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Autochtones en Guyane, éducation et suicide

 

french_guiana_in_france-svgLa France outre-mer

Guyane, des Français oubliés

Delphine Caubet  Dossier Autochtones

Au Québec, la problématique des Premières nations est un fait établi. Les problèmes sont nombreux, et les solutions peu fréquentes. La France, trop souvent oubliée, a elle aussi des enfants de la République amérindiens.

Robin, ancien instituteur en Guyane française: «C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres (…). [Les parents] ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

Février 2010. Robin arrive en Guyane. Ce n’est pas son premier voyage dans le département français, mais cette fois-ci, il a répondu à une offre d’emploi. L’ingénieur écologue de formation s’apprête à devenir professeur des écoles auprès des Amérindiens de Guyane.

Premiers constats

guyane française amérique du sud france outre-merAccompagné d’un membre de l’Éducation nationale, Robin descend le département en pirogue jusqu’à Camopi, un village dans le Parc amazonien de Guyane. Il enseigne d’abord au primaire à une classe de 3ème année, puis 6 mois plus tard, au collège du village. Première incohérence, il n’y a pas de directeur, l’établissement est dirigé par le CPE (Conseiller principal d’éducation). Sur 128 élèves, 127 sont amérindiens.

À son arrivée au village, les premiers constats sont difficiles. «J’arrive dans un libre service, et là je vois un groupe d’Amérindiens complètement ivres. Dans l’état le plus glauque que tu puisses imaginer. Et là, une gamine qui passait a relevé un bébé. Il était couché dans les tessons de verre. La mère, peut-être dans ce groupe, était tellement ivre qu’elle ne faisait plus attention à son enfant.»

Malgré cette première expérience difficile à Camopi, Robin aima sincèrement enseigner dans ce collège composé de jeunes Wayãpis et Tekos. Il y restera 3 ans et demi.

Suicide

«La Guyane, c’est le département de tous les mauvais records», annonce Robin. Les aides sociales, le chômage, le suicide ou la violence sont des problèmes majeurs qui touchent particulièrement les Amérindiens. Pour lutter contre ces phénomènes, la France semble désemparée. Car, elle «est mal à l’aise avec l’institutionnalisation des ethnies. Elle préfère parler de territoires», précise Hélène Lamaison, responsable à Guyane Promo Santé. «Elle a peur qu’on l’accuse de racisme». Alors, le pays essaie d’intervenir à travers des politiques globales sur tout le département.

Pour l’enjeu du suicide, l’État finance à 50% la seule association qui intervient sur le terrain. Les hôpitaux peuvent également répondre aux besoins. Mais pour le personnel non formé sur le terrain, c’est difficile. «On peut perdre 2 gamins dans l’année et personne ne vient nous voir!», s’insurge Robin. Lui a perdu 2 élèves en moins de 4 ans.

Petit à petit des choses se mettent en place. Robin et ses collègues de Camopi ont reçu une formation de 2 jours pour dépister les jeunes à tendance suicidaire, et depuis 2012, une équipe vient régulièrement les voir. Le constat est sévère: 60% des élèves sont au seuil maximal de préoccupation. Alors, leurs enseignants les surveillent. Dès lors que l’un d’eux montre une altération du comportement, il est pris en charge. «Mais c’est difficile de pouvoir tous les aider. On ne peut pas être sur tous les fronts», conclut Robin.

Violence

La violence fait partie intégrante du quotidien de ces populations. Une violence interfamiliale, mais également extérieure avec l’orpaillage (exploitation artisanale de l’or). La Guyane est riche en minerais, et Camopi est à la frontière brésilienne. À quelques minutes en pirogue. Le passage est idéal pour les trafiquants. Du côté brésilien se trouve Vila Brasil, «la sœur jumelle» de Camopi, comme aime à l’appeler Robin. Ce village inexistant sur les cartes est bien présent physiquement. Si Vila Brasil et Camopi vivent en harmonie (les 2 villes dépendraient économiquement l’une de l’autre), ce passage est un carrefour pour les orpailleurs, avec toute la violence que cela apporte.

Comme lorsque Robin se retrouve au milieu d’une fusillade en rentrant chez lui. Après une arrestation qui a mal tourné, l’état d’urgence a été déclaré et les armées brésilienne et française ont chacune envahi leur côté de la frontière. Mais la violence peut-être insidieuse, avec la présence d’armes, de militaires ou de cadavres dans les rivières, et symbolique par le saccage des forêts et la pollution des fleuves. «Il y a un sentiment d’impuissance», conclut Hélène Lamaison.

Joie des jeunes

Si ces premiers constats à Camopi ébranlèrent Robin, ses jeunes élèves se sont vite chargés de lui faire oublier. «Pour eux, c’était un bonheur d’avoir un nouvel instituteur. Ils n’arrêtaient pas de poser des questions. « Qui es-tu? « , « d’où tu viens? »» se souvient Robin.

«L’école est un lieu sécuritaire pour eux.» Robin raconte comment certaines après-midi où ils n’avaient pas classe, les jeunes restaient à l’école. «Je leur donnais de petits exercices pour les amuser. Et ils adoraient ça! À 6h le soir, je devais les mettre dehors. Tu as vu ça dans beaucoup d’autres endroits?»

En Guyane, les écoles primaires sont présentes sur tout le territoire. Mais à partir de 10 ans, c’est souvent le déracinement, précise Hélène Lamaison. Pour aller au collège, les jeunes doivent parfois faire plusieurs heures de pirogues ou se rendre en famille d’accueil. Le téléphone n’est pas intégralement développé dans le département, et les jeunes peuvent passer plusieurs mois sans contact avec leurs proches. Une étape qui peut être difficile à vivre.

Réapproprier la culture

Pour ses cours, Robin s’est battu pour l’obtention de microscopes. En tant que professeur d’EIST (Enseignement intégré des sciences et technologie, matière visant à décloisonner les sciences), il voulait donner «de la nourriture intellectuelle» à ses élèves. Une autre façon de lutter contre la morosité ambiante. Avec les microscopes, «ça été la folie!» rit Robin. «Ils n’arrêtaient pas! Pendant 6 mois ils m’en ont reparlé.» «Ils ont aimé, car ça se rapprochait de leur monde et de leur culture. La nature, le mystère,…»

Sur sa lancée, Robin a voulu que les jeunes s’approprient la science. «Je voulais qu’ils mettent les mains dans la terre.» Alors, le projet Plantons le décor a été lancé au collège de Camopi. Avec un objectif: utiliser les sciences pour planter et cultiver. «Et ça a été un succès! Le Parc amazonien de Guyane nous a soutenus la 2ème année. Et des élèves ont été invités dans un lycée agricole du littoral pour suivre des cours.»

Rapport à la nature

La nature est un élément essentiel des cultures amérindiennes. À Camopi, pour les Wayãpis et les Tekos, la vie s’organise autour du fleuve. «Le fleuve c’est tout. Ils y font la lessive, la vaisselle et ils y socialisent», raconte le jeune instituteur. «Et les gamins sont très bien renseignés sur la nature. Tout le monde part sur le fleuve, la famille, les parents. C’est un enrichissement. Mais ça se fait de moins de moins malheureusement.» Les parents ont souvent des problèmes, les ressources naturelles se raréfient, ajouté au coût élevé pour se rendre sur le fleuve. Cause ou conséquence, c’est un décrochage culturel de toute une population.

Comme dans d’autres situations, Robin a constaté une dualité dans le rapport des autochtones avec la nature. Aujourd’hui, la chasse et la pêche ne leur sont plus indispensables pour vivre, et certains se posent en fervents défenseurs de l’environnement. Robin a vu certains villageois en insulter d’autres, car ils chassaient trop. Au contraire, d’autres habitants seraient pour qu’ils exploitent le territoire, et non le laisser aux pilleurs et entreprises étrangères. «Mais le même type peut tenir un discours différent selon les jours», précise Robin.

Choc culturel

La situation des Amérindiens de Guyane est alarmante. Le manque d’emploi laisse une grande partie de la population inactive et l’alcoolisme chez les adultes est un problème de société. Le premier pouvant entraîner le second.

Durant ses 4 ans en territoire amérindien, Robin a vécu 5 suicides. Tous des hommes, la majorité âgée de moins de 15 ans. Pour comprendre ce phénomène, il faut voir l’impasse dans laquelle se trouvent ces populations. Leurs revenus basiques sont assurés par les aides sociales françaises, mais sans réelle perspective d’emploi. Quant aux jeunes, ils voient une réalité à la télévision à laquelle ils n’ont pas accès, face à leurs traditions qui semblent s’amenuiser inexorablement.

Sur le terrain, les intervenants dénoncent le manque de professionnels de la santé, d’éducation et de spécialistes. «Il en manque déjà sur le littoral, alors ailleurs…», ajoute Hélène Lamaison.

Bilan

Robin est resté 7 ans en Guyane, dont 4 en territoire amérindien. «Mais à la fin, j’en pouvais plus.» Le stress, les responsabilités, l’environnement, conjugués à d’autres facteurs ont conduit le jeune instituteur dans un état d’épuisement extrême physique et mental. «Mais je veux aider ces jeunes et pas les enfoncer et les traiter de suicidaires ou de sous-hommes comme tout le monde.»

Malgré la distance et le temps, l’engagement du jeune instituteur qui partait chercher des livres en pirogue pour ses élèves est intact. «Quand on discute avec les Amérindiens, ils paraissent heureux, mais au fond, ils cachent leur souffrance. La plupart des repères ont sauté (…). Les enfants n’ont plus vraiment d’autorité morale qui leur inculque des valeurs traditionnelles. On a l’impression que l’école est le dernier rempart avant que tout s’effrite. C’est pour ces gamins qu’on se décarcasse, pour qu’ils deviennent des Hommes libres, à la différence de leurs parents qu’on a soumis, abandonnés à un système dont ils sont devenus dépendants. Ils ont perdu leur liberté et à travers ça, une partie de leur dignité.»

La Guyane

La Guyane est la plus grande région française, pour moins de 206 000 habitants (ce qui fait d’elle la moins peuplée), dont les 9 dixièmes vivent sur la bande côtière. Sa population est extrêmement jeune, avec 44% de Guyanais de moins de 20 ans, contre 6% de plus de 65 ans. Son territoire, riche en espace forestier, rend difficile son déplacement. La voie fluviale est le seul moyen de transport à l’intérieur dans la forêt amazonienne.

Peu de statistiques précises ont été trouvées concernant les Amérindiens de Guyane. L’État français préférant parler en terme de territoire et non d’ethnie. Et ce département a un fort métissage avec 6 communautés amérindiennes, des créoles guyanais (métis), des Haïtiens, des Métropolitains, des Chinois…

Sur l’ensemble de la Guyane:

* 20% de la population était au chômage en 2009;
* 20% des Guyanais sont illettrés (soit 3 fois plus qu’en métropole). Un phénomène qui touche particulièrement les femmes et les personnes âgées;
* Seuls 44% des 25 ans et plus ont un diplôme du secondaire;
* Le taux de chômage des sans diplôme est 5 fois plus élevé que ceux ayant terminé le secondaire.

