Le monde des Virus
Le monde des Virus
Épidémiologie
Les hantavirus sont regroupés au sein de la famille des Hantaviridae et sont présents sur tous les continents. Plus de 20 espèces virales ont été identifiées, toutes zoonotiques – c’est-à-dire transmises par des animaux. Chaque taxon viral est associé généralement à une seule espèce hôte naturel, incluant principalement des rongeurs sauvages (rats, campagnols, mulots) et plus rarement des rongeurs insectivores (taupes, musaraignes), des chauves-souris, mais aussi des poissons et des reptiles.

Situation actuelle
Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert. Le 6 mai 2026, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. 1 Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés.

Actuellement immobilisé au Cap-Vert, le navire n’a pas été autorisé à accoster mais une prise en charge médicale est assurée aux passagers et à l’équipage. Le gouvernement espagnol a néanmoins autorisé son accueil prochainement aux îles Canaries, afin de poursuivre l’examen, la prise en charge et le transfert des passagers. Le risque d’une propagation hors du navire demeure considéré comme « faible » par l’OMS. Les enquêtes épidémiologiques sont en cours au sein du bateau pour suivre la situation des passagers et membres d’équipage ; ainsi qu’auprès des personnes qui ont pu être transférées à l’extérieur. Elles devront permettre de mieux comprendre les circonstances déterminantes de cette épidémie et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine.
Contexte historique
La première description clinique d’une maladie à hantavirus remonte à la guerre de Corée (1950-1953), au cours de laquelle plus de 3 000 soldats ont présenté une fièvre hémorragique avec syndrome hépato-rénal. L’identification du virus en cause a été faite en 1976 par des chercheurs coréens. Il doit ainsi son nom à la rivière Hantaan qui se situe à la frontière entre les deux Corées.
Circulation dans le monde

Les infections à hantavirus sont relativement peu fréquentes à l’échelle mondiale. Leur létalité varie cependant entre les régions concernées (et les espèces virales en cause) et peut atteindre jusqu’à 50 % des cas. À l’échelle mondiale, on estime qu’entre 10 000 et 100 000 cas surviennent chaque année, touchant principalement l’Asie et l’Europe. En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès. Les pays concernés sont l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Panama, le Paraguay, les États-Unis d’Amérique et l’Uruguay.

En France
Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus, intégré à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française. En Guyane française, depuis 2008, seuls onze cas de syndrome pulmonaire à hantavirus Maripa ont été détectés, dont six mortels.
Caractéristiques cliniques Transmission
La transmission du virus à l’être humain s’effectue principalement par contact indirect via l’inhalation d’aérosols contaminés par les excrétas (urines, selles) de rongeurs infectés asymptomatiques (on parle d’animal « réservoir ») et plus rarement par contact direct ou morsure. Les cas surviennent généralement en milieu rural, où les forêts, les champs et les exploitations agricoles offrent un habitat favorable aux rongeurs.
La transmission interhumaine d’un hantavirus est rare. Elle a été confirmée pour la première fois lors d’une épidémie nosocomiale de syndrome pulmonaire à hantavirus survenue en 1996 dans le sud de l’Argentine et ne semble concerner que l’hantavirus Andes qui est endémique dans ce pays.
Symptômes & Diagnostic

Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité variable, potentiellement mortelles. La période d’incubation dure en moyenne deux semaines. Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Deux types de syndromes peuvent ensuite s’observer : soit une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, avec un taux de létalité de 0,4 à 10% ; soit un syndrome cardio-pulmonaire sévère d’apparition brutale avec défaillance respiratoire et cardiaque, avec un taux de létalité de l’ordre de 30 à 60%.
Les deux syndromes peuvent être provoqués par une même espèce virale. Cependant, le syndrome rénal et hépatique se retrouve plus généralement chez les hantavirus européens et asiatiques (on parle alors communément des « hantavirus du Vieux -Monde ») tandis que le syndrome pulmonaire s’observe davantage chez les hantavirus américains (ou « hantavirus du Nouveau-Monde »).

