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Le Grand Maître virtuel (31-33)

lenfoire 2008-02-13 09:22:20

le-grand-maitre-virtuel_30.jpg(31): Une virée, cela se prend quand cela se présente.

« Profite d'aujourd'hui que tu tiens dans ta main ; Crois le moins possible à demain. », Horace

 

Grégory eut bien un cauchemar cette nuit-là, mais imprécis, il ne s'en rappelait même pas dans le détail. Il pouvait s'en douter, mais il ne le voulait pas. Il voulait tourner la page le plus rapidement possible. L'horreur, c'était derrière et l'oubli fabriqué est parfois plus efficace quand le naturel revient au galop. Il fallait pourtant oublier et jouir des promesses de la vie.

Aller à Marsalforn et au besoin retourner à la capitale, La Valette, pour réaliser un rêve de grandeur loin de toute précarité dont il avait ressenti le besoin dans sa jeunesse. Où était le mal? Comment résister à l'incompressible tentation de sortir du lot et d'élargir sa destinée?

Un taxi l'avait conduit à ce village d'antan qui était devenu une petite ville en période de vacances pendant laquelle deux tiers des visiteurs venaient loger pour profiter des plages et de la Baie d'azur toute proche, véritable atoll de Pacifique à seuelement deux heures de vol pour l'européen du nord.

Marsalforn était au creux d'une baie et paraissait endormie quand il y arriva. Le taxi ne reçu son ticket de liberté qu'après avoir fait le tour de la ville. Gregory avait bien préciser le but de la visite: voir les endroits des quartiers commerçants les plus chics possible. Le taxi-man avait répondu avec le plus large sourire par « Yes, Ok », il l'avait fait promener de long en large revenant parfois sur ses pas sans que Grégory n'en ressente le moindre indice. La course était plus longue, le tarif allait de pair. Tout le monde était content. Chauffeur et passager.

Au passage, une banque avait eu l'heur de plaire à Grégory pour garer la plus grosse partie de ses « jeunes » avoirs.

Pour le reste, rien ne correspondit à sa vision d'un homme riche. Aucun concessionnaire de Ferrari, Lotus, Lamborghini. La déception était à la mesure de sa volonté de grandeur. Cela sentait le bide à plein nez. Il fallait se retourner vers d'autres horizons plus centraux. La Valette devrait pouvoir le satisfaire, pensa-t-il. Ce serait pour plus tard. On avait le temps.

Des costumes de prestige, par contre, il en avait repéré un et avait noté au passage l'adresse. Janvier n'était pas froid mais nécessitait néanmoins un peu d'effets vestimentaires à ne pas négliger surtout de nuit.

Le port lui révéla des possibilités pour l'achat d'un bateau qui lui permettrait de se déplacer plus facilement dans un environnement insulaire. Il n'eut pas trop de difficulté à satisfaire cet aspect.

Après 2 heures de virages tout azimut, le restaurant dont Vic avait parlé avec emphase, fut son arrêt pour le déjeuner.

« Le Grand Veneur » méritait bien son nom. Faire comme Vic avait fait pendant tous ces mois qui ont précédés, représentait la meilleure victoire sur l'adversité.

Il était mûr pour prendre la place du maître en disciple bien formé.

Il s'attacha à prendre la place au fond de la salle comme Vic lui avait raconté. De là, il pouvait tout observé à son aise. Il n'effleura pas la moindre allusion de connivence avec son prédécesseur bien connu par les hôtes de ce lieu prestigieux.

La carte de visite, il hésitait à se la créer à force de pourboire bien distribués comme l'avait fait Vic. Probablement, d'abord plus pingre que son prédécesseur. 

Mais aussi, pas besoin de créer un lien qui pourrait le desservir plus tard.

La grandeur de la carte du menu l'impressionnait autant que les déférences dont on l'entourait. Une certaine fierté se lisait dans ses yeux de nouveau riche.

Les mets prestigieux se succédèrent ainsi pendant plus de deux heures agrémentés par des vins importés des cottages les plus connus d’ici et d’ailleurs.

Rien ne pouvait l'empêcher de combler ce manque qu'il lui avait noué l'estomac depuis tant d'années. Il s'en mettrait plein quitte à péter d'indigestion.

