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La France du travail contre CAC 40

Temps de lecture : 7 minutes

La France du travail contre CAC 40

Quinze mois, la France a présumé la réélection par défaut d’Emmanuel Macron et l’échec de sa majorité aux législatives. Nous y avons vu le risque d’une crise politique, comme en mai 1877, quand le président Mac-Mahon dut renoncer à ses prérogatives avant de démissionner. La crise est advenue avec le passage en force de la loi sur les retraites, contre la rue, les syndicats et les députés. Le président Macron s’en sortira-t-il mieux que son prédécesseur ? La France n’est ni le Brésil, ni les U.S.A. à ce stade de comparaison, c’est expliquer en quelques phrases : Le gâchis qui se présente. Dans le cadre du problème des retraites : que le gouvernement du haut pouvoir d’Emmanuel Macron, président de la République, a tenté en mentant au peuple de la nation France. Les disparités sont tellement énormes que tout devient incompréhension. Tel voir le tonneau des Danaïdes : « plein ». Manques de corrections sur le plan de la nôtre de démocratie. Telle que nous devrions la vivre. Non, que l’on tente de nous l’imposer. Où sont les coupables, responsables ? La France est en feu, les bâtiments saccagés pourquoi à ces niveaux ? désastres qui laissera traces. Grande partie des réponses dans cette suite des pompiers pyromanes, impossible de les dissocier.

Classement-Forbes-les-plus-riches-au-monde en mars 2023

Fatigué de s’entendre dire que son salaire a été augmenté de 52 % l’an passé, le PDG de Total Énergies Patrick Pouyanné a tenu à clarifier sa situation ce mardi 18 octobre les réseaux sociaux en expliquant qu’avec près de 6 millions d’euros par an, sa rémunération était constante depuis 2017.

Les patrons du CAC 40 ont vu leur rémunération s’envoler en 2021, selon le cabinet Proxinvest. La rémunération totale moyenne était de 7,9 millions d’euros, soit une hausse de 52% par rapport à 2019. Les grands patrons ont gagné encore plus d’argent en France, selon le dernier rapport du cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, publié mardi. Leur rémunération a atteint un sommet, à 7,9 millions d’euros en moyenne en 2021. En guise de comparaison, cela représente 100 fois la rémunération moyenne des salariés, et 369 fois le SMIC (en base 39 heures). On est bien sur des records historiques, affirme Jehanne Leroy, la directrice de la recherche ESG (critères environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Hausse de 52% de la rémunération

En 2021, la rémunération totale moyenne des patrons de l’indice du CAC40 a progressé de 52% par rapport à 2019. Le calcul du cabinet Proxinvest ne prend pas en compte l’année 2020, celle du Covid-19. À cause de l’arrêt de l’activité, certains patrons avaient renoncé à une partie de leur rémunération. Entre 2014 et 2021, Proxinvest estime que la rémunération moyenne des dirigeants a augmenté de 83,8%. C’est trois fois plus que celle des salariés, qui a progressé de 23,9%. En prenant en compte les rémunérations des dirigeants du SBF 120, l’indice regroupant les 120 plus grandes sociétés cotées, Proxinvest révèle que leur salaire a augmenté de 22% : Elle atteint 4,5 M€ en 2021, son record historique depuis 15 ans. Trente-et-un dirigeant sur 120 gagnent plus de cinq millions d’euros par an, ils étaient 24 en 2019.

Carlos Tavares, patron le plus réénuméré en France

En tête des patrons les mieux payés en France, Carlos Tavares, le directeur général du groupe automobile Stellantis (Peugeot-Citroën-Fiat), qui atteint 66,7 millions d’euros d’après Proxinvest (19,15 millions d’euros selon l’entreprise). La première fois depuis 15 ans qu’une société présente une rémunération totale supérieure à 50 millions d’euros, selon le rapport. À lui seul, il porte une partie de la hausse constatée par le cabinet. Les patrons du CAC 40 ont touché en %- 100 fois plus que les salariés en 2021.Les patrons du CAC 40 ont touché en moyenne 100 fois plus que les salariés en 2021. – Info gram

La différence entre les chiffres du constructeur automobiles et ceux de Proxinvest s’explique par le recours à des méthodes de calcul différentes, les sommes qui correspondent à la rémunération pluriannuelle étant lissées sur plusieurs années par Stellantis, suivi de Bernard Charlès et Daniel Julien. Le patron du groupe de logiciels Dassault Systèmes Bernard Charlès tient la seconde place du classement, avec 44,1 millions d’euros. Rémunération qui a plus que doublé, +114% sur ses revenus. Il est suivi par : Daniel Julien, le PDG du leader mondial des centres d’appels Téléperformance, il culmine à 19,6 millions d’euros. Rémunération fixe -2,2 millions d’euros- reste la plus élevée du CAC 40. François-Henri Pinault, du groupe de luxe Kering, reçoit un salaire les 12 millions d’euros et se place en quatrième position.

Paul Hudson, à la tête du laboratoire pharmaceutique Sanofi, neuf millions d’euros. « Les montants en jeu chez Sanofi sont en ligne avec les pratiques des sociétés avec lesquelles la société se compare », tel Pfizer, Novartis ou Johnson & Johnson, Proxinvest relève toutefois qu’en termes de capitalisation boursière- Sanofi est bien plus petite que ces sociétés.

Afin d’établir son classement, Proxinvest prend en compte tous les éléments de rémunération : fixe, bonus annuel, stock-options, rémunération pluriannuelle de long terme, jetons, avantages en nature. C’est aussi « la première fois en huit ans que la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 représente plus de 100 fois la rémunération moyenne des salariés ». Le rapport met en évidence un moins bon respect du plafond de rémunération maximale socialement acceptable (5,12 millions d’euros) calculé par Proxinvest. Au total, 29 dirigeants dépassent ce plafond, contre 14 en 2020 et 24 en 2019, ce qui devrait relancer le débat sur le pouvoir d’achat des plus modestes, amputés en outre par l’inflation.

« Nous craignons de revivre la situation que nous avions connue au moment de la ristourne à la pompe » Total ne doit pas être en mesure de court-circuiter les stations-services indépendantes. Les assemblées générales d’actionnaires 2023 ont déjà commencé, au Royaume-Uni, en Allemagne et aux Etats-Unis. L’enjeu principal cette année, partout dans le monde, est la rémunération des dirigeants. Les sociétés vont devoir, plus que d’habitude, expliquer les augmentations de fixe et les arguments pour verser des bonus, dans un paysage contrasté. Les finances sont bonnes malgré les vents contraires, la bourse est en forme avec un CAC 40 qui a passé la barre des 7000 points, mais l’inflation pèse sur le pouvoir d’achat et les annonces de licenciements par dizaines de milliers aux Etats-Unis crée en Europe un énorme climat d’inquiétude.

La 1ere décision à prendre par les entreprises porte sur l’augmentation de la part fixe de la rémunération des « patrons », pour faire face au choc de l’inflation. Les entreprises ont augmenté les salaires de 4,9% sur les neuf premiers mois de 2022, selon l’URSSAF. Vont-elles faire de même avec la rémunération des dirigeants ? Une étude Scalens / Avanty avocats réalisée en novembre 2022 auprès des 250 premières entreprises françaises montre que 44% d’entre elles l’envisagent. Pour le CAC 40, cela correspond à peu près à celles qui n’avaient pas procédé à une augmentation l’année dernière.

Mais cette année tombe mal : les investisseurs sont plus exigeants. Ce ne sont pas les valeurs absolues ni même l’ampleur des augmentations qui les effraient, en 2022, les augmentations à deux chiffres de Florent Menegaux à Michelin et Jean-Laurent Bonnaffé à BNP Paribas ont été votées avec plus de 90% d’approbation. Ce sont plutôt les arguments avancés. Pour justifier une augmentation de fixe, les investisseurs financiers demandent un changement fort, l’élargissement du périmètre par suite d’une opération stratégique par exemple.

La question de l’acceptabilité sociale

Simultanément, les autres parties prenantes posent la question de l’acceptabilité sociale. L’échelle de salaires s’étire en France ; le ratio d’équité (différence entre le salaire du dirigeant et le salaire médian) est de 80 dans le CAC 40, soit 50% supérieur à son niveau de 2019. Mais il reste très inférieur au niveau atteint au Royaume-Uni (130) et aux Etats-Unis (300). Évident, ces parties prenantes ne votent pas, mais elles impactent de plus en plus une autre partie du bonus des dirigeants : les critères de réputation, d’ancrage local, d’image de marque employeur font désormais partie des critères de performance.

Le second sujet délicat va donc être l’attribution des bonus. Ils dépendent de critères financiers hyper rodés, et de critères extra financiers plus récents, allant des émissions carbone à la gestion du capital humain. Les investisseurs demandent que ces critères de performance extra financière récompensent vraiment une performance, et non le travail normal du dirigeant, en matière de management ou de stratégie Climat notamment. Cette exigence fait suite au constat d’un taux d’atteinte moyen de 116% en 2021, selon l’IFA. L’agence de recommandation de vote ISS va plus loin en proposant, pour l’avenir, d’instaurer des critères négatifs en cas de non-atteinte de ces performances de base, en matière de stratégie Climat par exemple.

Rémunérations exceptionnelles

Autre point sensible, les « rémunérations exceptionnelles » ne seront plus acceptées ; Stellantis, Danone, Téléperformance, M6 notamment y avaient eu recours, pour gérer l’imprévu. Les investisseurs, surpris, les ont fortement contestées. Cette année, l’Institut Français des Administrateurs (IFA) recommande également fermement de ne pas y avoir recours. ISS demeure la seule agence de recommandation de vote à ne pas les exclure par principe. Les sociétés qui les proposeront devront donc redoubler de pédagogie.

Entre salaires et disproportions, du sommet à la base. Il est plus que difficile de faire le joint. Pour quoi faire ? Diront certains. Alors ouvrons donc les liens figurant au départ et surtout à la fin de l’article. Cela paraît stupéfiant : À certains, pourtant c’est la réalité dans le monde dans lequel nous, nous vivons ou tentons de survivre. Le Tonneau des Danaïdes, le départ de notre gouffre.

Le Panda

Patrick Juan

96 réflexions sur “La France du travail contre CAC 40

  • La neuvième journée d’actions nationales contre la réforme des retraites a commencé ce matin très tôt en Auvergne et Limousin.

    Toute la journée, plusieurs manifestations sont prévues à travers le territoire.

  • Les chiffres de la journée : 

    Aurillac : 3.000 personnes selon les syndicats, 2.600 selon la police.

    Guéret : 4.000 manifestants à Guéret selon les syndicats, 3.750 selon la police.

    Tulle : 2.000 manifestants selon notre comptage.

    Clermont-Ferrand : 48.000 manifestants pour les syndicats, 13.500 selon la police.

    Puy-en-Velay : 4.250 participants selon la préfecture et 15.000 selon les syndicats.

    Vichy : 5.000 manifestants pour les syndicats, 2.500 selon la police.

    Brive : 5.000 personnes selon la police, 17.000 selon la CGT.

    Montluçon : 5.000 manifestants selon nos estimations, 4.000 pour la police, 9.000 pour les syndicats.

    Moulins : 6.000 personnes selon les syndicats et 2.500 selon la police.

    Saint-Flour : 400 manifestants.

    Issoire : 400 personnes pour les gendarmes, 600 pour les syndicats.

  • 9 h 25 | Barrage filtrant à Clermont-Ferrand

    En attendant les manifestations de ce jeudi 23 mars contre la réforme des retraites, c’est une mobilisation du côté de Gerzat, à l’entrée de Clermont-Ferrand, qui s’est mise en place depuis 7 h 30.

    Une centaine de manifestants ont investi le rond-point de Gerzat. La circulation est filtrée et cela entraîne des bouchons dans ce secteur très fréquenté en début de matinée. 

    9 h 20 | 9e journée de mobilisation

    Bonjour à tous, nous vous souhaitons la bienvenue sur ce direct d’infos dédié à la 9e journée de mobilisation contre la réforme des retraites. 

    Au lendemain de la prise de parole du chef de l’État, Emmanuel Macron, la colère ne faiblit pas partout en France. 

  • 10 h 05 | Écoles en grève

    Entre 40 et 50 % de grévistes sont attendus dans les écoles maternelles et élémentaires, selon le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire.

    9 h 48 | Le trafic SNCF « très fortement perturbé »

    La SNCF n’est en mesure de faire rouler que la moitié de ses TGV Inoui et Ouigo et le tiers de ses TER ce jeudi, pour la 9e journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, a annoncé le groupe mercredi.

    9 h 35 | Les deux dépôts des transports en commun de Clermont-Ferrand bloqués

    En raison du mouvement social lié au projet de réforme des retraites, les deux dépôts de la régie Epic T2C à Clermont-Ferrand sont bloqués depuis ce jeudi matin, annonce la régie, empêchant tout transport en commun dans l’agglomération.

  • 10 h 06 | Des lycéens dans la manifestation aurillacoise 

    Devant la gare d’Aurillac, à quelques minutes du départ de la manifestation, prévu aux alentours de 10 heures, Jeanne et Ilan, deux lycéens aurillacois, défileront une nouvelle fois contre la réforme des retraites adoptée sans vote, en début de semaine, après le recours au 49.3 du gouvernement.

