диета форум

L’EXTRÊME «GAUCHE» MENACE LES OUVRIERS GRECS

greceDoit-on se réjouir, ou doit-on pleurer, du drame épique qui se complique dans la République hellénique ?

Voici comment la gauche bourgeoise présente l’enjeu des élections « Dimanche 25 janvier, auront lieu les élections législatives grecques. Tous les partis sont présents, y compris ceux qui ont œuvré en faveur des politiques de destruction de l’État et de ses institutions. La Commission européenne montre qu’elle suit de très près l’événement. Elle a même eu à intervenir pour mettre en garde la population : en cas de victoire de SYRIZA [Parti d’extrême gauche, paraît-il (sic) NDLR], elle(…)  menace  de ne pas verser la 3e tranche d’aide, environ 110 milliards d’euros » (1).

Il faut toujours compter sur la gauche bourgeoise pour se gausser de ceux qui tentent de détruire l’État capitaliste, cet ultime rempart contre la colère ouvrière et, de tout temps, un marchepied pour les organisations fascistes, nationales-socialistes et corporatistes de tous vices.

En réalité, ceux qui ont davantage collaboré à l’avancement  de la lutte des ouvriers grecs pour la défense de leur condition de vie et de travail et pour leur émancipation de classe, ce sont ceux qui volontairement ou involontairement ont œuvré à la destruction de l’État capitaliste grec et de ses institutions moribondes.

Mais que la bourgeoisie se rassure, SYRIZA, le pseudo parti d’extrême gauche, est l’a pour rétablir la situation, crédibiliser les institutions étatiques décriées par les ouvriers, et pour démontrer que sous la gouvernance  gauchiste les conditions économiques désastreuses peuvent encore empirées. Ne vous fiez pas à ces menaces de la Commission européenne qui ne visent qu’à crédibiliser la fumisterie gauchiste SRYZAISTE.

Assurément, si l’Europe des puissants applaudissait à l’élection de SYRIZA, tous les ouvriers du Pirée, les chômeurs d’Athènes, les fonctionnaires saqués, les miséreux, les affamés de Grèce se détourneraient prestement de ce nuage de narguilé patenté. L’opération d’intrusion internationale dans les élections grecques bidon ne vise qu’à s’assurer que le parti de la bourgeoisie paupérisée l’emportera ce dimanche de janvier.

Observons les faits. La Grèce est un pays impérialiste en faillite technique qui malgré tous les crédits arnaqués par la Banque Centrale européenne ne peut pas être remis sur pieds sans d’immenses sacrifices pour les ouvriers.

Le très lucide The Wall Street Journal publiait, le 20 janvier dernier, 12 chiffres qui illustrent la tragédie grecque (2). Mais le grand capital international s’inquiète de la montée de la colère ouvrière et de la résistance populaire dans plusieurs pays d’Europe, en Grèce, mais en Espagne, au Portugal, en Italie et en France aussi. Deux voies s’offrent aux capitalistes mondiaux pour contenir ces mouvements spontanés, désorganisés, désorientés et virtuellement dangereux pour eux. Premièrement, la voie de l’État policier et de la répression armée par les organes militaires nationales. Cette voie est utilisée dans le monde entier et la traque des assassins des journalistes parisiens à donner une idée du degré de préparation de la flicaille française dans ce domaine. Mais en Grèce, un problème se pose que nous signalions la semaine dernière (3).

La police et la milice grecque ne semblent pas assurées étant donné que les sbires et les salariés de ces institutions de répression sont paupérisés et risquent de ne pas déclencher les tirs croisés sur la foule déchainée.

Deuxièmement, la voie de la supercherie La gauche bourgeoise « surfe » donc sur ce mécontentement populaire contre les institutions de répression et se présente à l’alternance de la gouvernance. Le grand capital financier a donc imaginé une supercherie.

Carte blanche et financement ont été donnés à la petite bourgeoisie grecque afin qu’elle s’unisse et qu’elle s’organise pour remporter l’élection et la mainmise sur l’État bourgeois dont on s’est assuré au préalable qu’il (SYRIZA) ne le détruira pas, et qu’il tentera de le faire fonctionner selon la légalité du droit bourgeois.

Un apologiste du parti gauchiste illustre parfaitement l’illusion affichée. Il écrit  « [voter extrême-gauche] pour montrer un exemple et essayer de se faire entendre par les autres peuples de l’Europe, dans un but de changer les politiques européennes.

C’est sans doute la seule lueur d’espoir aux yeux d’une population catastrophée, lueur qui malheureusement ne donnera pas un changement immédiat des conditions de vie », évidemment et pour très longtemps pourrait-on dire (4).

Un leader de SYRIZA, ayant bien appris sa leçon, annone le refrain que voici : « La victoire décisive de SYRIZA aux élections grecques peut mettre un terme aux politiques des mémorandums et à la stratégie de l’austérité, et déclencher des évolutions progressistes dans l’ensemble de l’Europe.

Le 25 janvier, la peur changera enfin de camp : elle sera dans le camp de l’adversaire, des néolibéraux fondamentalistes, qui ont transformé la Grèce et les autres pays dits PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne) en laboratoires d’une expérimentation absurde et barbare » (5).

Dimanche 25 janvier, la deuxième manche Quelle sera la situation économique de la Grèce au lendemain de l’élection, lundi le 26 janvier ? The Wall Street Journal la présente honteusement : depuis 2008, l’économie grecque a chuté de 25 %; le chômage est à 25.8 % (1,2 million de chômeurs); Grèce = le 3e pays le plus pauvre d’Europe; 23 % des gens sont très pauvre;  70 milliards d’euros de mauvaises créances pour les banques; depuis 2008, les marchés boursiers ont chuté de 84 %; le quart des entreprises ont fermé; et la liste catastrophique s’allonge tristement (6). La réponse des chefs syndicaux, des politiques révisionnistes, des gauchistes et des bobos paupérisés et radicalisés à cette situation catastrophique est toujours la même. « Ce gouvernement de gauche aura comme priorités essentielles l’annulation des mémorandums de rigueur et leur remplacement par un plan de développement qui favorisera la restructuration productive.

Il s’attaquera immédiatement aux problèmes urgents du chômage, du rétablissement des revenus de la classe ouvrière, des droits sociaux, de la protection législative du travail et de tous les droits démocratiques qui ont été abrogés les dernières années. Dans ce but, la renégociation des accords de prêt avec les créanciers afin d’annuler les clauses abusives, les clauses «coloniales» qui étranglent la population et d’effacer une grande partie de la dette publique, est nécessaire et primordiale. – le rétablissement du salaire minimum à 751 euros (celui-ci ayant été réduit à 586 par les lois mémorandaires) et du treizième mois pour les retraites inférieures à 700 euros ; – la suppression des mesures législatives qui ont permis les licenciements abusifs dans la fonction publique et la réembauche des victimes concernés » (7).

Il est d’ores et déjà facile de prévoir la troisième manche de cette apocalypse.

La  gouvernance de la soi-disant «extrême gauche» plongera l’économie grecque encore plus profondément dans l’abîme. Les ouvriers et la population grecque, déjà  éprouvés, pourront constater de visu la détérioration catastrophique de leurs conditions de vie et de travail.

Tous les ouvriers d’Europe auront sous les yeux le spectacle affligeant d’un peuple désespéré – paupérisé – sacrifié sous la haute autorité de ce que le patronat aura présenté frauduleusement comme l’avant-garde de l’extrême gauche en déroute (sic) – incapable de faire fonctionner l’économie capitaliste en crise systémique, mieux que les capitalistes n’y parviennent eux-mêmes.

La rupture nécessaire La gauche ouvrière aura alors la responsabilité, ayant farouchement dénoncée ces billevesées politiques, ces manigances diplomatiques, ces mystifications économiques, ces mensonges électoralistes, de faire valoir à notre classe, que seul le renversement de l’état bourgeois, le renversement du système capitaliste peuvent apporter une solution définitive à ces alternances de crises, de dépressions, de pauvreté et de guerres pour l’éternité. Prolétaire du monde entier, unissez-vous ! Manifeste du Parti ouvrier  http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520 ______________ http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lextreme-gauche-menace-les-ouvriers-grecs/  

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

À PARIS, DIMANCHE, UN CAMP IMPÉRIALISTE A PRIS SA MESURE

 

 image5

 

http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/a-paris-un-camp-a-pris-sa-mesure/

 

La conception marxiste de l’État. De l’État fasciste à l’État démocratique

 

Qu’on l’appelle l’État fasciste-corporatiste, l’État nazi, l’État totalitaire militariste, l’État libéral, l’État démocratique, l’État providence ou l’État policier, il s’agit toujours des mêmes appareils composant la superstructure capitaliste (MPC), et regroupant l’état-major de la classe bourgeoise chargé d’assurer les différentes fonctions de gouvernance pour le compte de la classe dominante. Dans une société de classe, c’est la classe dominante qui détermine la nature et les caractéristiques de son État de droit.

Ces fonctions fondamentales de l’État bourgeois sont d’assurer : 1) la reproduction de la force de travail; 2) la répression violente des oppositions (maintenir la dictature bourgeoise sur l’ensemble de la société);  3) le soutien à la production de la plus-value et à la reproduction élargie du capital, pouvant aller jusqu’à la guerre si nécessaire. Dans un texte récent, nous avons présenté la conception marxiste de la guerre civile répressive et de la guerre de conquête agressive (1).

L’État fasciste (sous sa forme corporatiste, nazi, militariste, franquiste, totalitaire, etc.) fut la réponse, dans le domaine de la superstructure politique et idéologique, qu’apporta la classe capitaliste monopoliste à la crise systémique de l’impérialisme, suite au krach boursier de 1929, et à la Grande dépression. La dépression économique s’approfondissant; la misère s’abattant sur toutes les couches de la classe laborieuse; le mouvement ouvrier se dressant pour contester le pouvoir bourgeois; la classe capitaliste monopoliste ordonna à l’État bourgeois, soutenu par des organisations fascistes de masse, d’endiguer, de réprimer, et de réorienter la colère ouvrière de chacune des nations contre celles d’autres nations. Puis, d’enrégimenter la classe ouvrière mondiale pour qu’elle soutienne la politique impérialiste de conquête plutôt que de mener sa propre politique révolutionnaire d’insurrection.

L’émergence et l’ascension de la forme corporatiste-fasciste de l’État de droit

Du début des années vingt (1920) à la fin des années trente du XXe siècle la tactique de la bourgeoisie pour écraser le mouvement ouvrier et maintenir son pouvoir hégémonique de classe fut de mener l’attaque sur deux fronts. Le premier front  consista à créer et à soutenir des organisations et des partis politiques de type fascistes que les médias à la solde ont publicisés et présenter comme l’unique solution à la crise du système politique bourgeois. Les fascistes parlaient de justice sociale, d’équité, de faire payer les riches, et de remettre les ouvriers au travail. Dans de nombreux pays, le grand capital finança lourdement ces organisations corporatistes fascistes. Dans certains pays comme aux États-Unis et au Canada, en Amérique latine, les organisations ouvrières de masse n’étant pas très développées il ne fut pas nécessaire de mettre sur pied de telles organisations fascistes de masse. De plus, le camp occidental (Royaume-Uni, France, États-Unis, Canada, Australie, etc.) était en position de force sur le plan économique et politique puisque c’est ce camp qui occupait les territoires coloniaux. Le camp impérialiste occidental avait peu à gagner d’attaquer le camp impérialiste de l’Axe. C’était le camp impérialiste de l’Axe (Allemagne-Italie-Japon) qui devait attaquer pour arracher des espaces de spoliation des ressources naturelles, de nouveaux marchés et des zones d’exploitation de la force de travail.

Le deuxième front de la guerre de classe de la bourgeoisie contre le prolétariat était à l’intérieur du mouvement ouvrier. Il visait à désarmer le mouvement ouvrier d’abord idéologiquement, puis politiquement.  Devant le fléau militariste japonais et chinois. Devant le fléau fasciste italien. Devant le fléau corporatiste franquiste et salazariste. Face au fléau national-socialiste allemand, la gauche bourgeoise ne trouva rien de mieux que d’opposer la tactique des Fronts unis nationalistes bourgeois. La classe ouvrière se plaçait ainsi sous le fléau de la bourgeoisie nationaliste démocratique prévaricatrice et chauvine, et sous l’alliance avec la paysannerie réactionnaire. À partir du milieu des années vingt, la tactique des fronts populaires et la stratégie de l’assujettissement du mouvement ouvrier international à la défense des intérêts nationaux pour le salut de la patrie (y compris de la patrie du «Petit père des peuples», la soi-disant patrie du prolétariat) et de la pseudo « démocratie » bourgeoise, désarmèrent idéologiquement et désorientèrent politiquement l’avant-garde prolétarienne qui s’épuisa en manifestations pacifistes défaitistes et en ralliement électoraliste bourgeois collaborationnistes.

L’alternative ouvrière

Les choix qui s’imposaient à la classe ouvrière mondiale n’étaient pas d’appuyer la dictature «démocratique» bourgeoise contre la dictature «fasciste» bourgeoise, mais de combattre classe contre classe pour le renversement radical de la structure d’État bourgeoise, sous son masque «démocratique» ou sous son masque fasciste et national-socialiste (un oxymore) partout dans le monde. Quand les deux classes antagonistes se confrontent ce n’est pas le temps de réclamer des réformes, l’une des deux classes doit se soumettre ou se démettre.

L’hécatombe de la Seconde Guerre mondiale (50 millions de morts et des dizaines de millions d’estropiés), les sacrifices immenses consentis par la classe ouvrière mondiale, aux fronts et à l’arrière, dans les usines, ont assuré le salut de la société impérialiste bourgeoise sous la direction de sa fraction étatsunienne et de l’OTAN, ainsi que le sauvetage de la société impérialiste russe sous la direction soviétique et du Pacte de Varsovie.

 L’impérialisme international depuis la guerre mondiale

Après la guerre et les accords de Yalta et de Potsdam sur le partage du monde, suite aux récessions économiques, le monde impérialiste à l’Est comme à l’Ouest  poursuivit cahin-caha sa lente descente aux enfers jusqu’à l’effondrement du camp impérialiste de l’Est en 1989. L’effondrement du camp impérialiste de l’Ouest est maintenant à l’ordre du jour et on voit ressurgir les mêmes vieilles tactiques guerrières entrent le camp impérialiste de l’Ouest  regrouper (et diviser) autour des États-Unis et le nouveau camp impérialiste « émergent », regrouper autour de la Chine et de la Russie.

Les fameuses «Trente glorieuses», requiem pour la bourgeoisie

Cette lente descente aux enfers des deux camps impérialistes précédents (États-Unis et URSS) n’a pas interdit  quelques accalmies économiques et militaires dans plusieurs pays industrialisés. Une période de relative reprise économique qui s’étendit de 1945 à 1975. Ce furent les derniers soubresauts du mode de production capitaliste léthargique. La productivité élevée du travail salarié en pays industrialisés avancés (hausse de la plus-value relative), couplés à l’exploitation féroce de la force de travail dans les pays industriellement arriérés (hausse de la plus-value absolue), ont permis à la classe capitaliste mondialisée de concéder de meilleures conditions sociales pour la reproduction d’une force de travail mieux éduquée, plus spécialisée et donc plus coûteuse à reproduire, en Occident du moins. Ce mouvement de croissance des services gouvernementaux (hausse du salaire social) a permis l’expansion de la petite bourgeoisie qui appellera amoureusement cette époque : l’ère de « l’État providence ». Un euphémisme pour désigner l’amélioration temporaire des conditions de reproduction sociales de la classe ouvrière nombreuse, spécialisée, mieux formée pour servir une industrie de plus en plus mécanisée, robotisée, informatisée et numérisée. À l’époque de la nano industrie spatiale les ouvriers ne sont pas tous à œuvrer   au fond des sweats shops déglinguant du Pakistan.

Les années de déliquescence du capitalisme

L’effondrement du camp impérialiste soviétique entraina la redistribution des cartes internationales et une période de confusion économique, politique, idéologique et militaire parmi la bourgeoise à droite comme à gauche de l’échiquier politique capitaliste. De 1989 à 2014 pas moins de 5 crises économiques ponctuèrent la mondialisation de l’économie impérialiste internationale. Chaque crise étant plus intensive que la précédente. Elles culminèrent en 2007-2008 par la grande récession, préparant une grande dépression à venir (2).

