Le monde des Virus
Le monde des Virus
Épidémiologie
Les hantavirus sont regroupés au sein de la famille des Hantaviridae et sont présents sur tous les continents. Plus de 20 espèces virales ont été identifiées, toutes zoonotiques – c’est-à-dire transmises par des animaux. Chaque taxon viral est associé généralement à une seule espèce hôte naturel, incluant principalement des rongeurs sauvages (rats, campagnols, mulots) et plus rarement des rongeurs insectivores (taupes, musaraignes), des chauves-souris, mais aussi des poissons et des reptiles.

Situation actuelle
Le 3 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert. Le 6 mai 2026, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche d’hantavirus de type Andes. 1 Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés.

Actuellement immobilisé au Cap-Vert, le navire n’a pas été autorisé à accoster mais une prise en charge médicale est assurée aux passagers et à l’équipage. Le gouvernement espagnol a néanmoins autorisé son accueil prochainement aux îles Canaries, afin de poursuivre l’examen, la prise en charge et le transfert des passagers. Le risque d’une propagation hors du navire demeure considéré comme « faible » par l’OMS. Les enquêtes épidémiologiques sont en cours au sein du bateau pour suivre la situation des passagers et membres d’équipage ; ainsi qu’auprès des personnes qui ont pu être transférées à l’extérieur. Elles devront permettre de mieux comprendre les circonstances déterminantes de cette épidémie et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine.
Contexte historique
La première description clinique d’une maladie à hantavirus remonte à la guerre de Corée (1950-1953), au cours de laquelle plus de 3 000 soldats ont présenté une fièvre hémorragique avec syndrome hépato-rénal. L’identification du virus en cause a été faite en 1976 par des chercheurs coréens. Il doit ainsi son nom à la rivière Hantaan qui se situe à la frontière entre les deux Corées.
Circulation dans le monde

Les infections à hantavirus sont relativement peu fréquentes à l’échelle mondiale. Leur létalité varie cependant entre les régions concernées (et les espèces virales en cause) et peut atteindre jusqu’à 50 % des cas. À l’échelle mondiale, on estime qu’entre 10 000 et 100 000 cas surviennent chaque année, touchant principalement l’Asie et l’Europe. En 2025, huit pays américains ont signalé des cas confirmés de syndrome pulmonaire à hantavirus, cumulant 229 cas et 59 décès. Les pays concernés sont l’Argentine, le Brésil, la Bolivie, le Chili, le Panama, le Paraguay, les États-Unis d’Amérique et l’Uruguay.

En France
Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence (CNR) des Hantavirus, intégré à l’Institut Pasteur de Paris, a recensé 19 cas confirmés d’infection récente par un hantavirus. Le nombre de cas détectés se trouve dans la moyenne mensuelle française. En Guyane française, depuis 2008, seuls onze cas de syndrome pulmonaire à hantavirus Maripa ont été détectés, dont six mortels.
Caractéristiques cliniques Transmission
La transmission du virus à l’être humain s’effectue principalement par contact indirect via l’inhalation d’aérosols contaminés par les excrétas (urines, selles) de rongeurs infectés asymptomatiques (on parle d’animal « réservoir ») et plus rarement par contact direct ou morsure. Les cas surviennent généralement en milieu rural, où les forêts, les champs et les exploitations agricoles offrent un habitat favorable aux rongeurs.
La transmission interhumaine d’un hantavirus est rare. Elle a été confirmée pour la première fois lors d’une épidémie nosocomiale de syndrome pulmonaire à hantavirus survenue en 1996 dans le sud de l’Argentine et ne semble concerner que l’hantavirus Andes qui est endémique dans ce pays.
Symptômes & Diagnostic

Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité variable, potentiellement mortelles. La période d’incubation dure en moyenne deux semaines. Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires. Deux types de syndromes peuvent ensuite s’observer : soit une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, avec un taux de létalité de 0,4 à 10% ; soit un syndrome cardio-pulmonaire sévère d’apparition brutale avec défaillance respiratoire et cardiaque, avec un taux de létalité de l’ordre de 30 à 60%.
Les deux syndromes peuvent être provoqués par une même espèce virale. Cependant, le syndrome rénal et hépatique se retrouve plus généralement chez les hantavirus européens et asiatiques (on parle alors communément des « hantavirus du Vieux -Monde ») tandis que le syndrome pulmonaire s’observe davantage chez les hantavirus américains (ou « hantavirus du Nouveau-Monde »).

Traitement & Prévention
Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est approuvé, pleinement efficace et largement disponible à l’échelle internationale contre l’infection par un hantavirus. Des vaccins contre les hantavirus Hantaan et Seoul sont produits et utilisés uniquement en Chine et en Corée du Sud, mais avec une efficacité modérée. La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions. Cela nécessite d’éviter, dans les zones à risque : la manipulation de bois, le nettoyage de locaux longtemps inoccupés, toute activité qui met en suspension de la poussière ou de la terre comme la rénovation de vieux locaux poussiéreux, remblayage, etc.
