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Le Grand Maître virtuel (0)
Par lenfoire le 30 novembre 2007

De Guy Foiréant

L’informatique, tout le monde en parle. Certains en usent et en abusent. Aucun secteur d’activité humaine ne peut plus travailler sans cet outil du modernisme.

On sait qu’elle peut apporter le meilleur dans la vie de chacun, mais aussi la pire des surprises au coin d’un abandon de garde.

On a entendu parlé de piratage aux noms plus au moins sensibles mais qui passent dans le langage de tous les jours: virus, spams, phishing … et j’en passe que l’histoire inventera, plus tard.

Oui, il existe des outils “anti-” pour chaque type de pirate ou de piratage. Le commerce de la protection n’existe pas uniquement dans les pharmacies. Le 1er décembre, c’est une journée mondiale du SIDA et, donc, du condom. Alors, pourquoi pas de cela en plus ?

Actions, réactions. Une véritable « ligne Maginot informatique » s’est installée sur la majorité des ordinateurs du monde.

Vivre caché est devenu impossible sur la toile. Ouvrir son soi aux yeux de tous sans protection relèverait de la plus condamnable des légèretés.

Rester étrange à toutes interactions avec l’extérieure, serait la panacée. « Offline », comme disent les anglophones.

C’est se condamner à perdre le plus grand intérêt d’un ordinateur : être connecté avec le monde.

Les protections contre ce piratage ne sont pas gratuites ni à l’achat et ni à l’utilisation quand on pense à sa présence consommatrice en permanence de la force de calcul et des Mips perdus en sous-main.

Tergiverser, alors? Non, il faut faire « avec » avec un maximum de précaution.

D’abord, on se croit à l’abri. Le terme de « ligne Maginot » n’est pas innocente. L’adversaire a toujours une longueur d’avance. Le piratage n’est pas seulement financier. Souvent, il s’agit de prestige de recherche à percer les secrets d’autrui. Ce qu’on en fera après n’est parfois pas le principal intérêt.

Cet “essai”, car il ne s’agit que d’un roman, n’est pas là pour effrayer. C’est de la fiction pure. Certains éléments sembleront toucher au domaine du possible. J’ai même hésité à l’écrire de peur de donner des idées malsaines.

Travaillant dans l’informatique depuis près de quarante ans, je vous confirmerai qu’il y a des failles au système qui a été mis en place dans ce livre. Ce n’est pas aussi simple. L’audace ne suffit pas ou plus. Dans le même temps, les manipulations frauduleuses sont parfois insidieuses, inattendues. L’invention est constante dans le vol des « jardins secrets ».

Le plausible n’est pas là pour donner des idées à de futurs pirates. Un informaticien déterminera très vite les limites de l’impossible. L’infranchissable n’existera pourtant jamais que pendant un certain temps plus ou moins long.

Les guerres sur Internet, comme ailleurs, auront des armes suivies par des contres armes. Les parades, on y mettra le prix, mais elles prendront tôt ou tard du poil de la bête. Les utilisateurs, eux, attentistes et victimes, resteront les dindons de la farce et assumeront de bonne ou de mauvaise grâce ce grand jeu de la finance et de l’arnaque.

L’originalité des attaques ne donnera pas toujours de résultats, mais dans ce domaine aussi, les premiers gagneront. Je vais peut-être vous faire peur. C’est peut-être voulu. Un thriller fait ouvrir les yeux et les consciences endormies par l’habitude. Les avantages d’Internet resteront supérieurs aux déconvenues. L’évolution sera certainement plus rapide, plus fragile que partout ailleurs.

La protection totale n’existera jamais ou que momentanément. Percer l’infranchissable est le challenge pour le pirate. Casser l’incassable est la motivation principale. L’attrait de gains faciles ensuite.

Je me suis demandé souvent à qui profitait le “crime”. Certains ont même avancé que les sociétés qui créaient les « paratonnerres » du web étaient les initiateurs. Je n’irais jamais jusque là.

Une nouvelle technologie est apparue pour révolutionner l’usage d’Internet: le Web 2.0. MySpace, Quicktime, Facebook en font partie et tentent de personnaliser encore plus les clients internautes. Sérialiser pour mieux appréhender. Cela entraîne cookies et mémorisation des informations. Le partage de séquences vidéo permet de surfer tout azimut avec la confiance innocente de l’internaute, endormie par l’envie d’être mieux servi et mieux cerné. Boîte de Pandorre dans le domaine de l’arnaque. Les sociétés n’intéressent plus vraiment. Les particuliers, par contre, à cause de leur isolement sont des proies favorites. Les PC zombies s’ignorent et sont parfois contrôlé par des organisations mafieuses à l’insu de l’utilisateur perdu dans son espoir de trouver le meilleur du savoir d’Internet. Seul le coût élevé de la pollution des SMS par les spams les libèrent encore.

Une véritable guerre virtuelle, voilà ce que je concocte sans prétention. Le cinéma s’est mis dans cet imaginaire aussi. Le« Die Hard 4.0 », “Retour en enfer”, est un exemple récent. Ce livre ne jouera pas dans cette façon très hollywoodienne de voir les choses. Intimiste, plutôt. Pas de femme dans mon histoire. Seulement, un homme comme tout le monde avec une double vie à la recherche de son destin. Pas de passion, pas de sentiments, de la technique pure et dure. Beaucoup d’intelligence au service d’un brin de paranoïa par un gourou informaticien.

Le virtuel ne se joue jamais au grand jour. Vive les pseudos et les passe-murailles dans ce monde clos où tous les coups sont permis.

La toile, même si ses mailles seront de plus en plus fines, restera perméable. Sans la liberté d’expression d’Internet, ce serait sa mort naturelle.

Autant s’en rappeler. L’ennemi est aussi dans la peur.

Remerciements:

* À mon épouse qui a dû endurer des moments d’absence dans mes rêveries.
* À certains amis qui ont commencé à lire et m’ont fait retourner à mes écritures sans ménagement.

 

21 Commentaires sur ce billet

LE CHAT Le 30 novembre 2007à 16h59min (commentaire N° 1)


Tiens mon Guy , ce que notre DORH nous a envoyé ce matin , comme pour illustrer ton article

PIRATAGE ET PROTECTION SYSTEMES

Une étude d’optimisation de l’espace de stockage de nos données informatiques des sites français, nous a fait découvrir sur la zone « commun » d’un serveur de fichiers , environ 30 Go !! de « DivX » correspondant à des films piratés. Ces fichiers ont été immédiatement effacés.

Nous tenons à rappeler que de telles pratiques (stockage de DivX ou de mp3 illégaux, installation d’applications sans licence d’utilisation) exposent l’entreprise et leurs auteurs à des poursuites judiciaires. De plus,elles pénalisent l’entreprise, les espaces de stockage étant sauvegardés quotidiennement.

Il a été constaté également que des postes de travail hébergeaient des applications dites de « Peer to Peer » (P2P), en particulier KaZaA.

Cette catégorie d’applications (à laquelle appartiennent aussi eMule, Skype…) ouvre des trous de sécurité dans nos systèmes d’information et tente de partager l’infrastructure de notre entreprise avec la communauté P2P.

Les baisses de performances, le risque de dysfonctionnement de systèmes dont certains pourraient toucher à la sécurité des personnes, comme les risques d’intrusion et de vol d’informations personnelles ou appartenant à l’entreprise, sont inacceptables.

Nous comptons sur votre responsabilité pour supprimer tous les fichiers et toutes les applications concernées, y compris dans les zones dites « personnelles » et vous en remercions par avance.

ça craint !

 


lenfoire Le 30 novembre 2007à 17h26min (commentaire N° 2)


Salut Le Chat,

Il y a en effet énormément de portes entrouvertes par lesquelles on peut faire du dégât.

Je parle des portables qui sont trop chers à pirater.
C’est vrai. J’ai un article qui en parlait dans ma gazette.
Le Vishing existe Voice over IP
http://en.wikipedia.org/wiki/Vishing

Bizarre que tu trouves Skype mis en parallèle avec eMule et KaZaa. Ce n’est pas fait dans le même but de P2P. Par contre, comme porte à “courant d’air”, c’est très probable.

Mon eBook va aller dans un autre sens. Je n’en dévoile rien, bien sûr. Mais cela m’a toujours intrigué pour me donner des idées d’écriture.

Cela a été commencé en avril dernier. Je savais à peu près où je voulais en venir, mais tout s’est construit au gré de mon imagination du moment. Je suis sûr que certaines parties vont encore évoluer.

Cette solution d’eBook me convient parfaitement. Chercher un éditeur, cela ne me dit rien actuellement. J’ai lu un bouquin d’un copain qui me parraissait intéressant et qui a été refusé par des éditeurs. C’est un essais.

Le tout c’est d’intéresser quelqu’un, quelque part. Alors, entouré d’un Panda, d’un Chat, d’un Gaspi et de tous, la fourrure, cela réchauffe.
Un Enfoiré doit parfois se transformer en Foiréant…

 


Le Panda Le 30 novembre 2007à 18h24min (commentaire N° 3)


@ L’enfoiré,

un “essai” transformé” en rugby celà fait 7 points. Un refuge au mois d’avril 2008 c’est péter dans le cosmos de l’informartique pas du PS2, vous gaffe aux portes ouvertes surtout quand le courant fuit :mrgreen:

Il nous reste toujours les oeufs de dinosaures. :P

Le Chat appelle le à la rescouse, il a même des copains en dehors de Gasty, qui moi un mouchard, non mais ca va pas

 


Gasty Le 1 décembre 2007à 12h02min (commentaire N° 4)


Je ferais bien un parallèle avec les diseuses de bonnes aventures d’antan et les horoscopes qui sont là pour vous rassurer, vous faire croire que vous maitriser votre avenir et que vous en avez le contrôle.

A mon avis, c’est du même acabit dans la tête des pirates. Hormis le résultat final, l’amateur et le pro qui fait son business.

 


lenfoire Le 1 décembre 2007à 14h59min (commentaire N° 5)


Gasty,

Pas mal, ce parallèle. Madame Soleil, sans soleil. Les cartes de Google Earth avec le chien dans son jardin en échange d’informations bien personnelles.

Le contrôle n’existe pas chez l’internaute lambda parce qu’il est consenti de bonne grâce à autrui par lui-même.

Tout le monde y gagne. En apparence. mais il y a des gagnants et des gagnants et demi.

Le don à 50-50 est à rechercher comme compromis. C’est aussi de la démocratie.

 


Le Panda Le 1 décembre 2007à 15h00min (commentaire N° 6)


@Gasty,

faire des paralléle c’est vite dit surtout avec des diseuses de bonne “aventures” surtout d’antan et les horoscopes qui sont là pour foutre la trouille aux croyants…

A mon modeste avis…il faut faire “appel” aux véritables Chats, c’est pas le même acabit…Hormis que c’est Gasty qui cause un week-end

Patrick Juan.

 


lenfoire Le 1 décembre 2007à 15h04min (commentaire N° 7)


Oui, oui, vite, le coup de patte du Chat. On devient trop sérieux par ici. La technicité, c’est pas mal. Une réflexion Platon_ique (non, je ne suis pas encore rond), c’est aussi bien.

 


Le Panda Le 1 décembre 2007à 15h46min (commentaire N° 8)


L’enfoiré,

je peux témoigner tu n’es pas rond, tu fais du jokking, et quand à Platon laisse le tranquille il ne peut te répondre. C’est aussi bien que tu ne sois pas rond, car c’est Mme qui te surveille…Mais tu es un “homme” sérieux” Non

 


lenfoire Le 1 décembre 2007à 16h36min (commentaire N° 9)


Panda,

Là, cher “animal à fourrure”, tu deviens presque “dangereux”, hé. :mrgreen:

Dans ce cas, je ne parlerai qu’en présence de mon avocat.

Le joking et le jogging sont mes dérivatifs en collaboration avec mes articles. Sur ce sujet précis, il y a du répondant dans l’article mentionné chez Olivier, qui parlait de chercher l’homme. Grâce à lui, je me suis trouvé. Donc, pas de problème.

Madame se surveille et je me surveille. N’est-ce pas le meilleur compromis?
Pas d’accord? Toi tu peux monter aux arbres, quel terrible avantage…

 


Le Panda Le 1 décembre 2007à 20h57min (commentaire N° 10)


@ L’enfoiré,
tu dis des bétisses, je grimpe aux arbres et Toi tu me courres aprés je vais pas assez vite selon Toi…à pieds ou en voiture?

Non mais, je vais te jeter une noix de coco de chez le Chat :mrgreen: và retourne voir son billet c’est son Africainnnnnnnn oui c’est notre histoire, les rayures du zébre ne font pas d’ombre à moins que….quoi…

Mes salutations à Mme et au courant électrique le jus passe bien :oops: Dans le “virtuel” :?:

 


lenfoire Le 1 décembre 2007à 22h24min (commentaire N° 11)


@Le Panda,

Un enfoiré parle toujours avec des “bête_bises”.

Un Panda, “Ailuropoda melanoleuca” (« pied-de-chat noir et blanc »), c’est pas normal qu’on lui courre après? Protégé, il se fait rare aujourd’hui à cause de ces enfoirés qui ne font pas attention à son habitat qui n’est pas en Afrique mais en Chine. Pas de zèbre à l’horizon à part dans le zoo et les cirques, bien sûr.
Je me trompe?
Quoique, dans le virtuel, on voyage très vite avec un clic et on voit de tout.

 


Le Panda Le 1 décembre 2007à 22h28min (commentaire N° 12)


@ L’enfoiré,

heureusement que ce n’est que la préface, que nous réserve la post-face ?

 


Gasty Le 1 décembre 2007à 23h05min (commentaire N° 13)


Méfions nous des sur-faces bien huilé !

 


lenfoire Le 2 décembre 2007à 10h12min (commentaire N° 14)


Gasty,

Dans le mille, tu as tout compris.
Nous allons subir une tempête (100kmh) par ici, parait-il.
Je m’en vais anticipé mon jogging. Je reviendrai encore plus “raffraichi”.
A toute à l’heure. Je ne me suis jamais intéressé qu’à l’inter-face.
Je vais réfléchir à une postface. J’en n’ai pas encore à part une table des matières.

 


Le Panda Le 2 décembre 2007à 14h40min (commentaire N° 15)


L’enfoiré,

oser avouer ne pas avoir une table des matières à Gasty, c’est de la provocation, quoi que Gasty se débrouille avec Toi.

Reste au chaud faire du jogging à 100 kms/h, voilà t’y pas que tu te prends pour une Gazelle :?:

Expliques-nous ce qu’est une Posteface :?:

Le Panda Ignorant

 


lenfoire Le 2 décembre 2007à 14h53min (commentaire N° 16)


@Panda,

La gazelle, c’est dans un sens. La tortue c’est dans l’autre.

Amusant, en revenant, je tombe sur de couple de “pauvres” vieux qui se retrouvent en difficulté avec lui la casquette envolée, elle avec le parapluie retourné.

Je n’ai pu m’empêché de leur dire “Pas besoin de parapluie. La pluie, c’est bon pour les cheveux”.
Trop occupés, ils ne m’ont rien répondu. J’étais déjà loin, d’ailleurs. J’avais le vent par l’arrière. Revenu tout mouillé, les cheveux en bataille, une pré-douche, qu’espéré de mieux?
On s’amuse et on prend son pied comme on peut, non? ;)

Un “postface”, c’est à l’autre bout de la préface. “post” en latin, c’est l’après de l’avant. La face a aussi ses facettes, mais ça c’est une autre histoire.

 


Le Panda Le 2 décembre 2007à 15h09min (commentaire N° 17)


L’enfoiré,

tu as rectifié c’est bien une posteface cela est peut-être belge mais pas français :mrgreen:

Je préfére l’équilibre d’un postface qui en général se trouve à la fin d’un ouvrage, c’est une forme de synthése plus compléte ou và sur un moteur de recherches ou pose la question à Alain Rey, ou Bernard Pivot qui seront bientôt parmi nous

 


lenfoire Le 2 décembre 2007à 15h40min (commentaire N° 18)


Panda,

J’adore les néologismes basés sur des fondements et des racines bien réelles.
J’ai un peu étudié l’esperanto. J’aime bien cette conception qui crée des nouveaux mots sur mesure par particules pré-inter-post-posées. J’adore. Dommage vraiment pour cette langue très rationnelle. Je sais ce n’est pas l’endroit d’en parler et d’autres l’ont fait (sur AV par ex).
Je suis sûr que Grévisse, Pivot, Rey ne sont pas contre la vie de la langue.
Refuser les néologismes, c’est se pendre à courte échéance. L’introduction de mots en provenance d’ailleurs, il y en aura de plus en plus.
Le langage SMS, je ne suis pas fan. J’ai difficile à m’y plier, mais il existe bien vivant chez les jeunes.
Puristes, allez vous coucher, ça va chauffer.

 


Le Panda Le 2 décembre 2007à 17h51min (commentaire N° 19)


@ l’enfoiré,

d’abords tu n’es plus de la premiére “jeunesse” le language SMS je suis à 100% contre, car justement c’est la perte du savoir par du phonétique plus connu dans l’anglais selon Richard Hall et sa méthode dépassée depuis environ 35 ans:twisted:

Avant de dire et de parler du témoignage des “grands” créateurs de certaines langues et la vivacité de la langue française il serait bon de savoir que le néologisme reste une forme contracté de la base réelle.
En ce qui me concerne, je suis incapable d’envoyer un SMS, je sais pas si je suis idiot, mais quand j’en reçois un, j’ai souvent le sens de me poser la question, y veut quoi cet “âne” :?:je sais plus lire oui…possible.

Tel que je te vois parti, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement après 3 tentatives ou Wallons et Flamands n’arrivent pas à constituer une entente, alors parler de néologisme en l’Etat s’y prette tout à fait non :?: :mrgreen:

Tu vas pas nous faire croire que tu es un puriste du jogging oui sûrement, quoi que…j’ai rien à dire je ne parle que le Belge Français, celui que tu aimes en puriste averti. Quand à te plier même sans os tu ne rentre dans un aucun concept informatique :idea: Il vous avait prévenu d’un délit l’enfoiré les fragiles du dimanche au clavier planquez-vous aux abris anti campagne présidentielle Madame Royal et sa “bravitude” revient avec l’enfoiré qui ne soutient que ses idées sans être à gauche ou à droite et Youps 1 point de plus pour le panda.

Le Panda dominical pas dominicain ni vépreux c’est nouveau celà vient de sortir juste pour les “vépres”

Je sens que celà va imploser sous la férule de Bruxelles et les ondes d’Hergé sur la lune.

Patrick Juan.

 


LE CHAT Le 3 décembre 2007à 16h06min (commentaire N° 20)


attention , le virus belge est sur le marché
http://www.yazerty.net/wordpress/wp-content/uploads/2005/11/20051101-virus-belge.jpg

 


lenfoire Le 3 décembre 2007à 16h37min (commentaire N° 21)


Le Chat,

En effet, je l’avais greffé sur mon article “Cheval de troie nouvelle vague”.

Je l’adore celui-là.

 




Le Grand Maître virtuel (1)
Par lenfoire le 4 décembre 2007

Un homme comme un autre?

« Dès lors qu’on a une vie intérieure, on mène déjà une double vie. »Pierre Assouline

Ce soir-là, il rentra chez lui, à peine plus tard que d’habitude. Ce moment correspondait pour la plupart des gens au moment où ceux-ci avaient déjà soupé dans leur petit meublé.

La journée avait été dure. Pas mal de problèmes avaient émaillé le jour de ce grand blond aux yeux bleus. Costume classique sans excès. La cravate décrochée. Le bouton de col apparent. Une barbe naissante. Démarche non-chalante. Du “Brad Pitt” sur le retour et surtout pas de distraction à la manière du Grand blond avec une chaussure noire. Pas idiot pour pour se faire remarquer de la sorte.