Tout laisse à penser que ces statistiques sont plus élevées auprès des communautés amérindiennes.

Le suicide auprès des Amérindiens du sud du fleuve touche autant les hommes que les femmes. Il est de 1 pour 200 habitants, contre 1 pour 5 000 en France métropolitaine. D’après le journal France Guyane, si ces chiffres étaient remis à l’échelle française, ce serait l’équivalent de 300 000 suicides. Soit davantage que la population guyanaise.

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Manifeste du Parti ouvrier (9)

 9782753900073_rChapitre 4 : APPRENDRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE (suite et fin)

 La quatrième leçon – l’impossible contournement historique

 La quatrième leçon historique concerne l’impossibilité absolue de contourner l’histoire et le nécessaire développement complet du mode et des rapports de production capitalistes avant d’aboutir un jour aux conditions matérielles objectives nécessaires à l’édification du mode de production et des rapports de production socialistes, menant au communisme.

 Le Parti bolchévique et les soviets se trouvèrent piégés à la direction d’une société semi-féodale, constituée d’une immense majorité de paysans analphabètes, agraires, ruraux, préindustriels et précapitalistes (25 millions de paysans pauvres). Des moujiks et des koulaks avides de devenir propriétaires terriens de leurs lopins et de vendre leurs surplus agricoles sur le marché «libre» formaient une masse paysanne absolument incapable de faire émerger un nouveau mode de production et de nouveaux rapports de production socialistes.

Il est aujourd’hui aisé de constater qu’aucune société ne peut faire l’économie d’une étape historique dans son développement économique, politique, idéologique et sociale. La société soviétique – l’État soviétique – l’économie soviétique devait d’abord développée les forces productives,

les moyens de production et les rapports de production capitalistes jusqu’à leur pleine capacité et leur ultime épanouissement – jusqu’au moment de leur implosion impérialiste qu’ils ont aujourd’hui atteinte dans l’ancienne URSS, dans l’ancienne Russie, dans l’ancien «camp socialiste» comme dans le reste du monde entier. En 1917, la Russie agraire, arriérée, semi-féodale, soumise au servage d’une portion de sa population, ne pouvait faire émerger une société hyper industrialisée, prolétarienne et socialiste. Le moujik et le koulak sont de mauvais vecteurs de la révolution collectiviste socialiste. Le socialisme n’est pas une société misérabiliste de partage de la pauvreté, mais une société de gestion et de répartition de l’abondance.

Cette illusion de la possible construction du socialisme dans un seul ou dans quelques pays arriérés passant de la semi-féodalité paysanne analphabète et agraire au socialisme, sans transition, en route vers le communisme, sans passer par le capitalisme bourgeois jusqu’à sa phase impérialiste décadente se reproduira plus tard, après 1917, dans la Chine de Mao, le Cuba de Castro, le Vietnam de Ho, la Corée du Nord de Kim, l’Albanie de Henver, La Yougoslavie de Tito, et même récemment dans le Népal maoïste. Partout, ce furent des échecs retentissants. Selon la théorie marxiste du matérialisme historique et dialectique, ces échecs ne s’expliquent pas par la trahison des clercs et de quelques «chefs» renégats bourgeois dissimulés dans la hiérarchie des partis communistes au pouvoir et dans les appareils monopolistes de l’État de ces différents pays. Le fait que la Révolution bolchévique se soit retrouvée isolée après la défaite des soulèvements hongrois, autrichien et allemand (1919-1923) fut de nature à isoler et à entraver la réalisation du socialisme en Russie, mais ces facteurs extérieur ne suffisent pas à expliquer la dégénérescence de la Révolution bolchévique. La cause la plus fondamentale de l’échec est interne à la société russe.

La Nouvelle économie Politique (NEP) de Lénine n’était rien d’autre que l’aveu de l’impossibilité de transformer une société arriérée, semi-féodale, à la paysannerie illettrée, majoritairement rurale et agraire, au prolétariat faible et inexpérimenté (7 millions d’individus environ), aux forces productives sous-développées, aux moyens de production déliquescents, aux rapports de production à peine sortie de la féodalité, en une société socialiste épanouie, en marche vers le communisme. Comme d’autres après eux, le Parti bolchevik et Staline se retrouvèrent à la tête d’un mode de production à compléter avant d’amorcer la construction du socialisme, un nouveau mode de production que nous avons encore peine à imaginer en ce 97e anniversaire de la Révolution prolétarienne d’Octobre. Nul n’aurait pu ériger le socialisme sur la terre des soviets paysans et agraires, pas plus que la révolution des artisans de la Commune de Paris ne pouvait aboutir ailleurs que l’a où elle s’est terminée.

Le stalinisme ne fut pas la résultante de manigances d’agents tsaristes infiltrés dans le parti bolchevik, mais bien plutôt la réponse historique spécifique que forgea la société russe arriérée, sous-industrialisée, sous urbanisée, sous-développée, sous scolarisée, pour passer rapidement, à pas de géant, de la semi-féodalité au capitalisme avancé, puis à l’impérialisme agressif – finalité historique du capitalisme monopoliste d’État, comme de toute autre forme de capitalisme. Il est anti marxiste de laisser penser que la classe des capitalistes d’État khrouchtchéviens se serait développée en secret dans les placards du Kremlin, et qu’ils auraient provoqué ou profité de la mort de Staline pour surgir tout à coup en classe bourgeoise hégémonique toute construite afin de s’emparer de la direction du Parti bolchevik toujours marxiste (sic). De toute façon, si cela avait été le cas, on est en droit de se demander comment il se fait que de simplement s’emparer de la direction du Bureau Politique aura suffi pour assurer aux comploteurs de la dernière heure l’hégémonie sur le parti, sur l’assemblée populaire et sur tout l’appareil d’État «socialiste» de «démocratie ouvrière». De quelle sorte de démocratie ouvrière parlait-on dans l’URSS stalinienne ?

Le stalinisme fut la forme particulière de capitalisme monopoliste d’État propre à la Russie et que l’État des soviets (trahis et soumis) imposa à tous les pays sous sa domination. Le capitalisme monopoliste d’État est un régime économique et politique transitoire et temporaire qui doit disparaitre dans sa forme originelle dès que le retard du mode de production et des rapports de production a été comblé. Le capitalisme monopoliste d’État stalinien constituait une entrave à l’appropriation privé des moyens de productions, d’échanges et de communication. Hors, le capitalisme, c’est par essence l’appropriation privé du capital pour sa valorisation, son accumulation et sa reproduction élargie. L’effondrement de l’Union Soviétique en 1989-1991 marque la fin de l’époque du capitalisme monopoliste d’État et le commencement de la période impérialiste classique de la Russie. La bourgeoisie soviétique qui devait se contenter de salaires élevés, de prébendes et d’avantages multiples, pu enfin accéder à la propriété privée des moyens de production, d’échanges et de communication. Les milliardaires surgirent de toute part et les ouvriers soviétiques connurent des années de misère sans nom. Le maoïsme fut une modalité quelque peu différente (légalement et politiquement) de capitalisme monopoliste d’État. Il ne fut pas nécessaire de détruire la structure de l’État impérialiste chinois pour permettre à la bourgeoisie bureaucratique chinoise de s’approprier privément – individuellement – les moyens de production et d’échanges en Chine. L’État maoïste reste en place sous la dictature de la bourgeoisie d’État et les milliardaires pullulent dans toute la Chine alors que des centaines de milliers d’ouvriers grèvent, manifestent et résistent à leur exploitation éhontée.

L’histoire de la lutte de classe lance ainsi des incursions, des essais, des sondes, que la classe révolutionnaire en devenir doit saisir, même si les conditions ne sont pas réunies, et dont la classe ouvrière doit tirer le savoir qui lui servira de leçons, demain – au moment approprié – pour remplir sa mission historique révolutionnaire (3).

Il est désormais évident que la société capitaliste-impérialiste grosse d’une révolution mondiale devait laisser le temps à son accoucheur prolétarien international de se développer en son sein. Seul le prolétariat internationalisé, expérimenté, scolarisé, conscient, hégémonique, saura imaginer et faire émerger la nouvelle société socialiste des reins du capitalisme en phase impérialiste déchue, mais ayant atteint la pleine maturité de ses contradictions libératrices, comme la bourgeoisie à maturité a su faire émerger le capitalisme de la féodalité mûre et décadente, pleine de ses contradictions libératrices.

Aujourd’hui, le mode de production impérialiste, les rapports de production impérialiste sont totalement développés à leur pleine capacité et ils ont atteint leur limite absolue d’expansion. Le mode de production capitaliste ne peut plus contenir, générer et reproduire plus de forces productives et de moyens de production qu’il n’en contient déjà, plus de capital qu’il n’en contient déjà. C’est la raison pour laquelle le mode de production capitaliste déplace – délocalise – remplace – détruit ici et rebâti là-bas des moyens de production à la poursuite de nouvelles forces productives moins dispendieuses à exploiter et à exproprier pour accumuler. Mais ce faisant, le mode de production impérialiste abandonne – détruit – des forces productives dans les pays soi-disant «développés» pour en créer dans les pays sous-développés. Il a atteint le maximum des capacités de production qu’il peut engendrer. Si bien que lorsque ces déplacements – relocalisations – ne suffisent pas le système est amené à détruire de grandes quantités de moyens de production et de forces productives (ouvriers). Ce sont les guerres locales, régionales, mondiales qui se succèdent à répétition, sans interruption, depuis près d’un siècle.

C’est la raison pour laquelle nous affirmons qu’à l’occasion de la prochaine révolution prolétarienne toutes les conditions objectives économiques et politiques seront enfin réunies et développées à leur pleine maturité. Cependant, les conditions subjectives (politiques et idéologiques), à commencer par la maturité d’un Parti révolutionnaire ouvrier mondial et la conscience révolutionnaire de la classe ouvrière mondiale risquent, au vu de ce que nous pouvons observer aujourd’hui, d’être largement en de ça des nécessités de l’évolution-révolution, ce qui pourra expliquer que la prochaine ne soit pas encore la bonne. N’ayez crainte toutefois, l’histoire se reprendra.

De la nécessité de renverser le syndicalisme capitaliste

La cinquième leçon de la révolution bolchevik tient à l’inadéquation de l’organisation syndicale pour organiser la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière. Pire, l’organisation syndicale s’avère un frein et une force contre-révolutionnaire que le prolétariat devra renverser et détruire dans le cours même de son soulèvement au même titre que l’État bourgeois dont le syndicat est devenu une courroie de transmission, un organe de marchandage dans la vente normée et structurée de la force de travail des ouvriers. Les conseils ouvriers se sont avérés la nouvelle forme d’organisation apte à soutenir les visées révolutionnaires du mouvement ouvrier.

