Procès puis rien : Mediator ! Irène Frachon hors du commun

A suivre…

J’ai suivi cette affaire, que j’ai publiée ici et ailleurs. J’ai été en contact avec Irène Frachon au moment où plus personne n’osait se retourner contre les laboratoires Servier. Je me suis entretenu à diverses reprises avec cette grande spécialiste. Cela s’appelle du journalisme d’investigation à tendance médicale. Sources diverses et multiples compte tenu de ce que je considère presque comme « Un crime contre l’humanité » Servier a servi durant plus de 33 années de la mort à petite ou grosses doses. Il va de soi que je ne parle qu’au nom du Panda, merci à lui.

Cette affaire ressemble telle ou presque comme deux gouttes d’eau à celle : « Du sang contaminé, responsables mais aucun coupable ? »

Essayons de mieux comprendre ces propos, loin d’être diminués de toute sa fougue de réelle professionnelle de la santé publique. Qui est Irène Frachon Lien.

Une de ses parutions aux travers des médias Lien. Un modeste extrait un procès épouvantable. Cette interview date de 2016. Raisons essentielles pour laquelle le résultat de ce procès fleuve durera plus d’une année.

5000 victimes, 376 avocats, 25 prévenus… L’échelle vertigineuse du procès de l’affaire du Médiator, qui s’ouvre ce lundi à Paris, reflète l’ampleur de ce scandale sanitaire.

C’est l’un des plus gros scandales sanitaires qu’a connu la France au cours des dernières décennies. Dix ans après sa révélation, le procès pénal de l’affaire du Médiator doit s’ouvrir ce lundi au tribunal de grande instance de Paris. Pendant sept mois, près de 5000 victimes, 376 avocats et 25 prévenus (dont 11 personnes morales) vont vivre au rythme de ce procès hors norme.

 

Ce médicament, prescrit pendant 33 longues années, a provoqué plusieurs centaines de décès, sans doute plus, sans que l’on ne sache précisément combien. Le scandale avait d’ailleurs éclaté en 2010, après un article du Figaro qui rapportait que le médicament avait fait de 500 à 1000 morts en France. Quant au nombre de victimes encore en vie, l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux a reçu 9445 demandes d’indemnisation depuis 2011, auxquelles doivent se rajouter les cas portés directement devant la justice. La pneumologue du CHU de Brest Irène Frachon, qui a révélé le scandale sanitaire du Médiator, suivra le premier procès pénal, qui débute ce lundi 23 septembre, pour six mois, à Paris. Elle revient sur la chronologie de l’affaire, dont l’origine remonte à la fin des années 2000. Entretien.

L’ouverture, ce lundi, à Paris du procès pénal du Médiator est très attendue par les victimes depuis la révélation du scandale en 2010, par Irène Frachon. «Soulagée» qu’il arrive enfin, la pneumologue du CHU de Brest s’est confiée à Ouest-France. Elle rappelle comment elle s’est intéressée à cet antidiabétique des laboratoires Servier, largement vendu comme coupe-faim, prescrit durant plus de 30 ans à cinq millions de personnes.

 

Elle décrit aussi ses longues enquêtes pour découvrir «la tromperie» et l’ampleur du nombre de victimes. Le Médiator pourrait avoir causé à long terme jusqu’à 2100 décès selon une expertise judiciaire. Irène Frachon explique également pourquoi elle n’a depuis jamais cessé de travailler sur cette affaire, dont elle estime que toutes les leçons n’ont pas encore été tirées.

Comment abordez-vous ce procès ?

 

Sereinement. Soulagée qu’il arrive enfin. C’est l’heure de vérité pour Servier, qui a enlisé la justice par des manœuvres dilatoires : sur six ans d’instruction, trois ont été exclusivement consacrés à la procédure à la suite de multiples demandes et recours des avocats des laboratoires.

 

Malheureusement, depuis les premières plaintes fin 2010, des dizaines de victimes du Médiator qui attendaient intensément la justice sont décédées.

 

De quelle façon votre enquête, qui a révélé le scandale, a débuté ?

