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LA MONDIALISATION NÉO-LIBÉRALE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

 

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Critique de la pensée réformiste néolibérale

 

Les expressions «néo-libéralisme», «mondialisation», «globalisation», «monétarisation», «financiarisation» et «austérité» sont présentées comme caractéristiques d’un nouveau stade de développement du mode de production capitaliste. L’économie politique de la «mondialisation», de la «globalisation» et de «l’austérité» a été étudiée et décrite par Lénine dès 1916. Par contre, il est justifié d’affirmer que l’économie politique impérialiste est entrée dans une nouvelle phase de développement depuis les années 1968-1973 et la répudiation des accords de Bretton Woods, l’abolition de la convertibilité-or du dollar américain et de d’autres devises, et l’adoption du régime des changes monétaires flottants (1).

 

Toutefois, cette nouvelle phase de l’impérialisme ne constitue que l’exacerbation des contradictions déjà présentes dans le capitalisme classique. D’après les critiques de la mondialisation néolibérale, le mode de production capitaliste commercial (mercantile), reposant sur le commerce et la colonisation aurait évolué vers le capitalisme industriel néocolonial, marqué par le protectionnisme et l’édification de barrières tarifaires afin de protéger les marchés nationaux de la concurrence étrangère. Ce mode de production capitaliste – ce système d’économie politique dirait Marx – a ensuite évolué vers le «néolibéralisme, mondialisé, globalisé, monétariste et financiarisé» que nous connaissons aujourd’hui. Les caractéristiques de ce «nouveau» système économique néolibéral seraient que l’ensemble de l’économie est aujourd’hui accaparé par le secteur privé et une poignée de banquiers (les puissances d’argent, ce talisman) au détriment de l’État défenseur du bien public citoyen.

 

L’État, hier encore juste et équitable – arbitre impartial entre les forces sociales contradictoires – aurait été usurpé et accaparé par une clique de riches – en collusion – se cooptant, complotant et pervertissant les fonctionnaires – stipendiant les politiciens par des caisses électorales occultes et des pots-de-vin, et s’accaparant de tout le pouvoir politique démocratique bourgeois (sic).

 

Les médias dans nos sociétés libres et démocratiques (sic) auraient manqué de vigilance et parfois même ils auraient malencontreusement fermé les yeux sur ces malversations. La mission de l’opposition électoraliste altermondialiste, sociale-démocrate et nationaliste chauvine de la gauche bourgeoise serait aujourd’hui de réorienter l’appareil étatique et gouvernemental dans la direction de son penchant naturel en faveur de l’équité et de la justice sociale. Tout ceci n’est que fumisterie.

 

Le but ultime de cette opposition civique et citoyenne larmoyante est de retourner à l’État providence tant aimé mais révolu – symbole des années de bombances où la petite bourgeoisie exultait (2). La petite bourgeoisie, courroie de transmission et «porteuse d’eau» du grand capital, voudrait ainsi conserver ses privilèges (ses chaînes dorées) et ne pas subir les affres du néo-libéralisme mondialisé et globalisé. Ce système sans-cœur et prévaricateur qui détruit toutes les bases de «l’harmonie sociale» que le petit-bourgeois a eu tant de mal à crédibiliser aux yeux des ouvriers et de tous les salariés (3).

 

« À partir des années 1970, avec la montée en puissance des pensées de Milton Friedman et de Friedrich Hayek le mot néo-libéralisme prend un autre sens. À partir de Michel Foucault, le néolibéralisme est alors présenté comme une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l’emprise des mécanismes du marché à l’ensemble de la vie. Friedman et Hayek sont désignés en France comme en étant en grande partie les inspirateurs bien qu’ils ne se soient jamais réclamés du néolibéralisme, mais seulement du keynésien, qui limite voire supprime l’intervention étatique. Le contexte économique marqué par la fin du système de Bretton Woods relance les discussions entre écoles économiques et leur intensité a contribué à populariser ce terme » (4).

 

Les idéaux et les principes du réformisme néo-libéral

 

Les termes «néolibéralisme mondialisation globalisation monétarisation financiarisation» désignent aujourd’hui un ensemble d’orientations  idéologiques, économiques et politiques d’inspiration réformistes et opportunistes qui partagent plusieurs idées communes :

Le courant de pensée néolibéral dénonce l’aspiration d’une portion des intellectuels qui s’opposent à «l’austérité» et espèrent le maintien de «l’État-providence» en déliquescence. Le courant de pensée néolibéral dénonce leurs jérémiades pour un accroissement des interventions gouvernementales dans l’économie sous forme de règlementations et d’aide sociale. Les néolibéraux  dénoncent le maintien de charges fiscales pour les entreprises privées «déficitaires» (sic).

Ils dénoncent la prise de contrôle d’entreprises privées par l’État «socialiste», entreprises qui devraient, selon les intellectuels néolibéraux, être rétrocédées au secteur privé, dès que renflouées et rentabilisées. Ce à quoi s’opposent les petits-bourgeois altermondialistes et pseudo-socialistes, au motif que ces entreprises étatiques rentables profiteraient aux contribuables (ce qui est totalement faux comme le démontre la hausse constante du prix de l’électricité produite par la société d’État Hydro-Québec).

Le courant de pensée néolibéral fait la promotion de l’économie de libre marché au nom de la liberté de l’agent économique producteur et de l’acteur économique – consommateur et au nom de «l’efficacité» économique de la libre entreprise concurrentielle et monopolistique. Argument des plus ludiques quand on observe la crise économique structurelle et systémique qui n’en finit plus de démontrer l’inaptitude de la libre entreprise capitaliste à survivre sans guerre génocidaire, sans crises financières, sans famine endémique, sans pandémie meurtrière et sans cataclysme. Néolibéraux et gauche bourgeoise devraient être suffisamment avisés pour réaliser que le libre marché et la libre concurrence n’existent pas sous l’impérialisme monopolistique.

Le courant de pensée néolibéral prône la dérégulation et la dérèglementation des marchés qui devraient se réguler par les forces et les lois naturelles du marché «libre» et le jeu de la libre concurrence. Les réformistes rétorquent que trente années de dérèglementation-dérégulation ont entraîné l’intensification de la corruption, de la collusion, du pillage des administrations publiques; l’accentuation de la fraude fiscale; l’extension de la spéculation boursière; la dérive monétaire et bancaire; la destruction des services publics; la multiplication des empoisonnements alimentaires; la profusion des accidents ferroviaires, aériens, routiers, maritimes et pétroliers; l’extension des guerres régionales; ainsi que l’anarchie totale de l’économie. Tout ceci est véridique, mais il est tout aussi vrai que ces tendances sont inscrites dans le code génétique de l’impérialisme et ne pourront jamais être enrayées.

Les idéologues néolibéraux défendent les mesures d’austérité et aspirent à la disparition du secteur public au bénéfice du secteur privé dans tous les domaines rentables et profitables. À l’État il restera les services publics non rentables. Évidemment, la classe ouvrière n’acquiesce nullement à ce salmigondis ubuesque. Le militant vigilant perçoit rapidement que les pouvoirs  sont indifférents à ses atermoiements véhéments. Seule une opposition gréviste très musclée pourra contrecarrer les décisions arrêtées dans les offices climatisés.

Les intellectuels néolibéraux exigent que les secteurs d’activités économiques de production, de distribution et des services publics non profitables soient abandonnés s’ils ne sont pas essentiels à la reproduction élargie du capital. Ou alors qu’ils soient mis à la charge de l’utilisateur-payeur (récupérant ainsi les salaires consentis aux travailleurs) libérant ainsi du revenu gouvernemental pour augmenter les subventions aux entreprises privées sous prétexte de «stimuler l’économie», sous prétexte de créer des emplois (très lourdement subventionnés, précaires et éphémères), sous prétexte de rembourser aux banquiers la dette souveraine contractée avec la collusion des politiciens et des majordomes du capital.D’un commun accord néolibéraux et politiciens s’entendent pour que les budgets étatiques soient impérativement mis au service du grand capital pour sa reproduction élargie.

Ce détournement des argents des fonds de pension, des dépôts bancaires, des crédits publics, dorénavant ne passeront plus par un processus d’essaimage généralisé (aide sociale, allocation familiale, garderie subventionnée, transport en commun, logement subventionné, soins de santé et d’éducation dilapidés et services publics vilipendés), mais s’engouffreront directement dans les goussets des monopoles et des milliardaires. Le chantage des entreprises forestières et des alumineries exigeant une nouvelle baisse des tarifs d’électricité, déjà sous-facturée, est une manifestation authentique de cette dictature impérialiste sur la gouvernance publique démocratique bourgeoise (5).

Les critiques du «néolibéralisme» geignent que ce faisceau de mesures d’austérité et de désengagement des gouvernements accroit les inégalités sociales; déstabilise le tissu collectif citoyen; compromets la paix civique; pille les ressources naturelles et déséquilibre l’État dans ses pratiques juridiques en l’engageant «trop fortement» du côté des possédants, lui retirant son verni terni «d’arbitre impartial» au-dessus des classes sociales. Cesser de gémir militants de la gauche bourgeoise en délire et veuillez-vous raviser. L’État des riches capitalistes se dépare ainsi de son masque d’hypocrisie et affiche sa vraie nature de bâtard du capital.

L’État providence ne fut qu’un intermède cadeau des néo-colonies surexploitées que la crise économique systémique globalisée et mondialisée ne permet plus de raviver. Le laisser-faire «dirigiste» néolibéral Loin de «laisser faire» l’État capitaliste bourgeois intervient constamment et de plus en plus vigoureusement pour organiser et soutenir la reproduction élargie du capital. D’abord, pour assurer la valorisation (plus-value – profits) du capital qui est la condition de base de la reproduction du système d’économie politique impérialiste moderne.

La mondialisation néo-libérale globalisée caractérisée par l’austérité et la non-intervention de l’État n’est que mensonge et duperie qu’accréditent les organisations de la gauche bourgeoise par leurs dénonciations du pseudo désengagement de l’État. Il n’y a jamais eu de désengagement de l’État bourgeois. Il y a simplement des mesures d’austérité et de réorientation des engagements de l’État directement en faveur du capital sans passer par aucun intermédiaire.

Chaque jour l’État se désengage des services publics et réduit ses dépenses destinées à la reproduction de la force de travail et au soutien social, cependant que chaque jour l’État-providence pour les riches s’engage et transferts les deniers publics ainsi épargnés en direction des programmes de soutien destinés aux capitalistes (au Québec, on dénombre 2 300 programmes de subventions aux entreprises distribuant quelques milliards de dollars en subventions aux entreprises) afin d’assurer la reproduction élargie du capital dont l’État est le commandeur universel, l’état-major de la classe possédante et dominante et ceci quelle que soit la fraction de la bourgeoisie qui contrôle temporairement le pouvoir d’État (6).

 

  • LA SEMAINE PROCHAINE : LE COMBAT ENTRE L’ÉCONOMIE RÉELLE ET L’ÉCONOMIE «VIRTUELLE». 

