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LE « MODÈLE » ALLEMAND

allemagne

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-modele-imperialiste-allemand/

 

Quatre principes d’économie politique

 

Avant d’aborder l’étude du soi-disant « modèle » allemand de développement, nous allons présenter quatre principes qui fondent notre analyse. Selon la théorie marxiste de l’économie politique quatre principes régulent le développement capitaliste au stade impérialiste. Ces principes sont : 1) Primauté de l’instance économique sur les instances politique et idéologique de la lutte des classes. 2) Intégration systémique et interdépendance globale et mondiale des différentes économies « nationales ». 3) Collusion temporaire et concurrence permanente entre puissances. 4) Crises et guerres ponctuent le développement chaotique et anarchique de l’économie politique impérialiste. C’est la fidélité à ces principes qui oppose les économistes marxistes aux économistes opportunistes et réformistes.

 

Le premier principe stipule que l’humanité s’est toujours socialement organisée pour produire et distribuer les biens nécessaires à son développement. C’est ce que Marx a appelé les différents modes de production sociaux. Sur la base d’un mode de production et de distribution des moyens de production, puis des services et des biens  de consommation, les hommes ont établi des rapports de production (classes sociales, superstructure politique, culturel, morale, scientifique, administrative, militaire, etc.) conséquents avec ces moyens de production et avec ces forces productives. En dernière instance, c’est le développement économique d’une société qui détermine les orientations politiques et idéologiques de cette société.

Le deuxième principe stipule qu’à l’étape de l’impérialisme, le mode de production capitaliste domine l’ensemble de l’économie globalisée, mondialisée et  intégrée en un immense ensemble, non planifiée certes, mais tout de même imbriquée en un tout articulé. Ce qui implique qu’une crise financière, boursière, monétaire, une crise de surproduction, ou un déséquilibre de la balance des comptes nationaux dans un pays entraînent des répercussions sur les autres pays, partenaires et concurrents. Ainsi, quand les États-Unis essaiment leurs dollars dévalués (quantitative easing) ils perturbent le marché des changes monétaires de toute la planète et ils attaquent l’équilibre budgétaire de leurs alliés comme de leurs concurrents.

Le troisième principe stipule que les multiples alliances que nouent et que dénouent les capitalistes monopolistes internationaux sont temporaires et révèle un équilibre précaire que les transformations économiques, la division internationale du travail et le développement des moyens de production remettent constamment en question. Les États-nations sont des pions qui servent à galvaniser les différentes sections de la classe bourgeoise derrière la section monopoliste hégémonique; à légitimer les agressions guerrières et à embrigader la classe ouvrière « nationale » en faveur d’une clique capitaliste ou d’une autre.

Le quatrième principe stipule que l’équilibre et la cohésion sont des situations fragiles et éphémères alors que les crises sont des contextes permanents et récurrents. Les situations de tensions et de crises – provoquées par la baisse tendancielle du taux de profit – entraînent des guerres impérialistes pour le partage des marchés, la conquête des bassins de ressources et l’attribution des zones d’exploitation de la force de travail. Ces guerres localisées dégénèrent éventuellement en guerres généralisées.

Le « miracle » allemand

Comme vous le constaterez dans la suite de ce texte, il n’y ni « miracle » ni « modèle »  allemand de l’impérialisme. On observe cependant des particularités historiques et sociologiques dans le développement impérialiste de l’Allemagne. Suite à leur défaite complète aux mains du consortium militaire américano-soviétique les capitalistes monopolistes allemands ont choisi de jouer la carte étatsunienne. Pendant un demi-siècle, de 1945 à 1995, ils ont développé leurs moyens de production industriels et leurs forces productives modernes, leurs alliances commerciales internationales en direction de la Scandinavie et de l’Est européen et en direction de l’Europe de l’Ouest (40% de leur commerce international); puis, en direction de l’Asie-Pacifique, mais toujours à l’ombre des porte-avions et des forteresses nucléaires américaines. Depuis 1995 environ l’impérialisme allemand se sent restreint au sein de l’Alliance Atlantique et cherche la meilleure façon de défendre ses intérêts hégémoniques en Europe.

 

L’impérialisme allemand s’est construit une imposante puissance économique dans le domaine de l’industrie mécanique, de la fabrication de machines-outils, dans les sphères de l’industrie chimique, de l’électronique, des appareils électriques, des moyens de transport, de l’automobile et de l’équipement militaire. Le développement impérialiste allemand est intégré à la chaîne financière internationale via son capital financier, ses banques, ses compagnies d’assurance et ses places boursières mondialisées. Le capital financier allemand est partie intégrante d’un ensemble de capitaux dont les profits sont une part de la plus-value issue du procès mondial de valorisation du capital qui participe d’une division internationale du travail salarié. Il est futile de la part de la gauche bourgeoise de réclamer une distribution plus équitable du patrimoine mondial quand l’ensemble de la structure économique et commerciale impérialiste appel une concentration croissante du capital, fondement du « miracle » allemand notamment.

Inévitablement une telle puissance industrielle (la troisième en importance dans le monde) pousse les impérialistes allemands vers l’affrontement avec leur suzerain américain, car si la collusion entre chacals internationaux est temporaire, l’affrontement est permanent pour le partage des sources de matières premières, des marchés et des forces productives à exploiter. Le carcan américain paraît aujourd’hui trop restreint et il contraint l’expansion allemande. Mais comment se défaire d’un compère encombrant, gourmand, décevant, qui coure à la faillite et risque d’entraîner les impérialistes allemands dans ses rixes ? Comment se défaire d’un comparse qui retient vos réserves d’or aux fins de spéculation boursière et monétaire et qui plombe ainsi la monnaie européenne commune ce qui, à terme, fera chavirer le navire européen ? Comment se défaire d’un allié qui s’emmêle dans une série de conflits militaires qu’il perd invariablement, chaque défaite préparant les conditions de la suivante, sans espoir de revanche ?

Le « syndrome » allemand

Le « syndrome » allemand dissimule le soi-disant « miracle » allemand. Analyser l’économie allemande c’est comme étudier le monde capitaliste à l’envers. En effet, la France est en crise de sous-productivité parce que le gouvernement de ce pays n’est pas parvenu à casser son mouvement ouvrier pour hausser suffisamment son niveau de productivité (d’exploitation de la main-d’œuvre). Il en est de même en Italie, en Espagne, au Portugal et en Grèce. La France comme bien des pays impérialistes se désindustrialisent parce que les ouvriers français refusent d’être surexploités au-delà d’une certaine équité si bien que nombre de capitalistes français sont devenus des rentiers – des tondeurs de coupons disait Lénine – qui placent leurs capitaux dans des entreprises allemandes, américaines, multinationales françaises qui délocalisent leurs usines vers des pays à la main-d’œuvre servile et affamée. Ensuite, ils rapatrient (de moins en moins cependant) leurs profits pour les réinvestir et leur faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Les capitalistes français n’y parviennent pas, sur le sol national français du moins, car les charges fiscales, même allégées, demeurent trop élevées et le chômage endémique réduit le pouvoir d’achat social des travailleurs, des commerçants et des producteurs de biens de consommation courante. L’endettement des ménages atteint un niveau record et l’État n’a plus les revenus pour soutenir l’achat et le gaspillage des marchandises. La France est en crise de surproduction relative pour cause de sous-productivité avérée.

 

Les capitalistes allemands de leur côté n’ont pas délocalisé, pas autant que ceux des autres puissances impérialistes mondialisées (6,5 millions de voitures allemandes produites sur le sol « national » contre 4,8 millions produites à l’étranger). Les capitalistes allemands sont parvenus à briser presque totalement le prolétariat allemand avec la complicité des syndicats allemands et des partis de la gauche bourgeoise allemande. La main-d’œuvre allemande est assujettie et soumise à des rendements très élevés si bien que ce prolétariat s’échine au travail sous des cadences infernales. Ce « miracle » des impérialistes allemands date des années trente (1930) quand la bourgeoisie allemande a contraint la petite bourgeoisie communiste et sociale-démocrate allemande à adhérer au Corporatisme nationaliste d’État, ce que l’on appelait alors le national-socialisme dont l’idéologie s’est perpétuée jusqu’à nos jours malgré la défaite nazie (1).

En France à la même époque l’impérialisme international accoucha d’une formule alternative. La social-démocratie, en collusion avec les pseudo communistes français accouchèrent du Front populaire national, un compromis bourgeois qui conservait le capitalisme sur pied contre une réduction des heures travailler et une augmentation des heures chômées, en plus de quelques babioles que le grand capital s’empressa de récupérer par l’inflation et l’augmentation des cadences de travail. Le résultat de ces deux formules de compromis de classes (Corporatisme national allemand et Front populaire national français) fut la Seconde Guerre mondiale.

Après la Seconde Guerre mondiale les capitalistes allemands avec l’aide étatsunienne ont maintenu le « miraculeux modèle de corporatisme national allemand » et ils ont accentué le « syndrome national chauvin » du prolétariat allemand en le culpabilisant d’avoir échoué dans la guerre génocidaire contre les capitalistes européens. L’impérialisme allemand, responsable de cette boucherie mondiale, est parvenu, en collusion avec la gauche bourgeoise, à faire expier le peuple allemand pour les crimes que ces capitalistes avaient commis. La classe ouvrière allemande rachète encore aujourd’hui cette défaite. Ce prolétariat ne pourra participer adéquatement à l’insurrection mondiale tant qu’il ne reniera pas totalement l’idéologie corporatiste nazie.

Les capitalistes germaniques tondent les coupons des entreprises installées en Allemagne et ailleurs sur le continent. Cette production effrénée crée un marché national pour les matières premières, l’énergie et les produits usinés nécessaires à la fabrication des produits finis à commercialiser. Pour un temps, le capitaliste allemand réussit encore à  réinvestir profitablement son argent afin de lui faire réaliser une nouvelle plus-value et lui faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Il est exact que le capitaliste allemand réinvestit son capital chez lui, non pas par  patriotisme corporatiste, mais parce qu’il ne connaît aucun autre endroit au monde où le prolétariat est aussi docile et productif. Cependant, le « succès » allemand comporte un revers important. Si le prolétariat français, italien, belge, espagnol et portugais a du temps pour consommer, il n’a pas l’argent pour se rassasier. Le prolétariat allemand est en moyenne un peu plus fortuné, mais il n’a ni le temps, ni l’énergie, ni la capacité de consommer l’immensité des marchandises que produisent ces usines performantes. L’Allemagne doit impérativement exporter ses surplus. Mais où trouver de nouveaux débouchés capables de payer ces montagnes de marchandises de qualité ?

L’Allemagne est en crise de surproduction (relative) et la nécessité de trouver de nouveaux débouchés va la mener à affronter ses concurrents américains, japonais et chinois. Dans ce contexte la faiblesse industrielle russe contient la promesse de leur rapprochement, tout comme les immenses réserves de matières premières de Sibérie contiennent l’aveu de leurs intérêts réciproques. Les Américains ne s’y trompent pas eux qui déclaraient récemment « Vue des États-Unis, l’Allemagne se trouve à la conjonction de dangers potentiels ; elle est le partenaire commercial occidental privilégié de l’Iran et un pays qui entretient des relations étroites avec la Russie » (2).

Les États-Unis, et ses partenaires ouest-européens d’un côté, la Chine sur le versant asiatique de l’Oural de l’autre, constituent les deux embuches qui s’opposent à l’alliance de l’Allemagne et de la Russie. Dorénavant, il faut regarder à l’Est comme à l’Ouest de l’Oural pour comprendre le monde impérialiste en cavale. La classe ouvrière du monde entier ne peut se réjouir de ces manigances entre grandes puissances. La guerre est la voie de sortie usuelle de ces disputes pour les marchés.

L’Allemagne en chiffres

L’Allemagne compte 80 millions d’habitants (16e) et un PIB de 3 367 milliards $ (4e). La croissance du PIB ne sera que de 1,5 % en 2014. L’industrie contribue pour 30 % du PIB annuel allemand. La grande industrie embauche 8 millions de salariés, soit 33 % de la main-d’œuvre active. Les PME comptent 20 millions de salariés. L’Allemagne est le 3e producteur automobile dans le monde. L’Allemagne est l’un des cinq pays ateliers mondiaux (avec la Chine, le Japon, la Corée et Taiwan).

En 2012 les exportations ont totalisé 1 470 milliards $ (2e) et les importations 1 253 milliards $ (4e). La balance commerciale est bénéficiaire chaque année. Ceci entraîne que l’Allemagne est le banquier de l’Europe. Sa dette extérieure est de 6 905 milliards $ soit 81 % de son PIB.

Le taux de chômage officiel est de 5,5 % (peu crédible) et l’âge de la retraite est de 67 ans (contre 60 ans au Canada). Le revenu moyen d’un ménage allemand a baissé de 3 % depuis l’an 2000. La baisse a atteint 5 % pour les 10 % les plus pauvres. La pauvreté, en hausse constante, touche un enfant sur cinq. Preuve en est, les travailleurs pauvres représentaient en 2009, 20 % de la population active. Le salaire minimum a été fixé à 8,5 euros/heure et n’entrera en vigueur qu’en 2015. Pour les femmes qui travaillent à plein temps, c’est la galère. Peu ou pas de crèches, pas de cours l’après-midi dans les écoles allemandes et si les gamins ou les gamines n’aiment pas le sport, la seule alternative c’est de regarder la télé tout l’après-midi sous la surveillance de la grand-mère ou de la grand-tante – en espérant qu’elle n’habite pas trop loin. La fameuse prospérité que nos élites nous vantent ne se traduit en rien de façon concrète pour le ménage allemand. En revanche, quelle fierté légitime que de savoir que grâce à 10 ans de régression salariale et sociale, les finances du pays sont à l’équilibre et la pauvreté en Germinal ! (3)

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE ÉCONOMIQUE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

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LES GUERRES DES CLIQUES TERRORISTES AU MOYEN-ORIENT SANGLANT

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Quand j’enseignais l’histoire et l’économie dans une école secondaire canadienne, je pratiquais la critique analytique comme méthode pédagogique scientifique. Cette  méthode didactique va comme suit : 1) vous dénichez un texte particulièrement complexe,  hermétique et alambiquée, largement diffusée sur les médias à la solde des géants de la désinformation. 2) Par l’analyse matérialiste marxiste non conformiste vous débusquez les lieux communs, les inanités patentées diffusées comme «vérités» par la plupart des journalistes stipendiés. 3) Vous traduisez en langage vernaculaire, non diplomatique, ce charabia éclectique et, à l’aide des faits, vous exposez la vérité cachée derrière ces clichés formatés. Nous allons faire la démonstration de cette méthode dialectique à l’aide d’un article présentant l’entrevue accordée par un poncif ayant perdu les dernières élections présidentielles françaises. Dans cet article, le «has been» Dominique de Villepin se plaint que rien ne semble atteindre la présidence française et il y va de ses pronostics à propos de l’avenir de la «guerre antiterroriste» (sic).  Voici l’article ainsi que notre analyse décapante. NDLR.

 «Revue de presse : Extrait de l’interview accordée au quotidien algérien à El Watan (15/10/14)

Pour l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, dont le discours à l’ONU sur la guerre en Irak est encore dans toutes les mémoires, le seul usage des armes est improductif. Il convient, selon lui, d’asphyxier Daech et non de multiplier les guerres.

- La troisième guerre d’Irak contre Daech est-elle appelée à durer ?

Veillons, face au terrorisme, à ne pas entrer dans une logique de guerre perpétuelle. Nous voyons que nous sommes enfermés dans un cycle de guerres où la précédente nourrit toujours la suivante. Devant la pression de l’émotion, des images, de l’opinion, les États-Unis et l’Europe se lancent dans des opérations militaires qu’elles croient ponctuelles. Elles croient réagir à une menace précise, alors qu’en réalité ces pays basculent peu à peu dans une guerre longue, à grande échelle et fondée sur l’idéologie. Il n’y a pas d’issue par les armes. Il y a de la démesure dans ces guerres, car il y a l’idée que nous pouvons résoudre les problèmes historiques des peuples à leur place, en imposant notre vision de la démocratie par des changements de régime, en faisant la guerre à la place d’armées nationales faibles.»

 (L’ex premier ministre et actuel «has been» accrédite le mensonge que la 3e guerre du Moyen-Orient est une «guerre antiterroriste» (sic). Alors qu’elle est bel et bien une guerre terroriste d’un clan impérialiste contre des rivaux impérialistes factieux qui se désolidarisent de plus en plus de leur mentor, américain, afin de poursuivre seuls leur chemin de conquête pour se repartager les dépouilles ensanglantées des pays démantelés de cette contrée. Ainsi, la Turquie qui vient de joindre la Coalition terroriste américaine achète et revend le pétrole de DAECH. L’Arabie Saoudite qui est membre de la Coalition étasunienne vend des armes à l’État islamiste. Le Qatar finance l’État soi-disant proscrit selon un observateur de la scène locale (1). Ce salmigondis est possible à cause de la faiblesse affichée du matamore – commandant des forces impérialistes de l’OTAN – qui se désagrège rapidement malgré le soutien hypocrite des impérialismes européen décadent et canadien insignifiant. Il est absolument faux de prétendre que l’Europe (euphémisme pour désigner les gouvernements impérialistes européens empêtrés dans une crise économique désespérée) croit s’engager dans des guerres ponctuelles. Ils ont tous participé aux premières attaques contre les talibans d’Afghanistan en 2001 et ils savent tous ce qui les attend au tournant de cette troisième escalade contre les petites puissances impérialistes du Moyen-Orient (Iran, Turquie, Arabie Saoudite, Qatar, Égypte). Enfin, l’argument de la faiblesse des armées locales est ridicule au vu de la déconfiture des armées américaines et de l’OTAN depuis vingt ans au Levant, la défaite des fantoches israéliens contre le Hezbollah libanais date déjà de l’an 2000. NDLR).

 «- Existe-t-il une alternative à la guerre ?

 Oui, bien sûr. Il ne s’agit pas de choisir entre l’action, qui serait forcément militaire, et l’inaction. Il s’agit de sortir de la logique de force qui fait de l’outil militaire le début et la fin de toute pensée pour créer une stratégie politique qui utilise tous les leviers et qui se fonde sur une réflexion. Qui est l’ennemi ? C’est un acteur opportuniste, à la fois parti islamiste totalitaire, groupuscule terroriste mondialisé et réseau de crime organisé visant l’appropriation de territoires et de ressources. Le but, c’est tout d’abord de l’empêcher de devenir l’État qu’il prétend être. Il faut asphyxier Daech. Asphyxier son financement en menant des opérations ponctuelles contre les puits pétroliers contrôlés, en luttant contre les circuits de blanchiment et d’approvisionnement, en parlant fermement à ceux, dans les États du Golfe, qui pourraient être tentés de continuer à financer le groupe ou tout autre groupe terroriste dans la région. Il faut aussi l’asphyxier territorialement. Le prestige de Daech, c’est avant tout sa capacité à progresser. S’il cesse d’avancer, il recule.

Plutôt que de lancer des objectifs militaires irréalistes d’éradication et de reconquête du territoire, il faut viser à le contenir dans son espace actuel en soutenant la lutte sur les fronts kurde, irakien, libanais, syrien, jordanien. Il s’agit d’identifier aujourd’hui les Kobane de demain pour éviter les images désastreuses auxquelles nous avons assisté. La bataille de Kobane, bien mal engagée pour les Kurdes peu ou mal soutenus, est malheureusement le résultat direct d’une stratégie mal évaluée.»

(L’ex-ministre des Affaires étrangères de la France admet donc que son intention est de soutenir la poursuite de cette guerre terroriste impérialiste dans cette région soumise aux agressions des pays occidentaux depuis des décennies. L’ex-Premier admet toutefois que leurs alliés font partie du problème et ils suggèrent de les semoncés (les États du Golfe dit-il). Monsieur le «has been» ne semble pas savoir pourquoi personne n’a pu contraindre ces récalcitrants à rentrer dans le rang. C’est parce que le monde change et il est sur le point de basculer et une ancienne Alliance impérialiste dominante (OTAN) est mise à mal par ses concurrents et par la crise économique systémique qui désoriente «Captain  America» et affaiblit ses acolytes. NDLR).

«- La France est présente sur plusieurs fronts. A-t-elle encore une «politique arabe» ou le fracas des armes a-t-il pris le pas sur la diplomatie ?

 La France, aujourd’hui, cherche une voix. Elle s’est laissé emprisonner dans une logique de force qui n’est pas sa vocation. Sa vocation, son message, c’est le dialogue, l’indépendance et le respect des différences, en s’appuyant sur le droit international, sur la coopération et sur l’initiative. C’est toujours ainsi qu’elle a su avancer. Aujourd’hui, on met en péril cet héritage. Je comprends le souci de répondre à des actes barbares, la volonté de venir en aide aux populations en Irak, en Syrie, au Mali, en Libye. Mais nous devons ouvrir les yeux sur le fait que l’usage de la force a échoué en Afghanistan, en Libye, et qu’il échouera à nouveau. La force ne crée que la force en retour. La logique de «guerre contre le terrorisme» nourrit l’ennemi en lui donnant de la visibilité, de la crédibilité et de la légitimité. Chaque ennemi abattu devient un martyr qui permet le recrutement de dix autres terroristes.

Qui plus est, cela donne l’impression que nous combattons un ennemi mondial, alors que c’est un amalgame confus de groupes locaux qui, en prêtant allégeance hier à Al Qaîda, aujourd’hui à Daech, cherchent à se donner une stature dans le rapport de force local. Aujourd’hui, il faut que nous comprenions tous qu’il n’y a pas de solution militaire et il n’y a pas de solution globale. Il n’y a que des paix locales qu’il s’agit de trouver par le dialogue, par les initiatives de développement, par la réconciliation. C’est un enjeu en Algérie, un pays durement éprouvé par la guerre civile des années 1990. Elle voit aujourd’hui ce cauchemar national se reproduire à l’échelle de toute une région.

