Le coronavirus progresse un terrible révélateur. Le nombre de lits de réanimation sera-t-il suffisant sous peu?

L’épidémie le coronavirus, devient « Pandémie » et les consignes qu’il entraîne mettent à l’épreuve les Français et donneront à voir l’état moral du pays. Résignation ou surreaction ? Le coronavirus et les consignes qu’il entraîne mettent à l’épreuve les Français et donneront à voir l’état moral du pays, estime le constitutionnaliste Denys de Béchillon.

Il y a un an, lorsque la décision a été courageusement prise de porter de trois à onze le nombre de vaccins obligatoires pour nos enfants, l’idée d’une espèce de conscription sanitaire a commencé à prendre place. C’est assez simple. Plus la couverture vaccinale est large et profonde, plus nous pouvons compter sur le développement d’une « immunité de groupe » propre à faire reculer les maladies concernées dans la population générale. L’individu n’est donc pas seulement vacciné pour sa propre protection. Il l’est aussi voire surtout pour la protection des autres, d’où la possibilité de s’affranchir de son accord. L’article 4 de la Déclaration des droits de l’homme porte que « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui ». Or celui qui refuse de se faire vacciner nuit à ses semblables. Il est licite, par voie de conséquence, de le contraindre à la responsabilité et de plus fort à la responsabilité collective.

Tout cela se transpose très bien aux mesures qui seront adaptées à l’évolution de l’épidémie de coronavirus. Nous serons probablement forcés de ne pas faire ce que nous voulons nous déplacer, nous réunir, etc. Et il n’est pas exclu que ce soit dans des proportions sévères, au moins localement.

 

Le nombre de cas ne cesse d’augmenter ces derniers jours. Nos hôpitaux et autres infrastructures médicales ne risquent-elles pas d’être saturés prochainement ? Ce n’est point un cri de désespoir, mais un réalisme qui pourrait toucher tous les états.

La sélection des soins en réanimation se fera sur les constats et l’âge pour les patients atteints par le coronavirus. Ce qui peut sembler incroyable ce jour se pratique déjà et provoquent des cas de conscience, qui faut-il sauver ?

Indéniable ou presque, les services hospitaliers et leurs responsables soignants ont suffisamment tiré les diverses sonnettes d’alarmes. Dans tous les sens, manque de moyens de tous ordres. Lettres restées mortes, la catastrophe ne serait pas aussi massive, que la fameuse phrase du « Petit Gibus » trouverait sa place ici. Incroyable face à des équipes médicales sous équipées, un personnel à bout de souffle, les diverses manifestations, rien n’y a fait. On peut se demander dans quelle mesure le peuple de France pourrait attaquer l’Etat pour manquement à son devoir. Les heures supplémentaires déplafonnées dans les hôpitaux, annonce Olivier Véran. Le ministre de la Santé a signé un décret pour déplafonner les heures supplémentaires des professionnels de santé à l’hôpital « leur permettant ainsi de pouvoir plus facilement assurer la continuité des soins dans les services dans cette situation exceptionnelle ».

Le coronavirus, frappe tous azimuts sur le globe. Le pays le plus touché en Europe est l’Italie. Qui annonce la mise en quarantaine, L’Italie étend ses mesures de confinement à tout le territoire. Le Premier ministre italien Giuseppe Conte (il n’y a à priori aucune connotation politique, mais un non-sens à permettre à ce grand pays démocratique de vivre librement) a appelé ce lundi 9 mars dans la soirée tous les Italiens à « éviter les déplacements » sur le territoire national pour endiguer l’épidémie de coronavirus, et a ordonné une « interdiction de rassemblement ». Dès ce mardi, quelque 60 millions d’Italiens sont donc priés de rester chez eux. (Il serait très surprenant que ce peuple obéisse à ces mesures plus que drastiques)

En France, des ordres similaires de confinement commencent à être prononcés. Face à des mesures aussi extrêmes, les citoyens s’interrogent : les gouvernements en font-ils trop ? Ou pas assez ?

Le cynisme de nos gouvernants

L’effroi saisit les autorités, il fallait réfléchir et agir avant. Il y a non seulement les morts potentiels, mais la présence des malades graves. La mortalité par le coronavirus est inférieure en % que la conséquence finale de la grippe. La mortalité par le coronavirus est plus élevée en ces moments.

La conséquence dans les semaines à venir n’est pas la cause du problème principal. Elle concernerait 1 à 2% des malades, frappant en grande majorité des personnes âgées, immunodéprimées ou porteuses de comorbidités sévères : cancers, insuffisance respiratoire chronique, etc.