Complément de lecture : Manifeste du Parti ouvrier mondial (2014).   http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

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LUTTE GRÉVISTE DU FRONT COMMUN DE LA FONCTION PUBLIQUE

 

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http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-greviste-de-la-fonction-publique/

 

L’amorce d’un Front commun syndical (2015)

 

des employées de la fonction publique québécoise n’est pas encore déclenchée que déjà les chefs syndicaux s’agitent. Afin de mériter leur hyper salaire ils doivent mener des enquêtes et organiser des rencontres aLa lutte gréviste fin de préparer la négociation de la prochaine convention collective des 300 000 employés regroupés sous le sigle du Secrétariat intersyndical des Services publics (SISP), la Confédération des Syndicats Nationaux et la Fédération des Travailleurs du Québec. (1) 

 

Les patrons syndicaux se savent surveiller par les salariés syndiqués expérimentés. Afin de redorer leur blason terni ils ont eu l’idée de signer une entente d’unité des appareils syndicaux – question de faire diversion. Une certaine gauche raffole de ces manigances à propos des Fronts communs, ce qui lui permet de faire la leçon aux travailleurs à propos de la nécessaire «solidarité» des syndiqués.

Les ouvriers québécois de la construction (175 000 prolétaires), lors de la récente négociation de leur convention collective, ont goûté au narguilé de la «solidarité syndicale» quand la moitié des grévistes ont été invité par leurs dirigeants syndicaux à rentrer au travail laissant l’autre moitié sur le pavé. Exit le «Front commun» des ouvriers de la construction du Québec.

De l’importance des conventions collectives dans le secteur public

Que ce soit au Québec, au Canada, en France ou ailleurs, sous l’économie impérialiste moderne, l’État bourgeois a un rôle primordial à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autres, l’État doit assurer de nombreux services pour la reproduction de la force de travail des salariés (reproduire – former – soigner – encadrer –  réprimer) (2).

Ces fonctions cruciales amènent l’État à engager et à payer des milliers et même, aux États-Unis, des millions d’employés afin d’assurer cette intendance et cette gouvernance. L’État bourgeois – l’émanation politique de la classe capitaliste – se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations collectives, jouant à la fois le rôle de l’État employeur-exploiteur; le rôle de l’État législateur; de l’État payeur, mais aussi de l’État taxeur et emprunteur afin d’enrégimenter ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum pour le salaire minimum socialement acceptable (la moitié des employés des services publics québécois gagnent moins de 30 000 $ CAD par année) (3).

Étant donné l’importance numérique et le rôle social crucial que joue cette multitude de travailleurs des secteurs public et parapublic dans la valorisation du capital financier, la classe capitaliste multiplie les efforts pour encadrer ces  salariés; pour négocier leurs conditions de travail et leur salaire au plus serré; pour soudoyer les dirigeants syndicaux et finalement, pour placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale entre eux. C’est la raison des négociations en cours à Genève sur la «libéralisation» du commerce des services, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement – TISA) (4).

Ainsi, la négociation des conventions collectives des employés de l’État pose directement la question du rôle de l’État bourgeois. Les  travailleurs doivent profiter de cette opportunité pour s’interroger sur la légitimité de l’État de droit bourgeois. L’État est présenté comme œuvrant au-dessus des classes sociales – comme un tribunal impartial, ou alors comme un organe malencontreusement compromis et corrompu, dévoyé de sa mission historique d’équité et de justice (Commission Charbonneau). Les parlements et les gouvernements devraient être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote en faveur des redresseurs de torts de la gauche multicolore (sic) qui militent afin de maintenir l’État providence et rétablir sa politique d’abondance, ce qui est impossible à l’évidence. La conjoncture économique de crise ne permet plus cette «générosité» de la part de l’État corporatiste policier, qui a remplacé l’État providence

La conjoncture économique au Québec et au Canada

 

L’État provincial, tout comme les municipalités québécoises, sont aux prises avec un déficit actuariel gigantesque pour ne pas avoir payé leurs contributions aux régimes de retraite de leurs employés. La défense des fonds de pension sera donc un enjeu majeur de cette négociation sur le front économique de la lutte de classe. De plus, le déficit courant de l’État québécois est de plus de trois milliards de dollars par année et la dette cumulée est de 267 milliards $ ou 53 803$ par habitant (5). Plus de la moitié des employés de l’État touchent moins que 30 000 dollars par année avant impôt. Avec ces salaires de misère la défense du pouvoir d’achat sera un enjeu majeur. Sans compter la sécurité d’emploi, alors que le tiers des employés de l’État sont à statut précaire. 

De la stratégie à la tactique de combat 

Le choix d’une tactique de combat dépend de l’objectif stratégique, des moyens mis en œuvre et du rapport des forces en présence. Examinons chacun de ces points concernant l’éventuelle lutte gréviste des employés de la fonction publique. 

Les travailleurs savent qu’il y a des grèves perdues d’avance. Ils savent qu’il y a des grèves facilement gagnées. Ils savent surtout que la plupart des négociations de conventions collectives sont l’objet d’âpres disputes entre les classes sociales en présence. C’est de la multiplication des grèves combatives et à grande échelle que surgira l’espoir de faire reculer l’État québécois dans ses visées de rejeter le fardeau de la crise sur les épaules des salariés. En attendant ce mouvement espéré, le militant propose des mots d’ordre unificateurs qui dirigent l’animosité de la classe contre l’ennemi principal, c’est-à-dire contre l’État corporatiste policier.

Ce mot d’ordre visant l’unité et la combativité de l’affrontement gréviste pour faire reculer l’État policier ne peut pas être : «Luttons pour le contrôle démocratique de la base sur l’appareil syndical. Renversons l’exécutif syndical». Un tel mot d’ordre perturbateur oriente le combat ouvrier, non pas contre l’État policier, employeur et législateur, mais contre l’exécutif syndical censé organiser la lutte des travailleurs.

Bien entendu, le militant aguerri rétorquera que tôt ou tard, comme par le passé, les bureaucrates syndicaux trahiront la lutte des travailleurs. Ce qui est tout à fait exact. Mais si la grande majorité des travailleurs n’est pas déterminée à congédier les officiers syndicaux, le seul résultat d’une telle consigne sera de provoquer la division au sein de l’organisation, possiblement l’expulsion des militants et un gaspillage d’énergie qui favorisera la partie patronale, ce dont les salariés feront reproche aux militant(e)s engagé(e)s.

C’est dans le cours même de la lutte que les tergiversations et les trahisons des bureaucrates syndicaux seront mises au jour, exposées concrètement aux yeux des travailleurs. Il sera temps alors de les afficher de façon que les travailleurs apprennent et se souviennent. Inutile toutefois pour les militants de la gauche de tenter de s’emparer des postes des bureaucrates syndicaux évincés. Un militant de gauche qui devient agent syndical de combat se transformera plus tard en syndicaliste d’affaires, négociateur bien payé de conventions collectives pour ouvriers sous-payés. Il ne peut en être autrement sous l’hégémonie de la classe capitaliste. Deux cents ans d’histoire du mouvement ouvrier mondial nous l’ont enseigné. C’est au moment de l’insurrection que la classe ouvrière réglera ses comptes avec les apparatchiks de l’industrie du syndicalisme. Il est aussi illusoire de croire à un syndicalisme de combat, à un syndicalisme communiste, que de rêver à un capitalisme humaniste (6).

Les travailleurs décident de leurs revendications

Grâce à la riche expérience dont bénéficient les travailleurs des pays capitalistes avancés ils sont parfaitement à même de décider de leurs revendications, de leurs tactiques de combat et de juger le rapport de force qui les oppose à leur patron, l’État policier, ceci  inclue les « boss » syndicaux. Les travailleurs qui engagent leur salaire, leur emploi, qui risquent des poursuites judiciaires, et l’affrontement avec les forces policières, décideront des concessions qu’ils tolèreront et de celles qu’ils refuseront. De toute façon, aucun militant n’est en mesure de contraindre les salariés de sortir en grève illégale et illimitée si ces derniers jugent le moment inapproprié ou le rapport de force mal engagé.

Mener cabale en faveur de telle ou telle revendication «transversale», soi-disant non corporatiste et soi-disant «progressiste» ne peut que saboter l’objectif stratégique de faire reculer l’État des riches. Il ne revient pas aux communistes de choisir les revendications des conventions collectives sinon pour supporter les grévistes qui souhaitent concentrer leurs énergies sur les enjeux décisifs. Les travailleurs ne mèneront que les luttes qu’ils veulent mener pour les revendications qu’ils veulent privilégier.

Les camarades de gauche, plutôt que de faire des remontrances et de deviser à propos des revendications que les salariées doivent prioriser, seraient mieux avisées d’observer quelles sont les revendications que les travailleurs de la fonction publique sont prêts à défendre et respecter leurs choix tactiques. Les camarades devraient prendre exemple sur les bureaucrates syndicaux à ce propos. Les «boss» syndicaux ont une grande expérience de mener des sondages pour dresser le cahier des doléances de leurs membres. Ce n’est pas à cette étape qu’ils liquident la lutte de résistance. Ils noient les revendications importantes dans une masse de demandes en prévision de leur capitulation aux tables de négociations marathons. Puis, ils enclenchent avec l’employeur la « négociation » de la vente de la force de travail de leurs membres et ils conjurent les militants de ne rien faire, de ne pas se battre. Quand la négociation est en panne, ils en appellent aux travailleurs, non pas pour défendre leurs revendications importantes, mais simplement pour faire pression pour que l’État du capital revienne aux tables de négociation épuisant les salariés par des actions délurés. Ou alors ils appellent à une grève symbolique ou une grève sociale tout en respectant les services essentiels. C’est à ce moment précisément qu’ils trahissent la lutte gréviste.

Un peu d’histoire des luttes grévistes au Québec

Certains camarades présentent la création du «Front uni des travailleurs de Sept-Îles», en 1972, comme un modèle de Front Populaire qui aurait donné, disent-ils, de la «profondeur» et un aspect «insurrectionnel» en radicalisant la lutte des travailleurs. Quant à nous, nous pensons que c’est le radicalisme de la lutte gréviste de ces travailleurs qui a mené à cette proclamation d’un «Front populaire», lequel, a été rapidement abandonné et pour cause. Il y avait peu de chance de créer et de préserver une République socialiste du Front populaire des Sept Iles. Les ouvriers militants de cette municipalité ont rapidement constaté la nécessité d’un soulèvement prolétarien continental, à tout le moins, s’ils souhaitaient préserver leur «Front populaire» régional.

Il en fut de même au printemps 2012 (Printemps Érable) lors de la lutte de résistance syndicale étudiante contre la hausse des tarifs de scolarité imposée. Les étudiants ont choisi eux-mêmes leur mot d’ordre et leur revendication «réformiste» sous le slogan : «Stoppons la hausse», rejetant les revendications gauchistes en faveur de la création d’une université prolétarienne au cœur de la cité urbaine bourgeoise. Ils se sont dotés d’une nouvelle organisation syndicale étudiante suite au refus des associations existantes de diriger la lutte de résistance et ils ont lancé le combat à deux reprises (2005 et 2011) avant de faire reculer l’État policier, ce qui était le but visé. Aujourd’hui, l’Association pour la solidarité syndicale étudiante (ASSE) débat de l’affectation qu’elle fera des cotisations étudiantes qu’elle ne cesse d’accumuler (!)

Présentement le combat des policiers et des pompiers pour défendre leur régime de retraite dévalisé offre un bel exemple de liquidation syndicale. Les bureaucrates syndicaux ont commencé à liquider la lutte en paralysant le front commun spontané de tous les employés des municipalités, et en réclamant le droit de négocier unité par unité d’accréditation syndicale.