De ce point de vue, l’Algérie doit être écoutée et entendue. Elle doit porter la voix de ceux qui ont vécu ce drame et qui ont réussi, tant bien que mal, à proposer des issues. Mener à bien ces paix locales, c’est un immense travail diplomatique autour des nombreux conflits de la région, entre Kurdes et Turcs par exemple, entre Arabie Saoudite et Iran, entre chiites et sunnites, entre Israéliens et Palestiniens, à l’heure de l’union nationale entre le Fatah et le Hamas et de la mobilisation internationale pour la reconstruction de Gaza, entre Marocains et Algériens également, autour de l’épineuse question du Sahara occidental. C’est particulièrement vrai au Mali, où la paix durable ne peut s’installer qu’en apportant des réponses à la question touareg et il est évident que l’Algérie a, de ce point de vue, un rôle régional majeur à jouer pour rendre possible la paix (…)

(Rien de neuf sous le soleil d’Algérie. M. de Villepin débute son homélie par un mensonge grossier à propos de l’héritage de paix et de diplomatie, d’entraide et de bons voisinages de la France du Premier et du Second Empire d’occupation, de meurtres, d’exactions, et de malversations contre les populations indigènes (particulièrement algériennes) qui ont payé un lourd tribut contre cette puissance coloniale sanguinaire. Peu importe les arguties religieuses et nationalistes dont se parent les groupuscules islamistes – tous s’alimentent en chair à canon de la chimère à même le puits inépuisable de la misère régionale. Ensuite, M. de Villepin placote à propos de solutions locales à cette crise économique mondiale dont les guerres transnationales ne sont que l’expression et l’attestation que les puissances internationales sont en train de se repartager les ressources, les marchés, les zones d’exploitation de la force de travail afin de relancer la reproduction élargie du capital qui pour le moment est en panade. La puissance chinoise – le possible futur leader de l’alliance impérialiste d’alternance – ne bouge pas pour le moment et laisse braire en silence. Tôt ou tard la superpuissance chinoise sera entrainée forcée dans ce fouillis et alors le danger de guerre généralisée sera très élevé. D’ici là,  laissons l’ex-candidat présidentiel déconfit à ses mièvreries. NDLR). (2)

Photo : Dominique de Villepin

*Version intégrale : «Il n’y a pas d’issue par les armes», par Rémi Yacine.  Source : http://www.france-irak-actualite.com/2014/10/dominique-de-villepin-et-la-3eme-guerre-d-irak.html

 

(1) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jeu-turc-communication-americaine-kobane/

 

(2) En complément à propos de l’organisation ouvrière http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

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UNITÉ AU COMBAT CONTRE LE PATRONAT

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http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lunite-dans-le-combat-en-font-commun/

 

L’article de référence que nous présentons et que nous analysons ci-dessous semble défendre des positions militantes. On y trouve les termes convenus tels que : «solidarité», «unité», «droits syndicaux», «lutte anti-austérité», «droit de négocier», «Front commun», «Front social», «combat», «opposition», «réformes» (sic), etc.

Les auteurs de cette missive voudraient mobiliser les travailleurs, les étudiants et la population «citoyenne» afin de défendre les syndicats, les commissions scolaires, les universités, les services sociaux, les hôpitaux, les municipalités et le droit de négocier la vente de notre force de travail. La solution consisterait selon eux à forger l’unité de tous les citoyens-citoyennes contre l’austérité et contre les coupures des budgets gouvernementaux. L’unité serait forgée en créant un Front Social National et une Alliance anti-austérité !  Pas un mot sur l’exercice de la lutte gréviste ! Les auteurs admettent toutefois que : «Inévitablement, les différents combats ne pourront pas tous être remportés. Toutefois, la construction d’une riposte puissante et efficace à l’austérité dépend des liens de solidarité que les différentes franges de la population seront capables de tisser.» La bataille n’est pas fortement engagée que déjà les auteurs concèdent la victoire à l’ennemi de classe. Pourquoi ont-ils raison d’admettre que leur projet de Front social et d’Alliance nationale ne peut se terminer que  par la défaite du mouvement ouvrier ?

Pour la raison que l’unité dans la lutte ne se forge pas sur l’effacement des différences, ni sur le nationalisme ni sur la demande de «réformes» à l’État, notre ennemi de classe. À quoi ça mène de lancer le mot d’ordre de «Combattre l’austérité», quand le gouvernement souhaite justement défendre sur la place publique ses politiques de restriction des dépenses étatiques afin de justifier la réduction du déficit public. Les auteurs rassemblent alors les militants sous le drapeau de l’État des riches sans moyens de réplique aux arguments des riches, surtout quand ils ont exclu par avance tout rejet de l’appareil d’État et de la dette contractée par et pour les capitalistes.

La victoire dans le combat sur le front économique de la lutte de classe ne se fonde pas sur des abstractions, des négations, des illusions, des divagations, des concoctions et des négociations entre factions. La bataille qui s’engage à l’initiative de la classe capitaliste, secondée par l’État bourgeois à sa solde, aura lieu, que les militants de gauche le veuillent ou non. La question ne se pose donc pas en terme d’engager le combat; de proclamer la volonté d’unifier les combattants; ou de proposer des revendications de substitution à ceux qui mèneront le combat de front, sur les lignes de piquetage, en soutien à leurs propres revendications et pour la défense du droit de grève en faisant la grève générale illimitée.

La première exigence qui se pose à tout militant progressiste est de bien cerner les forces en présence d’un côté comme de l’autre de la barricade sociale. De bien comprendre les intérêts en jeux et ce pour quoi, d’une part, la classe capitaliste et son État bourgeois lancent des offensives contre toutes les sections du prolétariat et des salariés ; et d’autre part,  pourquoi, et surtout comment, la classe ouvrière et les autres salariés doivent engager, sans plus tarder, le combat gréviste directement sur le front économique de la lutte de classe. À présent, les troupes de choc du mouvement ouvrier sont déjà engagées dans le conflit qui pour l’heure se mène sur le front idéologique de la lutte de classe. Divers intervenants, comme ceux publiant le trac ci-dessous, proposent leur mot d’ordre, leur stratégie, leur tactique, engagent des manifestations et des actions d’escarmouche histoire de tester le terrain et de rallier les combattants ouvriers, les militants étudiants et les autres afin de les regroupés derrière les syndicats, les municipalités, les universités, les garderies, les écoles, les associations et les ONG, le Front commun intersyndical, un Front Social à venir, et une Alliance contre l’austérité sur le mot d’ordre, souhaité par l’État, de quémander des «réformes» des politiques d’austérité.

Tout ceci laisse entendre que dès la première étape de la lutte les forces ouvrières d’opposition font diversion et s’égarent, sont incapables de déterminer qui est l’ennemi et qu’est-ce qu’il prépare comme attaque contre nous, ni comment y faire face. Tout ceci est de mauvais augure pour la suite du combat classe contre classe entre le prolétariat et le patronat qui s’engage.

Les troupes de choc dans cet affrontement qui nous oppose à la classe capitaliste en entier et à son État affrété ce sont les travailleurs de la fonction publique, particulièrement les fonctionnaires, les manœuvres, les concierges, les camionneurs, les techniciens, les enseignants, les paramédicaux auxiliaires et infirmières, les employés des garderies et tous les autres salariés. Ils sont peu organisés, sous-payés, et ils comprennent sommairement pourquoi l’État les attaques par ses mesures de restriction et d’austérité. Ils sont conscients cependant que l’État a de moins en moins d’argent pour payer et que si l’État augmente les salaires et les conditions de retraite ils seront taxés davantage en tant que salariés. Ils sont dans l’ensemble assez pessimistes sur leur capacité de stopper l’État bourgeois dans ses visées. Attention, l’État bourgeois aime les syndicats bourgeois et les négociations avec ses parangons.

Les ouvriers et les salariés ont contre eux leur propre bureaucratie syndicale qui a pris les devants cette année en construisant une lourde structure pyramidale de «Front commun» avec de lourdes contraintes bureaucratiques qui permettront d’étouffer toute initiative de combat d’un secteur, d’une région, ou d’une unité revendicatrice sous prétexte de maintenir «l’unité de tous les syndiqués». «Personne ne bouge avant que tout le monde ne soit prêt à bouger». «On ne peut faire la grève, car la majorité n’est pas assurée, et la loi spéciale nous pend au bout du nez», etc., etc.  Bref, la structure de pseudo «unité» servira, comme par le passé, à détruire l’unité et à paralyser l’action gréviste militante.

Devant eux les salariés ont aussi les médias qui tenteront de soulever «l’opinion publique» contre les militants et les unités engagés dans l’action gréviste, le tout relayé par les bureaucrates syndicaux qui dénonceront toute action vindicative des salariés de l’État. Dès à présent nous devons contrer cette propagande. Les autres salariés sont de notre côté et ils le seront d’autant plus hardiment que la lutte de classe sera farouche, courageuse, résolue, comme celle des étudiants en 2012.

Devant les salariés, l’État a déployé toutes ses forces de combat, policiers, cours de «justice» (sic), propagandistes, économistes patentés, Assemblée nationale, lois spéciales, sous-fifres des municipalités, affidés des universités, des commissions scolaires, des ministères, des conseils d’administration. Il chaud peu à l’État des riches que les gens manifestent avec des casseroles le soir et les fins de semaine pourvu que l’appareil productif des profits et les services étatiques de soutien à la reproduction de la force de travail fonctionnent. Car le problème majeur auquel fait face l’État employeur et législateur est de soutenir, en ces temps de crise systémique, la valorisation du capital et la reproduction des profits élargies. C’est donc là que nous devons le frapper.

Ce ne sont pas les services sociaux ou les organismes de services, les ministères, les municipalités ou les garderies que les employés et les salariés du public et du para public doivent défendre. Les salariés n’ont pas à combattre l’austérité dans le flou artistique. Ce sont leurs salaires, leur pouvoir d’achat, leur sécurité d’emploi, leurs fonds de pension, leurs conditions de travail que les salariés doivent défendre (comme les étudiants de 2012 ont «Stoppé la hausse») et ce faisant, la classe ouvrière défendra les services publics et les conditions de reproduction de sa force de travail.  L’unité ne sera pas forgée dans l’abstrait par des appels à se regrouper en Alliance contre l’austérité. L’unité des salariés ne peut se forger que dans le combat contre l’État, contre la désunion à propos des revendications sociales (sic); contre les analyses alambiquées qui font l’impasse sur les véritables enjeux de cette lutte de classe; contre les divisions et les faux jetons. L’unité sera forgée autour des revendications que les employés appuieront et pour lesquelles ils engageront la lutte gréviste au plus vite. Dans le cours même de la lutte gréviste concrète, il nous appartiendra de démontrer aux salariés pourquoi de telles guerres de tranchés pour sauver nos emplois, pour sauvegarder notre pouvoir d’achat, pour assurer nos régimes de retraite sont inévitables et toujours à recommencer sous le capitalisme monopoliste d’État, portant ainsi le combat sur le front politique de la lutte de classe, ce qui constitue notre responsabilité.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR L’ORGANISATION OUVRIÈRE :

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

Article  de référence :

POUR UNE ALLIANCE NATIONALE CONTRE L’AUSTÉRITÉ

Julien Daigneault
Octobre 2014

En écho aux positions anti-austérité adoptées lors des assemblées générales de l’AFESH, de l’AFESPED et de l’AFELC en septembre 2014, des militant-e-s ont mis sur pied des comités visant à lancer une campagne contre l’austérité et les attaques sur les droits syndicaux. Cette campagne fait la promotion d’un « Front social » devant culminer par une grève illimitée au printemps 2015.  Cette période de l’année sera ponctuée par le dépôt d’un budget d’austérité (qui risque de déchaîner les mouvements sociaux) ainsi que par le début des négociations entre le gouvernement du Québec et le Front commun intersyndical des employé-e-s du secteur public et parapublic (près de 400 000 salarié-e-s).

La suite de l’article :  http://esuqam.com/rs1/

 

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La lutte gréviste

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La lutte gréviste semble léthargique

Dès 1918, Rosa Luxembourg en parlait avec éloquence, à propos de la seconde révolution russe et du soulèvement du prolétariat allemand. Pourtant, de nos jours, les prolétariats allemand, russe, français, américain, canadien, japonais, chinois, sont infiniment plus nombreux, mieux formés, plus spécialisés, et davantage exploités et spoliés qu’ils ne l’ont jamais été du temps de la révolution spartakiste. Nonobstant ceci, on ne rapporte pratiquement plus les luttes grévistes des prolétaires du monde entier. Elles sont pourtant nombreuses, en Chine notamment.  Serait-ce que les ouvriers seraient devenus des «aristocrates ouvriers» (sic), des corporatistes du système d’exploitation, des rentiers du capitalisme, des ploutocrates salariés ?  Non, évidemment !

Exploitation et spoliation sont en augmentation

L’indice le plus évident que l’on puisse donner du niveau accru d’exploitation de la main-d’œuvre ouvrière est le taux de productivité horaire moyen. L’indice de productivité horaire de la force de travail mesure l’augmentation de la quantité de biens et de services produits par heure travaillée. Si l’indice est en hausse cela signifie que chaque travailleur produit plus de marchandises pendant chaque heure travaillée. Comme le salaire ne constitue qu’une part décroissante de la valeur des marchandises produites – le solde constituant la plus-value expropriée par le propriétaire de l’entreprise –, la comparaison de l’un et de l’autre donne le taux d’exploitation moyen de la main-d’œuvre dans l’économie que voici pour la France métropolitaine (Tableau 1).

 

TABLEAU 1

HAUSSE ANNUELLE MOYENNE DE PRODUCTIVITÉ DU TRAVAIL SALARIÉ(France-1960-2012)  (1)
1960-1974  –  1974-1982 –  1982-1989 –  1989-2007 –  2007-2012
   5,0 %               2,1%                  2,1%               1,3%               0,1%0,1 %              -0,8%                  1,7%               0,2%             -0,9%

Ces hausses constantes de productivité du travail ont généré des hausses annuelles moyennes des profits variant entre 0,1 et 1,7%, avec des périodes prolongées de baisse des profits (- 0,8%/an de 1974 à 1982 et  -0,9% par année entre 2007 et 2012). Les hausses continuelles de productivité enregistrées ne se traduisent pas nécessairement par des hausses de profits correspondants.  C’est que ces hausses de productivité sont parfois la conséquence de l’introduction de nouveaux équipements industriels dispendieux et sophistiqués. Elles proviennent donc  d’une augmentation de la portion de capital constant (Cc) ce qui augmente la composition organique du capital (Cc/Cv) et fait chuter les taux de profits malgré la hausse de productivité enregistrée. C’est le capitaliste monopoliste qui produit et vend la machinerie qui encaisse la hausse de profit plutôt que le capitaliste monopoliste producteur de la marchandise finale (l’Allemagne, la Chine, la Corée, la Suède, la Suisse, le Japon sont de ceux-là). Une démonstration supplémentaire de la loi marxiste de la baisse tendancielle du taux de profit.

Par ailleurs, si l’augmentation de productivité est la conséquence d’un accroissement de l’intensité du travail, de l’augmentation des cadences, ou de l’allongement de la journée de travail par exemples, alors la hausse de productivité générera une hausse des profits pour les capitalistes de la production légère (marchandises destinées à la consommation courante) comme l’indique la période 1982-1989 sur le tableau 1.

Cette baisse des taux moyens de profits amène la classe capitaliste monopoliste international à accentuer ses pressions sur le salariat afin de réduire la part du PIB national consacré aux salaires, aux bénéfices marginaux, aux régimes de retraite, et aux services sociaux (santé, éducation, sport et loisir, culture) – qui ne sont rien d’autre que la part du revenu national consacrée à la reproduction de la force de travail.

La classe ouvrière tente de résister à son expropriation

Donc, tout bien considéré la classe ouvrière existe toujours en société impérialiste avancée. Son travail productif est toujours l’unique source de profit et le taux d’exploitation de cette force de travail va s’accroissant régulièrement d’une année sur une autre (2). Cette conjoncture difficile pour le salariat devrait normalement engendrer une grande résistance de la part des ouvriers jusqu’à provoquer des grèves spontanées. Étant entendu qu’en dernière alternative – le seul moyen de lutte dont dispose le salariat contre le patronat – ce sont les bras croisés, c’est-à-dire le refus de l’ouvrier de vendre sa force de travail contre salaire, privant le capitaliste de sa précieuse plus-value – c’est-à-dire du travail non payé et exproprié. La lutte gréviste sur le front économique de la lutte de classe est nécessaire pour qui souhaite soulever la lutte politique de classe. La lutte gréviste disait Rosa Luxembourg est l’arme ultime du mouvement ouvrier. La grève générale illimitée étant l’amorce de l’insurrection, le capharnaüm du capitalisme et le sépulcre du patronat.

Force est pourtant de constater que depuis nombre d’années la lutte gréviste des masses ouvrières va s’essoufflant alors que les conditions de travail et de vie du prolétariat se détériorent. Pourquoi ces deux mouvements qui se devraient concomitants sont-ils divergents ?

Le mainstream médiatique à la solde des riches a pour mission de nous entretenir à propos des grossesses de la princesse, des fugues extra-conjugales du Président, du prochain spectacle d’un humoriste, des dernières frasques de Sarkozy, de Sam Amad ou du député de Beauce et de taire toute information relative à ces impudiques grèves ouvrières. Saviez-vous que les enseignants de Colombie-Britannique ont fait grève pendant des mois et qu’ils ont affronté la police et la justice des riches ?

Depuis trente années la bourgeoisie a retiré – contingenté – encadré – bridé – légiféré afin de contrecarrer le droit de grève des ouvriers ainsi que des salariés sous le regard compassé des officiers syndicaux hébétés, quand ce n’était pas avec leur approbation empressée.  On doit admettre que la résistance ouvrière à ces attaques répétées leur retirant tout moyen légal de combattre n’a pas été à la hauteur de l’attaque généralisée contre leurs droits, et leurs combats, profanant la pseudo «démocratie bourgeoise» tant appréciée des bobos exaltés. Pourquoi ?

L’étouffement légal du droit de grève «légal»

La crise économique systémique du capitalisme oblige l’État des riches à sortir de sa réserve hypocrite et à plonger au cœur de la mêlée afin de secourir la classe sociale dominante, celle qui assure la gouvernance. L’État ne peut plus prétendre être neutre, impartial, équitable, champ du combat «citoyen» pour sa conquête «démocratique» électoraliste. Le masque étatique tombe malgré les efforts que déploie la go-gauche «démocratique» – participative – altermondialiste – écologiste – protestataire et citoyenne «progressiste». Cet État est celui de la classe dominante (pas celui du peuple tout entier) et il doit assurer la perpétuation du système capitaliste en l’état. Il s’y emploiera coûte que coûte  même s’il ne peut pas sauver ce mode de production et ces rapports de production moribonds (3).

Au Québec, comme dans bien d’autres entités, l’État a d’abord encadré le droit de grève des employés de la fonction publique et des secteurs para publics jusqu’à rendre le recours à la grève totalement inopérant. Ainsi, la loi sur les services essentiels exige le maintien de services dits essentiels pendant les débrayages. Ces services «essentiels» sont si imposants qu’ils requièrent plus d’employés en service pendant la grève qu’en période de travail normal. Dans certains pays, une loi anti-scabs a été promulguée à la demande des bureaucrates syndicaux et des sociaux-démocrates de la go-gauche bourgeoise «réformiste». Cette loi n’a servi qu’à démoraliser les salariés, à leur faire croire à l’équité de l’État des riches. Cette loi a servi à démobiliser les ouvriers sur les lignes de piquetage, et à justifier les bureaucrates syndicaux de ne pas organiser la résistance contre les «scabs» sous prétexte que la justice des riches sévira contre ces derniers (peut-être, des années plus tard, après que la grève aura été liquidée).

La classe ouvrière a rapidement perçu que c’est la machine étatique au grand complet qui se mobilisait pour écraser chaque grève spécifique. Loi encadrant le piquetage, spécifiant le moment du déclenchement de la grève et dans de nombreux secteurs les conditions de son exécution (services essentiels, ligne de piquetage, préavis de débrayage). Lois spéciales retirant le droit de grève à des travailleurs décrétés indispensables pour l’économie capitaliste. Injonctions des tribunaux pour pénaliser les grévistes grevés de lourdes amendes, pour empêcher le piquetage, pour interdire la fermeture des installations, des institutions (hôpitaux, bureaux administratifs, universités et CÉGEP).  Injonction interdisant d’entraver la production réalisée par des scabs extérieurs ou par des cadres scabs de l’intérieur. Les médias qui se déchaînent contre les luttes grévistes laissant croire que les travailleurs doivent assujettir leurs actions au désidérata de la soi-disant «opinion publique» telle que rapportée par les sondages truqués et les médias propriétés de richissimes milliardaires.

L’industrie du syndicalisme et la taxe syndicale

En société capitaliste, l’appareil syndical est totalement intégré à l’appareil gouvernemental dont il constitue un appendice chargé de négocier les conditions de vente «raisonnable» de la force de travail des salariés. À partir des paramètres établis par les boss syndicaux et par les boss patronaux, en collusion, les conditions de vie et de travail de toute la classe ouvrière sont ajustées dans l’ensemble du pays. Si le contexte l’exige, les bureaucrates syndicaux pourront même organiser des Fronts communs syndicaux pour ne rien faire et s’assurer de paralyser les salariés qui voudraient appeler à la grève générale illimitée.