 

Une dame obèse souffrant d’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) arrive au CHU de Brest en 2007 et je découvre qu’elle est sous Médiator. Ça m’interpelle car dix ans auparavant, un coupe-faim de Servier, l’Isoméride, avait été retiré du marché : un lien entre sa consommation et l’HTAP ayant été établi. Et on m’avait parlé ensuite d’un doute sur le Médiator, peut-être assez proche de l’Isoméride…

 

Je me suis aperçue que le doute n’était toujours pas levé en 2007, malgré des signalements à l’agence du médicament. J’ai donc décidé de creuser la question.

 

 

Plus de 600 pages d’ordonnance de renvoi, 2 684 victimes sur le banc des parties civiles, six mois d’audience… Le procès du Médiator, qui s’ouvre ce lundi 23 septembre à Paris, est aux dimensions du scandale sanitaire : hors normes.

« Cela va être un moment très fort pour tous ces malades qui ont eu de graves problèmes de santé à cause de ce médicament. Malgré leur souffrance, ils seront là car ils veulent être entendus », explique Me Jean-Christophe Coubris, qui défend les intérêts de plusieurs centaines d’entre eux.

 

Principal accusé, le fabricant de cet antidiabétique prescrit à plus de cinq millions de personnes depuis les années 1970 : les laboratoires Servier. Le groupe pharmaceutique et des dirigeants de l’époque sont renvoyés devant le tribunal correctionnel, notamment pour « tromperie aggravée avec mise en danger de la santé au préjudice des patients », mais aussi « escroquerie », « homicides et blessures involontaires ».

Médiator : cinq questions pour comprendre l’affaire

Les prévenus sont soupçonnés d’avoir dissimulé la vraie nature de leur produit, un coupe-faim et d’avoir tout fait pour empêcher le retrait de cette poule aux œufs d’or, malgré des alertes sur sa dangerosité.

Victime du Médiator : « J’ai la haine… Ils ont volé ma vie ! »

Il faudra attendre 2009 pour que le médicament soit enfin retiré du marché, après qu’une pneumologue de Brest (Finistère), Irène Frachon, a dévoilé le pot aux roses. « Ce que j’avais découvert était dingue. Mais je me heurtais à un tir de barrage en règle de doctes professeurs. J’avais l’impression de leur montrer un éléphant rose, et ils me répondaient tranquillement qu’il s’agissait d’une souris verte », nous confie-t-elle, dix ans après, alors qu’elle est appelée à témoigner lors de ce procès-fleuve.

Selon une expertise judiciaire, le Médiator est à l’origine de graves lésions cardiaques et pourrait être responsable à terme de 2 100 décès. Il aurait déjà provoqué au moins 500 morts. Les scellés révèlent des surprises. Celles qu’il fallait absolument ne jamais découvrir, notamment que l’enquête judiciaire ouverte le 13 décembre 2010 concernant le Médiator a été faite dans un but: dédouaner les autorités sanitaires et politiques.

 

Puis, par voie de conséquence, mettre la responsabilité de ce scandale sanitaire sur le dos du seul laboratoire Servier.

 

Il est vrai que l’entreprise fondée en 1954 par Jacques Servier, pharmacien à Orléans, a tout pour déplaire à l’opinion.

 

À commencer par le maintien sur le marché pendant trente-trois longues années du Médiator, d’un médicament inefficace et dangereux. Parallèlement, l’entreprise cultive le secret, ne publie pas ses comptes, dispose d’un portefeuille de médicaments très discutables, a obtenu pour chacun un taux de remboursement à faire pâlir ses concurrents, peut se prévaloir d’une grande proximité avec un nombre important d’hommes politiques (Nicolas Sarkozy, Philippe Douste-Blazy, Bernard Kouchner pour les plus connus). La liste est longue, non exhaustive.

 

PODCAST. « Je veux que Servier ferme » Lien audio.

 

Crédits

 

Direction de la rédaction : Pierre Chausse – Rédacteur en chef : Jules Lavie – Reporter : Clawdia Prolongeau – Conception et préparation : Clara Garnier-Amouroux – Production : Jeanne Boezec – Réalisation et mixage : Benoît Gillon – Musiques : François Clos – Identité graphique : Upian.

 

A suivre

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Manques de Libertés de la Presse sous Macron et Avant

La démonstration est plus que plurielle. Il est difficile de tirer sur les ambulances, mais certains ne s’en privent pas de tenter un fait à l’inverse de réalité et ainsi de suite, sous une telle férule d’Etat que plus personne ou presque fini par ne plus savoir qui il est.