Les actions de l’ANRS MIE
L’ANRS MIE soutient, anime et coordonne la recherche sur les maladies infectieuses émergentes. Les hantavirus en font partie. L’ANRS MIE a soutenu un projet de recherche sur les hantavirus dans le cadre de l’édition 2024 de son appel à projets « Émergences PRFI ». Ce projet, en cours et intitulé « TRANSVI », vise à caractériser les chaînes de transmission des hantavirus entre faune sauvage et humain dans la péninsule du Yucatan (Mexique). En 2025 toujours, l’un des trois prix de thèse « Virus émergents » décernés, comme chaque année, par l’ANRS MIE et la Société française de virologie (SFV), a été attribué au Docteur Quentin Durieux Trouilleton (Université de Grenoble / IBS) pour sa thèse « Analyse structurale et fonctionnelle de la réplication et de la transcription des Bunyavirus », portant notamment sur deux hantavirus. Ses travaux l’ont mené à observer, pour la première fois, une polymérase d’un hantavirus – molécule essentielle à la réplication et donc à la propagation de ce virus.

Acteur de référence sur de nombreux partenariats et consortiums internationaux, l’ANRS MIE fait également partie du réseau des Collaborative Open Research Consortium (CORC) de l’OMS. Dans ce cadre, des liens sont faits avec l’Agence britannique de sécurité sanitaire (UKHSA), qui pilote le CORC Bunyavirales dont la mission est de coordonner la recherche dans le cadre de la préparation aux épidémies à hantavirus. Enfin, les hantavirus sont discutés au sein de plusieurs de ses groupes d’animation scientifique appelés actions coordonnées (AC) : l’AC « Fièvres Hémorragiques Virales », l’AC « Interactions hôte-virus » et l’AC « Transmission interhumaine des virus respiratoires ».

Les hantavirus (renommés Orthohantavirus) sont des virus à ARN enveloppés de la famille des Hantaviridae (ordre des Bunyavirales). On recense une vingtaine d’hantavirus dans les différentes régions du monde, à l’origine de tableaux cliniques différents. Une zoonose virale. Les hantavirus sont des virus de la famille des Bunyaviridae et sont présents sur tous les continents. Ils ont pour hôte naturel certaines espèces de rongeurs qui, une fois infectés, restent des porteurs sains (le virus est présent dans les urines et les selles) et constituent un excellent réservoir de virus. En métropole, il s’agit essentiellement des campagnols qui vivent dans les forêts et les habitations (granges, greniers, remises, cabanes abandonnées, etc.) Les réservoirs des syndromes pulmonaires à hantavirus sont des rongeurs qui se rencontrent dans les Amérique (Peromyscus maniculatus appelé souris sylvestre, Oryzomys palustris appelé rat du riz, Sigmodon hispidus ou rat du coton…) et qui présentent également une infection inapparente. La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs. Aucune transmission interhumaine n’a été décrite à ce jour, excepté pour l’hantavirus sud-américain Andes. Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections, de gravité variable, parfois mortelles : en Europe et en Asie, de fièvres hémorragiques à syndrome rénal (FHSR) ; sur le continent américain, de syndrome cardio-pulmonaire à hantavirus (SCPH).

Il n’existe pas de traitement spécifique ni de prophylaxie vaccinale.
Dans ce contexte, les enjeux de Santé publique France sont d’assurer la surveillance épidémiologique des hantavirus en collaboration avec le Centre national de référence des hantavirus et son laboratoire associé en Guyane.

Sources Anrs
Le Panda
Parick Juan

Hantavirus : que prévoit le protocole sanitaire mis en place en France ?
La France a enregistré son premier cas de hantavirus, lundi 11 mai. Une passagère du navire MV Hondius, hospitalisée et mise à l’isolement à Bichat, à Paris, a été testée positive. Un décret publié au Journal officiel définit le protocole sanitaire destiné à stopper la chaîne de contamination.
C’est une première en France, depuis l’identification d’un foyer de hantavirus sur le navire MV Hondius. La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a annoncé lundi 11 mai qu’une passagère française, rapatriée du bateau de croisière où voyageaient 150 personnes d’une vingtaine de nationalités différentes, a été testée positive. Sur les cinq Français rapatriés et placés à l’isolement à Paris, l’état de santé de cette femme s’est « malheureusement dégradé cette nuit », a indiqué la ministre sur France Inter.
Dimanche, à l’arrivée du MV Hondius dans le port de Granadilla, aux Canaries, le protocole d’évacuation, très strict et supervisé sur place par le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus, était le même pour tous : les passagers ont tour à tour pris place à l’arrière d’un zodiac pour regagner la terre ferme, où un car de l’armée espagnole les attendait pour les emmener jusqu’à l’aéroport de Tenerife-Sud, à une dizaine de minutes de route.
En France, les autorités se sont donné pour objectif de stopper la chaîne de contamination, avec la mise en place d’un protocole sanitaire strict. Dimanche soir, à leur descente de l’avion au Bourget, les cinq Français rapatriés ont été directement transférés par le Samu vers l’hôpital Bichat, à Paris, au sein d’une unité spécialisée dans les maladies contagieuses. Considérés comme « à haut risque », ils sont depuis soumis à une batterie d’examens médicaux, dans une chambre « avec des flux d’air qui permettent d’éviter la contamination », a expliqué la ministre de la santé.
Une vingtaine de cas contact identifiés
Si le délai initialement défini par le protocole prévoyait 72 heures d’« évaluation », ces passagers resteront finalement isolés à l’hôpital « jusqu’à nouvel ordre » (au minimum 15 jours), a ajouté Stéphanie Rist, après qu’une d’entre eux a été testée positive. Ils seront ensuite « maintenus en quarantaine ou placés à l’isolement, pour une durée totale de quarante-deux jours », selon le décret publié au Journal officiel ce lundi.