    « Nous ne sommes pas là pour rien, nous irons jusqu’à l’abrogation de cette réforme.

    J’espère que le conseil constitutionnel va retoquer la loi.

    On souhaiterait que les jeunes soient plus mobilisés.

    Nous ne voulons pas voir nos grands-parents et nos parents mourir au travail. 

    Et c’est notre avenir professionnel qui est en jeu. »

  • Après avoir fait brûler des palettes et des branchages devant le lycée Edmond-Perrier, à Tulle, les jeunes partent rejoindre le cortège de la manifestation qui partira à 11 heures de la gare.

    10 h 12 | Les manifestants se réunissent place du 1er mai à Clermont-Ferrand

    À Clermont-Ferrand, les manifestants arrivent en nombre place du 1er mai, départ du cortège avant de prendre la direction rue Niel, avenue de l’Union Soviétique, avenue des Paulines, boulevard Gergovia, boulevard Pasteur, boulevard Duclos, rue Blatin et place de Jaude.

    10 h 11 | Avant de partir défiler dans les rues d’Aurillac, l’intersyndicale a mis, symboliquement, le feu au 49.3

  • Après avoir bloqué les lycées Jeanne-D’Arc et Blaise-Pascal, à Clermont-Ferrand, plusieurs centaines de jeunes se sont rassemblés à la fac de lettres. « Aujourd’hui, c’est une étape.

    La mobilisation va continuer et on ne s’arrêtera pas, maintient Laura des Jeunes communistes.

    On a manifesté pacifiquement pendant deux mois, ça n’a pas marché.

    L’interview de Macron est un bras d’honneur. » Le groupe est en route pour rejoindre le cortège à 1er Mai.

    10 h 20 | des inquiétudes face à des éléments radicaux

    Environ 500 « gilets jaunes » et 500 éléments radicaux sont attendus à Paris, et « en province, plus d’une dizaine de villes verront des démonstrations de l’ultragauche, encouragées par le climat de violence des derniers jours ».

    Environ 12.000 policiers vont être mobilisés, dont 5.000 dans la capitale.

  • 10 h 30 | Des coupures d’électricité en réponse autour de la mairie et de la sous-préfecture à Montluçon

    Le secteur de l’hôtel de ville et de la sous-préfecture s’est réveillé dans le noir ce jeudi 23 mars à Montluçon (Allier). Une action revendiquée par Enedis et la CGT Énergies, dans le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites.

    10 h 28 | Des perturbations de circulation dans Guéret et à l’entrée de la ville

    À l’appel de l’intersyndicale creusoise, et dans le cadre de la nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites, une opération ralentissement/filtrant a été organisée ce jeudi dès 7 heures du matin, à Guéret, entre les ronds-points de l’Europe et Pompidou, qui desservent la RN 145. Notre article complet ici.

    10 h 25 | Des centaines de jeunes prêts à rejoindre le cortège de Clermont-Ferrand

  • À Clermont-Ferrand, des membres de l’UNSA Santé et Sociaux public et privé et soignants au centre hospitalier de Thiers sont prêts pour manifester : « Nous sommes motivés depuis le début du mouvement car nos métiers engendrent beaucoup d’épuisement.

    Nous allons nous retrouver avec des agents qui seront inaptes avant 64 ans.

    Cela va représenter un coût pour la sécurité sociale… Cette réforme n’a pas de sens. De plus, la méthode employée par le gouvernement nous pousse à nous mobiliser encore plus ».

  • 18 h 31 | La préfète de la Creuse annonce la réouverture de la RN 145

     
    18 h 19 | À Issoire, « c’est la dernière fois que l’on manifeste pacifiquement »

    Les visages étaient fermés ce jeudi 23 mars, près de la Halle aux grains d’Issoire pour le nouveau moment de mobilisation contre la réforme des retraites. Un rendez-vous qui a attiré plus de 600 manifestants selon les syndicats et 400 pour les forces de l’ordre.

    Comme pour David, salarié du secteur de l’automobile, qui participait pour la quatrième fois dans la cité Saint-Austremoine. « Le peuple a voté pour le Président, mais il ne nous écoute pas », affirme-t-il. L’article complet par ici.

     
    18 h 13 | Trafic toujours perturbé à la SNCF ce vendredi

    Ce vendredi, la SNCF prévoit une amélioration sur les grandes lignes et les TER, avec notamment 3 TGV sur 5, et toujours des difficultés en Ile-de-France, alors que les syndicats de cheminots doivent se réunir pour discuter de la suite du mouvement contre la réforme des retraites. SNCF Voyageurs prévoit de maintenir ce vendredi les trois quarts des TGV Inoui et Ouigo, trois cinquièmes des Intercités et trois cinquièmes des TER. Aucun train de nuit ne roulera.

    Casse à Paris et interpellations : « un millier » de manifestants radicaux en tête de cortège

    17 h 54 | Entre 400 et 600 participants à Issoire

    D’après les syndicats, 600 manifestants se sont réunis, 400 pour les gendarmes.

    17 h 45 | 400 participants à Saint-Flour

    400 participants ont été comptabilisés pour la manifestation de Saint-Flour, soit la plus grosse mobilisation depuis le début du mouvement.

    17 h 36 | Chiffres plus précis à Moulins

    Les chiffres de police à s’élèvent à 2.500 et les syndicats à 6.000. L’heure est à la prise de parole à la gare. La plus grande part des manifestants commence à quitter les lieux.

    17 h 35 |De nombreux incidents dans les lycées

    Le ministère de l’Éducation nationale a donné un bilan basé sur les remontées d’une douzaine d’académies : « 148 incidents dans les lycées en France : 38 blocages, 70 blocages filtrants, 14 tentatives de blocages et 26 autres formes de perturbation telles que des rassemblements, une coupure de courant localisée sur un établissement ou un feu de poubelle ».

    17 h 17 | Des milliers de manifestants entrent sur les quais de la gare de Moulins

    17 h 10 | « On ira jusqu’au bout » : dans les rues de Clermont-Ferrand, la radicalité assumée d’une jeunesse déterminée

    Dans ce contexte de plus en plus éruptif, la voie de la radicalité ne fait plus peur à personne. Et apparaît désormais comme la plus directe vers une victoire contre l’exécutif. Dans les rangs d’une jeunesse venue en nombre, ce jeudi 23 mars, à Clermont-Ferrand, l’espoir renaît. Lire l’article complet ici.

    17 h 09 | Deux sénateurs interpellés à Moulins

    Une nouvelle fois, les manifestants à Moulins ont interpellé les deux sénateurs de l’Allier, Bruno Rojouan (LR) et Claude malhuret (Agir), devant leur permanence rue Ledru Rollin. Ils se dirigent maintenant vers la gare de Moulins, laissant entendre qu’ils vont bloquer les voies ferrées.

    17 h 06 | Octave, 18 ans, présent à toutes les manifestations

    Octave Muller, 18 ans, animateur fédéral des jeunes socialistes de l’Allier, dans le cortège de Moulins, a fait toutes les manifestations depuis le début.

    Pour moi c’est loin la retraite, mais je viens surtout parce qu’empêcher les gens de partir en retraite va réduire le nombre de personnes dans l’associatif, dont la moitié sont des retraités. C’est inacceptable que Macron méprise à ce point l’associatif. Comment on va faire sans personne à la Croix rouge ou aux Restos du Cœur ? »

    OCTAVE MULLER (animateur à Moulins)
    17 h 05 | Entre 5.000 et 17.000 personnes à Brive

    D’après la police, 5.000 personnes se sont réunies à Brive, contre 17.000 pour la CGT.

    16 h 55 | Dispersion du cortège à Brive

    Le cortège se disperse lentement à Brive, avenue de Paris, dans l’odeur des pétards et fumigènes. « Il y a vraiment beaucoup de monde, commente une retraitée. Mais pour moi, ça ressemble à un baroud d’honneur. »

    16 h 50 | 14 interpellations ont eu lieu à Paris, à 16 h 45

    À 16 h 45, la préfecture de police de Paris indique que 14 interpellations ont eu lieu.

    16 h 48 | Une manifestante se fait arracher le pouce à Rouen

    D’après Rue 89, une manifestante a eu le pouce arraché ce jeudi à Rouen en marge de la manifestation. « Il y a une enseignante qui a eu un doigt arraché, et trois autres personnes ont été envoyés à l’hôpital. La répression a été féroce », a estimé la députée LFI de Seine-Maritime Alma Dufour, présente à la manifestation.

    La détermination des manifestants contre la réforme des retraites reste intacte à Clermont-Ferrand

    16 h 31 | Le cortège prend fin à Montluçon

    La mobilisation à Tulle s’achève ce jeudi à la mi-journée avec l’usage de gaz lacrymogène sur une partie des manifestants, dont des lycéens

    16 h 30 | 800.000 manifestants annoncés par la CGT à Paris, un record

    La CGT annonce la présence de 800.000 manifestants à Paris. Un record, selon le syndicat, qui avait relevé 700.000 personnes dans les rues de la capitale le 7 mars.

    16 h 24 | Changement de parcours à Moulins face à la foule

    En raison du nombre exceptionnel de manifestants à Moulins, 6.000 selon les syndicats (chiffres de la police encore inconnus), le parcours a été modifié au dernier moment. Le cortège passe en ce moment au niveau de pont Régemortes. Une mobilisation en forte hausse, puisque la semaine dernière, on dénombrait 2.000 personnes dans les rues de la cité préfectorale de l’Allier.

    16 h 14 | Nouveau comptage à Vichy 

    L’intersyndicale annonce autant que le 7 mars, soit plus de 5.000 personnes. La police maintient le chiffre de 2.500 manifestants alors que la manifestation arrive sur le pont de Bellerive.

    16 h 11 | Près de 5.000 manifestants à Montluçon

    À Montluçon, le cortège arrive place Jean Jaurès, nous comptons près de 5.000 personnes, la police, elle, en annonce 4.000, et les syndicalistes 9.000. Des chiffres qui se rapprochent de la manifestation du 7 mars où nous comptions plus de 5.000 manifestants.

    16 h 06 | Des pancartes lourdes de sens

    À Vichy, dans le cortège, quand les colères et les malaises de l’Histoire et ceux de l’histoire sociale se cooptent pour le meilleur et pour le pire.

    15 h 56 | La permanence du député LR Nicolas Ray taguée à Vichy

    Des bombes à eau et de la peinture lavable ont été utilisées.

    15 h 53 | « Il faut revenir à la république du bon sens ! »

    À Vichy, Sami, 33 ans, jeune actif dans l’immobilier :

    Mes parents ont créé leur PME. On a une vingtaine de salariés. Dans une PME, c’est comme une famille. Moi, je suis là pour nos salariés aussi et pour mes parents que j’ai vu bosser toute leur vie. On est en démocratie. Il faut revenir à la république du bon sens ! On doit pouvoir discuter dans une démocratie.
    15 h 52 | Tensions à Guéret

    La situation se tend à Guéret au rond-point de l’Europe. Une cinquantaine de personnes font face aux forces de l’ordre. Il n’y a plus de syndicalistes mais des jeunes alternatifs. La RN145 est toujours coupée dans les deux sens, à hauteur de Guéret.

    15 h 49 | Raffineries : les salariés de Gonfreville font de la résistance malgré les réquisitions

    À la raffinerie Total de Gonfreville-L’Orcher en Normandie, les grévistes s’opposent toujours ce jeudi après-midi aux réquisitions lancées mercredi soir. Ce jeudi matin, ils se disaient « prêts à résister » alors que le carburant se fait de plus en plus rare dans l’ouest du pays. La Loire-Atlantique est même devenue le département le plus touché par les pénuries selon les chiffres officiels.

    15 h 44 | Les manifestants pénètrent dans le Conseil départemental, à Moulins

    15 h 42 | Dans le cortège montluçonnais, un agriculteur s’insurge

    Macron n’a jamais négocié avec les syndicats, je n’attendais rien de son intervention à la télé, mais il ne pouvait pas faire pire. Il n’a pas écouté les gens et il a un mépris pour ceux qui travaillent. Il faut rassurer le système financier et, du coup, le gouvernement s’attaque à nos acquis sociaux.

    CHRISTIAN (agriculteur à Hérisson)
    15 h 39 | La permanence de la députée LR Frédérique Meunier sifflée

    À Brive, le cortège passe devant la permanence de la députée LR Frédérique Meunier qui n’a pas voté la motion de censure. Quelques sifflets, alors qu’un dispositif policier est en place devant l’immeuble.

    15 h 37 | À Vichy, deux copines Gilets jaunes veulent bien être prises en photo, mais de dos

    « Vous avez vu ce qu’il se passe dans les grandes villes ? S’ils nous envoient les CRS en province ! Macron, on l’a écouté juste le temps de voir qu’il a voulu planquer sa super montre. Ce 49.3. On vit ça comme si on était en dictature en fait. C’est ce qu’on ressent. »

    DEUX AMIES GILETS JAUNES (à Vichy)
    Les premières estimations de la police, qui doivent être précisées, font état de plus de 2.000 personnes. Il semble que le cortège grossit. Les rosies et leur cortège de chansons libertaires sont là aussi.