Une jolie fille aurait pu être attirée du premier coup d’œil s’il n’y avait pas la surprise de son visage dur en lame de couteau. Le charme, il en avait à l’extérieur mais sans ostentation voulue. A l’intérieur, aussi, mais il fallait passer plus de temps avec lui pour le découvrir. Et, le temps, c’est ce qu’il n’accordait qu’en extrême urgence et à très peu de monde. Un sourire, oui, une parole en filigrane, à la rigueur, plus, s’abstenir. Le nombre de ses amis, c’est sûr, ne nécessitait aucun doigts que comptait une main. Les amies, c’était simplement “persona incognita”. Asocial, l’amitié, connaît pas. Les femmes ne l’avaient jamais intéressé. Si elles l’ignoraient, il les remerciait sans le leur dire. Lui serait resté de marbre et sans état d’âme.

Pourtant, sous le chapeau résidait un réseau de neurones de première force. Il le savait et il en profitait pour son propre usage en exclusivité. Un psychiatre, sans beaucoup de recherche approfondie, aurait même pu déceler, chez lui, le grain de « psychopathe » en puissance.

Vic était fils unique. Élève très doué, très effacé, construit par lui-même.

Ni sa mère, ni son père n’avaient contribué, en effet, à son élévation de l’esprit. Le temps ou les capacités nécessaires leurs avait manqué. Vic n’avait d’ailleurs recherché aucune aide auprès d’eux. Il ne leur en voulait pas. Jeune, il se réfugiait souvent dans sa chambre. A l’abri des regards et des préoccupations des grands, pour construire son ego, il se berçait de lectures qu’il avait récupéré dans la bibliothèque de son père, ingénieur en électronique et toujours en déplacement à l’étranger. Le suspense de ses intrusions inédites est ce qu’il avait trouvé de mieux pour répondre à ce manque de communications. Sa mère, par contre, n’avait tout simplement pas eu le niveau suffisant intellectuellement pour lui prodiguer plus que des soins typiquement maternels et non scolaires.

A l’école, le potentiel de Vic avait très vite été décelé. Alors que ses condisciples s’attardaient encore à la résolution de problèmes typiquement arithmétiques ou liés aux jeux, lui, prenait ses distances vis-à-vis des programmes dans lesquels il se sentait à l’étroit. Cette avance construite avec opiniâtreté lui permettait d’utiliser l’algèbre à sa mode sans en connaître l’existence. L’abstraction venait déjà au secours du concret. Son instituteur, face à son mutisme, avait même soupçonné, un temps, un certain autisme. Le dé-synchronisme avec le niveau d’étude fut jugé seul responsable. Avancer de classe, le sauva.

Étudiant, il trouva le secteur de l’informatique à ses débuts. Pas encore de sections réservées dans cette discipline. Une licence et un doctorat en intelligence artificielle et robotique lui permirent de conclure des études avec les félicitations du jury. Bardé de ce genre de diplôme, il pouvait voir venir l’avenir avec sérénité. Cela devait être le cas mais, pas nécessairement comme aurait pu l’espérer le bon père de famille. Mais cela, c’est notre histoire.

Son job, il le jugeait intéressant, passionnant même. Utiliser, de manière aussi ajustée, son expertise en la matière, le satisfaisait et effaçait largement une progression assez peu cernée à sa juste valeur. Il n’en avait cure. Le travail, il le placait au niveau du hobby.

La recherche et le développement constituaient les principales préoccupations de son service. Grâce à leur expertise, aider les autres services dans leurs problèmes informatiques. Un complément très occasionnel, cependant. Les gens qui constituaient l’équipe se retrouvaient au fond d’un couloir et personne n’y avait accès autrement qu’avec une carte de sécurité très spécifique avec quelques éléments supplémentaires, incrustées dans les circuits de la puce électronique pour assurer l’accès aux seuls détenteurs.

Les budgets alloués à l’équipe relevaient d’un véritable secret d’état. A l’extérieur du bureau, on savait que les gens de l’intérieur s’occupaient d’intelligence artificielle sans aucune autre précision. Notre homme était, malgré tout, reconnu comme une sommité dans laquelle tous les autres membres du groupe pouvaient puiser les idées. Les solutions aux problèmes, il pouvait s’en vanter en avoir trouvées et des meilleurs. Pragmatique, les solutions qualifiées d’alambiquées n’avaient jamais eu sa préférence.

Dans cet état d’esprit, les heures supplémentaires étaient très nombreuses. Il n’était pas rare que le portier oublia que ce couloir menait à une porte bien opaque qui cachait des occupants retardataires.

La journée avait bien commencé. Le soleil de juillet avait dardé ses rayons avec beaucoup de générosité. De nombreux problèmes informatiques avaient eu pourtant le malheur d’énerver cette belle journée. Ce type de travail était toujours en porte à faux. Sans agenda précis, réservé aux changements, les extra n’avaient rien d’exceptionnel.

La fatigue avait été accentuée par la chaleur du milieu de journée. Elle régnait dans les bureaux et le conditionnement d’air ne parvenait plus d’en atténuer la moiteur. Les canicules devenaient par trop courantes. Notre homme n’aimait pas cela. Juillet, c’était aussi le mois pendant lequel les absences de personnel se ressentaient le plus. Beaucoup de collègues se doraient ailleurs sous le soleil. Lui, par contre, n’était pas intéressé aux vacances et restait plus souvent comme le dernier des Mohicans, caché à la vue de tous. Le travail et les problèmes subsistaient bel et bien.

Ce soir-là, en regagnant ses pénates, le soleil avait disparu derrière l’horizon depuis de longues minutes. La lumière perdait progressivement du champ par rapport aux luminaires des rues. La moiteur persistante ne se prêtait pas à une volonté de presser le pas.

Arrivé devant son immeuble, la concierge s’affairait encore avec son balai dans les mains. L’apercevant, elle s’arrêta dans son activité. Elle n’était aucunement étonnée de son retard.

Elle l’aimait bien, dans le fond, ce beau ténébreux qui disait tout en condensé.

Relevant la tête avec le sourire, elle ne manqua pas de se lancer dans une parole traditionnelle pour entamer une conversation. Elle savait que celle-ci resterait de courte durée.

- « Belle journée, n’est-ce pas, M’sieur. Vous avez dû râler d’avoir à rester dans l’ombre de vot’bureau? »

- « Vous avez raison, mais c’est pour la bonne cause, non? », répondit-il avec un sourire engageant, tout en disparaissant.

Encore une fois, vraiment du classicisme à l’état pur.

La concierge avait bien fait une allusion aux voisines de l’étrangeté de cet homme, si affable et si discret. A l’entrée de son appartement, une porte blindée surprenante à plus d’un titre apportait une couche au mystère. L’habitude et, surtout, la révélation qu’il lui avait faite de travailler dans un secteur assez secret avaient suffit à apaiser la curiosité.

Il s’empressa de monter les marches qui le menaient à son appartement. C’était sa seule activité sportive. L’ascenseur, comme toujours, il le reléguait à des gens moins fortunés du côté santé. Les rencontres, il n’aimait d’ailleurs pas trop.

Avec la fortune, on approchait progressivement de ce qui l’excitait le plus dans la vie en dehors de la volonté de rester au top de la forme.

Sa véritable fortune, elle existait bel et bien, même si rien ne permettait d’en imaginer l’existence et surtout, d’en soupçonner la construction. Des frais limités aux minimum en dehors de ses passions contribuaient à ce niveau élevé.

Sa profession le gratifiait déjà très largement au-dessus du niveau de l’argent poche par rapport au commun des mortels. Des rentrées financières, encore plus substantielles, venaient encore d’une autre source moins évidentes.

Pendant la journée, les voisins et les collègues rencontraient Mister Jeckill. Une fois rentré chez lui, il se transformait en un Mister Hide plus vrai que nature.

Après quelques rangées de marches, il se retrouva donc devant la porte de son appartement, costaude pour refuser l’accès à tout éléphant. De multiples trous de serrures auraient pu faire penser que les bijoux de la Reine avaient élu domicile chez lui. Un trousseau de clé volumineux. La cachette surprise s’ouvrit, enfin, avec un bruit sourd.

Au début, rien d’anormal. Rien n’aurait pu prévoir de ce que l’on découvrirait au fond de son relativement modeste appartement. Derrière une porte tout aussi protégée dans l’arrière salle, une véritable caverne d’Ali Baba pleine d’électronique de toutes sortes se cachait.

Il y entra. Rien n’avait changé depuis la veille au soir. Il savait que cela devait être le cas, mais, soupçonneux, il aimait toujours mieux s’en assurer. Au centre, cinq PC, dernier cri, trônaient en maître sur le large bureau. Même le spécialiste aurait eu du mal à imaginer l’existence d’une telle technologie.

Des ordinateurs, des serveurs, pour la plupart, continuaient imperturbablement à clignoter tel un arbre de Noël. Le modem dernier cri, lui aussi, scintillait de tous ses feux et à toute vitesse, jour et nuit. Les écrans, au repos, derrière leur « screensaver », ne reflétaient pas l’activité interne de l’ensemble.

Ils allaient bientôt sortir de leur torpeur et entrer en fonctions dans le virtuel dès la première sollicitation.

Dans un esprit guerrier, il se mit au devant de ses multiples claviers et commença à pianoter avec vigueur pour entrer les sésames de toute cette armada technologique. Vic avait regagné son univers virtuel pour le meilleur et pour le pire.

Il allait, une nouvelle fois, se muer en véritable pirate des temps modernes. Si la guerre n’était pas son truc, la guérilla l’était bel et bien.

Le phishing, l’hameçonnage, comme diraient les Français, cette capture des informations des internautes, était son domaine. Les informations captées sur ses victimes passaient au travers de son cerveau démoniaque en utilisant les failles du système qui avaient accaparé son attention. Chaque nouvelle facétie lui apportait, manifestement, plaisir et satisfaction.

Délester les avoirs bien réels de certains avait quelque chose de très jouissif. Qui serait la victime, il ne cherchait pas vraiment à le savoir. Il allait prendre son pied. Peu importait l’importance des gains à engranger par ce piratage. Du jeu, lucratif.

Les internautes étaient de grands naïfs. Par eux, il voulait arrondir ses fins de mois. C’était clair.

Les amateurs naturels du grand dieu dollar et les caractères narcissiques reflétés par les nouveaux réseaux sociaux apparus sur Internet étaient seulement ses préférés et les plus facilement repérables. De nouveaux outils tel que ”EgoSpace” avaient apporté le meilleur Cheval de Troie. Celui-ci avait intéressé les plus attirés par la notoriété à se retrouver avec tous ses attributs. La nouveauté, aussi, mais aux dépends de la sécurité. Trouver les noms et les mots de passe, d’abord. Les envoyer dans une base de données de plus en plus complète, ensuite.

Le soin apporté pour ne pas se faire repérer avait été porté au sommet de la technicité et de l’ingéniosité. Savoir jusqu’où aller trop loin était sa préoccupation. Quitter, pour un temps, une partie de son activité litigieuse, il pouvait l’assumer. Il avait le temps. La chronologie des événements, il la fixait lui-même. Rien n’aurait pu le pousser à transgresser ses propres règles rigoureuses.

Un sourire sarcastique s’ébauchait déjà sur ses lèvres. En général, le club des sondés s’agrandissait naturellement. Les nouvelles « recrues » se constituaient d’elles-mêmes.

Comme infrastructure et investissement de départ, il y avait ses ordinateurs et du matériel sophistiqué de toutes sortes.

Une machine qui n’était plus au sommet de ses ambitions, il la remplaçait par le nouveau bijou clinquant neuf avec lequel le vendeur le faisait habituellement saliver. L’investissement en matériel, il fallait, en effet, le réactualiser fréquemment. L’investissement humain, personnel, en recherche et en développement, il en était fan.

Les hyperliens complétaient son voyage dans Internet dont il connaissait le départ mais jamais l’arrivée.

Sa petite entreprise prit très vite forme avec beaucoup de succès successifs. A peine quelques mois suffirent pour faire ses premiers pas dans le piratage, avec résultats très performants. Le victimes non-consentantes, inconscientes des dangers de la navigation au travers de la toile, s’appuyaient souvent sur un manque de contrôle efficace baignant dans trop de confiance. Une publicité pour les préservatifs lui faisait toujours sourire de bon cœur : « Pour vivre heureux, vivons protégé… ».

En fin de semaine, il gardait ses comptes en parfaite balance et cela rapportait manifestement. Pas de morts sur ce champ de bataille, seulement un peu de dégâts dans le portefeuille des citoyens Lambda. Le jeu en valait la chandelle par le nombre de ses proies potentielles jamais par l’épaisseur du portefeuille de ses commanditaires involontaires.

Dans le côté obscur de son individu, il se nommait lui-même le « Grand Maître virtuel ».

Ce surnom, il se l’était approprié lors d’un de ses voyages à Malte. Là, il avait été émerveillé par la magnificence des règnes successifs des « Grands Maîtres de l’Ordre » dans l’histoire de l’île. Il y avait, d’ailleurs, trouvé une de ses planques en retraite.

Une place dans l’Ordre des Templiers le faisait rêver. Par la suite, il remonta le temps à la recherche de ses ancêtres fictifs. Rhodes fut également une des étapes de collégien. Le spectacle de sons et lumières auquel il eut alors l’occasion d’assister dans la jeunesse, restait dans sa mémoire et le remplissait d’orgueil et de passion destructrice.

Ce pseudo de « Grand Maître » de la virtualité, il ne l’utilisait évidemment pas dans ses contacts sur la toile virtuelle.

Il s’affichait avec des pseudo en cascades et échelons. Le vrai nom, écrit sur sa carte d’identité, n’existait que pour les collègues, eux, bien réels mais ceux-ci ignoraient tout de son activité nocturne.

 

16 Commentaires sur ce billet

Pierre.R Le 4 décembre 2007à 18h52min (commentaire N° 1)


L’enfoiré

Passionnant. La vie de Vic aurait pu être celle d’un meurtrier en série rôdant la nuit. Vous en avez fait plutôt un informaticien véreux rôdant la nuit et guettant ses proies. D’autres sortes de proies. La description doit bien correspondre à ces solitaires qui, dans la torpeur nocturne, se livre au jeu de la clandestinité et de l’anonymat pour assouvir de bas instincts. Ce billet aurait pu être un passionnant roman policier. Tous les ingrédients y sont réunis. Bravo.

Pierre R.

 


lenfoire Le 4 décembre 2007à 19h03min (commentaire N° 2)


Pierre R.,

Je ne t’en dis rien. Mais ce sera le cas.
Il y a beaucoup de chapitres. J’en posterai 2 ou 3 par semaine dépendant de la longueur.
Ici, dans ce premier, je montre le cadre de vie, les prémices. Véreux, oui, c’est sûr. Insensible, aussi. Calculateur.
Il fallait quelqu’un qui sait. Un gourou, un expert.
Tu ne me connais pas, mais je suis tout le contraire de ce tableau. Comme toujours, il y a pourtant certaines idées personnelles qui sont introduites. J’ai laissé aller mon imagination.
Très amusant de décrire son opposé. Le connaître, c’est apprendre à se connaître.
Vu son état “silencieux”, je me suis pourtant condamné à un certain mutisme de mon héro. Les dialogues vont venir par après.
Merci, pour l’appréciation. Le suspense va commencer.

 


Gasty Le 4 décembre 2007à 19h13min (commentaire N° 3)


J’attend la suite avec impatience!

 


Le Panda Le 4 décembre 2007à 19h18min (commentaire N° 4)


@ l’enfoiré,

le suspens oui on en veut car le maître de fort Boyard, pose l’énigme et le dessin du sablier compte le temps.

Je te réserve aussi une “surprise” tu verras dans quelques éditions et tu entendras “le silencieux” faire plus de bruit que le silence sournois et ses héros :mrgreen:

Attention à ne pas viser avec un fusil à sel, le cul des mouches “dll” la cible serait trop facile à atteindre, simplement pour te conprenne mieux essaye de traire une femelle “puce” avec des gants de boxe, tu auras une partie de la réponse du Sphinx :D

Patrick Juan éditeur à ses “heures”

 


Le Panda Le 4 décembre 2007à 19h20min (commentaire N° 5)


@ Gasty,
attention l’abonnement à ce livre va devenir payant dixit l’enfoiré

 


lenfoire Le 4 décembre 2007à 19h50min (commentaire N° 6)


@Panda,

J’hésite à jouer comme je l’ai fait dans le “_apide”, en enlevant une lettre au hasard. Le suspence se transformerait alors en style “Da Vinci Code” à chercher l’énigme dans les trous. Quand je pense à ce qu’il a “ramassé” au passage. Oui, t’as bien fait de prévenir Gasty….

 


Le Panda Le 4 décembre 2007à 20h24min (commentaire N° 7)


@ l’enfoiré,

si tu enléves un seul mot de ta divine et recherche culturel d’”assasins” Tapie dans l’ombre d’un de nos ministres de la ville tu risques de manquer de Santé :mrgreen: de peu

@Gasty,

merci de lui expliquer s’Il ne comprends pas la subtilité LA TIENNE BIEN SUR

 


Gasty Le 4 décembre 2007à 21h58min (commentaire N° 8)


Dans les culs de basse phocéa il fut sortie du fond de sa cale pour etre à mis à l’..bre !!!! qui suis-je

 


Le Panda Le 4 décembre 2007à 22h27min (commentaire N° 9)


@Gasty,

les culs de bas fosses se trouvent dans tous les châteaux, je ne sais pas si tu as vu le film “le Tatoué”.
http://www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=1071

pour répondre à question le yéty c’est pas lui quoi…qie c’est peut-être le saint pére non, non !!

http://www.magixl.com/caric./globeb/tapieb.html

je pense pas que ce soit ton truc d’être “légionnaire” avec un “modigliani” dans le fiord ou fiont :mrgreen:

http://www.picturalissime.com/modigliani_amedeo.htm

à moins que tu ne souhaites être le grand “bleu”

le panda.

 


LE CHAT Le 5 décembre 2007à 17h56min (commentaire N° 10)


Je m’imprime le roman et ça me fera la lecture pour m’endormir ce soir !

 


Le Panda Le 5 décembre 2007à 19h14min (commentaire N° 11)


@ Le Chat,

lorsque l’on dit que tous les Chats sont gris

Gris peut-être pas “voleurs” de poisson ?

Il faut bien qu’il nourrice sans épingle leurs fines moustaches non mais…qui paye les cartouches, pan!!!



taverne des poetes Le 6 décembre 2007à 01h53min (commentaire N° 12)


“Vic avait regagné son univers virtuel pour le meilleur et pour le pire”…to peer. L’enfoiré mister Hyde ?

 


Pierre.R Le 6 décembre 2007à 07h21min (commentaire N° 13)


L’enfoiré

Je serai parmi les lecteurs assidus de cette passionnante saga qui s’annonce.

Pierre R.

 


LE CHAT Le 6 décembre 2007à 14h45min (commentaire N° 14)


J’ai bien ronronné avec cette introduction qui met l’eau à la bouche et promet une suite captivante
Hacker in the night ………

 


lenfoire Le 6 décembre 2007à 14h49min (commentaire N° 15)


Le Chat,

La suite demain. Toujours en douceur. Le ronronnement peut continuer.

“Hacker in the night”, pas mal comme titre. Je pourrais l’utiliser dans un des prochains épisodes.

 


Exsam Le 8 décembre 2007à 18h46min (commentaire N° 16)


Salut l’Enfoiré,

Et bien te voilà parti pour quelque chose qui ressemble à de la “hard-science”, cette branche SF…A moins que ça ne bifurque “cyberpunk”, ce qui ne m’étonnerait pas beaucoup.

Ton héros est intéressant et sa double vie suscite un suspense qui accroche.
On pressent déjà qu’il va se faire “phising” lui-même dans ses errances internautiques…

ExSam

 


 



Le Grand Maître virtuel (2)
Par lenfoire le 7 décembre 2007

Une routine en couverture

« Tous les gens sont mégalomanes. Ceux qui le montrent, on les traite de malades ; ceux qui le cachent, de modestes. Comme tout employé modèle et, en fait, il l’était vraiment dans les attitudes et dans les gestes, Victor s’éclipsa de chez lui. », Fernand Vanderem

Ce lundi, la journée commençait dans l’excitation.

Comme dans toutes grandes villes, les files de début de semaine s’étiraient toujours un peu plus que le reste de la semaine. Paris en avait fait sa spécialité. La parenthèse des deux jours de weekend, propices à l’oubli du le métro-boulot-dodo habituel, était loin.

