Les Voleurs de Paysage
olivier cabanel 2008-05-16 07:37:00
Où que se porte notre regard, il est arrêté aujourd’hui, non pas à la ligne bleue des Vosges, ou au sommet du Mont Blanc, mais à une myriade de panneaux tous aussi géants les uns que les autres: la publicité.
Ces affiches géantes, censées nous pousser à consommer, se sont tant multipliées qu’il devient difficile aujourd’hui d’apercevoir le paysage.
Nous avons sous les yeux des messages accrocheurs qui veulent nous faire rêver mais les appartements avec « vue sur la mer » sont devenus « vue sur l’amer ».
C’est appelé, sans rire, les arbres à pub. http://www.dailymotion.com/video/x1ioak_les-arbres-a-pub
Tout est bon pour convaincre le chaland : une fille à moitié nue pour nous inciter à acheter une voiture ou un fromage blanc.Plus les messages sont décalés, plus ils ont de chance de nous surprendre, et de faire de nous des consommateurs forcenés.Coluche l’avait compris avec son sketch sur des lessives qui lavaient plus blanc que blanc.
« Blanc, je connais », disait-il », « moins blanc, c’est gris, mais plus blanc que blanc, je ne vois pas… transparent ? »
Coluche a en même fait des contrepeteries : on se souvient de « mamie écrase les prouts », en ces temps là, la pub nous faisait passer à son insu de bons moments.
Mais la pub est devenue insupportable.
On ne peut pas y échapper : elle est présente sur tous les supports, de la radio à la télé, en passant par les journaux, mais aussi internet, les téléphones portables, et même nos propres habits car la plus subtile des publicités, c’est celle que nous faisons involontairement.
De la marque de jean, estampillée sur votre derrière, à celle du polo, nous sommes en quelque sorte des espaces publicitaires bénévoles.Elle se glisse aussi dans les films et inconsciemment, nous allons enregistrer la présence de telle ou telle marque : voiture, parfum, alcool, et cela nous incitera à l’acheter.
Les publicistes le savent bien et c’est pour cette raison qu’ils financent beaucoup de films.
La pub nous amène aussi à nous poser d’étranges questions.EDF dépense des sommes folles pour nous convaincre d’acheter son électricité.
A quoi bon, puisqu’ elle en a encore le monopole.
Cela va bientôt changer, mais on peut se demander dans quel but dépense-t-elle autant d’argent en espace publicitaire ?
La résistance à la pub commence à s’organiser pour nous redonner nos paysages.
Pour mener une action citoyenne, une association s’est crée : les casseurs de pub.http://www.casseursdepub.org/
Tous les ans, ils proposent des initiatives : une journée sans achats, une semaine sans télé avec comme mot d’ordre « la télé ou la planète ».
Il y a aussi les « barbouilleurs de pub », qui, pinceau à la main, attaquent la pub manu militari, et barbouillent ou détournent les affiches qui polluent nos murs.
Ces pubs ont une autre conséquence : 180 kg de papier sont consommés par an et par personne en France, et des forêts entières disparaissent chaque jour pour publier des messages racoleurs.
Plus de la moitié de la pâte à papier est importée.
Les Chinois n’en sont encore qu’à 35 kg, mais nul doute qu’ils vont bientôt nous rattraper.
L’utilisation du papier recyclé n’est qu’un pansement provisoire, puisqu’il provient lui-même du papier, et donc auparavant, des arbres.
10 millions d’hectares de foret sont détruits toutes les deux secondes, et le réchauffement planétaire s'accélère pour quelques publicités idiotes.
Alors comme disait un vieil ami africain :
« Celui qui rame dans le sens du courant, fait rire les crocodiles ».
L'Ignorant : Chapitre II (2) - Découvertes
Le Panda 2008-05-15 12:31:51

"Le rêve de mon existence est accompli"
Bartholdi - 1886
De mon pas, j'allais avec mes idées en direction de ma Mère. Il était un peu plus de 9 heures du matin, elle me dit : « viens nous allons déjeuner ».