C’est au milieu de ce monde troublé, instable, agité que surgie la puissante Chine impérialiste, amalgame du capitalisme monopoliste d’État, de l’accumulation de monceaux de capitaux étrangers (IDE), de totalitarisme politique stricte, de « libéralisme de marché et de libre concurrence » anarchique. Le tout sur fond d’industrialisation et d’urbanisation accélérée de millions d’ouvriers surexploités constituant le nouveau marché convoité de la Chine impérialiste et de ses zones d’influences. Surtout, ne jamais oublié que lorsque la Chine aura terminé son industrialisation accélérée, 800 millions d’ouvriers chinois peineront sous le joug du capitalisme d’État bourgeois. La plus formidable force de production que le monde n’aura jamais vue.

La nouvelle conjoncture internationale combinant la montée en puissance de l’impérialisme chinois et la déliquescence des économies occidentales ont déclenché une récession qui força les États capitalistes occidentaux à promulguer des politiques de stricte austérité. L’ère «d’éternelle prospérité», le «Reich» américain de mille ans (sic), prend fin dans la controverse et la déchéance du géant aux mains couvertes de sang. L’hégémonie américaine aura duré moins de cent ans. Le grand capital occidental sonne donc la charge, et rameute la petite bourgeoisie paupérisée (un segment de classe narcissique, toujours attiré par le fascisme, l’anarchisme et le terrorisme). La bourgeoisie fourbit ses armes et se prépare au grand engagement guerrier. Une troisième guerre mondiale couve sous les cendres. Elle n’a pas encore lieu, car les deux camps n’ont pas complété leurs préparatifs idéologique, politique, énergétique, industriel et militaire. Pire, les limites des deux camps adverses ne sont pas encore fixées et des retournements d’alliances sont encore envisageables. L’an dernier, le quotidien, The Financial Times de Londres, en appelait  à reconstituer l’État corporatiste des temps passés (3).

L’affrontement préliminaire au Moyen-Orient et en Afrique

Pour l’instant, c’est au Moyen-Orient, parmi les champs pétrolifères et les oléoducs transportant les hydrocarbures que les deux camps se jauges, et se confrontent dans des escarmouches meurtrières dont font les frais les damnés de la terre pétrolière. Que cet  affrontement titanesque ait des répercussions à New York, Londres, Ottawa, Sydney et Paris, il fallait s’y attendre. On ne massacre pas les gens impunément. Même démuni, les pauvres, mourant sous les bombardements des drones aveugles, peuvent porter des coups à leurs ennemis. Le petit terrorisme des mouvances islamistes riposte comme il le peut au grand terrorisme des gouvernements.

Pendant ce temps, à droite de la gauche

Le mouvement ouvrier international, orphelin d’une organisation de classe mondiale, réagit spontanément à la détérioration de ses conditions de vie et de travail (salaire nécessaire), à l’accélération des cadences en usines, au chômage, à l’inflation, au saccage des fonds de pension, à la paupérisation, à la baisse du pouvoir d’achat et à la détérioration des services publics (salaire social). S’ensuit une multitude de grèves « sauvages », illégales, de manifestations, de processions de protestations, de conflits armés dans les pays du Sud et au Moyen-Orient. Cette période très troublée socialement peut être qualifiée de passage à l’«État policier», dans les pays du Nord du moins, puisque les États du Sud n’ont jamais connu que la formule de «l’État policier fasciste», dissimulé ou non, sous les apparences de l’État démocratique électoraliste bourgeois. Concession récente suite à la montée des  bourgeoisies indigènes démocratiques en Amérique Latine (Nicaragua, Brésil, Argentine, Bolivie, Équateur, Venezuela et Cuba) et des bourgeoisies réformistes lors du  «Printemps arabe».

La classe capitaliste monopoliste mondialisée hésite à recourir aux services de partis  fascistes de masse comme dans les années trente du dernier siècle. Il n’est d’ailleurs pas certain qu’elle en aurait les moyens. L’expérience, pas si lointaine, des classes ouvrières européenne, chinoise, japonaise, américaine porte la classe capitaliste mondialisée à s’inquiéter de ce type d’endoctrinement et de mobilisation de masse réactionnaire, dont elle risque de perdre le contrôle sur ses arrières.

Par ailleurs, la classe ouvrière des pays industrialisés n’est plus enrégimentée en de vastes partis « communistes » (sic) de masse ce qui rend moins nécessaire la constitution d’organisation fasciste de masse. D’autant plus que la bourgeoisie ne souhaite pas éradiquer les syndicats ni les partis de la mouvance de gauche bourgeoise qui lui servent de courroie de transmission pour apaiser et désorienter le mouvement ouvrier spontané. Pour le moment la classe capitaliste monopoliste préfère s’en remettre aux bras séculiers de l’État policier. Aux États-Unis d’Amérique, par exemple, près d’un million d’individus sont embauchés par des centaines de corps policiers chargés d’assurer la pérennité de la structure étatique capitaliste. Deux millions d’individus sont sous les verrous, gardés par des milliers de garde-chiourmes armés. Avec 5 % de la population mondiale les États-Unis comptent 25 % de la population carcérale mondiale (4). Un autre million de soldats sont sous les drapeaux ou dans la réserve. La tuerie répressive des gens de couleur, des Amérindiens, des hispanophones va continuer. Mais il ne faut pas oublier que les immigrants protestataires, les assistés sociaux paupérisés, les étudiants manifestants, les jeunes révoltés, les chômeurs affamés, les ouvriers grévistes font également partie des cibles privilégiées de ces multiples corps policiers, de ces réservistes de la milice et de ces soldats de métier, ainsi que des centaines d’agences privées de sécurité avec leurs tueurs à gages, leurs nervis et leurs malfrats. Sans compter l’appareil législatif et judiciaire (Patriote Act) et pénal sophistiqué charger de mâter «légalement» les récalcitrants et d’exonérer les agents assassins.  Nous sommes justifiés d’affirmer que l’État capitaliste américain expérimente depuis des années le modèle de «l’État policier» afin de brider la classe ouvrière et ses alliés. Il est cependant douteux que ce modèle d’État répressif réussisse à sauver la classe capitaliste monopoliste du précipice.

 À Paris, un dimanche de janvier 2015

Le seul intérêt politique de la manifestation de Paris, le 11 janvier 2015, fut de donner un aperçu des pays du camp européen regroupés autour de la bourgeoisie française. Dénombrez  les têtes «démocratiquement» couronnées,  présentes dans le cortège, et vous aurez un aperçu des adhérents à l’un des deux camps ennemis et de ses capacités à mobiliser la populace comme chair à canon pour la guerre d’agression impérialiste à venir.

 Les événements entourant l’attentat aux bureaux de l’hebdomadaire Chralie Hebdo à Paris auront permis d’observer le niveau de préparation et de militarisation des forces policières françaises. Nul doute que dans de nombreux pays européens la militarisation des forces policières est tout aussi avancée. En Grèce cependant, l’armée de métier et les policiers semblent ne pas jouer le rôle répressif que la bourgeoisie attend d’eux !?…  C’est à surveiller.

Cette évolution vers la militarisation policière de l’État capitaliste des riches n’est pas le fruit du hasard. C’est que la surexploitation et l’oppression de la classe ouvrière, américaine notamment, ont atteint un tel niveau que la reproduction élargie de la classe (l’ouvrier et sa famille) n’est plus assurée (5). Cinquante millions de travailleurs américains sont des travailleurs pauvres. C’est-à-dire que même s’ils travaillent plus de quarante heures semaine ils ne gagnent pas suffisamment pour assurer leur reproduction sociale. Le taux d’exploitation de la classe ouvrière américaine a atteint le plus haut niveau des pays de l’OCDE. Malgré la récession économique le taux de plus-value demeure élevé aux États-Unis car les salaires diminuent malgré l’inflation rampante. Tout ceci donne l’impression d’une reprise économique, mais comme la plus-value extorquée aux ouvriers ne trouve pas à se valoriser et à se reproduire, faute de marchés solvables, cette «reprise» n’est qu’un sursis avant la reprise de la crise qui se manifestera d’abord à la bourse puis dans l’ensemble de l’économie impérialiste.  Tout ceci entraîne la dégénérescence sociale, le crime se répand, les drogues, les meurtres, les vols, les viols, la prostitution, la dépravation et la petite criminalité sont des menaces réelles et quotidiennes dans chaque ville américaine. Voilà ce qui terrorise concrètement la population étatsunienne plutôt qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique (sic). Or ces conditions de surexploitation de la main-d’œuvre, et ce manque de débouchés marchands, et cette dépravation sociale, s’étendent aux autres continents industrialisés alors que la crise systémique de l’impérialisme ne fait que s’amplifier.

 Les gauches bourgeoises pendant ce temps…

Que fait la gauche bourgeoise devant l’État policier avéré ? Elle tente de mobiliser les ouvriers dans un Front uni, dans un Front patriotique national, dans un Front démocratique bourgeois, dans un Front social, pour défendre la formule de l’«État démocratique et providentiel» des riches… Alors que les bourgeois eux-mêmes ne veulent plus de cette utopie «démocratique» décrépite. La gauche bourgeoise lance le mot d’ordre de résister à la discrimination ethnique; de résister à la paupérisation sociale; de s’opposer au profilage racial; de dénoncer l’assassinat sélectif des noirs, des hispanophones, des musulmans, des Arabes, des ROMS, des SDF, des pauvres, des jeunes, des immigrés, des prostituées.  À la fin, quand tout le monde, ou presque, est discriminé, ce n’est plus du profilage, sinon celui de la bourgeoisie épouvantée. 

La gauche bourgeoise préfère-t-elle la «justice» des riches et que l’État policier massacre tous les segments de la population équitablement, en proportion de leur importance numérique dans la communauté ?

Quand les droits de manger, de boire, de se loger, de procréer et de vivre sont éradiqués, qu’avons-nous à faire de la «liberté d’expression», de la liberté de pleurnicher notre compassion et de crier comme les «indignés» ? C’est la fin de nos misères que nous voulons. Ce n’est pas contre le profilage racial, social, ethnique ou religieux, que nous devons mobiliser les ouvriers de toute ethnicité et de toute nationalité, mais contre l’État policier capitaliste dans son entièreté en tant qu’État-major de la classe capitaliste dominante afin de balayer totalement cet État bourgeois et d’exproprié sans compensation tous les moyens de production, d’échanges et de communication et d’imposer la dictature du prolétariat.

Prolétaires de tous les pays unissez-vous !

Manifeste du parti ouvrier :

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

JE SUIS CHARLIE

charlie

Et oui, je reviens………

J’ai pleuré, oui j’ai pleuré mercredi dernier lorsque j’ai appris les gestes fous de ces barbares.

Pleuré pour plusieurs raisons :

Hara kiri, le précurseur de Charlie Hebdo a bercé mon adolescence
J’aime la BD et je ‘ai rencontré un dessinateur de presse qui officiait pour le Dauphiné Libéré (j’ai meme une dédicace).

Le droit a la liberté de la presse a été bafoué
Notre démocratie est en danger.

Je ne m’étendrais pas sur le sujet car tout à été dit ou presque.

Je vous aime Cabu, Wolinski, Charb et les autres

Toutes mes pensées vont aux blessés, aux familles des personnes lachement assassinées.

Je pense aussi aux victimes de ce fou du Super cacher.

Bravo à toutes les forces de l’ordre (gendarmerie, police, services secrets, dgsi, dgse et tous les autres)

Les rassemblement de ce jour, sont les plus belles réponses données a ces fous qui ont oubliés de naitre avec un cerveau.

Vive la République
Vive la France

Thym-Thym

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Non au terrorisme. À bas le terrorisme d’État !

Charlie

À peine quelques heures et la tuerie de Paris, au journal satirique Charlie hebdo, est présenté comme le «11 septembre de la France».

 

Les appels à l’unité nationale, à «faire bloc» derrière l’État «démocratique» pour défendre la République, se multiplient. Le président français, F. Hollande, s’est immédiatement présenté sur les lieux pour recueillir les dividendes politiques et idéologiques de cet attentat et pour appeler à l’unité nationale contre «une attaque (…) commise contre un journal – c’est-à-dire l’expression de la liberté (sic) – contre des journalistes (…) contre l’esprit de la République». Voilà, la table était mise pour mobiliser «la nation» en faveur de la guerre dont les masses ouvrières, les jeunes chômeurs et les travailleurs feront la chair à canon au nom de la «patrie en danger».

 

Ouvriers du monde entier, n’avez-vous jamais entendu ce refrain par le passé?

La guerre mettant aux prises la pseudo démocratie bourgeoise contre la barbarie a été déclarée par ces politiciens incapables de réguler l’économie, mais tout à fait capables de nous mener à la guerre totale : «il faut un combat national contre l’islamisme» a repris un éminent journaliste bourgeois (Serge Moati).

Le mot d’ordre est lancé : «défendre la démocratie et la république contre l’islamofascisme». D’ores et déjà, quelques heures après l’attentat, le Parti Socialiste français appelle à une «marche des républicains» visant à entraîner la population derrière son train opportuniste. L’ensemble des dirigeants du monde, Obama, Cameron, Merkel, Poutine, Harper, etc. dénoncent l’attentat et désigne l’ennemi que l’ouvrier devrait exterminer : l’islamiste. La guerre contre l’islamisme, déjà déclarée lors des attentats d’Ottawa (Canada), de New York et de Sydney (Australie) de ces derniers mois, va être relancée et les populations vont être rameutées pour se rassembler derrière le drapeau nationaliste chauvin et derrière l’État pseudo démocratique bourgeois, qui hier encore leur imposait des coupures dans leur régime de retraite, des  compressions des services publics, des hausses de taxes, le chômage et la paupérisation généralisée, en France comme dans les autres pays alliés.

C’est une véritable atmosphère de guerre que les bourgeoisies de tous les pays essaient d’imposer aux ouvriers. Et nul doute que cet attentat marque une étape dans la mise en place d’une grande offensive idéologique et politique international contre la classe ouvrière en vue de lui imposer une logique militaire, d’unité nationale policière et de préparation à la guerre pour laquelle tous les sacrifices économiques et humains seront exigés des salariés.

Soyons clairs : nous dénonçons ces actes de barbarie et l’usage du terrorisme. Ce n’est pas une arme de la classe ouvrière. Le terrorisme d’aujourd’hui est toujours, directement ou indirectement manipulé et provoqué par les États bourgeois à la fois comme moyen – et moment – des guerres impérialistes et, en même temps, contre la classe ouvrière : par la terreur généralisée et les mesures de répression que ces actes sanglants justifient; et surtout, par l’utilisation idéologique et politique qui en est faite et qui vise à rassembler l’ensemble des populations derrière l’État et les bourgeois au nom de l’unité nationale et de la défense de la patrie (du déjà vu).

Pour la classe ouvrière, l’alternative « démocratisme contre islamofascisme » est un piège. Les groupes terroristes islamistes sont produits par les États «démocratiques» et leurs rivalités impérialistes exacerbées. L’organisation  Human  Rights Watch a mis en évidence comment le FBI recrutait et utilisait des musulmans pour commettre des attentats en «loup solitaire». Les Talibans furent des hommes de la CIA, de même qu’Al QaïdaL’État islamique au Levant est soutenu par les services secrets d’Occident. Ce n’est pas l’islamisme qui attaque la classe ouvrière dans le monde, mais les États capitalistes, dont la plupart, sont qualifiés de «démocratiques». Les provocations et les campagnes antiterroristes et anti-islamistes font partie intégrante des politiques des États bourgeois et sont utilisées spécifiquement contre la classe ouvrière.

Plus le capitalisme s’enfonce dans la crise économique et les rivalités impérialistes, plus le terrorisme se développe et frappe les populations innocentes.

Seule la classe ouvrière peut faire reculer les menaces de guerre et de terrorisme en développant ses luttes sur le front économique de la lutte de classe pour la défense de ses conditions de vie et de travail. Seule, la destruction du capitalisme  peut offrir une solution à cette marche à la guerre forcée que l’État bourgeois tente d’imposer dans les esprits et dans les foyers.

Le prolétariat ne doit pas tomber dans le piège que l’État bourgeois lui tend: être avec les terroristes ou avec l’État bourgeois terroriste. Le prolétariat doit  combattre l’État policier qui terrorise à Ferguson-Missouri et dans tous les États-Unis, en France, au Canada et ailleurs dans le monde.

Non au terrorisme, non à l’État terroriste qui nous mène à la guerre impérialiste mondiale. Oui à la lutte ouvrière contre le capitalisme, la misère, la terreur et la guerre !

