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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (8)

 

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour la gauche internationale :

  1. Nous avons traité des questions de sectarisme, d’entrisme et de dogmatisme
  2. Nous avons abordé la question de l’unité des forces de la gauche.
  3. Nous avons présenté la lutte de classe telle qu’elle se mène dans trois instances. Les textes sont » http://www.les7duquebec.com/author/robertbibeau/
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous présentons aujourd’hui six leçons acquises de la Révolution bolchévique.

 

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CHAPITRE 4 : APPRENDRE DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE

Depuis la Révolution d’Octobre 1917

En octobre 1917 c’est l’annonce des grèves et des mutineries, en Russie notamment, qui contribua à la fin de la Première Grande Guerre mondiale, la première boucherie impérialiste mondiale de l’ère moderne. La Révolution d’Octobre fut un événement majeur dans l’histoire de la classe ouvrière, une tempête de classe qui reste largement inconnue et incomprise.

Presqu’un siècle depuis la Révolution d’Octobre

Lorsque l’URSS et le supposé camp-socialiste s’effondrèrent en 1989, la bourgeoisie internationale entonna le requiem du socialisme et surtout du communisme. L’oraison funèbre servit à démontrer comment la faillite de l’Union Soviétique, prétendument communiste, prouvait que, hors du capitalisme, aucune autre forme d’organisation sociale ne pouvait ni ne pourrait jamais exister.

LA SUITE DE L’ARTICLE »»» http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-8-2/

Le mode de production et les rapports de production et d’échanges capitalistes seraient la seule forme possible d’existence économique et sociale dans le monde entier pour le reste de l’éternité. Tout le reste ne serait, au mieux, qu’utopie, et au pire, le «réalisme socialiste inhumain» qui n’aura apporté que misère et oppression aux prolétaires qui s’y aventurèrent.

L’expérience bolchevik

L’expérience bolchevik a fait faillite bien avant 1989 et l’effondrement du social impérialisme russe. Le Parti Bolchevik dirigé par Staline a présenté la construction du capitalisme monopoliste d’État comme étant la construction du socialisme en URSS, ce qui a ouvert une époque de confusion idéologique et politique sans précédent pour des millions de prolétaires à travers le monde. La conséquence tragique de cette confusion fut la plus importante défaite idéologique qui n’ait jamais marqué le mouvement ouvrier. Presqu’un siècle après cette révolution il est temps de mettre fin à cette confusion. La gauche communiste et les communistes révolutionnaires, ont l’obligation de tirer des leçons à partir des nombreux enseignements de cette expérience ouvrière.

Une première leçon historique – les soviets

La première leçon que la Révolution d’Octobre nous a léguée concerne l’organisation de la classe ouvrière. À l’évidence, notre classe est capable de faire et de marquer l’histoire. Nonobstant un siècle de cynisme à propos de l’incapacité légendaire de la classe ouvrière (sic), les travailleurs russes découvrirent la forme par laquelle une société capitaliste pouvait être renversée et comment ils pouvaient s’organiser pour tenter d’ériger une société nouvelle. Dès 1905, les soviets émergèrent de leur lutte collective gréviste contre l’exploitation, la spoliation et l’aliénation en tant que solution organisationnelle pratique aux problèmes de coordination des divers comités de grève ouvrière, de résistance et de défense populaire. En 1917, les soviets (les conseils ouvriers) furent recréés et firent la preuve qu’ils constituaient la structure organisationnelle et de pouvoir qui structurait et représentait directement la classe ouvrière en guerre contre la bourgeoisie. Tandis que les syndicats ouvriers intégrés à l’appareil d’État tsariste furent plutôt des entraves au déploiement de la révolution. Nous y reviendrons.

Lénine disait que « L’écurie du parlementarisme bourgeois » est la démocratie pour les riches, rejetant ainsi le crétinisme parlementaire. Les représentants bourgeois sont élus grâce à l’argent et aux médias des riches pour des mandats de plusieurs années. Ils peuvent ignorer les revendications de leurs électeurs tandis qu’ils font des courbettes devant les intérêts du capital. C’est ce chemin notamment qui mena à la corruption de la social-démocratie en Allemagne avant la première guerre mondiale.

Le soviet, tout comme la Commune de Paris de 1871, fut un organe à la fois exécutif et délibératif (législatif). Ses membres étaient délégués par leurs électeurs et pouvaient être révoqués à tout moment s’ils ne respectaient pas leur mandat (limité dans le temps et non renouvelable). En clair, les travailleurs de Russie ont donné au monde la forme politique qui devrait être la base de la société sans classes de « travailleurs librement associés » (Marx).

Les soviets ont décliné au fur et à mesure que les travailleurs révolutionnaires périrent au cours de la guerre civile contre l’impérialisme mondial et ses « Gardes blancs » envahissant. À mesure aussi que le pouvoir d’État soviétique, accaparé par le parti bolchevik, s’empara des leviers du pouvoir pour en évincer les soviets. Les soviets constituèrent la forme politique du pouvoir collectif ouvrier, de la dictature du prolétariat sur les reliquats de la bourgeoise ancienne, toujours présents dans la société soviétique pluriethnique et multinationale. Cependant, les soviets n’ont pas su constitué le modèle de pouvoir économique collectif prolétarien pour l’édification d’une économie et d’une société socialiste en marche vers le communisme. C’est l’appareil d’État soviétique qui constitua ce pouvoir et cette gouvernance économique sous laquelle se constitua une caste d’apparatchiks divisée en factions querelleuses, caste qui à partir des privilèges acquis se transforma en une nouvelle bourgeoisie, celle qui mena une première escarmouche pour le partage du pouvoir en 1953, à la mort de Staline, celle qui mena une second grand combat de partage à la mort de Brejnev et celle dont le pouvoir politique s’effondra définitivement en 1989-1991, pour mieux se constituer en classe capitaliste monopoliste formée de propriétaires privés des moyens de production, d’échanges et de communications dans l’ex-URSS devenu la Russie et la Communauté des États Indépendants (CEI).

La deuxième leçon concerne les conditions de la révolution prolétarienne

La deuxième leçon nous indique que la révolution est un événement exceptionnel, qui requiert pour survenir le genre de conditions singulières existant dans la Russie en guerre. La condition nécessaire et indispensable qui détermine le mouvement des contingents de travailleurs tient essentiellement aux conditions économiques dans l’approfondissement de la crise du capitalisme à l’étape de l’impérialisme. Il n’y a point d’acte de volonté (volontarisme et manipulation dans le déclanchement de l’insurrection sont bannis), ni d’inspiration géniale, ni aucune autre force déterminante qui peut remplacer l’impulsion des conditions matérielles objectives et concrètes, quand la bourgeoisie elle-même en tant que classe hégémonique ne maîtrise plus ses différentes factions ni ne maîtrise plus totalement l’appareil d’État, ni la conjoncture économique et sociale.

En Russie, la crise économique qui avait abouti au premier conflit mondial, aux destructions physiques massives et à une société affamée soulevèrent des millions de paysans (25 millions) et des millions de prolétaires (7 millions) contre la guerre et enclencha la lutte frontale contre ceux qui en étaient responsables. Comme Lénine l’a souligné, la guerre mondiale fut la force motrice, le grand accélérateur qui propulsa les masses russes (même si le prolétariat était minoritaire) sur la scène de l’histoire, dans le premier acte de ce qui aurait dû être une explosion de lutte des classes à l’échelle internationale… mais ne le fut pas car la société capitaliste recélait encore des capacités productives inexploitées, des forces de production et d’échanges, des capacités de tempérer ses contradictions qu’elle n’avait pas encore épuisée dans tous les pays et sur tous les continents. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La société impérialiste a atteint la limite de ses capacités. Pour paraphraser Marx, l’impérialisme a développé toutes les forces productives que ses rapports de production obtus et obsolètes sont assez large pour contenir et de nos jours l’impérialisme a tendance à tituber, sans s’arrêter, dans le monde entier (1). Cependant, l’accoucheur social – le prolétariat – devra lui asséner le coup de grâce sans quoi l’impérialisme décadent nous entraînera vers une guerre nucléaire mortifère. Et surtout, que nul n’argumente que les capitalistes ne pourront jamais se résigner ni nous astreindre à cette extrémité. À ceux-là nous répondrons « Rappelez-vous Hiroshima et Nagasaki ».

 Mais les conditions matérielles ne sont pas suffisantes en soi. Les crises économiques dévastatrices, avec leur cortège de guerres entraînant les masses paysannes et ouvrières à l’action ne suffisent pas à définir une situation révolutionnaire. La présence d’un parti révolutionnaire, qui concentre l’expérience de la classe et sait comment lier la spontanéité fébrile des masses et des luttes spontanéistes sur le front économique au programme politique révolutionnaire de classe, est absolument nécessaire. Lorsque le prolétariat se décide à agir, il le fait en partant spontanément de revendications économiques défensives et de luttes de résistance revendicative. Il peut se mobiliser instinctivement contre la guerre et ses conséquences qui tuent et affament. Il peut être attiré par la perspective du changement social. Il peut même renverser un régime politique croupissant, mais il a surtout besoin d’un programme politique fondé sur les gains idéologiques et théoriques de sa propre expérience historique. Le porteur de ce programme révolutionnaire de classe est le parti politique révolutionnaire de classe du prolétariat et nul autre. Sans cet état-major et cette mémoire des luttes de classe, au service de la classe révolutionnaire unique et de ses objectifs, l’insurrection mènera chaque fois au remplacement d’une classe exploiteuse par une autre.

Il est totalement erroné de croire que la lutte gréviste pour des revendications, le combat contre les effets de la crise économique ou le refus de continuer la guerre peuvent par elles-mêmes élever spontanément le niveau de conscience politique des masses prolétariennes jusqu’au programme politique révolutionnaire «pour soi» (c’est-à-dire pour la conquête de tout le pouvoir politique d’État et le pouvoir économique et pour l’instauration de la dictature du prolétariat). Les prolétaires de Chine, de Corée, du Vietnam, de l’Albanie, d’Afrique du Sud, ceux d’Égypte et ceux du Népal pour ne citer que quelques exemples relativement récents ont fait la preuve qu’il ne peut y avoir de dictature du «Front uni» des paysans, des petits-bourgeois et du prolétariat qui soit révolutionnaire et salvateur. La Révolution bolchévique nous enseigne que seule la dictature de la classe authentiquement révolutionnaire, jusqu’au bout, assure le succès de l’insurrection mais quelle n’assure pas pour autant le succès de l’édification socialiste si les autres conditions économiques et sociales ne sont pas réunies et à maturité.

 

C’est plutôt le contraire qui est vrai. Si, les masses n’ont pas créée leur avant-garde – le parti révolutionnaire ouvrier – (2) lorsqu’elles se mettent en mouvement, même la révolte ou l’insurrection la plus pugnace et la plus déterminée est destinée à l’échec. En 1917, il n’y a qu’en Russie que s’est effectuée la synthèse entre les conditions objectives – qui menèrent les prolétaires à se soulever – et les conditions subjectives – représentées par les masses elles-mêmes et par la présence active du Parti bolchevik qui guida politiquement le mouvement. Sans ces deux conditions aucune révolution prolétarienne n’aurait pu vaincre. Si l’un de ces deux facteurs est absent, il n’y a pas de perspective de dénouement favorable de la révolution prolétarienne. Si les conditions nécessaires sont absentes, le prolétariat ne se soulèvera pas; si le parti est absent, tout indique que les résultats de la lutte des classes seront négatifs. Les nouvelles générations de communistes ne peuvent absolument pas négliger cette leçon de la Révolution d’Octobre. Si elles le font, elles risquent de s’orienter vers les théories idéalistes qui font du spontanéisme, de l’ouvriérisme, de l’économisme, du réformisme, de l’anarchisme leurs cris de ralliement.

Cependant, nous le réitérons, conquérir le pouvoir hégémonique et s’asseoir à la tête de l’État prolétarien ne donne pas l’assurance de l’édification de la société socialiste si le mode de production capitaliste-impérialiste n’a pas atteint sa totale maturité et qu’il n’a pas commencé à péricliter, ce qui est aujourd’hui assuré pour l’ensemble de la société impérialiste mondialisé et globalisé.

L’internationalisme prolétarien

La troisième leçon que nous enseigne l’expérience de la Révolution d’Octobre est que la révolution prolétarienne doit être internationale ou elle est destinée à l’échec, enfermée à l’intérieur des frontières nationales dans lesquelles elle est née. Toute la stratégie du Parti bolchevik et de la Troisième Internationale – avant son repli sur des positions contrerévolutionnaires basées sur la théorie du socialisme dans un seul pays – fut fondée sur la nécessité qu’il y aurait d’autres éruptions révolutionnaires internationales ou plus exactement, que le confinement de la Révolution à un seul pays, la Russie, annoncerait sa défaite inéluctable.

 

Pour la Russie révolutionnaire, l’isolement politique et économique auquel elle a été condamnée par l’absence de révolutions en Europe de l’Ouest notamment signifiait que son sous-développement économique et l’encerclement économique, politique et militaire, par les pays capitalistes qui considéraient le bolchevisme comme l’ennemi à abattre, quel qu’en soit le prix et par tous les moyens, lui seraient fatales. Une des causes déterminantes de la tragédie de la Révolution d’Octobre est que l’un des deux facteurs qui devaient donner une dimension internationale au processus révolutionnaire entrepris en Russie était bancal.

 

Le premier facteur, objectif, – la nécessaire condition de la crise économique et/ou de la guerre impérialiste – était présent férocement et sans précédent et avait entraîné tous les pays d’Europe et au-delà. Les masses prolétariennes (dans certains pays de l’Europe de l’Ouest du moins) s’agitaient aussi, particulièrement en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie. Par contre, le deuxième facteur, la présence concrète de partis communistes expérimentés ne s’est pas manifestée à temps. Bien sûr, des partis communistes se sont formés mais ils avaient du retard sur le développement des événements. En retardant la rupture du cordon ombilical, qui les liait aux partis réformistes de la Deuxième Internationale, jusqu’au reflux de la lutte prolétarienne, les futurs partis révolutionnaires manquèrent leur rendez-vous avec l’histoire et par conséquent l’entreprise bolchevique se retrouva isolée et plongée dans une série de contradictions insolubles à la fois à l’intérieur de son cadre politique national, et à l’intérieur de ses forces productives et de ses rapports sociaux de production archaïques, en partie préindustriels et semi-féodaux. Le processus est long et douloureux pour faire d’un amalgame de millions de paysans analphabètes, des prolétaires alphabétisés, industrialisés, modernisés, formés et urbanisés.

Ainsi, l’échec de la Révolution d’Octobre, suite à l’échec des autres expériences révolutionnaires européennes, devint total dès la première décennie d’existence de l’URSS, et non pas trente années plus tard comme le soutiennent les réformistes et les révisionnistes de tout-acabit. Les événements qui eurent lieu par la suite, la brutale réaction politique, les purges sanglantes au sein même du Parti bolchevik, l’élimination physique de toute opposition de gauche, les attaques économiques contre le prolétariat qui avait accompli la révolution, furent les conséquences économiques et politiques de cette défaite internationaliste mais surtout de cette impossibilité matérielle, systémique de forger le socialisme à partir d’une société paysanne-rurale-agraire-semi-féodale-illettrée-arriérée. Trente années plus tard, la Chine maoïste refera la preuve que l’on ne peut édifier une société socialiste en se reposant sur un « Front uni » de bourgeois nationaux, de paysans pauvres et de prolétaires inféodés aux premiers et à partir d’une économie agraire et semi-féodale.

 

De cette défaite post-révolution, inéluctable, provient la construction d’un capitalisme monopoliste d’État dans un seul pays que le régime bolchévique, sous Staline, présenta comme du socialisme d’État, une illusion que les partis communistes de la Troisième Internationale propagèrent parmi les masses ouvrières du monde entier et dont il nous faut aujourd’hui nous extirper.

 

 

  1. Karl Marx (1859) Préface à la contribution de la critique de l’économie politique.
  2. Manifeste du Parti ouvrier (2014) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

 

 

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GAZA SOUS LES BOMBES, BREZINSKI EXPLIQUE LA GAMIQUE

gazasouslesbombes2En 2011, nous écrivions que les factions nationalistes palestiniennes (OLP-Fatah-Hamas-Jihad Islamique) parasitaient la lutte de résistance du peuple palestinien afin de se partager le bantoustan que l’État sioniste condescendrait – tôt ou tard – (le plus tard possible nous en convenons avec vous) à céder en protectorat exclusif à la gouvernance de certaines factions nationalistes palestiniennes réconciliées. (1)

Poursuivons l’analyse de cette lutte de «libération nationaliste» palestinienne soumise au joug impérialiste israélien.

Pour comprendre une problématique politique, il faut écouter et considérer le point de vue de ses alliés mais aussi celui de ses ennemis jurés. Ainsi, comment comprendre les attaques meurtrières de l’entité sioniste (Israël) contre l’enclave emmurée de Gaza où se terrent 1,5 million de prisonniers palestiniens parmi les décombres des décombres si on n’écoute pas les ténors de l’impérialisme étatsunien ?

Qu’est-ce que les unités de l’armée sioniste poursuivent comme objectif quand elles tuent  ainsi des centaines d’emmurés civils et quand elles blessent des milliers de résidants désarmés de ce camp de concentration encerclé et verrouillé ? Nulle prière pour implorer la miséricorde des assassins israéliens ne pourra mettre fin à ce carnage. Il faut plutôt comprendre le fin mot de cette affaire et les intérêts des parties impliquées dans le partage de la dépouille palestinienne.

Personne ne croit un instant que l’agression génocidaire vise à faire cesser le lancement des  roquettes inefficaces puisque juste avant les attaques répétées et musclées de Tsahal, aucune roquette ne violait le ciel d’Israël. Il aura fallu à l’armée sioniste des dizaines de meurtres de civils innocents, des centaines de bombes au phosphore blanc, de bombes à fragmentation et d’autres armements, contre le peuple de Gaza, pour que la situation de «paix» colonisatrice soit brisée par le Hamas, contraint de riposter pour ne pas perdre la face devant les familles endeuillées.

Encore aujourd’hui,  il serait facile  pour l’armée israélienne de faire cesser les tirs de roquettes… Il lui suffirait de cesser de bombarder et d’assassiner des centaines de Palestiniens civils sans défense. Crime de guerre et assassinats qui contraignent le Hamas, qui ne veut pas être en reste (face au Jihad Islamique), de riposter afin de sauver son titre de prétendant au trône des bantoustans palestiniens à administrer pour le geôlier.

Pour ce qui concerne l’OLP-Fatah, de l’Autorité sans autorité, elle a déjà déposé les armes depuis fort longtemps et attend les secours de son adjudant, le maréchal Sissi l’Égyptien, qui a fermé la frontière de Rafah, isolant les Palestiniens dans leur réduit mortel. Sissi par son statut de remplaçant de Moubarak a été promu négociant en chef des ententes de capitulation à répétition au nom de l’Autorité des troufions.

C’est le grand criminel de guerre, et ex-secrétaire d’État étatsunien, muté conseiller de la Présidence américaine, qui a révélé la vérité sur cette dernière échauffourée. Zbigniew Brezinski déclarait récemment sur les ondes de la télévision américaine (CNN) que : «Les États-Unis ne soutenaient pas et condamnait cette attaque israélienne qui met en danger, disait-il, la survie d’Israël, l’isole de la «communauté internationale» et Brezinski est allé jusqu’à menacer Israël d’appuyer les prétentions de l’Autorité palestinienne d’être reconnu à l’ONU» (2). Vous comprenez maintenant ce boycott de l’aviation civile étatsunienne et canadienne et européenne en provenance et à destination de l’aéroport de Tel-Aviv.

Brezinski ajoutait même que le motif de l’agression israélienne contre Gaza n’avait rien à voir avec la tuerie de trois jeunes Israéliens en Cisjordanie en juin dernier –. Le Hamas n’aurait pas commandé ces meurtres dit Brezinski (Comment sait il cela l’ex-secrétaire d’État ?). Le véritable motif des tueries de l’armée israélienne dans Gaza emmuré est l’accord de direction conjointe qui associe désormais le Hamas à l’OLP-Fatah-Autorité afin d’en arriver à un compromis avec Israël  pour le partage  d’un bantoustan palestinien sur le reste des 15% des terres palestiniennes, pas encore colonisées, et où sont parqués 4,5millions de Palestiniens n’ayant  pas encore réussi à fuir où à migrer.

En clair, Zibgnew Brezinski dévoile le visage sinistre de la politique sioniste et des groupuscules nationalistes palestiniens en train de brader le droit d’ainesse du peuple palestinien pour un bantoustan de lentilles, bantoustan qui sera probablement formé de 7 villes et de leur faubourg, soit Gaza, Ramallah, Bethléem, Jéricho, Naplouse, Jénine et Hébron. Oubliez Jérusalem, la cité de David et de Salomon promise par Dieu lui-même au peuple hébreu (sic).

Le premier ministre sioniste Netanyahu, plus rusé et meilleur connaisseur de la situation sur le terrain que ce malandrin de Brezinski,  sait très bien que ni le Hamas, ni l’OLP-Fatah  discrédité ne pourront livrer la marchandise sans un sérieux coup de pouce meurtrier. Ces organisations palestiniennes (OLP-Fatah, Hamas) auront beaucoup de mal à faire accepter ces nouveaux sacrifices aux 4,5 millions de Palestiniens emprisonnés en Cisjordanie et à Gaza l’emmurée et encore davantage aux millions et demi de réfugiés palestiniens parqués depuis la Nakba (1948) dans des camps de fortune en pays arabes filoutés (Liban, Syrie, Égypte, Jordanie).

Israël, OLP-Fatah, Hamas, conviennent donc tacitement qu’il faut beaucoup de morts de civils à Gaza pour demander ensuite aux gazaouïs (les derniers irréductibles) et aux Cisjordaniens (oubliez les réfugiés des camps palestiniens de la diaspora qui ne seront jamais consultés) s’ils acceptent de finir leur vie dans leur bantoustan respectif. Leur faire croire que la «Libération de la Palestine» c’est de vivre emmuré dans sept villes reliées par des tunnels et requérant des permis de circulation pour visiter sa parenté de l’autre côté du mur de séparation (sic). Le tout géré par 4 ou 5 services de «sécurité» palestiniens tous plus corrompus les uns que les autres et tous assujettis à l’Autorité… israélienne. Arafat a déjà tenté le coup et ça n’avait pas fonctionné.

