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Assassinat de Benazir Bhutto -
Vers le chaos ou la démocratie ?
Par Pierre.R le
28 décembre 2007

A quelques jours
des élections législatives, qui devaient se tenir le 8
janvier au Pakistan, et à quelques minutes avant sa mort, Benazir
Bhutto déclarait, devant ses partisans : « J’ai mis
ma vie en danger, je suis rentrée parce que je sentais que ce
pays était en danger. Les gens sont inquiets mais nous sortirons
ce pays de la crise ». L’attentat s’est produit à
Rawalpindi, près d’Islamabad, à l’issue d’un
meeting électoral de Benazir Bhutto, leader du Parti du peuple
pakistanais (PPP) et chef de file de l’opposition au président
Pervez Musharraf.
Selon des analystes,
l’assassinat de Benazir Bhutto plonge le Pakistan dans l’une
des plus graves crises de ses soixante années d’existence.
Loin d’apaiser la situation, Nawaz Sharif, l’autre chef
de l’opposition et ancien Premier ministre, réclame la
démission de M. Musharraf et en appelle à une grève
générale dans tout le pays. Benazir Bhutto et Nawaz Sharif
avaient récemment décidé d’unir leurs forces
pour s’opposer à Pervez Moucharraf. « Si quelque
chose m’arrive au Pakistan, j’en rendrai Musharraf responsable
», avait averti madame Bhutto. Les craintes de madame Bhutto ont
été confirmées par la chaîne américaine
CNN. Elle avait demandé, le 26 octobre dernier, à Mark
Siegel, son porte-parole américain, de rendre son message public
si elle était assassinée. C’est fait.
Le président
Pervez Musharraf a appelé à la paix après la mort
de Benazir Bhutto. Il a aussi invité ses concitoyens à
rester calmes pour « que les desseins diaboliques des terroristes
soient mis en échec ». Le président pakistanais
a, de plus, annoncé jeudi un deuil de trois jours. Et c’est
ce même Musharraf qui, selon Benazir Bhutto, est accusé
aujourd’hui de lui avoir refusé une protection adéquate
dans les mois précédant son assassinat. Madame Bhutto
faisait face à l’interdiction d’utiliser des voitures
privées ou avec des vitres teintées. Même chose
en ce qui concerne une escorte de quatre voitures de police afin d’être
protégée de tous les côtés.
Le Pakistan, dans
une certaine frange, est en colère. La douleur s’est vite
muée en colère contre le président Pervez Musharraf.
« Musharraf est un chien », scandaient des centaines de
gens en colère. « Nous avons perdu notre soeur! ».
Des émeutes ont éclaté dans une dizaine de villes,
faisant au moins 10 morts, selon les autorités. Le meurtre de
Benazir Bhutto s’inscrit dans une série d’attentats
suicides qui ont fait près de 800 morts en 2007. Le 18 octobre
dernier, un attentat contre madame Bhutto s’était soldé
par 139 morts. Un journaliste de Karachi témoignait hier : «
La réponse dans la rue est très violente, les gens sont
dehors, furieux, ils brûlent des voitures, des bâtiments,
il y a des fusillades, c’est le chaos » (Libération).
Des troubles ont aussi éclaté à Lahore et, dans
une moindre mesure, dans d’autres grandes villes. Au moins quatre
personnes ont été tuées dans ces incidents.
Madame Bhutto,
depuis quelques mois, avait décidé d’affronter sans
équivoque possible le mouvement islamiste radical du Pakistan.
Elle avait mené une campagne contre les fondamentalistes musulmans,
en promettant d’« éliminer la menace islamiste »
du pays. Il semblerait que les taliban ainsi que des groupes djihadistes
pakistanais avaient recruté des kamikazes pour mettre fin à
ses jours.
Nicolas Sarkozy,
dans une lettre adressée au président Musharraff, juge
« plus que jamais indispensable » la tenue des élections
législatives après « l’acte odieux »
qui a couté la vie à l’ancien Premier ministre.
Robert Birsel et
Kamran Haider, de Reuters, rappellent les faits saillants de la carrière
de madame Bhutto : « Née le 21 juin 1953, dans une riche
famille de propriétaires terriens, Benazir Bhutto a été
formée à Harvard et à Oxford. Son père,
Zulfikar Ali Bhutto, président puis Premier ministre du Pakistan,
avant d’être renversé en juillet 1977 par Zia-Ul-Haq,
fut exécuté deux ans plus tard. Madame Bhutto devient,
dès lors, le chef de file de tous les opposants au régime
militaire de Zia ».
« Arrêtée,
assignée à résidence, elle s’exilait une
première fois à Londres où elle réorganisait
le PPP, fondé par son père. Elle prend l’engagement
de rétablir la démocratie et se veut le symbole de la
lutte contre le pouvoir militaire. À 35 ans, le 2 décembre
1988, après la victoire du PPP, elle est nommée à
la tête du gouvernement et devient la première femme à
diriger un pays musulman. En 1990, cible d’accusations de corruption,
elle était limogée. Son retour au pouvoir, en octobre
1993, n’allait guère être plus heureux. Le 5 novembre
1996, de nouvelles accusations de corruption lui coûtaient une
nouvelle fois sa place » (Reuters - Le Monde).
Mais comme l’indique
Libération
: « Benazir Bhutto était rentrée au pays grâce
au soutien de Washington, dans la perspective d’un partage du
pouvoir avec le président Musharraf. Un retour sous les vivats
de ses partisans, mais qui dérangeait beaucoup de monde au Pakistan,
en particulier au sein de l’establishment, peu enclin à
céder du terrain à l’héritière de
la dynastie Bhutto ».
