la conception (…) que je me fais de la fonction présidentielle“, a déclaré François Bayrou à Europe 1. Les micro partis sont une véritable plaie dans notre démocratie. On en recenserait 296 selon le journaliste indépendant Olivier Bonnet. Manuel Valls, le plus sarkoziste des socialistes en a un et dit ne pas voir en quoi c’est un problème. En pleine affaire Woerth-Bettencourt, Wauquiez le décomplexé a profité de ses déplacements ministériels en Grande-Bretagne pour renflouer le sien : “Nouvel Oxygène”. Se prendrait-il pour Jean-Michel Jarre. En tout cas, sa jarre se remplit mais attention “tant va la jarre à l’eau qu’un jour elle se brise”. Valérie Pécresse a fait aussi fort : lors de Régionales 2010, elle a contraint les candidats a lui verser un impôt de 6500 euros. Par chèque cependant. Le président Sarkozy, qui n’était déjà pas au-dessus des partis ni des clans, est aussi étroitement associé aux partis factices tiroirs-caisse. Et Eric Woerth est toujours ministre. Un scandale qui n’aurait pas cours dans les autres démocraties !

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T.REX

Salut Taverne en verve, Ce papier va faire plaisir au Panda, lui dont le cheval de bataille est l'abolition des partis, des gros, des représentatifs ! Les micros j'sais pas ! Moi j'hésite, je ne prends pas parti ! car si les gros partis partent, qui va représenter les idées ? Chacun en ayant une légèrement différente, comme autant de conception de dieu qu'il y a d'homme, chacun va remonter son parti pour participer à la vie politique et l'on va se retrouver avec un micro-parti par personne ! Et c'est ce qu'il y a de pire suivant ton billet. Je préfère ne faire partie d'aucun, mais je pense qu'ils ont leur importance contrairement au Panda qui s'en bat les parties. :oops:

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LE DROIT A LA PAROLE VIVRE

LaPie 2010-07-22 09:19:41

Une fleur de jonquille, enfin tout comme, je suis juste une clochette au prénom de Colette qui a senti partir sans disparaitre Catherine. Des prénoms célèbres, certains pourront le dire ainsi, une fleur a emportée avec son ombre un parfum qui planera toujours dans mon espace. Il ne faut pas s’étendre très longtemps pour comprendre que durant un mois juillet à quelques années d’intervalles deux des miens se sont prit par les mains pour nous quitter. Le voile qui me porte, me fait lui dire, il ne t’a pas connu suffisamment de temps, moi oui, juste une sœur, mais comment expliquer cela avec des mots. Pour le temps ! Je ne suis pas complètement dupe, alors mon compagnon, mari de vie à composé une fresque à laquelle je viens lancer un anneau et lui murmurer, à lui, à elle : Je vous aime, nous vous aimons. Que le destin vous emmène là, où il le veut, nous, moi, tous ceux qui t’aimaient Catherine, ainsi que Michel, nous sommes persuadés qu’ils vous pensent unis, comme aux époques de nos enfances. Le Panda, tente de trouver des mots aussi forts que les passions et moi je les compte, alors l’union est à la couleur des larmes qui serrent mon cœur, je viens juste tôt ou tard déposer un bisou de tendresse, de tant de choses partagés, de complicités, que ce message ne sera pas aussi long que d’autres. Une éponge ne peut boire toute la mer, je peux juste compenser dans ce qui juste manqué, t’embrasser tous les deux avec mes mots à moi, le reste que chacun y comprennent ce qu’il veuille. Nous, moi, vous : laissons l’emblème, de te dire petite frangine, petit frère, je vous serre sur vous un mot tout simple là où vous voulez l’entendre, tel le murmure de la Seine. En vous disant je vous aime, ce ne sont pas que des mots. La pie, est juste triste d’avoir perdu, un des rayons de ses amours, alors je ne pouvais le passer sous silence. J’ai envie d’hurler, mais je me tais et j’avale mes sanglots, pour mon frère qui a quitté il y a peu, et ma frangine partis le 19 juillet à 15 h 45.   Merci pour tout, La Pie  

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michele delpech

L'esprit de ceux qu'on aime ne meurt jamais. C'est à lui que je me raccroche lorsque je songe à eux. Ainsi, l'air est plus doux qui me permet de flaner au quotidien. Amitiés, la Pie
T.REX

Les mots sont impuissants à apaiser la douleur de ton coeur blessé par l'injuste disparition de ces êtres si chers ! Alors je dirais simplement que je suis de tout coeur avec toi La Pie dans ce moment de détresse. Affection.
taverne des poetes

Quand les mots sont impuissants à consoler, alors il reste les notes. Je me propose de composer ce week end une sonate "La Pie".
taverne des poetes

J'ai bien avancé la nouvelle sonate hier soir. reste le 3ème mouvement pas tout-à-fait terminé. Ma conviction est que la générosité la plus utile et la plus appréciée est celle qui procède d'un don de soi. C'est pourquoi, j'aime créer pour les autres. Don après la sonate du Panda (très appréciée sur Jamendo : ouf...), ce sera la sonate de La Pie. Je m'appliquerai. Il m'est arrivé de dédier des chansons aussi. Ainsi j'avais écrit la chanson du ménisque pour Guy Guy dit l'Enfoiré sur Agoravox. Amitié. Paul
T.REX

Posté par 5306 :
pour Guy Guy dit l’Enfoiré sur Agoravox
Je te signale en passant que St Guy de Bruxelles est un des membres fondateurs des Voix du Panda ! Mais il a des difficultés à digérer les feuilles de chou d'Eucalyptus ! Quand fumera-t-il avec Patrick l'Eucalumet de la Paix ? Mystère et Boule et Bill ! Mais je crois qu'il reviendra un de ces 4 ! Donc je dis Bonjour à l'enfoiré en passant, car il nous lit souvent. J'espère que nous serons sonnés par la beauté de ta sonate. Utilises-tu la sonnette d'alarme comme instrument tirant des larmes ? Bon WE
LaPie

Michèle, T. Rex, Merci pour vos gentils messages de réconfort et d'amitié que l'on a bien besoin dans ces cas là. Paul, mille merci pour ta sonate que j'ai hâte de découvrir. Plein d'amour à vous. La Pie qui n'a pas la plume en verve en ce moment et attend des jours meilleurs pour s'exprimer et participer pleinement à nouveau avec vous. Colette
taverne des poetes

Bonjour La Pie, La modération de Jamendo me fait savoir qu'il y a un problème de son sur l'album La Pie (on n'entend que le côte gauche, paraît-il). Je vais donc le refaire. Pour patienter (désolé), voici le lien vers mon "Sweet little jazz" qui devrait te faire plaisir aussi. ça vient de sortir ! http://www.jamendo.com/fr/album/71993?mailhash=2a251a16aa6ed07e330fab8b05b8f20e
taverne des poetes

Bon alors gros souci : mon album de jazz aussi déconne et il a dû aussi être supprimé. Pas de chance. Je vais refaire...
taverne des poetes

ça y est ! La sonate "La Pi"e est publiée. Je l'ai refaite hier soir et on entend bien à présent des deux côtés. là : http://www.jamendo.com/fr/album/72036

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La parole donnée

Pierre JC Allard 2010-07-22 03:25:24

pentecote1 Cet article est reproduit de CentPapiers où il a été publié il y a quelques semaines quand nous avons transforma la présentation du journal. Il explique nos intentions. J'avais promis a Patricck de le publier ici.  Voici. Je serai heureux d'avoir vos commentaires

***

La liberté d’agir a ses limites, mais celle de penser est à consommer sans modération. Et ce qui est pensé doit pouvoir être dit. C’est pour ça que CentPapiers va changer. Sous réserve de la compétence de nos techniciens pour réaliser le plan conçu, nous commencerons à grandir dans une dizaine de jours. Nous allons grandir en quatre (4) dimensions. 1.  D’abord, nous serons plus nombreux.Aux côtés des 7, d’autres blogueurs chevronnés vont venir sans contraintes.  Un système d’honneur et de confiance, pour ceux qui nous ont convaincus qu’ils avaient à dire et le disaient bien. Qu’ils savaient respecter la loi et la courtoisie. Ils n’ont pas à penser comme nous, ni comme tout le monde. Seulement à penser.  Ils ne seront pas modérés a priori, mais s’exprimeront à leur guise. Il y en a d’autres à qui ce privilège ne peut être accordé. Pas tout de suite. Mais nous publierons leurs articles d’autant plus vite que nos auteurs chevronnés nous prêteront main-forte pour la modération.  NOUS PUBLIERONS RAPIDEMENT TOUT CE QUI N’EST PAS ILLÉGAL OU DIFFAMATOIRE.   Si vous avez quoi que ce soit à dire, ne vous en privez pas. On vous passera métaphoriquement l’encre et la plume et le papier : nous croyons que c’est une condition essentielle  de la démocratie et de la liberté. À vous de.penser et de dire. Inscrivez vous en quelques secondes. Si vous vous en privez, ne vous en plaignez plus ! 2.  Nous occuperons plus d’espace.   À la « Une » de CentPapiers que vous voyez aujourd’hui, s’ajoutera une « Deux »… Puis une « Trois » quand vous serez moins timides…. Et il n’y a  pas d’autres limites que votre désir de vous exprimer et notre capacité è vous mettre en ligne.  Faites votre part :  EXPRIMEZ VOUS !  Nous ferons la nôtre dans toute la mesure de nos forces. Dans ce territoire agrandi, tous ne peuvent pas être en vedette.  Nous ne pouvons qu’appliquer des normes d’équité.  Les articles publiés le seront dans l’ordre où ils auront été reçus, puis modérés. Ils resteront visibles 72 heures et, durant cette période, ils se déplaceront périodiquement sur la page selon le nombre de visites qu’ils auront reçus.  C’est VOUS, collectivement, qui déciderez donc de la position plus ou moins prestigieuse qu’occuperont vos articles et ceux des autres auteurs. Nous ne sacrifierons pas les articles qu’une majorité de lecteurs trouveront sans intérêt… mais nous ne leur donnerons que la place qui correspond à l’intérêt qu’ils suscitent.   Chacun peut interpeller, mais nul ne doit ennuyer. 3. Nous élargirons nos horizons.  Le Québec, pour nous, c’est notre pays dans la francophonie.  L’accent sera mis sur le Québec, mais nous aurons, dès le départ, des blogueurs  d’ailleurs  sur la page d’accueil. Nous ne traiterons  pas seulement du Québec – nous sommes une petite étoile dans cette Galaxie – mais aussi et surtout du monde vu du Québec.  Pour que nous sachions comment le monde pense et que le monde sache comment nous pensons. D’abord, la France, mais aussi les USA car ce qui se passe à Washington ne peut laisser personne indifférent.  Et il y a tous les autres… Avec le temps, nous nous élargirons aussi vers de plus en plus de domaines, les sports, les arts, le quotidien sous tous ses aspects… Mais nous ne nous y avancerons que quand la demande se manifestera. 4. Nous multiplierons les procédés d’échange. Nous faciliterons d’abord l’interaction  triangulaire, en vous invitant à des forums permanents sur divers thèmes qui pourront se ramifier.   Simultanément, nous deviendrons peu à peu « multimédias ». Sans précipitation, car la forme doit rester au service de la pensée et nous ne voulons égarer personne dans les méandres de la technologie, mais vous pourrez vite  ENTENDRE certaines radios, VOIR  des photos et des dessins, évidemment, mais aussi des vidéos, en nombre croissant… C’est un plan ambitieux, mais que nous, les 7, entreprenons avec sérénité. Sans prétention et donc sans la hantise de l’échec.  Nous sommes ouverts aux conseils, car nous voyons cette entreprise comme un service. Nous commettrons des erreurs, mais nous les corrigerons.  Vous êtes tous invités à cette aventure. Pierre JC Allard

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T.REX

Bonjour M. Allard, Vaste et ambitieux programme de développement du forum citoyen du Québec que nous ne manquerons pas de suivre avec attention voire y participer à l'occasion. Les Cents Papiers sont un moyen pour les citoyens du monde de joindre l'utile "à l'art" de la francophonie. Longue Vie à la bande des 7 ! T.REX
Pierre JC Allard

Merci ! Pierre JC Allard

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A l'origine était la suite (musique)

taverne des poetes 2010-07-21 23:31:25

La suite de musiques de danses est la lointaine origine de la sonate et donc de la musique classique. L'objectif de cet article est de présenter de manière simple et pédagogique cette origine de la musique instrumentale occidentale. En fin d'article, je passerai aux travaux pratiques avec un album de ma composition dédié tout spécialement au Panda "Sonate Le Panda". C'est Jean-Sébastien Bach qui a porté l'art de la suite à son point le plus abouti. Ses suites pour violoncelle ont illustré des films. Haendel aussi composa des suites : sa grande sarabande a servi notamment de bande sonore au film Barry Lindon. I -De quoi se compose une suite ? La suite se constituait d'un prélude et d'une alternance de danses populaires lentes ou rapides. Le tout était joué dans la même tonalité (par exemple : en sol majeur). a ) Le Prélude avait pour but de permettre au joueur de luth de se chauffer et d'accorder son instrument. Cette introduction n'était soumise à aucune règle. b ) La deuxième pièce, l'"Allemande" obéit au contraire à des règles de composition très strictes, en particulier au contrepoint (mélodies superposées, comme en polyphonie : exemple le chant en canon de "Frère Jacques" dans "Trois hommes et un couffin"). L'allemande est une danse qui venait d'Allemagne, de coupe binaire au tempo modéré, avec reprises et avec des mesures de 2 ou 4 temps. Il faut s'imaginer des danseurs en couples qui évoluent sur un rythme d'une promenade. L'Allemande est l'ancêtre de la partie Allegro de la sonate. c ) La Courante vient ensuite (pas obligatoire) : c'est une danse de coupe binaire, avec reprises, à 3 temps. C'est une danse au tempo assez vif très appréciée alors des Français et des Allemands. On la qualifie de danse française. Elle vient contraster avec l'Allemande qui la précède, par sa légèreté. d ) La Sarabande qui suit est d'origine espagnole et peut-être importée du Nouveau Monde. C'est l'ancêtre du mouvement lent de la sonate. La Grande Sarabande de Haendel, oeuvre sublime, est demeurée célèbre. Elle illustre Barry Lindon, ce chef-d'oeuvre de Kubrick. C'est une danse noble et lente de coupe binaire à 3 temps se terminant généralement sur le 2ème temps. Il faut imaginer des danseurs avançant très lentement : 2 pas et un 3ème pas glissé. e ) La gigue concluait la suite dans un esprit festif et populaire. La gigue est l'ancêtre du mouvement vif de la sonate. Elle est d'origine anglaise ou irlandaise. f ) Pièces complémentaires : Entre la sarabande et la gigue pouvaient s'intercaler un menuet, une gavotte (avant d'être la vedette des festoù noz bretons, elle était une dansee médiévale originaire soit de la région des Gaves soit de Gap), une chaconne, ou une passacaille. II - Les grands compositeurs de suites : Bach et Haendel, on l'a dit. Mais aussi Couperin, Froberger, Pachelbel (et son célèbre canon), Buxtehude, Telemann, Rameau... Courte playliste : Prélude de la suite no1 pour violoncelle de Bach Allemande de Bach jouée par Glenn Gould. Allemande de la suite no1 pour violoncelle de Bach Courante de Bach interprétée par le guitariste classique John William La célèbre sarabande de Haendel III -Travaux pratiques et illustration Je termine mon propos par une composition personnelle de ce mercredi, une sonate en trois mouvements "Le Panda". Cela pêche un peu par l'interprétation car je souffre d'une névralgie bracchio cervicale qui m'empêche de répéter. Mais qu'on se rassure, ce n'est pas inaudible ! Si un instrumentiste doué pouvait la rejouer et l'arranger un peu, ce serait parfait. La sonate du Panda

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Pierre JC Allard

Bonjour Je me préparais avec enthousiasme à monter l'article sur CentPapiers, quand je me suis aperçu qu'il y avait un problème au niveau des liens… Partie remise, j'adore la musique annoncée et je suis curieux d'écouter la Sonate au Panda. :-) Pierre JC Allard
taverne des poetes

Salut JC. Le lien vers l'album fonctionnera quand l'album sera publié, ce qui devrait se faire aujourd'hui même. Ainsi vous pourrez régulariser les CentPapiers.
taverne des poetes

L'album est en ligne ! Rappel du lien : http://www.jamendo.com/fr/album/71619 Peut-être que je pourrai reprendre et améliorer les pièces de ma sonate quand le rhumatologue m'aura soigné (Je le paierai en espèces sonates non trébuchantes).
T.REX

Salut PC Article très instructif, la courante est un nom peu courant pour une danse ! Cela évoque plutôt une envie pressante ! Mais après tout la danse est aussi un désir de se presser l'un contre l'autre ! :oops:
michele delpech

Etrange ! Tout d'un coup, je pénètre dans un monde où la fascination est de rigueur. Le thème que tu as composé, Poète, permet une digression à l'infini des sens. Peu importera l'instrument. Il suffira de quelques notes et nous aurons le La du Panda. Je t'envie de savoir lire la musique.
taverne des poetes

Une erreur de lien s'est glissée dans mon article : La Grande Sarabande de Haendel est à cette adresse : http://www.deezer.com/listen-2717097
taverne des poetes

Merci Michele pour ces mots d'encouragement. C'est vrai que c'est peut-être en poète que je compose, plus qu'en musicien... J'ai reçu une critique sympa aussi sur Jamendo d'une personne étrangère qui a beaucoup apprécié. Il suffit de peu quelquefois pour faire plaisir. :-P

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Réponse à la lettre à Sarkozy

Le Panda 2010-07-21 14:26:26

" Jeudi 3 Juin pour la première fois, j'ai eu une réponse téléphonique d'un monsieur qui travaille pour les services secrets français et qui aurait reçu la lettre par mail, me disant que ce n'est pas comme cela que l'on écrit à un président etc... essayant presque de me faire culpabiliser tout en restant d'une correction irréprochable ..... un vrai diplomate !
Je me demande si en fait, il n'était pas "en mission" téléguidé par les R.G.
Je pense que l'explosion de la diffusion de ma lettre sur le net commence à faire flipper la nomenclatura qui nous dirige .
Nous avons discuté longuement de cette grande malade qu'est la France (que j'écris encore avec un F majuscule mais pour combien de temps ?) et le tableau qu'il ma décrit est encore pire que ce que je m'étais imaginé ! "
Pour voir la lettre : cliquez sur ce lien

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taverne des poetes

Salut Le Panda, Je n'ai pas lu ta lettre mais je te soutiens en te dédiant spécialement une sonate en 3 mouvememnts que tu pourras écouter dès demain. La sonate s'appellera évidemment "Sonante Le Panda". Je l'ai composée à l'occasion d'un article que je publierai ici sur la suite baroque, ancêtre de la sonate. à plus ! Cordialement. :lol:
T.REX

SALUT PANDA REBELLE, Pour ceux qui ne l'ont pas lu cette fameuse lettre tu pourrais peut-être ajouter un lien vers Elle afin qu'ils comprennent de quoi il retourne ?! Ne serait-ce pas judicieux cher maître :?:
michele delpech

Moi, je sais ce que tu lui a écrit : Monsieur le Président, Je vous écris cette lettre parce que je me sens pas bien. J'ai mangé beaucoup trop de couleuvres depuis que tu es arrivé au pouvoir. Alors, j'aimerais pouvoir changer de régime alimentaire pour que mon estomac se taise un peu. Je voudrais que vous m'envoyiez une bonne bouteille de champagne de votre cave présidentielle, ainsi qu'un seau de caviar béluga. Comme cela, je me sentirai beaucoup mieux !!! Si on dit le texte façon petit nègre (pardon à nos amis africains) ça fait un effet boeuf !
taverne des poetes

Je me souviens finalement d'avoir déjà lu cette lettre mais je n'avais pas fait le rapprochement avec Le Panda. "ce n’est pas comme cela que l’on écrit à un président". ET lui, comment il s'adresse aux Français ? Par le mensonge, la parole donnée et reprise, l'insulte, l'amalgame, le mépris ? Il n'inspire aucun respect.
michele delpech

