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Les Pédophiles dans les écoles

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Les Pédophiles dans les écoles

Enfance Violences dans le périscolaire parisien : Emmanuel Grégoire salue l’accélération des enquêtes. Alors que le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de possibles faits dans plus d’une centaine d’établissements, le maire de la capitale a rappelé que les procédures de recrutement et de contrôle ont été renforcées. Sidonie, 25 ans, n’a encore jamais travaillé avec des enfants. Elle dit avoir été surprise par la complexité des situations et des nuances à apporter. Elle repense aux punitions qu’elle a connues à l’école, sans les avoir vraiment questionnées. La formation lui permet de les regarder autrement et de mesurer l’impact que peut avoir un adulte sur un enfant. Être animateur, « ce n’est pas juste garder des enfants. Il y a un vrai rôle éducatif à jouer ». Ne Pas perdre le sens que la majorité de ces personnes sont des malades pervers et que la justice devra faire la juste part des faits, ce dont il ne faut pas douter, malgré les souffrances des victimes et leurs familles.

L’école des métiers de la Dasco doit, d’ici septembre, devenir une école du périscolaire, chargée de former l’ensemble des agents, vacataires comme titulaires. Objectif affiché : parvenir à former la totalité des agents en renforçant notamment le Bafa, davantage centré sur les situations de terrain, les violences et la posture éducative. Au lendemain des annonces faites par la procureure de Paris, Laure Beccuau, au sujet du scandale des violences dans le périscolaire, le nouveau maire de Paris, Emmanuel Grégoire, était invité à commenter les derniers chiffres accablants communiqués par la procureure de Paris.

Alors que le parquet de Paris a ouvert des enquêtes pour de possibles violences dans un total de 84 écoles maternelles, une vingtaine d’élémentaires et une dizaine de crèches, Grégoire a salué l’accélération des procédures judiciaires et des enquêtes menées par le parquet et les services de Laure Beccuau.

« Trop longs délais »

Celui qui annonçait lors de la campagne des municipales vouloir « renverser la table » a loué une dynamique qui doit permettre selon lui d’avancer dans la « manifestation de la vérité ». A Paris, le périscolaire ne peut plus être traité comme un angle mort des politiques éducatives.

« Parce que ce qui est le plus insupportable pour les parents, c’est l’incertitude, l’ignorance et ensuite l’attente. Il est insupportable d’attendre quand on soupçonne ses enfants d’avoir été victimes », a déploré le maire de Paris. Et de déplorer « les très et trop longs délais » qui concernaient jusqu’alors « l’audition des enfants et aussi des adultes ». « Sauf pour éviter un danger, vous n’avez pas à crier sur un enfant » : à Paris, les futurs animateurs du périscolaire formés contre les violences. Alors que Paris compte près de 17 000 animateurs évoluant dans le périscolaire avec des salaires bien souvent très faibles, l’édile a listé une série de mesures pour endiguer le scandale, telles que « le changement des procédures de recrutement, de contrôle mais également des inspections extérieures menées dans les établissements.

78 agents suspendus

« L’urgence à la pédocriminalité , c’est la justice, c’est la police », a par ailleurs martelé le maire de Paris tout en précisant que les investigations menées par les enquêteurs du parquet de Paris «ne concernaient pas uniquement des faits de pédocriminalité». Selon le maire de Paris, « arrêter les pédocriminels» ne suffit pas. Il faut tout revoir : « Repenser la qualité de l’accueil des enfants, l’encadrement et l’organisation pour accompagner au mieux les enfants ». Deux thèmes dont les services de la mairie de Paris se sont saisis mais qui ne doivent « pas se confondre » d’après lui. Depuis début 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles sur mineurs. « l’immense majorité des cas » de violences sexuelles, du moins ceux qui sont signalés, « datent de 2024 et surtout de 2025 », principalement dans des écoles maternelles.

« Si un enfant vous dit qu’un animateur lui a touché les fesses, vous faites quoi ?» Dans une salle de l’école des métiers de la Direction des affaires scolaires de la ville de Paris (Dasco), dans le XIIIe arrondissement, deux groupes se forment. Certains choisissent d’écouter l’enfant, d’autres de prévenir d’abord leur responsable. Les discussions s’animent. « On ne met jamais en doute la parole d’un enfant, on l’écoute », tranche le formateur. 23 jeunes adultes, âgés de 19 à 30 ans, sont assis autour de tables disposées en U, leur prénom affiché devant eux. Tous viennent d’être recrutés comme animateurs vacataires et travailleront dans les écoles parisiennes. Ils suivent une formation obligatoire avant toute prise de poste, mise en place par la ville de Paris en février.