Les États-Unis
pour lesquels Islamabad est un allié clé dans leur «
guerre mondiale contre le terrorisme » ont assuré les Pakistanais
de leur soutien tout en insistant pour que les élections législatives
et provinciales aient bien lieu le 8 janvier comme prévu. La
secrétaire d’État américaine, Condoleezza
Rice, a téléphoné au successeur de Benazir Bhutto
à la tête du PPP, Amin Fahim, pour l’appeler à
participer aux élections, pendant que Georges W. Bush s’entretenait
avec Pervez Musharraf. Le président George W. Bush a condamné
un « acte lâche perpétré par des intégristes
meurtriers qui cherchent à saper la démocratie pakistanaise
».
Selon Pervez Musharraf,
l’assassinat de Mme Bhutto est « l’œuvre de ces
terroristes contre lesquels nous sommes en guerre». Il a exprimé
sa «détermination» à les «éliminer
». France Presse informe que, jeudi, des responsables du FBI et
du département de la Sécurité intérieure
avaient diffusé une note à l’attention des différentes
agences américaines relayant des sites Web islamistes selon lesquels
Al-Qaïda a revendiqué l’attentat qui a coûté
la vie à l’opposante pakistanaise Benazir Bhutto. Ross
Feinstein, porte-parole du directeur des Renseignement nationaux, prévient
que « nous ne sommes pas en mesure actuellement de confirmer qui
aurait pu être responsable de l’attaque ». Le ministère
de l’Intérieur du gouvernement pakistanais a déclaré
à l’agence France Presse ne « pas être au courant
d’un lien avec Al-Qaïda » dans cet assassinat de l’ex-Premier
ministre Benazir Bhutto.
Les rumeurs circulent
que Oussama ben Laden diffuserait prochainement une nouvelle déclaration
sur Internet dans laquelle il évoquerait surtout la question
de l’Irak, selon un groupe privé de renseignement. Selon
SITE, qui fournit des renseignements sur les questions de terrorisme
à des gouvernements et des acteurs privés, l’annonce
de la diffusion de ce message a été faite jeudi sur des
forums de discussion islamistes. Selon les entrées sur ces sites
Web, le message durera 56 minutes.
Alain Lallemant,
du quotidien Le
Soir (Belgique), dit craindre le scénario du pire, soit le
report des élections : « L’absence de Benazir Bhutto
dans le jeu politique du 8 janvier n’est pas déterminante.
La présidente à vie du PPP était déjà
absente du scrutin présidentiel du 6 octobre dernier, et ses
prises de positions, tant avant son retour d’exil (soutien aux
Américains, lâchage du père de la bombe atomique
pakistanaise) qu’après (rapprochement avec les religieux,
positionnement opportuniste face au président Musharraf) ont
affaibli sa position. Dans la presse pakistanaise, des fonctionnaires
ont fait ouvertement état de déceptions face au comportement
cynique de « B.B. ». Et pour les électeurs du PPP,
la première de toutes les dames sera peut-être plus grande
morte que vivante ».
Pour François
Sergent, de Libération : « Au nom de la lutte contre le
terrorisme que Musharraf est censé mener, les États-Unis
s’appuient sur cet homme double qui laisse son pays aux inégalités
odieuses s’enfoncer dans le sous-développement et la violence.
Ils l’ont soutenu, bien que son régime ait systématiquement
violé la démocratie et les droits de l’homme - et
encore plus ceux de la femme. Ils l’ont soutenu malgré
la prolifération nucléaire organisée au cœur
de l’État. Ils le soutiennent malgré les complicités
coupables de son armée avec les islamistes les plus fanatiques.
Que le meurtre de Benazir serve au moins de mise en garde à un
Occident qui devrait apprendre à mieux choisir ses amis ».
Aux États-Unis,
les réactions vont de la consternation au scepticisme. «
A bad day for Pakistan ; a bad day for the United State », rapporte
Le Los
Angeles Times. Pour sa part, le New
York Times met l’accent sur l’échec de la politique
et de la stratégie de Georges W. Bush. « Foreign policy
analysts and diplomats said that if there were one thing that Ms. Bhutto’s
assassination has made clear, it was the inability of the United States
to manipulate the internal political affairs of Pakistan ». Notons
enfin que le Wall
Street Journal considère que l’assassinat de Benazir
Bhutto pourrait avoir un impact sur le choix des électeurs américains,
lors des prochaines présidentielles de 2008, qui pourraient favoriser
des candidats plus expérimentés. « It has very little
to do with national security issues », a déclaré,
un peu mal à l’aise, le sénateur républicain
McCain. Notons enfin que le correspondant du Huffington
Post, l’un des blogs les plus lus aux États-Unis, Matthew
Pennington, craint que la seule issue qui s’offre au président
Musharraf ne soit de déclarer, pour une deuxième fois,
l’état d’urgence : « It is possible they could
declare an emergency again ».
14
Commentaires sur ce billet
lenfoire Le 28 décembre
2007 à 10h28min (commentaire N° 1)
Pierre,
Bonne
fusion de ce qui se dit autour de ce qui tourne autour de cette
nouvelle atteinte contre l’idéologie de la démocratie.
L’anarchie a été l’opposé reconnu.
L’arme de pression la terreur.
En son temps, j’ai cherché le pourquoi et le comment.
“Vivre
dans un monde démocrate, ça vous gratte“.
L’article prenait la vision et les défauts à
l’occidentale. Sommes-nous tellement en contradiction
avec les autres parties du monde et les hommes dans leur ensemble
?
Je reste encore sur ma faim sans comprendre.
Complément d’info vu d’ici : lien
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Pierre.R Le 28 décembre 2007 à 10h50min (commentaire
N° 2)
Lenfoiré
Je
viens de parcourir le texte sur la démocratie. Très
bonne réflexion. Nous avons, mon ami, une vision occidentale
de ce qu’est la démocratie. Serions-nous en plein
dans ce choc des civilisations dont parlait Samuel Huntington
: a) conflits entre civilisations du fait de la domination de
l’Occident : les autres civilisations cherchent à
s’affirmer face à un Occident dominateur ; b) conflits
à l’intérieur d’une civilisation :
lutte de pouvoir pour le contrôle d’une civilisation,
comme la lutte entre islamistes et réformateurs dans
le monde islamique ; c) lutte à l’intérieur
d’un pays : cas d’un pays déchiré
entre plusieurs civilisations (Huntington cite la Turquie, le
Mexique, la Russie et l’Australie) (Wikipedia). Cette
vision est loin d’être partagée. Plus d’un
diront que dans la démocratie se retrouvent des germes
d’une certaine dictature. Nous n’en sortirons pas.
