Bien vieillir

Bien vieillir ? C’est possible !

L’activité physique
Les faits
Moins de muscles ?

Après 25 ans, la masse musculaire fond de 3 % à 5 % par décennie. Mais, fait encourageant, avec un entraînement approprié, n’importe qui, quel que soit son âge, peut, en neuf semaines, augmenter sa force musculaire de 25 % à 35 %.

« L’activité physique est ce qui se rapproche le plus de la fontaine de Jouvence ! », signale une gérontologue de l’Université Harvard, Anne Fabiny.

Dans son document Living Better, Living Longer, accessible sur le site Web de l’Université, elle affirme, recherches à l’appui, que l’activité physique diminue les risques d’être affecté par plusieurs maladies : diabète, cancers, maladie d’Alzheimer, maladies cardiovasculaires, ostéoporose, dépression.

Elle maintient les os en santé, aide à conserver la vitalité et l’indépendance jusqu’à un âge avancé et améliore l’humeur et le fonctionnement mental.

L’activité physique est si bénéfique qu’elle peut contrecarrer, jusqu’à un certain point, les effets négatifs de certains facteurs de risque de troubles cardiovasculaires comme un haut taux de cholestérol sanguin ou l’hypertension.

À l’inverse, la sédentarité augmente les risques de maladies, comme le révèle une recherche menée auprès de 50 000 infirmières pendant six ans : plus ces personnes passaient d’heures par jour devant la télévision, plus la fréquence de diabète de type 2 augmentait.

Rappelons qu’il y a toutes sortes de façon d’être en mouvement : le sport, choisi pour ses qualités ludiques ou compétitives ; l’entraînement, qui peut se faire sur des appareils (il faut alors être bien guidé), ou par des pratiques comme le yoga, le pilates, la gymnastique, le Tai Chi, etc. ; la danse ; l’activité quotidienne, comme marcher, monter et descendre les escaliers, jardiner (particulièrement bienfaiteur), faire le ménage et les courses, jouer avec les enfants, etc.

Une activité physique régulière, bien appropriée à son âge et à sa condition physique, permet aussi de réduire considérablement des problèmes qui, sans être graves, peuvent beaucoup nuire à la qualité de vie : tendinite, ankylose, perte d’amplitude articulaire, douleurs, manque de force ou de souffle, lésions attribuables au travail répétitif, etc.

Objectif de base
Être modérément actif au moins 30 minutes par jour.
Recette idéale

Combiner, à l’intérieur d’une semaine, diverses activités afin de couvrir, en plus de la dépense calorique, les trois aspects suivants : l’entraînement aérobique (élever le rythme cardiaque pendant au moins 10 minutes d’affilée) ; la tonification musculaire (entraînement en force) ; l’assouplissement (stretching) pour le maintien des articulations.

Important

L’activité physique améliore non seulement la santé, mais elle donne aussi l’erre d’aller pour modifier positivement les autres habitudes de vie. Quand on est actif, on mange mieux, on boit plus d’eau, on dort mieux, etc.

Pour aller plus loin

Cadrin Petit Thérèse et Dumoulin Lucie. Le Corps heureux, éd. De l’Homme, Canada, 2000.
Chevalier Richard. À vos marques, prêts, santé ! éd. ERPI, Canada, 2003 (3e édition)
Gallagher-Mundy Chrissie. Stretching, Guy Trédaniel, France, 2005.
Rostami Cyrus et Bos Klaus. Marcher pour son bien-être – Walking et Nordic Walking, éd. Amphora, France, 2006.

L’alimentation
Les faits
L’alcool avec modération !

Le vin rouge est légèrement bénéfique pour le cœur et les artères, mais en petite quantité seulement. Par ailleurs, l’alcool, en général, peut accroître les risques de cancer, et il est toujours néfaste lorsque pris en grande quantité. Si l’on boit, il faut donc opter préférablement pour le vin rouge. Les femmes devraient s’en tenir à six consommations ou moins par semaine, et les hommes, à douze ou moins.

Selon l’Université Harvard, une alimentation adéquate peut aider à écarter les maladies qui frappent à mesure que l’on vieillit, dont les cancers, les maladies cardiovasculaires, l’hypertension et même les cataractes.