    15 h 34 | 3.000 à 3.500 manifestants à Brive

    Selon nos premières estimations, 3.000 a 3.500 personnes défilent à Brive contre la réforme des retraites. On retrouve à peu près le même niveau de mobilisation que lors de la première journée le 19 janvier.

    15 h 32 | De nombreux lycéens dans le cortège de Montluçon

    À Montluçon, les manifestants arrivent à présent sur le boulevard de Courtais. En tête, beaucoup plus de lycéens que pour les précédentes manifestations, les jeunes viennent des lycées Paul-Constans et Madame-de-Staël où ils ont bloqué ce matin l’entrée des deux établissements.

    15 h 26 | « Le 49.3 ça passe pas »

    À Vichy, Amélie et Alain sont fonctionnaires dans la montagne bourbonnaise. Amélie, 40 ans, manifeste pour la première fois de sa vie. «  Le 49.3 ça passe pas et le discours de Macron, je ne l’ai même pas écouté tellement j’en ai marre. Mais je suis là parce que trop c’est trop. »

    premium Réforme des retraites : la RN145 à Guéret évacuée par les forces de l’ordre

    15 h 22 | Première manifestation pour Lucas, étudiant

    Des étudiants en design numérique d’Yzeure sont dans le cortège de Moulins. Parmi eux, Lucas, 19 ans (à droite), vient pour la première fois dans une manifestation contre la réforme. « Le 49.3 était l’élément de trop, faut pas laisser passer ça et qu’on se mobilise tous pour faire retirer la réforme, c’est encore possible. »

    15 h 20 | 15,5 % de grévistes dans la fonction publique d’Etat à la mi-journée

    Un peu plus d’un agent sur six (15,5 %) était en grève jeudi à la mi-journée dans la fonction publique d’État pour la 9e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, selon le ministère de la Fonction publique. Dans la fonction publique territoriale, le taux de grévistes était de 6,5 % tandis que la mobilisation atteignait 8,1 % dans la fonction publique hospitalière. Le 15 mars, 3,1 % des agents étaient en grève.

    15 h 14 | Claude, 70 ans, se bat pour ses petites filles

    À Montluçon, le cortège est sur le pont Saint-Jacques. Claude, 70 ans, retraité : « j’ai deux petites filles de 18 et 13 ans, et on va leur laisser une société en bien mauvais état. Je ne suis pas dans la rue pour moi mais pour elles, parce qu’il faut que cela change ».

    Je ne préfère pas parler de l’intervention du Président de la République à la télé parce qu’il a l’âge de mon fils et, si c’était mon fils, je lui botterais le cul et vous pouvez me citer dans votre journal.

    CLAUDE (retraité à Montluçon)

    15 h 10 | Départ de la manifestation à Vichy

    Les manifestants parlent de plus de 2.300 personnes. Lors de la 8e journée de mobilisation, entre 800 et 1.000 manifestants étaient dénombrés par la police, 1.500 par les syndicats.

    15 h 07 | « Il faut multiplier les blocages »

    Animatrice culturelle à Saint-Léon, Marilyne dans le cortège de Moulins, n’a pas voulu écouter le discours d’Emmanuel Macron ce mercredi.

    On le connait maintenant, il n’écoute personne. Pour moi les manifestations ne suffisent plus, il ne les prend pas en compte, il faut multiplier les blocages.

    MARILYNE (animatrice culturelle à Moulins)
    Dans le cortège de Moulins, la CGT distribue des tracts pour annoncer un blocage massif à Saint-Pourçain-sur-Sioule demain, où des manifestants de tout le département de l’Allier se rejoindront à 7 heures du matin, au kiosque.

    15 h 04 | Des lycéens en tête de cortège à Vichy

    Les jeunes élèves du lycée Valery-Larbaud, et d’autres qui les ont rejoints, sont en tête de manifestation. Antoine Jubin signale que la manifestation passera devant la permanence de Nicolas Ray LR député de la troisième circonscription qui n’a pas voté la motion et dont la position « tiède » est fustigée par les syndicats qui demandaient à être reçu par le député avant le vote des motions à l’Assemblée.
    15 heures | Une manifestation de grande ampleur au Puy-en-Velay

    La neuvième manifestation contre la réforme des retraites à l’appel de l’intersyndicale, a encore réuni plusieurs milliers de personnes ce jeudi au Puy. Ce jeudi, ils étaient près 4.250 selon la préfecture et 15.000 selon les syndicats. Le 15 mars, ils étaient 8.000 manifestants, 2.700 selon les autorités. Lire l’article complet ici.

    14 h 58 | Le barrage filtrant à Murat est mis en place

    14 h 55 | Départ du cortège à Montluçon

    C’est parti à Montluçon avenue de la République où Jade, élève de seconde au Lycée Madame de Staël, en tête de cortège avec d’autres lycéens dénonce la politique d’Emmanuel Macron.

    C’est une politique antidémocratique et le peuple ne va pas se laisser faire. Le peuple français est celui qui a pris la Bastille en 1789 et le Président a oublié cela. Nous allons continuer de nous battre.

    JADE (lycéenne à Montluçon)
    14 h 54 | Un parcours plus court à Moulins

    La 9e manifestation contre la réforme des retraites à commencé, place de la Liberté à Moulins. Le parcours, plus court que les dernières fois, passera devant la préfecture de l’Allier, ainsi que le Conseil départementale, avant de terminer à la gare de Moulins.

    14 h 50 | « Faites du bruit pour tous ceux qui travaillent dans des métiers pénibles »

    À Vichy, Antoine Jubin enjoint les manifestants à occuper, à bloquer, à continuer la lutte. « Nous avons été rencontrer les éboueurs de Bayet ce matin qui ont une espérance de vie de 10 ans de moins que la moyenne nationale. Ils sont en grève aujourd’hui. Faites du bruit pour tous ceux qui travaillent dans des métiers pénibles. Enedis aussi est en grève aujourd’hui. Nous pensons à tous ces métiers de l’ombre et aussi aux cheminots qui nous donnent l’exemple de la grève dure. » L’intersyndicale appelle à la solidarité et à faire un don pour la caisse de grève.

    14 h 40 | Opération escargot à Brive

    Une demi-heure avant le départ de la manifestation à Brive, en Corrèze, des engins d’Enedis font une opération escargot sur la première ceinture de boulevard, accompagnée de pétards.

    14 h 32 | Un barrage filtrant à Murat, dans le Cantal

    À Murat, dans le Cantal, un barrage filtrant va être mis en place au carrefour de la croix Joly, sur la RN 122. C’est le « plat de résistance » promis par l’intersyndicale, après la manifestation d’Aurillac (l’entrée) et avant celle de Saint-Flour à 17 heures (le dessert). Une petite centaine de personnes défile actuellement dans ce qui est la première action dans la commune depuis le début du mouvement

    14 h 26 | Des dégradations dans plusieurs villes de France

    À Rennes, la situation s’est tendue avec plusieurs interpellations de la part des forces de l’ordre. Des jets de projectiles, des dégradations de mobiliers urbains et des feux de poubelle ont été constatés. 
    À Nantes et Lorient, les manifestations ont quelque peu été perturbées. Un tribunal administratif et un commissariat ont notamment été visés.

    14 h 16 | Fin de manifestation à Clermont-Ferrand

    Les députés du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi, Christine Pirès Beaune et André Chassaigne ont pris la parole afin de signifier leur soutien aux manifestants. La manifestation s’achève à Clermont-Ferrand.

    14 h 10 | À Tulle, les syndicalistes dénoncent un gazage

    « On se sent concernés : nous non plus, on ne veut pas mourir au travail ! »

    14 heures | 48.000 manifestants à Clermont-Ferrand pour les syndicats

    À Clermont-Ferrand, les syndicats prennent la parole les uns après les autres pour conclure cette manifestation, place de Jaude, au pied de la statue de Vercingetorix. Ils annoncent le chiffre de 48.000 manifestants dans les rues de la capitale auvergnate et appellent à la grève et à continuer à se mobiliser.

    13 h 23 | Le nombre de grévistes en légère hausse à EDF

    La direction d’EDF annonce qu’il y a 25,3 % de grévistes chez EDF à la mi-journée. Un chiffre en légère hausse par rapport au 15 mars où ils étaient 22,45 %.

    13 h 10 | Fin de la mobilisation à Tulle

    La première phase de mobilisation en Corrèze est en passe de se terminer à Tulle, avec le cortège qui se disperse du secteur de la préfecture. Deux autres mobilisations sont simultanément attendues à partir de 15 heures à Brive et Ussel.

    2.000 manifestants poursuivent la lutte contre la réforme des retraites à Tulle

    13 heures |13.500 personnes à Clermont-Ferrand selon la police
    À Clermont-Ferrand, les manifestants envahissent la place de Jaude. Selon la police, ils seraient 13.500. Lors de la 8e journée d’actions, les autorités ont dénombré 6.500 manifestants et 12.000 selon les syndicats.

    12 h 31 | Des manifestants sur la RN 145, à hauteur de Guéret

    Dans un tweet, la préfète de la Creuse met en garde face à la présence de manifestants sur la RN 145.

    12 h 28 | 25 % de grévistes à midi à la SNCF

    La SNCF compte 25 % de grévistes à midi, selon une source syndicale citée par l’AFP.

    12 h 23 | 2.000 manifestants à Tulle selon notre comptage

    Une mobilisation équivalente au 15 mars.

    12 h 13 | « Il est temps d’intégrer la question sociale dans le débat politique »

    À Clermont-Ferrand, Stéphane Simon, secrétaire adjoint départemental 63 de la FSU territoriale et agent à Clermont Auvergne Métropole souligne « la spontanéité de la mobilisation de la population depuis le début du mouvement en dehors même de l’accompagnement des syndicats. Plus de personnes sont impliquées. Il est temps d’intégrer la question sociale dans le débat politique ».

    12 h 10 | À Tulle, des chants rythment le cortège

    « Macron t’es foutu, les enfants sont dans la rue », chantent les manifestants qui demandent un « régime spécial pour Macron ».

    « La réforme n’est pas votée, elle est imposée, donc on ne s’arrête pas ! » Sur les blocages à Tulle

    12 h 05 | L’Aviation civile demande d’annuler 30% des vols à Orly ce vendredi, d’autres aéroports touchés

    D’après RMC, la Direction générale de l’Aviation civile demande aux compagnies d’annuler à nouveau 30% de leurs vols à Paris-Orly ce vendredi et 20% dans d’autres aéroports en raison de la grève de contrôleurs aériens contre la réforme des retraites.

    Les aéroports concernés par la suppression d’un vol sur cinq seront Marseille-Provence, Bordeaux-Mérignac et Lyon-Saint-Exupéry, et ce aussi bien vendredi que samedi, a précisé la DGAC dans un communiqué. À Orly, la situation s’améliorera samedi pour les voyageurs avec 15% des vols annulés.

    11 h 55 | Les manifestations se poursuivent à Clermont-Ferrand Photo Frédéric Marquet

    Photo Thierry Nicolas
     

    11 h 51 | « La rue reste le meilleur moyen de gagner »

    Pour Luc, retraité, manifestant à Tulle, « la rue reste le meilleur moyen de gagner. Si nous perdons, ce sera faute de combattants ».

    11 h 46 | À Brive, la grève contre la réforme des retraites fait tache d’huile dans les collèges et lycées

    Jusque-là un peu en retrait, le secteur de l’Éducation nationale semble être un des moteurs de la neuvième journée de mobilisation contre la réforme des retraites à Brive (Corrèze). Notre article complet ici. 

    11 h 40 | Réquisition prolongée au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer 

    La réquisition de salariés grévistes au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a été prorogée de deux jours grâce à un nouvel arrêté mercredi, a déclaré la Préfecture de police des Bouches-du-Rhône jeudi 23 mars. Il reprend les conditions de l’arrêté initial, annoncé mardi par le ministère de la Transition énergétique, soit la réquisition de « trois salariés par relève ».

    11 h 37 | 21,41% d’enseignants grévistes, selon le ministère de l’Education nationale

    11 h 33 | Pour Jade, 18 ans, le mouvement « va se radicaliser tout seul »

    Au premier rang du cortège des jeunes, Jade, 18 ans, n’a raté aucune manifestation, même les sauvages. Elle considère que « le gouvernement s’est mis la jeunesse à dos » et que le mouvement « va se radicaliser tout seul ». Alors que la manifestation remonte l’avenue des Paulines, à Clermont, Jade assure qu’elle ira « jusqu’au bout ».

    11 h 25 | Un motard meurt dans un accident près d’un barrage contre les retraites à Amiens

    Un motard a trouvé la mort jeudi matin dans un choc avec une voiture à Argoeuves près d’Amiens, dans une zone industrielle où sont organisés des barrages filtrants dans le cadre de la contestation de la réforme des retraites, rapporte BFM TV.

    Les pompiers de la Somme sont « intervenus vers 6h40 à proximité de la ZI Nord pour un accident entre un motard et un véhicule léger. Le motard a été déclaré décédé sur place », a indiqué la préfecture de la Somme.

    Âge légal, durée de cotisation, régimes spéciaux… Que contient exactement la réforme des retraites ?

