LES PUISSANTS DETRUISENT
LES PUISSANTS DETRUISENT
Un adolescent de 14 ans a ouvert le feu au fusil de chasse dans son collège d’Aubagne. Il a blessé le principal de l’établissement et une enseignante avant d’être désarmé par un membre du personnel. Les lecteurs d’un tel acte et qui l’approuve n’ont pas leur place dans une société Française ou tout ou presque est saccagé le respect des « Forces de l’ordre, les pompiers, les enseignants, le corps médical, ceux qui payent de leur vie par des jeunes ou moins devraient comprendre si possible que sans ces personnes La République est Morte »

Nous le constatons dans ce qui suit, les coupables accusent les victimes ! Il est temps de lire l’ouvrage d’ Alain Bauer « Il Faut sauver nos Enfants » Le manque d’infirmières et de médecins scolaires est une des raisons majeures de notre déclin dans le sens de la culture France.

Lâchage de Zelensky par Trump : une classe politique française en soutien de l’Ukraine, l’Elysée discret. De Jean-Luc Mélenchon à Gabriel Attal en passant par Dominique de Villepin, les réactions se sont multipliées après le deal de Donald Trump avec Vladimir Poutine sur le gazole, puis sa volonté de remplacer le président Volodymyr Zelensky. Les réactions françaises ont été aussi vives que celles à l’international ont été timorées ce week-end, à la suite des décisions de Donald Trump de nouer un accord avec la Russie pour qu’elle lui livre du gazole et de réclamer un changement de président en Ukraine.

Parmi les voix qui ont dénoncé le comportement du président américain, figure celle de Dominique de Villepin : « Donald Trump noue un pacte de fait avec Vladimir Poutine songeant qu’une élection américaine vaut bien l’abandon de la sécurité européenne », a dénoncé le 11 octobre l’ancien ministre des Affaires étrangères sur X. « Quand l’Europe agira-t-elle pour s’immuniser aux sanctions américaines. Quand parlera-t-elle clairement et d’une voix ? Car lorsqu’on écrira l’histoire de ces années folles, on ne se souviendra que d’une chose : l’Europe, elle n’avait rien à dire », a poursuivi celui qui compte se présenter à l’élection présidentielle.

« Déclarations honteuses »
François Bayrou, a lui aussi déploré des « déclarations honteuses et sans précédent de Trump attaquant Volodymyr Zelensky et se rangeant du côté de Poutine ». Pour le centriste, « notre responsabilité comme citoyens est de le dénoncer. L’Ukraine défend la liberté de l’Europe et du monde ». Bien que l’international soit d’ordinaire le pré carré du Président, un autre de ses anciens Premiers ministres, Gabriel Attal, a pris la défense de l’Ukraine. « Face aux déclarations de Donald Trump, je veux réaffirmer tout mon soutien au peuple ukrainien et à son président qui, unis, permettent à l’Ukraine de résister. Derrière la sécurité de l’Ukraine, c’est celle de tout l’Europe qui est en jeu », a souligné le candidat Renaissance à la présidentielle.
Accord Washington-Moscou sur le diesel : « C’est un piège tendu par Poutine »

Jean-Luc Mélenchon, lui, n’a pas semblé particulièrement surpris : « Avec Trump, on ne discute que d’une chose, du business. C’est un impérialisme pur. » Le leader insoumis a estimé que les Européens « devraient faire le tampon, ouvrir les discussions avec Poutine, amener Zelensky » à la table des négociations, car « c’est l’Europe qui paye le plus cher dans cette affaire ». A l’extrême droite, le député du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, a jugé que Donald Trump « défend les intérêts de son pays. Les Etats-Unis font toujours ça ». « Il faut choisir les bonnes sanctions : comment on s’arrange pour que la Russie approvisionne les marchés mondiaux mais ne gagne pas d’argent dessus », a-t-il ajouté. Il a déclaré qu’un accord France-Russie en cas de victoire du RN à la présidentielle «ne serait pas une solution ».
« Les dernières 24 heures ont été difficiles pour l’Ukraine »