Une vingtaine de cas contacts a été identifiée par les autorités françaises. Selon le décret, les personnes « ayant été en contact avec un passager du navire MV Hondius ou avec toute personne ayant été infectée ou présentant un risque sérieux d’infection » peuvent également « faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement », lorsqu’ils « présentent un risque sérieux d’infection ».
Cette quarantaine – dont la durée correspond à la période maximale d’incubation du virus – s’applique selon les dispositions du code de la santé publique, modifié pendant l’épidémie de Covid-19 : une « obligation » de ne pas sortir de son domicile ou de ne pas « fréquenter certains lieux ou catégories de lieux », sous peine d’écoper d’une contravention.
Par ailleurs, les passagers des vols Sainte-Hélène-Johannesburg et Johannesburg-Amsterdam, empruntés par une croisiériste contaminée et décédée depuis, ont l’obligation de se signaler « sans délai » aux autorités sanitaires françaises. Ils doivent observer « une mesure de quarantaine à domicile dans l’attente d’une évaluation de leur risque d’infection, à laquelle il est procédé dans les trois jours qui suivent leur signalement » précise le décret.
« Ne pas créer de panique »
Cette maladie provoque notamment un syndrome respiratoire aigu, de la fièvre, des maux de tête… Cependant, un patient infecté par le hantavirus peut également être asymptomatique. Les Agences régionales de santé (ARS) sont donc chargées de surveiller l’isolement des personnes concernées. Si des symptômes apparaissent, la filière sécurisée « risque épidémique et biologique » de l’ARS organise la prise en charge médicale du patient dans l’un des 18 établissements de santé français prévus pour gérer ce type de cas.
À ce stade, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recense que six cas confirmés parmi huit cas suspects, dont trois personnes décédées. S’il est mortel dans 30 à 50 % des cas, les transmissions interhumaines du hantavirus – un pathogène beaucoup moins volatile que la grippe ou le Covid-19 – restent rares. « Nous ne sommes pas face à un nouveau Covid », a répété ce week-end l’OMS.
Hantavirus : une nouvelle réunion se tient à Matignon pour «suivre l’évolution de la situation»
L’opération débarquement du navire de croisière a débuté dimanche et se poursuit ce lundi 11 mai après-midi, avant le départ du bâtiment pour les Pays-Bas vers 20 heures (heure de Paris). La Française malade est hospitalisée en quarantaine, comme quatre autres ex-croisiéristes.
Vont-il encore nous servir ?
26 personnes vont rester à bord du MV Hondius lors de son trajet retour vers les Pays-Bas
Ultimes évacuations à Tenerife. L’opération sous haute surveillance débutée dimanche a repris cet après-midi : selon la déclaration de la ministre espagnole de la Santé, 28 personnes sont censées être débarquées sur les 54 encore à bord. Les 26 restantes iront en bateau aux Pays-Bas. Le départ du bateau de croisière du port de Granadilla est toujours prévu à 18 heures GMT (20 heures en France).
Nouvelle réunion à Matignon à 16h15, le Premier ministre s'entretiendra ensuite avec des épidémiologistes
Le Premier ministre va organiser une nouvelle réunion pour un point de situation hantavirus à partir de 16h15. Il sera entouré des ministres de la Santé, de l’Intérieur, le directeur de cabinet du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le directeur général de l’ARS Île-de-France et le Directeur général de la santé. Il s’entretiendra ensuite, à 19h30, avec plusieurs épidémiologistes, dont Olivier Schwartz (Institut Pasteur), Yazdan Yazdanpanah (Anrs MIE – agence des maladie infectieuses émergentes), Xavier Lescure (AP HP Bichat) et Jean-François Delfraissy (président du Comité national d’éthique).
Le capitaine du «MV Hondius» remercie les passagers et l’équipage lors de ces temps «extrêmement difficiles»
«Ces dernières semaines ont été extrêmement difficiles pour nous tous». Dans une vidéo diffusée ce lundi par la compagnie Oceanwide Expeditions, Jan Dobrogowski, le capitaine du bateau, exprime sa reconnaissance vis-à-vis des passagers et de l’équipage. Aux premiers, il reconnaît la «gentillesse», «la discipline», la «patience» et «l’unité» ; aux seconds, il salue le «courage et le dévouement sans failles». Avec une pensée pour «ceux qui nous ont quittés». Il regrette que «chaque mot, chaque image [aient pu] être sortis de leurs contexte» et appelle à respecter la vie privée de chacun.
Sont considérés comme contacts à hauts risques les personnes ayant partagé la même cabine, salle de bain, chambre, un repas commun ou ayant eu des rapports sexuels avec un cas confirmé ou suspecté. Plus globalement, sont concernées les personnes qui se trouvent à moins de deux mètres, en intérieur, pendant plus de quinze minutes ; sur le cas précis d’un vol d’avion, les passagers assis dans la même rangée et dans les deux rangées voisines du cas rentrent dans cette définition. De même que les soignants s’étant occupé d’un malade sans équipement adapté.
Les contacts à faible risques comprennent les passagers du vol d’avion qui ne sont pas dans le périmètre restreint et plus globalement les interactions dans le bateau, ou de courte durée dans les transports et les ports ne répondant pas aux précédents critères ; les personnes ayant partagé de grands espaces en plein air sans interaction prolongée ; les soignants utilisant un équipement adapté.