 

L’attaque gouvernementale ne porte pas fondamentalement  sur le droit de négocier dans chaque municipalité mais sur les conditions de contribution des deux parties (municipalités – employés) dans les fonds de pension et sur le paiement des arriérés que les municipalités n’ont pas versées. Les policiers et les pompiers ne se battent pas pour que leurs «boss» syndicaux se pavanent aux tables gouvernementales mais pour ne pas perdre 6000 ou 8000 $ de prestation par année pendant la durée de leur retraire.

Les précédentes négociations des conventions collectives de la fonction publique québécoise, en 2005 et en 2010, sont qualifiées de désastreuses par le Groupe  Internationaliste ouvrier (GIO). Les camarades déclarent : «L’organisation autonome de la classe ouvrière contre le patronat, l’approfondissement et l’extension de la lutte tout comme l’émergence d’une conscience de classe révolutionnaire ne sont même pas effleurée dans les documents frontistes qui circulent dans les assemblées du groupe Offensive Syndicale et Front d’Action Socialiste». Tout ceci amène le GIO à conclure que le Front social devant englober le Front commun syndical est hautement improbable.   

La lutte gréviste est défensive

Toute négociation d’une convention collective, toute lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe est par nature un compromis, une lutte défensive, un combat de résistance. Du moment qu’un travailleur vend sa force de travail contre salaire il consent qu’en vertu du droit bourgeois son surtravail lui soit confisqué et dès lors il tolère son sort d’esclave salarié spolié. Le fait que l’employé négocie une augmentation de salaire pour son travail nécessaire seul ou regroupé en syndicat ne remet nullement en cause sa soumission à son patron qui l’achète contre rémunération. Il n’y a là rien de révolutionnaire.

Spontanément, et sans l’idéologie marxiste révolutionnaire, la lutte réformiste syndicale est le plus loin que puisse aller la lutte de classe «en soi». D’instinct, l’ouvrier reconnaît qu’il est plus avantageux de vendre collectivement sa force de travail en étant organisé en syndicat pour marchander plutôt que de se vendre à la criée, isolé. Si aussi peu que 10% des travailleurs américains sont syndiqués, c’est que l’État policier étatsuniens réprime fortement la syndicalisation et ils compensent par des prestations sociales et des services pour une partie du manque à gagner des non-syndiqués. Sans compter qu’une partie des patrons étatsuniens ajustent les salaires en fonction de ce qui est consentis par les grandes entreprises syndiquées.

Que font les communistes dans cette galère «syndicaliste réformiste»?

Les communistes engrangent de l’expérience de lutte par la lutte et à travers les luttes grévistes (syndiquées et non syndiquées). Nous venons clarifier les enjeux et stigmatiser les compromis, identifier les parties et leurs intérêts respectifs et faire comprendre à notre classe que ce jeu des négociations-marchandages de leurs conditions de survie n’aura jamais de cesse et que la partie est au bout du compte perdue d’avance.

Les lois de l’économie capitaliste forceront les patrons à céder de moins en moins de salaires et à réclamer de plus en plus de surtravail non payé. Pire, tous les efforts réclamés à la classe ouvrière pour augmenter la productivité et rétablir la profitabilité sont vains, car le système économique capitaliste ne peut se perpétuer, sinon, en détruisant nombre de moyens de production et en éliminant nombre de forces productives. Chaque gain de productivité ouvrier ce sont des emplois qui disparaissent. En travaillant plus le salarié est assuré de gagner moins sous le système capitaliste.

Front commun ou pas de front commun ?

Nous allons parmi les salariés, avec ou sans Front commun syndical (cette question n’est pas cruciale, l’unité ouvrière naîtra dans la lutte et par la lutte), pour expliquer à notre classe qu’il lui faudra un jour se résigner à dépasser les luttes de classe «en soi», pour sauver son  pouvoir d’achat et pour survivre, et elle devra entreprendre la lutte de classe «pour soi», pour la conquête du pouvoir d’État, l’expropriation sans compensation des moyens de production, d’échanges et de communication, l’établissement de la dictature du prolétariat et pour l’édification du mode de production socialiste. Au moment de l’insurrection, la question de la direction des syndicats de collaboration de classe se réglera d’emblée (7).      

 

Nous sommes la mémoire des luttes au service de notre classe et nous venons ici aujourd’hui soutenir la lutte gréviste.

 

Notes

 

  1. http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131
  2. http://www.pressegauche.org/spip.php?article17465
  3. http://www.leftcom.org/fr/articles/2014-05-13/le-front-commun-n-aura-pas-lieu-r%C3%A9ponse-au-camarade-alain-savard-du-front-d
  4. https://wikileaks.org/tisa-financial/ ET http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427
  5. http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise et http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131
  6. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lindustrie-du-syndicalisme-daffaire/
  7. Rosa Luxembourg (1906) Grève de masses, parti et syndicat. https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm

 

A LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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Gabriel propose de taxer les riches !

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Surfant sur la vague des «carrés rouges» la vedette médiatique québécoise Gabriel Nadeau-Dubois se porte à la défense de la classe moyenne (sic) et de la classe populaire (resic) les nouvelles classes sociales accréditées «politically correct» par la bourgeoisie du XXIe siècle.

 

Has been Lise Payette et Noam Chomsky sont venus prêtés main forte au jeune doctorant dans sa neuvaine en faveur de la classe moyenne et pour la gratuité de la scolarité. Dans son livre, bien intentionné, «Plaidoyer pour la gratuité», GND a fait quelques trouvailles essentielles pour l’avenir de l’humanité post «Révolution tranquille de l’État providence en dormance». Examinons quelques-unes de ces découvertes exhumées de «notre maître le passé» (Lionel Groulx franquiste impénitent).

 

Première observation de GND «Les études supérieures sont plus accessibles qu’elles ne l’ont jamais été dans le passé et 58% des étudiants à l’université sont aujourd’hui des femmes». Il faut continuer, exige-t-il, sans préciser le taux visé (80% ou 90% ?)

Deuxième remarque, Gabriel demande que des montants importants soient consacrés par l’État policier afin de stopper l’hémorragie du décrochage scolaire au secondaire (40% de décrocheurs par endroit, majoritairement des mâles). Mais le décrochage sera-t-il freiner par des investissements du gouvernement ou par la disponibilité d’emplois payants, intéressants et permanents ? Est-ce réalisable Gabriel dans les limites de l’économie capitaliste déconfite ?

Troisième déconvenue de Gabriel à l’effet que le discours néolibéral dominant préconise de couper sans ménagement dans les dépenses du gouvernement car il n’y aurait plus d’argent. Gabriel Nadeau Dubois critique les plumitifs qui n’ont que le mot «couper» à la bouche. Pourtant, GND aurait dû envisager qu’il serait intéressant de «couper» dans les généreux investissements destinées aux entreprises privées. Mais qui osera s’y atteler ? Le parti politique de has been Payette, ou le Parti Québécois renouvelé de Jean-François Lisé et de Pierre Karl Péladeau le milliardaire ? Gabriel Nadeau n’en dit mot.

Quatrième chimère de Gabriel N-Dubois qui déclame qu’un système d’éducation a pour vocation d’inculquer l’idéologie dominante (culture, mœurs, morale, instruction, philosophie) à une population aliénée et pas uniquement de former des ouvriers compétents, dociles et performants. Gabriel devait savoir que ce fut, et que c’est toujours, l’objectif du système éducatif, au Québec comme partout en Occident, depuis avant la «Révolution tranquille de l’État providence en latence».

Pour les riches, un bon travailleur est un salarié formaté et intégré. Charest, Marois et Couillard lui diront qu’il en a toujours été ainsi, c’est le coût de l’opération qui pose question et provoque des discussions.

Cinquième révélation, GND l’écrivain s’offusque que certaines personnes soient en train de s’enrichir et ces personnes morales (compagnies) auraient le devoir, sermonne le jeune homme, de participer à l’effort «nationale» à la hauteur de leur capacité de payer plutôt que de planquer leur fric chez le banquier. Vœu pieu évidemment de tous les réformistes de Québec Solitaire à   la gauche solidaire.

Il est étrange que ni Gabriel, ni ses invités, n’aient observé que les politiques fiscales laxistes et les paradis fiscaux illicites sont répandus sur toute la planète et dans  nombre de contrées n’ayant jamais été affectées par la «Révolution tranquille de la bourgeoisie servile». Il doit bien y avoir une explication pour une telle unanimité de docilité internationale en faveur des milliardaires débonnaires.

Gabriel Nadeau Dubois ne nous dit pas comment il renversera cette tendance à la concentration-accumulation de la richesse inhérente au mode de production capitaliste décadent.

Le nouveau livre de GND est en librairie depuis mercredi dernier…

 

 

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/gabriel-propose-de-taxer-les-riches/

 

 

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CRISE ÉCONOMIQUE ET AUSTÉRITÉ. COMMENT FAIRE FACE ? (2)

afriquedusud3(Voici le texte d’un  atelier présenté au Forum Social des Peuples. Ottawa. Jeudi 21.08.2014. La première partie de cet article est parue sur »  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/crise-economique-et-austerite-comment-faire-face/

 

La crise compagne de route de l’impérialisme en déroute

 

Le krach boursier de 2008, dans lequel nous pataugeons toujours, fut le résultat  incontournable de l’évolution normale du système d’économie impérialiste moderne. Résumons simplement l’enchainement de ce processus obligé. En simplifiant exagérément nous dirons qu’au commencement il y avait une société ayant des besoins à combler.

 

Le premier mouvement de ce drame shakespearien survient quand un agent économique (les capitalistes) s’empare du pouvoir économique, politique et idéologique et propose non pas des biens et des services pour combler ces besoins multiples et variés mais des «marchandises» à leur valeur de production, c’est-à-dire des produits sortis de ses usines, de ses manufactures, de ses ateliers de service, de ses chantiers de construction, de ses moyens de transports et de communication qui appartiennent tous aux actionnaires-propriétaires des moyens de production, d’échanges et de communication. Cet agent économique capitaliste privé développe ces fonctions de production, d’échanges et de communication pour l’unique raison d’empocher des profits à profusion puis de les réinvestir pour enclencher un nouveau cycle économique profitable. La motivation du propriétaire privé des moyens de production, d’échanges et de communication n’est pas de satisfaire les besoins sociaux de la population, mais de satisfaire ses actionnaires.

 

Le deuxième mouvement de ce drame shakespearien survient au moment où dans cette course à la production de marchandises et de services pour faire jaillir le surtravail source de plus-value des mains de l’ouvrier spolié, le contraire survient. Plus le processus s’industrialise, se mécanise, s’automatise et se robotise, plus le profit s’amenuise. Le capitaliste exige plus de productivité de la part du salarié, afin d’obtenir plus de surtravail à spolier. Plus la productivité augmente, moins il n’entre de labeur  dans la valeur du produit-marchandise, donc moins il y a de plus-value à exproprier. Pire, le salaire du salarié s’amenuise et sa consommation tout autant. Le marché solvable rétrécit tandis que les capacités de production s’intensifient et inondent les marchés de produits ayant de moins en moins de valeur marchande, pour de moins en moins de clients en mesure de consommer.

 

Étant donné que le bénéfice des banquiers, des financiers, des courtiers sont tirés de la plus-value – du surtravail spolié aux ouvriers – et donc du capital financier actif et productif, le rétrécissement des marchés amène le ralentissement de la production ainsi que du cycle de reproduction élargie du capital.