Côté Elysée, l’entourage d’Emmanuel Macron s’est contenté de faire savoir à la mi-journée que le président de la République s’était entretenu au téléphone avec Volodymyr Zelensky « pour lui marquer notre solidarité face aux attaques » en Ukraine, qui ont fait au moins 20 morts samedi. Dimanche, après les annonces de Donald Trump sur un hypothétique « cessez-le-feu énergétique » en Ukraine (rapidement suivies de nouvelles frappes russes sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes), Emmanuel Macron a indiqué sur X que la France « soutient sans réserve l’appel à une vraie trêve énergétique, à laquelle l’Ukraine est disposée » et « continuera de se tenir aux côtés de l’Ukraine et du Président Zelensky ». Sans mentionner les Etats-Unis.
Pour le gouvernement, c’est le ministre de l’Economie, Roland Lescure, qui s’est exprimé. « On ne trahira pas l’Ukraine, a-t-il martelé. On cherche à étendre les sanctions contre la Russie, en aucun cas à les réduire. » Le locataire de Bercy a aussi souligné que Volodymyr Zelensky est « un sacré président » et que « les seuls qui sont capables de décider de leur avenir et de l’identité de leur président, ce sont les Ukrainiens ». Les autres chefs d’Etats européens n’ont guère été plus bavards, l’Allemagne se bornant à deux réactions de soutien du porte-parole du gouvernement puis du ministre des Affaires étrangères dimanche. Au Royaume-Uni, le Premier ministre Andy Burnham a lui aussi décroché son téléphone, reconnaissant notamment auprès de Zelensky que « les dernières vingt-quatre heures avaient été difficiles pour l’Ukraine ». Les soutiens de l’Ukraine pourraient toutefois monter le son, à l’occasion de l’adoption formelle d’un nouveau train de sanction de l’UE contre la Russie. Environ 1 600 noms vont être ajoutés sur la liste noire des personnes et entités visées par des sanctions européennes liées à la guerre en Ukraine. L’UE adopte de nouvelles sanctions de l’UE contre 1 600 personnes et entités. L’Union européenne précise qu’il s’agit de la plus grande extension de ses mesures de rétorsion vis-à-vis de Moscou depuis le début du conflit. Elle porte donc à 4600 le nombre de personnes et entités sanctionnées par les 27 en raison de la guerre en Ukraine.

Guerre entre l’Ukraine et la Russie
Hasard du calendrier : au moment où Donald Trump a annoncé la levée des sanctions américaines sur le diesel russe pour enrayer la hausse du prix des carburants et servir son agenda politique à quelques mois des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, l’Union européenne accroît la pression sur Moscou. Approuvées par les représentants des Etats-membres à Bruxelles, de nouvelles sanctions ont été formellement adoptées le 12 octobre par les ministres des Affaires étrangères. Elles visent 743 personnes et 826 entités, tous liés selon l’UE au complexe militaro-industriel russe, d’après des diplomates à Bruxelles. « Il s’agit de la plus grande extension de notre liste de sanctions depuis le début de la guerre menée par la Russie. L’Europe montre une nouvelle fois un front uni », a déclaré sur X la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Ce nouvel ajout porte donc à près de 4600 le nombre de personnes et d’entités sanctionnées par l’UE en raison de la guerre en Ukraine.
L’UE réaffirme donc sa fermeté vis-à-vis de Moscou, à l’inverse du président américain. Depuis le Mondial de l’automobile, Porte de Versailles, à Paris, Emmanuel Macron a appelé à ne pas « céder» face à la « menace russe ». « C’est le moment où l’ensemble de l’Occident – l’Europe, les Etats-Unis – doit montrer à la Russie et à Poutine sa détermination à poursuivre une politique d’endiguement de la Russie avec des moyens encore plus fermes », a déclaré de son côté le Premier ministre polonais, Donald Tusk, au Forum de Varsovie sur la sécurité. « Si l’Ukraine combat, c’est pour sa survie », alors que la Russie « lutte pour la domination ».

Les mesures prévoient notamment un gel des avoirs dans l’UE et une interdiction de s’y rendre. « Plus de la moitié sont liées à la chaîne de production des missiles balistiques. Nous rendons la production par la Russie des armes qu’elle utilise pour tuer des Ukrainiens bien plus difficile, plus lente et plus coûteuse », a affirmé Kaja Kallas, en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE. Plus de la moitié des acteurs nouvellement ajoutés à la « liste noire » européenne sont ainsi impliqués dans la chaîne de production des missiles balistiques russes, tels que les Iskander. Ces missiles balistiques ne peuvent être interceptés que par les systèmes de défense aérienne Patriot de fabrication américaine, dont les Ukrainiens sont pratiquement à court.
Retrait d’un oligarque Russo-ouzbek
Quelque 77 nouvelles inscriptions à la liste européenne ont en outre été approuvées à la suite des récentes élections à la Douma en Russie, dénoncées comme antidémocratiques par Bruxelles. Parmi les personnes visées figurent trois membres de la commission électorale. La France avait réclamé et obtenu il y a deux semaines le retrait de cette liste de l’oligarque Russo-ouzbek Alicher Ousmanov, invoquant des raisons de « sécurité nationale », au grand dam de plusieurs pays de l’UE, dénonçant un dangereux précédent. Le Luxembourg, dans le sillage de la France, avait également obtenu le retrait de l’homme d’affaires russe Mikhaïl Fridman de cette liste noire de l’UE.
Du pareil au même pour Bardella ?