Au sujet de la prévention du cancer, Richard Béliveau, chercheur à l’Université du Québec à Montréal, a récemment soulevé un grand intérêt avec ses travaux sur une dizaine d’aliments anticancer. Leur consommation permettrait d’empêcher la croissance de microtumeurs générées spontanément au cours de la vie.

Les aliments contenant les vitamines A, B6, B12, C et E, toutes antioxydantes, sont particulièrement intéressants, tant pour réduire les risques de maladies chroniques que pour protéger et nourrir les cellules du cerveau, contribuant ainsi à ralentir le déclin des fonctions cognitives.

Du côté des suppléments, les multivitamines semblent s’imposer. Certains autres peuvent être indiqués, comme les oméga-3 si vous ne consommez pas assez de poisson gras. Pour tout le reste, il vaut mieux consulter une nutritionniste ou un médecin.

Objectifs de base

Consommer 5 à 10 portions de fruits et légumes tous les jours. Consommer des céréales à grains entiers tous les jours.

Limiter la consommation de viande rouge et des autres sources de gras saturés. Limiter les aliments sucrés.

Prendre une dose quotidienne de multivitamines. Ne pas consommer plus de calories qu’on en dépense par l’activité physique.

Recette idéale

Il en existe quelques-unes, parmi elles : le régime méditerranéen, dont les effets sur la longévité et la prévention des maladies ont été bien démontrés ; la pyramide alimentaire de l’Université Harvard, mise au point par le Dr Walter Willett; le régime anti-inflammatoire du Dr Andrew Weil.

On adopte graduellement l’une ou l’autre formule, ou celle que recommande votre professionnel de la santé, pour en faire notre guide alimentaire à long terme.

Important

Il existe des milliers de substances antivieillissement dans les aliments, mais elles ne se retrouvent jamais toutes dans un seul aliment. D’où l’importance de privilégier la variété de nos menus. Consommer régulièrement sept des meilleurs agents phytochimiques que sont : les caroténoïdes : orange, mangue, courge, poivron jaune, etc. ; les fibres : fruits, légumes et grains entiers ; les flavonoïdes ; thé, raisin, chocolat noir, haricots secs, etc. ; les indoles : chou, brocoli, chou-fleur, navet, etc. ; le lycopène : tomate, pamplemousse rose, melon d’eau, etc. ; la vitamine C : orange, kiwi, poivron vert, brocoli, betterave, cantaloup, etc. ; la vitamine E : avocat, asperge, noisette, amande, etc.

Cesser de fumer
Les faits

Le tabac tue, c’est connu. « Notamment sous forme de cigarettes, il est le seul produit légal qui tue lorsque consommé comme prévu par le fabricant », affirme-t-on au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. C’est aussi, selon les auteurs du livre Prévenir, le pire « serial killer » sur terre.

Le tabac rend d’abord malade avec ses 4 000 substances toxiques résultant de sa combustion. Il est le produit cancérogène numéro un. C’est le pire poison du coeur et des artères, dont celles qui alimentent le cerveau, l’ennemi des poumons et le premier facteur de vieillissement et de dégénérescence de l’organisme.

Objectifs de base
Ne pas fumer.

Ne pas fréquenter régulièrement des endroits enfumés.

Important

Arrêter de fumer est moins une question de volonté que de stratégie. Il faut trouver, parmi les options, celle qui nous convient le mieux. Le maintien du poids

Les faits
Le surpoids fait vieillir

Chaque 10 % de poids additionnel correspond à un vieillissement d’un an et demi si l’on se base sur l’indice de masse corporelle (IMC). L’excès de poids acquis durant la vingtaine et la trentaine est particulièrement néfaste.

L’excès de poids cause un grand nombre de problèmes de santé, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires, les pierres au foie et certains cancers, en plus d’aggraver les problèmes et les douleurs aux articulations. Dans les pays développés, l’excès de poids talonne le tabagisme comme principale cause de mortalité évitable.

