ASSASINS D'ENFANTSGUERRE ET CONFLITSINTERDITISRAËL

Cet Homme est Dangereux

Temps de lecture : 6 minutes

Cet Homme est Dangereux

Une famine calculée : l’arithmétique glaciale du siège de Gaza

À Gaza, se déroule un des chapitres les plus honteux de l’histoire contemporaine : une famine planifiée, imposée avec méthode par une puissance militaire, sous le regard passif d’un monde prétendument civilisé. Depuis plus de deux mois, plus de deux millions de Palestiniens sont privés de nourriture, d’eau, d’électricité, de carburant et de soins. Gaza est devenu un laboratoire de cruauté, où la faim est dosée avec une rigueur administrative littéralement jusqu’à la calorie. Pendant que les grandes puissances observent en silence ou alimentent le feu en fournissant bombes et soutien diplomatique. Cet homme et son gouvernement d’extrême droite, démontrent la masse considérable d’enfants, de femmes, d’hommes morts par le fait d’être nés Palestiniens.

La calorie est désormais l’unité de la cruauté, aux côtés de la balle et de la bombe. Israël ne cache même plus son calcul cynique : combien de calories par personne ? Combien de jours avant la famine complète ? La souffrance humaine est réduite à des tableaux Excel. Il ne s’agit pas ici d’une catastrophe naturelle, ni même d’un effet secondaire du conflit. Il s’agit d’un acte volontaire : la privation comme instrument de guerre. Gaza est affamée intentionnellement. Dire ou écrire le contraire correspond à nier que le sang est rouge. Monsieur vous et votre gouvernement vous écrasez en même temps le peuple israélien. Vous faites perdre à ce pays le sens de sa démocratie.

Depuis le 2 mars 2025, le blocus total imposé à l’aide humanitaire a dépassé tous les précédents en sévérité. Il est devenu le siège le plus long jamais enregistré dans l’histoire de l’enclave. Selon l’UNICEF et le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les capacités de survie de Gaza ont été détruites : terres agricoles bombardées, zones de pêche interdites, boulangeries paralysées par l’absence de farine, de carburant, de sécurité.

Les plus vulnérables : enfants de moins de deux ans et mères allaitantes sont les premières victimes : 92 % d’entre eux n’ont plus accès à une alimentation adéquate. Et pourtant, plus de 3 mille camions d’aide et 116 mille tonnes de nourriture restent bloqués aux frontières, interdits d’entrée par Israël, en violation des injonctions de la Cour internationale de justice dans l’affaire Afrique du Sud c. Israël. Ce refus d’obtempérer montre clairement que la famine n’est pas une conséquence de la guerre, elle est devenue la guerre elle-même.

Le crime n’est ni caché, ni silencieux, il est diffusé en direct

Ce n’est pas une question d’ignorance. Nous ne sommes pas en 1940, or vous êtes avec votre gouvernement en train de recréer des camps de concentrations telle la naissance de la « Shoa ». Nul ne pourra dire, cette fois-ci : « nous ne savions pas ». Tout est visible. Chaque jour, sur écran, nous voyons les enfants mourir de faim, les hôpitaux s’effondrer, les fosses communes creusées à mains nues. L’arme utilisée ici, c’est la nourriture, ou plutôt son absence, en violation manifeste du droit international, des conventions humanitaires, et de la plus élémentaire dignité humaine.

Toutes les institutions ont tiré la sonnette d’alarme. L’ONU a officiellement reconnu que Gaza est entrée en situation de famine. Et pourtant, les camions restent bloqués. Il ne s’agit pas d’un simple siège : c’est une exécution lente et publique d’un peuple entier. Un crime de guerre commis en pleine lumière, sous l’œil neutre des caméras et de la diplomatie.

Le silence est complicité

Le scandale n’est pas seulement que ces horreurs aient lieu, mais qu’elles soient tolérées, voire excusées, par ceux-là mêmes qui prétendent incarner les valeurs du droit international et des droits de l’homme. Quand il s’agit d’autres conflits, certaines puissances sont promptes à condamner, à sanctionner. Mais ici ? Silence. Pas même une réprimande officielle. Encore moins une mesure concrète. Pourquoi ? Parce que le coupable est un allié, un partenaire stratégique, sacralisé par le traumatisme européen de la Shoah, au point d’être considéré comme au-dessus de toute critique.

Peut-on encore être « négationniste du génocide à Gaza » aujourd’hui ?