La difficulté cependant et pour l’armée israélienne, et pour Netanyahu (Israël), et pour Mahmoud Abbas (OLP) et pour Khaled  Mechaal (Hamas), et pour tous ces négociants de la paix d’occupation avec le  colonisateur c’est qu’une nouvelle organisation est apparue dans le paysage politique palestinien. Et depuis quelques années, cette organisation est solidement financée par l’Iran des mollahs milliardaires, trop heureuse de porter la pagaille jusqu’en Palestine aux portes de l’impérialisme israélien. Un juste de retour des choses quand on sait qu’Israël de son côté soutient les kurdes irakiens-syriens-iraniens aux portes de l’Iran (sans compter le califat sunnite tout récent soutenu par Israël en sous main).

C’est le Jihad islamique qui vient brouiller les cartes de la magouille israélo-OLP-Hamas pour le bantoustan à partager. Le Jihad est la véritable organisation visée par les raids israéliens et les résistants qui sont assassinés par l’aviation israélienne et par les tanks sionistes ce sont d’abord ceux du jihad islamique en train de supplanter le Hamas à Gaza l’irréductible. Évidemment, l’armée israélienne doit bien sacrifier quelques militants du Hamas si Tsahal  désire faire croire aux Palestiniens que cette organisation dirige la résistance.

Voilà la raison pour laquelle tant de milliers de Palestiniens doivent périr par le feu et par les bombes pour que les factions palestiniennes puissent «négocier» avec leur geôlier sioniste et se partager la dépouille de la Palestine occupée et étranglée.

Les ouvriers palestiniens et les travailleurs israéliens n’ont rien à gagner dans ces jeux meurtriers et ils devraient poursuivre leur lutte gréviste contre l’occupation, contre les restrictions, contre le chômage, contre la vie chère, d’un côté comme de l’autre de ces frontières artificielles et de ces murs biens réels.

  1. http://www.les7duquebec.com/non-classe/union-des-factions-pour-un-bantoustan-palestinien/ et aussi http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/dessous-les-cartes-au-moyen-orient-meurtri/
  2. https://www.youtube.com/watch?v=MI-nTIUQ1YA

20 Juillet 2014   et aussi  le «spectacle du massacre des Palestiniens vu du côté sioniste»  http://www.dailymotion.com/video/xv9axp_le-massacre-des-palestiniens-un-divertissement-pour-certains-israeliens_news

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (7)

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour la gauche internationale :

  1. Nous avons traité de la question du sectarisme-entrisme-dogmatisme, cette maladie qui sévit depuis des décennies parmi la gauche.
  2. En prolongement du sujet précédent – nous avons abordé la question de l’unité des forces de la gauche. Peut-on construire l’unité de la gauche militante? Disponibles à cette adresse : http://www.les7duquebec.com/author/robertbibeau/
  3. Nous complétons aujourd’hui avec la troisième instance de la lutte de classe, l’instance idéologique.
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917, nous présenterons cinq leçons de la Révolution bolchévique.

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CH 3 : TROIS INSTANCES DANS LA LUTTE DE CLASSE (suite-3)

Lutte de classe dans l’instance idéologique

Pour conclure à propos des relations qui attachent la bataille sur le front économique et politique de la lutte de classes, Rosa Luxembourg a écrit : «Le mouvement dans son ensemble ne s’oriente pas uniquement dans le sens d’un passage de l’économique au politique, mais aussi dans le sens inverse. Chacune des grandes actions de masse politiques se transforme, après avoir atteint son apogée, en une foule de grèves économiques. Ceci ne vaut pas seulement pour chacune des grandes grèves, mais aussi pour la révolution dans son ensemble. Lorsque la lutte politique s’étend, se clarifie et s’intensifie, non seulement la lutte revendicative (lutte de résistance et lutte gréviste défensive, NDLR) ne disparait pas, mais elle s’étend, s’organise et s’intensifie parallèlement. Il y a interaction complète entre les deux.» (1)

Depuis la trahison de la Révolution prolétarienne d’Octobre 1917 et le développement du capitalisme monopoliste d’État en URSS; depuis l’élimination progressive de l’Opposition de Gauche de toutes les organisations communistes, la classe ouvrière tout en poursuivant invariablement sa lutte résistance sur le front économique, combat qui connait ses phases de flux et de reflux, a bien peu de présence dans l’instance politique et pour que cela change il est impératif que nous menions la guerre de classe sur le front idéologique. Car c’est bien sur ce front théorique et idéologique que la bourgeoisie a d’abord fait porter ses efforts pour discréditer l’alternative prolétarienne.

La classe capitaliste monopoliste est parfaitement consciente de cette problématique et pour que jamais la classe ouvrière ne gouverne il lui est nécessaire d’engager la lutte de classe en amont du front politique – dans l’instance idéologique, c’est-à-dire au niveau de l’information et des communications et surtout sur le font de la théorie révolutionnaire et de l’analyse scientifique de la société contemporaine et de la compréhension de l’évolution des sociétés, des modes de production et des rapports sociaux de production. Car sans théorie révolutionnaire pas de parti révolutionnaire, et sans parti révolutionnaire pas de conquête du pouvoir d’État par les soviets ouvriers disait Rosa Luxembourg.

Intellectuels gauchisants et petits-bourgeois progressistes de service galvaudent le mouvement ouvrier depuis des années afin d’expliquer le peu d’estime dans lequel ils tiennent la théorie le socialisme scientifique, le matérialisme dialectique et la méthode   marxiste toujours prompts à vilipendé le militant « borné », distribuant allègrement l’anathème de dogmatique et de sectaire à quiconque défend ces principes que ces énergumènes souhaiteraient ravalée au rang d’outils optionnels et encombrants.

Le Parti ouvrier a l’impératif devoir de défendre, de maitriser et d’utiliser les concepts, les principes et la méthode du socialisme scientifique, du matérialisme dialectique et historique et la méthode du marxisme révolutionnaire pour analyser concrètement la situation économique, politique et idéologique afin de transformer cette réalité à l’avantage de la classe ouvrière.

Les élections démocratiques bourgeoises

À l’époque de l’impérialisme moderne il n’est plus de mise d’accréditer la légitimité des élections bourgeoises en participant à quelque forme d’élection organiser par le capital pour désarmer idéologiquement et politiquement le prolétariat révolutionnaire. Dans nombre de pays, d’instinct les ouvriers ont compris – envers et contre l’avis de la bourgeoisie électoraliste – que ces mascarades électorales n’étaient que salmigondis et tartufferies ou la voix du prolétariat ne pourra jamais être entendue, affirmée, ni respectée. Et quand bien même un parti, soi-disant prolétarien, s’emparait du parlement des marchands, des industriels, des financiers et des banquiers cela ne lui donnerait aucune prise sur les corps policiers, l’armée, les universités, les moyens de production, de commercialisation et de communication ni sur le système de justice des riches et il serait balayé après quelques mois ou quelques années. Dans toutes les constitutions des pays capitalistes il est un article non écrit qui transcende tous les autres et qui se lit comme suit « Jamais la classe ouvrière ne portera atteinte à l’intégrité du pouvoir bourgeois et à la légalité de la propriété privée des moyens de production, d’échange et de communication ». En vertu de cet article gravé sous le palimpseste de la constitution, les institutions juridiques et militaires s’attribuent le droit d’imposer la dictature bourgeoise.

Il en serait exactement de même pour des militants communistes qui s’empareraient du contrôle des appareils syndicaux, 5e colonne de la bourgeoisie dans le camp prolétarien. Un syndicat révolutionnaire serait discrédité par sa centrale et disqualifié par l’État bourgeois si ces officiers s’entêtaient à diriger la lutte de classe gréviste de ses membres au lieu de négocier la vente de leur force de travail au plus offrant.

L’ouvrier qui répudie toute participation aux élections bidon a totalement raison d’affirmer ainsi que ce n’est pas de cette façon que sa classe s’emparera du pouvoir d’État et ce n’est pas ainsi que son parti imposera l’expropriation sans compensation de tous les moyens de production, d’échange et de communication au bénéfice de la classe ouvrière et des salariés.

À ceux de la petite bourgeoisie qui partagent le lit de la grande bourgeoisie, il n’est rien à ajouter. Aux autres, à tous ceux qui souhaitent contribuer à la conquête du pouvoir d’État sous l’hégémonie du prolétariat, il est demandé de craindre de dévier d’un iota des enseignements durement acquis par l’expérience révolutionnaire de nos paires de la Commune (1871) et de la Révolution bolchévique d’Octobre (1917). Si malheureusement les acquis politiques et économiques de ces révolutions nous ont été confisqués et si aujourd’hui tant de travail reste à faire pour reconstruire de véritables partis politiques ouvriers révolutionnaires, sur le plan théorique et idéologique cependant l’intégralité des conquêtes, des acquis, des savoirs, de la mémoire des luttes et des connaissances scientifiques des théoriciens révolutionnaires sont à notre portée. Nombre de camarades n’imaginent même pas l’importance de cet héritage qui constitue un facteur décisif pour l’avancement de la révolution socialiste (2).

Ce savoir nous permet d’analyser, de comprendre, de démontrer et d’anticiper (les quatre activités fondamentales qui définissent une science) l’évolution du mode de production impérialiste moderne. Nul économiste – politicien – intellectuel bourgeois ne dispose d’une telle arme scientifique. C’est la raison pour laquelle ils errent de-ci de-là et pontifient à propos de l’avenir de l’Euro, de «l’étalon»-or, du dollar, du crédit désordonné, de l’inflation, de la dette souveraine gargantuesque, du système bancaire débonnaire, des finances publiques catastrophiques, de l’industrie délocalisée et de l’économie en déroute sans rien comprendre, sans rien expliquer, sans rien anticiper, que la « reprise » économique illusoire.

C’est au militant de s’emparer de cet héritage de loyauté et de l’étudier et, surtout, de l’appliquer concrètement à la situation concrète de chaque milieu de résistance. Prenez garde cependant avant de tenter d’inventer de nouveaux principes théoriques prétendument créatifs, ou de prétendre bidouiller le socialisme scientifique centenaire à une quelconque situation supposément unique et extraordinaire. Assurez-vous de ne pas vous engagez dans le marais de l’opportunisme, du réformisme, du trotskyste, du révisionnisme, du maoïsme, du national-socialisme, de l’eurocommunisme, de l’idéalisme, du social démocratisme, du crétinisme parlementaire, du titisme, de l’altermondialisme, de l’écosocialisme et de moult autres contrefaçons. Méfiez-vous de cette littérature pédante et ignorante pseudo marxiste, mais véritablement opportuniste et idéaliste.

Parce que la lutte de classe dans les instances économique, politique et idéologique évolue chacune à un rythme différent, de façon concomitante et interdépendante cependant, il est et il restera indispensable que les communistes appliquent le centralisme démocratique (droit de parole, d’opinion et de vote au sein de l’organisation), couplé à la dictature du prolétariat dans le parti révolutionnaire et que les Soviets ouvriers disposent du contrôle de l’ensemble de l’État du prolétariat, du pouvoir juridique, policier et militaire, du contrôle sur les institutions du pouvoir économique, et enfin sur le pouvoir et les institutions de l’instance idéologique.

Les alliés des ouvriers

Le « peuple » est constitué d’un amalgame de classes et de segments de classes tels que la paysannerie pauvre (en pays néo-colonisés seulement, car il ne reste aucun reliquat de la paysannerie pauvre en régime impérialiste moderne dominant), les artisans, les petits commerçants non monopolistes et la petite bourgeoisie, un segment de classe dans chaque pays impérialiste amalgame que les idéologues bourgeois appellent frauduleusement la « classe moyenne », source inépuisable d’idées, de théories, de concepts idéalistes – mystiques – métaphysique – utopistes – réactionnaires – contre-révolutionnaires et qui fournit, vague après vague, les contingents de soldats d’avant-garde du capital dans sa lutte acharnée contre l’armée de classe du prolétariat.

Tous les concepts que ces idéalistes éclectiques qualifient de « spontanés », de « créateurs », d’« originaux », d’« inédits », de  « non dogmatiques », de « non conformistes » et même de « guides pour l’action » foisonnent dans leur cerveau désœuvré. Ces concepts sont repris et diffusés avec enthousiasme par les médias à la solde et ils contaminent la pensée des militants de toutes les classes sociales, y compris la pensée des militants communistes ouvriers. C’est la raison pour laquelle le combat de classe sur le front théorique et idéologique est toujours aussi incisif et décisif et ne doit jamais être relâché.

Pour schématiser grossièrement, nous pourrions dire comme Rosa Luxembourg que la lutte de classe commence dans l’instance économique, se propage dans l’instance politique et envahie l’instance idéologique, puis, retour du niveau idéologique vers le niveau politique et économique, et ce processus s’enchevêtre et se poursuit inlassablement, mais il repose toujours sur les fondements économiques – sur la production et l’échange des moyens de subsistance et sur le processus de reproduction des classes sociales forgeant l’espèce humaine contemporaine (dans la situation historique concrète propre à chaque époque chaque mode de production).

Face à la crise du mode de production impérialiste moderne entraînant la faillite du capital financier – dont les banqueroutes de la petite bourgeoisie – de la paysannerie – des artisans et des petits commerçants ne sont que les tristes préludes – ces classes et ces segments de classe se présentent sur l’avant-scène pour protester contre la détérioration de leurs conditions de vie et de travail. Les verts, les altermondialistes, les néo-libéraux compassés, la « société civile citoyenne » désemparée, les ONG subventionnées, les trotskystes agités, les anarchistes surexcités, les révisionnistes anciennes façon, les révisionnistes maoïstes nouvelle formule, les socialistes d’opérettes, les nationaux-socialistes hystériques, leurs amis islamistes-djihadistes, les nationalistes chauvins et les autres réformistes de tout acabit se sont donnés rendez-vous sur la place publique afin de remplir leur mission au nom de la bourgeoisie, celle defourvoyer la classe ouvrière afin que jamais elle ne s’élève de la lutte de classe sur la plan économique pour remettre en question la dictature de la bourgeoisie dans les instances politique (l’État) et idéologique (le système éducatif, de recherche, culturel et religieux); que jamais elle ne posela question de la révolution prolétarienne et du renversement du régime impérialiste moderne.

Développement inégal et déphasé

Le développement inégal – déphasé et combinée de la lutte de classe dans les trois instances économiques – politique – idéologique a pour conséquence qu’après la prise de pouvoir par la classe ouvrière, au niveau économique et politique,la conscience de la population, du prolétariat et de ses alliés, sera toujours empreinte d’idées, de concepts, de théories idéalistes anti-scientifiques, narcissiques, individualistes, réactionnaires et contre-révolutionnaires issus directement des centaines d’années de pratiques sociales, économiques, politiques et idéologiques bourgeoises (éducation, formation, recherche, information, communication, arts, culture, vie morale et religieuse). Ces mentalités héritées du passé ne disparaitront pas en même temps que s’éteignent le droit bourgeois, la propriété privée des ressources et des moyens de production, d’échanges et de communication et l’éradication de l’expropriation de la plus-value ouvrière.

Il faudra du temps, de nouvelles praxis sociales, de nouveaux rapports de production issus d’un nouveau mode de production avant que les mentalités, les consciences de classe, collective et individuelle, soient totalement transformées pour s’adapter au nouveau mode de production socialiste (phase de transition) puis communiste. Pendant cette lente transformation collective et individuelle, les reliquats des rapports sociaux individualistes et vénaux bourgeois seront prégnants – obsédants et toujours présents dans la conscience des hommes et des femmes venus du passé. Le pouvoir du prolétariat assurera la démocratie et le droit de parole et de représentation pour la population avec plein droit de révocation des élus (accrédités pour un temps limité, non renouvelable) qui ne défendraient pas les droits collectifs socialistes puis communistes.

Pour les organisations politiques réformistes et opportunistes, c’est la superstructure politique et idéologique qui commande à l’infrastructure économique comme le cerveau humain commande au corps du «citoyen». Donc, l’infrastructure économique obéit aux décisions des politiciens, des théoriciens, des théologiens et aux désidératas des citoyens qu’il suffit de mobiliser en grand nombre pour que par la puissance de leur bulletin de vote ils imposent leurs diktats aux fusils des bourgeois.

Ce sophisme permet ensuite de justifier le prêchi-prêcha des socialistes utopistes et des réformistes qui, patiemment, tentent de convaincre la foule mouvante d’adhérer à leurs politiques qui une fois qu’ils seront en mesure de les appliquées – seulement quand la puissante classe capitaliste leur laissera temporairement la gouvernance des affaires de l’État s’ils ont présenté «pattes blanches» – s’avèreront tout aussi catastrophiques que celles des partis d’opposition. Gauche ou droite c’est du pareil au même fini par comprendre l’ouvrier éclairé. C’est le rôle des bureaucrates syndicaux, de l’intelligentsia, et des politiciens bourgeois de convaincre les ouvriers du contraire.

Convenons toutefois que les changements de mentalité, les transformations morales, intellectuelles et sociales ont leur propre temporalité et se modifient plus lentement et de manière plus complexe, dialectiquement, que les vecteurs économiques, politiques, juridiques ou militaires. La société socialiste devra avoir évolué – se transformer dans la durée – pour qu’émerge l’Homme et la Femme communiste nouvelle, débarrassée des artefacts de la pensée idéaliste bourgeoise. Ce processus de décontamination des idées – des théories – de l’idéologie bourgeoise – sera long fastidieux et périlleux.

Pour y avoir échoué après quelques années de lutte de classe acharnée le Parti bolchévique a été incapable d’empêcher l’édification du capitalisme d’État en Union soviétique. Voilà un exemple concret ou l’infrastructure économique n’était pas en phase avec la superstructure idéologique et politique ce qui a entraîné un renversement du pouvoir soviétique (l’abolition des soviets) et du mode de propriété des moyens de production pour enfin établir le mode de production capitaliste monopoliste d’État.

Étant donné que la base économique – l’infrastructure productive de la société soviétique retardait et n’avait eu ni l’opportunité ni le temps de se développer suffisamment pour assurer le principe communiste « De chacun selon ses capacités – à chacun selon ses besoins » le mode de production retardait à éliminer les reliquats des rapports de production bourgeois-capitalistes qui alimentaient la base sociale capitaliste à l’intérieur de l’État et de la société soviétique, si bien qu’il advint ce dont chacun se souvient. Il aura suffi de quelques années pour que l’édifice soviétique se contamine et dégénère. La suite la semaine prochaine.

  1. Luxembourg Rosa (1906) https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve4.htm
  2. Vous trouverez une grande quantité d’ouvrages édités et publiés en version numérique sur ces quelques sites informatiques : http://www.collectif-smolny.org/   et aussi http://marxisme.fr/ également http://www.marxists.org/francais/ et aussi http://classiques.uqac.ca/

À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520 

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LE DESSOUS DES CARTES AU MOYEN-ORIENT MEURTRI

Moyen-Orient-PolitiqueLa situation au Moyen-Orient est très compliquée ! Les enjeux y sont énormes et les hyènes sont nombreuses autour de cette proie pétrolière et gazière. Tout ce qui se passe là-bas tourne autour du contrôle et du partage de l’énergie fossile. Mais, direz-vous, il y a dix ou vingt ans, il y avait plus d’or noir qu’il y en a présentement et pourtant moins d’escarmouches et de conflits armés qu’en ce moment. C’est qu’à cette époque il y avait moins de chacals impliqués dans le dépeçage. Et surtout, une superpuissance reconnue par tous les belligérants jouait le grand commandant.

Il y a vingt ans, une super puissance hégémonique contrôlait sans partage tout le Moyen-Orient ou presque. Un larbin fit mine de jouer sa partie en solo et de vendre la deuxième plus grande réserve de pétrole de la planète à qui il voudrait, usant des devises qu’il souhaitait. La riposte ne se fit pas attendre et l’homme finit sa vie comme il l’avait vécue – dans la violence et sous la potence. Un pékin libyen jouant le même refrain subit le même destin (1). En ce temps-là, le Roi Lion était reconnu et respecté de tous.

Les étatsuniens ne savaient pas qu’ils ne possédaient pas la puissance militaire suffisante pour écraser toute velléité de résistance. C’est la guerre dans le désert – le désert de pierres de l’Afghanistan et du Pakistan, le désert de sable de l’Irak et de la Libye-Somalie-Yémen-Soudan, le désert des sous-fifres crédibles en Syrie, qui apprit à Georges W. Bush, à ses supplétifs et à ses succédant, que l’armée américaine suréquipée était vaurienne pour occuper et administrer sur le pavé clouter. On ne peut occuper un pays avec des drones. On le détruit c’est tout, et après coup on l’abandonne.

Quand une superpuissance s’expose faible et démunit comme le firent les États-Unis – invariablement, tous les surintendants se voient comme le prochain capi di capo et chacun tente de tirer les marrons du feu. Chacun compte ses alliés, ses affidés, ses lieutenants, tout en se positionnant pour le prochain changement. C’est ce prochain agenda qui devrait préoccuper les analystes dépités par la complexité des jeux d’alliés.

Allez donc vous y retrouver dans ce guêpier. Les États-Unis qui font les yeux doux à l’Iran des mollahs milliardaires et qui s’éloignent de son ancien compère israélien comme nous l’avions prédit (2).

Le Président Poutine qui appuie l’agression d’Israël contre le peuple palestinien sacrifié dans Gaza emmurée. La Russie qui a tout juste préservé sa base maritime syrienne sur la Méditerranée ne peut prétendre à l’hégémonie.

La Turquie qui tolère à sa frontière la création de l’État croupion du Kurdistan irakien sous mandat israélien. La Turquie qui ne sait plus trop ce qu’elle pourra tirer de cette esbroufe syrienne qui ne lui apporte que des réfugiés. Le Qatar qui après avoir pêché en eau trouble toutes ces années se demande s’il lui restera quelques avantages après avoir tant déboursé pour supporter ces assassins ingrats aujourd’hui accrochés à leur butin. L’Arabie saoudite qui fait de l’urticaire de voir l’Iran étendre son influence au Levant. L’Arabie qui a pourtant payé de ses deniers pour équiper et entraîner tous ces meurtriers. L’Arabie qui n’espérait rien sinon que de nuire à l’Iran l’autre puissance du Golfe Persan encerclé.

