LE PANDA RETOUR A L’US QUEVILLY


Le Panda dès son retour, passe par le stade Lozai. Les souvenirs se réveillent, cette fois-ci, la coupe de France est finie et passe à une autre forme de championnat dans le diaporama que vous voyez défiler, c’est la salle qui se trouve au rez-de-chaussée du bureau d’Arnaud Larue. Nous y sommes venus pour être un peu plus tranquilles. Quel est l’objectif essentiel, la coupe de France passée tel que nous en parlions la dernière fois ?

C’était l’événement qui reste dans la mémoire de tout le monde, maintenant il faut se projeter sur la nouvelle saison. Construire une équipe compétitive pour un objectif avéré, bien défini qui sera la montée en National puisque le club depuis deux, trois ans cherche cet objectif. L’événement cette année a perturbé un peu tout ça, notre 1er  objectif est la montée en National. La coupe de France va nous permettre d’investir un peu d’argent pour bâtir une équipe peut-être plus costaude que les années précédentes. L’objectif donné en main propre à Régis Brouard, c’est ce qui lui a permis aussi de prendre une décision afin de rester avec nous pour deux années supplémentaires pour obtenir et aller chercher cette montée.


En même temps, votre principal partenaire, est la Caisse d’Epargne qui vous a remis au Stade de France, un chèque de 42 500 euros ?

Non, c’est un peu plus que ça et la Caisse d’Epargne n’est pas notre principal partenaire, c’est avant tout les Centres Leclerc. Il y a aussi la Matmut, Véolia Environnement et concernant la coupe de France, le chèque a été remis par la fédération via la Caisse d’Epargne qui est partenaire de la compétition.


Il y a un point bien souvent que la majorité des supporters ne savent pas, c’est que lorsqu’un match de ligue ou de championnat se déroule, il y a des droits d’auteurs qui sont reversés au club ; ce qui n’est pas le cas dans le cadre de la coupe de France puisque là c’est la fédération qui gère directement ?

Tout à fait, lorsque vous avez une compétition en championnat professionnel, c'est-à-dire gérée par la ligue professionnelle de football (L F P), Ligue1, ligue2 et un petit peu en National. Vous avez les droits télévisuels. Lors de la coupe de France, la compétition est gérée différemment par la fédération, par la société sportive, par conséquent on ne perçoit pas de droits télévisuels, en contrepartie lorsque l’on passe les tours, il y a davantage de monde dans la compétition, on perçoit plus d’argent.


Le P S G a eu un beau geste au stade de Caen, il a fait abstraction de la part qui pouvait lui revenir, cela vous a empêché d’être déficitaire ?

Tout à fait, le taux de sa participation, de sa quote-part qu’il aurait dû percevoir nous a permis d’équilibrer. L’organisation d’un match comme celui-ci avec ses contraintes qui nous ont été imposées par le ministère de l’Intérieur, tout ça a fait que si nous n’avions pas perçu cette part du P S G, on aurait été déficitaire.


Dans le cadre et ça c’est pour apporter des chiffres au niveau de la transparence que représente l’US Quevilly, je dirais dans l’antériorité puisque c’est donc le club amateur le plus ancien d’Europe il vient de fêter ses 108 ans. Ce ne sont pas des millions d’euros que vous avez pu engranger, ce sont quelques centaines de milliers d’euros. A quoi correspond ce que vous avez pu accumuler depuis le départ de la coupe de France et de sa finalité au niveau de la demi-finale ?

Cela représente grosso modo, un tiers de notre budget de fonctionnement annuel. Malheureusement, nous n’avons pas perçu des millions et des millions d’euros. Ce n’était que la coupe de France, pas la coupe de l’U E F A  ou la Champions League mais c’est intéressant pour un club comme le nôtre, ça met un peu de beurre, de crème dans les épinards.


Vu de l’extérieur, l’US Quevilly est un vivier pour les autres clubs. Est-ce que c’est exactement ce que vous vivez étant vous-même en tant qu’ancien professionnel ayant vécu du sport et vous trouvant à la direction de l’US Quevilly ?

Tout à fait, l’US Quevilly est un vivier pour nos jeunes, pour toute la région. Les gens s’identifient cette année à l’US Quevilly beaucoup plus qu’auparavant parce qu’il y a eu une telle médiatisation que même nous, nous avons été agréablement surpris. Un peu aussi débordés car pas préparés, et bien le fait qu’il y ait autant de médiatisation, a permis de mette en lumière ce club et aussi d’intéresser les jeunes. On a aussi à côté, notre école de formation, de foot qui fonctionnent très bien. Oui, on est un vivier bien ancré dans l’agglomération rouennaise.


