диета форум

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste (2e partie de trois)

 marx

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-marx-2/

La semaine dernière, nous avons publié la première partie de ce triptyque présentant l’analyse marxiste de la crise économique de l’impérialisme en déclin. Après avoir présenté les concepts de capitalisme et d’impérialisme voyons maintenant six lois qui définissent les caractéristiques du capitalisme monopoliste d’État d’après la théorie marxiste d’économie politique.  Voir la première section ici :

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste/

La loi de la valeur c’est  travail + surtravail

Une première équation de toute comptabilité nationale et de l’ensemble du système capitaliste mondiale dévoilée par la théorie d’économie politique marxiste va comme suit : la loi de la valeur stipule qu’une journée de travail ouvrier produit une valeur (V) décomposable en trois éléments constituants : 1) le salaire nécessaire ou capital variable (Cv) remis à l’ouvrier pour sa subsistance et sa reproduction élargie (famille). 2) le remboursement – ou l’intégration des moyens de production à la nouvelle marchandise. C’est le capital constant (Cc) composé du capital fixe (machineries et bâtiments) et du capital circulant (énergie, matières premières,  transport).  3) Le surtravail équivalent de la plus-value (pv), exproprié par le capitaliste propriétaire privé (ou étatique) des moyens de production. On estime que cette plus-value ouvrière se situe en moyenne entre 25 % et 35 % de la valeur moyenne finale d’une marchandise commerciale.

V =  Cv + Cc + pv

Une seconde équation produite par la théorie marxiste d’économie politique décrit comment se fait la péréquation de la plus-value, la partie de la journée de travail expropriée qui n’est jamais donnée à l’ouvrier. Cette plus-value constitue la raison d’être – le moteur – de l’économie capitaliste. Elle se divise en : 1) dividende industriel (profit sur actions et obligations) et en bénéfice thésaurisé par l’entreprise en vue de ses prochains investissements (D = 33 % de la pv totale). 2) la rente foncière (R = environ 5 %). 3) le profit commercial (Pc) destiné à rétribuer la mise en marché (marketing) qui valorise parfois la marchandise (20 %). 4) le bénéfice financier (Bf) – bancaire, usuraire – destiné à rétribuer la gestion du capital et le prêt sur investissement (l’intérêt). Cet argent est l’amorce de la spéculation boursière (45 % de la pv est ainsi accaparé).

Prenez note que la fonction rente foncière et la fonction commerciale génèrent peu ou prou de nouvelles plus-values et que la fonction financière ne génère aucune plus-value. Elles constituent donc, toutes les trois, des ponctions non productives sur le capital rentable et entravent sa profitabilité et donc sa reproduction élargie. Quand ces extractions (R + Pc + Bf) étaient marginales dans le cycle de circulation-reproduction élargie du capital, ces ponctions n’empêchaient pas le cycle de reproduction élargie. Aujourd’hui, que ces ponctions non productives de plus-value sont si importantes (70 % du total), elles entravent la reproduction élargie du capital et deviennent une source de tensions entre capitalistes industriels et capitalistes financiers dont la classe ouvrière doit s’avoir profité dans son projet de renverser ce système économique obsolète.

Pv = D (30 %) + R (5 %) + Pc (20 %) + Bf (45 %)

Financiarisation et monétarisation de l’économie globalisée

Pour se convaincre de l’aspect funeste des activités spéculatives stériles, il suffit de considérer quelques chiffres attestant de la financiarisation parasitaire de l’économie impérialiste mondiale.
Ainsi, les compagnies établies aux États-Unis sont la plus grande source d’investissements directs de capitaux à l’étranger (IDE), ce qui confirme le caractère rentier et parasitaire de l’économie impérialiste américaine en déclin puisque l’économie des États-Unis produit de moins en moins de plus-value et de profits. Le graphique 1 indique parfaitement la place à part que détiennent les États-Unis d’Amérique en tant que destination et/ou provenance des stocks d’IDE en transhumance dans l’économie impérialiste mondialisée, financiarisée et intégrée.

Graphique 1

Investissements directs à l’étranger de divers pays (2013, en dollars)

La Chine qui amorce à peine son règne à la tête de l’économie impérialiste mondialisée, fortement concurrentielle, ne détient que le 13e rang pour l’instant. Cependant, la République Populaire de Chine  augmente régulièrement ses investissements directs financiers et non financiers à l’étranger comme en fait foi l’article qui suit : « Les IDE financiers représentent 10,07 milliards de dollars de ce montant, tandis que les IDE non financiers ont augmenté de 13,3% à 77,73 milliards de dollars, selon un rapport publié lundi par le ministère chinois du Commerce, le Bureau d’État des statistiques et l’Administration nationale des devises étrangères de Chine. Fin 2012, les IDE cumulés des sociétés chinoises avaient atteint 531,94 milliards de dollars, permettant à la Chine d’occuper la 13e place mondiale. Les investisseurs chinois ont établi quelque 22.000 entreprises dans 179 pays et régions » (5).

 Au temps de l’hégémonie américaine, le dollar (USD) a envahi les économies des pays dits « émergents », et de tous les autres pays, ce qui place l’économie impérialiste financiarisée, mondialisée, intégrée en grande difficulté dans le monde entier. L’accumulation – valorisation – réinvestissement profitable des capitaux est en panne depuis plusieurs années et ceci explique les politiques d’austérité conséquente à la baisse tendancielle des taux de profits (6). L’économie capitaliste chinoise, entièrement interreliée à l’économie impérialiste mondialisée, ne peut espérer s’exempter de la crise systémique du capitalisme, intensifiée depuis 2007-2008 et qui se poursuit. Comment réagira l’économie chinoise devant ce cataclysme économique assuré ? Une chose est certaine, c’est que les entreprises impérialistes chinoises acoquinées aux entreprises capitalistes du monde entier ne vont pas mieux s’en tirer que toutes les autres interreliées.

Graphique 2

Investissement des entreprises capitalistes chinoises dans le monde

La situation des pays fournisseurs de matières premières

Les prix des matières premières ont chuté en 2014 et pourraient encore baisser au cours de l’année 2015. Ce déclin met en péril l’opération gaz et pétrole de schiste qui a cours aux États-Unis. Cette énergie devient très coûteuse par rapport à l’extraction du pétrole conventionnel. Une hausse des prix du pétrole, suite à une rupture des approvisionnements provenant du Proche-Orient,  satisferait probablement les compagnies pétrolières transnationales établies aux États-Unis (les mêmes qui contrôlent les puits de pétrole au Proche-Orient). Ceci rend pertinentes les manœuvres pour bloquer l’expédition des hydrocarbures du Proche-Orient (pays producteurs) vers leurs clients d’Asie et d’Europe (!)  Pour ces entreprises, les décisions militaires qu’elles ont à impulser auprès de l’administration du Pentagone et de l’OTAN, se résument à un calcul coût-bénéfice entre l’exploitation des gaz et pétroles de schiste aux États-Unis, versus leur exploitation conventionnelle au Proche-Orient à destination de l’Europe et de l’Asie, vers la Chine en particulier. Si le gouvernement chinois est disposé à partager les bénéfices entre tous les assoiffés de profits assis autour de la table internationale des énergies fossiles, alors il n’y aura peut-être pas de nouvelle guerre mondiale pour cette fois. Si le gouvernement chinois tente de conserver tous les bénéfices pour les entreprises ayant leur siège social en Chine alors les oléoducs en direction de la Chine seront coupés et les ports pétroliers seront minés et le monde capitaliste s’approchera d’un troisième conflit mondial.

Voilà comment les économistes marxistes analysent la situation économique et politique internationale en ce début de 2015. Espérons que les analystes politiques bourgeois  sauront enfin comprendre l’objectif de la restitution du pouvoir aux talibans en Afghanistan et l’établissement d’un État islamique au Levant (EI), deux entités situées au centre du passage des  oléoducs en partance vers l’Europe et vers la Chine. Sans compter les embellis dans les négociations avec l’Iran à propos d’une centrifugeuse d’uranium enrichi dont les États-Unis se moquent éperdument. Tout se met donc en place pour la prochaine séquence du drame historique du Proche-Orient, région « coupable » de receler l’énergie fossile qui attise toutes les convoitises impérialistes (7). Pendant ce temps le camp impérialiste russo-chinois s’empresse de construire un oléoduc au nord du Nord à l’abri des malversations américaines et de l’OTAN, espère Poutine (8).

La baisse des prix des matières premières

La baisse des prix des matières premières a aussi entrainé une diminution des revenus de l’État canadien (fédéral et provinciaux) qui hier encore faisait le fanfaron, annonçant des surplus budgétaires et l’équilibre fiscal, surplus que l’État des riches destinait aux entreprises impérialistes canadiennes (avec quelques sucettes pour les travailleurs canadiens payeurs de taxes).
Les pays producteurs de matières premières, cantonnés à ce rôle par la division internationale du travail, voient donc fondre leurs revenus alors qu’aux États-Unis les dividendes de pacotille (fruit de la spéculation boursière et des déficits étatiques pharaoniques) sont au plus haut (9).

La spéculation boursière comme palliatif à la crise systémique

La Banque des Règlements internationaux (BRI) révèle qu’ils se transigent quotidiennement 4 000 milliards d’euros de « valeurs » (sic) sur les marchés des changes internationaux, dont 41 % à la Cité de Londres. Tout ceci (ces transactions comme disent les économistes et les courtiers) n’est que brassage d’argent de Monopoly, que du vent (des titres, des actions et des obligations), qui produiraient des profits (de la valeur nouvelle) sans rien engendrer en contrepartie, aucun produit tangible, aucune nouvelle marchandise (10). Fadaises risibles.

Il en est de même au Canada où les banques ont enregistré des profits record en 2014 alors que les prix des matières premières périclitent, que la production industrielle et l’emploi stagnent (11).  Il n’y a que les économistes en goguette pour s’émerveiller de la prouesse des rendements boursiers spéculatifs qui alimentent les dividendes spéculatifs utopiques des banques alors que la création de valeurs – la création de richesses collectives – périclite. Car sans création de marchandises vendables, puisque toute chose doit devenir marchandise pour acquérir et réaliser de la « valeur » sous le système économique capitaliste,  il n’y a aucune création de valeurs, aucune création de richesses. Le seul résultat de cette spéculation boursière sur des titres (des « produits financiers » disent les courtiers), artificiellement gonflé est de redistribuer la plus-value déjà expropriée au cours du processus de production. À l’évidence, une nouvelle intensification de la crise systémique de l’impérialisme pourrait survenir en 2015.

Les ponctions de l’État pour assurer la reproduction de la force de travail

Une troisième équation produite par la théorie marxiste d’économie politique présente  les ponctions que l’État bourgeois effectue sur le salaire nécessaire des travailleurs  et sur la plus-value expropriée aux ouvriers afin de constituer le salaire social notamment. Le salaire social est constitué des différents services que l’État bourgeois fournit afin d’assurer la reproduction de la force de travail (éducation, formation, service de garderie, service de santé, transport, services municipaux, sport, culture et loisir).

Dans un pays capitaliste industrialisé comme le Canada, ces ponctions peuvent représenter jusqu’à 70 % du salaire nécessaire des salariés et environ 25 % de la plus-value accaparée par les divers intervenants économiques. Ceci entraine que si dans les années 1960 les taxes et redevances soutirées aux entreprises fournissaient 60 % des revenus de l’État, aujourd’hui ces taxes et redevances des entreprises capitalistes ne représentent plus que 25 % des gigantesques revenus de l’État, tandis que près de 75 % des revenus de l’État bourgeois proviennent des goussets des salariés.

En période d’austérité budgétaire conséquente à la crise économique systémique du capitalisme, les gouvernements bourgeois croulants sous les dettes souveraines n’ont pas d’autres choix que de sabrer dans les services publics visant la reproduction de la force de travail et de hausser les taxes (11). Malgré les hauts cris des plumitifs réformistes et des thuriféraires opportunistes, il ne peut en être autrement sous peine de désindustrialiser complètement un continent (L’Europe ou l’Amérique du Nord par exemple). C’est la raison pour laquelle les ouvriers marxistes ne préconisent pas de seulement protester-manifester contre les gouvernements des riches, mais surtout de les renverser.

Graphique 3 : Taxes et impôts pour constituer le salaire social

La valorisation du capital dans l’économie impérialiste

La quatrième équation résumant succinctement l’ensemble de l’économie capitaliste concerne la circulation du capital. Elle va comme suit : l’argent-capital (C) doit impérativement transiter par le processus de reproduction élargie – le processus de valorisation ouvrier – pour produire de la plus-value et fructifier. Pas de travail salarié producteur de plus-value et pas d’accroissement cumulatif de capitaux (C’). Il est fondamental de bien comprendre cette loi incontournable en cette période de financiarisation et de spéculation boursière toxique des titres corporatifs. Cette loi est le fondement de la théorie marxiste du capitalisme et son équation s’écrit ainsi :

C –»  Cc + Cv + pv –»  C’

La crise systémique du capitalisme-impérialiste

Les raisons de la crise systémique du capitalisme sont simples à expliquer. Placer devant une crise de surproduction (de moyens de production et de marchandises), et face à l’incapacité du système économique capitaliste de développer de nouveaux marchés solvables et lucratifs pour les marchandises déjà disponibles, les banquiers – les financiers parasitaires – ont  ouvert les vannes infernales du crédit, du crédit à la consommation et du crédit gouvernemental (souverain). N’arrêtant pas de si bon chemin ils se sont mis à spéculer sur les valeurs boursières des entreprises, des États, enchérissement des obligations et des emprunts gouvernementaux, manipulation des cotes de crédit, et sur la valeur des  monnaies, s’accaparant cet évanescent « profit » spéculatif. Au point où il devint infiniment plus lucratif, rapide, facile, nécessaire surtout, de faire tourner la planche à billets, de faire circuler l’argent de pacotille (le crédit) – d’accomplir un nouveau cycle d’accumulation du capital – en bourse qu’en usine, qu’en atelier, qu’en chantier.

Le diable de la spéculation venait de s’emparer du monde capitaliste tout entier, car la raison d’être du capital n’est pas de satisfaire les besoins humains, mais d’engranger les profits pour les valoriser et les reproduire afin d’accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Ainsi, comme nous l’avons souligné auparavant, les banques canadiennes et américaines font des profits record alors que la production stagne et que le chômage réel (pas celui rapporté par les statistiques truquées) s’accroît.

La dépression économique survient quand plusieurs grands capitalistes financiers spéculateurs, sentant la soupe chaude – c’est-à-dire l’immatérialité de leurs avoirs bousiers non adossés à des valeurs sonnantes et trébuchantes – cherchent soudainement à se départir de leurs « passifs » pour les transformer en actifs industriels, fonciers, en moyens de transport, etc. La bourse s’emballe alors et tout ce fatras d’actions et d’obligations toxiques s’écroule emportant avec lui les économies de millions d’épargnants floués (de la Caisse de dépôt et placement du Québec notamment), de capitalistes échoués, d’ouvriers congédiés, de petits-bourgeois paupérisés, etc. C’est la Grande dépression, preuve intangible que seul le travail salarié, producteur de plus-value, crée de la valeur concrète.

La circulation de l’argent, réelle et factice

La cinquième équation produite par la théorie d’économie politique marxiste concerne la circulation de l’argent-capital (A) – sa transformation en marchandise (M) – puis sa retransformation en argent (A), agent convenu pour l’échange commercial des marchandises. Il faut évidemment que ces marchandises trouvent un marché où réaliser leur potentiel de plus-value cachée. De fait, l’ensemble de l’opération de commercialisation-transformation des marchandises en argent vise à récupérer la partie de la valeur qui a été sacrifiée à l’ouvrier au moment de la production (le salaire nécessaire). Il est entendu qu’aucune valeur nouvelle ne sera créée pendant la circulation de l’argent (A), en bourse ou à la banque, à la recherche de bons placements « fructifiant ». Étant donné que dans leur quête incessante de plus-value transformable en profits, les capitalistes (en tant que classe sociale) sont amenés bon gré mal gré, cela est hors de leur volonté (c’est marche ou crève au régiment de l’argent), sont amenés disions-nous à réduire la portion de capital variable (Cv), à gruger sur le coût de la force de travail (salaires), à hausser le taux de productivité du travail (par une mécanisation plus poussée (Cc) et par l’intensification du travail salarié), bref, à utiliser toute une panoplie de moyens pour augmenter ou maintenir les profits en réduisant les salaires absolus et/ou relatifs. Ceci entraine que la classe des adjudants capitalistes industriels et commerciaux réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs salariés (90% des personnes actives), le pouvoir d’achat des consommateurs. Vous avez bien compris, la classe capitaliste scie la branche commerciale sur laquelle elle est juchée et le pire c’est qu’elle ne peut faire autrement. Les lois de l’économie capitaliste sont impératives.

L’équation s’écrit ainsi    A  –» M  –» A

Même l’intérêt sur le prêt (i) qui serait le « salaire » du banquier (sic) n’est aucunement produit durant la circulation du capital, mais est plutôt une ponction qu’effectue le capitaliste financier sur la plus-value produite en usine, en atelier, en chantier, comme nous l’avons souligné précédemment.