LA SUITE DE L’ARTICLE :   http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/non-au-terrorisme-non-a-letat-policier/

POUR UN COMPLÉMENT D’INFORMATION :  http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 5.5/10 (2 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 2 votes)

LA POLITIQUE MILITAIRE DES ÉTATS-UNIS ET DE L’OTAN (LA GUERRE DES OLÉODUCS)

1

 

 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-politique-militaire-des-etats-unis-et-de-lotan-la-guerre-des-oleoducs/

Selon la théorie marxiste, la guerre est la poursuite des activités économiques, politiques et diplomatiques par des moyens drastiques et violents. La guerre civile est la continuation de la politique entre les classes sociales au sein d’un même État. Dans une société de classes, la guerre manifeste la violence réactionnaire de l’ancien régime de classe qui s’accroche au pouvoir. Selon la théorie marxiste, la guerre de conquête est la poursuite des activités économiques, politiques et diplomatiques par des moyens drastiques et violents entre États concurrents. L’expression « État de droit » est une fumisterie bourgeoise. Tout État constitué est un État régi par des lois (le droit bourgeois), des ententes, des accords, des principes codifiés et imposés par la classe dominante à toutes les classes de cette société. Le IIIe Reich allemand était un État de droit bourgeois. La République américaine est un État de droit bourgeois de type autoritaire où les corps policiers répressifs ont pour mission de réprimer les révoltes et d’imposer la domination de la classe capitaliste monopoliste sur l’ensemble de la société avec le soutien idéologique d’un appareil de propagande sophistiqué proclamant la « liberté des riches » d’exploiter et d’opprimer la classe laborieuse.

D’après l’idéologie marxiste, la guerre, la politique et la diplomatie sont les fruits des contradictions économiques qui secouent le mode de production. Le mode de production capitaliste à son stade impérialiste détermine la politique, la diplomatie et la politique militaire d’un État, ou  d’une alliance impérialiste d’États. Selon ces principes, il est requis d’analyser et de comprendre le développement économique d’un pays, ou d’une alliance de pays impérialistes, afin d’expliquer la politique militaire de ces États. Dans un texte précédent, nous avons présenté l’analyse marxiste de la présente crise économique systémique qui secoue l’impérialisme (1). Nous allons maintenant présenter la politique militaire des États-Unis d’Amérique, de l’OTAN et de l’Alliance atlantique pour la région du  Moyen-Orient.

La guerre et les moyens militaires

Selon des généraux de l’état-major de l’Armée populaire de Chine la guerre et l’armement militaire contemporain « n’est plus l’usage de la force armée pour obliger un ennemi à se plier à sa propre volonté », mais l’utilisation de « tous les moyens, dont la force armée ou non armée, militaire ou non militaire et des moyens létaux ou non létaux pour obliger l’ennemi à se soumettre à ses propres intérêts » (sic). « Toute la difficulté des guerres nouvelles est de savoir combiner armes classiques et armes nouvelles, et les auteurs appellent les états-majors, et principalement et paradoxalement l’état-major américain, à ne pas surestimer le pouvoir des armes militaires traditionnelles » (2).

D’après ces généraux le coût des armes classiques et la crainte de la guerre ultime (nucléaire) entrainent d’importantes recherches, dans le même temps où s’épuisent les armes de conception nouvelle, de nouveaux concepts d’armes émergent. De fait, « il n’est rien au monde aujourd’hui qui ne puisse devenir une arme » soutiennent ces généraux (3).

Depuis l’apparition du mode de production capitaliste, la puissance militaire conventionnelle d’un État correspondait à sa puissance économique et industrielle. Ainsi, le Japon n’avait aucune chance de battre les États-Unis d’Amérique dans un conflit conventionnel si l’on compare les moyens de production totalement disproportionnés que possédait chaque belligérant. Ce fut l’immense surprise de l’Allemagne Nazi que de découvrir que l’URSS avait en moins de vingt ans développée une industrie lourde de calibre international ce qui lui permit de battre l’Allemagne et de conquérir l’Est de l’Europe. Par contre, si l’on en juge par la performance de l’armée américaine en Somalie, où elle se trouva désemparée face aux forces d’Aïdid, on peut conclure que la force militaire la plus moderne n’a pas la capacité d’écraser un soulèvement partisan. Il en fut de même pour l’armée américaine au Vietnam, au Cambodge, en Afghanistan et en Irak et pour l’armée Russe en Afghanistan.

Pour ces généraux chinois « un  krach boursier provoqué par l’homme, une seule invasion par un virus informatique (ou par le virus Ébola. NDLR), une simple rumeur ou un simple scandale provoquant une fluctuation du taux de change d’un pays ennemi […], toutes ces actions peuvent être rangées dans la catégorie des armements de conception nouvelle. […] Nous croyons qu’un beau matin les hommes découvriront avec surprise que des objets aimables et pacifiques ont acquis des propriétés offensives et meurtrières » (4). Analysons maintenant la politique militaire – guerrière – du clan impérialiste occidental face à ses concurrents impérialistes.

L’énigme du Moyen-Orient dans la politique américaine et de l’OTAN

L’impérialisme occidental dans son affrontement avec la puissance chinoise et l’alliance de Shanghai (Chine, Russie, Kazakhstan, Biélorussie, etc.) déploie d’intenses tactiques alambiquées et planifiées. La mission de désinformation des médias à la solde consiste à enfumer ces agressions ainsi que les tactiques militaires des divers camps impérialistes, et à présenter ces manigances meurtrières comme la mise en œuvre d’une stratégie du chaos ou de guerres féodales, intertribales, interethniques, interreligieuses et nationalistes démocratiques (sic). Ce sont des mensonges auxquels adhère avec enthousiasme la gauche bourgeoise.

2Le dessous des cartes contre les talibans d’Afghanistan

 

Le premier acte de la plus récente séquence des guerres d’agression américaines a débuté après l’attentat du 11 septembre 2001. L’attaque de l’OTAN qui suivit cibla l’Afghanistan. Cette offensive visait soi-disant à abattre Ben Laden et à exterminer Al-Qaïda, groupuscule terroriste que les services secrets occidentaux avaient eux-mêmes créer, armer, équiper et payer dans la phase précédente de la succession de guerres d’agression pour occuper ce pays et stopper l’avancée impérialiste soviétique dans cette contrée. Depuis, le monde aura appris que les amis des États-Unis dans les services secrets pakistanais (SIS) dissimulaient Ben Laden sur leur base militaire où les Américains sont allés l’assassiné afin de l’empêcher de parler, mais aussi pour faire un exemple, afin que les futurs chefs terroristes stipendiés sachent ce qu’ils en coûtent de renier leur allié (5).

 

 

Les talibans furent alors présentés comme les Belzébuth de l’humanité. Les bombardements des villages afghans furent présentés comme la première croisade moderne pour la libération des femmes afghanes des mains des satyres. Treize années plus tard, suite à des centaines de milliers de morts civils, dont moult femmes innocentes, l’OTAN a retiré ses troupes de ce pays meurtri. Les États-Unis ont retiré presque tout leur contingent (sauf 13 000 conseillers) avec le sentiment du devoir accompli (sic). L’avancée russe a été stoppée et les talibans ont changé de camp. Dorénavant, les talibans viendront en aide aux terroristes de l’Occident quand ils voudront  dynamiter les gazoducs et les oléoducs reliant les puits d’Iran, du Kazakhstan et d’Ouzbékistan aux marchés chinois en expansion (6). Il aura fallu de nombreuses femmes massacrées, mutilées et plusieurs enfants afghans sacrifiés, nullement libérés de l’exploitation semi-féodale, avant que les terroristes talibans en arrivent à cet arrangement avec les États terroristes américains et européens.

 

 3

 

Curieusement, depuis que les médias occidentaux ont reçu l’ordre d’oublier les talibans, les féministes occidentales, les ONG de la souffrance, les organismes de la « repentance », telle Amnistie Internationale, hier si hargneux et si belliqueux vis-à-vis ces énergumènes ne trouvent plus rien à redire à propos de leur nouvelle alliance avec les puissances occidentales.

Les marxistes révolutionnaires ont toujours refusé de soutenir un camp terroriste contre l’autre  et nous avions raison. Notre ligne politique a toujours été de dénoncer farouchement l’agression militaire occidentale contre ce pays de misère et contre cette population illettrée, paupérisée et affamée. L’OTAN, hors d’Afghanistan demeure notre slogan.

Les guerres d’Irak

Le deuxième acte de cette saga des agressions terroristes pour la « démocratie et la liberté » (sic) afin d’arracher les peuples des mains de tyrans sanguinaires, dirigeants de pays recelant d’énormes réserves pétrolières et où serpentent des oléoducs importants, fut l’attaque de l’Irak de Saddam Hussein. La coalition terroriste américaine (Coalition of the Welling) présenta ce boycott puis cet assaut meurtrier comme la poursuite d’un mouvement de « libération » des terres pétrolières de la mainmise d’un sbire sanguinaire, pour le salut des peuples opprimés de la Terre et pour la rédemption de l’humanité enchaînée (sic). La seconde guerre d’agression occidentale de cette nouvelle saga débuta en mars 2003 et se termina rapidement, d’après le Président Georges W. Bush, par l’écroulement de l’agent double Saddam Hussein et le massacre de son armée disséminée (7).

 

 

 4

 

Malheureusement pour le peuple irakien, ce n’était pas la fin des guerres d’Irak. Elles ne faisaient que commencer. L’Iran, son puissant voisin, veillait au grain et n’entendait pas laisser le pétrole  irakien sans partage à ces vauriens d’Américains. La Chine et la Russie en sous-main, par la Syrie leur larbin, étaient aussi sur le terrain et ne tenaient nullement à laisser ainsi exposer leurs voies de ravitaillement énergétique. La guerre d’occupation de l’Irak devint ainsi la guerre civile irakienne ou des milliers de civils, de femmes, d’enfants et de combattants périrent afin que les grandes puissances impérialistes mondiales s’assurent le contrôle sur les puits de pétrole, sur les oléoducs  et sur les ports d’exportation irakiens.

Cependant, l’État-Major américain et celui de l’OTAN perçurent que rien ne serait définitivement attaché dans ce revirement d’alliance engagée, à l’encontre de leurs concurrents russo-chinois, sans le ralliement de l’Iran – le véritable matamore, à vaincre ou à convaincre, sur ce sous-continent. Israël, pour un temps, a joué le « gendarme impérialiste » au Proche-Orient (sic). La puissance impérialiste israélienne peut encore massacrer et mâter le Hamas et les groupuscules palestiniens enfermés dans le camp de Gaza et dans les camps de la Cisjordanie emmurée.  Mais l’Occident ne peut compter sur cet adjudant malveillant, mis en échec par le Hezbollah libanais en 2006, pour mâter cette puissance qu’est l’Iran (8).

La guerre militaire contre l’Iran n’aura pas lieu

Cette fois la tactique de l’OTAN fut de marcher sur les deux pieds. Le premier mouvement de tenaille visait à attaquer économiquement l’Iran par des sanctions commerciales et financières qui devinrent des armes de combat contre les mollahs milliardaires. Le tout renforcé par des tractations diplomatiques visant à démonniser le Centaure iranien en prévision de frappes aériennes éventuelles de la part de l’OTAN et d’Israël (le moment venu, et non pas à la merci des bouffonneries de Netanyahu) comme nous l’avons toujours expliqué (9). Jamais il ne fut envisagé d’occuper militairement l’Iran des gardiens de la Révolution. Pensez donc, les Étatsuniens ne parvenant pas à mâter les talibans – croyez-vous un instant que l’État-major américain songeait à expédier les « GIJO » occuper l’enfer persan ?

Le deuxième mouvement de cette tactique de tenaille des champs pétrolifères et des oléoducs  irakiens et syriens visait à attaquer le fier allié de l’Iran et de la Russie au Proche-Orient. La Syrie de Bachar al Assad, le président chancelant, tomberait facilement pensaient les commandants de l’OTAN. Une proie dont ils ne feraient qu’une bouchée avec leurs alliés des mouvements « djihadistes libérateurs et démocratiques » (sic). Comme nous l’avons déjà expliqué, ces mouvements djihadistes sont essentiellement des contingents de malfaiteurs, des bandes de brigands et des associations de mercenaires offrant des emplois bien payés et très risqués à la multitude des jeunes désœuvrés de cette contrée en marasme économique prolongé.

 

 5

Le Moyen-Orient est une région périphérique aux grands centres impérialistes mondiaux et qui, de ce fait, subit avant les autres les déboires de la crise économique systémique de l’impérialisme auquel leur économie nationale est intégrée. Depuis l’annonce, que nous avions faite, il y a un an, à propos de la mascarade des Al-Qaïda régionales (Maghreb, Nigéria, Yémen, Centre Afrique, Irak, Pakistan, Indonésie, Somalie, etc.) des documents dénichés en Irak, dans le Califat du Levant (EI) attestent de ce mercenariat pas du tout religieux, ni ethnique, ni tribal, ni nationaliste, mais tout bonnement économique, destiné à embaucher des chômeurs recyclés et des jeunes affamés. L’industrie de la sous-traitance des coups d’État est assurée par Halliburton et par SMP, ou par la gamme des succursales d’Al-Qaïda en Orient et il en est de même sur le continent africain où les recruteurs-tueurs font le plein de paumés cherchant un revenu pour sauver leur famille affamée.

 

 

 7

 

Revirement de l’engagement militaire de l’OTAN

 Cette fois, contrairement à ce qui s’était passé en Serbie (1999) et en Libye (2011) des années auparavant, la Russie se braqua et riposta (10). Elle soutint férocement son allié, appuyé en sous-main par la Chine lointaine. Cet appui changea radicalement la donne. Il ne devenait plus possible pour les puissances impérialistes occidentales et pour leur chef de file américain d’attaquer directement la Syrie et l’armée de Bachar al Assad sans risquer un affrontement concomitant avec une alliance impérialiste mondiale. La Russie admit avoir fourni les systèmes antiaériens S-400 aux Syriens, comme nous l’avions annoncé un an auparavant. L’Iran apporta son assistance et son armement; les milices irakiennes contrôlées par les Iraniens se mirent de la partie; le Hezbollah libanais entra dans la danse et Bachar al Assad mobilisa tous ses alliés intérieurs en les menaçant d’extermination (communautés alaouites, chrétiennes et chiites), et tous ensembles ils assurèrent le maintien de la Syrie dans le camp russo-chinois. Non sans avoir contribué, comme la précédente alliance de brocante, à la destruction d’une grande partie du pays et à l’assassinat d’une portion de la population, sans compter les millions de réfugiés expatriés (11).

Le camp impérialiste occidental se disloque

La résistance des Russes, de l’Iran, de Bachar al Assad et de ses alliés, explique en partie le revirement des alliances dans cette région, mais elle n’explique pas tout de cette chamade militaire et guerrière. L’autre motif de l’échec de la faction américaine dans sa prise en tenaille des champs pétrolifères et des moyens de transports des hydrocarbures tient à la faiblesse de l’Alliance atlantique et de l’OTAN. D’une part, la première puissance hégémonique occidentale – celle qui dirige cette alliance impérialiste depuis 70 ans – est en fort mauvaise posture économique. La puissance économique américaine est en sursis et ses alliés connaissent sa situation financière précaire. Les États-Unis d’Amérique peuvent être mis en « faillite » à tout instant et ils devront éventuellement dévaluer leur monnaie flouant ainsi leurs alliés et leurs concurrents détenteurs de milliards de dollars USD. D’autre part, les alliés d’hier dans la région l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et Israël jouent chacun leur propre partition dans cette confrontation. La France et l’Allemagne le font aussi, mais en catimini, derrière les portes closes de l’Élysée et du Bundestag (12).

Depuis le début du conflit, les ouvriers marxistes révolutionnaires dénoncent cet assaut occidental (par mercenaires putschistes interposés) sans pour autant soutenir le camp impérialiste adverse. L’OTAN agresse et doit être dénoncée pour ces crimes. Le prolétariat de cette région a intérêt à s’organiser de façon unifiée afin d’élaborer une tactique et une stratégie commune, non pas pour intervenir dans ce conflit interimpérialiste où le prolétariat n’a rien à gagner et tout à perdre, mais pour renverser les gouvernements et les mercenaires putschistes à leur solde, dans toute la région afin de s’allier au mouvement ouvrier révolutionnaire mondial en construction. Donner l’heure juste sur ces machinations interimpérialistes complexes et préserver l’indépendance politique du camp ouvrier dans ces conflits entre les camps bourgeois opposés constituent une contribution importante du mouvement marxiste révolutionnaire.