Afin de maintenir leur «membership» de cotisants à la taxe syndicale les différentes agences de recrutement syndical se maraudent mutuellement et jouent parfois les gros bras pour impressionner les ouvriers. Les bureaucrates syndicaux monteront le ton à l’occasion et si la pression devient trop grande, qu’une grève sectorielle risque d’éclater hors de leur autorité, alors les appareils syndicaux appelleront à une grande manifestation de frustration, casserole en goupillon, un samedi matin pour ne pas perturber la productivité ni la circulation sur les ponts. Un débrayage symbolique sur l’heure du midi ou en soirée.  Une marche pour les pieds nickelés. Ils convoqueront un Forum social des peuples populaires, citoyens et citoyennes. Ils en appelleront à la population pour qu’elle vote pour un opposant de façon à punir le député récalcitrant. Une fois la saute d’humeur passée, une fois l’élection bidon terminée, chaque bureaucrate syndical trottine rétablir les ponts de la collaboration de classe avec ses amis de la magistrature, de la justice, de la politique, et de la police. Espérant que la prochaine bouffée de fièvre gréviste de ses membres ne surviendra pas avant longtemps. Ils ne souhaitent pas être dérangés dans leur bureau feutré et climatisé.

Dans tout ce manège anti-ouvrier, les «syndicalistes» accrédités se font les courroies de transmission des médias et des menaces du capital contre le salariat. S’il le faut, l’État s’en prendra aux officiers syndicaux et aux organisations syndicales richissimes. Il menacera de saisir les biens du syndicat, de lui imposer des contraventions qui l’acculeront à la faillite s’il ne démobilise pas de suite les ouvriers grévistes. L’État menacera de mettre fin aux ententes fiscales ayant transformé le bureaucrate syndical en hommes d’affaires gestionnaires de fonds de pension (Fonds de la FTQ et de la CSN). L’État oblige ainsi la bureaucratie syndicale à se mettre au service du patronat pour calmer les ardeurs grévistes de leurs membres.

L’État se compromet et compromet ses agents dans le milieu

Par ces multiples interventions législatives et juridiques; par la prévarication des officiers syndicaux à sa solde; par ces lois contraignantes empêchant l’exercice du droit de grève, l’État capitaliste se démasque et crée les conditions objectives et subjectives du soulèvement gréviste. Car chaque ouvrier individuellement, chaque section d’entreprise, chaque contingent salarié esseulé,  comprend bien que seul ou par petits groupes ils risquent d’échouer à faire reculer l’État des riches. De là à conclure que seule une grève générale illimitée fera reculer l’État capitaliste au service du patronat, et frappera le capital à l’endroit qui lui fait mal – la plus-value et les profits – il n’y a qu’un pas que la Gauche communiste a le devoir de franchir.  C’est à travers la lutte gréviste que la solidarité de classe se forgera et se consolidera (4).

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR L’ORGANISATION OUVRIÈRE :

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

(1)               http://hussonet.free.fr/gainprod50.pdf
(2)               http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/la-classe-ouvriere-nexiste-pas/
(3)               http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-1/ et  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-2/
(4)               http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-prix-dun-homme/

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LA «DÉMOCRATIE BOURGEOISE», CAUSE TOUJOURS, OU FERME TA G…

images«La croissance du mouvement révolutionnaire prolétarien dans tous les pays suscite les efforts convulsifs de la bourgeoisie et des agents qu’elle possède dans les organisations ouvrières pour découvrir les arguments philosophico politiques capables de servir à la défense de la domination des exploiteurs. La condamnation de la dictature et la défense de la démocratie figurent au nombre de ces arguments.»  (Lénine, 1919 [1])

 La classe ouvrière opposée à la pseudo démocratie

L’utilisation de ces «arguments philosophico-politiques» est très répandue, surtout lorsque la censure, le ’black-out’ des luttes grévistes, et la déformation des informations ne réussissent plus à mystifier les ouvriers. «La défense de la démocratie» comme l’écrit Lénine, c’est-à-dire l’idéologie démocratique bourgeoise, accompagne les attaques contre les conditions de vie du prolétariat international et vise à l’enchaîner derrière le convoi des États-nations capitalistes. Dans un premier temps, la bourgeoisie a réussi à étouffer les luttes de résistance grévistes, et maintenant elle cherche à nous entraîner dans des guerres impérialistes. Aujourd’hui, ces «arguments philosophico-politiques» se concrétisent au travers des campagnes antiterroristes (Al Quaida et EIL) et sur les «dangers» de la montée des partis d’extrêmes droites que la bourgeoisie stipendie.

L’utilisation des exactions et des menaces terroristes ne sert pas uniquement à fournir des prétextes pour renforcer la surveillance et la mise en place de lois répressives anti-ouvrières. Ces montages médiatiques à propos des menaces terroristes justifient et crédibilisent aux yeux de la population les mesures policières répressives, selon l’argument de la défense et de la protection du peuple que seul l’État démocratique (sic) serait en mesure d’assurer alors même que les actions terroristes sont directement suscitées et manipulées, voire organisées, par les services de police de ces  États pseudos démocratiques [2].

Les activités terroristes sont le résultat des manipulations et des provocations des services spécialisés des rivaux impérialistes qui se disputent le contrôle des marchés et des ressources. De même, la mise en avant du danger fasciste et de l’extrême droite – en Europe en particulier – vise à renouveler la mystique démocratique bourgeoise de l’antifascisme; celle-là même qui a entraîné le prolétariat dans la Deuxième Guerre impérialiste mondiale et promue la contre-révolution anti ouvrière (1929-1945). Non seulement on voit des partis d’extrême droite, racistes et xénophobes, promus lors des élections européennes (en France, en Hongrie, en Grande-Bretagne, en Belgique), mais on constate de quelle façon la bourgeoisie grecque, conseillée et dirigée par ses consœurs de l’Union européenne, a fait «gonfler» le groupe fasciste Aube Dorée et avec lui le faux antagonisme démocratie bourgeoise versus dictature capitaliste au moment même où la lutte gréviste ouvrière montante était liquidée par la gauche bourgeoise. La mystique dichotomique «démocratie-dictature» accentue le sentiment d’impuissance des ouvriers en obviant le véritable et fondamental antagonisme de classes entre le capital et le travail, entre capitalistes et prolétaires. La mystification consiste à présenter une faction de la bourgeoisie comme démocratique et conciliatrice et une autre faction comme dictatoriale et hystérique, imposant à la classe ouvrière de se ranger au service de la faction pseudo démocratique pour un moindre mal. La classe ouvrière ne doit pas soutenir la dictature démocratique bourgeoise contre la dictature-hystérique-bourgeoise. La classe ouvrière doit mener ses propres luttes anticapitalistes non pas pour obtenir des réformes et des avantages éphémères mais pour résoudre les contradictions insolubles du capitalisme en le renversant.

Néanmoins, même si le prolétariat international reste globalement soumis à l’idéologie  démocratique bourgeoise, même si les luttes ouvrières ne sont pas conséquentes avec les attaques reçues et ne font pas reculer le capital, même si les partis de la gauche bourgeoise et l’industrie du syndicalisme d’affaires maintiennent leur contrôle sur les luttes ouvrières et les sabotent, il n’en reste pas moins qu’une fraction significative de la classe résiste aux pièges démocratiques bourgeois. Cette résistance se manifeste au cours de grèves, de mobilisations, par le refus de céder aux sirènes appelant à faire confiance à la démocratie bourgeoise, à se ranger derrière l’État pseudo démocratique et à abandonner le combat de classe. Les ouvriers sont nombreux à refuser de participer aux élections bidon.

L’exemple de la lutte ouvrière en Grèce et au Brésil

Ce fut le cas en Grèce lors des mobilisations de 2008-2012, lorsque des manifestants ouvriers tentaient d’encercler et d’envahir le Parlement afin d’interdire aux parlementaires bourgeois d’adopter des mesures d’austérité contre les ouvriers. La milice du PC stalinien grec vint à la rescousse de l’État bourgeois malmené car ce n’est pas l’extrême droite «Aube Doré» qui en aurait été capable [3]. Ce fut aussi le cas au Brésil en 2013-2014 à l’occasion de l’organisation de la Coupe du monde de football, véritable mythe nationaliste réactionnaire. Au moment où la classe ouvrière du Brésil était soumise à une propagande permanente à propos de  la fierté de l’organisation de la Coupe, ce dernier a tenu à résister à ces frauduleux appels à l’unité nationale (sic) et ce fut dans la plus grande confusion que la compétition sportive a débuté. Assistée par l’ensemble de la bourgeoisie internationale (interventions de la Fédération internationale de football [4]), la classe capitaliste impérialiste brésilienne, dirigée par le Parti des Travailleurs (sic), a utilisé la répression violente pour éviter le déploiement de la révolte ouvrière ; en particulier, lorsque les travailleurs du métro de Sao Paolo se sont mis en grève à peine quelques jours avant l’ouverture de la Coupe du monde. Cette grève aurait pu paralyser la tenue des matchs et amorcer une grève générale dans l’ensemble du pays.

Dans plusieurs autres pays, l’idéologie démocratique bourgeoise a détourné la colère ouvrière vers la défense de la dictature démocratique capitaliste, lors du «Printemps arabe» par exemple. Il se joue en ce moment un combat idéologique extrêmement important aux conséquences historiques. La mystification démocratique bourgeoise ne se limite pas à l’obéissance à l’État capitaliste ; ni au respect de la démocratie politique bourgeoise formelle (élections, parlementarisme, etc.); ni à nier la réalité de la lutte des classes. L’idéologie démocratique bourgeoise individualiste et narcissique tend à imprégner tous les instants et tous les espaces de la vie sociale au détriment de la vision et de l’action collectives de la classe  prolétarienne.

Les médias sociaux égalitaristes, démocratiques et participatifs (sic)

L’accélération et l’extension de la circulation du capital financier et des marchandises; le développement des nouveaux médias (télévision numérique, Internet et réseaux sociaux), ont permis de relancer les valeurs individualistes et démocratiques bourgeoises sous le slogan «un homme, une voix» selon l’utopie que chacun avait désormais accès à une information objective, non manipulée, sans censure et en temps réel, et le rêve que chacun pouvait désormais s’exprimer comme il le voulait, sans entrave, grâce aux médias numériques et aux «réseaux  sociaux». Enfin, grâce aux nouvelles technologies de communication et de l’Internet la démocratie bourgeoise, participative, citoyenne, égalitaire serait advenue ! Tout ceci n’est que fumisterie. Un milliardaire, propriétaire de 40% des médias, aura toujours une voix et une voie prépondérante par rapport à celle d’un ouvrier d’usine, du moins tant que ce dernier restera esseulé. Toutefois, les communistes révolutionnaires doivent maîtriser ces médias et ces technologies numériques afin de les utiliser au bénéfice de l’insurrection.

À tous les niveaux de la vie sociale l’offensive idéologique bourgeoise se déchaîne. L’idéologie démocratique bourgeoise est adaptée pour contrer le développement des luttes de la classe ouvrière contre la bourgeoisie et son État (Front uni antifasciste comme dans les années 1930, combat antiterroriste, défense de la démocratie bourgeoise, etc.) Le danger de cette offensive généralisée apparaît lorsque des groupes de la Gauche communiste se font les apologistes de mouvements tels que les «indignés» et «Occupy» et servent de relais à la propagande sur «l’autogestion», et sur le primat de l’expression individuelle sur l’expression collective de classe.

Bâtir sur le collectif, anti-individualiste, pour renforcer la lutte de la classe ouvrière

Partir de l’unité-individu pour en tirer des déductions sociales et échafauder des plans de société, ou même pour nier la société, c’est partir d’un présupposé irréel qui, même dans ses formulations les plus modernes, n’est au fond qu’une reproduction modifiée des concepts de la révélation religieuse, de la création, et de la vie spirituelle indépendante des faits de la vie naturelle et organique( …) Cette conception religieuse et idéaliste n’est modifiée qu’en apparence dans la doctrine du libéralisme démocratique ou de l’individualisme libertaire : l’âme en tant qu’étincelle de l’Être suprême, la souveraineté subjective de chaque électeur, ou l’autonomie illimitée du citoyen de la société sans lois sont autant de sophismes qui, aux yeux de la critique marxiste, pèchent par la même puérilité, aussi résolument “matérialistes” qu’aient pu être les premiers libéraux bourgeois et les anarchistes.’ (Le principe démocratique, Bordiga pour le PC d’Italie, 1922).

La lutte théorique et de propagande contre l’idéologie démocratique bourgeoise est au centre des leçons et de l’expérience du mouvement ouvrier, de Marx à Lénine, de celui-ci à la Gauche communiste (Italienne en particulier). Cet héritage et cette expérience théoriques et politiques sont essentiels aux combats historiques entre les classes antagonistes. Selon que le prolétariat restera soumis ou non à cette idéologie, il réussira ou non à se sortir du bourbier capitaliste et à dégager sa propre perspective révolutionnaire. Voilà pourquoi il lui appartient de ne pas céder aux pseudo campagnes antiterroristes et de Front populaire antifasciste ou anti-extrême-droite. Le terrorisme et le fascisme sont sont d’abord les monstrueux enfants du capitalisme et de sa «démocratie bourgeoise». Pour contrer les menaces terroriste et fasciste, le prolétariat doit combattre le capitalisme et le renverser une fois pour toutes. Pour avoir nié ce précepte marxiste, les Fronts unis et les Fronts populaires antifascistes des années 1930 ont mené directement à la Deuxième Guerre mondiale. Guerre ou Révolution voilà l’alternative.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR QUI VEUT APPRENDRE LA POLITIQUE DE GAUCHE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

(Inspiré d’un article publié  sur http://igcl.org : 9 septembre 2014)

Notes:

[1] . Thèses sur la démocratie bourgeoise et la dictature prolétarienne, 1° congrès de l’Internationale communiste, mars 1919.

[2] . ’Le FBI a « encouragé, poussé et parfois même payé » des musulmans américains pour les inciter à commettre des attentats, au cours d’opérations de filature montées de toutes pièces. C’est la conclusion d’un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié lundi 21 juillet (…) « Dans certains cas, le FBI pourrait avoir créé des terroristes chez des individus respectueux de la loi en leur suggérant l’idée de commettre un acte terroriste », résume l’ONG, estimant que la moitié des condamnations résultent de coups montés ou guet-apens. Dans 30 % des cas, l’agent infiltré a joué un rôle actif dans la tentative d’attentat.’ (Le Monde.fr avec AFP , 21.07.2014)

[3]. Ce n’est pas une nouveauté : lors de la Première Guerre mondiale, c’est au nom de la défense de la France républicaine, de la démocratie, que les ouvriers furent appelés à partir en guerre contre l’absolutisme dictatorial de l’Empereur allemand Guillaume. En Allemagne, ce fut au nom de la guerre contre l’absolutisme du Tsar russe et de la défense de la nation allemande civilisée (démocratique).

[4] . Platini, Président de la fédération européenne de football : « Il faut absolument dire aux Brésiliens qu’ils ont la Coupe du monde et qu’ils sont là pour montrer les beautés de leur pays, leur passion pour le football et que s’ils peuvent attendre un mois avant de faire des éclats un peu sociaux, bah ce serait bien pour le Brésil et puis pour la planète football, quoi. Mais bon, après, après on ne maîtrise pas, quoi. » 

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LA CRISE ÉCONOMIQUE SYSTÉMIQUE DÉMYSTIFIÉE (2)

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La première partie de ce texte a été publié sur :  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-1/

Le paradoxe du mode de production capitaliste

Le paradoxe provient du fait que l’économie « souffre » d’une sous-consommation relative. Il y a capacité de produire de plus en plus de marchandises (biens et services), en variétés et en quantités illimitées, avec de moins en moins de force de travail par unité produite. Plus le système capitaliste produit massivement et à bon compte, plus il éprouve des difficultés à tout vendre, bien que les besoins les plus élémentaires de milliards d’êtres humains ne soient jamais satisfaits. C’est que le but de la production capitaliste n’est pas de satisfaire les besoins des humains, mais de satisfaire les besoins des actionnaires. Les êtres humains pauvres ou semi-pauvres, salariés, n’ont pas assez d’argent pour acheter, consommer et ainsi concrétiser la plus-value et le profit.

Pire, à ce premier paradoxe s’ajoute un second à savoir que le capitaliste dans sa quête de profits maximums est amené à réduire les coûts salariaux, mais paradoxalement moins le produit coûte cher en salaire, et moins il est profitable pour le capitaliste, application mécanique de la loi de la hausse de la composition organique du capital, avec pour corollaire, une baisse tendancielle du taux de profit (Cc/Cv).

Bref, le capitaliste ne trouve aucun avantage à produire davantage. C’est ici que l’apparition du capital financier et boursier – fusion du capital industriel productif et du capital bancaire parasitaire est apparue comme la panacée permettant aux capitalistes financiers – aux rentiers – aux créanciers – de poursuivre leur accaparement du capital, leur accumulation futile et stérile puisque ne reposant sur aucune valeur mercantile réelle et utile jusqu’à l’éclatement de la bulle spéculative. Du capital bancaire et boursier, cette immensité du crédit,  non adossé à des marchandises tangibles et concrètes n’a pas de véritable valeur commerciale. Ce n’est qu’un immense nuage spéculatif (160 000 milliards de produits dérivés inscrits en bourse dit-on dans le New York Times) qui n’est que valeur de pacotille que l’on a vu s’évaporer lors du dernier krach boursier et que l’on verra bientôt se transformer en fumée lors du prochain krach financier (11).

La contradiction antagoniste

On le constate, il ne s’agit pas de disproportions quantitatives entre branches de production différentes dues à l’aveuglement anarchique des producteurs privés ou publics (corporations étatiques capitalistes comprises). Ce n’est pas non plus qu’il se produit trop de valeurs d’usage, puisque l’ensemble des besoins sociaux n’est jamais satisfait. C’est que le système produit trop de valeurs d’usage dans un système économico-social qui ne les reconnaît que comme valeurs d’échangemarchand. Le système produit trop de marchandises sous forme de valeurs d’échange, c’est à dire des marchandises prétendant se vendre à un prix réalisant une plus-value. C’est cette plus-value qui, se posant en capital additionnel (virtuel), est le nœud du paradoxe entre surproduction et sous-consommation spécifique au capitalisme.

Envisagez ici que la vente et la consommation des marchandises, sous leurs différentes formes (biens et services) n’est que la façon pour les capitalistes de récupérer l’entière valeur marchande des produits, portion travail (salaire) et portion surtravail (plus-value).

La contradiction fondamentale du mode de production capitaliste repose sur l’inadéquation des rapports sociaux de production (privé, bourgeois) et du développement de la force de travail et des forces productives (collectives). Une vérité fondamentale révélée par Marx et que les économistes pseudo marxistes ont totalement oublié, nié ou travestis, préférant stigmatiser l’iniquité dans la répartition de la richesse qui n’est qu’une conséquence de la précédente. Pour résoudre l’injuste distribution des ressources, il faut d’abord  résoudre l’injuste appropriation des moyens de les produire. Il faut mettre fin à l’exploitation privée du travail. Il faut cesser l’appropriation du surtravail et l’expropriation privées de la plus-value. Il faut abolir le salariat, la plus-value et le profit, et abolir l’État qui a pour mission de maintenir autoritairement en place cette superstructure catastrophique (12).

Trop de moyens de production à exploiter

On introduit ici dans l’analyse des crises une détermination concrète supplémentaire et fondamentale par rapport au schéma le plus abstrait de l’échange marchand, M-A-M (Marchandise-Argent-Marchandise), auquel nous en étions restés précédemment. C’est celle de l’échange pour l’argent, A-M-A, qui devient nécessairement échange pour l’accroissement de l’argent, A-M-A’ (sinon autant ne pas risquer A dans des investissements périlleux), via le commerce mercantile d’abord ; puis dans le mode de production capitaliste par le moyen de l’extorsion de travail non payé (la plus-value), différence entre la quantité de travail social fournie par l’ouvrier et celle dont il reçoit l’équivalent sous forme de salaire. Cette plus-value apparaît concrètement, on le sait, sous les formes du profit. Et le taux de profit, ou le taux d’exploitation, rapport de la plus-value au capital engagé (noté Pl/C), s’établit comme « la force motrice de la production capitaliste et on n’y produit que ce qui peut être produit avec profit. » Tout ceci est assez connu (quoique travesti et mésinterprété par les économistes pseudo-marxistes). Il en ressort évidemment que si le profit s’effondre la production aussi. La crise apparaît dès lors toujours comme effondrement de la production et du profit, ce qui est la même chose s’agissant d’une production de (pour le) profit (13).

Marx résume très bien la relativité du phénomène : « On ne produit pas trop de subsistances proportionnellement à la population existante. Au contraire. On en produit trop peu pour satisfaire décemment et humainement la masse de la population.  Mais on produit périodiquement trop de moyens de travail et de subsistances pour pouvoir les faire fonctionner comme moyens d’exploitation des ouvriers à un certain taux de profit… » (14)

Ainsi, dans le phénomène de sous-consommation, ou de surproduction, la mystification consiste à éluder cet objectif de la production capitaliste : le profit. On occulte alors que la surproduction est uniquement celle de marchandises (valeur d’échange) qui ne peuvent pas être vendues avec profit maximum, réalisant ainsi une plus-value maximale, étant donné la quantité de travail non payé qu’elles contiennent. Sous le mode de production capitaliste, on préférera détruire les marchandises plutôt que de les donner, car alors on épuise le marché. Attention cependant, dans une société capitaliste, nationalisé une entreprise, ou une banque ne constitue pas une socialisation des moyens de production, d’échanges et de communication. Il s’agit tout au plus d’une prise en charge étatique d’un canard boiteux capitaliste, ou la prise en charge d’une mission de reproduction de la force de travail destinée au capital.