Tous les points de la salle étaient étudiés par Grégory dans ses moindres détails. Déguster du regard ce qui avait été épié avant lui par son maître, en dégustant des mets de prestige, qu'espérer de mieux pour un disciple.

On apprend vite à se tenir bien quand la motivation devient naturelle.

Alors, la vie n'a plus que des points positifs.

Le repas princier s'acheva pour un Prince.

Quand il fut temps de partir, quelques pourboires discrets ne réchauffèrent pas complètement l'atmosphère.

Il reviendrait sur les lieux. Pas besoin d'excès, laisser un souvenir de sa personne de marque mais pas dans l'extase.

Écarter au plus vite Vic des mémoires et le remplacer à petites doses sans rapprochements douteux et dangereux.

Gravir les marches de la noblesse et de la renommée des gens qui ont de l'argent devant eux, tout en gardant un maximum de côté, comme disait Raymond Devos dans un de ses sketchs.

Le lendemain, il continuerait son chemin avec délice. Un petit tour à La Valette pour faire d'autres emplettes digne de lui. La pub « Devenez scandaleusement riche » dont il râlait souvent auparavant, il l'a voulait sienne.

Le rêve ne faisait que commencer.

Après, il faudrait assurer mais on en était loin de ce moment de sagesse.

Se presser lentement et profiter entre-temps.

 

 

le-grand-maitre-virtuel_32.jpg(32) : « Le bonheur des uns… »

 

« Bonheur : sensation de bien-être qui peut conduire à l'imprudence. Si vous nagez dans le bonheur, soyez prudent, restez là où vous avez pied. », Marc Escayrol

La journée du lendemain devait être très certainement la journée des policiers. Un des acteurs que nous venons de connaître dans le contre courant, collègue du policier en charge de l’affaire, après plusieurs coups de fil aux agences de réservations des tickets lança un joyeux et péremptoire « Bingo, je l’ai. »

Trop heureux d'avoir eu la chance de sa courte carrière, il ne prit pas beaucoup de précaution en entrant précipitamment dans le bureau de l'inspecteur chef.

- « Le nom de notre gars est Patrick Dorsinitch J'ai continué l'enquête. Il s'agit d'un Roumain de 27 ans qui n'a pas vraiment de domicile bien fixe. J'ai pris la permission de prendre des contacts avec RobCy qui m'a raconté qu'il y avait bien un nom pareil dans leurs rapports d'embauche. Il avait, en fait, postulé chez eux comme candidat à une place d'informaticien. Le rapport précisait que Vic Vanderbist l'avait interviewé mais que son point faible avait été ses capacités nulles en IA ».

- « Bravo. Bonne initiative. Tu as gagné ta journée. C'est sûr que c'est lui. Nous approchons, nous approchons ! » répéta l'inspecteur trop content d'avoir eu le bon coup de poignet. Le poisson n'était ferré que virtuellement, mais c'était très prometteur. Place à l'hameçon qui devra entrer dans la chair. Mouliner ensuite n'était plus qu'une question de routine. Chez les humains, le nom suffit pour tirer le corps. Les poissons, eux ne s'attrapent qu'à la force du poignet. Le nom du poisson importe peu. Avertir Interpol de l'identification pour assurer la prise restait l'étape obligée et naturelle suivante. Cela fut fait sur le champ.

Deux heures sans nouvelles fracassantes quand le téléphona sonna.

- « Allo, ici l'inspecteur Rambolle d'Interpol. Nous avons repéré votre gars. Il est arriver le premier jour de l'an à La Valette. On ne sait pas où il est descendu. Apparemment, ce ne devrait pas être un hôtel ».

L'inspecteur en chef n'en fut pas tellement étonné pour autant. Il devait probablement y avoir une planque là-bas.

Il fallait maintenant penser à la suite et s'inquiéter de réserver une place pour un vol en partance pour cette île que l'on dit paradisiaque avec La Valette comme point de départ.

Depuis lors, il s'était parfaitement documenté sur cette destination de rêve pour touristes. Sa mémoire immédiate avait réservé un coin de neurones sur le sujet prêt à l'emploi.

Un jeu radiophonique avec des questions sur cette île, aurait fait de lui un expert de premier ordre.

Les informations d'Interpol contenait les noms de contacts de la police de La Valette.