Ecrits antisémites : contrairement à ce qu’affirme Jordan Bardella, un compte Facebook associé à un de ses mails personnels existe toujours. Accusé par Mediapart d’avoir tenu, en 2013 et 2014, des propos antisémites via Messenger, la messagerie de Facebook, le président du RN, Jordan Bardella, a affirmé qu’il lui était impossible de demander à Meta d’extraire ses anciennes conversations. « Pour une raison très simple. Je n’ai pas de compte Facebook. Donc pour demander l’extraction de conversation, encore faut-il avoir un compte Facebook. Je n’utilise plus Facebook depuis très longtemps. Bardella acculé et une stratégie de défense qui pâlit. Or, selon nos informations, une adresse en hotmail.fr dont se servait Jordan Bardella au début des années 2010 est toujours associée à un compte Facebook sur Meta. Cette adresse comporte une référence directe à un pseudonyme (« jordan9320»), révélé par le Monde dans un portrait en juin 2024 et qu’utilisait à l’époque le président du RN sur YouTube et sur le forum 18-25 de JeuxVideo.com.

Selon nos informations, l’adresse Hotmail est liée à un numéro de téléphone, dont les deux derniers chiffres correspondent à celui de Jordan Bardella, toujours actuel. L’adresse électronique est toujours active aujourd’hui (et n’a pu être créée récemment par un autre utilisateur puisqu’il est impossible de créer des adresses en hotmail.fr depuis plus de dix ans). L’avatar utilisé par cette adresse électronique pour accéder aux services de Google, une lettre « J » entourée de flammes sur fond noir est également le même que celui de la chaîne YouTube «ActuCritiqueHD», attribuée au président du Rassemblement national, et où on entend la voix du jeune Bardella. Ce mail est associé, sur une autre plateforme, à « Jordan B » et à « MrJordan9320 », ce dernier pseudo étant par ailleurs le même que le nom de son autre chaîne YouTube. L’adresse Hotmail, enfin, est associée à un compte ayant existé sur le réseau social Google+, sur lequel son identifiant « Jo Ba » reprenait les premières lettres de ses prénom et nom, selon une sauvegarde disponible sur Archive.org.

Avec cette adresse Hotmail sur Facebook, le président du Rassemblement national pourrait donc techniquement demander au réseau social l’historique de ses anciennes conversations et tenter de prouver, si ce compte est bien celui qui est incriminé, qu’il n’a pas tenu les propos antisémites que lui attribue Mediapart. En tout état de cause, et contrairement à ce qu’il a affirmé, Jordan Bardella semble bien disposer d’au moins un compte Facebook non supprimé (sans qu’on puisse établir s’il s’agit du compte visé par Mediapart ou non).
Compte suspendu mais pas supprimé

A noter que lors de l’extraction des conversations à caractère antisémite opérée par la source de Mediapart et certifiée par huissier, l’entreprise Meta a transmis un dossier nommé « jordanbardella_10207596331484581 ». Lors d’une extraction de données, Meta fournit effectivement des fichiers sous la forme prénom nom suivi d’un code, qui permet d’accéder à l’historique des conversations dans un fichier HTML. Le nom correspond à celui renseigné sur le profil du compte. Si l’utilisateur a supprimé son compte Facebook, Meta transmet alors un dossier dont le nom commence par «utilisateuricefacebook» suivi d’un code à plusieurs chiffres. Selon nos informations, le compte Facebook associé à l’adresse Hotmail est suspendu, c’est-à-dire qu’il a été temporairement désactivé mais pas définitivement supprimé de Meta. Ce qui pourrait expliquer pourquoi le fichier transmis par Meta et consulté par Mediapart indique encore le nom de Jordan Bardella. Sollicités par CheckNews, Jordan Bardella et son entourage n’ont pas donné suite. Jeudi, sur LCI, le dirigeant politique a répété qu’il n’a « jamais tenu ces propos antisémites ». Enfin, le Canard enchaîné a révélé qu’un « grand coup de balai » avait été donné sur un compte Facebook militant de Jordan Bardella (différent de celui mis en cause pour des écrits antisémites) après la publication de Mediapart, avec notamment plusieurs messages supprimés. Une information démentie par le président du RN sur X, annonçant déposer plainte pour diffamation.
Que sera Demain