L’Iran embêté par cet État islamique troufion en terre irakienne et syrienne qu’elle croyait pourtant contrôlé. L’État des mollahs n’avait-il pas adoubé Nouri al-Maliki, l’homme en sursis, soutenu et maintenu Bachar al Asad, l’autre homme en sursis, et financé le Hezbollah vainqueur d’Israël sur la côte Méditerranéenne.

Israël qui parraine la création de l’État Islamique en Irak et au Levant, dirigé par un agent de la CIA (3).Israël qui se cherche un nouveau mentor, vend des secrets militaires à la Chine et à la Russie et attaque le Djihad islamique et le Hamas (bras filouté du Qatar)dans Gazapour leur refus de soutenir l’État islamique et son sultan «Rantanplan» (sic). Le Djihad islamique qui récupère les militants mécontents du Hamas qu’il boutera hors de la Bande de Gaza. Ne parlons pas de Mahmoud Abbas de l’Autorité sans autorité que plus personne ne prend la peine de soudoyer tant son cul de chemise est délavé.

L’Égypte qui peine à massacrer tous les résistants qui se terre en attendant de reparaître plus menaçants. La Jordanie qui en a marre de servir de camp d’entrainement pour tout ce que la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et Israël lui expédient de bandits entremêlés de réfugiés affamés de plus en plus lourd à supporter.

Ce qu’indique cet imbroglio aux multiples embardés c’est que nous sommes sortis d’un monde divisé en deux camps impérialistes équilibrés par la terreur; pour passer un bref instant sous l’hégémonie impérialiste américaine; pour tomber aujourd’hui dans le monde de la «Croisière en folie» où aucune puissance économique, politique et militaire ne se démarque pour imposer son autorité aux pays belligérants, aux puissances impérialistes dominantes et aux pays impérialistes assujettis. Alors, chaque petit potentat régional se croit autoriser à soutenir sa bande de mercenaires déloyale pour porter la guerre à ses frontières, sans trop savoir si sa meute de djihadiste lui restera complice ou ne sera pas soudoyé par un autre prétendant pêchant en eau trouble.

Cette réalité bien visible au Moyen-Orient s’étend peu à peu à l’Afrique, l’Europe du glacis russe (Ukraine, Biélorussie et pays du Caucase), et demain, ce sera en Asie si la puissance chinoise n’élève pas la voix d’ici là.

La classe ouvrière n’a que faire de ces jeux de massacre et doit parfaire sa préparation pour le grand soulèvement sinon la guerre mondiale qui se prépare l’entraînera en enfer.

  1. http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-parricide-la-guerre-civile-en-89871
  2. http://www.alterinfo.net/Snowden-Le-chef-de-l-EIIL-Al-Baghdadi-a-ete-forme-par-le-Mossad_a104140.html
  3. http://www.mondialisation.ca/le-combat-obama-netanyahu-la-revanche/25068
  4. http://www.les7duquebec.com/non-classe/dessous-les-cartes-au-moyen-orient-meurtri/

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (6)

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial : 

    1. D’abord, nous avons traité des questions du sectarisme-entrisme-dogmatisme cette maladie sénile du gauchisme. Paru ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/  et ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/
  1. À l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre nous présenterons nos réflexions.

*********

CH 3 : LES TROIS INSTANCES DE LA LUTTE DE CLASSE (suite-2)

Lutte de classe dans l’instance politique

Abordons le deuxième niveau de la lutte de classe – l’instance politique – là où tout se complique mais là où tout s’explique. Nous l’avons décrit, la classe ouvrière mène spontanément – instinctivement – la lutte de classe sur le front économique, notamment la lutte gréviste. Ne serait-ce que parce que l’État attaque les régimes de retraite; laisse augmenter les prix des biens de première nécessité, ainsi que le prix des services étatiques. L’État réduit les services destinés à la reproduction de la force de travail (santé, éducation, transport, culture, sport, loisir), alors que les patrons tiennent les salaires sévèrement verrouillés. Bref, les ouvriers mènent spontanément la lutte de classe sur le front économique.

Le salaire minimum (SMIC) est maintenu par l’État à un niveau si bas que certains ouvriers sont menacés de crever au travail, comme des condamnés, tandis que d’autres cumulent deux ou trois emplois précaires, à temps partiel et mal payé. Sans compter les cadences de travail en usines et sur les chantiers qui mettent la vie des salariés en danger. Toutes ces conditions objectives créent des situations de résistance spontanée de la part de la classe ouvrière malgré la collaboration de classe affichée par les appareils bureaucratiques syndiqués.

Nonobstant ceci, les militants ne doivent jamais oublier que la mission historique du Parti Ouvrier est beaucoup plus stratégique que de diriger des grèves ou de s’impliquer dans les luttes spontanées des ouvriers.  La mission des organisations de masse du Parti politique de la classe est de publiciser ces combats et de les canaliser vers l’éclatement insurrectionnel en posant la question de la conquête de l’appareil d’État. Puis le contrôle des leviers de l’économie publique et privé via les Soviets ouvriers (conseils ouvriers). Contrôle et gestion du pouvoir non pas par un parti des «masses populaires» mais par les Soviets eux-mêmes, en concertation avec le parti de la classe ouvrière formé de révolutionnaires aguerris.

Tout un conglomérat de pseudos partis socialistes, sociaux-démocrates-solidaires, communistes-révisionnistes ancienne manière «Khrouchtchévienne» et nouvelle façon (maoïste); d’organisations de la pseudo «gauche» frontiste mènent des campagnes de «solidarité» en faveur d’un groupe de grévistes ou d’un autre appelant à la compassion alors que ces organisations de la go-gauche devraient plutôt appeler à la révolte pour éradiquer la classe exploiteuse toute entière, s’emparer de tout le pouvoir d’État et imposer la dictature du prolétariat. L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même et non pas de missionnaires «solidaires» opportunistes. Mais pour ce faire les conditions objectives de l’insurrection doivent être réunies et ni le parti, ni ses organisations de masse, ni les syndicats, ne décident de l’accumulation et de la maturation de ces conditions spontanées.

L’État et les médias à la solde de la classe bourgeoise prennent d’infinies précautions pour isoler ces luttes, sur le front économique, de celles qui se mènent dans l’instance politique. L’attitude des médias et des politiciens bourgeois est particulièrement pernicieuse en ce qui concerne les combats que mènent les travailleurs de la fonction publique. En économie impérialiste moderne l’État bourgeois a un rôle très important à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autre, l’État doit développer de nombreux services afin d’assurer la reproduction élargie de la force de travail (reproduire – former – soigner – encadrer – réprimer) des salariés.

Cette fonction cruciale amène l’État à engager et à payer des milliers et même, comme aux États-Unis, des millions d’employés pour assurer cette immense intendance. L’État bourgeois – l’émanation politique de la classe capitaliste – se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations, jouant à la fois le rôle de l’État employeur-exploiteur, de l’État législateur, de l’État répressif, de l’État payeur-emprunteur-taxeur ayant le rôle d’enrégimenter tous ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum pour le salaire minimum socialement acceptable.

Étant donné l’importance numérique et le rôle capital que joue cette multitude de travailleurs du secteur public et parapublic, dans le développement économique et la reproduction élargie du capital financier, la classe capitaliste attache une grande attention à encadrer ces millions de salariés; à négocier leurs conditions de travail et leur salaire; à pervertir leur dirigeants syndicaux; finalement, à placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale. C’est la raison des négociations sur la «libéralisation» du commerce des services qui ont cours à Genève, depuis deux ans, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement – TISA). (1)

C’est la tâche des organisations de masse du Parti ouvrier de dévoiler ces tractations nationales et internationales à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière, d’en expliquer les intentions, d’en subsumer les manifestations afin de stimuler la résistance de chaque centre «national» de lutte, de concert avec les autres – d’un État-nation à un autre, indépendamment des frontières nationales imposées par la classe capitaliste. Voilà l’exacte compréhension du concept de «solidarité» ouvrière internationaliste.

Dans cette lutte de classe entre l’État national bourgeois (et même transnational dans le cas de l’Union européenne ou de l’ONU par exemple) et ses milliers de salariés, il n’y a plus d’écran de fumée – il n’y a plus aucun paravent. Pendant ces périodes d’échauffourées l’État des riches est exposé impudique devant ses employés. Les prévarications et les prébendes que l’appareil politique bourgeois a ordonné; les intérêts sur prêts qu’il a accordé aux rentiers richement rétribués; les parachutes dorés qu’il a concédé à ses cadres et à ses thuriféraires; le refus d’augmenter les salariés et les compressions budgétaires qui a imposé à ses employés et aux bénéficiaires, tout est exposé sur la table de négociation publique et l’État des riches doit trouver le moyen de maintenir l’illusion qu’il est l’État des citoyens et des citoyennes, au-dessus des partis et des classes sociales quant à l’évidence il défend les intérêts des capitalistes car il est l’État pour les riches. Les luttes syndicales contre l’État policier offrent une occasion incroyable d’exposer l’obséquiosité de l’État policier et la complicité des appareils syndicaux dans cette marchandisation des salariés.

À l’encontre de la panoplie d’organisations gauchistes, la mission des organisations de masse du Parti Ouvrier sera ici de démontrer l’intime relation systémique qui existe entre ces luttes dans l’instance économique et celles menées dans l’instance politique de la lutte de classe, et le rôle dirigeant de la classe ouvrière dans cette résistance devant être menée jusqu’à l’insurrection si la classe le veut bien. Le Parti Ouvrier diffusera le mot d’ordre de résister à l’État policier dans chaque pays et internationalement, non as pour réformer l’État capitaliste mais pour l’éradiquer.

L’État est présenté par la communauté citoyenne des gauchistes comme au-dessus des classes sociales – comme impartial, ou alors comme inopinément compromis et corrompus, gauchis de sa mission historique d’équité et de justice. Pour les gauches multiples les parlements et les gouvernements doivent être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote, en faveur de ces redresseurs de torts de la gauche multicolore, qui militent pour maintenir l’État providence et rétablir sa politique d’aumône, ce qui, nous le savons, est devenue impossible. La conjoncture économique de crise systémique ne permet plus cette «générosité» de l’État policier.

Évidemment, toutes ces litanies fumistes et utopistes sont fortement appréciées par les médias enrégimentés qui reprennent les slogans de ces gauchistes qui pour une université – qui pour un hôpital au service de la classe ouvrière et contre la gentrification des quartiers urbains. L’objectif de toutes ces demandes de réformes étant de briser l’unité entre les salariés de la fonction publique et ceux du secteur privé surtaxés et qui seront présentés comme ceux qui auront à payer ces «folles» revendications des excités de la gauche. Ces gauchistes agités feront ensuite paraître les compromis des bureaucrates syndicaux acceptables par la mystérieuse «opinion» publique.

Récemment, dans une assemblé populiste une militante d’ONG subventionnée arborait fièrement sa revendication d’un revenu minimum garanti de 23 000 $ annuel après impôt pour les assistés sociaux, oubliant que les 600 000 travailleurs québécois peinant sous le salaire minimum (10.35$/h.) gagnent à peine 362$ pour 35 heures de travail par semaine, soit 18 837.$ annuellement, avant impôt. Voilà la recette parfaite pour diviser les salariés par groupes d’intérêts et par secteur d’activité.

Les organisations de masse du Parti Ouvrier doivent politiquement contrer ces billevesées et présenter les mots d’ordre unificateurs qui ne permettront pas à l’État des riches de diviser les travailleurs en résistance sur le front économique afin de porter cette unité vers le front politique pour la conquête du pouvoir d’État, ultime objectif de la lutte de la classe ouvrière.

Sur le front politique de la lutte de classe l’important pour la classe bourgeoise est que jamais le prolétariat ne se trouve organiser, structurer et conscient de ses intérêts particuliers (ce qui n’est nullement corporatiste), et que jamais le prolétariat ne soit dirigé vers la conquête du pouvoir d’État, condition indispensable à son hégémonie de classe pour l’édification du mode de production socialiste. Cette mission délicate et complexe d’endiguement et de liquidation de la lutte est dévolue aux syndicats bourgeois et aux organisations de la «go-gauche» plurielle et populiste, des masses citoyennes.

Un parti politique quel qu’il soit, et malgré ses prétentions universelles, n’est jamais que le parti qui défend les intérêts d’une classe ou d’un segment de classe. Le parti de classe du prolétariat ne fait pas exception à la règle. Il n’est pas et ne peut pas être le parti du peuple tout entier, ou le parti des «masses populaires et citoyennes» comme aime à ergoter les anarchistes, les anarcho-syndicalistes, les éco-socialistes, et toutes les organisations frontistes et populistes. Au contraire, le Parti Ouvrier est celui de l’avant-garde révolutionnaire. C’est le parti qui milite et œuvre dans l’intérêt du peuple car l’intérêt du peuple concorde avec celui de la classe ouvrière maîtresse de son Parti Ouvrier Révolutionnaire.

À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

  1. https://wikileaks.org/tisa-financial/
  2. et aussi http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427
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LE CYCLE ÉCONOMIQUE INFLATIONNISTE

robertbibeau@hotmail.com

banquesFranceL’inflation pour «bozo les culottes»

Pour nous consommateur béotien l’inflation ça signifie que la hausse des prix gruge – affaiblit – diminue notre pourvoir d’achat étant donné que nos revenus (notre salaire grosso-modo) n’augmentent pas – du moins jusqu’à la prochaine négociation de convention collective, pour les quelques pourcentages d’employés syndiqués, et pour les autres nous attendons l’augmentation de quelques centimes du salaire minimum de famine.

Le cycle économique  

La semaine dernière nous avons examiné la mécanique apparente du processus d’apparition et de multiplication des capitalistes qui tentent de se partager une masse de plus-value de moins en moins importante (baisse tendancielle du taux de profit moyen) (1). Étudions maintenant cette mécanique de l’intérieur – dans le processus de reproduction de l’argent-capital.

Répétons-le: dans un monde capitaliste idéal, comme l’atteste l’École des économistes autrichiens, la masse monétaire devrait refléter concrètement les richesses réelles produites (biens = marchandises et services). La masse monétaire devrait être limitée et ne devrait pas être gonflée artificiellement, selon ces experts.

Cependant, le mode de production capitaliste réclame toujours plus d’argent, qu’il espère transformer en Capital productif (vous aurez compris qu’Argent et Capital ne sont pas synonymes). Cela, afin de l’investir productivement (fabrication de marchandises vendables et monnayables et pleines de plus-value) et faire faire à cet argent, transformé en Capital, un nouveau cycle économique profitable (c -» C’). C’est ce circuit, sans fin, que l’on nomme la «valorisation du capital productif». C’est l’essence et le fondement de tout le système capitaliste, que certains marxistes appellent «l’accumulation du capital». Le système capitaliste ne cherche pas tant à accumuler – thésauriser – amasser – le capital qu’à le reproduire en plus grande quantité, bref à le valoriser par un nouveau cycle de reproduction élargie – à l’infini.

Si ce processus de valorisation-reproduction élargi fonctionnait comme au début du capitalisme, il n’y aurait aucune crise systémique et pour les capitalistes la terre serait un paradis – peu leur importe que des milliards d’êtres humains meurent de faim. Si les capitalistes pleurent et geignent à propos des crises successives du capitalisme c’est que cette mécanique de reproduction élargie s’enlise suite à la baisse tendancielle du taux moyen de profit.

Nous le répétons, l’accumulation du capital ne s’est pas enrayée et de plus en plus de milliardaires accumulent des fortunes de plus en plus phénoménales (85 milliardaires ont un patrimoine équivalent à celui de 3,5 milliards d’êtres humains. Il y aurait aujourd’hui 11 millions de multimillionnaires sur Terre). L’accumulation va bon train. C’est la reproduction élargie – démultipliée – valorisée – le capital s’engraissant, se fortifiant de plus-value, qui périclite et entraîne l’édifice systémique du capitalisme dans sa chute inexorable.

Étant donné que le circuit que nous venons d’expliciter est bloqué – engorgé de marchandises invendues, pour cause de surproduction (compte tenu que les salariés ont de moins en moins de revenu pour acheter et que la valeur monétaire de leur salaire s’amenuise sous les coups de l’inflation) – alors  les banques émettent tout de même de l’argent (monnaie, mais aussi cartes de crédits, marges de crédits, hypothèques, prêts personnels, etc.)

Le problème bancaire-monétaire survient quand ils impriment ou émettent beaucoup plus qu’il n’en faut de cet argent de pacotille inflationniste – (de la monnaie non adossée à des marchandises ou à des biens immobiliers).  Le résultat c’est l’inflation, la stagflation, la récession et la dépression. C’est la crise, non pas de l’accumulation, mais de la non reproduction élargie – la crise de la non revalorisation du capital.

La crise dans laquelle nous pataugeons depuis 2008 vient en partie de ce processus de fabrication frauduleuse d’argent qui ne parvient pas à se transformer en capital productif – bloquée dans un no man’s land économique improductif et parasitaire (bancaire, boursier, paradis fiscal). Le capital financier paralyse le capital industriel et ce phénomène est inévitable, il est inscrit dans les gènes du capitalisme depuis sa naissance.

La dette souveraine des États bourgeois surgit exactement du même processus, mais à une échelle incommensurablement plus grande. Seule l’échelle des emprunts et de la fabrication d’argent de pacotille, non profitable, diffère. Au lieu d’être un salarié-ouvrier qui s’endette de quelques milliers de dollars, c’est l’État bourgeois qui s’endette de milliards de dollars.  L’objectif est de refiler cet argent emprunté aux requins du capital financier dans le but de les renflouer.

L’étape suivante sera évidemment de réduire les dépenses des services et des  transferts aux particuliers car comme nous le disions déjà, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. L’argent donné aux banquiers, financiers, industriels n’est plus disponible pour payer les services et les transferts à la population qui devra se serrer la ceinture d’austérité pour assumer le prochain cycle de reproduction du capital inflationniste-improductif-parasitaire.

Depuis le début des années 2000, la part des revenus autonomes dans les revenus totaux de l’État québécois, c’est-à-dire les revenus qui ne proviennent pas des transferts fédéraux – en l’occurrence les taxes et les impôts – est passée de 86,3% à 77,5%. Alors que la part des impôts et des taxes payés par les particuliers (salariés en majorité) constituait plus de 62 % des revenus de l’État québécois en 2012, la portion des corporations capitalistes ne constituait que 6 % des revenus de l’État des riches (2).

Les banques nous mentent

Examinons le tableau des actifs des six plus grandes banques de France, afin de comprendre ce qui se prépare. La figure ci-dessous montre bien où se situe l’un des problèmes irrédentistes et insolubles du capitalisme monopoliste.

 NB : si la figure 1 n’apparait pas elle est disponible à cette adresse : http://www.orgcomfr.com/QUE_FAIRE_01.pdf

Prenons la Société Générale. Son bilan était de 1200 milliards d’euros en 2012 et ses «fonds propres» (l’argent qu’elle a physiquement dans ses coffres) sont de 27 milliards d’euros, soit environ 45 fois moins que ce qu’elle déclare dans son bilan. Si vous étiez une banque (avec droit d’émettre de l’argent – du crédit) en gagnant 1200 euros par mois vous pourriez dire que d’un point de vue comptable et financier vous auriez en caisse 54 000 euros disponibles chaque mois, que vous pourriez engager jusqu’au jour où tous vos créanciers viendraient frapper à votre porte, en même temps, pour être tous remboursés.  Alors là, évidemment, avec 12 000 euros, vous ne pourrez jamais rembourser 54 000 euros.

Cette opération bancaire-boursière de duplicité et de duplication des petits pains monétaires est tout à fait légale en droit bourgeois, si vous êtes une banque évidemment.  Quant à vous citoyen lambda, vous n’avez aucun droit d’émettre de l’argent de Monopoly et tout ce dont vous disposez c’est de vos 12 000 euros de revenu régulier et la marge de crédit ajustée qui vous a été consentie à coût élevé (en intérêt). Tout homme n’est pas égal à son voisin en droit démocratique. Un banquier, par son poids, fait pencher la pesée tandis que l’ouvrier ne fait pas vibrer le pèse poids.

Et si par inadvertance des épargnants retiraient rapidement ce qu’ils ont déposé à la banque, qu’adviendrait-il? L’économie de polichinelle s’effondrerait-elle?  Pas du tout! C’est que l’État et sa loi des riches, faites pour les riches, aurait ordre de renflouer les banques après avoir bloqué pendant plusieurs journées l’accès des guichets aux salariés  dépouillés, les privant de l’accès à leur carnet (Chypre, Grèce, Argentine, même combat).

Bien sûr, ce truc fonctionne une fois, ou quelques fois (chaque banque passe à la caisse de la bonne samaritaine gouvernementale)  mais au bout d’un moment la rengaine est connue et ce n’est plus possible. Ce sont des pays entiers qui basculent dans la misère. La Grèce, Chypre, les États-Unis, le Brésil, le Portugal et l’Espagne en sont arrivés là, même si vous ne le savez pas.

Il est ridicule de voir Barack Obama se comporter comme un empereur romain richissime et omnipotent avec sa flotte de guerre en décrépitude et donner des ordres aux pays endettés. On le voit menacer la Russie, fomenter la guerre au Soudan, après avoir agressé la Serbie, l’Irak, l’Afghanistan, la Géorgie, le Pakistan, le Yémen, la Libye, la Syrie et aujourd’hui l’Ukraine alors que son pays est en faillite technique et les banques américaines sur le point de déposer leur bilan…

Mais dans quel monde vivez-vous, amis petits-bourgeois à prêchi-prêcha la conciliation de classe et la fraternité humaine alors que l’incendie détruit le Reichstag et que les tours jumelles s’effondrent dans un fracas effroyable?

C’est ce que les ouvriers du monde entier doivent réaliser et affirmer. Les impérialistes étatsuniens et leur alliance agressive (OTAN) n’ont aucun autre choix que d’affronter leurs concurrents de l’alliance Russe – CEI – Chine où périr et devenir les compradores de cette alliance montante, qui demain sera l’alliance défaillante. L’alliance Russe – CEI – Chine n’a d’autre choix que de guerroyer  pour préserver ses territoires de rapine, ses terres citadines, ses espaces de spoliation de la plus-value ouvrière ou redevenir les sous-fifres des impérialistes étatsuniens et européens.