Inflation et dévaluation de la monnaie

Si un  banquier crée de l’argent (A), s’il met du crédit en circulation (carte de crédit ou prêt à un gouvernement) – qu’il ne peut adosser à des marchandises réelles et concrètes, à du travail ouvrier cristallisé  – la seule chose que ce banquier réalise c’est une dévalorisation de l’argent en circulation (inflation monétaire). Ce banquier effectue un vol des valeurs de tous ceux qui détiennent cette monnaie-argent dépréciée (au pays et à l’étranger). Chaque fois qu’une banque émet du crédit – un prêt à la consommation ou un prêt souverain (à un État bourgeois ou à un État pseudo socialiste), cette banque émet de l’argent et déprécie de ce fait l’ensemble de la monnaie en circulation dans cette nation ainsi qu’à l’échelle internationale. Tant que l’économie impérialiste nationale et mondiale croît – trouvent de nouveaux débouchés où écouler leurs produits –, l’économie impérialiste se porte relativement bien et la crise est repoussée au loin. Quand les cartels impérialistes ne trouvent plus preneur pour leurs marchandises, la crise systémique de l’impérialisme est en vue et le château de cocagne de la finance parasitaire s’ébranle. Voici l’équation de la financiarisation frauduleuse et parasitaire de l’économie impérialiste mondiale.

A –» M –» A’   = inflation et dévaluation monétaire

À propos de la sortie de l’euro et de l’Union européenne et de l’ALENA

Que les opposants à l’euro, les militants en faveur de la « souveraineté nationale citoyenne » et pour l’indépendance économique nationale. Que ceux en faveur de la sortie de l’Union européenne et de l’ALENA se le tiennent pour dit. L’économie impérialiste est systémique, internationale, globale et intégrante. Les économies nationales périclitent et s’amenuisent. Elles sont devenues des appendices de l’économie mondiale globale. Elles ont été remplacées par un écheveau de réseaux de flux financiers et commerciaux internationaux déterminants auxquels les reliquats de production-consommation-circulation nationale sont assujettis petit à petit. Il n’est pas plus pertinent de s’opposer à l’internationalisation-globalisation de l’économie mondiale qu’il ne le fut pour les « luddites » britanniques de briser les machines au début du capitalisme (12). Le mode de production communiste sera internationaliste ou il ne sera pas, voilà notre agenda.

La baisse tendancielle du taux de profit social moyen

Nous terminons avec une sixième équation produite par l’école marxiste d’économie politique expliquant que la tendance inéluctable du capital, dans sa recherche de plus-value (absolue et relative), par l’accroissement de la productivité du travail vivant (Cv), l’amène à hausser la composante capital fixe (Cc) – machinerie sophistiquée et robotisée – dans le processus de production et de ce fait à accroître la composition organique du capital. L’augmentation de la composition organique du capital provoque un affaissement de la production de plus-value, car la plus-value est issue uniquement de l’exploitation du travail vivant, du travail ouvrier salarié, et non pas de l’exploitation de la machinerie ou de l’utilisation de moyens de production qui ne font que transmettre leur valeur au nouveau produit manufacturé. La hausse de la composition organique du capital écrivait Marx a pour conséquence la baisse du taux de plus-value (Tpv) et entraine la baisse tendancielle du taux de profit social moyen. Profits, nous l’avons écrit précédemment, dont la péréquation entre les différentes branches de production et entre les différents secteurs de l’économie (industrie, commerce, communication, finance) assure la valorisation-reproduction-circulation du capital.

Tpv =  Cv/Cc

 À tous les détracteurs de la théorie marxiste d’économie politique qui voudraient laisser croire que cette magistrale démonstration du fonctionnement du mode de production capitaliste serait révolue, obsolète, ante néolibérale, ou cryptoimpérialiste nous répliquons que tant que le mode de production capitaliste, y compris à son stade impérialiste contemporain – à économie dirigiste ou à économie dirigée néo-libérale, peu importe – fonctionnera suivant ces lois inéluctables, l’analyse marxiste de l’économie politique sera valide.

La suite de l’article la semaine prochaine. Nous aborderons les questions de la dette et de l’industrie militaire.

Pour un complément d’analyse en économie politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste

rosa1

Le capitalisme du début du XXe siècle et le capitalisme monopoliste (impérialiste) du début du XXIe siècle sont presque identiques. Le capitalisme moderne répond aux mêmes stimuli économiques; vise le même objectif de reproduction élargie du capital (C); utilise les mêmes vecteurs de valorisation de la plus-value (pl); et d’accumulation du profit qu’à l’époque de Karl Marx (Das Capital); la financiarisation globalisée et mondialisée en moins (2). Ces derniers développements correspondant à ce que Lénine et Rosa Luxemburg ont caractérisé comme l’étape impérialiste du développement capitaliste suprême, ultime et décadent (3). Nous présenterons dans la suite de cet document les concepts modernes de financiarisation, globalisation, mondialisation et inter-nationalisation de l’économie d’après la théorie marxiste de l’économie politique.

L’étape présente de la lutte révolutionnaire

Quelle est l’étape urgente des activités de la gauche révolutionnaire dans le mouvement ouvrier contemporain ? Ce n’est pas de structurer les ouvriers dans des mouvements de résistance à la crise systémique du capitalisme. Ce n’est pas non plus de les rassembler dans des bataillons de combat pour monter aux barricades insurrectionnelles. Ce n’est pas davantage de les mobiliser pour les luttes grévistes – bien que la lutte gréviste soit à l’ordre du jour partout dans le monde capitaliste. Dans plusieurs pays d’Europe la coupe est pleine et les ouvriers excédés sortent en grèves « sauvages » comme disent les patrons. En Amérique latine et en Chine, on assiste au même phénomène de grève spontanée. En Afrique et au Moyen-Orient des guerres inter-impérialistes – par sous-fifres interposés – font s’entretuer des travailleurs et des paysans d’un même pays et d’une même contrée, dans une immense fourberie ethnique, religieuse, nationaliste, impérialiste et barbare. Au Canada, les courroies de transmission syndicales désorientent les luttes grévistes des travailleurs pour les diriger vers les tribunaux bourgeois alambiqués.

Après la déchéance du mouvement communiste international; après la dislocation de la IIIe Internationale et la débandade du mouvement ouvrier mondial, l’étape présente, sur la voie révolutionnaire, celle qui confronte tout militant marxiste, est de clarifier les principes théoriques qui permettront d’analyser concrètement le monde présent dans son ensemble et dans ses éléments constituants. L’analyse doit d’abord porter sur les aspects économiques, industriels, commerciaux, financiers, et par la suite porter sur les facteurs politiques, idéologiques et sociologiques, afin de comprendre comment le monde impérialiste évolue – se reproduit – selon les concepts scientifiques marxistes appliqués à la réalité  contemporaine. Vers où se dirige le monde capitaliste en crise systémique, ce système qui n’en finit plus de tituber sans tomber ? Quels sont les principes (les contradictions) et les vecteurs (les classes sociales) qui font se mouvoir ce bateau ivre qui s’empêtre et dégénère sans s’effondrer définitivement… pour l’instant ?

C’est à cet exercice d’analyse scientifique marxiste des réalités de la crise économique systémique de l’impérialisme que nous vous convions. Chacun doit comprendre que cet exposé participe au combat sur le front idéologique de la lutte de classe. Cet exposé vise à clarifier les concepts – les idées – dissimulés derrière les argumentations militantes faussement résistantes de la gauche bourgeoise décadente. Cette gauche bourgeoise qui se propose encore une fois de désorienter la classe ouvrière dans son combat, ce que les marxistes doivent empêcher à tout prix.

L’étape présente de développement du mouvement révolutionnaire est marquée par la nécessité de reprendre les thèses scientifiques marxistes et de les opposer aux thèses anarchistes,  révisionnistes, opportunistes, maoïstes et réformistes qui s’épandent parmi la classe ouvrière mondiale et la désoriente de sa mission révolutionnaire qui réclame le renversement total du capitalisme et l’édification d’une société nouvelle, socialiste, puis communiste, encore inconnue.

Capitalisme et impérialisme

Commençons par clarifier les concepts de capitalisme et d’impérialisme, les idées les plus galvaudées par une certaine gauche pédante et ignorante. L’impérialisme n’est pas la solution que les capitalistes ont imaginé pour sauver le capitalisme de brocante. L’impérialisme ce n’est pas la volonté d’ingérence des grandes puissances  contre les pays indigents. L’impérialisme ce n’est pas une superpuissance politique, idéologique et militaire dirigeant une cohorte de pays économiquement puissants  cherchant à imposer leur hégémonie sur divers pays indigents, « indépendants » et soi-disant « résistants ». L’impérialisme n’est pas l’antithèse du nationalisme patriotique bourgeois. L’impérialisme ce n’est pas le Premier monde d’une trilogie rocambolesque opposant les grands aux moyens et aux petits pays en sursis (sic). Tout cela ce sont les formulations de Kautsky un politicien bourgeois, social-démocrate allemand, du siècle précédent. Tout ceci n’est que l’apparence dissimulant l’évidence. Ces thèses ne sont que fumisteries derrière lesquelles se dissimulent l’opportunisme et le réformisme de la droite comme de la gauche bourgeoise.

L’impérialisme c’est le mode de production et les rapports de production capitalistes  rendus à leur stade ultime de développement, au moment où le système économico-politique ne parvient plus à résoudre ses contradictions internes. Ces contradictions qui anciennement mettaient les forces sociales en action pour les résoudre et de ce fait entraînait la croissance du capital et le développement de la société capitaliste. Aujourd’hui, les contradictions, et les classes sociales chargées de les résoudre, paralysent plutôt le système économique et détruisent les forces productives et les marchandises en surproduction relative.

Ainsi, quand la société féodale attachait le paysan à la terre aux rendements déclinants, l’empêchant de migrer vers la ville pour s’employer comme salarié dans les manufactures émergentes, Marx disait que la contradiction du mode de production féodale, c’est-à-dire l’opposition entre la classe des seigneurs propriétaires de la terre et la classe des serfs enchaînés à la terre, devait être résolue par la libération des forces productives du servage afin qu’elles se transforment en classe ouvrière salariée et industrielle, ne possédant en propre que leur force de travail sur le marché de la libre concurrence capitaliste. Cette contradiction antagoniste au sein du féodalisme a été résolue à travers la révolution bourgeoise industrielle qui transforma le monde en transformant le mode de production. Depuis, ce nouveau mode de production capitaliste s’appuie sur ses propres contradictions motrices et ses propres classes antagonistes, la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat salarié.

Le capitalisme marqua d’abord une avancée pour l’humanité. Il permit de démultiplier les forces productives et les marchandises à commercialiser à travers une exploitation intensive d’une portion de l’humanité (les ouvriers) résidante aussi bien en pays capitalistes avancés qu’en pays capitalistes arriérés. La différence entre ces deux catégories n’est pas une différence structurelle, mais une différence superficielle. Cette différence est le fruit de la division internationale du travail et de la production, et donc de l’accaparement différencié de la plus-value et du capital privé et étatique bourgeois. C’est ce que Rosa Luxemburg, comme Lénine, appelleront le développement inégal, combiné et par bond du capitalisme dans divers pays, hier tous capitalistes et aujourd’hui tous impérialistes.

Le monde actuel n’est pas divisé en un triptyque de « Trois mondes capitalistes » de plus ou moins grandes dangerosités (sic). Le monde capitaliste contemporain est regroupé sous un seul mode de production hégémonique alors que quelques reliquats épars du mode de production féodal sont toujours en cours d’intégration systémique (Afghanistan, Bhoutan, Népal, Mauritanie, Mali, Centre Afrique, etc.) Le monde capitaliste-impérialiste est divisé en deux immenses forces, la classe capitaliste monopoliste hégémonique mondiale, et la classe ouvrière internationale révolutionnaire, qui pour le moment accumule ses forces afin d’ébranler et, nous l’espérons, renverser l’Ancien Monde.

L’impérialisme c’est le mode de production capitaliste à son stade suprême et décadent d’évolution. Un système de production globalisé, internationalisé, intégrant la totalité des moyens de production existants, des transactions commerciales, des tractations  diplomatiques, des échanges internationaux; la totalité des alliances et des affrontements se développant sur la Terre tout entière. L’État d’Haïti fait partie intégrante de l’ensemble impérialiste mondialisé et globalisé. L’État impérialiste haïtien a la particularité d’être pauvre, de jouer un rôle modeste et spécifique dans l’ensemble impérialiste mondial. Il est le fournisseur de main-d’œuvre peu qualifiée et bon marché des multinationales du sucre établies en République dominicaine ainsi que de quelques manufactures de vêtement installées à Port-au-Prince. Le reste de la population d’Haïti est considéré comme un « avatar » par l’impérialisme mondial qui lui accorde bien peu d’importance. Cette population peut mourir, disparaître sous les décombres, s’entretuer, l’impérialisme international n’en a cure. Il en est de même pour les populations du Libéria, du Sierra Léone et de la Guinée soumises aux affres de l’épidémie d’Ebola. L’approvisionnement en  travailleurs miniers guinéens compétent préoccupe Rio-Tinto-Alcan, entreprise multinationale australienne, britannique et canadienne. Le reste de la population, qui ne laisse pratiquement aucune empreinte économique dans le paysage impérialiste mondial, ne préoccupe nullement ce géant. Nous pourrions reprendre cette démonstration pour chacun des petits pays intégrés au mode de production capitaliste-impérialiste et pour ceux pas encore totalement intégré comme l’Afghanistan, hier objet de toutes les attentions et aujourd’hui retourné à l’âge de pierre et à l’oubli depuis que les États-Unis et l’OTAN y ont stoppé les avancés de l’impérialisme russo-chinois.

Imbroglio théorique à propos de l’impérialisme

La gauche bourgeoise conteste la conception de l’impérialisme global et mondial que nous venons de présenter et soutien plutôt que les pays émergent tels le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), divers pays de l’Amérique Latine (MERCOSUR et Alliance bolivarienne) et certains pays d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Indonésie) se seraient développés par eux-mêmes en tant que puissances capitalistes ne s’appuyant que sur leur propre capital national, ce qui leur donnerait une certaine « indépendance nationale » vis-à-vis ce qu’ils appellent les puissances impérialistes occidentales. Ces supputations réformistes et opportunistes ne tiennent pas la route et ne reposent sur aucune donnée validée. Le dernier pays isolé qui est parvenu à construire seul son infrastructure industrielle lourde et légère (secteur 1 et 2 selon Marx) fut l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (1921-1939). En 1939, cette nouvelle puissance capitaliste terminait son intégration dans le monde impérialiste mondialisée et globalisée, d’abord dans l’alliance germano-soviétique, puis, en 1941, au sein du consortium américano-soviétique qui s’est partagé le monde de l’après-guerre. Le petit prolétariat russe de 1917 (7 millions d’individus), faible, peu expérimenté, et largement minoritaire parmi les masses paysannes arriérées (35 à 50 millions d’individus), illettrées, miséreuses  et paupérisées, ne pouvait construire seul la société post-industrielle socialiste de l’abondance en sautant par-dessus l’étape du capitalisme industriel et sans le soutien du prolétariat du monde entier. Le reste du prolétariat mondial avait lui aussi une marche historique à compléter avant de faire germer de ses mains laborieuses la nouvelle société socialiste post-capitaliste.

Depuis l’époque soviétique aucun pays, y compris la Chine paysanne, semi-féodale, nationaliste, puis impérialiste, n’est parvenu à s’ériger en puissance capitaliste indépendante hors de l’ensemble impérialiste globalisé et mondialisé. Depuis l’URSS, tous les pays qui se sont industrialisés l’ont fait sous la gouverne des entreprises privées capitalistes occidentales en collaboration avec la bourgeoisie et les compagnies privées ou semi-étatiques de ces pays « émergents » (sic).

Ce n’est pas le statut de privé, public, semi-étatique, ou de consortium à propriété partagé qui détermine le statut capitaliste ou socialiste d’une entreprise. Pour qu’une entreprise soit socialiste, elle doit se développer dans une société totalement socialiste, c’est-à-dire vivant, sous la dictature du prolétariat. Une société ne peut être mixte, une entreprise ne peut être à propriété mixte capitaliste et socialiste. Cela est impossible. Les deux modes de production capitaliste et socialiste (puis communiste) ne peuvent absolument pas coexister pacifiquement et encore moins sur un territoire national bourgeois. En 1917 et en 1949, les tentatives de construire le socialisme dans un seul pays isolé était voué à l’échec et le resteront à jamais.

Les pays capitalistes émergents

Le concept de pays capitalistes émergents doit être compris comme une mesure de la progression d’un pays capitalisme-impérialiste par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes plus avancés et aussi par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes indigents, moins performants, bénéficiant de moins de capitaux et de moins de ressources naturelles. Quoique cette dernière variable soit de faible valeur explicative comme le prouvent le développement de villes États comme Singapour, Monaco, Hong-Kong et Macao, etc.

La « révolution altermondialiste »

Face à la crise systémique de l’ensemble du mode de production impérialiste qui secoue tous les continents, les courants de la gauche bourgeoise  sont unanimes et ils déclament qu’un Nouveau Monde est possible (sic). À l’exemple de Warren Buffet le multimilliardaire, ils réclament une plus juste répartition des revenus entre les riches, dont les 1% accapare presque 20% du patrimoine mondial, alors que les 99% restants se partagent le 80% résiduel. Pire, quelques milliards d’individus subsistent dans une immense pauvreté, sans eau potable, et avec moins de 2 dollars par jour pour se nourrir et se vêtir. Nous connaissons toutes ces calamités issues de l’impérialisme débridé. La question qui nous confronte n’est pas de reconnaître cette réalité souffrante, mais de la transformer, de la changer radicalement… Mais comment ?