Manipulés par des chiffres à contresens et des interviews plus qu’orientés, il est réellement plus que complexe d’avoir une impartialité objective où que cela se passe. Les Français font de moins en moins confiance aux médias d’information

Si cette pratique perdure, j’ai bien peur que certains thèmes n’accaparent tout le discours au détriment des pistes prometteuses d’une pensée plus large et que l’on n’en vienne ici à ne discuter que de ce dont veulent que nous parlions ceux qui font ces regroupements intempestifs. Je crois que les lecteurs devraient par leur commentaires exprimer en urgence ce qu’ils pensent de cette façon de faire qui, à mon avis, met un péril l’objectivité, la pertinence et la survie même la communication au sens de la liberté d’expression.

La défiance dans les médias s’est notamment cristallisée lors de manifestations des gilets jaunes. Le baromètre annuel de «la Croix» témoigne d’une chute spectaculaire de la crédibilité de la radio, la télévision et la presse auprès du public.

Les français perdent leur confiance aux médias d’information à un taux jamais atteint

Que ce constat se fasse avant l’arrivée de Macron au pouvoir, ou avant la différence est plus qu’importe, il suffit de comparer. Le mouvement est plus qu’évident puisque les chiffres communiqués lors des manifestations sont à diviser par le pouvoir en place par 3 et souvent par 4. Alors que les sources des organisateurs passent à puissance 4 données par leurs propres comptages.

Selon le baromètre annuel réalisé par l’institut Kantar pour le quotidien la Croix, et publié. Il ne reste plus que 50% des personnes interrogées. Sur 1 024 individus, représentatifs de la population, sondés début janvier. Il en résulte à penser que «les choses se sont passées comme le raconte» la radio, le support dont le crédit vis-à-vis de l’opinion est traditionnellement la plus forte. Chute de 6 points en un an, la radio atteint un point historiquement bas.

A hauteur de 44% de réponses positives, la presse perd 8 points. Sale année et l’orage souffle pour la télévision, qui plonge de 10 points, à 38%. C’est là aussi un record à la baisse. Internet, reste stable à priori il ne bouge pas, à 25%. Cette forme de stabilité traduit-elle un renforcement de sa crédibilité? Une évidence se dégage le fait d’un niveau car il lui est difficile de reculer plus bas ? «Les usages internet sont devenus tellement forts qu’il y a un certain niveau de confiance qui apparaît», répond Carine Marcé, directrice associée de Kantar.

Facebook devant la presse quotidienne

Le dégout des journalistes, reflétés par les clichés par les violences à leur encontre qui ont émaillé le mouvement des gilets jaunes, trouve une certaine réalité confirmée par ce sondage. Vis-à-vis des personnes sondées, 23% estiment que l’hostilité récemment manifestée à l’égard des médias est «tout à fait ou plutôt justifiée» 39%, «pas réellement justifiée». Difficilement 33% des Français condamne cette attitude qui tourne depuis peu ces dernières semaines à l’insulte, la menace ou l’agression physique. Les journalistes sont toujours autant soupçonnés d’être serviles : 25% des sondés interrogés pensent qu’ils ne résistent pas aux pressions des pouvoirs politiques ou économiques. Voici une démonstration de plus qui doit pousser cette profession à une grande autocritique de sa fonction.

La télévision, de moins en moins fiable, reste la 1ere source d’information. Elle reçoit 46% des faveurs, via 29% d’Internet, 18% pour la radio et que 6% pour la presse écrite. Cependant à noter que, sur le mouvement spécifique des gilets jaunes, Facebook a été la 4e source la plus citée (26%), derrière les journaux télé des chaînes généralistes (64%), la radio (38%) et les chaînes d’information en continu (37%). Très prisée par les manifestants et les mécontents, le réseau social de Mark Zuckerberg devance largement la PQR (17%) et les versions numériques de la presse écrite (15%).

Fractures

 

Il faut bien chercher pour trouver. 67% des français sondés, se situent à un stade peu élevé. Traversé par des fractures d’âge, de niveau d’études : moins on est diplômé, plus on est jeune, moins on se penche sur l’actualité. Analyse qui vaut pour l’ensemble des résultats. Les journalistes sont jugés les mieux placés pour agir contre «la propagation» des fausses informations, aussi appelées «infox». Mais à 36% des réponses seulement, contre 34% pour les «organismes de contrôle» et 31% pour les «citoyens», leur avance est tellement faible qu’on se demande s’il reste trace d’une bonne nouvelle pour la profession.