L’indice de masse corporelle (IMC) est devenu, ces dernières années, un outil pratique pour « coter » le poids d’une personne. Cet indice se calcule en divisant le poids (kg) par la taille au carré (m2) : une personne pesant 68 kilos et mesurant 1,7 mètre, par exemple, possède donc un IMC de 23,4. Il faut savoir que l’IMC manque de précision, parce qu’il ne tient pas compte de la présence ou non de gras abdominal, plus dommageable. Il fausse aussi la donne pour les personnes trapues ou très musclées. Calculez ici votre IMC.

Objectif de base

Le poids santé correspond à un indice de masse corporelle situé entre 18,5 et 25.

Important

Les fluctuations de poids sont néfastes pour la santé. Quand on a un excès de poids, il est préférable de choisir une approche alimentaire qui permet de mincir lentement, mais sûrement, et de stabiliser son poids.

La vie affective et le soutien social
Les faits

L’amour est bon pour la santé. Comme le fait d’être engagé dans une activité communautaire, ou celui d’avoir un projet que l’on souhaite réaliser un jour. « Le mental et les émotions sont à prendre en considération de manière prioritaire pour la prévention. C’est peut-être toute notre manière de vivre qu’il faut améliorer, voire changer », soulignent les auteurs de Prévenir.

Objectifs de base

Partager régulièrement des activités agréables avec des membres de la famille, des amis, des collègues.

Important

Si la solitude nous pèse trop, il ne faut pas hésiter à en parler à notre médecin ou à un psychologue.

La gestion du stress
Les faits

L’impact précis du stress sur le vieillissement ne fait pas consensus dans la communauté scientifique, en partie parce qu’il est difficile à définir. Personne ne réagit avec la même intensité aux coups durs ou à la pression. Des données confirment tout de même qu’un niveau élevé de stress augmente les dommages causés par les radicaux libres, ce qui accélère le vieillissement. Il peut aussi causer un affaiblissement du système immunitaire, attaquer les fonctions cognitives, accroître la vulnérabilité à certaines maladies graves – les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives, le diabète de type 2 et le cancer – et en accélérer l’évolution.

Objectif de base

On dit du sommeil qu’il est le « mécanisme naturel de rajeunissement ». Chaque nuit, les systèmes biologiques se reposent et se réparent. Dans une stratégie pour éviter un vieillissement prématuré, on recommande de dormir au moins sept heures par nuit (mais, pas plus de neuf !).

Recette idéale

Adopter une attitude détachée face aux préoccupations, grandes et petites, prend plus d’importance quand on avance en âge. Pour une large part, le stress relève de la manière dont nous réagissons aux événements. Il est possible, bien qu’exigeant, de modifier nos attitudes anxieuses. Cela redonne de la vitalité…

Important

Soyez joyeux pour vivre vieux ! Une attitude gaie et positive peut prolonger la vie de dix années, comparativement aux personnes qui sont insatisfaites de leur existence16.

Pour aller plus loin

Elliot Dr Charles H., Smith Dre Laura L., André Dre Martine, Guérir l’anxiété pour les nuls, First Editions, 2004
Rollot Florence. Le grand méchant stress – Quelle vie voulez-vous vivre ? Éditions de l’Homme, 2003.
Servan-Schreiber David. Guérir – le stress, l’anxiété et la dépression sans médicaments ni psychanalyse, éditions Robert Laffont, coll. Réponses, France, 2003.

La prévention des problèmes héréditaires
Les faits
N’oubliez pas l’examen du côlon

La colonoscopie (examen du côlon) devrait être subie tous les cinq ans après l’âge de 50 ans, plus souvent s’il y a des antécédents de cancer colorectal dans la famille.

Quand les parents et les grands-parents sont morts plutôt jeunes et quand il y a des cas de cancer ou d’autres maladies chroniques dans la famille immédiate, nous ne pouvons-nous reposer sur la vigueur de nos gènes pour nous amener allègrement vers le centenaire… Les personnes qui sont dans cette situation doivent redoubler de prudence dans leurs comportements quotidiens. C’est ce qu’on appelle la prévention primaire. Dans leur cas, le dépistage médical s’avère aussi indispensable.

Objectif de base

Consulter régulièrement un médecin, de préférence toujours le même pour un meilleur suivi. Le médecin pourra noter l’apparition de symptômes, comme l’hypertension, et vous conseiller sur les mesures à prendre.