Pourtant, ces lycéens en colère, ils sont d’une certaine manière les représentants d’une France qu’Emmanuel Macron assure promouvoir. Que souhaitent-ils ? Travailler, ne pas être des assistés, ne pas avoir besoin d’allocations. Ils ne veulent pas seulement des devoirs, aussi des droits. Malgré tout, ils n’ont pas l’air d’avoir compris le message du gouvernement pour le coup, ils ont été mal éduqués. Ils souhaitent plus de professeurs, des locaux décents, une chaise pour tous, un peu de fraîcheur l’été, de chaleur l’hiver. Le gouvernement n’arrive décidément pas à leur faire entrer dans la tête que l’avenir, ce sont des sacrifices. Telle est la première chose qu’ils ont à apprendre. Des sacrifices, ça veut dire une mauvaise éducation, et, à tout casser dans leurs établissements, on a le sentiment que, ayant compris ce que c’est que l’incivisme, ils le retournent à l’envoyeur.

Ils ne peuvent ressentir en d’autres termes « Le Droit au Savoir » compte tenu des situations quotidiennes où ils aperçoivent comme dans un brouillard un futur plus que dépourvu de bon sens. Les jours à venir sous très peu d’heures feront que les circonstances mettront de l’huile sur le feu, les réalités fuient à vitesses grand « V » comme certains casseurs la tête encagoulée : l’intelligence artificielle « dérobent, piétinent, le peu d’espoir qu’ils leurs restaient » Et pourquoi pas le service militaire de 4 à 18 ans ? On a du mal à recruter des enseignants tant les divers pouvoirs en place ont su rendre cette carrière peu attractive, c’est leur futur qui est peu enchanteur pour les lycéens. Ils ont peut-être compris aussi qu’avec la montée de l’IA, apprendre à résister était une priorité sans doute encore plus grande que se taper l’orthographe et les tables de multiplication. Aux Etats-Unis, pour financer leurs études, les étudiants se couvrent d’emprunts. En France, on est plus vif : maintenant, c’est dès la maternelle qu’on ploie sous les dettes. Relire le début, merci.
A suivre…/…
Le Panda
Patrick Juan