De cette manière l’on pousse la réalité à la méfiance, par voie de conséquence on se trouve imposé un résultat surtout pas du tout souhaité. En suivant en peu de temps les origines et l’orientation de tel ou tel média, nous aurons des consonances de plus en plus fausses.

Les élections européennes qui se profilent sous peu, ne donneront pas un rôle principal à la France, mais un coût à ne pas sous-estimer pour les sommes que nous aurons à débourser. Sans parler en l’instant des conditions de notre quotidien qui vont de pair avec ce que nous recevons. Quant aux pensions des plus démunis, elles le seront davantage et pour les travailleurs devant utiliser leur véhicule, un carburant qui plombe tous les budgets.

Le Panda

Patrick Juan

 

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Trois agents du SBU arrêtés en RPD, plus de 40 kg d’explosifs saisis

Les forces de l’ordre de la République Populaire de Donetsk (RPD) ont arrêté trois hommes soupçonnés d’avoir commis une série d’actes terroristes et de sabotage sur le territoire de la République pour le SBU.

« Iouri Ivanov, Andreï Garrious et Stanislav Sourovtsev ont été recrutés par des agents du Service de sécurité de l’État ukrainien (SBU) […] Ivanov a suivi une formation spéciale pour commettre des actes de sabotage et de terrorisme dans une base qui se trouve dans la région de Nikolaïev. La formation s’est déroulée dans le plus grand secret », a déclaré le Centre des relations publiques du ministère de l’Intérieur de la RPD.

Selon les enquêteurs, Sourovtsev et Garrious ont aidé Ivanov à « préparer et à commettre des sabotages sur des infrastructures et des équipements vitaux de la République ».

Explosifs trouvés chez un des agents du SBU

Photo : Ministère de l’Intérieur de la RPD

« Au cours de la perquisition sur le lieu de résidence de l’un des accusés, plus de 40 kilogrammes d’explosifs, de moyens de dynamitage, de dispositifs de transmission et de réception de signaux radio à distance, de batteries et d’autres éléments d’explosifs industriels et artisanaux ont été saisis », a noté le Centre des relations publiques du Ministère de l’intérieur de la RPD.

Plusieurs procédures pénales ont été engagées contre les accusés. S’ils sont reconnus coupables par un tribunal, ils risquent la peine de mort.

Source : DAN
Traduction par Christelle Néant pour Donbass Insider

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L’OSCE ressort le plan « casques bleus », sabotant ainsi Minsk-2

Le 24 janvier 2019, Martin Sajdik, représentant spécial de l’OSCE au sein des groupes de contact à Minsk, a proposé d’envoyer des casques bleus dans le Donbass et d’installer une administration temporaire de l’ONU dans la région, provoquant l’ire des Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL) et la perplexité parmi les analystes russes.

Quand on sait à quel point ce serpent de mer a déjà été longuement évoqué, commenté, analysé et refusé par les deux républiques populaires, il faut dire qu’on ne comprend pas bien à quoi joue Martin Sajdik.

Cette proposition a été faire dans une interview qu’il a accordée au magazine autrichien Kleine Zeitung, et dans laquelle il a déclaré qu’il fallait une nouvelle approche pour régler la situation dans le Donbass, avec une administration de transition de l’ONU dans les territoires qui ne sont pas sous le contrôle de Kiev (c’est-à-dire la RPD et la RPL), avec des pouvoirs militaires mais aussi de maintien de l’ordre.

Il propose aussi d’utiliser l’expérience acquise dans les Balkans pour l’appliquer dans le Donbass, et a déclaré qu’un tel plan avait déjà été proposé lors du conseil des ministres de l’OSCE de décembre 2018.

La RPD et la RPL dénoncent un sabotage de Minsk-2

La réponse de Donetsk et de Lougansk a été ferme et cinglante. Natalia Nikonorova, ministre des Affaires étrangères de la RPD, et négociatrice à Minsk, a rappelé que Donetsk était toujours contre ce plan qui revient régulièrement sur la table.