Un syndicat combatif, militant, gauchiste même, ne peut que devenir un organe supplétif de la classe des patrons dès qu’il s’installe dans ses bureaux, qu’il comptabilise ses cotisations, qu’il cristallise ses structures organisationnelles légales, enregistrées et acceptées par la machine d’État bourgeois. Dès qu’il peaufine ses règlements de fonctionnement dont dépend la bureaucratie syndicale pour sa survie. Les syndicats européens démonstratifs, agités, exubérants, infiltrés de pseudo communistes et de collabos socialistes ont donné le change un certain temps et les gauchistes ont longtemps fait croire qu’on pouvait transformer un syndicat d’affaires, de collaboration de classe, en un syndicat de combat. C’est pourtant impossible. Un communiste qui devient permanent syndical de combat se transformera plus tard en syndicaliste d’affaires, négociateur bien payé de conventions collectives pour ouvriers sous-payés. Il ne peut en être autrement sous l’hégémonie de la classe capitaliste. Deux cents ans d’histoire du mouvement ouvrier mondial nous l’ont enseigné. C’est au moment de l’insurrection que la classe ouvrière réglera ses comptes avec les apparatchiks de l’industrie du syndicalisme. Il est aussi illusoire de croire à un syndicalisme de combat, à un syndicalisme de gauche, que de rêver à un capitalisme humaniste et progressiste, ou d’idéaliser un parlement bourgeois prolétarien.

Toute négociation d’une convention collective, toute lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe, est par nature un compromis réformiste, une lutte de défensive de résistance. Du moment qu’un travailleur vend sa force de travail contre salaire, il consent qu’en vertu du droit bourgeois son surtravail lui soit confisqué et dès lors il accepte son sort d’esclave salarié spolié. Le fait que l’employé demande et négocie une augmentation de salaire pour son travail nécessaire, seul ou regroupé en syndicat, ne remet nullement en cause sa soumission à son patron qui l’achète contre rémunération. Il n’y a là rien de révolutionnaire. Spontanément, et sans l’idéologie et la théorie marxiste révolutionnaire, la lutte réformiste syndicale est le plus loin que puisse s’aventurer la lutte de la classe ouvrière «en soi». D’instinct, l’ouvrier reconnaît qu’il est plus avantageux de vendre collectivement sa force de travail en étant organisé en syndicat pour marchander plutôt que de se vendre à la criée, isolé. Si aussi peu que 10% des travailleurs américains sont aujourd’hui syndiqués, c’est que l’État policier étatsunien compense la désyndicalisation par des prestations sociales et des services sociaux pour une partie du manque à gagner des non-syndiqués. Sans compter qu’une partie des patrons étatsuniens ajustent les salaires en fonction de ce qui est consenti par les grandes entreprises syndiquées. Là-bas en Amérique, les syndicats ne se dissimulent pas, ils s’appellent des syndicats d’affaires et se maraudent mutuellement pour recueillir la «taxe-cotisation» syndicale en faisant valoir les services qu’ils vendent contre ces cotisations substantielles. Nombre de travailleurs ne voyant aucun intérêt à débourser cette taxe syndicale à l’industrie du syndicalisme, pour d’aussi piètres avantages, refusent de se syndiquer. En Amérique, certaines centrales syndicales ont mis sur pied des fonds de gestion de capitaux spéculatifs avec les cotisations de leurs membres et contribuent ainsi à ce que leurs amis spéculateurs et «banksters» appellent la «relance» économique capitaliste à la bourse.

En 1917, Le Parti bolchevik, dirigeant de la lutte révolutionnaire de la classe ouvrière russe, encore faible, peu nombreuse et sans grande expérience de lutte syndicale, ne pouvait savoir ces choses à propos des syndicats professionnels et d’entreprises, ce que les camarades de l’opposition communiste de Gauche en Europe occidentale étaient en mesure de leur enseigner. Lisons ce qu’écrivait en 1920 le camarade Pannekoek de la gauche hollandaise :

«De même que le parlementarisme exprime le pouvoir intellectuel des chefs sur les masses ouvrières, le mouvement syndical incarne leur do­mination matérielle. Les syndicats constituent, sous le capitalisme, les organisations naturelles pour l’unification du prolétariat, et à ce titre Marx, déjà de très bonne heure, a fait ressortir leur importance. Dans le capitalisme développé et plus encore à l’époque impérialiste, les syndi­cats sont devenus toujours davantage des associa­tions géantes, qui montrent la même tendance de développement qu’en d’autres temps, l’appareil d’État bourgeois lui-même. Dans ce dernier s’est formée une classe d’employés, une bureaucratie qui dispose de tous les moyens de gouvernement de l’organisation, l’argent, la presse, la nomina­tion des sous-ordres ; souvent les prérogatives des fonctionnaires s’étendent encore plus loin, de sor­te que, de serviteurs de la collectivité, ils devien­nent ses maîtres, et s’identifient eux-mêmes avec l’organisation. Les syndicats convergent aussi avec l’État et sa bureaucratie en ce que, malgré la dé­mocratie qui est censée y régner, les membres ne sont pas en situation de faire prévaloir leur volon­té contre le fonctionnarisme ; sur l’appareil artis­tement édifié des règlements et des statuts toute révolte se brise avant qu’elle puisse ébranler les hautes sphères.

«C’est seulement par une longue persévérance à toute épreuve qu’une organisation parvient quel­quefois, après des années, à un succès relatif qui ressort généralement à un changement de person­nes. Dans ces dernières années, avant la guerre et après, on en est arrivé ainsi – en Angleterre, en Allemagne, en Amérique – à des révoltes de mili­tants faisant la grève pour leur propre compte, contre la volonté des chefs ou les résolutions de l’association elle-même. Que cela puisse arriver comme quelque chose de naturel, et être envisagé comme tel, manifeste que l’organisation, loin d’être la collectivité des membres, se présente comme un être qui lui est en quelque sorte étran­ger. Les ouvriers ne sont pas souverains dans leur association, mais elle les domine comme une force extérieure contre laquelle ils peuvent se ré­volter, bien que cette force soit cependant sortie d’eux-mêmes. Encore un point de commun avec l’État. Puis, lorsque la révolte s’apaise, l’ancienne direction se réinstalle et sait se maintenir malgré la haine et l’amertume impuissante dans les mas­ses, parce qu’elle s’appuie sur l’indifférence et le manque de clairvoyance, de volonté homogène et persévérante de ces masses et parce qu’elle re­pose sur la nécessité interne du syndicat comme seul moyen pour les ouvriers de trouver, dans l’unification, des forces contre le capital.

«En luttant contre le capital, contre les ten­dances du capital absolutistes et génératrices de misère, en limitant ces tendances et en rendant de ce fait l’existence possible à la classe ouvrière, le mouvement syndical s’est mis à remplir un rôle dans le capitalisme et il est devenu lui-même de cette manière un membre de la société capita­liste. Mais du moment où la révolution commence, en tant que le prolétariat, de membre de la société capitaliste, se mue en son destructeur, il rencon­tre devant lui le syndicat comme un obstacle.

«Ce que Marx et Lénine ont fait ressortir à propos de l’État : à savoir que son organisation, malgré ce qu’elle contient de démocratie formel­le, le rend impropre à servir d’instrument pour la révolution prolétarienne, vaut donc aussi pour les organisations syndicales. Leur puissance contre­-révolutionnaire ne peut être ni anéantie ni atté­nuée par un changement de personnes, par le rem­placement des chefs réactionnaires par des hom­mes de gauche ou des révolutionnaires.

«C’est la forme organisatoire elle-même qui rend les masses à peu près impuissantes et qui les empêche de faire du syndicat l’instrument de leur volonté. La révolution ne peut vaincre qu’en dé­truisant cet organisme, en bouleversant de fond en comble cette forme organisatoire afin qu’il en sorte quelque chose de tout à fait autre.» (1) Ce texte aurait pu être écrit par un communiste contemporain militant dans un syndicat d’affaires ou dans un syndicat soi-disant de combat.

 Mais alors, que font les communistes dans cette galère «syndicaliste réformiste» ?

Nous communistes venons engranger de l’expérience de lutte par la lutte et à travers les luttes grévistes (syndiquées et non syndiquées). Nous venons clarifier les enjeux et stigmatisé les compromis, identifier les parties et leurs intérêts respectifs et faire comprendre à notre classe que ce jeu des négociations-marchandages de leurs conditions de survie n’aura jamais de cesse et que globalement la partie est au bout du compte perdue d’avance.

Les lois de l’économie capitaliste forceront les patrons à céder de moins en moins de salaires et à réclamer de plus en plus de surtravail non payé. Pire, tous les efforts réclamés à la classe ouvrière pour augmenter la productivité et rétablir la profitabilité de l’entreprise seront vains, car le système économique capitaliste ne peut se perpétuer, sinon, en détruisant d’immenses moyens de production et en éliminant immensément de forces productives (les guerres). Le syndicat d’affaires et le syndicat soi-disant de combat, pour sa survie en tant qu’organisme parasitaire, ne peut que contribuer à cette rationalisation de l’emploi, du profit, des forces productives et de la productivité.

Nous allons parmi les salariés, syndiqués et non syndiqués, associés ou non en Front commun syndical (cette question n’est pas cruciale, l’unité ouvrière naîtra dans la lutte et par la lutte et non pas des résolutions des assemblées de bureaucrates), expliquer à notre classe qu’il lui faudra un jour se résigner à dépasser les luttes de classe «en soi», pour sauver son pouvoir d’achat et pour survivre, et elle devra entreprendre la lutte de classe «pour soi», pour la conquête du pouvoir d’État, l’expropriation sans compensation des moyens de production, d’échanges et de communication, l’établissement de la dictature du prolétariat via le pouvoir des soviets et pour l’édification du mode de production socialiste en marche vers le communisme. Au moment de l’insurrection, la question de la direction des syndicats d’affaires ou de combat (sic) et de collaboration de classe se réglera d’emblée. Nous communistes sommes la mémoire des luttes et l’état-major au service de notre classe et nous venons soutenir la lutte gréviste de notre classe.

La révolution est la seule voie vers l’émancipation prolétarienne

La sixième leçon, irréfutable, qui découle de l’expérience d’Octobre1917, est que pour s’émanciper de l’esclavage salarié, le prolétariat international ne possède qu’une seule solution, la révolution. Il n’y a pas de raccourcis possibles,pas plus qu’il n’existe de voies alternatives ou de compromis. Toute autre optionest une fausse solution. Non seulement une autre méthode tactique finirait paraffaiblir la lutte de la classe ouvrière, mais elle dévaloriserait aussi son contenu politique enmettant de l’avant des objectifs qui ne sont pas les siens, soit comme solution à desproblèmes secondaires ou pire, comme objectif stratégique final filouté.

L’histoire du mouvement ouvrier nous adémontré trop souvent comment l’abandon de la voie révolutionnaire au profitd’alliances avec des sections de la bourgeoisie nationale réformiste a mené à des défaites sanglantes et tragiques qui ont pesélourdement sur les tentatives suivantes pour ranimer la lutte de classe.