    11 h 20 | À Tulle, la manifestation se prépare à partir de la gare en direction de la préfecture

    11 h 14 | À Aurillac, 3.000 personnes selon les syndicats (2.600 selon la police) manifestent actuellement contre la réforme des retraites

    Le 15 mars, 1.500 manifestants étaient dénombrés selon les syndicats, 1.300 selon la police à Aurillac.

    11 h 11 | En Creuse, 4.000 manifestants à Guéret selon les syndicats, 3750 selon la police

    Lors de la 8e journée d’actions, le 15 mars, entre 1.800 et 2.000 manifestants étaient réunis à Guéret, selon les autorités.

    Près de 4.000 manifestants mobilisés contre la réforme des retraites à Guéret (Creuse) ce jeudi 23 mars

    11 h 07 | « Nous trouvons que l’utilisation du 49.3, c’est anti-démocratique »

    Élèves de première et de terminale, au lycée Émile-Duclaux, à Aurillac, Pauline, Anna, Romane et Adèle ont décidé de participer à la manifestation contre la réforme des retraites, ce jeudi 23 mars.

    Pour nous, c’est important de manifester aujourd’hui et soutenir les gens qui se lèvent tôt. Et puis nous trouvons que l’utilisation du 49.3, c’est anti-démocratique. On a le sentiment que Macron méprise les gens. Hier, lors de son intervention télévisée, il avait toujours un petit sourire narquois, c’était agaçant !

    PAULINE, ANNA, ROMANE ET ADÈLE (à Aurillac)
    11 h 02 | Barrages filtrants aux entrées des lycées Paul-Constans et Madame-de-Staël à Montluçon

    À quelques heures d’une nouvelle manifestation contre la réforme des retraites à Montluçon (Allier), ce jeudi 23 mars, environ 200 élèves des lycées Paul-Constans et Madame-de-Staël ont bloqué partiellement ce matin les entrées de leurs établissements. Lire notre article complet ici.
     

    11 heures | Des blocages à Roissy empêchent les voyageurs de rejoindre l’aéroport en voiture

    De manifestants de la CGT Roissy CDG Aéroport bloquent l’accès au terminal 1 de l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle. D’après RMC, des bouchons se forment et les voyageurs sont contraints de marcher pour rejoindre l’aéroport.

    10 h 52 | Le ministre du Travail croit encore à la discussion
    Malgré la colère des syndicats et des oppositions, le ministre du Travail, Olivier Dussopt, invité de RTL ce jeudi, croit toujours à la discussion. Il ne veut pas « être dans le déni après ce conflit, ne pas penser qu’on va effacer les choses, il y a un avant et un après mais les sujets sont nombreux pour renouer le dialogue » entre le gouvernement et les syndicats. 

    « Lunaire », « marques de mépris »… Les réactions après l’interview d’Emmanuel Macron sur la réforme des retraites

    10 h 50 | Un barrage filtrant installé à Moulins

    En attendant la manifestation, qui débutera à 14h30 place de la Liberté à Moulins, les syndicats se mobilisent depuis 6 heures ce matin. La circulation est fortement ralentie au rond-point d’Avrilly sur la N7 au nord de Moulins. Le barrage filtrant d’une cinquantaine de manifestants entraîne des embouteillages jusqu’à Villeneuve-sur-Allier, dix kilomètres plus loin.

    10 h 46 | Entre 1.500 et 2.000 personnes, selon les premières estimations, défilent à Aurillac (Cantal). Et des retardataires continuent à arriver

    Nos premières images de la mobilisation contre la réforme des retraites à Aurillac : le 49.3 symboliquement brûlé

    10 h 45 | Inquiétude face aux répressions

    Alors que les jeunes et le cortège des syndicats convergent, à Clermont, Jean (UNEF), s’inquiète d’une forme nouvelle de répression. « Ça peut entraîner une baisse de la mobilisation. Mais je garde espoir parce qu’il n’y a jamais eu autant de jeunes. Ils deviennent de plus en plus radicaux dans leur manière de penser. »

    10 h 40 | Une forte mobilisation attendue partout en France

    La police prévoit « entre 600 et 800 000 personnes sur environ 320 actions », dans tout le pays, ce jeudi, dont 40 à 70 000 à Paris.

    10 h 37 | « On n’a pas connu une telle journée de mobilisation dans le secondaire à Brive depuis longtemps »

    À Brive, en attendant la manifestation de cet après-midi, des élèves bloquent l’entrée du lycée collège d’Arsonval ; grève suivie à Cabanis, Lavoisier, Simone-Veil, le collège Jean-Lurcat est fermé. « On n’a pas connu une telle journée de mobilisation dans le secondaire à Brive depuis longtemps », assure Arnaud Boyer, un responsable FSU.

    10 h 34 | « Nous allons nous retrouver avec des agents qui seront inaptes avant 64 ans » : des membres de l’UNSA Santé et Sociaux mobilisés à Clermont-Ferrand

  • Réforme des retraites : même ces plongeurs du CNRS sont mobilisés.

    L’équipe de plongeurs de la Station biologique de Roscoff, qui dépend du CNRS et de Sorbonne université, tient à faire part de son opposition au texte, même à 26 mètres sous la mer.

  • RÉFORME DES RETRAITES –

    Même à 26 mètres sous la mer, l’opposition ne lâche rien. Alors que les organisations syndicales et une partie du monde politique continuent à lutter contre le projet de réforme des retraites, et ce malgré l’adoption du texte au Parlement grâce au 49.3, une photo circule beaucoup ces derniers jours. Et pour cause : elle détonne. Le drapeau rouge de la CGT que l’on y voit ne flotte pas au vent, mais loin sous la surface de la Manche.

    « Vous tombez bien, je reviens tout juste de la manif’ », répond d’emblée au HuffPost Wilfried Thomas, l’auteur de la fameuse photographie.

    À 50 ans, l’homme est plongeur scientifique « classe 2B » pour le CNRS et Sorbonne université, au sein d’une équipe basée à la Station biologique de Roscoff, lieu historique de la recherche en biologie marine.

  • Jusqu’à 150 sorties sous-marines annuelles par plongeur.

    Cela signifie que tout au long de l’année, Wilfried Thomas et ses collègues plongent dans la baie de Morlaix et plus largement sur la côte bretonne.

    Au programme, la prise de photos pour répondre aux demandes « des scientifiques, des étudiants, des laboratoires… », mais surtout le triptyque « récolte, observation, recherche ».

    Il explique : « On récolte des algues un peu partout en Bretagne, on fait de l’entretien de matériel sous l’eau, par exemple des capteurs de température ou de PH, des courantomètres…

    Et pour ce qui est la recherche, on fait des suivis notamment sur les algues, sur des espèces introduites. »

  • Au total, son équipe fait 250 sorties sous-marines par an, soit entre 120 et 150 pour chacun des trois membres qui la composent.

    En l’occurrence, le jour où Wilfried Thomas a pris la photo, son équipe devait récolter des algues au large de Morlaix et en photographier en vue d’observations scientifiques.

    « C’est un collègue syndiqué sur la photo, le responsable du service photo de la Station.

    Comme on avait une demande de sortie plongée ce jour-là, on s’est dit qu’on allait prendre le drapeau et l’afficher sous l’eau. »

    Avec un objectif : « Monter que pour nous, cette réforme, ça va être compliqué… »

  • Il semble indéniable, à la vision de la photo mise en place par la C G T que cela và un peu loin…

    Celà demontre la révolte qui và au fond des mers.

    C’est pas un exploit, c’est la mailleure façon de lutter contre l’Ecologie au plein sens du terme.

    Le Panda

  • Un travail pénible et quatre ans de rab.

    Car le quotidien d’un plongeur est loin d’être de tout repos.

    « On est embauchés sur le profil de techniciens des milieux naturels et ruraux, mais sur notre fiche de poste, c’est bien écrit plongeur sous-marin », précise-t-il au HuffPost.

    « Nous, on est une équipe de trois plongeurs, et on ne fait que ça : plonger et piloter des embarcations légères. »

    Or avec 19 ans de boutique et en ayant atteint la cinquantaine, Wilfried Thomas sent bien que « ça commence à être plus compliqué physiquement de suivre la cadence », surtout quand il faut « bosser avec des perforateurs ou porters des trucs lourds » lors de plongées.

  • En l’occurrence, la réforme des retraites lui est particulièrement défavorable.

    « Quand il y avait le compte pénibilité, le fait de plonger permettait de le remplir et j’aurais pu partir deux ans avant, à 60 ans », détaille le plongeur.

    « Là, avec la mention ’sédentaire’ sur mon poste, je n’aurai plus rien niveau pénibilité, et en plus on me rajoute deux ans.

    Donc ce sera 64 ans au lieu de 60… »

  • Reste la possibilité, comme le clame le gouvernement, de se reconvertir professionnellement ou d’occuper un autre poste au sein de son entreprise.

    Ce que Wilfried Thomas dénonce, là encore.

    « On peut être déplacés ailleurs au sein du CNRS.

    Mais alors ça veut dire que nos postes de plongeurs n’existeront plus, ou aux dépens d’autres emplois. 

    Et si l’on doit se former et partir ailleurs, et bah tant pis pour nous : on repartira au Smic dans un nouveau boulot alors qu’on aura fait 25 ou 30 ans ici… »

  • Fergus 25 mars 15:11
    Bonjour, Le Panda

    Dommage que Pesquet ne parte pas dans les jours qui viennent sur la Lune (où il a des chances de poser le pied) : lui aussi aurait pu amener un drapeau syndical sur notre satellite pour soutenir la lutte. 02

    PS : Je connais bien Roscoff — j’habitais à 25 km de là — et cette station biologique. J’y ai assisté il y a a une quinzaine d’années à une conférence sur les algues.19

  • Le Panda 25 mars 15:32
    @Fergus

    Oui tu adopte l’humour, mais pourquoi pas    
    PS : Je connais bien Roscoff — j’habitais à 25 km de là — et cette station biologique. J’y ai assisté il y a a une quinzaine d’années à une conférence sur les algues.24

    Je m’y suis rendu à l’époque ou tu étais sur Les Voix et n’ayant que ton « clone » en image je n’ai pu te reconnaitre  

    Mais je suis idiot oui, oui, j’avais ton tél à l’époque, mais je l’avais laissé à mon bureau, nous aurions pu nous taper une « bonne bouffe » car je connais moins que toi évident, mais j’ai les coordonnées de quelques bons restos du coin.    J’étais avec mon épouse, donc cela aurait pu être sympa…15

      Dommage que Pesquet ne parte pas dans les jours qui viennent sur la Lune (où il a des chances de poser le pied : lui aussi aurait pu amener un drapeau syndical sur notre satellite pour soutenir la lutte. 

    On peut essayer de lui faire passer le message tu en penses quoi ? 16

       Le Panda

  • la mandale ou rien 25 mars 15:32
    @Fergus

    Pesquet est un bourge , qui plusieur fois a faillit prendre le ministere des transport .

    Faut arreter de nous presenter ces gens comme des persone vertuseuse .

    le personne vertueuse , elle ne sont pas admise en politique , on les croise dans les gares et Macron les apelle des personnes qui ne sont rien .

  • Fergus 25 mars 15:39
    Bonjour, la mandale ou rien

    Pour être franc, je ne sais pas grand chose de Pesquet, et la conquête spatiale m’intéresse assez peu.

    Mais le sujet passionne l’un de mes petits-fils, et il a une grande admiration pour Pesquet avec qui son école était en contact lors de l’un de ses précédents vols.

    Son empathie avec les enfants suffit à me le rendre sympathique.

  • Eric F 25 mars 10:36
    @yvesduc
    En terme écologique, ça ressemble à l’interdiction des minuscules ’’touillettes’’ en plastique, alors que nos poubelles jaunes de tri sélectif débordent de barquettes, pots, blisters etc. en quantité -dont très peu sont effectivement recyclés-.

    Mais tout comme pour la déclaration de revenus et nombreux formulaires et factures, on finira par s’habituer à la dématérialisation des tickets de caisse (il y aura même des ’’applications’’ permettant de les ventiler dans un suivi automatique des dépenses…). Souvenons-nous aussi des réticences à utiliser les cartes de paiement lorsqu’elles sont apparues, c’est désormais généralisé.

    On peut s’inquiéter de la divulgation de données, ainsi on peut découvrir avec surprise que les photos de son smarpthone sont archivées sur le ’’cloud’’ sans l’avoir demandé explicitement, mais on coche certaines options absconses. 

    A propos de la valeur commerciale des ’’données personnelles’’ et de la pub ciblée, il apparait toutefois que c’était très surfait, les ’’réseaux’’ qui en vivent ne sont plus aussi rentables et licencient en masse.

  • vercingetorix 22 mars 15:35
    Super et pendant ce temps il y a des files de camions qui traversent la France, des milliers de cargos mazoutés qui sillonnent les mers et des milliers de postérieurs posés dans des avions partis se faire bronzer la raie à l’autre bout du monde.

  • Fergus 24 mars 15:53
    Bonsoir, vercingetorix

    Oui, et…
    Faut-il pour autant se désintéresser du quotidien des gens ?