Impossible de reproduire sans détruire du capital

La disproportion entre production et consommation sociale se résume ainsi : l’unité inévitable production-consommation ne peut se réaliser sous le capitalisme que dans la détermination ultime de ce système, soit la profitabilité privée. Production et consommation sont les deux faces de la même médaille que l’on appelle le procès de valorisation-reproduction du capital. Mais si on considère qu’il s’agit non pas de production en général, mais de production de plus-value, laquelle est accaparée par le capital privé et vient s’ajouter au capital initial, reproduit pour s’incorporer à un nouveau cycle de valorisation-reproduction-accumulation. On constate que ce procès n’est pas destiné à la consommation en soi, pour satisfaire les besoins des êtres humains, mais qu’il  est procès de reproduction sociale élargie, tout comme l’animal humain n’accumule pas pour le plaisir d’accumuler, mais il produit et accumule des biens de consommation afin d’assurer sa reproduction élargie (sa descendance, assurance de sa pérennité sociale). Le mode de production capitaliste, en tant qu’organisme vivant, n’est pas différent. Il tente de se reproduire pour sa postérité. Le problème est que par sa nature (génétique pourrait-on dire par analogie) le mode de production capitaliste privé a atteint son seuil « d’incompétence », son seuil d’incapacité, où il ne peut se reproduire sans s’autodétruire, sans détruire du salariat et du capital. C’est cette impérative nécessité de détruire du salariat et du prolétariat qui poussera la classe ouvrière à la révolte contre le patronat – contre le capitalisme – même s’il n’y paraît pas pour le moment. La tâche des communistes authentiques sera alors de faire en sorte que cette révolte ne soit pas une révolte pour des « réformes », ou un « Printemps arabe » pour la forme, mais devienne une révolution sociale fondamentale.

C’est la reproduction organique élargie qui est le principe qui engendre l’accumulation du capital, sa valorisation et sa reproduction, qui est nécessairement accroissement conjoint de la production et de la consommation. Mais pas au même rythme et c’est là une contradiction systémique. Car ce mouvement inexorable d’accumulation pour la reproduction capitaliste fonde les mécanismes généraux qui amènent effectivement à une surproduction de marchandises, de moyens de production, brefs, de capital sous différentes formes, en même temps qu’à une sous-consommation relative, à une paupérisation relative (pouvant se transformer en misère absolue) des masses ouvrières, puis populaires. Mais dans ce rapport de force entre travail et capital c’est la classe ouvrière qui, par sa position objective comme enjeu central de la contradiction fondamentale, détient le destin de mettre fin à ce nœud gordien.

C’est de reproduction élargie et non d’accumulation que nous discutons ici. La preuve en est qu’au milieu du présent approfondissement de la crise systémique impérialiste, l’accumulation du capital va bon train et les fortunes des milliardaires s’accroissent et se concentrent chaque jour avec entrain dans un petit nombre de mains. Le hiatus dans ce processus est que la reproduction élargie ne se produit pas. Il y a accumulation sans reproduction. Le capital financier qui s’accumule entre si peu de mains est de l’argent de pacotille n’ayant jamais fructifié et ne s’étant  jamais reproduit de manière élargie – par le procès de reproduction de la plus-value. L’amas de papiers actions – le tas de fausses monnaies – l’amoncellement de valeurs évanescentes – de produits dérivés – disparaîtra parce qu’il n’a jamais été fructifier par le travail salarié, seule source de richesse socialisée.

La concurrence les enrégimente

À ce stade de l’exposé, nous voyons déjà que la possibilité concrète de la crise de surproduction est induite par cette nécessité où se situe chaque capitaliste individuellement, non seulement de limiter la quantité salariale de ses employés, et donc la consommation ouvrière globale, autant qu’il le peut, afin de produire le maximum de plus-value pour lui-même, en comparaison de ses concurrents chinois, indiens, brésiliens ou russes. Le capitaliste individuel est tenu de convertir cette plus-value en moyens de production supplémentaires (pour une reproduction élargie) plutôt que de la consommer en solitaire. S’il ne travaille pas à faire exister le capital en le reproduisant (ce n’est pas l’accumulation qui donne vie au capital, mais sa reproduction), la concurrence viendra le rappeler à ses devoirs sociaux en l’éliminant comme agent économique.

Faute d’élargir sans cesse sa production, de gagner en productivité en investissant dans les technologies de pointe, d’atteindre les meilleurs rendements, il disparaîtra sous les coups de ses concurrents. Le capital qu’il représente ira s’investir ailleurs dans de meilleures conditions et pour de meilleurs rendements. Ou alors il sera dévalorisé et racheté à bas prix par des concurrents plus puissants, ou encore il sera carrément éliminé. C’est pourquoi l’analyse des rapports concrets entre production et consommation doit faire intervenir la concurrence qui oblige chaque capitaliste à développer au maximum ses forces productives et à réduire au maximum sa masse salariale, ce qui à terme lui sera fatal.

Ce faisant,  chaque capitaliste participe activement au drame du capital social, général, puisqu’il consacre ses efforts à diminuer sans cesse la part du travail vivant, la masse salariale, relativement à celle consacrée au capital mort, au capital constant, dans le procès de reproduction du capital qu’il administre. Il voudrait bien que les autres ne l’imitent pas pour que leurs ouvriers continuent de consommer. Mais peine perdue, ils doivent tous agir de la sorte, et le gendarme concurrence le leur rappelle de façon pertinente.

Des hausses de productivité pour spolier les salariés

La diminution de la part relative du produit social qui est consacrée aux salaires nécessaires (Cv) contre celle qui est attribuée au capital constant (investissement et amortissement) est une observation que ressassent les économistes de la gauche bourgeoise pour critiquer le néolibéralisme (expression vaseuse pour ne pas condamner le capitalisme, mais seulement sa mauvaise gestion par l’État des riches que l’altermondialiste aimerait administrés pour leurs bénéfices). Mais il est pourtant évident, néolibéralisme ou pas, que plus croît la part du capital constant (Cc) dans la valeur produite, plus doit augmenter aussi la part du produit qui lui revient, pour le renouveler comme pour maintenir le taux de profit. Ce que Marx avait noté : « Avec le progrès de la productivité du travail social, accompagné qu’il est d’un accroissement du capital constant, une partie relativement toujours plus grande du produit annuel du travail échoira aussi au capital en tant que tel et par là même la propriété du capital (indépendamment du revenu) augmentera constamment et la proportion de la valeur créée par l’ouvrier individuel et même la classe ouvrière diminuera de plus en plus par rapport au produit de leur travail passé qui leur fait face en tant que capital » (15).

C’est là une tendance qui se manifeste avec constance. La recherche permanente de gains de productivité s’accompagne évidemment d’un accroissement plus rapide du capital constant (machineries et moyens de production) et de la consommation de matières premières que du capital variable (salaire). Il n’y a donc rien qui puisse être considéré comme anormal, sous le système capitaliste du moins, dans le fait qu’en France « la part des salaires dans la richesse nationale a chuté de 76,6% en 1980 à 68% aujourd’hui ». Aux États-Unis, elle est passée de 54% du PIB en 1968 à 43% en 2012 (16).

La guerre de classes trahie

Mais ce constat n’est que la manifestation d’une croissance des forces productives plus rapide que celle de la masse salariale. Le capitalisme, par la course de chaque capitaliste aux gains de productivité et à l’augmentation de la production en vue de maximiser ses profits induit une tendance au développement illimité de la production face à un accroissement limité, voire même à un rétrécissement de la consommation finale, et donc, également par contrecoup de la consommation de moyens de production. Ceux-ci se trouvent périodiquement inemployés, dévalorisés en tant que capital, et même envoyés massivement à la casse lors des crises (où il y a destruction brutale de moyens en état de fonctionnement, ce qui est différent d’un renouvellement progressif dû à l’usure). La destruction massive la plus brutale survenant pendant les guerres que l’Occident repousse vers l’Orient, l’Afrique, le Proche-Orient, mais qui de temps en temps s’invite en Ukraine, dans le Caucase, dans les rues des mégalopoles occidentales, à Fergusson ou dans la banlieue parisienne (17). Ces guerres urbaines ne sont pas des affrontements interraciaux, interethniques, interlinguistiques, intercommunautaires, mais véritablement des confrontations interclasses entre riches (par police interposée) et travailleurs ; entre le capital (par l’État interposé) et le travail, que la bourgeoisie et ses affidés de la gauche bourgeoise tentent de présenter comme des batailles au sein des classes  laborieuses.

D’où cette observation de Marx : « La raison ultime de toute véritable crise demeure toujours la pauvreté et la limitation de la consommation des masses, en face de la tendance de la production capitaliste à développer les forces productives comme si elles n’avaient pour limite que la capacité de consommation absolue de la société » (18).

« Ce passage a été mille fois cité par tous ceux qui voulaient s’autoriser de Marx pour expliquer la crise par la seule avidité de capitalistes refusant d’augmenter les salaires pour relancer la consommation, l’investissement et l’emploi. C’est toujours la même ineptie qui prétend isoler la sous-consommation, du rapport dans lequel elle se trouve avec le mode de production. Marx avait d’ailleurs déjà répondu clairement à ce genre de « marxistes » que c’est une tautologie que de dire que les marchandises se vendraient mieux s’il y avait plus d’acheteurs capables de les payer. Il ajoutait qu’il est d’autant plus stupide de prétendre que « cet inconvénient (le manque d’acheteurs) serait pallié dès que s’accroîtrait son (la classe ouvrière) salaire qu’il suffit de remarquer que les crises sont chaque fois préparées justement par une période de hausse générale des salaires… Du point de vue de ces chevaliers qui rompent des lances en faveur du « simple » (!) bon sens, cette période devrait au contraire éloigner la crise… la production capitaliste implique des conditions qui n’ont rien à voir avec la bonne ou mauvaise volonté » (19).

Du rapport dialectique entre surproduction et sous consommation

Répétons que pour Marx la limitation de la consommation n’est pas le motif ultime de la crise relative à la tendance illimitée du capitalisme au développement des forces productives, finalement inemployées. Que cette raison ultime de la crise tient à ce développement paradoxal des forces productives fondé sur la production de plus-value. Ce développement anarchique se heurte de façon contradictoire au moyen même qu’il utilise pour en produire toujours davantage. Prenons par exemple les gains de productivité obtenus par le remplacement du travail vivant (Cv) par du travail mort (Cc), de la machinerie de plus en plus automatique, performante, automatisée et  sophistiquée. Bref, le terme, « raison ultime » renvoie ici aussi bien à la surproduction de moyens de production qu’à cette sous-consommation finale qui l’accompagne invariablement. Il renvoie donc au rapport d’appropriation de la plus-value, au mode de reproduction du capital, de chaque capital privé particulier, comme course à la reproduction-accumulation que ce rapport implique. Le scandale du capitalisme à son stade impérialiste réside dans cette sous-consommation parce que, contrairement aux modes de production antérieurs, elle n’a strictement rien de « naturel » ni d’inévitable. Elle n’est pas une limite imposée par les forces de la nature ou par les forces productives à l’homme condamné à la simplicité volontaire ou involontaire. Cette limite est au contraire forgée et sociale.

À contrario, cette contradiction croit avec la production des richesses et avec la facilité à accumuler cette richesse sans parvenir à la reproduire, ce qui rompt le cycle de valorisation-reproduction-accumulation sociale du capital. C’est la raison pour laquelle nous disons que les rapports sociaux de production ne parviennent plus à « contenir », c’est-à-dire à faire fructifier et faire croître les forces productives. C’est le mode de production capitaliste et l’esclavage salarié qui sont alors condamnés puisqu’ils ne parviennent plus à faire ce pour quoi ils ont été édifiés au siècle dernier en remplacement du mode de production féodal et du servage.

Ainsi, la condamnation pratique qu’appelle la crise de sous-reproduction du capital est bien celle de la sous-consommation de biens et de services, parce qu’elle est purement artificielle (sociale), et non pas celle du développement limité des forces productives qui grâce aux progrès scientifiques et technologiques pourraient être démultipliées. Bien que relative à la surproduction, c’est la sous-consommation qui condamne le capitalisme à sa destruction en alimentant la lutte de classe du prolétariat, le fossoyeur du salariat, du moment qu’il perçoit que ce système économique ne lui permet plus de se reproduire en tant que classe sociale. Nous y reviendrons.

Tandis que le développement des forces productives, de la science et des  technologies, est le côté positif du capitalisme, une condition potentiellement réalisée pour abolir la sous-consommation (la pénurie), c’est-à-dire en fait pour abolir le rapport d’appropriation privée qui est à la racine de la contradiction insoluble entre forces productives et rapports sociaux de production. Ce n’est pas en s’opposant à la consommation, à la mondialisation, à la globalisation, à l’internationalisation du processus de production que nous trouverons la solution à la contradiction du capitalisme, mais en s’opposant à  l’expropriation de la plus-value, à la privatisation du fuit de la productivité accrue, et à la destruction des moyens de production (20).

La solution de la contradiction antagoniste

Ceci signifie que la classe ouvrière se mettra un jour en marche pour l’insurrection. Elle sera motivée par le désir de préserver les conditions de reproduction de son esclavage salariée. Ce sera l’ultime lutte de la classe ouvrière « en soi », gréviste et instinctive pourrait-on dire, pour son autoreproduction en tant que classe sociale. Le passage à la phase révolutionnaire du processus de changement radical de la trame sociale  consistera pour la classe ouvrière à conscientiser que l’ancien système économique ne peut pas être sauvé, le retour vers le passé est trépassé, et un nouveau mode de production socialisée est exigé, et il est de sa vocation de classe « pour soi » de l’édifier mettant fin, une fois pour toutes, à la succession des sociétés de classes.

À LIRE EN COMPLÉMENT POUR QUI VEUT APPRENDRE L’ÉCONOMIE : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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Le libéralisme, une dictature qui se met en marche…

Aldous HuxleyAu temps du fascisme, le contrôle des gouvernants sur les peuples s’exerçait de manière autoritaire et la répression était la règle contre les opposants au régime. Aujourd’hui, le droit de vote constitue la clé de voûte de la démocratie. Établi en France par la Constitution des droits de l’homme et du citoyen de 1789, il permet à chacun d’exprimer pleinement ses libertés individuelles. Choix des dirigeants, moyen de faire entendre sa voix, voter reste selon la vulgate officielle le moyen le plus efficace et le plus direct de participer à la vie démocratique. La pétition, la grève, la manifestation, etc. ne sont que le corollaire du droit de vote qui reste le rouage fondamental du système démocratique. Cet horizon semble généralement indépassable. Alors, quand Herbert Marcuse affirme « qu’une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté, la non-liberté efficace, lisse, raisonnable, qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même », cette phrase interpelle. Pour bien comprendre ce que le philosophe allemand voulait dire, il est nécessaire de comprendre les nouvelles formes d’assujettissement de la société postmoderne d’aujourd’hui, royaume de l’illusion réconfortante chère à Chomsky.

Depuis la disparition du Rideau de Fer et la chute du mur de Berlin, d’aucuns se croient entrés dans une ère post-idéologique. Une ère libérée des dogmatismes du XXème siècle, un monde dans lequel chaque individu est en mesure de déterminer lui-même le contenu de ses représentations intellectuelles,  morales, politiques et religieuses. « On pense à ce que l’on veut et on pense soi-même à ses idées », nous dit-on.

À partir de la fin des années soixante-dix, le néolibéralisme apparaît comme la nouvelle idéologie dominante. Elle sera d’abord mise en application aux États-Unis avec le président Ronald Reagan et en Grande-Bretagne avec Margaret Thatcher avant de se propager au reste du monde. Sur le plan politique, le néolibéralisme prône une réduction maximale de l’État ce qui, mécaniquement, accentue le pouvoir de l’oligarchie. Sur le plan économique, c’est le développement du marché dans tous les domaines, la financiarisation d’une partie du capital et la mondialisation du commerce. L’État n’est plus à même de réguler à lui seul le marché, en conformité avec lequel la politique doit désormais évoluer. On assiste à un renforcement de la libéralisation, de la privatisation et de la dérégulation. Lesconséquences sociales de ces mutations économiques sont de plus en plus perceptibles et douloureuses : l’émergence d’une « classe supérieure » adaptée au nouvel environnement concurrentiel va de pair avec celle d’un groupe sans cesse grandissant de personnes laissées pour compte. Les intérêts du marché l’emportent sur ceux de la société.

Ces mutations économiques et politiques influencent profondément le monde des idées et de la culture. Ces activités humaines ne doivent-elles pas elles aussi se soumettre aux lois du marché ? Les produits culturels deviennent interchangeables, la solidarité humaine est réduite à des rapports entre producteurs et consommateurs et les institutions culturelles deviennent des entreprises du marché de la culture.

C’est dans les médias, qui règnent à présent en maîtres sur le domaine culturel, que la commercialisation de la culture est la plus évidente. Les médias sont désormais plus importants dans la socialisation que ne l’étaient l’enseignement et l’Eglise autrefois. La télévision occupe aujourd’hui une place prépondérante dans notre société. Elle est pour ainsi dire le ciment social ; elle constitue le cadre référentiel, quasi unique, de la société. Les médias, on peut s’en douter, fonctionnent à tous égards selon des critères privés, inspirés du marché. Il y a encore une vingtaine d’années, les journaux dépendaient (en partie) pour leur financement d’organisations politiques ou philosophiques. La presse d’opinion était encore bien présente. De nos jours, tous les journaux sont des produits commerciaux dirigés par des entrepreneurs (des patrons) et soumis fatalement aux lois du marché. Il en va de pair avec la télévision.

Ne parlons pas de l’abrutissement dont est victime le secteur médiatique dans sa quasi-totalité. La plupart des journaux et émissions télévisées réduisent l’information et d’actualité aux futilités de la vie quotidienne. Les actualités se traduisent en taux d’audience, si bien que l’information n’est plus diffusée qu’à la condition de générer du profit. Les médias sont pour ainsi dire des producteurs de matière idéologique. Ils déterminent ce dont on parle et ce dont ne parle pas, ce qui peut être regardé et ce qui ne peut pas l’être, qui est ou qui n’est pas « expert ». Ils définissent les limites de la critique permise ; ils font partie de la grande industrie du divertissement, source d’enrichissement infinie pour les propriétaires et ses vedettes.

Le concept d’idéologie se voit dans ce contexte singulièrement réduit à une pensée unique. « Symbole d’un marché désincarné et sans visage, cette dernière évoque une représentation insaisissable du pouvoir, entre dispersion et disparition, dissémination et dissolution ». Notre époque est finalement la plus idéologique qui soit. Comme l’écrivait Marx il y a près de deux siècles dans l’Idéologie allemande, « les pensées de la classe dominante sont les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle ». Ainsi, les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante. Ce sont en quelque sorte les idées de sa domination. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire, la société dans son ensemble, sont dominés par les relations sociales qu’impose cette pensée unique. Les propositions et projets de lois sont pensés à partir de cet environnement. Sous les apparences de liberté se cache en réalité une dictature suffisamment subtile pour faire croire au plus grand nombre qu’il est encore libre.

Capitaine Martin

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LA CRISE SYSTÉMIQUE DÉMONTER ET EXPLIQUER

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http://www.les7duquebec.com/7-au-front/contradictions-dans-la-reproduction-du-capital-1/

 

Après lecture de ce texte, vous connaîtrez les causes profondes de la crise économique systémique du capitalisme et les raisons pour lesquelles cette crise ne peut être résorbée, ni le capitalisme réformé. Vous saurez pourquoi il n’y a que peu de choix, soit nous poursuivons cette marche forcée vers la crise, la guerre et la barbarie; soit, nous nous dirigeons vers la seule alternative, l’économie planifiée et la paix.

Comment le capital se reproduit-il ?

Le capital pour devenir du Capital productif (C) doit d’abord devenir des marchandises monnayables. Étant devenue marchandise (M), elle sera commercialisée et une fois vendue, la marchandise redeviendra argent (A) comptabilisable et « thésaurisable », mais il ne sera pas encore devenu du Capital. Il redeviendra Capital quand cet argent servira à acheter des moyens de production (du capital fixe dont le symbole est Cc) et des forces productives (les salaires dont le symbole est Cv) et ainsi redevenir du capital productif (C), prêt à s’engrosser de plus-value (pv), source de toutes les richesses en système capitaliste. Ainsi se poursuit le cycle de reproduction élargie du capital qui assure l’accumulation. L’accumulation n’étant qu’un moment dans le cycle continuel de reproduction du Capital – dont la vocation souveraine est de se reproduire en plus grand, de façon élargie. Cependant, pour se reproduire en plus abondant le Capital doit passer entre les mains des ouvriers qui seuls peuvent y injecter leur labeur, la précieuse plus-value (pv) – c’est-à-dire leur surtravail non payé – exproprié – source unique de capital revivifié.

La crise systémique du capitalisme

Quand s’enraye ce cycle de reproduction élargie du Capital productif, le Capital devient improductif, autant dire qu’il devient du capital mort et inutile. Il n’est plus du Capital en fait, au sens marxiste du terme, car il ne sert plus à produire de la plus-value et donc à se reproduire en plus grand (C -» C’). Ce qui enraye ce mécanisme de reproduction élargie – ce mécanisme de reproduction du capital – c’est la surproduction (relative) des marchandises. En effet, le mode de production capitaliste est le premier mode de production dans l’histoire à produire trop de moyens de production (de forces de travail et de forces productives) par rapport à ses capacités de « contenir, gérer et générer » – faire fructifier – ces moyens de production, c’est-à-dire ce Capital.

Crises de surproduction capitaliste

Comment une telle « surproduction » est-elle concevable au milieu de la famine et de la misère urbaine ? C’est que, in fine, le modus operandi de ce mode de production et d’échanges n’est pas de produire de la richesse, des biens et des services, à distribuer parmi la population en aisance ou en indigence. La finalité du capitalisme est de produire et de reproduire du capital par le moyen de l’exploitation de la force de travail et l’expropriation de la plus-value ouvrière. Pour arriver à ses fins, de reproduction élargie, le mode de production capitaliste, un peu comme un immense organisme vivant, a « imaginé » produire de la valeur d’échange monnayable à partir de la valorisation de la valeur d’usage [donner de la valeur marchande à une matière première n’ayant à l’origine qu’une valeur d’usage relative. Exemple, la roche de fer qui une fois ouvrée devient l’ossature d’acier d’une automobile].

Pour que l’opération soit profitable, qu’elle ne se résume pas à échanger un euro français contre un dollar américain, une marchandise au prix d’un euro doit coûter un certain prix inférieur au prix initial. L’autre partie de la valeur produite par le travail salarié (seule et unique source de valeur marchande) sera expropriée par le propriétaire privé des moyens de production et réintégrera le circuit de circulation du capital.