Traitement & Prévention
Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est approuvé, pleinement efficace et largement disponible à l’échelle internationale contre l’infection par un hantavirus. Des vaccins contre les hantavirus Hantaan et Seoul sont produits et utilisés uniquement en Chine et en Corée du Sud, mais avec une efficacité modérée. La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions. Cela nécessite d’éviter, dans les zones à risque : la manipulation de bois, le nettoyage de locaux longtemps inoccupés, toute activité qui met en suspension de la poussière ou de la terre comme la rénovation de vieux locaux poussiéreux, remblayage, etc.
Les actions de l’ANRS MIE
L’ANRS MIE soutient, anime et coordonne la recherche sur les maladies infectieuses émergentes. Les hantavirus en font partie. L’ANRS MIE a soutenu un projet de recherche sur les hantavirus dans le cadre de l’édition 2024 de son appel à projets « Émergences PRFI ». Ce projet, en cours et intitulé « TRANSVI », vise à caractériser les chaînes de transmission des hantavirus entre faune sauvage et humain dans la péninsule du Yucatan (Mexique). En 2025 toujours, l’un des trois prix de thèse « Virus émergents » décernés, comme chaque année, par l’ANRS MIE et la Société française de virologie (SFV), a été attribué au Docteur Quentin Durieux Trouilleton (Université de Grenoble / IBS) pour sa thèse « Analyse structurale et fonctionnelle de la réplication et de la transcription des Bunyavirus », portant notamment sur deux hantavirus. Ses travaux l’ont mené à observer, pour la première fois, une polymérase d’un hantavirus – molécule essentielle à la réplication et donc à la propagation de ce virus.

Acteur de référence sur de nombreux partenariats et consortiums internationaux, l’ANRS MIE fait également partie du réseau des Collaborative Open Research Consortium (CORC) de l’OMS. Dans ce cadre, des liens sont faits avec l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), qui pilote le CORC Bunyavirales dont la mission est de coordonner la recherche dans le cadre de la préparation aux épidémies à hantavirus. Enfin, les hantavirus sont discutés au sein de plusieurs de ses groupes d’animation scientifique appelés actions coordonnées (AC) : l’AC « Fièvres Hémorragiques Virales », l’AC « Interactions hôte-virus » et l’AC « Transmission interhumaine des virus respiratoires ».

Les hantavirus (renommés Orthohantavirus) sont des virus à ARN enveloppés de la famille des Hantaviridae (ordre des Bunyavirales). On recense une vingtaine d’hantavirus dans les différentes régions du monde, à l’origine de tableaux cliniques différents. Une zoonose virale. Les hantavirus sont des virus de la famille des Bunyaviridae et sont présents sur tous les continents. Ils ont pour hôte naturel certaines espèces de rongeurs qui, une fois infectés, restent des porteurs sains (le virus est présent dans les urines et les selles) et constituent un excellent réservoir de virus. En métropole, il s’agit essentiellement des campagnols qui vivent dans les forêts et les habitations (granges, greniers, remises, cabanes abandonnées, etc.) Les réservoirs des syndromes pulmonaires à hantavirus sont des rongeurs qui se rencontrent dans les Amérique (Peromyscus maniculatus appelé souris sylvestre, Oryzomys palustris appelé rat du riz, Sigmodon hispidus ou rat du coton…) et qui présentent également une infection inapparente. La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs. Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes. Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections, de gravité variable, parfois mortelles : en Europe et en Asie, de fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) ; sur le continent américain, de syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH).

Il n’existe pas de traitement spécifique ni de prophylaxie vaccinale.
Dans ce contexte, les enjeux de Santé publique France sont d’assurer la surveillance épidémiologique des hantavirus en collaboration avec le Centre national de référence des hantavirus et son laboratoire associé en Guyane.