Le mouvement prolétaire, avec la présence nécessaire d’un parti révolutionnaire, doit avancer de concert vers l’objectif révolutionnaire. Tout autre choix ne sert qu’à préserver l’ordre existant en menant de défaite politico-économique en défaite économico-politique. Cela présuppose que le point de départ est la lutte contre sa propre bourgeoisie nationale, particulièrement si elle a atteint le statut de puissance impérialiste dominatrice. La lutte ouvrière doit s’acharner contre toutes manifestations de l’impérialisme, à l’échelle nationale et internationale. Cela veut aussi dire le rejet de toutes les formes de nationalisme économique et/ou politique, qu’elles soient laïques, religieuses ou intégristes (qui se présentent parfois sous les couleurs d’un pseudo anti-impérialisme invariablement opportuniste et toujours réformiste) et donc de considérer la révolution prolétarienne comme le seul instrument de lutte contre le capitalisme à son stade impérialiste de dégénérescence.

Alors qu’au temps de Lénine, les contradictions du mode de production et d’échanges des marchandises avaient pour la première fois créé les conditions d’une crise internationale sévère qui préfaça la Première Guerre mondiale, le capitalisme à son stade impérialiste avancé s’est développé de telle façon que l’exacerbation de ses contradictions a donné naissance ces derniers temps à des sociétés impérialistes véritablement monstrueuses où, malgré une plus grande capacité de production, un régime politique policier d’appauvrissement progressif des travailleurs, d’instabilité et d’insécurité permanente s’est imposé.

Le «Front uni antifasciste» est un mythe. En ces heures où le prolétariat est si faible que l’on oublie son existence, la bourgeoisie n’a nullement besoin de faire renaître l’hydre fasciste pour briser les capacités de résistance de la classe ouvrière et pour l’embrigader pour la guerre. Le fascisme classique n’est pas à l’ordre du jour. Aujourd’hui, c’est l’État policier qui doit endiguer la classe et l’enrégimenter en faveur de la guerre «patriotique» pour la défense de la patrie menacée. Menacée par l’effondrement du capitalisme ont-ils oubliés de dire aux prolétaires en colère. En lieu et place les capitalistes, et leurs sous-fifres médiatiques, terrorisent les ouvriers et leurs foyers avec les terroristes dont ils sont eux-mêmes les commanditaires.

Confronté à des taux de profits en déclin, le capitalisme international a accru ses attaques contre les salariés et contre la force de travail en général. Il l’a fait et continue à le faire sur tous les fronts, autant contre les salaires que contre les mesures sociales (les programmes sociaux assurant la reproduction de la force de travail). Le résultat en est un pouvoir d’achat diminué pour les ouvriers, des services de santé, d’éducation et de loisir réduits, le prolongement du temps de travail et la réduction des allocations de retraite (jusqu’à leur disparition éventuelle). Les plus âgés travaillent plus longtemps, les immigrants sont surexploités, tandis que les plus jeunes ont de la difficulté à trouver un emploi. Les emplois sont de plus en plus précaires, intermittents et mal payés : six mois de travail, six mois de chômage, avec toutes les conséquences sociales que cela entraîne, alors que la bourgeoisie raconte aux uns et aux autres qu’ils sont eux-mêmes la source de leurs peines, eux qui pourtant ne décident de rien et ne contrôlent rien.

Il n’y a pas qu’au Bangladesh et au Bénin que cela se passe, des cathédrales historiques du capitalisme comme l’Europe, le Canada et les États-Unis d’Amérique sont touchés. Dans les pays de la «périphérie» – mais pas seulement dans ces cas extrêmes – le pillage des ressources naturelles continue et s’intensifie tout comme l’expropriation forcée de millions de paysans pauvres, pour la plupart destinés à une vie misérable et qui luttent pour la simple survie, alors que les «chanceux» qui trouvent un emploi dans les usines des pays «émergents – ces nouvelles puissances impérialistes – que d’aucuns qualifient de «miracles économiques» revivent le drame des conditions de travail précapitalistes que les ouvriers d’Occident ont vécu au dix-neuvième siècle. Cela est aussi la base de la compétition qui fait rage au sein de la force de travail mondial, entraînant des réductions de salaire et pas uniquement pour les moins qualifiés. De plus, la planète entière est menacée par le cauchemar des catastrophes écologiques, un résultat direct du mode de production dont la seule raison d’être est la valorisation de l’argent pour la reproduction élargie du capital via la course à la plus-value et au profit maximal.

Dans le domaine strictement économique, le capital s’engage dans des manœuvres spéculatives de plus en plus risquées et illicites dans sa quête agonisante de surprofits, ce qu’il doit continuellement faire en tentant de survivre à ses propres contradictions insolubles. Et lorsque la bulle spéculative éclate, éliminant des milliards de dollars de capital fictif en quelques heures, il tente d’en faire payer les frais aux petits épargnants, aux salariés (régimes de retraite pillés, salaire en baisse, inflation en hausse) et à certaines sections de la bourgeoisie non monopoliste (ce qui crée des contradictions dans leurs rangs), tel un arnaqueur vendant ses produits financiers pour des investissements sécuritaires à haut rendement, alors qu’il ne s’agit que de la pire des camelotes déficitaires.

La spéculation et le parasitisme sont les caractéristiques de l’impérialisme étouffant et sclérosant. Plus ces contradictions s’exacerbent, plus il devient agressif. Il n’y a pas un seul marché, du commercial au financier, du monétaire au commerce des matières premières, qui ne soit pas troublé par la concurrence monopolistique violente entre grands monopoles multinationaux qui, très souvent, se transforme en actes de guerre et prend la forme du pillage armé. C’est l’unique motif des multiples guerres locales et régionales que l’on cherche à nous présenter comme des guerres tribales, interreligieuses, claniques, alors qu’elles sont fomentées par les alliances impérialistes concurrentes en se servant de la chair à canon des populations du tiers-monde (ce qui inclut la Palestine et Israël).

Le parasitisme économique, la spéculation, les crises économiques et financières, les récessions et les dépressions, plus d’exploitation et moins de sécurité pour ceux qui travaillent et l’anxiété pour ceux qui cherchent du travail, un état de guerre permanent et la création de couches toujours plus importantes de salariés précaires : voilà le présent et l’avenir qu’offre le capitalisme corporatif. Depuis Octobre 1917, les contradictions du capital se sont développées et aujourd’hui ces contradictions se sont énormément amplifiées et sont à maturités. C’est pourquoi l’expérience de la Révolution d’Octobre – malgré sa défaite subséquente – demeure le modèle dont devra s’inspirer la révolution prolétarienne moderne.

  1. http://www.marxists.org/francais/pannekoek/index.htm

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À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (8)

 

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour la gauche internationale :

  1. Nous avons traité des questions de sectarisme, d’entrisme et de dogmatisme
  2. Nous avons abordé la question de l’unité des forces de la gauche.
  3. Nous avons présenté la lutte de classe telle qu’elle se mène dans trois instances. Les textes sont » http://www.les7duquebec.com/author/robertbibeau/
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous présentons aujourd’hui six leçons acquises de la Révolution bolchévique.

 

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CHAPITRE 4 : APPRENDRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

Depuis la Révolution d’Octobre 1917

En octobre 1917 c’est l’annonce des grèves et des mutineries, en Russie notamment, qui contribua à la fin de la Première Grande Guerre mondiale, la première boucherie impérialiste mondiale de l’ère moderne. La Révolution d’Octobre fut un événement majeur dans l’histoire de la classe ouvrière, une tempête de classe qui reste largement inconnue et incomprise.

Presqu’un siècle depuis la Révolution d’Octobre

Lorsque l’URSS et le supposé camp-socialiste s’effondrèrent en 1989, la bourgeoisie internationale entonna le requiem du socialisme et surtout du communisme. L’oraison funèbre servit à démontrer comment la faillite de l’Union Soviétique, prétendument communiste, prouvait que, hors du capitalisme, aucune autre forme d’organisation sociale ne pouvait ni ne pourrait jamais exister.

LA SUITE DE L’ARTICLE »»» http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-8-2/

Le mode de production et les rapports de production et d’échanges capitalistes seraient la seule forme possible d’existence économique et sociale dans le monde entier pour le reste de l’éternité. Tout le reste ne serait, au mieux, qu’utopie, et au pire, le «réalisme socialiste inhumain» qui n’aura apporté que misère et oppression aux prolétaires qui s’y aventurèrent.

L’expérience bolchevik

L’expérience bolchevik a fait faillite bien avant 1989 et l’effondrement du social impérialisme russe. Le Parti Bolchevik dirigé par Staline a présenté la construction du capitalisme monopoliste d’État comme étant la construction du socialisme en URSS, ce qui a ouvert une époque de confusion idéologique et politique sans précédent pour des millions de prolétaires à travers le monde. La conséquence tragique de cette confusion fut la plus importante défaite idéologique qui n’ait jamais marqué le mouvement ouvrier. Presqu’un siècle après cette révolution il est temps de mettre fin à cette confusion. La gauche communiste et les communistes révolutionnaires, ont l’obligation de tirer des leçons à partir des nombreux enseignements de cette expérience ouvrière.

Une première leçon historique – les soviets

La première leçon que la Révolution d’Octobre nous a léguée concerne l’organisation de la classe ouvrière. À l’évidence, notre classe est capable de faire et de marquer l’histoire. Nonobstant un siècle de cynisme à propos de l’incapacité légendaire de la classe ouvrière (sic), les travailleurs russes découvrirent la forme par laquelle une société capitaliste pouvait être renversée et comment ils pouvaient s’organiser pour tenter d’ériger une société nouvelle. Dès 1905, les soviets émergèrent de leur lutte collective gréviste contre l’exploitation, la spoliation et l’aliénation en tant que solution organisationnelle pratique aux problèmes de coordination des divers comités de grève ouvrière, de résistance et de défense populaire. En 1917, les soviets (les conseils ouvriers) furent recréés et firent la preuve qu’ils constituaient la structure organisationnelle et de pouvoir qui structurait et représentait directement la classe ouvrière en guerre contre la bourgeoisie. Tandis que les syndicats ouvriers intégrés à l’appareil d’État tsariste furent plutôt des entraves au déploiement de la révolution. Nous y reviendrons.

Lénine disait que « L’écurie du parlementarisme bourgeois » est la démocratie pour les riches, rejetant ainsi le crétinisme parlementaire. Les représentants bourgeois sont élus grâce à l’argent et aux médias des riches pour des mandats de plusieurs années. Ils peuvent ignorer les revendications de leurs électeurs tandis qu’ils font des courbettes devant les intérêts du capital. C’est ce chemin notamment qui mena à la corruption de la social-démocratie en Allemagne avant la première guerre mondiale.