Depuis plusieurs mois, le périscolaire parisien est secoué par une série de signalements pour violences sexuelles et maltraitances visant des animateurs. Des alertes qui s’accumulent, exposent des pratiques problématiques, et mettent sous pression l’organisation du secteur. En novembre, la mairie de Paris, alors dirigée par Anne Hidalgo, a lancé un plan d’action pour tenter de reprendre la main. Parmi les mesures, rendre obligatoire une formation pour tous les animateurs vacataires avant leur arrivée sur le terrain. Parmi eux, 430 l’ont déjà suivie. Une dizaine n’a pas obtenu l’attestation de formation délivrée à la fin, en raison de propos jugés inadéquats ou d’un manque d’implication. Sans ce document, ils ne peuvent pas être affectés dans une école.

Gestes passés au crible

Cet après-midi-là est consacré à un bloc sensible : trois heures sur les violences éducatives ordinaires et les violences sexuelles sur mineurs. Face au groupe, un responsable éducatif de la ville et une formatrice de la Dasco alternent rappels et mises en situation.

Très vite, les échanges s’ancrent dans du concret. Des phrases humiliantes comme « arrête de pleurer pour rien », « à ton âge, c’est honteux », « tu fais toujours n’importe quoi ». Puis ils passent aux pratiques de gestion de groupe. Crier, menacer d’appeler les parents, imposer le silence en éteignant la lumière, priver de dessert, faire sortir en premier de la cantine la table la plus sage. Dans la salle, plusieurs reconnaissent avoir déjà eu recours à l’une de ces méthodes, en centre de loisirs ou en colonie. Ces pratiques, souvent banalisées, relèvent de violences éducatives ordinaires et ne sont pas anodines. Elles peuvent provoquer du stress, fragiliser l’estime de soi ou altérer la confiance en l’adulte. « Plus un enfant reçoit des formes de violence, plus il aura la capacité de les reproduire », rappelle le formateur.

« Mettre au coin un enfant ou le punir, ça n’a jamais fait réfléchir » : pour éviter les violences éducatives ordinaires, des ressources pour les parents. Les gestes sont passés au crible. Attraper un enfant par le bras, le pousser, l’obliger à participer à une activité ou à manger, comparer les enfants. Certaines routines du périscolaire sont questionnées. Faire allonger tout un groupe sur un tapis ou imposer un « tête dans les bras » pour obtenir le calme relève d’une « pensée d’adulte », qui ne correspond pas aux besoins des enfants, précisent les formateurs. Une idée revient tout au long de la séance : gérer le collectif, sans perdre de vue chaque enfant. « Vous travaillez avec un groupe, mais n’oubliez jamais l’individu », insiste la formatrice.

Conditions de travail difficiles

Les questions fusent. Camille, 25 ans, interroge le recours aux menaces. Dire à un enfant qu’on va appeler ses parents, est-ce une violence ? « Cela revient à transférer votre autorité », lui répond-on. La gestion du bruit revient beaucoup dans les discussions. « Le cri, c’est de la réactivité. Si on crie, l’autre sur-crie et ça fait une belle chorale derrière », explique le formateur. Autrement dit, le volume monte, il ne redescend pas. « A part pour éviter un danger, vous n’avez pas à crier sur un enfant », précise sa collègue.

La question du signalement occupe une place centrale. Les formateurs insistent. Ne rien dire, c’est une faute, punie par la loi. A la ville de Paris, c’est devenu une priorité. Le nouveau plan d’action contre les violences faites aux enfants, porté par le nouveau maire, Emmanuel Grégoire, met l’accent sur la « culture du signalement » et la formation des agents. Lorsqu’une situation inquiète, les animateurs doivent prévenir leur responsable. Et ne pas hésiter à contacter la nouvelle cellule d’écoute. Pensée pour les familles, elle peut aussi être utilisée par les agents.

En parallèle, les formateurs apprennent à repérer les signes qui doivent alerter. Un changement de comportement soudain, du repli, des troubles de l’alimentation. Les participants notent ces éléments sur des post-it, puis les discutent. Seize des 23 jeunes ont déjà le Bafa, le diplôme de base de l’animation. Certains ont travaillé en colo ou en centre de loisirs en région parisienne, d’autres découvrent le métier. Camille, qui a déjà été surveillante en collège, voit dans cette formation une base utile, mais insuffisante. Ce qui la préoccupe surtout, ce sont les conditions d’exercice. Le manque de personnel et de considération, la précarité du métier. « Quand on est épuisé, on peut finir par voir l’enfant comme un problème », admet-elle. Elle décrit un glissement possible, quand la pression s’accumule, où l’enfant devient celui sur lequel se décharge la tension.

« Ce sont des choses qu’on doit déconstruire »

Un constat qui fait écho à l’expérience de certains. Julien, 24 ans, Bafa en poche depuis quatre ans, a déjà travaillé en centre de loisirs en banlieue parisienne. Là où le brevet d’aptitude apprend surtout à penser des activités, cette formation maison de la ville de Paris insiste davantage sur les situations à risque et les comportements à adopter, relève-t-il. Elever la voix, punir pour tenir un groupe, « ce sont des choses qu’on doit déconstruire », dit-il. Les lister, les expliquer, lui permettra de mieux les identifier et d’être plus vigilant.

Le Panda

Patrick Juan

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