La go-gauche radical s’aventure à quémander des augmentations de salaire pour tous les salariés. Différentes tactiques sont présentées pour redistribuer l’argent et hausser le salaire minimum (SMIC). Ou alors pour augmenter les prestations d’assistance sociale et d’assurance chômage. On propose de réduire les tarifs des services publics. On suggère de hausser les impôts des riches et d’enrayer l’évasion fiscale. Évidemment, ces pseudo « solutions » ne concernent que les pays occidentaux, puisque dans les pays du tiers-monde ces prestations  et ces services ne sont même pas disponibles pour l’immense majorité… Comment hausser un salaire minimum qui n’existe pas et alors que 50% des travailleurs sont sans emploi ? Comment hausser des prestations d’aide sociale inexistantes ? Misérables bobos altermondialistes, petits-bourgeois gauchisants et décadents.

Enfin, quelques économistes aussi «progressistes» que le nobélisé Joseph Stiglitz ex-conseiller du Président américain Bill Clinton, et l’altruiste Thomas Piketty, à la remorque du  millionnaire John Maynard Keynes attestent qu’il y a va de la survie du capitalisme et qu’il faut augmenter les revenus des salariés pour relancer la consommation (4). On en vient à ne plus rien comprendre. Pensez donc, l’économie impérialiste s’écroule, les thuriféraires universitaires et les Nobels d’économie biens pensants ont trouvé la solution (augmenter les revenus des consommateurs afin de relancer la demande) et les magnats de la finance, les capitaines d’industrie, les larbins politiciens n’écoutent rien et refusent d’appliquer le remède qui pourrait sauver tout leurs biens. Comment expliqué une telle contradiction entre la raison et les centres de décision ? C’est que la « solution » des sommités de l’économie est bidon et les pontifes de l’économie politique capitaliste ronronnent pendant que la gauche bourgeoise s’époumone.

La semaine prochaine : Le travail salarié et la loi de la valeur

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE POLITIQUE-ÉCONOMIQUE »»»

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LE CANTIQUE DE JOSEPH STIGLITZ L’ÉCONOMISTE TOXIQUE

stieglitz

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-cantique-de-stiglitz-leconomiste-toxique/

Les chimères que la bourgeoisie et les médias à sa solde construisent dans la tête des salariés (90% de la population active) sont tenaces et les ouvriers qui malheureusement ont ingurgité ces préjugés ne les abandonnent pas facilement. Chaque jour nous devons reprendre notre travail d’information face à la désinformation venue des cités universitaires Nobélisées.

L’économie commande à la politique et non l’inverse

Ainsi, un mythe que les économistes bien-pensants, ce qui comprend Joseph Stiglitz prix Nobel d’économie et Thomas Piketty l’économiste altruiste, répandent abondamment concerne l’asservissement de l’économie par le politique. Les gouvernements de par le monde appliquent tous des politiques plus ou moins sévères d’austérité ce qui serait la source de la présente crise économique et sociale.  Ce dont s’émeut l’économiste Stiglitz qui déclare : «Le monde est aujourd’hui aux prises  avec une terrible maladie qui ravage notamment l’Europe et les États-Unis : l’austérité» (…) «Nous savons pourtant, depuis la Grande Dépression, que l’austérité ne fonctionne pas. Le Fonds monétaire international [FMI] en a refait la démonstration plus récemment [lors des dernières crises monétaires] en Amérique latine et en Asie, et c’est à nouveau le cas actuellement en Europe. Ce qui est stupéfiant, c’est qu’autant de dirigeants politiques continuent malgré tout d’appuyer ces politiques discréditées, même si des voix aussi conservatrices que le FMI leur disent aujourd’hui que leur austérité est dangereuse et qu’il faut s’occuper de toute urgence de stimuler l’économie. C’est comme si les gouvernements avaient cessé d’écouter» (1).

Un simple badaud pourrait-il rappeler à l’éminent économiste que la maladie qui ravage l’Europe, et l’Amérique du Nord, ainsi que les autres pays du monde capitaliste, ce n’est pas l’austérité, c’est la récession économique pour cause de surproduction de marchandises faute de marchés où les écoulées. Des tonnes de marchandises dorment dans les entrepôts, sur les docs, dans les magasins, alors que nombre d’usines fonctionnent à la moitié de leur capacité et que la misère s’épand comme du chiendent. Les politiques d’austérité sont des conséquences de cette crise de surproduction qui interdit de réaliser la plus-value, objet du développement économique capitaliste.

L’austérité ce sont des mesures administratives et législatives que les politiciens aux ordres du grand capital sont contraints de mettre en œuvre. Le politicien qui ne s’y soumet pas est aussitôt chassé du pouvoir. Que les manifestants des parades aux casseroles se le tiennent pour dit, il faudra davantage que des marches festives pour faire reculer les gouvernements de leurs prérogatives au service des riches.

Quelqu’un pourrait-il expliquer au Nobel d’économie que les gouvernements et les gouvernants bourgeois n’ont pas spécifiquement vocation d’imposer ou d’empêcher les mesures d’austérité, non plus que de réguler l’économie, ni d’atténuer la pauvreté, non plus que d’assurer une plus juste distribution du capital entre les capitalistes et les ouvriers comme le susurre l’économiste de «gauche», ex-conseiller du Président  Bill Clinton du temps où justement l’industrie américaine délocalisait ses usines vers l’Asie sous les yeux ébaubis de l’illustre économiste.

Les causes de la crise et de l’austérité, son compagnon d’infortune

L’économiste Thomas Piketty a lui aussi publié un gros pavé à propos de l’injustice distributive de l’économie capitaliste sans que cela ne change le moindrement les politiques des gouvernements (2). Faut-il rappeler que sous le mode de production capitaliste l’argent, la richesse, le capital, a toujours tendance à se concentrer – à s’accumuler – s’agglutiner – à un pôle du spectre social et à s’amenuiser – s’anémier – à  l’autre extrémité, là où les gens sont paupérisés.

Présentement, le problème économique n’est pas que le capital se concentre entre  les mains du 1 % les plus riches de la planète. Ce capital, qu’accumule les rentiers – tondeurs de coupons milliardaires – est du capital fictif – bidon – une création évanescente de la spéculation boursière. Tout ce fatras s’envolera aux premiers vents de la dépression. La source de la crise économique qui appelle les mesures d’austérité tant décriées c’est que le capital industriel réel ne parvient plus à se valoriser et à se reproduire (élargie) en faisant suinter de la plus-value des bras des ouvriers, d’où les mesures d’austérité de l’État des financiers courant au secours de la «providence» de ces pays de cocagne en déperdition.

Le professeur Stiglitz constate : «L’accroissement des inégalités de revenus va de pair avec un accroissement des inégalités politiques. Notre démocratie s’en retrouve déformée» (3). Professeur Stiglitz, auriez-vous noté que cet accroissement des «inégalités» a débuté sous le Président Reagan et s’est poursuivi sous Bill Clinton, votre patron à la Maison-Blanche ?

Depuis la naissance du capitalisme, il n’y a jamais eu d’égalité économique entre les capitalistes et les travailleurs et il n’y a jamais eu d’égalité politique entre ceux qui monopolisent le capital, les moyens de production, les commerces, les moyens de communication, le pouvoir politique et financier et ceux qui ne possèdent que leur force de travail – leurs bras salariés à vendre à vil prix – pour survivre.

Il y a cent ans, lors de la Grande dépression de 1929 la démocratie des riches se résumait à poser une croix sur un bulletin de vote tous les quatre ans afin de trancher qui de l’équipe des riches Conservateurs ou des riches Libéraux; des riches Républicains ou des riches Démocrates allaient gouverner le pays dans l’intérêt de sa classe et de sa clique. En 2014, rien n’a changé monsieur Stiglitz. Pourquoi donc votre émoi à propos de la démocratie  pervertie ?

Le Professeur Stiglitz mystifie la réalité économique

Voici que le philosophe Stiglitz observe que : «Si on peut vendre des produits toxiques, comme la cigarette, qui tuent des gens, on peut aussi vendre des idées toxiques, comme l’austérité»(4). L’austérité n’est pas une idée ni un concept. L’austérité est une série de mesures politiques et économiques non pas de droite, ni de gauche, puisque tous les gouvernements, de gauche comme de droite, imposent des mesures d’austérité. Les bobos, les rentiers, les bureaucrates syndicaux, les employés de la fonction publique ont beau voter à gauche, au centre, ou à droite, rien n’y fait, les mêmes mesures d’austérité sont imposées par tous les gouvernements. Pourquoi ?

Le Nobel d’économie, ex-conseiller politique de Bill Clinton au début de la crise systémique du capitalisme prétend que tout cela serait la conséquence des penseurs de droite qui essaimeraient leurs solutions bidon aux gouvernants et aux gouvernés. Cette aporie n’est que fumisterie. Les populations «votantes» (ce qui excluent de plus en plus d’ouvriers et de jeunes qui n’ont plus confiance dans ces mascarades électorales) ont beau protester, changer de Président ou d’attelage au gouvernement, rien n’y fait, les politiques d’austérité sont imposées année après année.

L’économiste a beau constater la dégradation des conditions de vie du peuple il ne parvient pas à comprendre les causes de ces souffrances. Il déclare : «L’Italie ne s’est jamais portée aussi mal depuis les années 30. Les économies grecque et espagnole sont objectivement en dépression. Les millions de chômeurs européens sont un spectaculaire gaspillage de capital humain dont le continent ne se remettra pas avant 10 ans (…) puis il ajoute la richesse médiane des familles américaines a reculé de 40 % depuis la crise et est revenu à ce qu’elle était il y a deux décennies.» (5) Tout cela est vrai, mais pourquoi en est-il ainsi professeur ?

Toujours aussi inconscient, l’expert ajoute : «La faillite de Léman Brothers et la Grande Récession ont provoqué un déchaînement de promesses de changements dans le fonctionnement du secteur financier, comme de l’économie en général. Les progrès ont été décevants. Certaines règles ont été resserrées, mais le monde bancaire en est ressorti encore plus concentré qu’il ne l’était. La récente découverte de la manipulation du Libor – un indice au cœur de l’immense marché des produits dérivés – et la restructuration chaotique de la dette grecque ont montré comment le fonctionnement de la finance échappe encore à presque tout le monde.» (6)

L’économiste Stiglitz aurait-il une prémonition ?

Voilà que notre économiste indolent s’approche innocemment de la vérité. Mais comme son constat est inconscient et que sa mission idéologique et politique est de raviver l’espoir de «réformer le capitalisme»,  à contrario de ceux qui veulent le renverser et l’abolir, le professeur de l’Université Columbia ne tire pas les conséquences de sa condescendance qu’il tente aussitôt de dissimuler comme une tare imprudemment dévoilée.

C’est que l’économie politique capitaliste est régulée par des lois immuables auxquelles les économistes et les conseillers, les larbins politiciens et les capitalistes financiers doivent se plier. Nul n’a la possibilité d’y échapper, quelle que soit leur volonté réelle ou affectée.

Maître Stiglitz, l’économiste bourgeois, dévoile sa totale ignorance de ces lois économico-politiques quand il déclare : «Si la crise de l’euro a forcé les gouvernements européens à reconnaître certaines lacunes de leur ambitieux projet, il leur manque toujours une union bancaire, une union budgétaire, une stratégie de croissance commune ou encore une politique industrielle commune» (7).

Qui dira à Joseph Stiglitz que l’Union européenne s’est dotée d’une politique économique, financière, bancaire, budgétaire et industrielle commune. Même que les politiques de l’UE sont communes, non pas seulement aux pays européens, mais à tous les pays du glacis impérialiste mondial. Les multiples accords de libres-échanges et les traités de commerce international, que tous les pays impérialistes signent entre eux vise justement à harmoniser ces différentes politiques économiques et industrielles afin que tous les pays capitalistes enfermés dans une seule et unique économie globalisée, mondialisée, internationalisée assurent la reprise – non pas de la prospérité – non pas de la croissance – non pas de la justice sociale (sic) – non pas de la fin de la misère, du chômage, et de la pauvreté – mais bien pour la reprise de la valorisation et de l’accumulation de la plus-value et du Capital (C) pour la classe des grands prédateurs impérialistes internationaux (8).

Le reste des élucubrations de la sommité nobélisée n’est que péroraisons et incantations d’un économiste fumiste grassement payé pour endoctriner les ouvriers  sous des monts de piété. Il y a un siècle cette mission relevait du sacerdoce, aujourd’hui, ce sont les clercs plumitifs qui assurent l’homélie pour le salut de la patrie (sic).

Le mieux que peut faire la classe ouvrière est de se taire et de laisser braire les parlementaires et de poursuivre sa résistance gréviste aux assauts du capital et de se préparer idéologiquement et politiquement à sa mission révolutionnaire.

 

Pour un complément d’analyse économique et politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 9.3/10 (3 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Le monde impérialiste change et redéfinit ses alliances

yorum2014

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-monde-imperialiste-change-et-redefinit-ses-alliances/

La gauche bourgeoise est en admiration devant les institutions internationales «citoyennes» dont ses dotées la grande bourgeoisie mondiale tels l’ONU, l’OCDE, l’OTAN, L’Union européenne, la Banque mondiale et le FMI. Chaque jour, la go-gauche voit évoluer ses camarades des temps passés dans les arcanes du pouvoir délétère de ces organisations impérialistes. Bien entendu, du bout des lèvres les bobos de la go-gauche critiquent ces organisations du grand capital pour avoir manqué à leur devoir de compassion afin d’ainsi détourner l’attention vers ces exécutants insignifiants. Il ne faut pas que l’ouvrier découvre que le monde impérialiste change pendant qu’eux déchantent et s’attristent de ne pouvoir réformer le capitalisme. Le pouvoir véritable n’est pas dans ces organisations d’exécutions marquant l’équilibre machiavélique entre puissances impérialistes hégémoniques.

 

Il y a plusieurs années nous annoncions dans les pages du webmagazine Les 7 du Québec et sur divers webmagazines politiques que le vaste monde impérialiste  globalisé, qui regroupe tous les pays capitalistes de la planète, changeait rapidement et se réorganisait selon de nouvelles tangentes entre pays dominants et les pays adhérant à leurs alliances hégémoniques.

Les États-Unis d’Amérique fortement désindustrialisés nous apparaissaient déjà en difficulté malgré leur surenchère financière mystifiante. Les États-Unis dirigent l’Alliance Atlantique que ses alliés commençaient déjà à déserter ou à trahir. Nous avions alors donné de nombreux exemples de la débandade de l’Alliance Atlantique, et de l’OTAN son organe militaire, au Proche-Orient, en Afrique et en Europe (Serbie-Kosovo, Biélorussie et aujourd’hui Ukraine).

Reprenons certains constats que nous avions alors soulignés. Il apparaît évident que les États-Unis n’ont pas réussi à imposer leur hégémonie sur l’Afghanistan (pays pauvre et démuni) ni sur la région du Caucase convoitée à la Russie. Le Pakistan, leur  proche alliée, a protégé et dissimuler Ben Laden et les États-Unis d’Obama n’ont rien trouvé de mieux que d’assassiner l’invité secret de leur allié dans cette contrée, transformant leur ami en ennemi qui n’attend que le momende se venger. L’Irak est une poudrière que douze ans de massacre américain n’ont pas vaincue ni apaisée. Aujourd’hui, des bandes de mercenaires rebelles, ex-agents de l’impérialisme au Levant, font fi des ordres de leurs anciens adjudants et développent leur propre politique autonome avec les armes qui leur ont été donné par l’oncle Sam et ses alliés apeurés. L’Arabie et la Turquie y pêchent en eau trouble défiant leur ennemi, leur ami et leur allié étatsunien !

Au Liban, le Hezbollah mène la danse malgré les atermoiements de la gouvernance américaine et en Syrie Bachar el Assad, soutenu par l’impérialisme russe, tient tête à la coalition américano-turco-saoudienne. L’impérialisme israélien, longtemps une base militaire américaine avancée au Levant, prend aujourd’hui de plus en plus d’ascendant, refusant le diktat des États-Unis. Ce pays développe ses propres alliances en prévision des bouleversements qu’il pressent. Les autres ensembles  impérialistes de la région dont l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Yémen développent leur propre politique extérieure parfois dans le dos de la puissance américaine devenu soudainement incapable d’imposer son hégémonie. Rien n’indique que la politique de l’Alliance Atlantique triomphera dans cette région du monde.

L’Iran impose ses règles et cet impérialisme est sur le point de signer un accord sur le nucléaire qui fera peut-être rager Israël, mais contentera les Étatsuniens qui ont décidé de jouer la carte iranienne en échange de la carte israélienne. Dans cet accord l’Iran ne cèdera pas un pouce de ce qu’il avait déjà convenu de céder en échange de sa capacité de contrôler une partie de cette contrée «poudrière pétrolière» et d’assurer ou de bloquer l’acheminement du pétrole à travers le golfe Persique pour approvisionner l’Europe, l’allié enchaîné de l’Amérique, et la Chine la grande rivale de l’impérialisme américain décadent.

L’impérialisme turque, soudain sans parrain, se cherche des amis et ne parvient qu’à mécontenter tous ceux qu’elle voudrait rallier. Il lui est difficile de se faire un lit entre l’Arabie, la Russie, l’Iran et Israël. Un point est clair cependant, la Turquie comprend que son ancien mentor étasunien est de moins en moins son suzerain. Et nous pourrions ainsi poursuivre le tour d’horizon des groupes impérialistes (des pays) qui sont appelés à se réaligner au cours des prochaines années.