Le soviet, tout comme la Commune de Paris de 1871, fut un organe à la fois exécutif et délibératif (législatif). Ses membres étaient délégués par leurs électeurs et pouvaient être révoqués à tout moment s’ils ne respectaient pas leur mandat (limité dans le temps et non renouvelable). En clair, les travailleurs de Russie ont donné au monde la forme politique qui devrait être la base de la société sans classes de « travailleurs librement associés » (Marx).

Les soviets ont décliné au fur et à mesure que les travailleurs révolutionnaires périrent au cours de la guerre civile contre l’impérialisme mondial et ses « Gardes blancs » envahissant. À mesure aussi que le pouvoir d’État soviétique, accaparé par le parti bolchevik, s’empara des leviers du pouvoir pour en évincer les soviets. Les soviets constituèrent la forme politique du pouvoir collectif ouvrier, de la dictature du prolétariat sur les reliquats de la bourgeoise ancienne, toujours présents dans la société soviétique pluriethnique et multinationale. Cependant, les soviets n’ont pas su constitué le modèle de pouvoir économique collectif prolétarien pour l’édification d’une économie et d’une société socialiste en marche vers le communisme. C’est l’appareil d’État soviétique qui constitua ce pouvoir et cette gouvernance économique sous laquelle se constitua une caste d’apparatchiks divisée en factions querelleuses, caste qui à partir des privilèges acquis se transforma en une nouvelle bourgeoisie, celle qui mena une première escarmouche pour le partage du pouvoir en 1953, à la mort de Staline, celle qui mena une second grand combat de partage à la mort de Brejnev et celle dont le pouvoir politique s’effondra définitivement en 1989-1991, pour mieux se constituer en classe capitaliste monopoliste formée de propriétaires privés des moyens de production, d’échanges et de communications dans l’ex-URSS devenu la Russie et la Communauté des États Indépendants (CEI).

La deuxième leçon concerne les conditions de la révolution prolétarienne

La deuxième leçon nous indique que la révolution est un événement exceptionnel, qui requiert pour survenir le genre de conditions singulières existant dans la Russie en guerre. La condition nécessaire et indispensable qui détermine le mouvement des contingents de travailleurs tient essentiellement aux conditions économiques dans l’approfondissement de la crise du capitalisme à l’étape de l’impérialisme. Il n’y a point d’acte de volonté (volontarisme et manipulation dans le déclanchement de l’insurrection sont bannis), ni d’inspiration géniale, ni aucune autre force déterminante qui peut remplacer l’impulsion des conditions matérielles objectives et concrètes, quand la bourgeoisie elle-même en tant que classe hégémonique ne maîtrise plus ses différentes factions ni ne maîtrise plus totalement l’appareil d’État, ni la conjoncture économique et sociale.

En Russie, la crise économique qui avait abouti au premier conflit mondial, aux destructions physiques massives et à une société affamée soulevèrent des millions de paysans (25 millions) et des millions de prolétaires (7 millions) contre la guerre et enclencha la lutte frontale contre ceux qui en étaient responsables. Comme Lénine l’a souligné, la guerre mondiale fut la force motrice, le grand accélérateur qui propulsa les masses russes (même si le prolétariat était minoritaire) sur la scène de l’histoire, dans le premier acte de ce qui aurait dû être une explosion de lutte des classes à l’échelle internationale… mais ne le fut pas car la société capitaliste recélait encore des capacités productives inexploitées, des forces de production et d’échanges, des capacités de tempérer ses contradictions qu’elle n’avait pas encore épuisée dans tous les pays et sur tous les continents. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La société impérialiste a atteint la limite de ses capacités. Pour paraphraser Marx, l’impérialisme a développé toutes les forces productives que ses rapports de production obtus et obsolètes sont assez large pour contenir et de nos jours l’impérialisme a tendance à tituber, sans s’arrêter, dans le monde entier (1). Cependant, l’accoucheur social – le prolétariat – devra lui asséner le coup de grâce sans quoi l’impérialisme décadent nous entraînera vers une guerre nucléaire mortifère. Et surtout, que nul n’argumente que les capitalistes ne pourront jamais se résigner ni nous astreindre à cette extrémité. À ceux-là nous répondrons « Rappelez-vous Hiroshima et Nagasaki ».

 Mais les conditions matérielles ne sont pas suffisantes en soi. Les crises économiques dévastatrices, avec leur cortège de guerres entraînant les masses paysannes et ouvrières à l’action ne suffisent pas à définir une situation révolutionnaire. La présence d’un parti révolutionnaire, qui concentre l’expérience de la classe et sait comment lier la spontanéité fébrile des masses et des luttes spontanéistes sur le front économique au programme politique révolutionnaire de classe, est absolument nécessaire. Lorsque le prolétariat se décide à agir, il le fait en partant spontanément de revendications économiques défensives et de luttes de résistance revendicative. Il peut se mobiliser instinctivement contre la guerre et ses conséquences qui tuent et affament. Il peut être attiré par la perspective du changement social. Il peut même renverser un régime politique croupissant, mais il a surtout besoin d’un programme politique fondé sur les gains idéologiques et théoriques de sa propre expérience historique. Le porteur de ce programme révolutionnaire de classe est le parti politique révolutionnaire de classe du prolétariat et nul autre. Sans cet état-major et cette mémoire des luttes de classe, au service de la classe révolutionnaire unique et de ses objectifs, l’insurrection mènera chaque fois au remplacement d’une classe exploiteuse par une autre.

Il est totalement erroné de croire que la lutte gréviste pour des revendications, le combat contre les effets de la crise économique ou le refus de continuer la guerre peuvent par elles-mêmes élever spontanément le niveau de conscience politique des masses prolétariennes jusqu’au programme politique révolutionnaire «pour soi» (c’est-à-dire pour la conquête de tout le pouvoir politique d’État et le pouvoir économique et pour l’instauration de la dictature du prolétariat). Les prolétaires de Chine, de Corée, du Vietnam, de l’Albanie, d’Afrique du Sud, ceux d’Égypte et ceux du Népal pour ne citer que quelques exemples relativement récents ont fait la preuve qu’il ne peut y avoir de dictature du «Front uni» des paysans, des petits-bourgeois et du prolétariat qui soit révolutionnaire et salvateur. La Révolution bolchévique nous enseigne que seule la dictature de la classe authentiquement révolutionnaire, jusqu’au bout, assure le succès de l’insurrection mais quelle n’assure pas pour autant le succès de l’édification socialiste si les autres conditions économiques et sociales ne sont pas réunies et à maturité.

 

C’est plutôt le contraire qui est vrai. Si, les masses n’ont pas créée leur avant-garde – le parti révolutionnaire ouvrier – (2) lorsqu’elles se mettent en mouvement, même la révolte ou l’insurrection la plus pugnace et la plus déterminée est destinée à l’échec. En 1917, il n’y a qu’en Russie que s’est effectuée la synthèse entre les conditions objectives – qui menèrent les prolétaires à se soulever – et les conditions subjectives – représentées par les masses elles-mêmes et par la présence active du Parti bolchevik qui guida politiquement le mouvement. Sans ces deux conditions aucune révolution prolétarienne n’aurait pu vaincre. Si l’un de ces deux facteurs est absent, il n’y a pas de perspective de dénouement favorable de la révolution prolétarienne. Si les conditions nécessaires sont absentes, le prolétariat ne se soulèvera pas; si le parti est absent, tout indique que les résultats de la lutte des classes seront négatifs. Les nouvelles générations de communistes ne peuvent absolument pas négliger cette leçon de la Révolution d’Octobre. Si elles le font, elles risquent de s’orienter vers les théories idéalistes qui font du spontanéisme, de l’ouvriérisme, de l’économisme, du réformisme, de l’anarchisme leurs cris de ralliement.

Cependant, nous le réitérons, conquérir le pouvoir hégémonique et s’asseoir à la tête de l’État prolétarien ne donne pas l’assurance de l’édification de la société socialiste si le mode de production capitaliste-impérialiste n’a pas atteint sa totale maturité et qu’il n’a pas commencé à péricliter, ce qui est aujourd’hui assuré pour l’ensemble de la société impérialiste mondialisé et globalisé.

L’internationalisme prolétarien

La troisième leçon que nous enseigne l’expérience de la Révolution d’Octobre est que la révolution prolétarienne doit être internationale ou elle est destinée à l’échec, enfermée à l’intérieur des frontières nationales dans lesquelles elle est née. Toute la stratégie du Parti bolchevik et de la Troisième Internationale – avant son repli sur des positions contrerévolutionnaires basées sur la théorie du socialisme dans un seul pays – fut fondée sur la nécessité qu’il y aurait d’autres éruptions révolutionnaires internationales ou plus exactement, que le confinement de la Révolution à un seul pays, la Russie, annoncerait sa défaite inéluctable.

 

Pour la Russie révolutionnaire, l’isolement politique et économique auquel elle a été condamnée par l’absence de révolutions en Europe de l’Ouest notamment signifiait que son sous-développement économique et l’encerclement économique, politique et militaire, par les pays capitalistes qui considéraient le bolchevisme comme l’ennemi à abattre, quel qu’en soit le prix et par tous les moyens, lui seraient fatales. Une des causes déterminantes de la tragédie de la Révolution d’Octobre est que l’un des deux facteurs qui devaient donner une dimension internationale au processus révolutionnaire entrepris en Russie était bancal.

 

Le premier facteur, objectif, – la nécessaire condition de la crise économique et/ou de la guerre impérialiste – était présent férocement et sans précédent et avait entraîné tous les pays d’Europe et au-delà. Les masses prolétariennes (dans certains pays de l’Europe de l’Ouest du moins) s’agitaient aussi, particulièrement en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie. Par contre, le deuxième facteur, la présence concrète de partis communistes expérimentés ne s’est pas manifestée à temps. Bien sûr, des partis communistes se sont formés mais ils avaient du retard sur le développement des événements. En retardant la rupture du cordon ombilical, qui les liait aux partis réformistes de la Deuxième Internationale, jusqu’au reflux de la lutte prolétarienne, les futurs partis révolutionnaires manquèrent leur rendez-vous avec l’histoire et par conséquent l’entreprise bolchevique se retrouva isolée et plongée dans une série de contradictions insolubles à la fois à l’intérieur de son cadre politique national, et à l’intérieur de ses forces productives et de ses rapports sociaux de production archaïques, en partie préindustriels et semi-féodaux. Le processus est long et douloureux pour faire d’un amalgame de millions de paysans analphabètes, des prolétaires alphabétisés, industrialisés, modernisés, formés et urbanisés.

Ainsi, l’échec de la Révolution d’Octobre, suite à l’échec des autres expériences révolutionnaires européennes, devint total dès la première décennie d’existence de l’URSS, et non pas trente années plus tard comme le soutiennent les réformistes et les révisionnistes de tout-acabit. Les événements qui eurent lieu par la suite, la brutale réaction politique, les purges sanglantes au sein même du Parti bolchevik, l’élimination physique de toute opposition de gauche, les attaques économiques contre le prolétariat qui avait accompli la révolution, furent les conséquences économiques et politiques de cette défaite internationaliste mais surtout de cette impossibilité matérielle, systémique de forger le socialisme à partir d’une société paysanne-rurale-agraire-semi-féodale-illettrée-arriérée. Trente années plus tard, la Chine maoïste refera la preuve que l’on ne peut édifier une société socialiste en se reposant sur un « Front uni » de bourgeois nationaux, de paysans pauvres et de prolétaires inféodés aux premiers et à partir d’une économie agraire et semi-féodale.