De plus en plus de voix dénoncent ce qui se joue à Gaza. Omer Bartov, spécialiste mondialement reconnu des génocides et professeur, qualifie la situation de « politique génocidaire » :

« Une tentative systématique de rendre Gaza invivable, et de détruire les structures vitales à la survie physique et culturelle d’un groupe. »

Il pointe aussi la faillite morale des pays occidentaux, qui se posent pourtant en champions des droits humains. Il n’est pas seul. Raz Segal parle d’un « cas d’école de génocide », s’appuyant sur les déclarations de responsables israéliens appelant explicitement à l’anéantissement de Gaza. Dirk Moses et l’historien israélien Ilan Pappé évoque une logique d’effacement progressif, un mécanisme d’extermination lente et structurelle. Certains évitent encore le mot « génocide » en raison de sa charge politique, préférant parler d’ « actes génocidaires ». Mais les critères sont là, clairs, posés par la Convention de Genève de 1948 :

Meurtre de masse plus de 60 mille morts Privation intentionnelle de nourriture et de soins. Déshumanisation dans le discours public Destruction des institutions vitales à la survie collective

Le schéma est limpide. Et pourtant, comme au Rwanda en 1994, comme à Srebrenica en 1995, on réclame des « preuves irréfutables », pendant que les cadavres s’empilent. Les archives, les images satellites, les enregistrements parlementaires israéliens composeront un jour un dossier accablant. Ce jour-là, le monde regardera en arrière et il jugera.

« Plus jamais ça » : une promesse trahie

La formule, jadis sacrée, s’est vidée de son sens. Si « Plus jamais ça » ne s’applique pas à Gaza où des civils sont affamés, bombardés, déplacés, alors elle ne s’applique plus nulle part. Le socle moral de l’Occident, forgé dans l’après-Auschwitz, s’effondre. Ce qui subsiste est qu’une indignation sélective, teintée d’opportunisme géopolitique.

L’échec des institutions morales et religieuses

Les grandes institutions religieuses n’ont pas été à la hauteur. La Cour internationale de justice a été ignorée ; ses mesures provisoires foulées aux pieds, sans la moindre conséquence. En Israël même, le discours public a basculé dans l’indécence. Des députés à la Knesset osent désormais se réjouir de la famine infligée aux enfants. Lorsqu’un médecin humanitaire exprime l’espoir qu’aucun enfant ne soit privé d’antidouleur, on lui répond par des rires. Ce qui hier se murmurait affamer un peuple comme stratégie militaire est ce jour revendiqué avec cynisme.

L’abdication du monde arabe

Les régimes arabes n’échappent pas à la condamnation. Leur inaction, dissimulée derrière des gestes symboliques, révèle leur faiblesse politique et faillite morale. Prisonniers de leurs alliances, la peur de perdre leur pouvoir, ils ont abandonné leur peuple, dans la douleur la plus insoutenable.

L’Histoire regarde

Ce moment sera jugé. Le silence sera retenu. Le refus d’agir sera consigné, non comme une neutralité prudente, mais comme une complicité active. Lorsque Gaza, un jour, relèvera la tête et écrira sa propre histoire, que retiendra-t-on ? Que feront nos gouvernements, nos institutions ? Avec quels principes auront-ils pactisé ? Car il ne s’agit plus seulement de Gaza. Il s’agit de l’ordre international, de son âme. Et cette âme s’éteint… lentement… jusqu’à la calorie.

Les crimes de Gaza rejailliront sur les générations à venir, il est plus que temps que la même défense mise en place pour l’Ukraine, subsiste dans un élan juste pour le droit à la vie, par l’ensemble des nations des pays de l’Union Européenne. Demain il ne restera plus que les vestiges amoindris à moins puissance plusieurs billions qui n’effaceront jamais les crimes meurtriers d’innocents qui ne peuvent pas même pousser « Un Cri » pour dire aidez-nous à vivre chez nous. Israël n’existera aux yeux du monde sans la création d’un état Palestinien, dans le cas contraire Israël sera coupable de la flambée du terrorisme sur le plan international. Car l’humanisme sera mort-né.

Le Panda

Patrick Juan

5 réflexions sur “Cet Homme est Dangereux

  • La France, le Royaume-Uni et le Canada condamnent les actions d’Israël. Dans une déclaration lundi, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Mark Carney ont prévenu qu’ils ne resteraient « pas les bras croisés » face aux « actions scandaleuses » du gouvernement de Benyamin Nétanyahou à Gaza. Dans la soirée, celui-ci a réagi : « En demandant de mettre fin à une guerre défensive pour notre survie, […] ils offrent une immense récompense pour l’attaque génocidaire contre Israël du 7-Octobre, tout en encourageant de nouvelles atrocités de ce genre. » Les mensonges gratuits du gouvernement israélien ne servent qu’une seule chose » L’enfoncer vis-à-vis de toutes démocraties.