La recette idéale

Passer régulièrement les tests nécessaires pour dépister les premiers signes d’une maladie grave. Parmi les tests qui sont souvent recommandés après 40 ans : taux de cholestérol, état de la glande thyroïde, état de la prostate, bilan diabétique (par analyse de sang), colonoscopie et ostéodensitométrie (teneur minérale des os). Selon le cas, d’autres mesures de dépistage peuvent être proposées par le médecin.

Pour aller plus loin
Les six types de troubles anxieux

Au sujet de l’anxiété, le monde médical a identifié six types de problèmes que l’on regroupe sous les termes « troubles anxieux », parce qu’ils ont des composantes biologiques semblables et que leurs traitements sont similaires.

Notez que la stabilité des troubles anxieux varie énormément. Ils peuvent être constants ou aller et venir sans raison apparente ; chez plusieurs personnes, ils se manifestent de façon plus intense dans les périodes chargées en événements stressants. Ils peuvent aussi entrer en rémission spontanée et réapparaître des années plus tard, parfois jamais.

Anxiété chronique ou généralisée. C’est l’état mental d’une personne appréhensive avec excès, c’est-à-dire souvent inquiète de ce qui risque de se produire : que le rôti soit trop cuit, que la maison ne soit pas assez propre, que le bébé tombe malade, que le conjoint ait un accident, etc. Les sujets d’inquiétude ne se limitent pas à un secteur d’activité. Les mécanismes physiologiques sont les mêmes que pendant la phase de résistance du stress, alors que l’organisme mobilise certaines ressources pour accomplir une tâche « cruciale ».

Symptômes. Tension musculaire, irritabilité, palpitations, fatigue, difficulté de concentration ou de mémoire, perturbation du sommeil.

Trouble panique. Se caractérise par des attaques de terreur soudaine qui durent plusieurs minutes, quelquefois davantage, et se répètent de façon aléatoire sans que l’on puisse identifier un déclencheur principal. Ce trouble apparaît généralement au début de l’âge adulte et génère souvent des comportements phobiques d’évitement (par peur, éviter les endroits où l’on a déjà vécu une attaque de panique ou éviter l’activité que l’on pratiquait lorsqu’une attaque s’est produite).

Symptômes. Serrement dans la poitrine, accélération du rythme cardiaque, transpiration, tremblements, étourdissements, crainte de perdre le contrôle, etc. ; les symptômes d’une attaque de panique sont tellement intenses que les gens pensent souffrir d’une crise cardiaque et craignent de mourir.

Phobie. C’est une peur intense et irrationnelle provoquée par un objet (couteau, araignée, etc.) ou une situation (être en avion ou chez le dentiste) qui, objectivement, ne présente pas vraiment de danger. Si les phobies déclenchent des crises de panique, elles se différencient du trouble panique parce que ces crises sont toujours reliées à une même cause (bien que l’on puisse souffrir de plus d’une phobie). La claustrophobie est la peur des endroits clos alors que l’agoraphobie est celle des places publiques à découvert ; tout, ou à peu près, peut devenir objet de phobie. Cette maladie entraîne un comportement d’évitement.

Symptômes. Similaires à ceux d’une attaque de panique, d’intensité variable.

Phobie sociale. Cette peur irraisonnée de se retrouver en groupe ou en public, ou d’être exposé à l’observation d’autrui, présente un ensemble de caractères particuliers et constitue une catégorie en soi. Plus qu’une simple timidité, ce type de phobie peut rendre incapable de rencontrer de nouvelles personnes et mène à l’isolement.

Symptômes. Similaires à ceux d’une attaque de panique, d’intensité variable.

Trouble obsessionnel-compulsif (TOC). Certaines pensées s’imposent sans cesse à l’esprit – des obsessions – et la personne n’arrive pas à s’en libérer ; elle a alors tendance à développer des habitudes compulsives (qu’elle ne peut pas s’empêcher de faire), comme se laver très fréquemment les mains.

Symptômes. Les pensées obsessives sont désagréables, effrayantes ou violentes. Les comportements compulsifs n’ont aucune justification logique.