  • Au «Canard enchaîné», prises de bec et guerre de plumes

    En dénonçant dans «Cher Canard» une possible affaire d’emploi fictif et les méthodes de management du journal, Christophe Nobili, journaliste de l’hebdomadaire satirique, a semé le trouble.

    La direction se défend, mais certains salariés témoignent d’une atmosphère irrespirable, et espèrent un changement de cap.

  • La gorge nouée, cette figure du Canard enchaîné semble chercher le mot juste.

    Encore sous l’effet de la sidération, il parle tour à tour de «choc», de «gâchis», de «déchirure». 

    Difficile de décrire la crise inédite dans laquelle s’enfonce son journal depuis plusieurs mois.

    Au même titre que la quasi-totalité des personnes interrogées, il a accepté de s’exprimer à la seule condition de ne pas voir son nom apparaître.

    Autant par souci de se protéger que pour éviter de participer ouvertement à ce «grand déballage», si singulier dans cette rédaction resserrée, jusqu’ici habituée à la discrétion et aux secrets bien gardés. 

    «On est passé d’un extrême à l’autre», regrette-t-il.

  • Comme beaucoup de ses collègues, le journaliste a découvert «médusé» le livre de son confrère Christophe Nobili, Cher Canard.

    Ce dernier y raconte comment il en est arrivé à découvrir au sein du palmipède un «emploi fictif», qu’il compare à celui de l’affaire Fillon révélée par trois journalistes de l’hebdomadaire, dont Nobili lui-même.

    Cet emploi contesté est celui d’Edith Vandendaele, la compagne d’un des dessinateurs historiques du titre, André Escaro, payée pendant vingt-cinq ans sans avoir jamais mis un pied au siège du journal.

    Avec les charges, cette salariée fantôme a coûté plus de trois millions d’euros à l’entreprise, qui dément cependant toute infraction pénale.

  • L’affaire, qui empoisonne la vie de la rédaction et fait depuis près d’un an l’objet d’une enquête judiciaire, a «profondément heurté» notre interlocuteur.

    Mais beaucoup moins que le contenu de l’ouvrage de Nobili, qui rapporte des conversations privées tenues au sein du journal, dont certaines, s’offusque-t-il, ont été «tronquées et déformées». 

    Une «méthode insupportable», tance celui qui se dit désormais «tiraillé» entre le refus de défendre les «acrobaties financières» de la direction et celui de cautionner le brûlot qui les dénonce.

    Trop violent. Trop vengeur.

    Trop ravageur. Un écartèlement ressenti par plusieurs journalistes. 

    «La direction a merdé, c’est évident, mais je ne veux pas soutenir pour autant la démarche de Christophe, assure une autre plume palmée. 

    On se sent trahis, il est allé trop loin.»

  • Attaques personnelles.

    L’objet du litige, fabriqué dans le plus grand secret jusqu’à sa sortie le 8 mars, tient en 250 pages troussées dans le plus pur style Canard. 

    Le récit est drôle, enlevé, cruel et violent.

    Un mélange très troublant : l’immersion unique qu’il offre à l’intérieur d’une des rédactions les plus puissantes de France suscite à la fois un plaisir indiscret et un certain malaise.

    Car Nobili dépeint souvent les personnages de ce petit théâtre comme des êtres faibles et lâches, sans leur donner la possibilité de répondre, et ne s’interdit pas toujours les attaques personnelles ou les commentaires sur le physique.

  • L’opuscule cogne aussi sans gant sur la situation du Canard, décrivant un journal «à bout de souffle» et une équipe déprimée, accablée par une organisation désuète et une gestion clanique.

    Au détour de son récit, le renégat croque férocement une atmosphère de crépuscule.

    Comme lors de ce déjeuner avec un de ses proches : «Ce lundi-là, nous parlions du journal dont la qualité baisse autant que les ventes depuis quelques années, de l’absence de gros scoops depuis l’affaire Fillon, du gel incompréhensible des embauches, de la concurrence de Mediapart et de la nervosité grandissante de nos chefs… lorsque j’ai explosé.» 

    Plus loin, il évoque des journalistes «morts d’ennui en conférence de rédaction», plongés dans une «léthargie […] qui va bizarrement de pair, depuis quelques années, avec une tension professionnelle permanente, désagréable».

  • Sollicités par Libération, ni l’auteur du bouquin, Christophe Nobili, ni le directeur du Canard, Nicolas Brimo, n’ont souhaité s’exprimer.

    Pas envie d’en rajouter.

    Seul Erik Emptaz, rédacteur en chef et administrateur du journal depuis plus de trente ans, a accepté de nous voir au café Verlet, juste en face de la rédaction. 

    «Une enquête est toujours en cours, et ce que nous avons à dire, nous l’avons écrit dans le journal», s’excuse-t-il poliment.

    Costume sombre et barbe grisonnante, le fringant septuagénaire ne décolère pas. 

    «On a découvert le livre en fin de bouclage, la veille de la sortie, maugrée-t-il en touillant son expresso. 

    Mais ce qui passe mal, c’est qu’en octobre, alors qu’on nous avait rapporté de plusieurs sources que Nobili avait ce projet, nous lui avons posé la question.

    Devant la rédaction, il a violemment démenti et donné sa parole qu’il n’écrivait aucun bouquin».

  • «Fixation obsessionnelle»

    Lorsque Emptaz finit par recevoir l’ouvrage, il est trop tard pour y répondre dans le journal du lendemain.

    Il faudra attendre la semaine suivante pour lire ses explications courroucées, cosignées avec Jean-François Julliard, l’autre rédacteur en chef.

    Dans un article au vitriol, intitulé «Un ami qui nous veut du bien», le tandem étrille un «livre amer et dénigrant», avant de se justifier sur les accusations d’emploi fictif.

    Après sa retraite, en 1997, Escaro aurait livré «à la demande de la direction» plus de 8 000 cabochons (petits dessins) jusqu’en 2022 sans être rémunéré.

    Raison pour laquelle sa compagne Edith, avec laquelle il avait l’habitude de travailler «en équipe», aurait été salariée à sa place.

  • Une défense déjà esquissée quelques mois plus tôt dans un texte signé par le comité d’administration du journal, où il était précisé qu’Edith avait «mâché le travail» d’Escaro et «lu la presse pour lui» durant toutes ces années, arguments qui en avaient alors fait sourire certains. 

    «Elle bossait vraiment et nous avons dit comment, insiste à nouveau Emptaz devant sa tasse vide. 

    Qui est lésé dans cette affaire ? Il n’y a ni abus de bien social ni préjudice pour qui que ce soit.» 

    Bref, pas de quoi casser trois pattes à un canard selon le rédac chef, qui s’interroge dans son texte sur la «fixation obsessionnelle» de Nobili avant de l’inviter ouvertement à démissionner.

    Une saillie diversement appréciée en interne. 

    «Tout le monde sait au journal qu’Edith ne travaillait pas. Même les gens qui défendent la direction», persifle une plume historique.

  • Quelques jours plus tard, une réponse à la réponse, signée par 23 personnes dont une dizaine de pigistes, est lue à l’ouverture de la conférence de rédaction dans un silence glacial.

    Les réfractaires, qui ne se satisfont pas des explications fournies sur l’emploi d’Edith et jugent le texte d’Emptaz et Julliard trop virulent, tiennent à se désolidariser de son contenu. 

    «Rien ne semble pouvoir justifier la publication, dans les colonnes du journal, de cette réponse en forme de règlement de compte», estiment-ils.

    Mais à peine la lecture du texte achevée, le directeur de la rédaction, Nicolas Brimo, enchaîne avec désinvolture : «Allez, on passe au journal.» 

    Fermez le ban.

  • Le Panda 27 mars 09:32
    Bonjour, Fergus

    Tu as ouvert le débat, je suis revenu pour voir ta réponse….

    Au « Canard enchaîné », prises de bec et guerre de plumes

    En dénonçant dans « Cher Canard » une possible affaire d’emploi fictif et les méthodes de management du journal, Christophe Nobili, journaliste de l’hebdomadaire satirique, a semé le trouble.

    La direction se défend, mais certains salariés témoignent d’une atmosphère irrespirable, et espèrent un changement de cap.  

     

    Ce n’est que le début d’une faim sans ticket, j’espére que tu as passé un week-end

    Le Panda

  • Fergus 27 mars 11:15
    Bonjour, Le Panda

    Je ne sais pas qui a affirmé que l’atmosphère au Canard est « irrespirable ». Cela dit, il est vrai qu’il y a des tensions liées au fait que Nobili soit toujours salarié du journal.

    Sur l’affaire elle-même, les explications apportées par le Canard semblent démontrer qu’il ne peut pas y avoir de soupçon d’emploi fictif, la réalité du travail fourni étant avérée, la seule entorse — de nature administrative — portant sur le fait que c’est l’épouse d’Escaro qui est rémunérée et non le dessinateur retraité (mais toujours actif par ses dessins).

    J’ajoute à cela que je connais Michel Gaillard, l’ancien directeur du journal, qui est à l’origine de ce « pataquès ». Et je peux t’affirmer qu’il s’agit d’un type d’une grande probité qui n’aurait jamais détourné au profit de quiconque le moindre centime des actifs financiers du Canard.

    Par conséquent, pas d’emploi fictif, mais probablement un arrangement (répréhensible en regard des pratiques administratives habituelles) mis en place pour améliorer les revenus déclarés d’Edith Vanderdaele en échange du travail — bien réel ! — de son époux André Escaro, inspiré par les propositions intellectuelles de sa compagne.

    Oui, j’ai passé un très bon week-end, bien que déçu par la prestation des joueuses de l’équipe de France de rugby face aux Italiennes. Il faudra qu’elles soient nettement plus rigoureuses contre les Anglaises. 

    Excellente semaine à toi !

  • Le Panda 27 mars 12:29
    @Fergus
    Je complétement en accord, avec les françaises qui m’ont aussi décu, mais attendons le week-end prochain pour être plus précis car elles ne se sont pas entrainés ensemble depuis 15 jours.

    L’affaire, qui empoisonne la vie de la rédaction et fait depuis près d’un an l’objet d’une enquête judiciaire, a « profondément heurté » notre interlocuteur. Mais beaucoup moins que le contenu de l’ouvrage de Nobili, qui rapporte des conversations privées tenues au sein du journal, dont certaines, s’offusque-t-il, ont été « tronquées et déformées ». Une « méthode insupportable », tance celui qui se dit désormais « tiraillé » entre le refus de défendre les « acrobaties financières » de la direction et celui de cautionner le brûlot qui les dénonce. Trop violent. Trop vengeur. Trop ravageur. Un écartèlement ressenti par plusieurs journalistes. 

    « La direction a merdé, c’est évident, mais je ne veux pas soutenir pour autant la démarche de Christophe, assure une autre plume palmée. On se sent trahis, il est allé trop loin. »

    Tu veux la suite ou pas ? Bon courage à toi aussi.

      Le Panda

  • Fergus 27 mars 13:07
    @ Le Panda

    Oui, « la direction a merdé », mais sans qu’il y ait eu pour autant une démarche choquante au plan éthique. Et c’est bien là le principal.

    C’est pourquoi, lorsque des salariés du Canard disent « On se sent trahis, il est allé trop loin », cela se comprend aisément.

    Nobili a en effet tenté de monter en épingle une affaire picrocholine qui n’aurait pas dû aller plus loin qu’une tape sur le bec du Canard, histoire de lui rappeler le bon usage des règles administratives.

  • Emmanuel Macron, fossoyeur de la démocratie française ?

    Face à la rue, la seule réponse du Président est le mépris à l’égard de la «foule» et la répression policière brutale, comme au pire moment des gilets jaunes.

  • Emmanuel Macron a pris goût à l’exercice solitaire du pouvoir comme le montre la façon dont il a imposé sa réforme des retraites et son incompréhension totale de la révolte populaire qu’il a suscitée par ses méthodes.

    Certes, la Constitution de la Ve République – et surtout son interprétation gaullienne – a concentré des pouvoirs importants dans les mains du président de la République, faisant de la France une démocratie autoritaire sans équivalent en Occident, mais l’actuel locataire de l’Elysée a poussé à son paroxysme les dérives inhérentes au présidentialisme hexagonal.

  • Pouvait-il en être autrement dès lors qu’Emmanuel Macron a, durant la pandémie, en 2020 et 2021, dirigé seul le pays, entouré d’un cabinet secret, le «conseil de défense», après avoir suspendu la quasi-totalité des libertés publiques ?

    Ses décisions les plus absurdes aux fondements scientifiques douteux, du confinement au couvre-feu à heures variables, en passant par l’auto-autorisation de sortie, l’ouverture ou la fermeture des commerces, le droit ou non d’acheter un arbre de Noël ou des vêtements pour enfant, l’obligation de porter un masque en plein air, l’interdiction de s’arrêter à l’extérieur, le «pass sanitaire» puis «vaccinal» pour aller boire un café, et on en passe, ont été approuvés et applaudis.

  • Non seulement les contrepouvoirs législatif, judiciaire et médiatique ont renoncé à exercer leur rôle, sauf à de rares exceptions, mais surtout les Français se sont soumis sans rechigner, eux qui adorent pourtant se révolter à tout propos.

    Pour imposer sans débat cet Etat d’exception, Emmanuel Macron a disposé d’un puissant levier, celui de la peur la plus primale, celle de mourir.