 

Le troisième mouvement de ce drame shakespearien amène les boursicoteurs, les courtiers, les banquiers et les financiers à libéraliser le crédit afin de faire consommer aux salariés leurs gages anticipés. Ils espèrent ainsi continuer à empocher leur part des profits qui ne seront probablement jamais produits puisque la crise économique  s’approfondit. Par-dessus cette solution du crédit illusoire et ostentatoire, les banquiers et les financiers surajoutent la création de «produits» financiers illégaux, frauduleux et mafieux qu’ils achètent à crédit et qui, à la première flambée boursière, se consument et s’envolent en poussière. Le banquier français avait appelé cette arnaque : «l’évaporation complète des liquidités» (voir le chapitre précédent).

 

Depuis 2008, politiciens corrompus, banquiers véreux, économistes obséquieux, experts ingénieux et journalistes complices déchirent leurs chemises sur le parvis des banques et des places financières, abjurant leurs crimes et jurant que des mesures de contrôle seront instaurées, que d’autres seront renforcées, que l’hégémonie du capital financier est terminée et que tant de choses vont changer. Rien n’a changé de l’aveu même des courtiers et en 2010 la Grèce était emportée (45 % de Grecs vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté) et en 2012 les banques de Chypre s’effondraient sous les fourches caudines des Attila de la finance internationale [i]. 

 

Crédit à volonté pour compenser l’affaissement des marchés

 

Nous avons précédemment «palabré» à propos du crédit débridé disponible à tout vent pour consommer. Il nous faut maintenant approfondir cette arnaque montée par les «banksters». Afin de pallier la diminution des ventes conséquentes à la baisse des revenus réels et du pouvoir d’achat érodé des salariés, les banquiers et les financiers ont accordé des prêts hypothécaires sur lesquels ils ont spéculé. Les compagnies privées du secteur de la fabrication (automobiles, meubles, appareils électro-ménagers, appareils électroniques) se sont mises à prêter elles aussi. Les commerçants au détail et les grandes surfaces ont ouvert les prêts à la consommation à profusion. Au cours de l’année 2013, le crédit à la consommation excluant les hypothèques et les emprunts étudiants a augmenté de 5 à 8 % par mois aux États-Unis alors que le PIB a stagné. Les créances personnelles s’élevaient à 3 087 milliards de dollars en 2013 aux É.-U [ii]. Les proportions sont équivalentes en Europe occidentale et dans les autres pays d’Occident.

 

Au Canada, le crédit à la consommation est passé de 438 millions à 522 millions de dollars entre 2009 et 2013, une hausse supérieure à celle du PIB et à l’indice d’inflation [iii]. Cette débauche de prêts – d’argent en réalité – provoque une inflation importante et ne fait qu’approfondir la crise financière et monétaire et retarder l’échéance du krach boursier qui éventuellement projettera l’économie mondiale dans une dépression catastrophique.

 

Tous ces prêts c’est de l’argent mis en circulation avant que d’être passé par le cycle de valorisation du capital par l’entremise de la production de marchandises ou de services et par le cycle de reproduction du capital d’où les patrons extirpent plus-value et profits. Le crédit c’est de l’argent inflationniste mis sur le marché des profits anticipés non encore matérialisés et qui risquent de «s’évaporer» avant que de se concrétiser.

 

L’achat à crédit c’est la consommation actuelle d’un salaire virtuel que le salarié ne pourra probablement jamais toucher puisque le chômage, la stagnation des salaires, les hausses de taxes et d’impôts, alliées à l’inflation galopante, viendront le gruger avant que d’être encaissé. Sans compter que par ces emprunts le salarié réduit son pouvoir d’achat de la valeur des intérêts qu’il devra débourser. Voilà pourquoi les gouvernements s’inquiètent tant du niveau d’endettement des ménages qui a atteint 164 % en 2013 au Canada. Sous différentes formes, les Canadiens empruntent 100 milliards de dollars chaque année. Au total, les ménages canadiens doivent 1 600 milliards de dollars alors que leurs biens immobiliers – leurs résidences – sont surévalués de 60 %.

 

Par la faute des banquiers, les ménages canadiens vivent souvent dans l’indigence, mais tout de même au-dessus de leur maigre moyen et il suffirait d’une hausse des taux d’intérêt pour que la finance et l’économie s’effondrent et sombre irrémédiablement [iv]. Voilà pourquoi la Banque du Canada et la Réserve fédérale aux États-Unis n’augmentent pas leurs taux directeurs pour le moment.                                                                                                   

 

Le crédit entraîne le capitalisme vers le précipice

 

Vous aurez noté que les divers paliers de gouvernement ne peuvent rien faire contre le fléau des emprunts débridés, mécanisme inscrit dans les rouages internes de l’économie impérialiste moderne. L’impression et la diffusion massive d’argent (Quantitative Easing) notamment par le gouvernement étatsunien (85 milliards de dollars inflationnistes sont injectés dans l’économie mondiale chaque mois), et l’accès débridé au crédit provoquent l’inflation des prix à la consommation. L’argent est lui-même une marchandise (c’est la marchandise universelle – le fétiche, le talisman censé transformer toute autre marchandise en argent). En tant que marchandise universelle, l’argent (sous forme de monnaies, de cartes de crédit, d’hypothèques, d’actions, de profits, d’épargnes) représente quantité de biens et de services disponibles sur le marché.

 

Selon la loi de l’offre et de la demande (Figure 1) le point d’équilibre, c’est-à-dire, non pas la valeur, mais le prix moyen d’un bien, est fixé au point de rencontre de la courbe de l’offre et de celle de la demande. La marchandise argent, devenant de plus en plus abondante, alors que la disponibilité des autres marchandises demeure relativement stable, s’ensuit que la valeur symbolique de la marchandise «argent» diminue et qu’il en faut davantage pour acquérir un bien ou un service dont la valeur marchande, contrairement à la marchandise argent, est fixée par la quantité de la marchandise «force de travail» qu’elle contient.

 

Les différentes monnaies spéculatives – à taux de change flottant sur le marché international – seront dévaluées au cours du krach boursier. Le Yuan chinois se tenant à l’écart (autant que possible) de cet environnement international spéculatif s’en tirera mieux que les autres, ce que les impérialistes chinois attendent avec impatience. 

 

L’appareil de propagande publicitaire

 

Ces différents phénomènes économico-financiers entraînent la réduction drastique des capacités de consommer des salariés. Le salaire d’un travailleur étant une quantité fixe «inélastique» chaque dollar gagné permet d’acheter de moins en moins de marchandises au prix inflationniste du marché. Il y a accumulation des stocks dans les entrepôts et des invendus dans les magasins dont les capitalistes exigent la destruction plutôt que la distribution gratuite ou à vil prix. On rétorquera que les soldes sont abondants et importants partout sur les marchés, ce qui est faux. Les marchandises écoulées lors de ces soldes ne représentent qu’une petite partie des produits en surplus et des invendus. D’autre part, ces ventes à rabais (quand rabais il y a ce qui n’est pas toujours le cas) ne font que miner les marchés, hypothéquant les ventes subséquentes. C’est la raison pour laquelle l’immense appareil de publicité commerciale, couplée au gigantesque appareil de propagande médiatique (radio – télé – journaux – Internet – publie-poste) n’a pas pour vocation d’informer le public, mais de faire acheter et consommer de façon inconsidérée. Observer que les émissions de télévision, de radio et les articles de journaux ne sont là que pour remplir l’espace-temps entre deux réclames commerciales et souvent les téléromans et les autres «soaps» télévisés ou radiodiffusés ne visent qu’à renforcer le besoin factice dont on nous a imprégné l’esprit pendant la réclame. Cette propagande publicitaire est véritablement un assaut contre les ouvriers et les travailleurs salariés.

 

Il est inapproprié de la part des petits-bourgeois s’agitant en faveur de la «pauvreté volontaire» et de la «décroissance salutaire» de tenter de culpabiliser les ouvriers d’être responsables de la surconsommation engendrée par ces immenses appareils de propagande publicitaire. Quand un nouveau système d’économie politique sera construit pour satisfaire les besoins des gens travaillant – sans obligation de valorisation du capital pour assurer la reproduction élargie du capital – il sera inutile de pousser à la surconsommation puisque la poursuite du profit maximum ne sera plus le moteur de l’économie. C’est pourquoi nous disons quela seule façon de sortir de ce système de consommation à outrance c’est de changer les bases fondamentales de l’économie politique et de renverser cette société de consommation en perdition.

 

L’effondrement industriel de l’économie impérialiste

 

L’ensemble de ce processus économique – amenant le rétrécissement des marchés – la réduction du pouvoir d’achat des salariés – les surplus d’inventaires à détruire pour maintenir les marchés subsidiaires – amène invariablement des fermetures de manufactures, ce qui aggrave d’autant le chômage auquel s’ajoute le problème de la délocalisation des usines.

 

La délocalisation est ce processus industriel par lequel des entreprises monopolistes,  ayant leur «Head office» dans les métropoles d’Occident, ferment leurs usines dans leur pays d’origine où les salaires sont plus élevés, afin de les relocalisées dans les pays émergents où les salaires sont moins impressionnants. Ce processus est en cours depuis les années 1970. Depuis que le transfert des machines-outils, des robots et des technologies; couplée à la réduction importante du coût des transports; associée à la hausse de scolarité de la main-d’œuvre salariée ont assuré l’augmentation importante de la productivité dans des pays hier encore arriérés.

Les gouvernements d’Occident, qu’ils soient de niveau municipal, provincial, national ou multinational ne peuvent rien faire pour empêcher ces hausses de productivité que les entreprises capitalistes monopolistes organisent; ces baisses de coûts des transports et ces transferts d’usines. Il faut se rappeler que le but de l’économie capitaliste monopoliste n’est pas de subvenir aux besoins sociaux mais d’assurer la reproduction élargie de l’économie (mode de production et d’échanges) en s’appuyant sur la valorisation du capital ce qui nécessite l’accumulation des profits. La crise est le symptôme qui nous avise que le système capitaliste ne parvient plus à remplir sa mission historique.

 

Farder l’austérité par des statistiques alambiquées

 

Prenez garde aux statistiques que les États impérialistes et leurs instituts de recherche fabriquent et publient à propos de l’inflation, de la hausse des prix, de l’augmentation des salaires, des revenus, du chômage, des déficits budgétaires. Étant totalement incapable de régler ces problèmes économiques l’appareil étatique bricole les statistiques, modifie les paramètres et change les variables pour le calcul des indices et publie systématiquement des données tronquées ou erronées. Ces statistiques sont devenues des instruments de propagande pour apaiser ou désorienter la vindicte des salariés. Au Québec récemment le ministre des Finances a reporté d’une année l’atteinte du déficit zéro (l’équilibre fiscal entre les revenus et les dépenses gouvernementales). Pour y parvenir sur papier il a prévu une croissance du PIB du Québec de 3,5 % en 2016 ce qui est mensonger. Même les économistes bourgeois  n’ont pu entériner cette baliverne et plusieurs ont critiqué vertement le ministre [v].

 

Nous vous prions de prendre note qu’en 2001 l’Assemblée nationale du Québec a adopté une loi prescriptive obligeant le gouvernement à atteindre l’équilibre budgétaire (déficit zéro). Cette loi n’a jamais été appliquée depuis qu’elle a été adoptée et pour cause, c’est impossible [vi].