Pourquoi les alertes restent-elles parfois sans réponse face aux violences sexuelles sur les enfants ? Le documentaire Silence dans les rangs revient sur les défaillances de l’Éducation nationale face aux agressions commises par un enseignant pendant près de 25 ans. Dans Un monde en doc, Rebecca Fitoussi et ses invités débattent des moyens pour mieux protéger les enfants
Autre façon de raconter le réel : à l’occasion des Rendez-vous de l’Histoire de Blois, Claire Chazal reçoit Sonia Devillers et David Djaïz dans Au bonheur des livres pour revenir sur des épisodes méconnus et sombres du passé. Dans Un monde, un regard, Alexandre Arcady se confie sur ses souvenirs d’Alger, son parcours de cinéaste et les fractures qui traversent la société. Enfin, alors que l’inflation pèse de nouveau sur les ménages Pourvu que ça dure examine les perspectives du pouvoir d’achat : dépenses, carburant… jusqu’où la hausse des prix peut-elle se poursuivre ?
À retrouver aussi en replay sur publicsenat.fr : documentaires historiques, des coulisses de la Libération à Marseille à la présidence de Georges Pompidou, sans oublier les témoignages des jeunes soldates israéliennes qui avaient donné l’alerte avant l’attaque du 7 octobre.
Violences sexuelles à l'école : Silence dans les rangs
Pendant près de 25 ans, un professeur d’un lycée de Châlons-en-Champagne a agressé sexuellement des dizaines d’élèves. Alertée par une victime, une enseignante a multiplié les signalements pendant trois ans, sans résultat. Suspendu qu’en 2023 par l’Éducation nationale il s’est suicidé avant son arrestation. Une enquête sur les défaillances de l’institution face aux violences sexuelles, entre aveuglement et loi du silence.
Toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou Toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’abus sexuel, notamment dans le cadre familial ou éducatif. Pourquoi, malgré les alertes, le déni et le silence persistent-ils au sein des institutions ? Rebecca Fitoussi et ses invités débattent des solutions pour mieux protéger les enfants et de l’efficacité des mesures engagées. d’abus sexuel, notamment dans le cadre familial ou éducatif. Pourquoi, malgré les alertes, le déni et le silence persistent-ils au sein des institutions ? Rebecca Fitoussi et ses invités débattent des solutions pour mieux protéger les enfants et de l’efficacité des mesures engagées.
Dans Un monde, un regard, Alexandre Arcady évoque la transmission, ses souvenirs d’Alger et ses inquiétudes face aux fractures de la société. Il défend le cinéma comme un refuge et un vecteur du vivre-ensemble, à l’occasion de la sortie de son nouveau film Fausse Note, porté par Benoît Poelvoorde et Kad Merad.
Le pouvoir d’achat pourrait baisser pour la deuxième année consécutive, sur fond d’inflation supérieure à 3 % en septembre. Faut-il craindre un retour au scénario de 2022 ? Mathieu Plane (OFCE) décrypte la situation, tandis qu’Emily Mayer (Circana) analyse l’évolution des prix en supermarché. Face à la hausse des carburants, le bioéthanol peut-il offrir une alternative ?
Nouvelle journée de mobilisation ce mardi 13 octobre pour les lycéens, les étudiants et les enseignants appelés à la grève par une intersyndicale à six. L’annonce par le ministre de l’Education nationale, Edouard Geffray, du déploiement en urgence de 3 000 professeurs remplaçants ? Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, premier syndicat des collèges et des lycées, la juge « assez déconnectée des réalités du terrain», certains enseignants ayant «été appelés pour faire un remplacement dans une autre discipline que la leur». Au moment où les cortèges défileront, l’Assemblée nationale débattra dans l’hémicycle du projet de loi de finances, dont plusieurs mesures phares ont déjà été massivement rejetées en commission la semaine dernière et dont la partie consacrée à l’Education nationale subit de nombreuses critiques, en raison d’une hausse de financements en trompe-l’œil.
Dans un tel contexte, la CGT ne compte pas rester inactive. Forte de sa propre histoire militante notamment durant le CPE en 2006, sa secrétaire générale, Sophie Binet, salue le «courage» et la «lucidité» des lycéens, voyant à travers leur mobilisation «un message d’espoir pour défaire ce que l’extrême droite essaie de construire». A six mois de l’élection présidentielle, elle sort d’ailleurs un court livre, Tout est à nous ! (Seuil), qu’elle voit comme un «outil pour que les travailleurs et les travailleuses puissent reprendre la main».
Vous étiez militante lors de la mobilisation contre le CPE, vous étiez alors à l’Unef (Union nationale des étudiants de France) en 2006. Quels sont les points communs et les différences entre ces deux mouvements de jeunesse à vingt ans d’écart ?