Bien évidemment, les intérêts stratégiques
et géopolitiques dépassent amplement les impératifs
de la démocratie. Elle est bien pâle cette démocratie
lorsque se font entendre bruyamment les intérêts
régionaux des superpuissances. Il ne faut jamais l’oublier.
Je reviendrai sur cette question plus en profondeur.
Pierre
R.
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lenfoire Le 28 décembre 2007 à 13h04min (commentaire
N° 3)
Pierre R.,
Vision
occidentale?
La vie et l’instinct de conservation de l’espèce
sont-ils occidentales?
Nous
avons manifestement perdu quelque chose au passage dans les
arcannes de l’évolution.
Ce qui m’énerve souvent, c’est de voir l’admiration
et l’amour des enfants dans les yeux des gens de part
et d’autre, occidentaux et orientaux, et de les pousser,
juste un peu plus grand, vers la mort.
Mazochiste, notre espèce?
Oui,
reviens sur ces problèmes fondamentaux.
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Le Panda Le 28 décembre 2007 à 14h26min (commentaire
N° 4)
@ Pierre,
pour
le moins que l’on puisse écrire, enfin je parle
pour moi, c’est que ta revue sur cet assasinat ne fait
pas dans la dentelle.
Les
problèmes fondamentaux auquels Guy fait allusion à
mon sens sont bien plus importants que ce que le tissu de l’apparence
laisse penser.
Oui
au risque de te surprendre il n’y a qu’un seul monde
en lequel je crois c’est celui de l’enfance. Ils
sont purs et fragiles, ils demeurent la proie “idéale”
pour ceux qui jouent avec le monde.
Les
analystes, les humanistes, portent des traces de souffrances
avec une vision ou le coeur parle de sensibiltés et de
la place que la femme se devrait d’occuper dans une société
matchiste qui me dégoute par certains rapports sans commune
mesure avec la réalité de l’odeur et du
goût de la vie.
La
premiére des démocratie qui subit des électrochocs
figurent au fronton de l’Occident, comme sur les livres
de Religions de tout continent. Coupables mais pas responsables.
Donc
effectivement la menbrane est plus que fragile quand l’écho
se meure lorsque les montagnes et les vallons ne peuvent franchir
les océans.
Pour
ce faire une petite solution, se rendre là où
se trouve le probléme, ou mettre les forces neutres capables
d’avoir un petit mais juste un simple sourire.
Le
Panda.
Patrick
Juan.
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Le Panda Le 28 décembre 2007 à 15h57min (commentaire
N° 5)
@Pierre, et tous les autres,
En réception la Dépêche A.F.P. reçu
à l’instant. Compte-tenu des circonstances pour
relever la qualité des écrits de notre rédacteur
Pierre.R conformément aux droits à l’information
nous remerçions l’A.F.P. de ces information que
je vous livre in-texto.
Le
Panda des Voix du Panda, le débat s’ouvre au plus
large, chacun comprendra ce qu’il voudra ou souhaitera.
Toutefois nous fûmes les 1er à informer par le
journal citoyen de la réalité des faits. Merci
à la plume aiguisée de Pierre.R qui faisant suite
à notre demande creusa ses capicitées pour le
livrer le plus rapidement et humainement possible. Merci à
tous.
Patrick
Juan.
===============
La
dépêche, les réactions, les analyses….
====================
Benazir
Bhutto: le gouvernement accuse Al-Qaïda
Benazir Bhutto lors du meeting fatal de Rawalpindi, au côté
de son bras droit Amin Fahim (27/12/2007)
© AFP/Aamir Qureshi
“Selon toute probabilité, Al-Qaïda est derrière
cet attentat tragique”, a annoncé vendredi le gouvernement
pakistanais L’ancien Premier ministre, assassinée
jeudi, “était sur la liste des cibles d’Al-Qaïda”,
a indiqué à l’AFP le ministère pakistanais
de l’Intérieur. Benazir Bhutto a été
inhumée vendredi matin dans le sud du Pakistan, en présence
d’une foule immense.
Entre-temps, les violences qui secouent le pays depuis l’attentat
ont déjà fait au moins 23 morts.
Une revendication d’Al-Qaïda
Dans la nuit de jeudi à vendredi, le réseau terroriste
s’est dit responsable du meurtre de l’ancien Premier
ministre, a rapporté une chaîne privée pakistanaise.
Au départ, Islamabad a affirmé n’être
“pas au courant d’un lien avec Al-Qaïda”,
avant, finalement, de pointer du doigt le réseau d’Oussama
ben Laden.
Le
gouvernement pakistanais a déjà accusé
les islamistes, considérés comme proches d’al-Qaïda,
d’être responsables de la vague d’attentats
meurtriers commis en 2007 dans le pays.
L’opposante emblématique au régime de Musharraf
a été assassinée jeudi à la sortie
d’un de ses meetings à Rawalpindi, près
d’Islamabad, à deux semaines d’élections
législatives à haut risque. Sa mort plonge le
Pakistan dans l’une des plus graves crises politiques
de son histoire.
Manifs, émeutes et bombe, au moins 23 morts
Depuis l’annonce de l’assassinat de Benazir Bhutto,
plusieurs manifestations et émeutes ont eu lieu dans
le pays, faisant au moins 19 morts. “Le bilan après
les violences de rue, les incendies et les affrontements est
désormais de 19 morts. Il y a 18 morts dans la province
méridionale du Sind et une dans le Pendjab”, a
indiqué à l’AFP une source sécuritaire.