 

La dette explose et l’État impérialiste implose

 

S’évertuant a augmenté ses aides aux entreprises privées, afin de les garder dans son pré carré; s’échinant à réduire les charges fiscales des multinationales et à anémier ses revenus de fiscalité. Atteignant la limite des charges imposables aux ouvriers, aux salariés et aux petits-bourgeois surtaxés, l’État des riches s’est résigné à emprunter et à s’endetter sur le marché obligataire. C’est une autre façon par laquelle l’État transfère l’argent public aux capitalistes privés. Les banquiers et les financiers commandent la manœuvre en amont et ramassent le pécule en aval. Ils recommandent les emprunts gouvernementaux. Ils prêtent à fort taux. Ils abaissent ensuite la cote de crédit des États et manipulent frauduleusement les taux d’intérêt sur les prêts (Libor). Ils prêtent et ensuite empochent les remboursements grevés de forts intérêts[vii]. La dette souveraine de presque tous les États industrialisés (mais aussi des pays sous-développés) est exorbitante, ne cesse de grimper et ne pourra jamais être remboursée.

 

Les États capitalistes vivent à crédit. Finis l’État providence et sa manne abondante – les miettes sacrifiées aux assistés et la pâté pour petits-bourgeois affidés. Les États en faillite émettent de la monnaie de pacotille, réduisent les dépenses publiques et éliminent les services, c’est ce qu’ils appellent l’austérité. Ils augmentent leurs ponctions sur la masse du capital par taxation indirecte et repoussent la faillite étatique. Un parangon de l’économie capitaliste explique aux apparatchiks du gouvernement péquiste que le Québec peut faire mieux et s’endetter davantage vis-à-vis des banquiers et des roturiers. L’ex-premier ministre Jacques Parizeau explique qu’afin de faire paraître plus svelte la dette souveraine d’un Québec il suffit de changer de convention comptable, et au lieu d’afficher la dette québécoise selon le concept de la “dette brute”, ou encore selon le concept de la “dette nette”, il propose plutôt de la calculer et de l’afficher selon le concept de la “somme des déficits cumulés”. Si en plus, le gouvernement évite, comme le font les États-Unis, d’utiliser la norme comptable sévère de l’IFRS (International Financial Reporting Standards) et adopte la convention comptable étatsunienne – plus accommodante – pour le calcul des revenus, des dépenses, des avoirs-immobilisations et des amortissements, il parvient – sur papier du moins – à réduire la dette publique de 117 % à “seulement” 65 % du PIB québécois. Et cela, sans avoir remboursé un sou de plus à ses créanciers [viii]. La dette publique provinciale est toujours estimée à 300 milliards de dollars, mais sa «légèreté» relative permet d’espérer pouvoir davantage emprunter.

 

La dette brute souveraine canadienne a maintenant atteint la somme de 1 437 milliards de dollars (2012). Celle du Québec a atteint 300 milliards de dollars soit 120 % du PIB provincial (2014). Inutile de tergiverser, la plupart les salariés ne parviendront jamais à rembourser et cette dette publique et leur dette privée. Les riches qui auraient les moyens de rembourser fuient et s’expatrient dans d’autres pays comme il en fut en Allemagne vers 1930, en Russie vers 1989, et comme il en est en Grèce, à Chypre, en Espagne et en France. 

 

Aucune mesure d’austérité ne protègera l’économie impérialiste

 

Toutes les mesures et les politiques d’austérité mise en place par les municipalités et les gouvernements des pays industrialisés, et même ceux des pays émergents, pour sortir de la crise se sont avérées inefficaces, inopérantes, ou encore n’ont jamais été appliquées. Pire, ces mesures d’austérités ont contribué à envenimer la situation économique, sociale et politique nationale. D’autres mesures suggérées, par la pseudo gauche n’ont jamais été adoptées par les gouvernements bourgeois occidentaux et pour cause, là où elles ont été appliquées elles se sont avérées catastrophiques (Argentine, Islande, Bolivie, Équateur).

 

Pour chacune des propositions réformistes d’austérité, une contre-mesure réformiste  est envisagée. Toutes ces mesures ont été adoptées, telles quelles ou réaménagées. Toutes ont échoué, car aucune ne s’attaque aux causes profondes de la crise économique, aucune n’a donné les résultats escomptés. Ou bien les ouvriers et les salariés se laissent embobiner et la classe ouvrière adhère à ces bobards réformistes prétendant régler la crise économique systémique globale et mondiale par quelques trucs de prestidigitateur – redistribution de la richesse et sanctions contre les resquilleurs et les prévaricateurs – planifiés par les politiciens bonimenteurs qui ne sont jamais parvenus à adopter une loi anti-capitale. Ou bien, nous résistons collectivement aux mesures d’austérité qui nous sont imposées et nous retournons ces beaux parleurs petits-bourgeois, bureaucrates syndicaux et grands capitalistes monopolistes à leurs billevesées économiques éculées. Il n’existe aucune solution nationale pour sortir de la crise économique systémique mondiale et globale, hormis sortir du système économique impérialiste en faillite.

 

Une nouvelle guerre mondiale est inévitable

 

Le gouffre économique s’approfondit. Si nous sortons de la présente crise, probablement après une guerre sévère, ce ne sera que pour amorcer une nouvelle crise comme lors de la Première Grande Guerre suivit par la Seconde Guerre mondiale. Cette nouvelle crise systémique ira selon la séquence suivante : – Krach boursier – financier; prolongée par une dépression terrible et un chômage catastrophique; suivit d’une guerre mortifère – servant à détruire quantité de forces productives (des travailleurs salariés) et quantité de moyens de production (usines, moyens de transport, ressources).Il ne nous appartient nullement à nous prolétaires, travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, artisans, assistés sociaux et pauvres de trouver des solutions au dysfonctionnement de leur système économico-politique décadent, système sur lequel nous n’avons aucune prise et que nous ne pourrons jamais faire fonctionner autrement que de la manière programmée.

 

NOTES

 

[i] Éric Toussaint (2014). Comment les banques et les gouvernements détruisent les garde-fous. http://www.legrandsoir.info/comment-les-banques-et-les-gouvernants-detruisent-les-garde-fous.html

[ii].gouv.qc.ca/dynhttp://affaires.lapresse.ca/economie/etats-unis/201401/08/01-4726826-e-u-le-credit-a-la-consommation-ralentit-sa-hausse.php

 

[iii] http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/fin20-fra.htm

[iv] http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/12/13/002-endettement-dette-canadiens.shtml

[v] http://argent.canoe.ca/nouvelles/quebec-reporte-lequilibre-budgetaire-28112013

[vi]http://www2.publicationsduquebec

 

amicSearch/telecharge.php?type=2&file=/E_12_00001/E12_00001.html

 

[vii] http://www.les7duquebec.com/trouvailles/le-plus-grand-scandale-de-manipulation-de-prix-de-tous-les-temps/

[viii] http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jacques-parizeau-de-la-rhetorique-au-sophisme/

 

 

COMPLÉMENT DE LECTURE  MANIFESTE DU PARTI OUVRIER : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

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Autochtones en Guyane, éducation et suicide

 

french_guiana_in_france-svgLa France outre-mer

Guyane, des Français oubliés

Delphine Caubet  Dossier Autochtones

Au Québec, la problématique des Premières nations est un fait établi. Les problèmes sont nombreux, et les solutions peu fréquentes. La France, trop souvent oubliée, a elle aussi des enfants de la République amérindiens.

Robin, ancien instituteur en Guyane française: «C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres (…). [Les parents] ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

Février 2010. Robin arrive en Guyane. Ce n’est pas son premier voyage dans le département français, mais cette fois-ci, il a répondu à une offre d’emploi. L’ingénieur écologue de formation s’apprête à devenir professeur des écoles auprès des Amérindiens de Guyane.

Premiers constats

guyane française amérique du sud france outre-merAccompagné d’un membre de l’Éducation nationale, Robin descend le département en pirogue jusqu’à Camopi, un village dans le Parc amazonien de Guyane. Il enseigne d’abord au primaire à une classe de 3ème année, puis 6 mois plus tard, au collège du village. Première incohérence, il n’y a pas de directeur, l’établissement est dirigé par le CPE (Conseiller principal d’éducation). Sur 128 élèves, 127 sont amérindiens.

À son arrivée au village, les premiers constats sont difficiles. «J’arrive dans un libre service, et là je vois un groupe d’Amérindiens complètement ivres. Dans l’état le plus glauque que tu puisses imaginer. Et là, une gamine qui passait a relevé un bébé. Il était couché dans les tessons de verre. La mère, peut-être dans ce groupe, était tellement ivre qu’elle ne faisait plus attention à son enfant.»

Malgré cette première expérience difficile à Camopi, Robin aima sincèrement enseigner dans ce collège composé de jeunes Wayãpis et Tekos. Il y restera 3 ans et demi.

Suicide

«La Guyane, c’est le département de tous les mauvais records», annonce Robin. Les aides sociales, le chômage, le suicide ou la violence sont des problèmes majeurs qui touchent particulièrement les Amérindiens. Pour lutter contre ces phénomènes, la France semble désemparée. Car, elle «est mal à l’aise avec l’institutionnalisation des ethnies. Elle préfère parler de territoires», précise Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé. «Elle a peur qu’on l’accuse de racisme». Alors, le pays essaie d’intervenir à travers des politiques globales sur tout le département.

Pour l’enjeu du suicide, l’État finance à 50% la seule association qui intervient sur le terrain. Les hôpitaux peuvent également répondre aux besoins. Mais pour le personnel non formé sur le terrain, c’est difficile. «On peut perdre 2 gamins dans l’année et personne ne vient nous voir!», s’insurge Robin. Lui a perdu 2 élèves en moins de 4 ans.

Petit à petit des choses se mettent en place. Robin et ses collègues de Camopi ont reçu une formation de 2 jours pour dépister les jeunes à tendance suicidaire, et depuis 2012, une équipe vient régulièrement les voir. Le constat est sévère: 60% des élèves sont au seuil maximal de préoccupation. Alors, leurs enseignants les surveillent. Dès lors que l’un d’eux montre une altération du comportement, il est pris en charge. «Mais c’est difficile de pouvoir tous les aider. On ne peut pas être sur tous les fronts», conclut Robin.

Violence

La violence fait partie intégrante du quotidien de ces populations. Une violence interfamiliale, mais également extérieure avec l’orpaillage (exploitation artisanale de l’or). La Guyane est riche en minerais, et Camopi est à la frontière brésilienne. À quelques minutes en pirogue. Le passage est idéal pour les trafiquants. Du côté brésilien se trouve Vila Brasil, «la sœur jumelle» de Camopi, comme aime à l’appeler Robin. Ce village inexistant sur les cartes est bien présent physiquement. Si Vila Brasil et Camopi vivent en harmonie (les 2 villes dépendraient économiquement l’une de l’autre), ce passage est un carrefour pour les orpailleurs, avec toute la violence que cela apporte.

Comme lorsque Robin se retrouve au milieu d’une fusillade en rentrant chez lui. Après une arrestation qui a mal tourné, l’état d’urgence a été déclaré et les armées brésilienne et française ont chacune envahi leur côté de la frontière. Mais la violence peut-être insidieuse, avec la présence d’armes, de militaires ou de cadavres dans les rivières, et symbolique par le saccage des forêts et la pollution des fleuves. «Il y a un sentiment d’impuissance», conclut Hélène Lamaison.

Joie des jeunes

Si ces premiers constats à Camopi ébranlèrent Robin, ses jeunes élèves se sont vite chargés de lui faire oublier. «Pour eux, c’était un bonheur d’avoir un nouvel instituteur. Ils n’arrêtaient pas de poser des questions. « Qui es-tu? « , « d’où tu viens? »» se souvient Robin.