« La déclaration du représentant spécial de l’OSCE Martin Sajdik est fondamentalement en contradiction avec les accords qui ont été approuvés au plus haut niveau international – par le Conseil de sécurité de l’ONU. En outre, le paquet de mesures comprend, entre autres, la signature du représentant de l’OSCE, qui rend son exécution obligatoire par cette organisation internationale. Au lieu de cela, nous voyons le désir de saboter le processus de Minsk de la part d’un haut responsable de l’OSCE, ce qui remet en question l’efficacité de cette organisation internationale réputée, alors que sa responsabilité directe est de coordonner et de faciliter la mise en œuvre des accords de Minsk, » a déclaré Natalia Nikonorova.

Elle a aussi rappelé que Donetsk considérait comme « catégoriquement inacceptable toute activité visant à saper la mise en œuvre des documents signés à Minsk, qui décrivent le seul plan envisageable de règlement pacifique du conflit dans le Donbass ».

Madame Nikonorova a conclu en appelant monsieur Sajdik à « ne pas mettre en péril sa réputation professionnelle, en sapant tous les efforts des parties pour mettre en œuvre les accords de Minsk ».

La réponse de Lougansk n’a pas été plus tendre, et a été formulée par Vladislav Deïnego, ministre des Affaires étrangères de la RPL et négociateur à Minsk.

Pour lui, la déclaration de monsieur Sajdik selon laquelle il y a des choses « qui ne sont pas claires dans les accords de Minsk », montre « l’attitude irresponsable » du représentant de l’OSCE dont le rôle de coordinateur au sein des groupes de contact à Minsk est justement « de créer les conditions d’un dialogue constructif entre les parties du conflit dans le Donbass et de faciliter la mise en œuvre de leurs obligations inscrites dans ces mêmes accords ».

Il a rappelé, comme son homologue de la RPD, que le paquet de mesures des accords de Minsk signé le 12 février 2015, mentionnait pourtant des étapes très claires, qui ont d’ailleurs été validées par le Conseil de sécurité de l’ONU (via la résolution N° 2202).

À savoir la mise en place d’un cessez-le-feu immédiat et total, le retrait des armes lourdes, la création d’une zone démilitarisée, la discussion des modalités pour recommencer le versement par Kiev des retraites et des allocations sociales pour les habitants de la RPD et de la RPL, ainsi qu’une réforme constitutionnelle visant à instaurer une profonde décentralisation de l’Ukraine, qui permettrait au Donbass de garder ses propres détachements de sa milice populaire, le droit de garder sa langue (le russe), une coopération transfrontalière avec la fédération de Russie, et une participation du Donbass dans la désignation des procureurs et des juges.

Si quelque chose là-dedans n’est pas clair pour monsieur Sajdik, je pense qu’il ferait mieux de changer de travail !

Surtout que, comme l’a rappelé monsieur Deïnego, le statut spécial pour le Donbass (qui devait être élaboré avec la RPD et la RPL et pas le simili statut temporaire adopté par la Rada pour faire semblant) qui devait être adopté avant fin 2015, n’est toujours pas mis en œuvre alors que nous sommes en 2019.

« Où est le statut spécial ? Et en parlant de ça, où est la réaction du représentant spécial, monsieur Sajdik, au fait que le gouvernement et le président ukrainien se soustraient à l’application des dispositions du document qu’ils ont signé ? […] Ces déclarations irresponsables du représentant spécial du Président de l’OSCE au sein du groupe de contact à Minsk, non seulement ne contribuent pas à stabiliser la situation dans la zone de conflit, mais compliquent même les négociations du règlement pacifique du conflit. Ainsi un haut responsable de l’OSCE joue involontairement avec le « parti de la guerre » de Kiev et réduit l’efficacité des efforts d’une organisation internationale réputée, » a conclu Vladislav Deïnego.

Une déclaration inutile sur le plan politique, et sans valeur concrète

Mais les autorités de la RPD et de la RPL n’ont pas été les seules à commenter cette proposition des plus bizarres. En Russie aussi, la déclaration de Martin Sajdik pose question.

Alexeï Tchesnakov, politologue et directeur du Centre de Conjoncture Politique, a dit toute sa perplexité devant la proposition de Martin Sajdik, qu’il a étudiée avec attention.