De plus, dans le nord-ouest, une bombe a fait 4 morts, dont
un membre du parti de Musharraf, vendredi dans la vallée
de Swat, a annoncé la police.A Karachi, les troupes paramilitaires
ont reçu vendredi l’ordre de tirer à vue
en cas d’émeutes.
A Peshawar (nord), une foule en colère de sympathisants
de Benazir Bhutto a incendié le bureau du parti soutenant
Pervez Musharraf. Jeudi, dans la même ville, la police
pakistanaise a dispersé à coups de bâton
et de gaz lacrymogène plus d’une centaine de manifestants
en colère après l’assassinat de l’ex-Premier
ministre pakistanais.
Le principal tribunal et un autre bâtiment officiel ont
été incendiés jeudi soir à Jacobabad,
la ville du Premier ministre pakistanais de transition, dans
le sud du Pakistan, quelques heures après l’attentat.
Les funérailles de Benazir Bhutto
Les obsèques de l’ancien Premier ministre ont eu
lieu vendredi matin, dans son village natal de Larkana. Des
centaines de milliers de partisans en deuil ont convergé
vers le site du mausolée de la famille Bhutto. Les forces
de sécurité étaient placées en état
d’alerte par crainte de la poursuite des émeutes.
Son cercueil, enveloppé du drapeau noir, vert et rouge
du Parti du peuple pakistanais (PPP), a été enterré
dans le mausolée de Garhi Khuda Bakhsh, près de
Larkana. Benazir Bhutto repose désormais auprès
de son père, Zulfiqar Ali Bhutto, Premier ministre renversé
en 1977 par le général Zia Ul-Haq, et exécuté
deux ans plus tard.
Conformément à la coutume musulmane, les funérailles
ont eu lieu aussi rapidement que possible. Jeudi soir, la dépouille
de Benazir Bhutto avait été transportée
de l’hôpital vers une base militaire, puis vers
son village familial de Larkana, dans le sud du Pakistan. Le
parcours était extrêmement chaotique à la
sortie de l’hôpital, des centaines de personnes
se massant autour du cercueil en bois tout simple où
une petite vitre en plastique sur le couvercle laissait apercevoir
le corps de Mme Bhutto, enveloppé dans un linceul blanc.
Un deuil national de trois jours a été décrété
jeudi au Pakistan en hommage à celle qui devint, en 1988,
la première femme à avoir dirigé un pays
musulman.
Report des élections: aucune décision prise
Le Premier ministre pakistanais par intérim Mohammadmian
Soomro, interrogé vendredi matin à Islamabad sur
un éventuel report du scrutin, a annoncé à
la presse : “Rien de tel pour l’instant. Les élections
auront lieu telles qu’elles ont été annoncées.”Or,
plus tard, un responsable gouvernemental a nuancé ces
propos, assurant que “le gouvernement prendra sa décision
sur un éventuel report ou non seulement après
avoir consulté la totalité des partis politiques”.
L’attentat
Jeudi, à l’issue d’un meeting politique de
l’ancien Premier ministre pakistanais, à Rawalpindi,
près d’Islamabad, un kamikaze a fait exploser sa
charge à proximité de son véhicule blindé.
Il avait d’abord ouvert le feu, l’atteignant d’une
balle au cou alors qu’elle saluait la foule depuis le
toit ouvrant de sa voiture en quittant les lieux.
L’opposante quittait le meeting électoral qu’elle
venait de tenir à deux semaines des élections
législatives du 8 janvier. La scène était
horrible selon des témoins, avec des corps mutilés,
dénudés et brûlés jonchant le sol.
Benazir Bhutto, 54 ans, est décédée à
l’hôpital, blessée par balle par le kamikaze
avant même l’attentat-suicide qui a coûté
la vie à 20 autres personnes.
Réaction de Nawaz Sharif
L’ex-Premier ministre et opposant Nawaz Sharif (dont trois
partisans ont été tués jeudi lors d’une
autre attaque) a exhorté le président Pervez Musharraf
à démissionner sur le champ pour “sauver
le Pakistan”, et annoncé que son parti boycottera
les législatives du 8 janvier.
La mort d’une opposante, à deux semaines des élections
L’attentat de jeudi est intervenu à deux semaines
des élections législatives qui doivent se tenir
au Pakistan le 8 janvier. Benazir Bhutto dirigeait le principal
parti de l’opposition au président Pervez Musharraf,
le Parti du Peuple Pakistanais (PPP). Elle avait tourné
le dos début novembre au chef de l’Etat après
avoir négocié, dans un premier temps, un accord
de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer d’exil
grâce à une amnistie mettant un terme à
des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait
le pays (1988-1990 et 1993-1996). A son retour d’exil,
le 18 octobre, elle avait été accueillie par un
attentat qui avait fait 139 morts, mais en avait réchappé.
L’Inde s’inquiète
Le gouvernement indien a ordonné vendredi à ses
forces aux frontières de faire preuve d’une vigilance
extrême au lendemain de l’assassinat de l’ancien
Premier ministre pakistanais. New Delhi craint que la crise
profonde dans laquelle est plongé le Pakistan ait des
répercussions sur son propre territoire.
Mme Bhutto déjà visée par un attentat le
18 octobre à son retour d’exil
Ce drame est le dernier d’une série record d’attentats
suicide dans l’histoire du Pakistan, qui ont fait plus
de 780 morts en 2007. Le plus meurtrier avait déjà
visé une manifestation du parti de Benazir Bhutto : le
18 octobre, deux kamikazes avaient tué 139 personnes
dans un gigantesque défilé de sympathisants qui
célébraient, à Karachi, la grande ville
du sud, le retour de l’ancienne Premier ministre après
six années d’exil. Elle avait réchappé
de l’attentat, étant à l’intérieur
d’une voiture blindée en tête du cortège.