La radio l’avait annoncé, embouteillages et accidents, un peu partout. La saison d’été n’arrangeait plus rien comme on aurait pu s’y attendre. Était-ce la chaleur déjà naissante à l’origine de cette excitation maladive? Personne n’aurait pu dire. La métamorphose s’opérait, une fois, à bord de sa belle voiture. Les informations de la radio complétaient le tableau: catastrophes, attentats.

Tous cela n’effleurait que très vaguement l’esprit de Vic.

Vic n’avait pas trop à se plaindre de son trajet pour rejoindre le bureau. A peine trois kilomètres à vol d’oiseau. Il prenait néanmoins toujours sa petite voiture pour y aller.

Le vélo qui prônait, empalé, sur le mûr de son garage, aurait pu le conduire plus aisément et, certainement, plus rapidement. La taille de son PC portable, qui n’avait de portable que le nom, en avait décidé autrement. Son transport, testé sur les épaules ou en bandoulière ne lui avait pas donner satisfaction du côté portabilité. Il y avait renoncé et repris sa petite auto.

L’économie d’énergie à la mode, ce n’était pas son truc. Le sport, aussi, devait faire sans lui. Son vélo avait, depuis longtemps, pris un coup de vieux par manque d’entretien et devait certainement nécessiter un peu d’huile de-ci delà.

La chaleur du lit avait bien tenté de le retenir, fatigué par une nuit de sommeil trop courte. Ses heures de sommeil n’étaient pas très nombreuses en général mais assez pesantes, heureusement, pour le remettre d’aplomb dans un minimum de temps.

Accroc de ses “bécanes”, son addiction, pour elles, aurait pu être facilement comparée aux alcooliques ou aux drogués anonymes. L’informatique était toute sa vie. Pour ses 8 ans, son père, de retour d’un voyage pour une courte semaine, lui avait offert un ordinateur qui prenait dans ce temps-là tout l’espace de son petit bureau d’écolier. Ce cadeau avait changé sa vie. Au départ, le jeu l’avait passionné. Très vite, pourtant, il s’était tourné vers une utilisation beaucoup moins ludique, vers des activités moins futiles et surtout plus rentables. Tout y passait, vacances et argent. Il considérait cette passion comme un investissement.

Son besoin de compter en binaire se reflétait dans sa manière de penser très cartésienne, très logique. Vic était un fou génial, un « gourou », dirait la plupart de ses collègues. Le génie et la folie étaient souvent des comparses d’une même cause.

Le temps, c’était de l’argent et cela il n’était pas prêt de l’oublier. Pour se retrouver au top, le matin, pas besoin de la tasse de café comme l’aurait voulu la pub sur le café, entendue à intervalles réguliers à la radio. Parfois, il aurait aimé allonger le temps dans son appartement. La couverture que constituait son travail dans l’entreprise, avait ses lois. Il n’était pas prêt à les transgresser.

Au compteur des heures de sa Seiko, il venait de sonner 8:00. Le soleil, déjà haut dans le ciel, il s’en moquait éperdument. Il n’avait pas jeté le moindre coup d’oeil dans sa direction.

La petitesse de sa voiture expliquait la facilité apparente à jouer l’anguille dans le trafic. Quelques minutes de route avaient suffit pour rejoindre son entreprise.

A 8h08, le portier de sa société qui l’avait reconnu de loin, lui fit un signe de la main après avoir levé la barrière.

Par la vitre ouverte, Vic avait bien entendu le portier qui avait tenté de lui dire quelques mots amicaux. Il ne les avait pas compris et n’en avait cure. Il se contenta de répondre par un sourire engageant. Sa place de parking, naturellement vide avait un écriteau, placardé au mur, qui annonçait en lettres majuscules : « Victor Vanderbist Département I.A. ».

Il laissa, très vite, derrière lui, sa petite voiture qui n’avait manifestement pas assez grandi pour remplir la place de parking qui lui était réservée.

Gravissant, quatre à quatre les marches de l’escalier, il avait atteint le 2ème étage et son bureau, sans rencontrer quelqu’un sur son passage. Il s’en félicitait d’ailleurs à chaque fois. C’est déjà ça de pris sur l’ennemi du hasard des rencontres toujours risquées.

Comme presque toujours, il était arrivé premier dans la place. Ses collègues n’avaient pas la même chance d’habiter à une telle proximité. Il se mit à consulter son courrier électronique et à écouter sa boîte vocale. Contrôler les programmes qui avaient tourné pendant le weekend, ensuite.

Dans l’équipe de la Société RobCy (Robots Company) situer près de la Défense à Paris, il occupait la place qu’il avait postulée et ses collègues faisaient un peu paravent contre les atteintes de l’extérieur.

Il s’attirait les bonnes grâces de son entourage, il les endormait. Cela pourrait toujours servir par la suite. Ses collègues ne devaient jamais connaître la vérité dans sa totale complexité.

Psychologue, il savait s’attirer du monde à sa table de discussions. Celles-ci commençaient par des événements anodins comme il est naturel pour chauffer la conversation. Le lundi était particulier. Chacun avait à raconter ce qu’il avait fait au cours du week-end. Episode délicat qu’il devait à tout prix faire dévier. Sujet trop dangereux qui aurait pu révéler son côté obscur. S’échapper surtout du détail. Un lapsus ou une erreur dans son emploi du temps par trop illicite pourrait se transformer en catastrophe.

Son curriculum vitae élogieux, son contrat d’emploi qui stipulait « Ingénieur en informatique » avec diplôme supérieur et qualification en intelligence artificielle devaient suffire. Il était payé pour cela et il s’employait à correspondre à ce profil bien loin du courrier du coeur et de la confidence.

Sa vie d’avant, à part ce qui était indispensable, personne ne la connaissait. Pas d’effet de scoop, motus et bouche cousue.

Au bureau, il y avait, Bob, son préféré, son opposé en tout, aussi. Petit, trapu, jovial à ne savoir qu’en faire.

Entre eux deux, il y avait une réelle complicité. Ils travaillaient d’ailleurs très souvent sur les mêmes projets. Si les opposés s’assemblent, ils en étaient une preuve vivante.

Le dernier en date résidait dans le domaine de l’intelligence artificielle adaptée à la médecine et à l’armée. Un projet ambitieux et innovateur qui par l’intermédiaire d’un robot miniature pourrait permettre une auto-consultation globale du bon niveau de santé d’un individu. Capteurs, palpeurs de toutes sortes en fibres optiques avant impulsions en retour sous forme de micro capsules imprégnées dans les tissus des vêtements. Information transmise ensuite par satellite à l’organisme habilité pour réagir avec efficacité dans les plus brefs délais. Un budget important avait été alloué pour atteindre l’objectif de la miniaturisation maximale. En retour, ces diagnostiques ambulatoires et sans l’aide d’aucun médecin en première instance, pouvaient aider à distance pour remédier à la « panne » corporelle. On pouvait considérer cela comme un système de GPS destiné à la santé de l’individu. Le cerveau fertile de quelqu’un avait imaginé un système qui s’autocorrigerait jusqu’à éliminer complètement l’entremise du médecin.

Un micro-ordinateur mi-analogique, mi-numérique de conception originale, avait été conçu dans cette tâche.

Le projet progressait mais on était encore loin de mettre la première phase en pratique. La miniaturisation, elle, était encore dans les limbes, au stade d’ébauche sur les plans.

Des tests avec deux singes avaient pourtant été entrepris et étaient encourageants. Des palpeurs, appliqués sur le corps de ces singes de laboratoires, recherchaient ce qu’il pouvait ressentir après certaines impulsions en gardant le plus de confort pour l’animal.

Le troisième larron de l’équipe, Gérard, était un gars assez moyen techniquement mais doué d’une diplomatie hors pair. Vic ne manquait pas de le caractériser souvent comme « faux jeton ». Grâce à lui, pourtant, le projet prenait de l’extension. Véritable fonctionnel de l’équipe, il préparait les expériences dans leur conception. Le Public Relation des projets, c’était lui. Vendeur, dont le rôle était de convaincre les autorités responsables du bien fondé de la vision de l’équipe à la base. L’armée était très intéressée. Les budgets devaient, donc, trouver les ressorts en retour avec la même ampleur des investissements consentis.

Le dernier, c’était le chef, Bill. Lui, on ne le voyait presque jamais. Trop occupé à voyager dans les filiales ou à la Corp. En voyage ou à son domicile, à 70 kilomètres du bureau, il se reliait à l’équipe par des connections haut débit. Il ne se présentait qu’à des moments stratégiques et personne ne s’en plaignait. Sa confiance envers l’équipe était entière. Justifiée et réciproque.

Dans la pièce, la partie réservée aux humains était déficitaire par rapport à celle qu’occupait machines: câbles, modem clignotant en arbres de Noël. Vic avait eu la chance d’avoir une grande baie vitrée vers l’extérieur et la ville. La vue, par ce beau temps, en valait la peine. Il avait perdu pourtant l’habitude de jeter le coup d’œil vers cet horizon.

De retour, le regard sur la lucarne de son écran d’ordinateur, Vic tombait sur une série de mails bien serrés qui se bousculaient pour garder la primeur de l’information. Des rapports et minutes de meeting, très souvent. Des idées pour améliorer le « machin » s’y trouvait aussi.

Ce matin là, pourtant, un courrier attira son attention. Il émanait du nouveau vice président et Vic était copié. Il se mit à lire patiemment mais tout de même avec anxiété.

« Messieurs,

Par la présente, le Comité du Direction a décidé de réduire les budgets alloués au projet surnommé « AutoScan ». De plus, le délai de livraison a également été écourté de six mois. Les objectifs du projet sans être fondamentalement diminués dans les principes seront néanmoins amputé dans une première phase et limité au niveau de la pré miniaturisation. »

Vic s’arrêta dans sa lecture et la rage au coeur de ne pouvoir aboutir à l’efficacité ultime prévue au départ. Il était clair que l’aspect le plus rigoureusement financier avait pris le pas sur l’efficacité du projet. Les militaires avaient-ils aussi raboté la décision? Le civil médical, le plus sceptique, avait déjà moins soutenu le projet. Le projet était-il repoussé aux calendes grecques?

Il se surprit à s’entendre murmurer entre les dents : « Ces financiers seront toujours les gâches métiers incapables de comprendre la finalité des choses ».

Du côté de la porte d’entrée blindée, le déclic d’ouverture se fit entendre. Bob et Gérard apparurent ensemble. Ils discutaient avec fébrilité et leur conversation était entrecoupée de rires qui ne méritaient pas le qualificatif de « silencieux ».

Visiblement, ils avaient encore une fois enduré des bouchons sur la route. Des gestes amples émaillaient les descriptions des parcours pleins de multiples embûches pour y apporter le réalisme.

Vic n’avait pas encore retrouvé l’apaisement. Curieux, ils se ruèrent vers lui avec précipitation et fébrilité.

Mis au courant de la situation, Bob, sanguin, entra dans une colère noire. Gérard, par contre, avait manifestement été mis au parfum précédemment et sa colère n’était déjà plus, en apparence, qu’un lointain souvenir.

Le rituel passait avant l’extraordinaire et l’équipe se rassembla en un véritable pèlerinage quotidien vers l’endroit des conciliations, la cafétéria.

Le café chaud devait avoir lentement raison de la colère de Bob.

- « Crois-tu qu’on arrivera dans les temps avec la première phase du projet? », demanda-t-il, peu rassuré, à Vic.

- « Je sais que d’après vous deux, un planning a toujours été fixé pour se rendre compte des retards », intervint Gérard, cynique.

Paroles qui, naturellement, remirent Bob à nouveau sur les rails de la colère.

Vic effaça son trouble par une impassibilité feinte.

Les échos des haussements de voix avaient pourtant excité les deux singes qui se trouvaient dans le local d’à côté. Il fallait très vite calmer les nerfs des animaux et leur apporter quelques calmants sous forme de friandises. Les expériences de la journée auraient pu être déforcées par une contagion de mauvais aloi de l’humeur des humains.

Vic s’en chargea naturellement. Les singes sautaient, se renversaient sur eux-mêmes avec des rictus qui n’avaient qu’un très loin rappel avec celui de l’homme.

Quelques bananes et friandises encore vertes calmèrent heureusement très vite cette fébrilité transmise par Bob.

La fébrilité des uns et la colère de l’autre étaient déjà retombés quand il quitta le local.

Bob et Gérard étudiaient déjà, sur la table de travail commune, avec les plans qui reliaient les fils du projet, court-circuité, réduit très probablement par les autorités de la finance.

Une anecdote maudite de plus pour Vic, un éclat pour Bob, une confirmation sans effusion pour Gérard. Chacun avait sa manière de réagir à l’événement à sa mesure.

La journée se poursuivit sans beaucoup d’entrain ni d’événements perturbateurs nouveaux.

Les tests furent entrepris pour occuper les esprits comme l’opium des esprits. L’intelligence naturelle des humains, il fallait l’introduire dans celle qu’on appelait « artificielle ». Et cela était leur besoin intime.

A la fin de la journée, plus aucun reliquat de l’incident du matin ne fut remis en chantier.

Vic s’en retourna avec le sourire feignant ne plus s’en souvenir.

Il s’apprêtait à enlever le masque qu’il avait placé pendant cet espace de temps diurne pour l’échanger contre une présence moins avouable de son activité nocturne.

Le Grand Maître virtuel allait reprendre du service du côté obscur de son individu.

De ce côté-là, aussi, le lundi était un jour particulier.

 

8 Commentaires sur ce billet

LE CHAT Le 7 décembre 2007à 10h39min (commentaire N° 1)


voilà ma lecture pour ce week end ! merci à l’équipe pour la possibilté d’imprimer l’article , c’est indispensable pour les romans ! ;) merci à Guy pour ces aventures de Vic , va t il découvrir le coté obscur de la force ?

 


lenfoire Le 7 décembre 2007à 12h02min (commentaire N° 2)


Salut Le Chat,

Oui, c’est vrai, le site a tout prévu. Même si le papier, c’est pas trop écologique. :lol:

L’aventure de Vic est loin d’être finie.
Oui, il va le découvrir, mais il y a un “mais”.
Je n’en dis pas plus. Evidemment.

 


Le Panda Le 7 décembre 2007à 21h51min (commentaire N° 3)


@ L’enfoiré,

fais gaffe le Chat est “administrateur tout comme toi, il peut donc connaitre la suite avant les autres et te trahir ou te prendre en position de porte à faux :mrgreen:

C’était l’avis d’un modeste modérateur adminsitrateur aussi, mais moi j’atends le respect de la publication. Attention Le Chat tu as été pris en flag de lecture par ton I.P. tu vois, sur les Voix Du Panda tout laisse trace, à moins que quelqu’un ai utilisé ton P.C. avec accord parental

Le Panda inspecteur gadget

 


Le Panda Le 9 décembre 2007à 18h20min (commentaire N° 4)


Bonne pêche ou coup de semonce, il suffit de prendre connaisance de ce lien Les Voix du Panda c’est qui

http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2007/12/09/7172511.html

Envoyez-moi 2 kgs d’arachides contre une bombe, mais nous avons des grigris alors il faut pas de mêche ( proverbe africain) sinon ça fera pshhhcitttt

 


LE CHAT Le 10 décembre 2007à 18h06min (commentaire N° 5)


je le savais bien que le coté obscur allait aparaitre …. ;) Est ce du vécu et que la nuit tu es un vrai enfoiré ?

 


lenfoire Le 10 décembre 2007à 19h38min (commentaire N° 6)


Le Chat,
A ton avis? Ce n’est pas une autobiographie. Le suspense va être trop progressif pour être personnel.

 


Pierre.R Le 15 décembre 2007à 22h14min (commentaire N° 7)


Lenfoiré

Ce que j’aime bien dans ce récit est l’anachronisme qui côtoie la prospective. Je m’explique. Nous sommes dans un projet ambitieux d’un diagnostic hautement robotisé du corps humain et en même temps, notre héros est pris dans un vieux bouchon de circulation. Non mais il faut le faire. Génial mon ami.

Éminemment intéressant.

Pierre R.

 


lenfoire Le 16 décembre 2007à 10h28min (commentaire N° 8)


Bonjour Pierre,

Content d’avoir ton avis.
Je vais te donner le secret de mon initialisation dans les romans.
Le projet, je l’avais depuis l’année passée.
J’avais ressenti en fonction de ce qu’on peut faire avec certaines instructions, (n’oublie pas ça a été mon job), que les virus étaient de la petite bière pour quelqu’un qui avait une volonté de détruire son prochain.
En avril dernier, en vacances, je m’y suis mis.
Je savais où je voulais aboutir, mais alors, les étapes?
Alors, j’ai laissé aller mon imagination, jour après jour, chapitre par chapitre avec seulement un cannevas général. Comme je l’ai dit dans la préface, j’ai eu peur de donner de l’imagination à d’autres.

 


 



Le Grand Maître virtuel (3)
Par lenfoire le 10 décembre 2007

Hacking by night

« Le timide a peur avant le danger, le lâche au milieu du danger, le courageux après le danger. » Jean-Paul Richter

Quand Vic rentra chez lui, il se mit à rêvasser dans la voiture. Ce n’était pas franchement du rêve mais plutôt une certaine langueur râleuse.

L’évènement du matin lui revenait en mémoire. Il ressentait à nouveau ce coup de poing dans l’estomac que la haute direction leur avait infligé par l’intermédiaire de ce satané mail.

A chaque fois, qu’il y pensait, qu’il y penserait, une crampe mentale monopoliserait son cerveau plus orienté vers l’expertise dans la construction du futur que vers le calcul de ce que coûte sa construction. Une vengeance instinctive naissait indigné par le non respect des engagements vis-à-vis de tous les autres interlocuteurs.

Les budgets rabotés impliquaient, peut-être, des risques de reconsidération du futur du service, lui même. Et, cela lui laissait un goût amère.

Bien que financièrement, il ne risquait rien, la vie et l’ambiance constructive de l’équipe, il y tenait. Sa motivation était à ce prix. Comme le monde lui importait peu, une ambiance, dans un enclos fermé, peut-être, mais avec des gens qu’il le connaissait mieux que les autres, lui plaisait plus qu’il ne l’avait supposé. Avec le recul, il s’appercevait que ce n’était pas seulement la couverture que lui apportait son travail de jour, qui avait de l’importance.

Du côté portefeuille, comme le disait Devos dans un sketch, il avait trouvé la délicate combinaison kafkaienne qui permet de mettre de l’argent de côté tout en gardant un maximum devant lui.

Le soir était là. La journée, toujours aussi belle, avait probablement inspiré les gens à les maintenir dans les terrasses, les jardins et les parcs. Même la concierge s’était hâtée pour terminer sa tâche et profiter de la courette à l’arrière du bâtiment. Vic était pressé. Il grimpa les marches à vive allure sans rencontrer personne. Les trois serrures claquèrent en échos, résonnant sur les murs du couloir.

Une fois à l’intérieur, sans jeter le moindre regard sur la partie normalement habitable, il se précipita dans la partie plus secrète. Sa « planque », c’était ça. Avant d’y entrer, un miaulement retentit, suivi par un frôlement à la jambe. Le seul gardien des lieux que Vic acceptait, vint se coller pour quémander ce qu’il n’avait pas trouvé dans la solitude de sa journée. La faim n’avait pas encore fait ressentir ses effets. Ses préoccupations étaient toutes autres. A tous deux, la priorité était de se désaltérer. Une caresse, un peu de poisson frais eurent raison de l’impatience de l’esseulé naturel.

Dans la pièce cachée, dans un ensemble de reflets et de pénombres, seul les modems clignaient encore de l’oeil avec agitation. Leur lumière blafarde et orangée semblait donner une ambiance de fête en clignotant en alternance. Tout cela dans un silence de cathédrale.

Il n’éteignait jamais ces engins de connexions avec le monde. Le fax avait dû crépiter quelques fois. Plusieurs feuilles gisaient d’ailleurs encore dans le panier de réception.

L’ordinateur serveur était en « stand by » avec son écran dénué de toute vie. Le screensaver avait depuis longtemps dépassé son temps de fonction et avait passé son service au néant.