Je viens de lire cette lettre du Docteur Sadek. Qu'il soit remercié d'avoir fait le boulot à ma place. Depuis l'élection du nain au pouvoir suprême, je clame à qui veut l'entendre ce vers quoi nous allons sans que ça bouleverse les esprits les plus fins. Oui, il va falloir organiser la lutte afin qu'enfin nous ayons une évolution, et non une révolution, de notre société qui dérape de plus en plus vers l'absolutisme étatique, puis religieux ; dont les voyous de tous ordres sont devenus un des rouages. Car, n'en doutons pas, le pays sombre dans le désespoir. J'espère ne pas connaître les ambiances de mort de certains pays tenus par une dictature ; ou les truands, politiques et de droit commun, assassinent le petit peuple à qui mieux mieux, au gré de leurs nécessités et envies. Mais pour résister, on doit être fort. Pour être fort, on doit savoir ce à quoi l'on s'attaque, et la manière d'y répondre de façon constructive, pour tous et non pour une seule classe. Les révolutions reviennent toujours à leur moment zéro. Evoluons et nos descendants auront une chance plus importante de ne plus connaître le chaos. Nous devons en premier lieu protéger notre code civil de toutes les perfidies du moment. Nos institutions doivent être écrémées de ses éléments pernicieux. La laïcité doit être le ciment du pays. Un sixième de citoyens d'essence musulmane ne doit pas nous inciter à déroger à quoi que ce soit dans ce domaine, sinon nous sommes foutus, et eux aussi.
T.REX

C'est bien se que je pensais ! C'est la lettre du Docteur SADEK qui offrait à Nicolas un cadeau Sadique : Le fameux Croc de Boucher pour qu'il aille se faire pendre ailleurs ! Mais pourquoi Nicolas veut-il que le Panda soit Pendu ?! Ce n'est pas lui qui l'a écrite ! Tous les médias qui l'ont diffusés vont-ils subir des représailles :?: Résistons aux intimidations et Soyons solidaires avec M. SADEK pour le protéger même s'il est vrai que son adresse au Président ne respectait pas le protocole en montrant les crocs! 8-O

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Saint-Flour - Halle aux Bleds

Le Panda 2010-07-21 14:21:00

A l'occasion de l'exposition CARPENTIER et dans le cadre des "Soirs d'Eté à la Halle aux Bleds", la SAMHA (Société des Amis du Musée de la haute-Auvergne), en partenariat avec la ville de Saint-Flour, a convié une nouvelle fois Hélène Deronne, conférencière en histoire de l'art qui avait le16 avril dernier captivé l'auditoire autour des courants picturaux du XIX ème siècle. Grâce à ses qualités pédagogiques, elle sait rendre accessible à tout public sa passion pour l'art. Une invitation à venir l'écouter sans complexe tout en découvrant l'exposition qui établit tous les jours de nouveaux records de fréquentation. Cette rencontre est fixée au samedi 24 juillet à 20 h à la Halle aux Bleds - entrée libre avec pour thème : "Les femmes artistes à travers l'histoire de l'art" "A travers les siècles, des femmes furent artistes peintres ou sculpteurs. Mais qui sont-elles? Avaient-elles les mêmes carrières, les mêmes possibilités de vivre de leur art que leurs homologues masculins? A partir d'exemples de femmes artistes choisis à travers l'histoire de l'art, la conférencière démontrera la difficulté que toutes ces artistes ont eue ainsi que leur courage et leur talent pour braver une société souvent hostile à leur art au féminin." Durée de la conférence : 1 h avec projection de l'image des œuvres. Hélène DERONNE, maître de conférences en histoire de l’art à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse. Hélène Deronne est diplômée de l'Ecole Nationale du Louvre, ancienne conservateur des Musées du château de Pau et du Musée du château de Dourdan, spécialiste en histoire de l'art du monde moderne. Dans le cadre de sa profession d'enseignant chercheur, elle a publié de nombreux articles dont "Reynaud Levieux, peintre du XVIIème siècle" ainsi que sur les peintres provençaux du XIX ème siècle dont elle est une des spécialistes. Actuellement, présidente des Amis du Musée d'Art Contemporain et du Musée des Beaux-Arts de Nîmes (AAMAC), elle est notamment responsable de la publication "Le regardeur" dont le dernier numéro est justement consacré aux femmes artistes avec, dans l'orientation bibliographique, la référence aux travaux de Marion BOYER, commissaire de l'exposition "Passion Carpentier" (Marion Boyer, une école de femmes au XX ème siècle, Clermont-Ferrand, Edition Un , Deux....Quatre,1998.) Renseignements pratiques: SAMHA : tél. : 04 71 20 64 94 ou 06 01 82 81 13

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michele delpech

Dans le domaine artistique, les femmes ont souvent été le faire valoir des hommes, avant d'être leurs muses. Elles ont pallié leurs manques. Et ça continue aujourd'hui encore, même si la société occidentale a évolué dans ce domaine. C'est un éternel combat contre le rapport de force.

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Les Voix du Panda et les faux laitages

risete 2010-07-21 09:00:43

YAOURTS ACTIVIA ET ACTIMEL    DANONE OBLIGÉ DE RETIRER SA PUBLICITÉ MENSONGÈRE APRÈS 15 ANS DE  MATRAQUAGE ET DE DÉGÂTS.   Le « pavé dans le pot de yaourt » qu'à lancé  Didier Raoult, chercheur français dans la prestigieuse revue   scientifique « Nature » de septembre 2009 a fini par être payant. Pour le patron du labo de virologie de la Timone à Marseille, les  yaourts et autres boissons lactées farcis aux probiotiques que l'on nous fait avaler depuis près de 20 ans auraient une grosse part de  responsabilité dans l épidémie d obésités qui frappe les enfants.  Les probiotiques que Danone ajoute à tout va dans divers yaourts sont selon les allégations de la marque assénées à la télévision, censées « booster » les défenses immunitaires.  On en trouve plus de 1 milliard par pot dActivia ou dActimel. Le hic est que ces bonnes bactéries « actives et vivantes », dixit Danone, sont les mêmes que celles utilisées depuis longtemps dans les élevages industriels comme activateurs de croissance pour faire grossir plus rapidement cochons et poulets.  Un porc ainsi gavé de probiotiques, c'est plus de 10 % de gagné sur la balance.   Danone pousse donc à « élever » nos enfants comme des cochons ou des poulets….  En fait, en début d'années, des chercheurs ont eu l idée de comparer la flore intestinale des obèses et des non obèses. Et là, surprise, les premiers étaient bourrés de probiotiques - ceux qu on trouve justement dans les yaourts « santé plus ».  Didier Raoult commente : « On a autorisé pour l alimentation humaine des activateurs de croissance utilisés dans les élevages, sans chercher à savoir quel serait l effet sur les enfants ».  Du coup, celui-ci a réclamé des études pour connaître le rôle précis de TOUS les produits lactés dans l épidémie d obésité infantile. En outre, il n  y a pas que les enfants qui sont victimes de cette supercherie ; j'ai rencontré de nombreuses femmes potelées bien que sous alimentées, et qui cherchaient désespérément à maigrir en se limitant à quelques yaourts par jour plus quelques babioles. Et désespérante désillusion, elles continuaient à grossir, étaient de plus en plus fatiguées et fragiles, surtout en hiver où il est  indispensable de se YANGUISER, alors que les yaourts sont hyper YIN.  D’où l article « Aigle moqueur » que j avais passé dans « Pratique de Santé » sous le titre « DEVENEZ XXL AVEC DES YAOURTS » Finalement, les semeurs d alerte indépendants ont fini par émouvoir les services officiels avant que le scandale n éclate trop au grand jour.  C’est ainsi qu’ils viennent de mettre la pression sur le groupe  Danone, l obligeant, selon les termes délicats des grands journaux «à revoir sa copie» (Un monstre comme Danone, ça se ménage…). Il faut tout de même réaliser que cela pourrait être un coup dur pour le lobby puisque les groupes Actimel Europe et Activia Europe pèsent ensemble >  1,5 milliards d’euros sur un chiffre total Danone de 15 milliards,  soit 10 %.  Mais je ne me fais guère de soucis pour cette entreprise de tricheurs, car entre ses discrètes et adroites manœuvres de retrait publicitaires et les addictions de beaucoup de consommateurs automatisés, il n'y a pas vraiment le « feu au lac », en attendant qu’on nous invente une autre « salade à la mode » Faites passer...... Ainsi s’exprime pour informations Risete  

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T.REX

ça fait peur !! Le Yahourt aux probiotiques qui fait grossir ! L'obésité est en forte croissance elle aussi ! Il semble que nous ne sommes que des cochons de consommateur pour Danone ! Vivement l'interdiction des Alicaments !
michele delpech

La seule solution intelligente, c'est de ne pas acheter tout ce qui est trafiqué. Ma maman ne jure que par Act... Heureusement qu'elle a retrouvé son poids de jeune fille, parce que sinon, c'est Mama qu'on devrait l'appeler. Moi, j'achète souvent le moins cher, en ce qui concerne les produits tout fait. Je ne parle pas des plats cuisinés, que je n'achète jamais. Je sais faire la cuisine, et même s'il ne me reste que des pâtes et un bout de saucisson, j'accomode. On peut inventer, en cuisine. C'est de l'art. Alors, foin de la racaille qui voudrait nous faire bouffer de la merde. Qu'ils aillent se faire me...r...ttre !!!!!!!
michele delpech

A propos de cuisine, je vous propose des courgettes farcies à ma manière : Hacher du bœuf pas gras et des lardons congelés avec une moulinette - Cet instrument est fabriqué chez Moulinex, en France. Il faut y aller mollo parce que la machine a vite fait de rendre votre produit totalement informe. Après, hacher des oignons et échalotes. Incorporez à la viande. Je ne donne pas de proportions, car c'est à vous d'imaginer votre farce, une fois finie. Faites cuire à feu vif, dans un fait tout par exemple. Quand le mélange est bien cuit, ajouter à votre convenance : sel, poivre, épices, piment. Goutez, puis râper du Cantal à votre convenance. Puis ajouter de la crème fraîche. Laisser mijoter un quart d'heure à feu doux, puis passer au chinois, en ayant soin de conserver le liquide obtenu. Préparez vos courgettes et autres poivrons en les évidant consciencieusement. Y poser délicatement la farce et napper avec le liquide obtenu au chinois. Enfournez à four bien chaud. Laissez-vous guider par votre tarin, organe si essentiel lorsqu'on parle de gueuleton. Au bout d'une demi-heure, piquez votre préparation pour voir si la cuisson est convenable, sortez du four à ce moment-là et servez avec du riz - Le basmati est parfait, car très fin. Je présente le riz en le plaçant dans une tasse à thé et en retournant la tasse sur l’assiette. Cela fait un dôme de très bonne allure. Nappé de la sauce du plat et guidé par une moitié de courgette ou de poivron, avec une pointe de salade bien verte du jardin, c’est un régal digne de tables raffinées. Un bon Bordeaux ou même un cidre de bonne facture agrémentera fort bien votre repas. Une salade ne sera pas de trop, en la circonstance. S’il vous faut du pain pour saucer, je vous suggère de le faire vous-même, avec de la farine biologiquement saine. Ainsi, même les asticots seront heureux de voir que vous ne leur polluez plus l’existence. Merci pour eux.
T.REX

il existe aussi la fleur de courgette farcie !! c'est encore plus étonnant, non ? Une saine alimentation est préférable à l'utilisation d'aliments supplémentés en "tout ce qu'on veut" pour pallier les carences d'une alimentation déséquilibrée! 8-O
Pierre JC Allard

Bonjour Risette Cet article peut être une bombe. M'autorisez-vous a y mettre un titre qui colle à ma clientèle québécoise, tout en mentionnant le titre initial, bien sûr ? Pierre JC Allard
risete

Posté par 5313 :
Cet article peut être une bombe. M’autorisez-vous a y mettre un titre qui colle à ma clientèle québécoise, tout en mentionnant le titre initial, bien sûr ?
Ce texte se trouve sur internet sur plusieurs sites, cette information doit être diffusée... Cordialement Risetre
Pierre JC Allard

Merci risette L'article a été mis en vedette chez-nous et - bien qu'il coincide avec un changement de programmeur qui transforme CentPapiers aujourd'hui en une zone sinistrée - il ira chercher quant meme ses 1 000 visites. C'est le genre de nouvelles qui montre l'importance des blogs… car les medias trado en traitent bien pudiquement. Continuons le combat Pierre JC Allard
risete

Bonjour, Merci Cordialement Risete

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QUAND ON DEGOISE SUR LES COLLEGUES, ON S'PREND UN RATEAU !!!

michele delpech 2010-07-21 06:25:31

Dans notre carré de condamnés au boulot, y'en a qui dégoisent à tout propos. Ca les démange, les gonzes, tellement qu'devant Tatie Danielle, leur langue pendent jusque dans leurs godasses. Après, si on leur frappe un grand coup dans les esgourdes, y' s'emplafonnent les roubignoles. Comme des clébards, ils sont ces emplâtrés. Après une femelle y' sont, l'œil torve et la banane turgescente. Manque de bol, y'a mémère qui veille au troupeau. Elle leur place son cataplasme entre les portugaises. Mais y'en a un qui s'rebiffe et qui aboie bien fort. Alors, la vieille se démonte pas. Elle lui dit son fait, au spadassin à la lame émoussée. Alors, l'aut'e se dégonfle dans son calbute. Il évagine son dernier râle de c'qui lui sert à jacter et il se barre, péteux,  dans son futal crasseux.

 

V’là une tranche de vie dans mon boulot d’soiffards. A la r’voyure, les aminches !!!

 

La mémère en folie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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michele delpech

Quand est-ce qu'on mange, Mamie gâteau ?
T.REX

C'est du Audiard dit par un Gabin au féminin ! Et Oui, C 'est ca la vraie vie, Sale Gabine ! :wink:
michele delpech

Posté par 5329 :
C’est du Audiard dit par un Gabin au féminin
Merci pour le compliment. Pour quelques lignes, un jet suffit. Pour un scénario ou un bouquin, c'est autre chose, même si on a la plume facile. Il faut des circonstances atténuantes, pour glisser sur la savonnette. Mais attention au placage. On sait jamais avec qui on tombe. Alors, gaffe les gonzes. Mettons-là en veilleuse et chiquons. Ca laisse la bavarde au repos et ça met la cafetière sur le gril. Comme ça, on fait moins d'connerie. Bises à toi, mon vieux saurien !!!

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On ira tous en garde à vue

taverne des poetes 2010-07-20 16:15:48

On ira tous en garde à vue même moi Qu’on soit coupable ou qu’on le soit pas, on ira. Toutes les bonnes sœurs et tous les voleurs Toutes les brebis et tous les bandits On ira tous en garde à vue On ira tous en garde à vue, même moi Qu’on soit ventru ou qu’on soit exclu, on ira Avec les saints et les assassins Les femmes du monde et puis les putains On ira tous en garde à vue… Liens : La France, mauvaise élève en matière de garde à vue (Le Figaro) Les statistiques officielles sous-estiment le nombre réel des gardes à vue (Le Monde) Gardes à vue : le Conseil constitutionnel se prononce le 30 juillet sur les QPC (questions prioritaires de constitutionnalité) (Le Nouvel Obs) La garde à vue devrait se limiter aux infractions d’un certain niveau et devrait respecter les droits de la défense, comme c’est le cas chez nos voisins. Malheureusement la “France d’Après” se singularise aussi sur ce point vital qui ne lui fait pas honneur et la garde des sceaux n’envisage qu’une réforme mineure de la procédure. Meine pititeu blog.

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michele delpech

Y'en a que j'pendrais volontier au premier réverbère venu !!!!!
T.REX

Je ne suis partisan de cette mode d'opposition systematique à toutes les mesures "policières" ! LA POLICE EST INDISPENSABLE à une société civilisée et il faut lui donner les outils pour qu'elle puisse faire son boulot de polissage si l'on veut vivre un minimum en sécurité et que la lumière et la justice soient faitent à défaut d'être "fêtes" ! Le tout est une question d'équilibre afin de ne pas basculer dans l'excès et l'injustice. Personnellement j'estime que c'est globalement un avantage pour la justice qu'il n'y ait pas d'avocat lors de la garde à vue, car c'est là selon les statistiques que la majorité des affaires se résolvent alors que si l'avocat était présent il n'y aurait pratiquement plus moyen de faire avouer un crime ou même d'obtenir des réponses exploitables aux questions policières ! J'admets qu'il y ait des excès, des méthodes psychologiques ou physiologiques pour faire craquer les gardés en vue, ces derniers avouant des fautes non commises sous la pression puis se rétractant. Mais c'est quelques bavures n'enlèvent pas tout intérêt à un système qui a fait ses preuves. Si l'on donne un revolver déchargé à notre police, il n'y aura plus de bavure mais il n'y aura plus non plus de frein à l'insécurité. Avis aux paranoïaques de l'injustice. :evil:

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Nicolas le Rigoureux ?

taverne des poetes 2010-07-20 10:23:37

Il est apparu à la télévision, le visage tranquille, la voix calme et les cheveux opportunément laissés grisonnants en marque de sagesse. Puis il s’est paré d’une nouvelle vertu, il s’est dit “rigoureux”. Abracadabra ! Nicolas le Dispendieux serait devenu rigoureux ! Examinons la réalité des faits. Je présenterai mon argumentation en deux temps. D’abord, je montrerai que ses dépenses somptuaires sont plus folles que jamais, ensuite j’exposerai comment les sacrifices seront portés sur les seules dépenses sociales et les classes moyennes. I - Le train de vie hallucinant de Nicolas le Dispendieux Vous trouverez dans l’article d'Imhotep des éléments qui démontrent que les folles dépenses de l’Elysée n’ont pas cessé, bien au contraire. Pour la deuxième année consécutive, la Cour des comptes a rendu public, jeudi 15 juillet, un rapport sur “les comptes et la gestion des services de la présidence de la République pour l’exercice 2009?. Le premier président de la Cour, Didier Migaud, étant un ancien député socialiste, on ne pouvait logiquement le suspecter de collusion. Mais Imhotep défend un point de vue différent. Il nous dit que la publication du rapport a été différée de quelques jours sur l’ordre de l’Elysée et rappelle que Didier Migaud est l’homme qui a refusé en 2009 une enquête parlementaire sur les sondages contestés de l’Elysée, sondages confiés sans appel d’offre et à des tarifs exorbitants à des sociétés amies. Migaud serait-il le pendant financier de Philippe Courroye, autrement dit un allié très complaisant, voire un serviteur ? L’auteur de l’article le pense en tout cas. L’auteur poursuit en montrant comment des dépenses censées réduites ont été glissées vers d’autres lignes budgétaires ou minimisées par des tours de passe-passe. Il dénonce également l’affichage de fausse vertu. Ainsi Migaud félicite-t-il presque le président de rembourser en partie des dépenses personnelles qu’il a faites en puisant dans les caisses de l ‘Etat : en novembre dernier, il a remboursé 9.645,55 euros au titre de ses achats privés du premier semestre 2009. C’est du même tonneau que le ministre pris la main dans le sac des cigares ! Ce n’est pas ça la vertu, c’est de la réinsertion sociale de délinquant tout au plus ! II - La rigueur sera portée par les pauvres et les classes moyennes Nous ne sommes pas encore à la rentrée que déjà l’on évoque une taxe pour les personnes âgées de plus de 50 ans ou une assurance privée obligatoire pour payer leur future dépendance, les avantages fiscaux des services à la personne sont revus à la baisse (on les amalgame avec les niches fiscales des privilégiés), les aides aux étudiants réduites, et on augure l’inévitable hausse des impôts à laquelle les Français se seraient paraît-il résignés (puisque des sondages le disent !). Voilà pour les classes moyennes et encore j’en oublie. Voyons les pauvres à présent. Les coupes claires dans les politiques sociales sont impitoyables. Il y a d’abord la restriction de l’accès aux soins pour les personnes défavorisées (réduction de l’aide médicale d’Etat : AME). Pour le logement social, François Fillon a signifié que l’Etat va réduire son aide au logement social à hauteur de 340 millions d’euros (interview au quotidien Les Echos du 6 juillet). De manière générale, l’Etat cherche à faire 1,5 milliard d’économies sur les aides à l’accession à la propriété (Le Monde 09.07.10) : l’accession à la propriété est moins aidées avec la période de doublement du PTZ (prêt à taux zéro) qui prend fin et les avantages pour l’habitat écologique sitôt créés et sitôt supprimés (quelle inconséquence !) Les plus vulnérables sont mis à l’amende : ainsi l’allocation aux adultes handicapés sera revalorisée en six ans au lieu de cinq, les emplois aidés qui passent de 400 000 à 340 000 l’an prochain. Et notre ministre du budget de s’en faire une vertu : “La France n’a jamais accompli un effort aussi considérable” (dans un entretien publié par Les Echos le 6 juillet). L’effort est certes considérable mais il n’y a pas de quoi se vanter de taper sur les petits et cet effort d’ailleurs très insuffisant n’est pas partagé par les riches. Il pèsera exclusivement sur le “Tiers-Etat” qui, contrairement à ce que disait l’abbé Siéyès n’est toujours rien !