Cette létalité est 10 à 20 fois plus élevée que pour la grippe saisonnière, la protection de la population affectée ne peut justifier de paralyser tout un pays.  Avec un sursaut de cynisme, on n’ignore pas et les chiffres s’alignent pour considérer que les personnes réellement menacées de mort par le coronavirus sont des inactifs, des poids-mort pour la société, avancer de quelques temps leur décès n’est pas une catastrophe en plein réalisme. Cette forme de cynisme peut paraître plus que détestable. Difficile de penser que ceux qui comme les chevaliers de la Table Ronde en temps des légendes, remplacés par ceux qui nous gouvernent en sont entièrement les mains aussi propres qu’en utilisant du savon et du gel.

Nous sommes face aux divers docteurs Jekill et de Mister Hyde

Le vrai danger ce sont les patients qui devront être hospitalisés environ 15% des cas. Certains parmi eux présenteront un syndrome de détresse respiratoire aigu et auront besoin de réanimation potentiellement entre 5 à 10% des cas. Comprendre le SDRA : Un état de défaillance respiratoire et parfois même multiviscérale, qui conduit à la mort sans le moyen de réanimation lourde. La réanimation lourde, se comprend par des mesures « extraordinaires ». Au prix d’un tel traitement, et en l’absence de complications supplémentaires, on peut espérer guérir d’un SDRA. La durée d’hospitalisation en soins intensifs est rarement moins de trois semaines, puis la récupération complète peut prendre des semaines, enfin des séquelles à type de fibrose pulmonaire sont possibles.

Une fois qu’on a pris conscience de ce qu’implique la prise en charge d’une telle pathologie, il faut compter. Il y a en France un peu moins de 400 services de réanimation, qui totalisent environ 5500 lits. Le cap des 1500 cas d’infections par le coronavirus a été dépassé en France, et 30 personnes sont décédées. Cela représente donc probablement une centaine de patients en soins intensifs ou y ayant séjourné. Qu’adviendrait-il si l’épidémie devenait hors de contrôle ? Si elle devait toucher 10 000 personnes, cela ferait un surplus de 500 à 1000 patients ayant besoin de réanimation ; 100 000 malades = 5000 à 10 000 hospitalisations supplémentaires en réanimation !

On le voit, les capacités hospitalières seraient alors largement dépassées. Et ce même si l’arrivée des cas se faisait de façon filée, un malade atteint remplaçant un malade guéri, la durée de séjour en réanimation en cas de SDRA est rarement inférieure à 3 semaines.

D’autre part, ce n’est pas comme si les lits de réanimation étaient actuellement sous-utilisés dans notre pays. En réalité, loin d’être vides, ils sont déjà fortement en pression. Les patients atteints d’un SDRA consécutif à l’infection par le coronavirus s’ajouteraient donc aux autres malades, dont on ne peut guère imaginer qu’ils guériraient comme par enchantement pour libérer des places. Faudrait-il alors faire le tri entre ceux qui pourraient bénéficier de la réanimation et les autres, qu’il faudrait abandonner à leur évolution naturelle ? Et selon quels critères ? Jusqu’à présent en France, on ne parle pas de rationner les soins selon le pronostic, les plus vieux et les plus malades devant laisser la place aux plus jeunes, mais il faudrait bien en venir là au cas où l’épidémie s’étendrait.

En épidémie hors contrôle, devrait-on réquisitionner le matériel et le personnel pour mise à disposition, et « remplacer » les malades atteints de pathologies neurochirurgicales ?

La fébrilité qui saisit nos autorités. Incapables de faire face à la crise qui secoue l’hôpital hors de tout contexte épidémique, elles sont en plein vertige à l’idée de ce que nous risquons à court terme. Le système la mondialisation qui multiplie les échanges et place chaque pays dans la dépendance des autres. On a ainsi appris que le confinement d’une région entière de la Chine faisait courir le risque de pénurie de médicaments de première nécessité, car moins de 20% des principes actifs étaient encore fabriqués en Europe. Mais aussi un système l’hôpital géré comme une entreprise qui rationne les ressources au motif de faire des économies. On voit à quoi mène la doctrine du flux tendu dans un domaine aussi éminemment variable et imprévisible que l’urgence médicale. Il suffit d’une situation épidémique inattendue pour mettre à bas l’édifice si patiemment « rationalisé », c’est-à-dire asséché.