La plus-value source des profits

Cette portion de la valeur créée par le travail s’appelle la plus-value (pv) d’où émarge l’ensemble des profits déclinés sous différentes appellations telles que profits industriels, dividendes, rentes foncières et bénéfices commerciaux. Tant que ce processus de création de valeurs d’échange [création de capital à réinvestir, en capital constant (moyens de production dont le symbole est Cc) et en capital variable (Cv, ou salaire, ou temps de travail nécessaire) pour faire produire une nouvelle plus-value aux travailleurs salariés exproprier] le système économique capitaliste est en santé et fonctionne normalement. Le système économique reproduit le Capital en plus abondant ce  qui est sa finalité. On dit alors qu’il y a accumulation du capital dans les mains des capitalistes qui poursuivent leur quête incessante de nouveaux profits [de nouvelles richesses, de nouvelles valeurs marchandes].

Le profit c’est l’appât, moins de profits et c’est la crise 

Le profit constitue l’appât (du gain) sur lequel s’appuie idéologiquement ce mode de production et les rapports de production qu’il génère et qui l’articule et l’organise. Le problème économique (la crise) surgit au moment où ce processus de reproduction élargie du capital s’enraye. Enrayer signifie ici que la classe des capitalistes, dont c’est la mission d’accumuler et surtout de faire fructifier (valoriser) le capital n’y parvient plus. La classe capitaliste a beau imaginer des subterfuges, des arnaques financières, des pyramides de Ponzi, la création de produits boursiers dérivés et sulfureux, le Capital productif ne se reproduit plus et en lieu et place c’est de l’argent fictif – des papiers de changes – des chiffres virtuels dans un chiffrier électronique d’entreprise – des actions bidon qui s’accumulent dans les livres comptables et les portefeuilles de dividendes des rentiers, jusqu’à l’éclatement de la bulle financière affichant soudainement la vacuité de cette activité de thésaurisation de valeur-action virtuelle irréelle.  C’est-à-dire que ces papiers et des actifs utopiques ne sont adossés à aucune valeur réelle tangible ou « marchandisable ». C’est la raison pour laquelle les capitalistes chinois transforment présentement tous leurs dollars américains en avoirs immobiliers aux États-Unis. Ils achètent des centres villes en entier, des mines et des terres agricoles en prévision de l’éclatement de la bulle financière gonflée à l’hélium spéculatif étatsunien.

Attention, chacun doit bien comprendre que ce ne sont pas les marchandises, ni la richesse, ni les biens, ni les services, que les capitalistes, en tant que classe sociale, cherchent à accumuler et à reproduire. Les capitalistes détruiront les moyens de production et les marchandises (par les guerres) plutôt que de les brader à vil prix. Seul le profit les active et les motive et si un capitaliste ne se plie pas à cette loi d’airain de la valorisation-reproduction du capital il sera broyé par la machine impérialiste en marche vers le précipice de la crise systémique.

De la non responsabilité capitalistes dans ce cataclysme

La question qui confronte la classe ouvrière n’est pas d’aimer ou d’apprécier les efforts mis en œuvre par tel ou tel État providence bourgeois, devenu État policier corrompu, ou les efforts déployés par tel ou tel capitaliste, mais de comprendre que le système économique capitaliste fonctionne de cette façon et nullement autrement et qu’il devra rendre l’âme pour faire place au mode de production suivant – le mode de production communiste passant par une transition socialiste.

C’est le Capital productif, unique source de plus-value (via le travail ouvrier mis en œuvre) que la classe capitaliste cherche à accumuler non pas du tout pour le thésauriser, mais pour le réinvestir en capital vivant = en capital variable = et en capital constant ou capital fixe = mort = et ainsi lui faire accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Quand ce cycle n’est plus possible ce mode de production tire à sa fin. Malheureusement il ne s’écroulera pas tout seul et nous devrons le renverser pour l’empêcher à nous entraîner dans sa chute apocalyptique.

À chaque cycle de circulation du Capital, davantage il y a de capital vivant (salaire) mis à contribution et moins il y a de capital mort (capital constant), ou de moyens de production déjà capitalisés et additionnés dans la comptabilité nationale, plus il y a valorisation et donc profitabilité de l’opération de production. En d’autres termes, plus il y a production de plus-value et plus il y a valorisation et reproduction du capital. L’inverse est aussi vrai.

La crise de surproduction de moyens de production et de marchandises

On dit qu’il y a surproduction quand, dans le cadre du mode de production capitaliste, l’opération d’investissement – de valorisation – du capital productif n’en vaut plus la peine. C’est-à-dire quand le fait de placer son argent en nouveaux moyens de production (usines, énergie, matières premières) et en force de travail (salaires) ne procure aucun profit ou procure un profit moindre par rapport à d’autres formes de placements et d’investissements plus lucratifs. Les économistes en herbe qui devisent à propos du dilemme « investissement et croissance versus austérité et décroissance » attestent simplement qu’ils ne connaissent rien à l’économie capitaliste. L’option investissement et croissance est désormais fermée, d’où le capital s’engouffre à la bourse pour frimer (1).

La monnaie – l’argent – le capital financier

Ainsi, la monnaie, à l’origine un simple moyen d’échange facilitant le commerce des marchandises et la comptabilisation des investissements et des profits, s’est métamorphosé en capital financier, source utopique de profits virtuels alambiqués à partir de papiers de commerce-SDF – d’actifs vagabonds – sans valeur marchande. Nous reviendrons sur l’argent moribond, entremetteur que les capitalistes en déroutent ont transformé en talisman dans leur fuite en avant face à la crise économique systémique de l’économie capitaliste.

L’argent, ce « Dieu » mythique, est lui-même marchandise abstraite et universelle. L’argent n’est Capital que s’il se convertit en marchandises concrètes, telles que machines, matières premières, énergie, forces de travail, dans un procès de valorisation et de reproduction élargie géniteur de plus-value. S’il ne le fait pas il n’est rien sous le capitalisme. C’est ce que les capitalistes allemand avaient compris dans l’entre-deux guerres quand ils expédiaient en France des tonnes d’anciens marks sans valeur à titre de réparation de guerre. C’est ce que font les étatsuniens présentement avec tous leurs créanciers.

Le commerce et l’échange comme révélateur de la crise

La probabilité d’une crise économique que nous savons exister dans la forme élémentaire de l’échange simple se retrouve « contenue dans le mouvement du capital, pour autant qu’il est aussi marchandise et rien d’autre que marchandise » disait Marx (2). Car le mouvement de l’argent-capital est fait d’échanges de marchandises, transformées en  argent. Il est évident que les échanges doivent équilibrer les achats et les ventes pour pouvoir s’effectuer sans ambages. Les déficits de la balance commerciale annuelle de nombreux pays sont la garantie d’une crise économique profonde et irrésoluble. Chaque échange est donc un moment de possibles perturbations, un « saut périlleux » comme l’écrit Tom Thomas (3).

Plus se complexifie la division du travail dans l’usine et dans l’économie en général et plus se multiplient les diverses branches spécialisées de la production industrielle anarchique, et plus se segmentent le processus de production, réparti entre les différentes unités de production éparpillées dans plusieurs pays, et plus s’accroît la masse et la diversité des produits, et plus se multiplient aussi les possibilités de disproportions dans les volumes de marchandises produits, et offerts sur les marchés, et les volumes demandés – entre l’offre soldée et la demande solvable – et plus se multiplie les variations de prix que cela entraine. Phénomène qu’accentuent les variations de la valeur de l’argent, des devises au change flottant, d’un pays d’exportation à un pays d’importation. Cet écart dans la valeur des différentes monnaies étant un révélateur du déséquilibre des échanges de marchandises dont nous parlions précédemment. Ce n’est pas la monnaie qui entraîne les écarts et les déséquilibres des balances commerciales. La valeur de la monnaie ne fait qu’enregistrer et refléter ces écarts.

« Pour faciliter l’exposé de ces possibles perturbations, nous distinguerons les disproportions entre les  branches de production, et celles dues à une surproduction de biens destinés à la consommation finale (ou, autre façon de le dire, due à la sous-consommation de la population laborieuse). Il ne faut pas oublier que le commerce international concerne autant les échanges entre entreprises que l’approvisionnement de la consommation finale » (4).

Disproportions entre branches de production

Ces disproportions entre branches de production consistent en goulots d’étranglement dans une branche d’activités dont les produits sont nécessaires à d’autres branches. Le prix des marchandises s’élève. La production des branches est freinée par la pénurie des intrants nécessaires. Il y a triple dévalorisation du capital ; 1) par la diminution de la production de plus-value du fait du renchérissement des intrants, c’est-à-dire l’enchérissement du capital constant par rapport aux salaires, par l’utilisation notamment d’une plus grande quantité de capital fixe (machinerie sophistiquée et installations valorisées);  2) par la nécessité de hausser la productivité du travail et donc de réduire la quantité de travail – et de surtravail –  contenue dans chaque marchandise; 3) par l’inutilisation de moyens de production dans les branches industrielles  paralysées  en amont.

L’ensemble de ce processus produit une hausse de la composition organique du capital dont la conséquence inéluctable est la baisse des taux de profits moyens par secteur industriel et par zone géographique de production d’où s’ensuit un développement économique impérialiste inégal et combiné.

Le capital inemployé ne produit évidemment pas de plus-value, ce n’est plus du Capital, c’est une déprédation du capital. « Dans la mesure où le procès de reproduction s’arrête, le procès de travail se ralentit ou est, par endroits, complètement paralysé, c’est du capital réel qui est détruit. Le travail qui n’est pas exploité est autant dire de la production perdue. Des matières premières qui restent inemployées ne sont pas du capital. Des bâtiments qu’on n’occupe pas, tout comme des machines et des marchandises qui pourrissent dans les entrepôts, tout cela c’est de la destruction de capital » (5).

Sous-capacités de consommation d’un côté est toujours surcapacités de production de l’autre. L’ensemble produit non seulement une sous-utilisation des machines, mais crée aussi des stocks de marchandises invendues, des forces de travail inutilisées et licenciées, une baisse de la consommation des salariés devenus chômeurs et une baisse de l’investissement, et in fine, des entreprises en faillites. Ces réactions en chaîne sont bien connues et peuvent transformer une perturbation économique localisée en une crise généralisée et systémique de l’impérialisme globalisé et mondialisé.

La propriété privée des moyens de production et d’échange paralysent tout

Mais pourquoi chaque branche industrielle ne produit-elle pas exactement selon les besoins des autres ? Pourquoi la société ne peut-elle répartir « comme selon un plan ses moyens de production et ses forces productives, selon le degré et dans la mesure qu’il faut pour satisfaire ses divers besoins, de sorte qu’échoit à chaque sphère de la production la quote-part du capital social requise pour satisfaire le besoin auquel cette sphère correspond ? » demande Marx.

Nous connaissons la réponse, qui peut se formuler par la question suivante : « Comment, sur la base de la production capitaliste où chacun travaille pour soi (…) la péréquation et la cohérence nécessaire des diverses sphères de la production, la mesure et la proportion entre elles, pourraient-elles se faire autrement que par la constante abolition d’une constante disharmonie ? » (6) En réalité, « Les péréquations sont toutes fortuites », et elles s’opèrent toutes de manière anarchique, par la confrontation de l’offre et de la demande, directement soumise à la loi du marché capitaliste, ce qui oblige à ajuster les quantités et les prix à la demande constatée après coup. L’aveuglement des choix privés est corrigé et éclairé par cette confrontation bancale dans un immense charivari économique que les banquiers et les barons de l’industrie ne contrôlent nullement.

Les économistes en herbe et les journalistes à la solde repasseront avec leurs supputations à propos des mesures de « relance économique », d’investissements et de subventions étatiques pour amorcer la relance. Foutaise que toutes ces élucubrations de catéchumènes économistes dilettantes. Pendant ce temps le salarié peine, s’endette et voit les faucilles de la mort guerrière s’avancer jusqu’à lui.

Cette péréquation entre offre et demande arrive toujours trop tard, après qu’ils aient été effectués dans l’immense carnaval de la concurrence qui entraîne un redéploiement violent des disproportions : destructions de capitaux dans une branche et transfert de capitaux dans une autre branche industrielle, plus rentable. Chômage ici et pénurie de main d’œuvre là-bas. Profits ici et déficits puis dépôt de bilan là-bas.

L’anarchie de la production

La permanence de ces ajustements que ce mouvement des capitaux est censé réaliser « présuppose aussi la permanente disproportion qu’il doit égaliser en permanence, souvent violemment » par des crises, du chômage, l’inflation des prix et l’érosion du pouvoir d’achat des salariés, que le bourgeois présentent comme inéluctables et dont le bourgeois et le bobo subissent les effets eux aussi.  D’où la paupérisation hargneuse des petits-bourgeois qui s’aventure à protester, et même à se pâmer, vociférant le mot « révolution » et « fin du compromis », et ils réclamant le retour de la croissance (sic). Mais le Dieu Capital ne les écoute pas.

« Ce phénomène de « l’anarchie de la production » comme conséquence de la propriété privée des moyens de production et cause des crises systémiques a fait l’objet de très nombreuses analyses de la part de spécialistes et d’intellectuels marxisants. Nous verrons que les disproportions que génère le capital, et qui aboutissent à des crises de plus en plus violentes, ne se réduisent pas, loin de là, à des problèmes d’équilibres quantitatifs de productions entre les diverses sphères de l’activité économique. Nous verrons aussi que ce ne sont pas ces disproportions quantitatives en tant que telles qui sont le fait le plus important, mais les dévalorisations des capitaux; la tendance générale à la baisse du taux de profit à laquelle elles concourent. Ce qui est posé ici à ce stade encore général de l’analyse des crises, c’est que le capital ne se développe qu’à travers des destructions, des dévalorisations permanentes, qui sont pour lui le moyen de donner une cohérence sociale à la productivité et à la propriété privée.

Le paroxysme

La crise est le moment paroxystique de ce mouvement chaotique. C’est le moment de l’unicité quand l’anarchie à son comble est devenue un obstacle à la survie. L’anarchie capitaliste apparaît toujours comme disproportions. Mais celles-ci se manifestent évidemment sous des formes différentes au fur et à mesure du développement (valorisation) du capital et de ses transformations selon le cycle de reproduction élargie. Par exemple, elles se manifestent comme pénuries de marchandises dans telle ou telle sphère d’activité et sous la forme de surproduction dans d’autres sphères et secteurs au stade de la petite ou moyenne production éparpillée du capitalisme.

Ainsi au Canada pendant que de grandes multinationales performent et étendent leurs tentacules mondialement (l’industrie des énergies fossiles et des mines par exemples) des secteurs industriels secondaires et des entreprises tertiaires de taille petite et moyenne périclitent et s’effondreront bientôt suite à la signature récente de traités de libre-échange avec l’Union européenne, la Corée, le japon, etc. La crise systémique se manifestera comme excédent généralisé de forces productives et de capital financier. Ce sera une surproduction globalisée de capital sous toutes ses formes à ce stade contemporain du capital concentré, hyperproductif et mondialisé [au stade de l’impérialisme décadent. NDLR]» (7).

Taxer comme moyen de redistribuer la richesse qui tend à s’accumuler

Une surproduction n’est que l’envers d’une sous-consommation. C’est la deuxième forme de disproportion que nous allons examiner. Il ne s’agit pas simplement d’un problème d’équilibres pouvant relever d’une planification rationnelle de l’économie. Ces disproportions manifestent une contradiction inhérente au mode de production capitaliste entre le développement des forces productives et la paupérisation relative de la population salariée consommatrice à l’exception d’une couche de privilégiée (moins de 1% de la population totale).

Ceci signifie comme vous le verrez bientôt qu’il est totalement futile d’intervenir pour intervertir le processus d’accumulation concentrique des fortunes entre les mains d’une minorité afin de tenter de redistribuer la richesse avec équité. Amorcer un tel procédé amènerait la destruction du capitalisme et jamais les capitalistes au pouvoir ne laisseront leurs laquais politiciens les dépouiller et détruire le système. Seule une révolution sociale retirant le pouvoir politique et le monopole de la violence légale à l’État bourgeois pourra permettre d’exproprier les moyens de production, d’échange et de communication.

Disproportion entre production et consommation

« La production peut se diviser arbitrairement en deux grandes branches : la production des moyens de production (secteur I) et celle des biens de consommation (secteur II). Mais c’est évidemment cette consommation finale, donc essentiellement celle des masses populaires qui détermine en dernière instance l’équilibre de l’ensemble, la production du secteur I ne pouvant pas trouver sa finalité en lui-même » (8). En effet, c’est au moment où la marchandise (comprenant les biens et les  services) est achetée qu’elle transforme les salaires et les revenus des particuliers en argent pouvant redevenir du Capital productif selon le procédé que nous avons explicité précédemment. On constate que le capital développe davantage la production générale (secteur I) que la consommation finale (secteur II). Les hurlements des capitalistes à propos de leurs difficultés à écouler leurs produits, les usines fermées bien qu’en bon état de fonctionnement, et les stocks de marchandises invendues, détruites ou bradées font foi de cette évidence.

La sous-consommation est une explication de la crise souvent invoquée. Notamment par les keynésiens qui en concluent qu’il suffirait d’augmenter les dépenses publiques et les salaires pour que la consommation augmente et la production reprenne. Ainsi convergeraient harmonieusement les intérêts bien compris du capital et du travail salarié grâce à l’accroissement de la dette et de la masse monétaire en circulation ! Quarante années d’endettement souverain démentiel, et d’endettement des particuliers délirant n’auront pas suffi à mettre fin à ce refrain. Seuls les réformistes, les altermondialistes, les pseudos gauchistes  propagent encore ce fumage à l’effet que l’endettement collectif et individuel serait une solution à la crise économique systémique (9).

Avant le mode de production capitaliste, il n’y avait pas (en dehors des périodes de guerres) de destructions massives des moyens de production, de forces productives (des travailleurs) et des marchandises. Il y avait des moyens de production trop frustes, une production trop faible et trop sensible au moindre aléa climatique, d’où la pauvreté et de fréquentes famines. Cette pénurie n’était pas créée par le système social, il l’aggravait seulement par les prélèvements des classes sociales supérieures.

À LIRE EN COMPLÉMENT de ce texte. MANIFESTE DU PARTI OUVRIER http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

  1. http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/croissance-ou-austerite-aurions-nous-le-choix/
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LE RÉFÉRENDUM ÉCOSSAIS SANS INTÉRÊT

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http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-referendum-ecossais-sans-interet/

 

Nous venons d’assister à une vaste mystification lors de ce référendum en Écosse le 18 septembre dernier. La question posée lors de cette consultation ne reflétait nullement l’enjeu de la rixe électorale entre les forces en chicane. Ainsi, la question allait comme suit : « Should Scotland be an independent country ? » : Yes or No ? Mensonge et duperie puisqu’en aucune façon la population écossaise n’avait l’opportunité d’accéder par ce vote à l’indépendance économique, idéologique ou même politique.

Aucun pays ne connaît l’indépendance économique, idéologique ou politique, ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni la France, ni la Chine, ni la Russie et encore moins le Canada. Dans cette économie mondialisée et globalisée, soumise à la crise systémique depuis des années, vivant des temps de récession avant de connaître la grande Dépression et les politiques d’austérité, l’Écosse n’a pas plus l’occasion de se sortir de la crise que quiconque est présentement plongé dans le système économique impérialiste cataclysmique.

Sur quoi portait donc ce référendum ?

Dans un pays vivant sous démocratie bourgeoise un référendum est un duel non létal ou s’affrontent deux factions opposées de la bourgeoisie nationale. Les règles de ce duel – convenues entre les parties – vont comme suit :

La première règle non écrite stipule que les intérêts fondamentaux de l’ensemble de la classe dominante ne seront jamais mis en jeux comme un enjeu.

La deuxième loi convient que la faction qui parvient à embrigader le plus grand nombre d’électeurs prenne l’avantage et dicte ses exigences à l’autre faction.

Les électeurs tranchent le débat même s’ils n’obtiennent aucun avantage dans ce combat. Ce qui implique toute une mystique qui entoure le référendum afin que le votant s’exprime en pensant voter pour autre chose que la triste réalité.

Tous les coups sont permis sauf de mettre fin arbitrairement à la partie par un coup d’État militaire.

Chaque faction se soumet à un devoir de réserve et ne dévoile jamais ces règles secrètes, ni l’enjeu véritable de la baston inter capitaliste.

L’enjeu pétrolier

L’enjeu du référendum n’était donc pas pour l’État écossais de faire « l’indépendance nationale du marché mondial » contrairement à ce que répètent les médias à la solde. L’enjeu était pour la bourgeoisie écossaise de récupérer les bénéfices des « royalties » pétrolières de la mer du Nord. Actuellement, ces redevances payées par les multinationales aux gouvernements de Londres et d’Édimbourg avantagent Westminster au détriment du château d’Édimbourg.

La véritable question qu’aucun politicien bourgeois ne voulait exprimer aurait dû être : « Voulez-vous que l’ensemble des redevances sur le pétrole soit accaparé par le parlement d’Édimbourg pour le bien-être des milliardaires écossais : Oui ou NON ? »

Évidemment, le fait que les royautés pétrolières de la mer du Nord soient partagées en deux parts entre Londres et Édimbourg, ou encore, qu’elles soient accaparées exclusivement par le gouvernement écossais n’a et n’aura absolument aucune incidence sur la population écossaise ou sur la population britannique. Seules pourront être incommodées ceux qui participent déjà à la curée des redevances, soient la faction londonienne de la grande bourgeoise britannique, soit la faction écossaise de la grande bourgeoisie britannique. Les salariés eux ne verront pas un kopek de ces « royalties ».