Mme Bhutto avait accusé à plusieurs reprises des
“hauts responsables” proches du pouvoir et des membres
des services de renseignements d’être à l’origine
de cette attaque, sans pouvoir le prouver.
Benazir
Bhutto, vie et mort d’une femme politique
Benazir
Bhutto a été la première femme de l’ère
moderne à diriger un pays musulman, le Pakistan, à
35 ans seulement.
Elle
fut deux fois Premier ministre de la République Islamique
du Pakistan, de 1988 à 1990 et de 1993 à 1996.
Mais chaque fois, elle fut démise de ses fonctions pour
“corruption” et “mauvaise gouvernance”.
Son époux fut emprisonné pour de multiples faits
de corruption de 1996 à 2004 et elle a préféré
fuir en 1999 en exil à Londres et Dubaï pour échapper
au même sort.Depuis mi-novembre, un mois après
son retour d’exil, elle était devenue l’une
des principales opposantes au président Pervez Musharraf,
dans la perspective des élections législatives
et provinciales prévues pour le 8 janvier.
Née le 21 juin 1953, fille aînée de l’ancien
premier ministre Zulfikar Ali Bhutto, pendu en avril 1979, Benazir
Bhutto avait fait ses études aux Etats-Unis, à
Harvard, et obtenu un diplôme de philosophie à
Oxford. Elle était retournée au Pakistan en 1977,
quand son père avait été renversé
par le général Zia ul-Haq, avant d’être
exécuté par le régime militaire.
Emprisonnée à plusieurs reprises ou placée
en résidence surveillée, elle avait réorganisé
le Parti du peuple pakistanais (PPP) fondé par son père.
Exilée en janvier 1984 à Londres, elle faisait
un retour triomphal en 1986. De nouveau emprisonnée quelques
jours après une manifestation interdite contre le général
Zia, elle avait échappé à un attentat en
janvier 1987.En novembre 1988, le PPP remportait les législatives
et Benazir Bhutto devenait chef du gouvernement pakistanais.Destituée
en août 1990 pour corruption et népotisme, elle
a comparu devant des tribunaux spéciaux de septembre
1990 à mai 1991 pour abus de pouvoir, malversations et
détournement de fonds public, accusations dont elle sera
innocentée en 1994.Battue aux élections d’octobre
1990, passée dans l’opposition, elle est revenue
au pouvoir en octobre 1993 avec la victoire du PPP, avant d’en
être évincée de nouveau, pour les mêmes
motifs, fin 1996.
Le dernier combat de Benazir Bhutto
Revenue d’exil en octobre 2007, l’ex-Premier ministre
dirigeait le principal parti de l’opposition au président
Pervez Musharraf, le Parti du Peuple Pakistanais (PPP) depuis
qu’elle lui avait tourné le dos début novembre
après avoir négocié, dans un premier temps,
un accord de partage du pouvoir qui lui avait permis de rentrer
grâce à une amnistie mettant un terme à
des poursuites pour corruption du temps où elle dirigeait
le pays.Benazir Bhutto menait campagne contre M. Musharraf mais
aussi contre les fondamentalistes musulmans, en promettant d’”éliminer
la menace islamiste” du pays.
Mariée en 1987 à Asif Ali Zardari, cette femme
qui a été assassinée jeudi dans son pays,
dans un meeting électoral à quinze jours des législatives,
était mère de trois enfants.
Condamnations
internationales
Les
Etats-Unis, l’Inde, la Russie, la France, la Grande-Bretagne
et l’Italie ont condamné fermement jeudi cet attentat
“odieux”, tout en espérant que la stabilité
serait préservée au Pakistan. La Maison Blanche
a imputé l’assassinat de l’ancien Premier
ministre pakistanais Benazir Bhutto à des “ennemis
de la démocratie” employant les mêmes méthodes
qu’Al-Qaïda, tout en jugeant alors prématuré
de dénoncer explicitement des coupables. Une revendication
signée Al-Qaïda est tombée quelques heures
plus tard.Etats-Unis : Le président américain
George W. Bush a fermement condamné jeudi le “lâche”
assassinat de Benazir Bhutto et a demandé aux Pakistanais
de poursuivre le processus démocratique. “Les Etats-Unis
condamnent fermement cet acte lâche perpétré
par des extrémistes assoiffés de sang qui essayent
de miner la démocratie au Pakistan”, a déclaré
G.W. Bush devant des journalistes à son ranch texan de
Crawford. Il a appelé les Pakistanais à poursuivre
le processus démocratique et a assuré que les
Etats-Unis étaient “aux côtés du peuple
pakistanais dans son combat contre les forces du terrorisme
et de l’extrémisme”. Il a également
joint au téléphone son homologue Pervez Musharraf.France
: Le président Nicolas Sarkozy a condamné jeudi
l’attentat-suicide qui a coûté la vie à
Benazir Bhutto, qu’il qualifie d’”acte odieux”,
dans une lettre à son homologue pakistanais Pervez Musharraf
rendue publique par l’Elysée.
Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner
a exprimé sa “très grande émotion”
et condamné fermement “l’acte odieux”
qui a coûté la vie à l’ex-Premier
ministre pakistanais Benazir Bhutto.Grande-Bretagne : Le Premier
ministre britannique Gordon Brown a estimé que Benazir
Bhutto avait été “assassinée par
des lâches qui ont peur de la démocratie”.
Russie : Le président russe Vladimir Poutine a qualifié
d’”acte terroriste barbare” l’attentat
suicide qui a coûté jeudi la vie à l’ex-Premier
ministre pakistanais Benazir Bhutto et souhaité que les
organisateurs soient “châtiés”.Italie
: Le chef du gouvernement italien Romano Prodi a condamné
“avec indignation (…) le fanatisme” qui a
coûté la vie jeudi à l’ex-Premier
ministre pakistanais Benazir Bhutto, appelant à “ne
pas interrompre le difficile chemin vers la paix”.