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taverne des poetes

Pardon, j'ai oublié dans le point I l'achat de l'avion personnel de luxe pour près de 200 millions.
Le Panda

Salut La taverne, Pour le moins que j'ai pu lire, il y a le feu dans la grange, donc nous avons planté le décor, quand aux 200 millions c'est une broutille dans le calcif du calif :twisted: Il faudrait partir à la recherche du point "G" et nous aurons peut-être la chance extraordinaire de trouver le vide sidéral :roll: Il se trouve à la une pour ne pas voir son âme :-| Le Panda :-?
taverne des poetes

Salut Panda, Le portrait défiguré de Sarkozy me semble de trop ; cela pourrait détourner des lecteurs qui jugeraient a priori l'article pas sérieux. A ôter STP. Je rappelle le programme de Sarkozy de 2007 qui tient en trois points : 1 - Se faire des couilles en or 2 - Se faire des couilles en or 3 - Se faire des couilles en or Pour cela, si vous pouviez tous travailler plus et plus longtemps et payer plus de taxes... Merci. Il vous en remercie.
Le Panda

Quand il s'agit de Sarkozy c'est vrai, il vient et repart. Alors voila :roll: Le Panda 8-O
T.REX

Je suis personnellement touché par le projet de suppression, au choix de la demie part ou de l'APL pour les étudiants à la charge de leurs parents et effectuant des études loin de leur foyer! Et évidemment je trouve cette mesure en défaveur des étudiants encore plus honteuse que les autres vu que je suis concerné d'une part (ou plutôt d'une demie part) et que des étudiantes se prostituent pour payer piaule et études d'autre part (voire d'autre partouze)! La suppression de l'aide à l'accession à la propriété est lamentable également pour un Président qui voulait que (j'saispucombien)de Pour cent de pourceau et pur sang français soient proprios !! C'est vraiment une politique de friqués à l'usage des riches ! La preuve c'est que l'on défiscalise la totalité des intérêts d'emprunt sur 10 ans pour les achats immobiliers (par les friqués) en vue de location (aux pauvres) alors que l'on supprime l'avantage des (2 ans?) de déduction des intérêts pour l'achat d'une résidence principale concernant principalement la classe moyenne et le taux à prêt Zéro pour la classe passablement mal payée ! On en passe et des meilleurs ! Votons "Social" :twisted:
michele delpech

Quand est-ce qu'on lui coupe les couilles, au nain ?

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Le petit procureur du roi

taverne des poetes 2010-07-19 11:19:33

Il a pour nom Philippe Courroye. Il est le valet du court roi. Il est au service de la cour, L’allié de Liliane Bettencourt. Avec lui, riches et puissants Trouvent toujours un arrangement. Un coup d’fil au proc de Nanterrre, C’est une affaire qu’on enterre ! Sarkozy donne ses instructions Pour qu’il n’y ait pas d’instruction. Philippe Courroye de transmission Accepte et brouille les transmissions : Il triera les informations En faisant surtout attention De mettre en avant toutes celles Qui empêchent que la chancellerie chancelle Impliqué par le majordome ? « Et alors quoi ? Y’a pas mort d’homme ! » Ce n’est pas l’inspecteur Derrick Qui s’occupera d’l’affaire d’Eric. Du proc, Sarko a fait un juge ! Et donc l’affaire il se l’adjuge. « Cuisine de justice et dépendances » Voilà l’image que donne la France. Elevé à l’ordre du mérite Par le puissant prince de Neuilly Si la confiance périclite, Il ne faut pas être surpris. Ce proc prononce des gardes à vue Et protège les gens en vue Il sait se mettre au garde à vous Mais comme il s’occuperait de vous ! Cet étouffeur d’affaires sensibles Sans pitié vous prendrait pour cible. Et pire sera la suppression De la fonction d’juge d’instruction. C’est désormais maître Le Borgne Qui s’exprime au nom d’Eric Woerth. Dans l’herbe court la souris verte Que s’apprête à cueillir le borgne… Mon blog

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LaPie

Mettre la politique en vers, je trouve ça extraordinaire :lol: En lisant votre poème, j'ai des souvenirs des fables de Lafontaine :wink: Merci pour cette forme d'humour :!: La Pie
taverne des poetes

La pie, si vous aimez çà, il y a une suite sur mon blog. J'ai écrit en fin de matinée une parodie de "Je reviendrai à Montréal" de Charlebois. Cela s'appelle "Je reviendrai à L'Oréal" par Jean-Charles Bois (bien sûr). :-D :-D
Le Panda

Taverne, Salut, je suis absent pour des raisons personnelles, durant environ 1 mois, mais heureusement Le Panda n'est pas seul à bord :lol: Je pensais recevoir un de tes "avatar" plus récents, par contre tu as un lien permanent vers ton "blog", infos pour La pie :idea: Je trouve qu'en prenant de la bouteille :lol: Ton talon est supérieur à Achile :-P Alors il te reste plus, mon Cher quà ne pas confondre La Fontaine et Montesquieu :wink: Donc envoie les suites avec plaisirs le tien le notre etc....tu connais la Chanson :?: Effectivement tu peux aussi, t'inscrire au fil RSS, ainsi nous récupérons à partir de septembre toutes tes publications cela va de soi, avec ton accord si tu nous le donnes :mrgreen: Bien de talents trop de temps enfermé dans une Taverne, sort du Tonneau et à Table Le Druide :roll: Le Panda :lol: :lol:
taverne des poetes

Salut panda, C'est d'accord pour le fil RSS. Pour l'avatar, je verrai plus tard. Pour le moment, comme je suis dans ma période chansonnier, cette photo finalement convient. J'en suis réduit à écrire seulement des paroles de chansons, vu que je ne peux plus actuellement jouer de la guitare ni du piano à cause d'une méchante et persistante NBC (névralgie brachio cérébrale) un temps même couplée avec une tendinite. Aïe !!! Tant pis pour Sarko, il n'avait qu'à me payer le rhumatologue et l'ostéopathe... :twisted: :twisted: La musique me manque car je considère la chanson comme un art mineur et peu gratifiant. Mais comme on dit "libre dans sa tête" : je compose des variations, des sonates et des symphonies dans mon lit. La chanson permet néanmoins de dire plus de choses sans risque de poursuites (liberté artistique). hé hé !
T.REX

BONJOUR LA TAVERNE, Tu bonifies comme le bon vin en prenant de la bouteille ! Très jolie chanson niée par les intéressés ! :mrgreen:

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Eric Woerth, la lanterne rouge du gouvernement

taverne des poetes 2010-07-15 14:39:56

En titrant mon article ainsi, je ne veux en aucun cas porter préjudice à David Millar, ce grand champion actuellement en grande méforme et lanterne rouge du peloton et que je respecte pour son palmarès et pour son capital sympathie. Non, je parle bien d’Eric Woerth, ce ministre complètement largué. Et vous savez quoi ? Tous ses équipiers ont décidé de rétrograder à son niveau pour le soutenir dans les cols, jusqu’au porteur du maillot de leader, Nicolas lui-même ! La république des copains mérite bien cela et au diable la victoire d’étape (le dossier des retraites).  Au diable aussi le podium de 2012 ! A-t-on jamais vu un aussi grand esprit de sacrifice et d’abnégation ? La voiture-balai est là. Elle suit ce coureur en perdition qui a peu de chances de terminer dans les délais. Ses équipiers le soutiennent “à mort” et insultent à tout-va leurs adversaires, les traitant de fascistes des années 30 et de calomniateurs. Ces injures laissent sans voix les commentateurs “agités” mais pas ce blogueur du MoDem, Jean-Claude Mathon qui pousse un coup de gueule viscéral. Le courageux Eric Woerth ne posera pas pied à terre malgré l’affaire qui le touche sérieusement. Pris sur le fait comme un athlète dopé, il nie tout et pourtant tout (presque) était vrai, comme le fait remarquer Jean-François Kahn. Deux personnages connus et très respectés (Simone Veil et Michel Rocard) sont venus nous expliquer qu’il fallait arrêter de parler de ces affaires :”halte au feu !” ont-ils dit. Ces deux personnalités très populaires ne sont décidément plus du tout dans le coup. Et où sont-ils quand il s’agit de dénoncer le sort de la presse et de la justice, très malmenés par l’UMP dans cette affaire ? Que pensent ces deux dinosaures, par exemple, de la politique de santé de Madame Bachelot, la désastreuse responsable du dossier de la grippe H1N1 ? Que pensent-ils de la politique de l’emploi des jeunes et des seniors ? Rien, on dirait ! En vérité, ne serait-il pas préférable de faire une course intelligent en visant la victoire d’étape ? Cette réforme des retraites n’est pas terminée et plusieurs points méritent discussion et amendements. François Bayrou ne dit pas autre chose. Pour ce faire, il est urgent de dissocier le dossier des retraites de la personnalité d’Eric Woerth et des affaires qui l’entourent. A moins que Nicolas Sarkozy ait pris Woerth en otage, comme bouclier, comme dernier fusible, par peur d’être lui-même éclaboussé… C’est vrai que c’est tellement plus logique à ses yeux que le recours aux instruments que donnent notre constitution : l’engagement de la responsabilité du gouvernement, le droit de dissolution de l’Assemblée, le référendum… Alors, quoi, “On n’est pas bien là, près de la voiture-balai ?” Une chanson pour s'en amuser ? Lily Bettancourt (chanson des faubourgs) Elle a plein d’amis à Neuilly, Lily Elle aime beaucoup Sarkozy, Lily. Et ce serait de mauvais gré Qu’elle irait en Suisse émigrer Du moins c’est c’qu’on dit à Bercy. C’est la patronne de L’Oréal, Lily. Mais cela lui est bien égal, Lily. Et l’argent de ses cosmétiques, Il va droit chez les Helvétiques Grâce à ses amis politiques. C’est là qu’elle a connu Eric, Lily, Un gentil gars bien sympathique, Lily. Qui vient souvent chercher du fric Dans sa belle maison de Neuilly Pour la campagne de Sarkozy. Si elle amasse autant de biens, Lily, C’est seulement parce qu’elle le vaut bien, Lily. N’allez pas dire qu’c’est pas normal, D’échapper au contrôle fiscal Tout cela est parfaitement légal ! C’est qu’elle aime trop la liberté, Lily Et son credo, c’est l’amitié, Lily C’est pourquoi elle graisse la patte Du premier candidat de droite. C’est qu’elle aime bien son pays. La Taverne  des Poétes

Commentaires

Le Panda

Je vais te mettre le lien de la chanson, où tu pourras l'écouter :wink: Cet article và aller outre Atlantique :wink: Salut à toi trés cordialement Le Panda qui revient :idea:
taverne des poetes

Il y a une suite : "L'emmerdant c'est l'Arros" Publié sur mon blog à l'instant :http://tavernedespoetes.lesdemocrates.fr/2010/07/16/lemmerdant-cest-larros/ On se souvient de Le Luron Un soir à la télévision Qui jeta un froid dans les rangs De Mitterrand. Aujourd‘hui le gouvernement Peut bien faire cent remaniements C’est bien trop tard, l’embêtant court : Bettencourt ! L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros Crois-moi Toi qui passes pas sous les échelles Par crainte et par superstition, Sais-tu qu’il vole vers les Seychelles Ton pognon ? Elle s’est acheté l’île d’Arros, La dame qui roule en carrosse. L’paradis à trois sauts de liane Pour Liliane, L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros Crois-moi Toi qui cherches quelque argent Pour te boucler la semaine Dans la ville tu promènes Ton ballant Cascadeur, soleil couchant Tu passes devant les banques Si tu n’es que saltimbanque L’emmerdant.. L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros L’emmerdant c’est l’Arros Crois-moi. Le dernier couplet est inchangé par rapport à la chanson de Bécaud.
michele delpech

Si Eric Woerth vend son slip aux enchères, il y aura matière à discution !!!
T.REX

La blague à la mode Rosbeef : L’Oréal ? Because I’m Woerth It ! Parce que je le vaux bien ! :mrgreen:

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LES VOIX DU PANDA : LA LAPIDATION

LaPie 2010-07-15 11:16:54

En Iran, depuis la révolution islamique, la loi autorise un homme à posséder autant de femmes qu’il le désire, en mariage temporaire. Et aux yeux des lois de la république des mollahs, une fille devient une femme à 9 ans. Nous appelons ceci de la pédophilie dépénalisée. En vertu de la charia appliquée en Iran, un individu condamné à la lapidation doit être enterré jusqu'au cou dans le cas d'une femme et jusqu'à la taille dans le cas d'un homme. Ceux qui assistent à l'exécution sont appelés à jeter eux-mêmes des pierres. Si le condamné réussit à s'extirper du trou, la sentence est commuée. Depuis le début de l'année, plus de 100 personnes ont été tuées par lapidation en Iran. Embarrassé par la désapprobation internationale, le pays a rarement pratiqué des lapidations publiques ces dernières années. L’Iranienne Sakineh Mohammadi Ashtiani vient d'échapper à une exécution par lapidation suite à une grande mobilisation internationale. Mais elle pourrait être condamnée à la pendaison et la peine de mort par lapidation quant à elle continue d'être appliquée. A l'heure actuelle, près d'une quinzaine de personnes risquent d'être exécutées par lapidation, pratique consistant à enterrer les victimes jusqu'au cou et à leur jeter de grosses pierres sur la tête. Le sursis partiel accordé à Sakineh, suite à un appel à la pression internationale lancé par ses enfants pour lui sauver la vie, a montré que si nous sommes suffisamment nombreux à nous mobiliser et à dénoncer l'horreur de cette pratique, nous pouvons lui sauver la vie pour de bon et obtenir l'arrêt de la peine de mort par lapidation. Signez la pétition urgente et faites la suivre à tous -- mettons un terme à ces exécutions cruelles dès maintenant ! http://www.avaaz.org/fr/stop_stoning/?vl Sakineh a été reconnue coupable d'adultère, tout comme 12 autres femmes et 1 homme également condamnés à la lapidation. Mais ses enfants et son avocat ont affirmé qu'elle était innocente et qu'elle n'avait pas eu droit à un procès équitable : ses aveux auraient été obtenus sous la contrainte, et parce qu'elle ne parle que la langue azérie, elle n'a pas pu comprendre les questions qu'on lui a posées pendant le procès. Malgré la signature par l'Iran d'une convention de l'ONU limitant le recours à la peine de mort aux "crimes les plus graves" et malgré la loi votée l'an dernier par le Parlement iranien pour interdire la lapidation, l'exécution des adultères par lapidation continue d'être pratiquée. L'avocat de Sakineh estime que le gouvernement iranien "craint la réaction de l'opinion publique iranienne et l'attention internationale" à l'égard des peines de lapidation. Et c'est peu après les déclarations des ministres turc et britannique des affaires étrangères contre la condamnation de Sakineh que celle-ci a été suspendue.   Les enfants de Sakineh coordonnent avec courage la campagne internationale pour sauver leur mère et mettre fin à la lapidation. Une condamnation mondiale massive pourrait permettre de stopper cette pratique odieuse. C'est le moment de se mobiliser partout dans le monde contre cette barbarie. Signez la pétition pour épargner Sakineh et pour mettre un terme aux lapidations: Avec espoir et détermination, Alice, David, Milena, Ben et toute l'équipe d'Avaaz La Pie

Commentaires

Le Panda

La pie, Voici un lien qui parle de ces barbares, il faut agir, âmes sensibles n'hésitez pas à regarder cette vidéo et les commentaires, le reste, les hommes qui font cela je m'en charge, qui veut tenter de ne pa signer la pétition :twisted: Juste un peu de respect ces gens lapideurs sont de LA MERDE :twisted: Dont même des charognards ne voudraient point, pardon je dérape mais la colére est terrible ASSASINS :twisted: :twisted: Le Panda :twisted: :twisted: :twisted:
Le Panda

http://www.iran-resist.org/article3555.html Le voici ce lien, un autre arrive :twisted: :twisted: Ignobles :twisted: Ce sont des TYRANS DESPOTES Le Panda :twisted:
Le Panda

Une autre qui touche de plus proche les faits du moment :twisted: Il faut descendre jusqu'à l'image qui représente des pierres et cliquez dessus, merci de signer cette pétition. http://www.iran-resist.org/media1126 C'est une honte pour l'humanité :twisted: de voir de tels faits INTOLERABLES :twisted: Le Panda :twisted:
michele delpech

Et pendant ce temps-là, nos hommes politiques font de la lèche au régime tyranique. Quand je pense à l'accueil que la gauche a fait à Romeini, exilé par le régime du Shah, dont on disait pis que pendre, alors qu'en ce temps-là, les femmes s'habillaient à l'occidentale et allaient à l'université. Tout en France peut basculer encore aujourd'hui. Mais nous sommes las de nous battre pour les mêmes raisons que nos ancêtres parce que nous pensons naïvement que le monde a évolué. Et puis, nous sommes de plus en plus nombreux, alors les désordres sont d'autant plus faciles à provoquer. Les nazis nous ont laissé un bel héritage pour cela, qui ne s'appelle plus propagande, mais publicité. Soyons vigilents !!!!
eliseaurelie

Beaucoup de vidéos circulent sur le net sur ça. Je trouve ça ignoble et totalement contraire aux droit de l'homme.
Le Panda

Ce n'est parce que beaucoup de vidéos ciculent sur le net, que les gens font un article et signent la pétition :twisted: Ce que je pense et tu m'as confirmé l'avoir fait c'est trés bien et je t'en remercie aux noms de toutes ces femmes et ces hommes dont on vole leur vie, au nom de quoi :?: :twisted: Le Panda :-?
Le Panda

Posté par 5274 :
Les nazis nous ont laissé un bel héritage pour cela, qui ne s’appelle plus propagande, mais publicité. Soyons vigilents !!!!
Michèle, ABSOLUMENT PLUS QUE JUSTE MAIS il ne faut suirtout pas baisser les bras et nous nous devons ou serons les derniers ramparts contre ces dingues :twisted: Merci de ta réaction, Le Panda :evil:
LaPie

Posté par 5274 :
Je trouve ça ignoble et totalement contraire aux droit de l’homme
Elise, Comme moi, tu es révoltée par ces pratiques d'un autre âge. J'espère que tu as signé la pétition. Merci La Pie
LaPie

Posté par 5274 :
Ce n’est parce que beaucoup de vidéos ciculent sur le net, que les gens font un article et signent la pétition
Panda, la pétition a un certain succès, elle atteint plus de 457 000 pour un objectif de 500 000 signatures. Bravo et merci à tous ceux qui ont participé :-D La Pie
LaPie

Posté par 5274 :
Mais nous sommes las de nous battre pour les mêmes raisons que nos ancêtres parce que nous pensons naïvement que le monde a évolué
Michèle, Chez ces gens là, le monde a regressé et j'espère que l'opinion mondiale fera basculer ou évoluer leurs moeurs, coutumes ou pratiques religieuses. :roll: On peut toujours lutter avec une souris en signant cette pétition. La Pie
michele delpech

Posté par 5274 :
Chez ces gens là, le monde a regressé et j’espère que l’opinion mondiale fera basculer ou évoluer leurs moeurs, coutumes ou pratiques religieuses.
Madame La Pie, ne nous leurrons pas, je te prie !! Si vraiment ces gens voulaient évoluer, il leur faudrait battre en brèche leur merde religieuse. Te rappelles-tu à quel point il a été difficile pour nos ancêtres d'affirmer la séparation de l'église et de l'Etat. Dans ces pays, les hommes vivent encore leur moyen âge. De plus, l'islam étant aussi virulent que le chistianisme chez nous dans notre propre moyen âge, imaginons le choc à la fois des cultures et du décalage horaire, si je puis me permettre. Ce n'est pas simple, d'autant que les relations à l'Occident les incitent souvent à rester ou à revenir dans leur jus islamique.
michele delpech

Posté par 5274 :
Je trouve ça ignoble et totalement contraire aux droit de l’homme
Dans cette société, les droits de l'homme ne sont que pour le bourreau, à savoir le pouvoir religieux.
T.REX

Bonjour La pie, Merci de ses infos ahurissantes de cruauté barbare ! Je viens de signer la pétition qui en est à 520 000 et tente d'atteindre dorénavant les 600 000 personnes pour que l'on ne puisse jamais voir "La pie lapidée" ! :wink: Mais seulement des Happy days !