«L’école est un lieu sécuritaire pour eux.» Robin raconte comment certaines après-midi où ils n’avaient pas classe, les jeunes restaient à l’école. «Je leur donnais de petits exercices pour les amuser. Et ils adoraient ça! À 6h le soir, je devais les mettre dehors. Tu as vu ça dans beaucoup d’autres endroits?»

En Guyane, les écoles primaires sont présentes sur tout le territoire. Mais à partir de 10 ans, c’est souvent le déracinement, précise Hélène Lamaison. Pour aller au collège, les jeunes doivent parfois faire plusieurs heures de pirogues ou se rendre en famille d’accueil. Le téléphone n’est pas intégralement développé dans le département, et les jeunes peuvent passer plusieurs mois sans contact avec leurs proches. Une étape qui peut être difficile à vivre.

Réapproprier la culture

Pour ses cours, Robin s’est battu pour l’obtention de microscopes. En tant que professeur d’EIST (Enseignement intégré des sciences et technologie, matière visant à décloisonner les sciences), il voulait donner «de la nourriture intellectuelle» à ses élèves. Une autre façon de lutter contre la morosité ambiante. Avec les microscopes, «ça été la folie!» rit Robin. «Ils n’arrêtaient pas! Pendant 6 mois ils m’en ont reparlé.» «Ils ont aimé, car ça se rapprochait de leur monde et de leur culture. La nature, le mystère,…»

Sur sa lancée, Robin a voulu que les jeunes s’approprient la science. «Je voulais qu’ils mettent les mains dans la terre.» Alors, le projet Plantons le décor a été lancé au collège de Camopi. Avec un objectif: utiliser les sciences pour planter et cultiver. «Et ça a été un succès! Le Parc amazonien de Guyane nous a soutenus la 2ème année. Et des élèves ont été invités dans un lycée agricole du littoral pour suivre des cours.»

Rapport à la nature

La nature est un élément essentiel des cultures amérindiennes. À Camopi, pour les Wayãpis et les Tekos, la vie s’organise autour du fleuve. «Le fleuve c’est tout. Ils y font la lessive, la vaisselle et ils y socialisent», raconte le jeune instituteur. «Et les gamins sont très bien renseignés sur la nature. Tout le monde part sur le fleuve, la famille, les parents. C’est un enrichissement. Mais ça se fait de moins de moins malheureusement.» Les parents ont souvent des problèmes, les ressources naturelles se raréfient, ajouté au coût élevé pour se rendre sur le fleuve. Cause ou conséquence, c’est un décrochage culturel de toute une population.

Comme dans d’autres situations, Robin a constaté une dualité dans le rapport des autochtones avec la nature. Aujourd’hui, la chasse et la pêche ne leur sont plus indispensables pour vivre, et certains se posent en fervents défenseurs de l’environnement. Robin a vu certains villageois en insulter d’autres, car ils chassaient trop. Au contraire, d’autres habitants seraient pour qu’ils exploitent le territoire, et non le laisser aux pilleurs et entreprises étrangères. «Mais le même type peut tenir un discours différent selon les jours», précise Robin.

Choc culturel

La situation des Amérindiens de Guyane est alarmante. Le manque d’emploi laisse une grande partie de la population inactive et l’alcoolisme chez les adultes est un problème de société. Le premier pouvant entraîner le second.

Durant ses 4 ans en territoire amérindien, Robin a vécu 5 suicides. Tous des hommes, la majorité âgée de moins de 15 ans. Pour comprendre ce phénomène, il faut voir l’impasse dans laquelle se trouvent ces populations. Leurs revenus basiques sont assurés par les aides sociales françaises, mais sans réelle perspective d’emploi. Quant aux jeunes, ils voient une réalité à la télévision à laquelle ils n’ont pas accès, face à leurs traditions qui semblent s’amenuiser inexorablement.

Sur le terrain, les intervenants dénoncent le manque de professionnels de la santé, d’éducation et de spécialistes. «Il en manque déjà sur le littoral, alors ailleurs…», ajoute Hélène Lamaison.

Bilan

Robin est resté 7 ans en Guyane, dont 4 en territoire amérindien. «Mais à la fin, j’en pouvais plus.» Le stress, les responsabilités, l’environnement, conjugués à d’autres facteurs ont conduit le jeune instituteur dans un état d’épuisement extrême physique et mental. «Mais je veux aider ces jeunes et pas les enfoncer et les traiter de suicidaires ou de sous-hommes comme tout le monde.»

Malgré la distance et le temps, l’engagement du jeune instituteur qui partait chercher des livres en pirogue pour ses élèves est intact. «Quand on discute avec les Amérindiens, ils paraissent heureux, mais au fond, ils cachent leur souffrance. La plupart des repères ont sauté (…). Les enfants n’ont plus vraiment d’autorité morale qui leur inculque des valeurs traditionnelles. On a l’impression que l’école est le dernier rempart avant que tout s’effrite. C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres, à la différence de leurs parents qu’on a soumis, abandonnés à un système dont ils sont devenus dépendants. Ils ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

La Guyane

La Guyane est la plus grande région française, pour moins de 206 000 habitants (ce qui fait d’elle la moins peuplée), dont les 9 dixièmes vivent sur la bande côtière. Sa population est extrêmement jeune, avec 44% de Guyanais de moins de 20 ans, contre 6% de plus de 65 ans. Son territoire, riche en espace forestier, rend difficile son déplacement. La voie fluviale est le seul moyen de transport à l’intérieur dans la forêt amazonienne.

Peu de statistiques précises ont été trouvées concernant les Amérindiens de Guyane. L’État français préférant parler en terme de territoire et non d’ethnie. Et ce département a un fort métissage avec 6 communautés amérindiennes, des créoles guyanais (métis), des Haïtiens, des Métropolitains, des Chinois…

Sur l’ensemble de la Guyane:

* 20% de la population était au chômage en 2009;
* 20% des Guyanais sont illettrés (soit 3 fois plus qu’en métropole). Un phénomène qui touche particulièrement les femmes et les personnes âgées;
* Seuls 44% des 25 ans et plus ont un diplôme du secondaire;
* Le taux de chômage des sans diplôme est 5 fois plus élevé que ceux ayant terminé le secondaire.

Tout laisse à penser que ces statistiques sont plus élevées auprès des communautés amérindiennes.

Le suicide auprès des Amérindiens du sud du fleuve touche autant les hommes que les femmes. Il est de 1 pour 200 habitants, contre 1 pour 5 000 en France métropolitaine. D’après le journal France Guyane, si ces chiffres étaient remis à l’échelle française, ce serait l’équivalent de 300 000 suicides. Soit davantage que la population guyanaise.

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Manifeste du Parti ouvrier (9)

 9782753900073_rChapitre 4 : APPRENDRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE (suite et fin)

 La quatrième leçon – l’impossible contournement historique

 La quatrième leçon historique concerne l’impossibilité absolue de contourner l’histoire et le nécessaire développement complet du mode et des rapports de production capitalistes avant d’aboutir un jour aux conditions matérielles objectives nécessaires à l’édification du mode de production et des rapports de production socialistes, menant au communisme.

 Le Parti bolchévique et les soviets se trouvèrent piégés à la direction d’une société semi-féodale, constituée d’une immense majorité de paysans analphabètes, agraires, ruraux, préindustriels et précapitalistes (25 millions de paysans pauvres). Des moujiks et des koulaks avides de devenir propriétaires terriens de leurs lopins et de vendre leurs surplus agricoles sur le marché «libre» formaient une masse paysanne absolument incapable de faire émerger un nouveau mode de production et de nouveaux rapports de production socialistes.

Il est aujourd’hui aisé de constater qu’aucune société ne peut faire l’économie d’une étape historique dans son développement économique, politique, idéologique et sociale. La société soviétique – l’État soviétique – l’économie soviétique devait d’abord développée les forces productives,

les moyens de production et les rapports de production capitalistes jusqu’à leur pleine capacité et leur ultime épanouissement – jusqu’au moment de leur implosion impérialiste qu’ils ont aujourd’hui atteinte dans l’ancienne URSS, dans l’ancienne Russie, dans l’ancien «camp socialiste» comme dans le reste du monde entier. En 1917, la Russie agraire, arriérée, semi-féodale, soumise au servage d’une portion de sa population, ne pouvait faire émerger une société hyper industrialisée, prolétarienne et socialiste. Le moujik et le koulak sont de mauvais vecteurs de la révolution collectiviste socialiste. Le socialisme n’est pas une société misérabiliste de partage de la pauvreté, mais une société de gestion et de répartition de l’abondance.

Cette illusion de la possible construction du socialisme dans un seul ou dans quelques pays arriérés passant de la semi-féodalité paysanne analphabète et agraire au socialisme, sans transition, en route vers le communisme, sans passer par le capitalisme bourgeois jusqu’à sa phase impérialiste décadente se reproduira plus tard, après 1917, dans la Chine de Mao, le Cuba de Castro, le Vietnam de Ho, la Corée du Nord de Kim, l’Albanie de Henver, La Yougoslavie de Tito, et même récemment dans le Népal maoïste. Partout, ce furent des échecs retentissants. Selon la théorie marxiste du matérialisme historique et dialectique, ces échecs ne s’expliquent pas par la trahison des clercs et de quelques «chefs» renégats bourgeois dissimulés dans la hiérarchie des partis communistes au pouvoir et dans les appareils monopolistes de l’État de ces différents pays. Le fait que la Révolution bolchévique se soit retrouvée isolée après la défaite des soulèvements hongrois, autrichien et allemand (1919-1923) fut de nature à isoler et à entraver la réalisation du socialisme en Russie, mais ces facteurs extérieur ne suffisent pas à expliquer la dégénérescence de la Révolution bolchévique. La cause la plus fondamentale de l’échec est interne à la société russe.

La Nouvelle économie Politique (NEP) de Lénine n’était rien d’autre que l’aveu de l’impossibilité de transformer une société arriérée, semi-féodale, à la paysannerie illettrée, majoritairement rurale et agraire, au prolétariat faible et inexpérimenté (7 millions d’individus environ), aux forces productives sous-développées, aux moyens de production déliquescents, aux rapports de production à peine sortie de la féodalité, en une société socialiste épanouie, en marche vers le communisme. Comme d’autres après eux, le Parti bolchevik et Staline se retrouvèrent à la tête d’un mode de production à compléter avant d’amorcer la construction du socialisme, un nouveau mode de production que nous avons encore peine à imaginer en ce 97e anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre. Nul n’aurait pu ériger le socialisme sur la terre des soviets paysans et agraires, pas plus que la révolution des artisans de la Commune de Paris ne pouvait aboutir ailleurs que l’a où elle s’est terminée.

Le stalinisme ne fut pas la résultante de manigances d’agents tsaristes infiltrés dans le parti bolchevik, mais bien plutôt la réponse historique spécifique que forgea la société russe arriérée, sous-industrialisée, sous urbanisée, sous-développée, sous scolarisée, pour passer rapidement, à pas de géant, de la semi-féodalité au capitalisme avancé, puis à l’impérialisme agressif – finalité historique du capitalisme monopoliste d’État, comme de toute autre forme de capitalisme. Il est anti marxiste de laisser penser que la classe des capitalistes d’État khrouchtchéviens se serait développée en secret dans les placards du Kremlin, et qu’ils auraient provoqué ou profité de la mort de Staline pour surgir tout à coup en classe bourgeoise hégémonique toute construite afin de s’emparer de la direction du Parti bolchevik toujours marxiste (sic). De toute façon, si cela avait été le cas, on est en droit de se demander comment il se fait que de simplement s’emparer de la direction du Bureau Politique aura suffi pour assurer aux comploteurs de la dernière heure l’hégémonie sur le parti, sur l’assemblée populaire et sur tout l’appareil d’État «socialiste» de «démocratie ouvrière». De quelle sorte de démocratie ouvrière parlait-on dans l’URSS stalinienne ?