 

 8

 

«Remake» de la tactique afghane

La manœuvre d’encerclement échouant, l’État-major américain et celui de l’OTAN optèrent pour un « remake » de la « tactique qui a servi avec les talibans » !?… En effet, précédemment nous avons décrit ce qu’il advient de la tentative d’occupation du territoire afghan par les troupes occidentales. Ce fut un échec cuisant et malgré les pertes militaires, les massacres de femmes et d’enfants, les bombardements des villages et des champs, salués par les féministes occidentales déjantées, jamais les armées de l’OTAN ne parvinrent à contrôler le territoire afghan et les troupes ne purent se servir des installations militaires d’Afghanistan pour dynamiter les oléoducs et les gazoducs approvisionnant le marché chinois. Les talibans stoppèrent les avancées de l’impérialisme américain dans la région, mais pas du tout pour avantager les peuples et les ouvriers environnants. La nouvelle alliance entre l’OTAN et les talibans, hier honnis, aujourd’hui retournés comme agents stipendiés, assurera le même résultat sans avoir à occuper la région (13). L’important pour l’État-major américain-OTAN étant que le jour venu les approvisionnements de la Chine en hydrocarbure soient bloqués sinon perturbés.

L’État islamique (EI)

 

 10

 

Voilà le motif de la création de l’État voyou du Califat islamiste au Levant (EI). Voilà pourquoi les adjudants recruteurs des camps d’entrainement de l’OTAN en Turquie, en Jordanie et au Kurdistan recrutent, arment et forment les mercenaires et les brigands de l’État islamique au Levant que les États-Unis et le Canada font aujourd’hui semblant de combattre histoire de maintenir la pression sur cet allié encombrant de l’arrière-ban et pour l’approvisionner du haut des airs également.

Les États-Unis et l’OTAN ne pourraient faire sauter ces oléoducs sans déclencher un affrontement nucléaire avec leurs concurrents de l’alliance russo-chinoise. L’État islamique au Levant (EI) le fera assurément. Reste maintenant à régler le problème de l’acheminement des hydrocarbures via le Détroit d’Ormuz que contrôle l’Iran comme nous l’expliquions il y a trois ans, lors de la montée de fièvre guerrière prenant prétexte des centrifugeuses nucléaires iraniennes. (14)

 

 11

 

Il se pourrait que des groupes de flibustiers d’Al-Qaïda au Yémen, en golfe d’Aden et en golfe d’Oman annoncent sous peu leur ralliement au Califat, ne vous en surprenez pas. Ainsi se nouent et se dénouent des alliances entre puissances et pays de complaisance dans ces guerres de connivence.

 

La tactique ouvrière marxiste révolutionnaire

Que peuvent faire les ouvriers marxistes révolutionnaires dans cette galère impérialiste et dans ces guerres de massacres où la classe ouvrière sert de chair à canon à chaque belligérant ? Il n’y a qu’une voie pour les prolétaires. Démasquer et dénoncer sans relâche toutes ces manigances entre concurrents pour l’hégémonie impérialiste mondiale. Tractations où notre classe n’obtient aucun avantage, que la mort et la souffrance. Poursuivre inlassablement notre travail d’analyse scientifique marxiste de la situation économique et politique mondiale et œuvrer à organiser les forces d’avant-garde de notre classe en prévision non pas de gagner une élection (sic) ou une réforme quelconque du capitalisme (sauver les régimes de retraite ou hausser le SMIC). En prévision non pas d’obtenir la prolongation de l’État providence aujourd’hui déclassé et remplacé par l’État policier comme chacun est à même de le constater aux États-Unis révolté, en Chine, en Russie, en France, au Canada, mais en vue de renverser l’État capitaliste partout où il sévit (15).

_____________________________

 

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-marx-2/

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste-3/

Pourquoi un accord Iran-USA sur le nucléaire iranien ?

http://french.irib.ir/info/international/item/306931-pourquoi-un-accord-iran-usa-sur-le-nucl%C3%A9aire-iranien

(15) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-pronostics-de-la-cia-pour-le-monde-de-2030/

Pour un complément d’analyse de l’économie politique contemporaine   http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0.0/10 (0 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 0 (from 0 votes)

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste (3e partie)

tanks

 

La semaine dernière, nous avons publié la seconde partie de cette trilogie présentant l’analyse marxiste de la crise économique systémique de l’impérialisme. Nous avons présenté les concepts de capitalisme et d’impérialisme et examiné quelques équations qui définissent le capitalisme monopoliste d’État d’après la théorie marxiste de l’économie politique. Cette semaine nous examinons les questions de la dette souveraine, du crédit à la consommation et de l’industrie militaire, trois aspects de l’économie politique impérialiste qui n’avaient pas atteint un développement aussi important du temps de Marx.

 

La première partie de l’article est ici :

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste/

La seconde partie de l’article est ici » http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-marx-2/

La  dette souveraine et l’endettement des ménages

Dans les pays capitalistes, on observe un endettement public et privé endémique.  En 2008, aux États-Unis, les ménages devaient 145 % de leur revenu annuel moyen. La dette était de 85 % du revenu annuel d’un ménage français (et elle augmente sans cesse). Elle était de 165 % pour les ménages canadiens, bien au-delà du seuil critique de 150 %, soi-disant sanctionné par les banquiers. Il en est de même dans presque tous les pays industrialisés. Il est aisé de deviner que cet endettement croissant connaîtra bientôt une fin catastrophique comme en 2007 lors de la crise des « subprimes » et de l’effondrement des prêts hypothécaires adossés à des montages de « produits financiers dérivés » sulfureux. Depuis, rien n’a changé dans la gouvernance de la haute finance internationale et les malversations et les trucages spéculatifs se poursuivent sans relâche, car il est impossible de modifier les lois inéluctables de l’économie politique capitaliste. Le moteur du fonctionnement de l’économie politique capitaliste est la reproduction élargie du capital et donc l’accumulation de capitaux – la valorisation des profits – et quiconque s’opposera à cette loi incontournable sera écarté inexorablement.

La dette souveraine de tous les États capitalistes provient d’une différence substantielle entre les recettes (taxes et impôts) et les dépenses. Pas besoin d’être économiste réputé pour l’affirmer. La véritable question est de savoir pourquoi ce déséquilibre croissant perdure depuis si longtemps ? Est-ce le poste « Dépense » qui augmente trop vite ou le poste « Revenu » qui n’augmente pas suffisamment ?

La loi de la productivité décroissante

Afin de répondre à cette question du déséquilibre fiscal prolongé, un détour s’impose via la loi de la productivité décroissante. Le principe en est simple, plus la productivité du travail s’accroit moins elle risque de s’accroitre davantage. Nous nous servirons de l’exemple de la France pour démontrer ce principe du rendement décroissant (4).

En France, entre 1960 et 2012 la productivité du travail salarié est passée de hausses annuelles moyennes de 5 % entre 1960 et 1974, à des hausses moyennes d’à peine 0,1 % par année entre 2007 et 2012 alors que la mécanisation était pourtant plus poussée.  À long terme, on assiste en France à un ralentissement par paliers de la productivité du travail salarié. La coupure la plus drastique apparut avec la récession de 1974-1975, qui démontra l’épuisement des gains de productivité très élevés.

Les capitalistes réussirent alors cette prouesse, en France comme dans la plupart des pays capitalistes avancés, d’abaisser ou de maintenir la part des salaires à un niveau très bas. Autrement dit, les capitalistes sont parvenus à garantir une rentabilité du capital élevée, malgré des gains de productivité en perte de vitesse. Faute de gain de plus-value relative (mécanisation), le capital arracha des gains de plus-value absolue, accroissant d’autant l’exploitation de la force de travail (temps de travail en hausse, augmentation des cadences et intensification du travail salarié).

Par contre, la crise économique de 2007 a fait chuter la productivité du travail et – dans  la mesure où les salaires n’ont pas été freinés dans la même proportion – la crise a fait chuter la profitabilité des entreprises multinationales. En France, pour la période 2007 – 2012, les salaires ont cru de 0,8 % par année alors que la productivité n’a augmenté que de 0,1 % annuellement, tandis que le temps de travail n’a augmenté que de 0,1 % ce qui a contribué à dégrader la rentabilité du capital en générale de -0,9 % par année sur la période. Veuillez noter que les hausses des salaires de 0,8 % par année n’ont pas réussi à couvrir l’inflation si bien que ces hausses de salaire correspondent tout de même à une baisse du pouvoir d’achat des salariés et à la paupérisation de la classe ouvrière. Voici un marché qui s’amenuise ce qui prépare les conditions de la crise de surproduction sur laquelle nous reviendrons.

Les politiques gouvernementales d’austérité, en France, en Europe et en Amérique, visent à réduire les dépenses publiques afin de suivre la baisse des revenus étatiques et contenir ainsi la dette gouvernementale (souveraine) afin de restaurer les taux de profits mis à mal par la crise de surproduction. Il est là le mal français, le mal étatsunien, le mal canadien et le mal espagnol, portugais et grec, etc. C’est la participation de ces pays, de ces prolétariats, à la grande communauté impérialiste mondiale en déclin qui explique la misère grandissante des populations ouvrières et non pas leur appartenance au sous-ensemble qu’est la zone euro et la zone dollar. Le Royaume-Uni et le Japon n’appartiennent ni à l’un ni à l’autre, ces pays possèdent leur propre monnaie souveraine et pourtant les économies britannique et japonaise suivent le courant descendant de l’économie mondiale croupissante.

Les faibles hausses de productivité du travail salarié, couplé aux réductions des taux de profit, couplées à l’inflation rampante et dissimulée, associée à la quasi-stagnation des salaires ont fait chuter les revenus des États de moins en moins providentiels et de plus en plus policiers.

« État policier » et « État providence »

« L’État policier » est la forme de gouvernance qu’adopte l’impérialisme déclinant quand il souhaite réprimer sauvagement le mouvement ouvrier « déchaîné » et endiguer la résistance populaire. « L’État providence » est la forme de gouvernance qu’adopte la classe capitaliste monopoliste et son État de droit quand la conjoncture économique est temporairement favorable, que les profits s’engrangent et se valorisent et que le prolétariat est sous contrôle de l’appareil syndical et populiste de collaboration de classes (ONG et associations populaires, partis sociaux-démocrates électoralistes, et bobos de la go-gauche sous contrôle). Quoi qu’il en soit c’est toujours le même État bourgeois sous hégémonie de la classe capitaliste monopoliste dominante.

Les dépenses gouvernementales

Abordons maintenant la question des dépenses gouvernementales. Elles sont composées de deux rubriques. La première rubrique concerne les dépenses de soutien à la reproduction du capital. La seconde rubrique concerne les dépenses assurant la reproduction de la force de travail, ce que nous avons appelé précédemment le salaire social. La classe ouvrière et la main-d’œuvre salariée qualifiée se multipliant dans les pays développés et parmi les pays « émergents » accédant à l’industrialisation capitaliste, cette rubrique des dépenses gouvernementales a explosé au cours des cinquante dernières années. Si bien que le salaire social – la portion des revenus et des services des ménages qui provient de l’État avoisine maintenant 50 % dans plusieurs pays capitalistes avancés. Les ONG bourgeoises, secondées par les groupuscules gauchistes, en sont venues à croire que « l’État providence » existait vraiment et qu’il constituait un État de droit céleste (sic) pour les pauvres, les itinérants et les lumpens prolétaires et ils ont placardé leurs revendications réformistes exigeant un revenu minimum garanti de 30 000 $ (CND) pour chaque foyer canadien, au-delà du salaire moyen des salariés défavorisés, au-delà du salaire minimum dans la plupart des provinces canadiennes. L’État des riches indifférent à ces balbutiements laisse ces énergumènes s’agiter et dévoyer le mouvement de résistance populaire qui se heurte ainsi à la classe ouvrière qui sait bien que si un tel revenu était accordé aux indigents ils le paieraient de leurs taxes et de leurs impôts majorés. C’est à ce genre de cul-de-sac militant que mènent les revendications réformistes et opportunistes.

Revenons à l’analyse de la comptabilité gouvernementale. Au début, l’État bourgeois a comblé ses déficits en haussant drastiquement les taxes et les impôts à la charge des salariés, leur faisant ainsi payer en « solidarité » les services qu’ils recevaient. De nos jours, le salarié canadien moyen retourne 70 % de son salaire aux différents paliers de gouvernement (municipal, scolaire, provincial et fédéral). Une enquête fiscale dans une multitude de pays capitalistes avancés révèle le même niveau de contribution si bien que la classe laborieuse contribue à même son salaire pour 60 % à 70 % des revenus de l’État capitaliste.  Les entreprises ne contribuent plus que pour 40 % à 30 % du total des revenus de l’État. Il est impossible pour les États bourgeois de modifier cette péréquation sans provoquer la faillite des PME (petites et moyennes entreprises) et sans entrainer la  délocalisation des entreprises multinationales, ce que les divers traités de libre échange international facilitent grandement (9).

Face à cette impasse déficitaire, les États capitalistes ont eu recours à deux artifices. Le  premier fut de faire tourner la planche à billets créant une inflation galopante, la  dévaluation de leur monnaie, et une baisse de la consommation des masses laborieuses  dont le pouvoir d’achat s’effritait au fur et à mesure que la valeur de leur monnaie périclitait.

Le second artifice mis en place par les Banques centrales fut de réduire les taux d’intérêts sur les prêts permettant à chaque foyer et à chaque gouvernement d’emprunter massivement sur leur hypothétique revenu anticipé. Cette deuxième solution, sans espoir et sans vision, tire à sa fin. L’endettement des ménages est aujourd’hui catastrophique et celui des États encore plus dramatique.

Par ailleurs, comme la crise économique de l’impérialisme est mondialisée il devient de plus en plus difficile pour les anciens pays capitalistes industrialisés d’exporter leurs déficits et d’importer la plus-value des pays émergents où les multinationales impérialistes n’achètent plus les marchandises dispendieuses de leurs filiales établies  dans leurs pays d’origine, préférant y exporter leurs pacotilles fabriquées à vil prix dans des pays au prolétariat soumis. D’autant plus que les entreprises multinationales qui produisent d’un côté et de l’autre du Pacifique et de l’Atlantique sont les mêmes consortiums impérialistes qui ne cherchent qu’à « tondre les coupons », qui délocalisent leur production, et à expatrier leurs profits dans les paradis fiscaux les plus hermétiques. Moult économistes s’étonnent de l’ingéniosité des requins de la finance et des capitaines d’industrie dans l’élaboration de leurs montages financiers alambiqués visant à effacer la trace des transferts de bénéfices et de capitaux d’une multinationale vers ses filiales internationales et vice versa (12).

Ces déplacements constants de marchandises de pays à bas salaires vers des pays aux salaires plus élevés, pour consommer, nécessitent des accords douaniers de libre-échange qui sont négociés entre les grandes alliances économico-politico-militaires (Asie-Pacifique, UE, ALENA, Accords Transatlantique, ALBA, etc.) Contrairement à ce que pensent les économistes « déterministes » et la gauche bourgeoise « économiste », ce ne sont pas les accords internationaux qui entrainent la délocalisation, puis l’import/export des marchandises. Ce sont bien les délocalisations industrielles et le développement différencié, inégal et combiné, des économies capitalistes mondialisées et intégrées qui amènent la négociation des traités et le dumping des marchandises d’un marché vers un autre, d’une économie de matières premières vers une économie industrialisée et vers une économie tertiarisée (économie de services). Nonobstant ceci les marchés internationaux rétrécissant constamment, et un conflit mondial se préparent pour le partage des marchés entre les grands conglomérats financiers et les industriels internationaux.

La guerre comme prolongation de l’économie et de la politique

D’après la théorie marxiste, la guerre est la poursuite des activités politiques et diplomatiques par d’autres moyens. La guerre est la continuation de la politique entre les États, entre les gouvernements et donc entre les classes sociales. Selon l’idéologie marxiste, la politique, la diplomatie et la guerre sont les fruits des contradictions économiques qui secouent un mode de production. Le mode de production capitaliste, à son stade impérialiste, détermine la politique, la diplomatie et la stratégie militaire d’un État, et d’une alliance impérialiste d’États. Selon ces principes, il est donc requis d’analyser et de comprendre le développement économique, la crise économique sévissant dans un pays, ou dans une alliance de pays impérialistes, pour comprendre la politique militaire de ces États et leurs manigances.