« J’ai lu attentivement les propositions de monsieur Sajdik et ses commentaires. Je ne pense pas que quiconque puisse voir clairement la valeur politique et concrète du document, ni la raison pour laquelle il est apparu à ce moment précis, » a déclaré Tchesnakov à l’agence TASS.

« Peut-être que ce n’est pas clair pour M. Sajdik lui-même. Car, d’une part, il dit que la mise en œuvre de ses propositions nécessiterait une résolution des quatre pays du Format Normandie, approuvée par leurs parlements. D’autre part, dans certaines phrases, il note qu’aucune réaction officielle n’est venue des représentants du Format Normandie et qu’une telle réaction n’était pas nécessaire, après tout. Écoutez, c’est une déclaration plutôt peu banale pour un diplomate et cela rend toute discussion sérieuse impossible, » a-t-il ajouté

Tchesnakov ajoute que même Sajdik semble être conscient du côté irréaliste de son plan lorsqu’il explique que ses efforts visent à montrer qu’il y a une possibilité d’avancer. En clair, monsieur Sajdik brasse du vent pour justifier son poste…

« Il est probable que le coordinateur de l’OSCE aux négociations des groupes de contact à Minsk est désormais très las, et a décidé d’offrir au moins quelque chose pour ne pas paraître totalement démuni. Donc ce que nous voyons c’est un simulacre insignifiant, » a souligné Tchesnakov.

Le politologue a ensuite souligné les incohérences de l’OSCE, rappelant qu’avant de proposer des plans B, l’organisation ferait mieux d’insister pour appliquer le plan A dont elle est garante et surtout protester plus vigoureusement quand les autorités ukrainiennes se dérobent manifestement à leurs obligations.

« Toute discussion sur le fait de compléter et de faire évoluer Minsk-2 ressemble à une manipulation visant à créer les conditions permettant à la partie ukrainienne de se dérober à ses engagements. Avant de parler de nouveaux plans, les représentants de l’OSCE devraient analyser en profondeur les raisons politiques pour lesquelles le paquet de mesures du 12 février 2015 n’est pas mis en œuvre », a-t-il souligné. « Je voudrais rappeler que le président Porochenko a récemment déclaré publiquement qu’il n’y aurait pas de statut spécial pour le Donbass. Pourquoi l’OSCE ne dit rien à ce sujet ? »

« Il vaut mieux maintenant ne pas se laisser aller à de nouvelles idées, mais ne ménager aucun effort pour mettre en œuvre ce qui est écrit dans les accords de Minsk. Sinon, deux conclusions me viennent à l’esprit. Premièrement, le représentant de l’OSCE doute de l’efficacité de sa propre organisation. Et deuxièmement, la personne chargée de la mise en œuvre des accords de Minsk cherche à désavouer ces mêmes accords », a-t-il conclu.

Discrédit jeté sur l’OSCE, et parallèle malheureux avec les Balkans

Pour ma part je rejoins la position d’Alexeï Tchesnakov. Avant de sortir de nouveaux plans tous les quatre matins, les garants des accords de Minsk que sont l’OSCE, mais aussi la France et l’Allemagne, feraient mieux de faire pression sur Kiev lorsque les autorités ukrainiennes n’appliquent pas les accords qu’elles ont signés, ou qu’elles font des déclarations outrancières qui vont à l’encontre de Minsk-2, comme cette sortie récente de Porochenko.

Quand on lit la déclaration de Martin Sajdik, on se demande s’il est volontairement complice, ou un simple idiot utile qui vient d’offrir à Kiev une énième occasion de se jeter sur ce plan B irréalisable pour éviter d’avoir à appliquer le plan A qu’elles ont signé.

Car l’envoi de casques bleus dans le Donbass est un vieux serpent de mer qui refait surface tous les 3-4 mois, avec toujours la même réponse pourtant claire et simple de la part de la RPD et de la RPL : NON, NON, NON et NON !

Or, aucune mission de casques bleus ne peut être déployée sans l’accord des deux parties. En plus, mentionner, comme Martin Sajdik l’a fait, l’expérience dans les Balkans comme source d’inspiration pour le Donbass, est un choix des plus malheureux s’il n’est pas délibérément provocateur.