    Dès lors, même l’inacceptable devenait désirable.

  • L’hubris d’un personnage qui avait goûté à un pouvoir sans précédent.

    A circonstances exceptionnelles, régime exceptionnel dira-t-on.

    De fait, sous la République romaine déjà, en période de crise grave, les pouvoirs étaient concentrés dans les mains d’une personne, le dictateur.

    Mais à l’issue de la crise, il renonçait à son pouvoir absolu et retournait cultiver ses terres, tel Cincinnatus qui a exercé cette charge à deux reprises en 458 et 439 avant JC et qui est resté un exemple de dévouement au bien public, de vertu et de modestie.

    Le problème est qu’Emmanuel Macron, à l’issue de la crise du coronavirus, loin de retourner dans sa Picardie natale, n’a pas renoncé au pouvoir.

    Faute d’alternative crédible, les Français l’ont réélu, mais percevant inconsciemment l’hubris d’un personnage qui avait goûté à un pouvoir sans précédent, l’ont entravé en lui refusant une majorité absolue à l’Assemblée.

  • Le jeune chef de l’Etat a semblé avoir compris le message.

    Lors de son discours d’investiture, le 7 mai 2022, il a promis une «renaissance démocratique», appelant au «respect», à la «considération», à «l’association de tous» : 

    «Il nous faut inventer une méthode nouvelle loin des rites et chorégraphies usés par laquelle nous pourrons seul bâtir un nouveau contrat productif, social et écologique en associant partout à travers le pays l’ensemble des forces vives politiques, économiques, sociales et culturelles.» 

    Beaucoup ont cru à cette rédemption, à ce souci du bien commun, à l’image du New York Times : «Il semble déterminé à faire preuve d’une nouvelle humilité et à rompre avec un style parfois brutal.»

    «C’est comme si Emmanuel Macron disait à ses compatriotes : la concentration de tout le pouvoir à l’Elysée, le président monarque, la verticalité, c’est fini ; le temps de la délibération, du dialogue social et de l’horizontalité est arrivé», s’enthousiasmait même le quotidien espagnol El País.

  • Mépris à l’égard des partenaires sociaux et des partis politiques.

    Ces bonnes intentions se sont vite évanouies, les mauvaises habitudes ayant la vie dure comme l’avaient compris les Romains.

    Dès le mois de septembre, Emmanuel Macron a convoqué un «conseil de défense» consacré à la crise de l’énergie, comme s’il n’avait pas compris que l’état d’exception était terminé et qu’un tel sujet relevait du processus normal de délibération démocratique et n’avait pas à être couvert par le secret-défense.

    Mais c’est avec la réforme des retraites qu’il a donné la mesure de son décrochage avec la réalité.

    Mépris affiché à l’égard des partenaires sociaux et des partis politiques, y compris l’ectoplasmique «Renaissance», tentatives de débauchage de la droite républicaine, alors que l’enjeu était de convaincre les syndicats et les citoyens, passage en force d’une réforme mal ficelée…

    Et face à la rue, sa seule réponse est le mépris à l’égard de la «foule» et la répression policière brutale, comme au pire moment des gilets jaunes.

  • Le principal argument d’Emmanuel Macron, pour justifier son entêtement, est que les Français l’ont élu pour ses propositions, ce qui est totalement faux.

    Refuser son programme et donc sa personne, c’était accepter l’arrivée à l’Elysée de radicaux, ce qu’une majorité de Français n’a pas voulu.

    Autrement dit, sa légitimité tient au refus des extrêmes, ce qui aurait dû le contraindre à rechercher un compromis acceptable par la société.

    En le refusant, persuadé d’avoir raison contre tous, il affaiblit davantage une démocratie française déjà fortement atteinte par l’épisode du Covid dont aucune leçon n’a été tirée.

    Emmanuel Macron qui prétendait la revivifier pourrait bien être son fossoyeur.

  • Réforme des retraites : oser la pause.

    Laurent Berger, qui a contribué (avec Philippe Martinez) à structurer un mouvement de contestation de la réforme des retraites massif, uni, populaire et, jusqu’au 49.3, pacifique, propose la solution sage : la pause.

  • La loi serait mise en suspens, par exemple six mois, comme le propose Laurent Berger, aux cours desquelles serait organisée une vaste consultation (ou négociation) sur le thème, beaucoup plus large, du travail.

    Une sorte de remise à plat générale paraît indispensable tant la question du travail devient matricielle de l’humeur nationale.

    Le travail est en effet source d’angoisse ou d’espoir et surtout d’incertitude, alors que l’impératif climatique et environnemental et la réorganisation de la mondialisation avec la guerre en Europe promettent de bouleverser nos vies et l’organisation sociale.

    S’interroger sur notre façon de travailler revient à se pencher sur l’organisation autant que sur le sens de nos vies individuelles et collectives.

    S’interroger sur la place et le rôle du travail, pris dans son acception la plus large, c’est se poser la question du monde que l’on souhaite, de la société que l’on veut.

  • Remise à plat.

    En vrac : salaire, pénibilité, participation, intéressement, place des représentants des travailleurs dans les conseils d’administration, temps choisi, place des jeunes et des séniors, mobilité, télétravail, inclusion, formation continue, transport, fiscalité du travail et du capital, inégalités des sexes, discriminations à l’embauche ou à la promotion, impact environnemental, statut des indépendants, ubérisation… et bien sûr la retraite et son financement.

    Cette grande conférence et ses éventuelles conclusions pourraient canaliser, positiver, raffiner les colères populaires erratiques, les transformer en projet de loi ou même en référendum de ratification.

  • Après l’expérience du Covid et alors que le coût de l’énergie va bouleverser toute l’organisation du travail, ne serait-il pas judicieux que les syndicats de salariés, les organisations patronales et les représentants de l’Etat et des collectivités procèdent à cette remise à plat ?

    Emmanuel Macron, tout seul, accroché à cette idée sarkozienne selon laquelle le courage en politique consiste à affronter la colère populaire et à ne «jamais céder» se vit en héros churchillien.

    Mais s’il n’arrive pas à convaincre la population du bien fait de sa réforme c’est qu’il n’a pas su lui donner un sens autre que comptable.

    Une grande réforme qui bouleverse la vie des gens doit être justifiée par un objectif collectif et tendu vers un horizon identifiable.

    «Quel est le monde qui va avec ma réforme ?»

  • Voilà la question que doit se poser un président réformateur.

    Il ne peut pas se la poser seul et la réponse à cette question doit être le fruit de longues délibérations.

    Si l’objectif est simplement de «sauver le système par répartition» alors une réforme ne peut passer que si tous, et surtout les plus aisés, sont mis à contribution et si l’effort demandé s’accompagne aussi d’une possibilité accrue de choisir son destin individuel.

  • Seule porte de sortie honorable.

    Emmanuel Macron serait bien inspiré de saisir cette perche tendue par Laurent Berger.

    Il ne le fait pas.

    Aucune voix forte (en existe-t-il ?) de sa majorité n’ose déclarer qu’il faut écouter le numéro un de la CFDT sur ce coup.

    Peut-être que le Conseil constitutionnel en retoquant, comme l’index sénior, donnera l’occasion à l’exécutif de mettre la réforme, obligatoirement promulguée, sur pause (par exemple en ne publiant aucun décret d’application), arguant que la responsabilité du gouvernement a été obtenue sur la base d’un équilibre de la réforme qui comprenait l’index sénior.

  • La pause semble la seule porte de sortie honorable pour le Président.

    Le commentaire facile serait de dire alors qu’Emmanuel Macron a cédé devant la rue.

    Il faudrait retenir ce commentaire réflexe, dicté par notre culture de l’affrontement.

    Non, si Emmanuel Macron décidait de suspendre sa réforme et de lancer une vaste réflexion sur le travail, ce serait une avancée démocratique, un pas vers la société de compromis.

    Pour cela il faudrait que la partie «progressiste» de la macronie ait un début de caractère et de courage pour tenter de peser sur le Président.

  • Réforme des retraites : à Paris, les blocages d’université sous la menace de l’extrême droite.

    Après l’agression, samedi, d’étudiants par le groupe «Waffen-Assas», les militants qui paralysent Dauphine redoutent d’autres actions violentes.

  • Ce lundi matin, les étudiants qui bloquent l’université Paris-Dauphine ne sont pas sereins. 

    «On est particulièrement vigilants quand on voit arriver quelqu’un qu’on ne connaît pas.

    On fait attention de rester groupés aussi», nous glisse l’une d’elles, qui préfère rester anonyme.

    La crainte ? Une descente de l’extrême droite pour débloquer le campus.

  • Le blocage de l’université a été décidé lors d’une assemblée générale réunissant 200 personnes mardi 21 mars.

    «Et jeudi, des membres de la Cocarde étudiante, association d’extrême droite, sont passés sur le site», nous explique une autre militante, elle aussi anonymement.

    Sur les messageries, les échanges sont rapides. Pour demander de l’aide aux organisations antifascistes, pour surveiller les réseaux d’extrême droite mais aussi pour appeler d’autres personnes à rejoindre le mouvement. 

    «Le nombre est notre meilleure défense. Notre université est dans le XVIe arrondissement de Paris, là où Zemmour a fait un de ses plus hauts scores, on sait que le lieu est symbolique», souffle notre première interlocutrice.

    L’objectif est bien d’éviter une confrontation, en fuyant si nécessaire, ou en imposant le respect par le nombre présent.

  • Armés de barres de fer et de couteaux.

    Les militants bloquant les sites de Cassin et Lourcine de l’université Paris-I Panthéon Sorbonne n’ont pas eu cette possibilité, samedi 25 mars.

    Ils étaient «treize» à paralyser deux bâtiments où des partiels étaient prévus, selon un étudiant joint par Libération.

    Vers 8h30, ils ont vu «une quarantaine de mecs» cagoulés et armés de barres de fer et de couteaux se diriger vers eux.

    A peine le temps de courir se réfugier dans un café, un centre médical ou un Franprix.

  • «Un camarade n’a pu échapper aux nombreux individus se dirigeant vers nous et a été roué de nombreux coups extrêmement violents, nécessitant sa prise en charge et son transfert à l’hôpital», écrivent les syndicats dans un communiqué dénonçant l’agression.

    Bilan : nez cassé et mâchoire fracturée. L’action est signée : «Waffen Assas» est tagué sur le mur de l’université, un nom qui cache le groupuscule d’extrême droite du GUD, selon les syndicats de Paris-I Panthéon Sorbonne qui signent le communiqué.

  • La descente de samedi était le sujet principal de l’assemblée générale des étudiants de l’université Paris-I Panthéon Sorbonne ce lundi matin.

    Comment se défendre face à de tels raids ?

    Les syndicats aimeraient le soutien des présidences d’université. Mais ils n’envisagent pas les mêmes réponses.

    A Dauphine, selon les militants présents, le président leur a demandé de lever le blocage, arguant du risque d’intervention de groupes fascisants.

    Pour les militants, il est hors de question de laisser la rue aux défenseurs de cette idéologie.

    «Face à l’intensification de la répression policière, et aux attaques par des bandes d’extrême droite, nous appelons les étudiants à s’organiser collectivement», écrit la Coordination nationale étudiante (proche du NPA).

    Une manifestation antifasciste est envisagée dans les jours à venir.

  • Référendum d’initiative partagée sur les retraites, un an et demi de parcours potentiel.

    Déposée le 17 mars, la proposition de loi visant à organiser un RIP sur l’âge de départ légal à la retraite n’est que le coup d’envoi d’un long processus. Si elle est validée par le Conseil constitutionnel, le parcours législatif ne s’achèverait au plus tôt que début 2024.

  • Tiens, revoilà le RIP ! A la faveur de la mobilisation contre la réforme des retraites, le référendum d’initiative partagée (RIP) redevient d’actualité.

    Une proposition de loi signée par 252 élus a été déposée le 17 mars, afin d’organiser un RIP visant à empêcher de fixer l’âge légal de départ au-delà de 62 ans.

    Cet outil prévu par la Constitution donne la possibilité de soumettre une proposition de loi au référendum.

    Mais pour en arriver là, il faut parcourir un long chemin.

    Avec cette infographie, nous avons décidé de vous en expliquer les différentes étapes.

  • Après le dépôt de la proposition par 20 % des parlementaires, le Conseil constitutionnel a un mois pour en évaluer la validité (d’ici le 17 avril, donc, pour ce qui est de l’âge de départ à la retraite).

    Si les Sages donnent leur feu vert, le ministère de l’Intérieur a ensuite un mois pour préparer les modalités de la consultation.

    Elle pourrait ainsi s’ouvrir à partir de la mi-mai et la loi prévoit qu’elle dure neuf mois. Ce qui nous amène au début de l’année 2024.

    Si la proposition recueille entre-temps 4,8 millions de signatures d’électeurs (10 % du corps électoral), le Sénat et l’Assemblée nationale ont un délai de six mois pour l’examiner.

    Si le Parlement ne répond pas à cette injonction, alors le président de la République doit soumettre le texte à un référendum.

    Pas avant la mi-juillet 2024, en l’espèce.