Voici l’opinion de deux généraux d’état-major de l’Armée populaire de Chine à propos de la guerre et de l’armement militaire contemporain : « La guerre n’est plus « l’usage de la force armée pour obliger un ennemi à se plier à sa propre volonté », mais l’utilisation de « tous les moyens, dont la force armée ou non armée, militaire ou non militaire et des moyens létaux ou non létaux pour obliger l’ennemi à se soumettre à vos propres intérêts » (13).

Les dépenses militaires, l’industrie militaire

Les dépenses militaires gouvernementales visent-elles à relancer l’économie capitaliste en déroute ? Les dépenses militaires visent-elles à absorber les surplus de production et à relancer le processus d’accumulation capitaliste ? Le secteur de l’industrie militaire est-il  différent dans son développement des autres secteurs industriel de l’économie capitaliste ? L’industrie militaire constitue-t-elle un modèle différent d’étatisation de l’économie nationale et de relance du processus de valorisation de la plus-value puisqu’elle entrainera, éventuellement, la destruction massive de moyens de production et de produits de consommation ?

Ces hypothèses nous paraissent farfelues. Chaque fois qu’une usine ferme, qu’une mine est abandonnée, qu’un champ est retourné à la jachère, qu’un atelier est lockouté, qu’un chantier est clôturé, que des marchandises soient détruites, brûlées ou délaissées, il y a destruction de moyens de production et de marchandises. Il n’est pas requis de construire des tanks, des drones et des porte-avions pour détruire des moyens de production et des marchandises. D’ailleurs, deux généraux chinois indiquent dans un volume publié récemment qu’il est terminé le temps des armes exclusives de tueries massives. Pour les généraux chinois « un seul krach boursier provoqué par l’homme, une seule invasion par un virus informatique (ou le virus Ebola NDLR), une simple rumeur ou un simple scandale provoquant une fluctuation du taux de change d’un pays ennemi […], toutes ces actions peuvent être rangées dans la catégorie des armements de conception nouvelle. […] Nous croyons qu’un beau matin les hommes découvriront avec surprise que des objets aimables et pacifiques ont acquis des propriétés offensives et meurtrières » (14).

Présentement, les taux d’utilisation des moyens de production tournent autour de 70 % dans les économies industrielles avancées. La Chine produit vingt millions de voitures par année (1er producteur mondial et premier marché mondial depuis 2013). Les capitalistes chinois ne parviennent pas à écouler 20 % de cette production. Ces surplus de voitures sont détruits après deux ans de dormance dans les champs et sur les docs. Les capitalistes chinois ne peuvent réduire drastiquement leur production de peur que leurs concurrents japonais et occidentaux n’envahissent leurs marchés. Voilà un bel exemple de l’anarchie du développement économique capitaliste non planifié dans un pays pseudo-socialiste soi-disant planifié (15).

Que ce soit en Chine pseudo-socialiste ou aux États-Unis d’Amérique, l’industrie de l’armement est une dépense totalement improductive (non génératrice de plus-value) qui loin de solutionné la crise économique de l’impérialisme l’aggrave fortement en réalisant des ponctions importantes à même la plus-value générale produite par le capital industriel. L’État bourgeois, le seul client de l’industrie de l’armement conventionnel, doit financer ces dépenses en haussant les taxes ce qui constitue une ponction sur les capacités de consommation – le pouvoir d’achat – des travailleurs. Tout ceci réduit d’autant le marché national de consommation de produits finis.  Ou alors l’État bourgeois finance ces dépenses militaires parasitaires par des emprunts souverains ce qui réduit le crédit disponible, renchérit le coût de l’argent (hausse des taux d’intérêt) et réduit en définitive la demande pour les autres marchandises en concurrence sur les marchés locaux et internationaux.

Bref, l’industrie militaire est développée par les États impérialistes non pas pour relancer leur économie nationale à la dérive, mais dans le but de contribuer aux alliances militaires imposées. Alliances ayant pour mission de prolonger, par des moyens militaires, les politiques économiques et commerciales mises de l’avant par les alliances impérialistes agressives vis-à-vis leurs concurrents, petits ou grands, le plus souvent récalcitrants.  Il n’est pas approprié pour les ouvriers d’appuyer telle ou telle puissance impérialiste agressive ou conciliante (temporairement) puisque tôt ou tard ce sera lui le salarié, son fils, sa fille qui serviront de chair à canon d’un côté ou de l’autre de l’affrontement  militaire impérialiste étriquée.

L’industrie de guerre américaine

Entre 1939 et 1944, le PIB des États-Unis a cru de 154 % alors que les profits globaux se sont accrus  de 290 %.  Ceci serait le fruit de la croissance économique générée par la Seconde Guerre mondiale. Faut-il en déduire que la guerre est une activité productive et de croissance pour une économie impérialiste expansive ? Non évidemment ! S’il en était ainsi, tous les pays impérialistes seraient en guerre perpétuelle les uns contre les autres. Le gonflement artificiel du PIB des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale s’est fait sur le dos des masses ouvrières pressurées, y compris les femmes que l’on a alors « libérées » de leur foyer afin de leur permettre de jouir du travail insalubre en usine en tant qu’esclaves salariés mal payés. Les profits accrus ont reposé sur le gel des salaires pour l’ensemble de la classe ouvrière, sur le rationnement des biens de consommation courants, sur l’endettement de pays alliés (URSS, France, Grande-Bretagne, Belgique, etc.), sur les emprunts de guerre par la suite remboursés via les réparations de guerre allemande, italienne et japonaise. Bref, ce n’est pas la guerre qui a fait produire la plus-value et les profits. La guerre fut le prétexte par lequel la classe ouvrière masculine et féminine du monde entier fut pressurée jusqu’au sang autant sur les champs de bataille de l’Est que de l’Ouest et sur le Pacifique, que dans les ateliers, les chantiers, les champs, les forêts et les mines du monde entier. La guerre ne fut pas la source, mais bien le prétexte pour la surexploitation et l’industrie de l’armement fut l’instrument de la surproduction.  Dès 1946, la récession s’est réinstallée aux É.-U. jusqu’à la guerre de Corée (1951-1953), qui fut elle aussi suivie d’une période de récession.

En 2013, les États-Unis assumaient 45 % des dépenses militaires totales mondiales et pourtant ce pays était le plus mal pris du capitalisme mondial. C’est en partie parce que les États-Unis sont astreints à fournir cet effort gigantesque en termes de dépenses militaires improductives et parasitaires que cet État est en si mauvais état économique. Les États-Unis doivent maintenir leurs dépenses militaires, car leur productivité industrielle stagne, et la composition organique de leur capital industriel s’élève et que leur taux de profit réel périclite (hormis le profit spéculatif boursier appelé à s’envoler en fumée). Pendant ce temps, leurs concurrents et leurs alliés leur tiennent la dragée haute, houspille et grappille leurs marchés nationaux et internationaux, leurs sources d’approvisionnement en énergie, en matières premières et en main-d’œuvre sous-payée.

Entre 1980 et 1990, la dette étatsunienne est passée de 25 % à 50 % de leur PIB. Elle a plus que doublé depuis. Entre 2000 et 2008, les dépenses militaires américaines sont passées de 400 à 700 milliards de dollars ce qui n’a nullement empêché le krach boursier de 2008. Tout ceci atteste bien que l’industrie militaire ne constitue pas un marché différent des marchés concurrents. Il appert que le marché et l’industrie militaire se comportent exactement comme tous les autres marchés capitalistes avec cette seule exception que l’industrie militaire est le produit du capitalisme monopoliste d’État. Quelles sont les conséquences de cette évidence ? L’industrie militaire et de la guerre n’a pas vocation à relancer l’économie autrement que dans son secteur spécifique. Quand rien ne va plus, l’industrie militaire et de la guerre a vocation de faire compléter les transactions amorcées et souvent bloquer dans les domaines diplomatiques, politiques, commerciaux et financiers. La guerre c’est l’économie politique développée par des moyens drastiques. La guerre vise à partager les zones de ressources, d’énergie et de matières premières, les marchés lucratifs et les secteurs d’exploitation du travail salarié. Ce faisant l’industrie militaire et guerrière participe à sa manière à l’ensemble de l’économie politique impérialiste. Tous les principes marxistes décrivant l’économie politique capitaliste s’appliquent à ce secteur économique comme à tous les autres.

Les conglomérats financiers impérialistes ont attribué aux États-Unis la mission de contrôler militairement ce monde en panade – secoué par la crise mondiale – où les différentes bourgeoisies «nationales» sont mises à mal par les forces ouvrières en chamade. Heureusement, pour tous ces chacals, le mouvement ouvrier est désorganisé, infiltré, désorienté, découragé par ces années gâchées à voir dégénérer tous les partis de gauche sur lesquels ils auraient aimé compter maintenant que le grand changement révolutionnaire est devant nous.

Le mode de production capitaliste doit être renversé, détruit et remplacé par un nouveau mode de production et la classe ouvrière est responsable de mener l’humanité à son apogée.

 ________________________________

Pour un complément d’analyse en économie politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste (2e partie de trois)

 marx

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-marx-2/

La semaine dernière, nous avons publié la première partie de ce triptyque présentant l’analyse marxiste de la crise économique de l’impérialisme en déclin. Après avoir présenté les concepts de capitalisme et d’impérialisme voyons maintenant six lois qui définissent les caractéristiques du capitalisme monopoliste d’État d’après la théorie marxiste d’économie politique.  Voir la première section ici :

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-crise-economique-de-limperialisme-dapres-la-theorie-marxiste/

La loi de la valeur c’est  travail + surtravail

Une première équation de toute comptabilité nationale et de l’ensemble du système capitaliste mondiale dévoilée par la théorie d’économie politique marxiste va comme suit : la loi de la valeur stipule qu’une journée de travail ouvrier produit une valeur (V) décomposable en trois éléments constituants : 1) le salaire nécessaire ou capital variable (Cv) remis à l’ouvrier pour sa subsistance et sa reproduction élargie (famille). 2) le remboursement – ou l’intégration des moyens de production à la nouvelle marchandise. C’est le capital constant (Cc) composé du capital fixe (machineries et bâtiments) et du capital circulant (énergie, matières premières,  transport).  3) Le surtravail équivalent de la plus-value (pv), exproprié par le capitaliste propriétaire privé (ou étatique) des moyens de production. On estime que cette plus-value ouvrière se situe en moyenne entre 25 % et 35 % de la valeur moyenne finale d’une marchandise commerciale.

V =  Cv + Cc + pv

Une seconde équation produite par la théorie marxiste d’économie politique décrit comment se fait la péréquation de la plus-value, la partie de la journée de travail expropriée qui n’est jamais donnée à l’ouvrier. Cette plus-value constitue la raison d’être – le moteur – de l’économie capitaliste. Elle se divise en : 1) dividende industriel (profit sur actions et obligations) et en bénéfice thésaurisé par l’entreprise en vue de ses prochains investissements (D = 33 % de la pv totale). 2) la rente foncière (R = environ 5 %). 3) le profit commercial (Pc) destiné à rétribuer la mise en marché (marketing) qui valorise parfois la marchandise (20 %). 4) le bénéfice financier (Bf) – bancaire, usuraire – destiné à rétribuer la gestion du capital et le prêt sur investissement (l’intérêt). Cet argent est l’amorce de la spéculation boursière (45 % de la pv est ainsi accaparé).

Prenez note que la fonction rente foncière et la fonction commerciale génèrent peu ou prou de nouvelles plus-values et que la fonction financière ne génère aucune plus-value. Elles constituent donc, toutes les trois, des ponctions non productives sur le capital rentable et entravent sa profitabilité et donc sa reproduction élargie. Quand ces extractions (R + Pc + Bf) étaient marginales dans le cycle de circulation-reproduction élargie du capital, ces ponctions n’empêchaient pas le cycle de reproduction élargie. Aujourd’hui, que ces ponctions non productives de plus-value sont si importantes (70 % du total), elles entravent la reproduction élargie du capital et deviennent une source de tensions entre capitalistes industriels et capitalistes financiers dont la classe ouvrière doit s’avoir profité dans son projet de renverser ce système économique obsolète.

Pv = D (30 %) + R (5 %) + Pc (20 %) + Bf (45 %)

Financiarisation et monétarisation de l’économie globalisée

Pour se convaincre de l’aspect funeste des activités spéculatives stériles, il suffit de considérer quelques chiffres attestant de la financiarisation parasitaire de l’économie impérialiste mondiale.
Ainsi, les compagnies établies aux États-Unis sont la plus grande source d’investissements directs de capitaux à l’étranger (IDE), ce qui confirme le caractère rentier et parasitaire de l’économie impérialiste américaine en déclin puisque l’économie des États-Unis produit de moins en moins de plus-value et de profits. Le graphique 1 indique parfaitement la place à part que détiennent les États-Unis d’Amérique en tant que destination et/ou provenance des stocks d’IDE en transhumance dans l’économie impérialiste mondialisée, financiarisée et intégrée.

Graphique 1

Investissements directs à l’étranger de divers pays (2013, en dollars)

La Chine qui amorce à peine son règne à la tête de l’économie impérialiste mondialisée, fortement concurrentielle, ne détient que le 13e rang pour l’instant. Cependant, la République Populaire de Chine  augmente régulièrement ses investissements directs financiers et non financiers à l’étranger comme en fait foi l’article qui suit : « Les IDE financiers représentent 10,07 milliards de dollars de ce montant, tandis que les IDE non financiers ont augmenté de 13,3% à 77,73 milliards de dollars, selon un rapport publié lundi par le ministère chinois du Commerce, le Bureau d’État des statistiques et l’Administration nationale des devises étrangères de Chine. Fin 2012, les IDE cumulés des sociétés chinoises avaient atteint 531,94 milliards de dollars, permettant à la Chine d’occuper la 13e place mondiale. Les investisseurs chinois ont établi quelque 22.000 entreprises dans 179 pays et régions » (5).

 Au temps de l’hégémonie américaine, le dollar (USD) a envahi les économies des pays dits « émergents », et de tous les autres pays, ce qui place l’économie impérialiste financiarisée, mondialisée, intégrée en grande difficulté dans le monde entier. L’accumulation – valorisation – réinvestissement profitable des capitaux est en panne depuis plusieurs années et ceci explique les politiques d’austérité conséquente à la baisse tendancielle des taux de profits (6). L’économie capitaliste chinoise, entièrement interreliée à l’économie impérialiste mondialisée, ne peut espérer s’exempter de la crise systémique du capitalisme, intensifiée depuis 2007-2008 et qui se poursuit. Comment réagira l’économie chinoise devant ce cataclysme économique assuré ? Une chose est certaine, c’est que les entreprises impérialistes chinoises acoquinées aux entreprises capitalistes du monde entier ne vont pas mieux s’en tirer que toutes les autres interreliées.

Graphique 2

Investissement des entreprises capitalistes chinoises dans le monde

La situation des pays fournisseurs de matières premières

Les prix des matières premières ont chuté en 2014 et pourraient encore baisser au cours de l’année 2015. Ce déclin met en péril l’opération gaz et pétrole de schiste qui a cours aux États-Unis. Cette énergie devient très coûteuse par rapport à l’extraction du pétrole conventionnel. Une hausse des prix du pétrole, suite à une rupture des approvisionnements provenant du Proche-Orient,  satisferait probablement les compagnies pétrolières transnationales établies aux États-Unis (les mêmes qui contrôlent les puits de pétrole au Proche-Orient). Ceci rend pertinentes les manœuvres pour bloquer l’expédition des hydrocarbures du Proche-Orient (pays producteurs) vers leurs clients d’Asie et d’Europe (!)  Pour ces entreprises, les décisions militaires qu’elles ont à impulser auprès de l’administration du Pentagone et de l’OTAN, se résument à un calcul coût-bénéfice entre l’exploitation des gaz et pétroles de schiste aux États-Unis, versus leur exploitation conventionnelle au Proche-Orient à destination de l’Europe et de l’Asie, vers la Chine en particulier. Si le gouvernement chinois est disposé à partager les bénéfices entre tous les assoiffés de profits assis autour de la table internationale des énergies fossiles, alors il n’y aura peut-être pas de nouvelle guerre mondiale pour cette fois. Si le gouvernement chinois tente de conserver tous les bénéfices pour les entreprises ayant leur siège social en Chine alors les oléoducs en direction de la Chine seront coupés et les ports pétroliers seront minés et le monde capitaliste s’approchera d’un troisième conflit mondial.