Trouble de stress post-traumatique (TSPT). Le malaise affecte les gens ayant vécu un événement violent, que ce soit comme victimes ou observateurs, qui a suscité une peur intense et un sentiment d’impuissance. Dans la moitié des cas, les symptômes disparaissent en deçà de trois mois ; lorsqu’ils persistent plusieurs mois, le problème risque d’être permanent à moins d’être soigné. Plus l’intervention thérapeutique est rapide après l’événement, meilleures sont les chances d’empêcher l’apparition du TSPT.

Symptômes. Souvenirs envahissants, rêves répétitifs, détachement affectif, notamment, ainsi que des manifestations physiologiques de stress qu’on attribue à une hyperactivité du système nerveux (irritabilité, réactions de sursaut exagérées, etc.).

Les causes

Comme pour le stress, il faut considérer le problème du point de vue de l’esprit : c’est lui qui communique son inquiétude au cerveau, ce dernier envoyant ensuite les signaux nerveux au métabolisme. C’est l’aspect psychologique. Par ailleurs, on sait que, chez les personnes souffrant de troubles anxieux, les mécanismes de la réaction physiologique de stress devant un danger fonctionnent anormalement, sur un mode hyperactif. C’est l’aspect physiologique.

Le milieu médical avance que ces troubles, comme la plupart des maladies, sont probablement dus à une combinaison de trois facteurs interdépendants : hérédité, biologie et environnement. Comme toujours dans le corps/esprit, la dimension biologique influence la dimension psychique et vice versa.

Cause héréditaire. L’anxiété, c’est souvent « de famille », comme on dit, et les enfants de parents anxieux ont plus de chance d’en souffrir. Bien que cela puisse être un comportement appris, influencé par le modèle parental, des études sur les animaux de même que des observations chez des jumeaux identiques ou non, vivant ensemble ou séparés à la naissance, confirment une certaine prédisposition génétique. On ne croit pourtant pas qu’un gène précis soit responsable des troubles anxieux, mais une certaine combinaison de gènes pourrait activer le métabolisme en ce sens. Il est possible que certains troubles anxieux (agoraphobie, trouble panique) aient une plus forte composante génétique que d’autres.

Cause biologique. Le taux sanguin de certaines hormones (sérotonine, cortisol, catécholamine, etc.) étant généralement anormal chez les gens souffrant de troubles anxieux, tout ce qui peut influencer le système hormonal représente donc un danger. La grossesse, par exemple, peut être un déclencheur. Il faut cependant être conscient que plusieurs maladies provoquent un déséquilibre hormonal temporaire, et donc des symptômes de troubles anxieux ; un diagnostic médical s’impose.

Cause environnementale. De nombreux facteurs d’ordre social ou relationnel sont déterminants dans l’apparition des troubles anxieux, comme des traumatismes durant la petite enfance ou des relations familiales perturbées. On sait aussi qu’une dose importante de stress intense et répété peut « dérégler » le système nerveux et donner naissance à un problème de trouble anxieux (mais on sait aussi que les personnes anxieuses sont plus sujettes au stress et souffrent davantage de ses effets pervers).

Autres influences

Perspective psychologique. Selon la perspective psychologique, l’anxiété ne constituerait pas le problème en soi, mais plutôt le signal d’un problème sous-jacent. La psychologie des profondeurs et la théorie psychanalytique suggèrent que les troubles anxieux soient dus à une lutte psychique constante, alors que le conscient chercherait à réprimer des désirs ou manifestations de l’inconscient. Le psychologue français d’origine autrichienne Paul Diel (1893-1972), auteur de plusieurs ouvrages sur le sens de la vie, avance, dans La peur et l’angoisse (Payot), que l’inconscient exprimerait ainsi son désarroi à vivre une existence qui n’est pas appropriée à sa nature profonde.

D’après la psychologue et auteure Michelle Larivey, l’anxiété est « un malaise qui résulte du fait qu’on repousse une expérience émotive, une préoccupation importante ou une action à poser pour se respecter. Elle devient presque un « mode d’être » chez certaines personnes, qui s’arrêtent peu à leur expérience du moment. Être anxieux ou angoissé, c’est à la fois une peur de faire face et une impression de se mettre en danger en négligeant de s’occuper d’un aspect de sa vie ».