Il faut rappeler que des politiciens et officiels ukrainiens ont évoqué à plusieurs reprises l’idée d’appliquer la solution croate dans le Donbass. C’est-à-dire en clair, de procéder à une purification ethnique du territoire ! Or, ces génocides et purifications ethniques qui ont eu lieu dans les Balkans ont compromis pour longtemps la réputation des organisations internationales comme l’ONU et ses casques bleus !

Les autorités et la population de la RPD et de la RPL n’ont pas oublié ce qui s’est passé dans les Balkans, ni le rôle joué par l’ONU et ses casques bleus. Hors de question pour eux de jouer une réédition de ce qui s’est passé à l’époque dans ce qui fut la Yougoslavie.

Il est temps que monsieur Sajdik et d’autres responsables occidentaux cessent de pousser ce plan fumeux de déployer des casques bleus ou une administration de transition de l’ONU dans le Donbass.

Au mieux cela montre qu’ils sont sourds à ce que peuvent dire les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk, ce qui est inquiétant pour l’application des accords de Minsk, qui prévoient d’écouter justement ce que les deux républiques ont à dire.

Au pire, cela montre qu’ils sont prêts à offrir à Kiev une bonne excuse pour ne pas appliquer les accords de Minsk et chercher une solution brutale et sanglante au conflit dans le Donbass, en rééditant la solution croate, avec le silence complice des mêmes organisations internationales qui avaient permis les massacres et purifications ethniques dans l’ex-Yougoslavie.

Dans les deux cas, cela discrédite encore un peu plus l’OSCE, dont la réputation dans le Donbass est déjà à un niveau catastrophique.

À l’avenir, monsieur Sajdik ferait mieux d’éviter de tenir de tels propos, qui accréditent la thèse que l’OSCE travaille pour Kiev et non pour rétablir la paix dans le Donbass, et sapent un peu plus la réputation de l’organisation jusqu’au point où elle ne pourra plus servir à quoi que ce soit.

Si monsieur Sajdik a besoin de prouver qu’il sert à quelque chose, qu’il proteste publiquement et vertement quand Porochenko déclare qu’il n’y aura pas de statut spécial pour le Donbass, que des politiciens ukrainiens appellent à appliquer la solution croate, ou quand les représentants ukrainiens à Minsk sabotent les réunions de discussion, ou n’y viennent carrément pas !

Cela sera autrement plus constructif que de balancer à des journalistes occidentaux des plans sur la comète complètement irréalisables, qui offrent à Kiev, sur un plateau d’argent, une énième excuse pour ne pas appliquer les accords de Minsk.

Christelle Néant

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Rapport de situation hebdomadaire du Donbass – 19 janvier 2019

Chaque semaine, Christelle Néant de l’agence DONi Press, (en partenariat avec Thom Aldrin d’Éveil Français TV), vous propose une rétrospective (militaire, politique, économique et sociale) en vidéo et en français de la semaine écoulée concernant le Donbass, l’Ukraine et la Russie.

Voici les points abordés lors de ce dernier rapport de situation hebdomadaire effectué par vidéo-conférence le samedi 19 janvier 2019 :

SITUATION MILITAIRE

01‘17 » – Bilan des bombardements de l’armée ukrainienne lors de la semaine écoulée
04’50 » – Armes lourdes découvertes près du front côté ukrainien par l’OSCE
05’35 » – Les FAU tirent au mortier sur Kroutaya Balka, deux voitures civiles endommagées
09’23 » – L’OSCE découvre des explosifs installés sur la vanne d’un réservoir d’eau dans la zone occupée par les FAU
13’14 » – Le SBU visite des sites industriels utilisant des produits chimiques pour préparer une nouvelle opération sous faux drapeau

RPD-RPL

15’11 » – La RPD, la RPL et la Crimée signent un accord de coopération interparlementaire

UKRAINE

19‘52 » – La Commission Électorale Centrale ukrainienne autorise une organisation néo-nazie à envoyer des observateurs surveiller les élections présidentielles
27‘12 » – Flambée de violences et d’expulsions illégales contre les églises de l’Église orthodoxe ukrainienne du Patriarcat de Moscou

PENDANT CE TEMPS LÀ À KIEV

33’20 » – La propagande ukrainienne essaye de faire croire qu’aucune voiture ne circule sur le Pont de Crimée et que ce dernier est donc un faux

39’00 » – Conclusion

VOIR ET ENTENDRE LA VIDEO ICI

Suivez Donbass

Christelle Néant

 

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