Voilà comment les économistes marxistes analysent la situation économique et politique internationale en ce début de 2015. Espérons que les analystes politiques bourgeois  sauront enfin comprendre l’objectif de la restitution du pouvoir aux talibans en Afghanistan et l’établissement d’un État islamique au Levant (EI), deux entités situées au centre du passage des  oléoducs en partance vers l’Europe et vers la Chine. Sans compter les embellis dans les négociations avec l’Iran à propos d’une centrifugeuse d’uranium enrichi dont les États-Unis se moquent éperdument. Tout se met donc en place pour la prochaine séquence du drame historique du Proche-Orient, région « coupable » de receler l’énergie fossile qui attise toutes les convoitises impérialistes (7). Pendant ce temps le camp impérialiste russo-chinois s’empresse de construire un oléoduc au nord du Nord à l’abri des malversations américaines et de l’OTAN, espère Poutine (8).

La baisse des prix des matières premières

La baisse des prix des matières premières a aussi entrainé une diminution des revenus de l’État canadien (fédéral et provinciaux) qui hier encore faisait le fanfaron, annonçant des surplus budgétaires et l’équilibre fiscal, surplus que l’État des riches destinait aux entreprises impérialistes canadiennes (avec quelques sucettes pour les travailleurs canadiens payeurs de taxes).
Les pays producteurs de matières premières, cantonnés à ce rôle par la division internationale du travail, voient donc fondre leurs revenus alors qu’aux États-Unis les dividendes de pacotille (fruit de la spéculation boursière et des déficits étatiques pharaoniques) sont au plus haut (9).

La spéculation boursière comme palliatif à la crise systémique

La Banque des Règlements internationaux (BRI) révèle qu’ils se transigent quotidiennement 4 000 milliards d’euros de « valeurs » (sic) sur les marchés des changes internationaux, dont 41 % à la Cité de Londres. Tout ceci (ces transactions comme disent les économistes et les courtiers) n’est que brassage d’argent de Monopoly, que du vent (des titres, des actions et des obligations), qui produiraient des profits (de la valeur nouvelle) sans rien engendrer en contrepartie, aucun produit tangible, aucune nouvelle marchandise (10). Fadaises risibles.

Il en est de même au Canada où les banques ont enregistré des profits record en 2014 alors que les prix des matières premières périclitent, que la production industrielle et l’emploi stagnent (11).  Il n’y a que les économistes en goguette pour s’émerveiller de la prouesse des rendements boursiers spéculatifs qui alimentent les dividendes spéculatifs utopiques des banques alors que la création de valeurs – la création de richesses collectives – périclite. Car sans création de marchandises vendables, puisque toute chose doit devenir marchandise pour acquérir et réaliser de la « valeur » sous le système économique capitaliste,  il n’y a aucune création de valeurs, aucune création de richesses. Le seul résultat de cette spéculation boursière sur des titres (des « produits financiers » disent les courtiers), artificiellement gonflé est de redistribuer la plus-value déjà expropriée au cours du processus de production. À l’évidence, une nouvelle intensification de la crise systémique de l’impérialisme pourrait survenir en 2015.

Les ponctions de l’État pour assurer la reproduction de la force de travail

Une troisième équation produite par la théorie marxiste d’économie politique présente  les ponctions que l’État bourgeois effectue sur le salaire nécessaire des travailleurs  et sur la plus-value expropriée aux ouvriers afin de constituer le salaire social notamment. Le salaire social est constitué des différents services que l’État bourgeois fournit afin d’assurer la reproduction de la force de travail (éducation, formation, service de garderie, service de santé, transport, services municipaux, sport, culture et loisir).

Dans un pays capitaliste industrialisé comme le Canada, ces ponctions peuvent représenter jusqu’à 70 % du salaire nécessaire des salariés et environ 25 % de la plus-value accaparée par les divers intervenants économiques. Ceci entraine que si dans les années 1960 les taxes et redevances soutirées aux entreprises fournissaient 60 % des revenus de l’État, aujourd’hui ces taxes et redevances des entreprises capitalistes ne représentent plus que 25 % des gigantesques revenus de l’État, tandis que près de 75 % des revenus de l’État bourgeois proviennent des goussets des salariés.

En période d’austérité budgétaire conséquente à la crise économique systémique du capitalisme, les gouvernements bourgeois croulants sous les dettes souveraines n’ont pas d’autres choix que de sabrer dans les services publics visant la reproduction de la force de travail et de hausser les taxes (11). Malgré les hauts cris des plumitifs réformistes et des thuriféraires opportunistes, il ne peut en être autrement sous peine de désindustrialiser complètement un continent (L’Europe ou l’Amérique du Nord par exemple). C’est la raison pour laquelle les ouvriers marxistes ne préconisent pas de seulement protester-manifester contre les gouvernements des riches, mais surtout de les renverser.

Graphique 3 : Taxes et impôts pour constituer le salaire social

La valorisation du capital dans l’économie impérialiste

La quatrième équation résumant succinctement l’ensemble de l’économie capitaliste concerne la circulation du capital. Elle va comme suit : l’argent-capital (C) doit impérativement transiter par le processus de reproduction élargie – le processus de valorisation ouvrier – pour produire de la plus-value et fructifier. Pas de travail salarié producteur de plus-value et pas d’accroissement cumulatif de capitaux (C’). Il est fondamental de bien comprendre cette loi incontournable en cette période de financiarisation et de spéculation boursière toxique des titres corporatifs. Cette loi est le fondement de la théorie marxiste du capitalisme et son équation s’écrit ainsi :

C –»  Cc + Cv + pv –»  C’

La crise systémique du capitalisme-impérialiste

Les raisons de la crise systémique du capitalisme sont simples à expliquer. Placer devant une crise de surproduction (de moyens de production et de marchandises), et face à l’incapacité du système économique capitaliste de développer de nouveaux marchés solvables et lucratifs pour les marchandises déjà disponibles, les banquiers – les financiers parasitaires – ont  ouvert les vannes infernales du crédit, du crédit à la consommation et du crédit gouvernemental (souverain). N’arrêtant pas de si bon chemin ils se sont mis à spéculer sur les valeurs boursières des entreprises, des États, enchérissement des obligations et des emprunts gouvernementaux, manipulation des cotes de crédit, et sur la valeur des  monnaies, s’accaparant cet évanescent « profit » spéculatif. Au point où il devint infiniment plus lucratif, rapide, facile, nécessaire surtout, de faire tourner la planche à billets, de faire circuler l’argent de pacotille (le crédit) – d’accomplir un nouveau cycle d’accumulation du capital – en bourse qu’en usine, qu’en atelier, qu’en chantier.

Le diable de la spéculation venait de s’emparer du monde capitaliste tout entier, car la raison d’être du capital n’est pas de satisfaire les besoins humains, mais d’engranger les profits pour les valoriser et les reproduire afin d’accomplir un nouveau cycle de reproduction élargie. Ainsi, comme nous l’avons souligné auparavant, les banques canadiennes et américaines font des profits record alors que la production stagne et que le chômage réel (pas celui rapporté par les statistiques truquées) s’accroît.

La dépression économique survient quand plusieurs grands capitalistes financiers spéculateurs, sentant la soupe chaude – c’est-à-dire l’immatérialité de leurs avoirs bousiers non adossés à des valeurs sonnantes et trébuchantes – cherchent soudainement à se départir de leurs « passifs » pour les transformer en actifs industriels, fonciers, en moyens de transport, etc. La bourse s’emballe alors et tout ce fatras d’actions et d’obligations toxiques s’écroule emportant avec lui les économies de millions d’épargnants floués (de la Caisse de dépôt et placement du Québec notamment), de capitalistes échoués, d’ouvriers congédiés, de petits-bourgeois paupérisés, etc. C’est la Grande dépression, preuve intangible que seul le travail salarié, producteur de plus-value, crée de la valeur concrète.

La circulation de l’argent, réelle et factice

La cinquième équation produite par la théorie d’économie politique marxiste concerne la circulation de l’argent-capital (A) – sa transformation en marchandise (M) – puis sa retransformation en argent (A), agent convenu pour l’échange commercial des marchandises. Il faut évidemment que ces marchandises trouvent un marché où réaliser leur potentiel de plus-value cachée. De fait, l’ensemble de l’opération de commercialisation-transformation des marchandises en argent vise à récupérer la partie de la valeur qui a été sacrifiée à l’ouvrier au moment de la production (le salaire nécessaire). Il est entendu qu’aucune valeur nouvelle ne sera créée pendant la circulation de l’argent (A), en bourse ou à la banque, à la recherche de bons placements « fructifiant ». Étant donné que dans leur quête incessante de plus-value transformable en profits, les capitalistes (en tant que classe sociale) sont amenés bon gré mal gré, cela est hors de leur volonté (c’est marche ou crève au régiment de l’argent), sont amenés disions-nous à réduire la portion de capital variable (Cv), à gruger sur le coût de la force de travail (salaires), à hausser le taux de productivité du travail (par une mécanisation plus poussée (Cc) et par l’intensification du travail salarié), bref, à utiliser toute une panoplie de moyens pour augmenter ou maintenir les profits en réduisant les salaires absolus et/ou relatifs. Ceci entraine que la classe des adjudants capitalistes industriels et commerciaux réduit d’autant le pouvoir d’achat des travailleurs salariés (90% des personnes actives), le pouvoir d’achat des consommateurs. Vous avez bien compris, la classe capitaliste scie la branche commerciale sur laquelle elle est juchée et le pire c’est qu’elle ne peut faire autrement. Les lois de l’économie capitaliste sont impératives.

L’équation s’écrit ainsi    A  –» M  –» A

Même l’intérêt sur le prêt (i) qui serait le « salaire » du banquier (sic) n’est aucunement produit durant la circulation du capital, mais est plutôt une ponction qu’effectue le capitaliste financier sur la plus-value produite en usine, en atelier, en chantier, comme nous l’avons souligné précédemment.

Inflation et dévaluation de la monnaie

Si un  banquier crée de l’argent (A), s’il met du crédit en circulation (carte de crédit ou prêt à un gouvernement) – qu’il ne peut adosser à des marchandises réelles et concrètes, à du travail ouvrier cristallisé  – la seule chose que ce banquier réalise c’est une dévalorisation de l’argent en circulation (inflation monétaire). Ce banquier effectue un vol des valeurs de tous ceux qui détiennent cette monnaie-argent dépréciée (au pays et à l’étranger). Chaque fois qu’une banque émet du crédit – un prêt à la consommation ou un prêt souverain (à un État bourgeois ou à un État pseudo socialiste), cette banque émet de l’argent et déprécie de ce fait l’ensemble de la monnaie en circulation dans cette nation ainsi qu’à l’échelle internationale. Tant que l’économie impérialiste nationale et mondiale croît – trouvent de nouveaux débouchés où écouler leurs produits –, l’économie impérialiste se porte relativement bien et la crise est repoussée au loin. Quand les cartels impérialistes ne trouvent plus preneur pour leurs marchandises, la crise systémique de l’impérialisme est en vue et le château de cocagne de la finance parasitaire s’ébranle. Voici l’équation de la financiarisation frauduleuse et parasitaire de l’économie impérialiste mondiale.

A –» M –» A’   = inflation et dévaluation monétaire

À propos de la sortie de l’euro et de l’Union européenne et de l’ALENA

Que les opposants à l’euro, les militants en faveur de la « souveraineté nationale citoyenne » et pour l’indépendance économique nationale. Que ceux en faveur de la sortie de l’Union européenne et de l’ALENA se le tiennent pour dit. L’économie impérialiste est systémique, internationale, globale et intégrante. Les économies nationales périclitent et s’amenuisent. Elles sont devenues des appendices de l’économie mondiale globale. Elles ont été remplacées par un écheveau de réseaux de flux financiers et commerciaux internationaux déterminants auxquels les reliquats de production-consommation-circulation nationale sont assujettis petit à petit. Il n’est pas plus pertinent de s’opposer à l’internationalisation-globalisation de l’économie mondiale qu’il ne le fut pour les « luddites » britanniques de briser les machines au début du capitalisme (12). Le mode de production communiste sera internationaliste ou il ne sera pas, voilà notre agenda.

La baisse tendancielle du taux de profit social moyen

Nous terminons avec une sixième équation produite par l’école marxiste d’économie politique expliquant que la tendance inéluctable du capital, dans sa recherche de plus-value (absolue et relative), par l’accroissement de la productivité du travail vivant (Cv), l’amène à hausser la composante capital fixe (Cc) – machinerie sophistiquée et robotisée – dans le processus de production et de ce fait à accroître la composition organique du capital. L’augmentation de la composition organique du capital provoque un affaissement de la production de plus-value, car la plus-value est issue uniquement de l’exploitation du travail vivant, du travail ouvrier salarié, et non pas de l’exploitation de la machinerie ou de l’utilisation de moyens de production qui ne font que transmettre leur valeur au nouveau produit manufacturé. La hausse de la composition organique du capital écrivait Marx a pour conséquence la baisse du taux de plus-value (Tpv) et entraine la baisse tendancielle du taux de profit social moyen. Profits, nous l’avons écrit précédemment, dont la péréquation entre les différentes branches de production et entre les différents secteurs de l’économie (industrie, commerce, communication, finance) assure la valorisation-reproduction-circulation du capital.

Tpv =  Cv/Cc

 À tous les détracteurs de la théorie marxiste d’économie politique qui voudraient laisser croire que cette magistrale démonstration du fonctionnement du mode de production capitaliste serait révolue, obsolète, ante néolibérale, ou cryptoimpérialiste nous répliquons que tant que le mode de production capitaliste, y compris à son stade impérialiste contemporain – à économie dirigiste ou à économie dirigée néo-libérale, peu importe – fonctionnera suivant ces lois inéluctables, l’analyse marxiste de l’économie politique sera valide.

La suite de l’article la semaine prochaine. Nous aborderons les questions de la dette et de l’industrie militaire.

Pour un complément d’analyse en économie politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

La crise économique de l’impérialisme d’après la théorie marxiste

rosa1

Le capitalisme du début du XXe siècle et le capitalisme monopoliste (impérialiste) du début du XXIe siècle sont presque identiques. Le capitalisme moderne répond aux mêmes stimuli économiques; vise le même objectif de reproduction élargie du capital (C); utilise les mêmes vecteurs de valorisation de la plus-value (pl); et d’accumulation du profit qu’à l’époque de Karl Marx (Das Capital); la financiarisation globalisée et mondialisée en moins (2). Ces derniers développements correspondant à ce que Lénine et Rosa Luxemburg ont caractérisé comme l’étape impérialiste du développement capitaliste suprême, ultime et décadent (3). Nous présenterons dans la suite de cet document les concepts modernes de financiarisation, globalisation, mondialisation et inter-nationalisation de l’économie d’après la théorie marxiste de l’économie politique.

L’étape présente de la lutte révolutionnaire

Quelle est l’étape urgente des activités de la gauche révolutionnaire dans le mouvement ouvrier contemporain ? Ce n’est pas de structurer les ouvriers dans des mouvements de résistance à la crise systémique du capitalisme. Ce n’est pas non plus de les rassembler dans des bataillons de combat pour monter aux barricades insurrectionnelles. Ce n’est pas davantage de les mobiliser pour les luttes grévistes – bien que la lutte gréviste soit à l’ordre du jour partout dans le monde capitaliste. Dans plusieurs pays d’Europe la coupe est pleine et les ouvriers excédés sortent en grèves « sauvages » comme disent les patrons. En Amérique latine et en Chine, on assiste au même phénomène de grève spontanée. En Afrique et au Moyen-Orient des guerres inter-impérialistes – par sous-fifres interposés – font s’entretuer des travailleurs et des paysans d’un même pays et d’une même contrée, dans une immense fourberie ethnique, religieuse, nationaliste, impérialiste et barbare. Au Canada, les courroies de transmission syndicales désorientent les luttes grévistes des travailleurs pour les diriger vers les tribunaux bourgeois alambiqués.

Après la déchéance du mouvement communiste international; après la dislocation de la IIIe Internationale et la débandade du mouvement ouvrier mondial, l’étape présente, sur la voie révolutionnaire, celle qui confronte tout militant marxiste, est de clarifier les principes théoriques qui permettront d’analyser concrètement le monde présent dans son ensemble et dans ses éléments constituants. L’analyse doit d’abord porter sur les aspects économiques, industriels, commerciaux, financiers, et par la suite porter sur les facteurs politiques, idéologiques et sociologiques, afin de comprendre comment le monde impérialiste évolue – se reproduit – selon les concepts scientifiques marxistes appliqués à la réalité  contemporaine. Vers où se dirige le monde capitaliste en crise systémique, ce système qui n’en finit plus de tituber sans tomber ? Quels sont les principes (les contradictions) et les vecteurs (les classes sociales) qui font se mouvoir ce bateau ivre qui s’empêtre et dégénère sans s’effondrer définitivement… pour l’instant ?