 Nous ne traitons ici que des royautés versées par l’expropriateur privé aux gouvernements concernés. La propriété des oligopoles pétroliers continue d’être partagée, via les actions et les obligations, parmi les grands argentiers et les rentiers du monde entier, particulièrement les riches Anglais, les riches Gallois, les riches Irlandais et les riches Écossais évidemment. Le référendum ne touche en rien à l’imbrication serrée des intérêts économiques hégémoniques entre toutes les factions du grand capital international.

L’argent n’a pas d’odeur ni de nationalité c’est bien connu. Les capitalistes, une fois le rideau tiré sur la kermesse référendaire, n’ont pas de nationalité et transigent dans le monde entier. British Petroleum (BP) a des intérêts en mer du Nord, mais aussi dans le golfe du Mexique et en Californie, aussi bien qu’en Libye. Le monde parcellaire, stressé dans ses identités communautaires, que ces milliardaires tentent de nous faire gober, ne correspond à rien pour eux. Une fois les bouffonneries référendaires légitimaires passées, ils retournent à leurs affaires mondialisées et globalisées. Les trémolos nationalistes chauvins sur « l’indépendance nationale pour être maître chez nous » servent  à distraire la galerie et à mobiliser les salariés pour défendre les intérêts de ceux venus les exploiter, les exproprier de Londres et d’Édimbourg.

Le déroulement de la bataille référendaire

Au début du référendum, que la clique londonienne croyait gagné d’avance, seule la faction nationaliste écossaise mena campagne avec vigueur – soulevant l’ardeur de ses partisans petits-bourgeois (cette section de salarié dont une large portion vit des prébendes et des emplois de l’État bourgeois). Toute la panoplie du folklore écossais fut exhumée afin de mobiliser suffisamment de thuriféraires pour arracher la captation exclusive des « royalties » pétrolières.

Évidemment, les travailleurs ne sont pas dupes dans cette affaire. Ils rejetèrent ces fallacieux arguments. L’accaparement d’une plus grande partie des revenus du pétrole n’aurait aucune incidence sur leur revenu, sur leur vie, sur leurs taxes, et sur leurs impôts. Pas davantage demain dans un État bourgeois pseudo « indépendant », qu’hier dans l’État écossais dépendant de l’économie mondiale en crise.

La passivité de la faction capitaliste écossaise pro-Royaume-Uni et l’activisme de la faction capitaliste écossaise pro-récupération des « royalties » fit en sorte que tout au long de la campagne la faction « souverainiste » accrue ses appuis parmi la petite bourgeoisie en cours de paupérisation et prête à adhérer à toute illusion pour se sortir du chômage et des politiques d’austérité, adopter à Westminster aussi bien qu’à Édimbourg.

Londres est contraint de se mouiller pour sauver ses « royalties »

Une semaine avant le vote fatidique la clique capitaliste de Londres et d’Édimbourg – pro unioniste fut contrainte de sortir de sa léthargie et de jeter quelques promesses à la volée afin de renverser les prévisions des sondages. Si la clique de Londres s’était abstenue d’intervenir dans la consultation c’était justement pour éviter d’avoir à faire des promesses d’accorder une plus grande part des redevances au Parlement écossais. Du moment que Londres s’impliquait dans le référendum pour sauver sa mise, la clique de Westminster ne pouvait que lâcher du lest et abandonner des points de taxation en même temps que des champs de compétence gouvernementale.

En d’autres termes, la clique du Château d’Édimbourg avait gagné son pari à partir du moment où le premier ministre Cameron est intervenu pour s’engager à abandonner des champs de compétence et de taxation.

Si Londres s’avisait de ne pas tenir ses promesses il serait aisé pour les nationalistes de reprendre le collier et de recommencer le chantage à la souveraineté. La victoire du NON est cependant suffisante (55,4%) pour permettre à Londres de négocier très serré la dévolution des pouvoirs et des champs de taxation.

La classe ouvrière britannique vivant en Écosse n’a pas mordu à l’hameçon nationaliste du chauvinisme écossais pas plus qu’à l’Union Jack britannique et elle s’est soit abstenue (15% d’abstention) soit elle à voter pour le statu quo histoire de ne rien chambouler dans le rapport des factions bourgeoises en présence. Il n’est pas mauvais pour la classe ouvrière britannique que ces deux factions capitalistes s’entrent déchirent et s’affaiblissant mutuellement. Mais pour la classe ouvrière britannique, il n’y a aucun intérêt à prendre part à ce chantage à la sécession nationaliste bourgeoise. 

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ÉCOLO-DÉVELOPPEMENT, LE DÉNI DE NAOMI

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Les écrits de Naomi

Naomi Klein, auteure bien connue, a commis un nouveau cri de défi, avertissant je ne sais qui, que le temps des compromis était fini. Dans son dernier livre Naomi vilipende son ami Barak Obama de ne pas avoir tenu ses promesses de sauver la planète du réchauffement climatique, des pluies acides, de la désertification, de la hausse du niveau des océans et de l’extinction d’espèces menacées.

Naomi et ses amis crient et vocifèrent contre les marchands de guerres et contre les pétrolières et les accusent de tout faire pour accélérer leur calvaire dans le seul but d’engranger leurs profits mal acquis. Naomi avoue avoir perdu dix années de sa vie à quémander des engagements de la part des puissants ; à demander des changements bénéfiques pour l’environnement ; à supplier les gouvernements pour des lois ayant des dents afin de contrer l’effet de serre et protéger l’atmosphère. La militante écologiste admet finalement son échec retentissant. Elle écrit :

« Depuis que les gouvernements ont commencé sérieusement à parler de s’attaquer aux changements climatiques, en 1990, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 61 %. Des études crédibles montrent que la fenêtre pour éviter les pires dégâts se refermera en 2017… Le temps des compromis est fini » (1).

Aux journalistes qui en redemandent, madame Klein outrée ajoute : « Durant ma recherche, j’ai découvert que la plus grande organisation environnementale du monde, Nature Conservancy, exploite elle-même des puits de pétrole dans une réserve naturelle au Texas. »

Devant tant de duplicité que fera Naomi blessée peut-on se demander ? Elle compte manifester et marcher à s’en tordre les pieds et faire sonner les cloches des églises de Broadway afin d’ouvrir les cœurs et les consciences de ces multinationales de l’énergie, cupides et toutes puissantes. Lucide, et pas stupide, l’écrivaine renchérit :

« Il y a trois ans, j’ai reçu un rapport britannique qui avait été préparé pour les marchés financiers. Les auteurs montraient que les compagnies énergétiques possèdent les droits sur des réserves d’hydrocarbures représentant cinq fois le volume qui peut encore être brûlé avant d’atteindre un point de non-retour pour le climat. Ces quantités astronomiques de pétrole constituent essentiellement une déclaration de guerre contre la planète. Pour ces compagnies, c’est leur modèle d’affaires. C’est non négociable. Les compagnies ont compris que la parole des politiciens ne valait rien », conclut la militante.

La « marche des peuples » pour les multinationales de l’énergie ?

Étrangement, au moment où l’Europe et l’Amérique du Nord se mettent à marcher (dimanche le 21 septembre 2014) pour critiquer l’industrie des énergies polluantes, certains économistes en appel à un virage énergétique afin de briser la dépendance des pays européens et américains vis-à-vis du pétrole étranger (Proche-Orient notamment). Cette dépendance stratégique affaiblit leur puissance impérialiste et plombe l’économie de ces pays souverains (sic). Ainsi, l’économiste Gaël Giraud souligne que : «L’État devrait intervenir pour favoriser, financer et encourager la transition énergétique. Pourquoi est-ce important ? Entre autres parce que c’est l’énergie qui pilote une grande part de la croissance. Savez-vous qu’au moins la moitié de la croissance pendant les Trente glorieuses provenait simplement de l’augmentation de la consommation de l’énergie ? Une fois qu’on a compris l’importance de l’énergie, il faut se demander d’où elle vient en Europe : en grande partie de l’extérieur, via notre importation du pétrole (70 milliards d’euros chaque année, pour la France seulement)» (2).

 Et si la marche des peuples contre le «réchauffement climatique» se subsumait en une échauffourée entre monopoles de l’énergie dont nous serions les dindons de la partie ; les gazières poussant du pied les pétrolières ; ces dernières critiquant les nucléaires ; celles-ci dénigrant les énergies renouvelables incapables de suffire à la demande en croissance exponentielle. Tout ce beau monde quémandant des argents des gouvernements pour compléter leur transition comme le propose candidement l’économiste Giraud dans cet extrait stupéfiant : «Il faut mettre en œuvre un vrai débat démocratique sur ces scénarios. C’est un choix de société, en effet. Quelle place pour le nucléaire ou le gaz de schiste, par exemple ? Il faut en débattre. Ensuite, ce sera à l’État de trouver les moyens correspondants et d’aider à leur financement, en sachant que ces investissements seront peu rentables à court terme» (3).

Vous aurez noté que tout est beau pour le pèquenaud-bobo : scénario d’indépendance énergétique «nationale», débat démocratique citoyen, choix de société civile, aide au financement des trusts du pétrole, du gaz de schiste et du nucléaire, avec en prime, la promesse de non-retour sur investissement avant longtemps ! Que les travailleurs contribuables-taxables à volonté, à qui on aura demandé de se serrer la ceinture pour subventionner les milliardaires du gaz de schiste n’aillent pas penser qu’une subvention accordée à des monopoles de l’énergie doive rapporter.

Serions-nous en train de manifester afin de faire pression sur le gouvernement pour qu’il consacre plus d’argent aux milliardaires de l’énergie et de l’industrie de l’environnement ? Munie de la meilleure volonté du monde pour sauver la couche d’ozone, améliorer la qualité de l’air, empêcher l’effet de serre, les écologistes se retrouvent en porte à faux et leur combat serait récupéré par leurs ennemis (ou leurs amis ?) pour obtenir d’avantages de «subsides» de la part de l’État néolibéral providence pour les riches qui ne demande que ça.

La marche des peuples pour les coupures dans les budgets sociaux !

Le pendant de ces généreux programmes d’accommodements pour la recherche de nouvelles sources d’énergie «nationales» étant, bien entendu, que la dette souveraine s’alourdit et que les services publics deviennent trop dispendieux et doivent être sacrifier sur l’autel du développement environnemental écologique d’Exxon, de Shell, de Mobil, de Pétro-Canada, d’ELF et des autres.

Tant que les entreprises privées seront coincées à l’intérieur du mode de production capitaliste anarchique, à la poursuite du profit maximum, jamais l’humanité ne connaitra la paix, ni le respect de la planète, de ses ressources, de ses capacités à se renouveler, et de ses caractéristiques environnementales. Ces variables écologiques sont des coûts de production qui contreviennent au «modèle d’affaires» profitable des multinationales.

Les «pressions» par la mascarade des élections bidon

Les écologistes, les environnementalistes et les altermondialistes s’accrochent à l’illusion que la «société civile», et que la «communauté citoyenne» possède un quelconque pouvoir «démocratique» via les urnes – le bulletin de vote – et autres fanfaronnades électorales. Depuis plus d’un siècle, les élections démocratiques bourgeoises attestent de la futilité des élections bidon. Naomi en est tellement consciente qu’elle avoue candidement à propos de son Président :

«Après son élection, Obama avait un chèque en blanc pour monter un stimulus économique. Des milliards et des milliards étaient envoyés aux banques, sans condition. Au même moment, les constructeurs automobiles de Detroit faisaient faillite et demandaient au gouvernement de les sauver. Obama venait de gagner avec une majorité claire, en faisant campagne sur une plateforme de changement, incluant la lutte contre les changements climatiques et le grand projet de rebâtir la classe moyenne. Et il avait le Congrès de son côté» (4).

Une seule solution à la dégradation de l’environnement et à la pollution

Militants écologistes, environnementalistes et éco-socialistes observez la réalité. Le monde capitaliste est capable d’asphyxier des civilisations, de massacrer des populations, d’emmurer des nations, de disloquer des États, de tuer les travailleurs, d’estropier les enfants, les ouvriers et les soldats, et vous croyez qu’il hésitera à détruire l’environnement ? Les peuples et les ouvriers du monde entier ne veulent pas de leurs guerres sanguinaires, de leur capitalisme usuraire et pourtant que peut-on observer ? Toujours davantage de décomposition sociale, de dégénérescence globale, de crise économique générale, de chômage en panade et de pollution environnementale.

Madame Klein, chers amis de Naomi, militants éco-socialistes, prudents écologistes, larmoyants altermondialistes cessez de crédibiliser ces gouvernements et leurs parlements et mettez réellement fin aux compromis avec ceux qui se moquent de nos vies. Ce n’est pas par des manifestations, des cloches et des lampions, ou par des casseroles sur les balcons que nous stopperons leurs malversations. Seule une grève générale illimitée pourra les contraindre à écouter en attendant de les renverser définitivement pour construire le mode de production écologique socialiste.

 

 

  1. http://plus.lapresse.ca/screens/4515085c-6b61-43e5-9672-6c5133ab5cf9%7C_0.html
  2. http://www.lavie.fr/actualite/economie/pour-l-economiste-gael-giraud-la-politique-d-austerite-se-trompe-de-diagnostic-02-09-2014-55807_6.php
  3. http://www.lavie.fr/actualite/economie/pour-l-economiste-gael-giraud-la-politique-d-austerite-se-trompe-de-diagnostic-02-09-2014-55807_6.php
  4. http://plus.lapresse.ca/screens/4515085c-6b61-43e5-9672-6c5133ab5cf9%7C_0.html

 

Pour préparer notre avenir : MANIFESTE DU PARTI OUVRIER http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=97829243125

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LA MONDIALISATION NÉO-LIBÉRALE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

cid_BD3DC8A1-B4C5-4AAE-B48D-05E384CBC081-1000x288Critique de la pensée réformiste néolibérale

Les expressions «néo-libéralisme», «mondialisation», «globalisation», «monétarisation», «financiarisation» et «austérité» sont présentées comme caractéristiques d’un nouveau stade de développement du mode de production capitaliste. L’économie politique de la «mondialisation», de la «globalisation» et de «l’austérité» a été étudiée et décrite par Lénine dès 1916. Par contre, il est justifié d’affirmer que l’économie politique impérialiste est entrée dans une nouvelle phase de développement depuis les années 1968-1973 et la répudiation des accords de Bretton Woods, l’abolition de la convertibilité-or du dollar américain et de d’autres devises, et l’adoption du régime des changes monétaires flottants (1).

Toutefois, cette nouvelle phase de l’impérialisme ne constitue que l’exacerbation des contradictions déjà présentes dans le capitalisme classique. D’après les critiques de la mondialisation néolibérale, le mode de production capitaliste commercial (mercantile), reposant sur le commerce et la colonisation aurait évolué vers le capitalisme industriel néocolonial, marqué par le protectionnisme et l’édification de barrières tarifaires afin de protéger les marchés nationaux de la concurrence étrangère. Ce mode de production capitaliste – ce système d’économie politique dirait Marx – a ensuite évolué vers le «néolibéralisme, mondialisé, globalisé, monétariste et financiarisé» que nous connaissons aujourd’hui. Les caractéristiques de ce «nouveau» système économique néolibéral seraient que l’ensemble de l’économie est aujourd’hui accaparé par le secteur privé et une poignée de banquiers (les puissances d’argent, ce talisman) au détriment de l’État défenseur du bien public citoyen.

10401414_799661756732247_2650053477998502203_n1-300x225L’État, hier encore juste et équitable – arbitre impartial entre les forces sociales contradictoires – aurait été usurpé et accaparé par une clique de riches – en collusion – se cooptant, complotant et pervertissant les fonctionnaires – stipendiant les politiciens par des caisses électorales occultes et des pots-de-vin, et s’accaparant de tout le pouvoir politique démocratique bourgeois (sic).

Les médias dans nos sociétés libres et démocratiques (sic) auraient manqué de vigilance et parfois même ils auraient malencontreusement fermé les yeux sur ces malversations. La mission de l’opposition électoraliste altermondialiste, sociale-démocrate et nationaliste chauvine de la gauche bourgeoise serait aujourd’hui de réorienter l’appareil étatique et gouvernemental dans la direction de son penchant naturel en faveur de l’équité et de la justice sociale. Tout ceci n’est que fumisterie.

Le but ultime de cette opposition civique et citoyenne larmoyante est de retourner à l’État providence tant aimé mais révolu – symbole des années de bombances où la petite bourgeoisie exultait (2). La petite bourgeoisie, courroie de transmission et «porteuse d’eau» du grand capital, voudrait ainsi conserver ses privilèges (ses chaînes dorées) et ne pas subir les affres du néo-libéralisme mondialisé et globalisé. Ce système sans-cœur et prévaricateur qui détruit toutes les bases de «l’harmonie sociale» que le petit-bourgeois a eu tant de mal à crédibiliser aux yeux des ouvriers et de tous les salariés (3).

« À partir des années 1970, avec la montée en puissance des pensées de Milton Friedman et de Friedrich Hayek le mot néo-libéralisme prend un autre sens. À partir de Michel Foucault, le néolibéralisme est alors présenté comme une technique de gouvernement, une politique économique et sociale étendant l’emprise des mécanismes du marché à l’ensemble de la vie. Friedman et Hayek sont désignés en France comme en étant en grande partie les inspirateurs bien qu’ils ne se soient jamais réclamés du néolibéralisme, mais seulement du keynésien, qui limite voire supprime l’intervention étatique. Le contexte économique marqué par la fin du système de Bretton Woods relance les discussions entre écoles économiques et leur intensité a contribué à populariser ce terme » (4).

 

Les idéaux et les principes du réformisme néo-libéral

 

Les termes «néolibéralisme mondialisation globalisation monétarisation financiarisation» désignent aujourd’hui un ensemble d’orientations  idéologiques, économiques et politiques d’inspiration réformistes et opportunistes qui partagent plusieurs idées communes :

Le courant de pensée néolibéral dénonce l’aspiration d’une portion des intellectuels qui s’opposent à «l’austérité» et espèrent le maintien de «l’État-providence» en déliquescence. Le courant de pensée néolibéral dénonce leurs jérémiades pour un accroissement des interventions gouvernementales dans l’économie sous forme de règlementations et d’aide sociale. Les néolibéraux  dénoncent le maintien de charges fiscales pour les entreprises privées «déficitaires» (sic).

Ils dénoncent la prise de contrôle d’entreprises privées par l’État «socialiste», entreprises qui devraient, selon les intellectuels néolibéraux, être rétrocédées au secteur privé, dès que renflouées et rentabilisées. Ce à quoi s’opposent les petits-bourgeois altermondialistes et pseudo-socialistes, au motif que ces entreprises étatiques rentables profiteraient aux contribuables (ce qui est totalement faux comme le démontre la hausse constante du prix de l’électricité produite par la société d’État Hydro-Québec).

Le courant de pensée néolibéral fait la promotion de l’économie de libre marché au nom de la liberté de l’agent économique producteur et de l’acteur économique – consommateur et au nom de «l’efficacité» économique de la libre entreprise concurrentielle et monopolistique. Argument des plus ludiques quand on observe la crise économique structurelle et systémique qui n’en finit plus de démontrer l’inaptitude de la libre entreprise capitaliste à survivre sans guerre génocidaire, sans crises financières, sans famine endémique, sans pandémie meurtrière et sans cataclysme. Néolibéraux et gauche bourgeoise devraient être suffisamment avisés pour réaliser que le libre marché et la libre concurrence n’existent pas sous l’impérialisme monopolistique.

Le courant de pensée néolibéral prône la dérégulation et la dérèglementation des marchés qui devraient se réguler par les forces et les lois naturelles du marché «libre» et le jeu de la libre concurrence. Les réformistes rétorquent que trente années de dérèglementation-dérégulation ont entraîné l’intensification de la corruption, de la collusion, du pillage des administrations publiques; l’accentuation de la fraude fiscale; l’extension de la spéculation boursière; la dérive monétaire et bancaire; la destruction des services publics; la multiplication des empoisonnements alimentaires; la profusion des accidents ferroviaires, aériens, routiers, maritimes et pétroliers; l’extension des guerres régionales; ainsi que l’anarchie totale de l’économie. Tout ceci est véridique, mais il est tout aussi vrai que ces tendances sont inscrites dans le code génétique de l’impérialisme et ne pourront jamais être enrayées.

Les idéologues néolibéraux défendent les mesures d’austérité et aspirent à la disparition du secteur public au bénéfice du secteur privé dans tous les domaines rentables et profitables. À l’État il restera les services publics non rentables. Évidemment, la classe ouvrière n’acquiesce nullement à ce salmigondis ubuesque. Le militant vigilant perçoit rapidement que les pouvoirs  sont indifférents à ses atermoiements véhéments. Seule une opposition gréviste très musclée pourra contrecarrer les décisions arrêtées dans les offices climatisés.

Les intellectuels néolibéraux exigent que les secteurs d’activités économiques de production, de distribution et des services publics non profitables soient abandonnés s’ils ne sont pas essentiels à la reproduction élargie du capital. Ou alors qu’ils soient mis à la charge de l’utilisateur-payeur (récupérant ainsi les salaires consentis aux travailleurs) libérant ainsi du revenu gouvernemental pour augmenter les subventions aux entreprises privées sous prétexte de «stimuler l’économie», sous prétexte de créer des emplois (très lourdement subventionnés, précaires et éphémères), sous prétexte de rembourser aux banquiers la dette souveraine contractée avec la collusion des politiciens et des majordomes du capital.D’un commun accord néolibéraux et politiciens s’entendent pour que les budgets étatiques soient impérativement mis au service du grand capital pour sa reproduction élargie.

Ce détournement des argents des fonds de pension, des dépôts bancaires, des crédits publics, dorénavant ne passeront plus par un processus d’essaimage généralisé (aide sociale, allocation familiale, garderie subventionnée, transport en commun, logement subventionné, soins de santé et d’éducation dilapidés et services publics vilipendés), mais s’engouffreront directement dans les goussets des monopoles et des milliardaires. Le chantage des entreprises forestières et des alumineries exigeant une nouvelle baisse des tarifs d’électricité, déjà sous-facturée, est une manifestation authentique de cette dictature impérialiste sur la gouvernance publique démocratique bourgeoise (5).