  • L’outil législatif permettant à organiser un RIP n’avait jusqu’à présent été utilisé qu’une seule fois, pour tenter de faire capoter la privatisation d’Aéroports de Paris.

    248 parlementaires avaient déposé leur proposition de loi en avril 2019 et, après validation de leur démarche par le Conseil constitutionnel, la phase de recueil des signatures s’est achevée le 12 mars 2020.

    Seul un million de signatures avaient alors été recueillies.

    La privatisation a toutefois été suspendue par le gouvernement dans un contexte de Covid qui a mis le secteur aérien à l’arrêt.

    Le processus n’a pas été réenclenché depuis.

  • Congrès de la CGT : le risque du grand bond en arrière.

    Philippe Martinez a fait entrer la CGT dans le XXIe siècle.

    Mais la contestation de sa ligne par les durs de la centrale de Montreuil fait craindre un éclatement du front syndical.

    Ce qui arrangerait bien Emmanuel Macron et son gouvernement.

  • Carambolage des calendriers, Philippe Martinez va passer la main ce vendredi, à l’issue du 53e congrès de la centrale de Montreuil, qui se tient depuis lundi à Clermont-Ferrand.

    Quelques jours après la 10e journée de mobilisation contre la réforme des retraites, un front sur lequel il a joué un rôle majeur dans un duo assez inédit avec son alter ego de la CFDT, Laurent Berger.

    La force du mouvement, même s’il n’a pas – ou pas encore si on veut être optimiste – obtenu le retrait du texte que le gouvernement a fait adopter au forceps via un recours plus que contesté à l’article 49.3 de la Constitution, a beaucoup tenu à l’unité des différents syndicats.

    Dans la diversité de leur tradition et de leur culture, l’objectif commun ayant pris le pas sur l’affirmation des identités individuelles.

    Cela a beaucoup été salué, à raison, et contribué au succès quantitatif des cortèges.

  • Mais c’est précisément un élément que Philippe Martinez paie en interne, comme l’a montré le camouflet reçu mardi à Clermont-Ferrand.

    Dans une ambiance tendue, les délégués ont rejeté – ce n’est pas courant – le rapport d’activité de la direction sortante. 

    Les tenants d’une ligne plus dure, attachés aux fondamentaux historiques de la CGT, règlent leurs comptes avec un secrétaire général qui a largement fait évoluer le centre de gravité de la centrale, dépassée dans les urnes par la CFDT mais qui a gagné en crédit dans le débat public.

    Parmi ses troupes, ils sont nombreux à le trouver trop mou, à souligner que la méthode douce n’a pas fait plier le gouvernement – ce qui hélas est vrai – et que la grève générale reconductible doit donc rester l’horizon de la lutte.

  • Risque pour l’unité syndicale.

    Des années Martinez, dont beaucoup pensaient, jusqu’à l’annonce de sa décision le 31 mai dernier, qu’il pourrait rempiler, on peut noter une vraie prise de conscience du péril climatique et des enjeux écologiques.

    Un virage, même timide, loin de satisfaire certaines fédérations particulièrement productivistes.

    Sous son leadership depuis janvier 2015, la question de l’égalité entre les femmes et les hommes a également pris plus de place dans les débats internes – ce qui a bousculé un collectif volontiers viriliste – et le syndicat s’est engagé dans la défense des droits des travailleurs ubérisés au-delà des seuls salariés des secteurs où il a ses bastions.

    Bref, Martinez a fait entrer la CGT dans le XXIe siècle et tout retour en arrière serait une mauvaise nouvelle.

  • Pour le front syndical aussi.

    Une prise de pouvoir des durs sur la centrale de Montreuil pourrait mettre en péril la fin de l’aventure collective.

    Alors qu’Elisabeth Borne a fini par convier les syndicats tous ensemble à Matignon – et même si c’est bien tard et sans dire que la réforme des retraites fera partie des discussions –, il est évident que si l’unité pour demander le retrait de la réforme éclatait en vol, le rapport de force déjà peu favorable en serait significativement amoindri.

    Le fait que Philippe Martinez n’ait pas illico rejeté la possibilité d’une «médiation» mise sur la table par Laurent Berger pour sortir de l’impasse, une option soutenue par la présidente du groupe LFI Mathilde Panot, lui est également fortement reproché.

    Notamment car il n’était plus formellement, à ce moment-là, secrétaire général du syndicat.

    Enfin, l’offensive de la ligne dure risque aussi de rebattre les cartes pour la succession du secrétaire général, qui soutenait la candidature de Marie Buisson, proche d’Oxfam et des ONG écolos.

    Ce serait fort dommage. Verdict vendredi.

  • Succession de Philippe Martinez : pour la CGT, un congrès mal gré.

    En pleine mobilisation contre la réforme des retraites, les militants, réunis à Clermont-Ferrand, se divisent sur l’élection du prochain secrétaire général au point de fragiliser la centrale.

    Critiquée sur sa stratégie, la direction sortante du syndicat a déjà subi le rejet de son rapport d’activité.

  • Un léger paradoxe flotte dans la Grand Halle d’Auvergne de Clermont-Ferrand, où la CGT tient cette semaine son 53e congrès.

    Au micro, les délégués qui se succèdent depuis mardi vantent tous une «CGT unie», «rassemblée». 

    Loin de dresser un constat désespéré, l’un d’eux a même partagé, mercredi en fin d’après-midi, sa «totale satisfaction» quant au fait «que le congrès soit animé d’un débat contradictoire sur les idées plutôt que les personnes».

  • «Passage en force».

    Pourtant, c’est peu dire que l’équipe sortante, incarnée par le désormais ancien secrétaire général Philippe Martinez, aura parfois été critiquée dans des termes virulents.

    Mercredi matin, alors que débutait l’examen du document d’orientation censé donner à la confédération sa ligne directrice pour les trois prochaines années, Christophe Claret, de la CGT des dockers de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a résumé la tonalité du courant protestataire : «Plus jamais ça, une direction confédérale muette, absente voire contre les travailleurs qui luttent ! […]

    Plus jamais ça, le secrétaire général de la CGT qui annonce lui-même qu’il y a deux CGT “irréconciliables” ! […]

    Plus jamais de médiation, plus jamais et bon vent !»

    «Plus jamais ça», comme le nom de l’alliance dans laquelle la CGT s’est engagée courant 2020 avec plusieurs organisations écologistes, dont les antinucléaires de Greenpeace, et qui cristallise bien des critiques venues notamment des secteurs de l’énergie ou de la chimie.

  • La veille, la direction sortante avait essuyé un sévère désaveu en voyant le rapport d’activité du dernier mandat rejeté par 50,32 % des voix exprimées à travers le millier de délégués réunis au congrès.

    Les débats avaient rejoué les conflits sur le manque de démocratie interne ainsi que l’orientation idéologique et stratégique du syndicat.

    Ici, une secrétaire de l’union locale d’Annecy (Haute-Savoie) avait fustigé «un passage en force et sans débats» sur un éventuel rapprochement de la CGT avec la FSU et Solidaires.

    Là, un délégué avait critiqué «les errements d’un mandat qui sans la lutte des retraites serait terne et vide», et estimé que «la quasidésignation officielle d’une personne relève plus du royalisme que de la CGT» – une attaque contre la façon dont Philippe Martinez a désigné Marie Buisson, secrétaire générale de la fédération de l’éducation, comme sa successeuse dès juin 2022.

    Murielle Morand, de la CGT du Rhône et de la fédération des industries chimiques, a même lancé au micro : «Camarade Philippe Martinez, qui t’a donné mandat pour parler de médiation alors que les travailleurs sont dans la rue ?» 

    Réaction au fait que le métallo, qui n’était pourtant plus secrétaire général, avait soutenu mardi matin l’idée émise un peu plus tôt par Laurent Berger, de la CFDT, de nommer une médiation avec le gouvernement pour sortir de la crise sur les retraites.

  • Y a-t-il donc deux CGT «irréconciliables» ?

    Interrogé à la volée pendant une pause cigarette, Philippe Martinez reconnaît avoir prononcé le mot devant le Comité confédéral national (CCN), le «parlement» de la CGT.

    Depuis plusieurs semaines, le secrétaire général sortant ne cache pas son inquiétude de voir l’organisation revenir «trente ou quarante ans en arrière» en mettant de côté les questions environnementales ou de sexisme, qu’il a promues durant son mandat.

    Ce qu’incarnerait, à suivre ses proches, une personne : Olivier Mateu, le secrétaire de la CGT des Bouches-du-Rhône.

    Ce dernier, qui est devenu une figure de la bataille contre la réforme des retraites avec ses déclarations pétaradantes et des mobilisations marquantes dans son département, s’est déclaré candidat à la succession de Philippe Martinez dès le mois de décembre.

    Mais mercredi après-midi, il ne savait toujours pas si son nom était retenu pour figurer au sein de la Commission exécutive confédérale (CEC), la direction élargie de la CGT, qui doit être désignée jeudi et d’où doivent émerger le futur bureau et la future direction.

    Le CCN s’est réuni pour trancher dans la soirée, mais sa décision n’était pas connue au moment de boucler le journal.

  • «Porter la rupture».

    Cette incertitude n’a en tout cas pas empêché Olivier Mateu de poursuivre sa campagne en marge du ­congrès.

    Mercredi matin, il a invité sur Twitter une autre candidate potentielle (mais pas encore officiellement déclarée), la cosecrétaire générale de l’Union fédérale des syndicats de l’Etat (UFSE) Céline Verzeletti, à constituer un duo pour diriger la CGT.

    Ce qui serait inédit, mais a priori pas interdit par les statuts.

    Sa proposition a-t-elle une chance d’aboutir ?

    Il a en tout cas expliqué à la presse, au milieu de l’après-midi, qu’il l’avait soumise à Céline Verzeletti 

    «il y a à peu près quinze jours, trois semaines», et qu’il l’avait rendue publique «car [il] n’avait toujours pas de réponse». 

    Céline Verzeletti, elle, ne souhaitait pas commenter jeudi en fin de journée.

    En attendant, Olivier Mateu assure que si son objectif est de «porter la rupture, porter l’affrontement contre le gouvernement et le patronat au niveau où il doit être porté», il n’envisageait pas, si d’aventure il devait être nommé secrétaire général, de sortir de l’intersyndicale nationale qui fixe le cadre de la mobilisation contre la réforme des retraites : «C’est croustillant pour les journalistes et les politiques la fin de l’intersyndicale, mais non ça n’arrivera pas.»

  • En fin de journée, la première partie du document d’orientation – qui porte sur les évolutions du monde du travail et la nécessité d’un «syndicalisme de rupture» et qui a fait l’objet de nombreux amendements renforçant ses revendications – a été adoptée à près de 80 % des voix.

    Signe, veulent croire quelques proches de la direction sortante, que la fracture n’est pas si profonde que l’écume des débats peut le laisser croire.

  • A Clermont-Ferrand, le congrès de la CGT «va laisser des traces»

    Après le rejet, mardi, du rapport d’activité de la direction sortante, les divisions sont palpables dans les rangs cégétistes et interrogent sur l’avenir de l’organisation, qui doit élire son nouveau secrétaire général.

  • Alors, en crise la CGT ?

    Si tel est le cas, on ne s’en rend pas vraiment compte en déambulant dans la Grande Halle d’Auvergne, où se tient cette semaine le 53e congrès du plus vieux syndicat français.

    Badge pendu au cou, des militants bavardent comme si de rien n’était dans les travées de l’espace d’exposition, conjecturant quand même sur l’issue de cette grande réunion qui voit de profondes différences stratégiques émerger au fil des prises de parole.

    Dehors, à la pause déjeuner, on croise un Philippe Martinez souriant, discutant clope à la main avec d’autres militants.

    Le désormais ancien secrétaire général a pourtant essuyé, mardi après-midi, un vote rejetant le rapport d’activité de son dernier mandat.

  • Ouverture ou durcissement.

    «Ce n’était pas un vote de défiance, plutôt un rappel», nuance Kevin, un des mille délégués chargés, par leur vote, d’esquisser l’avenir de l’organisation.

    Faut-il ouvrir davantage la CGT vers les luttes écologiques et féministes mais aussi vers les autres syndicats, comme le défendent la direction sortante et sa candidate, Marie Buisson ?

    Ou bien suivre les exhortations d’un Olivier Mateu, secrétaire de la CGT Bouches-du-Rhône, à durcir le ton en systématisant les blocages et la grève reconductible ?

    Kevin a voté contre le rapport d’activité, suivant ainsi le mandat donné par les 1 400 syndiqués qu’il représente.

    A ses côtés, Delphine, venue d’Ille-et-Vilaine, approuve ce qu’a clamé le matin même la déléguée Géraldine Madounari, de l’Union départementale des Landes, sous un mélange de huées et d’applaudissements : puisque le rapport d’activité est celui de toute la CGT et non celui de sa seule direction, «vous avez voté contre vous-même et contre votre propre activité dans vos territoires».

  • Kevin et Delphine sont d’accord sur un fait : c’est le moment ou jamais de mettre les divergences sur la table, et d’essayer de «se comprendre».

    «Moi qui travaille dans la santé, c’est facile pour moi de dire qu’il ne faut pas construire un nouveau barrage, illustre Delphine. 