Vous n’avez pas le sentiment, que vous vous complaisez à vivre dans votre blogosphère ?

Non, pourquoi vous dites ça ?


Je m’en explique, questions directes, réponses directes. On a l’impression que c’est comme si l’US Quevilly voulait garder jalousement son intériorité. Comme si vous aviez un élixir de jouvence et que vous voulez conserver, garder cette image de club en surexposition. Vous n’ouvrez pas via l’extérieur, c’est l’extérieur qui vient à vous.

Oui, sans doute, mais il faut garder cette identité, ses valeurs qui sont les nôtres. Peut-être pas aussi vouloir avancer trop vite que la musique parce quelque fois, on peut se brûler les ailes. Quelque fois, ça peut perturber les habitudes, les gens même si on est un club a priori bien structuré, nous restons un club amateur avec une manière de fonctionner avec des gens, qui ne sont pas préparés à une telle passion. Même si nous avons une quinzaine de salariés, cette année, au niveau administratif nous ne sommes que six, ce qui est beaucoup mais aussi très peu par la même occasion, il faut avancer avec son temps, ne pas aller trop vite. Nous serions en National, très certainement que nous aurions un autre fonctionnement, nous serions contraints à se tourner un peu plus vers l’extérieur, encore une fois, bâtissons pierre après pierre, n’allons pas trop vite, cela peut déstabiliser les gens du club.


Geste magnifique que vous avez eu, en cette journée du 26 mai, ce don que vous avez fait à l’hôpital de Rouen, va apporter quoi de plus par rapport à la population et c’est là que vous avez compris d’une façon je dirais plus professionnelle que lors de notre précédent entretien, qu’est ce que ça va représenter en amélioration de qualités, cette image de social telle que le fondateur, Monsieur Lozai, l’a voulue, vous la perpétuée ?

Tout à fait, ce sont des valeurs qui sont bien ancrées ici au club, notre président relaie ses valeurs. Au préalable, Monsieur Mutel qui est président délégué, l’a fait aussi à une époque, ce sont des valeurs qui sont propres à l’US Quevilly. Tendre la main à des gens qui sont un peu nécessiteux, quand on peut faire bénéficier par une aide d’une manière ou d’une autre, on l’a fait auprès de l’Association Charles Nicolle. Oui hier pour la 1ère pierre posée pour l’acquisition d’un robot chirurgical dont n’est pas doté le C H U de Rouen actuellement. La décision est venue après un conseil d’administration et d’un ancien membre du conseil d’administration de l’US Quevilly : Roger Ducrotet, qui a toujours de très belles idées. L’US Quevilly faisant un beau parcours, elle peut redonner ce que les gens, le grand public lui apportent aujourd’hui, c'est-à-dire de la billetterie, plein de choses tout autour. C’est une bonne action et c’est ça l’US Quevilly.


En terme de conclusion, votre principale crainte pour la saison à venir ?

Ma principale crainte, c’est que peut-être on ait du mal à remonter ce beau parcours en coupe de France. Après le sport reste le sport, c’est toujours compliqué, difficile de renouveler la performance ce sera à nous dirigeants, entraineurs, membres du club, décideurs de booster tout le monde, essayer de perpétuer les épopées Quevillaises en coupe de France, après en championnat, on verra bien, on va essayer de bâtir une belle équipe, de programmer des choses, encore une fois, une montée ça ne se programme pas, elle se mérite. Si on y met tous les ingrédients, peut-être qu’au final on aura l’obtention de ce que l’on mérite. C’est la beauté du sport.


J’ai eu l’occasion de constater, je le livre. Même les coccinelles, lorsqu’elles croisent Arnaud Larue sur la pelouse, vous saluent ou simplement se mettent dans un coin. Je n’ai vu personne ne pas vous saluer ou serrer la main du Panda. Je bénéficiais d’être à vos côtés. Comment avez-vous fait votre place, quel est votre devenir dans l’US Quevilly ?

Non ce n’est pas parce que vous étiez en ma présence ou à côté de moi que les gens vous ont tous salué en vous serrant la main, c’est une valeur qu’on essaie de transmettre à nos joueurs. Quand je dis à nos joueurs c’est du plus jeune au plus âgé, c'est-à-dire que lorsque les gens rentrent dans le stade, c’est de dire bonjour, ça ne coûte rien. D’enlever sa casquette, quand on est jeune, maintenant beaucoup de jeunes en portent, c’est le minimum du minimum qu’on essaie d’inculquer aux jeunes ici à Quevilly. Quand il y a du respect, je suis persuadé que l’on peut avancer, naviguer, aller un peu plus loin. Ce sont les racines de l’US Quevilly. Ces valeurs on essaie de les faire perdurer.