Les critiques du «néolibéralisme» geignent que ce faisceau de mesures d’austérité et de désengagement des gouvernements accroit les inégalités sociales; déstabilise le tissu collectif citoyen; compromets la paix civique; pille les ressources naturelles et déséquilibre l’État dans ses pratiques juridiques en l’engageant «trop fortement» du côté des possédants, lui retirant son verni terni «d’arbitre impartial» au-dessus des classes sociales. Cesser de gémir militants de la gauche bourgeoise en délire et veuillez-vous raviser. L’État des riches capitalistes se dépare ainsi de son masque d’hypocrisie et affiche sa vraie nature de bâtard du capital.

L’État providence ne fut qu’un intermède cadeau des néo-colonies surexploitées que la crise économique systémique globalisée et mondialisée ne permet plus de raviver. Le laisser-faire «dirigiste» néolibéral Loin de «laisser faire» l’État capitaliste bourgeois intervient constamment et de plus en plus vigoureusement pour organiser et soutenir la reproduction élargie du capital. D’abord, pour assurer la valorisation (plus-value – profits) du capital qui est la condition de base de la reproduction du système d’économie politique impérialiste moderne.

La mondialisation néo-libérale globalisée caractérisée par l’austérité et la non-intervention de l’État n’est que mensonge et duperie qu’accréditent les organisations de la gauche bourgeoise par leurs dénonciations du pseudo désengagement de l’État. Il n’y a jamais eu de désengagement de l’État bourgeois. Il y a simplement des mesures d’austérité et de réorientation des engagements de l’État directement en faveur du capital sans passer par aucun intermédiaire.

Chaque jour l’État se désengage des services publics et réduit ses dépenses destinées à la reproduction de la force de travail et au soutien social, cependant que chaque jour l’État-providence pour les riches s’engage et transferts les deniers publics ainsi épargnés en direction des programmes de soutien destinés aux capitalistes (au Québec, on dénombre 2 300 programmes de subventions aux entreprises distribuant quelques milliards de dollars en subventions aux entreprises) afin d’assurer la reproduction élargie du capital dont l’État est le commandeur universel, l’état-major de la classe possédante et dominante et ceci quelle que soit la fraction de la bourgeoisie qui contrôle temporairement le pouvoir d’État (6).

 

  • LA SEMAINE PROCHAINE : LE COMBAT ENTRE L’ÉCONOMIE RÉELLE ET L’ÉCONOMIE «VIRTUELLE». 

Complément de lecture : Manifeste du Parti ouvrier mondial (2014).   http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

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LUTTE GRÉVISTE DU FRONT COMMUN DE LA FONCTION PUBLIQUE

 

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http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-greviste-de-la-fonction-publique/

 

L’amorce d’un Front commun syndical (2015)

 

des employées de la fonction publique québécoise n’est pas encore déclenchée que déjà les chefs syndicaux s’agitent. Afin de mériter leur hyper salaire ils doivent mener des enquêtes et organiser des rencontres aLa lutte gréviste fin de préparer la négociation de la prochaine convention collective des 300 000 employés regroupés sous le sigle du Secrétariat intersyndical des Services publics (SISP), la Confédération des Syndicats Nationaux et la Fédération des Travailleurs du Québec. (1) 

 

Les patrons syndicaux se savent surveiller par les salariés syndiqués expérimentés. Afin de redorer leur blason terni ils ont eu l’idée de signer une entente d’unité des appareils syndicaux – question de faire diversion. Une certaine gauche raffole de ces manigances à propos des Fronts communs, ce qui lui permet de faire la leçon aux travailleurs à propos de la nécessaire «solidarité» des syndiqués.

Les ouvriers québécois de la construction (175 000 prolétaires), lors de la récente négociation de leur convention collective, ont goûté au narguilé de la «solidarité syndicale» quand la moitié des grévistes ont été invité par leurs dirigeants syndicaux à rentrer au travail laissant l’autre moitié sur le pavé. Exit le «Front commun» des ouvriers de la construction du Québec.

De l’importance des conventions collectives dans le secteur public

Que ce soit au Québec, au Canada, en France ou ailleurs, sous l’économie impérialiste moderne, l’État bourgeois a un rôle primordial à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autres, l’État doit assurer de nombreux services pour la reproduction de la force de travail des salariés (reproduire – former – soigner – encadrer –  réprimer) (2).

Ces fonctions cruciales amènent l’État à engager et à payer des milliers et même, aux États-Unis, des millions d’employés afin d’assurer cette intendance et cette gouvernance. L’État bourgeois – l’émanation politique de la classe capitaliste – se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations collectives, jouant à la fois le rôle de l’État employeur-exploiteur; le rôle de l’État législateur; de l’État payeur, mais aussi de l’État taxeur et emprunteur afin d’enrégimenter ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum pour le salaire minimum socialement acceptable (la moitié des employés des services publics québécois gagnent moins de 30 000 $ CAD par année) (3).

Étant donné l’importance numérique et le rôle social crucial que joue cette multitude de travailleurs des secteurs public et parapublic dans la valorisation du capital financier, la classe capitaliste multiplie les efforts pour encadrer ces  salariés; pour négocier leurs conditions de travail et leur salaire au plus serré; pour soudoyer les dirigeants syndicaux et finalement, pour placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale entre eux. C’est la raison des négociations en cours à Genève sur la «libéralisation» du commerce des services, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement – TISA) (4).

Ainsi, la négociation des conventions collectives des employés de l’État pose directement la question du rôle de l’État bourgeois. Les  travailleurs doivent profiter de cette opportunité pour s’interroger sur la légitimité de l’État de droit bourgeois. L’État est présenté comme œuvrant au-dessus des classes sociales – comme un tribunal impartial, ou alors comme un organe malencontreusement compromis et corrompu, dévoyé de sa mission historique d’équité et de justice (Commission Charbonneau). Les parlements et les gouvernements devraient être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote en faveur des redresseurs de torts de la gauche multicolore (sic) qui militent afin de maintenir l’État providence et rétablir sa politique d’abondance, ce qui est impossible à l’évidence. La conjoncture économique de crise ne permet plus cette «générosité» de la part de l’État corporatiste policier, qui a remplacé l’État providence

La conjoncture économique au Québec et au Canada

 

L’État provincial, tout comme les municipalités québécoises, sont aux prises avec un déficit actuariel gigantesque pour ne pas avoir payé leurs contributions aux régimes de retraite de leurs employés. La défense des fonds de pension sera donc un enjeu majeur de cette négociation sur le front économique de la lutte de classe. De plus, le déficit courant de l’État québécois est de plus de trois milliards de dollars par année et la dette cumulée est de 267 milliards $ ou 53 803$ par habitant (5). Plus de la moitié des employés de l’État touchent moins que 30 000 dollars par année avant impôt. Avec ces salaires de misère la défense du pouvoir d’achat sera un enjeu majeur. Sans compter la sécurité d’emploi, alors que le tiers des employés de l’État sont à statut précaire. 

De la stratégie à la tactique de combat 

Le choix d’une tactique de combat dépend de l’objectif stratégique, des moyens mis en œuvre et du rapport des forces en présence. Examinons chacun de ces points concernant l’éventuelle lutte gréviste des employés de la fonction publique. 

Les travailleurs savent qu’il y a des grèves perdues d’avance. Ils savent qu’il y a des grèves facilement gagnées. Ils savent surtout que la plupart des négociations de conventions collectives sont l’objet d’âpres disputes entre les classes sociales en présence. C’est de la multiplication des grèves combatives et à grande échelle que surgira l’espoir de faire reculer l’État québécois dans ses visées de rejeter le fardeau de la crise sur les épaules des salariés. En attendant ce mouvement espéré, le militant propose des mots d’ordre unificateurs qui dirigent l’animosité de la classe contre l’ennemi principal, c’est-à-dire contre l’État corporatiste policier.

Ce mot d’ordre visant l’unité et la combativité de l’affrontement gréviste pour faire reculer l’État policier ne peut pas être : «Luttons pour le contrôle démocratique de la base sur l’appareil syndical. Renversons l’exécutif syndical». Un tel mot d’ordre perturbateur oriente le combat ouvrier, non pas contre l’État policier, employeur et législateur, mais contre l’exécutif syndical censé organiser la lutte des travailleurs.

Bien entendu, le militant aguerri rétorquera que tôt ou tard, comme par le passé, les bureaucrates syndicaux trahiront la lutte des travailleurs. Ce qui est tout à fait exact. Mais si la grande majorité des travailleurs n’est pas déterminée à congédier les officiers syndicaux, le seul résultat d’une telle consigne sera de provoquer la division au sein de l’organisation, possiblement l’expulsion des militants et un gaspillage d’énergie qui favorisera la partie patronale, ce dont les salariés feront reproche aux militant(e)s engagé(e)s.

C’est dans le cours même de la lutte que les tergiversations et les trahisons des bureaucrates syndicaux seront mises au jour, exposées concrètement aux yeux des travailleurs. Il sera temps alors de les afficher de façon que les travailleurs apprennent et se souviennent. Inutile toutefois pour les militants de la gauche de tenter de s’emparer des postes des bureaucrates syndicaux évincés. Un militant de gauche qui devient agent syndical de combat se transformera plus tard en syndicaliste d’affaires, négociateur bien payé de conventions collectives pour ouvriers sous-payés. Il ne peut en être autrement sous l’hégémonie de la classe capitaliste. Deux cents ans d’histoire du mouvement ouvrier mondial nous l’ont enseigné. C’est au moment de l’insurrection que la classe ouvrière réglera ses comptes avec les apparatchiks de l’industrie du syndicalisme. Il est aussi illusoire de croire à un syndicalisme de combat, à un syndicalisme communiste, que de rêver à un capitalisme humaniste (6).

Les travailleurs décident de leurs revendications

Grâce à la riche expérience dont bénéficient les travailleurs des pays capitalistes avancés ils sont parfaitement à même de décider de leurs revendications, de leurs tactiques de combat et de juger le rapport de force qui les oppose à leur patron, l’État policier, ceci  inclue les « boss » syndicaux. Les travailleurs qui engagent leur salaire, leur emploi, qui risquent des poursuites judiciaires, et l’affrontement avec les forces policières, décideront des concessions qu’ils tolèreront et de celles qu’ils refuseront. De toute façon, aucun militant n’est en mesure de contraindre les salariés de sortir en grève illégale et illimitée si ces derniers jugent le moment inapproprié ou le rapport de force mal engagé.

Mener cabale en faveur de telle ou telle revendication «transversale», soi-disant non corporatiste et soi-disant «progressiste» ne peut que saboter l’objectif stratégique de faire reculer l’État des riches. Il ne revient pas aux communistes de choisir les revendications des conventions collectives sinon pour supporter les grévistes qui souhaitent concentrer leurs énergies sur les enjeux décisifs. Les travailleurs ne mèneront que les luttes qu’ils veulent mener pour les revendications qu’ils veulent privilégier.

Les camarades de gauche, plutôt que de faire des remontrances et de deviser à propos des revendications que les salariées doivent prioriser, seraient mieux avisées d’observer quelles sont les revendications que les travailleurs de la fonction publique sont prêts à défendre et respecter leurs choix tactiques. Les camarades devraient prendre exemple sur les bureaucrates syndicaux à ce propos. Les «boss» syndicaux ont une grande expérience de mener des sondages pour dresser le cahier des doléances de leurs membres. Ce n’est pas à cette étape qu’ils liquident la lutte de résistance. Ils noient les revendications importantes dans une masse de demandes en prévision de leur capitulation aux tables de négociations marathons. Puis, ils enclenchent avec l’employeur la « négociation » de la vente de la force de travail de leurs membres et ils conjurent les militants de ne rien faire, de ne pas se battre. Quand la négociation est en panne, ils en appellent aux travailleurs, non pas pour défendre leurs revendications importantes, mais simplement pour faire pression pour que l’État du capital revienne aux tables de négociation épuisant les salariés par des actions délurés. Ou alors ils appellent à une grève symbolique ou une grève sociale tout en respectant les services essentiels. C’est à ce moment précisément qu’ils trahissent la lutte gréviste.

Un peu d’histoire des luttes grévistes au Québec

Certains camarades présentent la création du «Front uni des travailleurs de Sept-Îles», en 1972, comme un modèle de Front Populaire qui aurait donné, disent-ils, de la «profondeur» et un aspect «insurrectionnel» en radicalisant la lutte des travailleurs. Quant à nous, nous pensons que c’est le radicalisme de la lutte gréviste de ces travailleurs qui a mené à cette proclamation d’un «Front populaire», lequel, a été rapidement abandonné et pour cause. Il y avait peu de chance de créer et de préserver une République socialiste du Front populaire des Sept Iles. Les ouvriers militants de cette municipalité ont rapidement constaté la nécessité d’un soulèvement prolétarien continental, à tout le moins, s’ils souhaitaient préserver leur «Front populaire» régional.

Il en fut de même au printemps 2012 (Printemps Érable) lors de la lutte de résistance syndicale étudiante contre la hausse des tarifs de scolarité imposée. Les étudiants ont choisi eux-mêmes leur mot d’ordre et leur revendication «réformiste» sous le slogan : «Stoppons la hausse», rejetant les revendications gauchistes en faveur de la création d’une université prolétarienne au cœur de la cité urbaine bourgeoise. Ils se sont dotés d’une nouvelle organisation syndicale étudiante suite au refus des associations existantes de diriger la lutte de résistance et ils ont lancé le combat à deux reprises (2005 et 2011) avant de faire reculer l’État policier, ce qui était le but visé. Aujourd’hui, l’Association pour la solidarité syndicale étudiante (ASSE) débat de l’affectation qu’elle fera des cotisations étudiantes qu’elle ne cesse d’accumuler (!)

Présentement le combat des policiers et des pompiers pour défendre leur régime de retraite dévalisé offre un bel exemple de liquidation syndicale. Les bureaucrates syndicaux ont commencé à liquider la lutte en paralysant le front commun spontané de tous les employés des municipalités, et en réclamant le droit de négocier unité par unité d’accréditation syndicale.

 

L’attaque gouvernementale ne porte pas fondamentalement  sur le droit de négocier dans chaque municipalité mais sur les conditions de contribution des deux parties (municipalités – employés) dans les fonds de pension et sur le paiement des arriérés que les municipalités n’ont pas versées. Les policiers et les pompiers ne se battent pas pour que leurs «boss» syndicaux se pavanent aux tables gouvernementales mais pour ne pas perdre 6000 ou 8000 $ de prestation par année pendant la durée de leur retraire.

Les précédentes négociations des conventions collectives de la fonction publique québécoise, en 2005 et en 2010, sont qualifiées de désastreuses par le Groupe  Internationaliste ouvrier (GIO). Les camarades déclarent : «L’organisation autonome de la classe ouvrière contre le patronat, l’approfondissement et l’extension de la lutte tout comme l’émergence d’une conscience de classe révolutionnaire ne sont même pas effleurée dans les documents frontistes qui circulent dans les assemblées du groupe Offensive Syndicale et Front d’Action Socialiste». Tout ceci amène le GIO à conclure que le Front social devant englober le Front commun syndical est hautement improbable.   

La lutte gréviste est défensive

Toute négociation d’une convention collective, toute lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe est par nature un compromis, une lutte défensive, un combat de résistance. Du moment qu’un travailleur vend sa force de travail contre salaire il consent qu’en vertu du droit bourgeois son surtravail lui soit confisqué et dès lors il tolère son sort d’esclave salarié spolié. Le fait que l’employé négocie une augmentation de salaire pour son travail nécessaire seul ou regroupé en syndicat ne remet nullement en cause sa soumission à son patron qui l’achète contre rémunération. Il n’y a là rien de révolutionnaire.

Spontanément, et sans l’idéologie marxiste révolutionnaire, la lutte réformiste syndicale est le plus loin que puisse aller la lutte de classe «en soi». D’instinct, l’ouvrier reconnaît qu’il est plus avantageux de vendre collectivement sa force de travail en étant organisé en syndicat pour marchander plutôt que de se vendre à la criée, isolé. Si aussi peu que 10% des travailleurs américains sont syndiqués, c’est que l’État policier étatsuniens réprime fortement la syndicalisation et ils compensent par des prestations sociales et des services pour une partie du manque à gagner des non-syndiqués. Sans compter qu’une partie des patrons étatsuniens ajustent les salaires en fonction de ce qui est consentis par les grandes entreprises syndiquées.

Que font les communistes dans cette galère «syndicaliste réformiste»?

Les communistes engrangent de l’expérience de lutte par la lutte et à travers les luttes grévistes (syndiquées et non syndiquées). Nous venons clarifier les enjeux et stigmatiser les compromis, identifier les parties et leurs intérêts respectifs et faire comprendre à notre classe que ce jeu des négociations-marchandages de leurs conditions de survie n’aura jamais de cesse et que la partie est au bout du compte perdue d’avance.

Les lois de l’économie capitaliste forceront les patrons à céder de moins en moins de salaires et à réclamer de plus en plus de surtravail non payé. Pire, tous les efforts réclamés à la classe ouvrière pour augmenter la productivité et rétablir la profitabilité sont vains, car le système économique capitaliste ne peut se perpétuer, sinon, en détruisant nombre de moyens de production et en éliminant nombre de forces productives. Chaque gain de productivité ouvrier ce sont des emplois qui disparaissent. En travaillant plus le salarié est assuré de gagner moins sous le système capitaliste.

Front commun ou pas de front commun ?

Nous allons parmi les salariés, avec ou sans Front commun syndical (cette question n’est pas cruciale, l’unité ouvrière naîtra dans la lutte et par la lutte), pour expliquer à notre classe qu’il lui faudra un jour se résigner à dépasser les luttes de classe «en soi», pour sauver son  pouvoir d’achat et pour survivre, et elle devra entreprendre la lutte de classe «pour soi», pour la conquête du pouvoir d’État, l’expropriation sans compensation des moyens de production, d’échanges et de communication, l’établissement de la dictature du prolétariat et pour l’édification du mode de production socialiste. Au moment de l’insurrection, la question de la direction des syndicats de collaboration de classe se réglera d’emblée (7).      

 

Nous sommes la mémoire des luttes au service de notre classe et nous venons ici aujourd’hui soutenir la lutte gréviste.

 

Notes

 

  1. http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131
  2. http://www.pressegauche.org/spip.php?article17465
  3. http://www.leftcom.org/fr/articles/2014-05-13/le-front-commun-n-aura-pas-lieu-r%C3%A9ponse-au-camarade-alain-savard-du-front-d
  4. https://wikileaks.org/tisa-financial/ ET http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427
  5. http://www.iedm.org/fr/57-compteur-de-la-dette-quebecoise et http://www.pressegauche.org/spip.php?article18131
  6. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lindustrie-du-syndicalisme-daffaire/
  7. Rosa Luxembourg (1906) Grève de masses, parti et syndicat. https://www.marxists.org/francais/luxembur/gr_p_s/greve2.htm

 

A LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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Gabriel propose de taxer les riches !

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Surfant sur la vague des «carrés rouges» la vedette médiatique québécoise Gabriel Nadeau-Dubois se porte à la défense de la classe moyenne (sic) et de la classe populaire (resic) les nouvelles classes sociales accréditées «politically correct» par la bourgeoisie du XXIe siècle.

 

Has been Lise Payette et Noam Chomsky sont venus prêtés main forte au jeune doctorant dans sa neuvaine en faveur de la classe moyenne et pour la gratuité de la scolarité. Dans son livre, bien intentionné, «Plaidoyer pour la gratuité», GND a fait quelques trouvailles essentielles pour l’avenir de l’humanité post «Révolution tranquille de l’État providence en dormance». Examinons quelques-unes de ces découvertes exhumées de «notre maître le passé» (Lionel Groulx franquiste impénitent).

 

Première observation de GND «Les études supérieures sont plus accessibles qu’elles ne l’ont jamais été dans le passé et 58% des étudiants à l’université sont aujourd’hui des femmes». Il faut continuer, exige-t-il, sans préciser le taux visé (80% ou 90% ?)

Deuxième remarque, Gabriel demande que des montants importants soient consacrés par l’État policier afin de stopper l’hémorragie du décrochage scolaire au secondaire (40% de décrocheurs par endroit, majoritairement des mâles). Mais le décrochage sera-t-il freiner par des investissements du gouvernement ou par la disponibilité d’emplois payants, intéressants et permanents ? Est-ce réalisable Gabriel dans les limites de l’économie capitaliste déconfite ?

Troisième déconvenue de Gabriel à l’effet que le discours néolibéral dominant préconise de couper sans ménagement dans les dépenses du gouvernement car il n’y aurait plus d’argent. Gabriel Nadeau Dubois critique les plumitifs qui n’ont que le mot «couper» à la bouche. Pourtant, GND aurait dû envisager qu’il serait intéressant de «couper» dans les généreux investissements destinées aux entreprises privées. Mais qui osera s’y atteler ? Le parti politique de has been Payette, ou le Parti Québécois renouvelé de Jean-François Lisé et de Pierre Karl Péladeau le milliardaire ? Gabriel Nadeau n’en dit mot.

Quatrième chimère de Gabriel N-Dubois qui déclame qu’un système d’éducation a pour vocation d’inculquer l’idéologie dominante (culture, mœurs, morale, instruction, philosophie) à une population aliénée et pas uniquement de former des ouvriers compétents, dociles et performants. Gabriel devait savoir que ce fut, et que c’est toujours, l’objectif du système éducatif, au Québec comme partout en Occident, depuis avant la «Révolution tranquille de l’État providence en latence».

Pour les riches, un bon travailleur est un salarié formaté et intégré. Charest, Marois et Couillard lui diront qu’il en a toujours été ainsi, c’est le coût de l’opération qui pose question et provoque des discussions.