Nous nous dirigeâmes vers une grande table. Il y avait déjà un tas de gens, des bruits incroyables, tout s'amplifiait dans ma tête, je ne compris pourquoi, mais lorsque l'on me proposa un bol de café au lait et que ma Mère commença à faire des tartines, je cru que cela était du beurre, je les dévorai.
Tous ces gens autour de cette table, j'étais comme eux, j'avais faim, soif, cela ressemblait à une table ! En plus, il y avait des chaises.
Des propos fusaient de toutes parts, les bols étaient multicolores, quelle bonne odeur que celle du café qui se répandait dans cette pièce, dortoir, vivarium, mouroir. Etc.
D'autres essayaient de faire leur lit à quelques mètres de Nous.
Avait-on voulu tout réunir dans cette même pièce où s'entassaient toutes les misères, richesses du monde qui s'y trouvait?
L'on avait uniquement séparé ce que l'on pouvait appeler la salle d'eau, mais tout y était, les chaussures, les vêtements, les cabas, des couvertures, chacun faisait, défaisait à sa façon.
Les gens s'interpellaient les uns les autres. Cherchant, hurlant parfois dans des cris déchirants celle ou celui qui était resté là-bas dans un autre monde.
Ils parlaient du
Chili de Prague de L'
Algérie terre Française, je compris, bien plus tard, la rage, la haine de ces rives qui leur demeurent à jamais interdites au moment où ils les prononçaient.
De temps en temps, des haut-parleurs disséminés ça et là, l'on entendait les noms des personnes, d'enfants, ceux-là s'étaient perdus, une fatigue me gagna après ce petit déjeuner. J'allai m'allonger sur
mon lit et ne me souvins même plus s'il était fait ou défait, j'avais un grand besoin de me sentir allongé, cela je ne me l'expliquais pas.
Dans
une tourmente, une tornade j'étais dans une situation que je ne connu jamais comme
saoulé par toutes les
pauvretés de la planète.
Là, où se trouve ce que l'on nomme le cœur de ses racines. Pourtant j'étais un enfant avec des parcelle de terre qui en cet instant représentaient
le sang de mes anciens.
Au bout de quelques minutes, en fait, il s'était écoulé une heure environ d'après ce que me dit
ma Mère, elle me demanda :
« As-tu vu
ton frère Gérard ? »
Je lui dis non, « Mais qu'y a-t-il ? »
Je vis deux larmes couler sur son visage. Elle me dit « je le cherche partout, je ne sais où il est, où a-t-il pu passer ? La ville est grande ».
Puis, tout à coup, les souvenirs de
cette guerre me revinrent en miroir, non cela n'est pas possible, il n'avait pu arriver quelque chose à mon frère, non, non et
non !
Alors, ma Mère me dit : « tu vas aller avec ta sœur de ce côté, moi de l'autre, nous allons essayer de le retrouver », je dis « d'accord ».
Une demi-heure après, nous nous retrouvions, je ne sais si c'est auprès de mon lit ou auprès de celui de ma Mère, mais cette fois ma Mère pleurait ; une dame s'approcha d'Elle, c'était quelqu'un qui se trouvait sur le
bateau, « Madame, que vous arrive-t-il ? ».
« Je ne sais pas où est passé mon fils ! »,
« Oh !, vous savez...les enfants ! Ne vous faites pas de souci, nous allons voir les hôtesses, nous le ferons appeler ». Ma Mère n'y avait pas songé, nous nous dirigeâmes tous ensemble. Je ne sais plus combien nous étions, j'avais l'impression que c'était l'enfant de tout le monde qui s'était perdu.
Pendant dix minutes, on appela inlassablement Gérard Juan, Gérard Juan, est attendu par sa Mère...
Pas de réponse, puis un à moment donné
ma sœur murmura quelques mots et dit :
« Mais Maman ne penses-tu pas que Gérard ait pu aller chez l'
Oncle Antoine ? »
Alors, ma Mère fut effrayée, et dit « mais cela n'est pas possible ! Il va se perdre, je ne le reverrai pas, soudain l'on sentit un
élan de tendresse, de pitié, je sais pas », je ne sais plus.