Mais quel est le facteur décisif qui entraine cette nouvelle division du monde impérialiste à l’économie globalisée, mondialisée et interreliée ?

Nous avions répondu à cette question il y a plusieurs années. Marx nous a enseigné que c’est l’économie qui dirige le monde et nous ne l’avons jamais oublié. Il y a des années, les États-Unis étaient déjà en grande difficulté économique. Il était donc facile de prévoir leur déclin sur tous les plans et sur tous les terrains, militaire, politique et diplomatique. Ce qui advint.

Face à l’ogre décadent, voici la hyène rugissante. Le FMI le dévoile enfin après des années de mensonge statistique que nous avions alors dénoncé. Voici les données du FMI pour le PIB par pays en 1995 et voilà ses prévisions pour les 10 plus puissantes économies du monde en 2015. Ce que nous avions prédit dès 2012 se confirme.

 1995 (en milliards d’US$)                  2015 (Prévisions du FMI)

  1. USA                7.664               1.     Chine              19.230
  2. Japon              2.880               2.     USA                18.287
  3. Chine              1.838               3.     Inde                   7.883
  4. Allemagne      1.804               4.     Japon                4.917
  5. France             1.236               5.     Allemagne        3.742
  6. Italie               1.178               6.     Russie               3.643
  7. Royaume-Uni 1.161               7.     Brésil                3.173
  8. Inde                1.105               8.     Indonésie           2.744
  9. Brésil              1.031               9.     France               2.659
  10. Russie                955               10.   Royaume-Uni   2.547

 Observez la force économique (le PIB) d’une puissance impérialiste et vous saurez ce que cette puissance  manigance de grand ou de petits complots pour s’emparer de nouveaux marchés ou pour maintenir son hégémonie sur des régions de ressources ou pour exploiter de nouveaux essaims de travailleurs salariés, sources de plus-value.

Prenez note que quatre pays de l’alliance BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine) se retrouvent au 1er, 3e ,6e et 7e rang alors que les pays de L’Alliance Atlantique se retrouvent aux 2e, 4e, 5e, 9e et 10e rangs.

Prenez garde cependant, au sein de l’Alliance Atlantique en décadence les tensions sont grandes et un thuriféraire comme l’Allemagne peut faire faux bond à tout instant et se rapprocher de l’alliance chinoise montante. Cependant, ce n’est pas la Chine que convoite l’Allemagne, mais bien la Russe riche des matières premières nécessaires à l’impérialisme  germanique et au marché avide de machines-outils performantes ce que produit justement  l’Allemagne en surabondance. L’Allemagne est ainsi écartelée entre ses intérêts économiques et ses alliances politiques, diplomatiques et militaires. La théorie marxiste nous enseigne qu’en dernière instance les intérêts économiques ont toujours préséance.

La situation est semblable pour l’Empire nippon dans la zone Asie-Pacifique que Barak Obama a déjà identifiée comme la zone du prochain conflit mondial. Le Japon a besoin des ressources naturelles de la sphère d’influence chinoise et il possède des technologies et des machines-outils dont la Chine est friande. Les intérêts économiques poussent le Japon dans les bras de la Chine, alors que son assujettissement politique, militaire et diplomatique avec l’Amérique le contraint à s’éloigner de son potentiel allié. À long terme les intérêts économiques nippons devraient le pousser vers la puissance hégémonique chinoise, la première puissance économique mondiale dès 2015.

Le monde impérialiste change ses alliances et cette tendance se perçoit à travers les multiples conflits régionaux particulièrement concentrés dans les zones de ressources énergétiques (les mystiques religieuses ne servant que de prétextes à ces affrontements titanesques par petits peuples interposés) et la classe ouvrière du monde entier n’a rien à gagner dans ces conflits pour la division du monde entre grands requins prédateurs. La classe ouvrière doit poursuivre sa résistance à toutes les politiques d’austérité qui visent à lui décharger sur le dos le fardeau des crises successives et se préparer idéologiquement et  politiquement à changer le mode de production mondiale.

 

 

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE ÉCONOMIQUE »»» http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LE « MODÈLE » ALLEMAND

allemagne

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-modele-imperialiste-allemand/

 

Quatre principes d’économie politique

 

Avant d’aborder l’étude du soi-disant « modèle » allemand de développement, nous allons présenter quatre principes qui fondent notre analyse. Selon la théorie marxiste de l’économie politique quatre principes régulent le développement capitaliste au stade impérialiste. Ces principes sont : 1) Primauté de l’instance économique sur les instances politique et idéologique de la lutte des classes. 2) Intégration systémique et interdépendance globale et mondiale des différentes économies « nationales ». 3) Collusion temporaire et concurrence permanente entre puissances. 4) Crises et guerres ponctuent le développement chaotique et anarchique de l’économie politique impérialiste. C’est la fidélité à ces principes qui oppose les économistes marxistes aux économistes opportunistes et réformistes.

 

Le premier principe stipule que l’humanité s’est toujours socialement organisée pour produire et distribuer les biens nécessaires à son développement. C’est ce que Marx a appelé les différents modes de production sociaux. Sur la base d’un mode de production et de distribution des moyens de production, puis des services et des biens  de consommation, les hommes ont établi des rapports de production (classes sociales, superstructure politique, culturel, morale, scientifique, administrative, militaire, etc.) conséquents avec ces moyens de production et avec ces forces productives. En dernière instance, c’est le développement économique d’une société qui détermine les orientations politiques et idéologiques de cette société.

Le deuxième principe stipule qu’à l’étape de l’impérialisme, le mode de production capitaliste domine l’ensemble de l’économie globalisée, mondialisée et  intégrée en un immense ensemble, non planifiée certes, mais tout de même imbriquée en un tout articulé. Ce qui implique qu’une crise financière, boursière, monétaire, une crise de surproduction, ou un déséquilibre de la balance des comptes nationaux dans un pays entraînent des répercussions sur les autres pays, partenaires et concurrents. Ainsi, quand les États-Unis essaiment leurs dollars dévalués (quantitative easing) ils perturbent le marché des changes monétaires de toute la planète et ils attaquent l’équilibre budgétaire de leurs alliés comme de leurs concurrents.

Le troisième principe stipule que les multiples alliances que nouent et que dénouent les capitalistes monopolistes internationaux sont temporaires et révèle un équilibre précaire que les transformations économiques, la division internationale du travail et le développement des moyens de production remettent constamment en question. Les États-nations sont des pions qui servent à galvaniser les différentes sections de la classe bourgeoise derrière la section monopoliste hégémonique; à légitimer les agressions guerrières et à embrigader la classe ouvrière « nationale » en faveur d’une clique capitaliste ou d’une autre.

Le quatrième principe stipule que l’équilibre et la cohésion sont des situations fragiles et éphémères alors que les crises sont des contextes permanents et récurrents. Les situations de tensions et de crises – provoquées par la baisse tendancielle du taux de profit – entraînent des guerres impérialistes pour le partage des marchés, la conquête des bassins de ressources et l’attribution des zones d’exploitation de la force de travail. Ces guerres localisées dégénèrent éventuellement en guerres généralisées.

Le « miracle » allemand

Comme vous le constaterez dans la suite de ce texte, il n’y ni « miracle » ni « modèle »  allemand de l’impérialisme. On observe cependant des particularités historiques et sociologiques dans le développement impérialiste de l’Allemagne. Suite à leur défaite complète aux mains du consortium militaire américano-soviétique les capitalistes monopolistes allemands ont choisi de jouer la carte étatsunienne. Pendant un demi-siècle, de 1945 à 1995, ils ont développé leurs moyens de production industriels et leurs forces productives modernes, leurs alliances commerciales internationales en direction de la Scandinavie et de l’Est européen et en direction de l’Europe de l’Ouest (40% de leur commerce international); puis, en direction de l’Asie-Pacifique, mais toujours à l’ombre des porte-avions et des forteresses nucléaires américaines. Depuis 1995 environ l’impérialisme allemand se sent restreint au sein de l’Alliance Atlantique et cherche la meilleure façon de défendre ses intérêts hégémoniques en Europe.

 

L’impérialisme allemand s’est construit une imposante puissance économique dans le domaine de l’industrie mécanique, de la fabrication de machines-outils, dans les sphères de l’industrie chimique, de l’électronique, des appareils électriques, des moyens de transport, de l’automobile et de l’équipement militaire. Le développement impérialiste allemand est intégré à la chaîne financière internationale via son capital financier, ses banques, ses compagnies d’assurance et ses places boursières mondialisées. Le capital financier allemand est partie intégrante d’un ensemble de capitaux dont les profits sont une part de la plus-value issue du procès mondial de valorisation du capital qui participe d’une division internationale du travail salarié. Il est futile de la part de la gauche bourgeoise de réclamer une distribution plus équitable du patrimoine mondial quand l’ensemble de la structure économique et commerciale impérialiste appel une concentration croissante du capital, fondement du « miracle » allemand notamment.

Inévitablement une telle puissance industrielle (la troisième en importance dans le monde) pousse les impérialistes allemands vers l’affrontement avec leur suzerain américain, car si la collusion entre chacals internationaux est temporaire, l’affrontement est permanent pour le partage des sources de matières premières, des marchés et des forces productives à exploiter. Le carcan américain paraît aujourd’hui trop restreint et il contraint l’expansion allemande. Mais comment se défaire d’un compère encombrant, gourmand, décevant, qui coure à la faillite et risque d’entraîner les impérialistes allemands dans ses rixes ? Comment se défaire d’un comparse qui retient vos réserves d’or aux fins de spéculation boursière et monétaire et qui plombe ainsi la monnaie européenne commune ce qui, à terme, fera chavirer le navire européen ? Comment se défaire d’un allié qui s’emmêle dans une série de conflits militaires qu’il perd invariablement, chaque défaite préparant les conditions de la suivante, sans espoir de revanche ?

Le « syndrome » allemand

Le « syndrome » allemand dissimule le soi-disant « miracle » allemand. Analyser l’économie allemande c’est comme étudier le monde capitaliste à l’envers. En effet, la France est en crise de sous-productivité parce que le gouvernement de ce pays n’est pas parvenu à casser son mouvement ouvrier pour hausser suffisamment son niveau de productivité (d’exploitation de la main-d’œuvre). Il en est de même en Italie, en Espagne, au Portugal et en Grèce. La France comme bien des pays impérialistes se désindustrialisent parce que les ouvriers français refusent d’être surexploités au-delà d’une certaine équité si bien que nombre de capitalistes français sont devenus des rentiers – des tondeurs de coupons disait Lénine – qui placent leurs capitaux dans des entreprises allemandes, américaines, multinationales françaises qui délocalisent leurs usines vers des pays à la main-d’œuvre servile et affamée. Ensuite, ils rapatrient (de moins en moins cependant) leurs profits pour les réinvestir et leur faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Les capitalistes français n’y parviennent pas, sur le sol national français du moins, car les charges fiscales, même allégées, demeurent trop élevées et le chômage endémique réduit le pouvoir d’achat social des travailleurs, des commerçants et des producteurs de biens de consommation courante. L’endettement des ménages atteint un niveau record et l’État n’a plus les revenus pour soutenir l’achat et le gaspillage des marchandises. La France est en crise de surproduction relative pour cause de sous-productivité avérée.

 

Les capitalistes allemands de leur côté n’ont pas délocalisé, pas autant que ceux des autres puissances impérialistes mondialisées (6,5 millions de voitures allemandes produites sur le sol « national » contre 4,8 millions produites à l’étranger). Les capitalistes allemands sont parvenus à briser presque totalement le prolétariat allemand avec la complicité des syndicats allemands et des partis de la gauche bourgeoise allemande. La main-d’œuvre allemande est assujettie et soumise à des rendements très élevés si bien que ce prolétariat s’échine au travail sous des cadences infernales. Ce « miracle » des impérialistes allemands date des années trente (1930) quand la bourgeoisie allemande a contraint la petite bourgeoisie communiste et sociale-démocrate allemande à adhérer au Corporatisme nationaliste d’État, ce que l’on appelait alors le national-socialisme dont l’idéologie s’est perpétuée jusqu’à nos jours malgré la défaite nazie (1).

En France à la même époque l’impérialisme international accoucha d’une formule alternative. La social-démocratie, en collusion avec les pseudo communistes français accouchèrent du Front populaire national, un compromis bourgeois qui conservait le capitalisme sur pied contre une réduction des heures travailler et une augmentation des heures chômées, en plus de quelques babioles que le grand capital s’empressa de récupérer par l’inflation et l’augmentation des cadences de travail. Le résultat de ces deux formules de compromis de classes (Corporatisme national allemand et Front populaire national français) fut la Seconde Guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre mondiale les capitalistes allemands avec l’aide étatsunienne ont maintenu le « miraculeux modèle de corporatisme national allemand » et ils ont accentué le « syndrome national chauvin » du prolétariat allemand en le culpabilisant d’avoir échoué dans la guerre génocidaire contre les capitalistes européens. L’impérialisme allemand, responsable de cette boucherie mondiale, est parvenu, en collusion avec la gauche bourgeoise, à faire expier le peuple allemand pour les crimes que ces capitalistes avaient commis. La classe ouvrière allemande rachète encore aujourd’hui cette défaite. Ce prolétariat ne pourra participer adéquatement à l’insurrection mondiale tant qu’il ne reniera pas totalement l’idéologie corporatiste nazie.

Les capitalistes germaniques tondent les coupons des entreprises installées en Allemagne et ailleurs sur le continent. Cette production effrénée crée un marché national pour les matières premières, l’énergie et les produits usinés nécessaires à la fabrication des produits finis à commercialiser. Pour un temps, le capitaliste allemand réussit encore à  réinvestir profitablement son argent afin de lui faire réaliser une nouvelle plus-value et lui faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Il est exact que le capitaliste allemand réinvestit son capital chez lui, non pas par  patriotisme corporatiste, mais parce qu’il ne connaît aucun autre endroit au monde où le prolétariat est aussi docile et productif. Cependant, le « succès » allemand comporte un revers important. Si le prolétariat français, italien, belge, espagnol et portugais a du temps pour consommer, il n’a pas l’argent pour se rassasier. Le prolétariat allemand est en moyenne un peu plus fortuné, mais il n’a ni le temps, ni l’énergie, ni la capacité de consommer l’immensité des marchandises que produisent ces usines performantes. L’Allemagne doit impérativement exporter ses surplus. Mais où trouver de nouveaux débouchés capables de payer ces montagnes de marchandises de qualité ?

L’Allemagne est en crise de surproduction (relative) et la nécessité de trouver de nouveaux débouchés va la mener à affronter ses concurrents américains, japonais et chinois. Dans ce contexte la faiblesse industrielle russe contient la promesse de leur rapprochement, tout comme les immenses réserves de matières premières de Sibérie contiennent l’aveu de leurs intérêts réciproques. Les Américains ne s’y trompent pas eux qui déclaraient récemment « Vue des États-Unis, l’Allemagne se trouve à la conjonction de dangers potentiels ; elle est le partenaire commercial occidental privilégié de l’Iran et un pays qui entretient des relations étroites avec la Russie » (2).

Les États-Unis, et ses partenaires ouest-européens d’un côté, la Chine sur le versant asiatique de l’Oural de l’autre, constituent les deux embuches qui s’opposent à l’alliance de l’Allemagne et de la Russie. Dorénavant, il faut regarder à l’Est comme à l’Ouest de l’Oural pour comprendre le monde impérialiste en cavale. La classe ouvrière du monde entier ne peut se réjouir de ces manigances entre grandes puissances. La guerre est la voie de sortie usuelle de ces disputes pour les marchés.

L’Allemagne en chiffres

L’Allemagne compte 80 millions d’habitants (16e) et un PIB de 3 367 milliards $ (4e). La croissance du PIB ne sera que de 1,5 % en 2014. L’industrie contribue pour 30 % du PIB annuel allemand. La grande industrie embauche 8 millions de salariés, soit 33 % de la main-d’œuvre active. Les PME comptent 20 millions de salariés. L’Allemagne est le 3e producteur automobile dans le monde. L’Allemagne est l’un des cinq pays ateliers mondiaux (avec la Chine, le Japon, la Corée et Taiwan).

En 2012 les exportations ont totalisé 1 470 milliards $ (2e) et les importations 1 253 milliards $ (4e). La balance commerciale est bénéficiaire chaque année. Ceci entraîne que l’Allemagne est le banquier de l’Europe. Sa dette extérieure est de 6 905 milliards $ soit 81 % de son PIB.