Cinquième révélation, GND l’écrivain s’offusque que certaines personnes soient en train de s’enrichir et ces personnes morales (compagnies) auraient le devoir, sermonne le jeune homme, de participer à l’effort «nationale» à la hauteur de leur capacité de payer plutôt que de planquer leur fric chez le banquier. Vœu pieu évidemment de tous les réformistes de Québec Solitaire à   la gauche solidaire.

Il est étrange que ni Gabriel, ni ses invités, n’aient observé que les politiques fiscales laxistes et les paradis fiscaux illicites sont répandus sur toute la planète et dans  nombre de contrées n’ayant jamais été affectées par la «Révolution tranquille de la bourgeoisie servile». Il doit bien y avoir une explication pour une telle unanimité de docilité internationale en faveur des milliardaires débonnaires.

Gabriel Nadeau Dubois ne nous dit pas comment il renversera cette tendance à la concentration-accumulation de la richesse inhérente au mode de production capitaliste décadent.

Le nouveau livre de GND est en librairie depuis mercredi dernier…

 

 

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/gabriel-propose-de-taxer-les-riches/

 

 

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CRISE ÉCONOMIQUE ET AUSTÉRITÉ. COMMENT FAIRE FACE ? (2)

afriquedusud3(Voici le texte d’un  atelier présenté au Forum Social des Peuples. Ottawa. Jeudi 21.08.2014. La première partie de cet article est parue sur »  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/crise-economique-et-austerite-comment-faire-face/

 

La crise compagne de route de l’impérialisme en déroute

 

Le krach boursier de 2008, dans lequel nous pataugeons toujours, fut le résultat  incontournable de l’évolution normale du système d’économie impérialiste moderne. Résumons simplement l’enchainement de ce processus obligé. En simplifiant exagérément nous dirons qu’au commencement il y avait une société ayant des besoins à combler.

 

Le premier mouvement de ce drame shakespearien survient quand un agent économique (les capitalistes) s’empare du pouvoir économique, politique et idéologique et propose non pas des biens et des services pour combler ces besoins multiples et variés mais des «marchandises» à leur valeur de production, c’est-à-dire des produits sortis de ses usines, de ses manufactures, de ses ateliers de service, de ses chantiers de construction, de ses moyens de transports et de communication qui appartiennent tous aux actionnaires-propriétaires des moyens de production, d’échanges et de communication. Cet agent économique capitaliste privé développe ces fonctions de production, d’échanges et de communication pour l’unique raison d’empocher des profits à profusion puis de les réinvestir pour enclencher un nouveau cycle économique profitable. La motivation du propriétaire privé des moyens de production, d’échanges et de communication n’est pas de satisfaire les besoins sociaux de la population, mais de satisfaire ses actionnaires.

 

Le deuxième mouvement de ce drame shakespearien survient au moment où dans cette course à la production de marchandises et de services pour faire jaillir le surtravail source de plus-value des mains de l’ouvrier spolié, le contraire survient. Plus le processus s’industrialise, se mécanise, s’automatise et se robotise, plus le profit s’amenuise. Le capitaliste exige plus de productivité de la part du salarié, afin d’obtenir plus de surtravail à spolier. Plus la productivité augmente, moins il n’entre de labeur  dans la valeur du produit-marchandise, donc moins il y a de plus-value à exproprier. Pire, le salaire du salarié s’amenuise et sa consommation tout autant. Le marché solvable rétrécit tandis que les capacités de production s’intensifient et inondent les marchés de produits ayant de moins en moins de valeur marchande, pour de moins en moins de clients en mesure de consommer.

 

Étant donné que le bénéfice des banquiers, des financiers, des courtiers sont tirés de la plus-value – du surtravail spolié aux ouvriers – et donc du capital financier actif et productif, le rétrécissement des marchés amène le ralentissement de la production ainsi que du cycle de reproduction élargie du capital.

 

Le troisième mouvement de ce drame shakespearien amène les boursicoteurs, les courtiers, les banquiers et les financiers à libéraliser le crédit afin de faire consommer aux salariés leurs gages anticipés. Ils espèrent ainsi continuer à empocher leur part des profits qui ne seront probablement jamais produits puisque la crise économique  s’approfondit. Par-dessus cette solution du crédit illusoire et ostentatoire, les banquiers et les financiers surajoutent la création de «produits» financiers illégaux, frauduleux et mafieux qu’ils achètent à crédit et qui, à la première flambée boursière, se consument et s’envolent en poussière. Le banquier français avait appelé cette arnaque : «l’évaporation complète des liquidités» (voir le chapitre précédent).

 

Depuis 2008, politiciens corrompus, banquiers véreux, économistes obséquieux, experts ingénieux et journalistes complices déchirent leurs chemises sur le parvis des banques et des places financières, abjurant leurs crimes et jurant que des mesures de contrôle seront instaurées, que d’autres seront renforcées, que l’hégémonie du capital financier est terminée et que tant de choses vont changer. Rien n’a changé de l’aveu même des courtiers et en 2010 la Grèce était emportée (45 % de Grecs vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté) et en 2012 les banques de Chypre s’effondraient sous les fourches caudines des Attila de la finance internationale [i]. 

 

Crédit à volonté pour compenser l’affaissement des marchés

 

Nous avons précédemment «palabré» à propos du crédit débridé disponible à tout vent pour consommer. Il nous faut maintenant approfondir cette arnaque montée par les «banksters». Afin de pallier la diminution des ventes conséquentes à la baisse des revenus réels et du pouvoir d’achat érodé des salariés, les banquiers et les financiers ont accordé des prêts hypothécaires sur lesquels ils ont spéculé. Les compagnies privées du secteur de la fabrication (automobiles, meubles, appareils électro-ménagers, appareils électroniques) se sont mises à prêter elles aussi. Les commerçants au détail et les grandes surfaces ont ouvert les prêts à la consommation à profusion. Au cours de l’année 2013, le crédit à la consommation excluant les hypothèques et les emprunts étudiants a augmenté de 5 à 8 % par mois aux États-Unis alors que le PIB a stagné. Les créances personnelles s’élevaient à 3 087 milliards de dollars en 2013 aux É.-U [ii]. Les proportions sont équivalentes en Europe occidentale et dans les autres pays d’Occident.

 

Au Canada, le crédit à la consommation est passé de 438 millions à 522 millions de dollars entre 2009 et 2013, une hausse supérieure à celle du PIB et à l’indice d’inflation [iii]. Cette débauche de prêts – d’argent en réalité – provoque une inflation importante et ne fait qu’approfondir la crise financière et monétaire et retarder l’échéance du krach boursier qui éventuellement projettera l’économie mondiale dans une dépression catastrophique.

 

Tous ces prêts c’est de l’argent mis en circulation avant que d’être passé par le cycle de valorisation du capital par l’entremise de la production de marchandises ou de services et par le cycle de reproduction du capital d’où les patrons extirpent plus-value et profits. Le crédit c’est de l’argent inflationniste mis sur le marché des profits anticipés non encore matérialisés et qui risquent de «s’évaporer» avant que de se concrétiser.

 

L’achat à crédit c’est la consommation actuelle d’un salaire virtuel que le salarié ne pourra probablement jamais toucher puisque le chômage, la stagnation des salaires, les hausses de taxes et d’impôts, alliées à l’inflation galopante, viendront le gruger avant que d’être encaissé. Sans compter que par ces emprunts le salarié réduit son pouvoir d’achat de la valeur des intérêts qu’il devra débourser. Voilà pourquoi les gouvernements s’inquiètent tant du niveau d’endettement des ménages qui a atteint 164 % en 2013 au Canada. Sous différentes formes, les Canadiens empruntent 100 milliards de dollars chaque année. Au total, les ménages canadiens doivent 1 600 milliards de dollars alors que leurs biens immobiliers – leurs résidences – sont surévalués de 60 %.

 

Par la faute des banquiers, les ménages canadiens vivent souvent dans l’indigence, mais tout de même au-dessus de leur maigre moyen et il suffirait d’une hausse des taux d’intérêt pour que la finance et l’économie s’effondrent et sombre irrémédiablement [iv]. Voilà pourquoi la Banque du Canada et la Réserve fédérale aux États-Unis n’augmentent pas leurs taux directeurs pour le moment.                                                                                                   

 

Le crédit entraîne le capitalisme vers le précipice

 

Vous aurez noté que les divers paliers de gouvernement ne peuvent rien faire contre le fléau des emprunts débridés, mécanisme inscrit dans les rouages internes de l’économie impérialiste moderne. L’impression et la diffusion massive d’argent (Quantitative Easing) notamment par le gouvernement étatsunien (85 milliards de dollars inflationnistes sont injectés dans l’économie mondiale chaque mois), et l’accès débridé au crédit provoquent l’inflation des prix à la consommation. L’argent est lui-même une marchandise (c’est la marchandise universelle – le fétiche, le talisman censé transformer toute autre marchandise en argent). En tant que marchandise universelle, l’argent (sous forme de monnaies, de cartes de crédit, d’hypothèques, d’actions, de profits, d’épargnes) représente quantité de biens et de services disponibles sur le marché.

 

Selon la loi de l’offre et de la demande (Figure 1) le point d’équilibre, c’est-à-dire, non pas la valeur, mais le prix moyen d’un bien, est fixé au point de rencontre de la courbe de l’offre et de celle de la demande. La marchandise argent, devenant de plus en plus abondante, alors que la disponibilité des autres marchandises demeure relativement stable, s’ensuit que la valeur symbolique de la marchandise «argent» diminue et qu’il en faut davantage pour acquérir un bien ou un service dont la valeur marchande, contrairement à la marchandise argent, est fixée par la quantité de la marchandise «force de travail» qu’elle contient.

 

Les différentes monnaies spéculatives – à taux de change flottant sur le marché international – seront dévaluées au cours du krach boursier. Le Yuan chinois se tenant à l’écart (autant que possible) de cet environnement international spéculatif s’en tirera mieux que les autres, ce que les impérialistes chinois attendent avec impatience. 

 

L’appareil de propagande publicitaire

 

Ces différents phénomènes économico-financiers entraînent la réduction drastique des capacités de consommer des salariés. Le salaire d’un travailleur étant une quantité fixe «inélastique» chaque dollar gagné permet d’acheter de moins en moins de marchandises au prix inflationniste du marché. Il y a accumulation des stocks dans les entrepôts et des invendus dans les magasins dont les capitalistes exigent la destruction plutôt que la distribution gratuite ou à vil prix. On rétorquera que les soldes sont abondants et importants partout sur les marchés, ce qui est faux. Les marchandises écoulées lors de ces soldes ne représentent qu’une petite partie des produits en surplus et des invendus. D’autre part, ces ventes à rabais (quand rabais il y a ce qui n’est pas toujours le cas) ne font que miner les marchés, hypothéquant les ventes subséquentes. C’est la raison pour laquelle l’immense appareil de publicité commerciale, couplée au gigantesque appareil de propagande médiatique (radio – télé – journaux – Internet – publie-poste) n’a pas pour vocation d’informer le public, mais de faire acheter et consommer de façon inconsidérée. Observer que les émissions de télévision, de radio et les articles de journaux ne sont là que pour remplir l’espace-temps entre deux réclames commerciales et souvent les téléromans et les autres «soaps» télévisés ou radiodiffusés ne visent qu’à renforcer le besoin factice dont on nous a imprégné l’esprit pendant la réclame. Cette propagande publicitaire est véritablement un assaut contre les ouvriers et les travailleurs salariés.

 

Il est inapproprié de la part des petits-bourgeois s’agitant en faveur de la «pauvreté volontaire» et de la «décroissance salutaire» de tenter de culpabiliser les ouvriers d’être responsables de la surconsommation engendrée par ces immenses appareils de propagande publicitaire. Quand un nouveau système d’économie politique sera construit pour satisfaire les besoins des gens travaillant – sans obligation de valorisation du capital pour assurer la reproduction élargie du capital – il sera inutile de pousser à la surconsommation puisque la poursuite du profit maximum ne sera plus le moteur de l’économie. C’est pourquoi nous disons quela seule façon de sortir de ce système de consommation à outrance c’est de changer les bases fondamentales de l’économie politique et de renverser cette société de consommation en perdition.

 

L’effondrement industriel de l’économie impérialiste

 

L’ensemble de ce processus économique – amenant le rétrécissement des marchés – la réduction du pouvoir d’achat des salariés – les surplus d’inventaires à détruire pour maintenir les marchés subsidiaires – amène invariablement des fermetures de manufactures, ce qui aggrave d’autant le chômage auquel s’ajoute le problème de la délocalisation des usines.

 

La délocalisation est ce processus industriel par lequel des entreprises monopolistes,  ayant leur «Head office» dans les métropoles d’Occident, ferment leurs usines dans leur pays d’origine où les salaires sont plus élevés, afin de les relocalisées dans les pays émergents où les salaires sont moins impressionnants. Ce processus est en cours depuis les années 1970. Depuis que le transfert des machines-outils, des robots et des technologies; couplée à la réduction importante du coût des transports; associée à la hausse de scolarité de la main-d’œuvre salariée ont assuré l’augmentation importante de la productivité dans des pays hier encore arriérés.

Les gouvernements d’Occident, qu’ils soient de niveau municipal, provincial, national ou multinational ne peuvent rien faire pour empêcher ces hausses de productivité que les entreprises capitalistes monopolistes organisent; ces baisses de coûts des transports et ces transferts d’usines. Il faut se rappeler que le but de l’économie capitaliste monopoliste n’est pas de subvenir aux besoins sociaux mais d’assurer la reproduction élargie de l’économie (mode de production et d’échanges) en s’appuyant sur la valorisation du capital ce qui nécessite l’accumulation des profits. La crise est le symptôme qui nous avise que le système capitaliste ne parvient plus à remplir sa mission historique.

 

Farder l’austérité par des statistiques alambiquées

 

Prenez garde aux statistiques que les États impérialistes et leurs instituts de recherche fabriquent et publient à propos de l’inflation, de la hausse des prix, de l’augmentation des salaires, des revenus, du chômage, des déficits budgétaires. Étant totalement incapable de régler ces problèmes économiques l’appareil étatique bricole les statistiques, modifie les paramètres et change les variables pour le calcul des indices et publie systématiquement des données tronquées ou erronées. Ces statistiques sont devenues des instruments de propagande pour apaiser ou désorienter la vindicte des salariés. Au Québec récemment le ministre des Finances a reporté d’une année l’atteinte du déficit zéro (l’équilibre fiscal entre les revenus et les dépenses gouvernementales). Pour y parvenir sur papier il a prévu une croissance du PIB du Québec de 3,5 % en 2016 ce qui est mensonger. Même les économistes bourgeois  n’ont pu entériner cette baliverne et plusieurs ont critiqué vertement le ministre [v].

 

Nous vous prions de prendre note qu’en 2001 l’Assemblée nationale du Québec a adopté une loi prescriptive obligeant le gouvernement à atteindre l’équilibre budgétaire (déficit zéro). Cette loi n’a jamais été appliquée depuis qu’elle a été adoptée et pour cause, c’est impossible [vi].

 

La dette explose et l’État impérialiste implose

 

S’évertuant a augmenté ses aides aux entreprises privées, afin de les garder dans son pré carré; s’échinant à réduire les charges fiscales des multinationales et à anémier ses revenus de fiscalité. Atteignant la limite des charges imposables aux ouvriers, aux salariés et aux petits-bourgeois surtaxés, l’État des riches s’est résigné à emprunter et à s’endetter sur le marché obligataire. C’est une autre façon par laquelle l’État transfère l’argent public aux capitalistes privés. Les banquiers et les financiers commandent la manœuvre en amont et ramassent le pécule en aval. Ils recommandent les emprunts gouvernementaux. Ils prêtent à fort taux. Ils abaissent ensuite la cote de crédit des États et manipulent frauduleusement les taux d’intérêt sur les prêts (Libor). Ils prêtent et ensuite empochent les remboursements grevés de forts intérêts[vii]. La dette souveraine de presque tous les États industrialisés (mais aussi des pays sous-développés) est exorbitante, ne cesse de grimper et ne pourra jamais être remboursée.

 

Les États capitalistes vivent à crédit. Finis l’État providence et sa manne abondante – les miettes sacrifiées aux assistés et la pâté pour petits-bourgeois affidés. Les États en faillite émettent de la monnaie de pacotille, réduisent les dépenses publiques et éliminent les services, c’est ce qu’ils appellent l’austérité. Ils augmentent leurs ponctions sur la masse du capital par taxation indirecte et repoussent la faillite étatique. Un parangon de l’économie capitaliste explique aux apparatchiks du gouvernement péquiste que le Québec peut faire mieux et s’endetter davantage vis-à-vis des banquiers et des roturiers. L’ex-premier ministre Jacques Parizeau explique qu’afin de faire paraître plus svelte la dette souveraine d’un Québec il suffit de changer de convention comptable, et au lieu d’afficher la dette québécoise selon le concept de la “dette brute”, ou encore selon le concept de la “dette nette”, il propose plutôt de la calculer et de l’afficher selon le concept de la “somme des déficits cumulés”. Si en plus, le gouvernement évite, comme le font les États-Unis, d’utiliser la norme comptable sévère de l’IFRS (International Financial Reporting Standards) et adopte la convention comptable étatsunienne – plus accommodante – pour le calcul des revenus, des dépenses, des avoirs-immobilisations et des amortissements, il parvient – sur papier du moins – à réduire la dette publique de 117 % à “seulement” 65 % du PIB québécois. Et cela, sans avoir remboursé un sou de plus à ses créanciers [viii]. La dette publique provinciale est toujours estimée à 300 milliards de dollars, mais sa «légèreté» relative permet d’espérer pouvoir davantage emprunter.

 

La dette brute souveraine canadienne a maintenant atteint la somme de 1 437 milliards de dollars (2012). Celle du Québec a atteint 300 milliards de dollars soit 120 % du PIB provincial (2014). Inutile de tergiverser, la plupart les salariés ne parviendront jamais à rembourser et cette dette publique et leur dette privée. Les riches qui auraient les moyens de rembourser fuient et s’expatrient dans d’autres pays comme il en fut en Allemagne vers 1930, en Russie vers 1989, et comme il en est en Grèce, à Chypre, en Espagne et en France. 

 

Aucune mesure d’austérité ne protègera l’économie impérialiste

 

Toutes les mesures et les politiques d’austérité mise en place par les municipalités et les gouvernements des pays industrialisés, et même ceux des pays émergents, pour sortir de la crise se sont avérées inefficaces, inopérantes, ou encore n’ont jamais été appliquées. Pire, ces mesures d’austérités ont contribué à envenimer la situation économique, sociale et politique nationale. D’autres mesures suggérées, par la pseudo gauche n’ont jamais été adoptées par les gouvernements bourgeois occidentaux et pour cause, là où elles ont été appliquées elles se sont avérées catastrophiques (Argentine, Islande, Bolivie, Équateur).

 

Pour chacune des propositions réformistes d’austérité, une contre-mesure réformiste  est envisagée. Toutes ces mesures ont été adoptées, telles quelles ou réaménagées. Toutes ont échoué, car aucune ne s’attaque aux causes profondes de la crise économique, aucune n’a donné les résultats escomptés. Ou bien les ouvriers et les salariés se laissent embobiner et la classe ouvrière adhère à ces bobards réformistes prétendant régler la crise économique systémique globale et mondiale par quelques trucs de prestidigitateur – redistribution de la richesse et sanctions contre les resquilleurs et les prévaricateurs – planifiés par les politiciens bonimenteurs qui ne sont jamais parvenus à adopter une loi anti-capitale. Ou bien, nous résistons collectivement aux mesures d’austérité qui nous sont imposées et nous retournons ces beaux parleurs petits-bourgeois, bureaucrates syndicaux et grands capitalistes monopolistes à leurs billevesées économiques éculées. Il n’existe aucune solution nationale pour sortir de la crise économique systémique mondiale et globale, hormis sortir du système économique impérialiste en faillite.

 

Une nouvelle guerre mondiale est inévitable

 

Le gouffre économique s’approfondit. Si nous sortons de la présente crise, probablement après une guerre sévère, ce ne sera que pour amorcer une nouvelle crise comme lors de la Première Grande Guerre suivit par la Seconde Guerre mondiale. Cette nouvelle crise systémique ira selon la séquence suivante : – Krach boursier – financier; prolongée par une dépression terrible et un chômage catastrophique; suivit d’une guerre mortifère – servant à détruire quantité de forces productives (des travailleurs salariés) et quantité de moyens de production (usines, moyens de transport, ressources).Il ne nous appartient nullement à nous prolétaires, travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, artisans, assistés sociaux et pauvres de trouver des solutions au dysfonctionnement de leur système économico-politique décadent, système sur lequel nous n’avons aucune prise et que nous ne pourrons jamais faire fonctionner autrement que de la manière programmée.

 

NOTES

 

[i] Éric Toussaint (2014). Comment les banques et les gouvernements détruisent les garde-fous. http://www.legrandsoir.info/comment-les-banques-et-les-gouvernants-detruisent-les-garde-fous.html

[ii].gouv.qc.ca/dynhttp://affaires.lapresse.ca/economie/etats-unis/201401/08/01-4726826-e-u-le-credit-a-la-consommation-ralentit-sa-hausse.php

 

[iii] http://www.statcan.gc.ca/tables-tableaux/sum-som/l02/cst01/fin20-fra.htm

[iv] http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/12/13/002-endettement-dette-canadiens.shtml

[v] http://argent.canoe.ca/nouvelles/quebec-reporte-lequilibre-budgetaire-28112013

[vi]http://www2.publicationsduquebec

 

amicSearch/telecharge.php?type=2&file=/E_12_00001/E12_00001.html

 

[vii] http://www.les7duquebec.com/trouvailles/le-plus-grand-scandale-de-manipulation-de-prix-de-tous-les-temps/

[viii] http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/jacques-parizeau-de-la-rhetorique-au-sophisme/

 

 

COMPLÉMENT DE LECTURE  MANIFESTE DU PARTI OUVRIER : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

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