Vic allait très vite donner vie à tout cet ensemble endormi. Dès le premier attouchement de la souris stationnée près du clavier, l’écran sorti de sa torpeur. Le programme résident en mémoire en permanence était son email. La journée avait été faste de ce côté.

Un à un, le courrier électronique, commença à défiler sous son oeil curieux et impatient.

L’arnaque, qu’il avait lancée la veille, avait été captée par une victime désignée par le hasard. Victime consentante par ignorance, très certainement.

Quand un processus viral germait dans son esprit, il le testait et tout était possible sans complaisance, ni mollesse. L’analogie avec les virus biologiques n’était pas un mythe. La forme informatique était là pour nuire et réduire, pour le moins, la fortune de sa victime. C’était écrit. L’inventeur des virus informatiques, Léonard Adleman, aurait été fier de son émule. Ce spécialiste en biologie moléculaire avait en 1984 écrit les préceptes de cette maladie du quart de siècle suivant. Depuis lors, plus de 100.000 successeurs avaient pris place dans l’histoire mouvementée de cette encore jeune informatique parallèle.

Vic avait pris le flambeau dans cette activité de l’ombre pour son seul prestige personnel. Chercher les “Narcisses” de la toile qui étaient tentés de se faire connaître avec un maximum de détail intimes était sa petite « gâterie ». Les raffinements de l’outil de recherche avaient nécessité des heures innombrables de travaux acharnés de Vic, son concepteur. L’efficacité de sa dernière arnaque, de ce jeu de dupe pour les internautes, était son chef d’oeuvre.

Ce qui lui plaisait le plus, n’était d’ailleurs pas ce qui lui rapportait le plus en argent. Il préférait et de loin ce qui utilisait l’innocence de ses victimes. L’appât du gain était son gagne pain et son gagne plaisir naturel favori. La faiblesse du genre humain, avide d’argent et de gains faciles, l’excitait au plus haut point.

En esprit, il imaginait, avec le sourire en coin, ses victimes avec des yeux en forme de dollars. Avec un certain sadisme, il en jubilait de manière intense et sadique.

La soirée ne faisait que commencer et déjà après le 4ème mail, il sentait que la fil jeté dans la toile n’avait pas été vain. Une pèche de l’innocence.

La pêche avait été bonne et les poissons hameçonnés sentait bon la friture et la crédulité de l’enthousiasme.

Il lu:

« Cher Monsieur,

Après avoir lu votre proposition qui m’a enthousiasmé tout de suite, je vous prie de prendre en considération ma candidature.

Votre proposition me semble très convaincante et très intéressante. Il serait très innocent de ne pas y faire suite. Veuillez trouver ici après mes données personnelles….»

Suivaient toutes les informations qui avaient été demandées de manière très persuasive par Vic.

“Innocent, tu l’as dit”, pensait Vic avec bonheur.

Plus c’est gros, plus c’est apprécié et tentant. La règle de base était toujours d’application dans le monde d’envie.

Décidément, on perd vite les réalités.

Ceci ne constituait qu’une des premières étapes d’un processus de piratage. Le sommet de l’iceberg. Le “réchauffement climatique” de Vic allait commencer à faire fondre le reste de l’iceberg. Mais ne brûlons pas les étapes, pourrait-on dire.

Il fallait nourrir ce beau monde avide de faux gains faciles et tiré sur ce fil amorcé. Le fournisseur de miracle se voulait de bonne grâce pour soulager son client en mal de l’avidité qui le rongeait.

Cette chaîne d’élans innocents, il ne fallait pas en tarir la source et continuer à l’inciter.

C’était son violon d’Ingres. Oui, mais un véritable Stradivarius.

Les notes étaient à sa portée. Il fallait simplement prendre un peu de souffle. Se sustenter, il y pensa tout à coup.

Il n’y avait pas que le chat qui mangeait du poisson. Lui, il l’aimait, aussi.

Nourir ses neurones, en prime, parait-il.

La nuit ne faisait que commencer.

 

21 Commentaires sur ce billet

olivier cabanel Le 11 décembre 2007à 10h44min (commentaire N° 1)


la suite, c’est pour quand?

 


Le Panda Le 11 décembre 2007à 14h02min (commentaire N° 2)


@ Je veux la suite c’est pour quand?

 


Le Panda Le 11 décembre 2007à 14h18min (commentaire N° 3)


@ L’enfoiré,

tu l’envoies la suite ou pas

GGZIWSFWJSMUOSN.?NK.?DNW

 


olivier cabanel Le 11 décembre 2007à 14h39min (commentaire N° 4)


la suite,
çà me rappele qu’il était d’usage dans la presse du siecle dernier de publier des romans, en épisode, pour fideliser le lecteur.

donc, la suite!

 


Le Panda Le 11 décembre 2007à 14h50min (commentaire N° 5)


@ L’enfoiré,

normal Olivier t’es un ancien :P pas fidéle?

pour être du siécle tu es bien conservé pour un bel animal

j’ai pas reçu la photo

 


liberty Le 11 décembre 2007à 15h16min (commentaire N° 6)


@ L’enfoiré
Peux tu dire à vic de ne plus m’envoyer de mail :

Nom : Jean
rénom:Sabine :
sabine_jeaan1@yahoo.fr
Profession : Comptable/Ecobank Côte d’Ivoire

Mes sincères salutations et mes excuses à votre égard.
Avant tout chose, je voudrais m’excuser de mon intrusion dans votre vie privée. Bref, je me nomme Mm Jean Sabine, Cadre au Département de la Comptabilité à ecobank - Côte d’Ivoire. Un compte a été ouvert au sein de notre banque en 1999 et depuis 2003 aucune opération ne s’est effectuée. Ce compte présente à ce jour dans nos livres, un compte créditeur de 8.5 millions de dollars américains. Après avoir consulté méticuleusement toutes les archives et les dossiers relatifs à ce compte, je me suis rendue compte que je pouvais disposer aisément de cet argent si je réussissais à le virer sur un compte à l’extérieur donc je suis à la recherche d’un partenaire discret et honnête.
Le possesseur de ce compte fut feu Willes sakus, un expatrié, directeur de Petrol-Technical Support Services Inc, ingénieur en chimie, décédé suite à un accident de la circulation. Et, personne ne sait à ce jour l’existence de ce compte. Ce compte ne possède aucun autre bénéficiaire aussi bien dans sa famille que dans son ex-entreprise.
Je voudrais transférer cet argent dans un compte sûr à l’étranger, mais je ne connais personne à l’extérieur. J’ai vu votre site du net, j’aimerais que vous m’aidiez a transférer cet argent pour investir dans votre domaine ou racheter des immeubles et C’est ainsi que l’idée m’est venue de vous contacter et de vous faire la proposition de virer cette somme sur votre compte bancaire, pour partage, c’est à dire moitié-moitié.
J’ai conscience que ce message vous surprendra car nous ne nous connaissions pas auparavant, mais soyez sûr que c’est une véritable opportunité que je vous offre.
Je vous demande de me répondre le plus vite possible.
Très fraternellement

Mm Jean Sabine,

 


LE CHAT Le 11 décembre 2007à 17h03min (commentaire N° 7)


et à moi aussi car vic doit aussi être susana B Williams

Dearly Beloved,

I am Mrs.susana B. Williams from Benin. I was married to King Williams the
CEO Veekrol Link Benin Sarl, a seasoned contractor in West African Region.
Before his death four years ago. We were married for eleven years without a
child. He died after a brief illness. After his death I decided not to re-
marry or get a child outside my matrimonial home. When my late husband was
alive, he deposited the sum of $4.3Million (four million three hundred
thousand U.S. Dollars) in a Bank. My Doctor told me that I would not last for
the next three months due to cancer problem.

Having known my condition I decided to donate these funds to better the lives
of the less privileged.Hence, I will need an honest and trust worthy
individual that will utilize this money in accordance with my instruction. I
want it to be used in funding religious organizations, orphanages and less
privileged and for propagating the word of God. I took this decision because
I don’t have any child that will inherit this money and my husband relatives
are very dubious and unkind to me and I don’t want my husband’s hard earned
money to be misused.I am not afraid of death because I know I will make
peaceful eternal rest. Iknow that I am going to be in the bosom of the Lord.
Exodus 14 VS 14 says that the lord will fight my course and I shall hold my
peace.

I speak good English in case you want a telephone communication in this
regard.As soon as I receive your reply I shall give you the contact of the
Bank,and my companies in Benin and other parts of Africa . For legitimacy, I
will also issue you a letter of authority that will empower you as the
original-beneficiary of this fund.I want you to always pray for me, any delay
in yourreply will give me room in sourcing for another individual for this
same purpose.

yours sincerely,
Mrs.Susana B. Williams

 


LE CHAT Le 11 décembre 2007à 17h16min (commentaire N° 8)


Et peut être aussi de Sao tome et prince

I am Sao Orlando De Assunção, the Chairman of the Finance Committee on public accounts of the Democratic Republic Of Sao Tome and Principe a small oil rich island off the coast of West Africa), a floating deficit has being discovered in our account with an European bank and seek to transfer this money abroad for investment purpose.your person and company are appreciated to use you to claim the funds as our contractor whom his payment has being over due and willing to place sum of $15m in your company as our interest is in companies with potentials for rapid growth in long terms,please do contact me by for more details for i am in Europe now for this Purpose.

 


lenfoire Le 11 décembre 2007à 18h02min (commentaire N° 9)


Salut les copains,

Et là, on s’impatiente….!!!
Un thriller, c’est pas une affaire à déguster en un coup.
Un bouquin papier, c’est à la vitesse du lecteur.
Un eBook, c’est distillé en connaissance de cause par le faiseur d’histoire.
Je vous ai par la barbichette. Tout doucement, je tire.
Il ne faut pas tout développer d’un coup et pas question d’aller voir les dernières pages du bouquin. Ca marche pas.
La suite, elle arrive, je vous ménage. Un épisode long, cela fera trois jours. Un court, peut-être, le lendemain.

Merci, pour les belles propositions de millions de dollars. N’oubliez pas le compte où je dois verser mon obole. Mais j’attendrai tout de même d’avoir le capital avant de demander les intérêts. Je suis bassement matérialiste. Pour ce qui est de Dieu, il attendra un peu.

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 00h14min (commentaire N° 10)


@ l’auteur,

avec ton image, que je trouve un peu trouble, merci de nous dire si tu prépares la tambouille de ton crime ou la bouffe à Kadhafi :?:

Juste histoire que tu consultes Hyppocrate dans ce monde politique d’hypocrites une bombe OUI, j’allume la mêche :mrgreen:

Le Panda qui voudrais que le virtuel soir “leguide” Sheila chantez une chanson “BANG! Bang! Tu veux pas la lui envoyer!!!

Patrick Juan

 


LE CHAT Le 12 décembre 2007à 12h30min (commentaire N° 11)


@GUY

surtout te mets pas en grève comme tes confrères d’Hollywood , on commence à être accros !

 


lenfoire Le 12 décembre 2007à 12h48min(commentaire N° 12)


Bonjour à tous les lecteurs,

Je sens que je dois céder la bride.
Le suivant arrive.

 


Gasty Le 12 décembre 2007à 13h29min (commentaire N° 13)


Prendrait-il un certain plaisir à nous faire languir???

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 13h30min (commentaire N° 14)


@ l’enfoiré,

pourquoi uniquement les “lecteurs” magne toi pour le suivant

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 13h36min (commentaire N° 15)


@ Gasty,

à mon modeste avis oui :mrgreen:

Il fait l’autre con avec l’autre con :P

Je suis allé hier sur ta boite à idées et je vois plus certaines choses, non mais c’est quoi ce bistrot?

Si tu continues je te prive de la suite du livre de l’enfoiré ou je t’envoie féliciter Sarkozy

 


Gasty Le 12 décembre 2007à 13h47min (commentaire N° 16)


Bonjour ” Le Panda” vous venez à l’instant de faire le 10000 ème commentaire.
Bravo ” Le Panda” car vous venez de gagner 10000 euros.

Non! Vous ne revez pas ” Le Panda” nous avons l’honneur de vous gratifier de cette sommes sur votre compte en remerciement de vos visites et contributions. Vous etes l’heureux gagnant et je me ferais un plaisir de vous transmettre cette somme sur votre compte bancaire.

Pour recevoir votre gain, veuillez nous transmettre vos coordonnées bancaires! Merci et félicitation.

 


lenfoire Le 12 décembre 2007à 13h54min (commentaire N° 17)


et moi? Qu’est-ce que je gagne?

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 13h55min (commentaire N° 18)


@ Gasty,

Il y a un film qui dans ce cas dit:Adieu Poulet” Le” panda te dit:

rejoint Kadhafi, vous êtes deux escrocs

Mille félicitations demande lui un “rafale”

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 13h58min (commentaire N° 19)


@Gasty,

prends garde à toi, et prends des cours le rafal!! n’a jamais été exporté, peut-être que toi oui tu vas l’être :mrgreen:

Préviens nous on t’emmeneras des OTAGES tu en veux combien d’infirmiéres ?

 


Gasty Le 12 décembre 2007à 14h10min (commentaire N° 20)


Bonjour ” Lenfoiré” vous etes notre 10000 ème commentateur.
Bravo ” Lenfoiré” car vous venez de gagner 10000 euros.

Non! Vous ne revez pas ” Lenfoiré” nous avons l’honneur de vous gratifier de cette sommes sur votre compte en remerciement de vos visites et contributions. Vous etes l’heureux gagnant et je me ferais un plaisir de vous transmettre cette somme sur votre compte bancaire.

Pour recevoir votre gain, veuillez nous transmettre vos coordonnées bancaires! Merci et félicitation.

 


Le Panda Le 12 décembre 2007à 14h19min (commentaire N° 21)


@Gasty,

và vite lire le nouvel épisode plutôt que d’escroquer les Chats, les Pandas et les autres non mais je te livre à Kadhafi, il m’a indiqué qu’il aimé les gros Matou Vu!!!

Féliciations monsieur Gasty vous venez de gagner Kadhafi et Srakozy sans aucun effort….quoi de plus normal chacun(s) reconnait les siens qui ose dire que non?????

 




Le Grand Maître virtuel (4)
Par lenfoire le 12 décembre 2007

La nuit de tous les dangers.

« Cachez soigneusement votre supériorité de crainte de vous faire des ennemis. » Arthur Shopenhauer

Après un souper, frugal et rapide, retour dans la petite pièce arrière de l’appartement.

Le tour d’horizon de cette pièce n’était pas très décoratif. Rien au mur à part une grande affiche sur laquelle était griffonné un véritable plan de bataille. Personne n’aurait pu déchiffrer cet organigramme sans l’explication de l’auteur. Bien peu de chance qu’il y en ait un jour, un visiteur autre que Vic. En résumé, tout s’y trouvait pourtant soigneusement décrit. Les couleurs utilisées permettaient de distinguer les différentes phases que constituait le plan de bataille. Pas de fioriture, de la précision avec timing de la progression en sur-couche.

Vic n’était pas croyant du tout. Pourtant en bonne place, il avait en bonne place une petite statuette qu’il vénérait avec un certain humour. Il l’appelait “Sainte Cupidité”. Il savait qu’elle lui était favorable depuis bientôt un an. Pas loin sur un des bureau, pour apporter le divertissement, un échiquier de Machiavel traînait sur un établi.

Un véritable réseau en serveur s’était constitué avec une fortune relativement restreinte à ses débuts.

L’investissement financier en machine avait pourtant beaucoup évolué. Toujours garder une longueur d’avance. Sophistiqué, son serveur, à l’instar des grand pourvoyeur d’espace Internet, aurait même pu se rentabiliser comme fournisseur de temps sur Internet. Mais, cela ne l’inspirait pas.

L’investissement intellectuel personnel en temps avait été le plus important. Une phobie maniaque en précautions, pour ne pas être confondu. Une véritable hantise des surprises du hasard.

Très mauvais perdant, le jeu du chat et de la souris avec des rôles mixés l’excitait.

Avec sa formation en intelligence artificielle, il avait créé un nouveau programme qu’il appelait ironiquement le “Moneyscan”. Ce logiciel scannait les adresses IP en permanence. Pour son propre usage, une adresse IP, il s’en assignait une très temporaire pour ne pas d’être découvert.

La technique de « drainage de pognon » avait fait ses preuves jusqu’ici.

Tester les hameçons, ce que les anglophones appelaient “phishing”, et ajuster de jour en jour.

Quelques mails sans intérêt et puis, une avalanche de poissons, plus intéressants. Des internautes généreux avaient mordu.

L’un d’entre eux, un gars, d’un certain âge, du moins d’après la photo, se présentait et répondait par l’affirmative à sa proposition fictive de l’aider. Une contribution, pour frais de dossier était à la clé du partage d’informations et cela avait été accepté sans contestation par son interlocuteur fraîchement émoulu des hautes études. Visiblement, il était aux abois et sur le carreau depuis des lunes. Le poste revendiqué était élevé, intransigeant sur les solutions proposées. Comme tout chasseur de tête pouvait vivre de cette activité d’intermédiaire, il ne s’était pas méfié par la demande de fonds préliminaire. Le montage de la fable apportait ses fruits. Comment passer par un compte sans laisser de trace? Question cruciale. Les ramifications des comptes écrans par Internet apporta la meilleure solution .

Son montage était en effet, la totale. Des couches qu’un vendeur de produit protection solaire aurait pu appeler indice de protection « Écran total ». D’abord, un nom d’emprunt avec compte en « https ». Ensuite, comme il s’agissait d’intelligence artificielle à la base de sa formation, il l’avait sécurisé par des transferts successifs sans laisser de traces.

En parallèle, une autre piste était encore plus ingénieuse. Entrer dans l’ordinateur de sa victime à l’aide son adresse IP. Partie qui était réservée à un processus qui incluait lecture et écriture à distance existant de base dans les langages de programmation. Des instructions s’incrustaient dans des « cookies » si bien que même, les programmes de détection de ces virus déguisés pouvaient se révéler inefficaces. Ils restaient cachés et de plus s’échappaient dans les arcannes des directoires les moins prévus pour ce genre d’exercice.

Ce n’était que la 2ème couche. Restait à orienter l’argent vers des comptes moins impersonnels et moins fictifs. C’était peut-être la partie la plus délicate du montage.

Sur la Toile, ce qui reste le plus transparent, est sans conteste ce qui ne permet pas de remonter la filière jusqu’à la source.

Le programme espion, injecté sur les PC, se mettait tout de suite au travail avec intelligence artificielle à la recherche des adresses email et de nouvelles personnes « foncièrement » intéressantes. L’infection n’avait pas d’antidote prévu en “freeware”.

Une fois détectées, ces adresses venaient s’ajouter à une liste déjà présente dans la boîte de Pandore sous forme d’un fichier caméléon. Une fois par semaine, avec un timing très précis, cette liste était envoyée par le réseau, vers, devinez qui?

Les sources étaient inépuisables. Leurs utilisations, aussi. Les ressources du programme l’étaient tout autant. C’était un réel bijou de programmation qui s’autocorrigeait une fois infiltré en une boîte noire, indécelable.

Véritable bombe à retardement en perpétuelle construction dans la destruction de l’environnement virtuel de son utilisateur. Le « go » final dans la mise en oeuvre, était orchestré à loisir par Vic au moment voulu et avec la dose choisie.

Le lundi soir, comme ce soir-là, était le jour de la semaine qui avait été choisi intentionnellement pour rapatrier les informations collectées pendant la semaine. La mise à jour automatique du programme faisait partie du “package” de retour. Des statistiques étaient même dressées pour évaluer les chances de succès pour Vic, de malchances pour ses victimes d’occasion. Tout était calculé au centime près. Le risque et le rendement étaient calculés au plus juste.

Le lendemain du week-end était, en effet, le meilleur jour pour exécuter cette tâche. Se mélanger aux mails en pagaille et en rade de ces deux jours de repos était ce qui normalement allait de pair avec une diffusion de masse.

Vic savait d’expérience que la nuit allait être courte. Des heures de travail pour l’analyse des résultats rassemblés et un résumé analytique en fin du travail de sape.

Les frontières des états ne constituaient pas un obstacle, bien au contraire. Elles correspondaient plutôt à une planche de salut. La langue ne se comportait pas comme un problème majeur. L’anglais était utilisé depuis longtemps de bonne grâce au dessus des particularismes linguistiques naturels des États. Les législations différentes permettaient des largesses chez les uns et plus de précautions chez les autres.

