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Déni Loi immigration

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Déni Loi immigration

L’adoption du texte à l’Assemblée avec le soutien du RN, et en plein malaise de leur majorité, Macron et Borne ont tranquillement joué l’air du « tout va bien ». Belle « Buche de Noël » 2023.

« La réponse est non. » Confortablement installé dans la salle des fêtes de l’Elysée où il a fait délocaliser le plateau de C à vous, entre les drapeaux français et européen et le sapin de Noël, Macron a beau faire les questions et les réponses il ne voit pas le problème. « Est-ce que l’ensemble du texte sur l’immigration trahit nos valeurs et n’est pas républicain ?» Pas du tout. « Est-ce que je considère que c’est une rupture ontologique de régime ?» Que nenni et la santé ?

Puis boum !

Loi immigration : une majorité au bord du craquage

L’adoption d’un des projets de loi les plus durs contre les droits des immigrés, voté dans la douleur par sa majorité, avec le soutien ravi de l’extrême droite, le Président appelle à « assumer ce qui a été fait ». Concédant que la version finale du texte est le fruit d’un compromis avec un parti LR en roue libre, il admet qu’il «ne saute pas au plafond », mais il défend une « loi utile », « le bouclier qui nous manquait » pour contrer l’immigration clandestine. Il a saisi le Conseil constitutionnel pour censurer les nombreux articles contraires au texte de 1958.

Marine Le Pen, comblée, revendique une « victoire idéologique », lui pousse l’audace jusqu’à y voir « une défaite pour le Rassemblement national », récusant l’idée que le texte glisse vers le concept de « priorité nationale » chère à son adversaire. Toujours audacieux. « J’assume de dire que nos compatriotes attendent cette loi et que si on veut que le Rassemblement national et ses idées n’arrivent pas aux responsabilités, il faut traiter les problèmes qui le nourrissent. »

Un pré-repas de Noël

Pas une crise, la preuve, le chef de l’Etat n’a pas choisi le format solennel d’une allocution pour « calmer les esprits » mais a convié les chroniqueurs de France 5, avant de s’envoler pour un pré-repas de Noël avec les troupes en Jordanie. A distance, la gauche s’étrangle. « A ce niveau de foutage de gueule », pianote sur X, le 1er secrétaire du PS, Faure. « Macron prétend que la loi immigration n’est pas d’inspiration Le Pen, faux. C’est directement dans son programme », ajoute Jean-Luc Mélenchon, publiant une liste entre les mesures adoptées et les propositions du RN.

Quel est donc ce « rendez-vous à la Nation » pour le début de l’année prochaine ? « Si je vous donne rendez-vous en janvier, je ne vais pas l’honorer en décembre », élude-t-il avec désinvolture. Macron veut passer deux heures à vendre le bilan de son année 2023. « On a avancé, on a fait, il n’y a pas d’impuissance ».

La démission fracassante du ministre de la Santé, Aurélien Rousseau ? « Un non-sujet » A la mi-journée, le porte-parole du gouvernement, Olivier Véran, niait l’évidence : « Il n’y a pas de sujet politique de moyen ou de long terme ». Macron minimise l’affaire. « La vie politique est faite de crises, d’accords, de désaccords » « Quand on a des responsabilités, on a le droit de se poser des questions, mais ces responsabilités nous obligent. »

Les pieds dans le plat

Malgré l’adoption de sa loi immigration avec les voix des 88 députés du R.N. prévoyaient jusque-là de voter contre. « Il a été voté sans les voix du R.N. », n’en démord pas la Première ministre, contre les lois de l’arithmétique. Quand la réalité ne convient pas, il reste la fiction. « Il y a eu plus de voix manquantes dans la majorité du fait que le RN avait annoncé qu’il allait voter le texte » Invérifiable. Avant l’interview du Président, le gouvernement s’était déjà employé à démonter « l’escroquerie intellectuelle » d’une loi inspirée par Marine Le Pen. Une « manœuvre du RN », a moqué Borne, comme si ses concessions à la droite la plus dure ne posaient pas un problème. « Avec les différenciations selon la nationalité introduites pour les aides au logement, les prestations familiales, c’est un verrou qui a sauté ».