Le stalinisme fut la forme particulière de capitalisme monopoliste d’État propre à la Russie et que l’État des soviets (trahis et soumis) imposa à tous les pays sous sa domination. Le capitalisme monopoliste d’État est un régime économique et politique transitoire et temporaire qui doit disparaitre dans sa forme originelle dès que le retard du mode de production et des rapports de production a été comblé. Le capitalisme monopoliste d’État stalinien constituait une entrave à l’appropriation privé des moyens de productions, d’échanges et de communication. Hors, le capitalisme, c’est par essence l’appropriation privé du capital pour sa valorisation, son accumulation et sa reproduction élargie. L’effondrement de l’Union Soviétique en 1989-1991 marque la fin de l’époque du capitalisme monopoliste d’État et le commencement de la période impérialiste classique de la Russie. La bourgeoisie soviétique qui devait se contenter de salaires élevés, de prébendes et d’avantages multiples, pu enfin accéder à la propriété privée des moyens de production, d’échanges et de communication. Les milliardaires surgirent de toute part et les ouvriers soviétiques connurent des années de misère sans nom. Le maoïsme fut une modalité quelque peu différente (légalement et politiquement) de capitalisme monopoliste d’État. Il ne fut pas nécessaire de détruire la structure de l’État impérialiste chinois pour permettre à la bourgeoisie bureaucratique chinoise de s’approprier privément – individuellement – les moyens de production et d’échanges en Chine. L’État maoïste reste en place sous la dictature de la bourgeoisie d’État et les milliardaires pullulent dans toute la Chine alors que des centaines de milliers d’ouvriers grèvent, manifestent et résistent à leur exploitation éhontée.

L’histoire de la lutte de classe lance ainsi des incursions, des essais, des sondes, que la classe révolutionnaire en devenir doit saisir, même si les conditions ne sont pas réunies, et dont la classe ouvrière doit tirer le savoir qui lui servira de leçons, demain – au moment approprié – pour remplir sa mission historique révolutionnaire (3).

Il est désormais évident que la société capitaliste-impérialiste grosse d’une révolution mondiale devait laisser le temps à son accoucheur prolétarien international de se développer en son sein. Seul le prolétariat internationalisé, expérimenté, scolarisé, conscient, hégémonique, saura imaginer et faire émerger la nouvelle société socialiste des reins du capitalisme en phase impérialiste déchue, mais ayant atteint la pleine maturité de ses contradictions libératrices, comme la bourgeoisie à maturité a su faire émerger le capitalisme de la féodalité mûre et décadente, pleine de ses contradictions libératrices.

Aujourd’hui, le mode de production impérialiste, les rapports de production impérialiste sont totalement développés à leur pleine capacité et ils ont atteint leur limite absolue d’expansion. Le mode de production capitaliste ne peut plus contenir, générer et reproduire plus de forces productives et de moyens de production qu’il n’en contient déjà, plus de capital qu’il n’en contient déjà. C’est la raison pour laquelle le mode de production capitaliste déplace – délocalise – remplace – détruit ici et rebâti là-bas des moyens de production à la poursuite de nouvelles forces productives moins dispendieuses à exploiter et à exproprier pour accumuler. Mais ce faisant, le mode de production impérialiste abandonne – détruit – des forces productives dans les pays soi-disant «développés» pour en créer dans les pays sous-développés. Il a atteint le maximum des capacités de production qu’il peut engendrer. Si bien que lorsque ces déplacements – relocalisations – ne suffisent pas le système est amené à détruire de grandes quantités de moyens de production et de forces productives (ouvriers). Ce sont les guerres locales, régionales, mondiales qui se succèdent à répétition, sans interruption, depuis près d’un siècle.

C’est la raison pour laquelle nous affirmons qu’à l’occasion de la prochaine révolution prolétarienne toutes les conditions objectives économiques et politiques seront enfin réunies et développées à leur pleine maturité. Cependant, les conditions subjectives (politiques et idéologiques), à commencer par la maturité d’un Parti révolutionnaire ouvrier mondial et la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière mondiale risquent, au vu de ce que nous pouvons observer aujourd’hui, d’être largement en de ça des nécessités de l’évolution-révolution, ce qui pourra expliquer que la prochaine ne soit pas encore la bonne. N’ayez crainte toutefois, l’histoire se reprendra.

De la nécessité de renverser le syndicalisme capitaliste

La cinquième leçon de la révolution bolchevik tient à l’inadéquation de l’organisation syndicale pour organiser la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière. Pire, l’organisation syndicale s’avère un frein et une force contre-révolutionnaire que le prolétariat devra renverser et détruire dans le cours même de son soulèvement au même titre que l’État bourgeois dont le syndicat est devenu une courroie de transmission, un organe de marchandage dans la vente normée et structurée de la force de travail des ouvriers. Les conseils ouvriers se sont avérés la nouvelle forme d’organisation apte à soutenir les visées révolutionnaires du mouvement ouvrier.

Un syndicat combatif, militant, gauchiste même, ne peut que devenir un organe supplétif de la classe des patrons dès qu’il s’installe dans ses bureaux, qu’il comptabilise ses cotisations, qu’il cristallise ses structures organisationnelles légales, enregistrées et acceptées par la machine d’État bourgeois. Dès qu’il peaufine ses règlements de fonctionnement dont dépend la bureaucratie syndicale pour sa survie. Les syndicats européens démonstratifs, agités, exubérants, infiltrés de pseudo communistes et de collabos socialistes ont donné le change un certain temps et les gauchistes ont longtemps fait croire qu’on pouvait transformer un syndicat d’affaires, de collaboration de classe, en un syndicat de combat. C’est pourtant impossible. Un communiste qui devient permanent syndical de combat se transformera plus tard en syndicaliste d’affaires, négociateur bien payé de conventions collectives pour ouvriers sous-payés. Il ne peut en être autrement sous l’hégémonie de la classe capitaliste. Deux cents ans d’histoire du mouvement ouvrier mondial nous l’ont enseigné. C’est au moment de l’insurrection que la classe ouvrière réglera ses comptes avec les apparatchiks de l’industrie du syndicalisme. Il est aussi illusoire de croire à un syndicalisme de combat, à un syndicalisme de gauche, que de rêver à un capitalisme humaniste et progressiste, ou d’idéaliser un parlement bourgeois prolétarien.

Toute négociation d’une convention collective, toute lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe, est par nature un compromis réformiste, une lutte de défensive de résistance. Du moment qu’un travailleur vend sa force de travail contre salaire, il consent qu’en vertu du droit bourgeois son surtravail lui soit confisqué et dès lors il accepte son sort d’esclave salarié spolié. Le fait que l’employé demande et négocie une augmentation de salaire pour son travail nécessaire, seul ou regroupé en syndicat, ne remet nullement en cause sa soumission à son patron qui l’achète contre rémunération. Il n’y a là rien de révolutionnaire. Spontanément, et sans l’idéologie et la théorie marxiste révolutionnaire, la lutte réformiste syndicale est le plus loin que puisse s’aventurer la lutte de la classe ouvrière «en soi». D’instinct, l’ouvrier reconnaît qu’il est plus avantageux de vendre collectivement sa force de travail en étant organisé en syndicat pour marchander plutôt que de se vendre à la criée, isolé. Si aussi peu que 10% des travailleurs américains sont aujourd’hui syndiqués, c’est que l’État policier étatsunien compense la désyndicalisation par des prestations sociales et des services sociaux pour une partie du manque à gagner des non-syndiqués. Sans compter qu’une partie des patrons étatsuniens ajustent les salaires en fonction de ce qui est consenti par les grandes entreprises syndiquées. Là-bas en Amérique, les syndicats ne se dissimulent pas, ils s’appellent des syndicats d’affaires et se maraudent mutuellement pour recueillir la «taxe-cotisation» syndicale en faisant valoir les services qu’ils vendent contre ces cotisations substantielles. Nombre de travailleurs ne voyant aucun intérêt à débourser cette taxe syndicale à l’industrie du syndicalisme, pour d’aussi piètres avantages, refusent de se syndiquer. En Amérique, certaines centrales syndicales ont mis sur pied des fonds de gestion de capitaux spéculatifs avec les cotisations de leurs membres et contribuent ainsi à ce que leurs amis spéculateurs et «banksters» appellent la «relance» économique capitaliste à la bourse.

En 1917, Le Parti bolchevik, dirigeant de la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière russe, encore faible, peu nombreuse et sans grande expérience de lutte syndicale, ne pouvait savoir ces choses à propos des syndicats professionnels et d’entreprises, ce que les camarades de l’opposition communiste de Gauche en Europe occidentale étaient en mesure de leur enseigner. Lisons ce qu’écrivait en 1920 le camarade Pannekoek de la gauche hollandaise :

«De même que le parlementarisme exprime le pouvoir intellectuel des chefs sur les masses ouvrières, le mouvement syndical incarne leur do­mination matérielle. Les syndicats constituent, sous le capitalisme, les organisations naturelles pour l’unification du prolétariat, et à ce titre Marx, déjà de très bonne heure, a fait ressortir leur importance. Dans le capitalisme développé et plus encore à l’époque impérialiste, les syndi­cats sont devenus toujours davantage des associa­tions géantes, qui montrent la même tendance de développement qu’en d’autres temps, l’appareil d’État bourgeois lui-même. Dans ce dernier s’est formée une classe d’employés, une bureaucratie qui dispose de tous les moyens de gouvernement de l’organisation, l’argent, la presse, la nomina­tion des sous-ordres ; souvent les prérogatives des fonctionnaires s’étendent encore plus loin, de sor­te que, de serviteurs de la collectivité, ils devien­nent ses maîtres, et s’identifient eux-mêmes avec l’organisation. Les syndicats convergent aussi avec l’État et sa bureaucratie en ce que, malgré la dé­mocratie qui est censée y régner, les membres ne sont pas en situation de faire prévaloir leur volon­té contre le fonctionnarisme ; sur l’appareil artis­tement édifié des règlements et des statuts toute révolte se brise avant qu’elle puisse ébranler les hautes sphères.

«C’est seulement par une longue persévérance à toute épreuve qu’une organisation parvient quel­quefois, après des années, à un succès relatif qui ressort généralement à un changement de person­nes. Dans ces dernières années, avant la guerre et après, on en est arrivé ainsi – en Angleterre, en Allemagne, en Amérique – à des révoltes de mili­tants faisant la grève pour leur propre compte, contre la volonté des chefs ou les résolutions de l’association elle-même. Que cela puisse arriver comme quelque chose de naturel, et être envisagé comme tel, manifeste que l’organisation, loin d’être la collectivité des membres, se présente comme un être qui lui est en quelque sorte étran­ger. Les ouvriers ne sont pas souverains dans leur association, mais elle les domine comme une force extérieure contre laquelle ils peuvent se ré­volter, bien que cette force soit cependant sortie d’eux-mêmes. Encore un point de commun avec l’État. Puis, lorsque la révolte s’apaise, l’ancienne direction se réinstalle et sait se maintenir malgré la haine et l’amertume impuissante dans les mas­ses, parce qu’elle s’appuie sur l’indifférence et le manque de clairvoyance, de volonté homogène et persévérante de ces masses et parce qu’elle re­pose sur la nécessité interne du syndicat comme seul moyen pour les ouvriers de trouver, dans l’unification, des forces contre le capital.