Un thriller de l’été, un de plus, mais par couches successives. Les enquêteurs qui n’allaient pas tarder de se mettre en piste, dès l’ouverture de la “chasse”, se trouveraient devant un casse-tête hors mesure. Si une couche de protection venait à lâcher, une autre prenait la relais automatiquement. La dernière remontait à la case départ pour fermer la boucle.

Un « serial killer» nouvelle vague était né. Son expérience se perfectionnait en plus en « real time ». Il avait l’emprise sur ce que l’homme avait de plus cher et pour longtemps encore, la ”maladie du pognon”.

Malheur à ceux qui avaient stocké trop d’adresses émails. Ils étaient la proie favorite et apportaient à Vic une source d’impulsion maléfique allant en crescendo.

Bientôt, il faudrait ajouter en prémisse un avertissement à l’utilisation d’Internet. Quelque chose comme « Attention, Internet peut nuire à votre santé privée et financière ».

Cela devenait de plus en plus clair, plus le temps passait, plus la contrattaque allait avoir du fil à retordre pour enrayer le processus.

 

5 Commentaires sur ce billet

Le Panda Le 12 décembre 2007à 23h12min (commentaire N° 1)


@ l’enfoiré,

tes articles sont supers, mais tu vas les publier en pleine période de fêtes les réactions à mon modeste avis et je rejoins Gasty seront moindre peut-être. Alors puis-je me permettre un conseil, et nous allons le voir dans les commentaires qui vont suivre, bien des gens seront en vacances familales avec leurs enfants ou parents.

Merci à chacun de livrer son sentiment sur mon point de vue, et les publications de l’enfoiré, dans la série “ebook” ou les publications sont supceptibles de suivre à la cadence de 2, 3 jours d’espaces y compris le 23.12.

J’ai livré mon sentiment en public et non en privé justement pour que ce soit une tribune ouverte, merci de me le pardonner.

Le Panda

 


lenfoire Le 13 décembre 2007à 10h15min (commentaire N° 2)


@Le Panda,

Merci, de faire ce sondage.
Je peux stopper la parution pendant la fête des confiseurs, comme on dit chez nous en Bourse. Je reste à l’écoute de vos suggestions (bizarre, cette réflexion toute faite quand il s’agit de les lire…). Coïncidence mon histoire se termine dans le même espace temps, mais c’est pour une autre raison. Suspense…

 


LE CHAT Le 13 décembre 2007à 10h36min (commentaire N° 3)


@l’enfoiré

ici c’est de trêve des confiseurs que l’on cause quand le temple du CAC40 est fermé pour cause de père Noêl . Vic peut aller hacker au pôle nord pour se faire livrer plus de cadeaux dans des cheminées virtuelles ….

 


Pierre.R Le 15 décembre 2007à 22h19min (commentaire N° 4)


Lenfoiré

Intéressante cette idée de reprendre le thème du début, le phishing. Il y a une suite qui prend corps. Je vais suivre attentivement. Je vais de ce pas au cinquième volet.

Pierre R.

P.S. Très forte la citation de Shopenhauer

 


lenfoire Le 16 décembre 2007à 10h31min (commentaire N° 5)


Cher Pierre,

Cette citation va être le fil rouge, très rouge de tout le roman. Mais je n’ai absolument rien dit.

 




Le Grand Maître virtuel (5)
Par lenfoire le 14 décembre 2007

Lendemain de veille.

« J’apprends chaque jour pour enseigner le lendemain. » Emile Faguet

En effet, la nuit fut très courte. L’agitation de la fin avait été productive mais éreintante et très consommatrice en capacité de raisonnement.

La check-list qu’il s’était dressé depuis le début n’en finissait pas. Le mailing avait donné quelques petits nouveaux mais rien de vraiment sensationnel. Le point principal était de vérifier les retours sous forme de dons généreux.

L’analyse du programme, revenu tout ragaillardi, fut lui plus intéressant. Si cela devait continuer à cette allure, il sentait qu’il devait bientôt envisager de trouver plus de temps libre. Un travail à plein temps? Cela aurait fait perdre la couverture essentielle à son anonymat. Si partager le boulot apparaissait comme la solution, elle était bien loin d’être dénuée de risques. Comment déléguer sans éveiller les soupçons? La technique de la déchirure du « billet de banque » en différents morceaux venait à l’esprit. Chaque morceau ne donnerait aucune chance de reconstituer l’ensemble. Plus vite dit que fait. En plus, la répartition et la surveillance des tâches prendrait également du temps.

Apparemment, ces attaques virales avaient été décelées. Repérées par touches successives. Programmes anti-virus ou suite à la perspicacité humaine? Peu importait. Cela demandait une réaction rapide.

Le programme de piratage avait, pourtant, bien réagi. Toujours protégé en lecture derrière des noms de fichiers cachés, il s’était mis au repos, automatiquement, en suivant les ordres inclus dans son architecture. Sa présence en mémoire aurait pu être décelée. En action, les palpitations des loupiotes signalaient sa présence. Cela pouvait, heureusement, être confondu avec l’activité du modem, lui-même. Ce travail de recherche fonctionnait seulement pendant les périodes de travail d’autres programmes pour se fondre dans l’ensemble.

N’empêche que, cette fois, il fallait réagir, il était surveillé. Sans changer la donne, il fallait s’assurer ne pas tomber dans les pièges légitimes lancés par la maréchaussée et de programmes anti-piratage trop efficaces. Sous estimer ses adversaires n’était pas l’habitude de la « maison ».

Vic commença par apporter quelques correctifs pour atténuer le côté corrosif du programme en rendant le processus moins prévisible. Des tests de sécurité furent sa préoccupation principale pour le reste de la nuit.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la technicité de son “malware” était démoniaque. Les softwares des utilisateurs sur les ordinateurs des victimes avaient été légèrement modifiés à leur insu. Vic avait détricoté certains programmes usuels qu’il avait découverts. A l’aide d’une sophistication géniale qu’il serait trop technique d’expliquer ici, certaines fonctionnalités peu utilisées avaient été remplacées par du code méthode “Vic”. La signature, le poids en bits de ces programmes avaient été rigoureusement équilibré pour passer outre la plupart des tests d’antivirus. Une véritable “bombe à retardement” était en place. La plus grande difficulté était devenu de ne pas s’infecter lui-même.

Aller se coucher vers les 5 heures du matin n’allait certainement pas lui ramener la récupération adéquate. Ses collègues le ressentiraient très certainement. Mais, ce n’était pas la première fois et de plus, il avait préparé le terrain des questions pour le lendemain.

Souvent dans ces cas, sans attendre la question fatidique, il pensait sortir, les yeux mi-clos, la phrase habituelle pour endormir les soupçons éventuels:

- « J’ai encore eu la visite de mon copain Bertrand. On a discuté jusqu’aux petites heures. On devrait certainement avoir bu 2 ou 3 bouteilles de Saint Emilion », aurait-il dit à Bob. Bertrand avait été l’ami imaginaire qui lui venait parfois à l’esprit.

- « Je vois le manège d’ici », aurait-il répondu normalement. Ce genre d’argument, Bob connaissait et il n’insistait jamais le sourire aux lèvres.

Vic, comme d’habitude, le remercierait implicitement du coin du regard pour sa discrétion et surtout pour son faible degré de curiosité.

A 08:45, le réveil sonna. Vic avait encore des bribes de rêve en mémoire. Encore fourbu, il aurait bien aimé rester sous la douce chaleur des draps de lit. Il manqua d’ailleurs se rendormir pour de bon. Une cloche d’église sonna à 9 heures et en décida autrement. Il ne devait pas se plier à un horaire trop rigoureux, mais, sortir d’une routine rassurante était un luxe.

Ce matin-là, l’atmosphère était plus lourde, plus moite que la veille. On sentait la fin de la belle période des jours ensoleillés. L’orage était proche.

Il arriva au bureau, vers 09:20, sans accentuer son retard.

Bob était déjà au bureau et visiblement, il n’avait pas bien dormi non plus et pas digéré le raccourcissement du projet.

Le masque de l’honnêteté avait regagné le visage de Vic et il entreprit immédiatement un rôle de séduction en lui soufflant de fausses idées de sécurité.

Encore une fois, plus c’était gros, mieux cela passait.

Le principe était de rigueur de jour et de nuit pour toute population. Vic le savait et pouvait, en période de trouble collectif, apposer son flegme rassurant.

N’était-ce pas le but et sa principale activité de jour comme de nuit?

Inspirer confiance, tous simplement…

 

11 Commentaires sur ce billet

olivier cabanel Le 14 décembre 2007à 10h25min (commentaire N° 1)


en haleine qu’il nous tient, le bougre!

 


Le Panda Le 14 décembre 2007à 10h31min (commentaire N° 2)


c’est pas un bougre c’est un Belge en enfoiré de plus

 


lenfoire Le 14 décembre 2007à 12h38min (commentaire N° 3)


Avouez que vous bâvez d’impatience.
Il faut bien que je mets mes quilles en place.
Bientôt un nouvel acteur. Corrosif, en plus

 


LE CHAT Le 14 décembre 2007à 13h14min (commentaire N° 4)


allez , j’imprime ma lecture du week end une fois ! un truc à lire tantôt devant une bonne gueuze ! merci Guy !

 


Le Panda Le 14 décembre 2007à 22h17min (commentaire N° 5)


@ L’enfoiré,

tu vois tu vas trop vite tu écris kris et tout le monde imprime sans te commenter donc ils ne peuvent te dévoiler t’es un enfoireux

 


Le Panda Le 15 décembre 2007à 16h22min (commentaire N° 6)


à Olivier,

ton idée serait presque génial si elle n’exsitait pas déjà? Dans la rubrique presse-purée mise en place à la demande de T.REX. Tout comme la Rubrique Pandora Vox.

Attention nous allons sévir nous approchons les 2000 commentaires c’est du super sans plomb :mrgreen:celà grâce à l’équipe technique mais surtout à vos billets donc bravo

à Liberty,

n’hésite pas à te relire, tu sais le verbe est une excellente carte de visite si tu n’as pas word avec correcteur merci de le dire “satanas” t’en envoies 1 exemplaire.

@Toutes et tous,

il seraît peut-être marrant sans me prendre pour une tête de turc de mettre en “ce moment” sur 2 colonnes un article non sur la qualité du forum qui lui ne fait aucun doute.

Mais sur ce que vous pensez que vous obtenez par ce média en vous lachant contre LE PANDA celà serait une “innovation” l’enfoiré fait pas trop long et ainsi durant les fêtes chacun viendra rajouter sa touche vous en pensez quoi

Le Panda content “le lybien” est en Espagne les pauvres

Patrick Juan.

 


Pierre.R Le 15 décembre 2007à 22h25min (commentaire N° 7)


Lenfoiré

Plus l’exposé avance, plus nous entrons dans les codes sources, il me semble. Hum. De plus en plus intéressant : « certaines fonctionnalités peu utilisées avaient été remplacées par du code méthode “Vic” ». Nous entrons dans le cœur, sinon le vif du sujet.

Pierre R.

 


lenfoire Le 16 décembre 2007à 10h36min (commentaire N° 8)


Salut Pierre,

En effet, le texte original de ce 5ème épisode était plus complet encore. Il y a seulement certaines personnes qui m’ont poussé à retirer ce qui était trop “technique”.
Je peux donner un cours là-dessus si besoin.
Derrière ces paroles: “A l’aide d’une sophistication géniale qu’il serait trop technique d’expliquer ici”, il y avait eu quelques “plus”. Nous ne sommes pas dans un manuel d’informatique mais dans un roman.

 


lenfoire Le 16 décembre 2007à 10h48min (commentaire N° 9)


A tous, Ceux qui étaient en manque de dialogues, ils arrivent. Mais ils viendront d’un ailleurs.
Nous ne sommes qu’au début de l’histoire.
Le meilleur est à venir. Chut. Sssuuussspppeeennnsse…

 


Gasty Le 23 décembre 2007à 20h14min (commentaire N° 10)


“VIC” comme l’ordinateur “victor lambda” apparu dans le même temps que le Z81. Le top, il avait 15K de mémoire vive et il ne lui en restait plus que 4K une fois que le système exploitation était entré en mémoire grace à un lecteur de cassette.

Ah! que de souvenir.

 


lenfoire Le 26 décembre 2007à 11h51min (commentaire N° 11)


Gasty,

Je n’ai pas choisi le prénom de mon héro que pour raison de brièveté et dans la volonté de n’avoir pas trop de caractères à taper à chaque fois que je le cite. J’aurais pu choisir “Guy” mais cela me semblait vraiment trop “enfoireux”

Mais, merci de faire ce rapprochement qui fait revenir le passé.

Et, oui, 4K, j’ai aussi coupé les bits en deux pour m’en souvenir.
J’ai contribué à construire un simulateur assembler style IBM 360 et bien d’autres choses avec cela.
Ce n’était pas Z81 mais un Cogar. Mais cela avait déjà la gueule d’un PC

 


 


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Le Grand Maître virtuel (6)
Par lenfoire le 15 décembre 2007

Le réveil de l’adversaire

« Le vainqueur est celui qui fait une faute de moins que l’adversaire. » Philippe Bergeroo

Pendant ce temps, dans un ailleurs, il y avait un bureau des fraudes. Trois inspecteurs se faisaient face sur des bureaux engorgés de machines. Pour tout un secteur du téritoire, ils étaient en charge de surveiller le réseau contre la pédophilie, les malversations qui se déroulent incidieusement sur la toile.

Des écrans de surveillance étaient même plus nombreux que les claviers auxquels ils devaient se relier normalement à l’autre bout des unités centrales.

- « Patrick, viens voir. Il y a quelque chose de bizarre », lança, tout à coup, l’un d’eux. Patrick se leva curieux, mais sans entrain. Il avait l’habitude de découvrir des choses curieuses. Le métier le voulait, mais cela ne l’excitait plus outre mesure. Les enfants l’avaient épuisés la veille et cela ne devait pas éveiller en lui une fougue particulière.

- « Que se passe-t-il? Qu’as-tu découvert? », fit-il, semblant s’intéresser à son collègue.

- « Hier, déjà, j’avais remarqué une activité suspecte sur le net. Tout de suite, j’ai placé nos détecteurs de virus en éveil. L’antivirus, l’anti fishing installés sont au niveau de la dernière version. Le grand jeux habituel, quoi. Aujourd’hui, tout a disparu. Je ne comprends rien. Plus rien. »

- « Es-tu vraiment sûr de la version de tes parapluies? » répondit-il, avec un sourire sarcastique aux lèvres.

- « Bien sûr et c’est ça qui est inquiétant. J’ai téléphoné à notre fournisseur car bien que la recherche de mise à jour ne donnait rien, je préférais m’en assurer. Quelle version as-tu, toi? »

- « Attends, je vérifie. Voilà, je l’ai : la 25.12 »

- « C’est la bonne. J’ai la même, pas de problème. Pourtant, je suis certain de ne pas avoir eu la berlue. Je vais revoir les listings de log. On verra bien si tout est normal. »

Un hochement de tête de Raymond mis fin temporairement à cette alerte passagère. Surveiller le réseau et surveiller encore, Patrick savait de quoi il fallait parler. Il avait communiqué son manque de sérénité à son collègue au passage. Il avait ainsi obéi au devoir de la maison. Travail d’équipe que ce service. Chacun sentait bien depuis longtemps qu’il était à l’étroit dans les effectifs.

Ce que Bernard et Patrick ignoraient c’est que le programme avait lui aussi détecté cette levée de bouclier. Il réagissait comme un humain, plus vite que lui, et se plonga en léthargie, à l’écart et près à se dupliquer. En même temps, un processus de ralentissement s’accroissait exponentiellement, s’était installé dans la machine de sa victime. La machine, dès lors, délivraient, progressivement et insensiblement, de moins en moins de Mips prévu par contrat avec l’achat de la machine.

Seulement un peu de processus perdu en pertes et profits, de temps en temps. Un “overhead” de plus, aurait pu penser l’anglophone expert qui résidait en Patrick.

Les varices au cerveau seraient pour plus tard, mais ils ne pouvaient pas encore s’en douter.

 

11 Commentaires sur ce billet

Le Panda Le 17 décembre 2007à 10h05min (commentaire N° 1)


@L’enfoiré,

comme de coutume les nouvelles se suivent et ne ressemblent pas. Merci de prendre notre Guy et cela je te l’ai dit à diverses reprises:”Trop de trop” tue toutes les “meilleures choses tel que ce roman.

Nous n’avons pas le temps de commenter que voici un nouveau qui surgit, c’est dommage pour le délit de commenter.

Alors pour celles et ceux qui le souhaitent il reste la possibilité d’imprimer et de lire, mais c’est dommage car c’est l’opinion d’un “emmerdeur” que je suis de savourer avec délectation le fruit de ton génie :P

A bientôt pour ton “constat” et bonnes réponses” à quand ce compte de noël que j’ai commencé et ton coup de patte.

Le Panda félinoux :roll:

Patrick JUAN

 


lenfoire Le 17 décembre 2007à 10h31min (commentaire N° 2)


Panda,

Comme toujours, il y a lecteur et lecteur. Certains ne commencent à lire qu’après des jours et des jours d’absence, parfois, par période de fatigues d’autres choses et veulent alors, s’en foutre plein la vue.

D’autres n’ont jamais le temps, toujours chassés par autre chose qui est toujours plus important que de lire.

Un roman n’est pas un blog ni une mignone bloguette.

Si tu laisses trop de temps entre les épisodes, les lecteurs en oublient le fil et c’est alors que cela devient catastophique.
Je te dis que la trame, car j’en suis l’auteur, n’est qu’à son début. Le fin du fin est bien plus tard. L’idée philosophique d’ensemble, car il y en a une, est cachée tout au bout du chemin.

Pour y arriver, je devais passé par une séries d’épisodes de mise en appétit et surtout placer mes “pions”.

Il me semblait qu’un rythme de 2 à 3 épisodes convenait.

Tu as déjà lancé un commentaire pour “scanner” l’opinion des lecteurs. Seul Le Chat a répondu et la période de Noël lui convenait si j’ai bien compris.

Comme tu vois, un lecteur peut en cacher un autre.

Cet eBook découpée en épisode plutôt qu’envoyé d’une traite, était un test d’aptitude à la blogosphère. C’est peut-être une erreur. Qui sait?

Mais je me rallie toujours à la majorité des idées.

 


Le Panda Le 17 décembre 2007à 11h17min (commentaire N° 3)


@L’enfoiré,

j’en ai justement discuté avec le Chat ce matin par tél il rejoint en partie mon point de vue.

C’est la même chose pour Olivier nous n’avons plus le temps enfin en ce qui me concerne de commenter Ses articles qui sont bons et avec un fond crédibles.

Je reviens à l’idée dont nous discutons depuis plus d’un an, je pense que 2, voir 3 articles semaine ou décade serait un bon rytme. Pourquoi? Simple question de logique, merci de ta réponse, mais à quel moment pourra t-on lacher la “meute” des rédacteurs qui sont en attente.

Je crains que tout comme la qualité de ton roman ne souffre aucun doute, il sera trop “dur” de gérer un tel ensemble et les voulants entrés ne trouveront pas une petite “place” à présent dans la mesure ou tu me dises:”J’assume” j’envoies mais moi, je ne peux qu’aller à mon rytme.

Je veux dire par là, qu’il faut éviter de ce fair déborder et devenir une “usine” voila c’est ce que mon message explique peut-être mal, mais le fond est celui là.

Je sais que tu te rallie à la majorité des idées, mais pensons à celles et ceux qui attendent depuis plus d’un mois et merci de comprendre que je ne puisse tout gérer. Pour moi une “équipe” doit rester solidaire du pack, c’est simplement un point de vue.

Je ne suis maître de ma soupe qu’une fois que je l’ai mangé :roll: et encore.

Le Panda qui espére que ton probléme informatique est solutionné à priori sur ce que je lis oui.

A te lire,

Le Panda “emmerdeur”

 


LE CHAT Le 17 décembre 2007à 13h17min (commentaire N° 4)


@guy

juste une petite remarque , cet épisode est un peu court ,4 à 5 pages me semble plus adéquat comme format.