La classe ouvrière dans tout ceci ne peut espérer que de servir encore une fois de chair à canon, nucléaire à cette occasion, dans ce remake d’holocauste manigancé par des criminels de guerre. Résister ou périr  voilà l’alternative.

À SUIVRE…

VIENT DE PARAÎTRE

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER  

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 ___________________________

  1. http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads/2013/03/note_fiscalite2013-03.pdf
  2. Source : Que faire ? Vol 1. No 1. Paris. http://www.orgcomfr.com/QUE_FAIRE_01.pdf
  3. http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (5)

9782753900073_rrobertbibeau@hotmail.com 

Nous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial : 

    1. D’abord, nous avons traité des questions du sectarisme-entrisme-dogmatisme cette maladie sénile du gauchisme. Paru ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/  et ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/
    2. En prolongement du sujet précédent – nous avons abordé la question de l’unité du mouvement ouvrier. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-4/
  • Nous présentons aujourd’hui les instances de la lutte de classe : l’instance économique (le fondement), l’instance politique (décisive) et l’instance idéologique (préalable).
  1. À l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre nous présenterons nos réflexions.

 *********

 CHAPITRE 3 : LES TROIS INSTANCES DE LA LUTTE DE CLASSE

La lutte de classe dans l’instance économique

Sous l’impérialisme moderne la lutte des classes antagonistes (le prolétariat et la bourgeoisie) et les autres classes subsidiaires se développe à trois niveaux, ou, si vous préférez, sous trois instances différentes et concomitantes, intimement interdépendantes. D’abord, elle se déroule quotidiennement au niveau économique, c’est la lutte spontanée de résistance ouvrière dont la lutte gréviste pour maintenir les conditions d’exploitation de la force de travail à des niveaux tolérables et pour maintenir le pouvoir d’achat et les conditions de reproduction de la force de travail à des niveaux socialement acceptables.

Évidemment, dans les pays impérialistes avancés, une portion de la petite bourgeoisie et de la classe ouvrière industrielle bénéficient occasionnellement de conditions de vie supérieures et cela suffit pour les faire rêver d’éternité et les amener à mythifier la réalité, leur faire croire que la vie est plus aisée qu’envisagé. Un jour un crash boursier (1929), bancaire (1980 et 2008) ou une guerre (1914-1917 et 1939-1945) se charge d’effacer ces avancées salariales et sociales éphémères, payées à même les surplus de plus-value confisqués aux ouvriers des pays impérialistes dominés et néo-colonisés. Cette éphémère prospérité a été créée de manière inflationniste par le crédit bancaire incontrôlé, les budgets déficitaires et les dettes souveraines des États surendettés qui tôt ou tard vont implosés.

Depuis 2008, une telle conjoncture se dessine et vous observez l’agitation frénétique des frères convers petits-bourgeois et de leurs amis de l’aristocratie syndicale et celle des «requins» de la finance qui s’agitent pour effacer ces souvenirs amers de la mémoire de la plèbe ouvrière. Tout ceci après avoir salué la fin de la lutte des classes et la mort de Marx et du Capital qui serait obsolète alors qu’au contraire jamais ces thèses n’ont été tant d’actualité.

Aujourd’hui, la petite bourgeoisie universitaire à la tête de l’aristocratie syndicale et de toutes les factions de la petite bourgeoisie en déroute (en voie de paupérisation) reprend du service et jure ses grands dieux que la situation présente est bien différente qu’en 1970-1985 – qu’il faut faire preuve d’imagination créatrice et surtout éviter le dogmatisme, parce que la théorie du socialisme scientifique, du matérialisme historique et dialectique et la méthode marxiste et la méthode léniniste doivent être bizutées afin de les adapter aux nouvelles psalmodies de ces chantres du capitalisme «réformé» qu’ils souhaitent tellement sauvegardé (!)

En régime capitaliste, au stade impérialiste moderne, la lutte de classe sur le front économique n’est jamais terminée – jamais définitivement gagnée – elle va de flux en reflux selon la conjoncture économique. Que 30 000 mineurs sud-africains fassent grève pour des salaires légèrement supérieurs et le grand capital international – les multinationales minières et leurs succursales – attaquent les salaires des ouvriers des pays développés où le minerai (platine, or, étain, diamant, terre rare) est traité et transformés pour des marchés où les prix seront soufflés à moins que les concurrents des monopoles miniers sud-africains (concurrents chinois éventuellement) n’en profitent pour diminuer leurs prix, faire ployer le conglomérat, puis à la bourse, absorber (OPA) le monopole anglo-sud-africain en difficulté.

Et ainsi va la lutte de classe sur le front économique au sein même des rangs capitalistes monopolistes conjointement à celle qu’ils mènent – unis – tous ensemble contre la classe ouvrière «solidaire», mais jamais téméraire. Cette guerre économique spontanée que les médias «mainstream» dissimulent est le fondement de toutes les autres formes de lutte de classe, c’est la forme primale, fondamentale, primordiale, mais non décisive en terme de pouvoir et de prise de contrôle du pouvoir d’État. Les militants révolutionnaires doivent être intimement liés à ces luttes et en rendre compte parmi l’ensemble de la classe – mais en expliquant sans cesse à la classe que ces batailles spontanées sur le front économique n’auront jamais de cesse – et devront toujours être recommencés tant que la classe ouvrière n’aura pas pris le contrôle total de l’appareil d’État pour le détruire, exproprié sans compensation tous les moyens de production, d’échanges et de communication afin de construire un nouveau mode de production et d’échanges ouvrier socialiste dans un État socialiste ouvrier.

Que la guerre de classe dans l’instance économique s’envenime en France, au Québec, ou au Canada dans le domaine des alumineries par exemple, et les multinationales de l’aluminium organiseront la délocalisation de la production de France (St-Jean de Maurienne) ou du Québec (Saguenay, Alma, Shawinigan) pour transférer leur production vers Kitimat (Canada), vers la Chine, vers la Russie où ils ouvriront de nouvelles unités pour exploiter des ouvriers moins payés, moins organisés, plus réprimés et plus aisés à exploiter. Pour un temps seulement, jusqu’à ce ceux-ci empoignent leurs pancartes et leurs banderoles, s’organisent (syndicats) et réclament un meilleur salaire pour la vente de leur force de travail spoliée et broyée (1). Le fait que nous constations la syndicalisation spontanée de certaines couches de travailleurs ne signifie pas que nous endossons les bureaucrates syndicaux – gestionnaires d’affaires du lucratif marché de la main-d’œuvre syndiquée surtaxée (taxe syndicale en hausse constante).

Que la crise économique de l’impérialisme moderne s’approfondisse et le grand capital remettra en cause les concessions passées (les soi-disant acquis sociaux obtenus de l’État providence éphémère dont les bureaucrates syndicaux nous rabattent les oreilles jusqu’à plus soif) et la guerre défensive du prolétariat s’envenimera, parfois jusqu’à la grève générale, ébranlant le pouvoir des patrons – la dictature des riches sur l’appareil d’État –. Il en fut ainsi en Égypte entre 2011 et 2013, mais sans lendemain insurrectionnel malheureusement, car la révolte égyptienne resta au niveau du soulèvement économique et quand la bourgeoisie militaire comprit que les travailleurs en voulaient davantage – les militaires abandonnèrent Moubarak pour le remplacer par Sissi (Blanc bonnet pour bonnet Blanc). Voilà un exemple des limites absolues du soulèvement gréviste – contestataire spontanée – s’il ne débouche pas sur l’insurrection politique remettant en cause le pouvoir des riches sur l’appareil d’État.

La classe ouvrière de par sa position objective dans le procès de production et de reproduction du système économique impérialiste moderne est très présente dans cette guerre perpétuelle sur le front économique de la lutte de classe.

La classe ouvrière  s’est dotée d’organisation de lutte de classe que le grand capital – quasi tout puissant – s’est empressé de corrompre, de dévoyer et d’embrigader à son service. Aujourd’hui, au stade impérialiste de putréfaction de l’ordre économique, nombre de syndicats de salariés sont devenus des organisations des patrons – des courroies de transmission composées de larbins chargés de maintenir la lutte économique de classe dans les limites acceptables pour le système capitaliste; d’identifier les éléments militants et de les livrés aux sbires légaux (policiers et armée de métier) et illégaux (agences de mercenaires privés, djihadistes-intégristes, bandits de grand chemin, pègres et agences de sécurité), chargés de réprimer la guerre de classe des ouvriers et de leurs alliés. En Amérique latine par exemple il ne se passe pas une semaine sans qu’un militant syndical sincère ne soit exécuté par les escadrons de la mort des employeurs (souvent formés de policiers qui complètent ainsi leur revenu).

La classe ouvrière n’a pas besoin d’ériger son propre parti politique révolutionnaire pour mener la lutte de classe sur le front économique. La classe mène cette guerre de façon spontanée et développe instinctivement sa conscience de classe «en soi» – pour la défense de son pouvoir d’achat et la défense des conditions de reproduction de sa force de travail (retraites, services sociaux, éducation, soins médicaux, services sanitaires, culture et loisirs).

À cette instance économique de la lutte de classe le parti révolutionnaire ouvrier, à travers son organisation de masse le Mouvement révolutionnaire ouvrier (MRO) sera nécessaire pour regrouper, systématiser, radicaliser, mais surtout éclairer le sens de ces luttes éparses, sporadiques, localisées, de résistance spontanée et les porter à un niveau supérieur, vers la grève générale illimitée, puis enfin, au niveau de l’instance politique de la lutte de classe. C’est le niveau ou la classe «pour-soi» consciente de sa force, de la nécessité de ses luttes de résistance, mais aussi de leurs limites, jamais terminées, jamais gagnées définitivement, et qui doivent impérativement être dépassées et portées au niveau de l’instance politique de la lutte de classe.

Avec le concours de son parti politique de classe, le prolétariat prend alors conscience de ses intérêts de classe, c’est-à-dire de la nécessité de renverser l’ordre bourgeois, le mode de production capitaliste rendu au bout de son rouleau, incapable d’assurer la reproduction élargie de ses propres forces productives et de ses propres moyens de production, d’échanges et de communication. La classe ouvrière, de concert avec son parti révolutionnaire, organise et mène à bien la prise de pouvoir d’État. Abordons maintenant la question de la lutte de classe sur le plan POLITIQUE, l’instance décisive pour un changement radical du mode de production et d’échange.

 À suivre.

À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520 

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POUR EN FINIR AVEC PIKETTY ET SES HÉRÉSIES

piketty2

http://www.les7duquebec.com/non-classe/pour-en-finir-avec-piketty-et-ses-heresies/

Défi redoutable que de faire à la fois la critique de l’économiste et la critique de ses critiques. Nous faisons face ici à un économiste défenseur d’un capitalisme bridé et réformé, lui-même critiqué par des parangons d’un capitalisme débridé et néo libéré.  Les deux formant le chœur d’une communauté désespérée. La mission du premier est de tout mélanger pour contenter ses amis réformistes, et la mission des seconds est  de tout mystifier afin de tout justifier, le crime et le châtiment. Notre mission à nous sera de tout expliquer nous préparant à résister au moment de l’implosion de ce mode de production en fort mauvaise position.

Merci, cher lecteur, de nous indiquer les théorèmes qui ne seraient pas prolégomènes ou de nous signaler une mésinterprétation des lois de l’économie politique capitaliste, selon la théorie marxiste évidemment.

Piketty le proudhonien

À l’inverse des socialistes utopistes et en accord avec les socialistes scientifiques (Marx, Engels, Luxembourg), nous croyons que le problème du capitalisme ce n’est pas son mode de répartition de la richesse, mais son mode d’appropriation (privé) et son mode de production-reproduction de la richesse, c’est-à-dire, des marchandises transformées en capital. Les socialistes utopistes prémarxistes (1789–1867), ainsi que les socialistes utopistes postmarxistes (1867–2014) croient sincèrement au mythe de Robin des Bois. Ils souhaitent qu’un «justicier masqué» pur dur intègre chef d’un parti politique providentiel vienne sauver le rafiot capitaliste de la perdition, rappelant aux riches leur devoir de charité et de compassion. Dans le cas contraire les socialistes utopistes obséquieux – les sociaux-démocrates contrits, les gauchistes outrés, comptent bien imposer le «tintamarre des casseroles» à la populace excédée jusqu’à la soulever, indignée.

Pour notre part, à l’instar de maître Piketty, nous avons observé qu’à chaque période de croissance économique tout le monde (ou presque) en profite. Au cours des «Trente glorieuses» les capitalistes engrangeaient leurs profits et les réinvestissaient comme le leur impose les lois de la valorisation et de la reproduction élargie du capital. Les ouvriers travaillaient et exigeaient des augmentations salariales, ainsi que  des améliorations au plan social (leur deuxième source de revenus familial). Ce qu’ils obtenaient généralement, du moins dans les pays industrialisés avancés. Vous aurez remarqué que la Chine contemporaine vit présentement une telle période de «Take off» alors que l’Occident périclite irrémédiablement.

Il est à noter que les chiffres alignés par le professeur Piketty concernent fortement l’Occident même si par moment il tente d’élargir son horizon vers les pays du tiers-monde (Asie, Afrique, Amérique Latine). Car l’État providence c’était pour les sociétés dominantes et l’État policier, c’était pour les sociétés dominées. Ce n’est plus le cas à présent. Devinez pourquoi les États-Unis ont incarcéré 25% des prisonniers de la planète alors qu’ils ne constituent que 5% de la population mondiale. Vous ne percevez pas les changements qui s’opèrent ?

Nous ne croyons pas que Marx nous contredira si nous affirmons que lorsque le capitalisme prospère les salariés en profitent et la poule au pot est assurée sous la cheminée de chaque foyer. Ne comptez pas sur les ouvriers pour déclencher une insurrection dans ces conditions.

La prospérité capitaliste n’a qu’un temps

Heureusement, la prospérité capitaliste n’a qu’un temps et fort limité par-dessus le marché. Voici que de bon droit Monsieur Piketty s’interroge lui aussi sur la pérennité du modèle de croissance économique capitaliste. Pas fou le trublion, il perçoit bien que rien ne va plus et que les crises succèdent aux crises et que tout va de mal en pis aux pays de Stephen, de François, de Barack et d’Angela.

En bon petit-bourgeois universitaire – courroie de transmission – le professeur Piketty aborde le problème sous l’angle de l’équité et de la justice sociale citoyenne (la chose la moins bien partagée en ce monde de souffrance) : «Obtiennent-ils, lui et sa bande, leur juste part dans la distribution des richesses (du capital) produites et à reproduire ?» s’interroge les petits-bourgeois. (1) Et l’économiste de mesurer, de quantifier, de dresser des tableaux et de dessiner des graphiques, de chercher et d’ausculter pour à la fin redécouvrir l’évidence, celle qui crève les yeux de tout ouvrier lambda; en phase de crise économique systémique et systématique, les riches s’enrichissent et les pauvres, et la classe prolétarienne, et la petite-bourgeoisie urbaine s’appauvrissent plus vite que les riches.

Même l’ONU a su constater et quantifier ce fait avéré. Dans un récent papier, nous signalions que le monde compte désormais 11 millions de millionnaires et quelques milliers de milliardaires dont les 85 plus riches cumulent autant de patrimoines que 3 milliards d’humains sur Terre. (2)  Alors, on nous permettra de ne pas nous attarder aux simagrées des coryphées à l’effet que les salariés depuis vingt années s’enrichiraient plus vite que les capitalistes (sic). (3) Toutefois, les critiques de Thomas Piketty sont venues bien près de découvrir la faille fondamentale dans sa démonstration bancale. Nous y reviendrons.

Pour le moment, venons-en à la thèse fondamentale de l’économiste Piketty. Le professeur tente de démontrer que sur la durée, le «rendement du capital» (r) a tendance à être plus élevé que la croissance économique globale (g); donc : r > g (4) nous pourrions remplacer (r) par le taux moyen de profit global (TP) et (g)par letaux moyen de croissance du PIB mondial.

Si un seul des critiques ou des apologistes de Thomas Piketty avait connu ne serait-ce qu’un iota de la théorie marxiste il aurait déclaré antimarxiste ce socialiste utopiste proudhonien. En effet, Marx a écrit des centaines de pages pour expliquer que sous le mode de production capitaliste la baisse tendancielle du taux moyen de profit allait détruire et emporter ce modèle économique périmé. Voilà qu’un homme se lève pour contredire Marx et on le proclame marxiste ! (5)

Heureusement pour nous, les critiques éclectiques sont venues à notre rescousse. Citons une critique cinglante du modèle proposé par monsieur Piketty : «Piketty utilise des bases de calculs différentes pour le rendement (r) et la croissance (g) : l’un est en prix courants non-ajustés pour l’inflation, alors que l’autre est ajusté pour l’inflation. Cela a pour conséquence d’accentuer l’écart entre r et g. Selon les calculs de Jean-Philippe Delsol de l’IREF, en utilisant des chiffres comparables, Piketty n’aurait pas pu corroborer sa thèse». Ailleurs, le critique acerbe ajoute que : «Piketty ne tient pas compte des rendements décroissants du capital : plus il y a de capital, plus le rendement diminue. Dans ses projections, il estime que le rendement du capital ne va pas diminuer même si le stock de richesse [capital NDLR] augmente». (6)

La loi du «rendement décroissant du capital», c’est la formulation que les économistes bourgeois ont choisi afin de digérer la loi marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit. Libre à eux de choisir l’expression qui leur convient. Quant à nous, nous prenons note qu’ils adhèrent tous – sauf les socialistes utopistes – à la thèse marxiste qui va comme suit :

écrit autrement : TP = pl/ c + v

TP = Taux de profit

pl = plus-value, et c = capital constant (moyens matériels de production ou capital mort), alors que  v = capital variable ou salaire ou capital vivant. (7) Selon cette équation, si (c) augmente, le taux de profit (TP) diminuera, sauf, si le capitaliste parvient à réduire proportionnellement la valeur de (v). Le hic étant que (v) ne peut être réduit à zéro. C’est-à-dire que les ouvriers ne recevraient plus aucun salaire et devraient travailler affamés – une journée ça peut passer –, mais toute une année (?) Il y a fort à parier que la révolte gronderait dans les quartiers.

Le rendement ne peut dépasser indéfiniment la croissance

Pourtant, indéniablement, le professeur de la London School of Economics a mis le doigt sur une contradiction du système qu’il n’a pas su ou n’a pas voulu exploiter. La masse d’argent circulante augmente constamment, plus vite que les marchandises (biens et services) disponibles. Ainsi, le Banque des Règlements internationaux (BRI) annonçait 693 000 milliards de dollars US de «produits dérivés», d’éventuels Credit Default Swaps (CDS),des «actifs» sulfureux ou suspects, représentant neuf fois le PIB global des pays du monde entier. Un non-sens évidemment. (8)  Et cette masse d’actifs cauteleux, dangereux, gonflés comme des baudruches, risque à tout moment d’éclater comme la crise des «subprimes» l’a démontré en 2008. Simplement, la prochaine débandade battra la chamade.

Pourtant, depuis des années, et surtout depuis la plus récente intensification de la crise économique (2008) (r) est plus grand que (g)=r > gPiketty a raison sur sesdétracteurs, cependant, cette équation ne peut tenir longtemps. Comment résoudre ce paradoxe ?

Le critique du critique ne manque pas de démontrer que tout cela est insensé et que le rendement sur le capital ne peut pas continuellement dépasser la croissance de  l’économie en général. Si tel était le cas on se retrouverait comme le souligne un critique de l’apologiste du capitalisme : «Charles Gave explique que r et g sont deux choses totalement différentes. Si r est constamment plus élevé que g pour toutes les entreprises, on se retrouvera vite avec des profits équivalents à près de 100% du PIB, ce qui est impossible!» Pire, toutes les richesses du monde se retrouveraient éventuellement entre les mains d’une poignée de spéculateurs avec plus rien à se partager pour les autres facteurs de production. (9) Marx se serait donc trompé, le taux de profit augmente sans cesse et ne diminue jamais (?)

Que nenni, désolé de vous détromper. La baisse tendancielle du taux de profit, résultante de l’augmentation de la composition organique du capital est bien réelle et confirmée. En voici l’équation :

(10)      ou écrit autrement   co =  c/v

co =  composition organique du capital.  c = capital constant (investissement ou moyens de production) et v = capital variable (salaires ou capital vivant).

L’arnaque qui a prolongé l’agonie du monde capitaliste

Mais les capitalistes monopolistes en déroutent ont été forcés par les lois obligées du système impérialiste d’organiser deux parades pour tenter de contrer cette loi inexorable qui les entrainent dans la panade.

1) D’une part, ils ont opéré la fusion du capital marchand, du capital industriel et du capital bancaire pour former une seule masse de capital intégrée, globalisée, et mondialisée, le capital financier. Cette opération de fusion s’est faite via les banques d’affaires et d’investissements, principalement depuis l’entre-deux-guerres mondial. Elle a été bien décrite par Lénine dans son œuvre L’impérialisme stade suprême du capitalisme. Analyse que nous avons actualisée récemment. (11)

2) D’autre part, et par la suite, les capitalistes monopolistes financiers ont opéré la séparation du capital financier (toutes les formes de capital, soient les papiers sur ordre ou effets de change ou actions et obligations, les produits dérivés et le crédit sous ses multiples dénominations, etc.) et du capital argent circulant, créant ainsi le capital financier boursier de pacotille, souvent adossé à rien du tout – que du vent spéculant qui un jour s’évaporera comme il est venu – de nulle part. Cette opération de scission officielle des attaches obligataires obligatoires entre les valeurs monétaires et les valeurs boursières s’est faite vers 1973 lors de la répudiation des Accords de Breton Woods. (12)

Veuillez prendre note chers lecteurs, que ce n’est pas l’abrogation des Accords de Breton Woods qui a libéralisé le crédit et décharger les banquiers des contraintes normatives concernant l’obligation de conserver sous forme monétaire, sous voûtes, une certaine proportion des épargnes accumulées et surtout qui contraignait les banques centrales des États souverains – au premier chef les États-Unis d’Amérique – à garantir la convertibilité en or des avoirs de leurs partenaires commerciaux payés en dollars ($), monnaie aujourd’hui suspecte ou honnie. C’est exactement l’inverse qui s’est produit. Toutes ces choses étaient déjà abandonnées dans les faits, depuis des années. L’entente de répudiation de cet ensemble de traités est venue entériner et  légaliser ces pratiques courantes et généralisées.