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L'HUMANITE SELON SAINTE MICHELE seconde partie

michele delpech 2010-07-15 11:15:22

Une autre question est celle-ci : peut-on formellement énoncer que l'intelligence est un état dispensé à tous les hommes de manière égale et que chacun l'utiliserait plus ou moins à bon escient.

 

Et qu'est-ce d'abord que l'intelligence? Est-ce un état de droit, un état de fait, une structure sans cesse en construction, sans cesse en démolition ?

 

Est-ce un état instable de la matière qui nous ferait âne bâté un jour et le lendemain révolutionnaire ?

 

L'intelligence se consomme t'elle comme le boudin noir, au kilomètre?

 

C'est la générosité de la vie, sous toutes ses formes, qui a organisé la biosphère.

 

Or, aujourd’hui, l'espèce humaine, issue de ce puissant élan colonisateur, doit choisir de diminuer fortement ses naissances, car les graves épidémies, autrefois révélatrices de sa débauche de vie, ont été enrayées et les foyers secondaires qui se déclarent dans les zones momentanément surpeuplées, livrées à l'anarchie la plus vile, sont combattus par une poignée d'individus issus d'un codex ne fonctionnant que par victimes interposées.

 

L'Institut Pasteur fabrique des millions de pastilles, d'ampoules injectables, buvables, pour inonder les marchés du tiers-monde.

 

Le choléra lui-même peut être combattu à grand renfort de Coca-Cola.

L'aide humanitaire a remplacé l'envoi des parachutistes.

 

Les soldats de l'O.N.U. eux-mêmes se déguisent en Pères Noëls pour les victimes des conflits locaux.

 

On continue la guerre en lui refusant de plus en plus ce vocable. Mais celle-ci apparaît d'une autre manière, dans le domaine sportif. Dans ce milieu, on peut "assassiner son adversaire", "tuer les efforts de l'autre", le piétiner, lui tirer dans les jambes, le réduire à néant.

 

Que vaut-il  donc mieux devenir aujourd'hui : sportif ou Bosniaque ! Ruandais ou rugbyman ! Afghan ou tennisman !

 

Les uns ne sautent pas sur des mines ; les autres peuvent encore recevoir une balle perdue dans un hôpital de la Croix ou du Croissant Rouge.

 

Des troupes fraîches viendront toujours relever celles qui sont décimées. C'est la loi du plus fort et de la connerie institutionnalisée.

 

On sait qu'un seul homme ne peut radicalement changer sa société. Il lui faut l'assentiment des autres pour que cela soit possible. Alors on entretient savamment la discorde entre les groupes, les ethnies, les individus, par les moyens les plus élémentaires puisqu'il suffit de menacer les gens de chômage pour qu'ils mettent les  bouchées  doubles  à la remise en question de leur survie sur la planète.

 

Pour pallier le manque de cohérence de leurs congénères, les uns rêvent - cette industrie est florissante, les autres se suicident où massacrent leurs opposants.

 

Quelques uns  s'évertuent à combattre les moulins à vent.

 

Cependant, les tombes de Don Quichotte sont nombreuses en ce bas-monde, et le combat contre la bêtise reste celui de David et de Goliath, malgré l'acharnement du bon sens.

 

Dépasserons-nous un jour notre manque d'esprit critique, face à nos actes de tous les jours ?

 

Irons-nous voir en face la conscience de nos propres incertitudes ?

 

Aurons-nous le cran de dépasser nos archaïsmes multimillénaires ?

 

========

 

Le mètre mot de tout ce bordel, c'est l'argent, le blé, le pognon et j'en passe.

 

Argent bonheur, argent belles dents, tu croqueras la pomme de l'ardent besoin d'être grand, d'être beau, d'être con quand cela sera ton plus cher désir.

 

Tu achèteras des Rolls et du caviar.

 

Tu marcheras sur la tête et tu péteras peut-être à la face des minables, des sans-esprits, des petits.

 

Mais tu ne t'apercevras pas que tu ne fais qu'exprimer les désirs les plus chers de ces minables, de ces sans-esprits, de ces petits.

 

Tu seras leur fanion, leur étendard, leur drapeau, leur illusoire image, celle qu'ils auraient voulu obtenir sur les bancs de l'école. Et pour entretenir tes folies, l'humanité enserre dans un étau implacable les plus belles manifestations de la vie planétaire.

 

C'est un grand pas vers l'entourloupe, le mensonge béatifié, l'haleine puant le mauvais roman d'espionnage ou le polar gorbatchévien.

 

On a tous une vision idyllique du présent, du passé  et  de  l'avenir. Mais on est tous dans nos petits chaussons de pacotille quand le Bon Dieu se met  à  nous  chier  sur  le râble.

 

On invoque les mauvais esprits de la nique et d'ailleurs, mais on sent qu'il se passe un phénomène de ras la couenne de l'Institut Pasteur, pour ce qui est des embrouilles.

 

On pisse vinaigre à pleins jets, un vrai  déluge  de bêtes en rut, et finalement, nos yeux pédalent hors de leurs orbites et nos langues dégoulinent le long de nos canines et autres  incisives, bornées qu'elles sont de n'être pas bien nées sur le couffin d'un modeste roi du cigare à plumer les connards qui croient bien  faire en se piquant les valseuses au tabac à niquer.

 

Parce que les lardons, il faut se les tirer par la couche, et après que sa bougresse soit sortie des siennes, on en r'pique pour vingt ans des travaux à la force de la quéquète, à retourner la terre et à pisser de la sueur.

 

"Y'a que comme ça qu'on fait un homme, bougre de con ! " Ben voyons !

 

C’est-y pas malin, le gonze. L'est à poil dans sa mémoire de crétin mal tanné et ça r'pique au calbute dans le lit de sa mondaine qui se laisse mettre à plat pour qu'on lui gratte la fontaine aux délices.

 

Après ça, on y r'file de l'intelligence à grand renfort de spots pas salutaires où il s'enlise dans le tortueux : "Ras les couilles, pourvu qu' ça mouille !

 

Et j'y f'rais bien un câlin à la rouquine de mon deuxième étage.

 

Elle a le feu qui fane, mais quand j'la sonde, j'vois bien qu'elle est encore vierge. "

 

Après ça, cézigue et l'autre métèque de la gourmande, ils ne font que leur poids de merde en boite.

 

Et la note du teinturier, vous y pensez, bande de rapiats ?

 

Non, bien sûr ! Tout pour la greluche. Et on la r'file aux pluches après lui avoir brouté son pavillon de déréglée.

 

Après l'avoir dûment plumée, bottée, percée, ravaudée de jute et de toiles d'araignées, on la laisse aux avatars pernicieux, à l'écart des trottoirs où elle taillait la  gueuse et  clinquait de ses charmes ; où les chevaux de frises, même, la laissaient  passer,  dans tous les bains sanglants sans  qu'elle ait à se brosser les chicots.

 

Elle était immortelle, la drôlesse.

 

Elle est devenue obèse, tas de graisse, boudin.

 

Elle a refermé son cloaque et ouvert grand sa bavette pour piquer les sucettes.

 

C'est la fin de la grande Mistingouin et le début de la misère, la bouche en cul de poule et la croupe affaissée, à gober tout ce qui passe sauf si c'est pour baiser.

 

Mais je m'égare. Je tortille mes tresses de jeune écervelée qui face à la misère ne sait pas que pleurer.

 

Les greluches de l'Est se sont libérées. Elles boivent Caca-Cola et fument des Cravens.

 

Elles s'achètent des caleçons à trou pour exciter les mâles et se font prendre dans le trou des chiottes.

 

Elles prennent Tampax pour être libres et sûres d'elles, mais elles oublient que de toutes manières, leurs règles seront balayées par la seule, l'unique, la sacro-sainte règle des trois faiseurs d'embrouilles, à savoir le Père, le Fils et le Saint Abruti qui racheta nos pêchés au prix d'un voyage au paradis. 

 

* Dernière nouvelle : la couche d'ozone protectrice des rayons ultra-violets provenant du soleil se réduit de plus en plus aux pôles ; de plus, la banquise nord a diminué d'un tiers de son épaisseur !

 

Les scientifiques sont formels, nous avons commis l’irréparable en contribuant à la modification globale du climat.

 

Ce texte est le préambule d'un de mes romans : "BETTY BAPACOULE". J'étais partie sur un constat et j'ai dérivé sur l'histoire d'une jeune parisienne à qui il arrive quelques tuiles et puis, le vent tournant à son avantage, une belle passion. 

 

C'était en 1986, époque où j'entendais déjà les commentaires alarmistes des journalistes de France Inter.

 

Aujourd'hui, tout empire, ou, certains vous le diront : Tout s'Empire, ou tout sent pire !!

 

Je pense que les analogies se rejoignent un peu, n'est-ce pas !!!

 

MICHELE DELPECH

 

Commentaires

michele delpech

Posté par 5182 :
trés trés bon article de haute volée, sans pie, ni moineaux
Salue Panda ! La période des vacances n'oblige pas à la vacance intellectuelle. Elle devrait même lui permettre une belle envolée. Si tu aimes ma prose, je pourrais peut-être te demander d'éditer "Betty Bapacoule". N'est-il pas ? Car, même s'il est édité par Publibook, je peux quand même m'offrir un peu de publicité, non ? A moins bien sûr que tu ne juge ma demande hors de propos ! bises à toi et à tous !!
michele delpech

Panda, j'ai fait plus court, cette fois !!! bises à tous
Le Panda

Oui, C'est vrai, mais merci, sois mignone lit la Charte de publication les milliers de lecteurs qui viennent pas jours souhaient pouvoir utiliser bien souvent le MP3 :wink: Mias trés trés bon article de haute volée, sans pie, ni moineaux :roll: Le Panda avec pleun de bises :-P
Le Panda

Posté par 5182 :
Car, même s’il est édité par Publibook, je peux quand même m’offrir un peu de publicité, non ? A moins bien sûr que tu ne juge ma demande hors de propos ! bises à toi et à tous !!
Michèle, Aucun poblème, nous allons faire cela, merci de me renvoyer ton LIVRE et nous le programmerons à hauteur de deux parutions par semaine, si tu l'acceptes ainsi. J'ai de gros soucis de famille, en ce moment, alors merci de ne pas me mettre trop de pressions. Ce dont je sais que tu peux avoir la délicatesse et je compte sur toi :lol: Voila, il me faudait sans faute ton LIVRE avant ce lundi 19.07. Car ensuite je suis absent plus de 7 semaines, et pas pour du plaisir :roll: Le Panda qui te dit merci :idea: :wink:

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Nicolas Sarkozy, conseiller politique

taverne des poetes 2010-07-13 13:19:34

Décidément, on ne se défait pas des habitudes de sa profession première. L’avocat Nicolas Sarkozy n’est pas en reste de conseils pour aider ses ministres. Le dernier en date est un conseil adressé à Eric Woerth de démissionner de sa fonction de trésorier de l’U M P. On se souvient que précédemment, il avait conseillé à deux ministres d’être plus vertueux et, sans jamais quitter sa fonction de simple conseiller, il avait accepté à contrecœur leur démission. Vous comprenez, quand on est conseiller, on ne prend aucune décision. On conseille, c’est tout. L’avocat Nicolas Sarkozy ne donne aucun conseil à Xavier Bertrand ; il lui renvoie la balle. Simple conseiller de l’U M P  Xavier Bertrand, c’est lui le décideur, le chef ! Quant au remaniement ministériel, il ne peut que conseiller François Fillon qui prend son temps : ”Ma pauv’ dame, que voulez que j’y fasse !  On vit quand même une drôle d’époque !” Mais quand il s’agit de la presse, curieusement les conseils se font plus pressants voire menaçants. Ainsi pour le choix de l’actionnaire du journal Le Monde. Quant à Médiapart, c’est bien simple, il faut l’éliminer ! Le couvrir d’opprobre sera le plus sûr moyen. Puis, pour les subventions on verra… Parce que Nicolas Sarkozy est conseiller d’accord mais en politique seulement. Sur les questions de société (homosexualité, gène de la délinquance…), il entend au contraire imposer ses orientations : Nomination personnelle du président de France Télévision, mais aussi droit de donner son avis péremptoire et définitif sur tout fait divers à son goût, qu’il jugera utile d’exploiter pour faire passer une réforme, sa réforme et très vite ! Bon, la place étant libre au sommet de l’Etat, je propose que François Bayrou soit élu très vite pour prendre les rênes du pays. Parce que nous avons besoin d’un président… La Taverne des Poétes

Commentaires

Le Panda

La Taverne, Brigand, merci de ton message me demandant de publier, cet article qui va ravager la "Toile" il reste à l'espérer et le croire, pour ceux qui te connaisse ton article va passer divers Forums. J'espére que tu vas bien et merci de nous livrer, cette exclusité de ta plume :wink: Bon retour sur Les Voix, mais je te rappelle que nous avons toujours ton "avatar" quand à François Bayrou président, de toi à moi, tu penses que c'est du réalisme :?: Enfin j'informe, les autres de ton retour vieille denrée, sachant que tu peux "publier" toi même, alors Bienvenu pour ton retour et je reviens débattre :twisted: Amicalement, Le Panda :roll: :-P
Le Panda