Allemagne : La chancelière allemande Angela Merkel, “bouleversée
et horrifiée par la nouvelle”, a condamné
un “attentat terroriste lâche”, selon un communiqué.Le
Conseil de sécurité de l’ONU a “condamné
dans les termes les plus forts” jeudi l’assassinat
au Pakistan de l’ex-Premier ministre Benazir Bhutto, dans
une déclaration adoptée à l’unanimité.
2007,
une année agitée au Pakistan
9
mars - Pervez Musharraf limoge le président de la Cour
suprême Iftikhar Chaudhry qu’il accuse d’inconduite.
Avocats et magistrats se rassemblent derrière Chaudhry
et la popularité du chef de l’Etat s’effondre.
10 juillet - Après une semaine de siège, Musharraf
ordonne l’assaut de la Mosquée rouge d’Islamabad
où sont retranchés plusieurs centaines d’extrémistes
islamistes. Au moins 105 personnes périssent dans le
raid, qui déclenche une vague d’attentats suicide.20
juillet - La Cour suprême rétablit Chaudhry dans
ses fonctions.27 juillet - Musharraf rencontre l’ancien
Premier ministre Benazir Bhutto à Abou Dhabi pour négocier
une transition vers une démocratie civile. Bhutto exige
de Musharraf qu’il renonce à ses fonctions de chef
des armées. Les discussions échouent. 10 septembre
- Nawaz Sharif, ancien Premier ministre renversé par
Musharraf en 1999, est arrêté à l’aéroport
d’Islamabad à son retour d’exil puis expulsé.
La Cour suprême avait autorisé son retour.
2 octobre - Musharraf désigne un successeur à
la tête de l’armée, premier geste concret
vers l’abandon de ses fonctions de chef d’état-major,
qu’il promet depuis décembre 2003. Le gouvernement
annonce aussi l’abandon des poursuites pour corruption
à l’encontre de Bhutto. 6 octobre - Le Parlement
et les assemblées provinciales réélisent
Musharraf à la présidence.18 octobre - Benazir
Bhutto échappe à une tentative d’assassinat
à son retour d’exil. L’attentat suicide qui
frappe la foule rassemblée pour l’accueillir à
Karachi fait quelque 150 morts.2 novembre - La Cour suprême
se réunit pour entendre les recours déposés
contre l’éligibilité de Musharraf.3 novembre
- Musharraf impose l’état d’urgence, suspend
la Constitution, révoque Ifthikar Chaudhry et les membres
de la Cour suprême qui lui sont hostiles. La communauté
internationale et l’opposition pakistanaise s’indignent.11
novembre - Musharraf annonce que des élections législatives
auront lieu le 8 janvier.
12 novembre - Benazir Bhutto est assignée à résidence
pour une semaine à la veille d’une vaste manifestation
contre l’état d’urgence.13 novembre - Bhutto
réclame pour la première fois la démission
de Musharraf et exclut de prendre la tête du gouvernement
tant qu’il sera au pouvoir. Nawaz Sharif se dit prêt
à s’associer à Bhutto pour obtenir le départ
de Musharraf.
15 novembre - Bhutto est à nouveau libre de ses mouvements.20
novembre - Le président se rend en Arabie saoudite, où
Nawaz Sharif vit en exil. Au Pakistan, les forces de l’ordre
libèrent 3.400 personnes sur les 5.000 arrêtées
depuis l’instauration de l’état d’urgence.25
novembre - Nawaz Sharif rentre au Pakistan après sept
années d’exil en Arabie saoudite.
28 novembre - Musharraf transmet le bâton de commandement
des forces armées pakistanaises au général
Ashfaq Kayani. Il est investi le lendemain président
civil du Pakistan.15 décembre - Musharraf lève
l’état d’urgence et rétablit la constitution.
27 décembre - Un kamikaze ouvre le feu sur Benazir Bhutto
avant d’activer sa charge explosive à Rawalpindi.
L’opposante et au moins 16 de ses partisans sont tués.
============================
Il faudra plus que cela pour faire la juste part des choses,
nous inclinons avec respect face à la douleur de ses
proches.
Le
Panda.
|
Pierre.R Le 28 décembre 2007 à 16h32min (commentaire
N° 6)
Patrick
Que
puis-je ajouter après ces excellentes informations ?
Pierre
R.
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Le Panda Le 28 décembre 2007 à 16h58min (commentaire
N° 7)
@Pierre,
tout
d’abord merci à toi d’avoir accepté
de concocter ces 2 articles. relayer par le centre d’informations
de l’AFP, à réception je l’ai mit
en ligne je reste persuadé que tu peux faire mieux.
Oui
Monsieur je le pense j’ai fourni la seconde matiére,
l’artiste en ce sens c’est toi.Ces informations
sont fiables mais n’émettent pas une opinion comme
tu sais le faire et sur laquelle nous pouvons débattre
oui Monsieur….
Amicalement,
Le
Panda qui dit que ferais-je sans toi????
|
Exsam Le 29 décembre 2007 à 11h40min (commentaire
N° 8)
Salut Pierre R.,
Sources
principales bien synthétisées.
Encore une fois, on voit que les Américains ont foutu
un bordel sans nom. Le poulain Mousharraf se voyait rejeté
et appliquait une démocratie à la militaire. Qu’importe,
ils ont continué avec une créature corrompue,
qui a autant de lien avec la réalité du Pakistan
que Coppé ave les HLM de Clichy sous Bois et dont même
ses partisans doutaient.
Encore
la stupidité criminelle de l’impérialisme
US à l’oeuvre. Et, naturellement, France Télévision,
la télé publique française ou ce qu’il
en reste, nous sert des contes débiles pour enfant de
6 ans, genre Lady Diana version Bollywood.