C’est à cet exercice d’analyse scientifique marxiste des réalités de la crise économique systémique de l’impérialisme que nous vous convions. Chacun doit comprendre que cet exposé participe au combat sur le front idéologique de la lutte de classe. Cet exposé vise à clarifier les concepts – les idées – dissimulés derrière les argumentations militantes faussement résistantes de la gauche bourgeoise décadente. Cette gauche bourgeoise qui se propose encore une fois de désorienter la classe ouvrière dans son combat, ce que les marxistes doivent empêcher à tout prix.

L’étape présente de développement du mouvement révolutionnaire est marquée par la nécessité de reprendre les thèses scientifiques marxistes et de les opposer aux thèses anarchistes,  révisionnistes, opportunistes, maoïstes et réformistes qui s’épandent parmi la classe ouvrière mondiale et la désoriente de sa mission révolutionnaire qui réclame le renversement total du capitalisme et l’édification d’une société nouvelle, socialiste, puis communiste, encore inconnue.

Capitalisme et impérialisme

Commençons par clarifier les concepts de capitalisme et d’impérialisme, les idées les plus galvaudées par une certaine gauche pédante et ignorante. L’impérialisme n’est pas la solution que les capitalistes ont imaginé pour sauver le capitalisme de brocante. L’impérialisme ce n’est pas la volonté d’ingérence des grandes puissances  contre les pays indigents. L’impérialisme ce n’est pas une superpuissance politique, idéologique et militaire dirigeant une cohorte de pays économiquement puissants  cherchant à imposer leur hégémonie sur divers pays indigents, « indépendants » et soi-disant « résistants ». L’impérialisme n’est pas l’antithèse du nationalisme patriotique bourgeois. L’impérialisme ce n’est pas le Premier monde d’une trilogie rocambolesque opposant les grands aux moyens et aux petits pays en sursis (sic). Tout cela ce sont les formulations de Kautsky un politicien bourgeois, social-démocrate allemand, du siècle précédent. Tout ceci n’est que l’apparence dissimulant l’évidence. Ces thèses ne sont que fumisteries derrière lesquelles se dissimulent l’opportunisme et le réformisme de la droite comme de la gauche bourgeoise.

L’impérialisme c’est le mode de production et les rapports de production capitalistes  rendus à leur stade ultime de développement, au moment où le système économico-politique ne parvient plus à résoudre ses contradictions internes. Ces contradictions qui anciennement mettaient les forces sociales en action pour les résoudre et de ce fait entraînait la croissance du capital et le développement de la société capitaliste. Aujourd’hui, les contradictions, et les classes sociales chargées de les résoudre, paralysent plutôt le système économique et détruisent les forces productives et les marchandises en surproduction relative.

Ainsi, quand la société féodale attachait le paysan à la terre aux rendements déclinants, l’empêchant de migrer vers la ville pour s’employer comme salarié dans les manufactures émergentes, Marx disait que la contradiction du mode de production féodale, c’est-à-dire l’opposition entre la classe des seigneurs propriétaires de la terre et la classe des serfs enchaînés à la terre, devait être résolue par la libération des forces productives du servage afin qu’elles se transforment en classe ouvrière salariée et industrielle, ne possédant en propre que leur force de travail sur le marché de la libre concurrence capitaliste. Cette contradiction antagoniste au sein du féodalisme a été résolue à travers la révolution bourgeoise industrielle qui transforma le monde en transformant le mode de production. Depuis, ce nouveau mode de production capitaliste s’appuie sur ses propres contradictions motrices et ses propres classes antagonistes, la bourgeoisie capitaliste et le prolétariat salarié.

Le capitalisme marqua d’abord une avancée pour l’humanité. Il permit de démultiplier les forces productives et les marchandises à commercialiser à travers une exploitation intensive d’une portion de l’humanité (les ouvriers) résidante aussi bien en pays capitalistes avancés qu’en pays capitalistes arriérés. La différence entre ces deux catégories n’est pas une différence structurelle, mais une différence superficielle. Cette différence est le fruit de la division internationale du travail et de la production, et donc de l’accaparement différencié de la plus-value et du capital privé et étatique bourgeois. C’est ce que Rosa Luxemburg, comme Lénine, appelleront le développement inégal, combiné et par bond du capitalisme dans divers pays, hier tous capitalistes et aujourd’hui tous impérialistes.

Le monde actuel n’est pas divisé en un triptyque de « Trois mondes capitalistes » de plus ou moins grandes dangerosités (sic). Le monde capitaliste contemporain est regroupé sous un seul mode de production hégémonique alors que quelques reliquats épars du mode de production féodal sont toujours en cours d’intégration systémique (Afghanistan, Bhoutan, Népal, Mauritanie, Mali, Centre Afrique, etc.) Le monde capitaliste-impérialiste est divisé en deux immenses forces, la classe capitaliste monopoliste hégémonique mondiale, et la classe ouvrière internationale révolutionnaire, qui pour le moment accumule ses forces afin d’ébranler et, nous l’espérons, renverser l’Ancien Monde.

L’impérialisme c’est le mode de production capitaliste à son stade suprême et décadent d’évolution. Un système de production globalisé, internationalisé, intégrant la totalité des moyens de production existants, des transactions commerciales, des tractations  diplomatiques, des échanges internationaux; la totalité des alliances et des affrontements se développant sur la Terre tout entière. L’État d’Haïti fait partie intégrante de l’ensemble impérialiste mondialisé et globalisé. L’État impérialiste haïtien a la particularité d’être pauvre, de jouer un rôle modeste et spécifique dans l’ensemble impérialiste mondial. Il est le fournisseur de main-d’œuvre peu qualifiée et bon marché des multinationales du sucre établies en République dominicaine ainsi que de quelques manufactures de vêtement installées à Port-au-Prince. Le reste de la population d’Haïti est considéré comme un « avatar » par l’impérialisme mondial qui lui accorde bien peu d’importance. Cette population peut mourir, disparaître sous les décombres, s’entretuer, l’impérialisme international n’en a cure. Il en est de même pour les populations du Libéria, du Sierra Léone et de la Guinée soumises aux affres de l’épidémie d’Ebola. L’approvisionnement en  travailleurs miniers guinéens compétent préoccupe Rio-Tinto-Alcan, entreprise multinationale australienne, britannique et canadienne. Le reste de la population, qui ne laisse pratiquement aucune empreinte économique dans le paysage impérialiste mondial, ne préoccupe nullement ce géant. Nous pourrions reprendre cette démonstration pour chacun des petits pays intégrés au mode de production capitaliste-impérialiste et pour ceux pas encore totalement intégré comme l’Afghanistan, hier objet de toutes les attentions et aujourd’hui retourné à l’âge de pierre et à l’oubli depuis que les États-Unis et l’OTAN y ont stoppé les avancés de l’impérialisme russo-chinois.

Imbroglio théorique à propos de l’impérialisme

La gauche bourgeoise conteste la conception de l’impérialisme global et mondial que nous venons de présenter et soutien plutôt que les pays émergent tels le BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), divers pays de l’Amérique Latine (MERCOSUR et Alliance bolivarienne) et certains pays d’Asie (Corée du Sud, Taïwan, Indonésie) se seraient développés par eux-mêmes en tant que puissances capitalistes ne s’appuyant que sur leur propre capital national, ce qui leur donnerait une certaine « indépendance nationale » vis-à-vis ce qu’ils appellent les puissances impérialistes occidentales. Ces supputations réformistes et opportunistes ne tiennent pas la route et ne reposent sur aucune donnée validée. Le dernier pays isolé qui est parvenu à construire seul son infrastructure industrielle lourde et légère (secteur 1 et 2 selon Marx) fut l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (1921-1939). En 1939, cette nouvelle puissance capitaliste terminait son intégration dans le monde impérialiste mondialisée et globalisée, d’abord dans l’alliance germano-soviétique, puis, en 1941, au sein du consortium américano-soviétique qui s’est partagé le monde de l’après-guerre. Le petit prolétariat russe de 1917 (7 millions d’individus), faible, peu expérimenté, et largement minoritaire parmi les masses paysannes arriérées (35 à 50 millions d’individus), illettrées, miséreuses  et paupérisées, ne pouvait construire seul la société post-industrielle socialiste de l’abondance en sautant par-dessus l’étape du capitalisme industriel et sans le soutien du prolétariat du monde entier. Le reste du prolétariat mondial avait lui aussi une marche historique à compléter avant de faire germer de ses mains laborieuses la nouvelle société socialiste post-capitaliste.

Depuis l’époque soviétique aucun pays, y compris la Chine paysanne, semi-féodale, nationaliste, puis impérialiste, n’est parvenu à s’ériger en puissance capitaliste indépendante hors de l’ensemble impérialiste globalisé et mondialisé. Depuis l’URSS, tous les pays qui se sont industrialisés l’ont fait sous la gouverne des entreprises privées capitalistes occidentales en collaboration avec la bourgeoisie et les compagnies privées ou semi-étatiques de ces pays « émergents » (sic).

Ce n’est pas le statut de privé, public, semi-étatique, ou de consortium à propriété partagé qui détermine le statut capitaliste ou socialiste d’une entreprise. Pour qu’une entreprise soit socialiste, elle doit se développer dans une société totalement socialiste, c’est-à-dire vivant, sous la dictature du prolétariat. Une société ne peut être mixte, une entreprise ne peut être à propriété mixte capitaliste et socialiste. Cela est impossible. Les deux modes de production capitaliste et socialiste (puis communiste) ne peuvent absolument pas coexister pacifiquement et encore moins sur un territoire national bourgeois. En 1917 et en 1949, les tentatives de construire le socialisme dans un seul pays isolé était voué à l’échec et le resteront à jamais.

Les pays capitalistes émergents

Le concept de pays capitalistes émergents doit être compris comme une mesure de la progression d’un pays capitalisme-impérialiste par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes plus avancés et aussi par rapport à d’autres pays capitalistes-impérialistes indigents, moins performants, bénéficiant de moins de capitaux et de moins de ressources naturelles. Quoique cette dernière variable soit de faible valeur explicative comme le prouvent le développement de villes États comme Singapour, Monaco, Hong-Kong et Macao, etc.

La « révolution altermondialiste »

Face à la crise systémique de l’ensemble du mode de production impérialiste qui secoue tous les continents, les courants de la gauche bourgeoise  sont unanimes et ils déclament qu’un Nouveau Monde est possible (sic). À l’exemple de Warren Buffet le multimilliardaire, ils réclament une plus juste répartition des revenus entre les riches, dont les 1% accapare presque 20% du patrimoine mondial, alors que les 99% restants se partagent le 80% résiduel. Pire, quelques milliards d’individus subsistent dans une immense pauvreté, sans eau potable, et avec moins de 2 dollars par jour pour se nourrir et se vêtir. Nous connaissons toutes ces calamités issues de l’impérialisme débridé. La question qui nous confronte n’est pas de reconnaître cette réalité souffrante, mais de la transformer, de la changer radicalement… Mais comment ?

La go-gauche radical s’aventure à quémander des augmentations de salaire pour tous les salariés. Différentes tactiques sont présentées pour redistribuer l’argent et hausser le salaire minimum (SMIC). Ou alors pour augmenter les prestations d’assistance sociale et d’assurance chômage. On propose de réduire les tarifs des services publics. On suggère de hausser les impôts des riches et d’enrayer l’évasion fiscale. Évidemment, ces pseudo « solutions » ne concernent que les pays occidentaux, puisque dans les pays du tiers-monde ces prestations  et ces services ne sont même pas disponibles pour l’immense majorité… Comment hausser un salaire minimum qui n’existe pas et alors que 50% des travailleurs sont sans emploi ? Comment hausser des prestations d’aide sociale inexistantes ? Misérables bobos altermondialistes, petits-bourgeois gauchisants et décadents.

Enfin, quelques économistes aussi «progressistes» que le nobélisé Joseph Stiglitz ex-conseiller du Président américain Bill Clinton, et l’altruiste Thomas Piketty, à la remorque du  millionnaire John Maynard Keynes attestent qu’il y a va de la survie du capitalisme et qu’il faut augmenter les revenus des salariés pour relancer la consommation (4). On en vient à ne plus rien comprendre. Pensez donc, l’économie impérialiste s’écroule, les thuriféraires universitaires et les Nobels d’économie biens pensants ont trouvé la solution (augmenter les revenus des consommateurs afin de relancer la demande) et les magnats de la finance, les capitaines d’industrie, les larbins politiciens n’écoutent rien et refusent d’appliquer le remède qui pourrait sauver tout leurs biens. Comment expliqué une telle contradiction entre la raison et les centres de décision ? C’est que la « solution » des sommités de l’économie est bidon et les pontifes de l’économie politique capitaliste ronronnent pendant que la gauche bourgeoise s’époumone.

La semaine prochaine : Le travail salarié et la loi de la valeur

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE POLITIQUE-ÉCONOMIQUE »»»

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

 

 

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

LE CANTIQUE DE JOSEPH STIGLITZ L’ÉCONOMISTE TOXIQUE

stieglitz

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-cantique-de-stiglitz-leconomiste-toxique/

Les chimères que la bourgeoisie et les médias à sa solde construisent dans la tête des salariés (90% de la population active) sont tenaces et les ouvriers qui malheureusement ont ingurgité ces préjugés ne les abandonnent pas facilement. Chaque jour nous devons reprendre notre travail d’information face à la désinformation venue des cités universitaires Nobélisées.

L’économie commande à la politique et non l’inverse

Ainsi, un mythe que les économistes bien-pensants, ce qui comprend Joseph Stiglitz prix Nobel d’économie et Thomas Piketty l’économiste altruiste, répandent abondamment concerne l’asservissement de l’économie par le politique. Les gouvernements de par le monde appliquent tous des politiques plus ou moins sévères d’austérité ce qui serait la source de la présente crise économique et sociale.  Ce dont s’émeut l’économiste Stiglitz qui déclare : «Le monde est aujourd’hui aux prises  avec une terrible maladie qui ravage notamment l’Europe et les États-Unis : l’austérité» (…) «Nous savons pourtant, depuis la Grande Dépression, que l’austérité ne fonctionne pas. Le Fonds monétaire international [FMI] en a refait la démonstration plus récemment [lors des dernières crises monétaires] en Amérique latine et en Asie, et c’est à nouveau le cas actuellement en Europe. Ce qui est stupéfiant, c’est qu’autant de dirigeants politiques continuent malgré tout d’appuyer ces politiques discréditées, même si des voix aussi conservatrices que le FMI leur disent aujourd’hui que leur austérité est dangereuse et qu’il faut s’occuper de toute urgence de stimuler l’économie. C’est comme si les gouvernements avaient cessé d’écouter» (1).

Un simple badaud pourrait-il rappeler à l’éminent économiste que la maladie qui ravage l’Europe, et l’Amérique du Nord, ainsi que les autres pays du monde capitaliste, ce n’est pas l’austérité, c’est la récession économique pour cause de surproduction de marchandises faute de marchés où les écoulées. Des tonnes de marchandises dorment dans les entrepôts, sur les docs, dans les magasins, alors que nombre d’usines fonctionnent à la moitié de leur capacité et que la misère s’épand comme du chiendent. Les politiques d’austérité sont des conséquences de cette crise de surproduction qui interdit de réaliser la plus-value, objet du développement économique capitaliste.

L’austérité ce sont des mesures administratives et législatives que les politiciens aux ordres du grand capital sont contraints de mettre en œuvre. Le politicien qui ne s’y soumet pas est aussitôt chassé du pouvoir. Que les manifestants des parades aux casseroles se le tiennent pour dit, il faudra davantage que des marches festives pour faire reculer les gouvernements de leurs prérogatives au service des riches.

Quelqu’un pourrait-il expliquer au Nobel d’économie que les gouvernements et les gouvernants bourgeois n’ont pas spécifiquement vocation d’imposer ou d’empêcher les mesures d’austérité, non plus que de réguler l’économie, ni d’atténuer la pauvreté, non plus que d’assurer une plus juste distribution du capital entre les capitalistes et les ouvriers comme le susurre l’économiste de «gauche», ex-conseiller du Président  Bill Clinton du temps où justement l’industrie américaine délocalisait ses usines vers l’Asie sous les yeux ébaubis de l’illustre économiste.