Voilà pour les oracles qui, comme monsieur Piketty, croient pouvoir imposer aux maîtres du monde une taxe globale sur le capital de 80% et davantage, ou une taxe Tobin sur les transactions financières (déjà en vigueur, incidemment, sous le nom de commission), avec l’aide des altermondialistes, des indignés, des socialistes utopistes et des gauchistes de tout acabit en poussant dans le dos des gouvernements à la solde du capital. L’adjudant n’ordonne pas au commandant. C’est le commandant qui ordonne au régiment. Il n’en va pas autrement en politique, les gouvernants nommés ou élus ne commandent pas aux «grands électeurs» milliardaires. Le reste n’est que frime électorale. (13)

Sur ce point précis, les critiques du critique «marxiste» (sic) ont totalement raison de s’offusquer : «La redistribution [par la taxation du capital NDLR] aurait comme impact de nuire à l’investissement et, par ricochet, à la croissance future (sic). Elle réduira les incitatifs à prendre des risques pour créer de la richesse (sic). La prise de risque par les entrepreneurs en quête d’enrichissement est un moteur important d’innovation (…) et ils ajoutent, hargneux, que : «C’est d’ailleurs ce que démontrent les tableaux suivants, qui comparent la croissance des revenus pour la population de pays plus inégaux à celle de pays où davantage de redistribution prévaut. On constate que les revenus croissent plus rapidement dans les pays où les inégalités sont plus élevées, même pour les plus pauvres» (14). Vite que l’on s’appauvrisse afin de pouvoir s’enrichir serions-nous tenté de clamer après cette piteuse démonstration. En effet, le polémiste a raison, il y a toujours des miettes qui tombent de la table des puissants dont se repaissent les indigents. Quoi qu’il en soit – la redistribution d’une richesse inexistante – fumeuse et évanescente ne peut pas être la solution aux problèmes de croissance.

La richesse – le capital – dont on parle n’existe pas

Donc, Monsieur Piketty se retrouvait devant deux univers économiques divergents – quasi, étanche apparemment – (ce qui n’est pas le cas toutefois – les deux économies sont bien interreliées comme vous le verrez) –.

  1. D’un côté, le monde des capitalistes de la finance et de l’argent facile, omniprésent, omnipuissant, disponible infiniment – promesses de hauts rendements et de risques de placements déments. Leur cycle s’écrit (R), pour rendement de pacotille, gonflement des dividendes et des actions inflationnistes. Le monde de l’économie virtuelle, irréelle et improductive dit les économistes lucides, et ils ont raison.
  2. De l’autre côté du miroir, le monde de ce que les économistes utopistes appellent la «vraie» économie, celle de la production stagnante, du chômage et de ses ravages, de la surproduction dans un monde de famine; et de la dilapidation des ressources au milieu de la rareté; du gaspillage des moyens de production et des forces productives. Le monde du capital productif en définitive, mais gaspillé et inemployé, parce qu’à court d’occasions d’affaires, à court de marchés.

Bien entendu, l’essaimage de nouvelles monnaies de pacotille, de «monkey money», de quantitative easing (QE), la diffusion du crédit à profusion, sans provision, a permis de faire tourner le «mobile» et d’acheter du temps avant l’implosion de la «matrice», mais pour encore combien de temps ? (15)

C’est le cri d’alarme que lance gauchement le professeur Piketty, croyant naïvement que le problème en est un de distribution de la richesse alors que le problème en est un de production de la richesse. Nous l’avons démontré, quand il y a prospérité économique capitaliste et production – mise en marché – de marchandises capitalisées – la richesse se répartit, inégalement c’est évident, mais il y en a assez pour tous ces gens. Même les assistés sociaux reçoivent leur pitance de l’État providence. La classe ouvrière, qui n’est ni cupide ni envieuse, se contente de ce qu’il lui faut pour vivre et se reproduire.

Tout ceci est présentement remis en cause non pas parce que les riches sont très riches et que les pauvres sont de plus en plus pauvres, mais parce que ceux qui dirigent vraiment les gouvernements, les capitalistes monopolistes, ne sont pas dupes. Ils savent que cette explosion des valeurs boursières qui fait gonfler temporairement leur patrimoine d’actions bidon tire à sa fin et que la difficile réalité de la baisse tendancielle du taux de profit et de l’impossibilité de valoriser le capital accumulé va les rattraper. L’austérité frappe à la porte des possédants après avoir détroussé les salariés.

Bon diagnostic mauvais pronostique

Le professeur Piketty, et ses égéries ne se sont pas trompés de diagnostic, ils se sont trompés de pronostic. Le professeur Piketty a compris que la bourgeoisie a rompu le contrat social qui la lie aux gagnes petits. Ce contrat social, tacite, jamais écrit, mais toujours compris, stipule que le travailleur offre sa force de travail contre salaire (temps nécessaire) et qu’il abandonne son surtravail (plus-value) au propriétaire des moyens de production; qui, de son côté, doit faire fructifier-valoriser ce capital spolié au monde du travail, pour un nouveau cycle profitable. Ainsi va la vie dans la «patrie» du capital.

La classe capitaliste monopoliste mondialisée, globalisée, interreliée ne parvient plus à remplir sa part du contrat social. Elle ne parvient plus à valoriser – reproduire –, enrichir de plus-value – le capital que par ailleurs elle continue d’accumuler, en papiers «mâchés», à la bourse déglinguée – en dehors des circuits de production, de valorisation et de capitalisation.

C’est que le système capitaliste est condamné à échouer et à s’enliser. Plus l’ouvrier est productif, plus il fabrique de marchandises dans un laps de temps déterminé, plus il devient inutile et se sent menacée puisqu’à la longue sa production excède la demande sociale solvable. Pourtant, l’entrepreneur fera tout pour l’obliger à augmenter sa productivité. L’entrepreneur y est contraint par les lois du marché et de la reproduction élargie. Cependant, plus l’ouvrier remplit sa mission de production tel qu’exigé par son patron et  plus il est menacé d’être congédié pour sa trop grande productivité. Par ailleurs, si dans l’usine d’à côté, un ouvrier ne parvient pas au même standard de productivité il sera lui aussi congédié pour rentabilité insuffisante. À terme, l’esclave salarié est condamné à la mendicité par ce mode de production déséquilibré.

Ici, l’économiste bourgeois futé, qui nous attendait dans ce dernier droit, nous expliquera que les emplois perdus ici seront récupérés là-bas à l’anode positive de l’entreprise florissante en pleine croissance. Ce qui est faux. Chacun l’aura constaté, le nouvel emploi créé est très souvent délocalisé, vers les pays impérialistes émergents aux salaires de misère (v), ce qui fait que le pouvoir d’achat de l’ouvrier d’ici ne sera jamais rétabli et que lui et sa famille seront appauvris. Par contre, la menace est grande que l’ouvrier n’accepte pas cette rupture de confiance. Les conditions de l’insurrection se précisent au fur et à mesure que l’économie dépérit. Ne préjugez pas des probabilités d’insurrection ouvrière d’après ce que vous avez vu jusqu’à présent, mais d’après ce que vous pouvez subodorer pour l’avenir.

Le système économique capitaliste, à son stade impérialiste, n’a pas été créé pour produire des marchandises, mais pour produire du capital, à valoriser et à reproduire de manière augmentée, et s’il ne sait plus le faire il devra se taire et nous laisser faire. Nous, ouvriers, avons un plan pour une société sans propriété privée des moyens de production, sans capital, une société collectivisée, planifiée, intégrée, globalisée, mondialisée, sécuritaire, écologiste et sans misère pour les prolétaires, ces damnés de la terre.

  1. La petite-bourgeoisie pervertie et trahie (25.12.2013) http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-petite-bourgeoisie-pervertie-et-trahie/   et deuxième partie de l’article http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-petite-bourgeoisie-pervertie-a-trahi-2e-partie/
  2. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/austerite-mon-oeil-ah-oui-vraiment/ et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-speculation-boursiere-entraine-la-crise-financiere/ et http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/reguler-les-banquiers-cest-reve-eveiller/
  3. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/les-critiques-de-thomas-piketty/
  4. r = le rendement du capital investi (RCI) est une mesure clé de la performance et de la santé financières d’une industrie. C’est un ratio qui indique l’efficacité et la rentabilité des investissements en capital d’une entreprise ou d’une industrie. On le calcule en divisant le bénéfice avant intérêts et impôts (BAII) par la différence entre le total des actifs et le passif à court terme. Source : http://www.ccfm.org/ci/rprt2005/French/pg89-115_5-3-3.htm   g = Le taux de croissance est un indicateur économique utilisé pour mesurer la croissance de l’économie d’un pays d’une année sur l’autre. Il est défini par la formule suivante qui relie les produits intérieurs bruts (PIB) de l’année N et de l’année N-1 Voir la formule ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Taux_de_croissance
  5. http://fr.wikipedia.org/wiki/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit
  6. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/les-critiques-de-thomas-piketty/
  7. http://www.wikirouge.net/Baisse_tendancielle_du_taux_de_profit
  8. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/reguler-les-banquiers-cest-reve-eveiller/ et http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html
  9. http://institutdeslibertes.org/piketty-ou-quand-un-oint-du-seigneur-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis/
  10. http://www.wikirouge.net/Composition_organique_du_capital et   «La composition du capital se présente à un double point de vue. Sous le rapport de la valeur, elle est déterminée par la proportion suivant laquelle le capital se décompose en partie constante (la valeur des moyens de production) et partie variable (la valeur de la force ouvrière, la somme des salaires). Sous le rapport de sa matière, telle qu’elle fonctionne dans le procès de production, tout capital consiste en moyens de production et en force ouvrière agissante, et sa composition est déterminée par la proportion qu’il y a entre la masse des moyens de production employés et la quantité de travail nécessaire pour les mettre en oeuvre La première composition du capital est la composition-valeur, la deuxième la composition technique». Le Capital livre I, Chapitre XXV, Karl Marx.
  11. Bibeau, Robert (2014) Manifeste du parti ouvrier. Publibook. 186 pages.  
  12. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073
  13. Le lecteur peut consulter ces tableaux sur le webzine : http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/les-critiques-de-thomas-piketty/
  14. Les grands électeurs sont des personnalités du monde politique étatsunien qui ont pour tâche de nommer le Président des États-Unis en respectant ou non le vœu exprimé par l’électorat.
  15. Il n’est pas difficile de comprendre que plus une population est pauvre, plus la moindre aumône accroit proportionnellement sa dotation.Ainsi, pour deux milliards d’humains sur Terre, vivant avec moins de 2$ par jour, une augmentation de revenu de 1$ par jour constitue une hausse de 50% de leur revenu, qui reste tout de même un salaire de famine.http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/les-critiques-de-thomas-piketty/
  16. Un mobile est un jouet tournant dans la chambre d’un enfant afin de l’endormir et la matrice est une expression de science-fiction, un avatar, une forme évoluée d’univers numérique virtuel interconnecté. Quantitative easing  http://en.wikipedia.org/wiki/Quantitative_easing
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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (4)

9782753900073_rrobertbibeau@hotmail.com

 Nous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

  1. D’abord nous avons traité des questions du sectarisme-entrisme-dogmatisme cette maladie sénile du gauchisme. Paru ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/  et ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/ Et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/
  2. En prolongement du sujet précédent – nous abordons aujourd’hui la question de l’unité du mouvement ouvrier.
  3. Nous présenterons ensuite les trois instances de la lutte de classe
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre nous présenterons nos réflexions.

 

*********

 

CHAPITRE 2 : L’UNITÉ DU MOUVEMENT OUVRIER

 

L’unité des révoltés

En ces temps politiques difficiles, en cette période où la crise économique étale ses ravages parmi la classe au travail, les «militants» de la ‘Réserve’ s’éveillent à la lutte de classe.

Plusieurs, après avoir répudié la classe des ouvriers, après avoir renié Marx, le Capital, Lénine, Que Faire?, après avoir célébré l’éternité du régime capitaliste des exploités, avaient décidé, il y a des années, de se planquer dans un emploi bien payé; d’autres, de retourner à l’université ou dans une ONG subventionnée; de redécouvrir la Terre et l’éco-vert; de se retraiter, ou de devenir fonctionnaires engagés ou intellectuels brocardés dans ses pensées, tout en haut des «Tours d’argent» universitaires. Quelques-uns sont même devenus curés, marguilliers, illuminés, ou encore porte-parole de Québec Solidaire, du NPD, du NPA, de Lutte Ouvrière, ou des Verts, etc.

La reprise soudaine de la crise les a pris au dépourvu et les a éveillés, sinon réveillés de leur torpeur. Les revoici donc, telles des fleurs printanières sur Cythère, de retour dans l’arène et sur la scène, comme du temps de leur gloire passée (1970-1985), ces affreux oublieux, comme si de rien n’était, de leurs reniements et de leurs méfaits. Surmontant le sectarisme, le dogmatisme et l’entrisme peut-on et doit-on reconstruire l’unité de la «gauche» éclectique?

Les questions pertinentes et importantes

Les questions sous-jacentes à cette lutte pour l’unité sur le front idéologique de la lutte de classe sont : 1) Doit-on s’unir? 2) Dans quel but doit-on s’unir? 3) Avec qui doit-on s’unir? 4) Sur quels principes idéologiques et politiques doit-on s’unir? Abordons chacune de ces questions par un tour d’horizon.

Doit-on s’unir ?

Il va de soi que l’on doive unir les forces militantes avec le mouvement ouvrier. Unis et nombreux nous serons plus valeureux pour affronter l’adversité, dont la dominatrice classe capitaliste monopoliste qui commande la classe bourgeoise en entier, y compris ses sous-fifres petits-bourgeois qui trainent de ci de là. La fraction monopoliste financière de la classe bourgeoise commande à la police, à l’armée, à la justice, aux prisons, aux nervis, en bandes armées-privées, aux politiciens affidés, aux parlements et aux gouvernements d’État.

N’importe quel militant est bien conscient que, réunis, nous saurons mieux riposter à leurs menées. Quand la réponse à une question paraît si évidente qu’elle fait l’unanimité, alors que bien peu de gens l’ont pratiqué, c’est probable que nous nous sommes gourés. Nous n’avons pas posé la bonne question en premier.

Dans quel but et avec qui doit-on s’unir ?

Si notre camarade, juste à côté, souhaite s’unir pour réformer le système capitaliste afin d’alléger la peine des déshérités, d’atténuer les souffrances des paupérisés, de faciliter le calvaire des ouvriers, au milieu de cette société d’opprimés, vous comprendrez que nous ne pouvons nous associer. Pourquoi peiner et militer pour prolonger cette vie de dégénérer aliéné, cette vie d’ouvrier spolié? Nous le voudrions que nous ne le pourrions. La crise économique emportera le «wagon» de la dépression jusqu’en enfer et qu’est-ce que le «réformiste» pourra y faire, sinon comme les curés, jadis, supplier le désespéré d’endurer son sort jusqu’à la mort pour gagner l’éternité. Loin de nous ce calice que nous ne saurions boire.

Tous auront compris que c’est le but visé, l’objectif du projet collectif de classe, qui impose ses règles d’unité. Si je souhaite la révolution prolétarienne, le reversement total du système impérialiste et son remplacement par le projet socialiste planifié, je ne puis m’unir avec les membres du Parti Libéral, du Parti Conservateur, du Parti Québécois, de Québec Solidaire, du NPD, de l’UMP ou du PS. Il en est de même pour les camarades de France, d’Allemagne, d’Italie, de Tunisie, du Maroc et d’Algérie, etc. car les militants de ces partis politiques bourgeois n’ont pas du tout les mêmes objectifs que moi.

Un camarade convaincu que «l’union fait la force» répliquera qu’il faut unir toute la gauche progressiste. Un projet impossible à réaliser car en réalité c’est l’union des révolutionnaires qui fait la force des révolutionnaires. Unir des révolutionnaires avec des réactionnaires ne fait que les affaiblir réciproquement. Unir des militants ouvriers qui veulent en finir avec l’exploitation, l’oppression, l’aliénation de leur classe et en finir avec ce régime social qui ne fonctionne plus, unir ces gens avec des partisans électoralistes-utopistes qui souhaitent réformer le système capitaliste pour lui donner un nouveau souffle et pour lui faire exprimer plus de «justice» et plus d’«équité» sociale (sic) ne pourra jamais fonctionner.

Les militants pour l’«unicité concertée» ne sont jamais à bout d’arguments, tant ils tiennent à être nombreux dans leur camp (électoralement parlant). Ils argueront que l’on doit unir les «masses populaires» derrière le char des «révolutionnaires», et alors solidaires (sic), tous ensembles, ils remporteront les élections et le contrôle des organisations ouvrières, syndicales, associatives, populaires, populistes, sportives et caritatives (!) Rêve chimérique qui chaque fois qu’un parti de gauche s’est approché du pouvoir ce fut pour s’y brûler les doigts et dégénérer dans la fosse aux élections, au compagnonnage et aux prébendes payantes.

Pour s’unir il faut se démarquer. Ceci signifie que le révolutionnaire résiliant doit patiemment et pour longtemps s’assurer que les ouvriers (la seule classe authentiquement révolutionnaire jusqu’au bout car il en va de son intérêt bien compris) aient eu le temps de comparer et de se faire un jugement parmi toutes les idées qui lui sont présentées au combat, à propos de la nature et des objectifs ultimes de la Révolution socialiste et de ceux qui la préparent et la défendent.

Il est facile de comprendre que le NPD et Québec-Solidaire ne sont pas des regroupements révolutionnaires mais il est beaucoup plus difficile de percevoir que certains groupuscules de la soi-disant gauche radicale et libertaire ne le sont pas davantage même quand il porte le nom de socialiste ou de communiste. Il est compliqué de séparer le bon grain de l’ivraie, considérant toutes ces étoiles filantes qui surgissent au firmament de l’agitation des «masses populaires, étudiantes et ouvrières». Le temps du moins que la bourgeoisie ait ordonné à son État policier et à ses infiltrés au sein des associations de quartiers et des groupuscules d’agités d’écraser ces velléités des révoltés. Ceci ne surviendra qu’a l’approche de l’insurrection alors il deviendra aisée de se départager. D’ici là, ceux qui ont compris que le mode de production impérialiste en est à son terme définitif et qu’il ne peut que péricliter jusqu’à nous entraîner dans la guerre mortifère et la misère en sont quitte pour poursuivre leur propagande et leur agitation ouvrière sans le soutien des opportunistes, des réformistes, des anarcho-syndicalistes et des socialistes utopistes.

Les principes qui fondent l’unité des ouvriers

Ce n’est qu’à ce moment et pas avant, quand l’État aura choisi de sortir son artillerie contre les «malappris» que la classe ouvrière se rapprochera de ceux qui offriront l’unique solution à toute cette misère, la voie révolutionnaire. La classe ouvrière se cherchera alors des meneurs disposés à tout sacrifier pour changer le monde entier. L’État des riches le sait et il se croit prêt à affronter la marée des insurgés. Âmes éplorées, prière de dégager. Ce que l’État bourgeois ne sait pas c’est qu’au moment de l’insurrection son état de gouvernance aura changé et qu’il n’est pas du tout assuré qu’il aura encore la capacité de gouverner et de réprimer. Nous y reviendront au chapitre sur la Révolution d’Octobre en Russie.

La question fondamentale n’est donc pas de «diriger» les révoltés mais de savoir où leur conseiller d’aller, pourquoi, et pour quoi faire? Si la révolution doit nous diriger vers une nouvelle société d’exploiteurs et d’exploités, alors pourquoi changer? Pourquoi tous ces atermoiements qui nous attendent pour simplement changer de maître et retourner à nos souffrances?

Seuls les principes du socialisme scientifique et du marxisme révolutionnaire peuvent nous guider dans cette odyssée – et l’unité des insurgés doit et devra se forger sur ces principes scientifiques et sur nul autre. Sans théorie révolutionnaire, pas de révolution, disait un auteur célèbre. C’est tout simplement l’expérience du mouvement ouvrier révolutionnaire qui nous l’a enseigné. Réformer et tenter de réchapper le capitalisme, ou le renverser pour édifier une nouvelle société, un nouveau mode de production et d’échanges, collectif et planifié, voilà le dilemme qui devra servir de fondement à l’unité de la classe et des militants avancés. Comme disait Lénine, le prolétariat doit «faire sienne cette idée que le mouvement de la dialectique historique nous impose de réfléchir sur ce principe fondamental du marxisme voulant que seul le parti politique de la classe ouvrière, c’est-à-dire le parti communiste, soit en mesure de grouper, d’éduquer et d’organiser l’avant-garde du prolétariat et de toutes les masses laborieuses. Cette avant-garde est seule en mesure de résister aux inévitables oscillations petites-bourgeoises de ces masses, aux inévitables traditions et récidives de l’étroitesse corporatiste ou des préjugés corporatistes dans le prolétariat, et de diriger toutes les activités de l’ensemble du prolétariat, c’est-à-dire le diriger politiquement et par son intermédiaire, diriger toutes les masses laborieuses» (1).

L’unité ne peut se forger qu’entre ceux qui, ici et aujourd’hui, prennent l’engagement sincère, pérenne et résiliant de marcher avec les ouvriers sur les sentiers de traverse jusqu’au sommet des barricades où les insurgés auront levé le drapeau rouge de la liberté de classe. Que jamais l’oubli – second linceul des mots – ne recouvre ce serment.

 À SUIVRE…

VIENT DE PARAÎTRE

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER 

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073

  1. V. Lénine (1921) Avant-projet de résolution au Xe Congrès du parti communiste de Russie sur les déviations syndicaliste et anarchiste dans notre parti. Œuvres complètes. Moscou.
  2. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-4/
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Coucou

 

coucouUn bonjour rapide à toute l’équipe des rédacteurs et commentateurs.

Je ne vous oublie pas , mais n’ai plus une minute à moi (j’ai meme oublié l’anniversaire de Mon Jojo national).