A droite Le Premier ministre, François Fillon : « Au service de l’intérêt général, Nicolas Sarkozy s’est montré décidé à ne pas se laisser détourner de ses devoirs. Réformes des retraites, réduction des déficits, conquête de la croissance pour l’emploi, ces trois priorités constituent la feuille de route du gouvernement ». « Avec précision et hauteur de vue, le président de la République a répondu à toutes les rumeurs et les calomnies. Tous ceux qui espéraient bousculer son autorité et affaiblir sa volonté d’agir en sont pour leurs frais. Le chef de l’Etat a montré avec calme et fermeté où se situait l’intérêt de la France ». (Communiqué) Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP : Nicolas Sarkozy « a répondu à toutes les questions » et « il a montré que sa seule priorité ce sont les Français ». « Il y avait une envie de pédagogie de la part des Français ». « Le chef de l’Etat a montré clairement le sens de son action et le cap pour notre pays ». « Il se situe au-dessus des polémiques et son sens de l’écoute et sa détermination sont essentiels pour notre pays ». (Déclaration à l’AFP) François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée : « La prestation de Nicolas Sarkozy est une prestation convaincante. Je suis heureux de le voir en chef de l’Etat, solide à la barre. Cette émission était l’occasion de tourner la page de l’affaire Woerth et de proposer des règles pour l’avenir notamment par la création d’une commission indépendante chargée d’évaluer les risques de conflits d’intérêts (…). Elle a également été l’occasion de refixer les priorités pour la fin du quinquennat : réforme des retraites, lutte contre les déficits, prise en charge de la dépendance, présidence française du G20; c’est ce que nous souhaitions » (Communiqué). Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République solidaire, s’est réjouie « sur la question des affaires, de la volonté du président de la République, de clarifier les choses et de rassurer les Français, en coupant le cordon avec l’UMP ». Sur le volet « réformes », « le président reste droit sur son programme de 2007. Rien sur le bouclier fiscal, comme si la France n’avait pas été percutée par la crise qui met à mal la justice sociale ». « Un président qui reste dans sa bulle doctrinale. Rendez-vous est pris pour octobre avec une nouvelle équipe et, on l’espère, une nouvelle lecture de nos institutions ». (Déclaration à la presse) Eric Raoult, député UMP : « Le Chef de l’État aura été clair, vrai et ferme. Il veut fermer la parenthèse des polémiques et de la calomnie qui n’honore pas la République, s’atteler au concret et à la raison pour aborder les vraies questions. » (Communiqué) Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée : « Nicolas Sarkozy a réaffirmé le retour aux fondamentaux que la majorité parlementaire appelle de ses vœux : – les réformes vitales pour le pays (réformes des retraites, gestion rigoureuse des dépenses publiques, prise en charge de la dépendance); – le combat pour l’emploi et la compétitivité; – la fermeté sur les valeurs de la République (…). Jean-François Copé se félicite de l’accent mis sur ces trois piliers qui dessinent les priorités de l’action de la majorité. Les députés UMP entendent être totalement associés à l’application de ces mesures pour travailler avec le gouvernement à leur mise en œuvre ». (Communiqué) Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement : « L’ambition de 2007 est intacte ! » « L’intervention du chef de l’Etat a permis de rappeler avec force que tous les engagements sont tenus comme la mise en œuvre d’une ‘République irréprochable’, le pacte de confiance scellé avec les Français sera respecté ». « Nous avons perdu trop de temps ces dernières semaines dans de vaines polémiques ! Le Président de la République a su clore cette page et rassembler l’ensemble des Français autour de réformes essentielles (…) telles que les retraites, la réduction des déficits, ou encore la lutte contre l’insécurité. (Communiqué) Jacques Myard (UMP) : « Le Président a trouvé le juste ton dans la prétendue affaire Woerth-Bettencourt (…) D’une manière générale, par sa connaissance des dossiers, son aisance, il a démontré qu’il reste le maître et le pivot de la vie politique française, en un mot il reste incontournable, n’en déplaise aux fâcheux et autres grincheux » (Communiqué). Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP : « Le Président de la République a montré son amour de la France et une détermination sans faille à faire son travail sans perdre de temps avec les polémiques entretenues par ceux qui n’ont pas fait le leur dans le passé ». « Le conseil donné à Eric Woerth, à qui il a renouvelé sa confiance, relève de cette logique ». « Sur la retraite, il a tenu un langage d’écoute et de vérité en démontrant la justice de la réforme ». (Communiqué). Nora Berra, secrétaire d’Etat aux Ainés : « En s’adressant aux Français avec sincérité et conviction, le président a su répondre à leurs principales préoccupations ». Le chef de l’Etat « a trouvé les mots justes pour rassurer et mettre fin aux polémiques infondées de ces dernières semaines ». (Communiqué) Philippe Vigier, porte-parole adjoint du Nouveau Centre, « prend acte de la volonté du Chef de l’Etat de rendre notre démocratie exemplaire, et appelle l’opposition à cesser le harcèlement politique infligé à Eric Woerth ». « Il prendra toute sa part aux travaux de la commission pluri-partisane dont le Chef de l’Etat a annoncé la création. Cette commission devra jeter les bases d’un véritable statut de l’élu et mener une réflexion ambitieuse sur la limitation du cumul des mandats ». « Le cap incontournable des réformes structurelles est maintenu afin de permettre à notre pays de sortir de la crise au plus vite. Plus que jamais, le Nouveau Centre veillera à ce que les réformes menées, en premier lieu celle des retraites, soient toujours guidées par les principes de justice, de solidarité et d’équité indispensables à la cohésion nationale ». (Communiqué) Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi : « Le président a affiché dans cette intervention un calme et une sérénité qui tranche avec l’hystérie récente du climat médiatico-politique. Par rapport à l’hyper actualité, il a redonné sa place au temps long et au sens de l’action politique ». (Déclaration à l’AFP). Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille et vice-président du Sénat : « Serein, déterminé, convaincant, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a fait table rase de la soi-disant affaire Woerth-Bettencourt. Il a stigmatisé avec force les amalgames, les mensonges, l’ignominie dont Eric Woerth a été la cible ». « J’ai toujours été convaincu que le Président de la République était à la hauteur de sa tâche, et qu’il reste, à l’intérieur de la majorité parlementaire, le seul capable de nous faire gagner en 2012?. (Communiqué) Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille : « Le président de la République est au plus près des préoccupations des Français et il a démontré qu’il savait prendre de la hauteur et qu’il n’était pas dans la polémique ». « C’est un président qui assume ses fonctions avec la distance qui est nécessaire face à un tourbillon de polémiques ». « Dans ce pays, nous avons la présomption d’innocence et nous sommes passés à un nouveau stade qui est la présomption de culpabilité, et ça n’est pas acceptable », a-t-elle estimé au sujet de l’affaire Woerth-Bettencourt. Elle a dit assumer le terme de « fasciste » qu’elle avait utilisé pour dénoncer le site Mediapart. « Aujourd’hui, les abonnés de Mediapart qui payent pour aller sur ce site, doivent comprendre qu’ils payent des gens qui utilisent d’abord la calomnie et non pas l’information ». « Président de la République, c’est une fonction qui mérite d’être sacralisée, qui mérite le respect, encore une fois, mais qui ne peut pas supporter la calomnie, ça n’est pas acceptable. Et donc nous l’avons dénoncé avec force ». (Déclaration sur LCI) Bruno Gollnisch, vice-président du Front National : « Qu’il s’agisse des ‘affaires’, de l’affaiblissement du gouvernement, de la crise économique, de l’insécurité persistante, de la situation internationale, le verbe présidentiel n’opère plus ». « La vérité, c’est qu’on racle les fonds de tiroir pour payer les échéances mensuelles », citant la réforme des retraites. « Ce dont la France a besoin, ce n’est pas de lois nouvelles. C’est de la volonté politique de s’attaquer enfin aux réalités de la dénatalité, de l’immigration, du démantèlement de notre souveraineté, et de la désagrégation de notre industrie par le mondialisme ». (Communiqué) A gauche Martine Aubry, première secrétaire du PS : « J’ai trouvé un président de la République qui parlait d’abord de lui-même, avant de parler des Français. Je l’ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité ». « Comme d’habitude, des grands mots et une réalité qui est toujours différente. Pas de changement de cap qui ramènerait un peu d’espérance face à cette crise morale que nous traversons et face à cette terrible crise économique et sociale, on continue comme avant, l’auto-persuasion et l’autosatisfaction ». Sur l’affaire Bettencourt/Woerth, « nous attendions ce soir des clarifications et des décisions et nous n’avons eu ni les unes ni les autres ». « On avait l’impression qu’il était au cœur d’un complot tout ça pour masquer des questions totalement embarrassantes et totalement floues ». Interrogée sur le « conseil » de Nicolas Sarkozy à Eric Woerth de quitter ses fonctions de trésorier de l’UMP, Mme Aubry a répondu : « C’est déjà une chose que nous demandons depuis trois ans. Ça veut bien dire qu’on reconnaît là qu’il y a un conflit d’intérêts ». « La France de Nicolas Sarkozy, c’est Mme Bettencourt qui reçoit 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal (…) et c’est 30 millions de Français qui sont à quelques euros près, pour terminer leur mois ». « Voilà la justice vue par Nicolas Sarkozy ! ». Fustigeant les « contre-vérités permanentes » du président, elle a ajouté : « On aurait aimé qu’il y ait un peu de répondant en face », critiquant implicitement David Pujadas. « Nous faire croire qu’il n’y aurait en France que 10.000 personnes qui auraient travaillé (exposées) aux intempéries, sur des charges lourdes (…) c’est totalement aberrant », a-t-elle asséné. Vous avez le sentiment d’écouter votre adversaire de 2012 ? « L’adversaire de la gauche, l’adversaire des socialistes, oui ». (Déclaration sur France 3) Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « Sur tous les sujets abordés ce soir, la parole présidentielle n’est plus crédible, c’est un véritable coup de force anti-démocratique. Refusant de prendre en compte les exigences populaires, le président de la République n’agit que par autoritarisme ». Selon lui, « dans son long monologue » le président « n’a aucune proposition pour répondre à la crise et fait preuve d’un grand mépris à l’égard des Français et des partenaires sociaux en déclarant que, quoi qu’il arrive, il ne changera rien à ses réformes ». « Alors que le besoin de services publics locaux est grandissant, son appel à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux dans les collectivités locales est irresponsable et irréaliste ». « Le grand spécialiste du football Nicolas Sarkozy n’en n’est pas moins atteint d’un syndrome footballistique bien connu : ‘j’envoie la France dans le mur et je ne change rien ! ». (Communiqué) Olivier Besancenot, porte-parole du NPA : « Sarkozy persiste et signe ». « Tour à tour bonimenteur aux mâchoires serrées à l’évocation de l’affaire Woerth-Bettencourt ou adoptant un ton quasi larmoyant pour témoigner de la pureté de ses intentions dans ses réformes anti-sociales, Nicolas Sarkozy a infligé aux téléspectateurs, qui ont bien voulu le regarder, un pensum d’une heure pour affirmer que rien ne changerait dans sa politique ». « Ces déclarations confirment que la politique du gouvernement est de détruire une à une les conquêtes sociales, les services publics, de faire payer aux salariés la crise du capitalisme et de continuer à préserver le patronat et les grandes fortunes ». (Communiqué). Claude Bartolone, député PS : « Les Français attendaient un président de la République offensif. Ils ont eu droit à un président sur la défensive ». « Sur l’affaire Woerth-Bettencourt, M. Sarkozy se dit victime d’un complot des médias et du PS. Sur les retraites, il se dit victime de Mitterrand, de la courbe démographique et des 35h. Sur les déficits publics, il se dit victime des collectivités locales. Sur le chômage, il se dit victime de la crise ». « Pour le reste, c’est un exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré le président de la République ». (Communiqué) Mouvement des Jeunes Socialistes : « Une reconversion toute trouvée pour Nicolas Sarkozy dès 2012, celle d’acteur. Les contradictions et les mensonges se sont succédé lors de l’émission, le Président reconnaissant lui-même qu’il « essaye d’être honnête » et qu’il « essaye de dire la vérité ». (Communiqué) Jean-Michel Baylet, président du parti Radical de gauche : Nicolas Sarkozy « s’est efforcé de détourner l’attention des Français des vraies questions. On espérait que le chef de l’État annoncerait une remise à plat de la réforme des retraites et de la réforme territoriale et des mesures en faveur celles et ceux qui sont le plus durement frappés par la crise ». (Communiqué) Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées (PS) et porte-parole de l’association des régions de France (ARF) : « Tous les rapports y compris ceux de la Cour des Comptes ont démontré que si les effectifs des personnels des Régions ont augmenté c’est parce que l’Etat leur a transféré plus de 80.000 agents au cours de ces dernières années ». « La mise en cause du président de la République est d’autant plus inadmissible que le Gouvernement ne cesse de les solliciter pour faire ses propres fins de mois. Notre meilleure réponse sera désormais de le lui refuser en expliquant pourquoi ». « Il n’y a aucune raison que l’Etat s’impose une gestion rigoureuse et que les collectivités territoriales, notamment les régions, continuent une politique d’augmentation du nombre de fonctionnaires : 34.000 chaque année depuis 10 ans à compétence constante ». (Communiqué) François Hollande, député PS : « Je considère qu’il y eu deux aveux de la part du président de la République ». « S’il demande à Eric Woerth de ne plus être trésorier de l’UMP, c’est qu’avoir été trésorier de l’UMP et ministre du Budget posait visiblement un problème et notamment une suspicion de conflit d’intérêts ». « Malgré ses dénégations, malgré sa volonté de clore une page, un épisode, le président de la République a été forcé d’admettre qu’il y avait eu une double confusion, un double risque de conflit d’intérêts ». (Déclaration sur RTL) Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, a estimé que l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy ne changeait rien et a qualifié de « grotesque » la position du président selon laquelle l’affaire Bettencourt est le résultat d’une « campagne de calomnie » visant à faire dérailler la réforme des retraites. « Doux pour les riches, durs pour les autres, M. Sarkozy n’a pas compris l’état d’esprit des Français. Il répète en boucle des formules et des tirades qui exaspèrent ». « Cet entretien ne change rien à l’ambiance qui plombe sa fin de règne et face au grand nombre qui sera dans la rue en septembre, il reculera ou il partira ». (Communiqué) Eddie Aït, secrétaire national du Parti radical de gauche (PRG) : Nicolas Sarkozy « feint d’ignorer la crise profonde et morale que traverse notre République. La République est en danger. La réponse du président: tout va très bien, Madame la marquise ! ». On a « perdu beaucoup de temps à écouter un président hébété. Nous avons été naïfs de croire que le président apporterait des réponses claires et sincères aux préoccupations des Français. Je le regrette, mais cette République du népotisme et des amitiés partisanes (…) n’est pas celle de toutes celles et de tous ceux qui, au quotidien, connaissent la crise et les difficultés sociales ». (Communiqué) SYNDICATS Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : « On en avait déjà un signe puisqu’on a été reçus jeudi au ministère du Travail, non pas par le ministre mais par son cabinet, et ça n’avait pas bougé d’un millimètre, c’est-à-dire que ces annonces successives de dialogue ou de concertation qui demeure, pour l’instant, ne produisent rien ». « Le sentiment que donne le président sur sa manière d’appréhender la situation économique actuelle et ce qu’il convient de faire, c’est : haro sur les acquis sociaux, c’est le seul moyen de retrouver la croissance ». « Ce n’est que par la remise en cause des acquis sociaux qu’on peut prétendre retrouver la croissance », a également déploré Bernard Thibault pour qui « le président n’a que des mauvaises nouvelles à annoncer aux Français ». « Les entreprises sont épargnées de toute responsabilité (…) les marges des actionnaires ce n’est pas un sujet, la première préoccupation c’est ce que coûte les salariés aux entreprises ». (Déclaration à l’AFP) Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa : « Il n’y a rien de nouveau, je ne sens aucune ouverture, ni sur le dossier des retraites, ni sur l’ensemble de la politique économique et sociale ». « Sur les retraites, il a d’abord confirmé qu’Eric Woerth conduirait le dossier, sincèrement, cela ne nous gêne pas, ce n’est pas quelque chose que nous avions mis en avant. Par contre sur aucune des questions que nous contestons, il n’y a d’avancées, y compris sur la pénibilité (…) Il nous met au défit en ce qui concerne la journée d’action du 7 septembre ». (Déclaration à l’AFP) Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT : « Sur le dossier des retraites, le président n’a absolument rien fait avancer, il est resté sourd aux injustices. Il a repris mot pour mot ce qu’on nous avait dit quand la loi a été déposée. Il a fermé la porte sur la pénibilité, sur les carrières longues. Concernant les polypensionnés, la loi n’évoque même pas cette question. Nous serons attentif aux décisions qui seront prises mais ce qui nous a consterné, c’est le fait de nier que c’est la crise qui est la principale cause des déficit des retraites ». (Déclaration à l’AFP) Jacques Voisin, président de la CFTC : « Le président de la République inscrit son action et celle du gouvernement dans le cadre d’une politique d’austérité. La CFTC déplore que cette même rigueur ne soit pas utilisée pour réduire les aides aux entreprises accordées sans contreparties sur l’emploi ou le pouvoir d’achat ». Sur les retraites, « la CFTC se demande à quoi ont servi les concertations menées depuis » la présentation de l’avant-projet le 16 juin. « Il est inadmissible qu’une fois de plus l’effort demandé repose quasi exclusivement sur les salariés ». Revue de Presse source A F P et le nouvel Oservateur, modulé et relayée par Les voix du Panda conformmément au droit à l’information.Dont acte. Le Panda :twisted:
taverne des poetes

Bonjour Le Panda. j'ai retrouvé le mot de passe et me voici ! (il faudra que je vire cette vieille photo...) Ce petit édito mordant va droit au but. Evidemment, la conclusion est toute personnelle. J'ai trouvé complètement surréaliste le début de l'intervention de Sarkozy : aux antipodes de toute réalité vécue ! A 20 h 35, lassé, j'ai zappé pour regarder "L"homme qui tua Liberty Valence", un western riche en messages et en humanité. Bref, le contraire de l'interview du président.
Le Panda

Posté par 5263 :
J’ai trouvé complètement surréaliste le début de l’intervention de Sarkozy : aux antipodes de toute réalité vécue ! A 20 h 35, lassé, j’ai zappé pour regarder « L »homme qui tua Liberty Valence », un western riche en messages et en humanité. Bref, le contraire de l’interview du président.
La Taverne, Je partage cette opinion, mais je n'étais au courant de ce western, la prochaine fois qu'il parlate, pense à me prévenir que je prenne un DVD :wink: Je sais que tu es venu rechercher un nouveau mot de passe :oops: Donc la preuve lorsque l'on sait on ne perd pas la main, fais moi parvenir en privé un "avatar" de ton choix plus récent :lol: Pas de monsieur Sarkozy STP :mrgreen: Le Panda :idea:

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Le Panda : Le G8 et G20 Scandalisent !

Le Panda 2010-07-13 03:48:07

Près d'un milliard de dollars canadiens, soit 770 millions d'euros. C'est le coût de l'organisation des sommets du G8 et du G20, qui se sont tenu, du 25 au 27 juin au Canada. Une addition qui passe mal auprès de la population. Les grands sommets internationaux laissent souvent les observateurs dubitatifs sur leur réelle portée. Le coût estimé des G 8-G 20 à venir est, lui, bien réel : 980 millions de dollars canadiens (770 millions d'euros) seront affectés à ces réunions de chefs d’État et de gouvernement, dont la moitié aux salaires des policiers affectés à sa sécurisation. L’opposition dénonce une opération marketing. Ce que le gouvernement ne nie pas. Une occasion de promouvoir le tourisme 
 
 
 
Réunis à Huntsville les 25 et 26 juin, dans une région pittoresque du nord  de la province d'Ontario, les chefs d'Etat et de gouvernement du G8 se rendront ensuite à Toronto pour le G20 qui s’est tenu les 26 et 27. Les journalistes peu nombreux à suivre les politiciens dans leurs déplacements. Ils se consolèrent auprès du lac artificiel construit à leur intention au Centre des médias officiels, en plein centre de la capitale financière canadienne. A lui seul, ce pavillon destiné à l’accueil des journalistes étrangers est devenu le symbole de la bronca anti-G 20. Poétiquement nommé Expérience Canada, il aura permit aux médias de se faire une idée du pays grâce à un somptueux décor artificiel, qui recréa la région des lacs, côté bucolique, et un environnement évoquant le "milieu urbain" de Toronto. Le tout coût, la modique somme de 2 millions de dollars canadiens (1,6 millions d'euros). "Ce ne sont pas des dépenses pour un faux lac, estime le Premier ministre conservateur Stephen Harper. Ce sont des dépenses qui permettront de faire la promotion du tourisme." L’opposition s’étrangle : le Canada n’accueillera pas des "journalistes de voyage avec leurs guides Lonely Planet", déplore un député libéral.
 
Le Premier ministre dit-il aux autres pays comment gérer leur argent alors qu’ici il gaspille l’argent de contribuables ?" Saisissant l'occasion de casser du sucre sur le dos de leurs rivaux, les libéraux ont d'ailleurs mis en ligne un "gaspillomètre", qui permet d'évaluer "combien le gouvernement aura dépensé pour le G20, pendant que vous ferez la vaisselle ou tondrez le gazon". 5,5 millions de dollars pour une clôture ! Bouclé le temps du sommet du G 20, le centre-ville de Toronto, protégé par une clôture de 3,5 km de long. Son coût ? 5,5 millions de dollars (4,3 millions d'euros). Les révélations sur les dépenses gouvernementales autour des sommets suscitent de plus en plus d’agacement. Ainsi, le média public Canada Broadcasting Corporation, a-t-il calculé tout ce que l’on pourrait payer avec les sommes dépensées : assez de sirop d’érable pour couvrir la consommation du Canada entier pendant un an, une nouvelle équipe de hockey pour Montréal (patinoire inclue), un iPad par étudiant… Sur le site Web du grand quotidien canadien "The Globe and Mail", plus d'un internaute s'interroge : "Et les téléconférences ? Quelqu'un y a pensé?" Sources Marianne Niosi
 
A eux seuls, les policiers canadiens ont absorbé une bonne partie de la manne dédiée aux G 8 et G 20. 450 millions de dollars (340 millions d'euros) consacrés aux heures supplémentaires des forces de l’ordre. Comme lors de chaque sommet international de cette ampleur, militants anti-pauvreté, syndicalistes, altermondialistes, anticapitalistes, jusqu’aux anarchistes des Black Blocs, attendus par milliers à Toronto. Alors que les syndicats appelèrent à une grande manifestation samedi 26 juin à 13h, les militants plus radicaux sont conviés à se détourner du cortège pour marcher vers la clôture derrière laquelle parlementeront les chefs d’Etat. C’est alors que les choses devraient se corser.
Je pense que vous avez compris où je voulais en venir puisque la France assurera la Présidence du prochain sommet du G 20, et surtout ne pas oublier que c’est le pays des droits de l’homme qui décida de sa création dont acte. Une tâche dont le peuple français se serait bien passé, mais dont le président de la République Nicolas Sarkozy est fier, dont acte. Patrick Juan Le Panda  

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Le Panda

La Taverne, Brigand, merci de ton message me demandant de publier, cet article qui va ravager la « Toile » il reste à l’espérer et le croire, pour ceux qui te connaisse ton article va passer divers Forums. J’espére que tu vas bien et merci de nous livrer, cette exclusité de ta plume Bon retour sur Les Voix, mais je te rappelle que nous avons toujours ton « avatar » quand à François Bayrou président, de toi à moi, tu penses que c’est du réalisme Enfin j’informe, les autres de ton retour vieille denrée, sachant que tu peux « publier » toi même, alors Bienvenu pour ton retour et je reviens débattre Amicalement, Le Panda :roll: :-P

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LE PANDA : FOU PAR LE PRESIDENT !