 

De cette défaite post-révolution, inéluctable, provient la construction d’un capitalisme monopoliste d’État dans un seul pays que le régime bolchévique, sous Staline, présenta comme du socialisme d’État, une illusion que les partis communistes de la Troisième Internationale propagèrent parmi les masses ouvrières du monde entier et dont il nous faut aujourd’hui nous extirper.

 

 

  1. Karl Marx (1859) Préface à la contribution de la critique de l’économie politique.
  2. Manifeste du Parti ouvrier (2014) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

 

 

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GAZA SOUS LES BOMBES, BREZINSKI EXPLIQUE LA GAMIQUE

gazasouslesbombes2En 2011, nous écrivions que les factions nationalistes palestiniennes (OLP-Fatah-Hamas-Jihad Islamique) parasitaient la lutte de résistance du peuple palestinien afin de se partager le bantoustan que l’État sioniste condescendrait – tôt ou tard – (le plus tard possible nous en convenons avec vous) à céder en protectorat exclusif à la gouvernance de certaines factions nationalistes palestiniennes réconciliées. (1)

Poursuivons l’analyse de cette lutte de «libération nationaliste» palestinienne soumise au joug impérialiste israélien.

Pour comprendre une problématique politique, il faut écouter et considérer le point de vue de ses alliés mais aussi celui de ses ennemis jurés. Ainsi, comment comprendre les attaques meurtrières de l’entité sioniste (Israël) contre l’enclave emmurée de Gaza où se terrent 1,5 million de prisonniers palestiniens parmi les décombres des décombres si on n’écoute pas les ténors de l’impérialisme étatsunien ?

Qu’est-ce que les unités de l’armée sioniste poursuivent comme objectif quand elles tuent  ainsi des centaines d’emmurés civils et quand elles blessent des milliers de résidants désarmés de ce camp de concentration encerclé et verrouillé ? Nulle prière pour implorer la miséricorde des assassins israéliens ne pourra mettre fin à ce carnage. Il faut plutôt comprendre le fin mot de cette affaire et les intérêts des parties impliquées dans le partage de la dépouille palestinienne.

Personne ne croit un instant que l’agression génocidaire vise à faire cesser le lancement des  roquettes inefficaces puisque juste avant les attaques répétées et musclées de Tsahal, aucune roquette ne violait le ciel d’Israël. Il aura fallu à l’armée sioniste des dizaines de meurtres de civils innocents, des centaines de bombes au phosphore blanc, de bombes à fragmentation et d’autres armements, contre le peuple de Gaza, pour que la situation de «paix» colonisatrice soit brisée par le Hamas, contraint de riposter pour ne pas perdre la face devant les familles endeuillées.

Encore aujourd’hui,  il serait facile  pour l’armée israélienne de faire cesser les tirs de roquettes… Il lui suffirait de cesser de bombarder et d’assassiner des centaines de Palestiniens civils sans défense. Crime de guerre et assassinats qui contraignent le Hamas, qui ne veut pas être en reste (face au Jihad Islamique), de riposter afin de sauver son titre de prétendant au trône des bantoustans palestiniens à administrer pour le geôlier.

Pour ce qui concerne l’OLP-Fatah, de l’Autorité sans autorité, elle a déjà déposé les armes depuis fort longtemps et attend les secours de son adjudant, le maréchal Sissi l’Égyptien, qui a fermé la frontière de Rafah, isolant les Palestiniens dans leur réduit mortel. Sissi par son statut de remplaçant de Moubarak a été promu négociant en chef des ententes de capitulation à répétition au nom de l’Autorité des troufions.

C’est le grand criminel de guerre, et ex-secrétaire d’État étatsunien, muté conseiller de la Présidence américaine, qui a révélé la vérité sur cette dernière échauffourée. Zbigniew Brezinski déclarait récemment sur les ondes de la télévision américaine (CNN) que : «Les États-Unis ne soutenaient pas et condamnait cette attaque israélienne qui met en danger, disait-il, la survie d’Israël, l’isole de la «communauté internationale» et Brezinski est allé jusqu’à menacer Israël d’appuyer les prétentions de l’Autorité palestinienne d’être reconnu à l’ONU» (2). Vous comprenez maintenant ce boycott de l’aviation civile étatsunienne et canadienne et européenne en provenance et à destination de l’aéroport de Tel-Aviv.

Brezinski ajoutait même que le motif de l’agression israélienne contre Gaza n’avait rien à voir avec la tuerie de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie en juin dernier –. Le Hamas n’aurait pas commandé ces meurtres dit Brezinski (Comment sait il cela l’ex-secrétaire d’État ?). Le véritable motif des tueries de l’armée israélienne dans Gaza emmuré est l’accord de direction conjointe qui associe désormais le Hamas à l’OLP-Fatah-Autorité afin d’en arriver à un compromis avec Israël  pour le partage  d’un bantoustan palestinien sur le reste des 15% des terres palestiniennes, pas encore colonisées, et où sont parqués 4,5millions de Palestiniens n’ayant  pas encore réussi à fuir où à migrer.

En clair, Zibgnew Brezinski dévoile le visage sinistre de la politique sioniste et des groupuscules nationalistes palestiniens en train de brader le droit d’ainesse du peuple palestinien pour un bantoustan de lentilles, bantoustan qui sera probablement formé de 7 villes et de leur faubourg, soit Gaza, Ramallah, Bethléem, Jéricho, Naplouse, Jénine et Hébron. Oubliez Jérusalem, la cité de David et de Salomon promise par Dieu lui-même au peuple hébreu (sic).

Le premier ministre sioniste Netanyahu, plus rusé et meilleur connaisseur de la situation sur le terrain que ce malandrin de Brezinski,  sait très bien que ni le Hamas, ni l’OLP-Fatah  discrédité ne pourront livrer la marchandise sans un sérieux coup de pouce meurtrier. Ces organisations palestiniennes (OLP-Fatah, Hamas) auront beaucoup de mal à faire accepter ces nouveaux sacrifices aux 4,5 millions de Palestiniens emprisonnés en Cisjordanie et à Gaza l’emmurée et encore davantage aux millions et demi de réfugiés palestiniens parqués depuis la Nakba (1948) dans des camps de fortune en pays arabes filoutés (Liban, Syrie, Égypte, Jordanie).

Israël, OLP-Fatah, Hamas, conviennent donc tacitement qu’il faut beaucoup de morts de civils à Gaza pour demander ensuite aux gazaouïs (les derniers irréductibles) et aux Cisjordaniens (oubliez les réfugiés des camps palestiniens de la diaspora qui ne seront jamais consultés) s’ils acceptent de finir leur vie dans leur bantoustan respectif. Leur faire croire que la «Libération de la Palestine» c’est de vivre emmuré dans sept villes reliées par des tunnels et requérant des permis de circulation pour visiter sa parenté de l’autre côté du mur de séparation (sic). Le tout géré par 4 ou 5 services de «sécurité» palestiniens tous plus corrompus les uns que les autres et tous assujettis à l’Autorité… israélienne. Arafat a déjà tenté le coup et ça n’avait pas fonctionné.

La difficulté cependant et pour l’armée israélienne, et pour Netanyahu (Israël), et pour Mahmoud Abbas (OLP) et pour Khaled  Mechaal (Hamas), et pour tous ces négociants de la paix d’occupation avec le  colonisateur c’est qu’une nouvelle organisation est apparue dans le paysage politique palestinien. Et depuis quelques années, cette organisation est solidement financée par l’Iran des mollahs milliardaires, trop heureuse de porter la pagaille jusqu’en Palestine aux portes de l’impérialisme israélien. Un juste de retour des choses quand on sait qu’Israël de son côté soutient les kurdes irakiens-syriens-iraniens aux portes de l’Iran (sans compter le califat sunnite tout récent soutenu par Israël en sous main).

C’est le Jihad islamique qui vient brouiller les cartes de la magouille israélo-OLP-Hamas pour le bantoustan à partager. Le Jihad est la véritable organisation visée par les raids israéliens et les résistants qui sont assassinés par l’aviation israélienne et par les tanks sionistes ce sont d’abord ceux du jihad islamique en train de supplanter le Hamas à Gaza l’irréductible. Évidemment, l’armée israélienne doit bien sacrifier quelques militants du Hamas si Tsahal  désire faire croire aux Palestiniens que cette organisation dirige la résistance.

Voilà la raison pour laquelle tant de milliers de Palestiniens doivent périr par le feu et par les bombes pour que les factions palestiniennes puissent «négocier» avec leur geôlier sioniste et se partager la dépouille de la Palestine occupée et étranglée.

Les ouvriers palestiniens et les travailleurs israéliens n’ont rien à gagner dans ces jeux meurtriers et ils devraient poursuivre leur lutte gréviste contre l’occupation, contre les restrictions, contre le chômage, contre la vie chère, d’un côté comme de l’autre de ces frontières artificielles et de ces murs biens réels.

  1. http://www.les7duquebec.com/non-classe/union-des-factions-pour-un-bantoustan-palestinien/ et aussi http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/dessous-les-cartes-au-moyen-orient-meurtri/
  2. https://www.youtube.com/watch?v=MI-nTIUQ1YA

20 Juillet 2014   et aussi  le «spectacle du massacre des Palestiniens vu du côté sioniste»  http://www.dailymotion.com/video/xv9axp_le-massacre-des-palestiniens-un-divertissement-pour-certains-israeliens_news

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (7)

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour la gauche internationale :

  1. Nous avons traité de la question du sectarisme-entrisme-dogmatisme, cette maladie qui sévit depuis des décennies parmi la gauche.
  2. En prolongement du sujet précédent – nous avons abordé la question de l’unité des forces de la gauche. Peut-on construire l’unité de la gauche militante? Disponibles à cette adresse : http://www.les7duquebec.com/author/robertbibeau/
  3. Nous complétons aujourd’hui avec la troisième instance de la lutte de classe, l’instance idéologique.
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous présenterons cinq leçons de la Révolution bolchévique.