Bises à mon Panda adoré et toi, Rex (bises aussi), je suis sur Paris en Novembre pour le concert des grosses canailles, si tu es dans le coin par rapport à ton travail……………

Grosses bises à tous et promis, je vous « ponds » un article dans l’été

Bye bye

P.S Je te téléphone rapidement Patrick, promis promis.

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L’AUSTÉRITÉ EST UNE RÉALITÉ, PAS CELLE QUE VOUS CROYEZ!

Depensesgouvernementalesrobertbibeau@hotmail.com

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/austerite-mon-oeil-ah-oui-vraiment/

 Je cite un auteur qui s’étonne que les mesures d’austérité annoncées par les différents gouvernements ne fassent pas s’effondrer les dépenses étatiques. L’auteur se désole et fulmine : «Quelle austérité? Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des peanuts» [les coupures proposées NDLR], et l’auteur de poursuivre : «le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On le voit très précisément sur le graphique. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés». L’auteur conclu que : «Carlos Leitao (ministre des Finances du Québec), annonce la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité» (1).

Cet auteur pense, comme bien des gens ordinaires, que l’État (celui du Québec, du Canada, des États-Unis, de France, d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, de Belgique, etc.) est dirigé par le gouvernement du peuple, élu par le peuple et pour le peuple. Que cet État, au-dessus des luttes de classe et des contingences économiques peut faire ce qu’il désire à condition d’en avoir le courage et la détermination.

Aucun État, nulle part dans le monde, ne correspond à cette fricassée publicitaire que l’on enseigne dans les universités, dans les écoles et sur les parvis des églises et des mosquées.

L’État dans toute société de classes est l’État-major – le lieu du pouvoir de la classe dominante. C’est le Conseil d’administration des patrons – des milliardaires et des entreprises privées – et cet État est assujetti aux lois économiques générales dont il ne peut disconvenir sous peine de faillir, qu’il ne peut transgresser sans crainte de s’effondrer.

Tous auront remarqué que le système économique mondial subit les contrecoups de crises systémiques globalisées et mondialisées. L’État du Québec (8 millions d’individus) ne fait pas exception. La crise mondiale ne trouve pas son origine en Ungava ni sur la rue Saint-Jacques à Montréal où il se brasse trop peu d’affaires pour interférer sur la santé économique du monde entier. L’économie québécoise comme celle de chacun des autres pays est intégrée – globalisée – mondialisée et interdépendante.

Depuis Robert Bourassa (ex-premier ministre du Québec), chaque gouvernement québécois a annoncé qu’il mènerait des études, des révisions de programmes, des analyses fiscales, des commissions d’enquêtes (dont la commission de la libérale Forget) pour étudier les coupures à opérer, les programmes à abolir, le dégraissement de dépenses étatiques à exercer et les taxes et les impôts à augmenter (traduction libre de l’expression candide : «réformer la fiscalité»).

Le résultat est connu – péquistes ou libéraux – les dépenses gouvernementales ne cessent de croître – lentement mais sûrement ! Pourquoi le grand capital a-t-il tant de difficulté à disloquer l’État providence des années soixante et à imposer sa dictature austère à imposer l’État-policier? C’est que dans les pays développés comme le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’État fournit presque la moitié du très modeste revenu d’un prolétaire ordinaire et davantage pour un sous-prolétaire. Sans mot dire, dans l’ensemble des sociétés impérialistes nous assistons à la transformation de l’État libéral bourgeois en État impérialiste corporatiste (l’opération est quasi complétée). On constate ce processus par l’accélération de la tendance à la prise en charge par l’État de l’entretien et de la reproduction de la force de travail. L’État impérialiste assure une part grandissante du revenu des ouvriers, via les prestations de revenus indirects et même par le salaire direct (L’État étant le plus grand employeur dans tous ces pays). Bien entendu que l’État gruge ces revenus autant qu’il peut le faire tant par la dégradation des prestations sociales, la réduction des services de santé et d’éducation, qu’en augmentant les impôts que paient les travailleurs (2).

Pourtant, on est loin du soi-disant désengagement de l’État néo-libéral dont les gauches de toutes espèces nous rabattent les oreilles. C’est tout le contraire. On a vu l’ampleur de l’engagement de l’État des riches en ce qui concerne le sauvetage des banques et des institutions du secteur financier en 2008. On le voit maintenant dans la restructuration des rapports de production et dans la prise en charge d’une part croissante du revenu ouvrier et salarié, c’est-à-dire dans l’entretien et dans la reproduction de la force de travail.

Si demain l’État des riches, au Québec, au Canada, en France ou aux États-Unis, en Algérie, au Maroc, en Belgique, coupait ses dépenses de 50%, ce sont des dizaines et des centaines de milliers d’emplois qui seraient abolis, des centaines de milliers de travailleurs consommateurs qui n’auraient plus un sou pour acheter-consommer et des milliers d’emplois qui seraient ensuite abolis dans les magasins et dans les usines de production de marchandises. Des centaines de milliers de petits propriétaires hypothéqués qui rendraient les clés de leurs condos et de leurs propriétés et des dizaines de banques qui feraient faillite croulants sous les créances impayées. Cette catastrophe économique entraînerait l’effondrement des revenus (taxes et impôts) des États bien au-delà de la baisse de la moitié des dépenses planifiées, ce qui signifierait que même dégraissé de la moitié de ses dépenses, le budget de l’État, ramené à celui des années soixante, entraînerait tout de même un déficit budgétaire étatique. Il suffit de visiter la Grèce où de telles coupes budgétaires (moins drastiques toutefois) ont été imposées pour comprendre que de jeter 50% de la population d’un pays dans l’indigence ne constitue pas une solution à la crise économique et sociale capitaliste.

Je conviens facilement avec l’économiste en herbe, que je citais plus tôt, que de poursuivre les programmes de dépenses gouvernementales tels que nous les connaissons actuellement ne pourra mener qu’a l’effondrement – mais plus tard et plus catastrophique. Bref, présentement, les États capitalistes achètent du temps – un sursis – avec leurs politiques de ralentissement des dépenses de programmes. Mais ils ne peuvent absolument pas faire autrement, car si les ouvriers grecs n’ont pas détruit leur État des riches rien ne certifie que si tous les prolétaires d’Europe étaient soumis aux fourches caudines de l’oligarchie – il ne se produirait pas un grand soulèvement continental.

Le contrat social capitaliste a été rompu – l’ouvrier est disponible et disposé à travailler et à se laisser exproprier sa plus-value; le capitaliste est disponible et disposé à investir son capital pour le valoriser et le reproduire, pourtant, les occasions d’affaires profitables sont inexistantes, et «l’argent-capital fantôme» erre sur le parquet des bourses du monde – insolvables et imbuvables attendant que de s’effondrer. Les rapports de production capitaliste entravent le développement des forces productives et la valorisation du capital disponible. Le système capitaliste et l’État capitaliste ont failli et doivent être remplacés par un nouveau mode de production globalisé, collectivisé et planifié.

  1. http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/austerite-mon-oeil/#comment-94927
  2. Extrait P. 138, tiré du MANIFESTE DU PARTI OUVRIER  
  3. http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073
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Le manifeste du Parti Ouvrier (3)

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant spécifiquement sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

  1. D’abord, la question du sectarisme, maladie sénile du gauchisme.  Paru ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/  et ici  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/
  2. ensuite, en prolongement du sujet précédent – nous aborderons la question de l’unité des forces de la gauche ouvrière.
  3. Nous présenterons ensuite les trois instances de la lutte de la classe ouvrière : l’instance économique, politique et idéologique.
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre, nous partagerons cinq leçons de cette révolution prolétarienne.

 

*********

 CH 1 : LE SECTARISME MALADIE SÉNILE DU GAUCHISME (suite et fin, 3)

 Contre le dogmatisme

Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule. Le sectarisme fait bon ménage avec le dogmatisme dont il est une composante implicite. Le dogmatisme est le compagnon de route du sectarisme et du gauchisme sénile.  Le corpus théorique communiste – le matérialisme historique et dialectique – la méthode marxiste et la méthode léniniste sont des guides pour l’action prolétarienne, tant dans l’instance de la lutte économique, que politique et idéologique.

Selon le dictionnaire, le dogmatisme est la propension à donner à ses opinions et à ses  raisonnements un caractère affirmatif, impérieux, péremptoire et rigide n’admettant aucun  déni, aucune contrepartie. Pour nous, marxiste, le dogmatisme est autre chose. Le  dogmatisme  c’est la sclérose de la pensée, l’interdiction d’évoluer et d’actualiser les études théoriques élaborées par les classiques, toujours valables, mais demandant parfois une mise à jour. Nous sommes venus à cette conclusion après avoir bien observé la société contemporaine et nous n’y avons rien trouvé de fondamentalement différent, dans les grands principes économiques, politiques et idéologiques,  que ce que les classiques ont décrit il y a cent ans et même avant. L’apparition des technologies de l’information a facilité et accéléré les échanges financiers, mais ils n’ont pas altéré la nature inflationniste des processus spéculatifs. Ces changements quantitatifs et normatifs n’ont pas entraîné de changements qualitatifs, des changements dans la  nature des choses.

Une manifestation fréquente du dogmatisme  consiste à utiliser l’extrait d’un texte classique d’une égérie marxiste, tiré d’un capharnaüm et visant à clore le débat et à ensevelir les arguments de l’adversaire sous une pierre tombale bancale. Citation n’est pas démonstration et si la citation, sortie de son contexte, prouve quelque chose, c’est souvent l’ignorance et le manque d’arguments scientifiques du transcripteur.

Ainsi, faut-il introduire des termes comme impérialisme moderne et spéculation boursière, fraudes et paradis fiscaux, inflation, dépression, monnaie de singe (monkey money) et pyramide de Ponzi, dans l’économie politique marxiste alors que Marx n’a peut-être jamais utilisé l’un ou l’autre de ces termes ? Nous pensons que ces concepts, parfois nouveaux, et qui décrivent correctement des phénomènes économiques récurrents doivent être intégrés à l’économie politique scientifique marxiste. Faire autrement serait dogmatique (1).

Les cercles d’études marxistes

Nombre de militants prétendent qu’il faut aujourd’hui se remettre à l’étude des classiques  marxistes et en débattre en cellule d’usine, en unité de travail ou en comité de quartier. Cet exercice est gros du danger de dogmatisme pédant et ronflant. Étudier des extraits des classiques en dehors de tout contexte de lutte de résistance militante et d’une problématique de lutte concrète et immédiate risque de mener droit à l’intellectualisme bourgeois. Marx expliquait que le temps n’était plus à étudier le monde, mais à le transformer, en l’étudiant bien entendu, mais pour le comprendre et le changer.

Il est absolument nécessaire que ceux qui entreprennent la lecture de textes des classiques le fassent dans un contexte de luttes présentes et actualisées et que la lecture amène l’écriture de textes contemporains sur les problématiques présentes. Tout militant doit se commettre et se compromettre sur le front de la propagande partisane. Au Canada, un Centre Internationaliste d’études marxiste interdit à ses conférenciers de présenter de nouvelles idées et de nouveaux textes marxistes, exigeant que le célébrant psalmodie les textes classiques hors contexte. Le résultat en est que les thuriféraires qui se soumettent à cet exercice dogmatique  connaissent peu ou prou la science marxiste et présentent des travaux ampoulés – pompeux – et creux, sans intérêt pour faire avancer la lutte de classe présente et pour transformer le monde. Pire, nous avons observé que ceux qui se contentent de réciter les textes de l’anthologie marxiste, sans en appliquer les principes et les concepts à l’actualité, comprennent peu ou prou ces abrégés tirés des anthologies.

Au Canada, depuis quelques années, un débat fait rage à propos de la question nationale québécoise et amérindienne. Le prolétariat doit-il soutenir le combat pour le droit de la nation québécoise à disposer d’elle-même jusqu’à y incluant la sécession ? D’une certaine façon ce débat nationaliste chauvin au Québec repose la question des luttes de libération nationale dans les pays du tiers-monde (2).

En société bourgeoise, c’est la bourgeoisie qui détermine sur quel terrain elle attaquera le prolétariat et un militant de l’opposition de gauche n’a pas la possibilité de s’éclipser. Si les ouvriers sont interpellés sur ces questions chauvines, xénophobes et nationalistes réactionnaires, nous nous devons de riposter sur ce terrain de lutte. Toute autre attitude serait sectaire. Le courant de la gauche ne peut s’échapper de cet épineux problème tout comme il ne peut esquiver cette question sous un catalogue de citations des classiques marxistes. Si la bourgeoisie après un siècle de mystification, continue à plastronner à propos des luttes de libération nationale bourgeoise et à les confondre avec la lutte pour l’émancipation du prolétariat mondial c’est qu’elle perçoit qu’il y a là un terrain de confusion pour notre classe et notre devoir de militant est de l’y confronter et de battre la bourgeoisie et ses contingents gauchistes séniles sur ce terrain théorique spécifique.

Voilà un exemple ou le dogmatisme guette l’exégète. La lecture des classiques est fort utile, mais se révèle insuffisante. La plupart des textes classiques sur les luttes de libération nationale bourgeoise datent d’avant 1950, l’époque du vaste mouvement de la pseudo émancipation des nations colonisées, passant les unes après les autres du statut de colonie au statut de néo-colonie, parfois même au statut de pays capitaliste émergent sous le mode de production impérialiste hégémonique. Dans les pays du Sud notamment, la  fraction des capitalistes compradores coloniale a été partout délogée du pouvoir pour être remplacée par une faction bourgeoise nationale sous la botte des puissances impérialistes anciennes ou nouvelles. En Afrique du Sud, le prolétariat en fut quitte pour retourner croupir dans les puits de mine, et en 2012, après s’être rendu compte de la supercherie de la «décolonisation bourgeoise post apartheid», les mineurs entrèrent en grève illégale et 75 ouvriers furent assassinés par les soldats à la solde des Afrikaners et de leurs alliés capitalistes noirs de l’ANC.

Plus d’une centaine de nouveaux pays sont apparus, issus des luttes de libération nationale chauvines, souvent au prix d’immenses sacrifices ouvriers (Corée, Vietnam, Algérie, Congo, Albanie, etc.) et pourtant, pas un seul de ces pays capitalistes néo-colonisés n’est devenu un pays ouvrier socialiste.

Nul analyste classique n’a bénéficié de cette immense expérience accumulée pendant cette soi-disant «Ère de la décolonisation tiers-mondiste des non-alignés» des soixante dernières années (1950 – 2010). La lecture des classiques ne suffit pas, et il serait dogmatique de prétendre le contraire. L’Échec complet et systématique des dizaines de mouvements de libération nationalistes bourgeois dans autant de pays néo-colonisés, jusqu’à la débandade  totale de la lutte de «Libération nationale bourgeoise» du peuple palestinien, embourbé dans une guerre fratricide entre bandes rivales et par de pseudo et ridicules négociations de «paix» (sic) étriquées qui n’intéressent que les personnalités alignées pour la curée. Pendant 66 ans les ouvriers palestiniens emmurés n’auront connu que la misère, l’oppression, l’exploitation, la spoliation et l’occupation coloniale et on leur propose aujourd’hui l’occupation néocoloniale avec des garde-chiourmes choisis parmi l’écurie des accrédités par les colonisateurs impérialistes dont les sionistes israéliens.

L’anti-dogmatisme consiste à introduire les militants à l’étude d’événements récents pour les amener à réfléchir, à l’aide de textes classiques notamment, sur les causes de ces échecs répétés et la façon d’y remédier dans l’intérêt de notre classe ouvrière révolutionnaire.

Pour qui renie le sectarisme et le dogmatisme, l’histoire enseigne qu’aucune lutte de Libération d’une nation n’a donné autre chose que la «libération» de la bourgeoisie nationale et le changement de la garde et n’a jamais assuré l’émancipation du prolétariat ni l’édification du socialisme. L’émancipation de la classe ouvrière internationale sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même et surtout pas l’œuvre de la bourgeoisie nationale chauvine, xénophobe, raciste et spoliatrice.

Chacun peut le constater dans les pays européens où certaines factions des bourgeoisies nationales en voie de paupérisation tentent de mobiliser la classe ouvrière pour qu’elle prenne parti en faveur de leur fraction nationaliste contre les plus grands oligopoles menant ramage à l’international. Le chômage et la peine sous Marine Le Pen, ou encore le chômage et la peine sous les grands monopoles internationaux, quelle différence pour l’ouvrier spolié et  endetté ?

Les larbins de la gauche bourgeoise l’admettent et le constatent : «Un peu partout dans le monde, des oligarchies de toutes sortes monopolisent le pouvoir politique, la plupart du temps en manipulant les exercices électoraux. Le droit de vote devient une mauvaise joke devant le fait que c’est le 1 % qui contrôle tout. La caricature étant la «démocratie» aux États-Unis, une foire d’empoigne des millionnaires eux-mêmes marionnettes des milliardaires».

Cet amer constat n’empêche pas les sectes opportunistes-réformistes de construire des châteaux en Espagne pour les travailleurs désemparés pour le jour où le grand capital (ce qu’ils appellent le 1%) leur prêtera le pouvoir politique, que les riches monopolisent, admet le manant, en cachant pourtant que ce pouvoir repose sur un pouvoir économique immensément plus grand, dont il est le fondement, et celui-là inutile d’y penser, il faudra le leur arracher – le leur exproprier. Le sectarisme dogmatique consiste à refuser le débat avec ceux qui refusent l’ode à la démocratie bidon où les ouvriers pauvres ne seront jamais que la chair à canon et les pions pour les guichets de votation. Dire le contraire serait sectaire (3).

 À SUIVRE…

VIENT DE PARAÎTRE

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER  

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073

 

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (2)

9782753900073_rNous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant spécifiquement sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

 1) Le problème du sectarisme cette maladie qui sévit depuis des décennies dans le mouvement ouvrier. Le premier article est paru ici.

2) Ensuite, nous aborderons la question de l’unité des forces ouvrières.

3) Nous présenterons les trois instances de la lutte de classe.

4) Nous présenterons cinq leçons apprises de la Révolution d’Octobre

 LE SECTARISME MALADIE SÉNILE DU GAUCHISME (la suite-2)

 Le sectarisme c’est…

Le sectarisme, c’est s’émouvoir de l’opinion d’un ouvrier parce qu’elle diffère du consensus imposé à l’assemblée. Le sectarisme, c’est brimer le droit de parole dissidente au nom de l’unicité de la pensée soporifique et de la ligne politique unique. Le sectarisme, c’est refuser de participer à une assemblée, à un colloque, à un débat, à un forum, sous prétexte que des représentants anarchistes, révisionnistes, sociaux-démocrates, opportunistes, réformistes, altermondialistes et écosocialistes prendront la parole pour fabriquer du consentement stérilisant.

Depuis dix ans nombre d’organisations de la gauche bourgeoise et leurs militants ont refusé de discuter avec nous, de débattre avec nous. Ces grands «démocrates» (sic) nous ont interdits à leurs colloques et leurs forums populaires. Ils nous ont rayés de leurs listes de diffusion et de leurs médias sociaux. Ils ont refusé de recevoir notre littérature militante et nos analyses politiques de principe, manifestant ainsi leur sectarisme et exprimant leur étroitesse d’esprit et leur allergie envers une confrontation idéologique de principe. Les sectaires psalmodient «Vive la démocratie» et ils lancent les mêmes querelles et ils appliquent la même censure que les médias et les organisations bourgeoises.

Le sectarisme est unilatéral et chimérique

Le sectarisme se caractérise par la mesquinerie qui porte les associations sectaires à analyser les événements historiques et les luttes de classe d’un point de vue unilatéral et chimérique. Une secte se demandera toujours jusqu’à quel point tel ou tel combat lui aura permis de progresser et de recruter de nouveaux affidés, alors que les marxistes se demanderont plutôt jusqu’à quel point cette bataille a aidé la classe à progresser dans sa conscience vers l’émancipation.

Le sectarisme c’est juger un camarade ou un groupe par association en se basant sur des rumeurs, des «on dit que» et autres flagorneries. Le sectarisme c’est suivre aveuglément un chef de bande et citer Marx, Engels, Lénine et d’autres classiques et se donner raison par comparaison. Ce que tu écris et comment tu agis parlent si fort camarade que je n’entends plus ce que tu dis.

Le sectarisme c’est renoncer à défendre une position politique prolétarienne sous prétexte de préserver l’unité de la secte. Un exemple : L’«embourgeoisement» (gentrification) du tissu urbain est inacceptable pour les ouvriers et pour les pauvres chassés de leurs foyers. Mais pas question de démontrer comment ce phénomène se répand et s’épand dans un quartier et dans une ville s’il faut mettre en cause le gouvernement, l’État et le système capitaliste décadent, ce qui bien entendu risquerait de froisser leurs agents qui subventionnent généreusement l’organisation sectaire. Le sectarisme c’est soutenir un point de vue erroné par solidarité communaliste avec un ami ou un membre de sa fratrie.

Le sectarisme est une tactique politique petite-bourgeoise qui origine de la faiblesse théorique des gourous des sectes éclectiques. Le sectarisme surgit quand un parangon désire maintenir son emprise sans partage sur ses catéchumènes. Il les éloigne ainsi des influences prolétariennes «malsaines» (sic). Le sectarisme a complètement contaminé tous les cercles de la gauche depuis que l’Opposition de Gauche a été chassée de la IIIe Internationale. Même l’Opposition de gauche, par réaction grégaire, est tombée dans ce travers.

Partout où notre classe sue et peine, argumente et débat, cherche sa voie et s’interroge sereine, les ouvriers marxistes révolutionnaires seront présents et interviendront chaque fois que nécessaire. Ainsi, en Bretagne, des régionalistes bretons se sont amenés aux manifestations de notre classe avec leur drapeau nationaliste. À nous, ouvriers marxistes, de proposer notre drapeau internationaliste et nos slogans anticapitalistes. Au Québec, quand les étudiants ont hissé le carré rouge de la résistance sur le front économique de la lutte des classes, des nationalistes chauvins sont apparus, avec leur fanion Fleur de lys royaliste et ont perturbé les échauffourées, ce qui n’a pas fait fuir les marxistes révolutionnaires qui au contraire sont demeurés au cœur de la lutte avec nos frères, les étudiants progressistes.