Il fallait les contacter pour initier la procédure de recherche en ce nouveau territoire européen. Un nouveau terrain de chasse avec un goût de vacances en arrière plan. En hiver, ce ne pouvait pas être mal, non plus. Deux heures de vol suffisent pour atteindre La Valette, était-il dit.

L'inspecteur arriva vers 14 heures. Il n'avait pris avec lui que le nécessaire pour deux jours d'absence.

Une fois, la petite valise réceptionnée, il s'engagea vers la sortie mais n'eut pas le temps d'aller plus loin. Un homme en civil lui barra le chemin.

- « Inspecteur Bertille de Paris ? », fit-il dans un français tout à fait honnête.

- « Vous supposer bien. Je m’apprêtais à vous appeler. »

- « Inspecteur Matto. Enchanté. Un de vos collègues nous a averti de votre visite. Il m’a mis au courant de votre affaire. Je suis là pour vous servir de guide et d’interprète si nécessaire car le Maltais n’est certainement une langue bien connue en Europe. Pas encore venu chez nous ? » , lança-t-il le sourire aux lèvres.

- « Non, c’est la première fois. Il y a peu, j’ignorais où Malte pouvait se trouver sur la carte. »

Le maltais devait avoir l’habitude de ce genre de réponse et ne releva pas la remarque.

- « Une voiture nous attend à la sortie de l’aéroport. Suivez-moi. » 

La conversation dans la voiture ne s’éloigna pas des banalités d’usage offert en automatisme aux touristes de l’île.

Le bureau de police de la Valette ne se trouvait pas bien loin de l’aéroport.

Il était par contre très loin de ce qu’un policier parisien pouvait imaginer. Celui-ci ne fit aucune remarque pour exprimer sa surprise. Il n'était pas là pour faire l'inventaire des différences. 

Dans le bureau, les choses sérieuses vinrent dans la conversation sans retard. Matto commença.

- « Pour résumer, vous cherchez un Français qui aurait assassiné un compatriote, informaticien et qui pourrait être impliqué dans une affaire financière, en plus. »

- « C’est cela. A part qu’il ne s’agit pas d’un Français, mais d’un Roumain vivant à Paris. On connaît son nom mais sans beaucoup de précision jusqu’ici. »

- « Après avoir connu cet élément, nous avons commencé à rechercher votre homme en scannant les voyageurs en provenance de Paris...»

- « Le nom qu’on vous a communiqué, y était-il ? » interrompit le Français.

- « Oui. Il était bien dans la liste du vol du 1erjanvier, mais nous n’avons pas sa destination finale. Cela ne veut pas dire que nous avons été bloqués dans nos actions. Notre police fonctionne bien à l’échelle de notre pays, bien sûr. Vous avez eu raison de nous envoyer un fax avec la photo robot de la personne qui a été assassinée. Mon collègue s'est mis en route pour vous servir et déblayer le chemin. Il paraît qu'il est parfaitement connu sur les îles maltaises. L'assassin, son nom, ne disent rien à personne. Je vais contacter immédiatement le brigadier sur l'affaire pour voir s'il y a des nouvelles. ».

Sur ce le Maltais s’empara de son téléphone portable qui visiblement ne datait pas des derniers perfectionnements en la matière. 

Une conversation s’engagea dont le Français ne comprit pas le moindre mot. Aucun repère, aucun nom de ville qui aurait pu localiser les bribes de conversation dans le concret.

Après ces quelques minutes de paroles incompréhensibles, il s’arrêta de tourner à vide aux oreilles du Français.

- « Mon inspecteur est déjà bien avancé dans notre enquête. Il parait que le Roumain n’est pas resté très longtemps à La Valette. Mais, ne vous inquiétez pas, il n’est pas aller loin. Il n’a pas quitté les îles. Il devrait être à Gozo. Une petite île près d’ici. Un bateau à moteur lui a servi pour l’y mener. Nous avons retrouvé son pilote. Celui-ci s’en souvient encore. Il a été très généreux et cela ne s’oublie pas. Marsalforn fut la destination où il a débarqué. Du visage, il ne se souvient pas vraiment. Je vous proposerais de postposer notre entretien jusque demain. Installez-vous à l’hôtel. Nous avons réservé une chambre à l’Hôtel International. Je suis sûr que vous allez aimé. Nous irons ensemble demain matin.»