Tout
ça est écoeurant. Le plus écoeurant étant
que les paranoïaques à la tête des USA aujourd’hui
viennent de voter un budget de 660Milliards de dollars uniquement
pour les dépenses d’armemement. 15 fois le budget
français. Sans doute pour promouvoir la paix, la liberté,
la coexistence pacifique dans le Monde. Bonne année 2008.
ExSam
|
lenfoire Le 29 décembre 2007 à 18h03min (commentaire
N° 9)
Salut Pierre R,
Encore
de l’info locale, on s’interroge du “comment?”.
lien
Attention,
le Kroll est dur, très dur:
lien
J’aurai
un jour un article sur tout cela. A ma manière comme
toujours.
En
attendant, j’aurai un article qui va faire parler. Home
sweet home. Je suis sûr que tu ne seras pas indifférent.
|
Pierre.R Le 29 décembre 2007 à 18h39min (commentaire
N° 10)
ExSam
Les
États-Unis sont dans un sérieux examen de conscience.
Cela transparaît jusque dans les présidentielles.
Les événements conforteraient davantage Hillary
Clinton en raison de son expérience de la Maison Blanche
et écarteraient les novices, comme Huckabee ou Edwards.
Du côté républicain, McCain pourrait être
en bonne posture. De toute façon, le constat qui se fait
aux États-Unis est que ces derniers n’ont d’autre
choix que de poursuivre l’imposition de la démocratie
en restant aux côtés de Musharraf.
Lenfoiré
La
caricature de Kroll est criante de vérité. J’avais
vu qu’au Pakistan, pour se dédouaner, le gouvernement
tente de faire passer la thèse d’une fracture du
crane contre la paroi de la voiture que d’une balle dans
la tête. Voilà où nous en sommes rendus
: supputer.
Je
serai absent mes amis jusqu’au 2 janvier. Je vous prie
toutes et tous d’agréer mes voeux les plus sincères
pour la prochaine année. Beaucoup d’informations
en perspectives.
Pierre
R. Chantelois
|
Le Panda Le 29 décembre 2007 à 22h07min (commentaire
N° 11)
@ Pierre,
reposes
toi tu en as besoin comme les poules qui sont d’excellentes
pondeuses :P
Soyons
sérieux dans cet article le tien, relit merci mon commentaire,
là où je te disais qu’il fallait attendre
et que la vidéo était sujet à question….Je
ne me suis pas tellement trompé, deux théses apparaissent
ce jour 29.12.
1°)
Benazir Bhutto se seraît tuée en heurtant le toit
de son véhicule…..
2°)
La douille retrouvée proche de son corps aurait été
par un fanatique isolé à 300 mts environ de l’action….
3°) Le procureur chargé de l’enquête
se propose de sortir le corps de sa sépulture afin de
déterminer qu’elle est la cause du décès….
Mon
analyse à chaud, reste de savoir dans quelles mesures
ont nous prend pour des illuminé(e)s prêts à
avaler la version qui leur conviendra pour ne pas retarder les
échéances electorales….
C’est
un assasinat, c’est un accident, un meurtre prémédité,
une action individuelle avec plus de 50 morts à l’heure
actuelle?
Pourquoi
ne pas établir un rapport “Warren”?
Le
Panda qui s’interroge sur le droit à la Paix.
Patrick
Juan.
|
lenfoire Le 30 décembre 2007 à 19h16min (commentaire
N° 12)
Panda (11),
Peux-tu
m’expliquer, toi qui a coudoyé beaucoup de personnes
dans ce monde musulman, le pourquoi de cette volonté
d’ensevelir aussi vite?
Une
autopsie n’est jamais possible dans ce cas.
Y-a-t-il quelque chose de caché dans cette rapidité?
Merci d’avance si tu as une explication.
|
Le Panda Le 30 décembre 2007 à 21h52min (commentaire
N° 13)
@ L’enfoiré,
j’ai
coudoyé des gens des 5 continents, y compris dans le
monde musulman et d’autres.
Pour
comprendre le retour rapide à la terre toutes les pages
du “forum” ne suffiraient pas, c’est une des
conceptions de l’Islam dicté par Le Coran.
Une
autopsie est toujours possible à la condition qu’elle
se fasse en présence de religieux afin de ne rien voler
au défunt ou salir son âme.
Souviens-toi
ce fut la même chose pour S.Hussein même pendu.
Il
se peut aussi que l’on veuille éviter le chaos
et laisser penser que le crime n’en est pas un, que c’est
du 50/50, alors les élections prévues pourront
se dérouler avec moins de victimes et plus de profits
pour les “notables”.
Il
subsiste une trace son pére fut pendu après le
jugement d’un tribunal militaire plus de 2 ans plus tard.
La soit disante corruption qui touchée Madame Bhutto
reste une vaste fumusterie du pouvoir des U.S.A. qui ensuite
ont oeuvrés pour que cette derniére revienne sur
son sol, afin de chasser le pouvoir en place, ou semer le désordre?
Les jours à venir nous le dirons, en ce qui me concerne
je pense qu’il y a des 2.
C’est
d’ailleurs son propre fils qui lui succéde à
compter du 30.12. à la tête de son mouvement, cela
en dit long sur les douleurs du Pakistan à se stabiliser,
c’est une affaire à suivre. L’équilibre
de certains passe par là c’est regrettablement
un véritable “assasinat” comme celui de J.F.Kennedy
à Dallas.
La
démocratie sera acceptée dans la mesure ou elle
soit aux couleurs servant les U.S.A.
Le
Panda qui s’excuse de te remplacer Pierre mais tu es en
vacances jusqu’au 2.01.08. Je fais de mon mieux et je
te présente mes meilleurs voeux.
Redresses
mon erreur s’il y a lieu.
Patrick
Juan.
|
Le Panda Le 31 décembre 2007 à 00h17min (commentaire
N° 14)
En réception la Dépêche A.F.P. reçu
à l’instant.Ce dimanche à 23h15.