Le taux de chômage officiel est de 5,5 % (peu crédible) et l’âge de la retraite est de 67 ans (contre 60 ans au Canada). Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3 % depuis l’an 2000. La baisse a atteint 5 % pour les 10 % les plus pauvres. La pauvreté, en hausse constante, touche un enfant sur cinq. Preuve en est, les travailleurs pauvres représentaient en 2009, 20 % de la population active. Le salaire minimum a été fixé à 8,5 euros/heure et n’entrera en vigueur qu’en 2015. Pour les femmes qui travaillent à plein temps, c’est la galère. Peu ou pas de crèches, pas de cours l’après-midi dans les écoles allemandes et si les gamins ou les gamines n’aiment pas le sport, la seule alternative c’est de regarder la télé tout l’après-midi sous la surveillance de la grand-mère ou de la grand-tante – en espérant qu’elle n’habite pas trop loin. La fameuse prospérité que nos élites nous vantent ne se traduit en rien de façon concrète pour le ménage allemand. En revanche, quelle fierté légitime que de savoir que grâce à 10 ans de régression salariale et sociale, les finances du pays sont à l’équilibre et la pauvreté en Germinal ! (3)

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE ÉCONOMIQUE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LES GUERRES DES CLIQUES TERRORISTES AU MOYEN-ORIENT SANGLANT

ob_a994e2_de-villepin

 

Quand j’enseignais l’histoire et l’économie dans une école secondaire canadienne, je pratiquais la critique analytique comme méthode pédagogique scientifique. Cette  méthode didactique va comme suit : 1) vous dénichez un texte particulièrement complexe,  hermétique et alambiquée, largement diffusée sur les médias à la solde des géants de la désinformation. 2) Par l’analyse matérialiste marxiste non conformiste vous débusquez les lieux communs, les inanités patentées diffusées comme «vérités» par la plupart des journalistes stipendiés. 3) Vous traduisez en langage vernaculaire, non diplomatique, ce charabia éclectique et, à l’aide des faits, vous exposez la vérité cachée derrière ces clichés formatés. Nous allons faire la démonstration de cette méthode dialectique à l’aide d’un article présentant l’entrevue accordée par un poncif ayant perdu les dernières élections présidentielles françaises. Dans cet article, le «has been» Dominique de Villepin se plaint que rien ne semble atteindre la présidence française et il y va de ses pronostics à propos de l’avenir de la «guerre antiterroriste» (sic).  Voici l’article ainsi que notre analyse décapante. NDLR.

 «Revue de presse : Extrait de l’interview accordée au quotidien algérien à El Watan (15/10/14)

Pour l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, dont le discours à l’ONU sur la guerre en Irak est encore dans toutes les mémoires, le seul usage des armes est improductif. Il convient, selon lui, d’asphyxier Daech et non de multiplier les guerres.

- La troisième guerre d’Irak contre Daech est-elle appelée à durer ?

Veillons, face au terrorisme, à ne pas entrer dans une logique de guerre perpétuelle. Nous voyons que nous sommes enfermés dans un cycle de guerres où la précédente nourrit toujours la suivante. Devant la pression de l’émotion, des images, de l’opinion, les États-Unis et l’Europe se lancent dans des opérations militaires qu’elles croient ponctuelles. Elles croient réagir à une menace précise, alors qu’en réalité ces pays basculent peu à peu dans une guerre longue, à grande échelle et fondée sur l’idéologie. Il n’y a pas d’issue par les armes. Il y a de la démesure dans ces guerres, car il y a l’idée que nous pouvons résoudre les problèmes historiques des peuples à leur place, en imposant notre vision de la démocratie par des changements de régime, en faisant la guerre à la place d’armées nationales faibles.»

 (L’ex premier ministre et actuel «has been» accrédite le mensonge que la 3e guerre du Moyen-Orient est une «guerre antiterroriste» (sic). Alors qu’elle est bel et bien une guerre terroriste d’un clan impérialiste contre des rivaux impérialistes factieux qui se désolidarisent de plus en plus de leur mentor, américain, afin de poursuivre seuls leur chemin de conquête pour se repartager les dépouilles ensanglantées des pays démantelés de cette contrée. Ainsi, la Turquie qui vient de joindre la Coalition terroriste américaine achète et revend le pétrole de DAECH. L’Arabie Saoudite qui est membre de la Coalition étasunienne vend des armes à l’État islamiste. Le Qatar finance l’État soi-disant proscrit selon un observateur de la scène locale (1). Ce salmigondis est possible à cause de la faiblesse affichée du matamore – commandant des forces impérialistes de l’OTAN – qui se désagrège rapidement malgré le soutien hypocrite des impérialismes européen décadent et canadien insignifiant. Il est absolument faux de prétendre que l’Europe (euphémisme pour désigner les gouvernements impérialistes européens empêtrés dans une crise économique désespérée) croit s’engager dans des guerres ponctuelles. Ils ont tous participé aux premières attaques contre les talibans d’Afghanistan en 2001 et ils savent tous ce qui les attend au tournant de cette troisième escalade contre les petites puissances impérialistes du Moyen-Orient (Iran, Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Égypte). Enfin, l’argument de la faiblesse des armées locales est ridicule au vu de la déconfiture des armées américaines et de l’OTAN depuis vingt ans au Levant, la défaite des fantoches israéliens contre le Hezbollah libanais date déjà de l’an 2000. NDLR).

 «- Existe-t-il une alternative à la guerre ?

 Oui, bien sûr. Il ne s’agit pas de choisir entre l’action, qui serait forcément militaire, et l’inaction. Il s’agit de sortir de la logique de force qui fait de l’outil militaire le début et la fin de toute pensée pour créer une stratégie politique qui utilise tous les leviers et qui se fonde sur une réflexion. Qui est l’ennemi ? C’est un acteur opportuniste, à la fois parti islamiste totalitaire, groupuscule terroriste mondialisé et réseau de crime organisé visant l’appropriation de territoires et de ressources. Le but, c’est tout d’abord de l’empêcher de devenir l’État qu’il prétend être. Il faut asphyxier Daech. Asphyxier son financement en menant des opérations ponctuelles contre les puits pétroliers contrôlés, en luttant contre les circuits de blanchiment et d’approvisionnement, en parlant fermement à ceux, dans les États du Golfe, qui pourraient être tentés de continuer à financer le groupe ou tout autre groupe terroriste dans la région. Il faut aussi l’asphyxier territorialement. Le prestige de Daech, c’est avant tout sa capacité à progresser. S’il cesse d’avancer, il recule.

Plutôt que de lancer des objectifs militaires irréalistes d’éradication et de reconquête du territoire, il faut viser à le contenir dans son espace actuel en soutenant la lutte sur les fronts kurde, irakien, libanais, syrien, jordanien. Il s’agit d’identifier aujourd’hui les Kobane de demain pour éviter les images désastreuses auxquelles nous avons assisté. La bataille de Kobane, bien mal engagée pour les Kurdes peu ou mal soutenus, est malheureusement le résultat direct d’une stratégie mal évaluée.»

(L’ex-ministre des Affaires étrangères de la France admet donc que son intention est de soutenir la poursuite de cette guerre terroriste impérialiste dans cette région soumise aux agressions des pays occidentaux depuis des décennies. L’ex-Premier admet toutefois que leurs alliés font partie du problème et ils suggèrent de les semoncés (les États du Golfe dit-il). Monsieur le «has been» ne semble pas savoir pourquoi personne n’a pu contraindre ces récalcitrants à rentrer dans le rang. C’est parce que le monde change et il est sur le point de basculer et une ancienne Alliance impérialiste dominante (OTAN) est mise à mal par ses concurrents et par la crise économique systémique qui désoriente «Captain  America» et affaiblit ses acolytes. NDLR).

«- La France est présente sur plusieurs fronts. A-t-elle encore une «politique arabe» ou le fracas des armes a-t-il pris le pas sur la diplomatie ?

 La France, aujourd’hui, cherche une voix. Elle s’est laissé emprisonner dans une logique de force qui n’est pas sa vocation. Sa vocation, son message, c’est le dialogue, l’indépendance et le respect des différences, en s’appuyant sur le droit international, sur la coopération et sur l’initiative. C’est toujours ainsi qu’elle a su avancer. Aujourd’hui, on met en péril cet héritage. Je comprends le souci de répondre à des actes barbares, la volonté de venir en aide aux populations en Irak, en Syrie, au Mali, en Libye. Mais nous devons ouvrir les yeux sur le fait que l’usage de la force a échoué en Afghanistan, en Libye, et qu’il échouera à nouveau. La force ne crée que la force en retour. La logique de «guerre contre le terrorisme» nourrit l’ennemi en lui donnant de la visibilité, de la crédibilité et de la légitimité. Chaque ennemi abattu devient un martyr qui permet le recrutement de dix autres terroristes.

Qui plus est, cela donne l’impression que nous combattons un ennemi mondial, alors que c’est un amalgame confus de groupes locaux qui, en prêtant allégeance hier à Al Qaîda, aujourd’hui à Daech, cherchent à se donner une stature dans le rapport de force local. Aujourd’hui, il faut que nous comprenions tous qu’il n’y a pas de solution militaire et il n’y a pas de solution globale. Il n’y a que des paix locales qu’il s’agit de trouver par le dialogue, par les initiatives de développement, par la réconciliation. C’est un enjeu en Algérie, un pays durement éprouvé par la guerre civile des années 1990. Elle voit aujourd’hui ce cauchemar national se reproduire à l’échelle de toute une région.

De ce point de vue, l’Algérie doit être écoutée et entendue. Elle doit porter la voix de ceux qui ont vécu ce drame et qui ont réussi, tant bien que mal, à proposer des issues. Mener à bien ces paix locales, c’est un immense travail diplomatique autour des nombreux conflits de la région, entre Kurdes et Turcs par exemple, entre Arabie Saoudite et Iran, entre chiites et sunnites, entre Israéliens et Palestiniens, à l’heure de l’union nationale entre le Fatah et le Hamas et de la mobilisation internationale pour la reconstruction de Gaza, entre Marocains et Algériens également, autour de l’épineuse question du Sahara occidental. C’est particulièrement vrai au Mali, où la paix durable ne peut s’installer qu’en apportant des réponses à la question touareg et il est évident que l’Algérie a, de ce point de vue, un rôle régional majeur à jouer pour rendre possible la paix (…)

(Rien de neuf sous le soleil d’Algérie. M. de Villepin débute son homélie par un mensonge grossier à propos de l’héritage de paix et de diplomatie, d’entraide et de bons voisinages de la France du Premier et du Second Empire d’occupation, de meurtres, d’exactions, et de malversations contre les populations indigènes (particulièrement algériennes) qui ont payé un lourd tribut contre cette puissance coloniale sanguinaire. Peu importe les arguties religieuses et nationalistes dont se parent les groupuscules islamistes – tous s’alimentent en chair à canon de la chimère à même le puits inépuisable de la misère régionale. Ensuite, M. de Villepin placote à propos de solutions locales à cette crise économique mondiale dont les guerres transnationales ne sont que l’expression et l’attestation que les puissances internationales sont en train de se repartager les ressources, les marchés, les zones d’exploitation de la force de travail afin de relancer la reproduction élargie du capital qui pour le moment est en panade. La puissance chinoise – le possible futur leader de l’alliance impérialiste d’alternance – ne bouge pas pour le moment et laisse braire en silence. Tôt ou tard la superpuissance chinoise sera entrainée forcée dans ce fouillis et alors le danger de guerre généralisée sera très élevé. D’ici là,  laissons l’ex-candidat présidentiel déconfit à ses mièvreries. NDLR). (2)

Photo : Dominique de Villepin

*Version intégrale : «Il n’y a pas d’issue par les armes», par Rémi Yacine.  Source : http://www.france-irak-actualite.com/2014/10/dominique-de-villepin-et-la-3eme-guerre-d-irak.html

 

(1) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jeu-turc-communication-americaine-kobane/

 

(2) En complément à propos de l’organisation ouvrière http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +2 (from 2 votes)

UNITÉ AU COMBAT CONTRE LE PATRONAT

ukraine2

 

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lunite-dans-le-combat-en-font-commun/

 

L’article de référence que nous présentons et que nous analysons ci-dessous semble défendre des positions militantes. On y trouve les termes convenus tels que : «solidarité», «unité», «droits syndicaux», «lutte anti-austérité», «droit de négocier», «Front commun», «Front social», «combat», «opposition», «réformes» (sic), etc.

Les auteurs de cette missive voudraient mobiliser les travailleurs, les étudiants et la population «citoyenne» afin de défendre les syndicats, les commissions scolaires, les universités, les services sociaux, les hôpitaux, les municipalités et le droit de négocier la vente de notre force de travail. La solution consisterait selon eux à forger l’unité de tous les citoyens-citoyennes contre l’austérité et contre les coupures des budgets gouvernementaux. L’unité serait forgée en créant un Front Social National et une Alliance anti-austérité !  Pas un mot sur l’exercice de la lutte gréviste ! Les auteurs admettent toutefois que : «Inévitablement, les différents combats ne pourront pas tous être remportés. Toutefois, la construction d’une riposte puissante et efficace à l’austérité dépend des liens de solidarité que les différentes franges de la population seront capables de tisser.» La bataille n’est pas fortement engagée que déjà les auteurs concèdent la victoire à l’ennemi de classe. Pourquoi ont-ils raison d’admettre que leur projet de Front social et d’Alliance nationale ne peut se terminer que  par la défaite du mouvement ouvrier ?

Pour la raison que l’unité dans la lutte ne se forge pas sur l’effacement des différences, ni sur le nationalisme ni sur la demande de «réformes» à l’État, notre ennemi de classe. À quoi ça mène de lancer le mot d’ordre de «Combattre l’austérité», quand le gouvernement souhaite justement défendre sur la place publique ses politiques de restriction des dépenses étatiques afin de justifier la réduction du déficit public. Les auteurs rassemblent alors les militants sous le drapeau de l’État des riches sans moyens de réplique aux arguments des riches, surtout quand ils ont exclu par avance tout rejet de l’appareil d’État et de la dette contractée par et pour les capitalistes.

La victoire dans le combat sur le front économique de la lutte de classe ne se fonde pas sur des abstractions, des négations, des illusions, des divagations, des concoctions et des négociations entre factions. La bataille qui s’engage à l’initiative de la classe capitaliste, secondée par l’État bourgeois à sa solde, aura lieu, que les militants de gauche le veuillent ou non. La question ne se pose donc pas en terme d’engager le combat; de proclamer la volonté d’unifier les combattants; ou de proposer des revendications de substitution à ceux qui mèneront le combat de front, sur les lignes de piquetage, en soutien à leurs propres revendications et pour la défense du droit de grève en faisant la grève générale illimitée.

La première exigence qui se pose à tout militant progressiste est de bien cerner les forces en présence d’un côté comme de l’autre de la barricade sociale. De bien comprendre les intérêts en jeux et ce pour quoi, d’une part, la classe capitaliste et son État bourgeois lancent des offensives contre toutes les sections du prolétariat et des salariés ; et d’autre part,  pourquoi, et surtout comment, la classe ouvrière et les autres salariés doivent engager, sans plus tarder, le combat gréviste directement sur le front économique de la lutte de classe. À présent, les troupes de choc du mouvement ouvrier sont déjà engagées dans le conflit qui pour l’heure se mène sur le front idéologique de la lutte de classe. Divers intervenants, comme ceux publiant le trac ci-dessous, proposent leur mot d’ordre, leur stratégie, leur tactique, engagent des manifestations et des actions d’escarmouche histoire de tester le terrain et de rallier les combattants ouvriers, les militants étudiants et les autres afin de les regroupés derrière les syndicats, les municipalités, les universités, les garderies, les écoles, les associations et les ONG, le Front commun intersyndical, un Front Social à venir, et une Alliance contre l’austérité sur le mot d’ordre, souhaité par l’État, de quémander des «réformes» des politiques d’austérité.

Tout ceci laisse entendre que dès la première étape de la lutte les forces ouvrières d’opposition font diversion et s’égarent, sont incapables de déterminer qui est l’ennemi et qu’est-ce qu’il prépare comme attaque contre nous, ni comment y faire face. Tout ceci est de mauvais augure pour la suite du combat classe contre classe entre le prolétariat et le patronat qui s’engage.

Les troupes de choc dans cet affrontement qui nous oppose à la classe capitaliste en entier et à son État affrété ce sont les travailleurs de la fonction publique, particulièrement les fonctionnaires, les manœuvres, les concierges, les camionneurs, les techniciens, les enseignants, les paramédicaux auxiliaires et infirmières, les employés des garderies et tous les autres salariés. Ils sont peu organisés, sous-payés, et ils comprennent sommairement pourquoi l’État les attaques par ses mesures de restriction et d’austérité. Ils sont conscients cependant que l’État a de moins en moins d’argent pour payer et que si l’État augmente les salaires et les conditions de retraite ils seront taxés davantage en tant que salariés. Ils sont dans l’ensemble assez pessimistes sur leur capacité de stopper l’État bourgeois dans ses visées. Attention, l’État bourgeois aime les syndicats bourgeois et les négociations avec ses parangons.

Les ouvriers et les salariés ont contre eux leur propre bureaucratie syndicale qui a pris les devants cette année en construisant une lourde structure pyramidale de «Front commun» avec de lourdes contraintes bureaucratiques qui permettront d’étouffer toute initiative de combat d’un secteur, d’une région, ou d’une unité revendicatrice sous prétexte de maintenir «l’unité de tous les syndiqués». «Personne ne bouge avant que tout le monde ne soit prêt à bouger». «On ne peut faire la grève, car la majorité n’est pas assurée, et la loi spéciale nous pend au bout du nez», etc., etc.  Bref, la structure de pseudo «unité» servira, comme par le passé, à détruire l’unité et à paralyser l’action gréviste militante.

Devant eux les salariés ont aussi les médias qui tenteront de soulever «l’opinion publique» contre les militants et les unités engagés dans l’action gréviste, le tout relayé par les bureaucrates syndicaux qui dénonceront toute action vindicative des salariés de l’État. Dès à présent nous devons contrer cette propagande. Les autres salariés sont de notre côté et ils le seront d’autant plus hardiment que la lutte de classe sera farouche, courageuse, résolue, comme celle des étudiants en 2012.