Perspective nutritionnelle. Selon le naturothérapeute Gilles Parent, les crises d’angoisse peuvent aussi avoir des causes nutritionnelles. « Une déficience en acides aminés tels le tryptophane requis pour la synthèse de la sérotonine et la tyrosine pour la synthèse des catécholamines peut être responsable des crises d’angoisse. L’hypoglycémie se révèle être une autre cause fréquente de l’angoisse et les symptômes se manifestent alors fréquemment durant la journée, généralement trois à quatre heures après les repas. Les déficiences en magnésium, en acide folique, en vitamine B12 ont aussi été associées à l’angoisse. »

Les problèmes de santé reliés aux troubles anxieux

Alcoolisme et toxicomanie. Devant la difficulté d’assumer quotidiennement les problèmes liés à leur maladie, les personnes souffrant de troubles anxieux sont susceptibles de chercher du soulagement dans l’alcool ou les drogues. De 25 % à 50 % d’entre elles développent une dépendance.

Par ailleurs, tous les symptômes des troubles anxieux non soignés peuvent atteindre un tel point de sévérité qu’ils en deviennent un problème de santé en soi ou une maladie. Voici quelques exemples.

Syndrome de l’intestin irritable. Chez ceux qui consultent un médecin pour cause de syndrome de l’intestin irritable, un bon nombre souffre de problèmes mentaux, y compris le trouble panique, l’anxiété chronique, le syndrome de stress post-traumatique et la dépression. Le stress posséderait une grande influence sur la perception, la gravité et la chronicité des symptômes de cette maladie.

Hypertension et maladies cardiaques. Selon plusieurs recherches, l’anxiété semble reliée à un risque accru d’hypertension et de maladies cardiovasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde, troubles de rythme cardiaque, etc.). L’anxiété et les émotions intenses qu’elle véhicule augmentent le travail du coeur.

Dépression et autres problèmes mentaux. Les troubles anxieux existent rarement seuls et plusieurs études rapportent que plus de 90 % des personnes atteintes souffrent également d’un autre problème psychiatrique ; de 50 % à 60 % des personnes souffrant de dépression majeure déclarent avoir souffert toute leur vie d’un ou de plusieurs troubles anxieux. Certains auteurs parlent d’une forme particulière de maladie que serait la dépression anxieuse ; lorsque troubles anxieux et dépression coexistent, tant l’anxiété que la dépression seraient particulièrement graves.

Les traitements médicaux

Le traitement médical classique des troubles anxieux (avec certaines spécificités selon qu’il s’agit de l’un ou l’autre des six types) consiste en une combinaison de médication et de psychothérapie.

En ce qui concerne la médication, les médecins disposent de deux lignes d’attaque face aux problèmes anxieux. Pour le court terme (soulager les symptômes d’une crise aiguë), on prescrit des anxiolytiques (des tranquillisants). Pour le moyen terme, pendant que la personne rassemble ses moyens et suit une thérapie, par exemple, on prescrit des antidépresseurs. Il en existe plusieurs types, les plus fréquemment prescrits pour les troubles anxieux sont les IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine), dont le Prozac est l’exemple le plus célèbre. Il arrive, notamment dans les cas de troubles paniques, que des personnes prennent des antidépresseurs toute leur vie.

Plusieurs recherches ont révélé l’existence d’un important effet placebo dans le traitement des troubles anxieux, c’est-à-dire que les symptômes des patients (du moins ceux modérément affectés) semblaient soulagés aussi bien par un placebo que par le médicament testé, dans des mesures variables, mais allant parfois jusqu’à 100 %. Des chercheurs ont avancé l’hypothèse que le placebo pouvait réduire les symptômes sans améliorer la qualité de vie.

Dans le milieu médical, l’approche psychothérapeutique généralement recommandée pour ce genre de problème est la thérapie cognitivo-comportementale. Son objectif est de défaire les mécanismes mentaux nocifs, résultats d’apprentissages et de renforcements. Pour amener une modification sur ce plan, il s’agit de rendre conscientes les pensées (le processus cognitif), et de voir comment elles déterminent les réactions émotives et le choix des stratégies d’action. Changer la façon dont fonctionne le processus cognitif dans une situation donnée s’appelle « restructuration cognitive » ; changer la façon dont on se comporte dans une situation donnée s’appelle « modification comportementale » d’où le nom de la thérapie.