Compte-tenu
des circonstances pour relever la qualité des écrits
de notre rédacteur Pierre.R conformément aux droits
à l’information nous remerçions l’A.F.P.
de ces information que je vous livre in-texto.
Le
Panda, des Voix du Panda, le débat s’ouvre au plus
large, chacun comprendra ce qu’il voudra ou souhaitera.
Toutefois nous fûmes les 1er à informer par le
journal citoyen de la réalité des faits.
Merci à la plume aiguisée de Pierre.R qui faisant
suite à notre demande creusa ses capicitées pour
le livrer le plus rapidement et humainement possible.
Merci
à tous.
=====================================
Pakistan:
le fils de Bhutto lui succède, incertitude sur les élections
=====================================
Le fils de Benazir Bhutto a succédé dimanche à
sa mère, tuée jeudi dans un attentat, à
la présidence du principal mouvement d’opposition
au Pakistan, qui a annoncé dans la foulée sa participation
aux législatives du 8 janvier, sur lesquelles pèse
toutefois la menace d’un report.
Bilawal
Zardari, âgé de 19 ans seulement, a été
“nommé président” du Parti du peuple
pakistanais (PPP) et le veuf de Benazir Bhutto, Asif Ali Zardari,
“coprésident”, a déclaré à
l’AFP un haut responsable du parti.
“Ma
mère a toujours dit que la démocratie était
la meilleure vengeance”, a timidement déclaré
Bilawal, avant que son père ne reprenne la parole qu’il
ne lui a qu’exceptionnellement cédée, à
l’issue d’un comité exécutif du PPP
à la résidence de la dynastie Bhutto à
Naudero, dans la province méridionale du Sind.Asif Zardari,
qui a souligné qu’il rebaptisait son fils “Bilawal
Bhutto Zardari à compter d’aujourd’hui”,
a demandé une enquête de l’ONU à propos
de l’assassinat de son épouse, sur le modèle
de celle menée pour le meurtre de l’ex-Premier
ministre libanais Rafiq Hariri.
Parallèlement,
le Parti du peuple pakistanais a annoncé qu’il
se présenterait aux élections législatives
et provinciales prévues pour le 8 janvier, exhortant
l’ex-Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, à
la tête du second parti de l’opposition, la Ligue
musulmane du Pakistan-Nawaz (PML-N), à faire de même.
Semblant
répondre à cet appel, le parti de Nawaz Sharif
a peu après fait savoir par un porte-parole qu’il
prendrait également part au scrutin, alors qu’il
avait rendu publique dès jeudi soir son intention de
le boycotter.
Même
si le PPP a refusé par avance tout report du scrutin,
la tenue de ces élections demeurait cependant incertaine.
La
Commission électorale et le principal parti qui soutient
le président Pervez Musharraf ont laissé entendre
samedi et dimanche que le scrutin serait probablement reporté.
La
Ligue musulmane du Pakistan-Qâdî (PML-Q), pilier
de la coalition soutenant le chef de l’Etat, a même
annoncé avoir “suspendu sa campagne en raison de
la situation qui prévaut” depuis la mort de Mme
Bhutto.
“Un
report de 10 à 12 semaines” des législatives
“est une option réaliste”, a ajouté
Tariq Azim, ancien ministre et porte-parole du mouvement.
La
décision revient en théorie à la Commission
électorale, qui doit se réunir d’urgence
lundi à Islamabad, et qui avait d’ores et déjà
annoncé samedi que le processus électoral était
“défavorablement affecté” par la mort
de Mme Bhutto et les violences et émeutes qui ont paralysé
ce pays de 160 millions d’habitants, doté de l’arme
nucléaire.
Certains
s’attendent à ce que la situation empire dès
lundi, au terme des trois jours de deuil national décrétés
par M. Musharraf.
Et
ce même si les grandes villes du Pakistan ont connu dimanche
un timide retour à la normale, constaté par des
journalistes de l’AFP.
Quelques
boutiques ont commencé à rouvrir ainsi que des
stations-service à Karachi, la mégalopole du sud
de 12 millions d’habitants, fief du parti de Benazir Bhutto
et la ville la plus touchée par les violences qui ont
fait au moins 38 morts en trois jours dans le pays.
Les
partisans de Mme Bhutto accusent des éléments
proches du camp Musharraf d’avoir “tué”
leur chef, au mieux en négligeant sa sécurité,
au pire en orchestrant son assassinat.
Une
composante ethnique est également considérée
comme étant une bombe à retardement : Mme Bhutto
est membre de l’ethnie sindien, peuplant le Sind, la province
où les émeutes ont été les plus
meurtrières, et où les manifestants scandent des
slogans menaçants à l’égard des Pendjabi,
l’ethnie de la province du Pendjab (centre et nord-est)
qui domine le pouvoir et l’armée.
Or,
depuis vendredi, quelque 16.000 membres des forces paramilitaires
sont déployés dans le Sind, dont 10.000 dans sa
seule capitale Karachi, avec ordre de “tirer à
vue” sur les fauteurs de troubles.
D’autre
part, la menace islamiste est toujours très présente.
Plus
de 800 personnes, un chiffre record en 60 ans d’histoire
de la République islamique du Pakistan, sont en effet
mortes cette année dans des attentats, pour la plupart
perpétrés par des combattants islamistes proches
d’Al-Qaïda qui infestent les zones tribales, le long
de la frontière afghane.
Dès
le lendemain de l’attentat, Islamabad a d’ailleurs
été prompt à désigner le réseau
d’Oussama ben Laden comme étant le commanditaire
de l’assassinat, par l’intermédiaire du chef
présumé d’al-Qaïda au Pakistan, Baïtullah
Mehsud, un chef de tribu du nord-ouest.
Celui-ci
a immédiatement apporté un démenti par
la voix de son porte-parole.
Dernière
dépêche AF.P. Relayée par les Voix du Panda
conformément aux droits à l’information.
Le
Panda.
Patrick
Juan Texte in-texto.
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