    Mais il faut réfléchir aux camarades sur le barrage.» 

    Pour elle, ce congrès, même s’il est particulièrement disputé, n’a rien d’«historique» comme le disent certains médias. 

    «Ça a toujours été comme ça !» 

    Une lecture que d’autres nuancent, surtout parmi les anciens encartés.

    Mireille, de l’Union confédérale des retraités, qui tient un stand sur le congrès, pense qu’«on se trompe de cible».

    «Il faut savoir qui est notre ennemi commun», dit-elle au sujet des sévères prises de parole des derniers jours à l’encontre de la direction sortante, qui se voit reprocher sa supposée mollesse. 

    «On n’était pas obligés d’en arriver là aujourd’hui, surtout par rapport aux temps qu’on connaît», ajoute-t-elle en évoquant la mobilisation massive contre la réforme des retraites, qui attire de nouveaux adhérents.

  • «On rebondira»

    Durant le déjeuner, des exposants du secteur des mutuelles admettent aussi n’avoir jamais connu une telle situation de fracture et s’inquiètent du fait que cet événement, sous l’emprise selon eux d’enjeux de personnes, «va laisser des traces». 

    De là à considérer que l’existence même de la CGT est menacée ? Ça, personne ne le croit. 

    «On rebondira toujours.

    On en a connu des crises !» avance Cathy, qui siège au sein du Comité confédéral national, le «parlement» du syndicat.

    Delphine, elle, en est sûre : une fois le congrès terminé, sur le terrain, «tout reprendra comme avant».

  • 12h21
    L’exécutif passe déjà à l’après de l’après. 

    Avant même le début du discours présidentiel sur l’eau, l’Elysée a annoncé qu’Emmanuel Macron se rendrait vendredi sur la base du GIGN de Versailles-Satory pour rendre hommage vendredi au gendarme tué samedi lors d’une opération de lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane.

    De son côté, Elisabeth Borne se rendra dans la Nièvre pour parler «école».
    12h13

    Le plan eau s’écoulera en 53 mesures. 

    Selon l’entourage d’un ministre au fait du dossier, 53 mesures vont être prises au total, rendues publiques à l’issue du discours du PR. 

    «Le Président ne va pas les énumérer bêtement, il ne va pas mettre les mains dans le moteur, il va donner une vision.»
    12h09
    Arrivée d’Emmanuel Macron en hélico dans les Hautes-Alpes. 

    Deux hélicoptères ont atterri peu avant 12 heures près du terrain de rugby d’Embrun.

  • 12h32
    En images. Comme une partie de l’Europe, la France connaît depuis cet hiver un déficit record de précipitations. Une aussi longue période de disette hydrique n’avait jamais été enregistrée dans le pays à cette saison. 

    12h22
    Promenade présidentielle sur les rives du lac asséché. Macron et Béchu, accompagnés des parlementaires locaux et du maire de la commune de Savines, Victor Berenguel, vont observer les rives élargies par la sécheresse.

    Le lac de Serre-Ponçon est entouré de sommets mythiques (le Morgon, les Aiguilles de Chabrières, le mont Guillaume…).

    C’est la véritable mer des Alpes du Sud.

    Au loin, les opposants à la réforme des retraites sifflent leur colère, ils chantent «on est là», pas sûr que le Président les entende. Lire ici notre reportage sur le lac victime du dérèglement climatique.

  • 12h35
    Avant la sécheresse, Macron défend le «dialogue» sur les retraites. 

    En préambule, de ses annonces sur la gestion de l’eau, le Président est revenu ce jeudi sur la mobilisation contre la réforme des retraites, et notamment dans le village de Savines-le-Lac, pour sa venue. 

    «Il y a une manifestation de 200 personnes ici, ce qui est normal.» 

    Plus généralement, «il y a des mobilisations qui sont dans un cadre prévu dans notre démocratie.

    Il y a un dialogue qui se poursuit, des échéances prévues pour que le chemin démocratique de ce texte aille à son terme», a affirmé Emmanuel Macron.

    Avant de revenir sur son plan eau : «Je suis là pour avancer sur un sujet essentiel pour nos départements et nos communes.»

  • 12h43
    Macron appelle les partis «républicains» à s’opposer aux «violences». 

    Revenant sur «l’ordre républicain» qui lui est cher, le chef de l’Etat a tenu à «réaffirmer son soutien aux élus et aux forces de l’ordre». 

    Il a dénoncé, «chez certains», «une forme d’habitude de la violence qui s’installe». Selon lui, à Sainte-Soline, des milliers de gens étaient «simplement venus pour faire la guerre». 

    Souhaitant «la combattre», Emmanuel Macron «appelle toutes les formations politiques républicaines à s’y opposer clairement», ciblant indirectement La France insoumise, qu’il avait accusée lundi de «délégitimer l’ordre raisonnable, les institutions».

    «Parce qu’à ce moment-là, si on se met à dire (que) quelque chose qui me déplaît légitime une violence, on aura tous des violences légitimes.

    Et ça redevient l’état de nature.

    Ce n’est pas ça une démocratie, encore moins une République.»

    Cette référence péjorative à l’Etat de nature provient probablement du philosophe anglais du XVIIe siècle Hobbes, selon lequel celui-ci est qualifié de «état de guerre de chacun contre chacun». 

    Ce qui légitime, selon l’auteur, l’existence d’un Etat souverain autoritaire, le Léviathan.

  • 12h52
    Avancer malgré les colères. 

    La contestation contre la réforme des retraites «ne veut pas dire que tout doit s’arrêter», et n’empêche pas Emmanuel Macron d’«aller à la rencontre des Français», a-t-il affirmé. 

    «Il y a 200 manifestants [dans le village de Savines-le-Lac ce jeudi] : est-ce que ça veut pour autant dire que la République doit s’arrêter ?

    La réponse est non», a déclaré le Président interrogé sur la présence à proximité de manifestants réclamant le retrait de la réforme reculant l’âge de départ à la retraite à 64 ans. 

    «Est-ce qu’on doit attendre de revenir sur la sécheresse ? Non.

    La Première ministre travaille avec les groupes politiques, il est normal qu’on continue de travailler», a exhorté le président de la République.

  • 12h55
    Le «plan eau» est un «geste de confiance envers les territoires», selon Macron. 

    Avec ce déplacement et l’annonce du plan gouvernemental sur la gestion de l’eau, «il y a un geste de confiance envers les territoires, car c’est au plus près du terrain qu’on peut gérer la répartition des usages», a-t-il déclaré sur les rives du lac de Serre-Ponçon.

    Face au réchauffement climatique, la question de l’eau est au cœur de nombreuses mobilisations citoyennes. 

    Ce week-end, la contestation a viré à la bataille près du chantier des mégabassines des Deux-Sèvres. 

    Entouré d’élus locaux, le président de la République a fait l’éloge de la «concertation» qui régit la gestion du lac de Serre-Ponçon : «Nous devons avoir de grands plans nationaux parce qu’il y a énormément d’investissements à faire, mais on doit accepter la différenciation et la flexibilité locales.»

  • 13h12
    Le ministre de l’Agriculture absent pour cause… de congrès de la FNSEA. 

    Alors que l’agriculture représente 58 % de la consommation d’eau en France, Marc Fesneau n’est pas aux côtés d’Emmanuel Macron et de Christophe Béchu à Savines-le-Lac où le chef de l’Etat doit annoncer les mesures permettant une meilleure gestion de l’eau.

    Le ministre de l’Agriculture a préféré assister, dans le Maine-et-Loire, au congrès de la FNSEA, syndicat majoritaire agricole, dont les positions en faveur des mégabassines comme celle de Sainte-Soline sont vivement critiquées par les mouvements écologistes.

  • 13h22
    Un furieux air de grand débat post-gilets jaunes. Emmanuel Macron et son ministre de l’Environnement Christophe Béchu attablés, écoutant patiemment les explications et doléances des élus locaux et acteurs de la gestion de l’eau des Hautes-Alpes.

    Ça vous rappelle un truc ? Entre prises de notes studieuses, hochements de têtes entendus et sourires en coin, le président de la République rejoue la séquence «à l’écoute des territoires» pour tenter d’apaiser localement les contestations populaires.

  • 13h24
    Elle est où la grande cause du quinquennat ? Six hommes blancs, la plupart grisonnants.

    Tous les bras croisés et à l’écoute les uns des autres sous le haut patronage du chef de l’Etat.

    Après l’arrivée en hélico puis la balade sur les bords du lac de Serre-Ponçon, c’est la troisième image qui frappe lors de ce premier déplacement de terrain depuis la fin du mois de février.

    Et pendant ce temps-là, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Bérangère Couillard, qui n’a pas fait le déplacement, retweete le direct diffusé sur le compte Twitter de l’Elysée.

  • 13h30
    La France insoumise présente son contre-plan eau. 

    On ne peut pas leur enlever ça : les députés LFI savent attraper la lumière.

    Jeudi, ils ont profité du déplacement présidentiel dans les Hautes-Alpes pour diffuser leurs propres «mesures phares pour protéger l’eau, bien commun de l’humanité». 

    Interdiction des pesticides, «accompagnement des agriculteurs [vers] la bifurcation écologique», sortie du nucléaire (très gourmand en eau) : autant de propositions détaillées dans un livret de 40 pages, visant à s’extraire du «modèle d’agriculture intensive» et faire cesser «la perturbation du cycle de l’eau».

  • 13h44
    700 communes privées d’eau cet été. 

    Après un long monologue des élus locaux rappelant leurs difficultés et leurs avancées sur la gestion de l’eau, le ministre de la transition écologique Christophe Béchu rappelle à son tour le contexte de crise : «On a vécu une sécheresse qui a marqué tout le monde et marqué la fin de l’abondance, a-t-il souligné. 

    93 départements ont été soumis à des restrictions. On n’a pas eu beaucoup de pluie.

    Au pire de l’été 700 communes ont été privées d’eau potable.» «C’est la fin de l’abondance», reconnaît Christophe Béchu, mais le gouvernement conserve son «optimisme» pour «l’avenir».

    Le ministre de la Transition reprend l’expression de Macron et affirme que le gouvernement «n’est pas en train de se morfondre» mais de proposer des «solutions» contre la sécheresse.

  • 13h54
    Chaque geste compte, insiste Macron. 

    Après avoir dressé un tableau très noir sur le plan de la sécheresse, le chef de l’Etat a annoncé la création d’un nouvel outil permettant de «responsabiliser» les usagers de l’eau. 

    «On doit préparer l’été prochain […]

    Des premiers arrêtes ont été pris : une quinzaine de départements sont déjà placés en vigilance.

    Une dizaine est d’ores et déjà en alerte renforcée dans certaines zones […]

    Nous allons mettre en place d’ici début mai, un ‘Ecowatt de l’eau’comme pour l’énergie qui va permettre de responsabiliser chacun.

    Chaque geste compte».

  • 13h55
    Un modèle français de gestion de l’eau à repenser. 

    Comme à son habitude, Emmanuel Macron s’est d’abord inscrit dans une perspective historique en ouvrant son discours : «la littérature française, Pagnol comme Giono», ne parlaient déjà «que de bataille de l’eau dans cette belle région» du Sud-Est, a-t-il rappelé.

    Avant de louer la grandeur française pour la «force de la politique de gestion de l’eau créée dans les années 60″ : «parfois on oublie ce qu’on a su faire dans le passé». 

    Mais les temps ont changé. Ce modèle était «adapté pour faire face à tous les défis de gestion de l’eau qui se posaient», a souligné le Président.

    Mais son but était avant de «se battre contre la pollution et pour la qualité de l’eau, mais on avait moins de pression sur la quantité». 

    Un nouveau «défi» se pose désormais, face à la «baisse de la ressource en eau, sous l’effet du dérèglement climatique», a affirmé Emmanuel Macron.

  • 13h58
    «La sécheresse est exceptionnelle, mais elle ne sera pas exceptionnelle par rapport à ce qu’on va connaître», alerte Macron. 

    Baisse du débit des rivières, du niveau des nappes phréatiques, assèchement des sols…

    Le président a listé les conséquences de la sécheresse.

    Aucun rapport du Giec ne permet de penser «que la situation va s’améliorer», a-t-il fait valoir.

    On est loin de son «qui aurait pu prédire» la crise climatique, une formule qui avait ponctué son allocution de Nouvel-An.

  • – En marge de la crise sociale causée par la réforme des retraites, et des violents affrontements contre la mégabassine de Sainte-Soline samedi dernier, Emmanuel Macron est arrivé vers midi à Savines-le-Lac (Hautes-Alpes).

    Il doit prononcer son discours dans le décor du lac de Serre-Ponçon, plus grand réservoir d’eau douce d’Europe de l’Ouest, très affecté par la sécheresse.

    – Le chef de l’exécutif va dévoiler une cinquantaine de mesures supposées améliorer la gestion de l’eau.

    Attendues depuis deux mois, elles sont censées permettre de faire face à la sécheresse chronique. En faisant «mieux avec moins».

    – Cette présentation intervient après une année 2022 caniculaire et au sortir d’un hiver historiquement sec.

    Avec un record de 32 jours sans pluie entre les mois de janvier et février, le niveau de 80 % des nappes phréatiques est sous la normale.

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