Devant les salariés, l’État a déployé toutes ses forces de combat, policiers, cours de «justice» (sic), propagandistes, économistes patentés, Assemblée nationale, lois spéciales, sous-fifres des municipalités, affidés des universités, des commissions scolaires, des ministères, des conseils d’administration. Il chaud peu à l’État des riches que les gens manifestent avec des casseroles le soir et les fins de semaine pourvu que l’appareil productif des profits et les services étatiques de soutien à la reproduction de la force de travail fonctionnent. Car le problème majeur auquel fait face l’État employeur et législateur est de soutenir, en ces temps de crise systémique, la valorisation du capital et la reproduction des profits élargies. C’est donc là que nous devons le frapper.

Ce ne sont pas les services sociaux ou les organismes de services, les ministères, les municipalités ou les garderies que les employés et les salariés du public et du para public doivent défendre. Les salariés n’ont pas à combattre l’austérité dans le flou artistique. Ce sont leurs salaires, leur pouvoir d’achat, leur sécurité d’emploi, leurs fonds de pension, leurs conditions de travail que les salariés doivent défendre (comme les étudiants de 2012 ont «Stoppé la hausse») et ce faisant, la classe ouvrière défendra les services publics et les conditions de reproduction de sa force de travail.  L’unité ne sera pas forgée dans l’abstrait par des appels à se regrouper en Alliance contre l’austérité. L’unité des salariés ne peut se forger que dans le combat contre l’État, contre la désunion à propos des revendications sociales (sic); contre les analyses alambiquées qui font l’impasse sur les véritables enjeux de cette lutte de classe; contre les divisions et les faux jetons. L’unité sera forgée autour des revendications que les employés appuieront et pour lesquelles ils engageront la lutte gréviste au plus vite. Dans le cours même de la lutte gréviste concrète, il nous appartiendra de démontrer aux salariés pourquoi de telles guerres de tranchés pour sauver nos emplois, pour sauvegarder notre pouvoir d’achat, pour assurer nos régimes de retraite sont inévitables et toujours à recommencer sous le capitalisme monopoliste d’État, portant ainsi le combat sur le front politique de la lutte de classe, ce qui constitue notre responsabilité.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR L’ORGANISATION OUVRIÈRE :

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

Article  de référence :

POUR UNE ALLIANCE NATIONALE CONTRE L’AUSTÉRITÉ

Julien Daigneault
Octobre 2014

En écho aux positions anti-austérité adoptées lors des assemblées générales de l’AFESH, de l’AFESPED et de l’AFELC en septembre 2014, des militant-e-s ont mis sur pied des comités visant à lancer une campagne contre l’austérité et les attaques sur les droits syndicaux. Cette campagne fait la promotion d’un « Front social » devant culminer par une grève illimitée au printemps 2015.  Cette période de l’année sera ponctuée par le dépôt d’un budget d’austérité (qui risque de déchaîner les mouvements sociaux) ainsi que par le début des négociations entre le gouvernement du Québec et le Front commun intersyndical des employé-e-s du secteur public et parapublic (près de 400 000 salarié-e-s).

La suite de l’article :  http://esuqam.com/rs1/

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 9.5/10 (2 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +2 (from 2 votes)

La lutte gréviste

images (2)

La lutte gréviste semble léthargique

Dès 1918, Rosa Luxembourg en parlait avec éloquence, à propos de la seconde révolution russe et du soulèvement du prolétariat allemand. Pourtant, de nos jours, les prolétariats allemand, russe, français, américain, canadien, japonais, chinois, sont infiniment plus nombreux, mieux formés, plus spécialisés, et davantage exploités et spoliés qu’ils ne l’ont jamais été du temps de la révolution spartakiste. Nonobstant ceci, on ne rapporte pratiquement plus les luttes grévistes des prolétaires du monde entier. Elles sont pourtant nombreuses, en Chine notamment.  Serait-ce que les ouvriers seraient devenus des «aristocrates ouvriers» (sic), des corporatistes du système d’exploitation, des rentiers du capitalisme, des ploutocrates salariés ?  Non, évidemment !

Exploitation et spoliation sont en augmentation

L’indice le plus évident que l’on puisse donner du niveau accru d’exploitation de la main-d’œuvre ouvrière est le taux de productivité horaire moyen. L’indice de productivité horaire de la force de travail mesure l’augmentation de la quantité de biens et de services produits par heure travaillée. Si l’indice est en hausse cela signifie que chaque travailleur produit plus de marchandises pendant chaque heure travaillée. Comme le salaire ne constitue qu’une part décroissante de la valeur des marchandises produites – le solde constituant la plus-value expropriée par le propriétaire de l’entreprise –, la comparaison de l’un et de l’autre donne le taux d’exploitation moyen de la main-d’œuvre dans l’économie que voici pour la France métropolitaine (Tableau 1).

 

TABLEAU 1

HAUSSE ANNUELLE MOYENNE DE PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL SALARIÉ(France-1960-2012)  (1)
1960-1974  –  1974-1982 –  1982-1989 –  1989-2007 –  2007-2012
   5,0 %               2,1%                  2,1%               1,3%               0,1%0,1 %              -0,8%                  1,7%               0,2%             -0,9%

Ces hausses constantes de productivité du travail ont généré des hausses annuelles moyennes des profits variant entre 0,1 et 1,7%, avec des périodes prolongées de baisse des profits (- 0,8%/an de 1974 à 1982 et  -0,9% par année entre 2007 et 2012). Les hausses continuelles de productivité enregistrées ne se traduisent pas nécessairement par des hausses de profits correspondants.  C’est que ces hausses de productivité sont parfois la conséquence de l’introduction de nouveaux équipements industriels dispendieux et sophistiqués. Elles proviennent donc  d’une augmentation de la portion de capital constant (Cc) ce qui augmente la composition organique du capital (Cc/Cv) et fait chuter les taux de profits malgré la hausse de productivité enregistrée. C’est le capitaliste monopoliste qui produit et vend la machinerie qui encaisse la hausse de profit plutôt que le capitaliste monopoliste producteur de la marchandise finale (l’Allemagne, la Chine, la Corée, la Suède, la Suisse, le Japon sont de ceux-là). Une démonstration supplémentaire de la loi marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit.

Par ailleurs, si l’augmentation de productivité est la conséquence d’un accroissement de l’intensité du travail, de l’augmentation des cadences, ou de l’allongement de la journée de travail par exemples, alors la hausse de productivité générera une hausse des profits pour les capitalistes de la production légère (marchandises destinées à la consommation courante) comme l’indique la période 1982-1989 sur le tableau 1.

Cette baisse des taux moyens de profits amène la classe capitaliste monopoliste international à accentuer ses pressions sur le salariat afin de réduire la part du PIB national consacré aux salaires, aux bénéfices marginaux, aux régimes de retraite, et aux services sociaux (santé, éducation, sport et loisir, culture) – qui ne sont rien d’autre que la part du revenu national consacrée à la reproduction de la force de travail.

La classe ouvrière tente de résister à son expropriation

Donc, tout bien considéré la classe ouvrière existe toujours en société impérialiste avancée. Son travail productif est toujours l’unique source de profit et le taux d’exploitation de cette force de travail va s’accroissant régulièrement d’une année sur une autre (2). Cette conjoncture difficile pour le salariat devrait normalement engendrer une grande résistance de la part des ouvriers jusqu’à provoquer des grèves spontanées. Étant entendu qu’en dernière alternative – le seul moyen de lutte dont dispose le salariat contre le patronat – ce sont les bras croisés, c’est-à-dire le refus de l’ouvrier de vendre sa force de travail contre salaire, privant le capitaliste de sa précieuse plus-value – c’est-à-dire du travail non payé et exproprié. La lutte gréviste sur le front économique de la lutte de classe est nécessaire pour qui souhaite soulever la lutte politique de classe. La lutte gréviste disait Rosa Luxembourg est l’arme ultime du mouvement ouvrier. La grève générale illimitée étant l’amorce de l’insurrection, le capharnaüm du capitalisme et le sépulcre du patronat.

Force est pourtant de constater que depuis nombre d’années la lutte gréviste des masses ouvrières va s’essoufflant alors que les conditions de travail et de vie du prolétariat se détériorent. Pourquoi ces deux mouvements qui se devraient concomitants sont-ils divergents ?

Le mainstream médiatique à la solde des riches a pour mission de nous entretenir à propos des grossesses de la princesse, des fugues extra-conjugales du Président, du prochain spectacle d’un humoriste, des dernières frasques de Sarkozy, de Sam Amad ou du député de Beauce et de taire toute information relative à ces impudiques grèves ouvrières. Saviez-vous que les enseignants de Colombie-Britannique ont fait grève pendant des mois et qu’ils ont affronté la police et la justice des riches ?

Depuis trente années la bourgeoisie a retiré – contingenté – encadré – bridé – légiféré afin de contrecarrer le droit de grève des ouvriers ainsi que des salariés sous le regard compassé des officiers syndicaux hébétés, quand ce n’était pas avec leur approbation empressée.  On doit admettre que la résistance ouvrière à ces attaques répétées leur retirant tout moyen légal de combattre n’a pas été à la hauteur de l’attaque généralisée contre leurs droits, et leurs combats, profanant la pseudo «démocratie bourgeoise» tant appréciée des bobos exaltés. Pourquoi ?

L’étouffement légal du droit de grève «légal»

La crise économique systémique du capitalisme oblige l’État des riches à sortir de sa réserve hypocrite et à plonger au cœur de la mêlée afin de secourir la classe sociale dominante, celle qui assure la gouvernance. L’État ne peut plus prétendre être neutre, impartial, équitable, champ du combat «citoyen» pour sa conquête «démocratique» électoraliste. Le masque étatique tombe malgré les efforts que déploie la go-gauche «démocratique» – participative – altermondialiste – écologiste – protestataire et citoyenne «progressiste». Cet État est celui de la classe dominante (pas celui du peuple tout entier) et il doit assurer la perpétuation du système capitaliste en l’état. Il s’y emploiera coûte que coûte  même s’il ne peut pas sauver ce mode de production et ces rapports de production moribonds (3).

Au Québec, comme dans bien d’autres entités, l’État a d’abord encadré le droit de grève des employés de la fonction publique et des secteurs para publics jusqu’à rendre le recours à la grève totalement inopérant. Ainsi, la loi sur les services essentiels exige le maintien de services dits essentiels pendant les débrayages. Ces services «essentiels» sont si imposants qu’ils requièrent plus d’employés en service pendant la grève qu’en période de travail normal. Dans certains pays, une loi anti-scabs a été promulguée à la demande des bureaucrates syndicaux et des sociaux-démocrates de la go-gauche bourgeoise «réformiste». Cette loi n’a servi qu’à démoraliser les salariés, à leur faire croire à l’équité de l’État des riches. Cette loi a servi à démobiliser les ouvriers sur les lignes de piquetage, et à justifier les bureaucrates syndicaux de ne pas organiser la résistance contre les «scabs» sous prétexte que la justice des riches sévira contre ces derniers (peut-être, des années plus tard, après que la grève aura été liquidée).

La classe ouvrière a rapidement perçu que c’est la machine étatique au grand complet qui se mobilisait pour écraser chaque grève spécifique. Loi encadrant le piquetage, spécifiant le moment du déclenchement de la grève et dans de nombreux secteurs les conditions de son exécution (services essentiels, ligne de piquetage, préavis de débrayage). Lois spéciales retirant le droit de grève à des travailleurs décrétés indispensables pour l’économie capitaliste. Injonctions des tribunaux pour pénaliser les grévistes grevés de lourdes amendes, pour empêcher le piquetage, pour interdire la fermeture des installations, des institutions (hôpitaux, bureaux administratifs, universités et CÉGEP).  Injonction interdisant d’entraver la production réalisée par des scabs extérieurs ou par des cadres scabs de l’intérieur. Les médias qui se déchaînent contre les luttes grévistes laissant croire que les travailleurs doivent assujettir leurs actions au désidérata de la soi-disant «opinion publique» telle que rapportée par les sondages truqués et les médias propriétés de richissimes milliardaires.

L’industrie du syndicalisme et la taxe syndicale

En société capitaliste, l’appareil syndical est totalement intégré à l’appareil gouvernemental dont il constitue un appendice chargé de négocier les conditions de vente «raisonnable» de la force de travail des salariés. À partir des paramètres établis par les boss syndicaux et par les boss patronaux, en collusion, les conditions de vie et de travail de toute la classe ouvrière sont ajustées dans l’ensemble du pays. Si le contexte l’exige, les bureaucrates syndicaux pourront même organiser des Fronts communs syndicaux pour ne rien faire et s’assurer de paralyser les salariés qui voudraient appeler à la grève générale illimitée.

Afin de maintenir leur «membership» de cotisants à la taxe syndicale les différentes agences de recrutement syndical se maraudent mutuellement et jouent parfois les gros bras pour impressionner les ouvriers. Les bureaucrates syndicaux monteront le ton à l’occasion et si la pression devient trop grande, qu’une grève sectorielle risque d’éclater hors de leur autorité, alors les appareils syndicaux appelleront à une grande manifestation de frustration, casserole en goupillon, un samedi matin pour ne pas perturber la productivité ni la circulation sur les ponts. Un débrayage symbolique sur l’heure du midi ou en soirée.  Une marche pour les pieds nickelés. Ils convoqueront un Forum social des peuples populaires, citoyens et citoyennes. Ils en appelleront à la population pour qu’elle vote pour un opposant de façon à punir le député récalcitrant. Une fois la saute d’humeur passée, une fois l’élection bidon terminée, chaque bureaucrate syndical trottine rétablir les ponts de la collaboration de classe avec ses amis de la magistrature, de la justice, de la politique, et de la police. Espérant que la prochaine bouffée de fièvre gréviste de ses membres ne surviendra pas avant longtemps. Ils ne souhaitent pas être dérangés dans leur bureau feutré et climatisé.

Dans tout ce manège anti-ouvrier, les «syndicalistes» accrédités se font les courroies de transmission des médias et des menaces du capital contre le salariat. S’il le faut, l’État s’en prendra aux officiers syndicaux et aux organisations syndicales richissimes. Il menacera de saisir les biens du syndicat, de lui imposer des contraventions qui l’acculeront à la faillite s’il ne démobilise pas de suite les ouvriers grévistes. L’État menacera de mettre fin aux ententes fiscales ayant transformé le bureaucrate syndical en hommes d’affaires gestionnaires de fonds de pension (Fonds de la FTQ et de la CSN). L’État oblige ainsi la bureaucratie syndicale à se mettre au service du patronat pour calmer les ardeurs grévistes de leurs membres.

L’État se compromet et compromet ses agents dans le milieu

Par ces multiples interventions législatives et juridiques; par la prévarication des officiers syndicaux à sa solde; par ces lois contraignantes empêchant l’exercice du droit de grève, l’État capitaliste se démasque et crée les conditions objectives et subjectives du soulèvement gréviste. Car chaque ouvrier individuellement, chaque section d’entreprise, chaque contingent salarié esseulé,  comprend bien que seul ou par petits groupes ils risquent d’échouer à faire reculer l’État des riches. De là à conclure que seule une grève générale illimitée fera reculer l’État capitaliste au service du patronat, et frappera le capital à l’endroit qui lui fait mal – la plus-value et les profits – il n’y a qu’un pas que la Gauche communiste a le devoir de franchir.  C’est à travers la lutte gréviste que la solidarité de classe se forgera et se consolidera (4).

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR L’ORGANISATION OUVRIÈRE :

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

(1)               http://hussonet.free.fr/gainprod50.pdf
(2)               http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-classe-ouvriere-nexiste-pas/
(3)               http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-1/ et  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-2/
(4)               http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-prix-dun-homme/

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LA «DÉMOCRATIE BOURGEOISE», CAUSE TOUJOURS, OU FERME TA G…

images«La croissance du mouvement révolutionnaire prolétarien dans tous les pays suscite les efforts convulsifs de la bourgeoisie et des agents qu’elle possède dans les organisations ouvrières pour découvrir les arguments philosophico politiques capables de servir à la défense de la domination des exploiteurs. La condamnation de la dictature et la défense de la démocratie figurent au nombre de ces arguments.»  (Lénine, 1919 [1])

 La classe ouvrière opposée à la pseudo démocratie

L’utilisation de ces «arguments philosophico-politiques» est très répandue, surtout lorsque la censure, le ’black-out’ des luttes grévistes, et la déformation des informations ne réussissent plus à mystifier les ouvriers. «La défense de la démocratie» comme l’écrit Lénine, c’est-à-dire l’idéologie démocratique bourgeoise, accompagne les attaques contre les conditions de vie du prolétariat international et vise à l’enchaîner derrière le convoi des États-nations capitalistes. Dans un premier temps, la bourgeoisie a réussi à étouffer les luttes de résistance grévistes, et maintenant elle cherche à nous entraîner dans des guerres impérialistes. Aujourd’hui, ces «arguments philosophico-politiques» se concrétisent au travers des campagnes antiterroristes (Al Quaida et EIL) et sur les «dangers» de la montée des partis d’extrêmes droites que la bourgeoisie stipendie.

L’utilisation des exactions et des menaces terroristes ne sert pas uniquement à fournir des prétextes pour renforcer la surveillance et la mise en place de lois répressives anti-ouvrières. Ces montages médiatiques à propos des menaces terroristes justifient et crédibilisent aux yeux de la population les mesures policières répressives, selon l’argument de la défense et de la protection du peuple que seul l’État démocratique (sic) serait en mesure d’assurer alors même que les actions terroristes sont directement suscitées et manipulées, voire organisées, par les services de police de ces  États pseudos démocratiques [2].

