Qui est coupable ou assassin ?
Qui est coupable ou assassin ?
Narcotrafic : un des 100 détenus les plus dangereux de France obtient une permission de sortir. Selon les informations de RTL, l’un des 100 détenus transférés cet été dans la 1ere prison de haute sécurité à Vendin-le-Vieil a obtenu, le 21 novembre, une permission de sortir. Un des 100 détenus les plus dangereux de France obtient une permission de sortir.
L’un des 100 détenus transférés cet été dans la première prison de haute sécurité à Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a obtenu, le 21 novembre, une permission de sortir, a appris RTL de sources concordantes. Ce détenu, qui figure sur la liste des 100 plus dangereux de France établie par l’administration pénitentiaire lorsqu’il s’agissait de remplir la toute première prison de haute sécurité à Vendin-le-Vieil, vient d’obtenir cette permission de sortir afin de trouver un travail.
Il s’agit d’un homme de 52 ans considéré comme l’un des barons du trafic de drogue de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) à la tête d’un réseau international. Il a été condamné en 2012 à 8 ans de prison pour trafic de drogue et association de malfaiteurs : en 2014, il s’est évadé à l’aide d’un commando armé lors d’un examen à l’hôpital. Sa fin de peine est prévue en 2029, mais il espère obtenir un aménagement de peine d’ici là.
C’est dans ce cadre, selon les informations de RTL, que cette permission lui a été accordée le 21 novembre par la chambre d’application des peines de la cour d’appel de Douai contre l’avis du chef d’établissement de Vendin-Le-Vieil, du parquet de Béthune et du parquet général de la cour d’appel de Douai. Ça ne se fait pas comme ça une permission de sortir, il faut montrer patte blanche. Les gens ne sortent pas de prison comme ça, du jour au lendemain, on fait en sorte qu’ils soient accompagnés.