En réalité, ma vie militante a commencé par des mobilisations lycéennes. Il n’y avait pas du tout cette répression. Quand j’étais en terminale, en 1998 à Nantes, j’ai monté un petit syndicat lycéen sans le savoir, « le collectif lycéen ». Lors des mobilisations, nous n’avions pas peur de perdre un bras ou de partir en garde à vue : on ne savait même pas ce que c’était, on ne voyait pas les forces de l’ordre. Pourtant nos manifestations n’étaient jamais déclarées. Quand j’étais étudiante, engagée à l’UNEF contre le CPE, jamais les forces de l’ordre n’entraient dans les universités, on n’a pas eu un seul militant en garde à vue. Donc là, 7 000 gardes à vues, c’est gravissime.
Que pensez-vous de leurs revendications ?
Ça fait dix ans que les jeunes, plus encore que les travailleurs, sont traités comme des chiens. Ils ont subi une dégradation très forte des conditions d’études. D’abord, Parcoursup est arrivé et a mis une pression énorme aux lycéens. Deuxièmement, il y a eu la réforme du lycée qui a cassé les classes et tout individualisé. C’est cela la cause de leurs emplois du temps gruyère, contrairement à ce qu’insinue le gouvernement qui voudrait faire porter la responsabilité aux chefs d’établissement. Il y a aussi le nombre d’élèves par classe, les bâtiments dégradés, les inégalités entre établissements… Malgré toutes ces difficultés, les lycéens ont un courage, une dynamique, une lucidité qui est géniale. Ce que j’admire aussi, c’est leur capacité à interroger le sens du projet de société qu’on leur propose de façon beaucoup plus libre que nous qui sommes tenus par nos prêts, notre travail… Eux nous disent qu’il faut changer complètement : le défi climatique est indiscutable et il faut le prendre en compte, les inégalités sont injustifiables et inacceptables, à quoi sert l’IA si ce n’est pas pour nous servir à nous…
Une nouvelle mobilisation a lieu ce mardi, jour du début de l’examen du budget qui prévoit la suppression de plus de 1 500 postes d’enseignants. Quelques jours plus tôt, ils étaient nombreux à se mobiliser parmi les fonctionnaires contre le gel du point d’indice. Qu’impliquent ces mesures d’économie ?
Ce budget tourne le dos à notre jeunesse et sacrifie l’avenir du pays. Ce sont des coupes dans l’éducation, 40 millions envolés pour l’adaptation des locaux au réchauffement climatique, des coupes sur l’enseignement supérieur et la recherche, le gel des prestations sociales et notamment des bourses étudiantes et des APL… Les repas à un euro censés être accessibles dans les universités n’y sont pas budgétés. Il y a eu un changement de ton salutaire cette semaine : le gouvernement a reconnu que c’était un mouvement social, pas des voyous ou des jeunes instrumentalisés par les partis politiques ou de supposés «proxys d’ultragauche», un terme fou. Maintenant, le dialogue à vide ne marchera pas. Il faut renoncer aux suppressions de postes, débloquer des moyens supplémentaires pour la rénovation et l’isolation des locaux, recruter des CPE, des infirmières…
Dans les revendications des lycéens, il y a la suppression de Parcoursup. Quel serait le système post-bac idéal pour la CGT ?
Celui qui respecte le principe qui était celui du pays depuis 1806 : que le bac permette d’accéder à la formation de son choix, sans sélection à l’entrée de l’université. Le gouvernement a dit qu’il allait améliorer Parcoursup, mais il faut y mettre fin et permettre aux lycéens et lycéennes de choisir l’orientation de leur choix. Chaque année, ils sont 100 000 à ne pas avoir de place ou à en prendre une par défaut. A cet âge-là, l’orientation, c’est déterminant. On pourrait imaginer un système avec des vœux indicatifs à partir du printemps, qui permettent aux universités de prévoir le nombre d’enseignants et d’enseignantes, d’éventuellement réguler avec d’autres universités, avec des mobilités à la marge.
La CGT a accompagné les cortèges et contribué à sécuriser les jeunes lors des dernières mobilisations. Est-ce que les syndicats ont joué leur rôle jusqu’ici ?
Oui. On a été réactifs en leur apportant notre soutien rapidement alors que la mobilisation a pris avec une vitesse inédite. La difficulté entre les organisations de salariés et de la jeunesse, c’est qu’on n’a pas le même rythme. Nous, on a besoin de plus de temps pour ancrer la grève à partir de revendications professionnelles. Je suis très fière de ce qui s’est passé mardi dernier : des dizaines de milliers de militants et de militantes de la CGT sont venus avec leur gilet rouge, ont aidé les lycéens à déposer des parcours en préfecture. On a aussi ouvert nos locaux pour qu’ils puissent se réunir. C’est notamment parce qu’on a passé ce cap que le gouvernement a été obligé de changer de ton et d’admettre que c’était une mobilisation sociale avec des revendications qui sont très fortes et très claires.
La CGT a-t-elle déposé un préavis national permettant à tout salarié de faire grève ce mardi ?