 


lenfoire Le 17 décembre 2007à 14h50min (commentaire N° 5)


Le Panda en mer, (non cherche pas, tu signes ainsi, à cette heure)

Je ne comptais pas accélérer plus 2 ou 3 épisodes par semaines. Tu peux compter.
Ce n’est pas une usine à gaz, n’aie crainte.
Jamais de théories fumeuses, seulement des idées construites dans l’absolue “possibilité”.

La remarque du Chat me parait intéressante.
Il est vrai que tous mes épisodes virevoltent d’un espace à un autre, d’un temps à un autre. C’est ainsi que je les découpe et qu’ils se trouvent parfois moins longs que les sacro saintes 4-5 pages.

Alors, je crois que je vais me limiter à 2 parutions dans cet espace temps, mais que quand le texte d’un chapitre sera plus court, je l’amidonnerai avec le suivant ou le suivant du suivant.
Le suspense n’en sera pas altéré et on garde la gente lectrice à l’éveil.

Okido?

 


Exsam Le 20 décembre 2007à 21h59min (commentaire N° 6)


L’Enfoiré,

Ton feuilleton change de l’actu, c’est sympa…
A mon avis pour éviter ces problèmes de temporalité dans la parution, tu devrais, de temps en temps, mettre un résumé du (des) chapitre(s) précédent(s). Mais c’est toi qui voit… ;)

ExSam

 


lenfoire Le 21 décembre 2007à 09h24min (commentaire N° 7)


Salut Exsam,

J’ai rallenti le rythme puisque, parait-il, il y a beaucoup de monde qui s’intéresse à autre chose.
Les vacances ont cela de positif.
Je vais encore en envoyé un demain et puis Vic, mon héro, prendrait ses congés d’hiver aussi.

Tu verras, je te fais un scoop: mon histoire se terminera dans la même période de l’année.

Très bonne idée, ce résumé. J’y penserai.

 


Exsam Le 21 décembre 2007à 20h08min (commentaire N° 8)


Salut l’Enfoiré,

Merci pour le scoop, j’appelle l’AFP.. :)

Si tu es capable de prévoir aussi finement la période où s’achèvera ton récit, c’est que tu l’as déjà quasiment terminé, non ?…:?:

ExSam

 


lenfoire Le 21 décembre 2007à 20h22min (commentaire N° 9)


Exsam,

Bien sûr qu’il est terminé mon roman.
Je ne suivrai pas le calendrier pour le sortir en décallé.
Il y a encore beaucoup de chapitres. Ne pas perdre l’haleine et la trame de l’histoire est le plus délicat.
Patrick m’a laissé entendre qu’il n’y aurait pas beaucoup de lecteur pendant les quinze jours qui suivent. Donc je freine un peu et au redémarrage, je suivrai ton conseil.

 


Gasty Le 23 décembre 2007à 21h27min (commentaire N° 10)


Il faudra penser à en faire un fichier PDF à la fin.

 


lenfoire Le 26 décembre 2007à 11h44min (commentaire N° 11)


Salut Gasty,

Je le fais actuellement épisode par épisode.
Il faudra rassembler tout cela par après.

A tous,

Pour suivre l’avis général, l’histoire reprendra son cours le 6 janvier.

Je placerai un résumé comme premier commentaire.

Bonne fête

 


 



Le Grand Maître virtuel (7 et 8)
Par lenfoire le 7 Janvier 2008

7) On s’inquiète aussi à la maison Poulaga

« Le temps n’est pas seulement le seul véritable ennemi de l’homme, c’est également et surtout son ennemi le plus sournois, le plus lâche. Et, bien sûr, le seul que l’on n’ait pas la moindre chance de vaincre » Jacques Sternberg

Le lendemain, un télex arriva sur le téléscripteur de la police anti-piratage sans attirer l’attention. Il ne fit que s’insérer parmi d’autres déjà présents sans attirer l’attention.

Patrick, agent spécial de la brigade, en avait l’habitude et aucune précipitation n’aurait pu l’inciter à le récupérer dans la pile.

Après un certain temps, il s’exclama en surprenant les autres:

- « Mais, qu’est-ce qu’elle a ma bécane? Elle rame de plus belle. Cette fois, j’en suis sûr. »

- « Tu n’en as décidément jamais assez de vitesse », rétorqua Bernard, son collègue le plus proche. Il continua par une réponse en rictus « Tu viens d’obtenir le processeur le plus puissant, *ingrat. Les deniers publics, qu’en fais-tu ? ».

- « Je t’assure que c’est nouveau. Jamais, je n’avais ressenti du plomb dans les connexions de mon PC. Il me semble que je traîne des casseroles dans mes circuits. »

Cette fois, Bernard fronça les sourcils et s’approcha intrigué.

- « Tu n’as vraiment rien chargé de nouveau récemment? », fit-il dubitatif pour répondre à un diagnostique naturel en de telles circonstances par réflexes conditionnés.

- « Rien. Depuis une semaine. J’en suis sûr », conclura Patrick presque contrit de ne pouvoir donner une réponse plus sensée à son collègue.

Bien que la conversation entre eux n’avait pas pris des allures trop exaltées à une altitude de voix exagérée, la porte du bureau du fond s’ouvrit et le chef, Donald, apparut.

- « Vous avez des problèmes? », s’enquit-il l’air inquiet.

- « C’est à dire qu’il me semble que mon Pc a pris un coup de vieux en moins d’une semaine et j’aime pas ça. A part hier, un léger soupçon que quelque chose d’anormal aurait pu se passer mais rien ne pouvait justifier un ralentissement », dit Patrick, décontenancé.

- « Je vous rappelle qu’il faut m’avertir immédiatement de toutes choses qui vous paraissent anormale », s’énerva-t-il sans plus.

Traduction littérale et instinctive pour tous les autres: « C’est à vous de prendre des initiatives et de frapper à ma porte pour me mettre au courant. Je suis votre supérieur direct. Il ne faudrait pas l’oublier. J’ai un maximum de contacts avisés qui me permettent de réagir avec efficacité. La sécurité, ça me connaît. Je suis là pour cela ».

La cerise sur le gâteau ou le sel sur la morsure aurait été : « Je vous ai donné toute ma confiance ».

Patrick, rouge, non de honte d’avoir mal agis, mais à cause de la surprise de l’attaque déguisée, répondit bougon:

- « Je ne vois aucune raison valable d’ameuter tout un département pour une question de soupçon personnel et de machine qui a décidé de prendre quelques vacances. »

Mentalement, ces derniers mots lui rappelait qu’il y avait bien longtemps qu’il n’en avait pas prise de vacances. Cette altercation aurait au moins eu cet effet rétroactif et bénéfique pour le moral.

Donald, mis sa fausse colère en sourdine, plus intéressé par l’objet de la discussion lui-même.

Objectifs et psychologie, les deux mamelles d’une direction bien enseignée. Il prit la bonne attitude et s’effaça.

- « Ne vous inquiétez pas. Je vais interroger la base de données pour voir si nous sommes les seuls à avoir détecté une anomalie. », répondit le chef conciliateur.

Il prit au passage la pile de télex qui avait gonflé lentement dans le bac de réception.

Une fois assis dans son bureau, Donald reprit le paquet de feuilles imprimées.

Dès la 4ème page, son attention fut attirée.

« Détection d’une présence anormale en machine, suivie d’un ralentissement constaté. Possibilité de virus informatique ».

Flash. La bile lui remonta dans la gorge et, d’un coup brusque, il se projeta sur la porte, fier d’apporter ses conclusions, trop content aussi de manifester de manifester son utilité.

- « Patrick », cria-t-il, sans s’en rendre compte, pour être entendu bien au delà des oreilles de l’intéressé, «vous avez ici la raison de votre problème », en tendant, du bout des doigt, le télex qui donnait raison à sa perspicacité. « Faites vite un « system check » et téléphonez à notre fournisseur d’antivirus », furent ses dernières paroles.

Le doute n’était plus permis. Une attaque virale nécessitant une comparaison avec une image de la situation du disque, initiale et saine, s’imposait. Il avait mis les pendules à l’heure et ne voulant pas envenimer la situation, retourna dans son bureau.

N’en menant pas large, Patrick s’exécuta.

- « Allo. Ici, la brigade anti-piratage de la police. Nous avons l’impression de subir une attaque virale de nos systèmes informatiques. Notre software de détection est mis à jour automatiquement. Version 25.22 depuis 6 jours. N’avez-vous rien de nouveau à nous servir? »

- « Non, vous avez bien la dernière version. C’est assez calme pour le moment. Période de vacances. Nous allons pourtant vérifier un peu plus et nous vous rappellerons s’il y a des nouvelles. Merci de votre appel et pour votre patience. »

Patrick raccrocha. Il n’était nullement rassuré pour autant. Si personne n’avait détecté quoique ce soit chez eux, on était mal parti. Deux impressions de piratage, ce n’est pourtant pas rien, se disait-il. Il n’avait pas rêvé.

Son enquête personnelle ne faisait que commencer mais il se faisait fort de découvrir ce qui générait l’inconvénient bobo de sa machine.

Quelques télex d’avertissement à envoyer aux collègues tout d’abord, après les grandes manoeuvres pour tâter le terrain.

Il faut aller vite car la contagion peut dépasser les frontières à la vitesse de la lumière et il le savait.

Il lança la validation simple de son système prévu par l’antivirus.

Après 10 minutes, il était fixé ou, plutôt, il aurait aimé l’être car aucun virus n’avait montré le bout du nez. Rien. Nothing. Nada.

Ca ce corsait, donc. Il fallait les grandes manoeuvres. Une vérification par comparaison avec cette fameuse image devrait lui faire découvrir le pot aux roses fanées ou du moins des indices.

Les signatures des fichiers sont les moyens les plus efficaces pour identifier tout intrus, se dit-il confiant.

Bernard suivait, du coin de l’oeil, l’excitation de son collègue dans ses agissements avec inquiétude. Quelle forme l’attaque allait-elle prendre? Les bonnes surprises, tout le monde les aime, mais les poissons d’avril en plein été, il y avait de la marge qu’un inspecteur ne peut franchir à l’insu de son plein gré.

Une heure de processing intense fut bien nécessaire pour arriver au bout de la comparaison signature par signature du début avec les actuelles.

Une liste de discordances de près de 3 pages avait été imprimée comme résultat.

Cela ne voulait pas dire que chaque ligne de la liste était suspecte. Bien au contraire et heureusement d’ailleurs. Seul, le potentiel de malversation existait dans ces lignes sans plus.

90% des différences s’expliqueraient facilement en fonction de l’évolution du disque et de son utilisation normale. 8% demanderaient de la recherche plus intensive. Et, au bout de la recherche, comme toujours, le prédateur identifié.

Patrick sentait que sa journée de travail allait être bouffée par l’opération « Monsieur Propre ».

Il valait mieux prévenir l’épouse qu’un retard dans le retour aux pénates, avait beaucoup de chance de se produire. Des heures sup, je vais pouvoir payer quelques petits cadeaux pour le gamin, se dit-il pour s’encourager.

Avant que quelque chose ait pu éveiller le déclic de l’alerte rouge chez les fournisseurs d’antivirus, il aurait eu le temps d’analyser la situation utilement. Une course contre la montre excitait son ego. Dans ce cas, le jeu de Colin-maillard ne lui déplaisait qu’à moitié. Le fournisseur d’antivirus avait déjà fait preuve d’un manque d’élasticité et de promptitudes.

Ce qu’il ne savait pas, et pour cause, c’est qu’il ne pouvait rien découvrir. A part, une comparaison octet par octet de tous les fichiers, rien n’aurait pu ressortir comme danger potentiel.

Le poids total des fichiers était rigoureusement identique. Donc, c’était « choux blanc » assuré en fin de parcours.

Certaines fonctionnalités, substituées sans laisser de trace, avec la perfection de Vic, il n’avait aucune chance. Le camouflage parfait.

Les heures passèrent. Pas de coup de fil salvateur. Pas d’« Eureka » à proférer en signe de victoire pour sa récompense.

Il avait l’impression de nager dans une eau troublée dont l’agitation n’allait jamais trouver de fin. La sueur au front participait dans le processus. Le stress prenait tout doucement le dessus en cassant son ego.

Pas de bouée de sauvetage et pas de port d’attache pour s’esquiver de sa tâche. Il avait demandé de rester seul et fier.

Penaud, déçu à une heure avancée, les collègues qui s’étaient esquivés depuis longtemps, un à un, sans oser le déranger, il fallait bien se résigner à rentrer chez lui.

La vexation produite par une vérification infructueuse était ce qui l’exaspérait le plus.

Demain, allait être un autre jour et pas nécessairement meilleur.

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8) Réflexions à rebrousse poil.

« Rêver est souvent une manière de compenser pour ce que nous n’avons pas ou n’osons pas. », Roch Carrier

« Non, par pitié. Non, laissez-moi. Je ne vous ai rien fait. »

De vilaines bestioles volaient au dessus de sa tête. En piqué, elles assénaient des piqûres douloureuses et infligeaient des cicatrices sur la peau dénudée de Patrick.

Celui-ci frappait à gauche et à droite, protégeant ses yeux aux mieux. Les oiseaux d’Hitchcock étaient des oiseaux de choeur en comparaison avec ces rapaces qui le déchiquetait de toutes parts.

Alors, il courra à toutes jambes droit devant lui sans espoir de reconnaître son chemin de retour. Il frappa encore un grand coup et un oiseau de malheur s’abattit à ses pieds. Il buta sur lui et essaya vainement de se rattrapper.

Sur un plan existentiel différent, il se sentit secoué et une voix rageuse vint à ses oreilles:

- « Arrête, réveilles-toi, tu es en sueur et tu me découvres. »

Le déclic fut immédiat. Il s’éveilla surpris de la moiteur de sa couche.

Il ne mit pas longtemps à revenir complètement à lui. Le coup que sa femme avait reçu sur le bras témoignait de la violence de son combat cauchemardesque. Une échymose prenait des allures bleuâtres du plus mauvais effet.

Elle acceptait déjà difficilement des nuits pendant lesquelles son homme s’évadait en ronflant à tue tête. Alors, prendre des allures de femmes battues ne lui plaisait absolument pas.

Le reste de la nuit, il resta éveillé et réflichissa dans la sueur.

La matinée, qui suivit, commençait manifestement très mal.

Sa femme lui rappela les péripéties de la nuit et lui fit ressentir son ressentiment, consentant jusqu’à un certain point, de manière bruyante et explicite.

Le petit déjeuner se déroula dans un silence noir. Beaucoup d’images, mais plus de son. Ce silence, il continua à le mettre à profit. Réfléchissant, des éclairs de logique lui permirent de sortir d’un état de torpeur qu’il détestait.

Et si ce n’était pas des fichiers exécutables qui torpillaient mon ordinateur? . Des virus polymorphiques, il en avait déjà entendu parlé sans en rencontrer d’acteur aussi parfaitement incognito. Qu’est-ce que j’ai accédé hier? Quels sont les fichiers d’informations qui me sont parvenus? Des fichiers PDF, de données parvenues par email ? Mais oui, c’est peut-être cela. En général, les virus se retrouvaient dans les programmes exécutable pas dans une forme anonyme et inopérante contenant des données. Et si cette fois, les choses avaient changé.

Il savait, cette fois, au cas où aucune nouvelle ne parvenait, à ce à quoi il allait destiner sa journée. Cela le rassura un maximum. Il allait débusquer l’intrus, la « bête », dans son trou. Il le fallait et il était décidé à y mettrait le temps mais cela n’était pas le problème.

Contrairement aux autres jours, il était pressé de regagner son bureau. Au diable, le patron, s’il s’avisait de proférer une remarque désobligeante. Aucune interférence à son plan de bataille ne serait acceptée. La veille, son épouse avait bien tenté de lui demander des explications à son mutisme rêveur. Sans succès. Son regard était resté impassible

La journée allait être faste en découverte, il le sentait intimement. Il n’avait pas tort. Elle allait se révéler bien en deçà de son imagination.

Encore une fois, il ne pouvait pas le savoir. S’il l’avait su, il aurait certainement préférer rester où il était.

Le lit a de ses avantages incontestables.

 

18 Commentaires sur ce billet

lenfoire Le 7 janvier 2008 à 23h28min (commentaire N° 1)


Résumé des épisodes 1 à 6 :

Nous avons fait connaissance avec Vic. Cet homme qui a tous les atouts dans son jeu vit deux vies en parallèle. Une, de jour, dans un travail qui fait partie de sa couverture, sur un projet en Intelligence artificielle. Une, de nuit, beaucoup moins standard. Internet lui procure, dans ces moments de solitude nocturne, une puissance par l’intermédiaire de ce qu’on appelle « malwares ». Alors, à l’autre bout, on va bientôt se questionner. Virus ou faux virus ?

Suite à l’écran…. 2 épisodes pour le prix d’un.

 


liberty Le 8 janvier 2008 à 16h00min (commentaire N° 2)


@ L’enfoiré

Quel bonheur que de s’accrocher pour résoudre une énigme informatique .
C’est avant tout un challenge personnel et le cerveau travaille toujours plus ailleurs que devant l’écran …

Le réveil nocturne afin de tester une idée venue des bras de morphée et toujours la même morale à la fin, quand on veut on peut …

Liberty

 


lenfoire Le 8 janvier 2008 à 18h19min (commentaire N° 3)


Liberty,

Mes pions se mettent en place, doucement. Ca va bientôt se corser. :mrgreen:

Je crois que je vais continuer à cumuler 2 chapitres par publication. Il faut garder le suspense.

 


LE CHAT Le 8 janvier 2008 à 18h22min (commentaire N° 4)


ça va être mon challenge de lire tout ça ce soir !
à demain !

 


Le Panda Le 8 janvier 2008 à 20h25min (commentaire N° 5)


@ L’enfoiré,

tu es sur que c’est un virus :?: dans la bécane de Patrick, moi je dis non….

Ce sont des Pralines made in belgium de malversations à plus du prédateur monsieur propre à 98% qui sont attendus :roll:

L’antivirus et les octets ne font de des KO :mrgreen:

Ecoute tu verras la voie sublime s’arrête même sur le mot faim :P

Le Panda sans virus

 


lenfoire Le 8 janvier 2008 à 20h35min (commentaire N° 6)


Le Panda,

Là, je crois qu’il y a virus ou un bug dans le système. Voilà que la bécanne commence à boucler sacrément. Faudra avertir l’ingénieur système, je suis sûr qu’il y a le processeur qui fait une virée. Sarko et Verhofstadt, l’ont dit “les caisses sont vides”.

http://www.lesoir.be/actualite/france/sarkozy-defend-sa-politique-2008-01-08-570215.shtml

Mon texte suivant va t’en parler.

 


Le Panda Le 8 janvier 2008 à 20h48min (commentaire N° 7)


Carla et Sarko, c’est du sérieux
Nicolas Sarkozy a affirmé que sa relation avec l’ex-mannequin italien Carla Bruni était « du sérieux », laissant entendre qu’un mariage était probable mais que la presse ne l’apprendrait sans doute que « quand ce sera déjà fait ». « Vous l’avez compris, c’est du sérieux ». « Mais, ce n’est pas le Journal du dimanche qui fixera la date », a-t-il ajouté en référence au journal qui vient d’affirmer qu’un mariage était prévu le 9 février. « Il y a de fortes chances que vous l’appreniez quand ce sera déjà fait », a-t-il ajouté, en précisant qu’il parlait aussi au nom de sa compagne. M. Sarkozy, 52 ans, qui a divorcé en octobre d’avec sa seconde épouse Cécilia, affiche depuis mi-décembre sa relation avec Carla Bruni, 39 ans. Ils viennent de se rendre ensemble en Egypte et en Jordanie lors de brèves vacances très médiatisées. « Avec Carla, nous avons décidé de ne pas mentir. Nous ne voulions rien instrumentaliser mais nous ne voulions pas nous cacher », a-t-il dit, alors qu’une partie de la presse l’accuse de mettre en scène sa vie privée pour masquer certaines difficultés de sa politique notamment économique. Le président français a estimé qu’il s’inscrivait « en rupture avec une tradition déplorable d’hypocrisie » des précédents présidents français, en faisant notamment allusion à l’ancien président socialiste François Mitterrand (1981-1995) qui a longtemps caché l’existence de sa fille Mazarine née hors mariage. Carla Bruni et M. Sarkozy avaient affiché leur relation en se rendant mi-décembre au parc Eurodisney près de Paris, où ils s’étaient laissé photographier. Leur relation fait depuis la Une de la presse. L’annonce d’un probable mariage intervient moins de trois mois après le divorce de Nicolas Sarkozy et de sa seconde épouse Cécilia, après onze ans d’un mariage passionnel. Premier divorcé élu à l’Elysée (il avait déjà connu un divorce), Nicolas Sarkozy est également le premier chef d’Etat français à avoir divorcé pendant son mandat. (D’après AFP)
APPREND ce texte par coeur et tu verras que les “caisses” ne sont pas vides.