La supériorité de la thérapie cognitivo-comportementale sur le plan de l’efficacité, par rapport à d’autres formes de psychothérapie, n’a pas été démontrée. Selon plusieurs recherches, elle s’est avérée avoir un impact positif dans environ 50 % des cas lorsque ses effets étaient mesurés dans les six à 12 mois suivants. Dans un suivi systématique mené de 8 à 14 ans plus tard (auprès des participants de deux recherches contrôlées et randomisées), on a observé que 50 % des patients manifestaient une amélioration certaine et que de 30 % à 40 % de ceux-ci étaient guéris (sans plus aucun symptôme) ; par contre, chez 30 % à 40 % de l’échantillon total, surtout ceux dont les symptômes étaient les plus importants au départ, l’amélioration était faible.

Pour les enfants et les adolescents souffrant d’anxiété chronique, il semble que la thérapie cognitivo-comportementale, individuelle ou de groupe, et l’entraînement familial à la gestion de l’anxiété donnent de bons résultats ; la médication est également utilisée, mais il n’existe pas de recherches établissant l’efficacité des différents médicaments chez les enfants.

Un nouvel outil thérapeutique a été développé à la fin des années 1980 : l’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires ou EMDR (pour Eye Movement Desensitization and Reprocessing). Développée à l’origine pour traiter les personnes souffrant de troubles de stress post-traumatique (TSPT), elle semble avoir un bon taux de succès dans ces cas selon plusieurs recherches. L’EMDR stimulerait le cerveau émotionnel à « digérer » les événements traumatiques du passé. Toutefois, les avis sont partagés à son égard, et plusieurs médecins sont critiques vis-à-vis de cette méthode d’une simplicité étonnante.

S’appuyant sur l’hypothèse selon laquelle la dépression est causée par des événements traumatiques, le psychiatre David Servan-Scheiber recommande l’EMDR pour cette affection, affirmant que « quand la trace dysfonctionnelle des émotions est enfin éliminée par l’EMDR, les symptômes disparaissent souvent complètement ». Toutefois, l’approche fonctionnerait mieux avec des adultes en santé souffrant d’un seul traumatisme bien identifié ou d’une phobie bien précise, plutôt que d’un trouble plus diffus. Tant en France qu’au Canada, des psychothérapeutes formés et certifiés l’utilisent maintenant à l’intérieur d’une psychothérapie (de type classique ou non conventionnel).

Les traitements non conventionnels

Pour soulager les symptômes des troubles anxieux, les approches indiquées pour réduire le stress et son impact négatif sur la santé conviennent également. Il s’agit notamment de provoquer les mécanismes naturels de détente. Voir à ce sujet notre texte Mieux résister au stress : agir sur l’âme et le corps. Les lecteurs voudront peut-être aussi consulter notre texte Mieux résister au stress : changer d’attitude, dont le contenu est centré autour de la question « Pourquoi telle situation me cause-t-elle tant de stress ? ».

Pour une personne qui adhère à la théorie psychologique de l’anxiété, les antidépresseurs constituent une entrave à la guérison, puisqu’ils masquent les symptômes et, donc, réduisent la motivation à rechercher les causes profondes du malaise. Il faut alors considérer un traitement qui soit essentiellement psychologique – bien que les anxiolytiques puissent être utilisés pour permettre à la personne d’être « opérante ».

Le choix d’une approche psychothérapeutique plutôt qu’une autre dépend de considérations personnelles. Plusieurs approches sont décrites sur PasseportSanté.net dans le Guide des thérapies, mais pas toutes. Notre fiche Psychothérapie donne une vue d’ensemble des différentes approches. Vous pouvez notamment consulter les fiches suivantes : l’abandon corporel, l’analyse bioénergétique (bioénergie), l’art-thérapie, le focusing, la Gestalt, l’intégration posturale, la programmation neurolinguistique (PNL), le rebirth et la thérapie primale.

Les grands systèmes thérapeutiques peuvent également représenter un moyen de traitement. Ces approches holistiques apportent des regards différents sur les troubles de l’anxiété et les manières d’en guérir. Voir nos fiches Médecine traditionnelle chinoise, Médecine traditionnelle vietnamienne et Médecine ayurvédique.