Je me sentis devenir encore plus que
tout petit.
Les gens disaient, « ne vous affolez pas, on le retrouvera » à cet instant la personne que j'avais vue deux jours auparavant se faufilait devant nous, c'était à nouveau ce fabuleux
Monsieur Péromino.
Dans une voix étouffée de sanglots, ma Mère lui expliqua que mon frère avait disparu, il se dirigea à nouveau vers les hôtesses, je crois qu'elles lui expliquèrent vaguement qu'en effet il avait dû
sortir.
Mais qu'il ne fallait pas se paniquer de la sorte, cela était fréquent, elles en avaient l'
habitude depuis plusieurs mois.
Il fallait reconnaître que
ces filles avaient un mérite absolument extraordinaire. Le mot n'est pas vain. Elles n'étaient pas rémunérées, venaient là, bénévolement, assister
des réfugiés, des gens de toutes couleurs avec un accent d'un autre pays, tout en étant le même pays.
Comme je l'appris plus tard, aider, malgré tout ce qui avait pu se lire dans les journaux, tout ce que
les radios avaient pu dire, tous les morts que les gens avaient laissés derrière eux, tout ce que cette
terre d'Algérie avait coûté à tous ceux qui habitaient en
Métropole, vraiment, je crois qu'il fallait faire ce qu'elles faisaient.
Aurais-je eu le courage de le faire ?
Plus tard, Oui, mais pour l'instant, je ne sais pas, je me souviens Monsieur Péromino dire, « Eh bien ! Ne vous inquiétez pas,
allons chez votre Oncle, nous aurons très certainement l'occasion d'y trouver votre fils, cessez de vous inquiéter ».
Non, voila qu'il donnait des ordres !! Il avait de la chance que mon père ne fut pas là !!
Il nous ramena dans la pièce centrale où là je ne compris pas, je ne sais plus, était-ce un hall de gare ?
Un dortoir municipal, un parc à
bestiaux, Pfff...
L'on pouvait bien lui donner toutes les appellations que l'on voulait !
Tout à coup, j'eux un profond dégoût pour cet ensemble immonde. Monsieur Péromino d'un air joyeux dit à ma Mère, « Eh bien ! Allons-nous en », une fois de plus, je fus surpris.
Ma Mère me dit «
écoute tu vas rester là, nous allons essayer de retrouver ton frère ».
Après tout, je laissais ma Mère en compagnie de cet homme et me dis, «
il ne peut rien lui arriver », et ne me sentais pourtant l'âme d'un protecteur absent en ces moments, et je n'en ai jamais eu conscience à l'instant « T ».
Ma Mère partit, donc, avec ma sœur. Cet homme, je décidai de rester avec lui, dans cette cour où je voyais les gens aller, venir. Je me demandais si cela était un
essaim d'abeilles ou un nid de fourmis. Souvent, l'on dit « mais qu'est-ce qui fait donc courir les gens ? ».
Ils ne couraient pas, ils se réfugiaient, j'avais compris ou je croyais avoir compris, c'était un asile !
Mais un asile de quoi ?
Ah oui !
C'est vrai, c'était un
asile de guerre. Que devenait donc l'ardeur de
Robert Schumann depuis 1950 qui vu les prémices de l'
Europe ?
Les découvertes que je faisais en l'instant me laisser présager que nous ne serions que des pions numérotés comme nous l'étions au départ du
bateau, entre les mains de politiques dont dans la découverte d'un
nouveau monde demeurait un mystère. Ce dernier nous poursuivrait surement pendant très longtemps. Je me posais simplement une question : Etait-ce
Amerigo Vespucci ou
Christophe Colomb qui découvrit l'Amérique ?
Je constatais, à regret, que même avec la misère, on fabriquait des riches.
Le Panda
Patrick Juan.
Cela comme tu le dis finira surement trés mal mais pour qui