Les activités terroristes sont le résultat des manipulations et des provocations des services spécialisés des rivaux impérialistes qui se disputent le contrôle des marchés et des ressources. De même, la mise en avant du danger fasciste et de l’extrême droite – en Europe en particulier – vise à renouveler la mystique démocratique bourgeoise de l’antifascisme; celle-là même qui a entraîné le prolétariat dans la Deuxième Guerre impérialiste mondiale et promue la contre-révolution anti ouvrière (1929-1945). Non seulement on voit des partis d’extrême droite, racistes et xénophobes, promus lors des élections européennes (en France, en Hongrie, en Grande-Bretagne, en Belgique), mais on constate de quelle façon la bourgeoisie grecque, conseillée et dirigée par ses consœurs de l’Union européenne, a fait «gonfler» le groupe fasciste Aube Dorée et avec lui le faux antagonisme démocratie bourgeoise versus dictature capitaliste au moment même où la lutte gréviste ouvrière montante était liquidée par la gauche bourgeoise. La mystique dichotomique «démocratie-dictature» accentue le sentiment d’impuissance des ouvriers en obviant le véritable et fondamental antagonisme de classes entre le capital et le travail, entre capitalistes et prolétaires. La mystification consiste à présenter une faction de la bourgeoisie comme démocratique et conciliatrice et une autre faction comme dictatoriale et hystérique, imposant à la classe ouvrière de se ranger au service de la faction pseudo démocratique pour un moindre mal. La classe ouvrière ne doit pas soutenir la dictature démocratique bourgeoise contre la dictature-hystérique-bourgeoise. La classe ouvrière doit mener ses propres luttes anticapitalistes non pas pour obtenir des réformes et des avantages éphémères mais pour résoudre les contradictions insolubles du capitalisme en le renversant.

Néanmoins, même si le prolétariat international reste globalement soumis à l’idéologie  démocratique bourgeoise, même si les luttes ouvrières ne sont pas conséquentes avec les attaques reçues et ne font pas reculer le capital, même si les partis de la gauche bourgeoise et l’industrie du syndicalisme d’affaires maintiennent leur contrôle sur les luttes ouvrières et les sabotent, il n’en reste pas moins qu’une fraction significative de la classe résiste aux pièges démocratiques bourgeois. Cette résistance se manifeste au cours de grèves, de mobilisations, par le refus de céder aux sirènes appelant à faire confiance à la démocratie bourgeoise, à se ranger derrière l’État pseudo démocratique et à abandonner le combat de classe. Les ouvriers sont nombreux à refuser de participer aux élections bidon.

L’exemple de la lutte ouvrière en Grèce et au Brésil

Ce fut le cas en Grèce lors des mobilisations de 2008-2012, lorsque des manifestants ouvriers tentaient d’encercler et d’envahir le Parlement afin d’interdire aux parlementaires bourgeois d’adopter des mesures d’austérité contre les ouvriers. La milice du PC stalinien grec vint à la rescousse de l’État bourgeois malmené car ce n’est pas l’extrême droite «Aube Doré» qui en aurait été capable [3]. Ce fut aussi le cas au Brésil en 2013-2014 à l’occasion de l’organisation de la Coupe du monde de football, véritable mythe nationaliste réactionnaire. Au moment où la classe ouvrière du Brésil était soumise à une propagande permanente à propos de  la fierté de l’organisation de la Coupe, ce dernier a tenu à résister à ces frauduleux appels à l’unité nationale (sic) et ce fut dans la plus grande confusion que la compétition sportive a débuté. Assistée par l’ensemble de la bourgeoisie internationale (interventions de la Fédération internationale de football [4]), la classe capitaliste impérialiste brésilienne, dirigée par le Parti des Travailleurs (sic), a utilisé la répression violente pour éviter le déploiement de la révolte ouvrière ; en particulier, lorsque les travailleurs du métro de Sao Paolo se sont mis en grève à peine quelques jours avant l’ouverture de la Coupe du monde. Cette grève aurait pu paralyser la tenue des matchs et amorcer une grève générale dans l’ensemble du pays.

Dans plusieurs autres pays, l’idéologie démocratique bourgeoise a détourné la colère ouvrière vers la défense de la dictature démocratique capitaliste, lors du «Printemps arabe» par exemple. Il se joue en ce moment un combat idéologique extrêmement important aux conséquences historiques. La mystification démocratique bourgeoise ne se limite pas à l’obéissance à l’État capitaliste ; ni au respect de la démocratie politique bourgeoise formelle (élections, parlementarisme, etc.); ni à nier la réalité de la lutte des classes. L’idéologie démocratique bourgeoise individualiste et narcissique tend à imprégner tous les instants et tous les espaces de la vie sociale au détriment de la vision et de l’action collectives de la classe  prolétarienne.

Les médias sociaux égalitaristes, démocratiques et participatifs (sic)

L’accélération et l’extension de la circulation du capital financier et des marchandises; le développement des nouveaux médias (télévision numérique, Internet et réseaux sociaux), ont permis de relancer les valeurs individualistes et démocratiques bourgeoises sous le slogan «un homme, une voix» selon l’utopie que chacun avait désormais accès à une information objective, non manipulée, sans censure et en temps réel, et le rêve que chacun pouvait désormais s’exprimer comme il le voulait, sans entrave, grâce aux médias numériques et aux «réseaux  sociaux». Enfin, grâce aux nouvelles technologies de communication et de l’Internet la démocratie bourgeoise, participative, citoyenne, égalitaire serait advenue ! Tout ceci n’est que fumisterie. Un milliardaire, propriétaire de 40% des médias, aura toujours une voix et une voie prépondérante par rapport à celle d’un ouvrier d’usine, du moins tant que ce dernier restera esseulé. Toutefois, les communistes révolutionnaires doivent maîtriser ces médias et ces technologies numériques afin de les utiliser au bénéfice de l’insurrection.

À tous les niveaux de la vie sociale l’offensive idéologique bourgeoise se déchaîne. L’idéologie démocratique bourgeoise est adaptée pour contrer le développement des luttes de la classe ouvrière contre la bourgeoisie et son État (Front uni antifasciste comme dans les années 1930, combat antiterroriste, défense de la démocratie bourgeoise, etc.) Le danger de cette offensive généralisée apparaît lorsque des groupes de la Gauche communiste se font les apologistes de mouvements tels que les «indignés» et «Occupy» et servent de relais à la propagande sur «l’autogestion», et sur le primat de l’expression individuelle sur l’expression collective de classe.

Bâtir sur le collectif, anti-individualiste, pour renforcer la lutte de la classe ouvrière

Partir de l’unité-individu pour en tirer des déductions sociales et échafauder des plans de société, ou même pour nier la société, c’est partir d’un présupposé irréel qui, même dans ses formulations les plus modernes, n’est au fond qu’une reproduction modifiée des concepts de la révélation religieuse, de la création, et de la vie spirituelle indépendante des faits de la vie naturelle et organique( …) Cette conception religieuse et idéaliste n’est modifiée qu’en apparence dans la doctrine du libéralisme démocratique ou de l’individualisme libertaire : l’âme en tant qu’étincelle de l’Être suprême, la souveraineté subjective de chaque électeur, ou l’autonomie illimitée du citoyen de la société sans lois sont autant de sophismes qui, aux yeux de la critique marxiste, pèchent par la même puérilité, aussi résolument “matérialistes” qu’aient pu être les premiers libéraux bourgeois et les anarchistes.’ (Le principe démocratique, Bordiga pour le PC d’Italie, 1922).

La lutte théorique et de propagande contre l’idéologie démocratique bourgeoise est au centre des leçons et de l’expérience du mouvement ouvrier, de Marx à Lénine, de celui-ci à la Gauche communiste (Italienne en particulier). Cet héritage et cette expérience théoriques et politiques sont essentiels aux combats historiques entre les classes antagonistes. Selon que le prolétariat restera soumis ou non à cette idéologie, il réussira ou non à se sortir du bourbier capitaliste et à dégager sa propre perspective révolutionnaire. Voilà pourquoi il lui appartient de ne pas céder aux pseudo campagnes antiterroristes et de Front populaire antifasciste ou anti-extrême-droite. Le terrorisme et le fascisme sont sont d’abord les monstrueux enfants du capitalisme et de sa «démocratie bourgeoise». Pour contrer les menaces terroriste et fasciste, le prolétariat doit combattre le capitalisme et le renverser une fois pour toutes. Pour avoir nié ce précepte marxiste, les Fronts unis et les Fronts populaires antifascistes des années 1930 ont mené directement à la Deuxième Guerre mondiale. Guerre ou Révolution voilà l’alternative.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR QUI VEUT APPRENDRE LA POLITIQUE DE GAUCHE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

(Inspiré d’un article publié  sur http://igcl.org : 9 septembre 2014)

Notes:

[1] . Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, 1° congrès de l’Internationale communiste, mars 1919.

[2] . ’Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d’opérations de filature montées de toutes pièces. C’est la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié lundi 21 juillet (…) « Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l’idée de commettre un acte terroriste », résume l’ONG, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30 % des cas, l’agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d’attentat.’ (Le Monde.fr avec AFP , 21.07.2014)

[3]. Ce n’est pas une nouveauté : lors de la Première Guerre mondiale, c’est au nom de la défense de la France républicaine, de la démocratie, que les ouvriers furent appelés à partir en guerre contre l’absolutisme dictatorial de l’Empereur allemand Guillaume. En Allemagne, ce fut au nom de la guerre contre l’absolutisme du Tsar russe et de la défense de la nation allemande civilisée (démocratique).

[4] . Platini, Président de la fédération européenne de football : « Il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, bah ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on ne maîtrise pas, quoi. » 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LA CRISE ÉCONOMIQUE SYSTÉMIQUE DÉMYSTIFIÉE (2)

ukraine2

La première partie de ce texte a été publié sur :  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-1/

Le paradoxe du mode de production capitaliste

Le paradoxe provient du fait que l’économie « souffre » d’une sous-consommation relative. Il y a capacité de produire de plus en plus de marchandises (biens et services), en variétés et en quantités illimitées, avec de moins en moins de force de travail par unité produite. Plus le système capitaliste produit massivement et à bon compte, plus il éprouve des difficultés à tout vendre, bien que les besoins les plus élémentaires de milliards d’êtres humains ne soient jamais satisfaits. C’est que le but de la production capitaliste n’est pas de satisfaire les besoins des humains, mais de satisfaire les besoins des actionnaires. Les êtres humains pauvres ou semi-pauvres, salariés, n’ont pas assez d’argent pour acheter, consommer et ainsi concrétiser la plus-value et le profit.

Pire, à ce premier paradoxe s’ajoute un second à savoir que le capitaliste dans sa quête de profits maximums est amené à réduire les coûts salariaux, mais paradoxalement moins le produit coûte cher en salaire, et moins il est profitable pour le capitaliste, application mécanique de la loi de la hausse de la composition organique du capital, avec pour corollaire, une baisse tendancielle du taux de profit (Cc/Cv).

Bref, le capitaliste ne trouve aucun avantage à produire davantage. C’est ici que l’apparition du capital financier et boursier – fusion du capital industriel productif et du capital bancaire parasitaire est apparue comme la panacée permettant aux capitalistes financiers – aux rentiers – aux créanciers – de poursuivre leur accaparement du capital, leur accumulation futile et stérile puisque ne reposant sur aucune valeur mercantile réelle et utile jusqu’à l’éclatement de la bulle spéculative. Du capital bancaire et boursier, cette immensité du crédit,  non adossé à des marchandises tangibles et concrètes n’a pas de véritable valeur commerciale. Ce n’est qu’un immense nuage spéculatif (160 000 milliards de produits dérivés inscrits en bourse dit-on dans le New York Times) qui n’est que valeur de pacotille que l’on a vu s’évaporer lors du dernier krach boursier et que l’on verra bientôt se transformer en fumée lors du prochain krach financier (11).

La contradiction antagoniste

On le constate, il ne s’agit pas de disproportions quantitatives entre branches de production différentes dues à l’aveuglement anarchique des producteurs privés ou publics (corporations étatiques capitalistes comprises). Ce n’est pas non plus qu’il se produit trop de valeurs d’usage, puisque l’ensemble des besoins sociaux n’est jamais satisfait. C’est que le système produit trop de valeurs d’usage dans un système économico-social qui ne les reconnaît que comme valeurs d’échangemarchand. Le système produit trop de marchandises sous forme de valeurs d’échange, c’est à dire des marchandises prétendant se vendre à un prix réalisant une plus-value. C’est cette plus-value qui, se posant en capital additionnel (virtuel), est le nœud du paradoxe entre surproduction et sous-consommation spécifique au capitalisme.

Envisagez ici que la vente et la consommation des marchandises, sous leurs différentes formes (biens et services) n’est que la façon pour les capitalistes de récupérer l’entière valeur marchande des produits, portion travail (salaire) et portion surtravail (plus-value).

La contradiction fondamentale du mode de production capitaliste repose sur l’inadéquation des rapports sociaux de production (privé, bourgeois) et du développement de la force de travail et des forces productives (collectives). Une vérité fondamentale révélée par Marx et que les économistes pseudo marxistes ont totalement oublié, nié ou travestis, préférant stigmatiser l’iniquité dans la répartition de la richesse qui n’est qu’une conséquence de la précédente. Pour résoudre l’injuste distribution des ressources, il faut d’abord  résoudre l’injuste appropriation des moyens de les produire. Il faut mettre fin à l’exploitation privée du travail. Il faut cesser l’appropriation du surtravail et l’expropriation privées de la plus-value. Il faut abolir le salariat, la plus-value et le profit, et abolir l’État qui a pour mission de maintenir autoritairement en place cette superstructure catastrophique (12).

Trop de moyens de production à exploiter

On introduit ici dans l’analyse des crises une détermination concrète supplémentaire et fondamentale par rapport au schéma le plus abstrait de l’échange marchand, M-A-M (Marchandise-Argent-Marchandise), auquel nous en étions restés précédemment. C’est celle de l’échange pour l’argent, A-M-A, qui devient nécessairement échange pour l’accroissement de l’argent, A-M-A’ (sinon autant ne pas risquer A dans des investissements périlleux), via le commerce mercantile d’abord ; puis dans le mode de production capitaliste par le moyen de l’extorsion de travail non payé (la plus-value), différence entre la quantité de travail social fournie par l’ouvrier et celle dont il reçoit l’équivalent sous forme de salaire. Cette plus-value apparaît concrètement, on le sait, sous les formes du profit. Et le taux de profit, ou le taux d’exploitation, rapport de la plus-value au capital engagé (noté Pl/C), s’établit comme « la force motrice de la production capitaliste et on n’y produit que ce qui peut être produit avec profit. » Tout ceci est assez connu (quoique travesti et mésinterprété par les économistes pseudo-marxistes). Il en ressort évidemment que si le profit s’effondre la production aussi. La crise apparaît dès lors toujours comme effondrement de la production et du profit, ce qui est la même chose s’agissant d’une production de (pour le) profit (13).

Marx résume très bien la relativité du phénomène : « On ne produit pas trop de subsistances proportionnellement à la population existante. Au contraire. On en produit trop peu pour satisfaire décemment et humainement la masse de la population.  Mais on produit périodiquement trop de moyens de travail et de subsistances pour pouvoir les faire fonctionner comme moyens d’exploitation des ouvriers à un certain taux de profit… » (14)

Ainsi, dans le phénomène de sous-consommation, ou de surproduction, la mystification consiste à éluder cet objectif de la production capitaliste : le profit. On occulte alors que la surproduction est uniquement celle de marchandises (valeur d’échange) qui ne peuvent pas être vendues avec profit maximum, réalisant ainsi une plus-value maximale, étant donné la quantité de travail non payé qu’elles contiennent. Sous le mode de production capitaliste, on préférera détruire les marchandises plutôt que de les donner, car alors on épuise le marché. Attention cependant, dans une société capitaliste, nationalisé une entreprise, ou une banque ne constitue pas une socialisation des moyens de production, d’échanges et de communication. Il s’agit tout au plus d’une prise en charge étatique d’un canard boiteux capitaliste, ou la prise en charge d’une mission de reproduction de la force de travail destinée au capital.

Impossible de reproduire sans détruire du capital

La disproportion entre production et consommation sociale se résume ainsi : l’unité inévitable production-consommation ne peut se réaliser sous le capitalisme que dans la détermination ultime de ce système, soit la profitabilité privée. Production et consommation sont les deux faces de la même médaille que l’on appelle le procès de valorisation-reproduction du capital. Mais si on considère qu’il s’agit non pas de production en général, mais de production de plus-value, laquelle est accaparée par le capital privé et vient s’ajouter au capital initial, reproduit pour s’incorporer à un nouveau cycle de valorisation-reproduction-accumulation. On constate que ce procès n’est pas destiné à la consommation en soi, pour satisfaire les besoins des êtres humains, mais qu’il  est procès de reproduction sociale élargie, tout comme l’animal humain n’accumule pas pour le plaisir d’accumuler, mais il produit et accumule des biens de consommation afin d’assurer sa reproduction élargie (sa descendance, assurance de sa pérennité sociale). Le mode de production capitaliste, en tant qu’organisme vivant, n’est pas différent. Il tente de se reproduire pour sa postérité. Le problème est que par sa nature (génétique pourrait-on dire par analogie) le mode de production capitaliste privé a atteint son seuil « d’incompétence », son seuil d’incapacité, où il ne peut se reproduire sans s’autodétruire, sans détruire du salariat et du capital. C’est cette impérative nécessité de détruire du salariat et du prolétariat qui poussera la classe ouvrière à la révolte contre le patronat – contre le capitalisme – même s’il n’y paraît pas pour le moment. La tâche des communistes authentiques sera alors de faire en sorte que cette révolte ne soit pas une révolte pour des « réformes », ou un « Printemps arabe » pour la forme, mais devienne une révolution sociale fondamentale.