Pays-Bas, France, Etats-Unis… Six pays sont touchés par des cas confirmés
C’est l’une des principales problématiques du cluster qui s’est déclaré sur un bateau de croisière au milieu de l’Atlantique : à son bord, des passagers de 23 nationalités différentes, qui sont tous en train d’être redispatchés dans leurs pays. Charge à chaque autorité sanitaire de surveiller ses propres cas. Pour l’heure, selon le dernier bilan de l’OMS, six patients sont classés en cas confirmés, un septième en cas probable. Six pays sont concernés.
Les 22 derniers passagers du MV Hondius qui seront évacués ce lundi partiront dans un seul avion avant 20 heures heure de Paris vers les Pays-Bas, un vol à destination de l’Australie initialement prévu ayant été annulé, a annoncé la ministre espagnole de la Santé. «Il y a 54 personnes à bord du navire, dont 22 vont débarquer et 32 [des membres d’équipage] resteront sur le navire, qui partira en direction des Pays-Bas», a déclaré Mónica García lors d’un point presse. Le vol vers l’Australie a finalement été annulé en raison de l’arrivée attendue trop tard de l’appareil aux Canaries.
Ushuaïa, point du départ du «MV Hondius», se bat pour préserver son image
De la destination paradisiaque «au bout du monde» à l’épicentre d’une dangereuse infection. Depuis plusieurs jours, la très touristique ville d’Ushuaïa, point de départ du MV Hondius, tente tant bien que mal d’écarter l’ombre de l’hantavirus qui s’est déclaré sur le navire, et a déjà tué trois personnes. Comme l’explique la BBC, des responsables argentins ont déclaré, sous couvert d’anonymat, avoir pour hypothèse principale qu’un passager aurait pu être contaminé dans une décharge à la périphérie d’Ushuaia, site touristique fréquenté pour observer les oiseaux et où les déchets attirent rats et souris. Le gouvernement argentin a envoyé une équipe d’experts sur place pour évaluer d’éventuelles traces de l’hantavirus.
«En Terre de feu, nous n’avons aucun cas recensé d’hantavirus […] depuis 1996», année de début de sa surveillance officielle, s’est défendu Juan Facundo Petrina, directeur général de l’épidémiologie et de la santé environnementale de la province. Quant à l’animal hôte de la souche Andes, le rat pygmée des rizières à longue queue, il a rappelé que cette espèce ne vit pas sur le territoire (son habitat originel se situe dans les Andes patagoniennes et le nord-ouest de l’Argentine). «Nous ne partageons pas les mêmes conditions climatiques que le nord de la Patagonie […] pour son développement», a-t-il affirmé. Si ces animaux se déplacent, «nous sommes une île, […] il leur serait difficile de traverser le détroit de Magellan pour infecter les espèces locales».
L’Australie va placer en quarantaine six passagers du Hondius pour au moins trois semaines
L’Australie va isoler pour au moins trois semaines six passagers du MV Hondius, a annoncé le gouvernement lundi. Parmi ces six personnes, quatre disposent de la nationalité australienne, une autre de la résidence permanente et une dernière de la nationalité néo-zélandaise. Aucun ne présente de symptômes. Ils doivent rejoindre prochainement, depuis les Canaries espagnoles, une base aérienne du sud-ouest de l’Australie, adjacente au centre de quarantaine de Bullsbrook, construit durant la pandémie de Covid-19.
Sébastien Lecornu l’a annoncé en fin de journée dimanche : le décret «prescrivant les mesures nécessaires à la gestion du risque d’infection à hantavirus Andes» a été publié au Journal officiel dans la nuit ce lundi. Basé sur le code de la santé publique, il précise et renforce les modalités communiquées dimanche par les ministères de la Santé et des Affaires étrangères.
Selon ce texte, toute personne ayant séjourné à bord du MV Hondius et arrivée en France est placée en quarantaine dans un établissement de santé «pour la durée nécessaire à la réalisation d’une évaluation médicale et épidémiologique» – ce qui permet de garder les quatre Français non symptomatiques «au moins quinze jours» à l’hôpital Bichat, a souligné la ministre. Ensuite, elle est maintenue en quarantaine ou placée à l’isolement pour quarante-deux jours, chez elle ou dans un autre lieu défini par le préfet si les circonstances l’imposent. Quant aux cas contacts, ils «peuvent faire l’objet de mesures de quarantaine ou d’isolement» s’ils présentent «un risque sérieux d’infection».
Enfreindre ces mesures isolement est passible d’une contravention de cinquième classe (qui peut aller jusqu’à 1500 euros d’amende).
Qelle boulette une contravenion à 1500 € pour une VIE
Hantavirus : le gouvernement durcit les règles d’isolement pour les cas contacts. Avec le rapatriement, dimanche, des cinq Français à bord du MV Hondius, le gouvernement a dressé un protocole sanitaire « strict » et ne cesse de le renforcer. Sébastien Lecornu a annoncé, hier soir, que tous les cas contacts seront placés à l’isolement non pas chez eux mais à l’hôpital − notamment les 22 ayant fréquenté les deux mêmes vols fin avril qu’une Néerlandaise malade. C’est le cas des ex-croisiéristes, hospitalisés à Bichat depuis leur retour. Heureusement que cette décision est prise le virus Hantavirus doit être suivi de façon bien plus proche que ce que certains déclarent. Il serait plutôt temps de se préoccuper de sortir des usines des masques FPP2, FPP3, les masques chirurgicaux ne protègent pas contre l’Hantavirus, c’est une évidence. Aux politiques de remplir leurs rôles.