********* 

CH 3 : TROIS INSTANCES DANS LA LUTTE DE CLASSE (suite-3)

Lutte de classe dans l’instance idéologique

Pour conclure à propos des relations qui attachent la bataille sur le front économique et politique de la lutte de classes, Rosa Luxembourg a écrit : «Le mouvement dans son ensemble ne s’oriente pas uniquement dans le sens d’un passage de l’économique au politique, mais aussi dans le sens inverse. Chacune des grandes actions de masse politiques se transforme, après avoir atteint son apogée, en une foule de grèves économiques. Ceci ne vaut pas seulement pour chacune des grandes grèves, mais aussi pour la révolution dans son ensemble. Lorsque la lutte politique s’étend, se clarifie et s’intensifie, non seulement la lutte revendicative (lutte de résistance et lutte gréviste défensive, NDLR) ne disparait pas, mais elle s’étend, s’organise et s’intensifie parallèlement. Il y a interaction complète entre les deux.» (1)

Depuis la trahison de la Révolution prolétarienne d’Octobre 1917 et le développement du capitalisme monopoliste d’État en URSS; depuis l’élimination progressive de l’Opposition de Gauche de toutes les organisations communistes, la classe ouvrière tout en poursuivant invariablement sa lutte résistance sur le front économique, combat qui connait ses phases de flux et de reflux, a bien peu de présence dans l’instance politique et pour que cela change il est impératif que nous menions la guerre de classe sur le front idéologique. Car c’est bien sur ce front théorique et idéologique que la bourgeoisie a d’abord fait porter ses efforts pour discréditer l’alternative prolétarienne.

La classe capitaliste monopoliste est parfaitement consciente de cette problématique et pour que jamais la classe ouvrière ne gouverne il lui est nécessaire d’engager la lutte de classe en amont du front politique – dans l’instance idéologique, c’est-à-dire au niveau de l’information et des communications et surtout sur le font de la théorie révolutionnaire et de l’analyse scientifique de la société contemporaine et de la compréhension de l’évolution des sociétés, des modes de production et des rapports sociaux de production. Car sans théorie révolutionnaire pas de parti révolutionnaire, et sans parti révolutionnaire pas de conquête du pouvoir d’État par les soviets ouvriers disait Rosa Luxembourg.

Intellectuels gauchisants et petits-bourgeois progressistes de service galvaudent le mouvement ouvrier depuis des années afin d’expliquer le peu d’estime dans lequel ils tiennent la théorie le socialisme scientifique, le matérialisme dialectique et la méthode   marxiste toujours prompts à vilipendé le militant « borné », distribuant allègrement l’anathème de dogmatique et de sectaire à quiconque défend ces principes que ces énergumènes souhaiteraient ravalée au rang d’outils optionnels et encombrants.

Le Parti ouvrier a l’impératif devoir de défendre, de maitriser et d’utiliser les concepts, les principes et la méthode du socialisme scientifique, du matérialisme dialectique et historique et la méthode du marxisme révolutionnaire pour analyser concrètement la situation économique, politique et idéologique afin de transformer cette réalité à l’avantage de la classe ouvrière.

Les élections démocratiques bourgeoises

À l’époque de l’impérialisme moderne il n’est plus de mise d’accréditer la légitimité des élections bourgeoises en participant à quelque forme d’élection organiser par le capital pour désarmer idéologiquement et politiquement le prolétariat révolutionnaire. Dans nombre de pays, d’instinct les ouvriers ont compris – envers et contre l’avis de la bourgeoisie électoraliste – que ces mascarades électorales n’étaient que salmigondis et tartufferies ou la voix du prolétariat ne pourra jamais être entendue, affirmée, ni respectée. Et quand bien même un parti, soi-disant prolétarien, s’emparait du parlement des marchands, des industriels, des financiers et des banquiers cela ne lui donnerait aucune prise sur les corps policiers, l’armée, les universités, les moyens de production, de commercialisation et de communication ni sur le système de justice des riches et il serait balayé après quelques mois ou quelques années. Dans toutes les constitutions des pays capitalistes il est un article non écrit qui transcende tous les autres et qui se lit comme suit « Jamais la classe ouvrière ne portera atteinte à l’intégrité du pouvoir bourgeois et à la légalité de la propriété privée des moyens de production, d’échange et de communication ». En vertu de cet article gravé sous le palimpseste de la constitution, les institutions juridiques et militaires s’attribuent le droit d’imposer la dictature bourgeoise.

Il en serait exactement de même pour des militants communistes qui s’empareraient du contrôle des appareils syndicaux, 5e colonne de la bourgeoisie dans le camp prolétarien. Un syndicat révolutionnaire serait discrédité par sa centrale et disqualifié par l’État bourgeois si ces officiers s’entêtaient à diriger la lutte de classe gréviste de ses membres au lieu de négocier la vente de leur force de travail au plus offrant.

L’ouvrier qui répudie toute participation aux élections bidon a totalement raison d’affirmer ainsi que ce n’est pas de cette façon que sa classe s’emparera du pouvoir d’État et ce n’est pas ainsi que son parti imposera l’expropriation sans compensation de tous les moyens de production, d’échange et de communication au bénéfice de la classe ouvrière et des salariés.

À ceux de la petite bourgeoisie qui partagent le lit de la grande bourgeoisie, il n’est rien à ajouter. Aux autres, à tous ceux qui souhaitent contribuer à la conquête du pouvoir d’État sous l’hégémonie du prolétariat, il est demandé de craindre de dévier d’un iota des enseignements durement acquis par l’expérience révolutionnaire de nos paires de la Commune (1871) et de la Révolution bolchévique d’Octobre (1917). Si malheureusement les acquis politiques et économiques de ces révolutions nous ont été confisqués et si aujourd’hui tant de travail reste à faire pour reconstruire de véritables partis politiques ouvriers révolutionnaires, sur le plan théorique et idéologique cependant l’intégralité des conquêtes, des acquis, des savoirs, de la mémoire des luttes et des connaissances scientifiques des théoriciens révolutionnaires sont à notre portée. Nombre de camarades n’imaginent même pas l’importance de cet héritage qui constitue un facteur décisif pour l’avancement de la révolution socialiste (2).

Ce savoir nous permet d’analyser, de comprendre, de démontrer et d’anticiper (les quatre activités fondamentales qui définissent une science) l’évolution du mode de production impérialiste moderne. Nul économiste – politicien – intellectuel bourgeois ne dispose d’une telle arme scientifique. C’est la raison pour laquelle ils errent de-ci de-là et pontifient à propos de l’avenir de l’Euro, de «l’étalon»-or, du dollar, du crédit désordonné, de l’inflation, de la dette souveraine gargantuesque, du système bancaire débonnaire, des finances publiques catastrophiques, de l’industrie délocalisée et de l’économie en déroute sans rien comprendre, sans rien expliquer, sans rien anticiper, que la « reprise » économique illusoire.

C’est au militant de s’emparer de cet héritage de loyauté et de l’étudier et, surtout, de l’appliquer concrètement à la situation concrète de chaque milieu de résistance. Prenez garde cependant avant de tenter d’inventer de nouveaux principes théoriques prétendument créatifs, ou de prétendre bidouiller le socialisme scientifique centenaire à une quelconque situation supposément unique et extraordinaire. Assurez-vous de ne pas vous engagez dans le marais de l’opportunisme, du réformisme, du trotskyste, du révisionnisme, du maoïsme, du national-socialisme, de l’eurocommunisme, de l’idéalisme, du social démocratisme, du crétinisme parlementaire, du titisme, de l’altermondialisme, de l’écosocialisme et de moult autres contrefaçons. Méfiez-vous de cette littérature pédante et ignorante pseudo marxiste, mais véritablement opportuniste et idéaliste.

Parce que la lutte de classe dans les instances économique, politique et idéologique évolue chacune à un rythme différent, de façon concomitante et interdépendante cependant, il est et il restera indispensable que les communistes appliquent le centralisme démocratique (droit de parole, d’opinion et de vote au sein de l’organisation), couplé à la dictature du prolétariat dans le parti révolutionnaire et que les Soviets ouvriers disposent du contrôle de l’ensemble de l’État du prolétariat, du pouvoir juridique, policier et militaire, du contrôle sur les institutions du pouvoir économique, et enfin sur le pouvoir et les institutions de l’instance idéologique.

Les alliés des ouvriers

Le « peuple » est constitué d’un amalgame de classes et de segments de classes tels que la paysannerie pauvre (en pays néo-colonisés seulement, car il ne reste aucun reliquat de la paysannerie pauvre en régime impérialiste moderne dominant), les artisans, les petits commerçants non monopolistes et la petite bourgeoisie, un segment de classe dans chaque pays impérialiste amalgame que les idéologues bourgeois appellent frauduleusement la « classe moyenne », source inépuisable d’idées, de théories, de concepts idéalistes – mystiques – métaphysique – utopistes – réactionnaires – contre-révolutionnaires et qui fournit, vague après vague, les contingents de soldats d’avant-garde du capital dans sa lutte acharnée contre l’armée de classe du prolétariat.

Tous les concepts que ces idéalistes éclectiques qualifient de « spontanés », de « créateurs », d’« originaux », d’« inédits », de  « non dogmatiques », de « non conformistes » et même de « guides pour l’action » foisonnent dans leur cerveau désœuvré. Ces concepts sont repris et diffusés avec enthousiasme par les médias à la solde et ils contaminent la pensée des militants de toutes les classes sociales, y compris la pensée des militants communistes ouvriers. C’est la raison pour laquelle le combat de classe sur le front théorique et idéologique est toujours aussi incisif et décisif et ne doit jamais être relâché.

Pour schématiser grossièrement, nous pourrions dire comme Rosa Luxembourg que la lutte de classe commence dans l’instance économique, se propage dans l’instance politique et envahie l’instance idéologique, puis, retour du niveau idéologique vers le niveau politique et économique, et ce processus s’enchevêtre et se poursuit inlassablement, mais il repose toujours sur les fondements économiques – sur la production et l’échange des moyens de subsistance et sur le processus de reproduction des classes sociales forgeant l’espèce humaine contemporaine (dans la situation historique concrète propre à chaque époque chaque mode de production).

Face à la crise du mode de production impérialiste moderne entraînant la faillite du capital financier – dont les banqueroutes de la petite bourgeoisie – de la paysannerie – des artisans et des petits commerçants ne sont que les tristes préludes – ces classes et ces segments de classe se présentent sur l’avant-scène pour protester contre la détérioration de leurs conditions de vie et de travail. Les verts, les altermondialistes, les néo-libéraux compassés, la « société civile citoyenne » désemparée, les ONG subventionnées, les trotskystes agités, les anarchistes surexcités, les révisionnistes anciennes façon, les révisionnistes maoïstes nouvelle formule, les socialistes d’opérettes, les nationaux-socialistes hystériques, leurs amis islamistes-djihadistes, les nationalistes chauvins et les autres réformistes de tout acabit se sont donnés rendez-vous sur la place publique afin de remplir leur mission au nom de la bourgeoisie, celle defourvoyer la classe ouvrière afin que jamais elle ne s’élève de la lutte de classe sur la plan économique pour remettre en question la dictature de la bourgeoisie dans les instances politique (l’État) et idéologique (le système éducatif, de recherche, culturel et religieux); que jamais elle ne posela question de la révolution prolétarienne et du renversement du régime impérialiste moderne.