«En luttant contre le capital, contre les ten­dances du capital absolutistes et génératrices de misère, en limitant ces tendances et en rendant de ce fait l’existence possible à la classe ouvrière, le mouvement syndical s’est mis à remplir un rôle dans le capitalisme et il est devenu lui-même de cette manière un membre de la société capita­liste. Mais du moment où la révolution commence, en tant que le prolétariat, de membre de la société capitaliste, se mue en son destructeur, il rencon­tre devant lui le syndicat comme un obstacle.

«Ce que Marx et Lénine ont fait ressortir à propos de l’État : à savoir que son organisation, malgré ce qu’elle contient de démocratie formel­le, le rend impropre à servir d’instrument pour la révolution prolétarienne, vaut donc aussi pour les organisations syndicales. Leur puissance contre­-révolutionnaire ne peut être ni anéantie ni atté­nuée par un changement de personnes, par le rem­placement des chefs réactionnaires par des hom­mes de gauche ou des révolutionnaires.

«C’est la forme organisatoire elle-même qui rend les masses à peu près impuissantes et qui les empêche de faire du syndicat l’instrument de leur volonté. La révolution ne peut vaincre qu’en dé­truisant cet organisme, en bouleversant de fond en comble cette forme organisatoire afin qu’il en sorte quelque chose de tout à fait autre.» (1) Ce texte aurait pu être écrit par un communiste contemporain militant dans un syndicat d’affaires ou dans un syndicat soi-disant de combat.

 Mais alors, que font les communistes dans cette galère «syndicaliste réformiste» ?

Nous communistes venons engranger de l’expérience de lutte par la lutte et à travers les luttes grévistes (syndiquées et non syndiquées). Nous venons clarifier les enjeux et stigmatisé les compromis, identifier les parties et leurs intérêts respectifs et faire comprendre à notre classe que ce jeu des négociations-marchandages de leurs conditions de survie n’aura jamais de cesse et que globalement la partie est au bout du compte perdue d’avance.

Les lois de l’économie capitaliste forceront les patrons à céder de moins en moins de salaires et à réclamer de plus en plus de surtravail non payé. Pire, tous les efforts réclamés à la classe ouvrière pour augmenter la productivité et rétablir la profitabilité de l’entreprise seront vains, car le système économique capitaliste ne peut se perpétuer, sinon, en détruisant d’immenses moyens de production et en éliminant immensément de forces productives (les guerres). Le syndicat d’affaires et le syndicat soi-disant de combat, pour sa survie en tant qu’organisme parasitaire, ne peut que contribuer à cette rationalisation de l’emploi, du profit, des forces productives et de la productivité.

Nous allons parmi les salariés, syndiqués et non syndiqués, associés ou non en Front commun syndical (cette question n’est pas cruciale, l’unité ouvrière naîtra dans la lutte et par la lutte et non pas des résolutions des assemblées de bureaucrates), expliquer à notre classe qu’il lui faudra un jour se résigner à dépasser les luttes de classe «en soi», pour sauver son pouvoir d’achat et pour survivre, et elle devra entreprendre la lutte de classe «pour soi», pour la conquête du pouvoir d’État, l’expropriation sans compensation des moyens de production, d’échanges et de communication, l’établissement de la dictature du prolétariat via le pouvoir des soviets et pour l’édification du mode de production socialiste en marche vers le communisme. Au moment de l’insurrection, la question de la direction des syndicats d’affaires ou de combat (sic) et de collaboration de classe se réglera d’emblée. Nous communistes sommes la mémoire des luttes et l’état-major au service de notre classe et nous venons soutenir la lutte gréviste de notre classe.

La révolution est la seule voie vers l’émancipation prolétarienne

La sixième leçon, irréfutable, qui découle de l’expérience d’Octobre1917, est que pour s’émanciper de l’esclavage salarié, le prolétariat international ne possède qu’une seule solution, la révolution. Il n’y a pas de raccourcis possibles,pas plus qu’il n’existe de voies alternatives ou de compromis. Toute autre optionest une fausse solution. Non seulement une autre méthode tactique finirait paraffaiblir la lutte de la classe ouvrière, mais elle dévaloriserait aussi son contenu politique enmettant de l’avant des objectifs qui ne sont pas les siens, soit comme solution à desproblèmes secondaires ou pire, comme objectif stratégique final filouté.

L’histoire du mouvement ouvrier nous adémontré trop souvent comment l’abandon de la voie révolutionnaire au profitd’alliances avec des sections de la bourgeoisie nationale réformiste a mené à des défaites sanglantes et tragiques qui ont pesélourdement sur les tentatives suivantes pour ranimer la lutte de classe.

Le mouvement prolétaire, avec la présence nécessaire d’un parti révolutionnaire, doit avancer de concert vers l’objectif révolutionnaire. Tout autre choix ne sert qu’à préserver l’ordre existant en menant de défaite politico-économique en défaite économico-politique. Cela présuppose que le point de départ est la lutte contre sa propre bourgeoisie nationale, particulièrement si elle a atteint le statut de puissance impérialiste dominatrice. La lutte ouvrière doit s’acharner contre toutes manifestations de l’impérialisme, à l’échelle nationale et internationale. Cela veut aussi dire le rejet de toutes les formes de nationalisme économique et/ou politique, qu’elles soient laïques, religieuses ou intégristes (qui se présentent parfois sous les couleurs d’un pseudo anti-impérialisme invariablement opportuniste et toujours réformiste) et donc de considérer la révolution prolétarienne comme le seul instrument de lutte contre le capitalisme à son stade impérialiste de dégénérescence.

Alors qu’au temps de Lénine, les contradictions du mode de production et d’échanges des marchandises avaient pour la première fois créé les conditions d’une crise internationale sévère qui préfaça la Première Guerre mondiale, le capitalisme à son stade impérialiste avancé s’est développé de telle façon que l’exacerbation de ses contradictions a donné naissance ces derniers temps à des sociétés impérialistes véritablement monstrueuses où, malgré une plus grande capacité de production, un régime politique policier d’appauvrissement progressif des travailleurs, d’instabilité et d’insécurité permanente s’est imposé.

Le «Front uni antifasciste» est un mythe. En ces heures où le prolétariat est si faible que l’on oublie son existence, la bourgeoisie n’a nullement besoin de faire renaître l’hydre fasciste pour briser les capacités de résistance de la classe ouvrière et pour l’embrigader pour la guerre. Le fascisme classique n’est pas à l’ordre du jour. Aujourd’hui, c’est l’État policier qui doit endiguer la classe et l’enrégimenter en faveur de la guerre «patriotique» pour la défense de la patrie menacée. Menacée par l’effondrement du capitalisme ont-ils oubliés de dire aux prolétaires en colère. En lieu et place les capitalistes, et leurs sous-fifres médiatiques, terrorisent les ouvriers et leurs foyers avec les terroristes dont ils sont eux-mêmes les commanditaires.

Confronté à des taux de profits en déclin, le capitalisme international a accru ses attaques contre les salariés et contre la force de travail en général. Il l’a fait et continue à le faire sur tous les fronts, autant contre les salaires que contre les mesures sociales (les programmes sociaux assurant la reproduction de la force de travail). Le résultat en est un pouvoir d’achat diminué pour les ouvriers, des services de santé, d’éducation et de loisir réduits, le prolongement du temps de travail et la réduction des allocations de retraite (jusqu’à leur disparition éventuelle). Les plus âgés travaillent plus longtemps, les immigrants sont surexploités, tandis que les plus jeunes ont de la difficulté à trouver un emploi. Les emplois sont de plus en plus précaires, intermittents et mal payés : six mois de travail, six mois de chômage, avec toutes les conséquences sociales que cela entraîne, alors que la bourgeoisie raconte aux uns et aux autres qu’ils sont eux-mêmes la source de leurs peines, eux qui pourtant ne décident de rien et ne contrôlent rien.

Il n’y a pas qu’au Bangladesh et au Bénin que cela se passe, des cathédrales historiques du capitalisme comme l’Europe, le Canada et les États-Unis d’Amérique sont touchés. Dans les pays de la «périphérie» – mais pas seulement dans ces cas extrêmes – le pillage des ressources naturelles continue et s’intensifie tout comme l’expropriation forcée de millions de paysans pauvres, pour la plupart destinés à une vie misérable et qui luttent pour la simple survie, alors que les «chanceux» qui trouvent un emploi dans les usines des pays «émergents – ces nouvelles puissances impérialistes – que d’aucuns qualifient de «miracles économiques» revivent le drame des conditions de travail précapitalistes que les ouvriers d’Occident ont vécu au dix-neuvième siècle. Cela est aussi la base de la compétition qui fait rage au sein de la force de travail mondial, entraînant des réductions de salaire et pas uniquement pour les moins qualifiés. De plus, la planète entière est menacée par le cauchemar des catastrophes écologiques, un résultat direct du mode de production dont la seule raison d’être est la valorisation de l’argent pour la reproduction élargie du capital via la course à la plus-value et au profit maximal.

Dans le domaine strictement économique, le capital s’engage dans des manœuvres spéculatives de plus en plus risquées et illicites dans sa quête agonisante de surprofits, ce qu’il doit continuellement faire en tentant de survivre à ses propres contradictions insolubles. Et lorsque la bulle spéculative éclate, éliminant des milliards de dollars de capital fictif en quelques heures, il tente d’en faire payer les frais aux petits épargnants, aux salariés (régimes de retraite pillés, salaire en baisse, inflation en hausse) et à certaines sections de la bourgeoisie non monopoliste (ce qui crée des contradictions dans leurs rangs), tel un arnaqueur vendant ses produits financiers pour des investissements sécuritaires à haut rendement, alors qu’il ne s’agit que de la pire des camelotes déficitaires.

La spéculation et le parasitisme sont les caractéristiques de l’impérialisme étouffant et sclérosant. Plus ces contradictions s’exacerbent, plus il devient agressif. Il n’y a pas un seul marché, du commercial au financier, du monétaire au commerce des matières premières, qui ne soit pas troublé par la concurrence monopolistique violente entre grands monopoles multinationaux qui, très souvent, se transforme en actes de guerre et prend la forme du pillage armé. C’est l’unique motif des multiples guerres locales et régionales que l’on cherche à nous présenter comme des guerres tribales, interreligieuses, claniques, alors qu’elles sont fomentées par les alliances impérialistes concurrentes en se servant de la chair à canon des populations du tiers-monde (ce qui inclut la Palestine et Israël).

Le parasitisme économique, la spéculation, les crises économiques et financières, les récessions et les dépressions, plus d’exploitation et moins de sécurité pour ceux qui travaillent et l’anxiété pour ceux qui cherchent du travail, un état de guerre permanent et la création de couches toujours plus importantes de salariés précaires : voilà le présent et l’avenir qu’offre le capitalisme corporatif. Depuis Octobre 1917, les contradictions du capital se sont développées et aujourd’hui ces contradictions se sont énormément amplifiées et sont à maturités. C’est pourquoi l’expérience de la Révolution d’Octobre – malgré sa défaite subséquente – demeure le modèle dont devra s’inspirer la révolution prolétarienne moderne.

  1. http://www.marxists.org/francais/pannekoek/index.htm

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À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

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