Maître Marie Violleau, avocate du détenu
Pour l’avocate du détenu, maître Marie Violleau, cette décision est réfléchie. « Il justifie cette permission de sortir par un comportement exemplaire, par une rédemption qui a été examinée, vérifiée. Ça ne se fait pas comme ça une permission de sortir, il faut montrer patte blanche (…). Les gens ne sortent pas de prison comme ça, du jour au lendemain, on fait en sorte qu’ils soient accompagnés », assure-t-elle auprès de RTL.
L’UFAP UNSa Justice dénonce une décision « incohérente » et « dangereuse »
Cette annonce a immédiatement fait réagir le syndicat UFAP UNSa Justice qui dénonce dans un communiqué « une décision totalement déconnectée des exigences, des réalités et des contraintes imposées chaque jour aux personnels pénitentiaires ».
« On ne peut pas imposer un régime ultra-renforcé, dire publiquement qu’on y incarcère les plus grands narcotrafiquants du pays et voir s’appliquer des décisions qui contredisent cet ensemble frontalement, déplore le syndicat. C’est incohérent, dangereux et révélateur d’un système complètement déstructuré, un affront à la sécurité ! ». Jusqu’où iront les narcotrafiquants ? À Marseille, la piste d’un assassinat d’avertissement
« On est étonnés, car on trouve ça incroyable, mais on est aussi un petit peu en colère, a réagi pour RTL Thomas Jacquot, secrétaire général Adjoint de l’UFAP UNSa. S’il a été mis là-bas, c’est que les services de renseignement pénitentiaires et de la police ont estimé qu’il devait être affecté sur Vendin. Il y a un souci. »
Les Drogues – Les politiques – Les corrompus –
Le temps dans ce type de dilemme n’a pas changé grand-chose. Effectivement, nous constatons qu’en France de pire en pire, pour ne pas dire que l’ensemble de l’Europe comme le restant du monde est complètement pourri, anéantie de tous de tous les fournisseurs qui engendrent des dealers. Cela crée des richesses phénoménalement astronomiques. Il faut se rendre compte que certaines villes sont pratiquement devenues littéralement invivables. Surtout dans les villes et quelle que soit la région ou la drogue a pris le pas sur les forces publiques. Afin d’y voir un peu plus clair, essayons de déterminer avec plus de précisions les responsabilités qui incombent à tout un chacun. La drogue ne touche pas un milieu bien déterminé, elle a des tentacules qui sont aussi grandes et aussi larges que peut l’être les pieuvres ou les cancers qui minent un organisme que cela, de toute façon, finit par prendre le cerveau.
À tout maux il y a un remède. Le tout, c’est d’avoir la volonté et l’essentiel de pouvoir le mettre en place avec les organismes adéquats et non pas dans le cadre d’un monde de corrompus. La drogue : un phénomène mondialisé et très localisé. Le marché des opiacés s’élève selon les estimations autour de 65 milliards de dollars par an. La matière première agricole de la cocaïne, le cocaïer, n’est cultivé que dans trois pays : Colombie, Bolivie, Pérou, trois pays andins.
La Belgique est le principal pôle de ce marché en Europe, selon les données compilées par les agences de l’UE : c’est le pays qui a saisi les plus grandes quantités de cocaïne en 2020, soit 70 tonnes – principalement sur le port d’Anvers -, contre 49 tonnes aux Pays-Bas, 37 tonnes en Espagne, 13,4 tonnes en Italie. C’est un constat inquiétant. L’Europe, l’un des premiers marchés de la consommation de cocaïne, devient une plaque tournante de la production et de l’exportation de cette drogue via d’autres régions du monde ont averti plusieurs agences de l’Union européenne. La cocaïne est la drogue la plus consommée en Europe après le cannabis, avec plusieurs millions d’utilisateurs. Pour un chiffre d’affaires estimé autour de 10,5 milliards d’euros en 2020, selon le rapport d’Europol et l’EMCDDA, l’agence anti-drogue de l’UE.
Angers, Alençon, Libourne, Besançon, Soissons. Les trafics s’enracinent dans les villes moyennes, nourrissant une délinquance génératrice d’insécurité et, parfois de sanglants règlements de comptes. Ils font aussi planer sur la France de nouvelles menaces : la corruption de policiers, de douaniers, d’agents municipaux ou d’élus, et la mise en place d’un ordre parallèle défiant l’Etat. Vannes, la jolie cité du Morbihan aux maisons à colombages ? « Une plaque tournante du trafic. » Libourne, la paisible sous-préfecture de Gironde baignée par la Dordogne ? « Aux mains des dealeurs. » Besançon, le berceau de l’horlogerie lové dans un méandre du Doubs ? « Rien à envier à certains quartiers de la banlieue parisienne. » Cavaillon, la capitale française du melon sous le soleil du Vaucluse ? « Gangrenée par les stups. » Paroles de policiers.
Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les villes françaises sont rongées par la peste du XXIe siècle : le business de la came, et les crimes et délits qu’il charrie, ventes d’armes, blanchiment d’argent et règlements de comptes à la kalachnikov, mais aussi vols, rackets et agressions qui pourrissent la vie quotidienne. « Elles ne mouraient pas toutes, mais toutes étaient frappées », pourrait-on écrire en paraphrasant la fable de Jean de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste ». Même Rennes, Avignon, Annecy, Angers ou Nice, les destinations préférées des cadres tenaillés par l’envie d’ailleurs, abonnées des classements des « Villes où il fait bon vivre » sont contaminées.
« Narcobanditisme en devenir »
Il a fallu une affaire retentissante pour dessiller les yeux des autorités locales, comme celle qui a secoué Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme. Après deux ans d’enquête, les gendarmes de la section de recherche clermontoise, épaulés par leurs collègues de Grenoble, ont démantelé un réseau franco-marocain qui distribuait ses produits sur place, mais aussi à Paris, Lyon et dans le sud de la France. Bilan : 1,35 million d’euros saisi, en or et en espèces ; 14 arrestations ; 613 kg de résine de cannabis et 90 kg d’herbe confisqués. « Les institutionnels n’en revenaient pas, se souvient un militaire. Pour eux, Clermont était un lieu de consommation, certes, mais pas de trafic. ». Les narcos français ont soigneusement potassé leur géographie. À commencer par les frontières et les grands axes de circulation, qui placent certaines cités sur les chemins de la drogue : Nîmes, Avignon et Valence, par exemple, au confluent des autoroutes qui remontent d’Espagne et d’Italie ; Dijon, aussi, au carrefour des voies qui mènent du nord de l’Europe à la Méditerranée, de l’Est à l’Atlantique. Troyes, dans l’Aube, et ses 61.000 habitants, occupe également un emplacement de choix. « Troyes, comme des communes plus petites telles Bar-sur-Aube, Romilly-sur-Seine et Vitry-le-François sont touchées par le trafic de cannabis qui arrive d’Espagne et l’importation d’héroïne des Pays-Bas et de cocaïne, via les mules débarquant de Guyane par avion », résume l’avocat David Parison.
Plus à l’est, entre Dijon et la Suisse, Besançon offre un atout supplémentaire : celui de drainer les consommateurs des campagnes voisines. On fait le voyage du Jura et de la Haute-Saône pour s’approvisionner dans un des onze points de deal du quartier de Planoise, au sud-est de la ville. Un tous les 180 mètres carrés, a calculé Yves Cellier, le directeur départemental de la Sécurité publique du Doubs. « Comme la zone de chalandise est très étendue, on estime que Besançon absorbe une tonne de résine de cannabis par mois », indique-t-il. En novembre dernier, en l’espace de trois semaines, policiers et gendarmes ont mis la main sur 440 kg de résine, une dizaine de kilos de cocaïne et près de 70 dix mille euros. La routine, ou presque.
La liste des communes sous l’emprise du narcobanditisme s’allonge d’année en année. Le politologue Jérôme Fourquet l’a vérifié en scrutant les quotidiens régionaux. « C’est un phénomène de masse qui se développe selon deux axes : horizontalement, par essaimage des banlieues difficiles vers les villes moyennes, et verticalement, par incrustation et intensification des activités délictuelles qui déstabilisent des quartiers entiers. » Pour le coauteur de « La France sous nos yeux » (Seuil), le succès de « BAC nord », le film de Cédric Jimenez aux 2 millions de spectateurs, « entre en résonance avec l’air du temps. Il parle à tout le monde, pas seulement aux Marseillais. D’ailleurs, l’expression « point de deal fait aujourd’hui partie du langage commun. »
Paysage français : le ministère de l’Intérieur, qui tient à jour la cartographie des supérettes de la came, en recense presque 4.000. Seuls trois territoires en étaient dépourvus en novembre 2021 : le Gers, la Lozère et la Haute-Loire. « Cela ne signifie pas qu’ils sont exempts de tout trafic, précise Stéphanie Cherbonnier, à la tête de l’Office antistupéfiants (Ofast) de la Direction centrale de la police judiciaire. Les consommateurs peuvent s’approvisionner via les réseaux sociaux ou auprès de vendeurs à la sauvette, sans qu’il y ait de lieu fixe. »
La violence, un indicateur de l’intensité du trafic