Sarko et ton 1er je m’en tappe je ne veux pas du virtuel, je veux des pralines made in belgium, je crois que je vais devnir importateur et t’en envoyer tu en veux :idea:

Le Panda bourré hic :D d’idées mais j’attends les chocolats

 


LE CHAT Le 9 janvier 2008 à 11h15min (commentaire N° 8)


@L’enfoiré

fait gaffe y’a un virus qui transforme le chocolat
en M…. comme la truffe en chocolat de Stifler dans American Pie III …..

 


lenfoire Le 9 janvier 2008 à 11h30min (commentaire N° 9)


Le Panda et Le Chat,

Que je suis content. Que le monde me semble moins dur.
Les caisses ne sont pas vides.
Quand est-ce que Sarko viendra en Belgique?
Il pourrait en rapporter des pralines aux petits français et nous faire des affaires florissantes.
Carla n’a-t-elle pas brunit par le chocolat?
Ah, non, c’est en Egypte. Et là-bas, le chocolat, c’est pas vraiment ça.
Alors, on attend, petits belges, cette venue, le mariage, peut-être, sous l’atomium. Ce ne serait pas la première ou la dernière. Mais attention, elle pourrait probablement en attraper sur la truffe. Du moment, que ces grosses boules, on en attrappe pas sous le menton, bien sûr.
En attendant voici des adresses http://www.godiva.be/franchisees_fr.asp
Faudra se presser car cela prend des odeurs de loukoum.

 


LE CHAT Le 9 janvier 2008 à 13h15min (commentaire N° 10)


@l’enfoiré

je suis en train de me régaler d’un ballotin léonidas rempli d’écorces d’oranges confites enrobées de chocolat noir ! je vais encore devoir aller éliminer en courant autour de l’étang de l’estomac !

 


lenfoire Le 9 janvier 2008 à 13h28min (commentaire N° 11)


Le Chat,

Je peux imaginer. J’en ai très souvent dans le frigo. Mais c’est loin d’être les meilleurs. Godiva était selon la pub “la rolls Royce de la praline”. Ce n’est pas pour rien que 850 millions de dollars.
Voilà l’histoire:
lien

Mais si tu regardes mes images de mon article “Home sweet home” nous avons encore beaucoup de ressources.

 


LE CHAT Le 9 janvier 2008 à 16h18min (commentaire N° 12)


j’aime bien ceux ci
http://www.jeffdebruges-cholet.com/images/jeff-de-bruges.jpg

mais j’aime aussi ça !
http://www.meo.fr/ECSupload/108/produit/108-babeluttesmetalM.jpg
et aussi ça !
http://www.verquin-confiseur.com/upload/produit/visuel/pastilledumineur.jpg

 


lenfoire Le 9 janvier 2008 à 17h48min (commentaire N° 13)


Le Chat, C’est pas trop mes trucs. Mais je peux parfaitement comprendre. C’est étudié “pour”.
Les babeluttes, c’est plutôt à la mer du Nord que cela se consomme. Blankenberg ou Ostende, par ex. Je viens de faire un sacrilège. J’ai pris une “Mon chéri” du frigo. :lol:

Tiens devine: “Qu’est-ce qui a entre un Ostendais et une Ostendaise?”

 


Le Panda Le 9 janvier 2008 à 17h57min (commentaire N° 14)


@ L’enfoiré,

j’ai gagné un kg de pralines j’ai trouvé :roll:

Il y a deux “e” d’écart Youpiiiiiiiii

Le Panda Trouveur :mrgreen: ne me dis pas non mon Chéri ou je TE met au frigo

 


Le Panda Le 9 janvier 2008 à 18h00min (commentaire N° 15)


@Le CHAT,
Tes trucs à courir l’étang j’en veux plus…une fois m’a suffit :mrgreen:

Le Panda pas coureur

 


lenfoire Le 9 janvier 2008 à 19h14min (commentaire N° 16)


Et ma question (13)?

 


LE CHAT Le 10 janvier 2008 à 12h38min (commentaire N° 17)


Je passe ma langue à moi même !

 


lenfoire Le 10 janvier 2008 à 15h02min (commentaire N° 18)


Réponse pour la question (13),

“un os tendu”

 


 



Le Grand Maître virtuel (9 et 10)
Par lenfoire le 15 Janvier 2008

(9): Desseins « Bleu réseaux »

« On méprise les grands desseins lorsqu’on ne se sent pas capable des grands succès. », Vauvenargues

Ce matin-là, Vic se senti vraiment frais et dispos. Il y a des jours où on se sent pouvoir faire des miracles. Le sommeil avait été profond et réparateur.

Rien n’avait imposé une veille prolongée et il s’était couché de relative bonne heure. Son esprit avait pour l’occasion, fait le vide. Ses neurones rafraîchis étaient prêts à donner un maximum d’efficacité alliée à son imagination fertile.

Il restait toujours surpris de l’attraction que l’argent manifestait pour ses semblables. Il aimait l’argent, oui, mais pas pour les mêmes raisons. Il en avait sur plusieurs comptes locaux ou étrangers prêts à donner le coup de pouce nécessaire en cas de besoin dans sa « petite entreprise parallèles ». Mais ce n’était pas là qu’il fallait rechercher ses motivations et convictions.

Le jeu, lui, aurait pu, peut-être, mieux entrer dans ses cordes, mais il n’aimait pas perdre ni compter sur le hasard comme entremetteur. L’argent symbole de pouvoir était sa pensée comme une abstraction déplacée dans la virtualité et qu’on ne matérialise dans le tangible. Il était devenu fictif, représenté par une seule écriture comptable sous la ponctuation d’un clic et d’une souris en balade sur l’écran.

L’art du haut vol, style Arsène Lupin avait existé dans le monde d’avant. En ce temps, on allait sur les lieux du forfait. La modernité et le virtuel apportaient seulement de nouvelles voies bien plus efficaces.

Le rêve, il le réservait en fin de compte aux autres. Il n’y avait que lui pour savoir qu’en finale, il se terminerait en cauchemar pour les tiers. La sonnette d’alarme pour le client était devenue trop peu opérante par l’aveuglement de la rentabilité. Face à la facilité apparente de doubler une fortune dans un laps de temps anormalement court, la résistance est toujours minimale. L’interdit attise la motivation dans ces transactions de dupe. Une fois, la supercherie découverte, le client reste tellement imbriqué dans le jeu de la perversion qu’il ne pourra que mollement sortir du pétrin dans lequel il s’était glissé de bonne grâce.

Au bureau, Vic ne pensait plus à cet état de la fragilité humaine. Son esprit s’était mis à fonctionner en multiprocesseurs.

D’un côté, le projet pour lequel on le payait généreusement et de l’autre, l’extension de son entreprise nocturne qui manifestement ne connaissait pas la crise et qui nécessitait de plus en plus de temps.

Le problème, c’est que, pour être efficace, il aurait fallu une aide supplémentaire.

Quelqu’un de confiance se construit avec le temps.

Durant la journée, de nouvelles idées lui vinrent à l’esprit.

Le projet « Autoscan » de la Société, même si les instances supérieures en avaient coupé un bout des ailes, demandait un degré d’urgence bien plus important qu’il n’y paraissait. On s’impatientait en haut lieu.

Des appel d’offres avaient été lancés sur Internet et des CV commençaient à entrer plutôt péniblement. Le recrutement avait été assigné à Gérard pour les premiers contacts et à Vic pour la partie plus technique des interviews.

A partir de 10:30, il avait deux interviews planifiées et il se disait secrètement que si l’un d’entre eux ne convenait pas mais qui exprimait une motivation suffisante pour le gain, il pourrait lui proposer une place pour un ‘ami’ embaucheur. Celui-ci aurait naturellement été en voyage et difficilement joignable. Vic, représentant, serait là en agent recruteur.

Son plan personnel devait seulement éviter certains risques.

Découper le travail sans en dévoiler la structure dans son ensemble, allait occuper son esprit jusqu’à l’heure des interviews.

A 11:35, le premier se présenta. Un manque d’expérience était son plus grand défaut. La décision finale ne lui appartenant pas, il cotait les prestations dans une échelle de 1 à 10. Il termina l’échange assez vite par un immuable « On vous écrira ». Cote: 4/10.

Le second fut en retard et s’en excusa par les transports en commun trop peu fiables à son goût.

Son problème personnel vis-à-vis de RobCy résidait dans son éloignement. Un absentéisme physique rédhibitoire et caractéristique n’allait pas plaire aux supérieurs de la société.

Il correspondait par contre très bien au profil que Vic cherchait.

Il embraya donc tout de suite en lui présentant le stratagème qu’il avait mis en boîte quelques heures auparavant.

Jeune et malgré tout plein de talents et d’expériences en informatique, c’était indéniable. Il avait répondu aux questions comme s’il s’agissait de répondre avec assurance aux questions que le film de la veille à la télé avait laissé en suspend. Il avait des atouts que Vic avait ressentis dès le départ. Il n’avait pas seulement des connaissances théoriques apprises dans les bouquins, il avait su lire entre les lignes du savoir par l’expérience et la réflexion. Ne pas pouvoir se rendre au bureau très facilement importait peu pour le travail que Vic lui proposerait à titre personnel. Il trouvait que c’était même un atout majeur car il n’avait pas de bureau à lui proposer. Son plan imposait un employé à domicile. Les communications type internet, téléphone, mail relieraient le tout. L’aspect ‘intelligence artificielle’ stipulé dans l’annonce pouvait être une lacune et un point faible aux yeux de RobCy. Pour Vic, c’était le cadet de ses soucis avantageusement remplacé par son besoin de travailler le plus rapidement possible.

Sa place ne sera donc pas à RobCy mais chez Vic & Co. Il le fit ressentir à son jeune interlocuteur. Il lui fit comprendre que son « ami » lui avait laissé les coudés franches et qu’il pouvait considérer se sentir engager. Une signature fut même présente dans la conclusion de ce pacte mi-présent, mi-absent pour la deuxième signature fictive de l’ami absent.

Dès la semaine prochaine, Vic reprendrait contact. Tout avait été dit. Une poste restante fut proposée pour faire l’échange de matériel, son adresse privée comme lieu de rendez-vous une boîte électronique pour les contacts de confiance. Plus tard, d’autres portes pourraient s’ouvrir mais on n’était pas encore à ce stade.

La journée avait décidément bien commencé. Vic avait son aide, son Pygmalion. A lui de répartir intelligemment les tâches sans éveiller les soupçons dès le départ.

De cela, il n’avait pas trop de crainte. Pour un informaticien, scinder un projet en blocs fonctionnels, cela s’appelait dans le jargon « Couper un projet en « objets » ou en boîtes noires (’black box’) ». Il suffisait de les rendre un peu moins noires en les réunissant progressivement. Mais, cela restait une tâche d’un chef d’orchestre. Vic en avait la carrure intellectuelle.

L’expérience naissait avec la première fois. Tester faisait aussi partie de la panoplie de l’informaticien.

————————

(10): Préparation de la délégation.

« On peut déléguer des tâches mais pas les responsabilités. » Yannick Therrien

La nuit suivante, une excitation supplémentaire occupait l’esprit de Vic. Il avait écourté ses obligations quotidiennes au bureau. De ce côté, cela devenait de la véritable routine bien huilée.

Lundi soir, prochain, il y aurait le retour programmé des informations récoltées par son fameux programme espion: le « MoneyScan ». Pendant la semaine, le rôle de Vic se limitait à répondre aux emails en restant le plus possible masqué par pseudo interposé. Plusieurs courriers avaient attiré son attention et lui confirmait que le processus de boule de neige était en marche inexorablement.

Plus efficace que le bouche à oreille, Internet avait des ressources insoupçonnées et écourtait de manière drastique les échanges d’informations.

Dans le lot d’informations, il était clair pour le nez fin de Vic que la plupart manquait d’intérêts. Cela n’avait aucune importance. Il s’agissait de correspondances style donnant-donnant en tâtant le terrain à la base. Uniquement les questions-réponses créait le progrès pas la question. Dans ce cas, il y mettait immédiatement fin et le silence radio. S’il avait le temps, en gros, il ne fallait pas que ce soit en pure perte.

Cinq adresses Internet tournantes qu’il utilisait comme vitrine de son activité, pardon comme écran, avaient bien servi ses desseins. Bien utilisées et usées, il était souvent judicieux de sentir le moment propice qui sonnait l’abus. Le sentiment de l’arrivée de moment n’avait aucune alerte bien précise. Une faible sonnette par l’expérience tintait alors, seulement pour avertir de la fin de la récréation. Alors, il les fermait tout de go et en ouvrait d’autres plus fraîches avec une apparence semblable mais en s’efforçant d’éliminer les traces qui menaient à son repérage.

Pour vivre heureux sur la toile, il fallait, plus que partout ailleurs, vivre caché et se découvrir juste un peu moins que le temps nécessaire.

Hors, les outils modernes “sociaux” comme on dit, allaient à contre sens. On aime se montrer, se définir plus qu’il ne faudrait. On tombe en adoration de son image, même. On aime les précisions. Pour ce faire, pas de limite, du moment que l’autre pourra catégoriser son interlocuteur. Le narcissisme plait. “Etre la plus belle pour aller danser” se fait désormais sans bouger. Alors, on entre dans l’intimité de ses avoirs. On veut trouver l’âme soeur. C’est tellement pratique avec Internet.

Cela c’était le des fonds de commerce de Vic par excellence : user de l’ego.

Pour se donner de l’entrain et de l’imagination, il alluma la chaîne haute fidélité connectée à son PC. Une musique douce de Mozart emplit la pièce de toute part en octophonie. Cette douceur ne tranchait qu’en apparence avec la fougue de Vic. Le calme musical lui donnait la pincée nécessaire à son envie d’inventions. Les notes emplirent l’espace réduit de ce bureau futuriste de manière tellement anachronique. Vic aimait être entouré de notes douces dans le régistre classique. Ces moments de douceurs lui permettaient d’extraire le maximum de lui.

Il n’était désormais plus seul en piste. La priorité résidait dans le partage et les attributions de la charge de travail. Il fallait que tout paraisse normal dans les normes des pratiques de relation entre chef et exécutant. Laisser transparaître une odeur de sainteté sur les tâches distribuées était la règle de conduite prudente. Transgresser cette loi demandait la préparation de l’antidote.

Très méthodique, il créa un tableau dans son tableur. Une colonne pour les fonctionnalités, une autre pour le degré de risque, un autre encore pour décrire le processus adopté et une dernière avec artifice pour endormir les soupçons les plus subtils. La gradation dans les réparties était à imaginer avec le maximum de détails.

Les étapes en lignes ne manquaient pas. Ce travail de répartition était fastidieux mais, pour lui, absolument nécessaire. Le degré de difficulté des tâches et l’urgence des tâches entrèrent en fin.

Une organisation du travail claire à l’avantage de diminuer le stress.

Presque en même temps, le nième CD arriva en bout de course et la musique s’éteignit.

Un esprit plus va-t-en guerre était plus propice. Du Wagner, lui vint tout de suite à l’esprit. L’ouverture des Maîtres Chanteurs s’adaptait parfaitement à l’instant solennel.

De retour à sa feuille de travail, il la tria par degré de dangerosité vis-à-vis de l’extérieur.

Du degré 1 à 5, il pouvait déléguer la tâche. Au dessus, pas question de sortir de la pièce sans risquer d’éveiller un esprit trop inquisiteur. Il se les attribuait.

Le sort en était jeté. Il savait qu’il fallait joué serré. Travailler à deux a toujours demandé du doigté pour un chef d’orchestre dont les membres ne peuvent connaître qu’une partie de la partition. Le nouveau « clarinettiste » allait devoir jouer en finesse sous sa fine baguette. Jamais, il n’avait imaginé que cela s’harmoniserait aussi bien qu’avec la musique.

Battre la mesure, faire la composition et l’orchestration, il s’attribua ces tâches plus à sa propre mesure. La composition de cette musique devait donner un duo corrosif et très productif mais style “allegro” mais jamais “furioso”.

Le travail accompli, il n’eut aucune peine à s’endormir du sommeil du juste.

Enfin « juste ». Faut s’entendre sur les mots: du côté pile, bien entendu.

 

3 Commentaires sur ce billet

Le Panda Le 15 janvier 2008 à 22h31min (commentaire N° 1)


@L’enfoiré,

T’as mit mon cerveau dans ton ordi, je commence à comprendre ton talent :mrgreen:

Le Panda objectif, non ordinateur figuratif

 


lenfoire Le 16 janvier 2008 à 09h13min (commentaire N° 2)


@Panda,

Je l’ai dit quelque part. Un thriller peut en cacher un autre.
Comment réaliser les choses les plus difficiles avec le plus d’efficacité demande une précision stressante en leitmotiv. Peu importe dans quel secteur. Le bon ou le mauvais.
Cet un état d’esprit qui fait réussir, pas de l’à-peu-près.
La mise en place et l’analyse coûtent plus cher que la réalisation.
Le stress se compense sans partage avec l’exutoire personnel.
Nous allons le voir dans l’épisode suivant.

 


Le Panda Le 16 janvier 2008 à 11h30min (commentaire N° 3)


Ok, L’enfoiré,

J’attends et tu verras que je ne me trompe pas tant que cela

L’état c’est toi moi les autres, l’esprit je ne lui trouve qu’une communication l’humour tranquille et le côté du forum je l’aime de plus en plus :P

Le Panda gourmand de bonne lecture véridique….

 


 



Le Grand Maître virtuel (11 et 12)
Par lenfoire le 19 Janvier 2008

(11): Le piège découvert piégé

La mouche qui veut échapper au piége ne peut être plus en sûreté que sur le piége même.”, (Georg Christoph Lichtenber)

Il en avait entendu parlé mais ne voulait pas y croire.

Tout ordinateur moderne s’enlise dans les télé-chargements de plus en plus nombreux. Il le savait et était préparé et formé pour contrer les situations les plus dangereuses. L’utilisateur lambda, lui, n’aurait évidemment pas pris la peine d’aller aussi loin dans la surveillance. Cette idée de “cachette surprise” frisait vraiment la perfection, Patrick devait le reconnaître. Il était fier de s’être mis au niveau de cette perfection. Cela n’allait pas se passer comme il le pensait encore une fois.

A la police, par contre, ces télé-chargements autorisés ne se comptaient heureusement que sur les doigts d’une main au cours d’une année. Charger les parapluies, les paratonnerres, oui. Pas la pluie ni le tonnerre.

Cela augmentait les chances de Patrick d’autant pour permettre à celui-ci d’élaguer, d’éclaircir un peu mieux le « comment ». Le « pourquoi », le « avec quoi » et « par quoi » restaient à découvrir.

La police ne disposait pas encore d’un programme de détection aussi perfectionné que celui de Vic. La science fiction avait été dépassé par la réalité dans la passion de la perfection. De cela Patrick ne pouvait pas s’en douter.

Le nom du fichier litigieux, Patrick s’en doutait, ne devait pas correspondre à rien de fâcheux. Chercher ce qui était nouveau et normalement découvrir le pot aux roses.

Son réflexe automatique en tant qu’utilisateur averti, lui fit perdre pourtant des points dans l’échelle de la perspicacité.

Le problème fut vite identifié. Il détruisit, aussi vite trouvé, le fichier de tous les dangers. Il se réfugia dans la poubelle d’attente. En attente d’une analyse par un service compétent. Le fichier du purgatoire pourrait-on dire.