Hantavirus : le personnel d’un hôpital néerlandais placé en quarantaine après des erreurs de procédure sur un patient infecté
Douze soignants du centre hospitalier universitaire Radboud de Nimègue, sont à l’isolement pour six semaines. En cause : des manquements dans le prélèvement sanguin et l’élimination de l’urine d’un patient positif, a déclaré l’établissement lundi.
Frayeur dans un hôpital de l’est des Pays-Bas. Alors que la prise en charge des anciens passagers du MV Hondius, lieu d’un cluster d’hantavirus, est scrutée partout dans le monde, douze membres du centre hospitalier universitaire Radboud, situé à Nimègue, sont placés en quarantaine. Pendant six semaines, soit le temps maximal d’incubation du virus. En cause : des erreurs dans la procédure dans le traitement de l’un des anciens croisiéristes, selon le communiqué de l’établissement diffusé lundi 11 mai.
Rembobinons. Le patient, dont l’identité n’a pas été révélée, a été évacué du navire par avion sanitaire et admis à l’hôpital Radboud jeudi. Ses tests diagnostiques sont revenus positifs et ont donc révélé qu’il a été infecté par le virus. La première erreur du personnel s’est produite dès son arrivée, lors de son prélèvement sanguin. La procédure standard a été utilisée, mais « en raison de la nature du virus, ce sang aurait dû être traité selon une procédure plus stricte», selon l’hôpital universitaire.
Il est ensuite apparu, samedi, que des procédures plus strictes n’avaient pas non plus été suivies pour l’élimination de l’urine du patient. La direction de l’hôpital se veut rassurante
Pour rappel, l’OMS classe comme « cas contacts à hauts risques» le personnel médical exposé sans équipement de protection individuelle adéquat, en particulier lors d’actes médicaux générateurs d’aérosols, mais à « faible risque» lorsqu’ils ont le bon équipement.
La direction de l’hôpital néerlandais s’est tout de même voulue rassurante : « La probabilité d’une infection réelle soit très faible », a assuré la présidente du conseil d’administration de l’hôpital, Bertine Lahuis, qui reconnaît l’«impact significatif» de cet isolement sur les personnes concernées. «Nous regrettons que cela se soit produit dans notre centre médical universitaire, a-t-elle ajouté. Nous allons examiner attentivement le déroulement des événements pour en tirer des enseignements et empêcher que cela ne se reproduise à l’avenir.»
L’hantavirus va s’immiscer dans l’hémicycle de l’Assemblée cet après-midi
L’hantavirus au menu des QAG. Dans un message envoyé sur X, le groupe macroniste Ensemble pour la République a annoncé que leur député Jean-François Rousset a prévu d’interroger le gouvernement à l’Assemblée sur la gestion du virus (et donc la prise en charge de la malade et des cas contacts). Depuis ce week-end et le rapatriement des croisiéristes français, la question semble au centre des préoccupations de l’exécutif, qui a annoncé lundi deux réunions interministérielles quotidiennes à ce sujet.
Pour l’OMS, les pays ayant récupéré les passagers du bateau sont désormais responsables de l’évolution de leur état de santé
Après le rapatriement de la quasi-totalité des passagers et du personnel de bord du MV Hondius, aux pays concernés de s’occuper des prises en charge. Les cas positifs ou suspects ont été isolés dans leurs pays respectifs, ce sont, selon le patron de l’OMS, aux autorités sanitaires des Etats concernés de «superviser et de contrôler» l’évolution de leur état de santé. «Notre travail n’est pas terminé», a en revanche affirmé Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui enjoint les pays à suivre les recommandations dressées par son agence.
La France demande une «coordination plus étroite» des protocoles sanitaires dans l'Union européenne
«Casser les chaînes de transmission». Le principe a été répété sur X par le Premier ministre, après l’une des deux «réunions de coordination interministérielle» prévues ce mercredi. «J’ai demandé aux ministres de renforcer immédiatement la coopération avec les Etats voisins et de pousser à une coordination plus étroite des protocoles sanitaires mis en place au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen», a décrit Sébastien Lecornu. La ministre de la Santé Stéphanie Rist «a déjà échangé avec plusieurs pays européens» dans ce sens.
Le patron de l’OMS rappelle que «d’autres cas» pourraient être détectés dans les semaines à venir
Deux à trois semaines d’incubation en moyenne, mais pouvant grimper jusqu’à six : il est tout à fait probable que d’autres cas d’hantavirus soient détectés dans les semaines à venir, comme le rappelle le patron de l’OMS. «Notre travail n’est pas fini.» Plus de 120 passagers et membres d’équipage ont quitté le MV Hondius, et qu’une vingtaine est encore à bord jusqu’à son arrivée aux Pays-Bas : ils sont pris en charge dans leurs pays respectifs, où ils sont censés être testés, s’isoler (à l’hôpital ou chez eux, selon le protocole des autorités) et faire attention au moindre symptômes pendant six semaines. «L’OMS dispose de directives claires», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus avant d’évoquer «la question de la souveraineté» nationale : «Nous ne pouvons pas contraindre les pays à appliquer nos protocoles. Nous pouvons seulement conseiller et recommander».