« J’ai retrouvé ici ce que j’avais connu dans certains quartiers de la région parisienne il y a dix ans, raconte le commissaire divisionnaire Cellier : un trafic intense, des points de vente très ancrés, très protégés, dont quelques-uns réalisent un chiffre d’affaires quotidien de 10 mille euros. » De quoi aiguiser les rivalités : entre novembre 2019 et mars 2020, deux clans de narcotrafiquants se sont affrontés à l’arme à feu dans les rues de Planoise, faisant un mort et une dizaine de blessés. « La violence, qu’elle se manifeste contre les forces de l’ordre ou dans les affrontements entre délinquants, est un bon indicateur de l’ampleur de la gangrène qui ronge les villes ».
Dans le sud de la France, les narcotrafiquants de Marseille tiennent solidement le marché. « Ils contrôlent de nombreuses communes de la région comme Avignon, Carpentras ou Cavaillon », constate un gendarme phocéen. Et leurs réseaux s’étendent bien au-delà de la Provence. « La mafia marseillaise s’est installée à Toulouse, note Christophe Miette, chargé de mission police judiciaire au Syndicat des cadres de la Sécurité intérieure. Résultat, les règlements de comptes se multiplient dans le quartier des Izards et les saisies de drogue sont en forte hausse dans de petites cités telles Cahors et Castres. »

Ici ou là, les policiers nationaux peuvent compter sur le soutien de leurs collègues de la police municipale. C’est le cas à Nîmes, où le business de la drogue, enkysté depuis longtemps dans les banlieues est et ouest, gagne le centre-ville. « Sur le terrain, nous travaillons main dans la main, ce qui nous permet d’assurer une plus forte présence, explique l’un des 160 agents (armés) de la commune. Nous, policiers municipaux, faisons également remonter beaucoup d’informations aux services d’enquête car nous connaissons bien la population et nous passons beaucoup de temps sur la voie publique. » Ce vétéran préfère taire son identité. Pas envie de retrouver son nom tagué sur le mur d’un quartier chaud, ni de voir sa famille menacée par les voyous.

Certes, les « choufs » de Nîmes, Besançon ou Brest ne contrôlent pas encore l’identité des passants, comme le font les guetteurs de certains quartiers de Marseille ou de la région parisienne. Mais déjà, dans une poignée de banlieues provinciales, des obstacles sont dressés pour gêner les forces de l’ordre, des caméras de surveillance régulièrement mises hors d’usage. À Alençon, dans l’Orne, deux arrestations liées au trafic de drogue ont déclenché, en octobre dernier, deux nuits de violences avec tirs de mortier, jets de projectiles et voitures incendiées.
À Briançon, dans les Hautes-Alpes, ce sont trois véhicules techniques de la ville et celui du maire qui ont brûlé. « Un ordre parallèle tente de s’installer et de contrôler physiquement quelques territoires, analyse Jérôme Fourquet. C’est la première fois dans l’histoire contemporaine que l’autorité de l’Etat est ainsi remise en question en métropole. » Inquiétantes prémices.
Tabou regardez c’est mieux comprendre l’horreur ouvrir le lien

Attention, sujet sensible. Il n’est pas simple d’enquêter sur les trafics de drogue qui minent les villes moyennes. Préoccupés par l’image de leur commune, ou soucieux d’éviter les critiques de leur opposition, les édiles sont aux abonnés absents. Ici, le président de la région promet de rappeler et n’en fait rien. Là, le maire n’a pas le temps de répondre. Les préfets et les procureurs de la République ne se montrent pas plus loquaces. Côté police, malgré l’aval du service de la communication, les volontaires ne se bousculent pas pour s’exprimer sur la situation de leur cité. Et inutile de rêver d’un reportage dans tel ou tel département. « Nous n’avons pas l’accord de tous nos partenaires et autorités », décline « avec regret » le chef d’état-major d’une direction départementale de la Sécurité publique de l’ouest. Ailleurs, la demande est toujours en cours.
Le Panda
Patrick Juan
Sources RTL, diverses sources, Le Roseau Le Ravi de Patrick Juan