C’est la reproduction organique élargie qui est le principe qui engendre l’accumulation du capital, sa valorisation et sa reproduction, qui est nécessairement accroissement conjoint de la production et de la consommation. Mais pas au même rythme et c’est là une contradiction systémique. Car ce mouvement inexorable d’accumulation pour la reproduction capitaliste fonde les mécanismes généraux qui amènent effectivement à une surproduction de marchandises, de moyens de production, brefs, de capital sous différentes formes, en même temps qu’à une sous-consommation relative, à une paupérisation relative (pouvant se transformer en misère absolue) des masses ouvrières, puis populaires. Mais dans ce rapport de force entre travail et capital c’est la classe ouvrière qui, par sa position objective comme enjeu central de la contradiction fondamentale, détient le destin de mettre fin à ce nœud gordien.

C’est de reproduction élargie et non d’accumulation que nous discutons ici. La preuve en est qu’au milieu du présent approfondissement de la crise systémique impérialiste, l’accumulation du capital va bon train et les fortunes des milliardaires s’accroissent et se concentrent chaque jour avec entrain dans un petit nombre de mains. Le hiatus dans ce processus est que la reproduction élargie ne se produit pas. Il y a accumulation sans reproduction. Le capital financier qui s’accumule entre si peu de mains est de l’argent de pacotille n’ayant jamais fructifié et ne s’étant  jamais reproduit de manière élargie – par le procès de reproduction de la plus-value. L’amas de papiers actions – le tas de fausses monnaies – l’amoncellement de valeurs évanescentes – de produits dérivés – disparaîtra parce qu’il n’a jamais été fructifier par le travail salarié, seule source de richesse socialisée.

La concurrence les enrégimente

À ce stade de l’exposé, nous voyons déjà que la possibilité concrète de la crise de surproduction est induite par cette nécessité où se situe chaque capitaliste individuellement, non seulement de limiter la quantité salariale de ses employés, et donc la consommation ouvrière globale, autant qu’il le peut, afin de produire le maximum de plus-value pour lui-même, en comparaison de ses concurrents chinois, indiens, brésiliens ou russes. Le capitaliste individuel est tenu de convertir cette plus-value en moyens de production supplémentaires (pour une reproduction élargie) plutôt que de la consommer en solitaire. S’il ne travaille pas à faire exister le capital en le reproduisant (ce n’est pas l’accumulation qui donne vie au capital, mais sa reproduction), la concurrence viendra le rappeler à ses devoirs sociaux en l’éliminant comme agent économique.

Faute d’élargir sans cesse sa production, de gagner en productivité en investissant dans les technologies de pointe, d’atteindre les meilleurs rendements, il disparaîtra sous les coups de ses concurrents. Le capital qu’il représente ira s’investir ailleurs dans de meilleures conditions et pour de meilleurs rendements. Ou alors il sera dévalorisé et racheté à bas prix par des concurrents plus puissants, ou encore il sera carrément éliminé. C’est pourquoi l’analyse des rapports concrets entre production et consommation doit faire intervenir la concurrence qui oblige chaque capitaliste à développer au maximum ses forces productives et à réduire au maximum sa masse salariale, ce qui à terme lui sera fatal.

Ce faisant,  chaque capitaliste participe activement au drame du capital social, général, puisqu’il consacre ses efforts à diminuer sans cesse la part du travail vivant, la masse salariale, relativement à celle consacrée au capital mort, au capital constant, dans le procès de reproduction du capital qu’il administre. Il voudrait bien que les autres ne l’imitent pas pour que leurs ouvriers continuent de consommer. Mais peine perdue, ils doivent tous agir de la sorte, et le gendarme concurrence le leur rappelle de façon pertinente.

Des hausses de productivité pour spolier les salariés

La diminution de la part relative du produit social qui est consacrée aux salaires nécessaires (Cv) contre celle qui est attribuée au capital constant (investissement et amortissement) est une observation que ressassent les économistes de la gauche bourgeoise pour critiquer le néolibéralisme (expression vaseuse pour ne pas condamner le capitalisme, mais seulement sa mauvaise gestion par l’État des riches que l’altermondialiste aimerait administrés pour leurs bénéfices). Mais il est pourtant évident, néolibéralisme ou pas, que plus croît la part du capital constant (Cc) dans la valeur produite, plus doit augmenter aussi la part du produit qui lui revient, pour le renouveler comme pour maintenir le taux de profit. Ce que Marx avait noté : « Avec le progrès de la productivité du travail social, accompagné qu’il est d’un accroissement du capital constant, une partie relativement toujours plus grande du produit annuel du travail échoira aussi au capital en tant que tel et par là même la propriété du capital (indépendamment du revenu) augmentera constamment et la proportion de la valeur créée par l’ouvrier individuel et même la classe ouvrière diminuera de plus en plus par rapport au produit de leur travail passé qui leur fait face en tant que capital » (15).

C’est là une tendance qui se manifeste avec constance. La recherche permanente de gains de productivité s’accompagne évidemment d’un accroissement plus rapide du capital constant (machineries et moyens de production) et de la consommation de matières premières que du capital variable (salaire). Il n’y a donc rien qui puisse être considéré comme anormal, sous le système capitaliste du moins, dans le fait qu’en France « la part des salaires dans la richesse nationale a chuté de 76,6% en 1980 à 68% aujourd’hui ». Aux États-Unis, elle est passée de 54% du PIB en 1968 à 43% en 2012 (16).

La guerre de classes trahie

Mais ce constat n’est que la manifestation d’une croissance des forces productives plus rapide que celle de la masse salariale. Le capitalisme, par la course de chaque capitaliste aux gains de productivité et à l’augmentation de la production en vue de maximiser ses profits induit une tendance au développement illimité de la production face à un accroissement limité, voire même à un rétrécissement de la consommation finale, et donc, également par contrecoup de la consommation de moyens de production. Ceux-ci se trouvent périodiquement inemployés, dévalorisés en tant que capital, et même envoyés massivement à la casse lors des crises (où il y a destruction brutale de moyens en état de fonctionnement, ce qui est différent d’un renouvellement progressif dû à l’usure). La destruction massive la plus brutale survenant pendant les guerres que l’Occident repousse vers l’Orient, l’Afrique, le Proche-Orient, mais qui de temps en temps s’invite en Ukraine, dans le Caucase, dans les rues des mégalopoles occidentales, à Fergusson ou dans la banlieue parisienne (17). Ces guerres urbaines ne sont pas des affrontements interraciaux, interethniques, interlinguistiques, intercommunautaires, mais véritablement des confrontations interclasses entre riches (par police interposée) et travailleurs ; entre le capital (par l’État interposé) et le travail, que la bourgeoisie et ses affidés de la gauche bourgeoise tentent de présenter comme des batailles au sein des classes  laborieuses.

D’où cette observation de Marx : « La raison ultime de toute véritable crise demeure toujours la pauvreté et la limitation de la consommation des masses, en face de la tendance de la production capitaliste à développer les forces productives comme si elles n’avaient pour limite que la capacité de consommation absolue de la société » (18).

« Ce passage a été mille fois cité par tous ceux qui voulaient s’autoriser de Marx pour expliquer la crise par la seule avidité de capitalistes refusant d’augmenter les salaires pour relancer la consommation, l’investissement et l’emploi. C’est toujours la même ineptie qui prétend isoler la sous-consommation, du rapport dans lequel elle se trouve avec le mode de production. Marx avait d’ailleurs déjà répondu clairement à ce genre de « marxistes » que c’est une tautologie que de dire que les marchandises se vendraient mieux s’il y avait plus d’acheteurs capables de les payer. Il ajoutait qu’il est d’autant plus stupide de prétendre que « cet inconvénient (le manque d’acheteurs) serait pallié dès que s’accroîtrait son (la classe ouvrière) salaire qu’il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois préparées justement par une période de hausse générale des salaires… Du point de vue de ces chevaliers qui rompent des lances en faveur du « simple » (!) bon sens, cette période devrait au contraire éloigner la crise… la production capitaliste implique des conditions qui n’ont rien à voir avec la bonne ou mauvaise volonté » (19).

Du rapport dialectique entre surproduction et sous consommation

Répétons que pour Marx la limitation de la consommation n’est pas le motif ultime de la crise relative à la tendance illimitée du capitalisme au développement des forces productives, finalement inemployées. Que cette raison ultime de la crise tient à ce développement paradoxal des forces productives fondé sur la production de plus-value. Ce développement anarchique se heurte de façon contradictoire au moyen même qu’il utilise pour en produire toujours davantage. Prenons par exemple les gains de productivité obtenus par le remplacement du travail vivant (Cv) par du travail mort (Cc), de la machinerie de plus en plus automatique, performante, automatisée et  sophistiquée. Bref, le terme, « raison ultime » renvoie ici aussi bien à la surproduction de moyens de production qu’à cette sous-consommation finale qui l’accompagne invariablement. Il renvoie donc au rapport d’appropriation de la plus-value, au mode de reproduction du capital, de chaque capital privé particulier, comme course à la reproduction-accumulation que ce rapport implique. Le scandale du capitalisme à son stade impérialiste réside dans cette sous-consommation parce que, contrairement aux modes de production antérieurs, elle n’a strictement rien de « naturel » ni d’inévitable. Elle n’est pas une limite imposée par les forces de la nature ou par les forces productives à l’homme condamné à la simplicité volontaire ou involontaire. Cette limite est au contraire forgée et sociale.

À contrario, cette contradiction croit avec la production des richesses et avec la facilité à accumuler cette richesse sans parvenir à la reproduire, ce qui rompt le cycle de valorisation-reproduction-accumulation sociale du capital. C’est la raison pour laquelle nous disons que les rapports sociaux de production ne parviennent plus à « contenir », c’est-à-dire à faire fructifier et faire croître les forces productives. C’est le mode de production capitaliste et l’esclavage salarié qui sont alors condamnés puisqu’ils ne parviennent plus à faire ce pour quoi ils ont été édifiés au siècle dernier en remplacement du mode de production féodal et du servage.

Ainsi, la condamnation pratique qu’appelle la crise de sous-reproduction du capital est bien celle de la sous-consommation de biens et de services, parce qu’elle est purement artificielle (sociale), et non pas celle du développement limité des forces productives qui grâce aux progrès scientifiques et technologiques pourraient être démultipliées. Bien que relative à la surproduction, c’est la sous-consommation qui condamne le capitalisme à sa destruction en alimentant la lutte de classe du prolétariat, le fossoyeur du salariat, du moment qu’il perçoit que ce système économique ne lui permet plus de se reproduire en tant que classe sociale. Nous y reviendrons.

Tandis que le développement des forces productives, de la science et des  technologies, est le côté positif du capitalisme, une condition potentiellement réalisée pour abolir la sous-consommation (la pénurie), c’est-à-dire en fait pour abolir le rapport d’appropriation privée qui est à la racine de la contradiction insoluble entre forces productives et rapports sociaux de production. Ce n’est pas en s’opposant à la consommation, à la mondialisation, à la globalisation, à l’internationalisation du processus de production que nous trouverons la solution à la contradiction du capitalisme, mais en s’opposant à  l’expropriation de la plus-value, à la privatisation du fuit de la productivité accrue, et à la destruction des moyens de production (20).

La solution de la contradiction antagoniste

Ceci signifie que la classe ouvrière se mettra un jour en marche pour l’insurrection. Elle sera motivée par le désir de préserver les conditions de reproduction de son esclavage salariée. Ce sera l’ultime lutte de la classe ouvrière « en soi », gréviste et instinctive pourrait-on dire, pour son autoreproduction en tant que classe sociale. Le passage à la phase révolutionnaire du processus de changement radical de la trame sociale  consistera pour la classe ouvrière à conscientiser que l’ancien système économique ne peut pas être sauvé, le retour vers le passé est trépassé, et un nouveau mode de production socialisée est exigé, et il est de sa vocation de classe « pour soi » de l’édifier mettant fin, une fois pour toutes, à la succession des sociétés de classes.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR QUI VEUT APPRENDRE L’ÉCONOMIE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Le libéralisme, une dictature qui se met en marche…

Aldous HuxleyAu temps du fascisme, le contrôle des gouvernants sur les peuples s’exerçait de manière autoritaire et la répression était la règle contre les opposants au régime. Aujourd’hui, le droit de vote constitue la clé de voûte de la démocratie. Établi en France par la Constitution des droits de l’homme et du citoyen de 1789, il permet à chacun d’exprimer pleinement ses libertés individuelles. Choix des dirigeants, moyen de faire entendre sa voix, voter reste selon la vulgate officielle le moyen le plus efficace et le plus direct de participer à la vie démocratique. La pétition, la grève, la manifestation, etc. ne sont que le corollaire du droit de vote qui reste le rouage fondamental du système démocratique. Cet horizon semble généralement indépassable. Alors, quand Herbert Marcuse affirme « qu’une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté, la non-liberté efficace, lisse, raisonnable, qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même », cette phrase interpelle. Pour bien comprendre ce que le philosophe allemand voulait dire, il est nécessaire de comprendre les nouvelles formes d’assujettissement de la société postmoderne d’aujourd’hui, royaume de l’illusion réconfortante chère à Chomsky.

Depuis la disparition du Rideau de Fer et la chute du mur de Berlin, d’aucuns se croient entrés dans une ère post-idéologique. Une ère libérée des dogmatismes du XXème siècle, un monde dans lequel chaque individu est en mesure de déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles,  morales, politiques et religieuses. « On pense à ce que l’on veut et on pense soi-même à ses idées », nous dit-on.

À partir de la fin des années soixante-dix, le néolibéralisme apparaît comme la nouvelle idéologie dominante. Elle sera d’abord mise en application aux États-Unis avec le président Ronald Reagan et en Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher avant de se propager au reste du monde. Sur le plan politique, le néolibéralisme prône une réduction maximale de l’État ce qui, mécaniquement, accentue le pouvoir de l’oligarchie. Sur le plan économique, c’est le développement du marché dans tous les domaines, la financiarisation d’une partie du capital et la mondialisation du commerce. L’État n’est plus à même de réguler à lui seul le marché, en conformité avec lequel la politique doit désormais évoluer. On assiste à un renforcement de la libéralisation, de la privatisation et de la dérégulation. Lesconséquences sociales de ces mutations économiques sont de plus en plus perceptibles et douloureuses : l’émergence d’une « classe supérieure » adaptée au nouvel environnement concurrentiel va de pair avec celle d’un groupe sans cesse grandissant de personnes laissées pour compte. Les intérêts du marché l’emportent sur ceux de la société.

Ces mutations économiques et politiques influencent profondément le monde des idées et de la culture. Ces activités humaines ne doivent-elles pas elles aussi se soumettre aux lois du marché ? Les produits culturels deviennent interchangeables, la solidarité humaine est réduite à des rapports entre producteurs et consommateurs et les institutions culturelles deviennent des entreprises du marché de la culture.

C’est dans les médias, qui règnent à présent en maîtres sur le domaine culturel, que la commercialisation de la culture est la plus évidente. Les médias sont désormais plus importants dans la socialisation que ne l’étaient l’enseignement et l’Eglise autrefois. La télévision occupe aujourd’hui une place prépondérante dans notre société. Elle est pour ainsi dire le ciment social ; elle constitue le cadre référentiel, quasi unique, de la société. Les médias, on peut s’en douter, fonctionnent à tous égards selon des critères privés, inspirés du marché. Il y a encore une vingtaine d’années, les journaux dépendaient (en partie) pour leur financement d’organisations politiques ou philosophiques. La presse d’opinion était encore bien présente. De nos jours, tous les journaux sont des produits commerciaux dirigés par des entrepreneurs (des patrons) et soumis fatalement aux lois du marché. Il en va de pair avec la télévision.

Ne parlons pas de l’abrutissement dont est victime le secteur médiatique dans sa quasi-totalité. La plupart des journaux et émissions télévisées réduisent l’information et d’actualité aux futilités de la vie quotidienne. Les actualités se traduisent en taux d’audience, si bien que l’information n’est plus diffusée qu’à la condition de générer du profit. Les médias sont pour ainsi dire des producteurs de matière idéologique. Ils déterminent ce dont on parle et ce dont ne parle pas, ce qui peut être regardé et ce qui ne peut pas l’être, qui est ou qui n’est pas « expert ». Ils définissent les limites de la critique permise ; ils font partie de la grande industrie du divertissement, source d’enrichissement infinie pour les propriétaires et ses vedettes.

Le concept d’idéologie se voit dans ce contexte singulièrement réduit à une pensée unique. « Symbole d’un marché désincarné et sans visage, cette dernière évoque une représentation insaisissable du pouvoir, entre dispersion et disparition, dissémination et dissolution ». Notre époque est finalement la plus idéologique qui soit. Comme l’écrivait Marx il y a près de deux siècles dans l’Idéologie allemande, « les pensées de la classe dominante sont les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle ». Ainsi, les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante. Ce sont en quelque sorte les idées de sa domination. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, la société dans son ensemble, sont dominés par les relations sociales qu’impose cette pensée unique. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. Sous les apparences de liberté se cache en réalité une dictature suffisamment subtile pour faire croire au plus grand nombre qu’il est encore libre.

Capitaine Martin

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)