La ministre de la Santé en conférence de presse à 16h45
Les mises à jour du gouvernement sur l’évolution de la gestion de l’hantavirus vont se poursuivre. La ministre de la Santé tiendra une conférence de presse à 16h45, en compagnie de médecins spécialistes de l’épidémiologie et de la directrice de Santé publique France, ont annoncé ses services. Participeront à la conférence de presse Yazdan Yazdanpanah, infectiologue à l’hôpital Bichat – Claude-Bernard, Olivier Schwartz, virologue à l’institut Pasteur, Antoine Flahault, épidémiologiste, Xavier Lescure, infectiologue à l’Hôpital Bichat – Claude-Bernard et responsable médical du réseau des hôpitaux de référence pour les risques épidémique et bactériologique.
Fournissez des masques FPP2 OU 3 à la population, faites des prévisions efficaces et n'attendez donc pas, peut-être le pire, ce nous ne souhaitons absolument pas. Mais mieux vaut prévenir que de guérir (!!!!!!!)
Quand l’hantavirus a tué la pianiste Betsy Arakawa, épouse de Gene Hackman
Les yeux du monde sont rivés sur l’évolution de la gestion de l’hantavirus des Andes, qui s’est répandu parmi les croisiéristes du MV Hondius ; mais il y a un an déjà, le nom de cette famille de virus avait déjà fait les gros titres, comme le rappelle Le Figaro. Le 26 février 2025, le corps de l’acteur multi-oscarisé Gene Hackman et son épouse, la pianiste Betsy Arakwa, ont été retrouvés en état de décomposition dans leur maison sans dessus dessous de Santa Fe, au Nouveau-Mexique. Une autopsie permettra d’éclaircir les mystères de ces deux morts : Betsy Arakwa a succombé à une infection pulmonaire à hantavirus, dont une souche circule dans le sud-ouest des Etats-Unis. L’artiste avait vraisemblablement contracté ce virus au contact de rongeurs contaminés qui avaient infesté leur logement – les autorités avaient retrouvé des excréments, nids et pièges à rats. Gene Hackman, lui, a été testé négatif au virus et est mort quelques jours plus tard d’un arrêt cardiaque : atteint de la maladie d’Alzheimer, il n’avait sans doute pas compris que son épouse était morte.
Moralité les autoritiés, tout comme l'OMS N'ont pas tenu compte des risques c'est une évidence un constat probant, parmi peut-être d'autres qui verront le jour……
Un cas contact transféré de Concarneau au CHU de Rennes
Un cas contact à l’hantavirus identifié à Concarneau (Finistère) est transféré mardi matin au CHU de Rennes, a indiqué à l’AFP le maire de la ville, dans un contexte de durcissement des règles d’isolement en France. La préfecture d’Ile-et-Vilaine a confirmé l’information. L’édile, Quentin Le Gaillard, a reconnu qu’il ne connaissait pas l’identité de l’homme ni la façon dont il était devenu cas contact. «Il ne faut pas céder à la panique, on ne parle que d’un seul cas qui a été circonscrit», a-t-il insisté.
Alors que de sources sures à confirmer Rennes et sa région étaient dans le 'Viseur" ?????
La DGS a envoyé la marche à suivre aux médecins et pharmaciens
Les autorités s’activent pour contenir toute propagation du virus sur le territoire. Un décret permettant d’appliquer un protocole sanitaire strict a été publié lundi matin ; ce même jour, la direction générale de la santé a envoyé aux médecins et pharmaciens la marche à suivre. « aucune mesure de dépistage ou de prise en charge spécifique n’est recommandée en population générale», rappelle-t-elle dans son message.
La DGS recommande surtout de « contacter sans délai le SAMU et l’ARS » si une personne en consultation a eu un contact rapproché avec un cas confirmé ou probable et présente dans les six semaines « une fièvre, un syndrome pseudogrippal, des symptômes digestifs ou respiratoires ». Dans l’attente « d’une prise en charge adaptée », les soignants devront dire à leur patient de s’isoler immédiatement et porter un masque FFP2. La « constitution de stock de masque FFP2 dans vos cabinets est à envisager », glisse l’autorité.
Il ne s'agit plus d'envisager mais d'une prévention sanitaire OBLIGATOIRE. CQFD
Hantavirus : non à la parano, oui à la piqûre de rappel
L’inquiétude que suscite l’épidémie, née sur le bateau de croisière «MV Hondius», est légitime car elle réactive le fantôme du Covid. Saisissons l’occasion pour interroger l’état de l’hôpital, du personnel de santé, mais aussi la disparition des «gestes barrières» ou encore les croisières de masse.
Hantavirus
« Il n’y a pas de raison de flipper, ce virus est connu, la situation est sous contrôle, pas celle du Covid» : voilà le refrain qu’on entend peu ou prou depuis l’annonce, le 3 mai, par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de trois décès liés à un foyer d’infection à hantavirus sur le MV Hondius, bateau de croisière qui comptait, à son départ du port d’Ushuaia (Argentine) le 1er avril, 114 passagers de 23 nationalités et 61 membres d’équipage. Dans la foulée, le MV Hondius est devenu un feuilleton quotidien, à haut potentiel anxiogène.