Sur ce, il fit signe à un brigadier. Le mot « International » parvint cette fois aux oreilles du Français. Un serrement de main, un sourire et un « A demain, 10 heure. On viendra vous chercher. Ok ? »

Le Français acquiesça et suivit le brigadier dans la petite voiture de police.

Tout se présentait mieux que prévu. Une nuit avec le confort et la piscine, cela ne se refuse pas même pour un officier de la police française.

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le-grand-maitre-virtuel_33.jpg(33): La pèche à la cigale

« Dieu pêche les âmes à la ligne, Satan les pêche au filet. » , Alexandre Dumas

Le lendemain, tout se passa comme prévu. Le même brigadier arriva à l’hôtel pour prendre en charge le policier français. La soirée avait été délicieuse pour ce dernier. On lui avait dit d'emporter un maillot et il profita de la piscine avec délice. L'hôtel méritait le nom d'"International". La nourriture n'était pas locale mais ne désorientait pas les palais délicats des gens du nord.

Déjà, dans le hall, il reconnu le brigadier maltais de la veille et le suivit sans attendre avec un vague sourire en guise de bonjour. La voiturette était au parking et démarra premier quart de tour en les emportant.

Le port n’était pas loin et l’inspecteur principal de Matto était déjà à bord de la navette. Quelques salutations de pure forme ne retardèrent pas le lancement du moteur en direction de Gozo.

La mer était aussi lisse que l’on pouvait imaginer pour un grand lagon bleu. Ce n'en était encore que les prémisses. A Gozo, il n'y aurait plus de doute possible.

La couleur de la mer était, dans la traversée, seulement plus dure, avec la transparence troublée seulement par quelques effluves de mazout irisé.

Le bateau s’élança sans attendre à vitesse réduite d’abord pendant une centaine de mètres nécessaire pour quitter le port.

La brise du large cingla les visages muets des trois occupants à l’arrière de la navette. Rien n’aura pu les faire dévier de leurs réflexions internes. Les envies de passer le temps pour partager des impressions communes étaient courtcircuitées par le bruit assourdissant du moteur.

La ville s’éloignait de plus en plus vite et ne fut bientôt qu’un vague souvenir dont seul quelques clochers rappelaient l’existence.

Ce n’était pas la saison touristique et cela se ressentait. La température était pourtant, déjà lourde, heureusement rafraîchie par les embruns qui parvenaient sur ces visages vides d’expression. On osait, alors, fendre la rade sans trop de crainte d’entrer en collision avec un yacht en mal de reconnaissance des lieux. L’ambiance, il fallait la chercher manifestement ailleurs.

Les plages étaient résolument désertes. Les criques défilèrent l’une après l’autre sans beaucoup de variétés.

L’île, elle-même, disparu bientôt du champ de vision.

Le ressac, dû à la vitesse, secouait méchamment les barques de pèche croisées au passage. Personne n’en avait cure. Ni les secoueurs, ni les secoués. Chacun sa barque et ses préoccupations.

Les vedettes rapides se croisaient en ajoutant un peu d'excitation supplémentaire.

L’une d’entre elle aurait pu les intéresser plus qu’il n’y paraissait. Sans le savoir, une autre navette qui allait dans le sens opposé avait à son bord un seul passager, un homme jeune, comme un autre apparemment et qui pourtant cachait un passé récent très peu commun.

Un touriste roumain d’origine, jeune, était à son bord, plein aux as et cela le pilote qui était devant lui l’ignorait et n’aurait jamais voulu le savoir. Gregory, pour lui donner son nom, avait également le regard ailleurs et n’aurait pu imaginer que son destin se croisait, allait bientôt se jouer et être déterminé par les deux hommes de l’autre esquif. Pour le moment, c’était seulement chacun sa route, chacun son destin voulu par le hasard.

Il était reparti à La Valette pour faire ses emplettes et rien n’aurait pu le retenir. Ses pensées et ses rêves en dépendaient depuis trop longtemps. Rien n’aurait pu gâcher une journée aussi belle. Le temps pressait même. Il avait droit à sa récompense en consommateur de produits de luxe. La précarité qui avait accompagné sa jeunesse, il voulait l’effacer à jamais. L’avenir, il le voulait tout autre à l’instar de cette nature construite d’illusions.