Mon avenir à Quevilly, je ne le connais pas, je suis bien ici, ça me plait bien ce que je fais. Tout le monde a l’air satisfait de ce que j’apporte au club parce que il n’y a pas qu’Arnaud Larue, il y a plein d’autres personnes ; et les uns, les autres apportent leur contribution avec défauts, qualités, c’est ce qui permet au club d’être solide, bien debout, traverser quelque fois certains orages, des moments un peu plus difficiles.


Nous avons parlé d’une proposition, que nous allons vous envoyer par courrier, auquel vous aurez tous loisirs d’en discuter avec votre Comité d’Administration. Que faire au stade où nous en sommes ? Il vous manque, une ouverture amplifiée. L’image que je vais vous donner, vous me direz si elle correspond à l’US Quevilly. Je crois que si un enfant laisse une fenêtre entrebâillée, pour peu que soit grand l’écart, son avenir peut s’y engouffrer ?

Oui. Faire plus que ce que vous avez fait jusqu’à présent, depuis le peu de temps c’est superbe. Il y a sans doute bien d’autres choses à faire. Après c’est peut-être d’avancer gentiment, construire les choses, se découvrir, s’apprécier, laisser la confiance s’instaurer au fil du temps. Il est vrai qu’actuellement, ça peut paraître archaïque notre manière de fonctionner, au niveau de notre site, avançons petit à petit, laissons la structure se développer, nous verrons, demain ce qu’il se passera.


Conclusion, quel message à faire passer à l’ensemble des lecteurs. Vous avez été débordé par cet engouement, de la coupe de France. Le soufflet va redescendre, dès que vous allez aborder le championnat 2010-2011. Le Panda s’est engagé pendant 1 an à vous suivre. Arnaud Larue est arrivé, avec son expérience, le président du club n’a pas privilégié sa position personnelle, professionnelle, il l’a démontré tout au long de cette coupe de France. Ne pas oublier que celui qui a donné le coup d’envoi, est tétraplégique, cela ne lui a pas empêché de gagner sa médaille d’or France. Un handicap ne peut empêcher un homme de se hisser au dessus de certains.

Je vais juste revenir sur renouveler la performance de cette demi-finale pour l’année prochaine, il faut simplement être réaliste, se dire qu’à choisir, déjà c’est difficile de renouveler deux années, il y aussi une part de chance et tout le reste, je préférerais qu’on monte en National plutôt que de refaire une demi-finale de coupe de France parce que la demi-finale, c’est éphémère. On voit tout de suite, qu’on est mis en lumière, le club est mis en avant et ça génère beaucoup de choses ; Comme vous le dîtes le soufflet retombe vite alors qu’une montée en National va permettre au club de monter d’un cran de manière durable. Après bien sûr, il faudra y rester, le but et la finalité de Quevilly aujourd’hui est de monter d’une division, ce n’est pas de refaire une demi-finale ou finale de coupe de France. Pour les lecteurs, je suis navré, désolé de n’avoir pas répondu à leurs attentes, très honnêtement, tous lecteurs toutes personnes qui se seraient trouvés à ma place durant cette épopée de 2009-2010, auraient très certainement réagi de la même manière. J’avais très peu de temps à moi, je travaillais pratiquement 7 jours sur 7 et encore une fois, nous avons une structure qui est modeste, certes nous sommes peut-être bien structurés pour un club de C F A mais modeste pour assumer un tel événement.


Ce fut le mot de la fin en ce 27 mai 2010 au stade Lozai. Je constate ce qui fleurit au travers, je me dis que la jeunesse a un bel avenir dans cet espace. Prenez un peu de patience, dites vous que si Arnaud Larue ne peut pas répondre comme il le souhaiterait, c’est qu’il n’a pas les moyens d’avoir les moyens. Laissons du temps au temps et vous verrez que même pour ceux qui nous lisent du Canada, ou autres continents, si on n’a pas pu répondre aux questions que vous avez formulées, attendez un peu et comme quand vous avez vu grandir les Voix du Panda, nous allons suivre l’US Quevilly comme je me suis engagé à le faire à titre personnel et en même temps avec toute l’équipe de rédacteurs. Arnaud Larue merci de cet entretien et quoi qu’il en soit comme on vous avait offert, ce panier de pommes au niveau des joueurs, vous verrez dans le cadre du prochain article, on les mettra côte à côte car les pommes quelque soit leur couleur, on les croque de la même façon.

Patrick Juan

Le Panda


Arnaud Larue et Patrick Juan