LES EXPLICATIONS DU PRESIDENT DU FESTIVAL DU COURT METRAGE 2011

Commençons par une bonne nouvelle car elles sont rares dans cette période. Le problème qui nous a occupé pendant de nombreux mois est maintenant réglé. En effet, le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale, dans un jugement très équilibré rendu le 18 février 2010, a annulé le redressement notifié à l’association par l’Urssaf considérant notamment que « la relation unissant l’association aux bénévoles qu’elle recrute ne peut être qualifiée de relation de travail subordonnée ».

L’Urssaf n’ayant pas fait appel, le monde associatif a appris avec soulagement cette bonne nouvelle qui, nous l’espérons, fera jurisprudence. Bien évidemment, de la même façon que nous respectons l’accord passé avec l’Urssaf sous l’égide du Centre National du Cinéma, nous sommes toujours engagés avec d’autres structures du monde associatif auprès des pouvoirs publics pour faire reconnaitre et surtout sécuriser le bénévolat.

Et puis il y a le reste … l’an dernier, nous vous alertions sur la question de « la clause de compétence générale ».

Depuis, dans un bel élan d’union et de solidarité, le monde culturel a réussi à faire maintenir cette clause concernant la culture. Comme quoi la lutte paye ! Pas toujours, direz vous, en pensant à l’automne. Patience. Reste bien évidemment les collectivités, dont les ressources financières sont en baisse et les charges en hausse, pourront maintenir ces financements croisés garant de la liberté de création et de diffusion des acteurs culturels. Ce qui commence à se passer localement n’est pas très encourageant, bien au contraire.

Par ailleurs, ces mêmes collectivités sont appelés à terme à être réformées de façon radicale à l’horizon 2014 et bien malin qui pourrait affirmer ce qui en résultera pour le bien commun et donc pour la culture. Malgré le réchauffement climatique, on ne peut pas dire que le temps de la culture soit au beau fixe.

Qu’en sera-t-il de cette fameuse RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques), du sort du Ministère de la culture fragilisé par l’apparition d’un « Conseil de la création artistique » dont la fonction reste obscure, de l’application de la « Directive Service » de la Commission Européenne qui tend à livrer toute activité à la concurrence.

F .D .Roosevelt, président des Etats Unis, auteur du New Deal qui était loin d’être révolutionnaire, déclarait ceci : « la démocratie doit être autre chose que la réunion de deux loups et d’un agneau pour décider de ce que l’on va manger ce soir ».

Mais il est possible que l’agneau devienne un mouton enragé. Et, disons-le clairement, c’est ce que nous souhaitons.

A l’instar de plusieurs régions de France, quelques structures culturelles, en Auvergne, viennent de créer le CRACC (Comité de Réflexion et d’Action pour la Culture et la Connaissance) qui se donne pour missions de rassembler le plus largement possible les acteurs culturels de la Région, d’être réactif à toutes les attaques, d’établir une plateforme de revendications et d’être une force de réflexion et de propositions pour l’avenir.

Nous nous adressons aux collectivités territoriales : en période de contraction budgétaire, le réflexe premier est de raboter les crédits culture attribuant, de facto, à celle-ci, le mauvais rôle de la variable d’ajustement.

Certaines d’entre vous, malheureusement, êtes passées à l’acte. C’est un mauvais calcul car les formes de la culture que nous défendons sont créatrices de richesses immatérielles, de bien-être spirituel, de lien social.

Elles sont aussi un levier de développement économique, de création d’emplois durables et non dé localisables, y compris dans des secteurs d’innovation. Enfin, elles sont un facteur d’attractivité de nos territoires, argument important à l’heure où chaque région doit affirmer son originalité. En clair, chaque Euro investi dans le domaine culturel est un placement judicieux.

D’autant plus que le mécénat privé, que certains nous font miroiter régulièrement, ressemble de plus en plus à un mirage lointain et dangereux : un mécénat certes privé mais surtout de toute réalité.

Très rares sont les entreprises qui se comportent comme Canal+ appliquant une politique soutenue et continue en la matière et que nous remercions pour son écoute et sa fidélité.

Mais, si nous sommes graves et surtout vigilants, nous n’oublions pas notre mission.

Cette année encore, notre manifestation sera variée, exigeante et pluraliste.

De l’anniversaire du Labo aux contes, en passant par tous les continents avec séjour prolongé en Nouvelle-Zélande, des turbulences de la programmation aux fêtes sous les deux chapiteaux de l’Electric Palace, tout le monde trouvera son compte en partageant cette soif du monde qui anime les jeunes créateurs.

Demandez le programme vous ne serez pas déçus et profitez-en, plutôt deux fois qu’une !

Explications fournies par Jean-Claude Saurel et toute l’Equipe de Sauve Qui Peut Le Court Métrage.

Ces éléments figurent dans l’ensemble du catalogue général du Festival de 2011.

Les photos prises le 3.02.2011. sont à la disposition du Festival sans aucune contrepartie sur simple demande, par contre elles comportent un copyright pour tout autre utilisation – P. Juan 2011.

Le Panda

Patrick Juan

 
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