Sources Anrs
Le Panda
Parick Juan

Hantavirus : que prévoit le protocole sanitaire mis en place en France ?
La France a enregistré son premier cas de hantavirus, lundi 11 mai. Une passagère du navire MV Hondius, hospitalisée et mise à l’isolement à Bichat, à Paris, a été testée positive. Un décret publié au Journal officiel définit le protocole sanitaire destiné à stopper la chaîne de contamination.
C’est une première en France, depuis l’identification d’un foyer de hantavirus sur le navire MV Hondius. La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a annoncé lundi 11 mai qu’une passagère française, rapatriée du bateau de croisière où voyageaient 150 personnes d’une vingtaine de nationalités différentes, a été testée positive. Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Paris, l’état de santé de cette femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit », a indiqué la ministre sur France Inter.
Dimanche, à l’arrivée du MV Hondius dans le port de Granadilla, aux Canaries, le protocole d’évacuation, très strict et supervisé sur place par le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, était le même pour tous : les passagers ont tour à tour pris place à l’arrière d’un zodiac pour regagner la terre ferme, où un car de l’armée espagnole les attendait pour les emmener jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route.
En France, les autorités se sont donné pour objectif de stopper la chaîne de contamination, avec la mise en place d’un protocole sanitaire strict. Dimanche soir, à leur descente de l’avion au Bourget, les cinq Français rapatriés ont été directement transférés par le Samu vers l’hôpital Bichat, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans les maladies contagieuses. Considérés comme « à haut risque », ils sont depuis soumis à une batterie d’examens médicaux, dans une chambre « avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », a expliqué la ministre de la santé.
Une vingtaine de cas contact identifiés
Si le délai initialement défini par le protocole prévoyait 72 heures d’« évaluation », ces passagers resteront finalement isolés à l’hôpital « jusqu’à nouvel ordre » (au minimum 15 jours), a ajouté Stéphanie Rist, après qu’une d’entre eux a été testée positive. Ils seront ensuite « maintenus en quarantaine ou placés à l’isolement, pour une durée totale de quarante-deux jours », selon le décret publié au Journal officiel ce lundi.
Une vingtaine de cas contacts a été identifiée par les autorités françaises. Selon le décret, les personnes « ayant été en contact avec un passager du navire MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée ou présentant un risque sérieux d’infection » peuvent également « faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement », lorsqu’ils « présentent un risque sérieux d’infection ».
Cette quarantaine – dont la durée correspond à la période maximale d’incubation du virus – s’applique selon les dispositions du code de la santé publique, modifié pendant l’épidémie de Covid-19 : une « obligation » de ne pas sortir de son domicile ou de ne pas « fréquenter certains lieux ou catégories de lieux », sous peine d’écoper d’une contravention.
Par ailleurs, les passagers des vols Sainte-Hélène-Johannesburg et Johannesburg-Amsterdam, empruntés par une croisiériste contaminée et décédée depuis, ont l’obligation de se signaler « sans délai » aux autorités sanitaires françaises. Ils doivent observer « une mesure de quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection, à laquelle il est procédé dans les trois jours qui suivent leur signalement » précise le décret.
« Ne pas créer de panique »
Cette maladie provoque notamment un syndrome respiratoire aigu, de la fièvre, des maux de tête… Cependant, un patient infecté par le hantavirus peut également être asymptomatique. Les Agences régionales de santé (ARS) sont donc chargées de surveiller l’isolement des personnes concernées. Si des symptômes apparaissent, la filière sécurisée « risque épidémique et biologique » de l’ARS organise la prise en charge médicale du patient dans l’un des 18 établissements de santé français prévus pour gérer ce type de cas.
À ce stade, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recense que six cas confirmés parmi huit cas suspects, dont trois personnes décédées. S’il est mortel dans 30 à 50 % des cas, les transmissions interhumaines du hantavirus – un pathogène beaucoup moins volatile que la grippe ou le Covid-19 – restent rares. « Nous ne sommes pas face à un nouveau Covid », a répété ce week-end l’OMS.