Il allait pouvoir vivre de ses rentes, faire ce qui lui plaisait sans devoir en référer à quiconque. Faire et défaire au gré de ses fantasmes. Cela avait l’heur de le détendre et de lui procurer une humeur à faire pâlir d’envie Crésus, lui-même.

Souvenir de ce hasard en rapproché quelques lames de fond et un remous qui sortirent de leurs préoccupations, en même temps et par effet retard, les occupants des deux embarcations. Pas de mouvement de tête pourtant de part et d’autre dans la direction de l’autre fauteur de troubles. Imperturbables.

Les policiers continuaient à regarder devant eux les cheveux tirés vers l’arrière dans un vent qui n’avait aucune peine à marquer sa présence. Surtout éviter les conversations en égosillant la voix en pure perte dans le ronflement du moteur.

Bien vite, Gozo apparut. L’eau, réellement turquoise, remplaça le bleu azur profond. Pas bien loin, un dauphin décida de donner un pas de conduite en espérant par ses bonds attirer l’attention sur lui. Les humains étaient malheureusement trop peu soucieux de la beauté du paysage pour y prêter attention.

Contourner l’île par le nord ne prit pas beaucoup de temps. La baie de Marsalforn se pointa sans donner son nom. Pointer du doigt par l’inspecteur maltais sans un mot suffisait pour se faire comprendre.

Le moteur hoqueta et un premier soubresaut suite à la réduction de la vitesse fit comprendre que la mini croisière touchait à sa fin.

La plage était presque vide. En autre temps, le slalom aurait été la base de tout déplacement dans l’eau et sur le sable.

Ce fut le moment choisit par le portable de l’inspecteur français de lancer sa musique électronique. Le bruit s'adoucit.

- « Allo, ici, l’inspecteur Derville de la police division "informatique". Au sujet de l’affaire Vanderbist, nous avons analysé et décrypté les données de l’ordinateur de votre suspect que vous nous avez ramené du fameux appartement. »

- « Et, quels sont les résultats de votre enquête informatique ? » fit le policier de manière plus forte qu’à son habitude encore brouillé par le bruit du moteur.

- « Pour tout vous dire, nous avons été très surpris et émerveillé à la fois. Il s’agissait d’un beau poisson que vous avez pris. Il était à la tête d’une arnaque à l’échelle mondiale. Une véritable machination dont il détenait les clés et les rênes pour suivre son bon plaisir. A tout moment, il aurait pu contrôler les réseaux informatiques et s’offrir les plus gros gags dans le domaine du piratage. Je peux vous assurer que le monde a risqué gros. Le curseur de la peur n’était pas encore poussé trop haut, heureusement pour nous. Il gardait le pied sur le frein. Vraiment, surprenant. » fit-il encore excité.

- « Quels sont les dégâts jusqu’ici pour l’économie ? Car il a tout de même puiser dans la Bourse."

- « Pas vraiment l’économie. Quoiqu’il aurait pu. Pas beaucoup de lésés. C’était bien plus fin. Une véritable partie d’échec style Kasparov dans laquelle la reine n’avait pas encore quitté la case de départ. Si je me fais bien comprendre. ». Il parlait avec emphase mais surtout avec une admiration sans borne. « En fait, il a fait fructifié la Bourse et ses actionnaires sans que ceux-ci aient eu le moindre orgueil de responsabilité. Génial. Une fois, le rendement atteint, il s’éclipsait encaissant les gains au passage. Ni vu, ni connu. Il y en a pour des millions. Pour y arriver, il détenait une martingale qui lui permettait de garder un maximum de chance de son côté. Il l'avait même utilisé récemment pour appâter de nouveaux clients. Avant cela, d'autres arnaques, tout aussi fines dans l'arsenal de la piraterie informatique avaient eu leurs heures. Je vous dis, une merveille d’horlogerie mise au service de l’informatique boursière. »

- « Je vois. Cela devient clair et troublant à la fois. Je ne pouvais m’imaginer que l’on puisse arriver à ce point. Je vous remercie pour vos informations. N’hésitez pas à me contacter si vous trouver encore autre chose ». Il pressa le bouton "stop" de son portable.

Ils venaient de toucher le sable. Il paraissait très chaud à l’inspecteur français.

Torride, même.

 

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