Le Panda 2010-07-13 00:25:57

L’opéra le plus joué dans le monde est Carmen de Bizet. Sous le drapeau français, européen, une simple table posée sur la terrasse à l’arrière. Nous nous trouvons face, tout du moins par l’écran, au président de la République française. David Pujadas, face à lui, semble les poser les questions comme un métronome. Dans tous les cadres, il parle de ce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à l’air le plus célèbre de Carmen, vous savez celui où elle trompe tout le monde avec sa beauté, sa façon de faire l’amour aux gens, d’avoir des amants, de parcourir le monde comme elle l’a fait. Le fameux titre, calomnie, bien joué, on ne peut pas dire autre chose. Mais comment les réactions vont se faire ressentir, écoutons et débattons. Il parle d’une république irréprochable, pardon je ne sais pas très bien ce que cela veut dire, jamais la France n’a été aussi endettée qu’elle ne l’est. Jamais il n’y a eu autant de corruptions qu’il y en a.  Je peux aussi en me faisant effectivement l’Avocat du diable, tourner ses vérités en contre vérités. Ce qu’il dit par rapport à la cour des comptes cela peut expliquer pourquoi Seguin a refusé tout poste de ministre dans l’équipe de Nicolas Sarkozy. Nous entendons un président au sommet de son art, c’est un plaidoyer sur le passé et donc des engagements pris et non respectés. Cela nous le savons depuis longtemps, il faut tout simplement malgré le charme que vous présentez face à David Pujadas, vous êtes à la même hauteur, à la même table, la même grandeur de mains mais vous n’avez pas les mêmes rôles. Alors, que devient la fameuse phrase  « travaillez plus pour gagner plus ». Il faut cesser de voir une caravane sans chien, car les chiens peuvent lever la patte dès qu’ils voient un réverbère, un chameau ne peut pas. Il flirte avec la Gauche, avec la Droite, très habilement comme s’il se trouvait face à un juré de Cour d’Assises. Mais payer les retraites de ceux qui sont à la retraite, ça veut dire quoi pour un gamin de 10 ans ? À qui on dit tout simplement : Non, on ne peut pas partir en vacances parce qu’on paie des impôts, on est juste à la tranche supérieure, et bien tu choisis entre la cantine et les vacances. Nous avons préféré avec papa ou maman, t’offrir la cantine.  l est facile effectivement de faire parler les morts, le fameux film de Verneuil, le Président s’y entend très bien. Monsieur le président, l’invalidité ne correspond en aucun cas à une qualité d’épuisement dans le sens du travail. Il peut y avoir des raisons de santé totalement indépendante, c’est une contre vérité, mais dites le ! On change de métier, on change de région, mais cela n’apporte pas de solution au cumul des mandats. Un seul mandat, un seul poste, un seul salaire ! On verra de toute façon, monsieur le président, s’il y aura autant de demandes que celles que vous laissez supposer. Il en appelle à la responsabilité des régions, il est évident que c’est le seul point sur lequel le gouvernement, le Premier ministre et le président de la République n’ont pas leur mot à dire parce qu’ils n’ont pas de majorité. Il y a un point sur lequel il semble parfaitement sûr de lui et clair, les impôts en France ne seront pas augmentés, il dit ça aujourd’hui 12 juillet 2010. Dont acte. Il est d’une telle habilité face à David Pujadas que ça en deviendrait comique si ce n’était pas dramatique. Il déclare qu’il ne supprimera pas l’I S F. Dont acte. Le pacte franco-allemand prend plus que du plomb dans l’aile, il prend des rafales. Donnons lui acte que sur le problème de la sécurité et de la délinquance afin de mettre les parents face à leurs responsabilités suivent son chemin, c’est une réforme de justice qu’il faudrait mettre en application. La nomination du responsable de l’audiovisuel par le chef de l’état est une erreur incontestable, ce n’est pas ainsi que l’on fait une France transparente, bien au contraire parce que ça crée un soupçon. Monsieur le président si le bénévolat est si fantastique que cela, pourquoi avoir augmenté votre salaire de plus de 170% ? Pourquoi avoir commandé un avion qui va coûter des centaines de millions d’euros alors que l’autre avec une révision aurait suffi ? C’est cela les mesures de réforme que vous voulez faire appliquer à tous les français ? Dans ces cas là, indiscutablement vous allez aller très très loin. Son message final, on voudrait bien vouloir y croire. Alors combien de temps « je veux sortir la France de la crise et je vais y arriver ». Dont acte. Je suis le pilote de l’avion et s’il y a une incohérence, je l’assumerais. Dont acte. Patrick Juan Le Panda  

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Thym-Thym

Bonjour Panda Je n'ai pas voulu regarder cette piece de theatre (juste le début en attendant le film sur une autre chaine)hier soir car j'aurai perdu mon temps. Je pense qu'il a du dire aux Francais ce que les Francais voulaient entendre. J'ai trouve que ces cheveux avaient beaucoup virés au gris. Est ce le stress, le choix de la couleur du cuir des sieges de l'avion qui l'inquiète ou le fait d'ètre le plus aimé des francais? Son ami, le ministre du travail réfléchit a la possibilité de démissionner du poste de trésorier de l'UMP. Réfléchir A QUOI??????? Ou j'ai fait des betises, ou plutot des erreurs (cumul des fonctions, affaire Bétencourt etc etc) et je m'en vais, ou comme on dit chez nous, j'ai le cul propre et je reste!!!! Demain cérémonie du 14 Juillet ou chacun ira de sa faculté à se faire voir. Pauvre France, tu perds ton ame, tes racines, tes vraies valeurs, ton patrimoine, ton amour du travail (a quand le retour aux 39 H) ainsi que les subtilités de notre belle langue. Heureusement qu'il nous reste la baguette de pain et le béret ET CA, je me battrai jusqu'au bout pour sauver ce que certains appelle un cliché et qui pour moi est le plus représentatif de MON pays. J'ai ce matin du vague a l'ame (est ce le fait d'avoir recu une énième facture PRO, qui me rend comme ca) Allez courage, relevons nos manches et allons travailler plus pour gagner moins, soyons heureux de notre nouvelle durée d'année de travail, soyons fier d'avoir remboursé Mme Betancourt de 30M d'Euros pendant que d'autres font la manche et n'ont pas de logis. Soyons, soyons........cons, tout simplement :oops: :oops:
Vipere

Posté par 5259 :
Je pense qu’il a du dire aux Francais ce que les Francais voulaient entendre.
Bonjour je n'ai pas regardé moi non plus, de toute façon il dit toujours ce qu'il veut bien et son discours ne m'intéresse pas, les actes OUI. De toute façon c'est toujours pour nous appauvrir un peu plus et nous retirer le peu des acquits que nos parents et grds parents ont réussit à "grappiller" avec beaucoup de sacrifices ! On retire aux pauvres le peu qu'ils ont pour donner aux riches, et çà ne changera pas ! Bonne journée quand même avec ou sans vague à l'âme, Risette, essayons de profiter de ce bel été ! amitiés LA VIPERE :oops:
Thym-Thym

Posté par 5259 :
Risette
Moi, c'est Thym Thym
Le Panda

La Taverne, Brigand, merci de ton message me demandant de publier, cet article qui va ravager la « Toile » il reste à l’espérer et le croire, pour ceux qui te connaisse ton article va passer divers Forums. J’espére que tu vas bien et merci de nous livrer, cette exclusité de ta plume Bon retour sur Les Voix, mais je te rappelle que nous avons toujours ton « avatar » quand à François Bayrou président, de toi à moi, tu penses que c’est du réalisme Enfin j’informe, les autres de ton retour vieille denrée, sachant que tu peux « publier » toi même, alors Bienvenu pour ton retour et je reviens débattre Amicalement, Le Panda :roll: :-P
Le Panda

A droite Le Premier ministre, François Fillon : "Au service de l'intérêt général, Nicolas Sarkozy s'est montré décidé à ne pas se laisser détourner de ses devoirs. Réformes des retraites, réduction des déficits, conquête de la croissance pour l'emploi, ces trois priorités constituent la feuille de route du gouvernement". "Avec précision et hauteur de vue, le président de la République a répondu à toutes les rumeurs et les calomnies. Tous ceux qui espéraient bousculer son autorité et affaiblir sa volonté d'agir en sont pour leurs frais. Le chef de l'Etat a montré avec calme et fermeté où se situait l'intérêt de la France". (Communiqué) Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP : Nicolas Sarkozy "a répondu à toutes les questions" et "il a montré que sa seule priorité ce sont les Français". "Il y avait une envie de pédagogie de la part des Français". "Le chef de l'Etat a montré clairement le sens de son action et le cap pour notre pays". "Il se situe au-dessus des polémiques et son sens de l'écoute et sa détermination sont essentiels pour notre pays". (Déclaration à l'AFP) François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée : "La prestation de Nicolas Sarkozy est une prestation convaincante. Je suis heureux de le voir en chef de l'Etat, solide à la barre. Cette émission était l'occasion de tourner la page de l'affaire Woerth et de proposer des règles pour l'avenir notamment par la création d'une commission indépendante chargée d'évaluer les risques de conflits d'intérêts (...). Elle a également été l'occasion de refixer les priorités pour la fin du quinquennat : réforme des retraites, lutte contre les déficits, prise en charge de la dépendance, présidence française du G20; c'est ce que nous souhaitions" (Communiqué). Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République solidaire, s'est réjouie "sur la question des affaires, de la volonté du président de la République, de clarifier les choses et de rassurer les Français, en coupant le cordon avec l'UMP". Sur le volet "réformes", "le président reste droit sur son programme de 2007. Rien sur le bouclier fiscal, comme si la France n'avait pas été percutée par la crise qui met à mal la justice sociale". "Un président qui reste dans sa bulle doctrinale. Rendez-vous est pris pour octobre avec une nouvelle équipe et, on l'espère, une nouvelle lecture de nos institutions". (Déclaration à la presse) Eric Raoult, député UMP : "Le Chef de l'État aura été clair, vrai et ferme. Il veut fermer la parenthèse des polémiques et de la calomnie qui n'honore pas la République, s'atteler au concret et à la raison pour aborder les vraies questions." (Communiqué) Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée : "Nicolas Sarkozy a réaffirmé le retour aux fondamentaux que la majorité parlementaire appelle de ses vœux : - les réformes vitales pour le pays (réformes des retraites, gestion rigoureuse des dépenses publiques, prise en charge de la dépendance); - le combat pour l'emploi et la compétitivité; - la fermeté sur les valeurs de la République (...). Jean-François Copé se félicite de l'accent mis sur ces trois piliers qui dessinent les priorités de l'action de la majorité. Les députés UMP entendent être totalement associés à l'application de ces mesures pour travailler avec le gouvernement à leur mise en œuvre". (Communiqué) Benoist Apparu, secrétaire d'Etat au Logement : "L'ambition de 2007 est intacte !" "L'intervention du chef de l'Etat a permis de rappeler avec force que tous les engagements sont tenus comme la mise en œuvre d'une 'République irréprochable', le pacte de confiance scellé avec les Français sera respecté". "Nous avons perdu trop de temps ces dernières semaines dans de vaines polémiques ! Le Président de la République a su clore cette page et rassembler l'ensemble des Français autour de réformes essentielles (...) telles que les retraites, la réduction des déficits, ou encore la lutte contre l'insécurité. (Communiqué) Jacques Myard (UMP) : "Le Président a trouvé le juste ton dans la prétendue affaire Woerth-Bettencourt (...) D'une manière générale, par sa connaissance des dossiers, son aisance, il a démontré qu'il reste le maître et le pivot de la vie politique française, en un mot il reste incontournable, n'en déplaise aux fâcheux et autres grincheux" (Communiqué). Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP : "Le Président de la République a montré son amour de la France et une détermination sans faille à faire son travail sans perdre de temps avec les polémiques entretenues par ceux qui n'ont pas fait le leur dans le passé". "Le conseil donné à Eric Woerth, à qui il a renouvelé sa confiance, relève de cette logique". "Sur la retraite, il a tenu un langage d'écoute et de vérité en démontrant la justice de la réforme". (Communiqué). Nora Berra, secrétaire d'Etat aux Ainés : "En s'adressant aux Français avec sincérité et conviction, le président a su répondre à leurs principales préoccupations". Le chef de l'Etat "a trouvé les mots justes pour rassurer et mettre fin aux polémiques infondées de ces dernières semaines". (Communiqué) Philippe Vigier, porte-parole adjoint du Nouveau Centre, "prend acte de la volonté du Chef de l'Etat de rendre notre démocratie exemplaire, et appelle l'opposition à cesser le harcèlement politique infligé à Eric Woerth". "Il prendra toute sa part aux travaux de la commission pluri-partisane dont le Chef de l'Etat a annoncé la création. Cette commission devra jeter les bases d'un véritable statut de l'élu et mener une réflexion ambitieuse sur la limitation du cumul des mandats". "Le cap incontournable des réformes structurelles est maintenu afin de permettre à notre pays de sortir de la crise au plus vite. Plus que jamais, le Nouveau Centre veillera à ce que les réformes menées, en premier lieu celle des retraites, soient toujours guidées par les principes de justice, de solidarité et d'équité indispensables à la cohésion nationale". (Communiqué) Laurent Wauquiez, secrétaire d'Etat à l'Emploi : "Le président a affiché dans cette intervention un calme et une sérénité qui tranche avec l'hystérie récente du climat médiatico-politique. Par rapport à l'hyper actualité, il a redonné sa place au temps long et au sens de l'action politique". (Déclaration à l'AFP). Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille et vice-président du Sénat : "Serein, déterminé, convaincant, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a fait table rase de la soi-disant affaire Woerth-Bettencourt. Il a stigmatisé avec force les amalgames, les mensonges, l'ignominie dont Eric Woerth a été la cible". "J'ai toujours été convaincu que le Président de la République était à la hauteur de sa tâche, et qu'il reste, à l'intérieur de la majorité parlementaire, le seul capable de nous faire gagner en 2012". (Communiqué) Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la Famille : "Le président de la République est au plus près des préoccupations des Français et il a démontré qu'il savait prendre de la hauteur et qu'il n'était pas dans la polémique". "C'est un président qui assume ses fonctions avec la distance qui est nécessaire face à un tourbillon de polémiques". "Dans ce pays, nous avons la présomption d'innocence et nous sommes passés à un nouveau stade qui est la présomption de culpabilité, et ça n'est pas acceptable", a-t-elle estimé au sujet de l'affaire Woerth-Bettencourt. Elle a dit assumer le terme de "fasciste" qu'elle avait utilisé pour dénoncer le site Mediapart. "Aujourd'hui, les abonnés de Mediapart qui payent pour aller sur ce site, doivent comprendre qu'ils payent des gens qui utilisent d'abord la calomnie et non pas l'information". "Président de la République, c'est une fonction qui mérite d'être sacralisée, qui mérite le respect, encore une fois, mais qui ne peut pas supporter la calomnie, ça n'est pas acceptable. Et donc nous l'avons dénoncé avec force". (Déclaration sur LCI) Bruno Gollnisch, vice-président du Front National : "Qu'il s'agisse des 'affaires', de l'affaiblissement du gouvernement, de la crise économique, de l'insécurité persistante, de la situation internationale, le verbe présidentiel n'opère plus". "La vérité, c'est qu'on racle les fonds de tiroir pour payer les échéances mensuelles", citant la réforme des retraites. "Ce dont la France a besoin, ce n'est pas de lois nouvelles. C'est de la volonté politique de s'attaquer enfin aux réalités de la dénatalité, de l'immigration, du démantèlement de notre souveraineté, et de la désagrégation de notre industrie par le mondialisme". (Communiqué) A gauche Martine Aubry, première secrétaire du PS : "J'ai trouvé un président de la République qui parlait d'abord de lui-même, avant de parler des Français. Je l'ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité". "Comme d'habitude, des grands mots et une réalité qui est toujours différente. Pas de changement de cap qui ramènerait un peu d'espérance face à cette crise morale que nous traversons et face à cette terrible crise économique et sociale, on continue comme avant, l'auto-persuasion et l'autosatisfaction". Sur l'affaire Bettencourt/Woerth, "nous attendions ce soir des clarifications et des décisions et nous n'avons eu ni les unes ni les autres". "On avait l'impression qu'il était au cœur d'un complot tout ça pour masquer des questions totalement embarrassantes et totalement floues". Interrogée sur le "conseil" de Nicolas Sarkozy à Eric Woerth de quitter ses fonctions de trésorier de l'UMP, Mme Aubry a répondu : "C'est déjà une chose que nous demandons depuis trois ans. Ça veut bien dire qu'on reconnaît là qu'il y a un conflit d'intérêts". "La France de Nicolas Sarkozy, c'est Mme Bettencourt qui reçoit 30 millions d'euros au titre du bouclier fiscal (...) et c'est 30 millions de Français qui sont à quelques euros près, pour terminer leur mois". "Voilà la justice vue par Nicolas Sarkozy !". Fustigeant les "contre-vérités permanentes" du président, elle a ajouté : "On aurait aimé qu'il y ait un peu de répondant en face", critiquant implicitement David Pujadas. "Nous faire croire qu'il n'y aurait en France que 10.000 personnes qui auraient travaillé (exposées) aux intempéries, sur des charges lourdes (...) c'est totalement aberrant", a-t-elle asséné. Vous avez le sentiment d'écouter votre adversaire de 2012 ? "L'adversaire de la gauche, l'adversaire des socialistes, oui". (Déclaration sur France 3) Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : "Sur tous les sujets abordés ce soir, la parole présidentielle n'est plus crédible, c'est un véritable coup de force anti-démocratique. Refusant de prendre en compte les exigences populaires, le président de la République n'agit que par autoritarisme". Selon lui, "dans son long monologue" le président "n'a aucune proposition pour répondre à la crise et fait preuve d'un grand mépris à l'égard des Français et des partenaires sociaux en déclarant que, quoi qu'il arrive, il ne changera rien à ses réformes". "Alors que le besoin de services publics locaux est grandissant, son appel à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux dans les collectivités locales est irresponsable et irréaliste". "Le grand spécialiste du football Nicolas Sarkozy n'en n'est pas moins atteint d'un syndrome footballistique bien connu : 'j'envoie la France dans le mur et je ne change rien !". (Communiqué) Olivier Besancenot, porte-parole du NPA : "Sarkozy persiste et signe". "Tour à tour bonimenteur aux mâchoires serrées à l'évocation de l'affaire Woerth-Bettencourt ou adoptant un ton quasi larmoyant pour témoigner de la pureté de ses intentions dans ses réformes anti-sociales, Nicolas Sarkozy a infligé aux téléspectateurs, qui ont bien voulu le regarder, un pensum d'une heure pour affirmer que rien ne changerait dans sa politique". "Ces déclarations confirment que la politique du gouvernement est de détruire une à une les conquêtes sociales, les services publics, de faire payer aux salariés la crise du capitalisme et de continuer à préserver le patronat et les grandes fortunes". (Communiqué). Claude Bartolone, député PS : "Les Français attendaient un président de la République offensif. Ils ont eu droit à un président sur la défensive". "Sur l'affaire Woerth-Bettencourt, M. Sarkozy se dit victime d'un complot des médias et du PS. Sur les retraites, il se dit victime de Mitterrand, de la courbe démographique et des 35h. Sur les déficits publics, il se dit victime des collectivités locales. Sur le chômage, il se dit victime de la crise". "Pour le reste, c'est un exercice d'autosatisfaction auquel s'est livré le président de la République". (Communiqué) Mouvement des Jeunes Socialistes : "Une reconversion toute trouvée pour Nicolas Sarkozy dès 2012, celle d'acteur. Les contradictions et les mensonges se sont succédé lors de l'émission, le Président reconnaissant lui-même qu'il "essaye d'être honnête" et qu'il "essaye de dire la vérité". (Communiqué) Jean-Michel Baylet, président du parti Radical de gauche : Nicolas Sarkozy "s'est efforcé de détourner l'attention des Français des vraies questions. On espérait que le chef de l'État annoncerait une remise à plat de la réforme des retraites et de la réforme territoriale et des mesures en faveur celles et ceux qui sont le plus durement frappés par la crise". (Communiqué) Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées (PS) et porte-parole de l'association des régions de France (ARF) : "Tous les rapports y compris ceux de la Cour des Comptes ont démontré que si les effectifs des personnels des Régions ont augmenté c'est parce que l'Etat leur a transféré plus de 80.000 agents au cours de ces dernières années". "La mise en cause du président de la République est d'autant plus inadmissible que le Gouvernement ne cesse de les solliciter pour faire ses propres fins de mois. Notre meilleure réponse sera désormais de le lui refuser en expliquant pourquoi". "Il n'y a aucune raison que l'Etat s'impose une gestion rigoureuse et que les collectivités territoriales, notamment les régions, continuent une politique d'augmentation du nombre de fonctionnaires : 34.000 chaque année depuis 10 ans à compétence constante". (Communiqué) François Hollande, député PS : "Je considère qu'il y eu deux aveux de la part du président de la République". "S'il demande à Eric Woerth de ne plus être trésorier de l'UMP, c'est qu'avoir été trésorier de l'UMP et ministre du Budget posait visiblement un problème et notamment une suspicion de conflit d'intérêts". "Malgré ses dénégations, malgré sa volonté de clore une page, un épisode, le président de la République a été forcé d'admettre qu'il y avait eu une double confusion, un double risque de conflit d'intérêts". (Déclaration sur RTL) Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, a estimé que l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy ne changeait rien et a qualifié de "grotesque" la position du président selon laquelle l'affaire Bettencourt est le résultat d'une "campagne de calomnie" visant à faire dérailler la réforme des retraites. "Doux pour les riches, durs pour les autres, M. Sarkozy n'a pas compris l'état d'esprit des Français. Il répète en boucle des formules et des tirades qui exaspèrent". "Cet entretien ne change rien à l'ambiance qui plombe sa fin de règne et face au grand nombre qui sera dans la rue en septembre, il reculera ou il partira". (Communiqué) Eddie Aït, secrétaire national du Parti radical de gauche (PRG) : Nicolas Sarkozy "feint d'ignorer la crise profonde et morale que traverse notre République. La République est en danger. La réponse du président: tout va très bien, Madame la marquise !". On a "perdu beaucoup de temps à écouter un président hébété. Nous avons été naïfs de croire que le président apporterait des réponses claires et sincères aux préoccupations des Français. Je le regrette, mais cette République du népotisme et des amitiés partisanes (...) n'est pas celle de toutes celles et de tous ceux qui, au quotidien, connaissent la crise et les difficultés sociales". (Communiqué) SYNDICATS Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : "On en avait déjà un signe puisqu'on a été reçus jeudi au ministère du Travail, non pas par le ministre mais par son cabinet, et ça n'avait pas bougé d'un millimètre, c'est-à-dire que ces annonces successives de dialogue ou de concertation qui demeure, pour l'instant, ne produisent rien". "Le sentiment que donne le président sur sa manière d'appréhender la situation économique actuelle et ce qu'il convient de faire, c'est : haro sur les acquis sociaux, c'est le seul moyen de retrouver la croissance". "Ce n'est que par la remise en cause des acquis sociaux qu'on peut prétendre retrouver la croissance", a également déploré Bernard Thibault pour qui "le président n'a que des mauvaises nouvelles à annoncer aux Français". "Les entreprises sont épargnées de toute responsabilité (...) les marges des actionnaires ce n'est pas un sujet, la première préoccupation c'est ce que coûte les salariés aux entreprises". (Déclaration à l'AFP) Alain Olive, secrétaire général de l'Unsa : "Il n'y a rien de nouveau, je ne sens aucune ouverture, ni sur le dossier des retraites, ni sur l'ensemble de la politique économique et sociale". "Sur les retraites, il a d'abord confirmé qu'Eric Woerth conduirait le dossier, sincèrement, cela ne nous gêne pas, ce n'est pas quelque chose que nous avions mis en avant. Par contre sur aucune des questions que nous contestons, il n'y a d'avancées, y compris sur la pénibilité (...) Il nous met au défit en ce qui concerne la journée d'action du 7 septembre". (Déclaration à l'AFP) Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT : "Sur le dossier des retraites, le président n'a absolument rien fait avancer, il est resté sourd aux injustices. Il a repris mot pour mot ce qu'on nous avait dit quand la loi a été déposée. Il a fermé la porte sur la pénibilité, sur les carrières longues. Concernant les polypensionnés, la loi n'évoque même pas cette question. Nous serons attentif aux décisions qui seront prises mais ce qui nous a consterné, c'est le fait de nier que c'est la crise qui est la principale cause des déficit des retraites". (Déclaration à l'AFP) Jacques Voisin, président de la CFTC : "Le président de la République inscrit son action et celle du gouvernement dans le cadre d'une politique d'austérité. La CFTC déplore que cette même rigueur ne soit pas utilisée pour réduire les aides aux entreprises accordées sans contreparties sur l'emploi ou le pouvoir d'achat". Sur les retraites, "la CFTC se demande à quoi ont servi les concertations menées depuis" la présentation de l'avant-projet le 16 juin. "Il est inadmissible qu'une fois de plus l'effort demandé repose quasi exclusivement sur les salariés". Revue de Presse source A F P et le nouvel Oservateur, modulé et relayée par Les voix du Panda conformmément au droit à l'information.Dont acte. Le Panda :twisted:
LaPie