Hantavirus : une nouvelle réunion se tient à Matignon pour «suivre l’évolution de la situation»
L’opération débarquement du navire de croisière a débuté dimanche et se poursuit ce lundi 11 mai après-midi, avant le départ du bâtiment pour les Pays-Bas vers 20 heures (heure de Paris). La Française malade est hospitalisée en quarantaine, comme quatre autres ex-croisiéristes.
Vont-il encore nous servir ?
26 personnes vont rester à bord du MV Hondius lors de son trajet retour vers les Pays-Bas
Ultimes évacuations à Tenerife. L’opération sous haute surveillance débutée dimanche a repris cet après-midi : selon la déclaration de la ministre espagnole de la Santé, 28 personnes sont censées être débarquées sur les 54 encore à bord. Les 26 restantes iront en bateau aux Pays-Bas. Le départ du bateau de croisière du port de Granadilla est toujours prévu à 18 heures GMT (20 heures en France).
Nouvelle réunion à Matignon à 16h15, le Premier ministre s'entretiendra ensuite avec des épidémiologistes
Le Premier ministre va organiser une nouvelle réunion pour un point de situation hantavirus à partir de 16h15. Il sera entouré des ministres de la Santé, de l’Intérieur, le directeur de cabinet du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le directeur général de l’ARS Île-de-France et le Directeur général de la santé. Il s’entretiendra ensuite, à 19h30, avec plusieurs épidémiologistes, dont Olivier Schwartz (Institut Pasteur), Yazdan Yazdanpanah (Anrs MIE – agence des maladie infectieuses émergentes), Xavier Lescure (AP HP Bichat) et Jean-François Delfraissy (président du Comité national d’éthique).
Le capitaine du «MV Hondius» remercie les passagers et l’équipage lors de ces temps «extrêmement difficiles»
«Ces dernières semaines ont été extrêmement difficiles pour nous tous». Dans une vidéo diffusée ce lundi par la compagnie Oceanwide Expeditions, Jan Dobrogowski, le capitaine du bateau, exprime sa reconnaissance vis-à-vis des passagers et de l’équipage. Aux premiers, il reconnaît la «gentillesse», «la discipline», la «patience» et «l’unité» ; aux seconds, il salue le «courage et le dévouement sans failles». Avec une pensée pour «ceux qui nous ont quittés». Il regrette que «chaque mot, chaque image [aient pu] être sortis de leurs contexte» et appelle à respecter la vie privée de chacun.
Sont considérés comme contacts à hauts risques les personnes ayant partagé la même cabine, salle de bain, chambre, un repas commun ou ayant eu des rapports sexuels avec un cas confirmé ou suspecté. Plus globalement, sont concernées les personnes qui se trouvent à moins de deux mètres, en intérieur, pendant plus de quinze minutes ; sur le cas précis d’un vol d’avion, les passagers assis dans la même rangée et dans les deux rangées voisines du cas rentrent dans cette définition. De même que les soignants s’étant occupé d’un malade sans équipement adapté.
Les contacts à faible risques comprennent les passagers du vol d’avion qui ne sont pas dans le périmètre restreint et plus globalement les interactions dans le bateau, ou de courte durée dans les transports et les ports ne répondant pas aux précédents critères ; les personnes ayant partagé de grands espaces en plein air sans interaction prolongée ; les soignants utilisant un équipement adapté.
Pays-Bas, France, Etats-Unis… Six pays sont touchés par des cas confirmés
C’est l’une des principales problématiques du cluster qui s’est déclaré sur un bateau de croisière au milieu de l’Atlantique : à son bord, des passagers de 23 nationalités différentes, qui sont tous en train d’être redispatchés dans leurs pays. Charge à chaque autorité sanitaire de surveiller ses propres cas. Pour l’heure, selon le dernier bilan de l’OMS, six patients sont classés en cas confirmés, un septième en cas probable. Six pays sont concernés.
Les 22 derniers passagers du MV Hondius qui seront évacués ce lundi partiront dans un seul avion avant 20 heures heure de Paris vers les Pays-Bas, un vol à destination de l’Australie initialement prévu ayant été annulé, a annoncé la ministre espagnole de la Santé. «Il y a 54 personnes à bord du navire, dont 22 vont débarquer et 32 [des membres d’équipage] resteront sur le navire, qui partira en direction des Pays-Bas», a déclaré Mónica García lors d’un point presse. Le vol vers l’Australie a finalement été annulé en raison de l’arrivée attendue trop tard de l’appareil aux Canaries.