Oui, comme on a appelé à le faire le 6. Mais on ne peut pas se mobiliser uniquement en solidarité, il faut aussi se mobiliser sur ses propres revendications, et ça prend du temps. C’est pour cela que notre appel intersyndical à la grève interprofessionnelle est le 5 novembre, de façon à construire des appels dans toutes les entreprises sur les salaires, l’emploi, etc. Pendant la mobilisation sur le CPE, je ne comprenais pas pourquoi les syndicats professionnels avaient besoin de deux semaines ou un mois pour appeler à la grève. Maintenant si !
Et le 17 octobre, que prévoyez-vous ?
On est un peu dans la même position que sur le 10 septembre l’année dernière… La journée va dans le bon sens, reprend les revendications des travailleuses et travailleurs sur la question de la vie chère et des salaires. C’est pourquoi la CGT y participera partout où les conditions seront réunies.
Sébastien Lecornu a annoncé le déblocage de 10 millions de barils de gazole pour faire baisser le prix au litre autour de 15 centimes. Cela vous semble-t-il suffisant ?
Quand on a un litre de diesel qui est à 2,30 euros en moyenne, avoir comme ambition de le baisser à 2,15 euros ne va pas résoudre le problème. Quand est-ce qu’on s’attaque aux marges des raffineurs ? Depuis la guerre en Ukraine, le gouvernement a eu comme seul objectif de préserver leurs marges. Total depuis cinq ans a fait 120 milliards d’euros de bénéfices et même leurs salariés n’en bénéficient pas ! Ils étaient en grève jeudi car leur augmentation de salaire n’est que de 0,9 % !
Patrick Pouyanné, le patron de Total Énergies, vous répondrait qu’il plafonne déjà les prix…
Et c’est une stratégie extrêmement payante de Total parce qu’ils organisent un dumping généralisé sur toute la distribution de carburant. Ce sont eux qui tiennent les deux bouts du robinet, ils vendent leur carburant très cher aux autres distributeurs qui sont asphyxiés. En réalité, Total se prépare à faire main basse sur de nombreuses stations-service en difficulté pour renforcer son monopole. Le scandale, c’est que le gouvernement applaudit !
Vous aviez fait une demande de table ronde d’urgence sur le pouvoir d’achat à Sébastien Lecornu. Vous avez eu une réponse ?
Le facteur est passé. Le Premier ministre a refusé.
Dans les cortèges lycéens, on a vu beaucoup d’affiches contre l’extrême droite. Est-ce que cela préfigure ce qui se produirait en cas de victoire du RN ?
C’est une hypothèse qu’on doit d’abord combattre avant de l’imaginer. Je vois les mobilisations actuelles comme un levier pour l’empêcher d’accéder au pouvoir car le bulletin de vote ne suffit pas, il faut ces dynamiques sociales. Celle-ci réussit le tour de force de rassembler tous ces élèves, en milieu rural, en centre-ville, en banlieue. C’est un message d’espoir pour défaire ce que l’extrême droite essaie de construire : la division.
Justement, votre livre porte notamment sur ce danger de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. Le RN vient de présenter son contre-budget. Est-ce que comme Patrick Martin, le président du Medef, vous trouvez qu’il y a «du bon et du moins bon » dedans ?
Non, il n’y a que du mauvais. Même la partie qu’on pourrait trouver bonne, dans laquelle le RN dit qu’il veut abroger la réforme des retraites que nous combattons : ce n’est pas financé, et ce sont donc des promesses qui n’existent pas. Surtout, ils veulent, comme le patronat, ajouter un étage de retraite par capitalisation pour pouvoir spéculer sur l’argent de nos pensions. Ils veulent aussi instaurer ce qu’ils appellent «la priorité nationale» : traiter différemment les étrangers et binationaux, c’est du racisme d’Etat. On ne peut pas trouver qu’il y a du bon dans le programme d’un parti qui remet fondamentalement en cause le pacte républicain et nos institutions démocratiques. Ça, le patronat ne peut pas faire comme si ça n’existait pas.
Patrick Martin s’inquiète de vous voir vous «politiser à outrance» quand vous dites des choses comme ça…
J’ai été scandalisée par cette déclaration. Patrick Martin n’est pas mon patron, nous n’avons pas de lien de subordination avec le Medef. Il n’a pas à dire ce qui peut s’inscrire dans la démocratie sociale ou pas : l’indépendance syndicale est un principe constitutionnel. D’ailleurs, Patrick Martin est le premier à faire de la politique quand il dit que si LFI arrive au pouvoir, il sera le premier à fuir. Visiblement le Medef a déjà quitté le navire.
Dans la conclusion de votre livre, vous écrivez : «Etre indépendant ne signifie pas être neutre : la CGT a toujours pris ses responsabilités, elle n’est tenue par personne et ne tolérera aucune OPA de qui que ce soit.» A qui cela s’adresse-t-il ? On pourrait aussi penser à des partis de gauche…
Oui bien sûr. Ça s’adresse à tout le monde. La CGT prend ses décisions elle-même et ne sera jamais au service d’aucun parti ou d’aucune personnalité.