Les causes de la crise et de l’austérité, son compagnon d’infortune

L’économiste Thomas Piketty a lui aussi publié un gros pavé à propos de l’injustice distributive de l’économie capitaliste sans que cela ne change le moindrement les politiques des gouvernements (2). Faut-il rappeler que sous le mode de production capitaliste l’argent, la richesse, le capital, a toujours tendance à se concentrer – à s’accumuler – s’agglutiner – à un pôle du spectre social et à s’amenuiser – s’anémier – à  l’autre extrémité, là où les gens sont paupérisés.

Présentement, le problème économique n’est pas que le capital se concentre entre  les mains du 1 % les plus riches de la planète. Ce capital, qu’accumule les rentiers – tondeurs de coupons milliardaires – est du capital fictif – bidon – une création évanescente de la spéculation boursière. Tout ce fatras s’envolera aux premiers vents de la dépression. La source de la crise économique qui appelle les mesures d’austérité tant décriées c’est que le capital industriel réel ne parvient plus à se valoriser et à se reproduire (élargie) en faisant suinter de la plus-value des bras des ouvriers, d’où les mesures d’austérité de l’État des financiers courant au secours de la «providence» de ces pays de cocagne en déperdition.

Le professeur Stiglitz constate : «L’accroissement des inégalités de revenus va de pair avec un accroissement des inégalités politiques. Notre démocratie s’en retrouve déformée» (3). Professeur Stiglitz, auriez-vous noté que cet accroissement des «inégalités» a débuté sous le Président Reagan et s’est poursuivi sous Bill Clinton, votre patron à la Maison-Blanche ?

Depuis la naissance du capitalisme, il n’y a jamais eu d’égalité économique entre les capitalistes et les travailleurs et il n’y a jamais eu d’égalité politique entre ceux qui monopolisent le capital, les moyens de production, les commerces, les moyens de communication, le pouvoir politique et financier et ceux qui ne possèdent que leur force de travail – leurs bras salariés à vendre à vil prix – pour survivre.

Il y a cent ans, lors de la Grande dépression de 1929 la démocratie des riches se résumait à poser une croix sur un bulletin de vote tous les quatre ans afin de trancher qui de l’équipe des riches Conservateurs ou des riches Libéraux; des riches Républicains ou des riches Démocrates allaient gouverner le pays dans l’intérêt de sa classe et de sa clique. En 2014, rien n’a changé monsieur Stiglitz. Pourquoi donc votre émoi à propos de la démocratie  pervertie ?

Le Professeur Stiglitz mystifie la réalité économique

Voici que le philosophe Stiglitz observe que : «Si on peut vendre des produits toxiques, comme la cigarette, qui tuent des gens, on peut aussi vendre des idées toxiques, comme l’austérité»(4). L’austérité n’est pas une idée ni un concept. L’austérité est une série de mesures politiques et économiques non pas de droite, ni de gauche, puisque tous les gouvernements, de gauche comme de droite, imposent des mesures d’austérité. Les bobos, les rentiers, les bureaucrates syndicaux, les employés de la fonction publique ont beau voter à gauche, au centre, ou à droite, rien n’y fait, les mêmes mesures d’austérité sont imposées par tous les gouvernements. Pourquoi ?

Le Nobel d’économie, ex-conseiller politique de Bill Clinton au début de la crise systémique du capitalisme prétend que tout cela serait la conséquence des penseurs de droite qui essaimeraient leurs solutions bidon aux gouvernants et aux gouvernés. Cette aporie n’est que fumisterie. Les populations «votantes» (ce qui excluent de plus en plus d’ouvriers et de jeunes qui n’ont plus confiance dans ces mascarades électorales) ont beau protester, changer de Président ou d’attelage au gouvernement, rien n’y fait, les politiques d’austérité sont imposées année après année.

L’économiste a beau constater la dégradation des conditions de vie du peuple il ne parvient pas à comprendre les causes de ces souffrances. Il déclare : «L’Italie ne s’est jamais portée aussi mal depuis les années 30. Les économies grecque et espagnole sont objectivement en dépression. Les millions de chômeurs européens sont un spectaculaire gaspillage de capital humain dont le continent ne se remettra pas avant 10 ans (…) puis il ajoute la richesse médiane des familles américaines a reculé de 40 % depuis la crise et est revenu à ce qu’elle était il y a deux décennies.» (5) Tout cela est vrai, mais pourquoi en est-il ainsi professeur ?

Toujours aussi inconscient, l’expert ajoute : «La faillite de Léman Brothers et la Grande Récession ont provoqué un déchaînement de promesses de changements dans le fonctionnement du secteur financier, comme de l’économie en général. Les progrès ont été décevants. Certaines règles ont été resserrées, mais le monde bancaire en est ressorti encore plus concentré qu’il ne l’était. La récente découverte de la manipulation du Libor – un indice au cœur de l’immense marché des produits dérivés – et la restructuration chaotique de la dette grecque ont montré comment le fonctionnement de la finance échappe encore à presque tout le monde.» (6)

L’économiste Stiglitz aurait-il une prémonition ?

Voilà que notre économiste indolent s’approche innocemment de la vérité. Mais comme son constat est inconscient et que sa mission idéologique et politique est de raviver l’espoir de «réformer le capitalisme»,  à contrario de ceux qui veulent le renverser et l’abolir, le professeur de l’Université Columbia ne tire pas les conséquences de sa condescendance qu’il tente aussitôt de dissimuler comme une tare imprudemment dévoilée.

C’est que l’économie politique capitaliste est régulée par des lois immuables auxquelles les économistes et les conseillers, les larbins politiciens et les capitalistes financiers doivent se plier. Nul n’a la possibilité d’y échapper, quelle que soit leur volonté réelle ou affectée.

Maître Stiglitz, l’économiste bourgeois, dévoile sa totale ignorance de ces lois économico-politiques quand il déclare : «Si la crise de l’euro a forcé les gouvernements européens à reconnaître certaines lacunes de leur ambitieux projet, il leur manque toujours une union bancaire, une union budgétaire, une stratégie de croissance commune ou encore une politique industrielle commune» (7).

Qui dira à Joseph Stiglitz que l’Union européenne s’est dotée d’une politique économique, financière, bancaire, budgétaire et industrielle commune. Même que les politiques de l’UE sont communes, non pas seulement aux pays européens, mais à tous les pays du glacis impérialiste mondial. Les multiples accords de libres-échanges et les traités de commerce international, que tous les pays impérialistes signent entre eux vise justement à harmoniser ces différentes politiques économiques et industrielles afin que tous les pays capitalistes enfermés dans une seule et unique économie globalisée, mondialisée, internationalisée assurent la reprise – non pas de la prospérité – non pas de la croissance – non pas de la justice sociale (sic) – non pas de la fin de la misère, du chômage, et de la pauvreté – mais bien pour la reprise de la valorisation et de l’accumulation de la plus-value et du Capital (C) pour la classe des grands prédateurs impérialistes internationaux (8).

Le reste des élucubrations de la sommité nobélisée n’est que péroraisons et incantations d’un économiste fumiste grassement payé pour endoctriner les ouvriers  sous des monts de piété. Il y a un siècle cette mission relevait du sacerdoce, aujourd’hui, ce sont les clercs plumitifs qui assurent l’homélie pour le salut de la patrie (sic).

Le mieux que peut faire la classe ouvrière est de se taire et de laisser braire les parlementaires et de poursuivre sa résistance gréviste aux assauts du capital et de se préparer idéologiquement et politiquement à sa mission révolutionnaire.

 

Pour un complément d’analyse économique et politique : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 9.3/10 (3 votes cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)

Le monde impérialiste change et redéfinit ses alliances

yorum2014

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-monde-imperialiste-change-et-redefinit-ses-alliances/

La gauche bourgeoise est en admiration devant les institutions internationales «citoyennes» dont ses dotées la grande bourgeoisie mondiale tels l’ONU, l’OCDE, l’OTAN, L’Union européenne, la Banque mondiale et le FMI. Chaque jour, la go-gauche voit évoluer ses camarades des temps passés dans les arcanes du pouvoir délétère de ces organisations impérialistes. Bien entendu, du bout des lèvres les bobos de la go-gauche critiquent ces organisations du grand capital pour avoir manqué à leur devoir de compassion afin d’ainsi détourner l’attention vers ces exécutants insignifiants. Il ne faut pas que l’ouvrier découvre que le monde impérialiste change pendant qu’eux déchantent et s’attristent de ne pouvoir réformer le capitalisme. Le pouvoir véritable n’est pas dans ces organisations d’exécutions marquant l’équilibre machiavélique entre puissances impérialistes hégémoniques.

 

Il y a plusieurs années nous annoncions dans les pages du webmagazine Les 7 du Québec et sur divers webmagazines politiques que le vaste monde impérialiste  globalisé, qui regroupe tous les pays capitalistes de la planète, changeait rapidement et se réorganisait selon de nouvelles tangentes entre pays dominants et les pays adhérant à leurs alliances hégémoniques.

Les États-Unis d’Amérique fortement désindustrialisés nous apparaissaient déjà en difficulté malgré leur surenchère financière mystifiante. Les États-Unis dirigent l’Alliance Atlantique que ses alliés commençaient déjà à déserter ou à trahir. Nous avions alors donné de nombreux exemples de la débandade de l’Alliance Atlantique, et de l’OTAN son organe militaire, au Proche-Orient, en Afrique et en Europe (Serbie-Kosovo, Biélorussie et aujourd’hui Ukraine).

Reprenons certains constats que nous avions alors soulignés. Il apparaît évident que les États-Unis n’ont pas réussi à imposer leur hégémonie sur l’Afghanistan (pays pauvre et démuni) ni sur la région du Caucase convoitée à la Russie. Le Pakistan, leur  proche alliée, a protégé et dissimuler Ben Laden et les États-Unis d’Obama n’ont rien trouvé de mieux que d’assassiner l’invité secret de leur allié dans cette contrée, transformant leur ami en ennemi qui n’attend que le momende se venger. L’Irak est une poudrière que douze ans de massacre américain n’ont pas vaincue ni apaisée. Aujourd’hui, des bandes de mercenaires rebelles, ex-agents de l’impérialisme au Levant, font fi des ordres de leurs anciens adjudants et développent leur propre politique autonome avec les armes qui leur ont été donné par l’oncle Sam et ses alliés apeurés. L’Arabie et la Turquie y pêchent en eau trouble défiant leur ennemi, leur ami et leur allié étatsunien !

Au Liban, le Hezbollah mène la danse malgré les atermoiements de la gouvernance américaine et en Syrie Bachar el Assad, soutenu par l’impérialisme russe, tient tête à la coalition américano-turco-saoudienne. L’impérialisme israélien, longtemps une base militaire américaine avancée au Levant, prend aujourd’hui de plus en plus d’ascendant, refusant le diktat des États-Unis. Ce pays développe ses propres alliances en prévision des bouleversements qu’il pressent. Les autres ensembles  impérialistes de la région dont l’Arabie Saoudite, le Qatar, le Yémen développent leur propre politique extérieure parfois dans le dos de la puissance américaine devenu soudainement incapable d’imposer son hégémonie. Rien n’indique que la politique de l’Alliance Atlantique triomphera dans cette région du monde.

L’Iran impose ses règles et cet impérialisme est sur le point de signer un accord sur le nucléaire qui fera peut-être rager Israël, mais contentera les Étatsuniens qui ont décidé de jouer la carte iranienne en échange de la carte israélienne. Dans cet accord l’Iran ne cèdera pas un pouce de ce qu’il avait déjà convenu de céder en échange de sa capacité de contrôler une partie de cette contrée «poudrière pétrolière» et d’assurer ou de bloquer l’acheminement du pétrole à travers le golfe Persique pour approvisionner l’Europe, l’allié enchaîné de l’Amérique, et la Chine la grande rivale de l’impérialisme américain décadent.

L’impérialisme turque, soudain sans parrain, se cherche des amis et ne parvient qu’à mécontenter tous ceux qu’elle voudrait rallier. Il lui est difficile de se faire un lit entre l’Arabie, la Russie, l’Iran et Israël. Un point est clair cependant, la Turquie comprend que son ancien mentor étasunien est de moins en moins son suzerain. Et nous pourrions ainsi poursuivre le tour d’horizon des groupes impérialistes (des pays) qui sont appelés à se réaligner au cours des prochaines années.

Mais quel est le facteur décisif qui entraine cette nouvelle division du monde impérialiste à l’économie globalisée, mondialisée et interreliée ?

Nous avions répondu à cette question il y a plusieurs années. Marx nous a enseigné que c’est l’économie qui dirige le monde et nous ne l’avons jamais oublié. Il y a des années, les États-Unis étaient déjà en grande difficulté économique. Il était donc facile de prévoir leur déclin sur tous les plans et sur tous les terrains, militaire, politique et diplomatique. Ce qui advint.

Face à l’ogre décadent, voici la hyène rugissante. Le FMI le dévoile enfin après des années de mensonge statistique que nous avions alors dénoncé. Voici les données du FMI pour le PIB par pays en 1995 et voilà ses prévisions pour les 10 plus puissantes économies du monde en 2015. Ce que nous avions prédit dès 2012 se confirme.

 1995 (en milliards d’US$)                  2015 (Prévisions du FMI)

  1. USA                7.664               1.     Chine              19.230
  2. Japon              2.880               2.     USA                18.287
  3. Chine              1.838               3.     Inde                   7.883
  4. Allemagne      1.804               4.     Japon                4.917
  5. France             1.236               5.     Allemagne        3.742
  6. Italie               1.178               6.     Russie               3.643
  7. Royaume-Uni 1.161               7.     Brésil                3.173
  8. Inde                1.105               8.     Indonésie           2.744
  9. Brésil              1.031               9.     France               2.659
  10. Russie                955               10.   Royaume-Uni   2.547

 Observez la force économique (le PIB) d’une puissance impérialiste et vous saurez ce que cette puissance  manigance de grand ou de petits complots pour s’emparer de nouveaux marchés ou pour maintenir son hégémonie sur des régions de ressources ou pour exploiter de nouveaux essaims de travailleurs salariés, sources de plus-value.

Prenez note que quatre pays de l’alliance BRICS  (Brésil, Russie, Inde, Chine) se retrouvent au 1er, 3e ,6e et 7e rang alors que les pays de L’Alliance Atlantique se retrouvent aux 2e, 4e, 5e, 9e et 10e rangs.

Prenez garde cependant, au sein de l’Alliance Atlantique en décadence les tensions sont grandes et un thuriféraire comme l’Allemagne peut faire faux bond à tout instant et se rapprocher de l’alliance chinoise montante. Cependant, ce n’est pas la Chine que convoite l’Allemagne, mais bien la Russe riche des matières premières nécessaires à l’impérialisme  germanique et au marché avide de machines-outils performantes ce que produit justement  l’Allemagne en surabondance. L’Allemagne est ainsi écartelée entre ses intérêts économiques et ses alliances politiques, diplomatiques et militaires. La théorie marxiste nous enseigne qu’en dernière instance les intérêts économiques ont toujours préséance.

La situation est semblable pour l’Empire nippon dans la zone Asie-Pacifique que Barak Obama a déjà identifiée comme la zone du prochain conflit mondial. Le Japon a besoin des ressources naturelles de la sphère d’influence chinoise et il possède des technologies et des machines-outils dont la Chine est friande. Les intérêts économiques poussent le Japon dans les bras de la Chine, alors que son assujettissement politique, militaire et diplomatique avec l’Amérique le contraint à s’éloigner de son potentiel allié. À long terme les intérêts économiques nippons devraient le pousser vers la puissance hégémonique chinoise, la première puissance économique mondiale dès 2015.

Le monde impérialiste change ses alliances et cette tendance se perçoit à travers les multiples conflits régionaux particulièrement concentrés dans les zones de ressources énergétiques (les mystiques religieuses ne servant que de prétextes à ces affrontements titanesques par petits peuples interposés) et la classe ouvrière du monde entier n’a rien à gagner dans ces conflits pour la division du monde entre grands requins prédateurs. La classe ouvrière doit poursuivre sa résistance à toutes les politiques d’austérité qui visent à lui décharger sur le dos le fardeau des crises successives et se préparer idéologiquement et  politiquement à changer le mode de production mondiale.

 

 

POUR UN COMPLÉMENT D’ANALYSE ÉCONOMIQUE »»» http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

VN:F [1.9.22_1171]
Rating: 10.0/10 (1 vote cast)
VN:F [1.9.22_1171]
Rating: +1 (from 1 vote)