Développement inégal et déphasé

Le développement inégal – déphasé et combinée de la lutte de classe dans les trois instances économiques – politique – idéologique a pour conséquence qu’après la prise de pouvoir par la classe ouvrière, au niveau économique et politique,la conscience de la population, du prolétariat et de ses alliés, sera toujours empreinte d’idées, de concepts, de théories idéalistes anti-scientifiques, narcissiques, individualistes, réactionnaires et contre-révolutionnaires issus directement des centaines d’années de pratiques sociales, économiques, politiques et idéologiques bourgeoises (éducation, formation, recherche, information, communication, arts, culture, vie morale et religieuse). Ces mentalités héritées du passé ne disparaitront pas en même temps que s’éteignent le droit bourgeois, la propriété privée des ressources et des moyens de production, d’échanges et de communication et l’éradication de l’expropriation de la plus-value ouvrière.

Il faudra du temps, de nouvelles praxis sociales, de nouveaux rapports de production issus d’un nouveau mode de production avant que les mentalités, les consciences de classe, collective et individuelle, soient totalement transformées pour s’adapter au nouveau mode de production socialiste (phase de transition) puis communiste. Pendant cette lente transformation collective et individuelle, les reliquats des rapports sociaux individualistes et vénaux bourgeois seront prégnants – obsédants et toujours présents dans la conscience des hommes et des femmes venus du passé. Le pouvoir du prolétariat assurera la démocratie et le droit de parole et de représentation pour la population avec plein droit de révocation des élus (accrédités pour un temps limité, non renouvelable) qui ne défendraient pas les droits collectifs socialistes puis communistes.

Pour les organisations politiques réformistes et opportunistes, c’est la superstructure politique et idéologique qui commande à l’infrastructure économique comme le cerveau humain commande au corps du «citoyen». Donc, l’infrastructure économique obéit aux décisions des politiciens, des théoriciens, des théologiens et aux désidératas des citoyens qu’il suffit de mobiliser en grand nombre pour que par la puissance de leur bulletin de vote ils imposent leurs diktats aux fusils des bourgeois.

Ce sophisme permet ensuite de justifier le prêchi-prêcha des socialistes utopistes et des réformistes qui, patiemment, tentent de convaincre la foule mouvante d’adhérer à leurs politiques qui une fois qu’ils seront en mesure de les appliquées – seulement quand la puissante classe capitaliste leur laissera temporairement la gouvernance des affaires de l’État s’ils ont présenté «pattes blanches» – s’avèreront tout aussi catastrophiques que celles des partis d’opposition. Gauche ou droite c’est du pareil au même fini par comprendre l’ouvrier éclairé. C’est le rôle des bureaucrates syndicaux, de l’intelligentsia, et des politiciens bourgeois de convaincre les ouvriers du contraire.

Convenons toutefois que les changements de mentalité, les transformations morales, intellectuelles et sociales ont leur propre temporalité et se modifient plus lentement et de manière plus complexe, dialectiquement, que les vecteurs économiques, politiques, juridiques ou militaires. La société socialiste devra avoir évolué – se transformer dans la durée – pour qu’émerge l’Homme et la Femme communiste nouvelle, débarrassée des artefacts de la pensée idéaliste bourgeoise. Ce processus de décontamination des idées – des théories – de l’idéologie bourgeoise – sera long fastidieux et périlleux.

Pour y avoir échoué après quelques années de lutte de classe acharnée le Parti bolchévique a été incapable d’empêcher l’édification du capitalisme d’État en Union soviétique. Voilà un exemple concret ou l’infrastructure économique n’était pas en phase avec la superstructure idéologique et politique ce qui a entraîné un renversement du pouvoir soviétique (l’abolition des soviets) et du mode de propriété des moyens de production pour enfin établir le mode de production capitaliste monopoliste d’État.

Étant donné que la base économique – l’infrastructure productive de la société soviétique retardait et n’avait eu ni l’opportunité ni le temps de se développer suffisamment pour assurer le principe communiste « De chacun selon ses capacités – à chacun selon ses besoins » le mode de production retardait à éliminer les reliquats des rapports de production bourgeois-capitalistes qui alimentaient la base sociale capitaliste à l’intérieur de l’État et de la société soviétique, si bien qu’il advint ce dont chacun se souvient. Il aura suffi de quelques années pour que l’édifice soviétique se contamine et dégénère. La suite la semaine prochaine.

  1. Luxembourg Rosa (1906) https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm
  2. Vous trouverez une grande quantité d’ouvrages édités et publiés en version numérique sur ces quelques sites informatiques : http://www.collectif-smolny.org/   et aussi http://marxisme.fr/ également http://www.marxists.org/francais/ et aussi http://classiques.uqac.ca/

À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520 

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LE DESSOUS DES CARTES AU MOYEN-ORIENT MEURTRI

Moyen-Orient-PolitiqueLa situation au Moyen-Orient est très compliquée ! Les enjeux y sont énormes et les hyènes sont nombreuses autour de cette proie pétrolière et gazière. Tout ce qui se passe là-bas tourne autour du contrôle et du partage de l’énergie fossile. Mais, direz-vous, il y a dix ou vingt ans, il y avait plus d’or noir qu’il y en a présentement et pourtant moins d’escarmouches et de conflits armés qu’en ce moment. C’est qu’à cette époque il y avait moins de chacals impliqués dans le dépeçage. Et surtout, une superpuissance reconnue par tous les belligérants jouait le grand commandant.

Il y a vingt ans, une super puissance hégémonique contrôlait sans partage tout le Moyen-Orient ou presque. Un larbin fit mine de jouer sa partie en solo et de vendre la deuxième plus grande réserve de pétrole de la planète à qui il voudrait, usant des devises qu’il souhaitait. La riposte ne se fit pas attendre et l’homme finit sa vie comme il l’avait vécue – dans la violence et sous la potence. Un pékin libyen jouant le même refrain subit le même destin (1). En ce temps-là, le Roi Lion était reconnu et respecté de tous.

Les étatsuniens ne savaient pas qu’ils ne possédaient pas la puissance militaire suffisante pour écraser toute velléité de résistance. C’est la guerre dans le désert – le désert de pierres de l’Afghanistan et du Pakistan, le désert de sable de l’Irak et de la Libye-Somalie-Yémen-Soudan, le désert des sous-fifres crédibles en Syrie, qui apprit à Georges W. Bush, à ses supplétifs et à ses succédant, que l’armée américaine suréquipée était vaurienne pour occuper et administrer sur le pavé clouter. On ne peut occuper un pays avec des drones. On le détruit c’est tout, et après coup on l’abandonne.

Quand une superpuissance s’expose faible et démunit comme le firent les États-Unis – invariablement, tous les surintendants se voient comme le prochain capi di capo et chacun tente de tirer les marrons du feu. Chacun compte ses alliés, ses affidés, ses lieutenants, tout en se positionnant pour le prochain changement. C’est ce prochain agenda qui devrait préoccuper les analystes dépités par la complexité des jeux d’alliés.

Allez donc vous y retrouver dans ce guêpier. Les États-Unis qui font les yeux doux à l’Iran des mollahs milliardaires et qui s’éloignent de son ancien compère israélien comme nous l’avions prédit (2).

Le Président Poutine qui appuie l’agression d’Israël contre le peuple palestinien sacrifié dans Gaza emmurée. La Russie qui a tout juste préservé sa base maritime syrienne sur la Méditerranée ne peut prétendre à l’hégémonie.

La Turquie qui tolère à sa frontière la création de l’État croupion du Kurdistan irakien sous mandat israélien. La Turquie qui ne sait plus trop ce qu’elle pourra tirer de cette esbroufe syrienne qui ne lui apporte que des réfugiés. Le Qatar qui après avoir pêché en eau trouble toutes ces années se demande s’il lui restera quelques avantages après avoir tant déboursé pour supporter ces assassins ingrats aujourd’hui accrochés à leur butin. L’Arabie saoudite qui fait de l’urticaire de voir l’Iran étendre son influence au Levant. L’Arabie qui a pourtant payé de ses deniers pour équiper et entraîner tous ces meurtriers. L’Arabie qui n’espérait rien sinon que de nuire à l’Iran l’autre puissance du Golfe Persan encerclé.

L’Iran embêté par cet État islamique troufion en terre irakienne et syrienne qu’elle croyait pourtant contrôlé. L’État des mollahs n’avait-il pas adoubé Nouri al-Maliki, l’homme en sursis, soutenu et maintenu Bachar al Asad, l’autre homme en sursis, et financé le Hezbollah vainqueur d’Israël sur la côte Méditerranéenne.

Israël qui parraine la création de l’État Islamique en Irak et au Levant, dirigé par un agent de la CIA (3).Israël qui se cherche un nouveau mentor, vend des secrets militaires à la Chine et à la Russie et attaque le Djihad islamique et le Hamas (bras filouté du Qatar)dans Gazapour leur refus de soutenir l’État islamique et son sultan «Rantanplan» (sic). Le Djihad islamique qui récupère les militants mécontents du Hamas qu’il boutera hors de la Bande de Gaza. Ne parlons pas de Mahmoud Abbas de l’Autorité sans autorité que plus personne ne prend la peine de soudoyer tant son cul de chemise est délavé.

L’Égypte qui peine à massacrer tous les résistants qui se terre en attendant de reparaître plus menaçants. La Jordanie qui en a marre de servir de camp d’entrainement pour tout ce que la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël lui expédient de bandits entremêlés de réfugiés affamés de plus en plus lourd à supporter.

Ce qu’indique cet imbroglio aux multiples embardés c’est que nous sommes sortis d’un monde divisé en deux camps impérialistes équilibrés par la terreur; pour passer un bref instant sous l’hégémonie impérialiste américaine; pour tomber aujourd’hui dans le monde de la «Croisière en folie» où aucune puissance économique, politique et militaire ne se démarque pour imposer son autorité aux pays belligérants, aux puissances impérialistes dominantes et aux pays impérialistes assujettis. Alors, chaque petit potentat régional se croit autoriser à soutenir sa bande de mercenaires déloyale pour porter la guerre à ses frontières, sans trop savoir si sa meute de djihadiste lui restera complice ou ne sera pas soudoyé par un autre prétendant pêchant en eau trouble.

Cette réalité bien visible au Moyen-Orient s’étend peu à peu à l’Afrique, l’Europe du glacis russe (Ukraine, Biélorussie et pays du Caucase), et demain, ce sera en Asie si la puissance chinoise n’élève pas la voix d’ici là.

La classe ouvrière n’a que faire de ces jeux de massacre et doit parfaire sa préparation pour le grand soulèvement sinon la guerre mondiale qui se prépare l’entraînera en enfer.

  1. http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-parricide-la-guerre-civile-en-89871
  2. http://www.alterinfo.net/Snowden-Le-chef-de-l-EIIL-Al-Baghdadi-a-ete-forme-par-le-Mossad_a104140.html
  3. http://www.mondialisation.ca/le-combat-obama-netanyahu-la-revanche/25068
  4. http://www.les7duquebec.com/non-classe/dessous-les-cartes-au-moyen-orient-meurtri/

 

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