Une fois le ravage opéré sous sa forme virulente initiale, les fichiers de données, en faux frères, se métamorphosaient, s’endormaient avec une extension sans intérêt pour tout programme sensés les éradiquer et s’infiltraient dans un directoire de repos caché non prévu par l’usage habituel.

Ce qui était programmé de base se mit en marche très normalement. En détruisant le virus, l’infection s’autoregénéra avec un nom tout neuf et une location résidente totalement différente.

En plus de cette résurrection instantanée, une écriture d’une petite note dans un log se mémorisa et prêt à avertir qui de droit ou plutôt qui de pouvoir.

En plus, Patrick n’avait rien éradiqué du tout en agissant de la sorte. Il perdait en plus une chance de refaire avec facilité l’opération une nouvelle fois par la suite. Un coup de l’arroseur arrosé moderne.

« Un sous-marin coulé » aurait scandé triomphalement un joueur de combat naval. C’était plutôt un jeu de l’oie. Par le décompte d’une unité, c’était un retour à la case départ.

Un raté, de plus. Patrick l’ignorait encore à ce stade. Le sommeil avait repris ce virus.

Malheur à l’expert qui n’a d’expert qu’au nom de l’expérience et pas de l’imagination.

En réutilisant le fichier, plus tard, sans meilleur protection, il allait s’infecter à nouveau, fortifié, avant de remourir dans le cimetière des fichiers virtuels.

A tout hasard, Patrick compléta son rapport et envoya ce fichier de malheur à un expert qu’il connaissait chez le fournisseur « Antivir » avec mention spéciale et tête de mort pour faire vrai sur l’étiquette.

Il respira mieux, le travail accompli.

Le bonheur allait, comme on s’en doute, n’être que de courte durée.

Chacun sait que le futur doit toujours garder son effet de surprise intact pour apporter le piment à la vie. Encore, fallait-il ne pas être trop sensible.

Les pièges du Grand Maître ne faisaient que reprendre du souffle. Un pas en arrière pour mieux sauter.

————————

(12) Repos programmé.

Quand le mort repose, laisse reposer sa mémoire ” Ben Sira

Le week-end qui suivit, Vic s’octroya quelques vacances dans sa deuxième résidence à Malte. C’était sa contrepartie à sa rigueur. L’exclusive contre l’exclusive.

Il avait réservé une place en première dans l’avion de ligne. Il restait toujours loin de tous touristes qui devaient pulluler en cette saison.

A bord, comme reflex, il sortit son portable comme il avait deux heures devant lui. Pour avoir déjà subit son ‘non’ catégorique, l’hôtesse ne le dérangea plus. Le champagne, oui. La conversation, même avec le beau sourire, il valait mieux chercher ailleurs.

Il aimait le côté monotone du bruit des réacteurs. Les nuages qui défilaient par les hublots n’eurent d’ailleurs aucune chance d’attirer son regard blazé, l’espace d’un coup d’oeil. Le temps passa vite perdu dans des plans machiavéliques mais rêveurs.

A peine, les derniers rivages de la Sicile s’estompaient que l’avion commença à descendre précédée d’une voix douce l’annonçant dans un laïus parfaitement rodé.

Il jeta le premier regard vers le hublot, par habitude.

L’île de Malte apparut très vite. Toute petite, au départ et s’accompagnant de ses deux alter ego bien plus petites encore. D’abord, au centre, la ville de Mosta avec son dôme en téton apparut derrière le hublot sur la colline qui surplombe le reste de l’île. Bien vite, cependant, la capitale maltaise, La Valette apparut tel qu’un vaisseau de pierre calcaire doré. Fier, cet esquif pierreux fendait les eaux bleues de la Méditerranée surplombées d’un soleil en pleine forme. Cette impression, décrite dans les guides touristiques, restait inchangée comme une ville endormie depuis sa fondation depuis trois siècle. Cité bâtie par des grands et pour des grands gentilshommes qu’étaient les chevaliers organisés en guilde. Dirigée en alternance par ces Chevalier de l’Ordre de Saint Jean en provenance de tous les horizons de l’époque. Vic aimait leur histoire. Rejetés de Jérusalem et de Rhodes, ses héros avaient dû défendre leur existence par des effets d’armes de hautes gloires. Le fort de Saint Elme protégeait encore la ville et le port de bateaux en provenance d’orient et d’occident. Cet éperon rocheux trouvait une harmonie avec des rues rectilignes, en croisillons équerres parfaits pour apporter le rationnel au service de leur stratégie. Vic aimait cet esprit de rigueur.

Miniature pour un habitant de San Francisco, La Valette avait ses rues plongeantes dans la mer. De multiples clochers confirmaient la piété toujours respectée par les habitants.

Atterrissage rapide. Pas de bagage. Dédouané, il se retrouva à l’extérieur de l’aéroport.

Les bus avec les ex-voto, les images de sainteté de couleurs vives apportaient l’exotisme au touriste qui pouvait le voir. Ce n’était pas le cas de Vic.

A destination, son maigre malette d’une main et son PC en bandoulière, il se dirigea vers le taxi le plus proche.

Sa villa ne se situait pas sur l’île même mais sur celle de Gozo, tout à côté. Il aimait transiter par la capitale médiévale ne fut-ce que le temps d’une courte promenade en taxi, à la recherche d’un bateau rapide. Toute adresse est tellement exotique, tellement bizarre qu’il valait mieux l’écrire sur papier que de la prononcer. L’anglais ne s’accordait pas encore à cette prononciation même si c’était la langue usuelle.

Marsaxlokk, la ville de sirocco, nom typique guttural n’était qu’un exemple parmi bien d’autres. Mais, cette fois, destination à pleine vitesse vers Gozo et Marsalform, station balnéaire principale, marina d’où la villa de Vic était visible, plantée pas bien loin à l’ouest.

La mer turquoise entourait cette ville plantée au bout de l’île comme un éperon.

Il venait se ressourcer comme dirait les touristes mais pas à leur manière classique. Les moments de cogitations viendraient plus tard. Il voulait se donner une parenthèse pendant ces quelques heures de repos.

Sur Gozo, le taxi se dirigea vers sa planque de second niveau. Autour, aucun voisin à moins d’un kilomètre à la ronde, les pieds dans l’eau.

Véritable mausolée dédié à la solitude ou cocon à l’épreuve des intrus. Il eut vite fait d’oublier la petite auto, le boulot par le dodo réparateur. Cette solitude, il se la considérait comme les moments privilégiés de la vie toujours en solo.

Lundi, comme toujours, il y aurait les heures supplémentaires tout aussi solitaires, mais c’était encore loin. Nous étions le week-end et il réussirait, c’était écrit, à passer des moments magiques.

Il devait repartir, comme toujours, en homme neuf avec des idées neuves et originales.

Sous le parasol, surtout, pour ne pas revenir avec un teint trop cuivré et devoir donner son emploi du temps avec trop de précision aux collègues. Expliquer quel banc solaire avait servi pour lui donner ces couleurs pain d’épice, c’était pas trop son truc. Il s’endormit.

Dans son rêve, il imagina Bill qui s’était payé une petite virée en ville avec sa dernière conquête. Sans insister, il avait proposé de multiples fois de se revoir pendant les week-end.

Bill ne comprenait pas pourquoi ce grand blond n’avait pas encore découvert l’âme soeur et pourquoi il ne dépensait pas plus pour profiter de la vie.

- « Tu es un ascète », lui répétait-il très souvent avec un sourire en coin. « Une petite bouffe entre copains et copines te ferait le plus grand bien du côté couleur », complétait-il dans le même temps frisant l’ingérence. Une grimace suivit de colère se peignait sur les traits d’un Vic toujours en visite chez Morphée. Il était presque près de bondir à la gorge de Bill.

En fait, ces idées-là correspondaient précisément à tout ce qu’avait Vic en horreur. Cela, rendait ce beau taciturne, inquiet et mal à l’aise.

Installé à dix mètres à peine de la mer, le léger ressac et son humeur irascible le réveillèrent.

Le réel était là. La crique à l’entour rendaient l’endroit idyllique. Les arbres n’étaient pas nombreux mais, donnaient par leur rareté une couleur tranchée à ce cadre paré de bleu vif. Le café turc ne fumait plus dans le petit verre devant lui préparé avant son someil.

Le regard vide, fixé sur la mer sans la voir, il lança sa vision intérieure travailler. Rêvasser et rechercher les idées au plus profond de lui-même.

Ses yeux photographiaient instinctivement le paysage dans sa rétine. Bien plus tard, il le savait, il n’aurait eu aucun mal à décrire avec précision le charme de l’horizon sans l’appareil numérique qu’il réservait à la ‘gent turista’.

Pour lui, le concret n’avait rien de vrai dans l’immédiat. Il ne le passionnait pas. Le virtuel était son terrain privilégié.

C’est alors qu’un déclic, qu’une idée géniale jaillit de son passé profond.

Étudiant, il y a près de 20 ans déjà, il avait écrit un programme en avance sur son temps qui permettait d’augmenter considérablement les chances de gagner en Bourse.

Son utilisation lui avait même permis d’arrondir substantiellement son maigre budget que lui concédait son père assez chiche avec lui. Une bourse apportait, chaque année, trop peu d’oxygène nécessaire. Il terminait toujours ces années avec distinction. Un investissement sur un futur très rentable, après coup, investissement sans reproche.

Vic, cartésien jusqu’au bout des ongles, avait brillé dans toutes les matières qualifiées de sciences exactes. Il le savait sans ostentation.

Les souvenirs lui revinrent par touches colorées de péripéties réussies ou ratées.

- « Comment s’appelait-il ce fameux programme? », se demandait-il mentalement.

Le mot « martingale » lui vint tout de suite comme le mieux adapté au mode de pensée « Vic » jeune adolescent.

Fébrile, il se plongea immédiatement sur son PC et orienta ses recherches par les voies nominatives et datées.

Le programme de recherche ne mit pas très longtemps à le trouver.

« Mais, c’est bien sûr ! », s’exclama-t-il presque tout haut « martagal.bas » un fichier en langage basic. Huit caractères maxima pour les noms de fichiers.

Il fallait maintenant se rappeler des fonctionnalités et des techniques.

Cela ne devrait pas me prendre trop de temps, pensait-il confiant.

Deux heures, plus tard, il en avait fait presque le tour. Quelques notes prises au passage, quelques bribes d’instructions, un organigramme et le tour était joué. Il en avait même évalué les faiblesses et les mises à jour qu’il fallait y apporter pour le remettre en piste. Le fond, la finalité et l’efficacité démoniaque étaient pourtant présents et intacts.

En gros, le look ne correspondait plus aux goûts du jour, comme seule obsolescence. Relooké, le programme aurait été bon car l’algorithme tenait toujours la route.

Les performances boursières devaient clairement être au bout du chemin. Un projet naissait déjà dans son esprit. Ce qu’il allait en faire se clarifiait plus il y réfléchissait.

Tout à coup, un réveil cinglant le ramena à des considérations plus terre à terre. La faim, insidieuse avait miné son corps trop penché vers les choses de l’esprit.

Un dernier ouzo bien frappé pour temporiser cette faim calamiteuse fut sa dernière tentative. Les cogitations primordiales devaient trouver un intermède et Vic connaissait le moyen de le réaliser avec les meilleures chances de succès. Dans son agenda, en place de choix, il y avait un numéro de téléphone du plus grand restaurant de l’île.

Dès la deuxième sonnerie du téléphone, une voix doucereuse retentit à l’autre bout à cheval dans un mélange d’anglais et de maltais. Le nom de référence qu’il donna eut la force de tous les sésames de la terre. Changeant alternativement de langue, partagé entre confusion et obséquiosité, cela prenait des accords de nouvelle langue tout à fait amusante.

Malgré sa présence rare sur l’île, son nom restait gravé dans le souvenir dans la mémoire des commerçants avisés.

Quand le taxi arriva, la nuit noire avait déjà envahi le ciel.

Le hasard fit que le taximan n’était pas inconnu non plus. Les bons pourboires avaient aussi donné, comme il se doit, une mémoire éternelle à son récepteur. Comme l’anglais n’avait pas eu l’heur de pénétrer ses neurones de grecs d’un temps jadis, le chauffeur eut une conversation limitée pour l’essentiel à des courbettes, des sourires d’une largeur sans pareil. Cela faisait sourire d’aise, Vic.

Le restaurant apparu dans le pare brise de la voiture. Un garde chiourme s’affairait autour de la Cadillac qui précédait. Le taxi de Vic s’avança lentement et à la vue de l’occupant, une réception « cinq étoiles » s’empara de sa personne. Le pourboire au taxi-man permit d’apposer une nouvelle couche indélébile aux souvenirs.

Un garçon tout de blanc vêtu à l’accent parfaitement british lui fut assigné pour le reste de la soirée par le maître d’hôtel. La grandeur de la carte n’avait d’égal que celle des montants qui suivaient une description à rallonge des plats servis. Un trio jouait dans un coin des notes internationales ou mêlées d’accent de bouzoukis pour meubler les oreilles les plus exigeantes de sons enchanteurs.

Le sommelier avait un faible pour les connaisseurs.

« Doctor Vic Vanderbist », comme il l’appelait pompeusement, amusait notre héro. Le sommelier jouissait avec son hôte en prodiguant les meilleurs conseils à son illustre oenologue.

La nourriture était somptueuse. Le repas dura bien plus que deux heures. Pas besoin d’ajouter qu’il fut à la hauteur de l’espérance des hôtes.

Le « Grand Veneur » savait reconnaître ses hôtes de marque.

Quand de petits extra en monnaie sonnante et trébuchante existèrent la note, les déférences n’eurent pas de pareil. Le « merci » était servi en toutes les langues connues.

Ce week-end d’exception, Vic perdait complètement toute obligation d’économie.

Il aimait l’île et l’île le lui rendait bien. Peu importait la dépense. Cela ne faisait pas partie des préoccupations du pouvoir des idées.

L’autre vie reprendrait bien assez tôt dès que la parenthèse serait refermée. Une minute, il voulait seulement la prolonger à l’extrême.

Il ne reviendrait pas les mains vides. Son nouveau projet remontait progressivement dans l’échelle des valeurs au niveau des grandes priorités.

L’ambition et réussir, Vic en avait fait sa religion.

Dieu, c’était lui. Pas besoin de tierce personne pour cela.

 

7 Commentaires sur ce billet

lenfoire Le 19 janvier 2008 à 11h07min (commentaire N° 1)


Après le suspens, un peu d’exotisme

 


liberty Le 21 janvier 2008 à 17h22min (commentaire N° 2)


@ L’enfoiré

Un PC sécurisé est un PC débranché et encore, c’est sans certitude ;)

Désormais Vic nous fait voyager, il a raison de dire que dieu c’est lui, dieu et le diable sont à l’intérieur de nous .

“Ne fais pas le malin le diable il est dans l’humain”

Liberty

 


lenfoire Le 21 janvier 2008 à 18h47min (commentaire N° 3)


@Liberty,

Ca va se corser. C’est promis. Je vais accélérer un peu la diffusion. Trois chapitres par publication. Il y en a de courts aussi. Je suis tes conseils, Liberty.

 


Le Panda Le 22 janvier 2008 à 09h30min (commentaire N° 4)


@L’enfoiré,

Te voilà sur le chemin de Damas :mrgreen:

Le Panda qui devient Rodin

 


lenfoire Le 22 janvier 2008 à 11h03min (commentaire N° 5)


Te voilà sur le chemin de Damas

En effet. Sur ces traces, les dames n’ont pas de mas.
L’enfoiré qui devient poète

 


Le Panda Le 27 janvier 2008 à 01h09min (commentaire N° 6)


@L’enfoiré,

Les dames nont jamais de mas

Elles ont de jolis bateaux :oops:

Avec de véritables mousaillons :P

Le Panda disposé à laver le Pont et le bastingage

 


Le Panda Le 27 janvier 2008 à 18h45min (commentaire N° 7)


@Tous et Toutes,

Je crois que vous avez presque tous, loupé deux choses la 1ere Carlo est, et reste mon Ami.

Donc j’avais “juste” besoin d’un break humain de 48 heures et à mon retour j’encaisse à juste titre ok c’est normal.

La seconde nous avons ouvert un Forum Interactif pour que vous puissiez poser vos questions à celles et ceux qui pensent représenter la France, l’Europe, le Monde de demain.

Ce travail est le fruit de toute l’Equipe que nous sommes pour démontrer que ce que nous faisons en dehors de nos échanges de leurs actions, voire des notres nous passionne.

Je n’ai pas vu une “seule” intervention de Rédacteurs ou tout autre Intervenants, pourtant il n’y a aucune obligation à s’inscrire. A ce forum, cela veut tout dire….

Avec l’Equipe nous avons posté sous le Pseudo:ADMIN PLUS DE 800 MESSAGES, aucune réactions de votre part que faut-il en déduire?

Sommes-nous donc au bistrot du coin à vouloir refaire le monde et rester des virtuels sans actions?

Devrais-je être le seul à le faire que je ménerais l’action.

Désolé, mes propos vous choquent non!!

Il faut démontrer qui nous sommes et surtout ne pas nous voiler la face en Comité restreint c’est pas ainsi à mon sens que nous ferons une communication objective et démocratique.

Dans la mesure ou certain(e)s se sentent visser c’est le sens volontaire de ce commentaire.

Il faut savoir construire quand le moment se présente et non quand les échéances sont passées.

Voila l’essentiel de ce que j’avais à vous dire à présent c’est votre droit ou pas de faire vivre ces élections qui ne sont pas uniquement que françaises, mais c’est le moment de poser des questions et de voir ce qu’ils ou elles sont capables de nous, de vous répondre.

C’est le rôle d’un forum-citoyen à mes yeux et c’est mon soucis majeur afin que l’on ne puisse dire ou écrire, vous aviez un outil de communication vous ne l’avez pas utilisé.

Bien nombreux seront celles et ceux qui diront mais nous n’avions pas compris.

Alors pardon que pour certains d’entre-nous nous prenions le temps de rire, pleurer, commenter l’actualité AU QUOTIDIEN, moi je ne veux plus je veux participer avec les moyens qui sont les notres.

A présent que chacun déduise ce qu’il ou elle souhaite, ce n’est qu’un aperçu du Citoyen du monde que je suis et Agora Vox que je ne voudrais que nous soyons jamais en volant les auteurs et commentateurs derrière une façade “commerciale” comme la majorité des politiques à qui nous crions dessus à longueur de journée, avec raison.
Alors AGISSONS…..

Alors montrez, exprimez vos questions et votre efficacité OU marquez votre acceptation de toutes les politiques sur les 5 CONTINENTS par votre silence.

Je ne pouvais à moi seul faire l’action de l’équipe “UN HOMME SEUL NE PEUT ET N’EST RIEN, SINON QUE LUI” et alors des diversitées que nous sommes. Faisons le ou taisons-nous…

Dans la mesure ou je me trompe désolé!!! Pas du tout de vous avoir juste un peu écorchés ou touchés en l’instant ou je rédige je l’ignore.

Le Panda le vrai, celui de toujours votre Ami Et surtout celui qui ne peuvent ou qui n’osent poser les questions à celles et ceux qui prônent le sens de LA LIBERTE.

Sommes-nous tous des lâches ou des inconscients, qui ne savent pas lire et ont juste le paisir de se faire lire??

Patrick Juan à qui vous pourrez dire nous n’avions pas compris, alors merci de ne pas utiliser cette phrase et agissons, nous sommes ce que nous sommes car nous agissons j’ose le croire.

Un Forum Citoyen Libre; à mes yeux à ma pensée dans mon coeur c’est ce que nous nous devons de faire comme première Action et non commenter la désinformation que l’on nous sert, Dans le cas contraire, merci de m’expliquer à quoi nous servons?

Montrer juste un peu plus que nous ne sommes pas restés sans réaction ou des faire valoirs de la sphére Internet que Certains osaient nommer 5éme Pouvoir, c’est le cas à ce jour et j’en suis navré pour le droit au respect de toutes les vies DE LA VALEUR EXPRESSIVE.

Que par nos questions et interrogations nous pourrions mettre en réserve pour savoir le laisser aux générations à venir comme la VIE QUI EST UN CADEAU.