Ce week-end a été rythmé par le début de l’évacuation des croisiéristes à partir de l’île de Tenerife, dans l’archipel espagnol des Canaries. Parmi eux, cinq Français, dont une femme s’est avérée positive à l’hantavirus et son état s’est « dégradé dans la nuit» de dimanche à lundi, a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, sur France Inter. Mais, pas de panique, a-t-elle ajouté, la patiente est soignée dans «un hôpital spécialisé en maladies infectieuses, avec toute une technique dans les chambres qui est très protectrice pour éviter évidemment que le virus se propage ».
Et le mode branle-bas de combat est clairement activé : hospitalisation des quatre autres Français «au minimum quinze jours», publication au Journal officiel d’un décret organisant «la gestion du risque d’infection à hantavirus Andes», réunion du Premier ministre Lecornu avec les ministres de la Santé et de l’Intérieur, le directeur de cabinet du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, le directeur général de l’agence régionale de santé Ile-de-France et le directeur général de la Santé. En parallèle, la communauté scientifique le répète à l’envi, l’hantavirus est connu depuis les années 1970, la souche des Andes concernée depuis les années 1990, et puis sa contagiosité est faible, sa transmission suppose un «contact rapproché».
Trauma réactivé
Le message est clair : se faire un film catastrophe du type remake du Covid-19 relève de la parano, autant disproportionnée qu’inutile. Il est vrai qu’à l’heure où la planète nage en eaux toujours plus rances, notamment du côté du détroit d’Ormuz, s’infliger le scénario d’un «bateau de la mort», qui aurait eu dans ses soutes une pandémie, n’apparaît pas d’utilité publique. On lui trouve pourtant une légitimité. Voire une utilité, si appliquée à bon escient.
S’inquiéter des morts du MV Hondius et des suites de ce cluster est tout de même le minimum syndical, l’inverse relèverait d’une mémoire d’étourneau ou d’une insupportable légèreté de l’être. S’il y a aura toujours des béats du Covid pour évoquer, le regard embué, les jours heureux dans la maison secondaire ou la ville confinée, c’est l’angoisse et le stress qui ont majoritairement prévalu, comme le prouvent les états des lieux alarmants de la santé mentale dressés depuis, notamment chez les jeunes. Or, « cluster», décès, prise en charge par du personnel en combinaisons de protection, quarantaine, discours officiels rassurants… On s’y croirait, de quoi réactiver illico le trauma. Sans compter que des dissonances, comme l’éventuel laxisme des autorités américaines dans la gestion des cas d’hantavirus, laissent craindre des trous dans la raquette sanitaire. Et que penser quand la ministre Rist assure à la fois que la France est à jour «en termes de masques, en termes de tests PCR notamment, en termes aussi de médicaments» –alors qu’il n’existe pas de médicament ni vaccin dans le cas de l’hantavirus – et avoir «demandé un état des lieux qui permet de confirmer que nous en avons assez» ?
Anticorps au délire
C’était prévisible : le cluster du MV Hondius fait kiffer les complotistes, avec come-back des rumeurs de «plandémie» (pandémie organisée), «psyop» (opération de manipulation psychologique) et autre fuite d’un laboratoire P4 («pathogène de classe 4», de haute sécurité biologique). Et rien ne garantit que Didier Raoult, qui a publié mi-mars un essai mégalo-parano-réac (la Société du factice. Journal d’un complotiste), ne nous gratifiera pas d’une énième embardée kamikaze. Vu le long temps d’incubation de l’hantavirus, la société va devoir mobiliser tous ses anticorps anti délire.
Néanmoins, on entrevoit aussi une opportunité : que l’inquiétude fasse l’effet d’une piqûre de rappel. Sur l’état de l’hôpital, pour commencer. Quid du sous-financement de l’Etat, pointé par deux rapports concomitants des inspections générales des affaires sociales et des finances, rendus publics en février ? Quid du personnel de santé, lui-même bien éprouvé par la crise du Covid, y compris moralement, comme l’a documenté une enquête de l’OMS rendue publique en octobre dernier ? Par ailleurs, se souvient-on qu’en avril, Lecornu a demandé 20 millions d’euros d’économies supplémentaires au Centre national de la recherche scientifique ? Et au fait, les «gestes barrières» ? Un trajet en transport en commun suffit à acter leur disparition, y compris en pleine épidémie de grippe. Et puis, accessoirement, quid des croisières de masse, en plein boom malgré leurs effets secondaires notoires : pollution de l’air et émissions de gaz à effet de serre, surtourisme dans des villes portuaires, modèle social discutable ? Pas de panique, mais l’occasion de se remettre d’équerre.
Les hantavirus sont des virus transmis principalement par les rongeurs sauvages, responsables de syndromes graves chez l’humain. Dans le contexte de l’épisode en cours impliquant le virus Andes à bord du navire de croisière MV Hondius, l’Institut Pasteur est en première ligne. Le Centre national de référence (CNR) Hantavirus est hébergé à l’Institut Pasteur et l’institut reçoit pour analyse les échantillons de personnes résidentes en France ayant des symptômes. Nous faisons ici le point sur la maladie, les modes de transmission, les risques et les recommandations de prévention.