Pourquoi les ouvriers révolutionnaires abandonneraient-ils le soutien à l’organisation et éventuellement la direction (au moment de l’insurrection et pas avant) du mouvement de révolte prolétarien et populaire aux différents contingents bourgeois nationalistes et aux crétinistes parlementaires? Le sectarisme serait ici de capituler, de quitter le champ de bataille et d’abandonner notre classe à l’ennemi irrédentiste.

Le nécessaire travail militant dans les assemblées populaires

Défendre le point de vue ouvrier marxiste et promouvoir la lutte de classe sur le front économique, politique et idéologique dans les organisations de masse, les syndicats et les forums populaires et de quartier ne signifie nullement adhérer aux idées petites-bourgeoises conspiratrices propagées dans l’une ou l’autre de ces assemblées. C’est plutôt refuser d’abandonner notre classe à la propagande bourgeoise. Ce n’est pas au contingent de rejoindre son adjudant, mais au sergent de rejoindre son régiment.

Il faut être conscient qu’en société bourgeoise, la classe capitaliste possède l’hégémonie en tout et sur tout, c’est la classe dominante, ce qui est lourd de conséquences. Un partisan marxiste risque de se retrouver isolé, ostracisé et démuni s’il s’exclut lui-même des réunions syndicales ou de quartiers et des événements politiques organisés par la gauche bourgeoise où inévitablement des idées erronées, puériles, contres-révolutionnaires, réformistes, opportunistes, économistes, anarcho-syndicalistes ou électoralistes seront propagées. Le 1er mai, organiser une manifestation séparée de celle appelée par les centrales syndicales et par les partis de la gauche bourgeoise est un exemple de comportement sectaire. C’est parmi notre classe que nous devons être présents et pas isolés avec quelques lumpens prolétaires libertaires dans un cul-de-sac pour être incarcérés par les policiers.

Comment les camarades marxistes apprendront-ils à renforcer leurs liens avec notre classe ? Comment apprendront-ils à contrer les arguties de la petite bourgeoisie ? Comment apprendront-ils à polémiquer, argumenter, démontrer, étayer, prouver la vérité à propos de ces choses masquées par les agents de la bourgeoise infiltrés dans nos rangs?

La lutte de classe sur le front de la pensée, de la propagande, de la théorie et de l’idéologie est une composante essentielle de la lutte de classe du prolétariat. La participation à cette lutte nous incombe à nous ouvriers marxistes au même titre que le combat sur le front économique et politique de la lutte des classes. Cette lutte idéologique doit être menée dans toutes les assemblées et dans toutes les organisations, sur les médias sociaux, dans les manifestations ouvrières, les assemblées et forums populaires. Le gauchiste qui refuse de polémiquer, d’argumenter, d’étudier et de débattre avec des militants sur les grands événements de notre temps est un sectaire qui doit être dénoncé pour tel.

Contre l’entrisme

Polémiquer, débattre scientifiquement, rigoureusement, argumenter dans une assemblée populaire de quartier, dans une rencontre d’ouvriers, dans un colloque de militants, dans un congrès universitaire ou un forum populaire, dans un regroupement de syndiqués et une assemblée étudiante ne constitue pas de l’entrisme sectaire, mais bien plutôt un travail d’agitation et de propagande légitime et nécessaire pour un ouvrier marxiste révolutionnaire.

L’entrisme est une tactique petite-bourgeoise qui consiste à infiltrer les organisations populaires, populistes, de quartier, syndicales, sociales, communautaires, étudiantes afin d’en prendre la direction.

Dans les années 1970-1980, au plus fort de la précédente vague opportuniste-réformiste, certaines organisations de la gauche bourgeoise ont tenté de s’emparer du contrôle d’associations populaires, d’assistés sociaux, de regroupements de sans-abris, de comités de locataires et d’ONG féministes. Un groupe trotskyste avait pris le contrôle d’un grand syndicat d’enseignants de la région de Montréal, alors que deux groupes maoïstes se sont concertés pour s’emparer de la direction d’une section régionale d’une centrale syndicale nationale. Seule une mésentente sectaire sur le partage des postes de bureaucrates syndicaux à pourvoir a empêché les deux sectes de se hisser sur la chaise de capitaine syndical régional.

Nous vivons sous la dictature de la bourgeoisie qui possède la totale hégémonie sur les organes de pouvoir politique et économique. Quiconque tente de s’emparer de la direction d’une association populiste, d’une organisation féministe, d’une mairie, d’un conseil municipal, d’une association caritative, d’un club de l’âge d’or, ou d’un club de bridge doit présenter patte blanche et manifester son ferme propos de s’amender et de ne rien perturber du fonctionnement normal de la société bourgeoise et surtout jurer fidélité à l’ordre établi.

Si les magouilleurs entristes-sectaires respectent l’ordre établi et gèrent la succursale qui leur a été temporairement confié, comme le ferait un bureaucrate syndical ou un administrateur d’ONG subventionné, ou comme le ferait un président d’association croupion, alors rien à craindre, le parangon sectaire pourra faire carrière bien payée dans cette organisation. Il chaut peu à l’État bourgeois que le petit potentat se coiffe d’un béret de Che Guevara ou d’un bonnet d’âne pourvu qu’il fasse le travail comme l’entend l’État bourgeois. Si d’aventure, le chef de la clique entriste ne respecte pas la loi bourgeoise et ne se soumet pas aux préceptes capitalistes il sera répudié, rejeté, écarté par la direction régionale, provinciale, nationale, fédérale ou internationale, quand ce ne serait pas par la base populiste elle-même, une fois revenue de sa torpeur, suite à ce coup de force à la tête de l’organisation moron. Les chefs des grandes centrales syndicales nationales québécoises, qui avaient temporairement oublié ce précepte fondateur de la légitimité bourgeoise, ont échoué en prison le temps de leur faire entendre raison… Ce qui ne fut pas long!

Il faut comprendre que ce n’est qu’au moment de l’insurrection ouvrière et populaire, quand l’ordre bourgeois craquera de toute part, que l’État bourgeois dépassé et désarticulé volera en éclats, que la population refusera d’être gouvernée par ces impotents, que les ouvriers révoltés chercheront une alternative au pourvoir bourgeois, que l’hégémonie idéologique, théorique, politique, et surtout que l’immense pouvoir économique capitaliste se sera effondré, dans une crise anarchique sans précédent; ce n’est qu’à ce moment que la conscience de classe en soi et pour-soi du prolétariat, faisant un bond prodigieux, aura atteint un niveau suffisant pour concevoir et vouloir tout le pouvoir pour les soviets ouvriers, comme forme spécifique de la dictature du prolétariat. Alors il sera temps, et alors seulement, pour la classe (et non pas pour les apparatchiks d’un parti politique) de s’emparer de la direction des organes du pouvoir politique, militaire et économique (surtout).

Les ouvriers marxistes seront-ils prêts à fournir l’expertise pour suggérer les voies de l’édification socialiste? La prochaine fois que l’ordre bourgeois éclatera, la société capitaliste à son stade impérialiste aura atteint le plein développement de ses forces productives et de l’évolution de ses rapports de production, au point de ne pouvoir survivre à son effondrement. Deux modes de production opposés et contradictoires ne peuvent ni ne doivent coexister. L’avènement de l’un signifie l’achèvement de l’autre. Où alors, ce sera partie remise, et il faudra comme la dernière fois (1917) attendre la prochaine opportunité révolutionnaire. Ce n’est pas pour s’emparer de quelques postes de direction et pour jouer les fonctionnaires de la gauche à la solde du capital que doivent s’activer les militants marxistes, mais pour se préparer à soutenir la classe dans sa conquête de tout le pouvoir politique et économique. Ce n’est pas la classe qui est au service du parti, mais le Parti révolutionnaire qui est au service de la classe révolutionnaire (le prolétariat).

Il n’est d’aucun intérêt de pratiquer l’«entrisme» dans les organismes bourgeois pour aller y vendre ses services aux opportunistes et aux réformistes gauchistes qui se soumettent à l’idéologie dominante avec un petit côté revendicateur, hargneux et coléreux. Ils réclament plus de réformes dans l’espoir de sauver le capitalisme, ce qui est absolument impossible. La bourgeoisie ne le peut pas et son aile gauchiste en est tout aussi incapable. Ce n’est pas pour réparer les injustices du système capitaliste que nous œuvrons à sa destruction, mais simplement parce que ce mode de production est rendu au bout de son évolution. Il est devenu inopérant. Il ploie sous ses contradictions et ne parvient plus à assurer sa reproduction élargie. Il est paralysé, ne peut plus se développer et il se traîne de crise en crise à la recherche d’une chimérique solution à ses contradictions insolubles.

Ainsi, à l’élection des députés à l’assemblée de l’Union européenne, une secte de gauche revendiquait une hausse généralisée du SMIC, alors qu’une autre clique réclamait l’augmentation des salaires, tandis qu’une troisième secte exigeait un emploi pour tous les travailleurs. C’est devant les usines en grève que ces revendications doivent être menées et gagnées (si elles le peuvent). La bourgeoisie vit de l’exploitation du travail salarié. Si elle pouvait mettre tous les salariés au travail pour leur arracher de la plus-value elle le ferait. Ces sectes d’opportunistes croient qu’il suffit d’exiger des hausses de salaire pour les obtenir. De fait, ces sectes gauchistes savent que ces revendications électoralistes futiles ne visent qu’à accaparer le vote de quelques désespérés, pour s’enfuir ensuite avec le poste de député. N’allez pas débattre de tout cela avec ces sectaires, ils refuseront de rendre compte de leur trahison.

Toutes ces expériences ratées d’«entrisme» dans les organisations de masses et communautaires, syndicales, d’ONG subventionnées et d’associations populaires, doivent-elles amener le militant marxiste révolutionnaire à se retirer sur ses terres pour construire sa ferme bio sur une commune rurale, où à s’assembler en micro cellule dans la cave de son condo et fuir toute organisation, assemblée, colloque, forum, association ou manifestation gauchiste tel un esthète monastique ?

Certainement pas! Partout où notre classe est niée, diffamée, exploitée, rejetée, aliénée, galvaudée, trompée, partout où elle résiste farouchement, confusément, chancelante, hésitante nous y serons. Pas devant la parade –pas pour le moment– mais parmi eux, en plein milieu, écoutant, analysant et fournissant les mots d’ordre unificateurs appropriés qui font avancer le combat et fructifier la conscience de classe. Menant le coup de pierre et érigeant la barricade parmi eux. Le sectarisme, maladie sénile du gauchisme, c’est d’abandonner notre classe aux charlatans de la misère et de la guerre mortifère.

 À SUIVRE…

VIENT DE PARAÎTRE

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER 

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Réguler les banquiers, c’est rêver éveillé !

banquiers3«Après le 15 septembre 2008, date de la faillite de la banque Léman Brothers − marquant le début de la crise systémique – de nombreux économistes ont souligné la fin du consensus de Washington, mais sont totalement passés à côté du problème financier.  Je rappelle que c’est l’hypothèse de l’efficience du marché selon laquelle les actifs financiers sont voués à être valorisés à leur valeur intrinsèque qui a conduit à la suppression des contrôles réglementaires» (1).

Auscultons cet extrait d’analyse (ci-haut) afin de démontrer de quelle façon les économistes classiques parviennent à tout emberlificoter, à dire, se dédire et à médire. La soi-disant «hypothèse» de l’efficience des marchés (sic) doublée de l’hypothèse de «la valeur intrinsèque des actifs financiers» (resic) sont deux mensonges communément acceptés dans la communauté d’affaires et les milieux bancaires. La tâche de l’économiste bourgeois est de répandre ces deux fadaises parmi le public des benêts lambda qu’il nous croit.

«Que l’on soit clair dès le début, la régulation financière est une urgente nécessité et je suis un ardent défenseur de Bâle III, mais force est de constater aujourd’hui son échec bien que cet accord ait résolu le problème le plus urgent en supprimant le risque d’effet domino d’une faillite d’une grande institution en organisant le principe des chambres de compensation» (1).

Il faut être un farceur pour présenter le cataplasme des chambres de compensation – qui ne compenseront rien dès que la crise prendra de l’ampleur – comme étant la solution au problème des débiteurs insolvables. Qui l’économiste cherche-t-il à berner?

«Cependant, le point qui n’a pas été résolu concerne le fonctionnement de la finance actuelle, je pense, en particulier aux contrats sur produits dérivés et surtout aux Credit Default Swaps (CDS) qui permettent aux banques de ne plus assumer le risque de crédit en privatisant les profits et socialisant les pertes. Le Comité aurait dû mettre en place un processus dissuasif pour les comportements dangereux, car, sur ce point précis, rien n’a changé et, plus grave encore, le danger que représentent les produits dérivés ne cesse de croître» (1)

Enfin, l’économiste, dont le rôle dans la vie est de s’étonner candidement de la «naïveté» feinte des banquiers et des fonctionnaires affrétés, accrédite la fable que cette fumisterie financière procède d’un malentendu qu’il est possible de corriger avec un peu de bonne volonté.

L’économiste, parfaitement conscient du drame qui se trame, déclare :

«Comme l’illustre le graphique ci-dessous, et contrairement aux idées reçues, les volumes de ces contrats ont été très peu impactés par la crise et repartent même à la hausse depuis 2012 [puis  il ajoute]  d’après la BRI, la valeur notionnelle des contrats de produits dérivés sur les marchés financiers internationaux est passée de 10 000 milliards de dollars en 1986 à 693 000 milliards de dollars fin juin 2013, plus de neuf fois le PIB de la planète! Plus inquiétants encore, ces contrats sont concentrés au sein de 16 organismes financiers, et quatre banques aux USA totalisent 219 798 milliards de $ de contrats sur produits dérivés sur un total de 237 000 milliards de $. La Banque des règlements internationaux reconnait que 7% à 8% de ces montants seulement sont utiles à l’économie réelle en permettant au marché de s’assurer contre des fluctuations de prix, le reste étant de la pure spéculation financière!»(1)

Peut-on être plus limpide? Que pourra faire une quelconque «chambre de compensation» le jour où l’une de ces quatre banques frauduleuses (puisqu’elles vendent du vent aux compagnies d’assurance et aux fonds de gestion des régimes de pension) fera défaut d’honorer ses créanciers pour ces «produits financiers» envolés en fumée ? Comprenez que chacune de ces banques et de ces organismes financiers sont imbriqués les uns dans les autres de manière totalement inextricable. Si en 2008 la faillite de Léman Brothers n’a pas fait s’effondrer le château de cartes financiers, c’est que les montants encourus étaient modestes (quelques dizaines de milliards de dollars).

À la lumière de ces chiffres astronomiques, il est probant que le système économique capitaliste n’est pas confronté à un quelconque dysfonctionnement sporadique et fluctuant  sur lequel un comité mondial d’experts ou un organisme de régulation transnational pourrait circonvenir pour le masquer et le régler. Quand les «actifs financiers», censés concrétiser des actifs productifs réels, font dix fois la taille des biens mobiliers et immobiliers qu’ils sont censés représenter et que seuls 7% à 8% de ces montants fictifs sont réellement adossés à des valeurs tangibles et monnayables, il n’y a plus rien à dire et plus rien à faire que de laisser braire et attendre l’effondrement inéluctable.

Toute cette pyramide de Ponzi spéculative mondiale est totalement hors contrôle et ne peut pas être amendée. Si demain les directeurs d’organismes internationaux – à supposer qu’ils en obtiendraient l’autorisation de leurs patrons – les banquiers compromis et faillis – mettaient fin à la mascarade boursière délirante et rétablissait les contrôles et interdisaient définitivement ces arnaques sur produits boursiers sulfureux, c’est l’économie entière de la planète qui s’effondrerait. Ils sont condamnés à laisser-faire et leurs seules préoccupations sont de savoir comment distraire les salariés par des matchs de football et de hockey ; une crise en République Centre-Afrique, au Mali et en Libye ; un coup d’État en Égypte ; Boko Haram les sanguinaires et la révolte des Russes d’Ukraine avant l’effondrement du gouvernement mafieux, etc.

Pouvez-vous imaginer voir disparaître 600 000 milliards de dollars «d’actifs boursiers» (sic) en quelques heures ? Savez-vous, chers lecteurs, qu’une bonne partie de cette fumisterie boursière est réalisée à partir de l’argent de vos régimes de retraite et des hypothèques payés par les travailleurs (les 7% à 8% de valeurs tangibles parmi cette pacotille spéculative) ?

L’économiste peut bien déchirer sa chemise et implorer le bon sens et la mansuétude des banques! Elles sont prisonnières de cette souricière que le système – le mode de production, d’échanges et de communication impérialiste privé – leur a  confectionnée. Les lois de fonctionnement du capitalisme mènent tout droit à cette arnaque et nul ne peut enrayer ou contrevenir à ce mouvement, quand bien même tous les gouvernements de la planète le souhaiteraient.

Revenons à notre économiste démuni et contrit qui constate amèrement et nous prouve par des chiffres mirobolants l’inéluctable absurdité de ce système économique en débandade.  Il révèle que :

«Par exemple, JP Morgan totalise environ 70 088 milliards de $ de produits dérivés avec une exposition totale sur crédit de 303 milliards de $, soit 183 % de son capital selon le dernier rapport de l’OCC, l’Office of the Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US [de quelle tutelle parle-t-on ici ? NDLR]. Je signale qu’une partie des CDS est adossée aux crédits immobiliers qui connaissent aujourd’hui encore des taux de défaillance records avec un taux officiel de 8,2 % sur un montant global de 4200 milliards de $. A la fin du dernier trimestre 2013 aux USA, 1352 procédures de saisies immobilières étaient mises en place chaque jour. La crise est donc loin d’être terminée et le chômage continuera d’augmenter» (1).

Ces 1352 saisies quotidiennes, ce sont, la plupart du temps, 1352 familles américaines qui se retrouvent à la rue sans logement? Chaque jour ce drame se renouvelle aux États-Unis, en Espagne, au Portugal, au Brésil et dans nombre d’autres pays à travers le monde. Vous comprendrez que les pleurnichages des « indignés », des libertaires, des altermondialistes, des éco-socialistes, des bureaucrates syndicaux, des sociaux-démocrates électoralistes, ne sont d’aucun secours pour ces miséreux. Croyez-vous sincèrement que ce système économico-politique peut continuer à sévir et à détruire nos familles et s’en tirer comme si de rien n’était?  Si vous le croyez, vous vous trompez, soyez-en assuré.

  http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/bale-iii-autopsie-d-un-echec-153142

 VIENT DE PARAITRE : MANIFESTE DU PARTI OUVRIER   http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (1)

9782753900073_rNous amorçons aujourd’hui la publication d’une série de neuf (9) articles portant spécifiquement sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier et populaire :

  1. D’abord le problème du sectarisme cette maladie qui sévit depuis des décennies parmi la gauche et au sein du mouvement. Une maladie de la phase sénile du gauchisme et qui mine l’unité du mouvement ouvrier.
  2. Ensuite, nous aborderons la question de l’unité des forces ouvrières.
  3. Nous présenterons les trois instances de la lutte de classe : l’instance économique, politique et idéologique. L’action militante prendra différentes tangentes.
  4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’Octobre, nous présenterons cinq leçons apprises de la Révolution bolchévique.

*********

CHAPITRE 1 : LE SECTARISME MALADIE SÉNILE DU GAUCHISME

Le sectarisme c’est…

Le sectarisme caractérise une attitude intolérante, étroite d’esprit en matière idéologique et politique. Le dictionnaire ajoute qu’un sectaire est dogmatique, qu’il n’admet aucun compromis, et qu’il refuse d’entériner l’opinion d’autrui. Enfin, le sectaire proclame détenir la vérité et connaître la seule théorie capable d’expliquer l’historicité de l’humanité. Tous auront compris que cette définition doctorale est parfaitement adaptée à l’idéalisme bourgeois qui aime bien présenter ses milliers d’idées approximatives, fautives et votives comme autant de dénis du sectarisme et comme autant de preuves de sa libéralité d’esprit, sachant pertinemment que de toute manière nul ne pourra s’y soustraire.

Le complément étant que : « Chacun a raison et toutes les opinions se valent à l’aune du jugement de frivolité ». Ergotez, manants, il en restera toujours quelque chose. Le bourgeois connait son pouvoir et il sait que de toutes les idées qui peuvent germer « spontanément » dans la tête des gens, la plupart seront redevables à sa propagande. Le Bourgeois gentilhomme croit que la science des idées n’existe pas et que l’univers n’est qu’irrationalité relative, mouvante, impénétrable et inaltérable. L’opinion de chacun serait le fruit de son imagination et vaut autant que celle de tout un chacun : « Tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil » pourvu qu’il se plie à la dictature de la bourgeoisie qui détient le portefeuille, l’antenne de télévision, le goupillon, la police et la « justice » pour faire triompher LA vérité de la classe bourgeoise.

En d’autres termes, que chacun déblatère pour analyser et expliquer le monde pourvu qu’il ne tente pas de le transformer ni de le gouverner, déclame le bourgeois lucide. Plus loin nous vous proposerons une autre définition du sectarisme que ce salmigondis pour érudits.

Le sectarisme est une maladie dégénérative

La maladie du sectarisme a été inoculée dans le mouvement de la gauche internationale par les intellectuels bourgeois et les progressistes contaminés par la pensée et  l’idéologie moniste et les pratiques communalistes et communautaristes propres à la petite bourgeoisie et aux lumpens prolétaires. Le sectarisme a pris de l’extension dans les rangs des salariés après les grandes défaites ouvrières subséquentes à la Révolution bolchévique d’Octobre et suite au reflux conséquent du mouvement ouvrier mondial (nous traiterons de ces questions dans la quatrième partie de cette série).

D’instigatrice et de moteur du mouvement révolutionnaire, dans les pays de la vieille Europe notamment, la classe ouvrière fut par la suite relégué au rang de spectateur, de faire valoir, de meneur de claques, d’afficheur et de marcheur, de distributeur de journaux, de porteur de bannières dans les manifs, et de foule anonyme d’électeurs et d’électrices pour les partis sociaux-démocrates, socialistes, «communistes révisionnistes», frontistes et populistes, etc.