Ils sont peu, dans la majorité, à reconnaître la gravité de la crise. Un « moment douloureux », a reconnu la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet. Un « sentiment de gueule de bois », a admis sur RTL le président de la commission des lois, Sacha Houlié, figure de l’aile gauche, après avoir voté contre le texte. « On ne peut pas ne pas y voir une forte alerte, met tout de même en garde le député Renaissance de Paris, Gilles Le Gendre. Pas de dédramatisation, pas de déni !» Le président du Modem, François Bayrou, a plus franchement mis les pieds dans le plat, conseillant «de changer de méthode et de pratique » appelant à « une relance nécessaire ». C’est-à-dire un remaniement d’ampleur. De quoi alimenter les conversations des ministres et de leurs conjoints.

Loi immigration

Enseignement supérieur : « Nous avons besoin des étudiants étrangers »

Après l’adoption de la loi immigration, cinq chefs d’établissement d’enseignement supérieur s’inquiètent du coup porté à la recherche française et à l’attractivité de leurs formations.

« Ce sera une très grande perte pour la recherche »

« La France manque d’ingénieurs et cette loi va empirer les choses »

« Cette loi est basée sur des fantasmes, comme si les étudiants étrangers s’inventaient un projet pédagogique pour venir en France afin d’organiser un projet personnel et migratoire. Et nous avons besoin d’eux ! L’ingénierie est un métier en tension. La France manque déjà de 15 mille ingénieurs diplômés par an et cette loi ne va faire qu’empirer les choses. Les étudiants étrangers représentent aujourd’hui en moyenne 20 % des effectifs de nos écoles, et même la moitié des doctorants, dont 16 % d’étudiants extracommunautaires. Ce n’est donc plus la peine de parler de l’objectif 500 mille étudiants étrangers par an à horizon 2027, comme le gouvernement en 2018, pour replacer la France au centre du jeu mondial en formant les futurs décideurs.

Hélène Boulanger, présidente de l’université de Lorraine

« Sur les 60 mille étudiants et étudiantes qu’accueille l’université de Lorraine, 10 mille sont de nationalité étrangère. Sans eux, les entreprises vont manquer de ressources humaines. On me demande déjà presque chaque jour de la semaine d’augmenter le nombre de personnes formées pour répondre aux besoins du marché du travail. Or on entre dans une période de décroissance démographique donc nous avons plus que jamais besoin de ces forces-là. »

« Besoin d’ouverture, pas de fermeture » Donatienne Hissard, de Campus France

« Les conséquences de la loi sont difficiles à évaluer à ce stade. Tout dépendra des décrets d’application. Cette caution par exemple, quel en sera le montant ? Sera-t-elle exigée au moment de l’obtention du visa ou au renouvellement du titre de séjour ? Les délais d’attente sont de trois ou quatre mois. Le risque est de les rallonger, en rajoutant une étape. Source d’insécurité juridique pouvant compromettre l’obtention d’un stage ou d’un boulot étudiant. Le ministère de l’Enseignement supérieur pourra en exonérer certains, mais comment ? A quelles conditions ?

« L’introduction de quotas, pareil. De combien parle-t-on ? Pour l’instant, ce n’est pas clair. Ce qui l’est en revanche, stratégie politique impulsée en 2018 par Edouard Philippe, alors 1er ministre.

« La création d’une caution retour est une idée absurde »

« Il est dommage de devoir passer par la loi immigration pour s’intéresser à l’enseignement supérieur. Cette loi, par ailleurs critiquée pour d’autres raisons qui se justifient, comprend deux dispositions qui concernent les étudiants. En revanche, il est légitime de se demander s’il est normal que le contribuable français paie les frais d’études de tous les étudiants étrangers, 12 mille euros par an en moyenne, alors qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses du ministère de la Recherche et que l’université française atteint un niveau de paupérisation alarmant.

« La majoration des droits d’inscription peut être dans ce contexte une très bonne solution. A TSE, 70 doctorants sur 81 sont étrangers, comme 50 % des étudiants en licence et en master.