Les hantavirus regroupent un grand nombre de virus dont les caractéristiques épidémiologiques et cliniques varient selon les régions du monde. Transmis principalement par inhalation d’aérosols contaminés par des excrétions ou des sécrétions de rongeurs sauvages infectés, ils sont à l’origine, chez l’humain, de deux types de syndromes distincts : une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, dont la létalité varie de moins de 1 % à 12 %, ou un syndrome cardio-pulmonaire sévère, principalement associé aux hantavirus du Nouveau Monde, avec une létalité pouvant atteindre 30 à 60 %. À ce jour, aucun traitement spécifique ni vaccin homologué ne sont disponibles contre ces infections.
Un foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius
Le 4 mai 2026, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a alerté sur un possible foyer d’infection à hantavirus à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius, reliant Ushuaïa (Argentine) au Cap-Vert. Le 6 mai, le séquençage viral réalisé par les autorités sanitaires sud-africaines a identifié une souche de type Andes — seul hantavirus parmi les 38 connus, pour laquelle une transmission interhumaine a été documentée, bien que ce mode de transmission reste marginal par rapport à l’exposition aux rongeurs infectés. Le 12 mai 2026, l’OMS dénombre 11 cas dans le monde : 7 cas confirmés, 1 cas suspecté, 3 autres personnes malheureusement décédées, ainsi que plusieurs centaines de cas contacts identifiés.
Débarquement des passagers aux îles Canaries, puis rapatriement des personnes dont cinq en France
À compter du 10 mai 2026, le débarquement des passagers et membres d'équipage a débuté dans le port de Tenerife (îles Canaries) : 116 personnes représentant 23 nationalités ont été évacuées en 48 h selon les autorités espagnoles. Cinq passagers de nationalité française sont rentrés en France par avion (jet privé – non commercial) et ont été hospitalisés en quarantaine à l'hôpital Bichat (Paris).
En France, la direction générale de la santé a diffusé un message à l'attention de tous les médecins et pharmaciens. Des recommandations relatives à la prise en charge des ressortissants français présents sur le navire, à leur arrivée sur le territoire national, et des personnes contacts ont été élaborées en lien avec les experts nationaux et internationaux.
Une personne française, avec symptômes ; analyses réalisées à l’Institut Pasteur
Deux passagers de la croisière, un Américain et une Française, ont été testés positifs. La passagère française, ayant présenté des symptômes au cours du vol, a été testée positif au virus Andes. Elle est actuellement (12 mai 2026) suivie en réanimation dans un hôpital parisien (Bichat). Le diagnostic a été réalisé à l’Institut Pasteur (Paris) par la Cellule d’intervention biologique d’urgence (CIBU) en coordination avec le Centre national de référence des Hantavirus.
Enquêtes épidémiologiques en cours et risque faible
Les enquêtes épidémiologiques sont en cours auprès des passagers, membres d’équipage et personnes transférées à l’extérieur du navire, afin de mieux comprendre les circonstances de cet épisode et d’évaluer précisément le risque de transmission interhumaine. L’OMS maintient à ce stade que le risque global pour la santé publique demeure faible, et sans commune mesure avec la situation observée lors de la pandémie de Covid-19. Le CNR Hantavirus sous la responsabilité de l’Institut Pasteur (Paris) est pleinement mobilisé dans le suivi virologique et épidémiologique de cet épisode, en lien étroit avec les autorités sanitaires nationales et internationales.
Foire aux questions (FAQ) : Hantavirus Andes et épisode à bord du navire MV Hondius
1. Qu’est-ce que l’hantavirus Andes et pourquoi est-il surveillé ?
L’hantavirus Andes est une espèce virale circulant principalement en Amérique du Sud. Il est particulièrement surveillé car, contrairement aux autres hantavirus connus, il est le seul pour lequel une transmission interhumaine a été documentée. Il provoque un syndrome cardio-pulmonaire sévère, une forme grave de la maladie dont le taux de létalité peut atteindre 30 à 60 %.
2. Comment se transmet ce virus ?
La transmission principale se fait par inhalation d’aérosols (fines particules dans l'air) contaminés par les excrétions (urine, fèces) ou la salive de rongeurs sauvages infectés. Dans le cas spécifique du virus Andes, une transmission entre humains est possible lors de contacts très étroits (vie dans des espaces confinés, rapports sexuels) ou avec du personnel soignant, principalement durant la phase initiale des symptômes.
3. Quels sont les symptômes du syndrome cardio-pulmonaire ?
Après une période d'incubation moyenne de deux semaines (pouvant aller de 1 à 6 semaines), la maladie se manifeste brutalement par une défaillance respiratoire et cardiaque.
4. Existe-t-il un vaccin ou un traitement spécifique ?
À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement antiviral spécifique n'est disponible. La prise en charge est essentiellement symptomatique (traitement des symptômes en milieu hospitalier). L'utilisation de plasma contenant des anticorps de patients guéris a montré des résultats encourageants pour réduire le risque de décès dû au virus Andes, mais cela doit encore être confirmé par des essais cliniques.
5. Le risque de pandémie est-il comparable à celui du Covid-19 ?
Non. L’OMS estime que le risque global pour la santé publique demeure faible. La transmission interhumaine de l’hantavirus Andes reste marginale par rapport à la transmission par les rongeurs, et la situation n'est pas jugée, dans la situation actuelle et la limite des connaissances, comparable à la pandémie de Covid-19.
6. Quelles sont les recommandations pour les voyageurs ou les personnes à risque dans les zones où circulent le virus dans la faune sauvage ?
La prévention repose sur l'évitement des contacts avec les rongeurs et leurs déjections. Il est conseillé de :