La petite bourgeoisie courtisane, intellectuelle, syndicale, affairiste, électoraliste, dirigeante d’ONG et d’organisations communautaires populistes, s’est engouffrée dans les organisations de masse de la gauche plurielle et multicolore, imposant son idéologie, sa pensée et sa méthodologie qui ne pouvaient être prolétariennes puisque ces gens ne connaissaient rien à la classe ouvrière. Aujourd’hui, ces altermondialistes, ces anarchistes, ces nationalistes, ces socialistes, ces écologistes, ces frontistes populistes, ces anarcho-syndicalistes font carrière à la gauche de l’échiquier politique bourgeois, chacun dans leur cellule communautaire sectaire, attendant que la bourgeoisie daigne les appelés à partager une parcelle de son pouvoir.

Il n’y a rien d’étonnant là-dedans, rien de surprenant dans cet engouement des sous-fifres de l’aile gauche politique pour l’endoctrinement et l’embrigadement des travailleurs. Ce qui étonne c’est que les forces marxistes révolutionnaires plutôt que de demeurer sur place, parmi les ouvriers, à se colletailler pour présenter l’idéologie marxiste, se sont retirés dans leurs tranchées sans regimber, abandonnant la classe à la mouvance opportuniste et réformiste gauchiste.

Il faut noter que toutes ces organisations communautaires et populaires de la gauche sectaire présentent quelques caractéristiques similaires :

  1. Une ligne politique opportuniste, économiste et réformiste qui fait consensus puisque la révolution ouvrière est niée ou remise aux calendes grecques.
  2. Des méthodes organisationnelles laxistes, communalistes, communautaristes
  3. et claniques.
  4. La lutte de classe anémiée, étouffée, muselée, réprimée au nom de l’unicité de la pensée : « Pas de polémique dans l’organisation unifiée par sa ligne politique opportuniste, économiste et réformiste unique ».
  5. La lutte de classe est remplacée par l’agiotage, les rumeurs, les ragots, le trafic d’influence, l’échange de votes et de postes  cooptés «Tu me grattes le dos, je te frotte la bedaine». Ton ennemi est mon ennemi et ton ami est aussi mon ami.

Dans une organisation opportuniste canadienne, les militants avaient droit à des sessions de réflexion sur la façon de s’emparer de la direction d’un conseil syndical régional, seule, ou en concertation avec une autre organisation de la gauche populiste réformiste. Voilà le type de « lutte de classe » que mène une organisation sectaire.

Les organisations de la gauche sectaire sont obnubilées par le nombre de militants enrégimentés et disposés à voter pour leurs candidats. Cette lubie du nombre est reliée à l’impérative nécessité du marchandage électoral. Les organisations sectaires ont leurs vedettes éphémères, un outil indispensable en campagne électorale bourgeoise pour qui  désire s’emparer de la direction d’organisations de masse, d’organisations populistes et négocier la répartition des postes de permanents rémunérés.

Les organisations de la gauche sectaire font consensus à propos des pseudos luttes féministes totalement déconnectées des combats pour l’émancipation de toute la classe ouvrière (femmes et hommes) et contre l’exploitation et l’aliénation capitaliste source profonde de l’oppression des femmes. Ces écervelées oublient que le patriarcat n’est qu’une forme particulière de l’exploitation capitaliste. Il n’est pas sectaire de présenter l’impérative nécessité de mener la lutte de classe sur tous les fronts. Les batailles stylistiques et orthographiques féministes, futiles et mesquines, dont sont friands les syndicalistes d’affaires et certaines organisations populaires, n’ont rien à faire avec la lutte de classe pour s’emparer du pouvoir d’État qui abolira le patriarcat et expropriera l’immense fortune des patriarches rentiers et rentières, en même temps que le pouvoir capitaliste privé sur les moyens de production et d’échanges.

Le consensus est complet parmi les organisations opportunistes, réformistes et populistes sectaires sur la nature  providentielle et paternelle de l’État des riches (l’État providence). Les sectaires pensent que cet État dévoyé peut parfois dévier de sa route de neutralité, mais que de bonnes élections devraient le remettre dans la bonne direction au service des citoyens et des citoyennes. Les militants de gauche n’ont pas à respecter ce consensus chimérique et ils ont pour devoir de démasquer l’État bourgeois partout où des travailleurs s’assemblent sous la gouverne de ces organisations de la gauche prostrée en train de pleurer sur la déchéance de  l’État des riches.

Le sectarisme est anti-ouvrier

Ainsi, une organisation politique sectaire n’est pas une organisation de classe, mais un regroupement d’individualistes unis par leurs centres d’intérêt disparates, leurs passe-temps, leurs lieux de travail, leurs relations sociales, leurs quartiers, leur statut d’emploi précaire, leurs loisirs menacés, tous amalgamés selon le plus petit commun dénominateur idéologique et politique – qui en société bourgeoise ne peut être que politiquement bourgeois.

Ainsi, tous les amis de la fratrie organisationnelle conviendront que les politiques et les mesures d’austérités sont à dénoncer et tous seront invités à pleurer sur la lâcheté de l’État des riches  qui ose tolérer depuis des années les échappatoires et les paradis fiscaux. Le petit bourgeois remédiera à cette injustice inéluctable par la puissance des bulletins de scrutins. Et les libertaires sectaires seront  heureux de leur fait de collusion et de leur méfait de propagande. Ils ont accrédité la petite bourgeoisie universitaire qui a pleurniché sur les iniquités et laissé supposer que l’on pouvait régler cette spoliation de classe par des machinations et des tractations électorales.

Le consensus politique sectaire suppose que nul ne remette en cause le mode de production capitaliste comme vecteur fondamental de toute cette misère et que nul n’a le droit de prétendre que sans le renversement violent de toute la superstructure étatique de l’État des riches il ne peut y avoir de solutions aux maux de l’austérité. Les révolutionnaires doivent-ils fuir ces assemblées endoctrinées de peur d’y apporter la vérité controversée ? Nullement, c’est à nous d’apporter l’autre point de vue qui fera contraste et remettra en cause la dictature du consensus petit-bourgeois et féministe collaboratrice. Ce n’est pas l’harmonie au prix des compromis qui nous tient à cœur, mais d’armer notre classe d’une conscience de meneur et de vainqueur.

La petite bourgeoisie dispose de l’appui de l’appareil d’État comprenant les ONG, les associations populaires subventionnées, les syndicats de la formule Rand assurée, et les médias à la solde pour imposer leurs idées et les présenter comme allant de soi, normales et convenues entre tous ceux désireux « de corriger les inégalités sociales et les iniquités qui se sont malencontreusement glissées dans ce système économique et politique si précieux à leurs yeux » (sic). Le sectarisme consiste pour les Partisans à se retirer de ces organisations de masse pour se terrer dans leurs quartiers, et leurs organisations loin des ouvriers et de leurs alliés.

La classe ouvrière est révolutionnaire

La révolution sera la réalisation de la classe ouvrière. Elle sera spontanée, violente, imprévisible, non planifiée, et elle sera l’œuvre de millions d’ouvriers violents, décidés, déchaînés, désorganisés, désorientés. Ils sauront tous ce qu’ils ne veulent plus – l’oppression, l’exploitation, la spoliation, l’aliénation, l’austérité, la misère, le chômage, l’insécurité et la guerre  –. Ils sauront comment détruire leur présent, mais ils ne sauront pas comment construire leur avenir. De ces rangs militants surgiront spontanément des idées qui présenteront des alternatives. Le tout, pour un temps,  ressemblera à une anarchie spontanéiste et créatrice. Une certitude cependant, l’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même. Les révolutionnaires ne pourront contribuer à cette construction exemplaire qu’en étant au centre de la classe – pas en retrait, pas à ses côtés – pas à l’abri des méfaits des opportunistes, des économistes, des anarcho-syndicalistes et des réformistes – mais au cœur du combat, parmi  tous ceux qui auront la prétention d’avoir raison.

Les associations communautaristes, les clans et les sectes communalistes, qui se seront habituées à tout contrôler, à diriger leur groupuscule d’affidés pusillanimes, disciplinés, outragés et aliénés seront alors désemparées. Depuis bien des années, au nom de l’unité pour « fraterniser » et se « solidariser » entre militants inter-clans, les gourous à la tête de ces tribus interdisent les discussions, bannissent la polémique, détournent les débats, transforment chaque argument politique en mantras solipsistes et chaque confrontation de principe en une suite d’arguties personnalisées et en sophismes anecdotiques, travestissant chaque questionnement en inepties vindicatives.

Les appels à la « solidarité » ouvrière (sic)

Les organisations opportunistes, réformistes, populistes raffolent de ces appels à la « solidarité » ouvrière et populaire, manifestant ainsi leurs conceptions politiques et idéologiques sectaires. La classe ouvrière et son avant-garde ne sont pas « solidaire » l’une envers l’autre. Elles ne forment qu’une seule entité, l’une et l’autre, soudée en un seul bloc de classe. Peut-on dire que le cœur est « solidaire » du cerveau ? Il n’y a que des gens venant d’en dehors de la classe ouvrière pour avoir des idées aussi saugrenues, aussi étrangères à la classe ouvrière.

Récemment, nous demandions à des militants d’une organisation sectaire : « Pourquoi, près de 150 luttes de libération nationale dans le monde, depuis 60 ans n’avaient produit aucun État socialiste ? » La stupeur se lisait sur le visage de nos interlocuteurs. Comment des marxistes osaient-ils les questionner dans une assemblée sectaire publique ?

Ces potentats gauchistes, ces boss syndicaux, ces chefs de cliques, ces vedettes fumistes  ne cherchent pas tant l’unité des combattants de la liberté de classe, que de rassembler sous leur autorité leur couvée de militants bien drillés. Le dicton de ces mentors de la gauche retors est bien connu : « Vaut mieux être Roi de Saint-Ouen que Prince à Berlin ».

À SUIVRE…

MANIFESTE DU PARTI OUVRIER 

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LES RÉSULTATS DES ÉLECTIONS EUROPÉENNES

L’élection du nouveau parlement européen à Strasbourg a fait, et fera encore, couler beaucoup d’encre chez tous les commentateurs patentés atteints de logorrhée. Tantôt, ce sont des pleurs et des grincements de dents de tout bord et de tout côté. Tantôt, quelques pantins déchirent leurs chemises sur la place publique, tentant d’effrayer les électeurs – qu’ils méprisent – à propos du score de ce qu’ils appellent l’extrême droite – une variante hurlante de la droite décevante –.  De l’autre bord, les polichinelles politiques pleurnichent à l’effet que les électeurs ont été bien ingrats et bien passifs de ne pas voter en faveur de leurs pouliches fumistes – plus de 60% de non-votant totalement indifférents – (1).

Vous aurez noté que je n’utilise pas l’appellation convenue d’«abstentionnistes», car ce terme ne rend pas correctement l’État d’esprit de mépris et d’indifférence totale qui balaie les masses ouvrières et populaires dans l’Europe entière. Cette simple unanimité généralisée dans toute la classe ouvrière européenne devrait déjà alerter les gauchistes de salon à l’effet qu’il existe déjà, concrètement, une communauté de pensée transnationale – unificatrice – parmi la classe ouvrière européenne internationaliste.

Elle est là sous vos yeux l’Union européenne des ouvriers exploités et enragés. Eh! Camarades gauchistes, la fraternité des ouvriers européens contre le pouvoir capitaliste monopoliste nationaleux européaniste lepenniste  est là, sous votre nez, suffit de regarder.

Nous affirmons que les ouvriers européens ne se sont pas abstenus d’aller voter comme pour poser un inutile geste de protestation – une futile attestation de rejet d’une clique parlementaire, pour faire braire une autre bande de fripons sectaires.  Nous affirmons, qu’au contraire, ce jour d’élection bidon, de fraude électorale bancale, les ouvriers de France et d’ailleurs, les travailleurs et les salariés d’Europe en général (peu nous chaut les autres classes sociales) ont simplement continué de vaquer à leur activité; continuer de ployer sous leur peine et sous leurs chaînes; poursuivi la bataille contre la misère, et de se chercher un emploi; et parachever leur quête de crédit pour le loyer, pour l’auto et pour la fin du mois à boucler.

La classe ouvrière de l’Europe entière, bien en avance sur ces pseudo dirigeants syndicaux, politiques, associatifs, gauchistes et «implosifs» (2) sait déjà que cette crise économique mondiale, qui frappe l’Europe comme le reste du monde en cavale, ne se résoudra pas aux parlements  des polichinelles strasbourgeois, bruxellois, parisien ou berlinois, etc.

Qu’ont-ils à faire de cette kermesse électorale (193 listes en lice pour 74 jobs de députés bien payé) les ouvriers saqués –désespérés – humiliés qui n’en peuvent plus de râler sans jamais voir la lumière au bout du tunnel européen ou au bout du cul-de-sac national français ou autre. Ils sombrent dans le désespoir – ils prennent une arme et commettent l’irréparable contre eux-mêmes, contre leurs proches parfois, contre leurs camarades des fois… Économisez vos forces camarades et renoncez à cette violence individuelle déplorable – . Ne désespérez plus et préparez-vous au grand affrontement qui n’aura pas lieu dans les parlements évidemment, nous le savons vous et moi.

Voilà la seule leçon que notre classe doit impérativement tirer de cette mascarade  électorale européenne… la classe ouvrière européenne est en avance sur son «avant-garde» (sic).  Préparons la prochaine manche dans la rue, dans les universités, dans les usines et dans les quartiers.

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (2014)

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782753900073  

 LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN (2014)

http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html 

IMPÉRIALISME ET QUESTION NATIONALE. 2e édition (2012)

http://www.robertbibeau.ca/commadevolume.html

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 http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_europ%C3%A9ennes_de_2014_en_France

  1. Samir Amin (2014) http://www.michelcollon.info/Les-elections-europeennes-l.html

SOURCE :

http://www.les7duquebec.com/non-classe/les-resultats-des-elections-europeennes/

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L’ÉCONOMISTE «MARXISTE» ET LE CHEF D’ÉTAT

pikettyLe capital ne se partage pas il s’accumule

L’Occident de gauche célèbre un éphémère petit prophète-économiste du nom de Thomas Piketty, un fumiste que les médias à la solde offrent à l’attention des sous-fifres. Et pour faire bonne mesure, les plumitifs l’ont décrété «marxiste» afin de l’accrédité – alors qu’à l’évidence l’auteur du pavé de 970 pages ne connait rien à l’économie marxiste, sauf pour qui en connaît moins que lui (1). Un conseil, ne cherchez jamais d’économiste marxiste du côté de Wall Street, du New York Times, de la rue Saint-Jacques ou de la Place Vendôme (pas davantage qu’au Journal de Montréal, au Figaro, au Monde ou à Libération).

Un exégète de la vedette filante raconte : «Ces jours-ci, la publication aux États-Unis du livre Le capital au XXIe siècle, écrit par l’économiste français Thomas Piketty, a suscité un débat d’autant plus vif que cet essai s’est rapidement hissé dans le classement des meilleures ventes. Toujours est-il qu’après avoir analysé pendant des années les écarts de richesse des années 20 à aujourd’hui aux États-Unis, ce professeur à l’École d’économie de Paris a observé que la redistribution des revenus allait dans la direction suivante : des salariés vers les détenteurs de capital. Après une brève période au cours de laquelle la société des rentiers et des héritiers avait laissé sa place, au XXe siècle, à une société de cadres et d’ingénieurs, voici que nous sommes revenus au régime des rentiers». L’économiste moins pédant dit simplement que c’est la fin de l’État providence en Occident.

Ce mouvement de concentration de la richesse, enclenché dans les années 1980 s’est accéléré avec la crise (2007-2008) et il n’y a aucune raison que cela s’arrête. Le coefficient de GINI qui mesure l’inégalité des revenus de la plupart des pays augmente aussi. Dans les pays de l’Europe, celui-ci a pris 10 % supplémentaires de 1985 à 2010. En Chine, les inégalités explosent, cet indicateur est passé de 0,412 en 2000 à 0,61 en 2010 (quand l’indicateur marque 1 c’est l’inégalité totale). Évidemment, les pleureuses de la  gauche «marxiste» déclament qu’il faut repartager la richesse. Ce qui étonne, c’est qu’il y a un siècle qu’on les entend pleurnicher et le partage va de mal en pis (!)

En 2012, 155 milliards de dollars reposaient à l’abri de l’impôt canadien dans des paradis fiscaux selon le Réseau pour la justice fiscale (des économistes émulent de Thomas Piketty). Ces sommes planquées auraient rapporté 23,25 G$ au fisc canadien, si elles avaient pu être taxées, soit l’équivalent de ce que réclament les provinces canadiennes au gouvernement fédéral pour financer la santé et l’éducation ou pour distribuer des subventions aux capitalistes provinciaux. La richesse, ça se partage concluent les économistes outrés, tous groupies de Piketty. Nous, économistes marxistes, nous savons que la richesse ne se partage pas, elle s’accumule sous le capitalisme monopoliste.

Depuis l’explosion de la bulle financière à l’automne 2008, la progression des écarts de richesse constatée antérieurement n’a cessé d’augmenter ente les riches et les pauvres. À telle enseigne qu’ici et là on assure que les perversités inhérentes à ces distorsions constituent, pour reprendre les mots de Barack Obama, «Le défi d’une génération». Un nouveau «marxiste» serait né entre Chicago et Washington – un autre groupie de Piketty qui décidément fait école parmi la grande bourgeoisie occidentale. Lors de son discours sur l’état de l’Union en janvier dernier, Obama a déclaré ceci : « Ceux qui sont au sommet de l’échelle ne se sont jamais aussi bien portés. Mais les salaires moyens ont à peine bougé. Les inégalités se sont creusées. La mobilité ascendante est en panne». Le chef de l’exécutif américain s’était fait l’avocat d’une hausse du salaire minimum dans tous les coins du pays. Résultat ? Il a rencontré plus de résistance que prévu quand on songe qu’un éventail d’études sur le sujet concluent que l’appauvrissement a le vent en poupe».

«À cet égard, le cas de Wal-Mart est éloquent, et surtout révoltant. Dans tout le pays, la rémunération moyenne de ses employés est de 8,80 $ l’heure. Un taux réputé être insuffisant pour vivre décemment. Cette réalité, les patrons de la compagnie la connaissent fort bien, mais s’en moquent totalement. Et ce, parce qu’ils savent que l’État compensera sur le flanc de la nourriture en accordant des coupons alimentaires à des travailleurs pauvres peinant 40 heures semaine et davantage» (1).

Partout en Europe, mais surtout au Royaume-Uni qui est le royaume par excellence des écarts de richesse nous dit-on, le recours aux banques alimentaires est désormais si répandu que nombre d’entre elles se disent dans l’incapacité de répondre à la demande. La banque alimentaire «Enfant Soleil» de Montréal se déclare en pénurie de nourriture et réclame des dons des riches qui font la sourde oreille. Bref, la croissance de l’appauvrissement est devenue un phénomène économique prégnant et récurrent, le seul indice en hausse avec l’accumulation gigantesque des richesses entre les mains des super riches.

«Une commission chargée d’étudier la pauvreté, sous la présidence de l’archevêque de York (Royaume-Uni) a constaté que, l’an dernier, 400 000 travailleurs percevant un revenu qui les place en dessous du seuil de pauvreté avaient rejoint la cohorte des travailleurs pauvres, établissant cette dernière à 5,2 millions ou 21 % de la force de travail du pays. En France, l’ancienne patronne des patrons Laurence Parisot a jugé que la proposition formulée par son successeur, Pierre Gattaz, de créer un salaire minimum intermédiaire en dessous du salaire minimum actuel relevait de «La logique esclavagiste». Une nouvelle économiste «marxiste» nous est née (!) Le pape doit certainement cogiter une encyclique papiste-marxiste… après tout, il ne manque que lui dans la confrérie des économistes «marxistes» (sic).

Les larmes de Piketty et de ses amis

«Quand on sait que c’est aux États-Unis, pour reprendre les mots de Piketty (le «marxiste» des salons universitaires parisiens NDLR), dans un entretien accordé au journal Le Monde, qu’a été « inventé un système de fiscalité progressif sur les revenus justement parce qu’ils avaient peur de devenir aussi inégalitaires que l’Europe », il est très étonnant d’entendre certains critiques le concernant. Parce qu’il s’attache aux inégalités, à la pauvreté, ici et là, on le taxe de marxiste. Parce qu’il ose dire que la concentration excessive des revenus et des patrimoines commande un impôt, on use à son endroit de l’anathème. Ce faisant, on oublie cet enseignement d’Oliver Wendell Holmes « lorsque je paie des impôts, j’achète la civilisation. » Wendell Holmes fut juge à la Cour suprême des États-Unis» (1).  Un autre juge «marxiste» qui s’ignorait pense ce journaliste benêt.

Comme le dit si bien un véritable économiste marxiste : « Les illusionnistesde la gauche hypocrite et les naïfs pensent que le pouvoir politique, l’État des riches, peut servir d’antidote à cette injustice ostentatoire et délirante. Ils croient – ou ils espèrent – qu’un bon gouvernement de go-gauche ou de droite réactionnaire pourra faire la différence et imposer que les riches et les entreprises privées capitalistes payent leur «juste part» sociale. C’est absolument impossible. Si l’économie est en crise systémique mondiale, c’est que les capitalistes monopolistes mondiaux ne peuvent inverser cette calamité et rembourser comme par enchantement les immenses dettes souveraines que tous les pays impérialistes de la planète ont contracté auprès des banquiers et qu’ils ne peuvent rembourser. Pas un de ces polichinelles politiques n’a, ni n’aura jamais, l’autorisation, ni le pouvoir de décision sur l’État policier pour imposer que les riches et les multinationales paient leur «juste part» (slogan des fumistes). De toute façon, quelle serait, selon ces réformistes illusionnistes, la «juste part» d’une multinationale milliardaire qui exploite le travail salarié des ouvriers en soutirant du sous-sol, des rivières et des champs : du travail salarié, toutes ces ressources qu’ils ont expropriés sans payer?  »

Sous le capitalisme il n’y a pas de « bon gouvernement ». Le gouvernement – l’État des riches – c’est une bande d’employés du capital dont la couleur varie, mais dont la mission reste la même : faire payer les salariés ! Au fait, la France, les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada ont tous des chefs d’états capitalistes tout à fait normaux.

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Gratuit  – téléchargez :  http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html

LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN

© Robert Bibeau éditeur. 2014.     ISBN  : 978-2-9813297-1-4

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