« Cette loi nous privera de nombreux jeunes talents »

La majorité de nos étudiants en master et en programme doctoral sont étrangers, une bonne partie d’entre eux ont des ressources limitées. Cette loi immigration nous privera, même si c’est difficile à quantifier, de nombreux jeunes talents. Quant à la caution que crée la loi, elle évincera davantage d’étudiants étrangers. Ces derniers sont déjà confrontés à des difficultés pour payer les cautions pour se loger, des sommes qui peuvent paraître peu en absolu mais qui représentent beaucoup pour certains. Nous pensions que la volonté de faire de la France une terre d’excellence, que cette ambition passait par notre capacité d’attirer les meilleurs étudiants étrangers.

Réserver les logements sociaux aux Français contrevient à la loi

Celles et ceux qui souhaiteraient réserver les logements sociaux aux Français se heurteraient en premier lieu au code pénal, l’article 225-1 stipule « constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de leur origine, de leur patronyme, de leur capacité à s’exprimer dans une langue autre que le français, de leur appartenance ou de leur non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée ». Ils et elles se heurteraient également à la Constitution, dans laquelle est inscrit le principe d’égalité, et dont l’article 1er précise que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Entre ce que la loi dicte et la réalité, il y a loin de coupe aux lèvres. Les enquêtes sont souvent diligentées à ressort politique surtout plus qu’essentiellement pour éviter d’entendre parler « De quartiers passés au Karcher » « Je ne mésestime pas ses qualités : sa force de travail, son énergie, son sens tactique, son talent médiatique qui font de lui à mes yeux l’un des hommes politiques les plus doués de sa génération », reconnaît Chirac à Sarkozy, avant d’entrer au cœur de cette relation particulière et électrique. L’ex-président déclarations intempestives » de celui qui est son ministre de l’intérieur, et au 1er rang duquel la plus fameuse : celle de la « racaille » qu’il faut « nettoyer au Karcher ».

Il n’est absolument pas prouvé que restreindre l’accès au logement social réduise l’immigration. Souligne Le Monde Diplomatique, « le durcissement continu de l’accès aux prestations sociales n’a eu aucun effet sur le volume des flux migratoires car, comme le savent les spécialistes des migrations, les déplacements de population sont déterminés par les raisons de partir de chez soi, tandis que celles d’aller vers une destination jouent surtout pour les migrants très qualifiés, qui font le voyage pour un poste précis ». Le constat s’impose de lui-même, il suffit de constater que Marseille comptera pas loin de 50 à 60 morts issus avec 2 cent blessés avec le sentiment profond de voir la France se transformer à des « Sections d ’Incorruptibles » en 2023, dirigés par des binationaux qui ordonnent la mise à mort de tel ou tel autre en France mais diligenté depuis l’Afrique du Nord, par des caïds donc hors de portée, le traumatisme est plus ample, lorsque l’on sait preuves en mains que 60 à 80% des victimes ont entre 13 et 17 ans.

En revanche, s’attaquer à ces lois, c’est finalement risquer de mettre un coup d’arrêt aux chantiers de logements sociaux, et donc de pénaliser les ménages les plus précaires, qu’ils soient Français ou non. Le dire ou l’écrire cela cache pas mal de doutes, difficile à faire comprendre à ceux qui pensent que les étrangers sont inutiles. Bon nombre de logements sociaux censés êtres occupés par 2, 3 voire 4 personnes ont en leur intérieur 15 à 20 personnes à l’intérieur, dont les ¾ travaillent au black ou survivent par le monde du trafic de drogues, de prostitutions et masse de dérivés ou les forces de l’ordre sont narguées, bafouées, moralité pourquoi quitter un lieu qui vous nourrit et permet des excès punissables de mort ou de prison à vie en d’autres lieux tout proche.

une position incontournable mais réelle, dans la mesure ou « Le Conseil Constitutionnel » touche à ce texte il devra modifier « La Constitution de la France » modification des articles 5 et 11.

Le Panda

Patrick Juan

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