Ushuaïa, point du départ du «MV Hondius», se bat pour préserver son image
De la destination paradisiaque «au bout du monde» à l’épicentre d’une dangereuse infection. Depuis plusieurs jours, la très touristique ville d’Ushuaïa, point de départ du MV Hondius, tente tant bien que mal d’écarter l’ombre de l’hantavirus qui s’est déclaré sur le navire, et a déjà tué trois personnes. Comme l’explique la BBC, des responsables argentins ont déclaré, sous couvert d’anonymat, avoir pour hypothèse principale qu’un passager aurait pu être contaminé dans une décharge à la périphérie d’Ushuaia, site touristique fréquenté pour observer les oiseaux et où les déchets attirent rats et souris. Le gouvernement argentin a envoyé une équipe d’experts sur place pour évaluer d’éventuelles traces de l’hantavirus.
«En Terre de feu, nous n’avons aucun cas recensé d’hantavirus […] depuis 1996», année de début de sa surveillance officielle, s’est défendu Juan Facundo Petrina, directeur général de l’épidémiologie et de la santé environnementale de la province. Quant à l’animal hôte de la souche Andes, le rat pygmée des rizières à longue queue, il a rappelé que cette espèce ne vit pas sur le territoire (son habitat originel se situe dans les Andes patagoniennes et le nord-ouest de l’Argentine). «Nous ne partageons pas les mêmes conditions climatiques que le nord de la Patagonie […] pour son développement», a-t-il affirmé. Si ces animaux se déplacent, «nous sommes une île, […] il leur serait difficile de traverser le détroit de Magellan pour infecter les espèces locales».
L’Australie va placer en quarantaine six passagers du Hondius pour au moins trois semaines
L’Australie va isoler pour au moins trois semaines six passagers du MV Hondius, a annoncé le gouvernement lundi. Parmi ces six personnes, quatre disposent de la nationalité australienne, une autre de la résidence permanente et une dernière de la nationalité néo-zélandaise. Aucun ne présente de symptômes. Ils doivent rejoindre prochainement, depuis les Canaries espagnoles, une base aérienne du sud-ouest de l’Australie, adjacente au centre de quarantaine de Bullsbrook, construit durant la pandémie de Covid-19.
Sébastien Lecornu l’a annoncé en fin de journée dimanche : le décret «prescrivant les mesures nécessaires à la gestion du risque d’infection à hantavirus Andes» a été publié au Journal officiel dans la nuit ce lundi. Basé sur le code de la santé publique, il précise et renforce les modalités communiquées dimanche par les ministères de la Santé et des Affaires étrangères.
Selon ce texte, toute personne ayant séjourné à bord du MV Hondius et arrivée en France est placée en quarantaine dans un établissement de santé «pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique» – ce qui permet de garder les quatre Français non symptomatiques «au moins quinze jours» à l’hôpital Bichat, a souligné la ministre. Ensuite, elle est maintenue en quarantaine ou placée à l’isolement pour quarante-deux jours, chez elle ou dans un autre lieu défini par le préfet si les circonstances l’imposent. Quant aux cas contacts, ils «peuvent faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement» s’ils présentent «un risque sérieux d’infection».
Enfreindre ces mesures isolement est passible d’une contravention de cinquième classe (qui peut aller jusqu’à 1500 euros d’amende).
Qelle boulette une contravenion à 1500 € pour une VIE
Hantavirus : le gouvernement durcit les règles d’isolement pour les cas contacts. Avec le rapatriement, dimanche, des cinq Français à bord du MV Hondius, le gouvernement a dressé un protocole sanitaire « strict » et ne cesse de le renforcer. Sébastien Lecornu a annoncé, hier soir, que tous les cas contacts seront placés à l’isolement non pas chez eux mais à l’hôpital − notamment les 22 ayant fréquenté les deux mêmes vols fin avril qu’une Néerlandaise malade. C’est le cas des ex-croisiéristes, hospitalisés à Bichat depuis leur retour. Heureusement que cette décision est prise le virus Hantavirus doit être suivi de façon bien plus proche que ce que certains déclarent. Il serait plutôt temps de se préoccuper de sortir des usines des masques FPP2, FPP3, les masques chirurgicaux ne protègent pas contre l’Hantavirus, c’est une évidence. Aux politiques de remplir leurs rôles.