  • C’est un véritable jeu de dupe. Après dix semaines de blocus humanitaire à Gaza, le cabinet de sécurité israélien a entériné dimanche soir le passage de camions d’aide vers l’enclave palestinienne. Moins d’une dizaine ce lundi – une «goutte d’eau dans l’océan» selon l’ONU – et «des dizaines » d’autres à venir pour acheminer de la «nourriture infantile», de «la farine», et «des aliments pour les cuisines collectives ».

    Après avoir assuré pendant des semaines que l’aide humanitaire était accaparée par le Hamas, Benyamin Nétanyahou s’est réfugié derrière les estimations de l’armée et évoque la pression diplomatique pour « éviter la famine » en attendant que le nouveau mécanisme de distribution d’aide humanitaire avalisé par le gouvernement israélien soit mis en place. « Nos meilleurs amis du monde, des sénateurs que je connais depuis des dizaines d’années, me disent : “Nous sommes prêts à tout vous donner pour aller jusqu’à la victoire… mais nous ne voulons pas voir de famine” », a-t-il poursuivi lundi dans une vidéo en ligne.

  • Un faux compromis

    Fidèle à son numéro d’équilibriste habituel, le chef du Likoud se vante ainsi d’être le seul à même de faire ce qu’il y a de mieux pour Israël, tout en résistant aux pressions de l’étranger. Et s’autorise à poursuivre sa guerre à Gaza, alors que l’armée lance cinq de ses divisions – un déploiement de troupes équivalent à celui des débuts de l’offensive terrestre en octobre 2023 – à l’assaut des 30 % du territoire qu’elle ne contrôle pas encore pour enfin en « finir avec le Hamas ».

    Le ministre des affaires étrangères, Gideon Saar, un ancien rival, lui a emboîté le pas, en affirmant que « notre légitimité internationale est aussi un des fronts de cette guerre». Israël « détruira tout ce qui reste de Gaza» a promis, apoplectique, le ministre des Finances Bezalel Smotrich. Seuls les suprémacistes les plus radicaux, comme le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, ont critiqué l’acheminement d’aide – sans pour autant menacer de quitter le gouvernement.

    Les partisans d’un siège total s’étaient d’ailleurs passé le mot, dès dimanche soir, pour intercepter les camions transitant normalement de Jordanie vers Gaza. Un effort inutile : au moins 9 000 semi-remorques chargés de denrées promises à l’enclave attendent déjà aux postes-frontières, affrétés par des organisations onusiennes, des ONG et des entrepreneurs gazaouis.

  • Frustration internationale

    Benyamin Nétanyahou se retrouve donc dans une position politique favorable. Il s’assure que son aile droite lui restera fidèle, même s’il la force à se contredire auprès de sa base. L’opposition n’arrive toujours pas à mobiliser assez pour le faire tomber. Il aura même profité des opérations militaires pour écourter son témoignage lundi au tribunal dans son procès pour abus de confiance. Et si les négociations encore en cours avec le Hamas au Qatar débouchent sur un accord de dernière minute, l’indétrônable Premier ministre pourra en plus se targuer d’avoir ramené des otages grâce à la pression militaire.

    Mais la communauté internationale est de plus en plus frustrée. Selon le média Axios, le vice-président américain J.D. Vance ne s’arrêtera pas en Israël à son retour de la messe pontificale inaugurale au Vatican, pour ne pas donner l’impression d’approuver la nouvelle offensive terrestre israélienne. Emmanuel Macron et ses homologues britannique et canadien ont pour leur part déclaré leur intention «de ne pas rester les bras croisés» et évoquent « d’autres mesures concrètes» si l’Etat hébreu «ne met pas fin à la nouvelle offensive militaire et ne lève pas ses restrictions sur l’aide humanitaire».

  • Finalement, à la fermeture des checkpoints, seuls cinq camions d’aide étaient rentrés dans la bande, pour près de 2 millions de Gazaouis affamés. Et tandis que des centaines d’habitants se sont spontanément rassemblées, scandant « On veut vivre» et des slogans contre le Hamas, l‘armée israélienne a ordonné l’évacuation de toute la ville méridionale de Khan Younès, transformée en « zone active de combat ». L’artillerie continue de pilonner l’enclave. Et l’infanterie, qui n’est pas encore engagée, procédera parcelle par parcelle, a expliqué son porte-parole, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, en « encerclant chaque zone pour en sortir les civils, puis en procédant à la nettoyer ».

Laisser un commentaire