Hello, J'ai regardé son intervention télévisée et je dois reconnaître que je me suis endormie sur la fin, son discours s'en doute :-? En tout cas, à la rentrée ça risque de bouger : Les syndicats continuent de dénoncer une réforme « injuste » et appellent à une journée nationale d’action le 7 septembre pour tenter d’infléchir le texte, au moment où l’Assemblée nationale commencera son examen. En attendant, profitons du soleil et de l'été. La Pie :-P
michele delpech

Nous sommes sous le règne de l'impuissance politique. Alors, ces enfoirés se rabattent sur les pauvres, ceux qui ne peuvent pas se défendre. Y'en a ras le bol de la commisération pour les puissants. Rien que d'en parler, ça leur fait monter l'adrénaline, à tous ces décideurs de merde.

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Pétition pour la nomination d'un juge d'instruction dans l'affaire Woerth/Bettencourt

risete 2010-07-12 16:12:15

Pétition pour la nomination d'un juge d'instruction (vraiment indépendant) dans l'affaire Woerth/Bettencourt Depuis le début de l'affaire citée en référence, plusieurs dirigeants de tous bords, dont l'ex-Premier ministre UMP Dominique de Villepin et Jean-Marc Ayrault chef de file des députés PS, réclament la désignation d'un juge d'instruction. L'affaire devrait être délocalisée afin que la justice puisse travailler en toute sérénité. Par ailleurs, les attaques violentes du gouvernement envers les médias peuvent influencer les décisions qui seraient prises mettant à mal le fonctionnement même de notre démocratie. Suivre ce lien pour signer la pétition. Risete en vacance mais pas inactif, toujours rédacteur assidu des Voix du Panda

Commentaires

Le Panda

Posté par 5250 :
On se croirait sur RTL ce matin lorqu’a été interrogé l’ancien patron de l’IGF qui disait que ce n’est pas le role de ce service de « traquer » les politiques.
Bonsoir, Thym Thym, Nous ne sommes pas RTL et heureusement pour eux :wink: Mais de là, à êtres en accord avec les castes des partis politiques aujourd'hui moins que demain :twisted: Je pense que tu connais le travail dur, moi aussi, tant que les élus auront plus d'un mandat, nous sommes dans le tonneau des Danaïdes :twisted: Il faudrait que l'Etat freine son train de vie, quand à la transparence des politiques, il suffit d'avoir lu, juste un peu de Pagnol, pour connaitre ce que le verbiage veut dire :roll: Bien à toi :-P Le Panda :lol:
risete

Allez http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?id=38 RMC : 12/07 - Laurent Wauquiez j'ai travaillé dans un centre d'appels RMC : 09/07 - Maître Antoine Gillot RMC : 08/07 - Benoît Hamon RMC : 07/07 - Hervé Morin RMC : 06/07 - Christine Boutin RMC : 05/07 - Eva Joly RMC : 02/07 - Maître Olivier Metzner Qui peut me dire la définition en détail entre "langue de bois" et "langue de pute" Cordialement Risete
Thym-Thym

la nomination d’un juge d’instruction dans l’affaire Woerth/Bettencourt On se croirait sur RTL ce matin lorqu'a été interrogé l'ancien patron de l'IGF qui disait que ce n'est pas le role de ce service de "traquer" les politiques. Soyez objectif , que diantre. :twisted:
risete

Thym-Thym
Posté par 5250 :
On se croirait sur RTL
Je te propose RMC http://www.rmc.fr/podcast/podcast.php?id=38 Cordialement Risete
Le Panda

Voici la postion de l’Express: Réellement à méditer: http://www.lexpress.fr/actualite/politique/?XTOR=EPR-181 Il faut pas prendre les enfants des canards pour tous boiteeux Le Panda :twisted: :twisted:
Le Panda

Le président s’exprimera pendant une heure sur « toutes les questions d’actualité » notamment l’affaire Woerth-Bettencourt Le président est l’invité d’une émission spéciale, de 20h15 à 21h15 sur France 2. Après plusieurs semaines de crise et au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy tentera de reprendre la main en traitant des questions de fond notamment la réforme des retraites, les orientations budgétaires, la relance et l’emploi. Vidéo Sondages: N.Sarkozy au plus bas Voir cette vidéo Nicolas Sarkozy face aux attentes des français Voir cette vidéo Toutes les vidéos Sa précédente intervention télévisée remonte au 25 janvier, une émission sur TF1 où le président avait répondu à un échantillon de Français présents en plateau. ====================== Cette source émane de France 2 Alors il suffira d’écouter et de savoir à quelle sauce nous risquons d’être tous mangés Ou Monsieur le président de la République auriez vous prit connaissance du scénarion avant Non, mais qui ose dire cela Que les français sont difficiles à gérer, moins que certaines fortunes Et des millions qui tombent dans les caisses de vedettes certaines Si vous êtes là, à votre place Monsieur, c’est pour bien des protections, demandez à Monsieur Brice Hortefeux ce que nous faisions les samedis matin, Place d’Espagne à Clermont-Ferrand. Avec Francine et divers agrégé(e)s Dîtes-moi si le nom de Madame Pariente vous dit ou pas quelque chose Qui organisait vos discours et voyages à l’époque Je pense que ces questions seront tuées, ou ne verrons pas le jour, mais Merci Le Panda :) :twisted:
Le Panda

La Taverne, Brigand, merci de ton message me demandant de publier, cet article qui va ravager la « Toile » il reste à l’espérer et le croire, pour ceux qui te connaisse ton article va passer divers Forums. J’espére que tu vas bien et merci de nous livrer, cette exclusité de ta plume Bon retour sur Les Voix, mais je te rappelle que nous avons toujours ton « avatar » quand à François Bayrou président, de toi à moi, tu penses que c’est du réalisme Enfin j’informe, les autres de ton retour vieille denrée, sachant que tu peux « publier » toi même, alors Bienvenu pour ton retour et je reviens débattre Amicalement, Le Panda :roll: :-P
Le Panda

A droite Le Premier ministre, François Fillon : « Au service de l’intérêt général, Nicolas Sarkozy s’est montré décidé à ne pas se laisser détourner de ses devoirs. Réformes des retraites, réduction des déficits, conquête de la croissance pour l’emploi, ces trois priorités constituent la feuille de route du gouvernement ». « Avec précision et hauteur de vue, le président de la République a répondu à toutes les rumeurs et les calomnies. Tous ceux qui espéraient bousculer son autorité et affaiblir sa volonté d’agir en sont pour leurs frais. Le chef de l’Etat a montré avec calme et fermeté où se situait l’intérêt de la France ». (Communiqué) Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP : Nicolas Sarkozy « a répondu à toutes les questions » et « il a montré que sa seule priorité ce sont les Français ». « Il y avait une envie de pédagogie de la part des Français ». « Le chef de l’Etat a montré clairement le sens de son action et le cap pour notre pays ». « Il se situe au-dessus des polémiques et son sens de l’écoute et sa détermination sont essentiels pour notre pays ». (Déclaration à l’AFP) François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée : « La prestation de Nicolas Sarkozy est une prestation convaincante. Je suis heureux de le voir en chef de l’Etat, solide à la barre. Cette émission était l’occasion de tourner la page de l’affaire Woerth et de proposer des règles pour l’avenir notamment par la création d’une commission indépendante chargée d’évaluer les risques de conflits d’intérêts (…). Elle a également été l’occasion de refixer les priorités pour la fin du quinquennat : réforme des retraites, lutte contre les déficits, prise en charge de la dépendance, présidence française du G20; c’est ce que nous souhaitions » (Communiqué). Marie-Anne Montchamp, porte-parole de République solidaire, s’est réjouie « sur la question des affaires, de la volonté du président de la République, de clarifier les choses et de rassurer les Français, en coupant le cordon avec l’UMP ». Sur le volet « réformes », « le président reste droit sur son programme de 2007. Rien sur le bouclier fiscal, comme si la France n’avait pas été percutée par la crise qui met à mal la justice sociale ». « Un président qui reste dans sa bulle doctrinale. Rendez-vous est pris pour octobre avec une nouvelle équipe et, on l’espère, une nouvelle lecture de nos institutions ». (Déclaration à la presse) Eric Raoult, député UMP : « Le Chef de l’État aura été clair, vrai et ferme. Il veut fermer la parenthèse des polémiques et de la calomnie qui n’honore pas la République, s’atteler au concret et à la raison pour aborder les vraies questions. » (Communiqué) Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée : « Nicolas Sarkozy a réaffirmé le retour aux fondamentaux que la majorité parlementaire appelle de ses vœux : – les réformes vitales pour le pays (réformes des retraites, gestion rigoureuse des dépenses publiques, prise en charge de la dépendance); – le combat pour l’emploi et la compétitivité; – la fermeté sur les valeurs de la République (…). Jean-François Copé se félicite de l’accent mis sur ces trois piliers qui dessinent les priorités de l’action de la majorité. Les députés UMP entendent être totalement associés à l’application de ces mesures pour travailler avec le gouvernement à leur mise en œuvre ». (Communiqué) Benoist Apparu, secrétaire d’Etat au Logement : « L’ambition de 2007 est intacte ! » « L’intervention du chef de l’Etat a permis de rappeler avec force que tous les engagements sont tenus comme la mise en œuvre d’une ‘République irréprochable’, le pacte de confiance scellé avec les Français sera respecté ». « Nous avons perdu trop de temps ces dernières semaines dans de vaines polémiques ! Le Président de la République a su clore cette page et rassembler l’ensemble des Français autour de réformes essentielles (…) telles que les retraites, la réduction des déficits, ou encore la lutte contre l’insécurité. (Communiqué) Jacques Myard (UMP) : « Le Président a trouvé le juste ton dans la prétendue affaire Woerth-Bettencourt (…) D’une manière générale, par sa connaissance des dossiers, son aisance, il a démontré qu’il reste le maître et le pivot de la vie politique française, en un mot il reste incontournable, n’en déplaise aux fâcheux et autres grincheux » (Communiqué). Frédéric Lefebvre, porte-parole de l’UMP : « Le Président de la République a montré son amour de la France et une détermination sans faille à faire son travail sans perdre de temps avec les polémiques entretenues par ceux qui n’ont pas fait le leur dans le passé ». « Le conseil donné à Eric Woerth, à qui il a renouvelé sa confiance, relève de cette logique ». « Sur la retraite, il a tenu un langage d’écoute et de vérité en démontrant la justice de la réforme ». (Communiqué). Nora Berra, secrétaire d’Etat aux Ainés : « En s’adressant aux Français avec sincérité et conviction, le président a su répondre à leurs principales préoccupations ». Le chef de l’Etat « a trouvé les mots justes pour rassurer et mettre fin aux polémiques infondées de ces dernières semaines ». (Communiqué) Philippe Vigier, porte-parole adjoint du Nouveau Centre, « prend acte de la volonté du Chef de l’Etat de rendre notre démocratie exemplaire, et appelle l’opposition à cesser le harcèlement politique infligé à Eric Woerth ». « Il prendra toute sa part aux travaux de la commission pluri-partisane dont le Chef de l’Etat a annoncé la création. Cette commission devra jeter les bases d’un véritable statut de l’élu et mener une réflexion ambitieuse sur la limitation du cumul des mandats ». « Le cap incontournable des réformes structurelles est maintenu afin de permettre à notre pays de sortir de la crise au plus vite. Plus que jamais, le Nouveau Centre veillera à ce que les réformes menées, en premier lieu celle des retraites, soient toujours guidées par les principes de justice, de solidarité et d’équité indispensables à la cohésion nationale ». (Communiqué) Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi : « Le président a affiché dans cette intervention un calme et une sérénité qui tranche avec l’hystérie récente du climat médiatico-politique. Par rapport à l’hyper actualité, il a redonné sa place au temps long et au sens de l’action politique ». (Déclaration à l’AFP). Jean-Claude Gaudin, sénateur-maire UMP de Marseille et vice-président du Sénat : « Serein, déterminé, convaincant, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, a fait table rase de la soi-disant affaire Woerth-Bettencourt. Il a stigmatisé avec force les amalgames, les mensonges, l’ignominie dont Eric Woerth a été la cible ». « J’ai toujours été convaincu que le Président de la République était à la hauteur de sa tâche, et qu’il reste, à l’intérieur de la majorité parlementaire, le seul capable de nous faire gagner en 2012?. (Communiqué) Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille : « Le président de la République est au plus près des préoccupations des Français et il a démontré qu’il savait prendre de la hauteur et qu’il n’était pas dans la polémique ». « C’est un président qui assume ses fonctions avec la distance qui est nécessaire face à un tourbillon de polémiques ». « Dans ce pays, nous avons la présomption d’innocence et nous sommes passés à un nouveau stade qui est la présomption de culpabilité, et ça n’est pas acceptable », a-t-elle estimé au sujet de l’affaire Woerth-Bettencourt. Elle a dit assumer le terme de « fasciste » qu’elle avait utilisé pour dénoncer le site Mediapart. « Aujourd’hui, les abonnés de Mediapart qui payent pour aller sur ce site, doivent comprendre qu’ils payent des gens qui utilisent d’abord la calomnie et non pas l’information ». « Président de la République, c’est une fonction qui mérite d’être sacralisée, qui mérite le respect, encore une fois, mais qui ne peut pas supporter la calomnie, ça n’est pas acceptable. Et donc nous l’avons dénoncé avec force ». (Déclaration sur LCI) Bruno Gollnisch, vice-président du Front National : « Qu’il s’agisse des ‘affaires’, de l’affaiblissement du gouvernement, de la crise économique, de l’insécurité persistante, de la situation internationale, le verbe présidentiel n’opère plus ». « La vérité, c’est qu’on racle les fonds de tiroir pour payer les échéances mensuelles », citant la réforme des retraites. « Ce dont la France a besoin, ce n’est pas de lois nouvelles. C’est de la volonté politique de s’attaquer enfin aux réalités de la dénatalité, de l’immigration, du démantèlement de notre souveraineté, et de la désagrégation de notre industrie par le mondialisme ». (Communiqué) A gauche Martine Aubry, première secrétaire du PS : « J’ai trouvé un président de la République qui parlait d’abord de lui-même, avant de parler des Français. Je l’ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité ». « Comme d’habitude, des grands mots et une réalité qui est toujours différente. Pas de changement de cap qui ramènerait un peu d’espérance face à cette crise morale que nous traversons et face à cette terrible crise économique et sociale, on continue comme avant, l’auto-persuasion et l’autosatisfaction ». Sur l’affaire Bettencourt/Woerth, « nous attendions ce soir des clarifications et des décisions et nous n’avons eu ni les unes ni les autres ». « On avait l’impression qu’il était au cœur d’un complot tout ça pour masquer des questions totalement embarrassantes et totalement floues ». Interrogée sur le « conseil » de Nicolas Sarkozy à Eric Woerth de quitter ses fonctions de trésorier de l’UMP, Mme Aubry a répondu : « C’est déjà une chose que nous demandons depuis trois ans. Ça veut bien dire qu’on reconnaît là qu’il y a un conflit d’intérêts ». « La France de Nicolas Sarkozy, c’est Mme Bettencourt qui reçoit 30 millions d’euros au titre du bouclier fiscal (…) et c’est 30 millions de Français qui sont à quelques euros près, pour terminer leur mois ». « Voilà la justice vue par Nicolas Sarkozy ! ». Fustigeant les « contre-vérités permanentes » du président, elle a ajouté : « On aurait aimé qu’il y ait un peu de répondant en face », critiquant implicitement David Pujadas. « Nous faire croire qu’il n’y aurait en France que 10.000 personnes qui auraient travaillé (exposées) aux intempéries, sur des charges lourdes (…) c’est totalement aberrant », a-t-elle asséné. Vous avez le sentiment d’écouter votre adversaire de 2012 ? « L’adversaire de la gauche, l’adversaire des socialistes, oui ». (Déclaration sur France 3) Pierre Laurent, secrétaire national du PCF : « Sur tous les sujets abordés ce soir, la parole présidentielle n’est plus crédible, c’est un véritable coup de force anti-démocratique. Refusant de prendre en compte les exigences populaires, le président de la République n’agit que par autoritarisme ». Selon lui, « dans son long monologue » le président « n’a aucune proposition pour répondre à la crise et fait preuve d’un grand mépris à l’égard des Français et des partenaires sociaux en déclarant que, quoi qu’il arrive, il ne changera rien à ses réformes ». « Alors que le besoin de services publics locaux est grandissant, son appel à ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux dans les collectivités locales est irresponsable et irréaliste ». « Le grand spécialiste du football Nicolas Sarkozy n’en n’est pas moins atteint d’un syndrome footballistique bien connu : ‘j’envoie la France dans le mur et je ne change rien ! ». (Communiqué) Olivier Besancenot, porte-parole du NPA : « Sarkozy persiste et signe ». « Tour à tour bonimenteur aux mâchoires serrées à l’évocation de l’affaire Woerth-Bettencourt ou adoptant un ton quasi larmoyant pour témoigner de la pureté de ses intentions dans ses réformes anti-sociales, Nicolas Sarkozy a infligé aux téléspectateurs, qui ont bien voulu le regarder, un pensum d’une heure pour affirmer que rien ne changerait dans sa politique ». « Ces déclarations confirment que la politique du gouvernement est de détruire une à une les conquêtes sociales, les services publics, de faire payer aux salariés la crise du capitalisme et de continuer à préserver le patronat et les grandes fortunes ». (Communiqué). Claude Bartolone, député PS : « Les Français attendaient un président de la République offensif. Ils ont eu droit à un président sur la défensive ». « Sur l’affaire Woerth-Bettencourt, M. Sarkozy se dit victime d’un complot des médias et du PS. Sur les retraites, il se dit victime de Mitterrand, de la courbe démographique et des 35h. Sur les déficits publics, il se dit victime des collectivités locales. Sur le chômage, il se dit victime de la crise ». « Pour le reste, c’est un exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré le président de la République ». (Communiqué) Mouvement des Jeunes Socialistes : « Une reconversion toute trouvée pour Nicolas Sarkozy dès 2012, celle d’acteur. Les contradictions et les mensonges se sont succédé lors de l’émission, le Président reconnaissant lui-même qu’il « essaye d’être honnête » et qu’il « essaye de dire la vérité ». (Communiqué) Jean-Michel Baylet, président du parti Radical de gauche : Nicolas Sarkozy « s’est efforcé de détourner l’attention des Français des vraies questions. On espérait que le chef de l’État annoncerait une remise à plat de la réforme des retraites et de la réforme territoriale et des mesures en faveur celles et ceux qui sont le plus durement frappés par la crise ». (Communiqué) Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées (PS) et porte-parole de l’association des régions de France (ARF) : « Tous les rapports y compris ceux de la Cour des Comptes ont démontré que si les effectifs des personnels des Régions ont augmenté c’est parce que l’Etat leur a transféré plus de 80.000 agents au cours de ces dernières années ». « La mise en cause du président de la République est d’autant plus inadmissible que le Gouvernement ne cesse de les solliciter pour faire ses propres fins de mois. Notre meilleure réponse sera désormais de le lui refuser en expliquant pourquoi ». « Il n’y a aucune raison que l’Etat s’impose une gestion rigoureuse et que les collectivités territoriales, notamment les régions, continuent une politique d’augmentation du nombre de fonctionnaires : 34.000 chaque année depuis 10 ans à compétence constante ». (Communiqué) François Hollande, député PS : « Je considère qu’il y eu deux aveux de la part du président de la République ». « S’il demande à Eric Woerth de ne plus être trésorier de l’UMP, c’est qu’avoir été trésorier de l’UMP et ministre du Budget posait visiblement un problème et notamment une suspicion de conflit d’intérêts ». « Malgré ses dénégations, malgré sa volonté de clore une page, un épisode, le président de la République a été forcé d’admettre qu’il y avait eu une double confusion, un double risque de conflit d’intérêts ». (Déclaration sur RTL) Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de Gauche, a estimé que l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy ne changeait rien et a qualifié de « grotesque » la position du président selon laquelle l’affaire Bettencourt est le résultat d’une « campagne de calomnie » visant à faire dérailler la réforme des retraites. « Doux pour les riches, durs pour les autres, M. Sarkozy n’a pas compris l’état d’esprit des Français. Il répète en boucle des formules et des tirades qui exaspèrent ». « Cet entretien ne change rien à l’ambiance qui plombe sa fin de règne et face au grand nombre qui sera dans la rue en septembre, il reculera ou il partira ». (Communiqué) Eddie Aït, secrétaire national du Parti radical de gauche (PRG) : Nicolas Sarkozy « feint d’ignorer la crise profonde et morale que traverse notre République. La République est en danger. La réponse du président: tout va très bien, Madame la marquise ! ». On a « perdu beaucoup de temps à écouter un président hébété. Nous avons été naïfs de croire que le président apporterait des réponses claires et sincères aux préoccupations des Français. Je le regrette, mais cette République du népotisme et des amitiés partisanes (…) n’est pas celle de toutes celles et de tous ceux qui, au quotidien, connaissent la crise et les difficultés sociales ». (Communiqué) SYNDICATS Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT : « On en avait déjà un signe puisqu’on a été reçus jeudi au ministère du Travail, non pas par le ministre mais par son cabinet, et ça n’avait pas bougé d’un millimètre, c’est-à-dire que ces annonces successives de dialogue ou de concertation qui demeure, pour l’instant, ne produisent rien ». « Le sentiment que donne le président sur sa manière d’appréhender la situation économique actuelle et ce qu’il convient de faire, c’est : haro sur les acquis sociaux, c’est le seul moyen de retrouver la croissance ». « Ce n’est que par la remise en cause des acquis sociaux qu’on peut prétendre retrouver la croissance », a également déploré Bernard Thibault pour qui « le président n’a que des mauvaises nouvelles à annoncer aux Français ». « Les entreprises sont épargnées de toute responsabilité (…) les marges des actionnaires ce n’est pas un sujet, la première préoccupation c’est ce que coûte les salariés aux entreprises ». (Déclaration à l’AFP) Alain Olive, secrétaire général de l’Unsa : « Il n’y a rien de nouveau, je ne sens aucune ouverture, ni sur le dossier des retraites, ni sur l’ensemble de la politique économique et sociale ». « Sur les retraites, il a d’abord confirmé qu’Eric Woerth conduirait le dossier, sincèrement, cela ne nous gêne pas, ce n’est pas quelque chose que nous avions mis en avant. Par contre sur aucune des questions que nous contestons, il n’y a d’avancées, y compris sur la pénibilité (…) Il nous met au défit en ce qui concerne la journée d’action du 7 septembre ». (Déclaration à l’AFP) Jean-Louis Malys, secrétaire national de la CFDT : « Sur le dossier des retraites, le président n’a absolument rien fait avancer, il est resté sourd aux injustices. Il a repris mot pour mot ce qu’on nous avait dit quand la loi a été déposée. Il a fermé la porte sur la pénibilité, sur les carrières longues. Concernant les polypensionnés, la loi n’évoque même pas cette question. Nous serons attentif aux décisions qui seront prises mais ce qui nous a consterné, c’est le fait de nier que c’est la crise qui est la principale cause des déficit des retraites ». (Déclaration à l’AFP) Jacques Voisin, président de la CFTC : « Le président de la République inscrit son action et celle du gouvernement dans le cadre d’une politique d’austérité. La CFTC déplore que cette même rigueur ne soit pas utilisée pour réduire les aides aux entreprises accordées sans contreparties sur l’emploi ou le pouvoir d’achat ». Sur les retraites, « la CFTC se demande à quoi ont servi les concertations menées depuis » la présentation de l’avant-projet le 16 juin. « Il est inadmissible qu’une fois de plus l’effort demandé repose quasi exclusivement sur les salariés ». Revue de Presse source A F P et le nouvel Oservateur, modulé et relayée par Les voix du Panda conformmément au droit à l’information.Dont acte. Le Panda :twisted: :wink:

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L’Islande, nouveau paradis pour la liberté d’expression?

risete 2010-07-12 16:01:28

Une résolution du Parlement islandais vise à faire du pays un sanctuaire pour les journalistes du monde entier, leurs sources et la liberté d'expression. Un projet salué par les défenseurs des libertés mais qui doit être transposé dans la loi. Pour accéder au sujet, cliquez ici. Risete en vacance mais pas inactif, toujours rédacteur assidu des Voix du Panda

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Le Panda

Voici la postion de l’Express: Réellement à méditer: http://www.lexpress.fr/actualite/politique/?XTOR=EPR-181 Il faut pas prendre les enfants des canards pour tous boiteeux Le Panda :twisted: :twisted:
michele delpech

Les paradis pour l'expression libre, c'est comme les pistes cyclables. Plus il y en a, plus les gens, dans le reste du monde, se foutent du monde. Je suis pour la liberté d'expression, à condition qu'elle ne soit pas une manière déguisée de propagande.

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Carrefour : Dangers alimentaires ?

risete 2010-07-12 15:54:41

ATTENTION : Le steack haché du produit CARREFOUR - CASINO contient la bactérie Escherichia Coli O157H7. Elle peut entraîner dans les dix jours suivant la consommation de viande contaminée des symptômes de type gastro-entérite, accompagnée parfois de fièvre. Produit rappelé par : COVIAL Secteur : Produits alimentaires - Boissons Marque : CARREFOUR - CASINO Produit : Steacks Hachés et Viande Hachée Modèle : Vendus aussi chez Carrefour Market, Carrefour City, Carrefour contact, Shopi, Huit à 8, Marché +, Géant Casino, Supermarché Casino Les dates limite de consommation sont le 6 et 7 juillet pour les lots Carrefour et le 7 juillet pour les lots Casino N° lot / N° série : Lots portant l'estampille sanitaire: FR 15 014 032 CE Département(s) concerné(s) : Régions Aquitaine, Auvergne, Bourgogne, Centre, Franche-Comté, Haut-Rhin, Languedoc-Roussillon, Limousin, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Rhône-Alpes Motif du rappel : Présence de la bactérie Escherichia Coli LO157H7 (source Europe 1). Risete

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risete

Bonjour 2 LP C'est un rappel pour du Le steack haché ou du steack à chier en cas de gastro-entérite! Cordialement Risete
Vipere

Merci Risete : Mais moi non plus je n'ai pas acheté de steack haché dans ces magasins ! Heureusement d'ailleurs ! LA VIPERE
LaPie

Bonjour Risete, Merci pour l'info, j'ai vérifié et ouf ! j'ai pas acheté de viande hachée dans ces enseignes. :-? La gastro ne passera pas par chez nous. :oops: La Pie
Le Panda

Risete, Non, ma "femme" n'a pas acheté de cette saloperie :twisted: Le Panda :wink:
eliseaurelie

Encore heureux que je ne sois pas très viande, mais merci de l'info. Je parie que c'est encore un problème de livraison et de conditionnement.
michele delpech

Y'a pas qu'la bidoche qui pue !!! Y'a aussi les probiotiques qu'on met dans tout c'qui s'mange !!!! Si vous voulez prend'e des kilos, bouffez Actimerde et compagnie !!!!

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Poursuite de la Gabegie

risete 2010-07-12 15:43:48

Rebelote : comme elle l'avait déjà fait en 2009, la Cour des comptes a refusé de certifier la régularité et la sincérité des comptes du régime général des salariés du privé. Pour la deuxième année consécutive, la Cour des comptes refuse de certifier, dans son rapport annuel, que les comptes de la branche vieillesse de la Sécurité sociale soient "réguliers, sincères et donnent une image fidèle de la situation financière et du patrimoine". Ce qui, tout euphémisme mis à part, signifie qu'ils sont mensongers et maquillent les réalités. Avant de prétendre ramener à l'équilibre le budget des retraites, le gouvernement ferait donc bien de demander aux caisses de remettre leur gestion en ordre. L'an dernier, la Cour avait en effet relevé pas moins de neuf dysfonctionnements suffisamment graves pour la dissuader d'avaliser les comptes de la CNAV. Un seul y aurait cependant suffi ! Or, cette année, elle en recense encore sept. Ainsi, les magistrats déplorent les insuffisances du contrôle concernant la liquidation des retraites. 7,5 % des pensions contre 5,4 % l'an dernier comportent une erreur, ce qui représente plus de 900 000 retraites ! Par ailleurs, les erreurs commises dans le calcul du montant des pensions ne sont pas révisées ou font l'objet d'une révision erronée... Ces défaillances sont révélatrices à la fois de la complexité du système et du manque de sérieux de ses "gestionnaires". Pour la bonne bouche, les magistrats épinglent également la MSA, caisse de retraite des agriculteurs, dont ils ont également refusé de certifier les comptes. La CNAV n'en comble pas moins son déficit (341 millions d'euros en 2009), les yeux fermés et sans avoir la moindre possibilité de contrôler ses activités. C'est beau, c'est grand, c'est généreux, le régime général ! Rappelons que la CNAV est elle-même dans le rouge vif : le "trou" annoncé pour 2010 dépasse 11 milliards d'euros... La responsabilité de cette situation incombe évidemment aux "gestionnaires" de la CNAV, syndicats et fonctionnaires. Mais le premier coupable reste l'Etat lui-même, qui, chapeautant la CNAV, est le véritable maître à bord de ce rafiot qui fait eau de toute part. L'expérience montre que l'administration échoue le plus souvent à se contrôler elle-même. C'est pourquoi, avant de demander aux Français de nouveaux efforts, les hommes politiques doivent commencer par instaurer un contrôle réellement indépendant donc effectué par un organisme privé sur la gestion de nos retraites. Risette

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LaPie

Posté par 5236 :
Alors il suffira d’écouter et de savoir à quelle sauce nous risquons d’être tous mangés
Quel tour de passe-passe va-t-il nous faire ? Ah bon, c'est pas une soirée cirque ? ok pour regarder son intervention :wink: La Pie
risete

Bonjour Le Panda
Posté par 5236 :
Vidéo Sondages: N.Sarkozy au plus bas Voir cette vidéo Nicolas Sarkozy face aux attentes des français Voir cette vidéo Toutes les vidéos Sa précédente intervention télévisée remonte au 25 janvier, une émission sur TF1 où le président avait répondu à un échantillon de Français présents en plateau.
Oui je veux bien voir les vidéos ! Cordialement Risete
Le Panda

Voici la postion de l’Express: Réellement à méditer: http://www.lexpress.fr/actualite/politique/?XTOR=EPR-181 Il faut pas prendre les enfants des canards pour tous boiteeux Le Panda :twisted: :twisted:
Le Panda

Le président s’exprimera pendant une heure sur « toutes les questions d’actualité » notamment l’affaire Woerth-Bettencourt Le président est l’invité d’une émission spéciale, de 20h15 à 21h15 sur France 2. Après plusieurs semaines de crise et au plus bas dans les sondages, Nicolas Sarkozy tentera de reprendre la main en traitant des questions de fond notamment la réforme des retraites, les orientations budgétaires, la relance et l’emploi. Vidéo Sondages: N.Sarkozy au plus bas Voir cette vidéo Nicolas Sarkozy face aux attentes des français Voir cette vidéo Toutes les vidéos Sa précédente intervention télévisée remonte au 25 janvier, une émission sur TF1 où le président avait répondu à un échantillon de Français présents en plateau. ====================== Cette source émane de France 2 Alors il suffira d’écouter et de savoir à quelle sauce nous risquons d’être tous mangés Ou Monsieur le président de la République auriez vous prit connaissance du scénarion avant Non, mais qui ose dire cela Que les français sont difficiles à gérer, moins que certaines fortunes Et des millions qui tombent dans les caisses de vedettes certaines Si vous êtes là, à votre place Monsieur, c’est pour bien des protections, demandez à Monsieur Brice Hortefeux ce que nous faisions les samedis matin, Place d’Espagne à Clermont-Ferrand. Avec Francine et divers agrégé(e)s Dîtes-moi si le nom de Madame Pariente vous dit ou pas quelque chose Qui organisait vos discours et voyages à l’époque Je pense que ces questions seront tuées, ou ne verrons pas le jour, mais Merci Le Panda :twisted: :twisted:
Le Panda

La Taverne, Brigand, merci de ton message me demandant de publier, cet article qui va ravager la « Toile » il reste à l’espérer et le croire, pour ceux qui te connaisse ton article va passer divers Forums. J’espére que tu vas bien et merci de nous livrer, cette exclusité de ta plume Bon retour sur Les Voix, mais je te rappelle que nous avons toujours ton « avatar » quand à François Bayrou président, de toi à moi, tu penses que c’est du réalisme Enfin j’informe, les autres de ton retour vieille denrée, sachant que tu peux « publier » toi même, alors Bienvenu pour ton retour et je reviens débattre Amicalement, Le Panda :roll: :-P

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LE PANDA ET L'E.F.S

Le Panda 2010-07-12 15:36:32

En ce 14 juin 2010, nous nous retrouvons à Polydôme dans le cadre de la manifestation de l’EFS. Depuis le temps que l’on suit l’EFS, je ne pourrais pas parler d’un partenariat mais je dirais qu’il y a une convivialité, une amitié qui s’est liée par des mots, des phrases qu’on a sus peut-être véhiculés grâce à vous. Actuellement, si on avait à situer l’EFS et je parle y compris avant l’aménagement au niveau du plateau St Jacques où je me souviens vous étiez présent, des interviews ce n’est pas une, mais des dizaines qu’on a pu en faire. Je disais au représentant qui se trouve à vos côtés donc au niveau de la région de la Loire, là on doit avoir à peu près deux mille clichés et réalisés à peu près cinq ou six films, on parlait en même temps de ce qu’a pu vous apporter la municipalité, non seulement de Clermont-Ferrand mais de tout ce que regroupe : l’Auvergne et la Loire. Maintenant, quel sentiment que d’avoir 20 ans et de ne pas s’appeler Souchon ?   Professeur Olivier GARRAUD (Directeur de l’Etablissement Français du Sang Auvergne-Loire):   Alors, c’est 10 ans et non 20 ans, mais il fêtera ses 20 ans très vite car 10 ans ça passe très vite et le fait de ne pas être Souchon qui artiste merveilleux, c’est peut-être une protection car notre métier n’est pas artisanal, nous sommes dans un professionnalisme de processus quasi industriel de façon à ce que les produits sanguins que nous délivrons aux receveurs, soient d’une qualité irréprochable en terme de procéder de mise à disposition.   Chacun son métier, à Souchon l’art, nous un métier plus proche de l’industrie pharmaceutique.   Vous avez évoqué le côté industrie pharmaceutique. Est-ce que vous avez un partenariat déjà déclenché et ce depuis combien d’années et si ce n’est pas le cas, de quelle manière voyez-vous son évolution ? Nous sommes, dans des procédés qui sont réglementés par d’une part les directives européennes, la directive de 1994 qui a été revue à plusieurs reprises, qui est une directive qui s’impose à tous les membres de l’union européenne. La France a repris tous les termes de cette directive et en plus, mis en place un certain nombre d’arrêtés, de décrets, de circulaires qui s’imposent à nous sur des bonnes pratiques, c'est-à-dire, des bonnes pratiques de fabrication, de distribution, de délivrance pour les produits sanguins et en parallèle, il en va de même pour l’accueil des donneurs, etc. Nous sommes le don du sang d’une part, la mise en production des produits sanguins d’autre part et la délivrance aux patients en fin, obéissent tous les trois à des dispositions réglementaires, surveillées, contrôlées, inspectées.   Toutes ces opérations sont extrêmement contraignantes, nous sommes probablement le seul pays au monde à avoir toutes les étapes qui ont pu être imaginées donc nous avons une sécurité maximale en ce qui concerne le don du sang et la transfusion sanguine.   Nous parlions tout à l’heure avec la représentante de Serge Godard, avec laquelle on ne manquera pas de reprendre contact pour faire circuler l’information. Comment ressentez-vous le fait que vous ayez des entreprises parallèles et qui soient venues se greffer sur l’action de l’E F S à des buts lucratifs en oubliant que le fait que de donner son sang peut sauver notre vie demain ?   En France, il n’y a pas d’entreprise de telle nature. La loi française n’autorise pas et nous espérons bien qu’il en restera ainsi, les activités lucratives avec les produits issus du corps humains jusqu’à ce jour. Le don du sang en France est exclusivement lié à un partenariat entre l’E F S et les partenaires d’associations de donneurs dont le premier d’entre eux est la fédération française pour le don du sang bénévole (représenté à côté de moi par le Président Joseph Deville) et  seul le centre de santé des armées n’est pas régi par l’E F S mais selon les principes de bonnes pratiques, nous avons les mêmes décrets réglementaires. La situation française est très claire à ce niveau là. Absolument tout don du sang, effectué en France, l’est par le canal de l’E F S et par personne d’autre.   Je me rappelle de nos premières interviews qui remontent à pas mal d’années. A cette époque là, le centre au niveau de Saint Jacques n’existait pas. De quelle façon avez-vous progressé aussi bien au niveau pourcentage qu’en nombre de donneurs de sang ?   Nous avons des progressions qui sont réelles mais modestes en terme de nouveaux donneurs, nous avons toujours de nouveaux donneurs que nous accueillons, la difficulté pour les nouveaux donneurs c’est de revenir, nous avons beaucoup d’étudiants qui passent à l’acte et qui effectuent un premier don de sang, la grande difficulté pour eux c’est d’effectuer leur second, troisième et ainsi de suite. S’ils reviennent